Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
22 juillet 2025 2 22 /07 /juillet /2025 06:30

Dans une déclaration commune publiée lundi 21 juillet, la France, le Royaume-Uni, le Canada et vingt-deux autres pays ont appelé à mettre fin « immédiatement » à « ce terrible conflit » dans la bande de Gaza. Ils dénoncent notamment les bombardements israéliens quotidiens aux abords des centres de distribution alimentaire. Une annonce qui tombe pile une semaine après que l’Union européenne a renoncé à prendre des sanctions contre Israël malgré de multiples violations des droits de l’homme reconnues par l’UE.

Après vingt-et-un mois de massacre, la France, le Royaume-Uni, le Canada et vingt-deux autres pays, ont, dans une déclaration commune publiée lundi 21 juillet, appelé à mettre fin « immédiatement » à « ce terrible conflit » dans la bande de Gaza bombardée quotidiennement par l’armée israélienne.

« Nous (…) nous rassemblons autour d’un message simple et urgent : la guerre à Gaza doit cesser immédiatement », écrivent les ministres des Affaires étrangères de ces pays, pour qui « la souffrance des civils à Gaza a atteint de nouveaux sommets ».

59 989 Palestiniens tués

Près de deux millions de Palestiniens assiégés par Israël sont au bord de la famine après plus de 21 mois d’offensive, déclenchée à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023. 59 989 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées par l’armée israélienne dans l’enclave palestinienne.

« Le modèle de distribution de l’aide mis en place par le gouvernement israélien est dangereux, alimente l’instabilité et prive les Gazaouis de leur dignité humaine », poursuivent les signataires en référence à la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par Washington et Israël.

La GHF a commencé ses opérations fin mai, après un blocus humanitaire total de plusieurs mois imposé au territoire palestinien par Israël. « Il est terrifiant que plus de 800 Palestiniens aient été tués alors qu’ils tentaient d’obtenir de l’aide », écrivent encore les ministres. La fondation privée et militarisée, à la main du gouvernement israélien, est la seule actuellement à pouvoir distribuer de l’aide humanitaire à Gaza. Mardi dernier, l’ONU a indiqué avoir recensé 875 personnes tuées en tentant de se procurer de la nourriture depuis fin mai, dont 674 « à proximité des sites de la GHF ».

« Le refus du gouvernement israélien de fournir une assistance humanitaire essentielle à la population civile est inacceptable », dénoncent les ministres. Les signataires appellent également à la libération des otages, « cruellement détenus » par le Hamas.

Ils déclarent « s’opposer fermement à toute initiative visant à modifier le territoire ou la démographie dans les territoires palestiniens occupés », appelant à l’arrêt de la colonisation menée par Israël dans ces territoires.

L’Union européenne fait marche arrière

Reste que, le 15 juillet dernier, l’Union Européenne a encore refusé de prendre des sanctions contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou pour le contraindre au respect du droit international. Fin juin, le service diplomatique de la Commission européenne a pourtant envoyé un rapport juridique de huit pages aux États membres, documentant les multiples cas de violations, d’abus et de crimes contre la population palestinienne. Le document souligne ainsi le non-respect par Israël de l’article 2 de l’accord d’association qui le lie à l’Union européenne en ce qui concerne les droits de l’homme.

« Nous sommes prêts à prendre de nouvelles mesures pour soutenir un cessez-le-feu immédiat et une voie politique vers la sécurité et la paix pour les Israéliens, les Palestiniens et toute la région », affirment, sans en dire plus, les pays signataires de la déclaration commune, pas exclusivement européens. Parmi eux figurent l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Islande, l’Italie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Pologne, le Portugal, la Slovénie, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Irlande, la Norvège. Ces trois derniers pays ont, pour leur part, chacun reconnu officiellement l’État de Palestine en mai 2024, dénonçant le massacre perpétré à Gaza.

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 05:00

 

Il est urgent de construire une alternative de paix

Le secrétaire général de l’OTAN, le Néerlandais Mark Rutte, désigné à cette fonction le 1eroctobre 2024 après avoir été pendant 14 ans Premier ministre des Pays-Bas, a donné la mesure de la flagornerie des Européens envers Donald Trump en disant de lui que « Daddy doit parfois hausser le ton ». Et c’est bien ce qu’ont fait les Etats-Unis en amont et lors du Sommet de l’OTAN qui s’est tenu à La Haye les 24 et 25 juin.

Sous la pression de Trump et des USA, les membres de l’OTAN ont décidé d’augmenter de manière colossale leurs dépenses militaires en les portant à 5 % du PIB d’ici 2035. Cet engagement comporte deux volets : d’une part, les Alliés s’engagent à porter d’ici 2035, à au moins 3,5 % la part du PIB consacrée chaque année au financement des besoins ayant trait à la défense proprement dite et à la réalisation des objectifs capacitaires de l’OTAN ; d’autre part, ils investiront jusqu’à 1,5 % du PIB dans la protection des infrastructures critiques et des réseaux et le renforcement de leur base industrielle de défense.

L’OTAN s’affirme plus clairement que jamais comme une alliance militaro-industrielle, une alliance agressive qui s’est mondialisée et accroît ses capacités à intervenir bien au-delà de l’espace euro-atlantique des origines afin de « contenir » ceux qu’elle désigne comme « les rivaux systémiques » de l’ordre capitaliste occidental, à savoir la Russie, mais aujourd’hui en tout premier lieu la Chine. Mark Rutte, toujours le même, fait plus qu’assumer ces décisions, il en félicite le président américain en lui adressant ce tweet que Trump s’est empressé de publier : « Vous allez réaliser quelque chose qu’AUCUN président américain n’était parvenu à faire durant des décennies. » Et Rutte d’affirmer : « L’Europe va payer un prix ENORME comme elle le devait, et ce sera votre victoire », en utilisant les majuscules à la manière de Trump dans ses propres messages.

