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18 août 2025 1 18 /08 /août /2025 06:55
L'éditorial de Rosa Moussaoui -En Israël, les fascistes Smotrich et Ben Gvir enchaînent les ignominies (L'Humanité, 18 août 2025)

L’un comme l’autre, ils franchissent une à une les frontières de l’abjection, violent ostensiblement toutes les règles du droit international, revendiquent sans ambages leurs desseins colonialistes, expansionnistes, suprémacistes. En déclarant son intention d’approuver l’implantation de nouvelles colonies entre Jérusalem et Maale Adumim pour couper la Cisjordanie en deux, le ministre fasciste des Finances d’Israël, Bezalel Smotrich, n’a pas fait mystère de sa volonté d’anéantir la possibilité d’un État palestinien contigu et viable pour imposer une souveraineté israélienne de facto au-delà de la ligne verte.

Dans la même séquence, une autre figure de l’extrême droite israélienne, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, faisait irruption dans la cellule de Marwan Barghouti pour menacer le plus célèbre prisonnier politique palestinien, condamné à cinq peines de prison à perpétuité, détenu depuis 2002, et soumis depuis le 7 octobre à des conditions carcérales d’une insoutenable cruauté : isolement, torture, négligences médicales.

Sur les images diffusées par le pouvoir israélien, le « Mandela palestinien » est apparu méconnaissable, crâne rasé, visage émacié. « Quiconque s’en prend à la nation d’Israël, nous l’éliminerons ! » vocifère à son endroit Ben Gvir, croyant humilier ainsi un leader palestinien jouissant d’une grande popularité, dont la libération serait décisive pour faire renaître un espoir de paix et avancer vers une solution à deux États. Venant d’un gouvernement contesté, de plus en plus isolé sur la scène internationale, cette provocation calculée est d’abord un aveu de faiblesse.

Plus de 10 800 prisonniers politiques palestiniens sont incarcérés dans les geôles israéliennes. Ces détenus sont délibérément affamés, exposés à des traitements inhumains et dégradants, dévorés par des maladies de peau. La pression extérieure pour leur libération doit s’intensifier. La mobilisation citoyenne, politique, diplomatique pour la reconnaissance de l’État de Palestine doit s’amplifier. À l’ignominie de Netanyahou, Smotrich et Ben Gvir, les peuples n’ont que deux armes à opposer : la solidarité internationale, la force de la loi.

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18 août 2025 1 18 /08 /août /2025 06:53
Pour le gouvernement israélien, un seul et même plan : la colonisation et l’annexion de Gaza jusqu’à la Cisjordanie

Le ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich, chargé des finances, a annoncé la construction d’une nouvelle colonie qui isolera Jérusalem-Est des territoires palestiniens et coupera la Cisjordanie en deux. À terme, celle-ci sera annexée. Un projet qui s’inscrit dans la vision d’un grand Israël où la bande de Gaza sera vidée de ses habitants.

Pierre Barbancey 17 août 2025 L'Humanité

Ministre des Finances, dirigeant de Mafdal, le parti du sionisme religieux, homme d’extrême droite se définissant comme suprémaciste juif, le colon Bezalel Smotrich s’est rendu, jeudi 14 août, dans la colonie de Maale Adumim. Un endroit dont le symbole ne réside pas dans sa judaïté historique – elle n’en a pas, c’est une construction de toutes pièces –, mais bien dans son statut colonial.

Elle est située en Cisjordanie, territoire palestinien occupé, à 7 kilomètres à l’est de Jérusalem et à 13 kilomètres de la vallée du Jourdain. Que Smotrich s’y soit rendu pour y faire une annonce d’une gravité politique exceptionnelle n’a rien d’étonnant. L’implantation de Maale Adumim, en 1975, obéissait déjà à un schéma directeur et cadastral. C’était le premier maillon d’une chaîne visant à ceinturer Jérusalem-Est, occupée depuis 1967 et qui sera annexée en 1980.

La colonie E1, un serpent de mer qui prend dangereusement forme

Quelques années plus tard, en 1996, un plan a pris le nom de E1. Un projet de nouvelle colonie, qui relierait Jérusalem à la colonie de Maale Adumim, rendant ainsi une future capitale palestinienne à Jérusalem-Est pratiquement impossible. Gelé depuis des décennies en raison d’une opposition internationale, ce plan E1 est donc réactivé avec, selon Smotrich, l’aval de Benyamin Netanyahou et de Donald Trump.

Le ministre d’extrême droite ne cache pas qu’il ne s’agit rien de moins qu’une réponse israélienne à la volonté déclarée de pays de plus en nombreux, dont la France, de reconnaître un État de Palestine : « Quiconque, dans le monde, tente aujourd’hui de reconnaître un État palestinien recevra notre réponse sur le terrain. Non pas par des documents, des décisions ou des déclarations, mais par des faits. Des faits concernant les maisons, des faits concernant les quartiers. »

Pour Bezalel Smotrich, il importe maintenant d’accélérer le nettoyage ethnique nécessaire à la formation d’un grand Israël. « Ils parleront d’un rêve palestinien, et nous continuerons de construire une réalité juive, a-t-il déclaré. Cette réalité est ce qui enterrera définitivement l’idée d’un État palestinien, car il n’y a rien à reconnaître et personne à reconnaître. » Qu’il demande l’annexion totale de la Cisjordanie n’a rien de surprenant.

 

Ce plan E1, avec ses plus de 3 400 nouveaux logements, s’insère totalement dans la volonté politique d’un développement séparé en Cisjordanie. Il explique les attaques menées contre les Bédouins dans cette même zone depuis des années. Un apartheid s’y développe – comme dans tous les territoires occupés –, qui concerne aussi le réseau routier, certaines voies étant réservées aux colons juifs. « Même pendant l’apartheid en Afrique du Sud nous n’avons pas connu cela », nous avait confié Ahmed Kathrada, compagnon de détention de Nelson Mandela, lors d’une visite à Hébron.

Un véritable maillage que le projet E1 va aggraver. Son étendue, sur plus de 12 kilomètres carrés, va diviser la Cisjordanie en deux parties, nord et sud. D’un côté Ramallah et Naplouse, de l’autre, Bethléem et Hébron. Quant à Jérusalem-Est, il sera isolé du reste de la Palestine, sous emprise totale israélienne.

Le tout s’imbriquant dans la politique menée depuis des décennies par les gouvernements successifs (Likoud, travailliste ou un mélange des deux appelé « unité nationale ») avec l’agrandissement dit « naturel » des colonies (argument avancé par Shimon Peres, alors premier ministre, pour contourner l’engagement du gel de la colonisation), l’abandon pur et simple des accords d’Oslo et, depuis le 7 octobre 2023, une volonté d’en finir avec le statut des réfugiés palestiniens.

« Le plan E1 est mortel pour l’avenir d’Israël »

L’organisme des Nations unies dédié à cette population, l’UNRWA, est persona non grata en Israël et ses dirigeants et cadres ne peuvent plus se rendre dans les territoires occupés. Quant aux camps de réfugiés, dans les rues desquels la jeunesse palestinienne sent le poids historique de l’occupation et de la colonisation et porte la Nakba (la « Catastrophe » de 1948) peut-être plus qu’ailleurs en Palestine, ils sont la cible des bulldozers de l’armée.

Il s’agit de détruire toute résistance, même la plus pacifique. Les camps de Jénine et de Tulkarem sont en partie rasés et les habitants sans logement. Ailleurs, notamment autour de Naplouse et au sud de Hébron (comme à Masafer Yatta), les colons règnent en maîtres, épaulés par les soldats, incendiant les voitures.

Pour l’ONG israélienne anti occupation, la Paix maintenant, « le plan E1 est mortel pour l’avenir d’Israël et compromet toute chance de parvenir à une solution pacifique à deux États. (…) Les mesures d’annexion du gouvernement nous éloignent encore davantage de cette solution et promettent de nombreuses années supplémentaires de carnage ». L’association Ir Amim souligne que cela entraînerait également une « détérioration rapide et grave » des conditions économiques et sociales des Palestiniens, ce qui conduirait à une plus grande instabilité et à davantage de violence.

