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17 décembre 2025 3 17 /12 /décembre /2025 08:27
La section PCF du Pays de Morlaix lève des fonds de solidarité citoyenne pour nos amis du camp de réfugiés palestinien de Jalazone

Nous avons accueilli hier, vendredi 12 décembre, en début de réunion du PCF Morlaix Said et Camille de l'AJPF. Said, né à Balata et en contact avec de nombreux comités populaires et leurs responsables dans les camps de réfugiés de Cisjordanie, nous a exposé la dure situation des réfugiés des camps palestiniens, largement aggravée depuis le 7 octobre 2023. Un bel élan de solidarité porté par le PCF Morlaix et Morlaix Wavel AJPF ont permis de réunir déjà 1800 euros d'aide d'urgence au profit du comité populaire de Jalazone pour la population palestinienne du camp de Jalazone, environ 15 000 habitants comme Morlaix, avec lequel Morlaix et Morlaix co entretiennent des liens de partenariats étroits, comme l'AFPS Morlaix avec le centre dignité Al Karama et plusieurs missions de solidarité (c'est aussi avec Jalazone que l'Afps Nord-Finistère et la ville de Brest ont leurs partenariats solidaires).

Nous allons tâcher de continuer à déployer cet élan citoyen de solidarité concrète avec le peuple palestinien et Jalazone dans la région de Morlaix car les besoins sont immenses et c'est aussi une manière de manifester notre soutien politique pour la Palestine. Nos militants sont aussi investis pour le camp palestinien du Liban de Wavel et pour la campagne un million d'oliviers pour la Palestine pour laquelle le PCF Finistère avec ses sections et ses militants, la fédération, les dons citoyens ont réuni 8000 euros depuis 6 mois, autant d'aide directe à l'agriculture palestinienne pour la plantation d'oliviers et d'outils de résistance à la colonisation.

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17 décembre 2025 3 17 /12 /décembre /2025 07:00
Chili: victoire du candidat de l'extrême-droite Kast face à la communiste Jeannette Jara. Le scénario de l'horreur...
Ami politique de Milei et de Trump, fils d'un ancien soldat nazi réfugié en Amérique latine, le nouveau président chilien d'extrême droite, élu avec 58 %, José Antonio Cast qui a utilisé à plein la ficelle de la religion et de la peur du rouge face à sa rivale communiste Jeannette Jara, comme il a pu s'appuyer sur les médias privés des milliardaires favorisant l'extrême-droite, s'inscrit dans la lignée de Pinochet avec le régime duquel son frère, impliqué dans la mort et le torture de 70 paysans, et son père ont collaboré. La peste brune se répand de nouveau en Amérique latine pour le plus grand bonheur des USA de Trump et des grands intérêts capitalistes qui ont fait dès les années 70 du Chili un laboratoire de l'alliance de la dictature oligarchique et de l'ultra libéralisme économique.
 
***
 
CHILI, le 15 décembre 2025.
L’extrême-droite l’emporte
Kast le candidat de l’extrême-droite sera le prochain président du Chili. Il prendra ses fonctions en mars 2026. Il bénéficiera en plus d’une majorité dans les deux chambres, celle des députés et celle des sénateurs. Il sera dans une situation beaucoup plus confortable que Gabriel Boric qui n’avait aucune majorité parlementaire. Il a été immédiatement félicité par le fasciste argentin, Milei.
Jeannette Jara a eu 41,76 % et 5.184.026 des voix. Kast a eu 58,21 % et 7.231.018. Les nuls et blancs ont été beaucoup moins nombreux qu’attendus, 7,08 % et 947.032 voix.
Au premier tour, Jeannette Jara avait reçu 26,85 % et 3.476.615 voix. Elle progresse entre les deux tours de 15 % et 1,8 millions de voix.
Jeannette Jara a reçu le soutien de près de 5,2 millions de Chiliens, soit 400.000 voix de plus que lors du référendum pour la nouvelle constitution en septembre 2022. Les partisans de la constitution progressiste représentaient 38 % des électeurs. Jeannette Jara gagne près de 4 %. C’est un record pour la gauche au Chili depuis la nouvelle loi électorale qui a mis en place le vote obligatoire couplé à l’inscription automatique. Par rapport à la dernière élection présidentielle en 2021, le nombre d’électeurs qui se sont déplacés est passé de 7,5 à 13,5 millions, un quasi doublement.
Néanmoins l’anticommunisme a été le plus fort et a levé les derniers obstacles sur la route de Kast. On attendait beaucoup de votes blancs et nuls suite à l’appel de Parisi à ne pas choisir, lui qui avait reçu 20 % des voix au premier tour. Les électeurs ont préféré mettre un nom dans l’urne.
Jeannette Jara n’a pas démérité. Elle s’est battue jusqu’au bout. Elle a porté l’espoir qu’un autre monde était possible quand beaucoup à gauche n’avait pas très envie de reprendre le flambeau. Pour la première fois de leur vie, des millions de Chiliens ont accepté d’être représentés par une candidate communiste. Pour eux avoir une présidente communiste ne posait plus de problème.
En imposant le vote obligatoire, la droite ne s’est pas trompée. Si l’élection avait eu lieu avec les seuls électeurs traditionnels, Jeannette Jara aurait gagné. La gauche chilienne va devoir analyser la façon dont elle va devoir faire face à cette nouvelle situation sinon elle restera toujours minoritaire. Pour le moment il reste un continent inconnu par la gauche de 6 millions d’électeurs nouveaux.
La gauche sort battue, mais ce n’est pas la Bérézina. La gauche n’est pas défaite. Une des mesures les plus importantes qu’a concrétisée Jeannette Jara lorsqu’elle était ministre du Travail va entrer en vigueur en janvier et concerne les augmentations de retraites. Des millions de Chiliens vont immédiatement voir la différence. Ils auront du mal à revenir en arrière. Il est certain que des luttes pour maintenir les acquis du gouvernement Boric auront lieu.
Jeannette Jara a annoncé une opposition systématique, démocratique, déterminée, non-violente pour lutter pour la préservation de tous les acquis du gouvernement Boric : les 40 heures, les remboursements médicaux et le début de Sécurité Sociale pour tous, les très fortes augmentations de salaires, l’université gratuite, l’amélioration des droits des femmes… Jeannette Jara a aussi insisté pour continuer à lutter dans l’unité qui avait prévalu dans tout cette campagne électorale.
Sur la photo ci-dessous, tous les dirigeants de la gauche chilienne autour de Jeannette Jara à l'annonce des résultats.
Pierre Cappanera
Chili: victoire du candidat de l'extrême-droite Kast face à la communiste Jeannette Jara. Le scénario de l'horreur...
Présidentielle au Chili : La victoire de José Antonio Kast, pose la question des raisons du retour de l'extrême droite

José Antonio Kast, candidat nostalgique de l’ère Pinochet, a remporté haut la main la présidentielle en devançant largement la communiste Jeannette Jara. La vague brune qui sévit sur le continent pose des questions à l’ensemble de la gauche, chilienne, américaine et mondiale.

Christophe Deroubaix, L'Humanité, 15 décembre 2025

Les relents de l’histoire tournent parfois au remugle. Cinquante-deux ans après le coup d’État fasciste et la mort de Salvador Allende, trente-cinq ans après la fin de la dictature militaire d’Augusto Pinochet, son héritier revendiqué, José Antonio Kast, accède à la fonction présidentielle.

Avec 58,2 % des voix contre 41,8 % pour la communiste Jeannette Jara, qui représentait la coalition rassemblant toute la gauche, la victoire de la droite et de son extrême est sans appel et vient confirmer les résultats du premier tour, le 16 novembre. Ce jour-là, les élections législatives – tenues en parallèle de la présidentielle – faisaient entrer au Parlement chilien 90 députés de droite sur 155 et 27 sénateurs sur 50. Cette droitisation de tout le champ politique ne concerne pas que le Chili, mais l’ensemble du continent américain. Et pose à la gauche des questions existentielles.

