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25 juillet 2025 5 25 /07 /juillet /2025 05:05

 

Le gouvernement d’extrême droite israélien de Benjamin Netanyahou poursuit en toute impunité son entreprise génocidaire à Gaza.

Après les massacres de masse et la destruction des infrastructures de l’enclave palestinienne, menés avec les armes livrées par les États-Unis et certains pays européens, c’est une politique de famine qui est systématiquement organisée, avec l’imposition d’un blocus total.

Des civils, hommes, femmes et enfants, des nourrissons meurent aujourd’hui de faim sous le regard de la communauté internationale qui laisse faire. Plus de 90 % de la population de Gaza souffre d’insécurité alimentaire. 600 000 personnes, soit un tiers de la population, sont en situation de famine totale. Selon l’ONU, plus de 1000 Palestiniens ont été tués en cherchant de l’aide humanitaire auprès de la fausse ONG israélo-américaine. L’aide humanitaire est transformée en piège mortel, en massacre. L’AFP dénonce le fait que les derniers journalistes dans l’enclave meurent de faim.

Les appels à une action immédiate se multiplient, jusqu’au sein de l’État d’Israël. Gaza est un cimetière à ciel ouvert. Ce mouroir est organisé, planifié par le gouvernement israélien, avec le soutien des États-Unis. Ce n’est plus une crise humanitaire, c’est une crise d’humanité.

Jusqu’à quand les gouvernements occidentaux laisseront-ils faire ? Jusqu’à quand se contenteront-ils de réprouver pour la forme un crime contre l’humanité ? Jusqu’à quand l’Union européenne et ses gouvernements seront-ils imperméables à la honte et à tout sentiment d’humanité ? Ils doivent agir pour empêcher ce génocide !

Le PCF lance un appel solennel pour sauver le peuple palestinien.

Il relaie l’appel d’urgence de ses camarades du Parti du peuple palestinien en exigeant que le gouvernement français agisse urgemment et inconditionnellement pour :

– Un cessez-le-feu immédiat.

– La levée du blocus contre Gaza et l’ouverture des points de passage pour l’acheminement de l’aide humanitaire.

– Le retrait des forces d’occupation israéliennes de la bande de Gaza

– S’assurer que l’aide humanitaire soit acheminée et distribuée par les organismes internationaux, les agences de l’ONU et l’UNRWA et les organisations humanitaires internationalement reconnues.

– Appeler le Conseil de sécurité de l’ONU à assurer une protection du peuple palestinien dans les territoires occupés.

Il salue la très importante et très courageuse « marche de la farine » organisée ce 22 juillet, à Tel-Aviv, par le mouvement Standing Together qui appelle les citoyens et citoyennes d’Israël à refuser « l’annihilation de Gaza » et à ne plus laisser « l’horreur se poursuivre ».

Ne rien faire, c’est laisser faire. La France, en particulier, qui n’a toujours pas reconnu l’État de Palestine, ne peut d’un côté se prononcer pour la reconnaissance d’un État de Palestine et, de l’autre, se rendre complice d’un génocide, d’une barbarie organisée, dans le but de chasser les Palestiniens des territoires où ils vivent.

Toutes les pressions politiques, diplomatiques doivent être mises en œuvre pour un cessez-le-feu immédiat, permettant également la libération des otages. Des sanctions doivent être prises immédiatement contre le gouvernement israélien tant qu’il piétinera le plus élémentaire droit humanitaire. La France doit agir pour que l’accord d’association UE-Israël soit suspendu. Un embargo sur les armes doit être décrété. Le PCF salue, en ce sens, l’action des dockers qui, en France, en Europe et ailleurs dans le monde, s’opposent à l’embarquement d’armes à destination de l’État d’Israël.

Aux côtés de l’OLP, avec laquelle il a lancé une alliance internationale pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien, le PCF exige que la France reconnaisse immédiatement et sans conditions l’État de Palestine, sur la base des frontières de 1967 aux côtés de l’État d’Israël. Parce que sa voix porte bien au-delà de ses frontières, il lui appartient d’appeler tous les gouvernements attachés aux principes du droit international à faire de même afin d’arrêter l’entreprise criminelle du gouvernement Netanyahou.

Paris, le 23 juillet 2025

Parti communiste français.

 

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23 juillet 2025 3 23 /07 /juillet /2025 07:30

L’armée israélienne tue quotidiennement des dizaines de Palestiniens en les prenant pour cible. Parallèlement, Tel-Aviv empêche le volume d’aide nécessaire d’entrer dans le territoire. À Khan Younès, la famille Zarii tente de survivre au milieu des ruines.

Khan Younès (bande de Gaza), correspondance particulière.

Dans les ruines d’une maison détruite, de rares murs sont encore debout, sur lesquels quelques tissus tendus sont accrochés. Des pierres sont empilées tant bien que mal, maigre protection contre les éclats des missiles qui s’abattent régulièrement sur la zone. À l’intérieur, trois tentes usées, de toiles et de cuir fin.

C’est là, sur les décombres de leur ancienne maison de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, que vivent 16 membres de la famille Zarii. Ici, l’intimité n’existe plus et l’hygiène est réduite au strict minimum : un tonneau d’eau presque vide, quelques pots en guise de toilettes, une minuscule salle de bains. De petits abris de fortune qui ne les protègent pas de la chaleur de l’été et ne les ont pas aidés à lutter contre le froid de l’hiver.

La faim et la soif

Chaque jour, les Zarii, comme tant d’autres Gazaouis, bataillent contre la faim et la soif, cherchent inlassablement de la nourriture et de l’eau et vont même jusqu’à fouiller dans les poubelles. À la merci des bombardements de l’armée israélienne qui continue, à l’aveugle, de pilonner l’enclave palestinienne, les Zarii ont appris à se méfier de certains points de distribution alimentaire, où les tirs à balles réelles des soldats israéliens et des agents de sécurité tuent chaque jour des dizaines de déplacés gazaouis.