Pour le gouvernement israélien, et pour la majorité du Parlement, la Knesset, il n’est pas question de permettre la mise sur pied d’un État palestinien, encore moins viable et continu entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale. D’une certaine manière, la seule continuité existante réside dans ce plan longtemps masqué et aujourd’hui dévoilé. Benyamin Netanyahou se sent « investi d’une mission historique et spirituelle », comme il l’a répété sur la chaîne I24News.

Mission qui se traduit par une expulsion des Palestiniens et s’est transformée en génocide à Gaza. L’armée israélienne s’apprête à déferler sur la grande ville du territoire soumise aux pires bombardements et les habitants seront poussés toujours plus vers le sud. Première étape avant leur départ définitif, comme le veulent les dirigeants israéliens et états-uniens. Même les Israéliens qui manifestent pour l’arrêt de la guerre et le retour des leurs toujours captifs à Gaza sont méprisés par leurs dirigeants.

La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, peut bien dire qu’elle « condamne avec la plus grande fermeté la décision des autorités israéliennes de valider le projet de colonie E1 », les paroles n’arrêtent pas le plan de Netanyahou. Dimanche 17 août, en milieu de matinée, des sources médicales indiquaient qu’au moins 21 Palestiniens avaient été tués à Gaza depuis le début de la journée.

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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 17:02
Stoppons Netanyahou ! Vie sauve et libération pour Marwan Barghouti ! - Communiqué du PCF, le 15 août 2025
Stoppons Netanyahou ! Vie sauve et libération pour Marwan Barghouti
Publié le 15 août 2025
Le plan Netanyahou pour « prendre le contrôle » de Gaza-Ville, marque une nouvelle étape dans sa politique d’épuration ethnique des territoires palestiniens. Cette annonce intervient alors que la famine continue de sévir dans l’ensemble de la bande de Gaza, du fait du blocus israélien et que, sous les ordres de ce Premier ministre et de son cabinet d’extrême droite, les massacres de masse, les crimes de guerre et crimes contre l’humanité se poursuivent. Dans le même temps, la colonisation s’intensifie en Cisjordanie, en violation de toutes les résolutions des Nations unies.
Pourtant, alors que les pressions internationales se multiplient, l’opposition à cette politique criminelle ne cesse de grandir en Israël. Après les familles d’otages, les responsables d’organisations humanitaires, les mouvements citoyens agissant pour la paix, des intellectuels en nombre croissant, des centaines d’anciens hauts responsables de l’armée ou des services de sécurité, c’est le chef des forces armées qui vient de s’opposer au plan de Netanyahou. Une grève générale est appelée pour le 18 août.
C’est dans ce contexte que les forces suprémacistes intensifient leur fuite en avant abominable. Hier, le ministre d’extrême-droite israélien Ben Gvir est allé menacer de mort Marwan Barghouti dans la cellule où il est retenu, faisant apparaître ce dernier méconnaissable, affaibli et amaigri. Marwan Barghouti représente la continuité du combat laïc du mouvement national palestinien. Il porte une voix légitime, représentée par son long passé de combat en faveur des droits nationaux du peuple palestinien et d’une solution politique au conflit israélo-palestinien sur la base de deux États vivant côte-à-côte. Il est aujourd’hui l’une des principales voix reconnues par le peuple palestinien. C’est à cela que s’attaque le gouvernement israélien.
Les menaces du ministre Ben Gvir doivent être prises au sérieux. Aujourd’hui responsable de la sécurité nationale dans le gouvernement Netanyahou, cet individu est réputé en Israël pour son comportement de voyou fasciste. Il a été inculpé des dizaines de fois pour incitation à la violence et au terrorisme. La dernière personnalité qu’il avait menacée de mort fut effectivement assassinée : c’était en 1995, Yitzhak Rabin. La communauté internationale doit de toute urgence faire savoir au gouvernement Netanyahou qu’elle ne permettra pas l’élimination d’une des grandes voix palestiniennes combattant en faveur de la justice et du droit.
La France a une responsabilité historique et un rôle décisif à jouer pour mettre fin à l’horreur infligée à la population palestinienne, pour rétablir la justice et le droit international. Comme viennent d’y appeler de très nombreux anciens ambassadeurs de France, en revendiquant sa place et sa voix unique sur la scène internationale, la diplomatie française a l’opportunité d’agir concrètement et sans délai pour ouvrir de réelles perspectives pour une paix juste et durable au Proche-Orient.
Elle doit agir pour :
Apporter une aide humanitaire à la population civile de Gaza, sous contrôle de l’ONU, de l’UNRWA et des organisations humanitaires internationalement reconnues.
Une condamnation sans équivoque des violations du droit international. La France doit porter à l’ONU une résolution condamnant fermement et sans réserve les crimes commis par le gouvernement israélien. Le gouvernement doit convoquer l’ambassadeur d’Israël pour lui signifier son opposition et rappeler l’ambassadeur de France en Israël pour consultation.
Des sanctions immédiates contre l’actuel gouvernement israélien. Elle doit œuvrer pour que l’UE suspende l’accord d’association avec Israël. Elle peut elle-même décider immédiatement de rompre toute relation commerciale avec Israël et de mettre fin à l’importation de produits provenant des colonies et des territoires occupés. Elle peut prendre la tête d’une coalition de tous les États disposés à prendre des sanctions contre les dirigeants israéliens.
Décréter un embargo total sur les armes à destination d’Israël. Aucune livraison d’armes, de munitions, de technologies ou de composants électroniques ne doit être autorisée. Les soldats et colons franco-israéliens impliqués dans les massacres doivent être poursuivis en France pour crimes contre l’humanité.
Intervenir auprès du gouvernement israélien pour exiger le respect du droit international et des droits des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes. Cela passe, en tout premier lieu, par la libération de Marwan Barghouti et des prisonniers politiques palestiniens, dont beaucoup détenus sans jugement.
Exiger la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza
Décider d’appliquer les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale à l’encontre de Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant, dont les crimes innommables ne peuvent rester impunis. C’est aux dirigeants israéliens d’être arrêtés, non à Marwan Barghouti !
Soutenir la création d’un État palestinien, membre à part entière des Nations unies, en reconnaissant publiquement la bande de Gaza comme une partie indissociable de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, partie intégrante du futur État de Palestine. Elle agirait ainsi en accord avec les orientations de l’Organisation de libération de la Palestine, seule représentante légitime du peuple palestinien.
L’avenir de la région dépend de la justice et du respect des droits du peuple palestinien. Le PCF appelle à une mobilisation massive pour que la France assume pleinement son rôle dans la construction d’une paix juste et durable entre israéliens et palestiniens. Il appelle à faire monter la pression citoyenne en faveur de la libération de Marwan Barghouti
Le PCF réaffirme sa solidarité avec les forces de paix qui se mobilisent en Israël. Toutes ces voix doivent être entendues de la communauté internationale. Le Parti communiste français leur apporte sa solidarité et il appelle toutes les forces éprises de paix, de justice et de démocratie à se mobiliser à leurs côtés et aux côtés du peuple palestinien sous la terreur.
 
Le PCF appelle sur ces bases à participer au rassemblement mardi 19 août, 18h30, place Saint-Michel à Paris.
 
