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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:16

 

Collectif
Signataires : Didier Le Reste (président), Aurélien Djament (vice-président), Laurent Russeil (secrétaire), Francis Portes (secrétaire adjoint), Vincent Jouillé (trésorier), membres du bureau de la Convergence nationale rail (CNR).

 

En 2003, pour les trafics internationaux et en 2006 pour les trafics intérieurs, les intégristes de l’ouverture à la concurrence expliquaient la main sur le cœur que celle-ci allait se traduire par une amélioration de la qualité de service, une augmentation des trafics et une baisse des coûts d’exploitation. Force est de constater qu’ils refusent toujours de faire un bilan objectif, et pour cause. En 2000, la part modale du fret ferroviaire dans le marché des transports en France était de 20,6 %. En 2016, le rail transporte moins de 10 % de marchandises (3 % en Île-de-France). Depuis 2009, 8 000 emplois de cheminots ont été supprimés, plus de 400 gares de fret ont été fermées, sur 21 grands triages, il n’en reste plus que 3 en activité, qui triaient avant 2 000 wagons par jour, aujourd’hui entre 500 et 1 000 par semaine !

Cette stratégie de casse planifiée, délibérée de l’appareil de production a conduit à mettre plus de 1 million de camions chaque année sur les routes alors qu’on annonce un doublement des camions sur ces mêmes routes d’ici à 2050. Le transport routier est hyperdominant, responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre, qui tuent prématurément 48 000 personnes chaque année en France ! Rappelons que les accidents corporels liés à la route représentent pour la collectivité 37 milliards d’euros par an et la congestion des routes occasionne un coût de 20 milliards d’euros chaque année. 35,9 milliards d’euros, c’est le coût annuel de l’entretien, de la régénération et des travaux sur les routes à la charge des contribuables. Le coût de la route est énorme pour la collectivité !

De reniements en abandons : où sont passés les objectifs du Grenelle de l’environnement de 2009 et de 2010 (25 % de marchandises transportées par rail et voie fluviale d’ici à 2022 !) ? Quid de nos engagements internationaux (COP) de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant l’impact des émetteurs de pollutions (transport routier…) ! ? Le rail public, son activité de transport de marchandises pâtissent de l’abandon de l’État de son rôle de stratège, de la mainmise de la technostructure et des lobbys routiers et pétroliers !

Face à l’enjeu de société que cela représente, dans aucun pays, le chemin de fer, ses activités voyageurs et fret ne fonctionnent ni ne se développent sans financements publics. Ainsi, la France est le seul pays européen où le transport de marchandises par rail a considérablement baissé ces dernières années au moment où, en Suisse, le train capte 40 % du transport de marchandises !

Pour Macron, le gouvernement et Pepy, l’avenir du rail, c’est la route ! Pour la Convergence nationale rail (CNR), cette stratégie de casse doit être stoppée ainsi que la logique comptable car, en poursuivant le démantèlement de l’appareil industriel de production, on ne pourra pas engager le report modal du transport de marchandises de la route vers le rail. Pis, si on n’arrête pas cette spirale de déclin, dans quelques années la SNCF ne sera plus en capacité de transporter des marchandises par train. C’est peut-être d’ailleurs l’objectif que se fixent Macron et son gouvernement.

La CNR considère que la production peut et doit être améliorée, fiabilisée dans des organisations adaptées aux besoins des chargeurs (embranchements particuliers…), en lien avec les attentes du tissu économique et industriel des territoires. D’où la relance de la technique dite du « wagon isolé » (trafic diffus) permettant à des chargeurs (entreprises) de confier leurs marchandises à la SNCF. Cela passe par des investissements dans l’appareil de production (infrastructures, chantiers fret, triages, wagons, locomotives…) et la mise en place de moyens humains en qualité et en quantité.

Le ferroutage (camions sur les trains) doit être relancé ainsi que l’interaction entre les ports maritimes et le rail. Tous les grands ports en Europe s’appuient sur le rail pour se développer. La France possède une façade maritime exceptionnelle qui doit permettre de nouer des coopérations entre entreprises publiques des grands ports maritimes et la SNCF.

Le transport de marchandises par train constitue un ensemble logistique complexe de l’expéditeur au destinataire final.

Il faut donc raisonner en système de transport et considérer le ferroviaire comme un segment d’une chaîne multimodale. Pour la CNR, l’irrigation du territoire par le rail constitue un enjeu majeur dans les politiques publiques d’aménagement et de cohérence territoriale. C’est pourquoi le transport de marchandises par train, qui relève de l’intérêt général, doit être géré par les principes du service public et doit bénéficier d’un plan d’investissement public, d’un rééquilibrage vis-à-vis de la politique de concurrence « libre et complètement faussée » en faveur de la route.

La CNR appelle ses collectifs, ses comités, ses adhérent-e-s à créer sur les territoires, en lien avec d’autres forces progressistes, les conditions d’un rapport de forces apte à mettre en échec les politiques de dépeçage du bien public impulsées par Macron, son gouvernement et la direction de la SNCF et à imposer d’autres orientations tournées vers l’intérêt général.

Signataires : Didier Le Reste (président), Aurélien Djament (vice-président), Laurent Russeil (secrétaire), Francis Portes (secrétaire adjoint), Vincent Jouillé (trésorier), membres du bureau de la Convergence nationale rail (CNR).

Dans le prolongement de l’annonce, le 16 avril, du gouvernement de filialiser à terme (antichambre de la privatisation ou de l’abandon pur et simple) le transport de marchandises de la SNCF (fret), et au moment où les cheminots luttent pour défendre l’intérêt général, la direction a dernièrement informé qu’elle allait de nouveau supprimer des emplois dans cette activité à hauteur de 700 unités d’ici à 2020. Guillaume Pepy et le gouvernement sonnent ainsi l’hallali ou comment faire maigrir le malade avant de le tuer !

 

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 06:15

 

Depuis une semaine, une étude fait polémique. Après avoir publié des données, preuves pour LaREM d’une ingérence russe dans la médiatisation du scandale, l’association est accusée d’avoir opéré un « fichage politique » sur Twitter.

Qu’il semble loin le temps où le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux disait se « réjouir que toute la transparence soit faite ». Son soulagement remonte à une semaine, alors que circule l’hypothèse d’une manipulation de l’affaire Benalla sur le réseau social Twitter. L’origine ? Les prémices d’une étude, menée par l’association EU Disinfo Lab basée à Bruxelles, qui a pour objectif affiché depuis 2017 de lutter contre la désinformation. Ses données brutes, sorties de l’ombre par l’AFP le 3 août afin d’analyser le retentissement de l’affaire Benalla sur Twitter, montraient que 4 millions de tweets avaient été publiés par quelque 250 000 personnes. Mais surtout que « 1 % des comptes ont publié 44 % du contenu », dont une partie serait, poursuit l’association, « pro-Mélenchon », « pro-Rassemblement national (ex-FN – NDLR) » ou « russophiles », du fait de relais d’articles de RT France ou Sputnik. Des comptes parfois « à pseudonymes ou automatisés », est-il noté.

