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20 septembre 2025 6 20 /09 /septembre /2025 06:02
Palestine: Reconnaissance aujourd'hui, justice demain - Tribune de l'AJPF lancée par Charlotte Blandiot Faride et Philippe Rio: signez-la!
Palestine: Reconnaissance aujourd'hui, justice demain - Tribune de l'AJPF lancée par Charlotte Blandiot Faride et Philippe Rio: signez-la!

Voici une tribune lancée par Philippe Rio président de la coopérative des élus communistes et républicains, maire de Grigny, et Charlotte Blandiot-Faride, présidente de l'AJPF et maire de Mitry-Mory, au côté de nombreux collègues élu.e.s dont Jean-Paul Vermot, Patrick Gambache, Ismaël Dupont à Morlaix  :

"Palestine : reconnaissance aujourd'hui, justice demain".

 

Appel à signature d’une tribune sur la reconnaissance de la Palestine
 
Mardi 16 septembre 2025
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17 septembre 2025 3 17 /09 /septembre /2025 12:49
« Le génocide à Gaza n’est pas celui de Netanyahou, c’est notre génocide à tous » : récit d'une défaite morale par Nadav Lapid - interview dans L'Humanité du 11 septembre 2025
« Le génocide à Gaza n’est pas celui de Netanyahou, c’est notre génocide à tous » : récit d'une défaite morale par Nadav Lapid

Israélien exilé à Paris, Nadav Lapid décrit, dans le sidérant « Oui », la défaite morale de la société israélienne à l’heure du génocide à Gaza. Il présentais le film à la Fête de l’Humanité ce dimanche.

Propos recueillis par Samuel Gleyze-Esteban

11 septembre 2025 - L'Humanité 

Il y a des plans dans Oui où Nadav Lapid brouille la façade des immeubles de Tel-Aviv du bout d’une caméra au poing tremblante. D’autres à l’arrière-plan duquel apparaît le paysage de Gaza en fumée.

Rarement donc aura-t-on vu film aussi contrarié que celui-ci, tourné en Israël au beau milieu d’un génocide, par un exilé revenu agacer son pays comme le retour du refoulé.

Oui est une fiction délirante, exubérante, où une tête peut soudain se transformer en écran, mais c’est aussi un instantané crucial de la société israélienne d’aujourd’hui, saisie de l’intérieur dans son déni, son obsession de vengeance, son aveuglement volontaire.

« Tu es face à un soleil du mal », raconte le réalisateur, tout juste cinquante ans, dans un français qu’il a perfectionné depuis les quelques années qu’il est installé à Paris. « Et tu te demandes : quelle est la place du cinéma ? ».

En Israël, le film n’a pas encore trouvé de distributeur, mais il a été montré au festival de Jérusalem. Comment a-t-il été accueilli ?

Nadav Lapid

Réalisateur

Avant la projection au festival de Jérusalem, deux ministres avaient sommé le festival de déprogrammer le film en disant qu’il méprisait la souffrance des Israéliens et qu’il était au service du Hamas. Il y a quelques jours, la ministre de la Culture s’est jointe à eux en affirmant qu’elle était offusquée par le film et que les Israéliens ne voulaient pas voir cela.

Pendant la projection à Jérusalem, quelques personnes ont crié au scandale, et au cours du débat qui a suivi, un couple a demandé au gardien à l’entrée de m’arrêter. Malgré cela, cette projection a été un moment incroyable. Je lis beaucoup d’articles qui qualifient le film de « brûlot », de « parodie » ou de « satire », etc., mais je pense que pour les Israéliens, c’est du néoréalisme. Quand ils voient le film, ils savent qu’il n’y a pas un millimètre de distance entre eux et ce qu’il y a sur l’écran. C’est extrêmement fort.

Avez-vous l’espoir que cela puisse changer les mentalités ?

J’espère le film va suffisamment secouer les âmes pour faire jaillir quelque chose du refoulé. La société israélienne est profondément malade, et le fait que le monde ne sanctionne pas Israël, que le pays profite d’une telle impunité est une chose affreuse, tout d’abord pour ceux qui en souffrent, les Gazaouis, mais aussi pour les Israéliens, encouragés à cultiver une perversité et une vision complètement tordue de la réalité, dans laquelle ils sont les victimes et seule leur souffrance compte.

