Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 05:42
Retraites : même la Cour des comptes alerte sur les dangers d’un recul de l’âge légal

Dans sa dernière publication, la Cour des comptes juge sévèrement les effets néfastes des réformes des retraites précédentes, apportant ainsi de l’eau au moulin des opposants à un nouveau recul de l’âge légal.

Cyprien Boganda, L'Humanité, 11 avril 2025

Le recul de l’âge de départ en retraite nuit aux plus vulnérables, et ce n’est pas une officine gauchiste qui l’affirme, mais la très libérale Cour des comptes, dans son dernier rapport. Les auteurs y examinent les effets sur l’emploi des précédents reculs de l’âge légal. À l’arrivée, il n’y a pas de « scoop » particulier, mais une confirmation (bienvenue) de ce qu’ont démontré de nombreux chercheurs au cours des années précédentes.

Durant la décennie 2010, sous l’effet notamment de la réforme sarkozyste de 2010 (passage de 60 à 62 ans), l’âge moyen de départ à la retraite a augmenté de 2,1 années, explique la Cour. « Un moyen d’étudier l’impact de ce recul sur les parcours professionnels est de regarder s’il a correspondu à un allongement du temps dans l’emploi, au chômage ou en invalidité pour les personnes concernées, poursuivent les auteurs. En moyenne, dans l’ensemble de la population, ce recul s’est accompagné d’un allongement d’1 an et 7 mois du temps passé en emploi. Ce constat masque cependant des disparités importantes entre catégories socio-professionnelles. »

Les ouvriers les plus impactés

En effet, il n’y a rien de mécanique à ce qu’un recul de l’âge légal augmente la durée d’activité de l’ensemble de la population : il est tout à fait possible que certains travailleurs n’aient pas les moyens de continuer à travailler plus longtemps, pour des raisons de santé ou d’éloignement de l’emploi. Ils basculent alors dans un sas de précarité en attendant de pouvoir prendre leur retraite. Les instituts de statistiques les classent dans la catégorie des « NER » (pour Ni en Emploi ni en Retraites). Selon l’Insee, 16 % des 55-69 ans étaient concernés en 2021, contre 14 % en 2014.

La Cour des comptes note que « le recul de l’âge de la retraite s’est traduit pour les ouvriers qualifiés par une augmentation du temps en invalidité (+ 0,3 année) et du temps ni en emploi ni en retraite (+ 0,5 année). De même, les ouvriers non qualifiés ont passé un quart du temps supplémentaire avant de partir à la retraite en invalidité (0,5 année sur 2,0 années) ». Au total, pour les ouvriers qualifiés et non qualifiés, le recul de l’âge moyen de départ à la retraite ne s’est traduit qu’à 66 % par un allongement de la durée en emploi, contre plus de 85 % pour les professions intermédiaires et les cadres.

Sans surprise, la Cour confirme que les ouvriers et les employés sont surreprésentés parmi les NER : en 2021, 62 % des personnes ni en emploi ni en retraite appartiennent à ces catégories socio-professionnelles. En particulier, près de six ouvriers sur dix ni en emploi ni en retraite le sont pour une raison de santé ou un handicap, contre moins de trois sur dix parmi les cadres.

Les femmes plus tardivement à la retraite

Les auteurs n’oublient pas de rappeler que les femmes payent généralement un lourd tribut au recul de l’âge légal : après 55 ans, elles sont plus fréquemment « ni en emploi, ni en retraite ». En 2021, 22 % des femmes à l’âge de 55 ans sont concernées (contre 17 % des hommes) et 33 % à 61 ans (contre 22 % des hommes).

Et entre 62 et 69 ans, les femmes sont près de deux fois plus souvent « ni en emploi ni en retraite » que les hommes (11 % contre 6 %), « ce qui peut s’expliquer par des carrières plus souvent incomplètes pour les femmes, qui retardent l’atteinte du taux plein », souligne la Cour. Les femmes partent à la retraite en moyenne 8 mois après les hommes : 63 ans pour les premières et 62 ans et 4 mois pour les seconds.

Partager cet article
Repost0
12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 05:35
À Vénissieux, Fabien Roussel dénonce les « discours va-t-en guerre » (L'Humanité, Gaël de Santis, 9 avril 2025)

Devant plus de 400 personnes à Vénissieux, Fabien Roussel, secrétaire national du parti, a appelé à reconnaître l’État de Palestine, à « oser franchir le cap » de la sortie de l’Otan et à une issue négociée du conflit en Ukraine.

Vénissieux (Rhône), envoyé spécial.

Prendre le mal à la racine. « L’heure est à dépasser le système capitaliste qui crée la guerre et se nourrit de la guerre », lance à Vénissieux (Rhône) Michèle Picard, première oratrice du meeting pour la paix organisé par le PCF le 8 avril. Dans son discours, la maire communiste donne la tonalité de la rencontre, invitant à ne pas céder aux « discours des va-t-en guerre » et à promouvoir, comme le fait la ville qu’elle dirige, la culture de paix.