Souad Muhammad Zarii, 57 ans, en parait dix de plus. Assise sur un maigre matelas, la doyenne de la famille témoigne de la souffrance, de la peur et du deuil. Son mari, Mahammad Shawqi Zarii, de trois ans son aîné, est un homme taciturne, qui ne prononce jamais plus de quelques mots. Il raconte par bribes la douleur causée par la perte de son fils aîné, de deux de ses petits-enfants, et l’attente angoissante de nouvelles de son deuxième fils, porté disparu depuis plus de dix jours. « On ne sait pas s’il est mort ou s’il a été capturé par les soldats », murmure-t-il.

 

Ce matin-là, Souad Muhammad Zarii rassemble ses petits-enfants : Mohammed, 13 ans, Souad, 11 ans, et Anwar, 4 ans à peine. Elle donne à chacun une casserole en aluminium. Direction la réserve alimentaire, à 1 kilomètre. Les gamins se mettent en route vers 11 heures pour tenter d’arriver parmi les premiers. Il fait une chaleur accablante. Ils sont pieds nus. Leurs vêtements sont trop épais pour cette température, mais ce sont les seuls qui leur restent.

Sur le chemin, il leur faut éviter les gravats qui jonchent le sol, les obstacles en tous genres, et surtout rester groupés afin de ne pas se retrouver séparés par la foule agglutinée au point de distribution. Mohammed, Souad et la petite Anwar marcheront quarante-cinq minutes avant d’atteindre la Fondation caritative Rafah. Là, sur un terrain entouré de tôles en zinc vieillies et délabrées, sont alignées une quinzaine de grandes marmites d’une capacité de 50 kilos chacune. De quoi nourrir seulement 250 familles, quand plus de 500 attendent déjà leur tour.

La distribution de nourriture commence enfin, après trois heures d’attente. Certains se tiennent debout avec leurs propres faitouts, d’autres avec une boîte, d’autres encore avec une assiette. Mohammed, Souad et Anwar reçoivent une quantité de riz qui ne suffira pas à nourrir la moitié de la famille.

Éviter à tout prix la Gaza Humanitarian Fondation

De retour à Khan Younès, la grand-mère et sa belle-fille jettent dans le peu de riz deux conserves de petits pois et de haricots. Cuisiner est une épreuve supplémentaire. La marmite familiale mijote, posée sur un feu rudimentaire alimenté par des restes d’arbres coupés et de portes de bois défoncées que Hamed, un des fils de Souad Zarii, est allé ramasser un peu plus tôt dans la journée. La fumée épaisse, rendue nocive par les restes calcinés de peinture des vieilles portes, envahit les tentes et brûle les poumons des enfants.

Les adultes mangent peu. À la fin du repas, Anwar et la petite Waad, 2 ans, ont encore faim et se mettent à pleurer. La grand-mère tente de les réconforter en leur promettant des portions plus généreuses pour le dîner. En réalité, il ne reste même pas le quart de cette quantité pour le soir.

Souad Muhammad Zarii poursuit son récit. Elle raconte comment Mohamed, l’un de ses petits-fils, 20 ans, a été pris pour cible par l’armée israélienne un matin, alors qu’il cherchait de la nourriture. « Dès que nous avons entendu les bombardements dans la zone où nous savions qu’il se trouvait, son père, mon fils Fadi, est parti à sa recherche », se souvient-elle. « Fadi a retrouvé Mohammed blessé. Il a essayé de le transporter à l’hôpital, mais un obus israélien les a tués tous les deux. Ils sont morts, comme ça. Côte à côte. »

Désormais, poursuit-elle, « Nous devons, seuls, nous démener chaque jour pour trouver à manger et à boire ». Elle sait que le danger guette ceux qui s’aventurent dans les points de distribution et, depuis des semaines, la famille Zarii évite à tout prix ceux de la Gaza Humanitarian Fondation (GHF), créée par Israël et les États-Unis pour court-circuiter l’ONU.

Les agents de sécurité qui travaillent pour ce programme d’aide humanitaire sont accusés d’utiliser des armes à feu, du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes pour disperser la foule. Des dizaines de personnes – souvent très jeunes – ont été tuées en attendant des vivres.

Ce dimanche 20 juillet, la Défense civile de la bande de Gaza a affirmé que 57 Palestiniens avaient été tués et des dizaines blessés par des tirs israéliens près d’un point de distribution d’aide humanitaire, dans le nord du territoire palestinien. Pour éviter ces mouvements de foule meurtriers et les balles des services de sécurité privés, les Zarii, comme beaucoup, cherchent des alternatives. « Chaque jour, nous envoyons les enfants chercher une association caritative qui se trouverait à proximité. Nous avons peur de les voir partir, mais sans cela nous ne mangerions rien », déplore Souad Muhammad Zarii.

Un plan de nettoyage ethnique

Depuis plus de vingt mois, les Gazaouis survivent, de déplacement forcé en déplacement forcé. Avec l’aval de Washington qui entend faire de l’enclave palestinienne une « Riviera du Moyen-Orient », Tel-Aviv envisage le déplacement définitif de la population. Un plan de nettoyage ethnique que tous ici réprouvent catégoriquement. « Quoi que Donald Trump et Benyamin Netanyahou disent, nous resterons ici jusqu’à la fin. Nous ne quitterons pas notre terre. Que nous vivions chez nous, sous des tentes ou dans la rue ne change rien. Personne ne quittera Gaza », assène avec détermination Souad Muhammad Zarii, en entourant de son bras, comme pour la protéger, sa petite-fille Souad, qui porte le même prénom qu’elle.

