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15 mai 2025 4 15 /05 /mai /2025 13:27

 

Débat sur la souveraineté énergétique de la France

Nous débattons aujourd’hui de la souveraineté énergétique de la France. Ou plutôt des solutions pour tenter de rattraper un immobilisme politique orchestré par les derniers gouvernements, qui naviguent à vue, dans un déni démocratique inacceptable.

La PPE 2025-2035, censée retracer notre avenir, a en effet été retardée depuis trois ans. Toutes les excuses ont été utilisées pour retarder un vote et la publication d’un texte. Pendant ce temps, on amusait le Parlement avec des textes sans cohérence les uns avec les autres, et sans vision stratégique pour accélérer des projets à l’arrêt. Votre méthode : rester au point mort, en appuyant fort sur l’accélérateur. Comme dans une voiture, ça fait ronfler le moteur, mais on n’avance pas d’un mètre

Aujourd’hui, vous vous présentez devant le Parlement, sans aucun vote ! Comble du déni démocratique : on apprend qu’un groupe de travail avec deux parlementaires de la majorité sera mis en place.

Nous vous demandons donc de stopper cette méthode, qui n’est qu’une pantalonnade, et de travailler à un projet de loi soumis au vote. Cela légitimerait ce texte, au lieu d’agir en catimini.

L’énergie n’est pas une marchandise, mais un bien commun. Il faut revenir sur la libéralisation du secteur, qui a fait gonfler les prix artificiellement sous l’effet du trading et des requins du secteur.

La souveraineté énergétique suppose le contrôle des ressources et des choix d’avenir. L’énergie est le sang qui irrigue notre économie, nos industries et nos foyers.

Le marché, par essence, ne connaît ni le long terme ni l’intérêt général. Il ne planifie pas, il ne sécurise pas, il optimise. Il ne protège pas, il spécule. Il n’investit pas, il optimise jusqu’à épuisement.

Pour notre part, nous sommes favorables à un mix énergétique : nous n’opposerons jamais les énergies renouvelables au nucléaire. L’urgence est de sortir des énergies fossiles, qui représentent encore 40 % de notre consommation énergétique.

La priorité devrait être donnée à l’électrification des usages dans tous les domaines. Cela nécessite des moyens, des politiques publiques de long terme, et non de la politique à la petite semaine, des primes annuelles rabotées l’année d’après. Et ce, sans faire peser cette transition sur les plus faibles d’entre nous ! Or vous avez prévu un rabot de 700 millions sur MaPrimeRénov’ et la fin de la prime à la conversion, alors que vous préparez la mise en place des futures zones à faibles émissions (ZFE) pour 2026 !

Il faut investir ! D’abord dans le nucléaire : six EPR2, peut-être quatorze, des petits SMR. Et après ? Où sont l’étude d’impact et l’avis du Conseil d’État ? Six EPR2, c’est 67 milliards d’euros au bas mot. Qui paiera ?

Le Président de la République peut limoger les PDG d’EDF les uns après les autres, mais est-ce EDF, exsangue, qui devra payer ? Ou les Français ? Où sont les milliards promis par l’État ? Nulle part !

Oui, nous avons besoin des énergies renouvelables. Mais pas dans une logique de financiarisation où des multinationales maximisent leurs profits. Où est la planification écologique ? Pourquoi le coût des raccordements ou la folie des prix garantis est toujours en vigueur ?

Même quand on ne produit pas, on est payé à ne rien faire.

Pas un mot sur les tarifs réglementés, sur la protection des consommateurs. Nous déposerons prochainement une proposition de loi pour mieux protéger les usagers.

En quatre ans, le prix des factures a augmenté de 72 % pour l’électricité et de 99 % pour le gaz ! Avec le dispositif succédant à l’Arenh, ce sera au moins 10 % d’augmentation !

Il faut d’urgence changer le mode de calcul des tarifs réglementés de vente (TRV) et s’attaquer aux taxes, qui représentent un tiers de la facture : il existe même une taxe sur une autre taxe, puisque la TVA se rajoute aux trois taxes existantes. (MM. Bruno Sido et Jean-Jacques Panunzi le confirment ; marques d’approbation sur les travées du groupe CRCE-K)

Notre pays compte 12 millions de Français en précarité énergétique. Baissons à 5,5 % la fiscalité sur l’électricité, bien de première nécessité.

Il faut des choix courageux. Premièrement, la fin de la libéralisation pour l’hydroélectricité : il faut que l’énergie reste dans le domaine public.

Il faut nationaliser Engie et TotalEnergies, aux côtés d’EDF. Soixante-dix-neuf ans après Marcel Paul, il faut une nouvelle loi de nationalisation pour grand service public de l’énergie.

Déposez un projet de loi, nous en débattrons et nous voterons.

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7 mai 2025 3 07 /05 /mai /2025 05:22

Les manifestations d’interne et de médecins libéraux focalisent ces derniers jours une partie de l’attention des médias sur la loi transpartisane portée par le député socialiste Garot sur la régulation de l’installation de ces derniers. 

Les Français vivent sur tout le territoire de fortes difficultés à trouver des médecins généralistes ou spécialistes de même que d’autres personnels de santé. Mais d’où vient cette pénurie ? 

Est-ce à cause d’une inégale répartition entre territoires associée à l’opportunisme médical ou à d’autres raisons liées aux politiques gouvernementales. 

Pour bien comprendre la situation actuelle et ce que peut être l’avenir, il faut prendre en compte le nombre total de médecins formés depuis la fin des années 1970, quand a commencé la formation de ceux qui partent actuellement en retraite. Il faut également considérer deux faits :

  • Depuis l’instauration du numérus clausus en 1971 et jusqu’à aujourd’hui, malgré la suppression déclarée de celui-ci, le nombre total de médecins formés et dans chaque spécialité dépend strictement des décisions du gouvernement central.

  • La formation d’un médecin nécessite actuellement de 9 ans pour un généraliste à 12 ans pour les spécialités les plus longues (neurochirurgie par exemple). Ceci aboutit à ce que toute décision d’augmentation du nombre de médecins formés n’impactera l’offre médicale que plus de 10 ans après.

Regardons l’évolution du nombre d’étudiants en 2ème année de médecine (après le concours de fin de 1ère année) en regard de la population français de 1976 (5 ans après l’instauration du numerus clausus) à 2020, date de la suppression du numérus clausus. 

Alors que la population française a augmenté de façon régulière de près de 53 millions à plus 65 millions durant cette période, le nombre de médecins formé a d’abord baissé de 8700 en 1976 à un nombre minimal de 3500 en 1993.

Cette diminution drastique résulte d’une convergence entre les milieux professionnels et les politiques de l’ensemble des gouvernements de l’époque. 