Cet accent anticapitaliste traverse toute la soirée. Le président du Parti du travail de Belgique (PTB), Raoul Hedebouw, est heureux : il a traversé un « boulevard Lénine » lors de sa visite de la ville pendant l’après-midi. Afin d’y voir clair dans le désordre du monde, il appelle à la pensée du révolutionnaire et à un « retour à une analyse de classe ». « D’où vient le danger de guerre aujourd’hui ? Ce sont les enjeux économiques de business. Cela n’a rien à voir avec les valeurs. Si les droits de l’homme entraient en compte, nous n’aurions pas 12 ou 13 paquets de sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie et zéro contre Israël ! » dénonce, sous les applaudissements, le député belge.

Alerter des dangers à venir

Poursuivant son analyse, il estime que les désordres du monde proviennent de ce que, « pour la première fois, une puissance du Sud, la Chine, est en train de dépasser les États-Unis d’Amérique. Que se passe-t-il dans un monde où une puissance capitaliste est dépassée ? C’est à ce moment-là que les dangers de guerre deviennent plus nombreux », comme en 1914 quand l’impérialisme allemand concurrençait ceux du Royaume-Uni et de la France.

Selon Raoul Hedebouw, « derrière les tarifs douaniers érigés par Donald Trump, on trouve la fragilité d’un impérialisme qui n’est plus capable de dominer le monde » : quand le capitalisme américain dominait les technologies, il était libre-échangiste afin d’inonder les marchés étrangers, maintenant qu’il ne les domine plus, il se referme.

 

Concluant le meeting, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, indique lui aussi faire de « l’analyse de classe » le fil conducteur de sa réflexion. Il y a danger : « L’industrie menacée, les services publics affaiblis, les libertés publiques attaquées, et même l’État de droit », énumère-t-il en référence aux attaques contre l’institution judiciaire après la condamnation de Marine Le Pen. « La démocratie est un bien précieux. » L’attaquer, « c’est l’emmener vers un monde plus dangereux ».

Face à l’attitude de Donald Trump, il invite à « investir en France » et prévient les entreprises qui céderaient aux injonctions américaines en délocalisant outre-Atlantique. « Qu’ils partent, mais sans les capitaux et l’outil de travail ! » s’exclame le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), qui dénonce « l’économie de guerre », une « économie de la mort qui va taper sur notre pouvoir d’achat, s’en prendre à notre modèle social ». Dans son viseur se trouve l’augmentation prévue du budget de la défense, qui passerait de 50 à 100 milliards d’euros.

« Le PCF sera toujours présent pour défendre la patrie (…), mais il ne saignera jamais les travailleurs pour financer des guerres qui ne nous concernent pas », clame l’ancien député, qui fait de « la paix un combat politique contre l’accumulation sans fin du capital ».

Recouvrer notre souveraineté

Le meeting est aussi l’occasion d’affirmer un programme. Pour recouvrer notre souveraineté, Fabien Roussel enjoint à oser « franchir le cap » de la sortie de l’Otan, « qui a fait de l’Europe entière un protectorat américain ». Surtout, il invite à une solution diplomatique en vue de mettre fin « à la guerre sanglante déclenchée par Poutine ».

Cela se fait, pour l’UE, par le biais d’une négociation avec le président russe d’« un accord respectueux du peuple ukrainien et de tous les peuples d’Europe », qui passe certainement par « une neutralité de l’Ukraine ». Affrontant la culture de guerre, il met en garde : « Affirmer que la Russie est une menace existentielle, comme le fait Macron, nous empêche de mener une politique diplomatique réaliste. »

Impossible de tenir un tel meeting sans évoquer le Proche-Orient. « Pour un Palestinien, la paix, c’est vivre dans la dignité, en paix sur sa terre et pas ailleurs », a lancé sous les applaudissements Yassar Ayoub, représentant de l’ambassade palestinienne, qui rappelle que le conflit n’a « pas commencé le 7 octobre ». Fabien Roussel, qui souhaite voir la France « se tenir à la hauteur de l’histoire » en reconnaissant l’État de Palestine, a annoncé que le 4 juin son parti lancerait une « grande campagne européenne de soutien au peuple palestinien » avec l’Organisation de libération de la Palestine.

Partager cet article
Repost0
12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 05:23
Pour le secrétaire général du mouvement jeunes communistes de France, Assan Lakehoul, l’enjeu est d'« amener les jeunes à une remise en question du capitalisme »

Le Mouvement jeunes communistes de France tient son 44e congrès ce week-end à Bobigny pour fixer ses objectifs. Travail, conquêtes sociales, lutte contre l’extrême droite, combat pour la paix, internationalisme… son secrétaire général, Assan Lakehoul, détaille le projet.

Margot Bonnery, L'Humanité - 10 avril 2025

Le 44e congrès du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) a pour titre « Une organisation proche, utile et révolutionnaire ». Quel est l’objectif ?