Autant dire que « l’autonomie stratégique européenne » dont Emmanuel Macron se voulait le champion est totalement absente de la déclaration finale, alors qu’il est écrit en toutes lettres : « Nous réitérons notre engagement commun à développer rapidement la coopération entre les industries de défense de part et d’autre de l’Atlantique et à mettre les technologies émergentes et l’esprit d’innovation au service de notre sécurité collective ». « De part et d’autre de l’Atlantique », on sait qui fournira les armées européennes ! Et la France qui après les décisions de l’OTAN va voir ses dépenses militaires passer de 50 milliards à environ 130 milliards d’euros par an, n’a rien dit ! On ne peut que regretter que la France qui a su à une autre époque se faire entendre à l’OTAN, finisse désormais toujours par se ranger.

Seule l’Espagne a eu le courage de faire entendre une voix à contre-courant, s’exposant à des menaces de représailles commerciales de la part des États-Unis. Les autres pays européens, y compris ceux qui ont des gouvernements sociaux-libéraux comme le Royaume-Uni de Keir Starmer, se sont alignés sans mot dire. Dans les rangs du SPD en Allemagne, un manifeste réunissant d’anciens responsables et ministres fait grand bruit en s’opposant au cours belliciste et aux 5 % exigés par l’OTAN. Cela reste sans aucune influence sur la position du gouvernement fédéral de coalition CDU-SPD. Pour notables qu’elles soient, ces réactions restent bien trop timides pour inverser les choses au sein de l’OTAN. Il convient cependant de noter les nouvelles fractures que cela ouvre en Allemagne. Il n’en demeure pas moins que le sommet de La Haye a illustré la vassalisation accompagnée d’une forme d’humiliation des alliés européens de la part des USA.

Les militants politiques, syndicaux et pacifistes réunis le week-end précédent pour un contre-sommet et une manifestation dans les rues de La Haye sont bien conscients de la faiblesse actuelle du mouvement pacifiste européen et mondial. Aux côtés de représentants d’organisations politiques, des organisations de la société civile ont appelé à constituer un vaste mouvement de refus des augmentations des dépenses militaires et aux nécessaires mobilisations en Europe, à l’unisson du mouvement anti-guerre qui doit se développer sur toute la planète.

De nouveaux rendez-vous sont en préparation, au niveau européen et international, non seulement pour protester mais pour apporter des réponses et soumettre des alternatives à la guerre sans fin que nous promet l’OTAN. À nous de hausser le niveau en France pour dire non à l’OTAN, non aux guerres, non à l’économie de guerre et à la militarisation de la société. À nous de promouvoir le multilatéralisme, la coopération, la sécurité collective et la paix.

Alors que s’aggrave la militarisation de l’Europe, encouragée par une Union européenne soumise à l’OTAN, il est urgent d’organiser la sortie du commandement intégré de l’OTAN comme première étape vers la sortie et la dissolution de l’OTAN, au bénéfice d’une construction européenne de sécurité collective reprenant les principes de l’acte final de la déclaration d’Helsinki.

Alain Rouy,
secteur international du PCF

Partager cet article
Repost0
3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 05:50
« Notre moyen de communication, c’est la fusillade » : quand les soldats israéliens témoignent de la guerre à Gaza - Pierre Barbancey, L'Humanité, 1er juillet 2025
« Notre moyen de communication, c’est la fusillade » : quand les soldats israéliens témoignent de la guerre à Gaza
 
Le quotidien Haaretz a publié des témoignages de soldats israéliens qui décrivent le comportement de l’armée près des zones de distribution de nourriture. L’un d’entre eux évoque le nombre de tués chaque jour dans la bande de Gaza.
 
Pierre Barbancey
 
Dans la bande de Gaza, l’horreur n’a plus de limites. Le quotidien israélien Haaretz vient de publier un très long article à partir de témoignages des réservistes qui se sont trouvés sur place en opération. « Des conversations avec des officiers et des soldats révèlent que les commandants ont ordonné aux troupes de tirer sur la foule pour la chasser ou la disperser, même s’il était clair qu’elle ne représentait aucune menace », écrit le journal.
Depuis la fin mai, une organisation américano-israélienne, la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), a été chargée par Tel-Aviv (qui considère l’ONU comme une entité ennemie) de gérer la distribution de nourriture aux Gazaouis.
Des distributions limitées – c’est au bon vouloir des Israéliens – dans quatre lieux (trois au sud et un au centre du territoire), qui n’ouvrent que pendant une heure, ce qui force les Palestiniens à se déplacer dans des zones contrôlées par l’ennemi avec des supplétifs locaux, collaborateurs connus pour être des voleurs, la milice Abou Shabab. Le danger est donc déjà important pour les populations civiles qui, en manque de nourriture, marchent vers ces centres alors que le jour n’est pas encore levé.
 
Des possibles crimes de guerre
« C’est un champ de bataille, a déclaré un soldat à Haaretz. Là où j’étais posté, entre une et cinq personnes étaient tuées chaque jour. Elles sont traitées comme des forces hostiles : pas de mesures de contrôle des foules, pas de gaz lacrymogènes ; juste des tirs à balles réelles avec tout ce qu’il est possible d’imaginer : mitrailleuses lourdes, lance-grenades, mortiers. Puis, une fois le centre ouvert, les tirs cessent et ils savent qu’ils peuvent approcher. Notre moyen de communication, c’est la fusillade. » Le soldat ajoute : « Nous ouvrons le feu tôt le matin si quelqu’un tente de rejoindre la ligne à quelques centaines de mètres, et parfois nous le chargeons à bout portant. Mais il n’y a aucun danger pour les forces. »
Il affirme ne pas avoir eu « connaissance d’un seul cas de riposte. Il n’y a ni ennemi ni arme ». Il a également précisé que l’opération menée dans sa zone de service est appelée opération « Poisson salé », du nom de la version israélienne du jeu pour enfants Feu rouge, feu vert. Bien évidemment, aucune image n’a été diffusée, l’armée se gardant bien d’offrir les preuves de ce que vivent ces soldats, et surtout de ce que subissent les Palestiniens.
 