Les gouvernements de droite et socialistes, qui constataient que les dépenses de santé affichaient une croissance supérieure à celle du PIB en raison des progrès techniques et sociaux, ont décidé, en s’appuyant sur les analyses des experts dirigeant la sécurité sociale de raréfier l’offre médicale globale. L’objectif général était de maintenir à un niveau aussi bas que possible les prélèvements sociaux pour la santé et le coût global du travail.

Pour la plupart des syndicats médicaux, le conseil de l’ordre national et les milieux hospitalo-universitaires, il s’agissait de préserver la part du gâteau qui dans l’optique de la médecine libérale doit être partagé entre les professionnels qui vendent des actes de santé. Ces milieux n’hésitaient pas alors à agiter le spectre de l’apparition de médecins chômeurs en référence à la forte croissance du nombre de chômeurs à la charnière des années 70 et 80 du siècle dernier.

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_de_la_France

https://fr.wikipedia.org/wiki/Numerus_clausus_dans_l’admission_aux_études_de_santé_françaises

A la fin de ce siècle, les mêmes milieux corporatistes ont réalisé que leurs pressions avaient dépassé l’objectif et que la raréfaction du nombre d’étudiants pouvait menacer l’existence de CHU et de facultés comme celle de Brest, plus petite faculté de Médecine de France. Elle gênait également le remplacement des médecins libéraux, la vente des patientèles et donc une partie des fonds leur permettant de partir en retraite. Ces milieux qui conservaient au tournant des deux siècles leur fonction de relai social avec les gouvernements ont poussé ces derniers à une augmentation progressive du nombre de médecins en formation mais le chiffre de 1976 n’a été dépassé qu’en 2019 alors que la population française avait crû entre temps de 6 millions de patients potentiels et que la proportion des personnes âgées de plus de 60 ans et donc plus à risque d’être affectée par une ou des pathologie(s) avait augmenté de 17 à 22%.

Le début du 21ème siècle a vu également se développer la communication gouvernementale en réponse aux difficultés croissantes des citoyens à accéder aux soins. 

Nicolas Sarkozy en 2010 présente la fusion, dans une première année commune des études de santé (PACES) des concours de pharmacie et de sage-femme (et de kinésithérapeute dans certaines régions où les écoles du secteur sont publiques) avec ceux de médecine et d’odontologie (fusionné depuis 1971) comme un moyen d’augmenter le nombre de professionnel formés. Autrement dit, il a voulu faire croire qu’une addition allait se transformer en multiplication. 

Au-delà du contresens mathématique, c’était surtout un mensonge politique éhonté alors que le même président et sa ministre, Mme Bachelot, instauraient des changements structuraux délétères pour les hôpitaux publics.

Emmanuel Macron s’est montré un bien meilleur communicant en annonçant la suppression du numérus clausus. Il a alors réussi à faire croire à de nombreux français que toute limitation du nombre de médecins formés était désormais supprimée et que ce nombre allait connaître une croissance fulgurante. 

Hélas la réalité était toute autre. 

La loi votée par le parlement supprimait en fait l’inscription d’un nombre national de médecins formés au journal officiel de la république française au profit d’une fixation de ce nombre à partir du dialogue forcément fructueux entre le doyen de la Faculté concernée (par exemple Brest ou Rennes) et le directeur de l’Agence Régionale de Santé (par exemple Bretagne). 

Comme le directeur de l’ARS est nommé directement par le premier ministre sur la base de la loi HPST Sarkozy-Bachelot et que si le doyen concerné s’entêterait éventuellement à augmenter de façon inconsidérée son nombre d’étudiant, il ne recevrait aucun fond supplémentaire, il est clair que la férule de l’état central est toujours présente et qu’on a tout changé pour que pas grand-chose ne change. 

Le premier changement essentiel est qu’il n’y a plus de publication de chiffre national et qu’on peut rendre éventuellement responsable les doyens des Facultés de Médecine de la pénurie de médecins. 

L’autre changement significatif a été la suppression du droit au redoublement des étudiants au concours de médecine, au détour d’une réforme de la première année études que le corporatisme des facultés de santé et l’autoritarisme gouvernemental a rendu brouillonne dans de nombreuses universités. Mais ce point mériterait à lui seul d’être développé par ailleurs.

Où en est-on actuellement ? 

L’objectif d’arriver progressivement à 12000 médecins formés par ans a été avancé par le gouvernement Attal et par les milieux hospitalo-universitaires. Mais pour arriver à cet objectif, il faut arriver à maintenir le nombre d’enseignants hospitalo-universitaire et les possibilités de formation hospitalière qui sont indispensables au moins dans les premières années de formation d’un médecin. 

Or les jeunes médecins spécialistes ont actuellement tendance à fuir les carrières d’enseignants chercheurs en raison du manque de perspective au sein des CHU et à s’orienter dans les établissements privés où ils peuvent trouver des perspectives professionnelles et des revenus meilleurs. La suppression de nombreux lits hospitaliers a bien évidemment fortement diminué les capacités de formation de nouveaux médecins et l’idée des cercles gouvernementaux d’utiliser les établissements privés pour la formation ne se fera pas sans la demande par ceux-ci de nouveaux fonds publics et le renforcement de la concurrence avec le secteur public y compris pour attirer des spécialistes dans une situation de pénurie nationale. 

Enfin, on assiste à une financiarisation accélérée du système de santé. Les hôpitaux privés à but lucratif sont passés massivement dans des mains société capitalistique. Plus récemment, les détenteurs médecins ou pharmaciens libéraux de laboratoires de biologie médicale ou d’imagerie vendent massivement leurs parts d’actions à des fonds d’investissements. En réponse à la pénurie de professionnels libéraux, des sociétés anonymes investissent dans l’ouverture de cabinets médicaux et dentaires en milieux urbains en employant des professionnels français attirés par un statu salarié et non plus libéral ou provenant des pays est-européens. 

Pendant ce temps, l’administration française laissent croupir les professionnels hors UE (PADHUE) dans un statut précaire et mal payé en refusant de les intégrer dans le statu de praticien hospitalier alors qu’ils assurent les mêmes fonctions que leurs collègues français parfois depuis de nombreuses années.

Dans un tel contexte, la loi Garot actuellement vivement discutée au parlement ne peut que décevoir tout en reflétant l’affolement d’élus vis-à-vis du désastre créé par les politiques gouvernementales des 50 dernières années. 

En effet, ce serait comme après avoir transformé la Bretagne en Sahara, on essayait d’irriguer le désert en pompant l’eau des quelques oasis subsistante (13% du territoire selon les chiffres officiels). 