Une dizaine de personnes ont déjà saisi la Cnil

Le tollé avait été immédiat tant l’étude revenait à démontrer, in fine, que le scandale Benalla était monté de toutes pièces, et à évacuer l’origine même de l’emballement sur Internet, soit une enquête du Monde, puis des révélations journalistiques en chaîne. Plus tard, les chercheurs ont publié les conclusions de l’étude où l’influence de comptes « russophiles » a disparu, laissant place à des données recensées dans trois fichiers. Tout ceci dans un « souci de transparence », après les critiques acerbes sur la méthodologie de l’association, selon Nicolas Vanderbiest, l’un de ses fondateurs. Problème : l’un des fichiers – inaccessible depuis – recense chaque profil qui a pu tweeter ou retweeter des éléments concernant l’affaire Benalla, sans aucune anonymisation et par orientation politique. Parmi eux, des militants mais aussi des parlementaires – Fabien Gay, Éric Ciotti, Jean-Luc Mélenchon… – et des journalistes. Pour le PCF, ce document a tout d’un « fichage politique totalement illégal », pour lequel le parti demande des « investigations poussées diligentées par les autorités françaises ».

Une dizaine de personnes ont déjà saisi la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). « La collecte et le traitement de données à caractère personnel sont soumis au RGPD (règlement général sur la protection des données) (…). L’ONG à l’origine de l’étude étant située en Belgique, la Cnil instruira les plaintes dont elle a été saisie dans le cadre de la coopération européenne instaurée par le RGPD », a répondu la commission. Pour l’association de défense des libertés numériques la Quadrature du Net, cette pratique va en effet à l’encontre de l’article 6 du règlement européen : « Publier des données personnelles sans consentement est toujours illicite, si ce n’est nécessaire à aucun objectif. » Jusqu’à cet épisode, les premières conclusions de l’étude ont été récupérées par la majorité LaREM, déjà prompte à défendre l’idée que l’affaire n’intéresse « que dans le microcosme parisien », alors même que les audiences des chaînes parlementaires ont explosé et que les sondages indiquent le contraire. Le parti de la « droite constructive », Agir, a même interpellé Philippe Bas, président LR de la commission d’enquête du Sénat, sur cette « manipulation attribuée aux comptes russophiles sur Twitter pour déstabiliser l’exécutif français ». EU Disinfo Lab, qui dit lutter contre la manipulation de l’information, a exprimé sa surprise face à « la médiatisation » de son travail, « son détournement et sa récupération politique ». L’arroseur arrosé ? Reste que l’indépendance politique affichée par cette « ONG » semble bancale. « Financée exclusivement par Twitter à hauteur de 100 000 euros », selon Arrêt sur images, elle compte parmi ses partenaires rien de moins que l’Union européenne, envisagée comme futur financeur, et le think tank américain Atlantic Council. De plus, les membres de l’équipe de chercheurs composent l’organigramme du cabinet de conseil bruxellois Saper Vedere, qui propose ses expertises aux ONG, entreprises privées et institutions.

Audrey Loussouarn

 

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 07:50
Une mystérieuse réduction massive des jeunes non affectés: Parcoursup: le gouvernement a-t-il faussé le décompte? (L'Express, 14 août) - réaction de Ian Brossat

En quelques heures, le nombre de candidats en attente est miraculeusement passé de 90 000 à 16 000. 
Quand on échoue à faire baisser la fièvre, on casse le thermomètre. 
Ou comment masquer le crash industriel de Parcoursup. 
Quand on sait à quel point les familles des classes populaires et des couches moyennes comptent sur l'université pour assurer la réussite de leurs enfants, quel gâchis ! ⬇️

Lire aussi: 

Parcoursup: plus de 66 000 candidats encore sans affectation (Le Monde et Le Parisien, 9 août 2018)

 

Le PCF Finistère avec le Mouvement des Jeunes Communistes Bretagne organise un débat à Paris le samedi 15 septembre à 15h sur "Parcoursup et les inégalités des jeunes face à l'enseignement supérieur" à l'espace Bretagne de la Fête de l'Humanité.    

Une mystérieuse réduction massive des jeunes non affectés: Parcoursup: le gouvernement a-t-il faussé le décompte? (L'Express, 14 août) - réaction de Ian Brossat

Ils ne seraient plus que 16 100 étudiants à rechercher une place pour la rentrée. Contre 90 000 il y a peu. Explications.

A deux semaines seulement de la rentrée, 16 100 candidats seraient toujours à la recherche d'une affectation, contre près de 60 000 à la même période l'an dernier. Un bond impressionnant, survenu entre le 22 et le 23 juillet dernier, lorsque le nombre de personnes en recherche d'affectation dans l'enseignement supérieur est subitement passé de près de 90 000 à 18 390. Comment en est-on arrivé à une amélioration si soudaine du dispositif Parcoursup ? 

Invitée au micro de RTL lundi matin, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a détaillé ces chiffres. "Il y a 16 000 jeunes qui sont en recherche active et 50 000 que nous cherchons à contacter et qui pour le moment ne répondent pas à nos sollicitations." Depuis le 23 juillet, ces derniers sont donc isolés des autres dans le tableau de bord présentant, chaque jour, les statistiques de la plateforme. Cette distinction explique le bond opéré, mais elle ne permet pas de savoir qui sont exactement ces "candidats inactifs". Il ne s'agit ni des jeunes accompagnés par les commissions rectorales mises en place, ni de ceux ayant formulé de nouveaux voeux lors de l'ouverture de la procédure complémentaire le 26 juin dernier, ni encore de ceux ayant quitté la procédure. Qui sont-ils alors ? 

Vraiment inactifs ?
 

"On les considère comme inactifs puisqu'on sait que les jeunes peuvent avoir d'autres projets, s'être inscrits et ne plus être en recherche active", a tenté d'expliquer la ministre Frédérique Vidal à l'antenne de RTL. Mais pour Guillaume Ouattara, étudiant-ingénieur à l'UTC de Compiègne, qui a décrypté l'algorithme de la plateforme, cette division entre candidats actifs et inactifs ne tient pas. "Pour être considéré comme actif, il faut avoir formulé des voeux lors de la procédure complémentaire ou avoir pris contact avec la commission rectorale. Or, certains ne savent même pas qu'ils peuvent contacter leur rectorat. Ou n'ont pas non plus trouvé de formations qui leur convenaient en procédure complémentaire. Pourtant, ils se connectent chaque jour pour voir si la situation a évolué." 

Frédérique Vidal et Jérôme Teillard, chef du projet Parcoursup au ministère, assurent les avoir contactés, en vain. "Chaque année, nous connaissons cette déperdition. Nous demandons aux élèves de se manifester s'ils cherchent réellement une place dans l'enseignement supérieur. Nous leur avons envoyé différents messages sur la plateforme", insiste le ministère. Mais Guillaume Ouattara en doute. "Les élèves avec qui j'échange n'ont pas tous reçu de coup de fil ou de message." Quant aux relances restées lettres mortes qu'évoque la ministre ? "Difficile de croire que 50 000 candidats peuvent cesser de répondre du jour au lendemain, sans explication." Selon le jeune ingénieur, "il y a bien 66 000 étudiants en attente, et non 16 000 comme le dit le ministère". Il soupçonne la mise en place de ces nouvelles catégories pour, en apparence, diminuer le nombre de candidats toujours sans affectation. En somme, plutôt que de faire baisser la fièvre, l'exécutif aurait choisi de casser le thermomètre. Ce que le ministère assume auprès de L'Express : il ne s'agit pas selon lui d'une manipulation mais d'une volonté de se montrer "transparent". 

