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À l'aube de ce mercredi 18 janvier, le député de la Knesset Ayman Odeh, président de la Joint List au parlement, a été très grièvement blessé par la police israélienne qui lui a tiré dessus – à la tête et dans le dos – alors qu'il tentait de s'opposer à la destruction du village bédouin Umm Al-Hiran. Un villageois, monsieur Yaqub Musa Abu Qi’an, a été également abattu au volant de sa voiture ; on relève plusieurs blessés et un soldat israélien a trouvé la mort dans des circonstances qui restent à élucider.
Depuis des années, le gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou mène une politique d'expulsions et de déportations des 100 000 Bédouins du Neguev d'une rare violence alors que les villageois vivent déjà dans le dénuement le plus total, sans eau ni électricité auquel l'Etat refuse de leur donner accès au prétexte que leurs villages seraient « illégaux ». Les députés du Hadash et du Parti communiste israélien soutiennent avec constance la lutte des Bédouins contre ces violences et cette politique discriminatoire et ségrégationniste qui s'inscrivent dans un plan d'apartheidisation d'Israël.
Les blessures du député Ayman Odeh tendent à prouver que la police israélienne a cherché à l'abattre alors qu'il leur tournait le dos. La police et l'armée israéliennes humilient, violentent, blessent, arrêtent sans mandat, tous les jours des dizaines de Palestiniens et Israéliens.
Elles tuent des personnes désarmées. En 2014, les forces de sécurité israéliennes tuaient le ministre palestinien Ziad Abou Ein lors d'un rassemblement, elles ont aujourd'hui tué un villageois sans défense, et attenté à la vie d'un député de la Knesset. Que faut-il de plus à l'Union européenne et à ses Etats membres, à commencer par la France, pour suspendre immédiatement tous les accords de coopération UE-Israël en vertu de la violation de l'article 2 sur le respect des droits humains ?
Le Parti communiste français tient à dénoncer l'action du gouvernement israélien dans le village d'Umm Al-Hiran et contre les Bédouins ; le PCF manifeste son plein soutien et son entière solidarité aux villageois attaqués aux premières heures du jour, au député Ayman Odeh et aux députés de son groupe, aux membres du Parti communiste israélien.
La France, par la voix du président et du ministre des Affaires étrangères doit s'élever contre les actes odieux commis par la police israélienne à Umm Al-Hiran et exiger du gouvernement Netanyahou de mettre un terme à l'occupation et la destruction des villages bédouins, à la colonisation des terres palestiniennes.
Au lendemain de la Conférence de Paris, le PCF urge le président et le gouvernement français à reconnaître sans plus tarder l'Etat palestinien pour signifier à l'extrême droite israélienne qu'il n'y a pas d'autre chemin que celui de la co-existence et de la paix.
Le 18 janvier 2017 - le PCF
Le bilan du nombre de civils tués au Yémen, où une coalition menée par l'Arabie saoudite mène depuis mars 2015 des frappes aériennes pour défendre le pouvoir en place face à une rébellion, a encore été réévalué ce lundi à la hausse par l'ONU.
Cette guerre dont l'Occident ne parle pas. Et pourtant, pas moins de 10.000 civils ont été tués au Yémen depuis le début de l'intervention d'une coalition menée par l'Arabie saoudite en mars 2015, a indiqué ce lundi 16 janvier un porte-parole de l'ONU. Les Nations unies ont ainsi revu à la hausse leur estimation du nombre de victimes civiles (7.000 auparavant).
La coalition menée par les Saoudiens soutient le président yéménite en place. Sa campagne de raids aériens a été lancée après la conquête par les Houthis - rebelles issus de l'importante minorité zaïdite concentrée dans le nord du pays -, alliés aux partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, de la capitale Sanaa, avançant vers le sud du Yémen.
Le médiateur des Nations unies pour le Yémen s'est rendu lundi à Aden pour s'entretenir avec le président Abd Rabbo Mansour Hadi. La mission d'Ismail Ould Cheikh Ahmed était "d'essayer de présenter les dernières propositions en date pour la paix", a expliqué Farhan Haq, porte-parole de l'ONU. Sa rencontre avait vocation en particulier à obtenir une trêve dans les combats.
L'accroissement du nombre de victimes "souligne le besoin de trouver une solution à la situation au Yémen sans plus attendre", a ajouté Farhan Haq, déplorant "un coût humanitaire énorme". L'envoyé de l'ONU espère raviver le processus de paix dans le pays après le rejet par le président Hadi de la feuille de route qu'il avait proposée. Il doit rendre compte de sa mission devant le Conseil de sécurité plus tard ce mois-ci.
Cette feuille de route prévoit un nouveau gouvernement d'union et un retrait des rebelles de la capitale et d'autres villes. Et aussi une réduction importante des pouvoirs présidentiels au profit d'un vice-président chargé de superviser la formation d'un gouvernement provisoire pour diriger le pays dans l'attente d'élections.
