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13 août 2025 3 13 /08 /août /2025 07:38
60 000 morts à Gaza : des statistiques ? - éditorial de Lina Sankari, L'Humanité, 11 août 2025

Quand le crime devient trop grand, l’humanité se tourne vers la statistique. Plus de 60 000 personnes tuées à Gaza ; 500 000 en situation de malnutrition aiguë. Aussi vertigineuse soit-elle, la litanie des chiffres ne dit jamais l’origine de l’atroce. 

À Gaza, la mort frapperait donc sans sniper pour tenir l’arme, sans pilote pour tirer le missile, sans blocus pour affamer ? Ainsi, l’horreur du siècle se mesure-t-elle à l’aune d’une arithmétique déshumanisante, d’un prisme humanitaire dépolitisant. Les multiples déclarations de la hiérarchie militaire et politique israélienne prouvent pourtant l’intention génocidaire.

Si Benyamin Netanyahou en porte la responsabilité, l’ensemble des crimes ne peuvent lui être imputés. Ils résident dans le projet colonial même. « Nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviennent pas. Les vieux mourront et les jeunes oublieront », écrivait déjà l’ancien premier ministre israélien, David Ben Gourion. Nous sommes alors en 1948, et la Nakba (la Catastrophe) pose les jalons d’une logique qui, loin d’être cantonnée à l’histoire, se poursuit aujourd’hui. Un premier nettoyage ethnique qui n’a jamais été appréhendé comme tel par la « communauté internationale ».

Pour poursuivre son projet, Benyamin Netanyahou a bénéficié d’un alignement des planètes rare en politique, né des massacres du 7 octobre perpétrés par le Hamas, de l’appui d’une coalition d’extrême droite, de la passivité des pays arabes et de l’Union européenne. De Joe Biden à Donald Trump, les États-Unis partagent quant à eux le projet israélien de remodelage de la région. 

Ceux dont le verbe regorge de valeurs qu’ils voudraient universelles doivent faire cesser l’horreur en mondovision. Si l’injustice venait à l’emporter, le monde ne pourrait longtemps supporter le poids de ces dizaines de milliers de visages et de noms qui hanteront la conscience de l’humanité. Autant de crimes qui, s’ils restaient sans réponse, ouvriraient la porte à l’impunité généralisée.

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12 août 2025 2 12 /08 /août /2025 05:59
Génocide à Gaza : des salariés de Safran, Thales et STMicroelectronics dénoncent la complicité de l’industrie française de l’armement - L'Humanité, Elisabeth Fleury, 7 août 2025
Génocide à Gaza : des salariés de Safran, Thales et STMicroelectronics dénoncent la complicité de l’industrie française de l’armement
 
Au sein des entreprises d’armement, la coopération avec Israël pose la question d’une éventuelle complicité de génocide. La CGT, en pointe sur ce combat, multiplie les initiatives. La prise de conscience s’étend.
 
