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20 mai 2025 2 20 /05 /mai /2025 04:59
Appel commun pour faire face à la famine dans la bande de Gaza: Lancez le convoi humanitaire diplomatique, maintenant !
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Appel commun pour faire face à la famine dans la bande de Gaza: Lancez le convoi humanitaire diplomatique, maintenant !

La Via Campesina a signé l’appel commun lancé par la société civile palestinienne, rejoignant ainsi des centaines d’autres organisations en soutien à l’initiative visant à lancer un convoi diplomatique humanitaire pour faire face à la famine à Gaza. Vous trouverez ci-dessous l’appel.


12 mai 2025

La société civile palestinienne, rejointe par des organisations humanitaires et de défense des droits humains à travers le monde, lance cet appel commun et urgent : la famine provoquée à Gaza doit être stoppée. La communauté internationale doit agir de manière décisive, immédiate et assumer l’entière responsabilité morale et juridique de cette situation.

Nous assistons, en temps réel, à l’affamement délibéré d’une population civile utilisé comme méthode de guerre. Plus de deux millions de Palestinien·ne·s à Gaza vivent dans la famine. Depuis le 2 mars 2025, Israël bloque l’acheminement de toute aide humanitaire et de tout secours vital — il s’agit du plus long siège total jamais imposé à Gaza.

L’UNICEF et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ont tiré la sonnette d’alarme : à Gaza, les terres agricoles ont été détruites, les zones de pêche sont interdites, les boulangeries et les cuisines communautaires ferment, la nourriture est épuisée, et la population se bat pour accéder à l’eau, dans un contexte de bombardements incessants. Les enfants se couchent affamés . 92 % des enfants de moins de deux ans et des mères allaitantes ne reçoivent pas une alimentation adéquate. Les hôpitaux n’ont plus de sang, et les personnes brûlées par les explosions n’ont plus accès à l’eau nécessaire à leur survie.

L’UNRWA et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont épuisé leurs réserves, tandis qu’Israël cherche à démanteler le système de distribution de l’aide humanitaire géré par l’ONU. Le 11 avril 2025, le Réseau des ONG palestiniennes a déclaré que Gaza était entrée dans une phase avancée de famine. Cette déclaration a été suivie d’une déclaration officielle de l’État de Palestine désignant la bande de Gaza comme zone de famine, et appelant à une intervention internationale urgente, notamment au titre de l’article 99 de la Charte des Nations unies.

Des décès dus à la famine se produisent déjà et devraient augmenter fortement si les conditions persistent. Selon la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC), l’ensemble de la population de Gaza souffre d’insécurité alimentaire aiguë, et un demi-million de personnes sont confrontées à la famine. Il existe un risque élevé que la famine (Phase 5 de l’IPC – Catastrophe) se concrétise prochainement, rendant une action immédiate impérative. Malgré cette réalité catastrophique, plus de 3 000 camions d’aide et 116 000 tonnes de nourriture sont prêts à entrer à Gaza – mais sont bloqués uniquement par Israël. Cela se fait en violation flagrante des principes fondamentaux du droit international, comme l’ont rappelé des ordonnances juridiques contraignantes, notamment les mesures provisoires de la Cour internationale de Justice dans l’affaire Afrique du Sud /Israël – des ordonnances qui restent ignorées et non appliquées plus d’un an après.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré :

« L’aide humanitaire n’est pas négociable… L’entrée de l’aide doit être rétablie immédiatement… Il ne doit y avoir aucun obstacle à l’aide humanitaire. Ce n’est pas le moment de manifester un soutien de manière symbolique, de cocher une case et de passer à autre chose. »

Le 29 avril 2025, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a mis en garde contre l’effondrement total de l’aide vitale, déclarant que :

« Les États tiers ont des obligations claires en vertu du droit international pour faire cesser immédiatement de tels agissements, et ils doivent agir en conséquence. »

Appel à l’organisation et au déploiement immédiats d’un convoi humanitaire diplomatique vers Gaza via le point de passage de Rafah

Nous exhortons les États à se joindre à ce convoi humanitaire en envoyant des missions diplomatiques officielles – au plus haut niveau possible – pour accompagner les camions d’aide déjà stationnés au point de passage de Rafah, et entrer à Gaza à leurs côtés. Cet acte s’inscrit dans le cadre des obligations juridiques des États, du courage moral et de la solidarité humaine.

A cette fin, nous demandons ce qui suit :

  • Nous appelons tous les États à s’engager publiquement à rejoindre le convoi humanitaire en envoyant des missions diplomatiques officielles pour accompagner les camions d’aide entrant à Gaza via le point de passage de Rafah. Une date de départ précise sera annoncée prochainement. Les États doivent également rejeter l’instrumentalisation de l’aide humanitaire ainsi que les mécanismes de distribution proposés par Israël, qui militarisent les secours et contournent les agences de l’ONU et les acteurs humanitaires.
  • Nous exhortons tous les États à coordonner leurs efforts avec les Nations Unies et le gouvernement égyptien afin de faciliter l’entrée du convoi et d’assurer un passage immédiat, sans entrave et en toute sécurité de l’aide humanitaire, des équipes médicales et des travailleurs humanitaires.
  • Si certains gouvernements, complices des atrocités en cours, choisissent de ne pas participer, nous appelons les diplomates, parlementaires et ministres de ces pays à rejoindre le convoi à titre personnel.
  • Nous exhortons les médias internationaux à accompagner le convoi – pour témoigner, documenter la famine et dénoncer le blocus qui affame Gaza.
  • Nous appelons la société civile mondiale – y compris les ONG, syndicats, groupes d’étudiants, partis politiques et réseaux de solidarité – à se mobiliser immédiatement pour faire pression sur les gouvernements afin qu’ils soutiennent le convoi, et pour fournir un soutien matériel, politique et public.
  • Nous appelons les Nations Unies à achever d’urgence les évaluations et procédures nécessaires à la déclaration de Gaza comme zone de famine, sur la base de données vérifiées, et à soutenir cet appel commun en facilitant, approuvant et rejoignant activement le Convoi Humanitaire Diplomatique.