Après avoir dépénalisé les violences conjugales en 2016, le parlement russe (la douma) continue sur sa lancée en dépénalisant toutes les violences familiales, y compris celles qui touchent les enfants. Leurs auteurs risquent désormais une simple amende au lieu d'une peine de prison : ils ne commettent plus un crime, mais une simple infraction. Yelena Muzulina, l'initiatrice ultra-conservatrice de ce projet de loi, qui s'était déjà illustrée en durcissant l'arsenal législatif contre la « propagande homosexuelle », argue en effet que la loi doit protéger les traditions familiales et l'autorité du chef de famille.
À l'heure où toutes les femmes du monde aspirent à briser les liens dans lesquels on les a enfermées pendant des siècles, à l'heure où elles prennent leur destinée en main, choisissent leur avenir professionnel et familial et secouent le joug insupportable que certains aimeraient voir durer, des forces ecclésiastiques et réactionnaires sont prises de panique. Elles contre-attaquent brutalement partout où elles le peuvent : en Espagne, en Pologne, en Irlande, aux États-Unis… En France même, elles ont trouvé dans les candidatures de Marine Le Pen et de François Fillon les porte-paroles adéquats pour renvoyer les femmes au foyer.
Un siècle après la Révolution d'Octobre qui, la première, avait conquis le droit à l'avortement, l'accès des femmes à toutes les responsabilités et toutes les carrières professionnelles, ou encore la sanction des abus familiaux, toute notre solidarité va aux femmes et aux féministes russes.
Sachons nous mobiliser à leurs côtés pour faire échec à ces mesures rétrogrades qui déshonorent celles et ceux qui les votent.
Commission nationale du PCF, Droits des femmes et Féminisme
Selahattin Demirtas (au centre), lors d’un meeting à Istanbul, le 4 septembre, contre l’intervention turque en Syrie
Accusé d'appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Selahattin Demirtas, coprésident du principal parti prokurde HDP, est menacé d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à 142 ans par le parquet turc. Son homologue, Figen Yüksekdag risque quant à elle une peine d'emprisonnement requise de 83 ans.
Le parquet turc a requis mardi jusqu'à 142 ans de prison contre Selahattin Demirtas, coprésident du principal parti prokurde HDP, accusé d'appartenir au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement interdit, ont rapporté les médias locaux à l’AFP, ce mardi 17 janvier 2017.
Le parquet de Diyarbakir (sud-est) a en outre requis jusqu'à 83 ans d'emprisonnement pour Mme Figen Yüksekdag, qui copréside avec Selahattim Demirtas le Parti démocratique des peuples (HDP), selon l'agence progouvernementale Anadolu.
Ils avaient été arrêtés en novembre avec une dizaine d'autres députés du parti dont l'immunité avait été levée.
Ils sont accusés d'appartenir ou de soutenir le PKK, qui mène depuis trois décennies une lutte armée pour demander plus de droits et d'autonomie pour les Kurdes. L'organisation reste classée "terroriste" par la Turquie, mais aussi par les Etats-Unis et l'Union européenne.
Le HDP a toujours nié farouchement être une vitrine politique pour le PKK. Selahattin Demirtas affirme être puni pour s'être opposé au projet de présidentialisation du système voulu par Recep Tayyip Erdogan.
Les violences entre le PKK et Ankara ont repris à l'été 2015 après l'effondrement d'un fragile cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.
Jalazone: avec l'association d'aide à domicile pour les personnes âgées et des personnes âgées aidées pour les repas et les médicaments
Jalazone, présentation des activités de l'association venant en soutien aux personnes handicapées du camp
Huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, une situation "indécente" qui "exacerbe les inégalités", dénonce l'ONG britannique Oxfam dans un rapport publié en amont du World Economic Forum (WEF) qui s'ouvre mardi à Davos.
"Il est indécent que tant de richesses soit concentrée dans les mains d'une si infime minorité, quand on sait qu'une personne sur dix dans le monde vit avec moins de 2 dollars par jour", affirme la porte-parole d'Oxfam France Manon Aubry, citée dans le communiqué.
Ce rapport, intitulé "Une économie au service des 99%", dévoile "comment les grandes entreprises et les individus les plus riches exacerbent les inégalités, en exploitant un système économique défaillant, en éludant l'impôt, en réduisant les salaires et en maximisant les revenus des actionnaires".
Selon l'ONG, à ce rythme, le premier "super-milliardaire" du monde "pourrait voir son patrimoine dépasser le millier de milliards de dollars dans 25 ans à peine". Pour dépenser cette somme, il faudrait "débourser un million de dollars par jour pendant 2.738 ans", souligne-t-elle.