José Antonio Kast et l’héritage de Pinochet

« Si on s’était rencontrés, on aurait pris un petit thé à la Moneda », confiait José Antonio Kast au quotidien la Tercera, à propos de Pinochet. Le président élu a même assuré que, s’il était encore vivant, le dictateur aurait voté pour lui. C’est que son programme s’inscrit dans l’extrême droite ligne du régime putschiste : l’ordre, l’ordre, encore l’ordre. Dominée outrageusement par l’immigration illégale et l’insécurité à la faveur d’un battage médiatique phénoménal, la campagne électorale a tracé un sillon au leader du Parti républicain du Chili.

Il a ainsi promis de déployer massivement la police et l’armée aux frontières – qu’il compte fermer –, d’expulser près de 340 000 migrants jugés en situation irrégulière et de bâtir un mur de 5 mètres de haut, sur les bons conseils de la Maison-Blanche. Calqué sur un autre schéma infernal, celui-là promu par son ami Nayib Bukele au Salvador, l’ultraconservateur compte créer de multiples prisons pour lutter, prétendument, contre la criminalité.

Côté économie, il reprend à son compte la rhétorique de la tronçonneuse de son autre ami d’extrême droite, l’Argentin Javier Milei : tailler dans les dépenses publiques à hauteur de 6 milliards de dollars, en ciblant notamment les fonctionnaires.

Ferme opposition à l’avortement, même en cas de viol, à la pilule contraceptive, au mariage des couples de même sexe ou encore à l’idéologie de genre… À la différence de ses précédentes candidatures, le fervent catholique et père de neuf enfants a cette fois-ci mis en sourdine sa vision rance de la société dans l’espoir de rallier à lui le vote des jeunes et des femmes.

 

La droite avance en s’appuyant sur les élites économiques

Le pari de gouverner par la haine d’une main de fer semble réussi. Un comble pour celui qui prétend défendre le camp du progrès. D’autant qu’il va disposer pour ce faire d’une majorité à la Chambre basse – si on additionne l’ensemble de l’aile droite, tout comme au Sénat.

Certes, Jeannette Jara n’a pas démérité, et a même réussi à augmenter son score entre les deux tours (41,8 contre 26,8 %). Mais la candidate issue du Parti communiste, désignée lors d’une primaire populaire et représentant une coalition rassemblant toute la gauche et même un peu au-delà avec les chrétiens-démocrates, est battue de près de 20 points.

Cette défaite intervient après quatre années de mandat de Gabriel Boric, élu en 2021 face à… José Antonio Kast. Et six ans après la grande révolte sociale de 2019, qui avait porté les espoirs de tout un peuple, et notamment le changement de la Constitution de 1980, de philosophie néolibérale et héritée de Pinochet. En 2022, le rejet par référendum du texte rédigé par la société civile a marqué un coup d’arrêt brutal à ces espoirs.

L’instauration du vote obligatoire, en vigueur pour la première fois lors de ce scrutin, est loin d’avoir profité à la gauche. Ce que Lautaro Carmona, le président du Parti communiste chilien, résumait ainsi dans notre édition du 13 novembre : « Il est frappant de voir comment les majorités populaires peuvent soutenir des politiciens élitistes qui, en fin de compte, servent les intérêts du grand capital. »

De l’Argentine à l’Équateur, les régimes progressistes s’effondrent

Jeannette Jara a elle-même été ministre du Travail de 2022 à 2025, et ses réformes sociales (réduction du temps de travail, augmentation du salaire minimum et introduction d’une part de solidarité dans le système des retraites) n’ont pas entraîné d’adhésion populaire massive. Comme ailleurs, la gauche ne peut faire l’économie d’une réflexion sur le rôle des médias de masse, le désintérêt des électeurs et les thèmes certes instrumentalisés mais réels de l’insécurité et de la corruption.

Ce schéma s’est reproduit dans de nombreux pays et pose une question centrale à la gauche chilienne comme mondiale : quels messages et quelles politiques de rupture peuvent arrimer à nouveau ces « majorités populaires » aux idées de gauche ? C’est en substance celle qu’a posée ce lundi la secrétaire des Jeunesses communistes chiliennes, Catalina Lufin : « Que cette défaite soit brève n’est ni une prédiction ni un rêve, c’est un mandat pour travailler, pour nous surpasser à nouveau. »

L’élection d’un président d’extrême droite au pays de Pinochet s’inscrit dans un mouvement plus large dans la partie méridionale du continent américain, où les droites extrémisées signent des victoires significatives. Depuis près de deux ans, Javier Milei a mis sa tronçonneuse sur le cou de l’Argentine.

En Équateur, Daniel Noboa, élu en 2023, plante les derniers clous sur le cercueil de la « révolution citoyenne » menée par Rafael Correa (2007-2017). En Bolivie, Rodrigo Paz, le nouveau président élu sous la devise « Dieu, famille et patrie », a mis fin à deux décennies presque ininterrompues de gestion du pays par le Mouvement vers le socialisme. Au Salvador, Nayib Bukele offre un modèle d’État ultra-autoritaire qui prospère sur la promesse de sécurité.

Les États-Unis renforcent leur contrôle sur l’Amérique latine

La liste est impressionnante, mais ne doit pas masquer une réalité plus complexe du paysage politique. Plus qu’un grand virage à droite, l’Amérique latine vit une forme de polarisation. Les trois pays les plus peuplés du sous-continent sont dirigés par la gauche. Au Brésil (213 millions d’habitants), Lula a battu en 2022 le président sortant, Jair Bolsonaro. Au Mexique (132 millions), Claudia Sheinbaum a pris la suite d’Andres Manuel Lopez Obrador et affiche un taux de popularité stratosphérique, indexé sur un bilan progressiste. En Colombie (54 millions), enfin, Gustavo Petro a tracé, en 2022, son chemin vers le palais Nariño, où dominait historiquement la droite dure.

L’élection de José Antonio Kast intervient quelques jours après la publication de la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis. Si les commentaires en France ont largement tourné autour de la partie consacrée à l’Europe, celle-ci n’arrive en fait qu’en toute fin du document.

L’Amérique latine, en revanche, figure en tête des priorités de l’administration Trump, alors que celle-ci multiplie les manœuvres de déstabilisation contre le Venezuela de Nicolas Maduro. « Après des années de négligence, les États-Unis réaffirmeront et appliqueront la doctrine Monroe afin de rétablir la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental (l’Amérique latine – NDLR) et de protéger notre territoire national et notre accès aux zones géographiques clés de la région », peut-on y lire.

La célèbre doctrine, qui doit son nom au 5e président (1817-1825) des États-Unis, condamne toute intervention européenne dans les affaires « des Amériques » (Nord et Sud), tout comme – le fait est moins connu – celle des États-Unis dans les affaires européennes.

Le document entend établir un « corollaire Trump » à cette doctrine. « Nous refuserons aux concurrents non hémisphériques la possibilité de positionner des forces ou d’autres capacités menaçantes, ou de posséder ou contrôler des actifs stratégiquement vitaux, dans notre hémisphère », y est-il écrit. C’est évidemment l’influence de Pékin qui est visée. Avec la bascule du pouvoir à Santiago, les États-Unis vont disposer d’un premier cas d’école. Le Chili a en effet été le premier pays d’Amérique latine à signer en 2005 un accord de libre-échange avec la Chine, qui est désormais son principal partenaire économique.

Le Chili exporte des matières premières (cuivre et lithium, notamment) et importe des produits industriels (équipements électroniques, véhicules, textiles). La première ambition de Donald Trump sera sans doute de réorienter les premières vers les États-Unis. Il s’agira également du premier test pour le nouveau président chilien.