Un convoi humanitaire diplomatique marquerait une étape historique pour briser le siège, mettre fin à la famine et affirmer le rejet mondial de la faim en tant qu’arme de guerre. Cet appel repose sur le droit international, la morale partagée, la Convention sur le génocide, les mesures provisoires de la CIJ, la Charte des Nations Unies, ainsi que de nombreuses résolutions des Nations Unies, de l’OCI, de la Ligue arabe et des Unions européenne et africaine. L’inaction entraînera des décès massifs par famine, facilitera d’autres illégalités graves et affaiblira le système juridique international.

Nous vous appelons aujourd’hui à : Laissez Gaza vivre. Mettez fin à la famine. Mettez fin au siège. Ouvrez les passages. Lancez le Convoi Humanitaire Diplomatique – MAINTENANT !

Cliquez ici pour voir les signataires

Journal Le Monde/ Gaza : les alliés d’Israël face au risque de la complicité. 
18/05/25
 
La répugnance des Etats occidentaux à prendre des mesures concrètes contre l’Etat hébreu, en dépit de l’ordonnance de la Cour internationale de justice reconnaissant le risque de génocide à Gaza, les expose à des poursuites pour manquement à leurs obligations internationales.
 
Par Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)
 
L’Union européenne (UE) « mise en demeure » pour « manquement » à son « obligation d’agir face au risque avéré de génocide à Gaza ». Dans deux courriers datés du 12 mai, adressés à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au Conseil de l’Union européenne, l’association Juristes pour le respect du droit international (Jurdi), demande des actes, faute de quoi elle saisira la Cour européenne de justice, au Luxembourg, « pour carence fautive de la Commission en matière de respect de ses obligations découlant du droit international et du droit de l’Union ».
L’association française, qui rassemble des experts en droit international, demande à l’UE de dénoncer publiquement les crimes en cours, de revoir totalement son cadre de relation avec Israël et de prendre des sanctions contre les responsables israéliens, dont Benyamin Nétanyahou, et les ministres Bezalel Smotrich et Israel Katz. « C’est un cri d’alerte », explique Johann Soufi, cofondateur de la Jurdi, qui consiste à « mettre en garde les démocraties occidentales et l’Union européenne, car elles sont en train de sacrifier à Gaza les fondations morales sur lesquelles leur projet repose. L’Union européenne est avant tout une union de valeurs » et si « elles sont à géométrie variable ou vide de sens, alors on détruit l’UE ».
Face à l’horreur des événements dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, les organisations humanitaires, les défenseurs des droits humains, avocats, professeurs, intellectuels, artistes et responsables des Nations unies, demandent aux Etats d’agir et de ne pas se rendre complices des crimes en cours. « J’ai visité ce qu’il reste du système médical de Gaza, et je peux vous dire que la mort à cette échelle a une odeur et des bruits qui ne vous quittent pas », a déclaré le responsable des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, devant le Conseil de sécurité le 12 mai, avant d’interpeller les diplomates : « De quelles preuves avez-vous besoin ? Allez-vous agir, maintenant, de façon décisive pour prévenir le génocide et assurer le respect du droit international humanitaire ? » Le fonctionnaire a évoqué les tentatives de peser, en privé, sur les responsables israéliens, sans effet selon lui, avant de suggérer : « Si tout cela vous importe encore, ne soyez pas complices. »
 
Tout est écrit, précis, assumé
Les récentes condamnations verbales des Occidentaux n’ont pas entamé la détermination d’Israël à mettre en œuvre son « plan de conquête » de la bande de Gaza, annoncé le 5 mai. Il prévoit d’achever la destruction de l’enclave, d’entasser la population dans le Sud, puis de la déporter « vers des pays tiers ». « Nous ne nous cachons pas, a déclaré M. Nétanyahou, c’est bien notre plan. » Le ministre des finances israélien, Bezalel Smotrich, a appelé quant à lui à l’expulsion des Palestiniens de l’enclave, promettant : « Gaza sera nettoyée du Hamas, et des centaines de milliers de Gazaouis seront en route pour d’autres pays. »
Tout est écrit, précis, assumé. Au mépris des trois ordonnances rendues contre Israël, en février, mars et mai 2024 par la Cour internationale de justice (CIJ), dans la procédure enclenchée par l’Afrique du Sud, accusant Israël de violer la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Dans ces premières ordonnances, les juges ont sommé l’Etat hébreu de ne pas commettre d’actes de génocide, de punir les auteurs d’incitation aux crimes, de ne pas soumettre les Palestiniens à la destruction et de laisser passer l’aide humanitaire, aujourd’hui totalement bloquée.
Les juges avaient, en substance, déclaré que Gaza était au bord du génocide. C’était il y a quinze mois. En ratifiant la convention sur le génocide, les Etats « s’engagent à prévenir et à punir », selon l’article 1 du texte, en poursuivant les auteurs, « ou en saisissant les organes compétents de l’Organisation des Nations unies afin que ceux-ci prennent (…) les mesures qu’ils jugent appropriées pour la prévention et la répression des actes de génocide ». C’est ce qu’a fait l’Afrique du Sud. En Europe, seules l’Espagne et l’Irlande soutiennent la plainte de Pretoria. La France s’abstient. Interrogé sur TF1, le 13 mai, sur la question du génocide, Emmanuel Macron a renvoyé la question aux historiens, donnant l’impression d’ignorer la procédure de la CIJ.
Avec ces procédures, les dirigeants occidentaux ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas, leur rappellent constamment les opinions publiques, les dizaines de rapports de l’ONU, d’ONG, d’experts, et les décisions de la CIJ. Or, « la connaissance enclenche l’obligation d’agir », précise Me Soufi, qui regrette que certains s’interrogent encore sur « ce qu’il faudrait faire de plus pour Gaza ». « Un copier-coller de ce qui a été fait sur la Russie, répond Me Soufi, car les motifs sont les mêmes. Et les Etats européens ont plus d’influence et de leviers sur Israël que sur la Russie ou sur l’Iran. »
« Complicité institutionnelle »
Après avoir interpellé l’Union européenne, la Jurdi a saisi, le 12 mai, l’assemblée des 125 Etats membres de la Cour pénale internationale (CPI) pour dénoncer l’autorisation de survol accordée par la France à Benyamin Nétanyahou, qui se rendait, le 2 février, à Washington, malgré le mandat d’arrêt de la CPI.
La répugnance des capitales occidentales à rompre avec leur allié israélien pousse les sociétés civiles à agir. Du 13 au 16 mai, devant la Haute Cour de Londres, le gouvernement britannique a dû s’expliquer lors d’un procès l’opposant aux organisations palestinienne et britannique, Al-Haq et Global Legal Action Network, soutenues par Amnesty International, Oxfam et Human Rights Watch. Elles accusent le gouvernement de violer le droit international, qui stipule qu’un Etat ne peut pas exporter d’armes s’il existe un « risque clair » que celles-ci facilitent les crimes.
Or, Londres continue d’exporter du matériel militaire vers Israël, en particulier des pièces de fabrication du F-35. Au début de cette procédure, en septembre, le gouvernement britannique a annoncé le retrait de plusieurs licences d’exportation, mais maintenu celles destinées aux avions de combat de l’américain Lockheed Martin. Dans une note à la cour, il a admis qu’un risque existait, mais estimé que l’arrêt de ces exportations pourrait saper la « confiance des Etats-Unis ». La décision n’a pas encore été rendue.
Un « convoi humanitaire diplomatique »
Le 30 avril 2024, dans une procédure, toujours en cours, enclenchée par le Nicaragua, l’Allemagne avait été interpellée par les juges de la CIJ. Ceux-ci avaient rappelé à Berlin que les obligations des Etats « en ce qui concerne le transfert d’armes à des parties à un conflit armé (…) incombent à l’Allemagne en tant qu’Etat partie auxdites conventions lorsqu’elle fournit des armes à Israël ».
La Charte de l’Organisation des Nations unies, bâtie après la seconde guerre mondiale et la Shoah, sur la promesse d’un « plus jamais ça », impose aux Etats de respecter les décisions de la CIJ. Mais l’organisation mondiale n’a jamais été si ouvertement défiée. En mai 2024, le représentant d’Israël à New York, Gilad Erdan, avait passé la Charte à la broyeuse, en signe de protestation, après un vote de soutien à la Palestine.
Face au risque croissant de famine à Gaza, un collectif de près de 250 ONG du monde entier vient de lancer un appel à organiser un « convoi humanitaire diplomatique ». Il demande aux Etats d’« envoyer leurs diplomates – au plus haut niveau possible – pour accompagner les camions d’aide déjà stationnés au point de passage de Rafah, et [d’]entrer dans Gaza à leurs côtés ». Un impératif légal, fait de « courage moral et de solidarité humaine », écrivent ces ONG internationales et palestiniennes.
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20 mai 2025 2 20 /05 /mai /2025 04:55
Salon du bourget: pas de complicité avec les crimes contre les Palestiniens