Le système de santé est en crise globale et la réponse politique doit être à l’échelle des enjeux et ne pas se limiter à des rafistolages du système. Par ailleurs, pour bien comprendre les le sens des manifestations corporatistes actuelles, il faut prendre en compte que d’une part les médecins salariés constituent désormais une majorité des médecins (chiffre du CNOM, 2023) et d’autre part que le milieu médical est historiquement très hiérarchisé avec des écarts de revenus bien supérieurs à 10 fois. Ceux qui peuvent donner le tempo à l’agitation actuelle sont certains spécialistes libéraux qui cherchent à préserver leur marge de manœuvre au sein d’un système libéral menacé par la financiarisation.

Le maintien du paiement à l’acte, de la liberté d’installation et d’une certaine pénurie de médecins sont les seuls leviers qui peuvent leur permettre de tenir la dragée haute aux fonds financiers et aux assurances complémentaires dans la négociation de leurs revenus. Ils utilisent bien évidemment les généralistes et plus largement les jeunes médecins en s’appuyant sur le réflexe corporatiste et leur méfiance largement justifiée vis-à-vis de l’administration française.

Quelles sont les orientations politiques e fond nécessaires ? J’en citerai ici trois à débattre :

- Rénover le système de Sécurité Sociale Française en lui redonnant ses missions d’orientation de la politique de santé et d’évaluation des besoins en santé de la population. En 1981, Jack Ralite, ministre de la Santé avait lancé une politique de création d’observatoires locaux de la santé. Celle-ci a été bien évidement abandonné après le tournant de la rigueur en 1983. On ne peut s’appuyer pour cela sur les milieux de médecins ou autres professionnels libéraux ou sur des experts mais il faut associer largement la population.

- S’orienter vers une politique d’offre de soins reposant sur un service public apte à répondre aux besoins en soins primaires et spécialisés ambulatoires de la population, à promouvoir la collaboration entre professionnels de santé, à organiser les délégations de soins cohérentes entre ces professionnels, en leur offrant des statuts salariés dignes aux quelles ils aspirent en terme de temps et de cadre de travail, de protection sociale, de formation continue et sortant de l’archaïsme du système de médecine libéral qu’il s’agit de mettre en extinction doucement mais résolument.

- Rénover les formations en santé en les intégrant toutes de l’aide-soignant au médecin dans des cursus universitaires publics. En ce qui concerne les facultés de Médecine, en finir avec le système de concours de spécialités actuel en fin de 6ème année qui est profondément lié à la médecine libérale et au payement à l’acte et qui stérilise le deuxième cycle de formation au profit d’un bachotage contre-productif.                                          

 

JEAN-LUC OLIVIER, adhérent PCF PAYS DE MORLAIX, Médecin et professeur en faculté de médecine en retraite

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5 mai 2025 1 05 /05 /mai /2025 08:30
Fabien Roussel : « Unis, les salariés pèsent, sont forts et ont des intérêts à défendre » - Interview à l'Humanité avec Gaël de Santis, 1er mai 2025
Fabien Roussel : « Unis, les salariés pèsent, sont forts et ont des intérêts à défendre »

 

Juste avant le 1er mai, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, publie son troisième livre aux éditions le Cherche Midi, « le Parti pris du travail ». Il souhaite mettre ce thème au cœur du débat public et pense qu’il peut contrer la division des salariés orchestrée par la droite et l’extrême droite.

Les enquêtes sur les cahiers de doléances des gilets jaunes ont montré une aspiration à la protection face aux aléas de l’économie. Selon vous, quels étaient les ressorts du mouvement des gilets jaunes ?

Une profonde colère de gens qui entendaient être respectés. On trouvait sur les ronds-points des retraités en colère contre la hausse de la CSG, des travailleurs contre la taxe carbone et la hausse du prix de l’essence. J’ai vu à l’époque des travailleurs, salariés, hommes et femmes, qui se disaient les invisibles de la société. C’était une révolte sincère et populaire de personnes qui peinaient à joindre les deux bouts, quand bien même ils travaillaient.

Dans votre livre, le Parti pris du travail, vous dites que le travail est le « ciment » qui peut unir le peuple de France…

Si l’on ne fait rien, on se dirige vers une France pauvre et rabougrie : avec des petits salaires, des petits boulots, des petits services publics. Ce n’est pas la France que je souhaite. Nous devons reconstruire une France qui réponde à ses besoins et soit indépendante d’autres puissances pour son industrie, ses matières premières, ses médicaments, son acier, etc. Afin d’investir massivement dans l’industrie, l’économie, les services publics, il faut s’appuyer sur le monde du travail pour reconstruire cette France.

Ce livre est un appel à prendre conscience de notre force en étant unis. Or, le gouvernement, les financiers font tout pour instiller le poison de la division : entre ceux qui travaillent dans le public, traités de privilégiés, et ceux qui travaillent dans le privé ; entre ceux qui ne travaillent pas, traités de fainéants, et ceux qui travaillent ; entre ceux des villes et ceux des champs ; mais aussi sur la religion, l’immigration.

Pourquoi la centralité du travail n’a pas bonne presse dans une partie de la jeunesse ?

Je suis en désaccord : tout dépend du contenu mis dans l’emploi. Je ne connais pas de jeune qui aspire à l’oisiveté. Les jeunes ont beaucoup d’ambition et sont différents. Certains ont envie de travailler tôt. D’autres aspirent à faire des études longues. Mais les uns comme les autres ont du mal à trouver des débouchés.

Ceux qui veulent commencer très tôt se retrouvent avec des conditions de travail très dures. Ce n’est pas un avenir pour nos enfants. Ceux qui ont fait beaucoup d’études ne trouvent pas à travailler dans leur domaine de compétence, avec une rémunération correspondante. On s’étonne que les chercheurs s’en aillent à l’étranger.

À propos du contenu du travail, François Bayrou disait qu’il fallait travailler plus…

Plutôt que de demander de travailler plus à ceux qui travaillent dans des métiers difficiles, qui aspirent à partir en retraite plus tôt, je commencerais par dire qu’il faut travailler tous. Il faut proposer un travail à ceux qui n’en n’ont pas et mettre un garrot sur les suppressions d’emploi. 400 emplois sont menacés chez Vencorex, 6 000 dans la chimie… Avant de dire qu’il faut travailler plus, je dis au premier ministre : « Sauvez les emplois menacés ».

Comment contrer les divisions ?

On oppose les salariés les uns aux autres. On nous demande de trouver une solution parmi nous. Mais jamais n’est posée la question du capital, des ultrariches, des revenus financiers, de ceux qui ont vu leur fortune multipliée par deux et leurs impôts baisser depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir.

Vous dénoncez les postures qui empêchent d’aborder sereinement la thématique de l’immigration. Quelles sont-elles ?