 

L'éditorial de Rosa Moussaoui. L'Humanité, 15 décembre 2025

Au Chili, l’ombre de Pinochet regagne le palais de la Moneda avec Jose Antonio Kast

Un cauchemar hante l’Amérique latine : celui des dictatures parrainées par la CIA. Avec la victoire du candidat d’extrême droite José Antonio Kast au Chili, c’est l’ombre de Pinochet qui regagne le palais de la Moneda. Ce fils d’un officier de la Wehrmacht inscrit au parti nazi est l’héritier revendiqué d’un ordre né dans la violence du coup d’État de 1973, consolidé par la dictature et jamais réellement démantelé par la transition démocratique. 

Pour défaire la candidate de gauche, Jeannette Jara, portée par une large coalition, il s’est employé à exciter toutes les phobies. Il a déchaîné la haine des immigrés, la peur du communisme, les pires affects masculinistes.

Après le soulèvement social de 2019, ce multimillionnaire, membre de la caste dominante, avait contribué à torpiller le processus constituant qui donnait pour la première fois depuis 1973 une légitimité politique à des demandes sociales jusque-là réprimées.

En plaçant la criminalité et l’immigration au centre de sa campagne, il a esquivé la confrontation politique sur le modèle économique imposé dans le sang par les militaires pour briser les droits sociaux, livrer les biens communs, les services publics et les retraites aux seules logiques du profit.

En guerre contre les libertés individuelles, les droits des femmes et ceux des peuples autochtones, il a su tirer parti de la démobilisation de classes populaires gagnées par un sentiment d’abandon et du ralliement d’un électorat de droite qui n’a jamais soldé les comptes de l’ère Pinochet. La révolution socialiste de Salvador Allende entendait élargir la démocratie à l’économie.

Au prix de la torture, des opposants parqués dans les stades, des disparitions forcées, des barrios massacrés, des corps jetés dans le fleuve Mapocho, le Chili fut le laboratoire du néolibéralisme, où les Chicago boys de Milton Friedman expérimentèrent, sous l’égide des généraux, le marché dérégulé et la dictature de l’argent, répliqués dans le monde entier.

Le basculement du Chili dans le gouffre du capitalisme autoritaire s’inscrit aujourd’hui dans une géographie globale. De Washington à Rome et à Tel-Aviv, de Buenos Aires à Santiago, le néofascisme s’avance sous des visages nationaux, mais avec une langue commune : peur, identité, rappel à l’ordre. Et un but partagé : la conservation à tout prix d’un ordre économique injuste et inégalitaire.

Il détourne les colères populaires et promet la force là où la politique a déserté. L’extrême droite ne surgit jamais du néant, elle germe et s’épanouit dans les failles de la démocratie. Une bataille, encore, est perdue. Le combat continue. Contre ceux qui veulent écrire l’avenir avec l’encre du passé, par-delà le verdict des urnes, il se joue dans la mémoire, la résistance sociale, la fidélité aux luttes.

Chili : soutien aux communistes et à la gauche après la victoire de l’extrême droite.

L’extrême droite vient de l’emporter au Chili.

Avec José Antonio Kast comme président, le Chili et la classe travailleuse chilienne vont ainsi subir des attaques violentes. Les revanchards de la droite et de l’extrême droite vont chercher à détruire tous les acquis sociaux gagnés avec le gouvernement de gauche et en particulier ses ministres communistes, comme Jeannette Jara, ancienne ministre du Travail. Ils vont aussi ouvrir les portes des prisons où les tortionnaires de la dictature de Pinochet effectuaient leurs peines. La démocratie chilienne est aujourd’hui en grand danger.

Avec ce second tour de l’élection présidentielle au Chili, on assiste également à un nouveau basculement vers la droite et l’extrême droite de la région. Il survient après la victoire des candidats de Javier Milei aux élections législatives du 26 octobre en Argentine, l’élection de Rodrigo Paz en Bolivie, celle de Daniel Noboa en Équateur, ou encore celle de Nayib Bukele au Salvador. À l’heure où l’administration Trump vient de publier sa nouvelle doctrine stratégique qui affirme le renforcement de la doctrine Monroe, c’est l’ensemble des peuples de la région qui sont menacés par ces relais de la politique nord-américaine dans la région.

Le PCF félicite Jeannette Jara, le Parti communiste du Chili et toutes les forces progressistes pour la très belle bataille qu’ils viennent de livrer. Avec 5,2 millions de voix et 41,8 % des suffrages exprimés, notre camarade Jeannette Jara a en effet porté la gauche à son plus haut niveau depuis la réforme du mode de scrutin électoral. Comme elle l’a dit dans son discours après l’annonce des résultats : « La défaite est brève. Et sur ce chemin, nous allons nous rencontrer de nouveau. » Il va cependant revenir à la gauche chilienne tout entière de tirer les leçons de son échec et de travailler à surmonter les raisons pour lesquelles tout un secteur de l’électorat populaire ne s’est pas retrouvé dans ses propositions à l’occasion de ce scrutin.

Dès à présent, Jeannette Jara a appelé à poursuivre le combat dans l’unité et a annoncé une opposition ferme, résolue, démocratique contre toute remise en cause des acquis sociaux gagnés pendant le gouvernement progressiste : les 40 h, l’augmentation des retraites et des salaires…

Le PCF se tiendra, demain comme hier, aux côtés du Parti communiste du Chili et de la gauche chilienne, et il soutiendra toutes les luttes du peuple chilien.

Paris, le 16 décembre 2025

Chili: victoire du candidat de l'extrême-droite Kast face à la communiste Jeannette Jara. Le scénario de l'horreur...
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14 décembre 2025 7 14 /12 /décembre /2025 19:36
EUROPE : LUTTE CONTRE LES MIGRANTS. NOUVEAU « RÈGLEMENT DE LA HONTE » - par Francis Wurtz, L'Humanité magazine, 12 décembre 2025
EUROPE : NOUVEAU « RÈGLEMENT DE LA HONTE »
 