Paris, le 15 août 2025
Parti communiste français.
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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 16:58
NOUS ALLONS ENTERRER L'ÉTAT PALESTINIEN : LES EUROPÉENS N'AURONT PLUS RIEN À RECONNAÎTRE!"
= Déclaration avant-hier de Bezalel Smotrich, ministre des finances et du développement des colonies. Ce ne sont pas des menaces en l'air: il valide en même temps la construction de 3400 logements dans la zone E1. Depuis 29 ans (1996), tous les gouvernements israéliens avaient reculé face aux pressions internationales et avaient renoncé à coloniser ce périmètre E1 absolument stratégique.
• Pourquoi c'est un basculement historique? 1) Parce que la zone E1 isolera définitivement la Cisjordanie Nord (Ramallah - Naplouse) de la Cisjordanie Sud (Bethléem - Hébron) ; 2) Parce que la zone E1 isolera totalement Jérusalem-Est (où vivent 400.000 Palestiniens) du reste de la Cisjordanie. Plus de détails ici : https://orange-juditha-6.tiiny.site via Daniel Seideman
• Son acolyte suprémaciste Ben-Gvir s'est rendu hier dans la cellule de Marwan Barghouti et lui a déclaré, face caméra: "Nous vous anéantirons, nous vous effacerons".
• Pourquoi c'est important? 1) Parce que ce sont les premières images de Barghouti diffusées depuis des années et parce qu'il apparait TRÈS amaigri. 2) Parce que la libération du "Mandela Palestinien" est la seule option politique disponible pour restaurer l'Autorité Palestinienne et relancer un processus de négociation. Il y a 15 jours j'ai signé avec 172 personnalités un texte pour rappeler que Si Barghouti connaissait le même sort que Navalni, s'il mourrait dans sa cellule, cette perspective politique disparaîtrait.
 
• Hier la vice-ministre des affaires étrangères israélienne Sharren Haskel s'est rendu au Somaliland pour y négocier la "relocalisation" des habitants de Gaza. La veille Netanyahu a confirmé sur CNN qu'Israël "négocie en ce moment même avec plusieurs pays", ajoutant que "tous ceux qui veulent aider les Palestiniens devraient leur ouvrir leur porte". Le plan de nettoyage ethnique de Gaza est donc officiellement assumé, au plus haut niveau. Pour rappel, le 9 août Trump a confirmé face caméra qu'il envisage de reconnaître le Somaliland s'il accepte les expulsés de Gaza.
• Sur i24 News English Netanyahu a affirmé hier se sentir "investi d'une mission historique et spirituelle" et être "très attaché à la vision du Grand Israël" (pour rappel le "Grand Israël" englobe Israël + Cisjordanie + Jordanie + Liban + Syrie + Sinaï). Il a ajouté que toute "solution politique à la guerre de Gaza serait synonyme de capitulation pour Israël". La fuite en avant expansionniste s'accélère clairement.
 
Le 24 juillet le ministre israélien du patrimoine Amichai Eliyahu a déclaré à la radio que "le gouvernement israélien est engagé dans une course contre la montre pour anéantir Gaza. Nous sommes en train d’éliminer ses habitants. Gaza sera entièrement juive". Il dit la vérité, simplement et crûment, comme Smotrich, comme Ben-Gvir, comme Netanyahu. Rien n'est caché, tout est assumé.
 
Face à cette urgence absolue, l'Allemagne a décidé le 8 août un embargo sur les armes à destination d'Israël. Décision historique, et lourde de conséquences (Allemagne = 30% des importations d'armes vers Israël). La Norvège, qui détient le premier fond souverain de la planète, a annulé le 11 août la totalité de ses investissements en Israël.
 
Que fait la France? Elle "condamne fermement" le plan d'anéantissement de Gaza (8 août); elle "exprime sa vive préoccupation quant au lourd tribut payé par les journalistes à Gaza" (12 août); elle soutient "le déploiement d’une mission internationale temporaire de stabilisation à Gaza" (12 août); elle n'a pas encore réagi à l'annonce de la colonisation de la zone E1.
 
• Si Emmanuel Macron Jean-Noël Barrot & France Diplomatie attendent la proclamation officielle de l'État de Palestine le 21 septembre à l'ONU, ils n'auront plus rien à reconnaître, comme le dit si cruellement mais si justement Smotrich.
 
La pression doit s'accentuer pour des SANCTIONS IMMÉDIATES ET CONTRAIGNANTES sur Israël
a) Sanctions commerciales qui videront les magasins en quelques jours et qui auront un effet immédiat sur un pays isolé géographiquement et étranglé économiquement;
b) sanctions juridiques en soutenant les mandats d'arrêt de la CPI et en démontrant aux soldats israéliens qu'ils ne pourront plus jamais voyager dans les pays signataires des traités juridiques internationaux ;
c) sanctions diplomatiques en interdisant immédiatement le sol européen à tous les membres du gouvernement israélien ("Schengen Travel Ban");
d) sanctions militaires et stratégiques: l'annonce d'un embargo allemand sur les livraison d'armes à destination d'Israël est un premier pas décisif, il faut l'accompagner et l'amplifier.
 
• Il est minuit moins une. Si des sanctions immédiates et crédibles ne sont pas annoncées dans les heures qui viennent, la promesse d'une reconnaissance de la Palestine en septembre prochain sera nulle et non avenue : Emmanuel Macron aura finalement reconnu un cimetière.
 
Vincent Lemire, historien de la région Israël / Palestine 
Sur sa page Facebook, 15 août 2025 
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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 16:55
Menace de mort contre Marwan Barghouti: l'urgence de le libérer!
Menace de mort contre Marwan Barghouti
Sa famille alerte.
Suite aux propos et aux menaces de Ben Gvir, ministre de la Sécurité d’Israël et leader d’extrême droite, elle craint pour sa vie, même derrière les barreaux.
Ce n’est pas une crainte infondée, dans les prisons israéliennes, les prisonniers palestiniens sont régulièrement victimes de violences, de traitements inhumains et de privations.
Marwan Barghouti, figure emblématique de la résistance palestinienne, est détenu depuis plus de vingt-trois ans dans des conditions extrêmement dures. Aujourd’hui, il risque l’exécution extrajudiciaire.
Cette menace de mort, venant d’un ministre suprémaciste, est à prendre au sérieux. Elle viole le droit international et les droits humains les plus fondamentaux.
Affirmer notre solidarité, exiger la libération immédiate et inconditionnelle, et soutenir Marwan Barghouti, c’est le protéger.
Un large élan de solidarité peut empêcher qu’il soit victime d’une exécution extrajudiciaire.
Sa vie dépend de notre mobilisation.
Menace de mort contre Marwan Barghouti: l'urgence de le libérer!
sur le site de l'Humanité -Pierre Barbancey
 