Un choix par dépit
 

Si les chiffres semblent donc bien plus proches de ceux de l'an dernier, une différence persiste cependant. Mais celle-ci n'est pas quantifiable : il s'agit du ressenti des jeunes, bien plus frustrés qu'au temps de l'ex-dispositif APB, si l'on en croit certains témoignages. "Avant, la procédure se faisait en trois phases distinctes. Dès le 19 juillet, les candidats étaient fixés sur leur sort grâce à la hiérarchisation des voeux, rappelle Guillaume Ouattara. Mais, puisque aujourd'hui cette hiérarchie n'existe plus, c'est aux candidats eux-mêmes de prendre la responsabilité d'attendre ou de trouver une autre formation." 

Dans le doute, certains s'accrochent à des places, pour ne pas passer à côté d'une meilleure opportunité, créant ainsi des embouteillages de moins en moins résorbable à mesure qu'approche la rentrée. D'autres fois, ils cèdent, comme David, toujours en attente d'une réponse des écoles qu'il espérait intégrer. Il a décidé de postuler ailleurs, par dépit. "J'ai une réponse positive, dans la mesure où j'ai émis un nouveau voeu, en procédure complémentaire, dans un établissement où il restait de la place. Mais ce n'est pas dans la filière que j'avais initialement demandée." Angoissé à l'idée de ne pas disposer d'un logement à la rentrée, le jeune homme a déjà signé le bail d'un appartement proche de l'établissement qu'il intègrera dans quelques jours.  

Des voeux disparus

David pense abandonner ses autres voeux, en attente, sur la plateforme. Une initiative qui ne tient plus qu'à lui, contrairement au cas de Louis Boyard, président de l'Union national lycéenne, dont tous les souhaits d'orientation ont disparu la semaine dernière. Une surprise pour le jeune bachelier. "J'étais à un séminaire international, avec d'autres syndicats, organisé dans un camping en Italie. Il y a eu une tempête, donc il n'y avait plus d'électricité pendant trois jours", raconte-t-il. "Lorsque j'ai rallumé mon téléphone, tous mes voeux avaient été annulés car je n'avais pas répondu à temps à une proposition [le délai pour répondre est désormais de deux jours, ndlr]. Considéré comme inactif, on m'avait purement et simplement exclu de la plateforme." 

La situation s'arrange finalement, "grâce à mon père, qui a appelé à ma place puisque le numéro vert est injoignable depuis l'étranger". Mais la colère est toujours là. "Il n'est possible de demander à être réintégré que dans les cinq jours, et une seule fois. Je le sais, parce que j'ai été conseillé sur Twitter, mais rien ne m'indiquait sur le site que c'était possible." En prime, le père de Louis s'est vu sermonné par son interlocutrice car, lui a-t-on expliqué, "c'est irresponsable de laisser partir son fils à l'étranger pendant la procédure". "C'est une façon de culpabiliser les jeunes, de les tenir responsable de leur éviction. Mais aussi de libérer dix places d'un coup, si l'exclusion est effective, chaque candidat ayant droit à dix voeux." 

Pour ce syndicaliste originaire de banlieue, qui aimerait intégrer une faculté parisienne, "dire qu'il y a 50 000 lycéens inactifs est mensonger". Le risque, selon lui, si rien n'est fait : "Se retrouver avec des dizaines de milliers de jeunes qui vont purement et simplement commencer à chercher du travail." Il ne croit pas si bien dire. 

De plus en plus de candidats, las d'attendre qu'une place se libère, ont baissé les bras. C'est le cas de Nathan, 4e et 9e sur liste d'attente pour une place en BTS audiovisuel. Et 196e pour 14 places en BTS photographie. Contrairement à ce qu'affirme le ministère, qui dit relancer les élèves en rade, Nathan explique n'avoir eu aucune nouvelle de la commission rectorale depuis début juillet. "C'est plutôt moi qui les relance, mais je me prends des vents", souffle-t-il. La procédure complémentaire ne lui réussit pas non plus. "Les formations ne sont pas ouvertes aux candidats avec mon profil, à savoir un bac pro."  

Résigné, et sans autre possibilité, Nathan multiplie les envois de CV pour travailler dans les grandes surfaces et les fast-foods du coin. Et rejoindre, à défaut de n'avoir pu intégrer le corps étudiant, une toute autre catégorie d'actifs à la rentrée. Ou d'inactifs... 

Des places libérées à la rentrée

Parmi les 66 000 jeunes toujours en attente d'une place dans l'enseignement supérieur, des milliers devraient se tourner vers l'enseignement privé à la rentrée. L'an dernier, 475 000 étudiants faisaient ce choix. Dans le même temps, d'autres étudiants, inscrits dans les universités, feront faux bond en septembre. "C'est l'habituel turn-over de la rentrée", indique le ministère, qui comptabilise chaque début d'année scolaire une défection de l'ordre de 10 %. Ces deux éléments devront permettre de réinjecter des places dans "la machine", tandis que les premiers sélectionnés rejoindront les bancs des facultés. 

 

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 07:41

En 2017, le nom de la rock star irlandaise est apparu dans un des circuits d’évasion fiscale dévoilés par les Paradise Papers. Ce n’était pas une première pour le héraut des bonnes causes, adepte avec son groupe de l’évitement de l’impôt.

D’un côté, il y a les tournées officielles de U2. Après avoir parcouru les États-Unis, leur dernière en date sillonne le Vieux Continent à partir de fin août. Et puis, il y a les circuits non officiels. Ceux de leurs sous qui passent par des destinations où les quatre gens de Dublin ne se produiront sans doute jamais : Malte, Guernesey, la Lituanie… C’est ce qu’ont dévoilé les Paradise Papers en novembre 2017. Le quotidien britannique The Guardian et le site lituanien 15 min ont relevé le nom de Paul Hewson dans les documents consacrés à une société maltaise, Nude Estates, propriétaire d’un centre commercial à 60 kilomètres de Vilnius. Le patronyme de naissance de Bono apparaît parmi ceux des investisseurs qui ont financé l’acquisition, via des montages financiers optimisés.

Malte est en effet très accueillante pour les étrangers en quête de placements rentables : les plus-values n’y sont imposées qu’à 5 %. En l’occurrence, Nude Estates a acheté en 2007 ce centre commercial contre 5,8 millions d’euros, via une société du même nom créée dans le pays balte. En 2012, le titre de propriété est transféré à une troisième structure, Nude Estates 1, celle-ci enregistrée à Guernesey, où les profits réalisés par les compagnies qui y sont enregistrées ne sont là non plus pas taxés. Placée sur le gril du fisc lituanien après ces révélations, Nude Estates a versé, début 2018, 34 000 euros d’impôt sur le revenu et 19 000 euros d’amende, afin d’éteindre les poursuites.

