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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 11:47

 

Plus grande fête populaire de France avec 600.000 participants, lieu unique de fête, de musique, de culture, de politique, de sport, de convivialité et de rencontres…
Plus de 50 concerts (NTM, Julien Clerc, Catherine Ringer, Bernard Lavilliers, etc...), plus de
450 stands dont une centaine venus des quatre coins du monde...
Venez à la Fête de l’Humanité les 14.15.16 septembre, vivre des moments inoubliables où les mots solidarité, fraternité, liberté, égalité prennent tout leur sens...
 
Cet été, les militants communistes seront dans plusieurs festivals du Finistère pour proposer la vignette de la fête de l'Huma et présenter le programme de cette fête au travers d'un flyer proposant des abonnements de découvertes gratuits d'un mois au journal L'Humanité.  

Vous pouvez acheter la vignette bon de soutien donnant l'accès à la fête pour les 3 jours auprès des sections et des militants communistes pour 26€.  

Une soixantaine de bénévoles, militants PCF ou pas, sont déjà inscrits pour travailler sur le stand du PCF Finistère (restauration, bar, ...). C'est une expérience inoubliable. N'hésitez pas à venir nous rejoindre. 

Si vous le souhaitez, n'hésitez pas à prendre contact: dupont.ismael@yahoo.fr    

La fête de l'Huma sur le stand du Finistère: c'est une expérience inoubliable! Réservez vos places pour travailler sur le stand comme bénévole les 14, 15, 16 septembre 2018!

A la fête de l'Huma 2017 sur le stand du PCF Finistère: le reportage photo de Pierre Saint Jalme dans le pays d'utopie où le soleil ne tombe jamais...

Et oui, c'est déjà presque reparti pour un tour de piste. 

Les vendredi 14 - samedi 15 - dimanche 16 septembre, la belle, la rebelle, la Fête de l'Humanité, 83 ème édition, cette année encore sur le grand parc de la Courneuve, et pour nos camarades et amis qui le désirent, sur le stand du Finistère. 

Connu ou inconnu encore des animateurs du stand du Finistère et des adhérents du PCF, ami-e, si tu entends le vol noir des corbeaux sur la plaine, si tu veux agir et te rendre utile en passant un bon moment avec les cocos et toute la France de gauche, diverse et métissée, réunie à la fête de l'Huma, pour la musique, la fête, la culture, la politique, alors n'hésite pas à t'inscrire comme bénévole sur le stand du Finistère.

Avec la possibilité de dormir derrière le stand en tente à condition de donner sa contribution.   

Et à le fréquenter comme client: 

Bar multi-carte: Bière et cidre à la pression, vins, kir, whisky, ricard, punch, kremmig, carambig, lambig, boissons sans alcool.  

Au menu du restaurant:  

Formule Kig-ha-Farz - Far ou Kouign Amann: 13€

Formule Saucisses de Molène - Far ou Kouign Amann: 11€

Huîtres de la Rade de Brest

Sandwich pâté Hénaff

 

Une grande tombola est prévue aussi: 

Mais cette 83e édition de la fête de l'Huma s'annonce excellente aussi avec un beau plateau musical: 

SUPRÊME NTM // FRANZ FERDINAND // BERNARD LAVILLIERS // CATHERINE RINGER // ROMEO ELVIS // JULIEN CLERC // GRAND CORPS MALADE // THE INSPECTOR CLUZO // NAÂMAN // ORCHESTRE SYMPHONIQUE DIVERTIMENTO // ...

Découvrez également Cléa Vincent, Bertrand Burgalat, Palatine et Johnny Montreuil à la Scène Zebrock ! 

 Sans parler des nombreux débats, meetings et rencontres politiques, des activités culturels et sportives, du Village du Monde. 

Il y a mille bonnes raisons de réserver son week-end pour la fête de l'Huma, le plus grand festival de France, la plus grande fête populaire, à commencer par le prix: 26€ le bon de soutien militant ouvrant l'entrée pour 3 jours de concerts et de fête!  

Fête de l'Humanité 2018 les 14, 15, 16 septembre à La Courneuve - Le rendez-vous incontournable du peuple de gauche !
Fête de l'Humanité 2018 les 14, 15, 16 septembre à La Courneuve - Le rendez-vous incontournable du peuple de gauche !

Une fête de l’Humanité au service des causes communes !

Nous souhaitons construire la fête de l’Humanité des 14, 15 et 16 septembre prochains comme un carrefour et un prolongement de tout ce qui bout et s’exprime dans la société. Dans un contexte national et international complètement chamboulé, la force du nombre de ses participants et la vigueur de leurs espoirs porteront ce puissant message : « Le monde est à nous ».

 

Ce « nous » est une invitation, un appel au rassemblement de toutes celles et ceux qui refusent de rester spectateurs d’un monde où l’argent devient mesure de toute chose, d’un monde considéré comme propriété exclusive des détenteurs de capitaux, accaparé par une étroite minorité qui s’attache à détruire les solidarités et laisse s’étaler sous nos yeux la misère humaine, le désarroi et le saccage de notre environnement.

 

« Nous » refusons avec force que l’humanité soit à ce point meurtrie, violentée, volée à l’immensité de celles et ceux qui produisent ses richesses, construisent ses passerelles, travaillent à l’égalité sociale, politique, entre femmes et hommes, bousculent par leurs efforts créatifs les conventions hypocrites.