Le fasciste Itamar Ben Gvir menace Marwan Barghouti dans sa cellule
Ce ministre du gouvernement Netanyahou a diffusé vendredi matin sur les réseaux sociaux une vidéo où il prend à partie et sermonne, dans sa cellule, Marwan Barghouti, leader palestinien emprisonné depuis 2002 et à l’isolement depuis deux ans. En réponse, Fadwa Barghouti s’est adressée à son époux. L’Autorité palestinienne dénonce un « terrorisme d’État organisé».
Pierre Barbancey
Itamar Ben Gvir, ministre d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, en charge de la « sécurité nationale », s’est rendu dans la prison de Ganot, là où se trouve, à l’isolement, le leader palestinien Marwan Barghouti, 66 ans, emprisonné depuis 23 ans maintenant. Ben Gvir, s’en est pris à Barghouti comme le montrent des images publiées (mais non datées) sur le compte X. Il est accompagné de deux autres personnes, dont un gardien pénitentiaire. « Vous ne nous vaincrez pas. Quiconque fait du mal au peuple d’Israël, quiconque tue des enfants, quiconque tue des femmes (…) nous l’effacerons », lance, en hébreu, le ministre fasciste. Le leader du parti Fatah et membre élu du Conseil législatif palestinien (le parlement) tente alors de parler, mais Ben Gvir l’interrompt sans ménagement : « Non, vous devez le savoir, et ce, tout au long de l’histoire. »
Ce sont les premières images de Marwan que l’on voit depuis plusieurs années. Fadwa Barghouti, l’épouse de Marwan, lui a écrit directement en réponse à la vidéo : « Je ne t’ai pas reconnu, ni tes traits, et peut-être qu’une partie de moi refuse d’admettre tout ce que ton visage et ton corps expriment, de ce que toi et les prisonniers endurez. Marwan, ils te poursuivent encore et encore, même après 23 ans de prison et même dans la cellule d’isolement où tu te trouves depuis deux ans. Je sais que la seule chose qui te blesse, c’est l’incapacité à protéger les enfants palestiniens. »
Sur Instagram, son fils, Arab Barghouti, à posté une photo de son père en tenue de prisonnier, prise peu après son procès il y a plus de vingt ans, et écrit: “Même à l’intérieur d’une petite cellule, ils te ciblent et veulent montrer qu’ils sont supérieurs. Oh père, comme ils sont délirants. Ne savent-ils pas qu’il y a 50 ans, un jeune adolescent s’est tenu devant eux en prison pour la première fois, est devenu un leader aimé, et est maintenant toujours debout – malgré la faim, les agressions, 23 ans de prison et deux ans d’isolement cellulaire. Debout face à l’oppression et au fascisme d’aujourd’hui. Je sais que ce qui te tracasse, ce sont les enfants palestiniens, et notre peuple bien-aimé de Gaza. La lumière au bout du tunnel arrive, et nous allons célébrer une Palestine libre avec toi.Je t’aime plus que tu ne peux l’imaginer
Dieu, protège mon père et tous les Palestiniens s’il te plaît.”
Dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a dénoncé « une provocation sans précédent » et qualifié l’incident de « terrorisme d’État organisé ». Il a ajouté que l’Autorité palestinienne prendra la menace au sérieux et assurera le suivi avec le Comité international de la Croix-Rouge, les États concernés, la communauté internationale et ses organisations et conseils spécialisés. Pour l’Autorité palestinienne, le ministre Ben Gvir a « pris d’assaut » la cellule de Barghouti. Elle tient le gouvernement israélien « directement responsable » de la vie de Marwan Barghouti.
Hussein Al Sheikh, Vice-Président de l’Autorité palestinienne, a souligné que les menaces proférées étaient l’apogée d’un terrorisme psychologique, moral et physique contre les prisonniers, qualifiant ce geste de rupture sans précédent dans la politique israélienne vis-à-vis des détenus palestiniens. Il a également souligné une violation des conventions internationales et humanitaires. L’Office d’information des prisonniers palestiniens (Palestinian Prisoners’ Information Office) a vivement condamné l’attitude de Ben-Gvir, estimant que son invasion de la cellule dénote une logique de vengeance et d’incitation au sein du système carcéral israélien.
Selon le site Israelnews, cette « visite » de Ben Gvir aurait eu lieu le jeudi 14 août. Ce 15 août, Ben Gvir a continué sa provocation et ses menaces. « Je vais le répéter encore et encore sans m’excuser : quiconque s’en prend au peuple d’Israël, quiconque tue nos enfants, quiconque tue nos femmes, nous l’effacerons. Avec l’aide de Dieu. »
Marwan Barghouti, condamné à cinq peines de prison à perpétuité, reste le leader palestinien le plus populaire. C’est sans doute pour cela que Ben Gvir, ministre raciste, a tenté de l’humilier et, de surcroît, a fait filmer la scène. Ce qui montre bien les véritables motifs de cette extrême droite israélienne et, par voie de conséquence, ceux du gouvernement de Netanyahou. Ils affirment vouloir éradiquer le Hamas. Or, Marwan Barghouti est aujourd’hui le seul capable de battre l’organisation islamique par les urnes. Ben Gvir et sa clique, en réalité, ne veulent plus aucune expression du peuple palestinien. D’où le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et à Jérusalem-est.
Ben Gvir a déjà été sanctionné par le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Norvège en raison d’incitations répétées à la violence. En juillet, la Slovénie est devenue le premier pays de l’UE à déclarer Ben Gvir (ainsi que son acolyte, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui se définit comme « suprémaciste juif ») persona non grata, en raison de leurs propos jugés « génocidaires », de leur soutien aux colonies illégales en Cisjordanie et de leur incitation à la violence envers les Palestiniens Qu’attend la France pour faire de même ?
Ces menaces ne laissent pas d’inquiéter pour la vie de Marwan Barghouti. Les images diffusées montrent que son état physique s’est dégradé. La campagne mondiale pour sa libération et celle de tous les prisonniers palestiniens, lancée symboliquement depuis l’ancienne cellule de Nelson Mandela, en Afrique du Sud, va se poursuivre, notamment lors de la Fête de l’Humanité, au mois de septembre prochain.
 
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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 07:15
Des travailleurs indiens en Israël pour combler les postes des Palestiniens tués : comment New Delhi sacrifie sa population pour solidifier sa relation avec Tel-Aviv

Le gouvernement indien a assumé, début juillet, maintenir son partenariat économique avec Israël, malgré le génocide en cours à Gaza. Ce sont ainsi près de 20 000 travailleurs indiens, précarisés dans leur propre pays, qui sont partis sur place depuis novembre 2023, pour combler les postes laissés vides par des ouvriers palestiniens morts ou écartés des chantiers et du secteur de la santé.

L’Inde et Israël ont construit, au fil des dernières décennies, une alliance industrielle et idéologique – entre libéralisme et islamophobie – que le génocide en cours dans le bande de Gaza n’a nullement remis en cause. Tous deux nés sur les décombres de l’empire colonial britannique, les deux nations maintiennent divers partenariats économiques et diplomatiques.

Plusieurs milliers d’étudiants indiens s’inscrivent dans des universités israéliennes, tandis que New Delhi se fournit en drones militaires auprès de Tel-Aviv, comme l’ont illustré les attaques menées par l’Inde contre l’armée pakistanaise, en mai 2025. Lors d’une séance de questions entre le Parlement et les membres du gouvernement, le 7 août dernier, le ministre des Affaires extérieures indien, Shri Kirti Vardhan Singh, a assumé que New Delhi profitait de la disparition du peuple palestinien.

Près de 20 000 travailleurs indiens en Israël

Le ministre a ainsi annoncé, en réponse à une question posée par le député John Brittas, que près de 20 000 travailleurs indiens sont partis en Israël entre novembre 2023 et juillet 2025. Rien que sur ce dernier mois, 6 774 ressortissants ont investi le secteur de la construction et de la santé à la demande de Tel-Aviv.

« En outre, selon les informations disponibles, environ 7 000 ressortissants indiens ont été recrutés comme aides-soignants et environ 6 400 recrutés dans le secteur de la construction par des canaux privés, a ajouté Shri Kirti Vardhan Singh. Parmi eux, environ 220 travailleurs indiens sont retournés en Inde, principalement en raison de l’inadéquation des compétences et des barrières linguistiques. »

Ce flux de travailleurs entre les deux puissances alliées symbolise ainsi comment l’Inde n’a jamais cessé de soutenir Israël, malgré les crimes de guerre, la colonisation, la famine et le génocide perpétrés au sein des territoires palestiniens, de la bande de Gaza à la Cisjordanie. Pire, le gouvernement dirigé par Narendra Modi participe à l’effacement du peuple palestinien. Les travailleurs indiens viennent ainsi combler la main-d’œuvre palestinienne manquante, disparue suite à des mois de massacre et de persécutions.

 

Tel-Aviv a notamment annulé plus de 70 000 permis de travail accordés à des Palestiniens à partir d’octobre 2023, entraînant une pénurie de main-d’œuvre précaire dans plusieurs secteurs en tension. « Face à cette pénurie, l’Association israélienne des constructeurs a exhorté son gouvernement, en novembre 2023, à recruter des travailleurs indiens », résume le média Middle East eye. C’est ainsi que les négociations, entamées dès 2022, pour mettre en place un accord-cadre bilatéral, permettant aux ressortissants indiens d’accéder à Israël par le biais d’une migration réglementée, ont été rapidement conclues.

130 000 Palestiniens étaient employés en Israël

Le puissant Conseil central des syndicats indiens (AICCTU) avait pourtant mis en garde, dès novembre 2023, contre une possible intensification des départs de travailleurs vers Israël. L’organisation syndicale avait aussi fustigé le processus colonial en cours dans les territoires palestiniens, condamnant les victimes à devoir quémander du travail auprès de leurs bourreaux pour survivre.