À l’époque, Bono avait fait valoir qu’il n’était qu’un investisseur « passif » et « minoritaire » dans ce montage. Soulignant qu’il effectuait toujours ses investissements en son nom, et non sous couvert de sociétés-écrans, il avait « salué » la publication de ces révélations. « J’ai milité pour que les propriétaires de sociétés offshore soient rendus publics. (…) Il devrait y avoir des registres publics pour que la presse et le public puissent voir ce que les gouvernements, comme Guernesey, savent déjà. »

Mais ce couplet sonne faux, alors que le chanteur aux multiples causes humanitaires s’est déjà fait prendre la main dans le pot de l’optimisation fiscale. Avant cet épisode, il y eut en 2006 la migration d’Irlande vers les Pays-Bas de U2 Limited, le fonds gestionnaire des bénéfices récoltés via la vente de leurs albums et leurs concerts. Avant 2006, le groupe, comme les autres artistes domiciliés en Eire, bénéficiait d’une ristourne fiscale pour ce genre de revenus. Mais Dublin a eu la fâcheuse idée d’adjoindre un plafond à cette niche fiscale. La bande à Bono a alors envoyé U2 Limited aux Pays-Bas, où l’y attendait un système plus accueillant. Celui-ci permet à toute société de droit néerlandais d’y faire remonter les bénéfices générés par des activités effectuées dans d’autres pays sous forme de versements de royalties et droits de licence. Cette pompe à bénéfices, taxée symboliquement par les Néerlandais, réalise en plus le prodige d’annuler toute taxation ailleurs.

Selon Billboard, l’étape américaine du « Joshua Tree tour 2017 » a engrangé 46,4 millions d’euros. On comprend mieux le tropisme de Bono and Co pour Amsterdam. En 2006, une banderole « Payez vous aussi vos impôts » avait été hissée lors d’un concert. Bono avait répliqué en déclarant « payer une fortune en taxe et être content de le faire. Mais ça ne veut pas dire que, puisque vous êtes bon en philanthropie (…), les gens pensent qu’on devrait être stupide en affaires ». Et Bono s’y connaît en bonnes affaires. En 2009, Elevation Partners, fonds dont il est l’un des fondateurs, avait pris 2,4 % dans un réseau social naissant… Facebook, autre spécialiste de l’optimisation fiscale.

 

Le guide touristique de la fraude - Pays-Bas

 

Quatre-vingt-onze des cent plus grandes multinationales mondiales ont au moins une filiale stratégique aux Pays-Bas. Si elles en profitent pour y déposer leurs brevets et revenus liés à la propriété intellectuelle, exemptés d’impôts, le pays sert avant tout de plaque tournante financière. Les Pays-Bas sont le premier récepteur et émetteur au monde d’investissements directs à l’étranger, autrement dit d’achats et de ventes de titres d’entreprise. On ne parle pas ici d’investissement productif, mais bien d’internationalisation des firmes à but d’optimisation fiscale. Les Pays-Bas ne sont pas directement un paradis fiscal, mais plutôt une gigantesque pompe financière : ils absorbent les milliards des multinationales, et les rejettent, quasiment sans frais,  dans les Antilles néerlandaises, avec lesquelles le pays a de très avantageux accords – empêchant notamment la double imposition – et où les taux d’imposition se situent entre 0 % et 5 %. Cette stratégie bien connue s’appelle le « sandwich hollandais ». 8 000 milliards d’euros de flux financiers transitent ainsi chaque année par les Pays-Bas en toute impunité, puisque l’administration néerlandaise se révèle incapable de contrôler plus de quelques dizaines de transactions.

Stéphane Guérard

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 07:38

Alors que la canicule persiste en France et que des incendies ont fait de gros dégâts en Suède, en Grèce et continuent de s’étendre en Californie, le ministre de la Transition écologique et solidaire s’est exprimé hier dans le Journal Du Dimanche (JDD). Un entretien dans lequel abondent les contradictions, tant la politique du gouvernement dont il est membre alimente au quotidien le processus de réchauffement climatique.

« Il faut une union sacrée sur le climat», titre le JDD en mettant en exergue cette phrase prononcée par Nicolas Hulot. Ce dernier dit aussi que « nous assistons en spectateurs avertis à la gestation d’une des plus grandes tragédies de l’humanité. Les objectifs que nous nous sommes fixés aux niveaux national et international nous imposent de changer de modèle (…). Ressaisissons-nous pendant qu’il est temps », ajoute le ministre.

Mais la politique du gouvernement auquel participe Nicolas Hulot permet-elle ce ressaisissement ? Après avoir indiqué que le réchauffement climatique est « la conséquence de nos inconséquences », Nicolas Hulot tente de répondre par l’affirmative en posant cette question : « Mais a-t-on réellement besoin d’avoir le choix entre un réfrigérateur produit en Asie et un autre en France ? Il nous faut relocaliser une partie de l’économie». 

Nicolas Hulot a raison de poser ce genre de question. Mais, pour mieux dénoncer une « inconséquence » connue de tous, il aurait pu prendre l’exemple des lave-linge de la firme américaine Whirlpool. Ils étaient produits dans l’usine d’Amiens. Leur transfert en Pologne a été annoncé par la firme sous le quinquennat de François Hollande et ils ont été délocalisés à la fin du printemps de cette année. On a cassé une usine en bon état de marche en France pour construire la même en Pologne. Comme le coulage d’une tonne béton émet 900 kilos de CO2, ce transfert augmente en amont le bilan carbone de la production délocalisée. Ensuite, l’électricité qui alimente l’usine polonaise de Whirlpool provient du charbon à 80%. Elle est donc fortement émettrice de CO2 ce qui augmente encore le bilan carbone de chaque lave-linge dont la fabrication a été transférée de Picardie en Europe centrale pour augmenter de taux de profit de Whirlpool grâce à des salaires trois fois plus bas qu’en France . Comme les trois quarts de ces lave-linge sont vendus en Europe de l’Ouest, ils sont ensuite transportés en camion sur des milliers de kilomètres avant d’être livrés aux acheteurs. Là encore le bilan carbone est aussi désastreux que celui d’un réfrigérateur fabriqué en Asie. N’oublions pas que le candidat Macron, natif d’Amiens, est allé dire aux salariés picards de Whirlpool, qu’il acceptait cette délocalisation industrielle. C’était entre les deux tours de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen.

Ajoutons que Whirlpool n’est qu’un mauvais exemple parmi des milliers d’autres. Selon l’INSEE, la France a perdu 530.000 emplois industriels entre 2006 et 2015 pour cause de délocalisation dans des pays à bas coûts de main d’œuvre, souvent à l’intérieur de l’Union européenne. Dans la seule industrie du pneu, la France a vu fermer plusieurs usines avec la perte de 11.700 emplois durant ces dix années (1).

 

Des véhicules électriques pour tout le monde ?

Dans cet entretien au JDD, Nicolas Hulot affirme « Depuis mon entrée au gouvernement, nous avons renégocié les appels d’offres des six champs d’éoliennes offshore pour en construire plus sans dépenser plus. J’ai donné un cap pour que l’industrie automobile propose, dans un délai très court, des véhicules électriques à tout le monde ». 