Assan Lakehoul

Secrétaire général du mouvement des jeunes communistes de France

Nous devons continuer à nous implanter localement pour parler à toutes les jeunesses, pas seulement aux convaincus. Il est donc nécessaire d’embrayer vers une nouvelle logique. Longtemps, nous avons bâti des « cathédrales » des jeunes communistes (JC). Elles sonnent fort, mais de très loin. Elles nous éloignent de la vie réelle des jeunes. Ce qu’il nous faut, ce sont des « maisons ouvrières de jeunesse », des structures de proximité pour permettre aux jeunes de militer, de discuter de l’actualité, de débattre et de changer leur vie.

À Rennes, par exemple, ce sont des lieux de révisions pour élèves et étudiants. À Paris, des tournois de basket et de ping-pong sont organisés. À Albi, de nombreux ciné-débats ont lieu. Avec simplicité et efficacité, nous devenons une organisation militante de référence.

Quelle est l’activité de la JC depuis le dernier congrès ?

Notre organisation ne cesse de se développer. Depuis le congrès de 2022, nous en sommes à la création de la 70e fédération. Le nombre d’adhérents a doublé. Nous militons activement à proximité d’établissements scolaires : lycées généraux et professionnels, campus, CFA, cités universitaires, IUT…

 

Face au danger de l’extrême droite, il ne faut pas se tétaniser ou s’enfermer entre militants. Au contraire, il faut s’ouvrir et discuter. L’extrême droite monte les uns contre les autres. Elle divise pour mieux régner en utilisant le racisme, la xénophobie, le populisme pour nous faire oublier que le problème est le patronat. C’est une vieille méthode du capitalisme.

Quelles sont les batailles à venir ?

Les JC vont lancer la grande campagne « 1 million d’emplois, pour sortir les jeunes de la précarité et révolutionner la France ». Elle vise à apporter des réponses concrètes localement. Nous partons de ce que vivent les jeunes pour les amener à une remise en question du capitalisme et de l’ubérisation qu’il porte. Pour cela, la jeunesse doit être mieux orientée et formée à des emplois utiles, qui ont du sens.

Le développement des formations professionnelles et des alternances qui débouchent sur des emplois est essentiel. Et la sélection avec Parcoursup doit prendre fin. Nous nous battons pour des emplois émancipateurs pour toutes et tous. Cette campagne est aussi féministe puisqu’il faut mettre fin à l’orientation genrée et aux logiques patriarcales. Il est nécessaire d’établir l’égalité salariale entre hommes et femmes et de mettre en place un vrai plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Vous luttez pour la paix dans le monde. Des échanges sont-ils prévus avec les jeunes communistes d’autres pays pour œuvrer à la fraternisation ?

Lors du congrès, nous aurons des discussions avec plusieurs délégations internationales de jeunes communistes : palestinienne, israélienne, suisse, belge, chypriote, portugaise, italienne, allemande, espagnole… Nous discuterons de notre analyse anti-impérialiste pour la paix et de comment mobiliser la jeunesse. Ce sera un moment riche. Une occasion d’échanger sur la reconnaissance de l’État palestinien, sur laquelle Emmanuel Macron pourrait avancer en juin. Nous souhaitons mettre les bouchées doubles en proposant des solutions politiques pour préserver la paix entre les peuples palestinien et israélien.

Quelle est la conception de la révolution pour le MJCF ?

La classe travailleuse doit reprendre le contrôle des entreprises, des services publics, mais aussi des institutions sociales et politiques. Et cela doit passer par de grandes mobilisations pour imposer au patronat des augmentations de salaire, l’égalité salariale, la création d’emplois, et l’obtention de CDI pour les jeunes en emploi précaire… La révolution, c’est lorsque les travailleurs renversent les rapports sociaux et montrent qu’ils peuvent prendre le contrôle démocratique.

Ce congrès est aussi l’occasion de renforcer les liens du MJCF avec le PCF dans la construction du mouvement communiste. Pour faire la révolution, nous devons travailler ensemble. La jeunesse n’est pas une classe sociale : elle est un moment de la vie où nous partageons des expériences communes. Je suis convaincu qu’elle viendra au socialisme et à l’engagement révolutionnaire en prenant des voies différentes de celles de ses aînés.

Partager cet article
Repost0
9 avril 2025 3 09 /04 /avril /2025 06:38
Mobilisation générale pour l'Humanité, le journal de la Résistance intellectuelle, sociale et politique au fascisme et au néo-libéralisme

Abonnez-vous à l'Humanité!