En pleine période de célébration de la Déclaration universelle des droits de l'homme, tandis que Donald Trump prédisait à l'Europe la perspective d'un « effacement civilisationnel » en raison de sa politique migratoire, prétendument trop laxiste, les représentants du Parlement européen et ceux des Etats membres étaient, quant à eux, en train de négocier le contenu final d'une nouvelle réforme migratoire scélérate, durcissant encore les règles existantes, qui ne brillaient pourtant pas par leur humanité.
Il s'agit d'un règlement destiné à remplacer un texte de 2008, qualifié à l'époque par toutes les organisations de défense des droits humains de « directive de la honte ». Celle-ci prévoyait notamment l'harmonisation des lois des pays de l'Union européenne sur la durée de rétention des demandeurs d'asile, le temps de statuer sur leur sort : un titre de séjour ou l'expulsion. La durée maximale de rétention autorisée (qui était alors de 32 jours en France) fut portée… à 18 mois .
17 ans plus tard, le nouveau texte témoigne d'une radicalisation tous azimuts. D'abord, il s'agit cette fois, non d'une directive -modifiable, partiellement, par les parlements nationaux- , mais d'un règlement, directement applicable tel quel dans le droit national. Ensuite, la durée maximale de rétention (passée entre-temps en France à 90 jours) pourrait désormais être prolongée légalement jusqu'à 2 ans ! Enfin, tous les moyens sont bons pour faciliter « le retour » des personnes ayant demandé sans succès l'asile dans un pays de l'Union européenne. Le « retour » où ? Pas nécessairement le pays d'origine de la personne concernée. Ainsi est-il prévu la création de « centres de retour », hors de l'Union européenne, vers lesquels pourraient être expulsées des personnes en séjour irrégulier dans l'attente de leur renvoi dans leur pays d'origine ! La Grande-Bretagne avait inauguré cette pratique scandaleuse -et très coûteuse- par un accord avec le Rwanda; la « post-fasciste » Georgia Meloni tente, contre la décision de la justice italienne, d'en faire autant avec l'Albanie. « Ce projet consacrerait la déresponsabilisation de l'Union européenne et de ses Etats membres, qui s'affranchirait entièrement du respect des droits fondamentaux, indispensable dans toute mesure de privation de liberté dans un État de droit » a souligné l'association « France, terre d'asile », qui qualifie ce texte d' « attaque sans précédent contre les droits fondamentaux des personnes étrangères » (1).
Le règlement impose, en outre, aux Etats membres la mise en place de mesures pour détecter les personnes séjournant irrégulièrement sur leur territoire, au risque de voir s'étendre le profilage racial et les traitements discriminatoires, alerte la Cimade. Quant aux pays du Sud qui bénéficient de longue date de préférences commerciales -comme celle d'exporter leurs produits de base vers l'Union européenne sans avoir à acquitter de droits de douane ou des taxes très réduites- , ils ont été avertis que ces préférences seraient, à partir du 1er janvier 2027, conditionnées à leur coopération en matière de contrôle migratoire et de réadmission de leurs ressortissants expulsés d'Europe. Enfin, sur la tragédie des migrants naufragés en Méditerranée : pas un mot.
Pourquoi de telles régressions éthiques de la part d'une Europe si fière de ses « valeurs » ? C'est le Commissaire européen à la migration, Magnus Brunner, lui-même, qui nous l'explique : « Nous devons regagner la confiance des citoyens » ! (2) En s’alignant sur l’extrême-droite ? Trump appréciera.
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(1) Communiqué du 18/11/2025
(2) Interview à Euronews (2/12/2025)
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14 décembre 2025 7 14 /12 /décembre /2025 08:20
Inde : comment l’extrême pauvreté a-t-elle été éradiquée au Kerala ? (Axel Nodinot - 12 décembre 2025, L'Humanité magazine)

Bastion des communistes du PCI-M, cet État indien mène depuis plusieurs décennies d’ambitieuses politiques sociales qui en ont fait l’un des poumons économiques du pays. Au grand dam du premier ministre suprémaciste hindou Narendra Modi.

Axel Nodinot - 12 décembre 2025, L'Humanité magazin

L’annonce a mis en lumière le destin singulier du Kerala. Le 1er novembre, le gouvernement communiste de ce petit État, situé dans le sud de l’Inde, a déclaré qu’il était parvenu à vaincre l’extrême pauvreté. Un exploit inédit dans un pays où 20 % des 1,4 milliard d’Indiens vivent sous le seuil de pauvreté. Et un véritable pied de nez au gouvernement fédéral du premier ministre conservateur et nationaliste Narendra Modi.

Depuis des années, le Kerala est, parmi les 28 États indiens, celui qui cumule les meilleurs indicateurs de développement humain. La misère y est en recul constant depuis cinquante ans. La pauvreté monétaire concernait 59,8 % des Kéralais au début des années 1970. En 2021, le taux de pauvreté multidimensionnelle (liée à plusieurs facteurs, comme la santé, l’éducation ou le niveau de vie) était de 0,7 % (contre 11,3 % de moyenne en Inde). Et les indicateurs sociaux suivent, avec par exemple un taux d’alphabétisation des femmes de 86 %, contre environ 70 % dans le reste du pays.

Une réussite avec un an d’avance

Ce succès est le fruit de plusieurs décennies de politiques sociales menées par les différents gouvernements communistes, qui emportent régulièrement les élections depuis 1957. Les réformes agraires du PCI-M (marxiste) et du Parti communiste indien (PCI) dans les années 1970 ont, par exemple, permis à de nombreuses familles d’obtenir des terres auparavant privées. Mêlant planification, décentralisation du pouvoir et investissements massifs dans les services publics, la politique kéralaise a permis, au fil du temps, de développer l’agriculture, l’industrie, la santé (le PCI-M s’est également distingué dans la lutte contre l’épidémie de Covid), la protection sociale et l’éducation.

Et de faire du Kerala l’un des fers de lance de l’économie indienne. Avec le Tamil Nadu, le Karnataka, l’Andhra Pradesh et le Telangana, l’État communiste fait partie de ce quintette du sud qui tire vers le haut le pays le plus peuplé du monde. Alors que ces cinq États méridionaux ne représentent que 20 % de sa population, ils comptent pour 31 % de son PIB et pour plus de la moitié des exportations indiennes dans le secteur de la technologie.

En 2021, le gouvernement kéralais a décidé de lancer un programme d’éradication de l’extrême pauvreté (Epep) pour tenter de sortir les dernières familles de la misère absolue. Les conseils locaux, ancrés dans chaque village, ont recensé ainsi quelque 64 000 foyers – soit environ 100 000 personnes vivant avec moins de 2,15 dollars par jour. Pour chacune d’elles, un plan personnalisé fut établi, combinant accès au logement, soins médicaux, formation professionnelle et création de revenus stables.

Dans certains quartiers et villages, des entrepreneurs ont même aidé le gouvernement auprès des familles. Le journaliste S.R. Praveen cite dans le quotidien The Hindu le cas de cet homme d’affaires qui a financé le ciment, les câbles et la plomberie pour les réparations que devait faire une famille kéralaise. Cet Epep a finalement fonctionné mieux que prévu, atteignant son but un an avant l’échéance fixée.

Une réussite insupportable pour le premier ministre nationaliste

Cette réussite économique et sociale fait enrager le suprémaciste hindou Narendra Modi et ses sbires du Bharatiya Janata Party (BJP), qui entretiennent les divisions de classe, d’ethnie, de caste et de religion. Ainsi qu’une politique ultralibérale, qui laisse sur le carreau des millions d’Indiens au profit d’une poignée d’amis milliardaires. Sous la coupe de Narendra Modi, l’Inde est devenue, selon un rapport du World Inequality Lab en 2024, un « Raj des milliardaires », où « les 1 % des plus hauts revenus possèdent 22,6 % des richesses et 40,1 % du patrimoine, un niveau historique et parmi les plus hauts du monde ».

La réussite du Sud progressiste est insupportable pour le premier ministre nationaliste, qui engrange ses voix dans les États pauvres et peuplés du nord et du centre. C’est pourquoi il pousse depuis plusieurs années pour une réforme électorale d’ampleur, qui permettrait d’élire 753 députés à l’Assemblée nationale (contre 543 actuellement), notamment dans les régions les plus peuplées et hindoues – ses fiefs. Et de réduire encore l’influence de la gauche, majoritaire dans les États du Sud. Ce qui « pourrait entraîner une balkanisation de l’Inde », craint l’écrivaine Arundhati Roy, elle-même ciblée par le pouvoir.

Au Kerala, les cadres locaux du BJP critiquent évidemment cette réussite sociale, et soutiennent qu’elle a eu lieu grâce aux orientations du gouvernement fédéral. À gauche de l’échiquier, d’autres partis communistes sans responsabilités dénoncent le fait que certains foyers n’ont toujours pas que de quoi survivre. Les Kéralais jugeront lors de l’élection prévue l’année prochaine, qui verra s’affronter le front de gauche du CPI-M au front uni du Congrès, deux opposants au BJP.

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13 décembre 2025 6 13 /12 /décembre /2025 09:22
Solidarité avec le camp de réfugié palestinien du Liban de Wavel - Venez acheter des articles au marché de l'association Morlaix-Wavel sur le parvis de Dialogues ce 13 décembre 2025
Solidarité avec le camp de réfugié palestinien du Liban de Wavel - Venez acheter des articles au marché de l'association Morlaix-Wavel sur le parvis de Dialogues ce 13 décembre 2025
Solidarité avec le camp de réfugié palestinien du Liban de Wavel - Venez acheter des articles au marché de l'association Morlaix-Wavel sur le parvis de Dialogues ce 13 décembre 2025

Solidarité avec le camp de réfugié palestinien du Liban de Wavel -

Samedi 13 décembre de 9h30 à 17h, vente de poteries palestiniennes et articles divers sous l’auvent de la librairie Dialogues.