 

Nous y affirmerons que « nous » aspirons à l’humanité contre ceux qui aujourd’hui concentrent les pouvoirs et les avoirs, veulent contrôler les savoirs en recherchant consentement, passivité et résignation jusqu’à en appauvrir nos imaginaires et notre part d’humanité.

 

Nous voudrions que cette fête soit mise au service de celles et ceux qui, par la persévérance militante et l’engagement humaniste, veulent construire un monde de justice et de paix, débarrassé de son absurde et perpétuelle course au profit et de ses guerres qui hypothèquent l’avenir de la jeunesse du monde, en Afrique, au Proche et Moyen-Orient comme ailleurs. Le village du monde sera une caisse de résonnance de la paix et de la solidarité internationaliste. L’enjeu des migrations s’y conjuguera avec l’humanisme et l’hospitalité.

 

Le défi désormais posé aux peuples de révolutionner la construction européenne s’y fera entendre dans des rencontres de travailleurs de toute l’Europe qui, ensemble, diront leur ardent espoir de coopérations et de luttes communes pour le progrès social et environnemental.

 

Plus d’un an après l’entrée en fonction du nouveau pouvoir macroniste engagé dans une offensive ravageuse contre toutes les conquêtes sociales, jusqu’à compromettre l’idéal républicain et ses promesses d’émancipation, la fête de l’Humanité peut être le grand carrefour des débats et des combats pour des alternatives progressistes. Cheminots méprisés, jeunesse étudiante triée, habitants des quartiers populaires ignorés, retraités pressurés, travailleurs précarisés, agents publics déconsidérés, militants politiques, syndicaux, associatifs engagés dans la défense de causes universelles, prenez possession de la fête, avec vos expériences et vos espoirs, pour en faire une étape qualitative nouvelle des mobilisations et cours, nourrie de nouvelles analyses et méthodes d’action pour l’intérêt général.

 

La réussite de la fête de l’Humanité, dans un tel contexte, est d’une importance inédite dans la quête d’alternatives qui grandit et pour contraindre à le nouveau pouvoir à entendre enfin la parole populaire. Elle est l’affaire de toutes et tous : c’est autant sa raison d’être que la condition de son succès.

 

Chacune et chacun peut y contribuer sans attendre par l’acquisition du bon de soutien, le diffuser et s’efforcer de convaincre famille, amis et collègues de venir grossir les rangs du peuple d’une fête qui, dès lors, résonnera de nos milles espoirs et causes communes.

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:58
Contre les valets du capital, votez communiste!
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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:51
Evasion fiscale: le gouvernement refuse 80 milliards de recette (L'Humanité)

l'Humanité,

6 août 2018 : Evasion fiscale, le Gouvernement refuse 80 milliards de recettes !

L’Assemblée nationale l’avait validée cet hiver, mais Matignon laisse au point mort la proposition de COP fiscale des députés communistes. Il faut remonter au 2 février dernier pour avoir des nouvelles parlementaires de la COP (conférence des parties) fiscale mondiale. C’est en effet ce jour-là que l’Assemblée nationale validait la proposition du député communiste Alain Bocquet et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) pour que la France propose une COP fiscale, reprenant le principe de la COP21, liée pour sa part aux enjeux climatiques et écologiques (lire notre édition du 3 février). « Comme les gaz à effet de serre font des trous dans la couche d’ozone, les paradis fiscaux et l’opacité créent des gouffres dans la finance mondiale », avait déclaré l’élu du Nord, dont c’était le dernier mandat. Depuis, plus rien. Le texte avait pourtant été bon train dans l’Hémicycle puisque, malgré l’abstention de la droite, la commission des Affaires européennes à l’Assemblée nationale comme celle des Finances l’avaient elles aussi adopté.

Pourtant, si le travail parlementaire avait avancé depuis cette date, la France serait bien partie pour prendre la tête de la lutte « contre l’évasion fiscale » et « pour la laïcité financière ». L’évasion fiscale prive les comptes publics de la France de près de 80 milliards d’euros et est aujourd’hui « organisée, généralisée au cœur du système financier », décrivait Alain Bocquet. Dans le discours de politique générale du premier ministre, Édouard Philippe, elle était malgré tout passée sous silence alors même que ce dernier disait vouloir moraliser la vie publique. « Mais l’indécence de l’argent, elle crève les yeux ! » tonnait Pierre Laurent, sénateur de Paris, dans son intervention en réponse au discours d’Édouard Philippe. Le premier secrétaire du PCF relevait d’ailleurs que celui-ci ne disait « rien de l’évasion fiscale, qui coûte 80 milliards par an au pays, rien de la résolution votée à notre initiative par l’Assemblée nationale pour une COP fiscale mondiale ». À l’Assemblée nationale aussi, les communistes rappellent l’engagement des députés qui ont voté la résolution à la quasi-unanimité dans la précédente mandature. Mais là encore, alors que le 20 juillet dernier le député du Nord Fabien Roussel demandait au gouvernement ce qu’il comptait faire pour agir contre les paradis fiscaux en citant « la belle idée d’une COP fiscale et financière », les ministres ont botté en touche. Dans sa réponse, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a réussi à ne pas dire un mot sur cette dernière, arguant que la France était « à la pointe de la dénonciation des paradis fiscaux » dans le cadre du G20. Pas assez pour faire rentrer les dizaines de milliards d’euros concernés dans les caisses apparemment.