« Avant la guerre, raconte la fillette de 12 ans, j’allais à l’école, je déjeunais avec mes amis, je jouais et le soir je dormais tranquillement… Tout cela n’existe plus. » Son père, Khaled, a disparu, sa mère, malade, ne peut plus se soigner et tous les matins, continue la petite fille, « Je me lève à l’aube pour aller chercher dans les poubelles du plastique et quelques objets que j’essaye de vendre aux gens qui en auraient besoin pour faire du feu ou construire un abri ». Son frère Mohamed, 13 ans, poursuit : « La guerre nous a privés de tout : école, jouets, nourriture et boissons. Il faut que ça se termine, que l’aide humanitaire nous parvienne enfin, que nous puissions retourner à l’école et manger de la viande. » Mohammed veut devenir médecin. « Pour pouvoir soigner ma mère », dit-il avec détermination.

Sous la tente voisine, le troisième fils de Souad Muhammad Zarii enrage. « J’ai tout perdu. Nous avons été déplacés cinq fois et les tirs se rapprochent. Nous allons devoir à nouveau partir. Mais il n’y a plus aucun endroit sûr », affirme Hamed Mohammed Zarii. À 27 ans, ce père de quatre enfants déplore les conditions dans lesquelles la famille survit depuis des mois. Deux de ses filles, âgées de moins de 5 ans, ont perdu l’audition à cause des bombardements. Alors qu’Israël fait traîner les négociations pour mieux poursuivre la guerre, Souad Muhammad Zarii, comme tous les habitants de la bande de Gaza, ne demande qu’une chose : « Un cessez-le-feu pour que nos enfants ne meurent plus. »

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22 juillet 2025 2 22 /07 /juillet /2025 06:30

Dans une déclaration commune publiée lundi 21 juillet, la France, le Royaume-Uni, le Canada et vingt-deux autres pays ont appelé à mettre fin « immédiatement » à « ce terrible conflit » dans la bande de Gaza. Ils dénoncent notamment les bombardements israéliens quotidiens aux abords des centres de distribution alimentaire. Une annonce qui tombe pile une semaine après que l’Union européenne a renoncé à prendre des sanctions contre Israël malgré de multiples violations des droits de l’homme reconnues par l’UE.

Après vingt-et-un mois de massacre, la France, le Royaume-Uni, le Canada et vingt-deux autres pays, ont, dans une déclaration commune publiée lundi 21 juillet, appelé à mettre fin « immédiatement » à « ce terrible conflit » dans la bande de Gaza bombardée quotidiennement par l’armée israélienne.

« Nous (…) nous rassemblons autour d’un message simple et urgent : la guerre à Gaza doit cesser immédiatement », écrivent les ministres des Affaires étrangères de ces pays, pour qui « la souffrance des civils à Gaza a atteint de nouveaux sommets ».

59 989 Palestiniens tués

Près de deux millions de Palestiniens assiégés par Israël sont au bord de la famine après plus de 21 mois d’offensive, déclenchée à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023. 59 989 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées par l’armée israélienne dans l’enclave palestinienne.

« Le modèle de distribution de l’aide mis en place par le gouvernement israélien est dangereux, alimente l’instabilité et prive les Gazaouis de leur dignité humaine », poursuivent les signataires en référence à la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par Washington et Israël.

La GHF a commencé ses opérations fin mai, après un blocus humanitaire total de plusieurs mois imposé au territoire palestinien par Israël. « Il est terrifiant que plus de 800 Palestiniens aient été tués alors qu’ils tentaient d’obtenir de l’aide », écrivent encore les ministres. La fondation privée et militarisée, à la main du gouvernement israélien, est la seule actuellement à pouvoir distribuer de l’aide humanitaire à Gaza. Mardi dernier, l’ONU a indiqué avoir recensé 875 personnes tuées en tentant de se procurer de la nourriture depuis fin mai, dont 674 « à proximité des sites de la GHF ».

« Le refus du gouvernement israélien de fournir une assistance humanitaire essentielle à la population civile est inacceptable », dénoncent les ministres. Les signataires appellent également à la libération des otages, « cruellement détenus » par le Hamas.

Ils déclarent « s’opposer fermement à toute initiative visant à modifier le territoire ou la démographie dans les territoires palestiniens occupés », appelant à l’arrêt de la colonisation menée par Israël dans ces territoires.

L’Union européenne fait marche arrière

Reste que, le 15 juillet dernier, l’Union Européenne a encore refusé de prendre des sanctions contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou pour le contraindre au respect du droit international. Fin juin, le service diplomatique de la Commission européenne a pourtant envoyé un rapport juridique de huit pages aux États membres, documentant les multiples cas de violations, d’abus et de crimes contre la population palestinienne. Le document souligne ainsi le non-respect par Israël de l’article 2 de l’accord d’association qui le lie à l’Union européenne en ce qui concerne les droits de l’homme.

« Nous sommes prêts à prendre de nouvelles mesures pour soutenir un cessez-le-feu immédiat et une voie politique vers la sécurité et la paix pour les Israéliens, les Palestiniens et toute la région », affirment, sans en dire plus, les pays signataires de la déclaration commune, pas exclusivement européens. Parmi eux figurent l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Islande, l’Italie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Pologne, le Portugal, la Slovénie, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Irlande, la Norvège. Ces trois derniers pays ont, pour leur part, chacun reconnu officiellement l’État de Palestine en mai 2024, dénonçant le massacre perpétré à Gaza.

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16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 05:00

 

Il est urgent de construire une alternative de paix

Le secrétaire général de l’OTAN, le Néerlandais Mark Rutte, désigné à cette fonction le 1eroctobre 2024 après avoir été pendant 14 ans Premier ministre des Pays-Bas, a donné la mesure de la flagornerie des Européens envers Donald Trump en disant de lui que « Daddy doit parfois hausser le ton ». Et c’est bien ce qu’ont fait les Etats-Unis en amont et lors du Sommet de l’OTAN qui s’est tenu à La Haye les 24 et 25 juin.