Venez acheter des articles au marché de l'association Morlaix-Wavel sur le parvis de la librairie Dialogues ce 13 décembre 2025 

A noter aussi dans vos agendas: 

Vendredi 19 décembre de 17h à 20h vente de ces poteries devant le café épicerie de Locquénolé.

Marché artisanal à Plourin les Morlaix dans la salle du Cheval Blanc le dimanche 12 avril 2026 de 10h à 18h, entrée libre, comme l’an dernier.

L'argent envoyé par Morlaix - Wavel au camp de réfugiés palestinien du Liban de Wavel permet d'acheter des livres pour les écoles. 1000 euros ont été envoyés le mois dernier.

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Solidarité avec le camp de réfugié palestinien du Liban de Wavel - Venez acheter des articles au marché de l'association Morlaix-Wavel sur le parvis de Dialogues ce 13 décembre 2025
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6 décembre 2025 6 06 /12 /décembre /2025 07:12
Théo Serfaty, sur les traces de son grand-père Abraham, le « Mandela marocain » (L'Humanité, 1er décembre 2025)

Théo Serfaty, petit-fils du militant communiste Abraham Serfaty, juif marocain opposé à Hassan II, s’est replongé dans l’histoire de son grand-père, dont il vient de faire rééditer Écrits sur la Palestine.

L'Humanité - Publié le 1 décembre 2025 

Aurélien Soucheyre

On peut avoir un grand-père surnommé le « Mandela marocain » sans prendre immédiatement la mesure du symbole. « À mes yeux, il était surtout quelqu’un de chaleureux qui me faisait sauter sur ses genoux. Je savais qu’il avait fait de la prison, mais je ne savais pas trop pourquoi », raconte Théo Serfaty.

Ce grand-père, Abraham Serfaty, communiste, juif marocain, antisioniste, adversaire résolu du roi Hassan II, a passé dix-sept ans en prison, avant d’être libéré grâce à la mobilisation internationale, en 1991. « Je suis né juste avant son expulsion en France. Quand on est enfant, on trouve tout normal. Je pensais que c’était son métier de faire des conférences. Je voyais qu’il était souvent nommé citoyen d’honneur de villes communistes, mais pour moi ça n’avait rien de surprenant », poursuit Théo.

Et c’est dans cette même apparence de normalité que Théo voit ensuite son grand-père être autorisé à rentrer au Maroc, Mohammed VI dépêchant un avion pour le rapatrier. « Sur place, il y a des attroupements autour de nous, je vois des gens essayer de lui baiser la main. Le roi lui offre une magnifique villa face à la mer où on passe des vacances inoubliables, avant que mon grand-père décide de refuser la villa et de la rendre. »

Des engagements politiques qui ont pesé sur la famille Serfaty

Rien de plus banal… Abraham meurt en 2010, à 84 ans. Théo en a 19. Le parcours de son grand-père est salué : son combat pour l’indépendance du Maroc, qui lui vaut d’être emprisonné par la France dès 1950.

Puis sa participation au nouvel État marocain, après l’indépendance, en tant que directeur de cabinet du ministre de l’Économie et directeur général des mines. Abraham Serfaty aurait pu rester membre de la caste dirigeante toute sa vie.

« Sauf qu’il était communiste. Il voulait la justice sociale et la propriété collective des richesses. Il s’est opposé frontalement à la trahison des dirigeants africains contre leurs peuples. Il était persuadé que les pays du Sud sortant de la colonisation avaient tous les moyens pour retrouver leur pleine souveraineté », résume Théo.

Abraham Serfaty soutient la grève des mineurs de Khouribga, est révoqué de ses fonctions, fonde le mouvement marxiste-léniniste Ila Al Amane, avant de plonger dans la clandestinité. Ses frères sont persécutés, sa sœur torturée à mort. « Cela fait partie du lourd poids que ses engagements ont fait peser sur la famille », murmure Théo. Abraham est lui-même arrêté, torturé, condamné à la réclusion à perpétuité.

« Je me politise par la fête »

Mais en 2010, Théo n’a pas encore tout ça à l’esprit. « Je pense à faire la fête. Et je me politise par la fête. » En 2014, il fonde une association avec des copains qui trouvent que les fêtes sont « nulles, commerciales, pas chaleureuses, trop chères ». Ils organisent alors de grandes soirées de plus en plus politiques et investissent des tiers-lieux. Arrive le combat contre la loi El Khomri et Théo devient membre de la commission musique de Nuit debout.

Il travaille pour le festival L’Boulevard à Casablanca, écrit un mémoire sur les festivals et la politique, ce qui l’amène en 2017 à atterrir à… la Fête de l’Humanité ! « Je suis tombé amoureux de cette Fête, de ses gens, ses militants, son rôle, son histoire, ses combats… » avoue l’actuel responsable de l’accueil et de la programmation de la Fête.

Un rendez-vous populaire où son grand-père avait été accueilli sous les applaudissements, en 1991. « Je n’ai pas pris le même chemin que lui, mais je suis arrivé au même endroit », sourit Théo, désormais mû par un devoir de mémoire. « Peu à peu, j’ai senti un poids sur mes épaules. Je voyais les amis de mon grand-père mourir les uns après les autres. Je me suis mis à organiser une bibliographie, à numériser ses archives… »

La réédition d’« Écrits sur la Palestine » comme évidence

Survient alors le 7 octobre 2023, avec les attaques terroristes du Hamas contre Israël qui ont fait 1 200 morts, et la réplique génocidaire israélienne, avec des bombardements pendant plus de deux ans sur Gaza et au moins 70 000 morts.

Rééditer Écrits sur la Palestine d’Abraham Serfaty devient pour Théo une évidence. « Il était à la fois juif, arabe, athée, communiste, antisioniste, anticolonialiste, antiraciste et adversaire de l’antisémitisme. Il voyait venir la dérive suprémaciste des dirigeants israéliens. Il estimait que le Hamas était le pire ennemi de la Palestine. Il défendait la paix, à long terme avec un seul État, et à court terme avec deux États selon les accords d’Oslo. »

Le livre vient de paraître aux éditions Syllepse. Théo a encore d’autres écrits à publier. Et, qui sait, d’autres ancêtres sur lesquels enquêter. « Je suis hispano-marocain par mon père, et franco-russe par ma mère. Son nom de famille est Rimski-Korsakov. Cette branche de la famille est liée au célèbre compositeur. Ils ont fui la Révolution russe. » Mais, chez Théo Serfaty, le Marocain rouge semble bien avoir pris l’avantage sur le Russe blanc.

Écrits sur la Palestine. Éditions Syllepse 256 pages. 19 €.

« La nation ne se fonde pas sur des mythes racistes » : qui était Abraham Serfaty, militant de la paix communiste, arabe, juif et antisioniste

Théo Serfaty - L'Humanité 24 octobre 2025 

Abraham Serfaty a milité toute sa vie pour un Maroc démocratique et une Palestine libre. Enfermé dans les geôles d’Hassan II, condamné à l’exil, le révolutionnaire marocain a payé cher ses engagements contre l’oppression et le colonialisme. Retour sur le parcours et les idées d’une figure majeure du mouvement arabe d’émancipation, décédé le 18 novembre 2010.

Il était de celles et ceux qui ne se taisaient pas. Ni les années de prison, d’isolement, de clandestinité, de torture ou d’exil n’auront réussi à le briser ou à lui enlever son amour indéfectible pour la justice et la liberté. Abraham Serfaty a consacré sa vie à œuvrer pour ces valeurs fondamentales. En premier lieu, au Maroc, qu’il a essayé d’accompagner, avec nombre de ses camarades, du protectorat à l’indépendance, de la monarchie à la démocratie.