À Gaza, la mort au bout de la file d’attente pour « l’aide humanitaire »
Parmi les témoignages recueillis, celui qui suit est particulièrement glaçant. « La nuit, nous ouvrons le feu pour signaler à la population qu’il s’agit d’une zone de combat et qu’il est interdit de s’en approcher », explique le militaire. « Une fois, les mortiers ont cessé de tirer et nous avons vu des gens commencer à s’approcher. Nous avons donc repris le feu pour leur signifier clairement qu’ils n’avaient pas le droit d’approcher. Finalement, un obus a touché un groupe de personnes. »
Comme si ce n’était pas suffisant, l’armée israélienne ajoute une touche de torture psychologique. « Plus tôt ce mois-ci, nous avons été informés qu’un message annonçant l’ouverture du centre dans l’après-midi avait été diffusé, et les gens se sont présentés tôt le matin pour être les premiers dans la file d’attente. Comme ils étaient arrivés trop tôt, la distribution a été annulée ce jour-là. »
Le général Yehuda Vach aurait ordonné plusieurs massacres
Selon Haaretz, un nom revient souvent, celui du général de brigade Yehuda Vach, commandant la division 252. Le quotidien avait déjà décrit la façon dont cet officier de haut rang avait transformé ce qu’on appelle le couloir de Netzarim (au centre de la bande) en une route mortelle et était soupçonné d’avoir ordonné la destruction d’un hôpital à Gaza sans autorisation.
La semaine dernière, des soldats de la division 252 « ont ouvert le feu à un carrefour où des civils attendaient des camions d’aide. Un commandant sur le terrain a donné l’ordre de tirer directement au centre du carrefour, causant la mort de huit civils, dont des adolescents. L’incident a été porté à l’attention du chef du commandement Sud, le général de division Yaniv Asor, mais jusqu’à présent, hormis une enquête préliminaire », aucune mesure n’a été prise.
Preuve de déshumanisation totale, un des réservistes, mobilisé une nouvelle fois dans le nord du territoire palestinien, estime que « Gaza n’intéresse plus personne. C’est devenu un endroit avec ses propres règles. La perte de vies humaines ne signifie rien. Ce n’est même pas un ”incident malheureux”, comme on disait autrefois ». Selon le ministère de la Santé de Gaza, 549 personnes ont été tuées près des centres d’aide et dans les zones où les habitants attendaient des camions de nourriture de l’ONU depuis le 27 mai. Plus de 4 000 personnes ont été blessées.
 
 
Partager cet article
Repost0
3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 05:47
Vendredi 4 juillet - Rassemblement de solidarité avec la Palestine à Morlaix sur le parvis de la mairie à 17h suivie d'une conférence de Georges Papazoff avec l'AFPS sur Art et résistance au bar des deux rivières à 19h
À Morlaix, l’AFPS va faire du vendredi 4 juillet une journée solidaire avec la Palestine
Le 02 juillet 2025
L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) du Pays de Morlaix organise un rassemblement vendredi 4 juillet à 17 h à Morlaix.
L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) du Pays de Morlaix a décidé de faire du vendredi 4 juillet 2025 une journée de solidarité avec la Palestine. Pour cela, elle organise deux initiatives publiques : un rassemblement à 17 h, place des Otages, devant l’hôtel de ville, puis une conférence, à 19 h.
L’appel à se rassembler a été lancé, comme à l’accoutumée depuis plus de 20 mois, à tous les partenaires associatifs, syndicaux et politiques de l’AFPS. Le mot d’ordre : exiger un cessez-le-feu immédiat et définitif à Gaza et l’entrée sous contrôle de l’ONU d’une aide humanitaire massive. Pour l’AFPS, « il ne peut y avoir de trêve estivale dans la solidarité avec le peuple palestinien tant que le génocide se poursuit à Gaza et que la colonisation et l’occupation s’étendent en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est ».
Animée par l’artiste peintre Georges Papazoff, membre de la Réunion des musées nationaux, la conférence se déroulera quant à elle au bar des Deux Rivières, place de la Madeleine, toujours à Morlaix. Elle aura pour thème la puissance de l’art comme outil des résistances. La participation sera libre et reversée au bénéfice des activités de l’AFPS dans le camp de réfugiés de Jalazone, en Cisjordanie (réservation recommandée : deuxrivieresmorlaix@orange.fr ou au 02 98 62 85 12).
Partager cet article
Repost0
3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 05:43
Mini-festival de la culture palestinienne à Saint-Rivoal du 11 au 14 juillet organisé avec l'AFPS Pays de Morlaix
Un super mini-festival de la culture palestinienne à Saint-Rivoal avec l'Afps de Morlaix. Courez-y du 11 au 14 juillet. Créer et passer les créateurs et les artistes pour résister (au désespoir, à la colonisation, l'oppression au génocide du peuple palestinien)!
Dans le cadre du 2ème chapitre de programmation de
La Baraque – Méharées
SIYALA, les villes invisibles (femmes, émancipation, conditions de vie)
installation en hommage aux tisseuses berbères de la coopérative de tisseuses Nakasha du bidonville de Salé (Maroc)
dim 6 juillet 15H
performance
musique/danse/lecture
tamazight et chleuh du Maroc
Avec Nour-Eddine Hartane et Ali Ouaamer (paroles), Alain Mahe (musique), Carole Paimpol et Emanuela Nelli (danse)
En soutien à la famille Benchihi après le tremblement de terre au Maroc qui a touché principalement la population berbère de l’Atlas
du 11 au 14 juillet
Culture Palestinienne
films, performances, rencontre
Ouverture le 11 juillet à 19H avec une performance
 
avec Kamal Hamadache (oud), Alain Mahe (multi instruments), Elias Nabaa, Nino Mahe-Nelli (lecture de poèmes en palestinien et breton) et Emanuela Nelli (danse)
 
et les œuvres du peintre-plasticien Jean-Yves Bizien
“Palestine 1948 des villages devenus pierres”
avec le soutien de l’AFPS de Morlaix
 
LES FILMS ET LES INTERVENANTS
 
BORDERLINE
Antoine Bonzon & Benoît Bizard I Documentaire I 2021 I 52mn I V.O. arabe & anglais I S.T. français
Borderline invite à une immersion musicale en Palestine. De Jérusalem à Ramallah, des collines de Cisjordanie à Gaza, différents quotidiens se dévoilent dans l’intimité de musiciennes et musiciens pratiquant rap, punk-rock, musique classique ou traditionnelle. Dans une Palestine fragmentée, sous occupation, Ivan, Ranim, Taleen, Abu Sofiane et Sari expriment par leur musique, un besoin inaliénable de liberté, espérant « qu’un jour quelqu’un entendra ».
En présence de Rachel Bizien, coproductrice
 