En dépit de cet appel d’offre renégocié, il se passera beaucoup de temps avant que l’éolien, terrestre et offshore, atteigne seulement le quart de notre production électrique contre moins de 5% en 2018. Il faudra aussi beaucoup de cuivre et de matériaux issus des terres rares pour fabriquer ces éoliennes et les batteries des voitures électriques destinées « à tout le monde », comme le propose Nicolas Hulot. N’oublions pas que le ministre de la Transition énergétique et solidaire reprend à son compte le passage le plus rapide possible à seulement 50% d’énergie électrique produite par les centrales nucléaires, même s’il a admis que cela ne lui semblait pas possible en 2025 comme le promettait François Hollande. Le nucléaire n’émet pas de CO2, tout comme les énergies renouvelables. Mais ces dernières sont intermittentes quand elles dépendent du vent ou du soleil. Sachant cela, force est de constater que réduire rapidement la part du nucléaire dans notre mix énergétique se traduira par une relance des centrales au gaz et au fioul, et pas seulement lors des pics de consommation.

 

En attendant de lancer en grand la production de voitures électriques pour permettre « à tout le monde » d’en acheter une ou plusieurs, Nicolas Hulot a pris des mesures incitatives, sous forme de primes, pour retirer de la circulation des véhicules diesel au profit des véhicules à essence . Si le recul du nombre de nombre de kilomètres effectués chaque jour par des voitures diesel limite les émissions de particules fines, il n’en va pas de même pour le CO2. Car les véhicules à essence, plus gourmands en carburant, en émettent plus de les voitures diesel. Ajoutons que beaucoup des véhicules diesel retirés du marché en France, sont vendus en Afrique où ils contribuent à l’augmentation globale des émissions de gaz à effet de serre. Enfin, plus on accélère le renouvellement du parc automobile dans un pays comme la France, plus on favorise une exploitation accélérée des matières premières minières de toutes sortes avec, là encore, un bilan carbone global en augmentation constante. 

 

 Voir à ce propos le second chapitre du dernier livre de Gérard Le Puill « Réinventons l’économie dans un monde fini », éditions du Croquant, 15€

 

 

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 06:26
Ian Brossat: de la lutte contre la spéculation immobilière et la flambée des prix des loyers et logements à Paris au témoignage sur son grand-père espion soviétique en Israël

Notre chef de file communiste aux élections européennes de mai 2019, lan Brossat, 38 ans, adjoint au logement à la ville de Paris écrit des essais, sur la thématique du logement et de l'accès de tous à celui-ci, et aussi un texte littéraire autobiographique, sur une histoire familiale peu commune. Voici le résumé de L'espion et l'enfant, chez Flammarion: 

" Eté 1983. Un petit garçon prend l’avion avec sa maman. Direction Israël, où il va retrouver son grand-père dans un endroit étrange. Il mettra plusieurs années à comprendre qu’il s’agit d’une prison, dans laquelle «Saba» est enfermé parce qu’on l’accuse d’être un espion. Visite après visite, par bribes, lan Brossat reconstitue le passé de cet homme étonnant, de cette famille - la sienne - pas comme les autres. L’histoire commence en Pologne, quand Marcus Klingberg, juif et petit-fils de rabbin, prend la fuite devant l’invasion nazie pour rejoindre l’Union soviétique, où il s’engage dans l’Armée rouge pour combattre les Allemands. Elle se poursuit en Israël où il codirige l’institut de recherche ultra-secret de Ness Ziona. Elle se termine en détention, lorsqu’il finit par avouer que oui, il a transmis des informations à l’URSS. Pendant trente ans, gratuitement et sans regret. Mais pour quelles raisons ? Comment ? Son épouse était-elle au courant ? Pourquoi Israël le gardait-il au secret, jusqu’à changer son nom ? Et Ian Brossat lui-même, enfant, de quelle manière a-t-il vécu ces années où, comme son Saba, il se voyait condamné au secret total ? C’est cette fascinante épopée familiale, ainsi que le récit de la relation tendre et forte qui unit, malgré l’adversité - ou grâce à elle ? - un petit-fils à son grand-père, que cet ouvrage tout en pudeur et fureur dévoile".

Pourrons-nous vivre à Paris demain ? Cette question, un nombre de croissant de Parisiens se la posent. Tandis que dans toute l'Europe, les prix de l'immobilier marquent le pas, dans la capitale française, on paie toujours plus cher pour se loger. Ainsi, depuis 2000, l'indice des prix immobiliers y a progressé de 114 % quand le salaire moyen a augmenté de seulement 10 %. Cette spéculation est en train de tuer Paris. Elle transforme la ville en musée. Pourtant, des solutions existent. Ian Brossat et Jacques Baudrier, élus communistes parisiens, entendent les défendre, les porter et les placer au coeur du débat. Avant les élections municipales de 2014, ce livre est celui d'un combat pour un Paris solidaire et populaire.

Pourrons-nous vivre à Paris demain ? Cette question, un nombre de croissant de Parisiens se la posent. Tandis que dans toute l'Europe, les prix de l'immobilier marquent le pas, dans la capitale française, on paie toujours plus cher pour se loger. Ainsi, depuis 2000, l'indice des prix immobiliers y a progressé de 114 % quand le salaire moyen a augmenté de seulement 10 %. Cette spéculation est en train de tuer Paris. Elle transforme la ville en musée. Pourtant, des solutions existent. Ian Brossat et Jacques Baudrier, élus communistes parisiens, entendent les défendre, les porter et les placer au coeur du débat. Avant les élections municipales de 2014, ce livre est celui d'un combat pour un Paris solidaire et populaire.

Nouvelle publication de Ian Brossat en septembre 2018 - Soirée de lancement à la librairie Le Merle moqueur le 6 septembre 2018: "Loin de sa promesse initiale, l'économie du partage est devenue une économie de la prédation : Paris a vu 20 000 de ses logements disparaître au profit de la plateforme Airbnb, dont elle est la première destination mondiale. Airbnb, Uber, Google et Amazon entendent aujourd'hui transformer nos villes en marchés pour maximiser leurs profits. Allons-nous les laisser faire ? "  Dans cet essai sans concessions, Ian Brossat dévoile les dessous d'Airbnb : entre lobbying et montages fiscaux, la face cachée d'Airbnb est en effet bien loin de l'image cool que se donne la firme américaine.

Nouvelle publication de Ian Brossat en septembre 2018 - Soirée de lancement à la librairie Le Merle moqueur le 6 septembre 2018: "Loin de sa promesse initiale, l'économie du partage est devenue une économie de la prédation : Paris a vu 20 000 de ses logements disparaître au profit de la plateforme Airbnb, dont elle est la première destination mondiale. Airbnb, Uber, Google et Amazon entendent aujourd'hui transformer nos villes en marchés pour maximiser leurs profits. Allons-nous les laisser faire ? " Dans cet essai sans concessions, Ian Brossat dévoile les dessous d'Airbnb : entre lobbying et montages fiscaux, la face cachée d'Airbnb est en effet bien loin de l'image cool que se donne la firme américaine.

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 06:02

Une association belge, « EU DisinfoLab », a répertorié nominativement près de 60 000 comptes Twitter de citoyen-ne-s français-es ayant réagi à l’affaire Benalla depuis sa révélation le 18 juillet dernier par la presse. Il s'agit rien de moins que d'un fichage politique, totalement illégal, puis que l'un des deux fichiers Excel établit des corrélations avec des sites de médias ou d'organisations politiques.