Même à gauche, il y a des personnes qui disent qu’on a besoin d’immigrés pour travailler dans des secteurs en tension, exercer les métiers que les Français ne voudraient pas faire. C’est un discours patronal que je ne partage pas. J’aimerais que les métiers difficiles prennent en compte la pénibilité, soient mieux rémunérés, attractifs. L’objectif ne peut être de faire venir des personnes de l’étranger pour les exercer.

Je voudrais que chacun puisse dire qu’il est fier que son enfant fasse ce métier. Je trouve dégradant de dire des travailleurs étrangers sur notre sol qu’ils devraient faire des métiers sous-payés, difficiles, au motif qu’ils sont étrangers. C’est une vision esclavagiste de la personne. Nous devons leur garantir des conditions de travail décentes et promouvoir l’égalité des droits : à travail égal, salaire égal, sans distinction.

Pourquoi considérez-vous le RSA comme une « politique de reniement » ?

Mettre en place un revenu de substitution, une aide pour celles et ceux qui se retrouvent du jour au lendemain sans rien, du fait d’une conjoncture économique difficile, d’une crise, d’une pandémie, oui. Mais le RSA existe depuis quarante ans : cela signifie qu’on institutionnalise cette politique pour accompagner le chômage. Il est plus facile de verser un RSA que de résister aux grands groupes qui délocalisent. Je le regrette et j’ai beaucoup plus d’ambition pour mon pays. Je fixe l’objectif d’éradiquer le chômage en cinq ans, de garantir à chacun un emploi, ou une formation avec un salaire au niveau du Smic revalorisé.

Il n’y aurait alors plus besoin de mettre en place un RSA, ou alors de manière très résiduelle. Car ceux qui vivent du RSA ne vivent pas mais survivent. Ceux que je rencontre dans mes permanences, avec moins de 600 euros de ressources, sont obligés d’aller chercher des colis alimentaires. C’est pourquoi jamais je ne défendrai le RSA.

Je parle toujours des formations rémunérées au Smic, parce que j’ai rencontré trop de gens à qui l’on a proposé des formations, pour lesquelles ils pointent à 9 heures, finissent à 17 heures, doivent mettre les enfants à la garderie et à la cantine, pour 700 euros par mois. Ils sortent de leur formation et sont endettés. Il faut mettre l’accent sur la formation, mais en échange d’un salaire, comme toute personne qui va travailler.

Certains vous objecteront que certaines personnes seraient inemployables…

À mon avis, le nombre de personnes inemployables est résiduel. Chacun peut être utile en fonction de ses compétences, de son activité. Beaucoup de personnes en situation de handicap parviennent à avoir une activité professionnelle, encadrée. Tout le monde a sa place dans la société. Quand l’on parle du plein-emploi avec un taux de chômage à 4 %, ce n’est pas acceptable. Le plein-emploi, c’est 0,1 % de chômage.

Quel choc d’investissement prônez-vous pour réindustrialiser la France ?

Le sujet devrait envahir les médias au moment où le gouvernement demande 40 milliards d’euros d’économies. Or, quand quelqu’un est malade, on ne lui supprime pas ses repas. On lui donne des vitamines. La France est malade. Face à la guerre économique de Donald Trump, il faut libérer l’argent, investir énormément. C’est ce qu’a fait la BCE pendant la pandémie, même si elle l’a fait sans donner de critères ; elle a créé de la monnaie et injecté 3 000 milliards d’euros. Il faut aujourd’hui utiliser le bazooka monétaire et avoir le même choc d’investissement pour les pays de l’Union européenne (UE) et pour la France, mais en donnant des critères sociaux et environnementaux.

Les dépôts des banques, de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), de la Banque publique d’investissement (BPI), de la Banque postale, s’élèvent à des milliers de milliards d’euros. Je propose que 400 à 600 milliards d’euros soient mis à disposition d’un fonds au service de l’industrie, de nos services publics pour prêter à taux zéro, voire négatifs, sur la base de critères.

Cela aiderait à la réindustrialisation du pays, au soutien à l’économie, à l’investissement dans nos services publics. C’est à l’ordre du jour. L’Allemagne le fait en débloquant 500 milliards d’euros pour l’armement et ses infrastructures. Faisons la même chose en France pour relocaliser notre industrie, empêcher son démantèlement et travailler sur de gros projets, notamment dans l’industrie et les transports.

Alors commissaire au Plan, François Bayrou avait proposé un fonds de 500 milliards d’euros, Mario Draghi un fonds de 750 milliards d’euros à l’échelle européenne. Quelle est la différence avec ce que proposent les communistes ?

Il est déjà intéressant de relever que même chez les libéraux, il y en a qui pensent qu’il faut injecter de l’argent et rembourser plus tard. Notre différence est de ne pas vouloir lever ces centaines de milliards d’euros sur les marchés financiers, afin de ne pas être soumis à leur tutelle et de ne pas les distribuer sans contreparties. Nous pouvons faire appel à la Banque centrale européenne (BCE) qui prêterait directement aux États pour qu’ils financent ces investissements sans être soumis à la tutelle des marchés financiers.

Ce n’est pas ce que fait l’Allemagne. C’est ce que proposait en revanche François Bayrou il y a près de deux ans, mais qu’il ne propose plus maintenant qu’il est premier ministre. Nos critères d’attribution de ces prêts à taux zéro ou négatifs seraient définis démocratiquement. On ne peut plus distribuer d’argent gratuit aux grands groupes, surtout quand ils distribuent des dividendes ou délocalisent.

Envisagez-vous des nationalisations de grandes banques systémiques ?

Si les banques ne changent pas et continuent de ne prêter qu’aux plus riches, il faudra certainement remettre cette question sur la table, comme nous l’avions fait en 1981.

Votre livre aborde des questions stratégiques. Comment construire une conscience de classe ?

Avec un parti communiste fort et des syndicats plus forts. Nous avons besoin d’avoir des organisations qui défendent le progrès social et la paix. C’est le rôle que devraient jouer les forces de gauche et que joue le PCF. Une conscience de classe ne tombe pas du ciel. Elle se construit en faisant prendre conscience aux salariés qu’unis, ils pèsent, ils sont forts et ont des intérêts communs à défendre.