Sous la pression de Trump et des USA, les membres de l’OTAN ont décidé d’augmenter de manière colossale leurs dépenses militaires en les portant à 5 % du PIB d’ici 2035. Cet engagement comporte deux volets : d’une part, les Alliés s’engagent à porter d’ici 2035, à au moins 3,5 % la part du PIB consacrée chaque année au financement des besoins ayant trait à la défense proprement dite et à la réalisation des objectifs capacitaires de l’OTAN ; d’autre part, ils investiront jusqu’à 1,5 % du PIB dans la protection des infrastructures critiques et des réseaux et le renforcement de leur base industrielle de défense.

L’OTAN s’affirme plus clairement que jamais comme une alliance militaro-industrielle, une alliance agressive qui s’est mondialisée et accroît ses capacités à intervenir bien au-delà de l’espace euro-atlantique des origines afin de « contenir » ceux qu’elle désigne comme « les rivaux systémiques » de l’ordre capitaliste occidental, à savoir la Russie, mais aujourd’hui en tout premier lieu la Chine. Mark Rutte, toujours le même, fait plus qu’assumer ces décisions, il en félicite le président américain en lui adressant ce tweet que Trump s’est empressé de publier : « Vous allez réaliser quelque chose qu’AUCUN président américain n’était parvenu à faire durant des décennies. » Et Rutte d’affirmer : « L’Europe va payer un prix ENORME comme elle le devait, et ce sera votre victoire », en utilisant les majuscules à la manière de Trump dans ses propres messages.

Autant dire que « l’autonomie stratégique européenne » dont Emmanuel Macron se voulait le champion est totalement absente de la déclaration finale, alors qu’il est écrit en toutes lettres : « Nous réitérons notre engagement commun à développer rapidement la coopération entre les industries de défense de part et d’autre de l’Atlantique et à mettre les technologies émergentes et l’esprit d’innovation au service de notre sécurité collective ». « De part et d’autre de l’Atlantique », on sait qui fournira les armées européennes ! Et la France qui après les décisions de l’OTAN va voir ses dépenses militaires passer de 50 milliards à environ 130 milliards d’euros par an, n’a rien dit ! On ne peut que regretter que la France qui a su à une autre époque se faire entendre à l’OTAN, finisse désormais toujours par se ranger.

Seule l’Espagne a eu le courage de faire entendre une voix à contre-courant, s’exposant à des menaces de représailles commerciales de la part des États-Unis. Les autres pays européens, y compris ceux qui ont des gouvernements sociaux-libéraux comme le Royaume-Uni de Keir Starmer, se sont alignés sans mot dire. Dans les rangs du SPD en Allemagne, un manifeste réunissant d’anciens responsables et ministres fait grand bruit en s’opposant au cours belliciste et aux 5 % exigés par l’OTAN. Cela reste sans aucune influence sur la position du gouvernement fédéral de coalition CDU-SPD. Pour notables qu’elles soient, ces réactions restent bien trop timides pour inverser les choses au sein de l’OTAN. Il convient cependant de noter les nouvelles fractures que cela ouvre en Allemagne. Il n’en demeure pas moins que le sommet de La Haye a illustré la vassalisation accompagnée d’une forme d’humiliation des alliés européens de la part des USA.

Les militants politiques, syndicaux et pacifistes réunis le week-end précédent pour un contre-sommet et une manifestation dans les rues de La Haye sont bien conscients de la faiblesse actuelle du mouvement pacifiste européen et mondial. Aux côtés de représentants d’organisations politiques, des organisations de la société civile ont appelé à constituer un vaste mouvement de refus des augmentations des dépenses militaires et aux nécessaires mobilisations en Europe, à l’unisson du mouvement anti-guerre qui doit se développer sur toute la planète.

De nouveaux rendez-vous sont en préparation, au niveau européen et international, non seulement pour protester mais pour apporter des réponses et soumettre des alternatives à la guerre sans fin que nous promet l’OTAN. À nous de hausser le niveau en France pour dire non à l’OTAN, non aux guerres, non à l’économie de guerre et à la militarisation de la société. À nous de promouvoir le multilatéralisme, la coopération, la sécurité collective et la paix.

Alors que s’aggrave la militarisation de l’Europe, encouragée par une Union européenne soumise à l’OTAN, il est urgent d’organiser la sortie du commandement intégré de l’OTAN comme première étape vers la sortie et la dissolution de l’OTAN, au bénéfice d’une construction européenne de sécurité collective reprenant les principes de l’acte final de la déclaration d’Helsinki.

Alain Rouy,
secteur international du PCF

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3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 05:50
« Notre moyen de communication, c’est la fusillade » : quand les soldats israéliens témoignent de la guerre à Gaza - Pierre Barbancey, L'Humanité, 1er juillet 2025
« Notre moyen de communication, c’est la fusillade » : quand les soldats israéliens témoignent de la guerre à Gaza
 
Le quotidien Haaretz a publié des témoignages de soldats israéliens qui décrivent le comportement de l’armée près des zones de distribution de nourriture. L’un d’entre eux évoque le nombre de tués chaque jour dans la bande de Gaza.
 
Pierre Barbancey
 
Dans la bande de Gaza, l’horreur n’a plus de limites. Le quotidien israélien Haaretz vient de publier un très long article à partir de témoignages des réservistes qui se sont trouvés sur place en opération. « Des conversations avec des officiers et des soldats révèlent que les commandants ont ordonné aux troupes de tirer sur la foule pour la chasser ou la disperser, même s’il était clair qu’elle ne représentait aucune menace », écrit le journal.
Depuis la fin mai, une organisation américano-israélienne, la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), a été chargée par Tel-Aviv (qui considère l’ONU comme une entité ennemie) de gérer la distribution de nourriture aux Gazaouis.
Des distributions limitées – c’est au bon vouloir des Israéliens – dans quatre lieux (trois au sud et un au centre du territoire), qui n’ouvrent que pendant une heure, ce qui force les Palestiniens à se déplacer dans des zones contrôlées par l’ennemi avec des supplétifs locaux, collaborateurs connus pour être des voleurs, la milice Abou Shabab. Le danger est donc déjà important pour les populations civiles qui, en manque de nourriture, marchent vers ces centres alors que le jour n’est pas encore levé.
 