RYUICHI HIROKAWA, LA MÉMOIRE DE L’OUBLI
Ayed Nabaa I Documentaire I 2016 I 52mn I V.O. japonais, arabe, hébreu & anglais I S.T. français
Ce documentaire raconte l’histoire du photographe japonais Ryuichi Hirokawa, né en 1943. Durant sa jeunesse, inspiré par le philosophe juif Martin Buber, Hirokawa décide de partir expérimenter la vie dans les kibboutzim en Palestine. Le film met en lumière son arrivée au kibboutz de Dalia, suivie quelques mois plus tard par le déclenchement de la guerre des Six jours, en 1967. La guerre suscite de nombreuses interrogations chez Hirokawa, et notamment la présence de mystérieuses pierres blanches fracassées et dispersées près du kibboutz. Ce moment marque un tournant dans sa vie.
En présence d’Ayed Nabaa, réalisateur
 
PAS EN MON NOM
Daniel Kupferstein / France / français / VO / 2019 / 92min / Documentaire
Souvent, en France, lorsque les conflits reprennent au Proche-Orient, les personnes d’origine juive sont appelées à soutenir inconditionnellement l’Etat d’Israël. Pourtant, un certain nombre d’entre elles, comme moi, refusent de s’enfermer dans cette assignation communautaire, tout en craignant le développement de l’antisémitisme. C’est pourquoi, je suis allé à leur rencontre…
 
IT’S NOT A GUN
Héléna Cotinier & Pierre-Nicolas Durand I Documentaire I 2006 I 67min I V.O. français, arabe & anglais I S.T. français
Ramzi Aburedwan est Palestinien. En 1998, il vient en France pour étudier la musique. Quatre ans plus tard, il fonde l’association Al Kamandjati (le violoniste). Son but : créer des écoles de musique pour les enfants de son pays. Depuis 2003, chaque été, Ramzi invite des musiciens de divers horizons dans les territoires palestiniens. Ils sont plus de trente à s’être succédés pour donner des concerts et animer des ateliers pour les plus jeunes. De leur arrivée dans les rues de Ramallah en 2003 à l’inauguration de la première école en 2005, ces jeunes musiciens se confrontent à la réalité d’une région complexe. It’s Not a Gun raconte en musique les péripéties de ces jeunes et interroge leur rapport aux utopies.
En présence Ramzi Aburedwan
 
SUNBIRD
Ayed Nabaa I Documentaire I 2013 I 60mn I V.O. arabe, français, allemand & anglais I S.T. français
Ce documentaire retrace l’histoire d’un acte créatif de dissidence, d’espoir et de résistance pacifique. Khaled Jarrar, artiste palestinien, conçoit un visa et un timbre-poste de « l’État de Palestine » représentant un sunbird, oiseau symbole de liberté. S’il n’existe ni poste ni visa officiels palestiniens, il réussit à faire utiliser officiellement le timbre-poste dans plusieurs pays européens. Il a également tamponné des centaines de passeports dans le cadre d’un projet artistique. D’autres artistes arabes et internationaux l’ont imité, dont Jean-Yves Bizien, en Bretagne, pour réclamer la reconnaissance d’un État de Palestine, même s’il n’apparaît pas sur la carte du monde.
En présence d’Ayed Nabaa, réalisateur et de Jean-Yves Bizien, artiste peintre et créateur de timbres palestiniens
 
WARDI
Mats Grorud / France , Norvège, Suède / français arabe / VOSTF / 2018 / 74min / Animation
Beyrouth, Liban, aujourd’hui. Wardi, une jeune Palestinienne de onze ans, vit avec toute sa famille dans le camp de réfugiés où elle est née. Sidi, son arrière-grand-père adoré, fut l’un des premiers à s’y installer après avoir été chassé de son village en 1948. Le jour où Sidi lui confie la clé de son ancienne maison en Galilée, Wardi craint qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour. Mais comment chaque membre de la famille peut-il aider à sa façon la petite fille à renouer avec cet espoir ?
Les recettes en soutien aux cinéastes d’animation palestinien.nes
Partager cet article
Repost0
30 juin 2025 1 30 /06 /juin /2025 05:10

 

Monsieur le Président de la République

Ce mercredi, lors du somet de l'OAN à La Haye, les pays membres se sot engagés à porter leurs ddépenses militaires à hauteur de 5% du PIB. Une telle orientation budgétaire représenterait, pour les seuls pays européens, plus de 850 milliards d'Euros par an, soit 2,5 fois le niveau actuel.

En France, cette norme se traduirait par une enveloppe annuelle de plus de 145 milliards d’euros.

En 2024, les États européens membres de l’OTAN ont dépensé trois fois plus que la Russie pour leur défense : 454 milliards de dollars contre 141.

L’Europe surpasse la Russie : quatre fois plus de navires, trois fois plus de chars, deux fois plus d’avions de chasse, plus de soldats. Ce surarmement ne se fonde donc pas sur une menace sécuritaire objective mais bien sur une stratégie idéologique et industrielle.

Présentée comme une condition de notre « indépendance stratégique » et la promesse d’une « Europe souveraine », cette décision engage en réalité les peuples européens dans une logique de surmilitarisation dictée par des intérêts extérieurs. Il ne s’agit pas d’un renforcement de souveraineté ou d’indépendance, mais de la perpétuation d’un capitalisme militarisé, où rivalités économiques et affrontements géopolitiques se nourrissent l’un l’autre.

Il nous semble que l’objectif du retour de la paix en Ukraine, de la défense de la souveraineté de ce pays agressé, ne peut se trouver dans la réaffirmation d’une logique de guerre.

Ce choix du surarmement dépasse largement le cadre du conflit ukrainien, il relève d’une conception du monde où seuls les rapports de force militaire compteraient.

Ce choix budgétaire démesuré aura un coût immense pour les citoyens : coupes drastiques dans les services publics, baisse des investissements sociaux, affaiblissement des politiques de solidarité. La société devra se plier à une logique de guerre sans débat démocratique ni contrôle parlementaire réel.

« L’unité stratégique » que vous invoquez, Monsieur le Président, apparaît aujourd’hui pour ce qu’elle est : un simulacre.