Ce travail réalisé, prétendument pour mettre en évidence une manipulation de l'information sur les réseaux sociaux, est une atteinte grave et inadmissible à notre démocratie, aux droits inaliénables des citoyen-ne de notre pays, de penser, d'expression et d'engagement. Cette méthode n’est pas sans rappeler les fichages de triste mémoire de la police de Vichy.

« EU DisinfoLab » contrevient ainsi dans notre pays à la loi Informatique et Libertés de 1978 mais aussi au nouveau règlement européen sur la protection des données.


La CNIL interpellée par plusieurs personnes citées dans les fichiers annonce qu'elle se saisit de cette affaire, c'est une première étape mais des investigations poussées doivent maintenant être diligenter par les autorités françaises.

Le PCF – dont nombre de sympathisant-e-s et de militant-e-s parmi lesquels des parlementaires se trouvent ainsi listés – exige que toutes les mesures soient prisent d'une part pour protéger les personnes « fichées » et leurs droits fondamentaux garantis et d'autre part pour qu'une enquête soit diligentée dans les plus brefs délais.


Le PCF sera particulièrement vigilant aux suites données par le gouvernement et la Présidence de la République en la matière.



Parti communiste français

 

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 11:36
Parcoursup: plus de 66 000 candidats encore sans affectation (Le Monde et Le Parisien, 9 août 2018)

Jean-Paul Lecoq, député communiste de Seine-Maritime, commente sur Facebook cet article du monde: "Et combien de candidats découragés par le système mis en place ? Combien livrés aux établissements privés grands bénéficiaires de cette "réforme" ? Au final et quoi qu'en dise la communication officielle, Parcoursup trie et sélectionne à l'entrée de l'enseignement supérieur en France. Dans un notre pays, voilà encore un droit qui a régressé".

Le PCF avec le Mouvement des Jeunes Communistes projettent d'organiser un débat à Paris le samedi 15 septembre à 15h sur "Parcoursup et les inégalités des jeunes face à l'enseignement supérieur" à l'espace Bretagne de la Fête de l'Humanité.    

 

Parcoursup : plus de 66 000 candidats encore sans affectation

Le ministère considère que seuls 16 300 d’entre eux veulent encore « s’inscrire via Parcoursup » et ont ainsi répondu à des propositions d’accompagnement.

LE MONDE | 

Selon les chiffres du ministère, actualisés jeudi 9 août, plus de 66 000 candidats sont encore en attente d’une place dans l’enseignement supérieur sur la plateforme Parcoursup. Ils sont précisément 66 402 à n’avoir pas obtenu d’affectation, même si le ministère considère que seuls 16 300 d’entre eux veulent encore « s’inscrire via Parcoursup » et ont ainsi répondu à des propositions d’accompagnement.

Les autres, soit quelque 50 102 candidats, sont considérés comme « inactifs » :« Ils ne se manifestent plus : on leur a envoyé plusieurs messages, et depuis le 7 juillet, lendemain des résultats du bac, ils ne se sont pas manifestés », assure Jérôme Teillard, chef du projet Parcoursup au ministère de l’enseignement supérieur.

A titre de comparaison, le 21 juillet 2017, environ 65 000 jeunes inscrits sur l’ancienne plateforme d’admission post-bac (APB), décriée pour le système de tirage au sort en vigueur pour les filières sous tension, étaient sans affectation à l’université.

Près de 73 % des 812 050 inscrits sur Parcoursup sont en revanche fixés sur leur sort : 481 530 ont définitivement accepté une proposition, tout comme 110 322 autres qui ont, eux, maintenu un ou plusieurs autres vœux en attente. Près de 154 000 personnes ont par ailleurs quitté Parcoursup, notamment en raison d’un échec au bac ou parce qu’elles sont inscrites dans des cursus privés.

Des propositions « tous les jours »

Alors que la rentrée approche, le ministère veut envoyer aux jeunes sans affectation « un message de sérénité : tous les jours il y a des propositions qui sont faites aux candidats », assure M. Teillard.

Le ministère espère voir des places se libérer à la fin du mois, avec la clôture des inscriptions le 27 août pour toutes les formations qui ont leur rentrée le 3 septembre (classes préparatoires, BTS ou certaines licences universitaires…), ce qui obligera les candidats de ces formations à renoncer définitivement à leurs autres vœux.

« Actuellement, un jeune peut garder beaucoup de vœux en attente sans qu’on sache quel est son ordre de préférence, et peut par là, bloquer des places », explique François Germinet, président de l’université de Cergy-Pontoise et membre de la Conférence des présidents d’université (CPU, pro-réforme).

Le 5 septembre, souligne Jérôme Teillard, s’achèvera la « phase principale », et il n’y aura « plus de vœux en attente à partir de cette date ». Les élèves pourront toutefois recevoir de nouvelles propositions jusqu’au 21 septembre.

Mi-juillet, plusieurs organisations opposées à la loi sur les nouvelles modalités d’accès à l’université et à Parcoursup, ainsi que le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, ont annoncé avoir saisi le Défenseur des droits pour « faire la lumière sur les modalités de sélection » des candidats à l’enseignement supérieur.

A lire aussi: 

Parcoursup: la machine est grippée (Christelle Brigaudeau, Le Parisien, 9 août 2018) 

Au total, plus de 21 % des candidats à l’enseignement supérieur ignorent où ils étudieront à la rentrée

La nouvelle procédure d’admission dans le supérieur tourne au ralenti. À un mois de la rentrée, plus d’un candidat sur cinq ignore toujours où il étudiera.

Pour forcer les attentistes à bouger, les classes préparatoires, mais aussi les IUT ou les BTS, viennent d’obtenir du ministère d’avancer d’une semaine, au 27 août, la date limite des inscriptions dans leurs classes. « À mesure que la date approche, les jeunes vont aller s’inscrire et débloquer des places », pronostique-t-on au cabinet de la ministre Frédérique Vidal.

Rue Descartes, l’idée d’un retour à un système ressemblant à APB n’emballe guère, même si l’on promet que « les ajustements nécessaires seront faits » après la rentrée, en fonction de l’analyse que dressera le comité de suivi de la réforme.

D’ores et déjà, le gouvernement va devoir rendre des comptes. Le Défenseur des droits a reçu ces dernières semaines « de nombreuses réclamations » de particuliers au sujet de Parcoursup, ainsi que trois saisines d’élus locaux et de syndicats enseignants et étudiants, qui dénoncent « l’opacité » du nouveau système et des soupçons de « rupture d’égalité » entre les candidats.

CACHEZ CES CHIFFRES

Que faire quand 115 815 étudiants sont encore sans proposition d’admission dans le supérieur, le 22 juillet ? Au ministère de l’Enseignement supérieur, une réponse a été… de changer la présentation des chiffres officiels.

Depuis le 23 juillet en effet, le baromètre de Parcoursup publié chaque jour par le ministère ne laisse plus apparaître deux colonnes, celle des jeunes « ayant reçu au moins une proposition d’admission » et celle des élèves n’en ayant aucune.