Le problème en Israël, ce n’est pas Netanyahou, ce sont les Israéliens. Et Netanyahou est juste un symptôme, si ce n’est pas lui, ce sera un autre. Mais je suis cinéaste, pas médecin…

Ce qu’il se joue à Gaza est aussi un conflit d’images. D’un côté, il y a des images de corps démembrés qui sont accusées d’être des montages, et de l’autre, les visualisations comme celle de la Trump Riviera, pures spéculations dont les promoteurs espèrent qu’elles deviennent vraies. Le film met aussi en scène cette tension : on y voit par exemple un immeuble jaillir du sol comme un champignon au gré d’un effet spécial ostentatoire.

Oui n’est pas une enquête sur la réalité, mais plutôt une enquête sur des âmes individuelles dans un collectif qui est le peuple. Plus que jamais, on crée des mythologies et des légendes qui, en retour, façonnent notre monde. Je pense que 99,9 % des Israéliens sont convaincus que le 7 octobre, les hommes du Hamas ont éventré une femme enceinte, ont pris le fœtus et l’ont jeté à la poubelle.

Même si beaucoup de journaux qui ont enquêté se sont rendu compte qu’il s’agissait d’images d’un cartel mexicain, cela ne change rien : aujourd’hui, pour les Israéliens, ce sont des éventreurs de femmes enceintes que l’on est en train de massacrer à Gaza. Nous sommes dans un moment où la fiction domine, mais paradoxalement, la fiction a perdu puisqu’elle est systématiquement prise pour un document.

Était-il difficile de monter une équipe en Israël ?

Ça s’est avéré très compliqué. Beaucoup de techniciens ont refusé de travailler sur ce projet. Cela ne m’était jamais arrivé, mais là, c’était un phénomène massif. Cela ne veut pas dire que ceux qui ont accepté étaient tous d’accord politiquement avec le film.

Le père du chef électricien avec qui je travaille depuis longtemps, un homme de 80 ans qui manifestait toujours contre ce qui se passait à Gaza, a été kidnappé et tué en octobre. Son frère et la copine de son frère ont été tués. Il y avait des membres de l’équipe dont les enfants étaient soldats à Gaza. Tous n’étaient pas forcément en accord politique avec le film, mais tous étaient en accord avec le caractère crucial du cinéma à ce moment-là.

À un moment du film, vous décidez de filmer Gaza sous les bombes…

Il était évident que le film porterait sur l’aveuglement, sur le fait de voir ou ne pas voir, et la vue de Gaza fonctionnait à ce titre comme une sorte de force magnétique. Nous avons filmé Gaza depuis une colline surnommée « la colline de l’amour », où les soldats ont l’habitude de se rendre pour faire l’amour avec leurs copines, à 600 mètres de la frontière — c’est macabre, mais c’est vrai.

Cet emplacement donnait vraiment ce sentiment de voir Gaza sans y être présent. Comme il s’agit d’une zone militaire interdite, nous y sommes montés façon guérilla, sans autorisation, avec l’équipe la plus réduite possible. Au bout de trois minutes, mon assistant, resté en bas, m’appelle pour m’annoncer que l’armée est arrivée.

C’est la scène la plus importante, je me dis que le film est foutu. Puis trente, quarante minutes passent. Je le rappelle, et il me dit : « tu ne vas pas y croire ». Il s’est avéré que l’officier était un mec de vingt ans passionné de cinéma. Quand l’équipe lui a dit que nous tournions un film, il a commencé à poser plein de questions.

À un moment, il a posé la plus grande question du cinéma : « comment sait-on où il faut poser la caméra ? » Celle que se posaient les jeunes Rivette et Godard en 1958. Tous les collègues qui étaient présents ont commencé à donner leur avis. Un policier est arrivé, mais le soldat lui a dit de partir, et nous a laissés continuer. C’est un mec qui a tué beaucoup de gens. Je me demande si un jour il deviendra réalisateur.


En restant de ce côté de la frontière, vous assumez de filmer le mal de l’intérieur. De l’autre côté, des films comme « From ground zero » de Rashid Masharawi, compilation de courts-métrages réalisés par des Gazaouis sous les bombes, montrent un autre point de vue. Vous l’avez vu ?