« L’occupation coloniale de la Palestine a décimé son économie, provoquant des niveaux élevés de pauvreté et de chômage, et a rendu les Palestiniens dépendants d’Israël pour l’emploi, rappelait alors l’AICCTU dans un communiqué. Bien que les chiffres aient fluctué au fil du temps, en moyenne 130 000 Palestiniens étaient employés en Israël, le secteur de la construction représentant la plus grande part des travailleurs palestiniens, ces derniers représentant près de 65 à 70 % de la main-d’œuvre totale. »

Malgré cette alerte, la situation économique en Inde pousse des travailleurs en quête d’un meilleur salaire à accepter ces départs. L’Inde reste, après tout, le pays le plus inégalitaire au monde, alors que 5 % de la population possède 70 % des richesses. « Actuellement, la moyenne des salaires en Inde est seulement de 5 000 à 7 000 roupies (50 à 70 euros) par mois », fustigeait ainsi Rajiv Dimri, secrétaire général de l’AICCTU, à l’occasion d’un entretien publié dans nos colonnes le 8 juillet dernier.

La centrale syndicale avait alors réussi à rassembler près de 100 millions de manifestants, le 9 juillet dernier, pour protester contre la réforme du Code du travail soutenue par le gouvernement Modi. « Les travailleurs les considèrent comme des “codes de l’esclavage” au profit des grandes entreprises, résumait Rajiv Dimri. S’ils passent, les droits les plus fondamentaux de la classe ouvrière seront jetés à la poubelle, comme ceux de se rassembler, de se syndiquer, ou d’être reconnus, pour les nombreux travailleurs informels. »

« Une complicité de l’Inde avec la guerre génocidaire menée par Israël »

La confirmation de ce partenariat entre Tel-Aviv et New Delhi symbolise donc « à quel point l’Inde a déshumanisé et marchandisé les travailleurs », regrette l’AICCTU, au profit d’une politique autoritaire et libérale. De plus, rappelle la centrale syndicale, « une telle mesure constituerait une complicité de l’Inde avec la guerre génocidaire menée par Israël contre les Palestiniens et aurait naturellement des conséquences néfastes pour les travailleurs indiens de toute la région ».

Loin de s’en inquiéter outre mesure, le ministère des Affaires extérieures assume mettre en danger les travailleurs indiens. « Pendant le conflit en cours, un ouvrier agricole indien a été tué lors d’une attaque depuis le Liban en mars 2024, trois ressortissants indiens ont été blessés, l’un par des tirs de roquettes depuis Gaza le 7 octobre 2023 et deux autres lors d’une attaque depuis le Liban, aussi en mars 2024 », a énuméré Shri Kirti Vardhan Singh… sans pour autant remettre en question ce système qui signe l’arrêt de mort du peuple palestinien et la précarisation perpétuelle des travailleurs indiens sur l’autel du capitalisme.

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13 août 2025 3 13 /08 /août /2025 07:43
Palestine - Empêcher l'annihilation d'un peuple - par Patrick Le Hyaric, 13 août 2025
Empêcher l’annihilation d’un peuple 
🔴[Empêcher l’annihilation d’un peuple]
Chaque jour, le monde assiste, effaré, à la destruction de Gaza : bombes, famine, un million de vies menacées. Le Premier ministre israélien ordonne l’occupation totale de la ville, l’expulsion de ses habitants et prépare leur déportation.Nous ne pouvons pas rester silencieux face à ce crime. 👉POUR LIRE L’EDITO : https://tinyurl.com/43x98dtw

 

Alors que les citoyens du monde entier sont chaque jour effarés, affligés et révoltés par les bombes et par la famine qui s’abattent sur Gaza, le Premier ministre israélien, allié solide des fascistes au sein de son gouvernement, donne l’ordre à ses troupes de finir le travail : occuper totalement Gaza ville, la vider de son million d’habitants et préparer leur déportation.

Cent vingt mille morts, 400 000 blessés, des amputés par milliers, des enfants perdus qui n’auront connu que le traumatisme de la guerre et des famines ne suffisent pas au « duce » de Tel-Aviv.

Occupant déjà la bande de Gaza à 80 %, Netanyahou a justifié, le 7 août dernier, sa décision de l’annexer totalement par l’exigence de retour des otages, de démilitarisation de l’enclave, de désarmement du Hamas, de contrôle sécuritaire israélien. Le chef du gouvernement israélien a aussi redit sa volonté de mettre en place une administration alternative au Hamas et à l’Autorité palestinienne ; ce qu’en Afrique du Sud, on appelait jusqu’en 1991, des bantoustans.

Aucun des justificatifs brandis par Tel-Aviv n’a de pertinence, et sa dernière affirmation révèle le projet d’éjecter les Palestiniens de leur terre.

On se pose, de-ci de-là, la question : Pourquoi ? Il n’y a plus de cible militaire du Hamas à détruire. Il n’y a quasiment plus aucune infrastructure civile à dévaster, et le Hamas a perdu ses alliés du pouvoir iranien ou syrien.

Ce n’est pas non plus pour libérer les otages israéliens. Ce n’est certainement pas en bombardant encore plus les 20 % du territoire qui n’est pas encore détruit que ces derniers peuvent être sauvés. Les libérations d’otages n’ont eu lieu que pendant les périodes de cesser-le-feu.

Netanyahou les sacrifie donc à son projet messianique. Il le fait contre l’avis de son armée et l’appel de 600 anciens responsables du système de sécurité israélien. Il le fait désormais contre la plupart des chancelleries du monde à l’exception notable de celle des États-Unis. Sa décision signifie une nouvelle opération militaire d’envergure pour prendre le contrôle total de l’enclave palestinienne, qui est passée du statut de « prison à ciel ouvert » à celle de cimetière.

Il se dit également que les décisions criminelles de Netanyahou constituent une fuite en avant pour échapper aux poursuites de la justice israélienne pour faits de corruption. Cet argument n’est pas à négliger. Cependant, il est secondaire quand on le confronte aux enjeux fondamentaux poursuivis : le projet de construction du « Grand Israël » au service du capitalisme israélien et des projets stratégiques nord-américains.

Si Trump et ses prédécesseurs en avaient la volonté, cette occupation-annexion aurait été depuis longtemps stoppée, conformément aux résolutions de l’ONU. Si l’aide militaire des États-Unis à l’armée israélienne devait s’arrêter, le rapport de force au sein de l’État et de la société israélienne en serait ébranlé. La stratégie états-unienne d’élargissement de sa sphère de domination conduit les dirigeants nord-américains à participer à cette guerre perpétuelle du pouvoir israélien. Seul un mouvement populaire international d’ampleur peut arrêter les bras des criminels.

Faute de sanctionner le pouvoir suprémaciste de Tel-Aviv, en mettant fin aux relations commerciales, la plupart des gouvernements européens, la commission de Bruxelles et les grandes sociétés capitalistes sont devenus complices d’une folie destructrice, d’un crime de génocide sous les bombardements et de l’organisation méticuleuse de la faim et des privations de soins imposés à une population tout entière. L’Union européenne, de plus en plus vassalisée, ne prendra aucune initiative sans le consentement de l’impérium. Seul un puissant mouvement populaire dans les pays européens peut l’y obliger. Les manifestations et la flottille de plusieurs dizaines de bateaux de plus de 44 pays participent de ce mouvement pour briser le blocus et le silence quand l’armée israélienne fait taire à jamais des journalistes dans des assassinats vraisemblablement ciblés, selon des sources israéliennes.

De considérables enjeux économiques pour les firmes capitalistes mondiales, alliées du grand capital israélien, sont en jeu.

Nous sommes ici en un lieu où l’esprit colonial est poussé jusqu’au bout.

Ainsi, le journal israélien Haaretz a pu récemment documenté la manière dont les entreprises privées israéliennes sont missionnées par le pouvoir et par l’armée pour détruire des maisons à l’explosif et au bulldozer, au prix de 1 300 euros pour chaque maison détruite.

Les pêcheurs de Gaza sont contenus dans une zone de 3 milles marins, soit 5,5 km de la côte, tandis que les pêcheurs israéliens peuvent venir pêcher à 21 milles marins, soit 38 kilomètres de la côte de Gaza, pour avoir l’assurance de pouvoir capturer les meilleurs poissons.

En Cisjordanie, les entreprises du bâtiment et des travaux publics font main basse sur les carrières de terre blonde qui ornent les façades de Jérusalem. Les propriétaires palestiniens des terrains d’où sont extraites ces matières particulières ne peuvent les exploiter sans autorisation des services de l’État israélien. Par la suite, ces carrières sont intégrées à des colonies et exploitées par de grands conglomérats israéliens ou internationaux.