Marianne Margaté, sénatrice communiste de Seine-et-Marne:

Salon du Bourget : Pas de complicité avec les crimes contre les Palestiniens !

Cette année, la 55e édition du salon du Bourget accueille neuf entreprises israéliennes spécialisées dans l’armement. Ce choix est inacceptable au regard du droit international et des crimes actuellement commis à Gaza.

Rappelons les faits :

Le 26 janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) a jugé plausible l’accusation de « génocide » portée contre Israël par l’Afrique du Sud.

Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’encontre de dirigeants israéliens, dont l’actuel Premier ministre.

 

Le 12 mai 2025, l’association Jordi (Juristes pour le respect du droit international) a mis en demeure l’Union européenne pour son absence de réaction face au risque avéré de génocide à Gaza.

Aujourd’hui, Israël poursuit ses attaques contre la population palestinienne, aggravant une situation déjà intenable à Gaza. Permettre à des entreprises complices de ces exactions d’exposer au salon du Bourget, c’est cautionner directement cette violence.

En juin 2024, la mobilisation populaire avait permis l’annulation de la participation israélienne au salon Eurosatory. Aujourd’hui encore, des centaines d’associations et nous-mêmes, parlementaires communistes, exigeons la même chose au Bourget.

J’interpelle donc le ministre des Affaires étrangères : que comptez-vous faire concrètement pour annuler cette participation complice ? Quelles sanctions allez-vous prendre pour faire respecter le droit international ? Quelles mesures urgentes seront mises en œuvre pour permettre enfin l’accès à l’aide humanitaire à Gaza ?

La France doit choisir clairement son camp : celui du droit international, de la paix, et du refus absolu de toute complicité avec les crimes contre les Palestiniens.

Retrouver ici la question écrite de Marianne Margaté, sénatrice communiste de Seine-et-Marne : https://senateurscrce.fr/.../face-au-risque-avere-de...

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18 mai 2025 7 18 /05 /mai /2025 09:30

 

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18 mai 2025 7 18 /05 /mai /2025 08:56

 

Résolution du Conseil national du PCF – 17.05.2025

Depuis la rupture de la trêve le 18 mars dernier, le gouvernement d’extrême-droite israélien de Benyamin Netanyahou poursuit une guerre destructrice contre la population de Gaza. Il annonce, en violation totale du droit international, sa volonté de réoccuper l’intégralité de Gaza et il organise un blocus hermétique du territoire palestinien, y interdisant l’entrée de toute aide humanitaire et créant de ce fait une situation de famine qui menace plus de 2,1 millions de personnes piégées et bombardées. L’armée israélienne se livre à une politique de terre brûlée sur un territoire qu’elle a fragmenté, enfermant la population de Gaza dans de minces bandes de terre surpeuplées, détruisant les infrastructures médicales et privant les habitants d’eau, de nourriture et d’électricité.

Les institutions internationales soulignent le fait que Gaza est devenu un trou noir humanitaire. D'après un rapport de l'ONU publié cette semaine, 470 000 personnes à Gaza sont confrontées à une faim catastrophique (phase 5, la plus élevée de l'échelle de référence) pouvant entraîner leur mort. Dans le même temps, plus de 116 000 tonnes d’aide alimentaire – suffisamment pour nourrir un million de personnes pendant quatre mois – sont bloquées dans les couloirs d'aides. Face au risque de génocide, il est plus urgent que jamais d'arrêter ce blocus criminel.

L’objectif de cette politique de terreur est manifestement de pousser des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants à prendre la fuite dans les conditions les plus inhumaines, ce que revendiquent ouvertement les ministres d’extrême droite du gouvernement Netanyahou et que soutient l’administration étatsunienne de Donald Trump. En Cisjordanie occupée, les frappes de drones, les incursions armées et la violence des colons israéliens se déchaînent. Des camps entiers de réfugiés ont été vidés (Jenine, Nour Shams, Tulkarem). Là encore, la volonté du gouvernement israélien est d’annexer illégalement la zone et de la vider de sa population palestinienne.