 

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28 avril 2025 1 28 /04 /avril /2025 05:12
Lutte contre les déserts médicaux: oui la régulation de l'installation des médecins est nécessaire
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25 avril 2025 5 25 /04 /avril /2025 04:43
Vernis -  édito de la revue Cause Commune mars/ avril 2025 par Guillaume Roubaud Quashié
Vernis
 
édito de la revue Cause Commune n°43 mars/ avril 2025 par Guillaume Roubaud Quashié
 
Je ne sais quel est votre âge, lectrice, lecteur, mais si vous avez plus de 25 ans, il y a de grandes chances que vous ayez bien en mémoire les nombreuses couches de vernis patiemment appliquées pour masquer des intérêts souvent peu reluisants. Les guerres du Golfe ? La défense de la liberté contre l’axe du mal, bien sûr. Et tout un petit monde s’agitant du matin jusqu’au soir pour porter la bonne parole : guerre juste et sainte croisade au service de nobles causes.
Évidemment, l’abîme entre les grandes envolées et le pur appât du gain pouvait être particulièrement agaçant mais, somme toute, il avait un côté rassurant : le rapport de forces idéologiques était donc de notre côté puisqu’il fallait s’embarrasser d’une foule de justifications pour dissimuler pillages et massacres. Cet embarras, en validant des principes humanistes, rendait possibles quelques prises de judo : on pouvait condamner l’action entreprise en la mettant en regard des valeurs proclamées. On pouvait faire jouer la contradiction.
« La langue de Trump ne s’encombre pas des grandes sérénades habituelles. C’est le capital qui parle, sans filtre. »
Avec Donald Trump, tout est plus simple et plus compliqué à la fois : il n’y a, pour ainsi dire, plus de vernis ! Je ne sais si vous avez pris le temps d’écouter Donald Trump à l’occasion, par exemple, de ses conférences de presse – fascinées par ces shows assez exotiques, les « chaînes d’information en continu » les relaient bien souvent ; les extraits les plus saisissants font pour leur part la joie des réseaux sociaux. De l’humiliation de Zelensky en direct aux tranquilles revendications du Groenland devant un dirigeant de l’OTAN quasi mutique en passant par les mots fleuris choisis pour parler du Canada qui « nous a arnaqués pendant des années », l’Europe, la Chine… la langue de Trump ne s’encombre pas des grandes sérénades habituelles. C’est le capital qui parle, sans filtre.
À certains égards, c’est extrêmement inquiétant. Au temps T, cela semble indiquer un rapport de forces si dégradé dans les consciences qu’il n’est plus même besoin de vernis pour masquer la hideur bête de la quête exclusive du profit. Plus grave, en perspective : si cette langue du capital trouve un écho, si les esprits s’en accommodent, finissent par l’incorporer bon gré mal gré, comment continuer à se parler, à convaincre si un socle minimal de principes n’est pas partagé ? (Je ne parle pas ici de diplomatie entre États mais de politique : comment trouver l’oreille de celles et ceux qui soutiennent Trump s’ils acceptent de le suivre sur ce terrain où seul le profit compte ?) Ce ne sont pas là de minces questions.
Dans le même temps, les choses sont enfin claires et apparaissent pour ce qu’elles sont à la face du monde, avec tout ce que cela implique de possible surcroît de conscience. C’est Le Manifeste qui nous parle sans la moindre ride naissante : Partout où elle [la bourgeoisie] a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses « supérieurs naturels », elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement au comptant ». Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale.
« La réponse réellement nécessaire est autrement ambitieuse : elle appelle, avec urgence, de centrer enfin les efforts sur les besoins humains et les questions environnementales, de déployer une ambition inédite en matière de diplomatie et d’exigence de désarmement. »
En un sens, notre combat se fait plus simple car la brutalité « ouverte, éhontée, directe » et absurde face aux défis de notre humanité, n’a pas à cette heure une majorité de Terriens pour la révérer. Elle heurte, elle choque, elle scandalise largement de par le monde, rendant disponibles pour l’action un nombre croissant d’individus. (Notons qu’au passage, ce que nous n’avons cessé de dire depuis 1949 sur la nécessité de sortie de l’OTAN, se trouve radicalement validé.)
Pour autant, avec ou sans Trump, l’enjeu d’incarner une alternative tangible et crédible reste décisif. On peut être effrayé par ce qui se passe et ne pas voir quoi faire ou foncer tête baissée dans de sûres impasses… (Cela appelle aussi des gestes d’organisation : nous adressons-nous partout où nous le pouvons à ces gens qui, réalisant le pire, cherchent une voie d’action et d’engagement ?)
Le piquant de la situation, vu de France, est qu’à ce grand coup de dissolvant appliqué outre-Atlantique répond ici une débauche de vernis. Comme si, par vases communicants, tout ce que l’Amérique en comptait se trouvait chez nous déversé. Nous n’en manquions pourtant pas mais nous voici à présent presque noyés sous tous ces flots écarlates.
Plus laqués que jamais, Macron et ses relais nous rebattent les oreilles du matin jusqu’au soir de Droit, de Justice, de Liberté, de Valeurs démocratiques… Quoi qu’il en coûte, le rempart européen s’élèvera pour protéger l’Ukraine, etc., etc. (Ajoutez au besoin, pour faire bonne mesure, trémolos, applaudissements debout, indignation cabotine et kits de survie.)
Pourtant, ce sont les mêmes qui, notant que le Maroc était un partenaire commercial plus important que l’Algérie, s’assoient très tranquillement sur les aspirations des Sahraouis à la liberté et à l’autodétermination. Les mêmes qui, depuis les sanctions contre la Russie, ne sont qu’amour pour les grands démocrates qataris et les Azéris qui massacrent les Arméniens… Faut-il évoquer le sort des Palestiniens ? On s’étonne chaque jour de découvrir de nouvelles sanctions mises en place ou sérieusement envisagées quand il s’agit de la Russie mais quel silence de mort quand le gouvernement israélien viole si terriblement le droit international ! Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de défendre la Russie de Poutine qui a envahi un pays souverain, ni de légitimer en rien la barbarie du 7 octobre ; simplement de constater que cette débauche de vernis et de bons sentiments est pour le moins sélective. Affaire de cosmétique plutôt que de politique. Au fond, il s’agit avec tout cela de faire passer la création d’une armée européenne, le bond dans le fédéralisme, l’austérité aggravée et, si possible, de se refaire une petite popularité pour continuer une politique antisociale avec onction électorale.
« Pourtant, ce sont les mêmes qui, notant que le Maroc était un partenaire commercial plus important que l’Algérie, s’assoient très tranquillement sur les aspirations des Sahraouis à la liberté et à l’autodétermination. »
Assurément, le problème Trump – qui est lui-même, pour une part, l’expression des contradictions violentes dans lesquelles le capital états-unien se trouve plongé – appelle des réponses mais il n’est nul besoin de vernis – ni de donner des centaines de milliards à l’industrie d’armement US sous couvert d’une « souveraineté européenne » devenue soudain impérieuse. Non, la réponse réellement nécessaire est autrement ambitieuse : elle appelle, avec urgence, de centrer enfin les efforts sur les besoins humains et les questions environnementales, de déployer une ambition inédite en matière de diplomatie et d’exigence de désarmement. Cela n’interdit pas de mettre en œuvre une véritable politique de défense – avec tout ce que cela implique de changements radicaux en ce qui concerne notre pays – mais en gardant en tête qu’un monde avec plus d’armes sera toujours plus dangereux qu’un monde qui en compte moins. Comme nous le disions il y a bien longtemps déjà : si vis pacem, para pacem (si tu veux la paix, prépare la paix).
Autrement dit, moins de vernis mais une volonté, des moyens, de la démocratie.
 
Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de Cause commune.
Cause commune n° 43 • mars/avril 2025
 
* Guillaume Roubaud Quashiésera à Morlaix pour présenter le livre co-écrit avec Côme Simien "Haro sur les Jacobins! Essai sur un mythe politique (XVIIIe-XXIe siècle) pour une conférence-débat avec Côme Simien au local du PCF Morlaix le mardi 10 juin à Morlaix avec les Mardis de l'Éducation Populaire
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23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 11:35
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël

Quelle honte! Une délégation d'elu.e.s, de parlementaires de gauche avec Ruffin, Corbière, les parlementaires communistes Soumya Bourouha et Marianne Margaté, et d'autres camarades élus du PCF comme Vincent Bouger, Philippe Rio, Camille Nager, Charlotte Blandiot Faride maire de Mitry Mory et présidente de l'AJPF, Gilles Leproust, interdite d'accès en Israël par le même gouvernement qui a accueilli en grande pompe Jordan Bardella représentant d'un parti héritier de la collaboration et de l'antisémitisme d'extrême-droite.

Ils étaient 27, dont 5 parlementaires, à devoir se rendre en délégation en Israël et Palestine , sous l’égide de l’AJPF.

A 48 h du départ les autorités israéliennes ont annulé leurs autorisations d’entrer de territoire. Depuis, silence radio des autorités françaises qui se voient humiliées dans pareilles situations, notre envie de témoigner de la situation empêchée par des décisions autoritaires non fondées , notre besoin de prolonger nos discussions avec nos partenaires israéliens et palestiniens bloqués , mais notre détermination collective à œuvrer pour la diplomatie des peuples et des villes renforcées , car nous sommes du bon côté de l histoire !

« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
 
Soumya Bourouaha, Philippe Rio, Alexis Corbière, François Ruffin… Ils sont 27 à s’être vu refuser l’entrée sur le territoire israélien, dimanche 20 avril, deux jours avant leur départ. Ils dénoncent une « punition collective » et demandent à Emmanuel Macron d’intervenir.
 
Publié le 21 avril 2025
 
Margot Bonnéry - L'Humanité
 
La gauche française jugée indésirable. À 48 heures de leur déplacement en Israël, une délégation de 27 parlementaires et élus se sont vu annuler leurs visas par les autorités israéliennes. Parmi les politiques invités par le consulat français à Jérusalem, les communistes Soumya Bourouaha, Marianne Margaté et Philippe Rio, mais aussi les députés du groupe écologiste François Ruffin, Alexis Corbière et Julie Ozenne.
Certains d’entre eux dénoncent une « rupture majeure des liens diplomatiques à l’égard de l’État français ». Alexis Corbière, député et fondateur de l’Après, s’émeut également du silence assourdissant d’Emmanuel Macron et du ministère des Affaires étrangères, dont la réaction se fait toujours attendre : « L’Élysée devrait réagir. La France n’a pas refusé la venue de politiques israéliens. Inversement, nous devrions pouvoir faire de même. »
« Punition collective »
D’autant que si la gauche est radiée, l’extrême droite, elle, a eu droit au tapis rouge. En effet, les 26 et 27 mars, le gouvernement israélien a accueilli à bras ouverts Jordan Bardella et Marion Maréchal « en dépit de l’héritage de leurs partis fondés sur des discours antisémites », ajoute Alexis Corbière.
De nombreux maires de la délégation avaient prévu de rencontrer, du 20 au 24 avril, les acteurs locaux palestiniens et israéliens. Le but : créer des ponts. « Nous étions dans une démarche de dialogue et de construction de la paix. Cette décision est une atteinte grave à la démocratie », souffle Gilles Leproust, maire PCF d’Allonnes, dans la Sarthe, à l’initiative d’une coopération avec le camp de New Askar, en Cisjordanie, depuis 2018. « Pour faire entretenir ces liens, il est essentiel de se rendre sur ces territoires. Nous devons être ainsi libres de circuler », poursuit l’édile, qui espère une nouvelle autorisation de déplacement dans les meilleurs délais.
Si le ministère de l’Intérieur a invoqué une loi qui permet d’interdire l’entrée sur le territoire de toute personne qui voudrait « agir contre Israël », Philippe Rio émet l’hypothèse que cette « punition collective » est surtout une réponse à la volonté d’Emmanuel Macron de reconnaître en juin l’État palestinien. « Cette reconnaissance, que nous prônons depuis bien longtemps, est un bon début, admet le maire PCF de Grigny, en Essonne. Mais nous souhaitons aussi que le chef de l’État cesse son mutisme et s’exprime concernant notre impossibilité d’accès sur le territoire. Empêcher des élus et parlementaires ne doit pas rester sans conséquences. »
Ce cas est loin d’être une première. Le 30 janvier, l’ex-vice-présidente du Parlement européen, l’Italienne Luisa Morgantini, a été arrêtée par l’armée avant d’être finalement relâchée. De nombreux journalistes étrangers, notamment la presse de gauche, ont interdiction de se rendre à Gaza ou d’accéder à certaines conférences pourtant autorisées à la presse. Pour Marianne Margaté, sénatrice communiste du groupe CRCE-K, la stratégie du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, est claire : "Dresser des murs infranchissables et n’autoriser aucun regard extérieur qui irait à son encontre".
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
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22 avril 2025 2 22 /04 /avril /2025 07:18
Austérité : « C’est une vraie purge qui se prépare et elle pèsera lourd sur les municipalités », dénonce Gilles Leproust, maire PCF d’Allones

Pour Gilles Leproust, maire PCF d’Allonnes (Sarthe) et président de l’Association des maires ville & banlieue de France, les difficultés rencontrées par les élus municipaux sont largement causées par la politique d’austérité du gouvernement.

L'Humanité, Anthony Cortes, 15 avril 2025

Comment expliquez-vous l’hémorragie de maires et de conseillers municipaux ?

La situation est complexe, mais elle pourrait se résumer à une trop grande pression, notamment financière. Celle-ci devrait encore s’accentuer, à en croire les annonces du gouvernement sur le prochain budget : 40 milliards d’euros d’économies, dont une bonne partie doit reposer sur les collectivités. C’est une vraie purge qui se prépare et elle pèsera lourd sur le fonctionnement des municipalités.