Cela lui a valu, entre autres, dix-sept ans de prison et une vie de lutte. Et dans un second temps, pour la Palestine, qu’il a souhaitée de tout son être voir libérée avant sa mort. Comme il le disait lui-même : « Nous tous, juifs antisionistes dans le monde, nous devons effectivement contribuer à l’œuvre révolutionnaire contre l’État sioniste (…) pour déraciner les formes d’oppression millénaire qui trouvent leur apogée dans l’agonie impérialiste. » « La nation ne se fonde pas sur des mythes racistes… Être arabe juif, c’est être juif parce qu’arabe et arabe parce qu’arabe juif ».1

Abraham Serfaty était viscéralement attaché à l’union entre les peuples. Il écrivait dans « la Mémoire de l’Autre » : « Je ne comprenais pas et je refusais en mon for intérieur cette structure raciste de castes – c’est cela, avant tout, qui a fondé l’engagement de ma vie ».2 Tout au long de sa vie, il n’aura eu de cesse d’essayer de s’adresser à ses frères et sœurs juifs et juives arabes en Israël comme en Palestine, tout comme il n’aura eu de cesse d’essayer de s’adresser à ses frères et sœurs marocains ou sahraouis. Il aura payé le prix fort pour cet idéal d’union au-delà des frontières, des idéologies et des logiques libérales. Il ne se nourrissait d’aucune haine mais d’un amour profond pour les peuples, pour la justice et pour la dignité humaine. Il était internationaliste et révolutionnaire et n’avait pour seule boussole que l’autodétermination des peuples et la lutte contre toute forme d’impérialisme.

Après l’indépendance de 1956, il prend des responsabilités dans les nouvelles institutions de l’État marocain

Il naît en janvier 1926 à Casablanca sous le protectorat français dans une famille juive tangéroise. Abraham s’engage à 18 ans, dès 1944, au sein du Parti communiste marocain. Il poursuit cet engagement tout au long de ses études en France jusqu’à son diplôme de l’École des mines en 1949, puis il revient au Maroc afin de lutter pour l’indépendance de son pays. C’est ce combat qui lui vaut un premier emprisonnement en 1950. À la suite des émeutes de 1952 à Casablanca, il est expulsé en France, en résidence surveillée, sous prétexte qu’il serait brésilien, son grand-père ayant mené quelques aventures entrepreneuriales sur les rives de l’Amazonie.

Après l’indépendance de 1956, il prend des responsabilités dans les nouvelles institutions de l’État marocain, au cabinet du ministre de l’Économie, Abderrahim Bouabid, en tant que directeur de cabinet, puis en tant que directeur général des Mines et de la Géologie. Il en profitera pour diriger l’élaboration du statut législatif du mineur qui était, pour l’époque, très avancée et permettait, en théorie, aux syndicats d’exercer directement un contrôle auprès des entreprises minières.

À la suite de ce séjour ministériel, il prend la direction de l’Office chérifien des phosphates (OCP) en tant que directeur technique. Ainsi, il participera à la planification, au développement et à l’automatisation de tout un pan de l’industrie marocaine. L’OCP est spécialisé dans l’extraction, la transformation et la commercialisation du phosphate et de ses dérivés. Cette industrie représente aujourd’hui presque 10 % du PIB marocain.3 Mais très vite, en 1968, il prend fait et cause pour les ouvriers en grève de Khouribga, ce qui lui vaut un renvoi sur mesure disciplinaire. Il enseigne ensuite à l’école Mohammadia des ingénieurs et à l’école des Mines de Rabat.

Pressentant l’impasse du stalinisme vers laquelle les partis communistes à travers le monde se dirigent, et plus spécifiquement le Parti communiste marocain, il rejoint en 1968 l’équipe éditoriale de la revue culturelle et littéraire « Souffles ». Là où les révoltes populaires de 1965 ont apporté une nouvelle façon d’entrevoir les lignes de fracture entre la monarchie absolue et la soi-disant opposition, « Souffles » (Anfas) apporte un nouvel outil théorique à la contestation permettant d’agréger une jeunesse radicalisée et une partie de la gauche désillusionnée des promesses post-indépendance.

Arrêté en février 1972 par le régime d’Hassan II

Abraham Serfaty liait lutte des classes et combat culturel pour l’autonomie des peuples. Il était convaincu que tout processus révolutionnaire implique de revenir aux principes, aux valeurs et aux fondements de chaque civilisation que l’impérialisme a bouleversés. C’est ainsi que dès 1969, « Souffles » prend un tournant plus politique. Au troisième trimestre 1969, pour son quinzième numéro, la revue publie un numéro spécial sur la Palestine – « Pour la révolution palestinienne » – mais également de nombreux articles sur la décolonisation en Afrique, le Sahara occidental et le système capitaliste mondialisé.

En 1970, il rompt officiellement avec le Parti communiste marocain et fonde Ila Al Amame (En avant), organisation marxiste-léniniste que rejoignent de nombreux jeunes avides de démocratie. Arrêté en février 1972 par le régime d’Hassan II, il sera libéré quelques semaines plus tard à la suite de nombreuses manifestations dans les rues des grandes villes marocaines, en particulier Casablanca, où les jeunes scandent « Liberté pour Serfaty ! ».

Malheureusement, cette liberté ne sera que de courte durée. Quelques jours plus tard, il échappe à une nouvelle arrestation qui le fera entrer dans la clandestinité pendant presque trois ans. Entre-temps, c’est sa sœur, Evelyne, qui paiera de sa vie la dignité et le silence qu’elle aura opposé à la police alors qu’elle était torturée pour lui faire dire où se trouvait son frère. Où il était, personne ne le sait vraiment. Il aurait fait quelques allers-retours entre la France et le Maroc, aidé des camarades internationaux. Mais, surtout, il a rencontré et été caché par Christine Daure, future Christine Daure-Serfaty. Professeur de français et militante infatigable des droits de l’homme et des prisonniers politiques marocains avec laquelle il se mariera et finira sa vie.

Abraham Serfaty est finalement de nouveau arrêté le 10 novembre 1974. Pendant quatorze mois, il est détenu à l’isolement au bagne de Derb Moulay Cherif, les yeux bandés, les mains liées, soumis à la torture. Jusqu’en janvier 1976, personne ne sait où il se trouve. En janvier 1977, c’est le procès des 139 frontistes : il est condamné à la réclusion à perpétuité pour « complot visant à renverser la monarchie » et « atteinte à la sûreté de l’État ». À la fin du procès, il s’exclame : « Vive la République sahraouie ! Vive la République marocaine ! Et vive l’union du Maroc et du Sahara ! ». Un cri qu’il considère comme l’honneur de sa vie et qui lui vaudra à nouveau deux ans d’isolement. 

Pour le militant, le sionisme « est contraire à toutes les traditions et aux acquis du judaïsme européen »

La même année, en plein procès, son premier livre, « Lutte antisioniste et révolution arabe », est publié aux éditions des Quatre-Vents. C’est un condensé d’études, de textes publiés dans « Souffles » et dans « Tsédek » 4 de 1967 à 1972. Un premier apport théorique qu’il approfondira en prison de 1981 à 1985. Ces textes composent la grande majorité de l’œuvre qui vient d’être rééditée chez Syllepse. Abraham Serfaty y affirme son opposition à un récit homogène et unilatéral sur la nation juive : « Il n’y a pas de peuple israélien mais un conglomérat artificiel de populations. » Il s’attache à montrer un sionisme qui, pour lui, véhicule une idéologie raciste, colonialiste et impérialiste.