Ce sont là des crimes de masse, des crimes contre l’humanité, que dénoncent les Nations unies, l’UNWRA et le PAM. Alors que la Cour Pénale Internationale (CPI) évoque un « risque plausible, réel et imminent de génocide », ces crimes tombent sous le coup de la justice internationale et tous ceux qui sont directement impliqués devront répondre de leurs actes. Les condamnations de pure forme des gouvernements et de la communauté internationale ne suffisent plus. Alors qu’ils font l’objet de mandats d’arrêt internationaux, Netanyahou et ses complices doivent maintenant être traduits devant la CPI, tout comme les dirigeants du Hamas, responsables des crimes du 7 octobre 2023.

Benyamin Netanyahou est aujourd’hui soutenu par l’extrême droite en Europe, en France et aux Etats-Unis. Victor Orban, a dénoncé la Cour pénale internationale sans que cela ne fasse réagir l’UE. Et, bien que ses propositions provocatrices soient rejetées par l’immense majorité de la communauté internationale, Donald Trump réaffirme sa volonté d’expulser les Palestiniens de Gaza, cherchant à obtenir la complicité de certains gouvernements de la région. L’annonce, par la Maison Blanche, de l’envoi sur le terrain de forces paramilitaires privées, censées sécuriser le territoire, prépare les opinions à cette perspective.

Pourtant, cette politique criminelle se heurte à une pression croissante des opinions dans le monde. 148 États, c’est à dire une large majorité dans le Monde, reconnaissent déjà l’État de Palestine. De même que la France, d’autres gouvernements européens évoquent désormais eux-aussi la possibilité de reconnaître l’État de Palestine, et l’objectif de sanctions contre le gouvernement israélien d’extrême droite, tant qu’il bafouera le droit international, est aujourd’hui repris dans le débat public.

En Israël, une mobilisation inédite grandit de semaine en semaine pour l’arrêt de la guerre à Gaza, le retour des otages encore vivants que détient le Hamas, le départ de Netanyahou et de son gouvernement. Des officiers, des soldats, des réservistes manifestent à présent leur refus de servir une politique qui met en danger l’avenir et la sécurité du peuple israélien lui-même. Un sommet populaire pour la paix, « It's Time People’s Peace Summit », vient même de se tenir en présence de plusieurs milliers de citoyens juifs et arabes d’Israël.

Le pouvoir israélien est de plus en plus isolé internationalement. Il est aujourd’hui possible de l’arrêter dans ses entreprises criminelles.

Dans cette situation d’extrême urgence pour le peuple palestinien, le PCF entend mobiliser toutes ses forces en défense du peuple palestinien face à la visée génocidaire dont il est victime, en faveur de la reconnaissance des droits nationaux de celui-ci, pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Il exige que le gouvernement français :

  • Expédie sans délai une aide humanitaire massive aux Gazaouis, contribuant ainsi à briser le blocus criminel mis en œuvre par le gouvernement Netanyahou,
  • Porte dans les institutions européennes l’exigence de sanctions, de la suspension immédiate de l’accord d’association UE-Israël et mette fin à toute forme de coopération militaire,
  • Reconnaisse immédiatement l’État de Palestine aux côtés de l’État d’Israël sur la base des frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale,
  • Agisse pour la libération des otages israéliens et la libération des prisonniers politiques palestiniens dont celle de Marwan Barghouti,
  • Agisse pour le démantèlement de toutes les colonies israéliennes et la fin de l’occupation,
  • Prenne aux Nations unies, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, toutes les initiatives propres à isoler totalement l’alliance Trump-Netanyahou.

 

Le PCF dénonce la décision des autorités israéliennes d’interdire l’entrée du territoire à deux délégations d’élus. Il appelle les autorités françaises à agir concrètement face à ce précédent dangereux.

Le PCF affirme sa solidarité agissante avec l’OLP, dans sa lutte indépendante pour la reconnaissance et l’application des droits nationaux du peuple palestinien, le respect du droit international pour aboutir à une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, et pour l’établissement d’un État de Palestine laïc et démocratique aux côtés de l’État d’Israël. Il apporte son entier soutien aux forces démocratiques et de paix en Israël.

L’appel, lancé conjointement par notre parti et l’Organisation de libération de la Palestine, en faveur de la création d’un large front international pour la reconnaissance des droits nationaux et l’autodétermination du peuple palestinien, est un levier essentiel pour redéployer et élargir la mobilisation populaire. La journée internationale du 4 juin, verra en ce sens la participation à Paris de nombreuses personnalités françaises et internationales, de représentants d’ONG, d’associations démocratiques, de syndicats, de partis, de militants des droits humains… Cette conférence sera l’occasion de lancer un appel pour accentuer la pression sur les gouvernements français et européens et plus généralement sur la communauté internationale, pour la reconnaissance de l’État de Palestine et poser les bases d’une alliance large pour la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien.

Le Conseil national du PCF appelle l’ensemble des fédérations à prendre partout les initiatives les plus larges (rassemblements et manifestations, rencontres publiques, recueil de signatures pour la pétition nationale, adoption de vœux par les collectivités locales…) permettant de faire grandir l’exigence de paix juste en Palestine. La campagne « Un million d’oliviers pour la paix », lancée par la fédération du Val-de-Marne, en lien avec l’Association des agronomes arabes, doit en être l’un des instruments, elle doit être largement relayée partout en France pour déployer une solidarité concrète.

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11 mai 2025 7 11 /05 /mai /2025 06:34
Urgence - Stop génocide en Palestine - Manifestation à Morlaix le 17 mai 2025, 16h
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25 avril 2025 5 25 /04 /avril /2025 04:43
Vernis -  édito de la revue Cause Commune mars/ avril 2025 par Guillaume Roubaud Quashié
Vernis
 
édito de la revue Cause Commune n°43 mars/ avril 2025 par Guillaume Roubaud Quashié
 