L’Europe, profondément divisée non seulement sur la conduite du conflit ukrainien l’est aussi sur la nature des rapports avec l’État israélien, ce qui permet la poursuite de la destruction de Gaza. Silencieuse face aux violations répétées du droit international au Moyen-Orient – qu’elles viennent d’Israël ou des États-Unis – l’Europe se trouve placée dans une posture de sujétion. Washington fixe la stratégie, commande la marche ; la France, désorientée, s’y aligne.

Ce renforcement de l’OTAN, loin d’assurer notre sécurité, autorise avant tout des profits colossaux pour l’industrie de l’armement américaine, pendant que les peuples européens subiront les conséquences économiques et sociales de cette fuite en avant.

Nous vous demandons solennellement, Monsieur le Président, de refuser cette vassalisation de notre pays, de vous opposer à la militarisation de notre société au service des visées impérialistes. L’industrie de défense, de plus en plus livrée aux logiques des marchés financiers, ne sert ni la souveraineté, ni l’emploi durable, ni l’innovation productive : elle entretient la précarité, la stagnation des salaires, et le sous-investissement dans les besoins réels de la population.

Dans la défense comme ailleurs, les restructurations improvisées et les
« coopérations européennes » sans garanties claires, n’apportent ni autonomie stratégique ni contrôle démocratique. Le recours à un indicateur budgétaire arbitraire, hérité des injonctions de Donald Trump, ne peut fonder une politique de défense sérieuse. Une stratégie militaire ne se construit pas autour d’un chiffre, mais à partir des besoins réels de nos armées et du devoir de protection du territoire national et de l’exercice de notre souveraineté.

Nous vous appelons, Monsieur le Président, à laisser la représentation nationale décider, en conscience, de l’effort de défense que la Nation peut consentir et non soumettre à notre pays des objectifs imposés sans débat, au mépris de notre souveraineté.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Cécile CUKIERMAN

Paris le 26 juin 2025

Partager cet article
Repost0
29 juin 2025 7 29 /06 /juin /2025 11:50
L'urgence de la paix, de l'arrêt du génocide à Gaza et de la reconnaissance de l'Etat de Palestine - Motion votée au Conseil Municipal de Morlaix du 26 juin 2025
Le conseil municipal de Morlaix a voté ce jeudi 26 juin une motion importante pour l'urgence de la Paix et de la reconnaissance de l'état de Palestine, et pour une vraie action de la France pour faire cesser le génocide à Gaza, sanctionner la politique de Netanyahou, exprimant notre solidarité avec le peuple palestinien et notre choix d'une paix juste et durable entre les peuples israéliens et palestiniens dans le droit à l'existence des deux peuples.
Ismaël Dupont a porté cette motion présentée par l'ensemble de la majorité de gauche, et défendue par le maire Jean-Paul Vermot dans le débat qui a suivi.
A signaler aussi que Jean-Charles Pouliquen de l'opposition a voté pour cette motion: il y a eu 28 voix pour, 2 oppositions, 2 abstentions. 
Une grande satisfaction pour la ville de Morlaix de pouvoir ainsi porter cette solidarité avec la Palestine. 
 
POUR L’URGENCE DE LA PAIX ET DE LA RECONNAISSANCE DE L’ÉTAT DE PALESTINE
Le Conseil municipal de Morlaix, réuni ce jeudi 26 juin 2025,
Considérant les principes fondamentaux du droit international humanitaire,
Considérant la Déclaration universelle des droits de l’Homme
Considérant les résolutions des Nations Unies appelant à un cessez-le-feu immédiat, à la protection des civils, et à une solution politique juste et durable au conflit israélo-palestinien,
Considérant l’ordre rendu par la Cour Internationale de Justice appelant l’État d’Israël à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir un génocide à Gaza,
Considérant l’indignation mondiale croissante face aux bombardements massifs, au blocus total, à la destruction systématique des infrastructures civiles, à l'exécution de personnels soignants,
d'humanitaires, de journalistes, et aux dizaines de milliers de victimes parmi les populations civiles palestiniennes, dont une majorité de femmes et d’enfants,
Considérant les valeurs de fraternité, de paix, de justice et de solidarité qui fondent notre engagement politique, humain et républicain,
Affirme solennellement :
- Sa condamnation de l'attaque de l'Iran par le premier ministre Netanyahou et l'extrême-droite au pouvoir en Israël, véritable fuite en avant guerrière menaçant la paix et la sécurité du monde après les bombardements du Liban et de la Syrie.
- Sa plus vive condamnation des violences meurtrières perpétrées par l’armée israélienne à Gaza, sous le gouvernement de Benyamin Netanyahou, qui s’apparentent, au regard du droit international, à des crimes de guerre et, selon plusieurs ONG, des experts de l’ONU et des critères définis juridiquement, même à un génocide à l’égard du peuple palestinien, visant à obtenir le départ des Palestiniens de Gaza et leur remplacement dans un cadre colonial.
- Sa condamnation de toute action qui puisse mettre en péril la vie des civils israéliens ou palestiniens
- Son attachement indéfectible au respect du droit international, au principe de la protection des civils, et à la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat, global et durable, dans la bande de Gaza comme en Cisjordanie, qui vit aussi une situation de violence quotidienne des colons israéliens extrémistes armés et de l'armée vis-à-vis des populations civiles, et où s'opère dans plusieurs villages, bédouins notamment, et camps de réfugiés, des opérations de déplacements de populations pouvant s’apparenter à de l’épuration ethnique à bas bruit.
- Son plein soutien au peuple palestinien, victime de décennies d’occupation, de colonisation, d’apartheid, de discriminations et de violences, et sa solidarité envers celles et ceux qui, sur le terrain, œuvrent pour la survie, les soins, la dignité et la paix.
- Son attachement à l'objectif d'une coexistence pacifique des deux peuples, israéliens et palestiniens, et du droit à l'existence de chacun de ces deux peuples, dans un cadre démocratique et laïque, refusant les logiques de discrimination, les logiques fascistes, intégristes, de haine et de sectarisme ethnique ou religieux. La France au regard de son histoire doit œuvrer pour cet objectif.
- Sa volonté de voir le Président de la République française Emmanuel Macron reconnaître enfin pleinement l’État de Palestine, dans les frontières de 1967, aux côtés d’un État israélien souverain, pour une paix juste, durable et fondée sur l’égalité des droits. Rappelons que l’invitation à ce que la France, par la voix de son Président, reconnaisse l’État de Palestine a été votée en France par l’Assemblée Nationale en décembre 2014 déjà. Et depuis, toujours rien !
- Son appel à la mobilisation de l’Union européenne et de la communauté internationale pour mettre fin à l’impunité, faire respecter le droit humanitaire et soutenir toute initiative diplomatique sérieuse pour une résolution politique du conflit.
- La France doit sanctionner Israël et son gouvernement, par des sanctions commerciales, diplomatiques, tant que le génocide est en cours à Gaza et que ceux-ci refusent tout processus politique de reconnaissance des droits des palestiniens.
- Son soutien à toutes les initiatives citoyennes, associatives, syndicales ou institutionnelles qui œuvrent à sensibiliser sur la situation à Gaza et à porter la voix des peuples opprimés.
- Le Conseil Municipal de Morlaix apporte son expression de solidarité toute particulière à nos amis réfugiés palestiniens du camp de Jalazone, ce camp de réfugiés avec lequel Morlaix et Morlaix-Communauté, avec le soutien de l'AJPF et de l'AFPS, ont développé des relations de coopération et d'amitié toute particulière. Nos amis de Jalazone subissent depuis des années des arrestations et des exécutions de jeunes de manière arbitraire par l’armée d’occupation israélienne et leur situation s’est encore aggravée depuis le 7 octobre 2023, et plus encore depuis le désengagement américain de l’UNWRA, un véritable scandale au regard du droit international et du droit humanitaire.
L'urgence de la paix, de l'arrêt du génocide à Gaza et de la reconnaissance de l'Etat de Palestine - Motion votée au Conseil Municipal de Morlaix du 26 juin 2025
L'urgence de la paix, de l'arrêt du génocide à Gaza et de la reconnaissance de l'Etat de Palestine - Motion votée au Conseil Municipal de Morlaix du 26 juin 2025
Le Télégramme, 27 juin 2025: La ville de Morlaix vote un voeu pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine

Le Télégramme, 27 juin 2025: La ville de Morlaix vote un voeu pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine

Ouest-France, 28 juin 2025:  27 juin 2025: La ville de Morlaix vote un voeu pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine

Ouest-France, 28 juin 2025: 27 juin 2025: La ville de Morlaix vote un voeu pour la reconnaissance de l'Etat de Palestine

Partager cet article
Repost0
29 juin 2025 7 29 /06 /juin /2025 07:56

 

 

Partager cet article
Repost0
29 juin 2025 7 29 /06 /juin /2025 07:51

 

Vendredi 13 juin, deux jours, avant le sixième tour des pourparlers entre les États-Unis et la République Islamique d’Iran, et le lendemain de la résolution adoptée par l’AIEA pointant le « non-respect » des engagements du régime iranien pris dans le cadre du traité sur la non-prolifération nucléaire, l’État d’Israël lance une offensive de grande ampleur contre ce pays.

Cette opération baptisée « Rising lion » a éliminé des hauts gradés de l’armée, des Gardiens de la Révolution et leurs responsables, des scientifiques liés au programme nucléaire civil iranien et des responsables politiques. Les frappes touchent des sites militaires, mais aussi les infrastructures civiles ainsi que l’appareil productif iranien. Des centaines de morts sont à déplorer. Le non-respect des engagements pris sur le nucléaire par Téhéran ne justifie pas une telle guerre. Les répliques iraniennes n’ont pas tardé : de nombreux bombardements ont frappé les villes et les civils israéliens faisant plusieurs dizaines de victimes. Ces attaques touchent le peuple en Iran et met aussi en danger le peuple israélien et les peuples de la région.

Dimanche 22, en bombardant trois sites nucléaires de Fordo, Natanz et Isfahan, les États-Unis sont officiellement entrés en guerre contre l’Iran aux côtés du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou.

L’absence d’une condamnation ferme de la France et de l’UE de ces offensives israélienne et étatsunienne, menées en violation flagrante du droit international, signe le soutien et leur soumission aux visées impérialistes des États-Unis. Ceux-ci ont donné leur aval à Benyamin Netanyahou pour déclencher les bombardements. Ils cherchent à réaliser leur projet impérialiste de remodelage du Moyen-Orient. Netanyahou prétend se poser en gendarme de la région avec le soutien des États-Unis de Donald Trump.

Projet dénoncé clairement dans le communiqué conjoint du Parti Toudeh d’Iran et du Parti communiste israélien : « Les crimes du gouvernement réactionnaire de droite de Benyamin Netanyahou à Gaza et en Cisjordanie, [...] soutenus par l’impérialisme américain, britannique et leurs alliés de l’Union européenne, ont [...] donné un feu vert au gouvernement israélien pour des agressions supplémentaires contre les pays de la région, dans le but de redessiner la carte du Moyen-Orient selon les objectifs stratégiques de l’impérialisme américain. » [...] « Israël et les États-Unis, après avoir affaibli l’Irak, la Libye et la Syrie, sont maintenant déterminés à porter atteinte à l’indépendance et à la souveraineté de l’Iran. Ces deux gouvernements ne cesseront leurs efforts que lorsque tous les régimes de la région seront contraints à obéir au projet unique de l’impérialisme et de la domination au Moyen-Orient - un projet dont l’objectif est de réprimer les aspirations et la volonté des peuples et leur droit à déterminer leur propre destin. »

Les ambitions impérialistes qui s’affichent dans le contexte des recompositions des rapports de forces mondiaux et régionaux foulent aux pieds la charte des Nations unies et le droit international. Elles n’ont aucune considération pour les intérêts des peuples.

Par ailleurs, Netanyahou cherche à se maintenir au pouvoir, alors que les contestations se faisaient de plus en plus fortes en Israël même à poursuivre les attaques à Gaza et les territoires occupés, à empêcher la reconnaissance de l’État de Palestine et parachever ce qu’il a entamé avec les attaques au Liban et en Syrie.
Certains considèrent que cette guerre “préventive” permettra au peuple iranien de se libérer d’un régime tyrannique alors que l’ingérence étrangère n’a libéré aucun peuple. L’Irak en est un exemple.