Evasion fiscale: le gouvernement refuse 80 milliards de recette (L'Humanité)
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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:50

Le patron du géant du luxe LVMH, 4e fortune mondiale, qui gagne près de 3 millions d’euros par heure, le doit notamment à son inventivité en termes d’« optimisation » fiscale. Son entreprise compterait 202 filiales offshore…

L ’homme le plus riche de France revendique d’être l’un des plus gros contributeurs fiscaux de l’Hexagone. Mais si le PDG du géant mondial du luxe LVMH, dont le compte en banque équivaut à 2,6 millions d’années de Smic, a su se hisser au sommet des grandes fortunes, c’est que son entreprise ne compterait pas moins de 202 filiales offshore (1). En 2017, son nom ne tarde pas à sortir dans les Paradise Papers, qui permettent de reconstituer une partie du puzzle de la fortune de Bernard Arnault, et le placement de ses actifs dans six paradis fiscaux. C’est le cas d’une luxueuse propriété proche de Londres, appartenant à une société enregistrée à Jersey, mais dont l’heureux propriétaire n’est autre que la première fortune française. Même astucieux montage pour son yacht de 101 mètres, avec piscine à fond transparent, practice de golf et même héliport… En mars dernier, le magazine de France 3 Pièces à conviction révélait comment, pour ne pas intégrer cet actif ultraluxueux, évalué à 130 millions d’euros, dans son patrimoine, le PDG de LVMH a monté tout un mécanisme complexe pour devenir le locataire de son propre bien, loué 1,5 million d’euros la semaine.

On comprend mieux comment celui qui en 2017 a gagné presque 3 millions d’euros par heure, et dont les pratiques du groupe envers ses salariés ont été immortalisées par le film de François Ruffin Merci Patron !, a fait cette année son entrée dans le top 5 des plus grandes fortunes mondiales. C’est que le monsieur a su se diversifier, en investissant dans la presse, ou encore en entrant au capital de Carrefour. Mais la grande fierté du milliardaire, c’est la Fondation Vuitton, splendide vitrine d’art contemporain au cœur du bois de Boulogne. « C’est un cadeau de Bernard Arnault aux Parisiens », répètent ses communicants lors de l’inauguration en grande pompe le 24 octobre 2014. Ce soir-là, au milieu du gratin parisien et aux côtés de François Hollande, alors président de la République, le milliardaire devient par la magie du mécénat un estimable philanthrope. Pourtant, c’est bien dans les poches des contribuables qu’il est allé puiser. Selon des documents révélés par l’hebdomadaire Marianne, grâce aux avantages fiscaux et divers tours de passe-passe, LVMH a en effet réussi à faire peser sur l’État 80 % du coût, soit plus de 610 millions d’euros. Cerise sur le gâteau, bien que bénéficiant d’avantages fiscaux considérables, fondés sur le caractère artistique du projet relevant de l’intérêt général, la fondation n’hésite pourtant pas à infliger un prix d’entrée de 14 euros.

Quant à son patriotisme affiché, qui lui vaut d’être reçu comme un chef d’État à la Maison-Blanche, il est à l’image de son goût pour l’intérêt général. En 2012, le milliardaire, propriétaire d’un appartement à Uccle, riche commune résidentielle proche de Bruxelles, déclare y résider pour obtenir la nationalité belge et empocher toujours plus grâce aux avantages fiscaux d’outre-Quiévrain (voir ci-contre). Face à la polémique, il finit par y renoncer, et affirme aujourd’hui (2), qu’ « il est malsain d’utiliser d’autres pays d’Europe pour éviter l’impôt en France ». Alors combien le contribuable Bernard Arnault paie-t-il réellement au fisc français ? « Plus d’un milliard par an », avance-t-il fièrement. Il lui en reste donc 72 – de milliards… – pour boucler ses fins de mois.

 

(1) Une étude de revue-projet.com, en partenariat avec la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, 12 février 2014. (2) Entretien dans Challenges le 5 juillet 2018.

 

Le guide touristique de la fraude

Belgique

Elle a beau être moins exotique que les îles Caïmans, la Belgique n’en est pas moins un éden européen de « l’optimisation » fiscale… Citée plus de 60 000 fois dans les Paradise Papers, elle vient d’être de nouveau épinglée par la Commission européenne pour « planification fiscale agressive ». Intérêts notionnels, tax rulings… derrière ces anglicismes se cachent les mécanismes fiscaux qui ont valu à la Belgique sa 19e place dans le classement des paradis fiscaux de l’ONG Oxfam en 2016. Au cœur de cet eldorado pour multinationales : ces fameux « rulings », qui leur permettent de déduire de leur base imposable des profits dits « excédentaires ». En 2016, la Commission européenne avait identifié 35 groupes ayant signé cette disposition, sorte d’aide d’État illégale, avec à la clé des réductions d’impôt de 50 % à 90 %, et un manque à gagner de 700 millions d’euros pour l’État belge. Mais si la Belgique est devenue la 3e destination préférée des évadés fiscaux, c’est aussi que les plus-values immobilières n’y étaient pas taxées. Ce n’est plus le cas depuis le 1er janvier, avec un nouveau prélèvement fiscal qui a déjà fait gagner 254 millions d’euros à l’État. Pendant ce temps, le gouvernement français supprimait l’ISF et instaurait une flat tax de 30 %… De quoi inciter les milliardaires à faire le voyage retour…

Maud Vergnol

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:48

 

Monsieur le président, monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, la question du logement est aujourd’hui fondatrice et structurante : il s’agit de savoir dans quelle société nous voulons vivre.