Je ne sais quel est votre âge, lectrice, lecteur, mais si vous avez plus de 25 ans, il y a de grandes chances que vous ayez bien en mémoire les nombreuses couches de vernis patiemment appliquées pour masquer des intérêts souvent peu reluisants. Les guerres du Golfe ? La défense de la liberté contre l’axe du mal, bien sûr. Et tout un petit monde s’agitant du matin jusqu’au soir pour porter la bonne parole : guerre juste et sainte croisade au service de nobles causes.
Évidemment, l’abîme entre les grandes envolées et le pur appât du gain pouvait être particulièrement agaçant mais, somme toute, il avait un côté rassurant : le rapport de forces idéologiques était donc de notre côté puisqu’il fallait s’embarrasser d’une foule de justifications pour dissimuler pillages et massacres. Cet embarras, en validant des principes humanistes, rendait possibles quelques prises de judo : on pouvait condamner l’action entreprise en la mettant en regard des valeurs proclamées. On pouvait faire jouer la contradiction.
« La langue de Trump ne s’encombre pas des grandes sérénades habituelles. C’est le capital qui parle, sans filtre. »
Avec Donald Trump, tout est plus simple et plus compliqué à la fois : il n’y a, pour ainsi dire, plus de vernis ! Je ne sais si vous avez pris le temps d’écouter Donald Trump à l’occasion, par exemple, de ses conférences de presse – fascinées par ces shows assez exotiques, les « chaînes d’information en continu » les relaient bien souvent ; les extraits les plus saisissants font pour leur part la joie des réseaux sociaux. De l’humiliation de Zelensky en direct aux tranquilles revendications du Groenland devant un dirigeant de l’OTAN quasi mutique en passant par les mots fleuris choisis pour parler du Canada qui « nous a arnaqués pendant des années », l’Europe, la Chine… la langue de Trump ne s’encombre pas des grandes sérénades habituelles. C’est le capital qui parle, sans filtre.
À certains égards, c’est extrêmement inquiétant. Au temps T, cela semble indiquer un rapport de forces si dégradé dans les consciences qu’il n’est plus même besoin de vernis pour masquer la hideur bête de la quête exclusive du profit. Plus grave, en perspective : si cette langue du capital trouve un écho, si les esprits s’en accommodent, finissent par l’incorporer bon gré mal gré, comment continuer à se parler, à convaincre si un socle minimal de principes n’est pas partagé ? (Je ne parle pas ici de diplomatie entre États mais de politique : comment trouver l’oreille de celles et ceux qui soutiennent Trump s’ils acceptent de le suivre sur ce terrain où seul le profit compte ?) Ce ne sont pas là de minces questions.
Dans le même temps, les choses sont enfin claires et apparaissent pour ce qu’elles sont à la face du monde, avec tout ce que cela implique de possible surcroît de conscience. C’est Le Manifeste qui nous parle sans la moindre ride naissante : Partout où elle [la bourgeoisie] a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses « supérieurs naturels », elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement au comptant ». Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale.
« La réponse réellement nécessaire est autrement ambitieuse : elle appelle, avec urgence, de centrer enfin les efforts sur les besoins humains et les questions environnementales, de déployer une ambition inédite en matière de diplomatie et d’exigence de désarmement. »
En un sens, notre combat se fait plus simple car la brutalité « ouverte, éhontée, directe » et absurde face aux défis de notre humanité, n’a pas à cette heure une majorité de Terriens pour la révérer. Elle heurte, elle choque, elle scandalise largement de par le monde, rendant disponibles pour l’action un nombre croissant d’individus. (Notons qu’au passage, ce que nous n’avons cessé de dire depuis 1949 sur la nécessité de sortie de l’OTAN, se trouve radicalement validé.)
Pour autant, avec ou sans Trump, l’enjeu d’incarner une alternative tangible et crédible reste décisif. On peut être effrayé par ce qui se passe et ne pas voir quoi faire ou foncer tête baissée dans de sûres impasses… (Cela appelle aussi des gestes d’organisation : nous adressons-nous partout où nous le pouvons à ces gens qui, réalisant le pire, cherchent une voie d’action et d’engagement ?)
Le piquant de la situation, vu de France, est qu’à ce grand coup de dissolvant appliqué outre-Atlantique répond ici une débauche de vernis. Comme si, par vases communicants, tout ce que l’Amérique en comptait se trouvait chez nous déversé. Nous n’en manquions pourtant pas mais nous voici à présent presque noyés sous tous ces flots écarlates.
Plus laqués que jamais, Macron et ses relais nous rebattent les oreilles du matin jusqu’au soir de Droit, de Justice, de Liberté, de Valeurs démocratiques… Quoi qu’il en coûte, le rempart européen s’élèvera pour protéger l’Ukraine, etc., etc. (Ajoutez au besoin, pour faire bonne mesure, trémolos, applaudissements debout, indignation cabotine et kits de survie.)
Pourtant, ce sont les mêmes qui, notant que le Maroc était un partenaire commercial plus important que l’Algérie, s’assoient très tranquillement sur les aspirations des Sahraouis à la liberté et à l’autodétermination. Les mêmes qui, depuis les sanctions contre la Russie, ne sont qu’amour pour les grands démocrates qataris et les Azéris qui massacrent les Arméniens… Faut-il évoquer le sort des Palestiniens ? On s’étonne chaque jour de découvrir de nouvelles sanctions mises en place ou sérieusement envisagées quand il s’agit de la Russie mais quel silence de mort quand le gouvernement israélien viole si terriblement le droit international ! Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de défendre la Russie de Poutine qui a envahi un pays souverain, ni de légitimer en rien la barbarie du 7 octobre ; simplement de constater que cette débauche de vernis et de bons sentiments est pour le moins sélective. Affaire de cosmétique plutôt que de politique. Au fond, il s’agit avec tout cela de faire passer la création d’une armée européenne, le bond dans le fédéralisme, l’austérité aggravée et, si possible, de se refaire une petite popularité pour continuer une politique antisociale avec onction électorale.
« Pourtant, ce sont les mêmes qui, notant que le Maroc était un partenaire commercial plus important que l’Algérie, s’assoient très tranquillement sur les aspirations des Sahraouis à la liberté et à l’autodétermination. »
Assurément, le problème Trump – qui est lui-même, pour une part, l’expression des contradictions violentes dans lesquelles le capital états-unien se trouve plongé – appelle des réponses mais il n’est nul besoin de vernis – ni de donner des centaines de milliards à l’industrie d’armement US sous couvert d’une « souveraineté européenne » devenue soudain impérieuse. Non, la réponse réellement nécessaire est autrement ambitieuse : elle appelle, avec urgence, de centrer enfin les efforts sur les besoins humains et les questions environnementales, de déployer une ambition inédite en matière de diplomatie et d’exigence de désarmement. Cela n’interdit pas de mettre en œuvre une véritable politique de défense – avec tout ce que cela implique de changements radicaux en ce qui concerne notre pays – mais en gardant en tête qu’un monde avec plus d’armes sera toujours plus dangereux qu’un monde qui en compte moins. Comme nous le disions il y a bien longtemps déjà : si vis pacem, para pacem (si tu veux la paix, prépare la paix).
Autrement dit, moins de vernis mais une volonté, des moyens, de la démocratie.
 
Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de Cause commune.
Cause commune n° 43 • mars/avril 2025
 
Guillaume Roubaud Quashiésera à Morlaix pour présenter le livre co-écrit avec Côme Simien "Haro sur les Jacobins! Essai sur un mythe politique (XVIIIe-XXIe siècle) pour une conférence-débat avec Côme Simien au local du PCF Morlaix le mardi 10 juin à Morlaix avec les Mardis de l'Éducation Populaire
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23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 11:35
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël

Quelle honte! Une délégation d'elu.e.s, de parlementaires de gauche avec Ruffin, Corbière, les parlementaires communistes Soumya Bourouha et Marianne Margaté, et d'autres camarades élus du PCF comme Vincent Bouger, Philippe Rio, Camille Nager, Charlotte Blandiot Faride maire de Mitry Mory et présidente de l'AJPF, Gilles Leproust, interdite d'accès en Israël par le même gouvernement qui a accueilli en grande pompe Jordan Bardella représentant d'un parti héritier de la collaboration et de l'antisémitisme d'extrême-droite.

Ils étaient 27, dont 5 parlementaires, à devoir se rendre en délégation en Israël et Palestine , sous l’égide de l’AJPF.

A 48 h du départ les autorités israéliennes ont annulé leurs autorisations d’entrer de territoire. Depuis, silence radio des autorités françaises qui se voient humiliées dans pareilles situations, notre envie de témoigner de la situation empêchée par des décisions autoritaires non fondées , notre besoin de prolonger nos discussions avec nos partenaires israéliens et palestiniens bloqués , mais notre détermination collective à œuvrer pour la diplomatie des peuples et des villes renforcées , car nous sommes du bon côté de l histoire !

« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
 
Soumya Bourouaha, Philippe Rio, Alexis Corbière, François Ruffin… Ils sont 27 à s’être vu refuser l’entrée sur le territoire israélien, dimanche 20 avril, deux jours avant leur départ. Ils dénoncent une « punition collective » et demandent à Emmanuel Macron d’intervenir.
 
Publié le 21 avril 2025
 
Margot Bonnéry - L'Humanité
 
La gauche française jugée indésirable. À 48 heures de leur déplacement en Israël, une délégation de 27 parlementaires et élus se sont vu annuler leurs visas par les autorités israéliennes. Parmi les politiques invités par le consulat français à Jérusalem, les communistes Soumya Bourouaha, Marianne Margaté et Philippe Rio, mais aussi les députés du groupe écologiste François Ruffin, Alexis Corbière et Julie Ozenne.
Certains d’entre eux dénoncent une « rupture majeure des liens diplomatiques à l’égard de l’État français ». Alexis Corbière, député et fondateur de l’Après, s’émeut également du silence assourdissant d’Emmanuel Macron et du ministère des Affaires étrangères, dont la réaction se fait toujours attendre : « L’Élysée devrait réagir. La France n’a pas refusé la venue de politiques israéliens. Inversement, nous devrions pouvoir faire de même. »
« Punition collective »
D’autant que si la gauche est radiée, l’extrême droite, elle, a eu droit au tapis rouge. En effet, les 26 et 27 mars, le gouvernement israélien a accueilli à bras ouverts Jordan Bardella et Marion Maréchal « en dépit de l’héritage de leurs partis fondés sur des discours antisémites », ajoute Alexis Corbière.
De nombreux maires de la délégation avaient prévu de rencontrer, du 20 au 24 avril, les acteurs locaux palestiniens et israéliens. Le but : créer des ponts. « Nous étions dans une démarche de dialogue et de construction de la paix. Cette décision est une atteinte grave à la démocratie », souffle Gilles Leproust, maire PCF d’Allonnes, dans la Sarthe, à l’initiative d’une coopération avec le camp de New Askar, en Cisjordanie, depuis 2018. « Pour faire entretenir ces liens, il est essentiel de se rendre sur ces territoires. Nous devons être ainsi libres de circuler », poursuit l’édile, qui espère une nouvelle autorisation de déplacement dans les meilleurs délais.
Si le ministère de l’Intérieur a invoqué une loi qui permet d’interdire l’entrée sur le territoire de toute personne qui voudrait « agir contre Israël », Philippe Rio émet l’hypothèse que cette « punition collective » est surtout une réponse à la volonté d’Emmanuel Macron de reconnaître en juin l’État palestinien. « Cette reconnaissance, que nous prônons depuis bien longtemps, est un bon début, admet le maire PCF de Grigny, en Essonne. Mais nous souhaitons aussi que le chef de l’État cesse son mutisme et s’exprime concernant notre impossibilité d’accès sur le territoire. Empêcher des élus et parlementaires ne doit pas rester sans conséquences. »
Ce cas est loin d’être une première. Le 30 janvier, l’ex-vice-présidente du Parlement européen, l’Italienne Luisa Morgantini, a été arrêtée par l’armée avant d’être finalement relâchée. De nombreux journalistes étrangers, notamment la presse de gauche, ont interdiction de se rendre à Gaza ou d’accéder à certaines conférences pourtant autorisées à la presse. Pour Marianne Margaté, sénatrice communiste du groupe CRCE-K, la stratégie du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, est claire : "Dresser des murs infranchissables et n’autoriser aucun regard extérieur qui irait à son encontre".
« Une punition collective » : pourquoi 27 élus de gauche sont interdits d’accès en Israël
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23 avril 2025 3 23 /04 /avril /2025 11:26
Cessez-le-feu immédiat à Gaza. Reconnaissance de l’Etat de Palestine

Depuis la rupture de la trêve le 18 mars dernier, le gouvernement d’extrême droite israélien de Benyamin Netanyahou poursuit la guerre destructrice contre la population de Gaza et il organise le blocage de toute aide humanitaire en faveur de la population de ce territoire. Il crée ainsi une situation de famine qui menace plus de 2,1 millions de personnes piégées et bombardées.