Oxfam, qui a pris l'habitude d'attirer l'attention sur les inégalités croissantes à l'occasion du WEF, qui se tiendra jusqu'à samedi à Davos, dénonce "la pression qui s'exerce sur les salaires partout dans le monde", ainsi que les allègements fiscaux dont bénéficient les entreprises ou encore le recours aux paradis fiscaux.
"Les entreprises optimisent leurs bénéfices, notamment en allégeant le plus possible leur charge fiscale, privant ainsi les Etats des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire les inégalités", souligne le rapport.
L'ONG, qui s'appuie sur de "nouvelles données plus précises sur la répartition de la richesse dans le monde", appelle les gouvernements à réagir et à se tourner vers une économie plus centrée sur l'humain.
"Quand les responsables politiques arrêteront d'être obsédés par le PIB et se focaliseront sur l'intérêt de l'ensemble de leurs citoyens, et non seulement d'une élite, un avenir meilleur sera possible pour toutes et tous", assure Mme Aubry.
La France n'échappe pas aux critiques d'Oxfam. Selon l'étude, 21 milliardaires possédaient autant que les 40% les plus pauvres de la population française en 2016.
L'an dernier, Oxfam avait déjà dénoncé que le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde avait dépassé en 2015 celui des 99% restants avec un an d'avance sur les prévisions.
17 janvier 1961, assassinat de Patrice Lumumba
Le leader du Mouvement national congolais (MNC) est tué dans des conditions mystérieuses au sud du Congo belge qui deviendra le Zaïre puis la République démocratique du Congo. Patrice Lumumba avait été nommé Premier ministre du Congo au moment de l'indépendance du pays en juin 1960. Il avait été évincé du gouvernement et livré au sécessionniste du Katanga Moïse Tshombé lorsque la guerre civile a éclaté (septembre 1960). Partisan d’un Congo indépendant et unitaire, il était jugé trop proche de l’URSS à qui il avait demandé de venir en aide à son pays. La décision de l'éliminer est attribuée au gouvernement belge et à la CIA. Son exécution fera de Patrice Lumumba le symbole de la lutte anticolonialiste africaine. Voici le texte de la lettre qu’il enverra à son épouse avant sa mort.
" Ma compagne chérie,
Je t’écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront, quand ils te parviendront et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie. Mais ce que nous voulions pour notre pays, son droit à une vie honorable, à une dignité sans tache, à une indépendance sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux – qui ont trouvé des soutiens directs et indirects, délibérés et non délibérés, parmi certains hauts fonctionnaires des Nations-Unies, cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu.
Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont contribué à déformer la vérité et à souiller notre indépendance. Que pourrai je dire d’autre ? Que mort, vivant, libre ou en prison sur ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte. C’est le Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur.
Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n’abandonneront la lutte que le jour où il n’y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux, comme il attend de chaque Congolais, d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres.
Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.
Vive le Congo ! Vive l’Afrique !"
Patrice Lumumba
http://www.france-palestine.org/Stopper-la-folie-Trump-reconnaitre-la-Palestine
La conférence de Paris pour la paix au Proche-Orient a marqué l’adhésion de la communauté internationale à la résolution 2334 du Conseil de sécurité.
La déclaration finale, qui n’a pas été signée par le Royaume-Uni, est cependant loin des ambitions affichées par la diplomatie française il y a deux ans, se bornant à évoquer des mesures incitatives sans proposition de calendrier de négociation. La question de « comment amener Israël à négocier sur la base du droit international » n’y figure pas et demeure sans réponse.
Il s’agit maintenant de tirer les conséquences du refus par Israël de tout cadre international pour la résolution de la question israélo-palestinienne, et de son intention constamment affichée de se mettre en-dehors du droit international et des résolutions de l’ONU. Il s’agit aussi de traduire dans les faits les références de la déclaration finale au droit international, ainsi que l’article 5 de la dernière résolution du Conseil de sécurité.
La France doit cesser toute activité économique avec les colonies israéliennes. Elle doit, sans tarder, et comme elle s’y était engagée au lancement de cette initiative, reconnaître l’État de Palestine dans ses frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale.
En marge de la conférence, le ministre des Affaires étrangères, amené à se prononcer sur le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, l’a qualifié de provocation lourde de conséquences. C’est là une mise en garde nécessaire et importante alors que l’équipe Trump semble avoir officieusement confirmé cette « intention » et que des représentants des colons les plus extrémistes sont invités à la cérémonie d’investiture du 20 janvier.
Mis à exécution, ce transfert violerait les résolutions du Conseil de sécurité sur la Palestine (dont les résolutions 478, 480 et 2334). Il s’agirait, pour l’État le plus puissant de la planète, d’une transgression majeure de la loi internationale et des obligations qui le lient.