Des possibles crimes de guerre
« C’est un champ de bataille, a déclaré un soldat à Haaretz. Là où j’étais posté, entre une et cinq personnes étaient tuées chaque jour. Elles sont traitées comme des forces hostiles : pas de mesures de contrôle des foules, pas de gaz lacrymogènes ; juste des tirs à balles réelles avec tout ce qu’il est possible d’imaginer : mitrailleuses lourdes, lance-grenades, mortiers. Puis, une fois le centre ouvert, les tirs cessent et ils savent qu’ils peuvent approcher. Notre moyen de communication, c’est la fusillade. » Le soldat ajoute : « Nous ouvrons le feu tôt le matin si quelqu’un tente de rejoindre la ligne à quelques centaines de mètres, et parfois nous le chargeons à bout portant. Mais il n’y a aucun danger pour les forces. »
Il affirme ne pas avoir eu « connaissance d’un seul cas de riposte. Il n’y a ni ennemi ni arme ». Il a également précisé que l’opération menée dans sa zone de service est appelée opération « Poisson salé », du nom de la version israélienne du jeu pour enfants Feu rouge, feu vert. Bien évidemment, aucune image n’a été diffusée, l’armée se gardant bien d’offrir les preuves de ce que vivent ces soldats, et surtout de ce que subissent les Palestiniens.
 
À Gaza, la mort au bout de la file d’attente pour « l’aide humanitaire »
Parmi les témoignages recueillis, celui qui suit est particulièrement glaçant. « La nuit, nous ouvrons le feu pour signaler à la population qu’il s’agit d’une zone de combat et qu’il est interdit de s’en approcher », explique le militaire. « Une fois, les mortiers ont cessé de tirer et nous avons vu des gens commencer à s’approcher. Nous avons donc repris le feu pour leur signifier clairement qu’ils n’avaient pas le droit d’approcher. Finalement, un obus a touché un groupe de personnes. »
Comme si ce n’était pas suffisant, l’armée israélienne ajoute une touche de torture psychologique. « Plus tôt ce mois-ci, nous avons été informés qu’un message annonçant l’ouverture du centre dans l’après-midi avait été diffusé, et les gens se sont présentés tôt le matin pour être les premiers dans la file d’attente. Comme ils étaient arrivés trop tôt, la distribution a été annulée ce jour-là. »
Le général Yehuda Vach aurait ordonné plusieurs massacres
Selon Haaretz, un nom revient souvent, celui du général de brigade Yehuda Vach, commandant la division 252. Le quotidien avait déjà décrit la façon dont cet officier de haut rang avait transformé ce qu’on appelle le couloir de Netzarim (au centre de la bande) en une route mortelle et était soupçonné d’avoir ordonné la destruction d’un hôpital à Gaza sans autorisation.
La semaine dernière, des soldats de la division 252 « ont ouvert le feu à un carrefour où des civils attendaient des camions d’aide. Un commandant sur le terrain a donné l’ordre de tirer directement au centre du carrefour, causant la mort de huit civils, dont des adolescents. L’incident a été porté à l’attention du chef du commandement Sud, le général de division Yaniv Asor, mais jusqu’à présent, hormis une enquête préliminaire », aucune mesure n’a été prise.
Preuve de déshumanisation totale, un des réservistes, mobilisé une nouvelle fois dans le nord du territoire palestinien, estime que « Gaza n’intéresse plus personne. C’est devenu un endroit avec ses propres règles. La perte de vies humaines ne signifie rien. Ce n’est même pas un ”incident malheureux”, comme on disait autrefois ». Selon le ministère de la Santé de Gaza, 549 personnes ont été tuées près des centres d’aide et dans les zones où les habitants attendaient des camions de nourriture de l’ONU depuis le 27 mai. Plus de 4 000 personnes ont été blessées.
 
 
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3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 05:47
Vendredi 4 juillet - Rassemblement de solidarité avec la Palestine à Morlaix sur le parvis de la mairie à 17h suivie d'une conférence de Georges Papazoff avec l'AFPS sur Art et résistance au bar des deux rivières à 19h
À Morlaix, l’AFPS va faire du vendredi 4 juillet une journée solidaire avec la Palestine
Le 02 juillet 2025
L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) du Pays de Morlaix organise un rassemblement vendredi 4 juillet à 17 h à Morlaix.
L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) du Pays de Morlaix a décidé de faire du vendredi 4 juillet 2025 une journée de solidarité avec la Palestine. Pour cela, elle organise deux initiatives publiques : un rassemblement à 17 h, place des Otages, devant l’hôtel de ville, puis une conférence, à 19 h.
L’appel à se rassembler a été lancé, comme à l’accoutumée depuis plus de 20 mois, à tous les partenaires associatifs, syndicaux et politiques de l’AFPS. Le mot d’ordre : exiger un cessez-le-feu immédiat et définitif à Gaza et l’entrée sous contrôle de l’ONU d’une aide humanitaire massive. Pour l’AFPS, « il ne peut y avoir de trêve estivale dans la solidarité avec le peuple palestinien tant que le génocide se poursuit à Gaza et que la colonisation et l’occupation s’étendent en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est ».
Animée par l’artiste peintre Georges Papazoff, membre de la Réunion des musées nationaux, la conférence se déroulera quant à elle au bar des Deux Rivières, place de la Madeleine, toujours à Morlaix. Elle aura pour thème la puissance de l’art comme outil des résistances. La participation sera libre et reversée au bénéfice des activités de l’AFPS dans le camp de réfugiés de Jalazone, en Cisjordanie (réservation recommandée : deuxrivieresmorlaix@orange.fr ou au 02 98 62 85 12).
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3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 05:43
Mini-festival de la culture palestinienne à Saint-Rivoal du 11 au 14 juillet organisé avec l'AFPS Pays de Morlaix
Un super mini-festival de la culture palestinienne à Saint-Rivoal avec l'Afps de Morlaix. Courez-y du 11 au 14 juillet. Créer et passer les créateurs et les artistes pour résister (au désespoir, à la colonisation, l'oppression au génocide du peuple palestinien)!
Dans le cadre du 2ème chapitre de programmation de
La Baraque – Méharées
SIYALA, les villes invisibles (femmes, émancipation, conditions de vie)
installation en hommage aux tisseuses berbères de la coopérative de tisseuses Nakasha du bidonville de Salé (Maroc)
dim 6 juillet 15H
performance
musique/danse/lecture
tamazight et chleuh du Maroc
Avec Nour-Eddine Hartane et Ali Ouaamer (paroles), Alain Mahe (musique), Carole Paimpol et Emanuela Nelli (danse)
En soutien à la famille Benchihi après le tremblement de terre au Maroc qui a touché principalement la population berbère de l’Atlas
du 11 au 14 juillet
Culture Palestinienne
films, performances, rencontre
Ouverture le 11 juillet à 19H avec une performance
 