L'Humanité, Social et Économie, le 7 août 2025
Elisabeth Fleury
 
Le 15 octobre 2023, alors qu’un processus génocidaire s’amorce en réponse aux sanglantes attaques du Hamas, une trentaine de syndicats palestiniens lancent un SOS. Ils appellent « leurs homologues internationaux et toutes les personnes de conscience à mettre fin à toute forme de complicité avec les crimes d’Israël, en cessant de toute urgence le commerce des armes avec Israël ainsi que tout financement et toute recherche militaire ».
Leur message, relayé par le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, prend une résonance particulière dans les entreprises françaises liées à l’armement.
Depuis fin 2021, la jurisprudence de la Cour de cassation est claire : « Toute personne qui apporterait intentionnellement son aide, son concours ou toute forme d’assistance à la commission ou à la tentative de commission de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crime de génocide serait passible de poursuites, en qualité de complice. »
Exportations d’armes vers Israël : des entreprises françaises sous pression
Et ce, insiste l’avocat Matteo Bonaglia, « sans que soit exigé un seuil minimal de participation ni qu’il soit nécessaire de démontrer une intention d’aider à la commission du crieme ». « En clair, résume l’avocat, les entreprises françaises d’armement ne peuvent plus se réfugier derrière l’État, qui leur a octroyé une licence d’exportation. Leur responsabilité propre peut être engagée. »
Dans la foulée de l’appel des syndicats palestiniens, l’association Stop Arming Israël est créée. « L’objectif, c’est qu’aucun matériel militaire ne soit acheminé vers Israël », relate Loïc, un de ses fondateurs. Bientôt, des campagnes de tractage sont organisées à l’entrée des entreprises du secteur de l’armement. Les salariés de Thales, Airbus, MBDA, Dassault ou Safran sont approchés.
D’autres sociétés, plus petites, sont également visées. « À chaque fois, explique Loïc, on essaie d’alerter sur leurs liens avec Israël. » L’accueil est parfois frileux. « On a reçu quelques insultes », reconnaît le militant. Mais, au fil des mois, les réactions se font plus chaleureuses, assure-t-il. « Installer un rapport de force, cela prend du temps. »
Élue CGT de la société franco-italienne de fabrication de composants STMicroelectronics – environ 50 000 salariés dont 12 000 en France –, Nadia Salhi répond immédiatement à l’appel des syndicalistes palestiniens et, « pour garantir la sérénité des débats », entame une réflexion collective au sein du syndicat.
Génocide à Gaza : la décision de la CIJ fait évoluer les consciences
Pas facile. « Questionner la coopération militaire sort des préoccupations habituelles, admet Nadia. Dans une entreprise d’armement, cela peut être perçu comme une façon de scier la branche sur laquelle on est assis. » Des enquêtes du média Blast et de l’Observatoire des armements vont encourager la mobilisation.
En violation de l’embargo imposé à la Russie, des composants de STMicroelectronics ont été retrouvés dans des armes utilisées contre l’Ukraine et la direction de ST doit, publiquement, s’engager à cesser tout commerce avec la Russie. Pour la CGT, dont le pacifisme et l’antimilitarisme sont des valeurs fondatrices, c’est une première victoire.
En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) dénonce un « risque de génocide » à Gaza. « Le mot « génocide », ça fait réfléchir », constate Grégory Lewandowski, élu CGT chez Thales. Deux mois plus tard, le site Disclose révèle que la France a continué à fournir des armes à Israël après octobre 2023.
Des « pièces de cartouches pour fusils-mitrailleurs », envoyées par la société Eurolinks au groupe israélien IMI Systems depuis le port de Marseille, ont pu être utilisées contre des civils palestiniens, indique le site d’information. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, sommé de s’expliquer, reconnaît l’envoi des pièces. Elles étaient destinées à être « réexportées vers des pays tiers », minore-t-il.
Les syndicats demandent des comptes sur les partenariats israéliens
Son démenti ne convainc pas. Chez STMicroelectronics, une lettre ouverte de la CGT à la direction réclame « des mesures fortes et urgentes pour garantir que notre entreprise ne participe ni de près ni de loin au massacre en cours à Gaza et en Cisjordanie ». « Afin d’assurer la transparence des usages des puces produites par notre entreprise, nous vous demandons de rendre public (…) l’ensemble des partenariats en cours avec des entités israéliennes », ajoute-t-elle.
Face aux organisations syndicales, la direction se borne à affirmer que ses composants sont « destinés à des fonctionnalités civiles, et pas autre chose ». « On a continué à travailler la question », relate Nadia. En juin 2025, une journée de grève est décidée sur le site de Crolles. « Beaucoup de salariés, sans y prendre part, nous ont encouragés et remerciés », affirme la syndicaliste. Les initiatives se multiplient.
Chez Thales, le partenariat avec la société israélienne de drones Elbit suscite de plus en plus de questions. L’élue CGT Stéphanie Gwizdak opte pour l’organisation d’une journée de formation afin, dit-elle, « d’alimenter les camarades en arguments juridiques et géopolitiques».
Intitulée « Droits et devoirs d’intervention des salariés de l’industrie de la défense », la journée s’articule autour d’une question cruciale : « Si on est associé à un génocide, qu’est-ce qu’on risque ? » Les échanges sont « fructueux » et « de qualité », affirme Stéphanie Gwizdak.
À Fos-sur-Mer, les dockers bloquent l’armement vers Israël
Mais moins d’une trentaine de salariés s’inscrivent. « Mobiliser sur ces questions, c’est un travail de fourmi », constate-t-elle. « Ce n’est pas évident de trouver un consensus, en interne, pour parler du sujet », abonde Pascal Jaugeas, son homologue chez Airbus.
Début juin 2025, une action coup de poing des dockers de Fos-sur-Mer va « libérer les énergies », selon Nadia, de STMicroelectronics. Alertés sur la présence de colis d’armement destinés à Israël, les dockers bloquent coup sur coup deux chargements.
« La CGT pèse 95 % chez nous, cela nous permet d’agir vite, explique leur secrétaire général, Tony Hautbois. Ce n’est malheureusement pas le cas partout. » À quelques jours de l’ouverture du Salon international de l’aéronautique du Bourget, où la présence de stands israéliens suscite une vague de protestations, le blocage de Fos provoque une onde de choc.
Des manifestations sont organisées. Des ONG saisissent la justice en urgence – elles seront déboutées. Sous la pression, le gouvernement décide finalement de faire marche arrière et réclame la fermeture de cinq des neuf stands israéliens. Une victoire en demi-teinte, pour les ONG.
Chez Red Hat, des salariés enquêtent sur les usages militaires de leurs outils
Mais une victoire quand même. « En interne, on ne parlait que de ça », affirme un salarié de Thales. « On était très isolés il y a un an. Depuis quatre ou cinq mois, de plus en plus de camarades s’emparent du sujet », constate Grégory Lewandowski qui, outre Thales, est aussi responsable à la CGT métallurgie. Après les dockers de Fos, la CGT Air France et SUD Solidaires aérien décident, à Roissy, de bloquer l’envoi d’une cargaison d’armes en direction d’Israël.
« La prise de conscience commence à s’étendre », se réjouit Loïc, de Stop Arming Israël. Salarié de l’entreprise Red Hat, rachetée au prix fort par IBM en 2018, Haïkel Guémar est un des fondateurs de Solidaires informatique. Fichage, drones, cloud, data centers… l’informatique, domaine où excellent les entreprises israéliennes, est omniprésente dans les armées modernes, explique-t-il.
« Elle est même cruciale », insiste le syndicaliste. Les drones tueurs ne sont pas tous guidés par des humains. « Ce sont des systèmes informatiques qui, la plupart du temps, décident qui doit vivre ou mourir, détaille le représentant syndical. Sans eux, rien n’est possible. Ils sont les yeux et les oreilles des drones tueurs. »
Les 440 salariés français de Red Hat ont-ils participé, sans le savoir, aux massacres perpétrés à Gaza ? « On a interrogé notre direction, on voulait savoir sur quel terrain d’opération était utilisé le matériel qu’on fabrique, ça n’a rien donné », assure-t-il.
Face à ce « manque de transparence organisé », le syndicaliste s’est transformé en enquêteur. Il épluche les journaux spécialisés, multiplie les contacts avec les associations, les collectifs, les syndicats. Il voit grand, Haïkel Guémar. « J’entretiens le doux rêve d’avoir, un jour, une coopération avec des syndicats israéliens. »
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11 août 2025 1 11 /08 /août /2025 08:00
Génocide à Gaza : des salariés de Safran, Thales et STMicroelectronics dénoncent la complicité de l’industrie française de l’armement

Au sein des entreprises d’armement, la coopération avec Israël pose la question d’une éventuelle complicité de génocide. La CGT, en pointe sur ce combat, multiplie les initiatives. La prise de conscience s’étend.

Le 15 octobre 2023, alors qu’un processus génocidaire s’amorce en réponse aux sanglantes attaques du Hamas, une trentaine de syndicats palestiniens lancent un SOS. Ils appellent « leurs homologues internationaux et toutes les personnes de conscience à mettre fin à toute forme de complicité avec les crimes d’Israël, en cessant de toute urgence le commerce des armes avec Israël ainsi que tout financement et toute recherche militaire ».

Leur message, relayé par le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, prend une résonance particulière dans les entreprises françaises liées à l’armement.

Depuis fin 2021, la jurisprudence de la Cour de cassation est claire : « Toute personne qui apporterait intentionnellement son aide, son concours ou toute forme d’assistance à la commission ou à la tentative de commission de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crime de génocide serait passible de poursuites, en qualité de complice. »

Exportations d’armes vers Israël : des entreprises françaises sous pression

Et ce, insiste l’avocat Matteo Bonaglia, « sans que soit exigé un seuil minimal de participation ni qu’il soit nécessaire de démontrer une intention d’aider à la commission du crieme ». « En clair, résume l’avocat, les entreprises françaises d’armement ne peuvent plus se réfugier derrière l’État, qui leur a octroyé une licence d’exportation. Leur responsabilité propre peut être engagée. »

Dans la foulée de l’appel des syndicats palestiniens, l’association Stop Arming Israël est créée. « L’objectif, c’est qu’aucun matériel militaire ne soit acheminé vers Israël », relate Loïc, un de ses fondateurs. Bientôt, des campagnes de tractage sont organisées à l’entrée des entreprises du secteur de l’armement. Les salariés de Thales, Airbus, MBDA, Dassault ou Safran sont approchés.