Avoir un toit, est-ce encore un droit ? Telle est la question, quand on voit que vous considérez le logement comme un produit marchand, source de spéculation, de placements et de stratégies financières.

L’habitat, ce n’est pas simplement un produit pour promoteur ou une source de revenus pour ceux qui ont investi dans la pierre. De la qualité du logement, de sa taille, de sa configuration dans son environnement, de sa proximité avec les services publics en fonction de la mixité de l’espace dépendra, pour beaucoup, la qualité de vie de ses occupants.

Nous le savons tous : la suroccupation ou l’insalubrité des logements ont des conséquences directes sur les ménages, sur les enfants, notamment sur leur capacité à construire leur scolarité et sur leur épanouissement.

Ainsi, le logement et sa qualité ont un rôle fondamental pour l’aménagement du territoire de notre pays. Au-delà, parce qu’il a une incidence considérable sur l’épanouissement de chacune et de chacun, l’habitat joue un rôle fondamental dans le vivre en société, dans le faire ensemble.

C’est donc un texte à la hauteur des attentes de notre société que nous espérions. Or nous avons beaucoup reculé, qu’il s’agisse de la qualité du bâti ou de l’idée même de la préservation du patrimoine. En cinquante-six ans, nous sommes ainsi passés de l’exigence de la loi Malraux à la mise en place du loto Bern…

Sérieusement, monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d’État, on frôle le ridicule, la caricature : celle d’un nouveau monde qui confond intérêt général et ambition pour l’avenir avec une gestion à la petite semaine en mode start-up branchouille ; celle d’un Gouvernement qui confond les coups de com’ à répétition avec l’exigence d’agir pour les décennies à venir.

Le projet de loi, dans la foulée de la loi de finances pour 2018, n’a qu’un prisme : réduire l’engagement public du secteur du logement. Avec ce énième désengagement, un pactole est en perspective pour les lobbies de l’immobilier, qui gagnent ici le droit de construire plus vite, moins bien et souvent plus cher ; le droit de s’affranchir de la loi MOP et des obligations d’accessibilité. Mais est-ce cela, votre nouveau monde ? En l’occurrence, on est plus dans un retour vintage au début du XXe siècle que dans la volonté d’appréhender les défis du XXIe siècle.

Par ce projet de loi, le Gouvernement mène une attaque en règle contre le modèle même du logement social. En effet, le logement social, dans notre pays, repose sur trois piliers : il s’agit d’un bien public, qui fait l’objet d’une cogestion avec les habitants, au plus près du territoire, par l’intermédiaire d’organismes d’HLM à taille humaine pilotés par les élus de ce territoire.

D’un revers de main, vous revenez sur tous ces fondements. Vous obligez à la vente en masse, y compris dans les communes carencées au titre de la loi SRU, vous obligez au regroupement des offices et vous évincez les représentants des locataires de ces nouvelles structures.

Toute l’histoire de la construction sociale est ainsi mise à mal, et les offices, qui sont très fortement fragilisés, doivent compenser la diminution des APL décidée par la dernière loi de finances à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Ces offices doivent également composer avec la quasi-suppression des aides à la pierre. Comment, demain, pourront-ils produire l’effort nécessaire pour répondre à la demande ?

Soyons clairs : la vente de logements sociaux aujourd’hui, c’est l’explosion du mal-logement demain. Ce sont des copropriétés dégradées et le patrimoine récent vendu au privé pour un plus grand retour sur investissement, notamment dans les zones les plus demandées. Or, jusqu’ici, personne n’avait osé soustraire ce patrimoine à la Nation : il s’agit là d’un bien commun financé par les subventions publiques.

Parallèlement, et dans la droite ligne des politiques de métropolisation menées depuis trente ans, tous les outils sont désormais soustraits de la main des maires, appelés à devenir de simples intendants des intercommunalités géantes. Sur ce point, nous nous félicitons du travail accompli par la commission pour redonner le pouvoir aux maires.

Avec votre projet de loi, les locataires, notamment du secteur HLM, sont dangereusement précarisés. Après avoir flexibilisé le droit du travail, vous flexibilisez le bail, par le bail mobilité. Toute volonté de régulation a été supprimée, notamment l’encadrement des loyers, ou encore la garantie universelle des loyers, qui s’est transformée en garantie spécifique VISALE.

Or tous les indicateurs sont au rouge. Le poids des dépenses de logement dans le budget des ménages continue de peser trop lourd, et la rente immobilière ne faiblit pas, avec des niveaux de loyers toujours trop élevés.

Pourtant – « en même temps », devrait-on dire –, ce gouvernement n’en finit plus d’économiser sur les aides au logement : apparemment, cet argent est plus utile pour financer les crédits d’impôt et autres niches fiscales sans même les évaluer, afin de conserver celles qui ont un effet levier et de supprimer les autres. Votre seul choix, c’est de retirer au logement public pour financer l’investissement privé sans souci des conséquences territoriales.