avec Kamal Hamadache (oud), Alain Mahe (multi instruments), Elias Nabaa, Nino Mahe-Nelli (lecture de poèmes en palestinien et breton) et Emanuela Nelli (danse)
 
et les œuvres du peintre-plasticien Jean-Yves Bizien
“Palestine 1948 des villages devenus pierres”
avec le soutien de l’AFPS de Morlaix
 
LES FILMS ET LES INTERVENANTS
 
BORDERLINE
Antoine Bonzon & Benoît Bizard I Documentaire I 2021 I 52mn I V.O. arabe & anglais I S.T. français
Borderline invite à une immersion musicale en Palestine. De Jérusalem à Ramallah, des collines de Cisjordanie à Gaza, différents quotidiens se dévoilent dans l’intimité de musiciennes et musiciens pratiquant rap, punk-rock, musique classique ou traditionnelle. Dans une Palestine fragmentée, sous occupation, Ivan, Ranim, Taleen, Abu Sofiane et Sari expriment par leur musique, un besoin inaliénable de liberté, espérant « qu’un jour quelqu’un entendra ».
En présence de Rachel Bizien, coproductrice
 
RYUICHI HIROKAWA, LA MÉMOIRE DE L’OUBLI
Ayed Nabaa I Documentaire I 2016 I 52mn I V.O. japonais, arabe, hébreu & anglais I S.T. français
Ce documentaire raconte l’histoire du photographe japonais Ryuichi Hirokawa, né en 1943. Durant sa jeunesse, inspiré par le philosophe juif Martin Buber, Hirokawa décide de partir expérimenter la vie dans les kibboutzim en Palestine. Le film met en lumière son arrivée au kibboutz de Dalia, suivie quelques mois plus tard par le déclenchement de la guerre des Six jours, en 1967. La guerre suscite de nombreuses interrogations chez Hirokawa, et notamment la présence de mystérieuses pierres blanches fracassées et dispersées près du kibboutz. Ce moment marque un tournant dans sa vie.
En présence d’Ayed Nabaa, réalisateur
 
PAS EN MON NOM
Daniel Kupferstein / France / français / VO / 2019 / 92min / Documentaire
Souvent, en France, lorsque les conflits reprennent au Proche-Orient, les personnes d’origine juive sont appelées à soutenir inconditionnellement l’Etat d’Israël. Pourtant, un certain nombre d’entre elles, comme moi, refusent de s’enfermer dans cette assignation communautaire, tout en craignant le développement de l’antisémitisme. C’est pourquoi, je suis allé à leur rencontre…
 
IT’S NOT A GUN
Héléna Cotinier & Pierre-Nicolas Durand I Documentaire I 2006 I 67min I V.O. français, arabe & anglais I S.T. français
Ramzi Aburedwan est Palestinien. En 1998, il vient en France pour étudier la musique. Quatre ans plus tard, il fonde l’association Al Kamandjati (le violoniste). Son but : créer des écoles de musique pour les enfants de son pays. Depuis 2003, chaque été, Ramzi invite des musiciens de divers horizons dans les territoires palestiniens. Ils sont plus de trente à s’être succédés pour donner des concerts et animer des ateliers pour les plus jeunes. De leur arrivée dans les rues de Ramallah en 2003 à l’inauguration de la première école en 2005, ces jeunes musiciens se confrontent à la réalité d’une région complexe. It’s Not a Gun raconte en musique les péripéties de ces jeunes et interroge leur rapport aux utopies.
En présence Ramzi Aburedwan
 
SUNBIRD
Ayed Nabaa I Documentaire I 2013 I 60mn I V.O. arabe, français, allemand & anglais I S.T. français
Ce documentaire retrace l’histoire d’un acte créatif de dissidence, d’espoir et de résistance pacifique. Khaled Jarrar, artiste palestinien, conçoit un visa et un timbre-poste de « l’État de Palestine » représentant un sunbird, oiseau symbole de liberté. S’il n’existe ni poste ni visa officiels palestiniens, il réussit à faire utiliser officiellement le timbre-poste dans plusieurs pays européens. Il a également tamponné des centaines de passeports dans le cadre d’un projet artistique. D’autres artistes arabes et internationaux l’ont imité, dont Jean-Yves Bizien, en Bretagne, pour réclamer la reconnaissance d’un État de Palestine, même s’il n’apparaît pas sur la carte du monde.
En présence d’Ayed Nabaa, réalisateur et de Jean-Yves Bizien, artiste peintre et créateur de timbres palestiniens
 