 

D’autres sociétés, plus petites, sont également visées. « À chaque fois, explique Loïc, on essaie d’alerter sur leurs liens avec Israël. » L’accueil est parfois frileux. « On a reçu quelques insultes », reconnaît le militant. Mais, au fil des mois, les réactions se font plus chaleureuses, assure-t-il. « Installer un rapport de force, cela prend du temps. »

Élue CGT de la société franco-italienne de fabrication de composants STMicroelectronics – environ 50 000 salariés dont 12 000 en France –, Nadia Salhi répond immédiatement à l’appel des syndicalistes palestiniens et, « pour garantir la sérénité des débats », entame une réflexion collective au sein du syndicat.

Génocide à Gaza : la décision de la CIJ fait évoluer les consciences

Pas facile. « Questionner la coopération militaire sort des préoccupations habituelles, admet Nadia. Dans une entreprise d’armement, cela peut être perçu comme une façon de scier la branche sur laquelle on est assis. » Des enquêtes du média Blast et de l’Observatoire des armements vont encourager la mobilisation.

En violation de l’embargo imposé à la Russie, des composants de STMicroelectronics ont été retrouvés dans des armes utilisées contre l’Ukraine et la direction de ST doit, publiquement, s’engager à cesser tout commerce avec la Russie. Pour la CGT, dont le pacifisme et l’antimilitarisme sont des valeurs fondatrices, c’est une première victoire.

En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) dénonce un « risque de génocide » à Gaza. « Le mot « génocide », ça fait réfléchir », constate Grégory Lewandowski, élu CGT chez Thales. Deux mois plus tard, le site Disclose révèle que la France a continué à fournir des armes à Israël après octobre 2023.

Des « pièces de cartouches pour fusils-mitrailleurs », envoyées par la société Eurolinks au groupe israélien IMI Systems depuis le port de Marseille, ont pu être utilisées contre des civils palestiniens, indique le site d’information. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, sommé de s’expliquer, reconnaît l’envoi des pièces. Elles étaient destinées à être « réexportées vers des pays tiers », minore-t-il.

Les syndicats demandent des comptes sur les partenariats israéliens

Son démenti ne convainc pas. Chez STMicroelectronics, une lettre ouverte de la CGT à la direction réclame « des mesures fortes et urgentes pour garantir que notre entreprise ne participe ni de près ni de loin au massacre en cours à Gaza et en Cisjordanie ». « Afin d’assurer la transparence des usages des puces produites par notre entreprise, nous vous demandons de rendre public (…) l’ensemble des partenariats en cours avec des entités israéliennes », ajoute-t-elle.

Face aux organisations syndicales, la direction se borne à affirmer que ses composants sont « destinés à des fonctionnalités civiles, et pas autre chose ». « On a continué à travailler la question », relate Nadia. En juin 2025, une journée de grève est décidée sur le site de Crolles. « Beaucoup de salariés, sans y prendre part, nous ont encouragés et remerciés », affirme la syndicaliste. Les initiatives se multiplient.

Chez Thales, le partenariat avec la société israélienne de drones Elbit suscite de plus en plus de questions. L’élue CGT Stéphanie Gwizdak opte pour l’organisation d’une journée de formation afin, dit-elle, « d’alimenter les camarades en arguments juridiques et géopolitiques ».

Intitulée « Droits et devoirs d’intervention des salariés de l’industrie de la défense », la journée s’articule autour d’une question cruciale : « Si on est associé à un génocide, qu’est-ce qu’on risque ? » Les échanges sont « fructueux » et « de qualité », affirme Stéphanie Gwizdak.

À Fos-sur-Mer, les dockers bloquent l’armement vers Israël

Mais moins d’une trentaine de salariés s’inscrivent. « Mobiliser sur ces questions, c’est un travail de fourmi », constate-t-elle. « Ce n’est pas évident de trouver un consensus, en interne, pour parler du sujet », abonde Pascal Jaugeas, son homologue chez Airbus.

Début juin 2025, une action coup de poing des dockers de Fos-sur-Mer va « libérer les énergies », selon Nadia, de STMicroelectronics. Alertés sur la présence de colis d’armement destinés à Israël, les dockers bloquent coup sur coup deux chargements.

« La CGT pèse 95 % chez nous, cela nous permet d’agir vite, explique leur secrétaire général, Tony Hautbois. Ce n’est malheureusement pas le cas partout. » À quelques jours de l’ouverture du Salon international de l’aéronautique du Bourget, où la présence de stands israéliens suscite une vague de protestations, le blocage de Fos provoque une onde de choc.

Des manifestations sont organisées. Des ONG saisissent la justice en urgence – elles seront déboutées. Sous la pression, le gouvernement décide finalement de faire marche arrière et réclame la fermeture de cinq des neuf stands israéliens. Une victoire en demi-teinte, pour les ONG.

Chez Red Hat, des salariés enquêtent sur les usages militaires de leurs outils

Mais une victoire quand même. « En interne, on ne parlait que de ça », affirme un salarié de Thales. « On était très isolés il y a un an. Depuis quatre ou cinq mois, de plus en plus de camarades s’emparent du sujet », constate Grégory Lewandowski qui, outre Thales, est aussi responsable à la CGT métallurgie. Après les dockers de Fos, la CGT Air France et SUD Solidaires aérien décident, à Roissy, de bloquer l’envoi d’une cargaison d’armes en direction d’Israël.

« La prise de conscience commence à s’étendre », se réjouit Loïc, de Stop Arming Israël. Salarié de l’entreprise Red Hat, rachetée au prix fort par IBM en 2018, Haïkel Guémar est un des fondateurs de Solidaires informatique. Fichage, drones, cloud, data centers… l’informatique, domaine où excellent les entreprises israéliennes, est omniprésente dans les armées modernes, explique-t-il.

« Elle est même cruciale », insiste le syndicaliste. Les drones tueurs ne sont pas tous guidés par des humains. « Ce sont des systèmes informatiques qui, la plupart du temps, décident qui doit vivre ou mourir, détaille le représentant syndical. Sans eux, rien n’est possible. Ils sont les yeux et les oreilles des drones tueurs. »

Les 440 salariés français de Red Hat ont-ils participé, sans le savoir, aux massacres perpétrés à Gaza ? « On a interrogé notre direction, on voulait savoir sur quel terrain d’opération était utilisé le matériel qu’on fabrique, ça n’a rien donné », assure-t-il.