Le peuple iranien est épuisé par 40 ans de dictature, d’oppression et de répression du régime théocratique liberticide, népotiste et corrompu de la République Islamique. Les communistes ont été réprimés dans le sang par ce régime de terreur. Pour autant et bravant la répression, les mouvements sociaux en Iran se poursuivent et s’intensifient. Aujourd’hui, le régime n’est plus soutenu que par une couche bureaucratique et sécuritaire, comme l’analysent nos camarades du parti Toudeh. Le peuple iranien a le droit à la paix, à la liberté et à la dignité humaine. Pour reprendre les propos de Mohammad Omidvar, porte-parole du parti Toudeh, devant la délégation du groupe de la GUE à l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe le 24 juin : « Au cours des deux dernières années, des mouvements sociaux remarquables ont eu lieu contre le régime iranien, se manifestant sous forme de centaines de grèves ouvrières, des manifestations quotidiennes de milliers de retraités, d’ et d’infirmier·ères à travers le pays, et de la lutte courageuse des femmes iraniennes contre la violation de leurs droits et la répression brutale dont elles font l’objet. En septembre 2022 avec le meurtre de Mahsa Amini, cette lutte a atteint un nouveau niveau et se poursuit avec le slogan « Femme, vie, liberté ». Notre parti a toujours été l’un des principaux opposants à la République islamique au cours des dernières décennies. Comme vous le savez, des centaines de nos camarades, y compris quasi toute la direction du parti, ont été tués ou exécutés en 1988, soit sous la torture, soit par exécution. Nous et d’autres forces progressistes en Iran luttons [aujourd’hui] pour établir une république nationale, démocratique et laïque en Iran. » Il poursuit en rappelant la position du parti Toudeh contre les projets de partition du pays et l’engagement du parti en faveur de la pleine indépendance de l’Iran.

Les communistes sont à l’initiative pour bâtir la paix, dans la défense de l’intérêt des peuples de la région, en prônant l’arrêt immédiat des hostilités et le respect du droit international. Ils sont la seule force politique à être capable de travailler ensemble pour la paix, comme le montre la déclaration commune entre communistes israéliens et iraniens.

À l’image de leurs camarades de la région, les communistes français suivent la boussole qui a toujours été la leur : la paix par le respect du droit international qui garantit l’intérêt des peuples pour qui les conséquences des politiques de force seront néfastes.

De la même manière, ces évènements exigent de renforcer notre solidarité envers les communistes israéliens et la coalition Hadash, alors que les députés communistes sont sous la menace d’une nouvelle exclusion de la Knesset, et avec les mouvements pour la paix qui s’expriment en Israël. Le peuple israélien est victime des politiques du gouvernement de Netanyahou qui cherche à renforcer son emprise sur l’appareil d’État.
Ces évènements exigent aussi de renforcer notre combat pour les droits souverains du peuple palestinien, qui subit les politiques génocidaires, la colonisation et l’apartheid dans les territoires occupés. La reconnaissance de l’État de Palestine, aux côtés de l’État d’Israël, est une bataille centrale, dans la suite de la conférence commune PCF-OLP du 4 juin dernier et de la déclaration finale qui en est le résultat.

Partager cet article
Repost0
22 juin 2025 7 22 /06 /juin /2025 18:41
Donald Trump bombarde l’Iran et plonge le Moyen-Orient dans l'inconnu - Lina Sankari, L'Humanité, 22 juin 2025

En bombardant trois sites nucléaires iraniens, le président états-unien précipite la région dans l’inconnu. L’Europe, qui tente de relancer les pourparlers, est mise hors d’état de nuire au projet de recomposition de la région.

On ne compte plus les nuits d’effroi au Moyen-Orient depuis vingt mois. À Gaza, en Cisjordanie occupée, au Liban, en Syrie puis, désormais, en Iran, les peuples sont plongés, les uns après les autres, dans les ténèbres de la guerre. Dans la nuit de samedi à dimanche, les États-Unis ont signé leur entrée officielle dans le conflit contre Téhéran, déclenché par Israël, en bombardant les installations nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan. « Nous avons travaillé en équipe comme aucune autre équipe ne l’avait peut-être jamais fait auparavant, et nous avons largement contribué à éradiquer cette terrible menace qui pèse sur Israël », a assuré le président Donald Trump lors d’un discours éclair à la nation de seulement quatre minutes.

Une décision qui plonge toute la région dans une phase encore plus explosive et imprévisible. Le délai de deux semaines, fixé par Donald Trump lui-même, pour prendre la décision d’un engagement en Iran a donné l’impression d’un président qui tergiverse.

Trump met en garde contre de nouvelles attaques

L’acte semble en réalité destiné à reprendre la main sur le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, qui va de surenchères en menaces concernant l’objectif d’une chute du pouvoir iranien et, derrière, de recomposition du Moyen-Orient.

En tout état de cause, Donald Trump ne ferme pas la porte des négociations avec Téhéran sur la question du nucléaire mais met en garde contre de nouvelles attaques pour mettre à genoux le pouvoir iranien et négocier en position de force. « Soit la paix sera rétablie, soit l’Iran connaîtra une tragédie bien plus grave que celle que nous avons connue ces huit derniers jours », prévient le milliardaire états-unien.

Avant d’ajouter : « N’oubliez pas qu’il reste de nombreuses cibles. Celle de ce soir était de loin la plus difficile. Mais si la paix n’est pas rapidement rétablie, nous nous attaquerons à ces autres cibles avec précision, rapidité et habileté. » Son sinistre associé Benyamin Netanyahou a immédiatement salué « un tournant historique qui peut contribuer à mener le Moyen-Orient et au-delà vers un avenir de prospérité et de paix ».

 

Par la force de ses F-35 et de ses services de renseignement, qui ont fait la démonstration de leur technicité, le premier ministre israélien reprend la doctrine trumpienne de « paix par la force », qui vise à contraindre les États de la région – et l’Arabie saoudite en premier lieu – à la normalisation des relations.