WARDI
Mats Grorud / France , Norvège, Suède / français arabe / VOSTF / 2018 / 74min / Animation
Beyrouth, Liban, aujourd’hui. Wardi, une jeune Palestinienne de onze ans, vit avec toute sa famille dans le camp de réfugiés où elle est née. Sidi, son arrière-grand-père adoré, fut l’un des premiers à s’y installer après avoir été chassé de son village en 1948. Le jour où Sidi lui confie la clé de son ancienne maison en Galilée, Wardi craint qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour. Mais comment chaque membre de la famille peut-il aider à sa façon la petite fille à renouer avec cet espoir ?
Les recettes en soutien aux cinéastes d’animation palestinien.nes
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30 juin 2025 1 30 /06 /juin /2025 05:10

 

Monsieur le Président de la République

Ce mercredi, lors du somet de l'OAN à La Haye, les pays membres se sot engagés à porter leurs ddépenses militaires à hauteur de 5% du PIB. Une telle orientation budgétaire représenterait, pour les seuls pays européens, plus de 850 milliards d'Euros par an, soit 2,5 fois le niveau actuel.

En France, cette norme se traduirait par une enveloppe annuelle de plus de 145 milliards d’euros.

En 2024, les États européens membres de l’OTAN ont dépensé trois fois plus que la Russie pour leur défense : 454 milliards de dollars contre 141.

L’Europe surpasse la Russie : quatre fois plus de navires, trois fois plus de chars, deux fois plus d’avions de chasse, plus de soldats. Ce surarmement ne se fonde donc pas sur une menace sécuritaire objective mais bien sur une stratégie idéologique et industrielle.

Présentée comme une condition de notre « indépendance stratégique » et la promesse d’une « Europe souveraine », cette décision engage en réalité les peuples européens dans une logique de surmilitarisation dictée par des intérêts extérieurs. Il ne s’agit pas d’un renforcement de souveraineté ou d’indépendance, mais de la perpétuation d’un capitalisme militarisé, où rivalités économiques et affrontements géopolitiques se nourrissent l’un l’autre.

Il nous semble que l’objectif du retour de la paix en Ukraine, de la défense de la souveraineté de ce pays agressé, ne peut se trouver dans la réaffirmation d’une logique de guerre.

Ce choix du surarmement dépasse largement le cadre du conflit ukrainien, il relève d’une conception du monde où seuls les rapports de force militaire compteraient.

Ce choix budgétaire démesuré aura un coût immense pour les citoyens : coupes drastiques dans les services publics, baisse des investissements sociaux, affaiblissement des politiques de solidarité. La société devra se plier à une logique de guerre sans débat démocratique ni contrôle parlementaire réel.

« L’unité stratégique » que vous invoquez, Monsieur le Président, apparaît aujourd’hui pour ce qu’elle est : un simulacre.

L’Europe, profondément divisée non seulement sur la conduite du conflit ukrainien l’est aussi sur la nature des rapports avec l’État israélien, ce qui permet la poursuite de la destruction de Gaza. Silencieuse face aux violations répétées du droit international au Moyen-Orient – qu’elles viennent d’Israël ou des États-Unis – l’Europe se trouve placée dans une posture de sujétion. Washington fixe la stratégie, commande la marche ; la France, désorientée, s’y aligne.

Ce renforcement de l’OTAN, loin d’assurer notre sécurité, autorise avant tout des profits colossaux pour l’industrie de l’armement américaine, pendant que les peuples européens subiront les conséquences économiques et sociales de cette fuite en avant.

Nous vous demandons solennellement, Monsieur le Président, de refuser cette vassalisation de notre pays, de vous opposer à la militarisation de notre société au service des visées impérialistes. L’industrie de défense, de plus en plus livrée aux logiques des marchés financiers, ne sert ni la souveraineté, ni l’emploi durable, ni l’innovation productive : elle entretient la précarité, la stagnation des salaires, et le sous-investissement dans les besoins réels de la population.

Dans la défense comme ailleurs, les restructurations improvisées et les
« coopérations européennes » sans garanties claires, n’apportent ni autonomie stratégique ni contrôle démocratique. Le recours à un indicateur budgétaire arbitraire, hérité des injonctions de Donald Trump, ne peut fonder une politique de défense sérieuse. Une stratégie militaire ne se construit pas autour d’un chiffre, mais à partir des besoins réels de nos armées et du devoir de protection du territoire national et de l’exercice de notre souveraineté.

Nous vous appelons, Monsieur le Président, à laisser la représentation nationale décider, en conscience, de l’effort de défense que la Nation peut consentir et non soumettre à notre pays des objectifs imposés sans débat, au mépris de notre souveraineté.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Cécile CUKIERMAN

Paris le 26 juin 2025

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29 juin 2025 7 29 /06 /juin /2025 11:50
L'urgence de la paix, de l'arrêt du génocide à Gaza et de la reconnaissance de l'Etat de Palestine - Motion votée au Conseil Municipal de Morlaix du 26 juin 2025
Le conseil municipal de Morlaix a voté ce jeudi 26 juin une motion importante pour l'urgence de la Paix et de la reconnaissance de l'état de Palestine, et pour une vraie action de la France pour faire cesser le génocide à Gaza, sanctionner la politique de Netanyahou, exprimant notre solidarité avec le peuple palestinien et notre choix d'une paix juste et durable entre les peuples israéliens et palestiniens dans le droit à l'existence des deux peuples.
Ismaël Dupont a porté cette motion présentée par l'ensemble de la majorité de gauche, et défendue par le maire Jean-Paul Vermot dans le débat qui a suivi.
A signaler aussi que Jean-Charles Pouliquen de l'opposition a voté pour cette motion: il y a eu 28 voix pour, 2 oppositions, 2 abstentions. 
Une grande satisfaction pour la ville de Morlaix de pouvoir ainsi porter cette solidarité avec la Palestine. 
 