Face à ce « manque de transparence organisé », le syndicaliste s’est transformé en enquêteur. Il épluche les journaux spécialisés, multiplie les contacts avec les associations, les collectifs, les syndicats. Il voit grand, Haïkel Guémar. « J’entretiens le doux rêve d’avoir, un jour, une coopération avec des syndicats israéliens. »

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11 août 2025 1 11 /08 /août /2025 05:00
Affiche commandée par le ministère du travail algérien finançant également la pièce de Kateb Yacine, l'ami d'Issiakhem, que cette affiche illustre

Affiche commandée par le ministère du travail algérien finançant également la pièce de Kateb Yacine, l'ami d'Issiakhem, que cette affiche illustre

Histoires d'Algérie: M'hamed Issiakhem, peintre emblématique de l'Algérie indépendante et artiste sympathisant communiste
M'hamed Issiakhem est un artiste emblématique de l'Algérie qui gagne à être connu pour ceux qui n'auraient pas cette chance déjà. Il est né en 1928 en région kabyle près d'Azeffoun (ex Port Gueydon) et a grandi à Relizane où son père est propriétaire de bain maure dans l'ouest algerien. Un événement tragique fait basculer son destin à la fin de la seconde guerre mondiale: une grenade volée aux troupes américaines avec des amis à 15 ans lui explose dans les mains et lui coûte en plus d'un bras, la vie de trois membres de sa famille. C'est lors de son hospitalisation à la suite de ce terrible accident qu'il va prendre le goût du dessin, comme Frida Kahlo. En 1950 il s'inscrit à l'école nationale des Beaux Arts puis rejoint Paris où il suit des cours de gravure. Il y rencontre le poète et romancier Kateb Yacine, journaliste à Alger Républicain également, et devient son ami. Proche des communistes et des étudiants algériens de Paris il défend la lutte pour l'indépendance de son pays pendant la guerre d'Algérie. En 1962 il retrouve Kateb Yacine à Alger et ils travaillent tous deux pour Alger Républicain qui reparaît en juillet 62, le journal de Henri Alleg, Boualem Khalfa, et Abdelhamid Benzine dont il devient un intime, tous trois des communistes indépendantistes du PCA ayant intégré le front national de libération algérien et subi les affres de la répression et des bagnes du colonialisme français. Issiakhem illustre à ce moment le récit témoignage "Le camp", journal de prison du dirigeant communiste Abdelhamid Benzine qui paraît en feuilleton dans "Alger Républicain" en 1962, comme "La question" d'Henri Alleg. Ses dessins de presse et caricatures sont mordants. Et à plusieurs reprises il illustre en pleine page les Unes d'Alger Républicain avec des dessins populaires, enthousiastes et rassembleurs au service de la révolution algérienne.
Issiakhem fait partie des artistes révolutionnaires qui comme Malek Haddad et Kateb Yacine veulent "gagner un public populaire à leur art" et affirmer leur solidarité avec le peuple. Il enseigne à l'école des Beaux Arts d'Alger et à l'école des Beaux Arts d'Oran et pratique le dessin de presse tout autant qu'une peinture plus savante, sombre et exigeante, hantée par le sacrifice des femmes dans la révolution algerienne, la torture et la mort. Il illustre aussi dans son style personnel les poèmes de Kateb Yacine de manière somptueuse. En 1972 il visite le Vietnam et il y affirme son soutien à la lutte contre l'impérialisme du Vietminh. Il séjourne à Moscou en 1977 et 1978 et y approfondit à la fois sa connaissance du communisme et son amour de la littérature russe, de Dostoïevski, Pouchkine, Maïakovski. Il réalise des affiches de pièces de théâtre et de couvertures de nouvelles et de romans de Kateb Yacine, des unes de magazines qui font penser à des affiches politiques aussi bien que des tableaux plus personnels, mélancoliques, torturés et expressionnistes. On lui doit de superbes visuels de billets de banque de l'Algérie indépendante, de timbres de l'état algérien, des pochettes de disques de musique algérienne, et beaucoup de portraits de femmes.
Issiakhem meurt le 1er décembre 1985. 
 
 
Source: livre collectif paru sous la direction de Djaafar Inal en 2007 "Issiakhem la face oubliée de l'artiste". 
Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Autoportrait de M'hamed Issiakhem

Autoportrait de M'hamed Issiakhem

Histoires d'Algérie: M'hamed Issiakhem, peintre emblématique de l'Algérie indépendante et artiste sympathisant communiste
Histoires d'Algérie: M'hamed Issiakhem, peintre emblématique de l'Algérie indépendante et artiste sympathisant communiste
Histoires d'Algérie: M'hamed Issiakhem, peintre emblématique de l'Algérie indépendante et artiste sympathisant communiste
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Histoires d'Algérie: M'hamed Issiakhem, peintre emblématique de l'Algérie indépendante et artiste sympathisant communiste
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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 11:53
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
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"Alger Républicain" ne connaîtra un nouveau départ qu'après 7 ans d'interdiction pendant la e guerre d'Algérie, à l'Indépendance, en 1962.

A l'heure de l'indépendance, Henri Alleg, torturé par l'armée française, qui a exécuté son ami le mathématicien Maurice Audin, Henri Alleg l'inoubliable auteur de "La Question", est évadé de la prison de Rennes, où sera également enfermée Djamila Boupacha, défendue par l'avocate Gisèle Halimi, et réfugié à Prague.

Boualem Khalfa est évadé, et clandestin en France. Abdelhamid Benzine a été fait prisonnier au maquis comme Jacques Salort.

Le numéro 1 du nouvel "Alger républicain" est daté des mardis 17 et mercredi 18 juillet 1968. En réalité, il est rédigé plus de 15 jours avant. Les communistes algériens n'ont pas l'accord du GPRA et du FLN pour faire reparaître le journal mais ils décident de passer outre, sachant que des centaines de milliers d'Algériens attendent la reparution du journal principal de grande diffusion qui défendait des idées anticolonialistes avant la guerre d'indépendance. Ce sont des ouvriers de "La Marseillaise" organe régional du PCF dans le sud de la France qui vont préparer ce premier numéro d'Alger Républicain nouvelle formule. 

Un titre barre la première page: "Unis comme pendant la guerre de libération nationale, en avant pour l'indépendance, pour la construction de la République algérienne, pour la démocratie, la justice et le progrès!".

Henri Alleg, dans son dernier livre de mémoire, "Mémoire algérienne" (Stock, 2005) , rappelle les termes de cet éditorial: 

"Une Algérie détruisant les séquelles du colonialisme, offrant à tous, quelle que soit leur origine, les mêmes droits et les mêmes devoirs, avançant hardiment dans la voie de la démocratie, de la justice et du progrès... Une Algérie où la terre appartiendra enfin aux fellahs, aux ouvriers agricoles, où les richesses essentielles seront la propriété du peuple tout entier...". 

L'accent était mis sur la nécessité d'une large démocratie et du respect de la diversité des opinions: 

"Il est normal et utile que des nuances de pensée existent et s'expriment et c'est dans la libre discussion entre patriotes, tous également soucieux des intérêts de la patrie, que s'élaboreront les solutions les meilleures aux problèmes posés. Plus large et plus libre sera la discussion, plus clairs et plus nets apparaîtront à chacun les dangers à éviter et les objectifs à atteindre, plus profonde sera la mobilisation populaire autour d'eux et plus ferme sera l'autorité intérieure et extérieure du nouvel État algérien".  