Je n’ai pas vu le film de Rashid Masharawi, mais j’espère qu’il existera 50 millions de films faits par des Palestiniens, par des Gazaouis, qui raconteront ce qui s’est passé dans toutes les formes qu’ils choisiront. Moi, je suis Israélien, et je ne peux que faire des films de l’autre côté.

J’ai toujours rêvé d’un film qui n’existe pas, le film d’un Fritz Lang qui serait retourné en Allemagne en 1941 et qui aurait tourné à Berlin, à Munich, chez les faiseurs du mal. Si Lang avait filmé une famille à Munich à l’époque, cela aurait d’emblée généré une ambiguïté.

Filmer un couple à Tel Aviv au milieu de la guerre à Gaza est aussi un acte ambigu. La question que les gens doivent se poser, c’est de savoir si des films pareils doivent exister ou non. Mais s’ils existent, l’ambiguïté ontologique existera. Dès le moment où tu mets ta caméra à Tel Aviv et que tu commences à filmer quelque chose, le cinéma subvertit d’une certaine manière les propos trop clairs, et je pense que c’est pour le mieux. C’est pour cela qu’il a été inventé. Je ne parle pas de relativisme moral, mais d’une épaisseur que le cinéma peut amener.

« Oui » a été financé à 10 % par le Fonds du cinéma israélien (Israel Film Fund). Que représente ce fonds ?

En Israël, il y a deux fonds dédiés au cinéma : le Fonds du cinéma israélien et la fondation Rabinovitch. La fondation Rabinovitch a financé mes trois premiers longs métrages, mais s’est ensuite beaucoup rapprochée du régime. Ils ont fini par poser dans leurs contrats toutes sortes d’obligations politiques : que les films ne mettent pas en doute l’existence d’Israël, qu’ils ne méprisent pas l’hymne… Ils n’auraient jamais financé Oui.

L’autre fonds est un fonds indépendant dirigé par l’ancienne directrice du festival du Jérusalem, Noa Regev, une femme courageuse, qui ne travaille pas pour le gouvernement et qui a décidé, avec trois autres personnes, que notre film devait être réalisé. En cela, le Fonds du cinéma israélien était beaucoup plus courageux que Canal +, par exemple. Ces gens, et surtout cette femme, ont pris un très grand risque en finançant le film, et peut-être qu’ils paieront pour cela.

Quel regard portez-vous sur les dernières manifestations en Israël ?

Il faut le dire clairement : le mouvement anti-guerre en Israël n’existe pas, c’est une légende. Il y a un grand débat au sein de la société israélienne par rapport à la question des otages, qui a évidemment sa place, il y a des pour et contre Netanyahou, mais il n’y a pas de mouvement anti-guerre.

La vie en Israël se déroule normalement, les étudiants font leur service de réserve puis retournent à l’université pour étudier la philosophie de la morale alors que le pays commet un génocide. Au-delà même de ce que le pays est en train de commettre, cette absence d’opposition, le fait qu’il n’y ait pas de grève d’étudiants, que les hôpitaux continuent de fonctionner alors qu’à Gaza il n’y a même plus d’hôpitaux, c’est ça la plus grande souillure sur la société israélienne.

En Israël, il existe un principe très profond selon lequel le sang des Israéliens vaut mille fois plus que celui des autres. L’état des choses est tel, et c’est affreux. Paradoxalement, Israël, pour des Juifs, reste une démocratie. De ce point de vue, il vaut mieux vivre à Tel Aviv qu’à Téhéran. Mais il y a une conséquence à cela : le génocide à Gaza n’est pas le génocide de Netanyahou, c’est notre génocide à tous.

Cette maladie morale dont vous parlez, pensez-vous que l’on puisse en guérir ?

J’ai longtemps misé sur la pression internationale, parce que le mal est trop profond pour être guéri de l’intérieur. Alors, lorsque je vois une réunion de chefs d’État européens incapables d’infliger la moindre sanction sur Israël, je me demande : quelqu’un comme Macron n’a-t-il pas peur d’être jugé par l’histoire comme un collaborateur du génocide à Gaza ? Ne comprend-il pas que la responsabilité est sur ses épaules ?