Nous avons pourtant plus que jamais besoin de moyens. Alors que l’on constate un affaiblissement de tous les points de repère de notre société, que les syndicats et les partis sont en perte de vitesse, que l’autorité étatique est contestée et que la faillite de l’État est de plus en plus flagrante, les élus municipaux restent mobilisés pour maintenir la République dans les territoires. Les défis sont nombreux : on voit converger, aux portes des hôtels de ville, toutes les difficultés, les souffrances et les frustrations.

Sauf que d’année en année nos moyens sont revus à la baisse, et donc nos possibilités de répondre aux urgences. Cela ne peut que créer de l’exaspération chez nos administrés, qui se traduit parfois par des injures et de la violence, combinée à un sentiment d’impuissance rageant pour les élus. D’autant que, depuis la loi Notre (nouvelle organisation territoriale de la République – NDLR) de 2015, un certain nombre de nos compétences ont été transférées aux intercommunalités. En plus de perdre des moyens, nous sommes aussi de plus en plus dessaisis de nos responsabilités.

À quel point l’austérité joue-t-elle un rôle dans cette crise ?

Quand on s’engage à l’échelon municipal, c’est pour mener des actions claires, pour rendre concrète la devise affichée sur le fronton de nos mairies : « Liberté, égalité, fraternité ». Le problème, c’est que l’État, en voulant nous faire porter le chapeau du dérapage budgétaire, ampute toutes nos capacités à innover.

Alors même que nous votons chaque année un budget à l’équilibre, ce qui n’est pas le cas de l’État. Résultat : on finit par reporter ou annuler des projets essentiels. D’ailleurs, c’est aussi pour cette raison que l’Association des maires de France (AMF) a décidé de ne pas se rendre à la conférence de François Bayrou sur les finances publiques. Quand on organise une telle saignée, on affaiblit la République.

Malgré les violences et la défiance, les fonctions municipales sont les plus populaires dans la population. Doit-on y voir un paradoxe ?

Je ne le crois pas. C’est même tout à fait cohérent : quand ça ne va pas, nous sommes là. Cette présence est reconnue, mais nous restons à portée de baffes, le plus souvent en lieu et place de l’État, dont les services s’effacent peu à peu. Et parfois la colère est mauvaise conseillère.

Mais attention : nous sommes aussi à portée de câlins. Je le vis tous les jours dans ma commune. Personnellement, je prends énormément de plaisir à être maire, même si ça me réveille parfois la nuit. Les marques de sympathie et de reconnaissance sont nombreuses. Même de la part de personnes aux sensibilités très différentes de la mienne.

Que diriez-vous pour motiver les citoyens à s’engager aux prochaines municipales de 2026 ?

Je dirais qu’être engagé à l’échelon municipal, c’est faire le choix du collectif, c’est la possibilité d’innover et de redonner le sourire à des personnes écrasées par le poids des difficultés. Par exemple, dans ma commune, nous avons mis en place des séjours d’été pour permettre aux jeunes qui n’en ont pas les moyens de visiter d’autres régions, de rencontrer d’autres personnes.

Nous avons rendu les concerts de musique classique accessibles, tout comme la piscine. On dit souvent que s’engager et assumer des fonctions c’est prendre le risque de beaucoup perdre sur le plan personnel. Au contraire, on y gagne énormément : on est immergé dans la population, on crée de l’espoir. Et cela permet de rêver d’un autre monde.

 

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21 avril 2025 1 21 /04 /avril /2025 08:39
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Congrès du MJCF à Bobigny: 4 délégués finistériens présents, Taran Marec élu au Conseil National du MJCF, Camille Mongin élue à la tête de l'Union des Etudiants communistes
Ce week-end, le Congrès national du MJCF s’est clôturé, réaffirmant la détermination de notre organisation à faire grandir le mouvement de jeunesse communiste partout sur le territoire !
Le MJCF Finistère était fier d’y être représenté par 4 délégués, porteurs de nos luttes et de notre engagement militant 
Une fierté particulière pour notre fédération :
— Camille Mongin, ancienne secrétaire fédérale du MJCF 29, a été élue secrétaire nationale de l’UEC !
— Taran Marec, actuel secrétaire fédéral, a rejoint le Conseil National du MJCF !
Et ce n’est que le début ! Dans cette dynamique, nos forces s’organisent partout dans le Finistère, avec le lancement d’Unions de Groupe sur Brest et Quimper / Finistère Sud 
La jeunesse s’organise, la jeunesse lutte : rejoins le mouvement !
 
Le MJCF 29, 16 avril 2025
 
Photos MJCF
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19 avril 2025 6 19 /04 /avril /2025 05:10

 

 

À force de courir après l’extrême droite, certains parlementaires finissent par lui ressembler. Depuis plusieurs semaines maintenant, les débats au Sénat tournent en boucle autour d’un seul sujet : l’immigration.

À croire que c’est la seule urgence du pays. Rien – ou si peu – sur le pouvoir d’achat, la santé publique, la crise du logement ou les suppressions de classes. Rien sur ces préoccupations qui hantent le quotidien de millions de Français.

Ce mardi, la majorité sénatoriale a voté pour étendre la comparution immédiate aux adolescents dès 15 ans, certains allant jusqu’à proposer de juger des enfants de 13 ans comme des adultes. Un concours d’outrance entre élus en campagne, qui confondent le Parlement avec un plateau de CNews.

Dans le même temps, 180 postes demeurent vacants à la Protection judiciaire de la jeunesse, qui alerte depuis des mois sur la carence de moyens dont elle dispose.

Ce populisme législatif ne cherche pas à résoudre des problèmes, il fabrique des coupables, agite les peurs, détourne l’attention. Pour flatter l’imaginaire d’un “ensauvagement” qui ne résiste pas aux faits : la délinquance des mineurs est en baisse. À ce rythme, ce ne sont bientôt plus les juges qui rendront la justice, mais les éditorialistes des chaînes d’info en continu. Ce qui explose, c’est la gravité de certains actes, immédiatement montés en épingle pour légitimer une réponse toujours plus répressive. Mais la gravité d’un fait divers ne doit pas dicter la loi.

Ce populisme législatif, nourri d’effets d’annonce et d’exagérations médiatiques, menace les principes mêmes sur lesquels repose la justice des mineurs depuis l’ordonnance de 1945. Il ne fait qu’aggraver une crise de sens, où l’on renonce à comprendre pour mieux condamner, où l’on prétend restaurer l’autorité en abîmant l’État de droit.

Du cynisme parlementaire pur jus qui permet de masquer l’urgence véritable : la justice sociale et le pouvoir d’achat.