Bien sûr, nous regrettons que le passage en commission ait encore aggravé ce texte par une remise en cause inacceptable de la loi SRU, mettant au ban la nécessaire solidarité territoriale.

Enfin, dans ce projet de loi, on ne trouve rien sur les quartiers, malgré les propositions du plan Borloo ; rien sur les territoires ruraux et l’effort gigantesque à produire en termes de réhabilitation ; rien non plus sur les zones dites « détendues » ; rien sur l’impérieuse obligation qui est la nôtre d’apporter des solutions pour éviter des désertifications territoriales et une dégradation de l’existant ; rien sur la réimplantation de circuits courts de production de matières premières pour la construction, permettant de penser l’habitat de demain, de relever les défis environnementaux du secteur du bâtiment et de créer des emplois non délocalisables.

Alors, je le réaffirme ici fortement, nous considérons que nous avons plus que jamais besoin d’une politique publique du logement pour répondre aux besoins de nos concitoyens, des plus jeunes aux plus âgés. Ils sont près de 2 millions à attendre un logement social, près de 12 millions à souffrir d’une manière ou d’une autre du mal-logement. Pour eux, il n’y a aucun gâteau à partager : toutes les parts iront aux plus aisés, aux plus chanceux.

Par nos amendements, nous tenterons d’apporter des solutions et des pistes pour une politique du logement progressiste, humaniste, à l’inverse de votre logique de financiarisation et de privatisation de ce bien de première nécessité, de cet élément consubstantiel de la dignité qu’est le fait d’avoir un toit.

 

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:45

La France compte de nombreux déserts médicaux (8 % de la population y serait confrontée), c’est-à-dire des territoires où l’offre médicale est insuffisante pour répondre aux besoins. Vieillissement de la population et chronicisation des pathologies se cumulent avec des offres de soins lacunaires, inégalement répartis.

EN FINIR AVEC LES DESERT MEDICAUX (BARBARA FILHOL  - REVUE PCF : « CAUSE COMMUNE »)

En zone rurale, plus d’un habitant sur deux (56 %) est exclu des soins de santé essentiels selon l’Organisation internationale du travail (OIT) contre 22 % en région urbaine (pour rappel, 38 % de la population mondiale n’est pas protégée par un système d’assurance sociale). L’accès au soin est d’autant plus difficile dans les départements ruraux qui voient leur population décliner de décennie en décennie (Indre, Creuse, Cher, Cantal, etc.). Prendre un rendez-vous médical se fait alors soit dans le cas d’une visite de contrôle, soit pour un examen par un spécialiste. Dans ce dernier cas, le délai est souvent très long (jusqu’à un an pour un ophtalmologiste, dermatologue, gynécologue, etc.) ou nécessite de parcourir une cinquantaine de kilomètres vers le département voisin. Si on prend l’exemple de l’Aude, recourir à un cardiologue ou à un chirurgien nécessite d’aller à Perpignan, Montpellier ou Toulouse.

Une répartition inégale des spécialistes et généralistes, y compris intrarégionale
La moyenne nationale des médecins cache ainsi une répartition inégale des spécialistes et généralistes, y compris intrarégionale. Selon le conseil national de l’Ordre des médecins, en 2016 le Languedoc-Roussillon comptait par exemple 314 médecins pour 100 000 habitants (+ 2 % en neuf ans), alors que l’Aude en comptait 248 – 6 %. Par ailleurs, les médecins généralistes sont plus présents dans des zones à densité moyenne (le littoral, une partie du Minervois et des Corbières) que dans des zones à densité faible (à savoir tout le reste du département de l’Aude). Ce déséquilibre touche aussi des petites villes comme Narbonne où sur 40 généralistes, aucun n’exerce dans le quartier ouest qui compte pourtant 7 000 habitants.

« Si le nombre total de médecins n’a jamais été aussi important, le nombre de médecins généralistes continue de diminuer et leur répartition sur le territoire est de plus en plus inégale. »

Le phénomène s’explique par trois séries de raisons. Tout d’abord, les médecins prenant leur retraite éprouvent les plus grandes difficultés à trouver un successeur (d’autant plus avec le nombre toujours insuffisant d’étudiants du fait du numerus clausus). Les jeunes médecins tendent à privilégier des régions dynamiques, à l’instar de l’Île-de-France, Rhône-Alpes (plus que sa moitié auvergnate) ou encore la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ensuite, la déconcentration de la politique de santé au niveau des agences régionales de santé et l’application de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) se traduisent mécaniquement par des fermetures d’hôpitaux réputés coûteux ou peu performants au profit de grands établissements de santé en milieu urbain. Jusqu’aux premières lois de décentralisation en 1986, la médecine relevait conjointement des politiques de santé et d’aménagement du territoire. Aujourd’hui, avec une tendance du politique et de l’administratif à se spécialiser et à segmenter les grands dossiers de l’action publique, la médecine est passée tout naturellement sous le giron des seules politiques de santé, avec l’impératif de devenir rentable.