Désormais, les flux sont répartis entre quatre savantes catégories : les candidats « ayant accepté une proposition » (mais certains pas définitivement), ceux qui ont « quitté la procédure », ceux qui « souhaitent s’inscrire dans l’enseignement supérieur via Parcoursup » et les « inactifs ». Il s’agit de ceux qui n’ont pas sollicité la procédure complémentaire du système ni saisi leur rectorat pour trouver une solution, alors qu’ils sont recalés ou sur liste d’attente sur tous leurs vœux.

Il faut donc faire une addition pour retrouver le nombre de jeunes toujours en stand-by : à la date de mercredi, ils étaient 66 661.

A lire aussi, ces déclarations du PCF qui a combattu Parcoursup: 

Le fiasco de Parcoursup (PCF - 6 juin)

Deux semaines après les résultats de Parcoursup où 400 000 lycéens étaient «en attente» ou refusés» sur l’ensemble de leurs voeux (soit 50% des inscrits), il reste toujours des dizaines de milliers de lycéens sans aucune affectation à quelques jours du bac.

La sélection n’est pas la solution !

Parcoursup, c’est l’instauration officielle de la sélection à l’Université. La plateforme permet de classer les dossiers des lycéens en fonction de critères déterminés par chaque faculté. Une fois les capacités d’accueil atteintes, les candidats se voient refuser l’accès à ces formations. Des milliers de lycéens n’auront donc pas accès à la filière de leur choix. Pire, certains d’entre eux verront les portes de l’enseignement supérieur se fermer définitivement à la rentrée prochaine. C’est tout simplement inacceptable.

 Parcoursup ou la concurrence généralisée

Le baccalauréat ne garantit plus l’accès à l’Université. Parcoursup, c’est la concurrence généralisée entre universités, lycées et élèves. Par exemple, un élève avec un livret « satisfaisant » dans un lycée « reconnu » a plus de chances de voir ses vœux satisfaits qu’un élève avec le même livret d’un lycée moins « reconnu ».

Parcoursup ou le stress généralisé

Avec Parcoursup, si vous avez plusieurs réponses positives, vous devez décider de votre avenir très rapidement : au mieux, une semaine ; au pire 24 heures !

Si aucun des 10 vœux n’obtient de réponse positive, c’est le recteur qui proposera une formation là où il restera de la place, dans un périmètre géographique très large. Les réponses pourraient être rendues jusqu’à n août, laissant les candidats dans le ou total jusqu’à la dernière minute !

Pour une Université ouverte à tous !

Ce ne sont ni les étudiants et lycéens, ni les candidats le problème, mais les moyens qui manquent ! Entre 2009 et 2017 : + 280 000 étudiants et – 7 000 enseignants

Un autre modèle d’enseignement supérieur est possible : celui d’une Université publique ouverte à tous les bacheliers et dotée de moyens suffisants. Une Université qui permet la réussite de tous les étudiants et notamment des plus en difficulté. 

NOUS PROPOSONS DE: 

- mettre en œuvre un plan d’investissement dans l’enseignement supérieur pour des capacités d’accueil à hauteur des besoins

- créer un statut protecteur pour tous les jeunes de 18 à 25 ans garantissant un revenu minimal et l’accès à un emploi correctement rémunéré ou à une formation choisie et qualifiante

- d’instaurer la gratuité de tout ce qui est nécessaire à la scolarité : transports, santé, accès renforcé au logement social, élargissement de la gratuité des activités culturelles et sportives. 

Lire aussi: 

Parcours-Sup: une loterie nationale et une machine à stresser et dégoûter les jeunes désireux de faire des études

Parcours sup: le sénateur communiste Pierre Ouzoulias dénonce un "coup d'Etat insupportable" (Public Sénat)

ÉDUCATION. L’ÉTAT CAMOUFLE LES RECALÉS DE PARCOURSUP (L’HUMANITE - JEUDI 26 JUILLET 2018 - AXEL NODINOT)

PARCOURSUP, BIEN PLUS STRESSANT QUE LE BAC ! (L’HUMANITE - SAMEDI 14 JUILLET 2018)

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:56
PCF - MONSANTO CONDAMNE : OUVRONS LA VOIE AU CHANGEMENT DE MODELE AGRICOLE

Le verdict est tombé : le tribunal de San Francisco a condamné la multinationale Monsanto. Pour la Justice, se sont bien les désherbants Roundup et RangerPro qui sont responsables du cancer du jardinier Dewayne Johnson.
Cette décision est une bonne nouvelle pour tous ceux qui pensent – le PCF est de ceux-là – qu’il y a urgence à sortir du modèle agricole actuel, reposant sur des intrants chimiques massifs, produits dont l’impact sur l’homme et sur l’environnement commencent à être connu en place publique.

Le PCF rappelle sa détermination à engager la France dans une sortie du Glyphosate et des pesticides dangereux. Notre pays a besoin d’une grande ambition collective alimentaire, écologique et de santé publique.
Pour cela, il est indispensable de permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail, pour sortir la production alimentaire des griffes des quelques multinationales qui trustent actuellement ce secteur, aliénant producteurs et consommateurs au nom du profit capitaliste
.

 

 

Glyphosate:

Le pot de terre gagne contre le pot de fer en Californie.
Dans cet Etat Nord-Américain, le jardinier Déwayne Johnson qui a durant de nombreuses années utilisé le Roundup vient de gagner son procès contre le géant Monsanto qu'il considère comme responsable de son cancer.
Le jury de 12 citoyens Américains a mis en cause le fait que la multinationale mélange information réelle sur la composition de ses produits et le mensonge organisé. C'est ce débat que nous avons également en Europe. Voici une jurisprudence de capitale importance. Que tous les ministres européens de l'agriculture et de l'environnement aient enfin le courage d'en faire de même!

Patrick Le Hyaric député européen communiste, directeur de l'Humanité

Le jugement rendu contre Monsanto est historique. Il a fallu le combat d’un homme, condamné à mort par la médecine, pour accélérer la procédure et aboutir à l’amende record de 290 millions de dollars. Plusieurs milliers d’autres plaintes ont été déposées par autant d’agriculteurs. La révélation des méthodes de la multinationale via les Monsanto Papers, quant à « l’évaluation scientifique » de son désherbant « vedette » – censure des avis critiques, pression et infiltration des organismes internationaux, de l’ONU à l’Union européenne –, conjuguée à un puissant mouvement d’opinion international, a pesé dans la balance de la justice. Face aux intérêts en jeu, les combats à venir n’en seront que plus âpres.
Depuis la guerre du Vietnam, avec l’usage massif de l’agent orange, Monsanto n’en finit pas d’être au banc des accusés. Entendre Bayer reprendre dès vendredi les mêmes arguments sur l’innocuité du glyphosate, « sûr » et « non cancérogène », ne peut qu’inquiéter. Après avoir racheté au prix fort – 63 milliards de dollars – son rival, le groupe allemand avait annoncé en juin son intention de faire disparaître la marque américaine. Cela ferait sans nul doute les bonnes affaires de The Vanguard Group et de Blackrock Fund Advisors. Plus de nom, plus de scandale, voire d’indemnités à verser ? Ces fonds d’investissement totalisent, avec un troisième larron, 11 000 milliards d’euros (cinq fois la richesse annuelle de la France) de capitalisation boursière mondiale. Ces deux-là sont présents à la fois dans le capital de Monsanto, de Bayer et de BASF – qui a repris les activités « OGM » de l’américain, au nom de la lutte anticoncurrentielle… Les mêmes ont dû être ravis du sursis de cinq ans sur une éventuelle interdiction du glyphosate, accordé par la Commission européenne, avec le soutien de l’Allemagne et sans un mot de la France. La graine de l’exigence d’autres logiques environnementales, agricoles et démocratiques, est depuis vendredi en terrain fertile.
 