Nous avons retrouvé l'original de ce n°1 d'Alger Républicain nouvelle formule, rédigé essentiellement par Henri Alleg, et publié en accord avec Salort et Benzine à Alger. 

"Alger Républicain" a troqué son en-tête bleu d'autrefois pour la couleur nationale de l'Algérie indépendante: le vert.

Le nouvel "Alger républicain" de l'Algérie nouvelle, toujours dirigé par Alleg et Benzine (Khalfa n'est pas encore rentré de France) tire à 80 000 exemplaires, un nombre d'exemplaires inégalé pour le journal progressiste et communiste. 

Ce tirage allait s'avérer insuffisant, bien que l'absence d'un service de messagerie allait en limiter la diffusion à Alger et sa banlieue. Le journal fut acclamé par des clameurs de joie dans les quartiers d'Alger: "Haoua dja Alger'publicain mta'na!" ("Notre Alger Républicain est revenu!"). Il est placardé sur les murs par des mains inconnues et bénévoles, collés dans les halls et devant les immeubles des cités HLM à Diar El Mahçoul, et au Clos Salambier. 

Les premiers mois, le tirage d'Alger Républicain de l'indépendance varie entre 80 000 et 100 000 exemplaires pour se stabiliser, après la parution de quotidiens du FLN dans les régions d'Oran et de Constantine, autour de 65 000 à 70 000 exemplaires, tandis que l'organe centrale du FLN, "Le Peuple" ("Ech Chaab" dans la version arabe) ne parvient pas à dépasser les 15 000 ou 20 000 exemplaires. L'étendue de la diffusion fait à cette époque d'"Alger Républicain" le plus grand quotidien d'Algérie.  

Le journal sera de nouveau de nouveau interdit au moment du coup d’État de Boumediene en 1965 faisant suite à l'interdiction du PCA en novembre 1962. Il reparaîtra à la fin des années 80 et pendant les années 90 au moment où les militants communistes du PAGS sortent de la clandestinité mais devra paraître dans un contexte où ses journalistes et équipes peuvent être la cible d'attentats terroristes islamistes. 

Ismaël Dupont 

A lire aussi :

Histoires d'Algérie : Blanche et André Moine, militants communistes du PCA pendant la guerre d'Algérie

La grande aventure d'Alger Républicain, par Henri Alleg, Abdelhamid Benzine, Boualem Khalfa

Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale et les travaux pionniers de Pierre-Jean-Le Foll-Luciani - par Malika Rahal) 

D'une guerre civile à l'autre... - La guerre civile en France (1858-1962) par l'historien américain Grey Anderson (La Fabrique, 2018)

Témoignage - L'itinéraire de Michel Tanguy, instituteur morlaisien communiste en Algérie pendant la guerre d'Algérie

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

Histoires d'Algérie - Connaissez-vous Raymonde Peschard, militante communiste algérienne tuée au maquis avec des camarades de l'ALN le 29 novembre 1957?

Histoires d'Algérie: Danielle Minne, alias Djamila Amrane Minne, une française d'Algérie engagée pour l'indépendance avec le FLN

Histoire d'Algérie: comment, sortis de leurs bagnes, les députés communistes reprenaient le travail de formation des militants en Algérie pendant la seconde guerre mondiale (Henri Alleg, Mémoire algérienne)

Histoires d'Algérie: Djamila Boupacha, militante FLN défendue par Gisèle Halimi et dont Picasso fit une icône de la lutte des Algériens

Communist'Art: Anne Greki, poétesse algérienne (1931-1966)

Histoires d'Algérie: Colette Grégoire dite Anna Greki, poétesse, communiste, militante de l'indépendance: l'amour et la rage au coeur

Histoires d'Algérie - Fernand Iveton: militant communiste algérien décapité pour l'exemple en février 1957

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

A Khenchela, les colonialistes ont arrêté un instituteur français à titre d'otage - Marie Perrot, L'Humanité, 11 novembre 1954

Histoires d'Algérie - La militante du PCA Gaby Gimenez, arrêtée et torturée par Vichy puis pendant la guerre d'Algérie

Histoires d'Algérie - "Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien" (PUR, 2012)

Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran

Histoires d'Algérie: L'histoire d'un poème anticolonialiste de 1952 de Kateb Yacine: Le fourgon cellulaire

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 08:09
Une délégation de la JC à Cuba pour exprimer la solidarité des Jeunes communistes français
Ils se sont envolés pour Cuba le 6 août avec une délégation de 20 jeunes communistes venus de tout le pays : Maine-et-Loire, Haute-Garonne, Vienne, Paris, Seine-Saint-Denis, Nord, Finistère (notre camarade de la JC et du PCF élu à Brest et secrétaire départemental de la JC Taran Marec), Tarn...
Pendant 10 jours, ils vont rencontrer des jeunes cubains, participer à des échanges politiques, découvrir des projets dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture ou encore de la transition énergétique.
Cette délégation, c’est aussi un acte de solidarité. Ils apportent des valises de médicaments et iront aider de jeunes agriculteurs dans leur travail quotidien, fortement entravé par le blocus imposé par les États-Unis.
 Ce blocus, illégal en droit international, est chaque année condamné par l’ONU à une écrasante majorité. Il affame et isole un peuple qui n’a jamais cessé de résister.
Depuis la France, cap sur Cuba : pour témoigner, pour agir, pour faire vivre la solidarité internationale.
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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 08:01
80 ans après Hiroshima : « La dissuasion nucléaire n’empêche rien, au contraire : elle favorise », analyse Roland Nivet, président du Mouvement de la paix - L'Humanité
Entretien avec Roland Nivet réalisé depuis Hiroshima par Valentin Ollier pour l'Humanité
80 ans après Hiroshima : « La dissuasion nucléaire n’empêche rien, au contraire : elle favorise », analyse Roland Nivet, président du Mouvement de la paix
 
Accompagné d’une délégation française du Mouvement de la paix, Roland Nivet participe à la Conférence d’Hiroshima contre les bombes A et H, où 4 000 pacifistes se réunissent. Entre les témoignages des rescapés (les Hibakushas) et les prises de position pour le respect du droit international, il appelle à la remise en cause de la dissuasion nucléaire.
 
Rubrique Monde de l'Humanité 
 
Vous participez avec une délégation française du Mouvement de la paix à la Conférence d’Hiroshima contre les bombes A et H. 80 ans après leur utilisation, quels sont les enjeux de ces discussions ?
 