Franchir cette ligne rouge pour complaire aux fanatiques de l’entourage Trump et du gouvernement israélien aurait des conséquences dont l’ampleur ne tardera pas à se faire jour et remettrait en cause fondamentalement la situation prévalant dans les territoires palestiniens occupés. Ce serait une provocation non seulement pour les Palestiniens, mais pour l’ensemble du monde musulman et un encouragement à tous ceux qui tentent de placer le conflit sur le terrain religieux.
La France, comme ses partenaires, doit tout mettre en œuvre pour s’opposer à cette mesure dénoncée comme provocatrice et annonciatrice du pire et rejeter fermement les mesures d’intimidation de la future administration américaine.
Le Bureau national
Demandez à des étudiants -y compris britanniques…- de vous citer une réalisation positive de l’Union européenne , ils vous répondent : « Erasmus ». Et pour cause ! Grâce à ce programme de mobilité étudiante lancé il y a exactement trente ans, en 1987, et qui s’est sensiblement étendu et diversifié depuis, quelque quatre millions de jeunes Européens -étudiants surtout, mais également, depuis peu, lycéens, apprentis, demandeurs d’emploi, doctorants et même enseignants- ont effectué dans un autre pays que le leur, qui un stage de quatre semaines, qui une formation professionnelle d’un semestre, qui une année universitaire complète dans un établissement d’enseignement supérieur.
Pour tous les jeunes concernés, l’intérêt d’une telle expérience est multiple .
Le premier est naturellement éducatif : l’acquisition de connaissances complémentaires dans un cadre scolaire ou universitaire ou encore un centre de formation nouveau par rapport à leur contexte national , constitue souvent un enrichissement qualitatif de leurs études ou de leur formation. Il s’y ajoute une valeur ajoutée sociale : un tel séjour a toutes les chances d’apporter à qui en bénéficie un atout bienvenu pour la recherche de son futur emploi. Mais c’est sans doute à l’épanouissement personnel d’un ou d’une jeune que cette immersion précoce dans une autre société que la sienne apporte le plus : les liens tissés avec des amis « étrangers »; la familiarisation avec d’autres cultures; l’initiation concrète à une forme de coopération internationale et de partenariat, sont autant de sources d’ouverture d’esprit propices à une approche sereine et constructive du monde interdépendant qui est aujourd’hui le nôtre. Pour toutes ces raisons, on ne peut que se réjouir de l’existence de cet acquis trentenaire de l’Union européenne, auquel participent à présent 33 pays d’Europe, et même 169 nations du monde pour les étudiants en master !
Raison de plus pour saisir l’occasion des commémorations de ce bel anniversaire pour tenter une évaluation équilibrée de cette réalisation. On vient d’en mesurer la portée positive; examinons-en à présent le plus sérieux manque à gagner. Nous nous en tiendrons ici à un seul grief car il est, de loin, le plus largement partagé, tant par d’anciens bénéficiaires de ces programmes que par certains des nombreux autres qui n’ont pas eu leur chance : le financement européen d’Erasmus est très loin de correspondre aux besoins !
Malgré une récente revalorisation du budget qui lui est consacré (qui atteint désormais environ 1,7% des dépenses totales de l’UE), le montant des bourses accordées (soit entre 150 et 300 euros par mois environ pour un étudiant ou une étudiante) n’a tout simplement rien à voir avec le coût réel d’un séjour dans la plupart des pays d’accueil ! Les bénéficiaires sont donc tributaires des aides complémentaires (de plus en plus aléatoires) versées par les collectivités territoriales dont ils dépendent, ainsi que de la contribution familiale quand c’est possible . Ces contraintes éliminent nombre de candidats : « En 2016, à peine 61% des demandes de financement de projets de mobilité et de partenariat, tous secteurs confondus, ont été satisfaites » ! (1) Et encore ne s’agit-il là que des demandes réellement déposées ! Mais combien sont-ils ou elles, en particulier parmi les apprentis, à connaître vraiment cette possibilité, à être pleinement rassurés sur les conditions de leur séjour à l’étranger ou à être épaulés auprès de leur employeur pour être en mesure de se porter sereinement candidat ? Et reste par dessus tout la question cruciale du financement ! La solution permettant de dépasser cette forme de discrimination est à rechercher du côté de l’idée d’une « allocation de mobilité adaptée aux réalités sociales » des jeunes, voire de celle de « la création d’un service public européen » destiné à aider les jeunes en question non seulement à s’installer dans le pays d’accueil, mais à bénéficier d’un accès au logement, aux soins médicaux et aux transports. (2)
Cela s’appelle la démocratisation .
——–
(1) Sandrine Doucet, députée au Parlement européen, auteure d’un rapport sur le sujet, citée dans « Le Monde » (6/1/2017)
(2) Voir « Progressistes » (avril-juin 2014) : Jérémy Roggy, alors responsable Erasmus au CN de l’UEC.
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