L’armée israélienne se livre à une politique de terre brûlée sur un territoire qu’elle a fragmenté en morceaux et qu’elle occupe à 60%, enfermant la population de Gaza dans de minces bandes de terre surpeuplées. La destruction des infrastructures médicales et de fourniture d’eau et d’électricité fait de Gaza un trou noir humanitaire.

Ce sont là des crimes de masse, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Ils tombent sous le coup de la justice internationale suite à la décision de la Cour pénale internationale.

C’est dans ce contexte que 27 élu.es – dont pour le PCF les parlementaires Soumya Bourouaha et Marianne Margaté, les maires Charlotte Blandiot – Faride, Philippe Rio, Olivier Sarrabeyrouse, Gilles Leproust et des élus locaux, devaient se rendre en Israël et en Palestine du 20 au 24 avril.

Le PCF dénonce la décision des autorités israéliennes d’interdire l’entrée du territoire à la délégation. Il appelle les autorités françaises à agir face à ce précédent dangereux et à tout mettre en œuvre pour créer les conditions d’un déplacement dans les meilleurs délais.

La situation à Gaza est dénoncée par l’Organisation des nations unies (ONU), l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

Nombre de gouvernements se refusent à faire pression sur le cabinet israélien qui agit en toute impunité. Benyamin Netanyahou est aujourd’hui soutenu par l’extrême-droite en Europe, en France et aux Etats-Unis. Victor Orban, a dénoncé la Cour pénale internationale (CPI) sans que cela ne fasse réagir l’UE. Et, bien que ses propositions provocatrices soient rejetées par l’immense majorité de la communauté internationale, Donald Trump a réaffirmé sa volonté d’expulser les Palestiniens de Gaza, avec la complicité de gouvernements de la région.

157 journalistes ont été tués, dont dernièrement Fatma Hassona dont le film portant la voix des Gazaouis fait partie de la sélection du Festival de Cannes. Tous les syndicats de journalistes ont dénoncé ces crimes et exigent d’accéder à la bande de Gaza.

Dans le même temps, les milices suprémacistes de colons armés et l’armée israélienne d’occupation continuent à mettre à feu et à sang la Cisjordanie.

Pourtant, en Israël, une mobilisation inédite grandit de semaine en semaine pour l’arrêt de la guerre à Gaza, le retour des otages encore vivants que détient le Hamas, le départ de Netanyahou et de son gouvernement. Des officiers, des soldats, des réservistes manifestent à présent leur refus de servir une politique qui met en danger l’avenir et la sécurité du peuple israélien lui-même.  

Dans cette situation d’extrême urgence pour le peuple palestinien, le PCF exige que le gouvernement français :

  • Agisse résolument et immédiatement pour que l’UE suspende l’accord d’association UE-Israël et mette fin à toute forme de coopération militaire.
  • Reconnaisse immédiatement et sans condition l’Etat de Palestine aux côtés de l’Etat d’Israël sur la base des frontières de 1967 avec Jerusalem Est pour capitale. Emmanuel Macron a fait un premier pas dans cette direction. Il doit être suivi d’effets.
  • Agisse pour la libération des otages israéliens et la libération des prisonniers politiques palestiniens dont celle de Marwan Barghouti.
  • Agisse pour faire respecter le cessez-le-feu au Liban et la pleine souveraineté de ce pays sur la totalité du territoire.
  • Fasse concrètement appliquer les résolutions de la CIJ sur la prévention du risque de génocide et les mandats d’arrêt de la CPI. Le PCF soutient en ce sens l’initiative des députés communistes israéliens qui ont demandé à la CPI d’agir contre le gouvernement israélien sur la politique de bouclage total de la bande de Gaza.
  • S’oppose avec la plus grande fermeté à la volonté de l’extrême droite israélienne, des États-Unis et des forces intégristes et réactionnaires dans la région et dans le monde d’anéantir le mouvement national palestinien, représenté par l’OLP seule représentante légitime du peuple palestinien.
  • Agisse sur la base du plan de la Ligue arabe pour la reconstruction de Gaza.

Le PCF affirme sa solidarité agissante avec l’OLP dans sa lutte indépendante pour la reconnaissance et l’application des droits nationaux du peuple palestinien, le respect du droit international pour aboutir à une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens et pour l’établissement d’un Etat de Palestine laïc et démocratique aux côtés de l’État d’Israël.

Il apporte son entier soutien aux forces démocratiques et de paix en Israël. Il appelle à la création d’un large front international pour la reconnaissance des droits nationaux du peuple palestinien.

Il prépare dans ce sens, avec l’OLP, une importante journée le 4 juin prochain avec des représentants français, européens et internationaux.

Les fédérations et les sections du PCF vont dans les prochaines semaines renforcer la campagne pour la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine, sur la base de deux Etats pour deux peuples.

Paris, le 22 avril 2025

Parti communiste français.

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21 avril 2025 1 21 /04 /avril /2025 06:45
Les enjeux de la reconnaissance de la Palestine - par Francis Wurtz, ancien député européen communiste et président du groupe de la Gauche Unie Européenne au Parlement européen
Francis Wurtz :
 