Je n’aime pas sentir le surplomb moral du reste du monde vis-à-vis des Israéliens. En fait, je ne crois pas que les Israéliens sont fondamentalement mauvais. Aujourd’hui, ils sont en train de commettre le pire, mais hier, c’étaient les Français qui faisaient le pire en Algérie. Et la France est désormais complice de ce qui est en train de se passer à Gaza.

Pour ce qui est du cinéma, toute la Nouvelle Vague a été créée pendant la guerre d’Algérie, mais est-ce que cela veut dire que Truffaut, lorsqu’il a fait Les 400 Coups, était un narcissique qui ignorait les atrocités commises par ses compatriotes ? En tant qu’Israélien, je ne supporte pas l’idée de devoir surmonter un test de moralité affligé de la part des spectateurs français, par exemple, pour leur prouver que je suis OK. Je ne sens pas de dette morale envers les Français. Je ne leur dois rien, sauf faire un bon film.

Oui de Nadav Lapid, France, Allemagne, Israël, Chypre, 2 h 30.

Avant-première le 14 septembre à 18 heures à l’espace Jack Ralite de la Fête de l’Humanité

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17 septembre 2025 3 17 /09 /septembre /2025 12:44
L’offensive d’Israël sur Gaza-ville, un génocide couvert par les États-Unis - Pierre Barbancey, L'Humanité, 17 septembre 2025

L’armée israélienne a lancé une opération terrestre contre la principale agglomération du territoire palestinien. Pendant ce temps, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, est allé rassurer le Qatar, tout en parlant d’une fenêtre de négociation qui pourrait se refermer très rapidement.

Pierre Barbancey L'Humanité, 17 septembre 

Timing parfait pour Benyamin Netanyahou et Marco Rubio. Le secrétaire d’État états-unien s’était déplacé pour assurer le premier ministre israélien du plein et entier soutien de Donald Trump, quoi qu’Israël fasse, quoi qu’en disent les peuples du monde entier.

Marco Rubio en a profité pour se rendre au Qatar, pays bombardé par Israël la semaine dernière, histoire de minimiser les dégâts. « En fait, nous avons un accord de coopération renforcée en matière de défense, sur lequel nous travaillons et que nous sommes sur le point de finaliser », a-t-il révélé.

L’ONU accuse Israël de commettre un génocide

Un quasi-signal pour le gouvernement d’extrême droite israélien, dont l’armée a lancé, mardi à l’aube, une offensive terrestre majeure, au mépris de la présence de centaines de milliers de civils encore sur place. « Ce qui se passe est très dur, nous a fait savoir la correspondante particulière de l’Humanité sur place, la journaliste palestinienne Maha Hussaini. Maintenant, les Israéliens utilisent des robots chargés d’explosifs non loin de l’endroit où je me trouve. La situation est vraiment très terrifiante. »

Un témoignage recueilli en milieu de matinée, juste avant que ne cesse tout contact avec elle. Cette offensive provoquera « plus de destructions, plus de morts et de déplacements » de la population, a déploré un porte-parole de l’Union européenne. Mais pour les habitants de Gaza, ces lamentations ne changent rien et la mort continue de s’abattre sur eux.

Le même jour que le déclenchement de cette attaque, et pour la première fois, une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a accusé Israël de commettre un « génocide » à Gaza depuis octobre 2023 avec l’intention de « détruire » les Palestiniens.

 

Les enquêteurs mettent en cause Benyamin Netanyahou ainsi que d’autres dirigeants. « La responsabilité incombe à l’État d’Israël », a souligné la présidente de cette commission, Navi Pillay. Cette juriste sud-africaine fut présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda et juge à la Cour pénale internationale.

« La communauté internationale ne peut rester silencieuse face à la campagne génocidaire lancée par Israël contre le peuple palestinien à Gaza. Lorsque des signes et des preuves manifestes de génocide apparaissent, l’absence d’action pour y mettre fin équivaut à une complicité », a-t-elle indiqué.

Les États-Unis et Israël continuent pourtant à manœuvrer, car leurs intérêts politiques et économiques – qui se rejoignent sur bien des points – nécessitent cette séquence génocidaire, mais également la mise au pas de toute opposition régionale et mondiale.

D’où le déplacement de Marco Rubio au Qatar où, la veille, se tenait une réunion extraordinaire convoquée par la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique (OCI). Une rencontre exceptionnelle, mais qui ne devrait pas avoir beaucoup de conséquences.