L’eau de Cisjordanie est volée par des entreprises israéliennes qui la distribuent gratuitement aux habitants des colonies illégales, mais la font payer aux services palestiniens.

Pire encore dans l’échelle de l’abject : les tueries servent de communication pour les ventes d’armes et de technologies israéliennes à l’étranger sous l’infect label « testé sur le terrain ».

On pourrait ajouter encore des exemples que connaissent parfaitement les chancelleries occidentales. Elles ont laissé faire le crime et la guerre d’annihilation.

L’autre enjeu décisif est celui du contrôle des ressources énergétiques en Méditerranée orientale. Israël, l’Union européenne, les pays du Golfe et les États-Unis sont parties prenantes d’un projet de construction d’un gazoduc estimé à 7,3 milliards de dollars. Il s’agit du Gazoduc EastMed, qui part des grandes réserves gazières au large de Gaza et d’autres zones maritimes palestiniennes déjà intégrées à Israël. Long de 1 900 km, ce gazoduc doit relier Israël à la Grèce par Chypre pour être rattaché au gazoduc Poséidon de 300 km, qui fera la jonction entre la Grèce et l’Italie, avec l’objectif de produire annuellement jusqu’à 20 milliards de mètres cubes de gaz pour la consommation européenne. La réussite de ce projet consolidera évidemment l’occupation coloniale de la Palestine. Un gazoduc construit contre la paix et contre la préservation du climat.

Enfin, l’annexion de Gaza et de la Cisjordanie s’inscrit dans le vaste plan israélo-états-unien de construction du « Grand Israël », en lien avec de nouveaux schémas concocté à la maison blanche visant à bâtir un monde à partir d’un centre qui serait l’imperium régnant sur des périphéries comprenant 1 000 micro-États  directement gérés par les capitalistes-investisseurs. C’est le sens du projet de faire de Gaza une « Riviera », avancé par Trump tout comme les volontés de partition de la Syrie ou de l’Iran pour mieux dominer leurs populations, leurs classes ouvrières, tout en pillant leurs ressources. C’est aussi le sens du projet israélien qui affirme que l’autorité palestinienne ne gouvernera pas Gaza.

La reconfiguration projetée du monde va de pair avec la reconfiguration du Proche et du Moyen-Orient.

Les enjeux dépassent donc bien la question de la sécurité d’Israël ou du respect d’une religion. Les Palestiniens sont les victimes de projets géopolitiques et d’intérêts de l’Occident capitaliste, allié à quelques pétromonarchies.

La réprobation mondiale au dévoilement du projet du pouvoir fascisant israélien doit servir de point d’appui aux forces démocratiques et de paix israéliennes déjà en mouvement. L’unité pour la justice et pour la paix doit être recherchée entre elles et les forces démocratiques, celles de la jeunesse, palestiniennes et arabes, en lien avec le mouvement mondial de solidarité pour faire cesser ce projet d’annihilation de tout un peuple.

Les déclarations tardives de reconnaissance de l’État palestinien ne peuvent consister qu’à reconnaître un vaste cimetière, des poussières de maisons et des terres volées par d’inqualifiables prédateurs.

Si le Conseil européen peut se réunir en urgence pour discuter de l’avenir de l’Ukraine, il doit être capable de tenir une session spéciale pour décider de soutenir la souveraineté des Palestiniens et d’agir pour leur protection avec l’envoi sous l’égide de l’ONU d’une force de protection et d’interposition contre l’occupation militaire de Gaza. Ne pas le faire laissera une indélébile trace de sang sur le front de dirigeants, qui balbutient des phrases sans effet sur la paix, sur la démocratie et sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !

S’ils ont une once de courage, qu’ils réclament en même temps que la libération des otages, celle des prisonniers politiques palestiniens, parmi lesquels figurent de possibles dirigeants fédérateurs du peuple palestinien, comme Marwan Barghouti, capables de mener à bien le projet d’État laïc palestinien, en paix au côté du peuple israélien, qui aurait, lui aussi, besoin d’un nouveau pouvoir, acteur de la démocratie, de la justice et de la paix.

Cela devient d’une extrême urgence.

Patrick Le Hyaric

13 aout 2025

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13 août 2025 3 13 /08 /août /2025 07:38
60 000 morts à Gaza : des statistiques ? - éditorial de Lina Sankari, L'Humanité, 11 août 2025

Quand le crime devient trop grand, l’humanité se tourne vers la statistique. Plus de 60 000 personnes tuées à Gaza ; 500 000 en situation de malnutrition aiguë. Aussi vertigineuse soit-elle, la litanie des chiffres ne dit jamais l’origine de l’atroce. 

À Gaza, la mort frapperait donc sans sniper pour tenir l’arme, sans pilote pour tirer le missile, sans blocus pour affamer ? Ainsi, l’horreur du siècle se mesure-t-elle à l’aune d’une arithmétique déshumanisante, d’un prisme humanitaire dépolitisant. Les multiples déclarations de la hiérarchie militaire et politique israélienne prouvent pourtant l’intention génocidaire.

Si Benyamin Netanyahou en porte la responsabilité, l’ensemble des crimes ne peuvent lui être imputés. Ils résident dans le projet colonial même. « Nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviennent pas. Les vieux mourront et les jeunes oublieront », écrivait déjà l’ancien premier ministre israélien, David Ben Gourion. Nous sommes alors en 1948, et la Nakba (la Catastrophe) pose les jalons d’une logique qui, loin d’être cantonnée à l’histoire, se poursuit aujourd’hui. Un premier nettoyage ethnique qui n’a jamais été appréhendé comme tel par la « communauté internationale ».

Pour poursuivre son projet, Benyamin Netanyahou a bénéficié d’un alignement des planètes rare en politique, né des massacres du 7 octobre perpétrés par le Hamas, de l’appui d’une coalition d’extrême droite, de la passivité des pays arabes et de l’Union européenne. De Joe Biden à Donald Trump, les États-Unis partagent quant à eux le projet israélien de remodelage de la région. 

Ceux dont le verbe regorge de valeurs qu’ils voudraient universelles doivent faire cesser l’horreur en mondovision. Si l’injustice venait à l’emporter, le monde ne pourrait longtemps supporter le poids de ces dizaines de milliers de visages et de noms qui hanteront la conscience de l’humanité. Autant de crimes qui, s’ils restaient sans réponse, ouvriraient la porte à l’impunité généralisée.

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12 août 2025 2 12 /08 /août /2025 05:59
Génocide à Gaza : des salariés de Safran, Thales et STMicroelectronics dénoncent la complicité de l’industrie française de l’armement - L'Humanité, Elisabeth Fleury, 7 août 2025
Génocide à Gaza : des salariés de Safran, Thales et STMicroelectronics dénoncent la complicité de l’industrie française de l’armement
 
Au sein des entreprises d’armement, la coopération avec Israël pose la question d’une éventuelle complicité de génocide. La CGT, en pointe sur ce combat, multiplie les initiatives. La prise de conscience s’étend.
 