"LES ENJEUX DE LA RECONNAISSANCE DE L'ÉTAT DE PALESTINE 
 
Ainsi donc, la France s'apprête-t-elle à reconnaître l'Etat de Palestine.
La "patrie des droits de l'homme" sera le 149ème État du monde (sur 193) à prendre cette décision, 37 ans après la proclamation de la "Déclaration d'indépendance de l'Etat de Palestine" par l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), alors présidée par Yasser Arafat, à Alger (15 novembre 1988).
On ne peut que regretter l'attentisme et le perpétuel renvoi à un hypothétique "bon moment" manifesté à cet égard par nos dirigeants successifs.
Pour autant, plutôt que de s'appesantir sur les regrets, il est plus productif d'examiner les dynamiques positives pouvant découler de cette initiative diplomatique, "a priori" bienvenue.
️Le premier enjeu à prendre en considération me semble être l’appropriation de la signification politique de cet acte solennel par les citoyennes et les citoyens français comme par l'opinion publique internationale.
En faisant ce choix, la France réaffirme officiellement qu'il existe, en droit international,
- une autorité politique palestinienne -"l'Autorité palestinienne"-;
- un territoire palestinien -la Cisjordanie, Jérusalem Est et la bande de Gaza-;
- enfin, une population sur ce territoire : le peuple palestinien.
Cela paraît banal, sauf qu'il s'agit précisément de réalités essentielles battues en brèche par l'occupant israélien, qui prétend depuis des lustres qu'il "n'a pas d'interlocuteur avec qui négocier", qui a annexé Jérusalem, colonise la Cisjordanie et prétend expulser les Gazaouis de leur territoire anéanti et les déporter hors de Palestine !
Décider, pour la France, d'entrer officiellement en relation avec l'État de Palestine doit donc comporter l'engagement d'expliciter en toute clarté, nationalement et internationalement, la portée politique de sa prise de position. Et, à plus forte raison, faut-il cesser de traiter en quasi-délinquants celles et ceux qui se mobilisent pacifiquement pour le respect des droits fondamentaux des Palestiniens.
️Un autre enjeu, qui découle de ce qui précède, est l’action que va entreprendre la France pour contribuer à passer du slogan de "la solution à deux États" à sa concrétisation.
Cela passe par le refus de l'insoutenable impunité dont bénéficie sans discontinuité le pouvoir israélien, fût-il dirigé par un criminel de guerre frappé d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale .
À cet égard, on est en droit d'attendre de Paris, dans ce nouveau contexte, qu'il use de son influence au sein de l'Union européenne, pour que celle-ci opère un véritable tournant dans ses relations avec Tel-Aviv, en suspendant jusqu'à nouvel ordre l' "accord d'association" ultra-privilégié dont Israël est le seul pays au monde à bénéficier.
️Enfin, si le but à atteindre est bien d’arriver à une situation où les deux États, souverains, vivant côte à côte et en sécurité, soient mutuellement reconnus par tous les États de la région, la condition de cette normalisation diplomatique est la conclusion d’un accord de paix entre Israël et l’Etat palestinien.
Nous en sommes loin !
Que signifient, dès lors, ces propos sibyllins d’Emmanuel Macron, accolant à son initiative de juin prochain avec l’Arabie saoudite le projet de "finaliser le mouvement de reconnaissance réciproque par plusieurs pays" ?
Cela ressemble furieusement aux "Accords d’Abraham" lancés
par Donald Trump 1…pour priver les Palestiniens de leur dernier
atout : sans État palestinien, pas de porte ouverte pour Israël sur toute la région !
Troquer la reconnaissance de l’Etat de Palestine contre la relance du plan Trump auprès des dirigeants arabes constituerait un sommet d’hypocrisie ! Espérons qu’il n’en sera rien."
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21 avril 2025 1 21 /04 /avril /2025 06:40
Éditorial de l'Humanité, par Fabien Gay, 20 avril 2025-  État palestinien, maintenant, vraiment
Éditorial de l'Humanité-  État palestinien, maintenant, vraiment
Fabien Gay, 20 avril 2025
 
Dans l’avion qui le ramenait de son voyage diplomatique au Proche-Orient, Emmanuel Macron a déclaré vouloir reconnaître l’État de Palestine. Le « moment venu »plusieurs fois évoqué par le locataire de l’Élysée serait donc proche. La conférence internationale sur la Palestine qui se tiendra au siège de l’ONU en juin, coorganisée par la France et l’Arabie saoudite, formaliserait cet acte de reconnaissance.
 
Grande victoire ! 
 
À « l’Humanité », au sein du mouvement communiste et, au-delà, parmi tous les progressistes et démocrates attachés au droit international, cette reconnaissance par la France serait un événement. À l’été 2024, plusieurs États européens entraînés par l’Espagne avaient reconnu l’État palestinien, soulignant d’autant le rendez-vous manqué de la diplomatie française. 
 
Aujourd’hui, si la déclaration présidentielle est un signe positif, il nous faut être attentifs à son contenu : une reconnaissance… mais sous conditions. Emmanuel Macron émet même des contreparties qui douchent déjà notre espoir. En effet, le président de la République appelle les États du Golfe, dont l’Iran, à reconnaître l’État israélien. Or il sait que cette position n’est pas acceptable en l’état. Les tensions entre Tel-Aviv et Téhéran sont vives, comme en témoignent les actes d’hostilité réciproques. Pourquoi poser une condition irréaliste comme postulat de départ ?
 
Nous pourrions croire qu’Emmanuel Macron prépare déjà l’argument de son impuissance, renvoyant son inaction à l’irresponsabilité des autres. S’il s’agit de faire des accords d’Abraham version 2, en amenant l’Arabie saoudite et le Koweït à une reconnaissance bilatérale avec les Israéliens, mais sans perspectives pour les Palestiniens, cela serait vain. La crise actuelle l’a démontré : on ne peut dénier le droit inaliénable du peuple palestinien à exister. Mais, si la diplomatie consiste à ouvrir des voies de dialogue, il y a aussi des actes forts qui sont possibles et qui envoient un signal aux autres. 
 
Reconnaître l’État de Palestine, en conformité avec les résolutions onusiennes, en fait partie. Il n’est plus temps de tergiverser. L’heure est grave. Alors qu’il était à quelques kilomètres de Gaza, Emmanuel Macron a pu constater par la voix des secouristes français l’horreur des bombardements israéliens à Gaza. Il sait aussi que le champ de ruines de cette bande de terre palestinienne est déjà le lieu de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, avec un risque génocidaire avéré et demain l’éventualité d’un nettoyage ethnique d’ampleur, avec le projet indécent et excentrique de Donald Trump d’en faire la Riviera du Proche-Orient. Ce projet immobilier, on le sait, consiste surtout à recoloniser Gaza quand la Cisjordanie serait, elle, littéralement annexée.
 
L’idée d’un projet national palestinien est en péril. Nous ne pouvons pas faire comme si les bombes tombaient du ciel sans commanditaire. La paix avec les Israéliens est une nécessité, mais il faut cesser de donner carte blanche au premier ministre israélien, qui aurait dû être arrêté par les autorités françaises quand il a survolé le territoire national pour se rendre à Washington. Nombre de sanctions à disposition de la diplomatie française et européenne, comme l’accord d’association UE-Israël, peuvent également contribuer à faire pression sur Tel-Aviv pour qu’il cesse ses projets coloniaux.
Paris doit être du bon côté de l’histoire. La France a une voix qui porte et qui peut entraîner d’autres États, notamment en Europe. En parallèle des discussions diplomatiques, les forces populaires doivent faire résonner le message d’une France aux côtés des peuples et d’une paix juste et durable.
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