Un des premiers moments forts de la Conférence a été le témoignage des hibakushas, les survivants et témoins d’Hiroshima et de Nagasaki. Ils ont raconté les conséquences de la bombe atomique sur les corps et les esprits, les cancers, les fausses couches et la panique généralisée… Nous tenions à ce qu’une partie de notre délégation soit composée de jeunes. Pour eux, ces témoignages vivants sont extrêmement importants. Dans nos discussions, c’est bien sûr la préoccupation des armes nucléaires qui prédomine. Mais nous avons aussi longuement abordé la question du conflit en Palestine qui fait écho aujourd’hui à la remise en cause du droit international. Dans nos échanges, j’ai senti cette année une forme de gravité. Tout le monde est conscient que nous sommes au bord de la catastrophe. Nous avons appelé tous les chefs d’États au respect des résolutions des Nations unies.
 
Lorsque l’on observe la passe d’armes entre Medvedev et Trump qui brandissent tous deux la menace atomique ou Emmanuel Macron qui souhaite étendre notre parapluie nucléaire, que penser de la dissuasion et de son efficacité ?
 
On s’aperçoit que la dissuasion n’empêche rien, au contraire : elle favorise. La campagne la plus importante aujourd’hui c’est la revalorisation du droit international. C’est le droit qui fixe l’obligation à la communauté internationale d’éliminer les armes nucléaires. Nous dénonçons l’illusion de la dissuasion comme possibilité de préserver ou d’apporter la paix, en appelant les cinq États dotés de l’arme et membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU de s’engager dans la signature du Traité pour l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Des alternatives sont possibles. Toutes les délégations s’attachent à dire que nous avons besoin de coopération. En 2017, les 122 États qui ont voté le TIAN étaient pour la plupart des États du Sud. Pour gagner le plus rapidement possible le désarmement nucléaire, il est nécessaire que nous, les opinions publiques des pays dotés d’armes nucléaires, trouvions les moyens de travailler mieux ensemble.
Comment expliquer que malgré la signature du Traité de non-prolifération (TNP) en 1968 et celui du TIAN en 2017, la prolifération se poursuit ?
La prolifération se poursuit parce que les forces du lobby militaro-industriel disposent aussi des moyens de communication. Il s’agit d’un combat entre ceux qui continuent de penser l’humanité en termes de domination économique et financière et ceux qui cherchent à inventer un monde plus juste, plus solidaire. Et dans ce bras de fer, les opinions publiques constituent les éléments déterminants. Il n’y a pas d’autres solutions. Il faut travailler mieux, sur le terrain politique, syndical et associatif. Dans la paix finale, il y a l’idée d’une coopération entre les États, les ONG, les opinions publiques et les organisations internationales. C’est de cette manière que le TIAN s’est imposé.
 
Alors que l’agression russe en Ukraine se poursuit et qu’Israël n’en finit plus d’attaquer ses voisins, le Traité de non-prolifération ne présente-t-il pas une limite en permettant à des États bénéficiant de l’arme nucléaire de dominer ceux n’y ayant pas droit ?
 
Je ne le crois pas. La Cour de justice internationale a estimé que le TNP impliquait une obligation juridique à aller jusqu’au bout du désarmement nucléaire. Le TIAN n’est que la mise en œuvre du TNP. Rien ne s’oppose à ce que la France signe celui-ci et pousse auprès de l’ensemble de ses partenaires pour que l’on avance vers le désarmement nucléaire. C’est une injustice inadmissible pour les populations victimes de cette menace. Si on veut faire grandir une construction de la paix alternative, il y a des solutions. Notamment grâce à l’outil que représente le droit international, grâce à la négociation et à la diplomatie. Je crois que le TNP est toujours un bon instrument pour faire remarquer à la France et d’autres leurs contradictions. Si nos pays se permettent de violer le droit international, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas. Nous sommes dans une bataille qui vise à arrêter de discréditer le droit international, même si celui-ci peut être amélioré. Le TNP est l’élément fondateur, il faut le préserver et il comporte un engagement. C’est tricher avec la loi que de dire que le TNP permet la domination nucléaire de certains États.
 
 
80 ans après Hiroshima : « La dissuasion nucléaire n’empêche rien, au contraire : elle favorise », analyse Roland Nivet, président du Mouvement de la paix - L'Humanité
80 ans après Hiroshima : « La dissuasion nucléaire n’empêche rien, au contraire : elle favorise », analyse Roland Nivet, président du Mouvement de la paix - L'Humanité
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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 07:49
Arrêter Netanyahou par l'action et des sanctions internationales (PCF, 8 août 2025)
Arrêter Netanyahou par l’action et les sanctions internationales
 