L'Humanité, Social et Économie, le 7 août 2025
Elisabeth Fleury
 
Le 15 octobre 2023, alors qu’un processus génocidaire s’amorce en réponse aux sanglantes attaques du Hamas, une trentaine de syndicats palestiniens lancent un SOS. Ils appellent « leurs homologues internationaux et toutes les personnes de conscience à mettre fin à toute forme de complicité avec les crimes d’Israël, en cessant de toute urgence le commerce des armes avec Israël ainsi que tout financement et toute recherche militaire ».
Leur message, relayé par le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, prend une résonance particulière dans les entreprises françaises liées à l’armement.
Depuis fin 2021, la jurisprudence de la Cour de cassation est claire : « Toute personne qui apporterait intentionnellement son aide, son concours ou toute forme d’assistance à la commission ou à la tentative de commission de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crime de génocide serait passible de poursuites, en qualité de complice. »
Exportations d’armes vers Israël : des entreprises françaises sous pression
Et ce, insiste l’avocat Matteo Bonaglia, « sans que soit exigé un seuil minimal de participation ni qu’il soit nécessaire de démontrer une intention d’aider à la commission du crieme ». « En clair, résume l’avocat, les entreprises françaises d’armement ne peuvent plus se réfugier derrière l’État, qui leur a octroyé une licence d’exportation. Leur responsabilité propre peut être engagée. »
Dans la foulée de l’appel des syndicats palestiniens, l’association Stop Arming Israël est créée. « L’objectif, c’est qu’aucun matériel militaire ne soit acheminé vers Israël », relate Loïc, un de ses fondateurs. Bientôt, des campagnes de tractage sont organisées à l’entrée des entreprises du secteur de l’armement. Les salariés de Thales, Airbus, MBDA, Dassault ou Safran sont approchés.
D’autres sociétés, plus petites, sont également visées. « À chaque fois, explique Loïc, on essaie d’alerter sur leurs liens avec Israël. » L’accueil est parfois frileux. « On a reçu quelques insultes », reconnaît le militant. Mais, au fil des mois, les réactions se font plus chaleureuses, assure-t-il. « Installer un rapport de force, cela prend du temps. »
Élue CGT de la société franco-italienne de fabrication de composants STMicroelectronics – environ 50 000 salariés dont 12 000 en France –, Nadia Salhi répond immédiatement à l’appel des syndicalistes palestiniens et, « pour garantir la sérénité des débats », entame une réflexion collective au sein du syndicat.
Génocide à Gaza : la décision de la CIJ fait évoluer les consciences
Pas facile. « Questionner la coopération militaire sort des préoccupations habituelles, admet Nadia. Dans une entreprise d’armement, cela peut être perçu comme une façon de scier la branche sur laquelle on est assis. » Des enquêtes du média Blast et de l’Observatoire des armements vont encourager la mobilisation.
En violation de l’embargo imposé à la Russie, des composants de STMicroelectronics ont été retrouvés dans des armes utilisées contre l’Ukraine et la direction de ST doit, publiquement, s’engager à cesser tout commerce avec la Russie. Pour la CGT, dont le pacifisme et l’antimilitarisme sont des valeurs fondatrices, c’est une première victoire.
En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) dénonce un « risque de génocide » à Gaza. « Le mot « génocide », ça fait réfléchir », constate Grégory Lewandowski, élu CGT chez Thales. Deux mois plus tard, le site Disclose révèle que la France a continué à fournir des armes à Israël après octobre 2023.
Des « pièces de cartouches pour fusils-mitrailleurs », envoyées par la société Eurolinks au groupe israélien IMI Systems depuis le port de Marseille, ont pu être utilisées contre des civils palestiniens, indique le site d’information. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, sommé de s’expliquer, reconnaît l’envoi des pièces. Elles étaient destinées à être « réexportées vers des pays tiers », minore-t-il.
Les syndicats demandent des comptes sur les partenariats israéliens
Son démenti ne convainc pas. Chez STMicroelectronics, une lettre ouverte de la CGT à la direction réclame « des mesures fortes et urgentes pour garantir que notre entreprise ne participe ni de près ni de loin au massacre en cours à Gaza et en Cisjordanie ». « Afin d’assurer la transparence des usages des puces produites par notre entreprise, nous vous demandons de rendre public (…) l’ensemble des partenariats en cours avec des entités israéliennes », ajoute-t-elle.
Face aux organisations syndicales, la direction se borne à affirmer que ses composants sont « destinés à des fonctionnalités civiles, et pas autre chose ». « On a continué à travailler la question », relate Nadia. En juin 2025, une journée de grève est décidée sur le site de Crolles. « Beaucoup de salariés, sans y prendre part, nous ont encouragés et remerciés », affirme la syndicaliste. Les initiatives se multiplient.
Chez Thales, le partenariat avec la société israélienne de drones Elbit suscite de plus en plus de questions. L’élue CGT Stéphanie Gwizdak opte pour l’organisation d’une journée de formation afin, dit-elle, « d’alimenter les camarades en arguments juridiques et géopolitiques».
Intitulée « Droits et devoirs d’intervention des salariés de l’industrie de la défense », la journée s’articule autour d’une question cruciale : « Si on est associé à un génocide, qu’est-ce qu’on risque ? » Les échanges sont « fructueux » et « de qualité », affirme Stéphanie Gwizdak.
À Fos-sur-Mer, les dockers bloquent l’armement vers Israël
Mais moins d’une trentaine de salariés s’inscrivent. « Mobiliser sur ces questions, c’est un travail de fourmi », constate-t-elle. « Ce n’est pas évident de trouver un consensus, en interne, pour parler du sujet », abonde Pascal Jaugeas, son homologue chez Airbus.
Début juin 2025, une action coup de poing des dockers de Fos-sur-Mer va « libérer les énergies », selon Nadia, de STMicroelectronics. Alertés sur la présence de colis d’armement destinés à Israël, les dockers bloquent coup sur coup deux chargements.
« La CGT pèse 95 % chez nous, cela nous permet d’agir vite, explique leur secrétaire général, Tony Hautbois. Ce n’est malheureusement pas le cas partout. » À quelques jours de l’ouverture du Salon international de l’aéronautique du Bourget, où la présence de stands israéliens suscite une vague de protestations, le blocage de Fos provoque une onde de choc.
Des manifestations sont organisées. Des ONG saisissent la justice en urgence – elles seront déboutées. Sous la pression, le gouvernement décide finalement de faire marche arrière et réclame la fermeture de cinq des neuf stands israéliens. Une victoire en demi-teinte, pour les ONG.
Chez Red Hat, des salariés enquêtent sur les usages militaires de leurs outils
Mais une victoire quand même. « En interne, on ne parlait que de ça », affirme un salarié de Thales. « On était très isolés il y a un an. Depuis quatre ou cinq mois, de plus en plus de camarades s’emparent du sujet », constate Grégory Lewandowski qui, outre Thales, est aussi responsable à la CGT métallurgie. Après les dockers de Fos, la CGT Air France et SUD Solidaires aérien décident, à Roissy, de bloquer l’envoi d’une cargaison d’armes en direction d’Israël.
« La prise de conscience commence à s’étendre », se réjouit Loïc, de Stop Arming Israël. Salarié de l’entreprise Red Hat, rachetée au prix fort par IBM en 2018, Haïkel Guémar est un des fondateurs de Solidaires informatique. Fichage, drones, cloud, data centers… l’informatique, domaine où excellent les entreprises israéliennes, est omniprésente dans les armées modernes, explique-t-il.
« Elle est même cruciale », insiste le syndicaliste. Les drones tueurs ne sont pas tous guidés par des humains. « Ce sont des systèmes informatiques qui, la plupart du temps, décident qui doit vivre ou mourir, détaille le représentant syndical. Sans eux, rien n’est possible. Ils sont les yeux et les oreilles des drones tueurs. »
Les 440 salariés français de Red Hat ont-ils participé, sans le savoir, aux massacres perpétrés à Gaza ? « On a interrogé notre direction, on voulait savoir sur quel terrain d’opération était utilisé le matériel qu’on fabrique, ça n’a rien donné », assure-t-il.
Face à ce « manque de transparence organisé », le syndicaliste s’est transformé en enquêteur. Il épluche les journaux spécialisés, multiplie les contacts avec les associations, les collectifs, les syndicats. Il voit grand, Haïkel Guémar. « J’entretiens le doux rêve d’avoir, un jour, une coopération avec des syndicats israéliens. »
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11 août 2025 1 11 /08 /août /2025 08:00
Génocide à Gaza : des salariés de Safran, Thales et STMicroelectronics dénoncent la complicité de l’industrie française de l’armement

Au sein des entreprises d’armement, la coopération avec Israël pose la question d’une éventuelle complicité de génocide. La CGT, en pointe sur ce combat, multiplie les initiatives. La prise de conscience s’étend.

Le 15 octobre 2023, alors qu’un processus génocidaire s’amorce en réponse aux sanglantes attaques du Hamas, une trentaine de syndicats palestiniens lancent un SOS. Ils appellent « leurs homologues internationaux et toutes les personnes de conscience à mettre fin à toute forme de complicité avec les crimes d’Israël, en cessant de toute urgence le commerce des armes avec Israël ainsi que tout financement et toute recherche militaire ».