Certains de ces pays sont les principaux exportateurs de gaz et de pétrole, et pourtant ils ne prennent aucune décision concrète pour aider le peuple palestinien. Ils appellent à « revoir » les liens diplomatiques avec Israël, mais ne mentionnent pas ès qualités les accords d’Abraham. Ceux-ci, voulus par les États-Unis, gravent dans le marbre la normalisation des relations entre les pays arabes et Israël.

Les Émirats arabes unis et Bahreïn les ont déjà adoptés. L’enjeu est maintenant l’Arabie saoudite. La marge est donc réduite pour les pétromonarchies qui doivent apparaître, au moins sur le papier, comme des soutiens au peuple palestinien.

Aucune sanction et aucun cessez-le-feu

Washington le sait bien, qui a besoin de conserver le Qatar comme médiateur dans des négociations, au même titre que l’Égypte. Doha et Le Caire sont bien incapables de tenir tête au géant états-unien. D’ailleurs, les termes mêmes de ces discussions montrent à quel point elles sont instrumentalisées pour permettre la poursuite de la guerre et rejeter la faute sur la partie palestinienne.

« Les Israéliens ont commencé à mener des opérations là-bas (Gaza-ville). Nous pensons que nous avons une petite fenêtre pour qu’un accord (de cessez-le-feu) puisse être conclu » avec le Hamas, a affirmé Marco Rubio, en évoquant « probablement quelques jours et peut-être quelques semaines ».

Le temps de continuer les massacres. « Gaza brûle », s’est réjoui le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, qui se pense peut-être dans une séquence biblique. « L’armée frappe d’une main de fer les infrastructures terroristes, et les soldats de l’armée se battent vaillamment pour créer les conditions nécessaires à la libération des otages et à la défaite du Hamas », a-t-il lancé. Seule l’arme des sanctions politiques, économiques et financières peut maintenant arrêter ce génocide.

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10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 14:34
La Palestine à l'honneur de la fête de l'Humanité 2025 - Voir le programme des débats
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6 septembre 2025 6 06 /09 /septembre /2025 14:53
« LE SIONISME EST UNE IDÉOLOGIE BASÉE SUR LE SUPRÉMACISME ET LE RACISME » : RENCONTRE AVEC OFER CASSIF, DÉPUTÉ COMMUNISTE ISRAÉLIEN, interview avec Pierre Barbancey dans L'Humanité
 
« LE SIONISME EST UNE IDÉOLOGIE BASÉE SUR LE SUPRÉMACISME ET LE RACISME » : RENCONTRE AVEC OFER CASSIF, DÉPUTÉ COMMUNISTE ISRAÉLIEN
 
Député israélien communiste et juif, Ofer Cassif est la bête noire de l’extrême droite. S’il est attaché à l’existence de son pays, il dénonce la politique génocidaire et d’apartheid menée par Benyamin Netanyahou et ses alliés.
 
Pierre Barbancey
 
En mars 2019, la commission électorale centrale israélienne interdit à Ofer Cassif de se présenter au scrutin parlementaire, prévu un mois plus tard, en raison de déclarations jugées provocantes. C’est la première exclusion individuelle en politique en Israël. Une décision annulée par la Cour suprême. Ofer Cassif, qui se trouve en 5e position sur la liste conjointe Hadash-Ta’al, est élu pour la première fois député en avril 2019.
 
Juif et communiste, il met son savoir et son talent au service de la lutte contre l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens et pour un Israël non sioniste. Il dérange. En avril 2021, il est violemment frappé par des policiers israéliens. Il a condamné l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 mais dénonce la politique génocidaire du gouvernement Netanyahou. Pour cela, il a été suspendu à plusieurs reprises de son mandat de député. Ofer Cassif sera à la Fête de l’Humanité.
 