Pour le militant, le sionisme « est contraire à toutes les traditions et aux acquis du judaïsme européen » et « à toute la glorieuse histoire, plus que millénaire du judaïsme arabe et méditerranéen ». Là où le judaïsme arabe est universaliste, tolérant et enraciné dans la civilisation musulmane, le sionisme est nationaliste et défend une idéologie matérialiste de la nation tout en imposant une idéologie raciale d’origine européenne. C’est ainsi qu’il qualifie le sionisme comme « la négation du judaïsme arabe ».

La perspective révolutionnaire est donc pour lui la seule qui permettra d’articuler les judéités et les arabités dans un même épanouissement. Mais cela implique « un processus révolutionnaire exigeant (…) qui ne peut rester limité au peuple palestinien. L’interpénétration du sionisme et des intérêts vitaux de l’impérialisme au Moyen-Orient et dans la Méditerranée contraint à l’interpénétration de la révolution palestinienne et de la révolution arabe, elle-même partie intégrante de la révolution mondiale ». 

Ces « Écrits de prison sur la Palestine » forment le premier livre qu’il publie dans son nouvel exil en France, le 13 septembre 1992, après presque dix-huit ans d’emprisonnement et une intense campagne internationale pour sa libération. Après la sortie de prison de Nelson Mandela, il était le plus vieux prisonnier politique d’Afrique. Il paie sa liberté au prix de sa nationalité et cet exil forcé l’amène à se battre ardemment pour retrouver sa patrie. Au gré des livres, de 1992 à 1998, sa voix se fait l’écho de critiques sévères à l’égard de la monarchie : « Dans les prisons du roi – Écrits de Kenitra sur le Maroc » publié chez Messidor/Éditions Sociales en 1992, « la Mémoire de l’autre » publié chez Stock en 1993, « le Maroc, du noir au gris » publié chez Syllepse, déjà, en 1998.

En 1999, à la mort d’Hassan II, le roi Mohammed VI l’invite à revenir dans son pays, à retrouver les siens, à retrouver sa terre, son passeport et son identité. Il s’engage alors, et à nouveau, dans le processus démocratique qui se relance au Maroc, de 2000 à 2005. Il est conseiller spécial auprès de la direction de l’Onarep (Office national de recherche et d’exploitations pétrolières) mais très vite, il s’éloigne et prend ses distances, à nouveau. Il meurt à 84 ans, le 18 novembre 2010, à Marrakech, au terme d’une vie vouée à la défense d’« un monde plus juste », comme il me l’a dédicacé sur la page de garde de l’un de ses livres. 

Collection : « Des paroles en actes »  Auteur-e : Abraham Serfaty  Parution : octobre 2025 Pages : 280 Format : 150 x 210 ISBN : 979-10-399-0310-3

Collection : « Des paroles en actes » Auteur-e : Abraham Serfaty Parution : octobre 2025 Pages : 280 Format : 150 x 210 ISBN : 979-10-399-0310-3

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6 décembre 2025 6 06 /12 /décembre /2025 06:30
Francis Wurtz: Alerte rouge, la solidarité internationale en péril
Francis Wurtz, ancien président du groupe communiste au Parlement Européen, chroniqueur dans L'Humanité Magazine 
 
ALERTE ROUGE : LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE EN PÉRIL !
 
« Pour les ONG françaises de solidarité internationale, la chute historique de l'aide publique au développement a conduit cette année à l'arrêt de 1300 projets de coopération, qui touchent directement 15 millions de bénéficiaires dans le monde et se traduit par le licenciement de 10 000 personnes chargées de mener à bien ces projets ! Et ces chiffres sont sans doute déjà dépassés à l'heure qu'il est ! » Le constat d'Olivier Bruyeron , président de « Coordination Sud » -qui représente plus de 180 organisations de solidarité internationale- est accablant. Après une première coupe à la hache de 39% dans le budget de 2025 par rapport à 2024, l'adoption du projet de budget 2026 du gouvernement conduirait à une chute de plus de 50% de la mission « Aide publique au développement » des ONG -soit quelque 3 milliards d'euros- en l'espace de deux ans ! Cette fragilisation sans précédent des organisations de la société civile , encore accentuée par le licenciement forcé de nombre d’acteurs et d’actrices de la solidarité, se traduira inévitablement par un lourd déficit de soutien aux populations les plus vulnérables.
Cette régression aux conséquences dévastatrices sur le terrain est en contradiction radicale avec les engagements solennels du Président de la République comme avec les votes unanimes des députés et des sénateurs ! Ainsi, le 4 août 2021, le Parlement adoptait, sans aucune voix contre, une « loi de programmation » (planifiant des dépenses sur plusieurs années) relative au « développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales ».
Quant au Chef de l'Etat, il s'est adressé aux Françaises et aux Français, le 5 mai 2023, pour leur expliquer pourquoi « la France doit donner l'exemple » en la matière : « En luttant contre la pauvreté dans le monde, rappelait-il fort justement, nous luttons contre les causes profondes des guerres (...), nous incarnons nos valeurs (...), nous investissons dans notre sécurité collective ». Et d'annoncer « plus de moyens pour les pays vulnérables » ! Depuis, le nouveau mantra de l'Elysée est l'ode à la militarisation de la société jusqu'au « sacrifice de ses enfants »...
Ce lâche abandon, calqué sur celui de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne en plus de celui, particulièrement féroce, des Etats-Unis, a d'ores et déjà un coût humain colossal. Coordination Sud relève que « Les coupes américaines seules pourraient entraîner plus de 1,6 million de morts liées au VIH et 550 000 à la malnutrition » selon le New York Times. D'après une enquête menée par l'Organisation mondiale de la santé auprès de 108 pays, les baisses enregistrées ont eu pour conséquence « une réduction pouvant atteindre 70% des services essentiels : soins maternels, vaccination, préparation et réponse aux urgences, surveillance des maladies ». Plus de 50 Etats signalent aussi des pertes d'emplois dans le secteur de la santé et l'interruption de programmes de formation (1). On frémit en imaginant l'étendue du désastre supplémentaire imputable à la France et à l'Europe...
C'est dire s'il faut relayer avec force l'alerte rouge lancée par les organisations de solidarité internationale, jusqu'à rendre intenable l'irresponsable position de nos décideurs.
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(1) ONU Info: « Aide internationale en recul : l'OMS plaide pour un financement durable de la santé » (3/11/2025)
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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 12:35
Jeudi 27 novembre - Pour l'honneur de Gaza - Ciné-rencontre avec Iyad Alasttal au Cinéma la Salamandre (avec l'AFPS, dans le cadre de la solidarité internationale)
Jeudi 27 novembre - Pour l'honneur de Gaza - Ciné-rencontre avec Iyad Alasttal au Cinéma la Salamandre (avec l'AFPS, dans le cadre de la solidarité internationale)
Jeudi 27 novembre - Pour l'honneur de Gaza - Ciné-rencontre avec Iyad Alasttal au Cinéma la Salamandre (avec l'AFPS, dans le cadre de la solidarité internationale)
Jeudi 27 novembre - Pour l'honneur de Gaza - Ciné-rencontre avec Iyad Alasttal au Cinéma la Salamandre (avec l'AFPS, dans le cadre de la solidarité internationale)
Jeudi 27 novembre - Pour l'honneur de Gaza - Ciné-rencontre avec Iyad Alasttal au Cinéma la Salamandre (avec l'AFPS, dans le cadre de la solidarité internationale)
C'EST DEMAIN !
En partenariat avec le cinéma La Salamandre, l’AFPS organise un ciné-débat autour du documentaire « Pour l’honneur de Gaza », en présence du cinéaste gazaoui Iyad Alasttal, ce jeudi 27 novembre.
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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 12:28
Solidarité avec le camp de réfugiés de Jalazone en Palestine: faites un don avec le PCF Pays de Morlaix et Morlaix Wavel AJPF
Solidarité avec le camp de réfugiés de Jalazone en Palestine: faites un don avec le PCF Pays de Morlaix et Morlaix Wavel AJPF
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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 12:00
« 1 million d’oliviers pour la paix en Palestine » : Le PCF renforce sa solidarité !