L’Europe mise hors jeu

L’entrée en guerre des États-Unis achève également de sortir l’Union européenne (UE) de l’histoire. Alors qu’elle commençait à peine à réfléchir à une révision de l’accord d’association qui la lie à Israël du fait du blocage de l’aide humanitaire à Gaza, l’UE s’est rangée comme un seul homme derrière les buts de guerre de Tel-Aviv en évoquant, malgré toutes les évidences, le « droit à se défendre » d’Israël, et donc à violer le droit international – que les puissances européennes avaient elles-mêmes contribué à ériger – au nom d’une prétendue guerre préventive.

Ce 20 juin, Paris, Berlin et Londres, signataires des accords de Vienne sur le programme nucléaire iranien (avec Moscou, Pékin et Bruxelles), dont Washington s’était retiré en 2018, ont tenté de revenir dans le jeu lors de pourparlers de quatre heures à Genève. « Si l’agression cesse et que l’agresseur est tenu responsable des crimes commis, l’Iran est prêt à envisager la voie diplomatique », a fait savoir le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi. Pour la troisième fois depuis le début de la guerre, le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir en urgence dimanche après-midi.

Les négociations ont dans le même temps été court-circuitées par la rumeur de discussions parallèles sous l’égide du Qatar avec l’envoyé spécial de Donald Trump au Moyen-Orient, Steve Witkoff. « L’Iran ne veut pas parler à l’Europe. L’Europe ne va pas pouvoir aider sur ce sujet », a tranché Donald Trump à la veille du sommet de l’Otan des 24 et 25 juin, où il se place désormais en position de force pour demander une augmentation des budgets militaires à ses alliés. Dès dimanche, Abbas Araghtchi se rendait à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine dans le cadre de leur partenariat stratégique.

Alors que les ministres européens des Affaires étrangères doivent se réunir ce 23 juin, la cheffe de la diplomatie continentale, Kaja Kallas, a dû se contenter d’exhorter « toutes les parties à faire un pas en arrière, à revenir à la table des négociations » après les bombardements qui ont visé les sites nucléaires iraniens. « Pour (eux), c’est à l’Iran de ”revenir” à la table. Mais comment l’Iran pourrait-il revenir à quelque chose qu’il n’a jamais quitté, encore moins détruit ? » a interrogé Abbas Araghtchi.

La propagande sur l’ampleur des destructions

Donald Trump, qui promettait à sa base Maga (Make America Great Again) de ne plus jamais lancer d’aventure guerrière après les désastreuses interventions en Afghanistan et en Irak, ne devrait pas s’engager dans un conflit de longue durée. Les frappes ont-elles suffi à infliger des dégâts irréversibles au programme d’enrichissement d’uranium ? Les Tomahawk utilisés contre le site souterrain de Natanz n’ont pas la capacité d’une bombe bunker buster (GBU-57), capable de pénétrer des installations en profondeur.

C’est précisément « 14 bombes GBU-57 de 30 000 livres (13 600 kg – NDLR), marquant la toute première utilisation opérationnelle de cette arme », qui ont été utilisées sur le complexe de Fordo lors de l’opération « Midnight Hammer », a précisé ce dimanche Dan Caine, chef d’état-major interarmées des forces américaines.

Reste que la propagande tourne à plein. Les Israéliens assurent qu’un coup fatal a été porté au programme nucléaire iranien sans avoir procédé aux évaluations nécessaires tandis que les gardiens de la révolution iraniens affirment que « la technologie nucléaire indigène et pacifique de l’Iran ne peut être détruite par aucune attaque ».

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), quatre bâtiments déjà visés par Israël à Ispahan et six autres installations du même site ont été touchés, y compris une unité de production de barres de combustible. L’organisation précise toutefois que les sites d’Ispahan ne contenaient pas de matières nucléaires, ou seulement de faibles quantités d’uranium naturel ou faiblement enrichi, et que la contamination radioactive sur ce site est « limitée aux bâtiments endommagés ou détruits ».

Concernant le site de Fordo, une source iranienne a indiqué à Reuters que la majorité de l’uranium hautement enrichi qui s’y trouvait avait déjà été transféré vers un autre lieu tenu secret avant l’attaque états-unienne.

Des proxies affaiblis

Quelle sera la réponse iranienne ? Les gardiens de la révolution, qui avaient déjà mis en garde quant à une riposte contre les intérêts états-uniens dans la région en cas d’intervention de Washington, signalent que le nombre, la dispersion et la taille des bases militaires américaines au Moyen-Orient constituent un « point de vulnérabilité » plutôt qu’une force. Chercheront-ils à les atteindre afin de pousser Donald Trump à s’impliquer plus avant et ainsi l’affaiblir ? Un engagement plus important des États-Unis engagerait toutefois directement la survie du régime via des attaques directes contre les centres du pouvoir. À ce titre, des frappes contre les intérêts états-uniens équivaudraient pour les mollahs à se faire hara-kiri.

À ce stade, l’activation de ses proxies régionaux déjà lourdement affaiblis, à l’instar du Hezbollah, demeure du domaine de l’hypothèse. Le mouvement chiite libanais a perdu des milliers de combattants dans la guerre avec Israël, vu son commandement central éliminé, son arsenal détruit et ses bases au sud du fleuve Litani démantelées. Depuis la chute de Bachar Al Assad, le Hezbollah ne peut en outre plus compter sur le couloir d’approvisionnement en armes que constituait le territoire syrien. En clair, toute entrée en jeu du groupe n’entraînerait aucun changement réel du rapport de force sur le terrain militaire mais achèverait également de le discréditer sur la scène intérieure.

Pour l’heure, Téhéran tente de sauver les apparences en poursuivant les tirs de missile balistique sur Israël. L’Iran pourrait toutefois accepter de négocier un accord si ce dernier n’était pas présenté comme un acte de reddition. Les présidents ukrainien, Volodymyr Zelensky, et sud-africain, Cyril Ramaphosa, en ont fait l’expérience : Donald Trump aime humilier ses adversaires pour obtenir ce qu’il souhaite. Qu’en sera-t-il avec les Iraniens ? La guerre déclenchée par Israël avec, désormais, l’appui direct des États-Unis recèle une faille : elle semble manquer de plan pour l’après. Au risque du chaos en Iran et au-delà. Le remodelage du Moyen-Orient ne promet que la poursuite des nuits d’effroi.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011