'HUMA, UN JOURNAL INDISPENSABLE DANS UN CONTEXTE D'EXTRÊME DROITISATION DE LA SOCITÉ.
Pour la 1re fois depuis 2018, le journal l'Humanité progresse en termes d’abonnés.
Le cap de 40 000 dont 20 000 en numérique est dépassé et reste en progression constante.
Le travail idéologique et culturel mené par l'Huma dérange de plus en plus, preuve en est, les pressions, les procès, voire les violences contre les journalistes;
L'Huma subit des tentatives d’intimidation judiciaire de la part d’entreprises voire d’Etats lors de la divulgation de faits qui nuisent à leur image.
Un nouveau procès vient d'ailleurs d'être gagné contre un milliardaire saoudien qui faisait de l’esclavage moderne.
Cette bataille culturelle et idéologique c’est le propre d’un journal engagé, d’un journal communiste, d’un journal indépendant, qui n’est la propriété que de ses lecteurs et lectrices et du mouvement social.
Vous pouvez soutenir l'Huma en vous abonnant ici:👇
Partager cet article
Repost0
7 avril 2025 1 07 /04 /avril /2025 05:00

 

 

À force de courir après l’extrême droite, certains parlementaires finissent par lui ressembler. Depuis plusieurs semaines maintenant, les débats au Sénat tournent en boucle autour d’un seul sujet : l’immigration.

À croire que c’est la seule urgence du pays. Rien – ou si peu – sur le pouvoir d’achat, la santé publique, la crise du logement ou les suppressions de classes. Rien sur ces préoccupations qui hantent le quotidien de millions de Français.

Ce mardi, la majorité sénatoriale a voté pour étendre la comparution immédiate aux adolescents dès 15 ans, certains allant jusqu’à proposer de juger des enfants de 13 ans comme des adultes. Un concours d’outrance entre élus en campagne, qui confondent le Parlement avec un plateau de CNews.

Dans le même temps, 180 postes demeurent vacants à la Protection judiciaire de la jeunesse, qui alerte depuis des mois sur la carence de moyens dont elle dispose.

Ce populisme législatif ne cherche pas à résoudre des problèmes, il fabrique des coupables, agite les peurs, détourne l’attention. Pour flatter l’imaginaire d’un “ensauvagement” qui ne résiste pas aux faits : la délinquance des mineurs est en baisse. À ce rythme, ce ne sont bientôt plus les juges qui rendront la justice, mais les éditorialistes des chaînes d’info en continu. Ce qui explose, c’est la gravité de certains actes, immédiatement montés en épingle pour légitimer une réponse toujours plus répressive. Mais la gravité d’un fait divers ne doit pas dicter la loi.

Ce populisme législatif, nourri d’effets d’annonce et d’exagérations médiatiques, menace les principes mêmes sur lesquels repose la justice des mineurs depuis l’ordonnance de 1945. Il ne fait qu’aggraver une crise de sens, où l’on renonce à comprendre pour mieux condamner, où l’on prétend restaurer l’autorité en abîmant l’État de droit.

Du cynisme parlementaire pur jus qui permet de masquer l’urgence véritable : la justice sociale et le pouvoir d’achat.

 

Partager cet article
Repost0
6 avril 2025 7 06 /04 /avril /2025 09:17

 

 

La déferlante de haine anti-magistrats organisée par l’extrême droite dans les médias et les réseaux sociaux depuis l’annonce des condamnations prononcées à l’encontre l’ancienne présidente du Front national et de 23 autres co-prévenus ne surprendra que celles et ceux qui ont cru à l’opération de ripolinage, dite de « dédiabolisation », en œuvre depuis quelques années.

Les masques tombent. Sauf que…

Sauf que cette attaque, ces attaques, ces doutes sur la justice venant de plusieurs responsables politiques sont d’une violence inouïe.

Elle porte d’abord sur l’exécution immédiate d’une peine d’inéligibilité en occultant le reste pour ne pas dire le principal : les chefs de condamnation et les peines d’emprisonnement ferme et d’amendes prononcées à l’encontre de plusieurs dirigeants d’un parti qui a bâti son fonds de commerce sur sa prétendue intégrité qui était supposée le différencier des autres et qui n’a jamais cessé d’appeler de ses vœux une justice toujours plus répressive, notamment pour les élus convaincus de ce qui lui est reproché aujourd’hui…

Sauf que le résultat est que des juges se retrouvent aujourd’hui insultés, traînés dans la boue, menacés au point d’être placés sous protection policière et ce pour avoir exercé leur office.

Mesure-t-on bien ce que cela signifie et l’extrême gravité d’une telle situation ?

Les dirigeants du RN osent parler de tyrannie des juges… c’est-à-dire, selon le dictionnaire, de l’usurpation et de l’exercice du pouvoir par un tyran, d’un gouvernement absolu, oppressif et arbitraire.

Le mensonge, toujours le mensonge car enfin, et sans se prononcer sur le fond, l’exécution immédiate, ces condamnations sont-elles oui ou non, prévues par le Code pénal ? Ont-elles été créées par ces juges ou votées par le Parlement ? Ont-elles été prononcées de manière expéditive ou au terme de plusieurs années d’instruction de plusieurs semaines de débat et de délibéré ? Les droits de la défense ont-ils été violés ?