« Une juste répartition des ressources humaines sur le territoire suppose de prendre en considération les caractéristiques propres aux populations rurales, notamment du fort taux de pauvreté et du caractère informel du travail. »

Si le nombre total de médecins n’a jamais été aussi important, le nombre de médecins généralistes continue de diminuer et leur répartition sur le territoire est de plus en plus inégale. À cela s’ajoute la fermeture des hôpitaux de proximité qui aggrave la situation. De plus, le système de la médecine libérale, avec la liberté d’installation et la rémunération à l’acte, est arrivé en bout de course et ne permet pas de répondre aux besoins de la population et aux aspirations des jeunes médecins qui privilégient de plus en plus le salariat et les activités mixtes.

Nécessité d’un réseau de centres de santé rattachés aux hôpitaux de proximité 
La CGT propose de développer un réseau de centres de santé rattachés aux hôpitaux de proximité (avec notamment la médicalisation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes [EHPAD]) avec des médecins et personnels salariés. Ces structures auraient la mission d’assurer la permanence des soins, ce qui éviterait un recours par défaut aux urgences par les patients qui ne trouvent pas d’autre solution. Une juste répartition des ressources humaines sur le territoire suppose de prendre en considération les caractéristiques propres aux populations rurales, notamment du fort taux de pauvreté et du caractère informel du travail. Ceci signifie passer de la charité aux droits, offrir aux personnels de santé des conditions de travail décentes qui améliorent leur productivité, et réduire les paiements directs des patients, via la fin des dépassements d’honoraires et la généralisation du tiers payant. Le développement des systèmes de santé et de protection sociale en est aussi une condition préalable. C’est une autre vision de la société où l’éducation et la création d’emplois décents font également partie des solutions pour réduire les inégalités d’accès à la santé. n

Barbara Filhol est secrétaire générale des EHPAD publics du Val-de-Marne. Elle est membre de la direction fédérale CGT Santé action sociale.

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 06:43

 

Alors que le gouvernement s’apprête à tailler dans les effectifs de Pôle emploi, les chiffres basculent dans le rouge.

La nouvelle tombe au plus mal pour l’exécutif. Alors que le pouvoir macronien n’a pas fini d’essuyer la tempête Benalla, les chiffres du deuxième trimestre 2018 publiés par le ministère du Travail enfoncent un peu plus le clou, faisant état d’une hausse du nombre des inscrits à Pôle emploi. Après deux trimestres de baisse relative, les chômeurs sans aucune activité (catégorie A, métropole et outre-mer compris) sont 6 700 de plus, soit une augmentation de 0,2 % sur le trimestre.

Sur un an, la baisse est de 1,1 %. 3,7 millions de personnes sont dans cette situation. Si on y ajoute les privés d’emploi ayant travaillé moins ou plus de 78 heures dans le mois, l’augmentation est également de 0,2 %, soit 10 800 inscrits en plus pour les catégories A, B et C, avec une hausse vertigineuse de 1,5 % sur un an pour un total de 5,9 millions de personnes concernées. Globalement, le constat reste inquiétant. Outre l’augmentation de la précarité, le chômage de longue durée (un an ou plus) continue d’exploser, de 1,6 % sur le trimestre. La flambée est même de 7,2 % sur an, soit 187 500 personnes de plus !

Pour l’exécutif, qui comptait sur une embellie afin de faire passer son plan de casse de Pôle emploi, on est loin du compte. C’est avec ces mauvais chiffres en main, en pleine période de ralentissement économique, avec une croissance autour de 0,2 % au premier trimestre, que le grand chambardement de l’opérateur public va être mené. Le rapport CAP 2022 qui a fuité la semaine passée préconisait notamment comme piste d’économies de « simplifier le fonctionnement du service public de l’emploi », en instaurant notamment des guichets uniques entre Pôle emploi, Cap emploi et les missions locales. Ce qui se traduirait, au passage, par des suppressions de postes.

Dans le même temps, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) réfléchit à une méthodologie permettant d’« indexer » les effectifs de Pôle emploi en fonction de la baisse du chômage, mesure qui devrait figurer dans la convention tripartite avec l’État et l’Unédic pour 2019-2021. Des projets dénoncés par les syndicats alors même que 297 temps plein ont déjà disparu cette année à Pôle emploi et que le nombre de chômeurs par conseiller est en hausse de 20 % en deux ans, selon la CFDT. Face à ces noirs desseins, la CGT estime que la mobilisation du personnel dans « l’unité la plus large s’impose » car « aucun agent n’est de trop à Pôle emploi ».

Cécile Rousseau

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 05:23

Ce ministre est clairement indigne de la Fonction et d'une bêtise crasse dans sa communication confuse et approximative qui maquille de manière ridicule de bons sentiments le froid réalisme des affaires des marchands d'armes pour lesquels travaille le gouvernement et d'une realpolitik atlantiste s'appuyant sur l'alliance avec la dictature ultra-réactionnaire d'Arabie Saoudite, alliée des Américains et d'Israël, contre l'Iran, politique qui étaient déjà celles de Sarkozy, et du couple Le Drian-Hollande.     

La ministre des Armées en avocate des Saoudiens

Le Canard Enchaîné, 1er août 2018 

Le gouvernement ne peut "laisser sans défense, face à leurs adversaires, des pays avec lesquels nous avons noué des accords de partenariat". 