Le gouvernement de Benjamin Netanyahou vient de présenter un plan pour « prendre le contrôle » de Gaza-Ville, qui marque une nouvelle étape dans sa politique d’épuration ethnique des territoires palestiniens. Cette annonce intervient alors que la famine continue de sévir dans l’ensemble de la bande de Gaza, du fait du blocus israélien et que, sous les ordres de ce Premier ministre et de son cabinet d’extrême droite, les massacres de masse, les crimes de guerre et crimes contre l’humanité se poursuivent. Dans le même temps, la colonisation s’intensifie en Cisjordanie, en violation de toutes les résolutions des Nations unies.
Contre ce plan, s’exprime un mouvement de protestation sans précédent en Israël. Les mouvements de paix, d’anciens otages libérés et des familles des otages toujours détenus dans des conditions abominables par le Hamas appellent à l’arrêt d’une guerre qui ne vise que des populations civiles. 500 anciens hauts responsables de l’armée et des services de renseignement viennent même de dénoncer le fanatisme du gouvernement, qui « conduit l’État d’Israël à la perte de sa sécurité et de son identité ». Nos camarades de la coalition Hadash et du Parti communiste israélien appellent, quant à eux, à renforcer la mobilisation contre Netanyahou et sa politique, y compris par la grève.
Toutes ces voix doivent être entendues de la communauté internationale. Le Parti communiste français leur apporte sa solidarité et il appelle toutes les forces éprises de paix, de justice et de démocratie à se mobiliser à leurs côtés et aux côtés du peuple palestinien sous la terreur.
Le seul moyen d’arrêter Netanyahou et l’horreur en cours est la pression internationale comme celle qui s'est exercée en son temps pour mettre fin à l'apartheid en Afrique du Sud. Soit la communauté internationale continue de se montrer complice des massacres de masse et de l’épuration ethnique, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par le gouvernement, l'armée et les colons israéliens. Soit elle impose à Netanyahou et à son protecteur états-unien un cessez-le-feu immédiat, l’entrée d’une aide humanitaire massive à Gaza, l’arrêt des exactions en Cisjordanie et la libération des otages encore détenus par le Hamas.
Les largages de quelques tonnes d’assistance ne suffisent plus. La reconnaissance de l’État de Palestine est indispensable, mais elle ne peut intervenir lorsque Gaza aura été transformé en cimetière. Il est urgent d’agir concrètement.
L’ONU a condamné le plan provocateur de Netanyahou. La Chine, le Brésil, l’Espagne et d’autres États ont protesté. La France a une responsabilité primordiale et doit s’inscrire dans ce mouvement en agissant pour :
- Proposer à l’ONU une résolution condamnant sans réserve cette nouvelle violation du droit international. Le gouvernement français doit convoquer l’ambassadeur de l’État d’Israël pour lui notifier l’opposition sans réserve de notre pays, et rappeler pour consultation l’ambassadeur de France en Israël.
- Déclarer un embargo sur les armes : pas une arme, pas une balle, pas une technologie, pas une puce électronique ne doit être livrée à Israël et l’armée israélienne. L’annonce de l’Allemagne est un point d’appui inédit. Les soldats et les colons franco-israéliens qui participent aux massacres doivent être poursuivis et condamnés en France pour crime contre l’humanité.
- Prendre des sanctions à l’encontre de l’actuel pouvoir israélien tant qu’il bafouera le droit international. La France doit agir concrètement pour que l’UE suspende l’accord d’association avec l’État d’Israël. Les avoirs de dirigeants israéliens doivent être gelés. Sans attendre, notre pays doit prendre la tête d’une coalition de tous les États disposés à prendre des sanctions contre les dirigeants israéliens. Elle peut elle-même décider immédiatement de rompre toute relation commerciale avec Israël et de mettre fin à l’importation de produits provenant des colonies et des territoires occupés.
- Décider d’appliquer les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale à l’encontre de Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant, dont les crimes innommables ne peuvent rester impunis.
- Annoncer que la bande de Gaza est indissociable de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, qu’ensemble ces territoires sont partie intégrante du futur État de Palestine. C’est ce que demande l’Organisation de libération de la Palestine, seule représentante légitime du peuple palestinien.
L’avenir de la région, la paix pour Palestiniens et Israéliens passent par l’existence d’un Etat de Palestine laïc et démocratique, reconnu de plein droit par les Nations unies. Celles-ci doivent désormais faire savoir au pouvoir israélien que, s’il concrétisait sa volonté d’empêcher les deux peuples de vivre demain dans des États aux frontières sûres et reconnues, il serait mis au ban de la communauté internationale.
Paris, le 9 août 2025
Parti communiste français.
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5 août 2025 2 05 /08 /août /2025 06:00

 

Prendre rendez-vous avec l’histoire. C’est le chemin que semble vouloir emprunter le président de la République. En annonçant hier le lancement d’un processus de reconnaissance unilatérale de l’Etat de Palestine par la France, Emmanuel Macron semble enfin prendre ses responsabilités.

En indiquant dans sa déclaration qu’il souhaite acter cette reconnaissance en septembre prochain à l’Assemblée générale des Nations Unies, le président exprime enfin la voix d’une France courageuse, indépendante et respectueuse du droit international sur le dossier proche-oriental. Une voie que nous aurions du prendre bet faire entendre depuis fort longtemps, y compris au moins depuis 2014, quand les deux assemblées avaient adopté une résolution invitant déjà l’Etat à reconnaître l’état palestinien. C’était déjà il y a plus de 11 ans. 

Dès ce lundi 28 juillet, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot portera cet objectif au comité des droits de l’homme de l’instance onusienne. Nous ne pouvons que s’en nous féliciter d’autant que le chemin a été très, trop long. Plusieurs décennies de processus de paix ont constitué l’excuse de l’inaction d’une diplomatie française qui s’est longtemps égarée ou tue. Non pas par manque d’engagement des personnels diplomatiques qui suivent les dossiers relatifs au monde arabe. Mais par manque de courage politique, l’orientation atlantiste ayant primé au détriment d’une voix originale de la France sur la scène internationale.

Le « bon moment » constituait la formule convenue pour écarter à chaque fois cette reconnaissance étatique de la Palestine. Malgré les mobilisations populaires, malgré les rapports internationaux alarmants, malgré les actions juridiques et pacifiques des acteurs palestiniens à travers l’Autorité palestinienne et l’OLP qui mené quinze ans de batailles dans les institutions internationales. Malgré un blocus de Gaza depuis plus de 20 ans, d’une colonisation qui se poursuit à Jérusalem est comme en Cisjordanie, du mur de la honte, des violences quotidiennes, des expropriations, des enfermements arbitraires, de la politique d’apartheid…

Ce changement de position de l’Elysée est à mettre au crédit de milliers d’actions d’un mouvement populaire, associatif et politique dans la durée pour faire entendre l’exigence de liberté du peuple palestinien. 

Il a fallu une énième guerre d’Israël contre le peuple palestinien non seulement meurtrière mais inédite par l’ampleur des massacres au point de constituer un génocide  pour que Paris daigne franchir le pas. Un pas qui se fait encore attendre d’ici septembre. Mais pourquoi pas maintenant ? On le sait pourtant, Tel-Aviv ne restera pas l’arme au poing et mène déjà la bataille diplomatique pour empêcher  cette initiative française, soutenu en cela par Washington. 

L’attaque israélienne contre l’Iran, dite guerre des 12 jours, en juin dernier, était par exemple une action menée, en partie, pour empêcher la conférence franco-saoudienne à l’ONU, où la France devait déjà reconnaitre la Palestine. Il faut espérer que le vote hier à la Knesset (parlement israélien) à une large majorité, au-delà de la coalition d’extrême droite au pouvoir, pour ne pas voir l’émergence d’un état palestinien au coté d’un état israélien, a fait prendre conscience qu’il ne fallait rien attendre des dirigeants israéliens actuellement au pouvoir. Il faut rester vigilant car l’Elysée est toujours capable d’une volte-face au dernier moment et le mois de septembre est encore lointain. 

De fait, au-delà de cette promesse présidentielle de reconnaissance, beaucoup d’incertitudes et d’obstacles demeurent : Paris ne fait nullement mention des frontières de 1967 dans sa déclaration ni de la fin de la colonisation et de l’occupation des territoires palestiniens. Les souffrances palestiniennes seraient tombées du ciel comme s’il n’y avait pas un occupant et un occupé…Pire, il est évoqué l’idée d’un Etat palestinien démilitarisé pour assurer la sécurité d’Israël…C’est le même type d’exigence que la Russie veut imposer à une Ukraine qu’elle souhaite morcelée et vassalisée… Cette pose de conditions est totalement inacceptable.