POUR L’URGENCE DE LA PAIX ET DE LA RECONNAISSANCE DE L’ÉTAT DE PALESTINE
Le Conseil municipal de Morlaix, réuni ce jeudi 26 juin 2025,
Considérant les principes fondamentaux du droit international humanitaire,
Considérant la Déclaration universelle des droits de l’Homme
Considérant les résolutions des Nations Unies appelant à un cessez-le-feu immédiat, à la protection des civils, et à une solution politique juste et durable au conflit israélo-palestinien,
Considérant l’ordre rendu par la Cour Internationale de Justice appelant l’État d’Israël à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir un génocide à Gaza,
Considérant l’indignation mondiale croissante face aux bombardements massifs, au blocus total, à la destruction systématique des infrastructures civiles, à l'exécution de personnels soignants,
d'humanitaires, de journalistes, et aux dizaines de milliers de victimes parmi les populations civiles palestiniennes, dont une majorité de femmes et d’enfants,
Considérant les valeurs de fraternité, de paix, de justice et de solidarité qui fondent notre engagement politique, humain et républicain,
Affirme solennellement :
- Sa condamnation de l'attaque de l'Iran par le premier ministre Netanyahou et l'extrême-droite au pouvoir en Israël, véritable fuite en avant guerrière menaçant la paix et la sécurité du monde après les bombardements du Liban et de la Syrie.
- Sa plus vive condamnation des violences meurtrières perpétrées par l’armée israélienne à Gaza, sous le gouvernement de Benyamin Netanyahou, qui s’apparentent, au regard du droit international, à des crimes de guerre et, selon plusieurs ONG, des experts de l’ONU et des critères définis juridiquement, même à un génocide à l’égard du peuple palestinien, visant à obtenir le départ des Palestiniens de Gaza et leur remplacement dans un cadre colonial.
- Sa condamnation de toute action qui puisse mettre en péril la vie des civils israéliens ou palestiniens
- Son attachement indéfectible au respect du droit international, au principe de la protection des civils, et à la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat, global et durable, dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie, qui vit aussi une situation de violence quotidienne des colons israéliens extrémistes armés et de l'armée vis-à-vis des populations civiles, et où s'opère dans plusieurs villages, bédouins notamment, et camps de réfugiés, des opérations de déplacements de populations pouvant s’apparenter à de l’épuration ethnique à bas bruit.
- Son plein soutien au peuple palestinien, victime de décennies d’occupation, de colonisation, d’apartheid, de discriminations et de violences, et sa solidarité envers celles et ceux qui, sur le terrain, œuvrent pour la survie, les soins, la dignité et la paix.
- Son attachement à l'objectif d'une coexistence pacifique des deux peuples, israéliens et palestiniens, et du droit à l'existence de chacun de ces deux peuples, dans un cadre démocratique et laïque, refusant les logiques de discrimination, les logiques fascistes, intégristes, de haine et de sectarisme ethnique ou religieux. La France au regard de son histoire doit œuvrer pour cet objectif.
- Sa volonté de voir le Président de la République française Emmanuel Macron reconnaître enfin pleinement l’État de Palestine, dans les frontières de 1967, aux côtés d’un État israélien souverain, pour une paix juste, durable et fondée sur l’égalité des droits. Rappelons que l’invitation à ce que la France, par la voix de son Président, reconnaisse l’État de Palestine a été votée en France par l’Assemblée Nationale en décembre 2014 déjà. Et depuis, toujours rien !
- Son appel à la mobilisation de l’Union européenne et de la communauté internationale pour mettre fin à l’impunité, faire respecter le droit humanitaire et soutenir toute initiative diplomatique sérieuse pour une résolution politique du conflit.
- La France doit sanctionner Israël et son gouvernement, par des sanctions commerciales, diplomatiques, tant que le génocide est en cours à Gaza et que ceux-ci refusent tout processus politique de reconnaissance des droits des palestiniens.
- Son soutien à toutes les initiatives citoyennes, associatives, syndicales ou institutionnelles qui œuvrent à sensibiliser sur la situation à Gaza et à porter la voix des peuples opprimés.
- Le Conseil Municipal de Morlaix apporte son expression de solidarité toute particulière à nos amis réfugiés palestiniens du camp de Jalazone, ce camp de réfugiés avec lequel Morlaix et Morlaix-Communauté, avec le soutien de l'AJPF et de l'AFPS, ont développé des relations de coopération et d'amitié toute particulière. Nos amis de Jalazone subissent depuis des années des arrestations et des exécutions de jeunes de manière arbitraire par l’armée d’occupation israélienne et leur situation s’est encore aggravée depuis le 7 octobre 2023, et plus encore depuis le désengagement américain de l’UNWRA, un véritable scandale au regard du droit international et du droit humanitaire.
L'urgence de la paix, de l'arrêt du génocide à Gaza et de la reconnaissance de l'Etat de Palestine - Motion votée au Conseil Municipal de Morlaix du 26 juin 2025
L'urgence de la paix, de l'arrêt du génocide à Gaza et de la reconnaissance de l'Etat de Palestine - Motion votée au Conseil Municipal de Morlaix du 26 juin 2025
Le Télégramme, 27 juin 2025: La ville de Morlaix vote un voeu pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine

Le Télégramme, 27 juin 2025: La ville de Morlaix vote un voeu pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine

Ouest-France, 28 juin 2025:  27 juin 2025: La ville de Morlaix vote un voeu pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine

Ouest-France, 28 juin 2025: 27 juin 2025: La ville de Morlaix vote un voeu pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine

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29 juin 2025 7 29 /06 /juin /2025 07:56

 

 

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