Le PCF a lancé une mobilisation nationale en faveur de la paix et de la justice en Palestine avec sa campagne de solidarité internationale, « 1 million d’oliviers pour la paix ». Initiée par la fédération du Val-de-Marne le 22 avril 2025 - Journée internationale de la Terre -, cette initiative a été rapidement adoptée par le Conseil national du Parti, renforçant ainsi sa portée politique.

L’élan de solidarité s’est propagé : de nombreuses fédérations départementales ont adhéré (Lot-et-Garonne, Gers, Finistère, Oise, Hérault, Pyrénées-Atlantiques, Var, Meurthe-et-Moselle, Bouches-du-Rhône et Gironde), rejointes par des sections locales comme Draguignan, Rennes, Fougères et Paris 20e. Cette action militante a déjà permis de collecter 35 000 € de dons auprès de la population - une première étape vers l’objectif ambitieux de 100 000 euros. C’est un succès et un signe fort de mobilisation populaire.

Grâce à ses militants, la solidarité s’est déployée dans les quartiers, les villes et sur les marchés. Tout en exigeant le respect du droit international auprès de Macron, ces initiatives politiques démontrent à la population que le PCF est à ses côtés pour défendre la paix, la justice et le droit international. Le PCF, qui s’est toujours tenu aux côtés du peuple palestinien, l’a encore illustré par la conférence internationale organisée le 4 juin dernier avec l’OLP.

Alors qu’en France, le gouvernement criminalise les mairies communistes qui soutiennent la Palestine, cette opération permet de verser 10 euros pour un olivier planté en Cisjordanie occupée. Menée en partenariat avec l’Association palestinienne des agronomes arabes (AAA) et coordonnée en France par Amitié Palestine Solidarité (APS), cette campagne politique est un acte de résistance pacifique face à la colonisation et à l’occupation israéliennes. En s’appuyant sur des partenaires palestiniens progressistes et laïques, le PCF affirme sa volonté de soutenir la lutte de libération nationale du peuple palestinien, tout en préparant la reconstruction de demain.

L’olivier, symbole de résistance et enjeu économique

Depuis 1967, plus d’un million d’oliviers ont été détruits par les colons et les militaires israéliens. Cette destruction systématique vise à priver les Palestiniens de leurs terres et de leurs moyens de subsistance. L’olivier, pilier de la culture palestinienne, est la cible d’une stratégie de dépossession programmée pour empêcher la création d’un État de Palestine viable et souverain. La production d’huile d’olive représente un fort enjeu économique et participe de la souveraineté alimentaire des Palestiniens. La cueillette des olives 2025 fait l’objet d’une violence sans précédent des colons.

Pour Issa Elshatleh, vice-président de l’AAA, « cette stratégie vise à éliminer la présence palestinienne en Cisjordanie par des attaques systématiques, des intimidations et des restrictions. Nous appelons à une intervention urgente de la communauté internationale pour protéger les droits des Palestiniens. » Planter un olivier permet ainsi de soutenir la résistance populaire, d’apporter une aide économique aux 100 000 familles de producteurs agricoles et de protéger la terre face à la colonisation.

Dans un contexte de génocide et de nettoyage ethnique, plusieurs voix ont souligné l’importance et la portée politique de la campagne nationale du PCF. Lors de la Fête de l’Humanité, Ofer Cassif, député communiste à la Knesset, a salué la campagne comme un acte concret de résistance contre « le fascisme, le sionisme et la colonisation ». Il a insisté sur la nécessité de lier lutte politique et solidarité internationale et a dénoncé la complicité des États-Unis et de l’Union européenne, appelant à unir les forces progressistes pour une paix fondée sur le droit international. De son côté, Hala Abou Assira, ambassadrice de Palestine en France, a remercié les communistes pour leur engagement : « L’olivier, symbole de paix, est aussi celui de notre indépendance et de notre identité. C’est notre relation à la terre qui nous donne la force de résister. C’est une lutte internationaliste contre le fascisme, un combat commun contre les criminels. »

Mobilisation internationale et solutions politiques

Le 22 octobre, une visioconférence a réuni Fadwa Khader (membre du bureau politique du Parti du peuple palestinien, PPP), Ephraïm Davidi (membre du bureau politique du Parti communiste d’Israël, PCI) et Issa Elshatleh (AAA), ainsi que les fédérations engagées. Tous ont mis en évidence les liens entre la réimplantation des oliviers, les enjeux socio-économiques et l’action politique concrète, comme moyen de défendre les droits fondamentaux des Palestiniens.

Fadwa Khader a dénoncé les effets dramatiques de l’occupation : fragmentation et annexion des territoires, pauvreté, entraves à l’accès aux soins et à l’éducation. Elle a appelé à renforcer le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) pour contraindre Israël à respecter le droit international. Ephraim Davidi a, quant à lui, insisté sur la « fascisation » du régime israélien. Démontrant l’alliance stratégique entre le projet colonial sioniste et le projet impérialiste de Trump, il a souligné que la présence militaire américaine en Israël menace la paix régionale.

L’enjeu politique pour le PCI est de changer les rapports de forces en Israël contre la colonisation et l’occupation. Malgré la répression, les deux dirigeants communistes ont salué la bataille politique qu’ils mènent ensemble (PPP et PCI) et appellent à un engagement international, notamment via une conférence internationale pour la paix.
Enfin, le PCF et les participants ont souligné qu’une simple reconnaissance de l’État de Palestine ne suffit pas. Dans le cadre d’une solution à deux États, avec Jérusalem-Est pour capitale, des actes politiques forts et immédiats sont nécessaires pour une Palestine libre et souveraine, notamment des sanctions politiques, économiques et diplomatiques contre Israël, ainsi que la fin de la colonisation et de l’occupation.

Appel à amplifier la solidarité

Avec les organisations de l’OLP (dont le PPP) et le PCI, cette campagne permet de mener la bataille politique pour la souveraineté, le droit et la dignité du peuple palestinien. Elle se présente comme un outil de mobilisation populaire, au service des citoyens et des associations.

Pour Ozer Oztorun, secrétaire départemental du Val-de-Marne, il est urgent d’agir : « Nous avons une responsabilité politique. Nous avons besoin d’amplifier notre mobilisation, de ne rien céder au fascisme. Avec les campagnes «Urgence Gaza, Urgence Palestine» et celle des oliviers, plus de 60 000 € ont déjà été collectés. Nous irons nous-mêmes planter ces oliviers sur la terre du peuple palestinien au printemps 2026, avec une délégation d’élus et de militants communistes. »

En conclusion, un objectif ambitieux de 100 000 € est fixé. Amplifions notre solidarité internationale, en exigeant auprès de la France et de l’Union européenne un cessez-le-feu réel et immédiat, pour une paix juste et durable, fondée sur le droit international et l’autodétermination du peuple palestinien.

Cristine Hernandez - CRI PCF 94
coordinatrice de la campagne « 1 million d’oliviers pour la paix »


Le PCF met à disposition des fédérations et sections du matériel de diffusion : exemples de communiqués de presse pour lancement campagne, tracts, présentation politique de l’opération, bons de soutien, points financiers, lettres de remerciement, affiches, autocollants et organise des visio conférences avec les partenaires en Palestine, les membres de l’OLP (dont PPP) et le PCI…

Pour soutenir la campagne « 1 million d’oliviers pour la paix en Palestine », vous pouvez faire un don de 10 euros par olivier planté sur la plateforme HelloAsso.

Article publié dans CommunisteS, numéro 1063 du 19 novembre 2025.

« 1 million d’oliviers pour la paix en Palestine » : Le PCF renforce sa solidarité !
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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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