Il semble même que les intéressés vont pouvoir faire entendre leur cause en appel dès l’été 2026, donc avant l’échéance présidentielle, ce qui laissera perplexes les milliers de justiciables qui, en raison de la pénurie de moyens humains et matériels dont souffre l’institution judiciaire, doivent attendre deux ou trois ans avant de pouvoir être entendus en cour d’appel.

Dire que ce jugement est « politique » au seul motif qu’il concerne des politiques revient à exiger une justice à deux vitesses, une justice « sur mesure » pour le RN, et permet de mesurer l’imposture de sa fameuse « dédiabolisation ».

Jouer « le peuple » contre « les juges » revient à ignorer que ces derniers ont rendu, au nom du peuple français, une décision fondée sur des lois votées par les représentants du peuple français.

Il n’existe pas d’autre légitimité.

Depuis quelques jours, les micros sont généreusement tendus vers d’autoproclamées « victimes ».

Mais qui est aujourd’hui victime ?

Premières victimes de ces attaques, les juges, femmes et hommes aujourd’hui menacé.e.s par une haine attisée à longueur d’antenne et totalement débridée. Des femmes et des hommes qui méritent le respect l’hommage et la solidarité de tous les citoyens, notamment de ceux qui, élus au Parlement, votent ou ont voté les lois que ces juges ont appliquées.

Deuxième victime de cette campagne, l’État de droit. Celui qui a permis à la principale accusée de se défendre, à la différence de plusieurs opposants d’autres pays auxquels elle ose se comparer. Celui qui lui permet de faire appel et de voir sa cause à nouveau entendue. Celui qui permettra à son parti quelle que soit l’issue de la procédure, d’avoir une ou un candidat à l’élection présidentielle à venir.

À cet égard, lourde est la responsabilité des politiques qui volent à son secours en critiquant l’application d’une loi qu’ils ont le plus souvent eux-mêmes votée.

Se creuse ainsi, encore un peu plus, le fossé entre « la classe politique » et les autres citoyens pour lesquels on ne se pose pas ce genre de question quand ils ont à répondre de leurs actes en justice.

Cette décision devrait au contraire réjouir celles et ceux qui, au moins dans leur discours, défendent le principe d’une justice égale pour tous.

La troisième victime de cette campagne est l’ordre public, quand un parti politique en vient à tenir des discours séditieux en plein hémicycle en désignant les juges à la vindicte, organisant des manifestations contre une décision de justice, comme Donald Trump lors de la prise du Capitole.

Et ces gens viendraient ensuite exiger de l’ensemble des citoyens le respect des institutions ?
La quatrième victime enfin n’est rien moins que notre démocratie. En effet, quand jusqu’au sommet de l’État, un Premier Ministre se déclare « troublé » ou un Ministre de l’Intérieur se permet de qualifier une décision de justice « d’inacceptable », quand on envisage, sérieusement, de modifier la Loi pour la rendre plus compatible avec l’agenda électoral de telle ou tel, c’est la séparation des pouvoirs, pilier de la démocratie, qui est directement attaquée.

Le climat de tension ainsi créé dans le pays par le Rassemblement national et ses relais médiatiques appelle, de la part des forces républicaines sincères, un sursaut et une condamnation, politique celle-ci, sans appel.

L’histoire nous enseigne que les attaques contre le système judiciaire sont toujours une des premières étapes de l’instauration de régimes liberticides et tyranniques.

Il est temps, grand temps, par-delà les divergences ou oppositions, que les forces républicaines se ressaisissent et expriment leur soutien sans faille aux magistrats ainsi attaqués. La menace ne vient pas des juges mais de ceux qui les insultent et les menacent.

 

Partager cet article
Repost0
5 avril 2025 6 05 /04 /avril /2025 13:41
Fraternité! - Chronique de Philippe Rio, président de la coopérative des élu.e.s communistes et maire de Grigny, dans l'Humanité du 3 avril 2025
Partager cet article
Repost0
5 avril 2025 6 05 /04 /avril /2025 13:35
Interview de Stephane Peu, nouveau coprésident du groupe communiste Gauche Démocrate et Républicaine: "D'abord l'unité, ensuite l'unité, et enfin l'unité! " - L'Humanité, 4 avril 2025
Stéphane Peu, coprésident du groupe GDR : « D’abord l’unité, ensuite l’unité et encore l’unité »

Depuis cette semaine, le député communiste Stéphane Peu est coprésident du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), en remplacement d’André Chassaigne, avec Émeline K/Bidi. Il entend participer à la cohésion entre communistes, entre forces de gauche et entre tous les républicains face à l’extrême droite.

Gaël de Santis, 4 avril 2025 - L'Humanité

Au lendemain de sa première question au gouvernement, comme président de groupe, Stéphane Peu a reçu jeudi l’Humanité. Il se dit « frappé de la frilosité de la défense de l’autorité judiciaire par le premier ministre », François Bayrou, en réaction aux attaques à la suite de la condamnation à une peine d’inéligibilité de Marine Le Pen. « Nous voulons être aux côtés de l’autorité judiciaire pour lui dire notre soutien, mais aussi notre attachement à l’État de droit et à la séparation des pouvoirs », confie-t-il.