Leur message, relayé par le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, prend une résonance particulière dans les entreprises françaises liées à l’armement.

Depuis fin 2021, la jurisprudence de la Cour de cassation est claire : « Toute personne qui apporterait intentionnellement son aide, son concours ou toute forme d’assistance à la commission ou à la tentative de commission de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crime de génocide serait passible de poursuites, en qualité de complice. »

Exportations d’armes vers Israël : des entreprises françaises sous pression

Et ce, insiste l’avocat Matteo Bonaglia, « sans que soit exigé un seuil minimal de participation ni qu’il soit nécessaire de démontrer une intention d’aider à la commission du crieme ». « En clair, résume l’avocat, les entreprises françaises d’armement ne peuvent plus se réfugier derrière l’État, qui leur a octroyé une licence d’exportation. Leur responsabilité propre peut être engagée. »

Dans la foulée de l’appel des syndicats palestiniens, l’association Stop Arming Israël est créée. « L’objectif, c’est qu’aucun matériel militaire ne soit acheminé vers Israël », relate Loïc, un de ses fondateurs. Bientôt, des campagnes de tractage sont organisées à l’entrée des entreprises du secteur de l’armement. Les salariés de Thales, Airbus, MBDA, Dassault ou Safran sont approchés.

 

D’autres sociétés, plus petites, sont également visées. « À chaque fois, explique Loïc, on essaie d’alerter sur leurs liens avec Israël. » L’accueil est parfois frileux. « On a reçu quelques insultes », reconnaît le militant. Mais, au fil des mois, les réactions se font plus chaleureuses, assure-t-il. « Installer un rapport de force, cela prend du temps. »

Élue CGT de la société franco-italienne de fabrication de composants STMicroelectronics – environ 50 000 salariés dont 12 000 en France –, Nadia Salhi répond immédiatement à l’appel des syndicalistes palestiniens et, « pour garantir la sérénité des débats », entame une réflexion collective au sein du syndicat.

Génocide à Gaza : la décision de la CIJ fait évoluer les consciences

Pas facile. « Questionner la coopération militaire sort des préoccupations habituelles, admet Nadia. Dans une entreprise d’armement, cela peut être perçu comme une façon de scier la branche sur laquelle on est assis. » Des enquêtes du média Blast et de l’Observatoire des armements vont encourager la mobilisation.

En violation de l’embargo imposé à la Russie, des composants de STMicroelectronics ont été retrouvés dans des armes utilisées contre l’Ukraine et la direction de ST doit, publiquement, s’engager à cesser tout commerce avec la Russie. Pour la CGT, dont le pacifisme et l’antimilitarisme sont des valeurs fondatrices, c’est une première victoire.

En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) dénonce un « risque de génocide » à Gaza. « Le mot « génocide », ça fait réfléchir », constate Grégory Lewandowski, élu CGT chez Thales. Deux mois plus tard, le site Disclose révèle que la France a continué à fournir des armes à Israël après octobre 2023.

Des « pièces de cartouches pour fusils-mitrailleurs », envoyées par la société Eurolinks au groupe israélien IMI Systems depuis le port de Marseille, ont pu être utilisées contre des civils palestiniens, indique le site d’information. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, sommé de s’expliquer, reconnaît l’envoi des pièces. Elles étaient destinées à être « réexportées vers des pays tiers », minore-t-il.

Les syndicats demandent des comptes sur les partenariats israéliens

Son démenti ne convainc pas. Chez STMicroelectronics, une lettre ouverte de la CGT à la direction réclame « des mesures fortes et urgentes pour garantir que notre entreprise ne participe ni de près ni de loin au massacre en cours à Gaza et en Cisjordanie ». « Afin d’assurer la transparence des usages des puces produites par notre entreprise, nous vous demandons de rendre public (…) l’ensemble des partenariats en cours avec des entités israéliennes », ajoute-t-elle.

Face aux organisations syndicales, la direction se borne à affirmer que ses composants sont « destinés à des fonctionnalités civiles, et pas autre chose ». « On a continué à travailler la question », relate Nadia. En juin 2025, une journée de grève est décidée sur le site de Crolles. « Beaucoup de salariés, sans y prendre part, nous ont encouragés et remerciés », affirme la syndicaliste. Les initiatives se multiplient.

Chez Thales, le partenariat avec la société israélienne de drones Elbit suscite de plus en plus de questions. L’élue CGT Stéphanie Gwizdak opte pour l’organisation d’une journée de formation afin, dit-elle, « d’alimenter les camarades en arguments juridiques et géopolitiques ».

Intitulée « Droits et devoirs d’intervention des salariés de l’industrie de la défense », la journée s’articule autour d’une question cruciale : « Si on est associé à un génocide, qu’est-ce qu’on risque ? » Les échanges sont « fructueux » et « de qualité », affirme Stéphanie Gwizdak.

À Fos-sur-Mer, les dockers bloquent l’armement vers Israël

Mais moins d’une trentaine de salariés s’inscrivent. « Mobiliser sur ces questions, c’est un travail de fourmi », constate-t-elle. « Ce n’est pas évident de trouver un consensus, en interne, pour parler du sujet », abonde Pascal Jaugeas, son homologue chez Airbus.

Début juin 2025, une action coup de poing des dockers de Fos-sur-Mer va « libérer les énergies », selon Nadia, de STMicroelectronics. Alertés sur la présence de colis d’armement destinés à Israël, les dockers bloquent coup sur coup deux chargements.

« La CGT pèse 95 % chez nous, cela nous permet d’agir vite, explique leur secrétaire général, Tony Hautbois. Ce n’est malheureusement pas le cas partout. » À quelques jours de l’ouverture du Salon international de l’aéronautique du Bourget, où la présence de stands israéliens suscite une vague de protestations, le blocage de Fos provoque une onde de choc.

Des manifestations sont organisées. Des ONG saisissent la justice en urgence – elles seront déboutées. Sous la pression, le gouvernement décide finalement de faire marche arrière et réclame la fermeture de cinq des neuf stands israéliens. Une victoire en demi-teinte, pour les ONG.

Chez Red Hat, des salariés enquêtent sur les usages militaires de leurs outils

Mais une victoire quand même. « En interne, on ne parlait que de ça », affirme un salarié de Thales. « On était très isolés il y a un an. Depuis quatre ou cinq mois, de plus en plus de camarades s’emparent du sujet », constate Grégory Lewandowski qui, outre Thales, est aussi responsable à la CGT métallurgie. Après les dockers de Fos, la CGT Air France et SUD Solidaires aérien décident, à Roissy, de bloquer l’envoi d’une cargaison d’armes en direction d’Israël.

« La prise de conscience commence à s’étendre », se réjouit Loïc, de Stop Arming Israël. Salarié de l’entreprise Red Hat, rachetée au prix fort par IBM en 2018, Haïkel Guémar est un des fondateurs de Solidaires informatique. Fichage, drones, cloud, data centers… l’informatique, domaine où excellent les entreprises israéliennes, est omniprésente dans les armées modernes, explique-t-il.

« Elle est même cruciale », insiste le syndicaliste. Les drones tueurs ne sont pas tous guidés par des humains. « Ce sont des systèmes informatiques qui, la plupart du temps, décident qui doit vivre ou mourir, détaille le représentant syndical. Sans eux, rien n’est possible. Ils sont les yeux et les oreilles des drones tueurs. »

Les 440 salariés français de Red Hat ont-ils participé, sans le savoir, aux massacres perpétrés à Gaza ? « On a interrogé notre direction, on voulait savoir sur quel terrain d’opération était utilisé le matériel qu’on fabrique, ça n’a rien donné », assure-t-il.

Face à ce « manque de transparence organisé », le syndicaliste s’est transformé en enquêteur. Il épluche les journaux spécialisés, multiplie les contacts avec les associations, les collectifs, les syndicats. Il voit grand, Haïkel Guémar. « J’entretiens le doux rêve d’avoir, un jour, une coopération avec des syndicats israéliens. »

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