 

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18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 08:21

 

 

 

Maryse Montangon

Responsable commission nationale Santé et protection sociale du PCF

 

_______________________________________________________

Par un troisième recours à l’article 49.3 de la Constitution et le rejet d’une une nouvelle motion de censure, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 a été définitivement adopté par le Parlement, après le vote du Sénat le 17 février 2025, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale. Le texte sera promulgué après la décision à venir du Conseil constitutionnel, saisi par des députés le 20 février pour contrôle de la constitutionnalité de la loi.

« L’électrochoc » budgétaire voulu et attendu pour notre système de santé et de protection sociale par les organisations syndicales, les forces de gauche et les usagers n’a jamais été à l’ordre du jour de ce PLFSS 2025 !

Barnier, Bayrou : les PLFSS d’austérité se suivent… et se ressemblent

Même si quelques mesures dites phares du PLFSS présenté par le gouvernement Barnier ont été abandonnées pour l’instant (nouvelle journée de « solidarité », hausse du ticket modérateur) et si les enveloppes ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie) ont légèrement augmenté, passant de 2,8 % à 3,3 %, le compte n’y est pas. Il faudrait une augmentation d’au moins 5 % de l’ONDAM pour répondre à l’existant et 6 % pour l’ONDAM hospitalier selon la Fédération hospitalière de France (FHF), alors que celui-ci est proposé dans le PLFSS du gouvernement Bayrou à 3,8 %.

Si le projet de loi présenté par Michel Barnier pouvait présenter un timide début de remise en cause des exonérations de cotisations patronales pour un montant de 5 milliards d’euros sur un total de 92 milliards d’euros, le texte de François Bayrou les a réduites à 1,6 milliards d’euros. Une « taxe lapin » et la baisse du plafond des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail sont également instituées. Les copies de Michel Barnier et François Bayrou ne sont certes pas identiques mais elles donnent la désagréable sensation que ce qui est donné d’une main est repris de l’autre avec un peu plus à chaque fois ! Aucun changement structurel de notre système de santé et de protection sociale alors que tous les voyants sont au rouge, que les scandales sanitaires éclatent au grand jour, ce qui aurait dû inciter le gouvernement Bayrou à porter des mesures beaucoup plus ambitieuses.

L’État s’arroge le droit de considérer la dette de la Sécurité sociale comme de la dette publique et donc d’en assurer la maîtrise. Mais le budget de la Sécurité sociale, ce n’est pas le budget de l’État, ce n’est pas l’argent du gouvernement. Elle a ses propres ressources, sa propre gestion, sa propre dette qui n’entre pas dans la dette remboursée par l’État.

Quand M. Bayrou permet d’augmenter le déficit de la Sécurité sociale (de 15 milliards d’euros à 24 milliards d’euros) en évitant certaines mesures d’économies, il le fait sans que cela ait le moindre impact sur le budget de l’État et sur sa responsabilité politique. Mais cela leur permettra à l’avenir de justifier des économies et des réformes, par exemple la réforme des retraites à l’issue des concertations, du système de santé, des cotisations sociales.

Retraites : financer une réforme de progrès, c’est possible !

La réforme des retraites de 2023 sera remise en chantier par une conférence avec les syndicats et le patronat qui s’est ouverte le 27 février, après la remise au gouvernement du rapport de la Cour des comptes sur l’état financier de nos régimes de retraite. Ce rapport, rendu public le 20 février, qui représente un démenti cinglant aux chiffres farfelus retenus par le Premier ministre (55 milliards d’euros de déficit) et à la « dette cachée », vient néanmoins entériner l’idée d’une nette dégradation de la situation financière des régimes de retraite.

On nous explique qu’entre autres, il ne faut pas de hausse du « coût du travail » qui pèserait sur la compétitivité et l’emploi, que la baisse de la natalité et le vieillissement de la population vont peser sur le nombre d’inactifs par rapport aux actifs (+25 % environ dans les 30 prochaines années). Mais les retraites sont financées sur les richesses produites par les actifs et le Conseil d’orientation des retraites (COR) lui-même estime l’augmentation du PIB sur la même période de l’ordre de 60 %. Une dramatisation du déficit, dont l’objectif est de forcer à faire des économies sur les prélèvements sociaux et publics et à préserver les prélèvements financiers du capital, celui-ci exigeant la ponction d’une masse de plus en plus élevée de richesses. C’est bien un bras de fer entre le capital et la société tout entière ! On comprend pourquoi le patronat, favorable à la réforme de 2023, avec une détermination infaillible, ne changera pas de position sur l’âge légal de départ à la retraite. Côté syndicats, s’il y a consensus sur un retour à 62 ans, il y a néanmoins quelques nuances et des bougés envisageables ainsi que sur l’aménagement ou l’abrogation de la réforme de 2023. Sans réelle surprise, comme à chaque discussion sur le financement du système des retraites, le patronat mais aussi le gouvernement (Gérard Darmanin, Gabriel Attal, Bruno Retailleau) recommencent à parler capitalisation pour sauver nos retraites, en d’autres termes, les exposer aux aléas des marchés financiers.

Trouver des recettes pour financer notre système de retraite par répartition, système solidaire, intergénérationnel et interprofessionnel, est bien à la portée de notre pays aujourd’hui et les leviers existent, mais voilà, il faut oser s’attaquer à l’appétit insatiable de la finance et du grand capital et son mandataire Emmanuel Macron.

Mais il ne faut pas non plus négliger le poids de leurs arguments dans la population à qui on martèle à longueur de journée qu’il n’y a pas d’argent ! Et ils comptent bien gagner cette bataille-là avant d’aller encore plus loin dans la remise à plat de notre système de protection sociale que Patrick Martin, président du MEDEF, estime « à bout de souffle ».

Pour riposter à cette offensive idéologique, ce numéro revient plus en détail sur les moyens de désintoxiquer les entreprises de la finance et de l’obsession de la baisse du « coût du travail », de les emmener sur le chemin d’une nouvelle efficacité sociale et écologique, et de créer ainsi plus d’emplois qualifiés, donc plus de richesses, base saine pour prélever les cotisations dont notre système de protection sociale a besoin.

Une gigantesque mobilisation du mouvement social est indispensable pour freiner, 80 ans après sa création, cette énième attaque de notre système de protection sociale. Nous savons bien que la privation de recettes de la Sécurité sociale est le cœur du problème et non ses dépenses, que son mode de financement par les cotisations sociales issues des richesses produites par le travail représente cette formidable avancée sociale voulue en 1945. Alors, plus que jamais, expliquons cela, défendons cette magnifique conquête et avançons nos propositions pour de nouvelles avancées permettant à chacune et à chacun, tout au long de la vie, de développer pleinement toutes ses capacités !

 

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