 

Vous succédez à André Chassaigne à la tête du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR)…  

Vous avez raison. On peut essayer de succéder à André Chassaigne, mais on ne le remplace pas.

Comment concevez-vous votre rôle ?

D’abord l’unité, ensuite l’unité et enfin l’unité. D’abord l’unité de notre groupe. Il est composé à parité de députés communistes ou apparentés et de députés ultramarins. Cela nécessite beaucoup d’écoute et la recherche permanente de convergences. Avec Émeline K/Bidi, la coprésidente, nous nous y emploierons.

Ensuite, l’unité de la gauche car la période est dangereuse, et quand la grêle menace il serait fou de faire le délicat. Enfin, l’unité des républicains. L’internationale réactionnaire se déploie dans notre pays au-delà des rangs de l’extrême droite. Elle mène une offensive contre les fondamentaux mêmes de notre République qui se définit comme démocratique et sociale. 

Que doit être l’apport des députés communistes ?

Nous nous singularisons par notre ancrage dans notre circonscription, notre proximité avec les citoyens, nos liens avec les mobilisations sociales. Cette relation au terrain, conjuguée avec l’apport de l’intellectuel collectif que représente le PCF, ses organisations, le journal l’Humanité et d’autres encore, fait notre force et notre originalité.

« Si nous étions d’accord sur tout, nous ne formerions qu’un seul parti »

Malheureusement, nous sommes affaiblis. En 2024, nous avons perdu un tiers des députés communistes, dont notre secrétaire national, Fabien Roussel, et des voix fortes et respectées comme celles de Pierre Dharréville, Jean-Marc Tellier et Sébastien Jumel.

De quelle manière les députés ultramarins irriguent-ils la vie du groupe GDR ? 

Les territoires ultramarins représentent des ouvertures dans l’espace géographique et dans le temps, dans l’histoire, qui conduisent à une réflexion globale sur le monde, une réflexion qui fait écho à la tradition internationaliste des communistes. Les questions de colonialité qui traversent le sud permettent une lecture du monde renouvelée qui irrigue les réflexions du groupe du fait de la présence des députés dits d’Outre-mer. De la même façon, les problématiques liées à l’urgence climatique, à la transition énergétique, à la gestion des ressources sont éclairées d’un jour particulier et riche par l’expérience des députés ultramarins. Faut-il rappeler que grâce à leur présence, les mers et les océans sont devenus des sujets de préoccupation constants ? En près de vingt ans de cheminement commun, nous avons bâti ensemble une solide culture commune sur nombre de ces sujets.  

Est-il possible d’obtenir des conquêtes d’ici à 2027 ?

L’absence de majorité absolue aurait pu conduire à une revalorisation du Parlement, mais c’était compter sans la volonté d’Emmanuel Macron de poursuivre sa feuille de route. Il n’a pas respecté le résultat des urnes de juillet 2024. Le Parlement, sous le régime de la Ve République, ne possède pas le pouvoir de l’en empêcher.

Dans ce cadre, nous pouvons contrer ses textes les plus régressifs, mais il est difficile de proposer des réformes structurelles. Tous les outils parlementaires, jusqu’aux plus sournois, sont utilisés pour nous en empêcher, mais ils n’entament pas notre volonté d’obtenir des évolutions législatives, si minimes soient-elles, pour améliorer la vie de nos citoyens.

Dans notre journée d’initiative parlementaire du 5 juin, nous ferons tout pour que d’une manière ou d’une autre l’Assemblée puisse enfin se prononcer par un vote sur la réforme Borne sur les retraites. 

Les débats sont parfois tendus à gauche, avec des divisions, des polémiques. Que faire du Nouveau Front populaire (NFP) ?

Nous sommes des formations politiques différentes. Si nous étions d’accord sur tout, nous ne formerions qu’un seul parti. Le débat est donc inhérent à notre diversité. Il se doit d’être exigeant entre nous, respectueux, et surtout à la hauteur des attentes du pays. Il y a une forte aspiration à l’unité, surtout dans cette période où l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Nous devons garder cela à l’esprit.

Le NFP est donc un cadre qu’il faut préserver. Notre groupe, GDR, peut être un trait d’union dans le prolongement de l’accord de juillet autour de la candidature d’André Chassaigne à la présidence de l’Assemblée. Nous pouvons faciliter le dialogue.  Le NFP reste aussi une espérance qu’il faut consolider. Concernant les échéances électorales à venir, le NFP est un point d’appui. Il faut essayer d’en faire une marche pour aller plus haut et non casser les barreaux de l’échelle, sous peine de dégringoler encore davantage. 

Comment lutter contre l’extrême droite et ses idées ?

Cela passe en premier lieu par une analyse juste de la montée de cette idéologie délétère. Elle prospère en partie sur la colère et sur un sentiment de déclassement, mais son moteur central est commun : le racisme et le rejet de l’autre. L’étranger est tenu pour responsable de tous les maux.