Cette justification stupide des objectifs poursuivis par la France, quand elle vend des tombereaux d'armes à l'Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes unis, est à mettre au débit de Florence Parly, la ministre des Armées. 

La scène se passait à l'Assemblée au début de juillet, et le script de ces débats, d'une durée d'environ deux heures, vient seulement d'être mis en ligne par le Palais-Bourbon. 

Un tantinet harcelée par plusieurs députés de la commission de la Défense, critiquant les livraisons d'armes à deux clients de la France qui dévastent le Yémen depuis plus de trois ans, la ministre a perdu pied. Non contente d'affirmer: "Je pense qu'il n'y a rien à redire (à ces ventes d'armes): c'est un Etat (la riche Arabie) qui se protège et se défend (contre le très pauvre Yemen)", elle en a encore rajouté. Et voici un autre de ses propos, à déguster lentement: 

"Compte tenu de la situation des civils au Yemen (!), nous ne vendons ni ne donnons d'armes aux Houtis (les rebelles chiites), contrairement à l'Iran (...) et nous n'octroyons pas de licences d'exportation à la coalition arabe (dirigée par les Saoudiens) que de façon milimitrée". 

Les députés présents n'ont pas osé demander à Florence Parly de leur faire un dessin sur ces ventes d'armes "au millimètre", et ils ont eu droit ensuite à de fausses informations: 

"Nous n'avons aucun intérêt à attiser une situation (sic) déjà très compliquée et catastrophique". 

Et là Parly feignait d'oublier que le France a pris le parti pour l'Arabie et les Emirats, et leur fournit, comme les Etats-Unis, d'ailleurs, des renseignements bien utiles pour les raids qu'ils mènent dans le ciel du Yémen. De même, elle a caché aux députés que des frégates vendues par la France permettaient aux Saoudiens d'exercer un blocus des côtes de ce malheureux pays. 

Enfin, la ministre s'en est prise aux ONG qui critiquent aussi ces livraisons d'armes et, notamment, l'utilisation au Yémen par les Saoudiens des canons  à tir Caesar livrés par la France: "Je peux répondre que, à ma connaissance, ces canons ne sont pas déployés au Yemen mais à la frontière sud de l'Arabie Saoudite, face à des rebelles qui cherchent à pénétrer sur le territoire saoudien". 

Là encore, sa "connaissance" a tout faux. Les rebelles sont bien incapables d'envahir l'Arabie, et ces excellents canons français (six tirs à la minute) n'ont d'autre intérêt que de balancer des obus à 10,30 m ou 40 km. Et aucune utilité aux postes-frontières (...). 

C.A

  

 

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5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 07:29

 

Les avis scientifiques convergent désormais pour attribuer au changement climatique global les vagues de chaleur qui affectent l’hémisphère Nord. La tendance devrait s’accentuer, mais le pire peut être évité, à condition d’actions rapides.

Les deux pieds et les deux mains dans le réchauffement climatique : l’été 2018 n’en est qu’à mi-parcours, mais son flot d’anomalies météorologiques a déjà déferlé sur l’hémisphère Nord. À commencer par les vagues de chaleur. L’épisode quasi tropical qu’a traversé, en juillet, l’extrême pointe de la Scandinavie compte parmi les plus remarquables, alors que la chaleur a grimpé jusqu’à 30 °C, accompagnée d’averses intenses. La Grèce se confronte à des feux ravageurs, tandis que le Japon s’est déclaré en état de catastrophe naturelle. Les États-Unis ne sont pas épargnés, avec les conséquences que l’on connaît en Californie, où les incendies liés à la sécheresse ont déjà tué au moins 8 personnes et ravagé près de 100 000 hectares, incluses des zones habitées.

MÉTÉO FRANCE PRÉVOIT DES POINTES À 38 °C CE WEEK-END

Côté français, les temps sont un brin plus clément, mais un brin seulement. Dans le Gard ou en Ardèche, Météo France prévoit des pointes à 38 °C ce week-end et compte sur du 36 °C en Centre-Val de Loire ou en Ille-et-Vilaine…

Il fait chaud, donc, et même plus : des chercheurs n’hésitent plus à faire un lien direct entre ces poussées caniculaires et le réchauffement global. Une affirmation pas complètement nouvelle qui n’a toutefois rien de banal.

« Le fait que les vagues de chaleur seront plus intenses et fréquentes dans un monde réchauffé avait été anticipé dès 1990 et le premier rapport du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) », rappelle Valérie Masson-Delmotte, chef de projet au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) de l’Institut Pierre-Simon-Laplace. Les quatre rapports suivants, dont le dernier, sorti en 2013 et auquel elle a participé, ont renforcé cette hypothèse.

Reste que, rigueur scientifique oblige, aucun chercheur ne s’avance à établir un lien direct entre un événement météorologique singulier et le réchauffement climatique. À la question : « Telle canicule est-elle due aux bouleversements globaux ? », les scientifiques ont pour usage d’apporter une réponse de Normand, sur le mode « ce serait logique, mais ce n’est pas sûr ».