Michel Guilloux, L'Humanité - 13 août 2018 
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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:54

 

On parle beaucoup de la canicule et de ses effets sur la vie quotidienne de tout un chacun depuis quelques jours. Toutefois, les victimes sur la durée vont être les paysans. Leurs coûts de production augmentent alors que les rendements céréaliers sont en baisse comme risquent de l’être ceux de la vigne. Incommodées par la canicule, les vaches donnent aussi moins de lait tandis que l’herbe se fait rare dans les prés. Parallèlement, tout indique que le contenu de la Loi EGALIM promise l’an dernier par le président Macron, et pas encore votée par le Parlement, ne favorisera pas la prise en compte des coûts de production dans la fixation des prix agricoles.

Le rejet des deux motions de censure l’une présentée par le groupe de droite LR et l’autre par les trois groupes se réclamant de la gauche parlementaire a mis fin à une longue session de l’Assemblée nationale. Mais la loi dite EGALIM promise au monde paysan par Emmanuel Macron n’a toujours pas été votée. Les travaux de l’Assemblée nationale ne reprenant que le 12 septembre, il se dit que la nouvelle lecture de ce projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation fera partie des dossiers prioritaires de la rentrée parlementaire. Il reste à savoir si cette loi changera quelque chose concernant la rémunération du travail des paysans. Car rien ne permet de penser aujourd’hui qu’elle permettra de fixer les prix des produits agricoles au départ de la ferme en tenant compte des coûts moyens de production.

Après avoir reçu la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs la semaine dernière, Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture recevait hier une délégation de la Confédération paysanne pour une tour d’horizon des dossiers chauds, canicule comprise. Cette canicule, justement, est en train d’augmenter les coûts de production dans des secteurs comme la production laitière, la production de viande bovine et ovine tandis que la baisse des rendements céréaliers imputable au climat affecte aussi ce secteur avec une baisse des rendements du blé tendre, du blé dur et du colza. Et l’on s’inquiète beaucoup concernant le maïs non irrigué, qu’il soit destiné à l’ensilage ou à la production de grain.

 

Le gouvernement refuse d’arbitrer sur les indicateurs de prix 

Les aléas climatiques rendent plus urgente que jamais l’adoption d’une loi permettant aux paysans d’obtenir une rémunération de leur travail par les prix. Mais aux dires de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, le gouvernement refuse d’arbitrer en ce sens. Il demande aux interprofessions de s’entendre sur les indicateurs servant à définir les prix et les marges pour décider du partage de la valeur ajoutée susceptible d’être répartie entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. Il est donc probable que le prix du lait payé au départ de la ferme par Lactalis ou Sodiaal en 2019 dépendra davantage du prix que ces deux multinationales estimeront pouvoir obtenir pour le beurre et les autres produits les laitiers dans les rayons des magasins Leclerc , Carrefour , Auchan et Casino- dans le cadre de la négociation qui débutera cet automne- que des coûts de production du producteur de lait . Que la loi soit votée ou pas avant cette date ne changera pas grand-chose. On sait que le prix du lait est beaucoup trop bas depuis 2015, année de sortie des quotas laitiers dans les pays de l’Union européenne. 

Plus de trois années de prix bas ont beaucoup fragilisé les exploitations laitières en France, comme dans les autres pays membres de l’Union. La France ne comptait plus que 56.984 fermes produisant du lait de vache, selon l’enquête annuelle laitière du ministère de l’Agriculture portant sur l’année 2017. L’an dernier ils ont livré 239 millions d’hectolitres de lait aux entreprises de transformation. Quatre régions, sur les douze que compte désormais le pays, concentrent plus de 60% de la production laitière. Il s’agit de la Bretagne, de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Normandie et des Pays de la Loire. Si on ajoute les Hauts de France et la région Bourgogne-Franche-Comté, nous avons plus de 80% de la production laitière dans six régions sur douze. 

 

Toutes les régions laitières sont frappées par la sécheresse

Cet été, ces six régions souffrent de la sécheresse. De la Bretagne, grande productrice de beurre et d’emmental d’entrée de gamme à la zone de production du comté en passant par celle du camembert ou du maroilles, l’herbe ne pousse plus et les vaches supportent mal la chaleur. Partout on entame le foin engrangé pour l’hiver et on s’inquiète des rendements que donneront à la fin de l’été les parcelles de maïs destinées à l’ensilage.

Tandis que les rendements laitiers diminuent , les coûts de production augmentent et le prix du lait restait anormalement bas au début de l’été autour de 30 centimes d’euro le litre au départ de la ferme , sauf dans la zone du comté et celles du reblochon et du beaufort dans les Alpes en raison de cahierz des charges qui garantissent une très bonne qualité fromagère. Depuis la sortie des quotas laitiers en avril 2015, le prix moyen du litre de lait a oscillé en permanence entre 32 et 28 centimes, loin des 37 centimes de prix moyen en 2014. Cela se traduit par une fragilisation des exploitations laitières et par des risques accrus concernant l’installation des jeunes alors que l’âge moyen des chefs d’exploitation est déjà trop élevé.

 

On entame en plein été le foin récolté pour l’hiver 

La situation n’est pas meilleure pour les éleveurs de bovins à viande concernant les prix tandis que la sécheresse augmente aussi les coûts de production. Eleveur de bovins de race Limousine en Corrèze, Jean Mouzat , président national du MODEF, constate que « l’herbe ne pousse plus . Les prairies sont en train de se dessécher et les grosses chaleurs annoncées vont accroître le phénomène. Il va falloir entamer les stocks de foin engrangés pour l’hiver dès cet été tandis que le maïs fourrager destiné à l’ensilage va voir ses rendements baisser en raison du manque de pluie».

Reçu par le président de la République voilà quelques jours en même temps que les premiers responsables des autres syndicats paysans, Jean Mouzat n’a pas été convaincu par les arguments d’Emmanuel Macron faisant mine de croire que la nouvelle loi ferait remonter les prix agricoles via la bonne volonté que les transformateurs et les distributeurs partageraient avec les paysans une fois cette loi votée par les députés. Le même sentiment dominait hier chez Laurent Pinatel à l’issue de sa rencontre avec le ministre de l’Agriculture. Surtout que la sécheresse aggrave la crise dans tous les secteurs après d’autres aléas climatiques comme la grêle sur les vignobles et les arbres fruitiers, les prix des fruits d’été étant aussi soumis à une rude concurrence au départ de la ferme via les importations en provenance d’Espagne et d’ailleurs.

Il se pourrait donc que les prochains mois se traduisent par une nouvelle aggravation de la crise agricole avec des paysans obliger de brader des animaux pour ne pas perdre encore plus d’argent en devant acheter des aliments composés pour les nourrir. Cette augmentation contrainte de l’offre ne poussera pas Lactalis, Charal et quelques autres multinationales à mieux payer le lait où la viande.

 

 

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