Il faut rester fermes sur nos fondamentaux. Cela demande du courage et d’affirmer notre solidarité sans faille envers nos frères et sœurs immigrés, nos frères en humanité. Regardons l’exemple en Allemagne de Die Linke, qui a refusé de céder à la facilité et de modifier son positionnement sur l’immigration quand Sahra Wagenknecht a choisi de lancer un mouvement de gauche anti-immigration. La remontée spectaculaire de Die Linke, qui a presque doublé son score aux élections fédérales de 2025 par rapport à 2021, est en partie liée à ce choix courageux. 

Comment la gauche peut-elle s’imposer dans le débat public ? 

Nous devons produire plus, travailler plus, nous ouvrir davantage aux milieux intellectuels et culturels. C’est valable pour les groupes à l’Assemblée nationale et pour les organisations politiques. La dichotomie me frappe entre le débat au sein des organisations politiques et celui qui traverse la société grâce aux associations, syndicats, aux initiatives multiples de l’économie sociale et solidaire, aux actions de solidarité, de défense des droits. De nombreuses mobilisations impliquent des franges nouvelles de la société, la jeunesse. Les sujets de préoccupations des Français sont celles des services publics, du pouvoir d’achat, de la justice sociale, de l’égalité. Sur ces sujets, il y a parfois une expression paresseuse des forces politiques. Il existe beaucoup de capacités de résistance dans la société française à la vague réactionnaire, qui se manifestent mais qui se déclarent pour l’essentiel sans débouché politique. La responsabilité de la gauche est d’offrir un débouché politique à ces manifestations qui ne font pas que résister : elles offrent des perspectives nouvelles. 

Partager cet article
Repost0
5 avril 2025 6 05 /04 /avril /2025 13:32
HARO SUR LA JUSTICE, L'ÉTAT DE DROIT EN DANGER - bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin. L'Humanité, 4 avril 2025
HARO SUR LA JUSTICE, L'ÉTAT DE DROIT EN DANGER
 
[bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin]
 
«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots», disait Jean Jaurès. Depuis la sévère condamnation de Fifille-la-voilà, vous la voyez monter, monter, plus que jamais, la petite musique antijuges, folle machine médiatico-politique lancée à plein régime – sans savoir très bien où elle s’arrêtera. On entend parler de «système», d’«oligarchie», de «juges rouges». Bardella-le-voilà (sur CNews bien sûr) a même évoqué des «juges tyrans», une «décision partisane, brutale, injuste et antidémocratique», non sans appeler à une «mobilisation populaire» puisque «la démocratie française» serait ainsi «exécutée». N’en jetez plus ! Un tourbillon de paroles dépourvues de sens, dont le seul but consiste à noyer la vérité des faits et du réquisitoire des juges dans un océan de déclarations scabreuses. Cette logorrhée qui s’abat sur la justice n’arrive évidemment pas dans un ciel dégagé, diffusant un discours nauséeux néo-trumpien à la sauce Rassemblement national. Ce n’est plus un bruit de fond, mais les grandes orgues d’une visée autoritaire qui s’impose dans nos démocraties et mine notre République.
Jugement exceptionnel dans une affaire exceptionnelle, à l’égard d’une justiciable exceptionnelle : telle est la réalité, qu’elle plaise ou non. D’ailleurs, tout était réuni pour que le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris dans cette affaire de détournement de fonds publics, pour laquelle la cheffe du RN joua un rôle de donneuse d’ordres, fasse figure d’exception. Pas une «justiciable comme les autres», Fifille-la-voilà ? Certes, tout le monde ne concourt pas à l’élection présidentielle, en se qualifiant deux fois au second tour, en étant actuellement placé en tête des sondages de la prochaine échéance. Et pourtant : cette condamnation relève de la plus stricte application du droit commun (justement), sans aucun déni de démocratie ni «gouvernement des juges». On pourrait rigoler et se moquer de l’ire de ceux qui se présentent en défenseurs acharnés d’une justice intraitable, sauf lorsqu’elle s’applique à eux. Mais l’heure n’est pas à la plaisanterie. En jetant en pâture une justice supposément «politique», en exposant à la vindicte le nom et le visage de la magistrate Bénédicte de Perthuis – dont le domicile a été placé sous protection policière –, le RN, ses caciques, une partie de ses militants et de ses relais médiatiques opposent volontairement la justice à la démocratie.
Attention danger. Qu’est-ce qu’une justice populaire, sinon celle rendue au nom du peuple, dans le cadre des lois votées par la représentation nationale ? Cette semaine, Jean-Philippe Derosier, professeur de droit public, expliquait : «En soutenant qu’il reviendrait au peuple, et au seul peuple, de décider du sort de la cheffe du RN, on argumente en faveur d’une justice populaire, partiale et partisane. Serait-ce au peuple de juger tous les prévenus ? Serait-ce au peuple de décider si Untel est un violeur, si Untel est un meurtrier ou si Untel doit être acquitté ?» Bref, sommes-nous toujours désireux d’une justice indépendante, objective et impartiale, l’inverse d’un «gouvernement des juges» voire, pire encore, d’un «gouvernement sans juge» ? Soyons réalistes. Alors que les extrêmes droites au pouvoir harcèlent ouvertement la justice, comme en Hongrie et en Italie, que Donald Trump livre une guerre sans merci aux juges américains, et qu’en Israël Benyamin Netanyahou cherche à destituer la plus haute représentante du parquet, la contestation de la justice prend partout de l’ampleur. Ne haussons pas les épaules, en nous disant que ces attaques ne se distinguent guère de celles que subissent les autres institutions. Ce serait méconnaître le rôle de vigie qu’exerce notre ordre judiciaire. Contester le bien-fondé du travail des juges au nom de la souveraineté populaire consiste à saper la séparation des pouvoirs, l’un des piliers de notre démocratie. À terme, prétendre que l’élection prime sur toute autre légitimité, ne serait-ce pas favoriser la loi du plus fort – en se débarrassant des gardiens de l’État de droit ?
///
 
bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin, publié dans l'Humanité du 4 avril 2025.
Partager cet article
Repost0
5 avril 2025 6 05 /04 /avril /2025 13:30
L'extrême-droite, réacteur du racisme - éditorial de Fabien Gay à l'Humanité du 5 avril 2025
[Éditorial] L’extrême droite, réacteur du racisme
Qu’est-ce qu’être français ? » : voilà à quoi le premier ministre veut répondre en lançant une convention citoyenne déconcentrée. Dans le contexte actuel, on sent bien que la parole populaire pourrait être instrumentalisée, pour ne retenir que les « bonnes » propositions, celles allant dans le sens de l’exécutif et de l’extrême droite. La semaine dernière, le rassemblement « Pour la République, la France contre l’islamisme », en présence de plusieurs ministres, se faisait le relais des discours de division, jetant la suspicion sur nos compatriotes issus de l’immigration. Le mal est plus profond : du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale sous Sarkozy à la loi immigration de Darmanin, ou, plus récemment, de la remise en cause du droit du sol à la volonté d’interdire le voile dans le sport ou bien encore les attaques incessantes contre l’Algérie, il y a une démarche de distinction entre Français selon leurs origines, entre citoyens vivant en France.
Les thèses séparatistes d’extrême droite sont validées et au centre des débats politico-médiatiques, portées par des groupes médiatiques puissants et relayées par des algorithmes contrôlés par les patrons de la tech. Les forces du capital ont choisi leur camp et l’extrême droite plane comme un vautour, pour se saisir du pouvoir. L’inversion des valeurs et la réécriture d’un récit national à force de désinformation et de théories fumeuses sont au coeur de ce processus infernal. Le summum étant que Bardella et Maréchal-Le Pen aient été invités par le gouvernement israélien à la « conférence internationale de lutte contre l’antisémitisme », scellant l’alliance des extrêmes droites du monde entier sous parrainage trumpiste. Cette haine suprême des musulmans réconcilie les irréconciliables dans un projet de choc des civilisations.
Personne ne peut croire décemment que le RN, descendant des collaborationnistes, de ceux qui participent à des bals néonazis à Vienne, soit soudain devenu les « meilleurs défenseurs des juifs ». C’est même un contresens idéologique et historique abject qui relève de l’imposture absolue. La lutte contre l’antisémitisme est honteusement dévoyée et est instrumentalisée à des fins nauséabondes, renvoyant les six millions de juifs exterminés par la barbarie nazie à un « détail de l’histoire ».
Le racisme et l’antisémitisme sont deux maux qui nourrissent l’intolérance et la peur de l’autre, terreau de la haine et de la xénophobie. Il faut en finir avec les préjugés, le fantasme d’un grand remplacement qui ferait peser une menace civilisationnelle sur une pseudo-homogénéité ethnique de la nation française. La France n’a jamais été une nation ethnique, mais bien politique. Les alertes de la Commission nationale consultative des droits humains (CNCDH) et du Défenseur des droits sur la résurgence des actes antisémites et des actes racistes doivent nous interpeller. Loin des mensonges répétés à longueur de temps, ces paroles et ces actes de haine sont largement le fait de personnes et de groupes se réclamant de l’extrême droite. Le lancement d’une campagne intersyndicale contre le racisme est à cet égard salutaire. Les communistes, les progressistes ne peuvent laisser ce combat être récupéré par des porteurs de haine, par les donneurs de médailles de « bon Français » par un parti tout juste condamné pour détournement de fonds publics.
La progression de l’extrême droite n’est pas un phénomène naturel mais l’évolution d’un capitalisme sauvage, affaiblissant tout ce qui fait société. Pour la combattre, c’est à un horizon de progrès qu’il faut travailler, basé sur une démarche populaire agissante, avec au coeur l’égalité des droits pour toutes et tous.
🖊️ Fabien Gay
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011