Les reparties, cela dit, se font de plus en plus engagées. « Ce que nous observons aujourd’hui est bel et bien une augmentation du nombre des vagues de chaleur, de leur intensité et de leur durée », reprend Valérie Masson-Delmotte. « Cela correspond parfaitement à l’effet démultiplicateur attendu dans un cadre des bouleversements climatiques. »

Plusieurs études dites d’attribution vont dans le même sens. Lundi, la revue Nature a ainsi publié un article rapportant les résultats de 60 recherches, portant sur un total de 190 vagues de chaleur survenues depuis 2004, incluses celles de 2018. Cinquante-quatre estiment très probable que le réchauffement anthropique (induit par les activités humaines) a à voir avec le déclenchement de ces épisodes caniculaires.

Dans la même veine, la World Weather Attribution (WWA), plateforme issue d’un partenariat international entre laboratoires scientifiques, publiait, fin juillet, une étude concluant à un lien direct entre la vague de chaleur qui sévit depuis mai dans le nord de l’Europe et le changement climatique global. Ce dernier aurait doublé la probabilité de survenue d’un épisode aussi long et intense.

Nous y sommes bel et bien, donc. Si les pays dits du Sud continuent d’essuyer les événements les plus extrêmes – sécheresse, ouragans… – et de souffrir des plus lourdes conséquences – migrations, maladies, insécurité alimentaire… –, ceux dits du Nord ne sont officiellement plus épargnés. Avec à la clé, cette question renouvelée : dans quelle mesure peut-on encore agir ?

ENVIRONNEMENT. RÉCHAUFFEMENT  CLIMATIQUE : DÉJÀ TROP TARD OU ENCORE TEMPS ? (L'HUMANITE - VENDREDI 3 AOUT 2018 - MARIE-NOËLLE BERTRAND)

LE PIC D’ÉMISSIONS DE CO2 N’INTERVIENDRA PAS AVANT 2030

Inverser la tendance ? Plus personne n’y pense. L’année 2016 affichait déjà une moyenne des températures supérieure de 1,1 °C par rapport à celles enregistrées durant l’ère préindustrielle. Limiter les dégâts est en revanche possible, techniquement parlant, à défaut d’être gagné politiquement. « Circonscrire le réchauffement à + 2 °C d’ici la fin du siècle (comme s’y sont engagés les États via l’accord de Paris – NDLR) implique des efforts magistraux », insiste François-Marie Bréon, lui aussi climatologue au LSCE et coauteur du 5e rapport du Giec. « Les changements de société à entreprendre sont souvent sous-estimés », reprend le chercheur, qui ne masque pas son pessimisme. « Cela implique, par exemple, d’en finir avec le transport aérien de masse, et donc avec une activité touristique qui par ailleurs offre des débouchés économiques et sociaux… » Autre difficulté majeure, et pas la moindre : pour être efficace, l’action doit être mondiale. « Qu’un seul pays décide de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) ne sert à rien si les autres ne font pas de même. » Au reste, insiste encore le chercheur, « les actions ne bénéficient pas toujours à ceux qui les engagent ». Ainsi, ceux dits du Nord, nettement moins affectés par les bouleversements que ceux du Sud, freinent-ils des quatre fers, depuis bientôt trente ans, à assumer les efforts auxquels leur statut de plus gros pollueurs devrait les obliger.

En témoignent leurs promesses formulées en 2015 dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat. Huit études scientifiques les ont passées au crible. Leurs conclusions sont sans appel : à ce rythme, le pic d’émissions de GES n’interviendra pas avant 2030. Soit trop tard pour s’en tenir à la limite des 2 °C.

Tous foutus, donc ? Valérie Masson-Delmotte refuse de se laisser happer par un blues no futur. « Des décisions fortes peuvent être prises à tout moment, y compris après 2030 », insiste la climatologue. « Agriculture, transports, bâtiments… les secteurs dans lesquels nous disposons de leviers d’action sont nombreux. » Et la transition ne sera pas fatalement douloureuse. Les politiques climatiques peuvent engendrer des cobénéfices en matière de santé ou encore de souveraineté alimentaire, insiste-t-elle. « Réduire l’usage de la voiture aura, par exemple, un impact important sur la qualité de l’air… »

Reste qu’il faut désormais agir vite, prévient-elle. « Plus on tarde, plus on fait peser le fardeau sur les générations suivantes, et plus les mesures nécessaires seront coûteuses. » Voire risquées, quand, passé un certain niveau de concentration de CO2 dans l’atmosphère, des dispositifs de géo-ingénierie aujourd’hui contestés devront être envisagés. Le traitement, dès lors, pourrait s’avérer tout aussi délétère que le mal.

LIMITER LE RÉCHAUFFEMENT À 2 °C, VOIRE 1,5 °C, UNE CHIMÈRE ?

Limiter le réchauffement à 1,5 °C, Ce serait encore mieux que 2 °C… et beaucoup plus souhaitable pour nombre de populations. Ainsi, les petits États insulaires ont-ils toutes les chances d’être noyés du fait de la hausse du niveau des mers passée cette limite de hausse des températures globales. En 2015, lors de la COP21, les États se sont engagés à tenter de s’y tenir, non sans afficher leur scepticisme à y parvenir. Le Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) a été missionné pour établir la faisabilité d’un tel objectif. Très attendu, son rapport sera rendu public en octobre prochain.

Marie-Noëlle Bertrand

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5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 07:24

Ce 31 juillet, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, a rendu le traditionnel hommage à Jean Jaurès devant le Café du Croissant à Paris, où il fût assassiné en 1914. Découvrez l’intégralité de son discours.

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