Le chemin est donc encore long pour une reconnaissance pleine et entière de l’Etat de Palestine. Si la France va au bout de ses intentions, cela serait un pas énorme d’autant plus que ce serait le premier pays membre du G7 à le faire. Mais n’oublions pas que 148 Etats l’ont déjà fait, prouvant que c’est une action bien tardive. L’urgence est avant tout, à stopper la folie guerrière de Netanyahou qui affame Gaza, à ouvrir un couloir humanitaire pour que l’aide internationale entre au plus vite. Les derniers otages retenus par le Hamas doivent être libérés au plus vite pour qu’ils retrouvent leurs familles. Un cessez le feu durable doit être une absolue nécessité. Et la libération des prisonniers politiques palestiniens, dont Marwan Barghouti, qui pourrait unifier le peuple palestinien doit être aussi exigé. 

La reconnaissance de l’Etat palestinien doit se faire sans plus tarder. Le président doit agir maintenant. Il doit aussi prendre d’autres actes en conformité avec cette ambition : il n’y aura pas d’Etat palestinien sans décolonisation et sans sanctions contre les dirigeants israéliens. Il faut rappeler que Netanyahou, comme d’autres dirigeants israéliens et du Hamas, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour crime de guerre et crime contre l’Humanité. Tout doit être mis en œuvre pour que les dirigeants répondent de leurs actes. Il faut également suspendre les accords internationaux, européens, de coopération avec l’Etat d’Israël tant que celui-ci ne respectera pas le droit international. 

Les mobilisations, des forces internationalistes aux simples citoyens épris d’humanisme, ne doivent pas attendre un moment officiel en septembre. Personne ne doit relâcher la pression et la mobilisation, car une volteface présidentielle est toujours possible. Restons pleinement mobilisés jusqu’à un cessez-le-feu, l’arrêt du génocide et pour la justice et la paix entre les peuples palestinien et israélien. 

 

 

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3 août 2025 7 03 /08 /août /2025 06:00

 

Négocier un accord inégal après une partie de golf. Voilà à quoi est rendue cette Commission européenne dont la présidente Ursula von der Leyen affirmait au début de son premier mandat en 2019 qu’elle serait géopolitique. 

Six ans ont passé et l’errance a constitué la ligne de conduite d’une Union européenne toujours décalée par rapport aux enjeux et aux réalités de ce monde.

En actant un accord sur les droits de douane qui fait la part belle au capital étatsunien, l’Union européenne a acté sa vassalisation. Depuis le 2 avril dernier, « jour de la victoire » proclamé par Donald Trump, le monde est sommé de répondre aux injonctions d’un capital étatsunien qui veut imposer ses conditions économiques. Cette politique commerciale agressive vise à réaffirmer la prééminence de Washington sur le monde alors que les puissances économiques émergentes remettent en cause son hégémonie.  Elle veut très concrètement imposer des débouchés intérieurs à l’Oncle Sam et à faire payer sa politique monétaire. 

Alors que le coup de marteau initial a provoqué des réponses diverses, les nouveaux pôles d’attractivité économique ne s’en sont pas laissé compter. Les efforts de la Chine, du Brésil ont été par exemple payants puisque Washington a reculé même s’il a clairement placé ces deux Etats comme des acteurs hostiles sur le marché international.

L’Union européenne a d’emblée affirmé une riposte bien molle et nombre  de chefs d’Etat européens dont Georgia Meloni pour l’Italie, Vitkor Orban pour la Hongrie, soit l’axe d’extrême droite européen, tentaient de négocier individuellement. Il serait donc facile de ne vilipender que la seule Commission européenne car les chefs d’Etat ont leur mot à dire. Il faut dire que ces derniers n’avaient pas une position commune de par la nature de leurs économies respectives entre des Etats très dépendants de l’exportation vers les Etats-Unis comme l’Allemagne et d’autres qui mettaient en avant la dimension davantage politique. Les dirigeants d’extrême droite se félicitent d’un accord inégal alors qu’il sera terrible pour les industries européennes. Des économistes annoncent d’ores et déjà une dizaine de milliers d’emplois qui seront supprimes en France. Voilà le vrai visage de ces nationalistes qui servent le capital au détriment des travailleurs. Rappelons que ce genre d’accords inégaux ont été déjà été imposés par les Européens aux Etats africains ou des Caraïbes. C’est donc l’Europe qui se retrouve dans le mauvais rôle.

Au final, l’Union européenne va voir ses droits de douane passés de 2% à 15% sur un certain nombre de marchés. Mais l’essentiel du « deal » passé entre Von der Leyen et Trump consiste en l’achat massif par les Européens (pour plus de 700 milliards) d’hydrocarbures (gaz naturel liquéfié et gaz de schiste). Voilà de quoi financer la politique d’énergies fossiles de Washington alors que le Vieux Continent se targue d’être une zone écolo-compatible avec le Green Deal…C’est surtout la confirmation que les Européens vont alimenter l’autre machine industrielle des Etats-Unis que constitue le complexe militaire puisque les engagements ont été pris pour acheter 600 milliards d’équipements.

Il est plus que temps d’arrêter cette mascarade. Les chefs d’Etat européens doivent prendre leurs responsabilités. Il peuvent refuser cet accord, dont les termes n’ont toujours pas été dévoilés, en Conseil européen qui est l’instance décisionnaire. Alors que François Bayrou a qualifié cet accord de jour sombre, Emmanuel Macron en appelle à « être craints ». Des formules creuses qui masquent mal le fait que personne ne veut assumer un affrontement ou même une quelconque voix divergente vis-à-vis de Washington. Le Parlement doit être saisi à la reprise de la session parlementaire avec un débat puis un vote. Ce ne peut être que la seule solution pour clarifier les positions et conférer un mandat clair à l’exécutif. 

Quelles que soient les divergences de nature capitalistes des Européens, il semble que la mise sous parapluie étatsunien fasse consensus parmi ceux-là même qui appellent au réveil européen. Ils ne reprennent pas les préconisations du rapport Draghi, qui n’est pourtant pas un adepte d’un socialisme européen, pour investir massivement dans l’économie de la recherche et réussir le pari d’une nouvelle industrialisation. L’autonomie, la souveraineté et l’adaptation au changement climatique sont sacrificiés au nom d’un occidentalisme mal placé. En se comportant comme tel, les autres puissances feront à l’Europe ce que Washington vient de faire.

Le reste du monde n’est pourtant pas une jungle et il reste un espace où les Européens peuvent développer un modèle de justice sociale, démocratique et à teneur écologique. C’est dès maintenant qu’il faut réorienter l’argent de la Banque centrale pour développer des fonds d’investissement à dimension économique, sociale et écologique, prémisses d’un nouvel âge des services publics. Il est également possible de bâtir des traités mutuellement avantageux entre les parties, hors des logiques libérales et de moins disant social et environnemental.

Cette nouvelle soumission de Bruxelles et des chefs d’Etat démontre que les capitalistes n’ont que faire des intérêts des peuples. Une refondation des institutions européens est plus que jamais nécessaire pour bâtir une Europe des nations et des peuples souverains.

 

 

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