Comment s’est passée votre jeunesse en Israël ?
Je suis né en 1964 dans une ville appelée Rishon, pas très loin de Tel-Aviv. J’ai grandi dans une famille de la classe moyenne. Mes grands-parents et mes parents étaient alors associés aux idées du parti travailliste sioniste. J’ai suivi un enseignement classique, ou plutôt, un lavage de cerveau classique, rien de vraiment spécial. J’ai commencé à m’intéresser à la politique très jeune.
Vers 15 ans, j’ai rejoint un mouvement de jeunesse associé à la gauche sioniste, Hashomer Hatzair. J’ai aussi, pendant un temps, adhéré au mouvement de jeunesse d’un parti plus à gauche, en marge de la gauche sioniste. Vers 18 ans, j’ai fait mon service militaire, dans une unité qui combinait combat et travail dans un kibboutz.
J’ai servi un peu plus de trois ans. Tout au long de mon service, mes opinions ont commencé à s’orienter vers la gauche. À mon arrivée à l’université, au début de la première Intifada, en 1988, je devais aller comme réserviste à Gaza, mais j’ai refusé. J’ai ainsi été le premier soldat emprisonné pour avoir refusé de servir.
 
Pourquoi avoir refusé de servir ?
Je développais des positions antisionistes et des opinions socialistes plus radicales alors que l’Intifada avait éclaté. Je ne voulais pas participer à l’oppression d’un tel mouvement, que je considérais comme juste. Ce qui m’a poussé à prendre cette décision, qui n’a pas été facile. Heureusement, des centaines de jeunes ont suivi et refusé de servir dans les territoires palestiniens occupés. Ce n’est qu’après avoir été libéré que j’ai rejoint le Parti communiste israélien (PCI). Je suis devenu l’assistant, à la Knesset, de Meir Vilner, alors secrétaire général de l’organisation.
 
Quelles étaient vos principales critiques envers le sionisme ?
J’ai compris qu’il existait une contradiction interne entre les tentatives de créer à la fois un État juif et un État démocratique, ce qui allait à l’encontre de tout ce qu’on m’avait appris dans mon enfance et mon adolescence. Mes opinions sont devenues plus indépendantes. J’ai analysé l’histoire du pays, l’histoire palestinienne, l’histoire sioniste. À l’université, je me suis intéressé à la philosophie politique et morale. C’est là que sont nées mes idées antisionistes. J’en suis arrivé à la conclusion que je devais choisir entre le sionisme et la démocratie, entre l’humanisme et le nationalisme fanatique. J’ai fait ce choix.
 
Où réside la contradiction entre démocratie et sionisme ?
En ce qui me concerne, au quotidien, je ne ressentais aucune contradiction. C’était un lavage de cerveau réussi, que subissent la plupart des jeunes en Israël, jamais exposés à leurs contradictions. Ayant grandi près de Tel-Aviv, je n’ai jamais été exposé systématiquement aux Palestiniens avant l’âge de 15 ou 17 ans. Mais à mon arrivée à l’université, je me suis trouvé confronté à mes camarades et amis palestiniens.
J’ai participé à des manifestations contre l’occupation dans les territoires occupés. J’ai donc été exposé bien plus qu’auparavant aux crimes et aux maux de l’occupation, à l’attitude sioniste envers les citoyens palestiniens. L’inégalité est inhérente au système et à l’idéologie sionistes. Cela faisait partie intégrante de l’expérience que j’ai commencé à vivre, parallèlement aux opinions que j’ai adoptées.
 
Israël est-il voué à rester un régime sioniste ou peut-il exister sans le sionisme ?
Le Parti communiste et le Hadash soutiennent la solution à deux États et donc la création d’un État palestinien indépendant dans les territoires occupés par Israël depuis juin 1967, c’est-à-dire la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Une partie de notre idéologie, de notre politique et de notre combat consiste à transformer la société israélienne, à en faire une véritable démocratie, fondée sur une égalité totale, civique, politique, sociale et nationale.
Ce qui signifie que nous rejetons catégoriquement toute suprématie et donc évidemment la suprématie juive, ancrée dans le système. Il n’y a donc aucune contradiction entre l’existence de deux États, le soutien à cette solution et la démocratisation de l’État d’Israël.
Nous luttons contre l’occupation parce qu’elle est contraire à toute notion d’équité fondamentale, mais aussi aux intérêts de l’État d’Israël et des Israéliens. En ce sens, la solution à deux États est, à notre avis, la plus juste et la plus réaliste. Nous luttons pour la libération du peuple palestinien, car il a droit à son propre État et à sa liberté. Parallèlement, nous soutenons le droit d’Israël à exister en tant qu’État souverain. Mais il ne peut être un bon État s’il s’accroche aux inégalités, à l’oppression et à la discrimination.
 
Comment ressentez-vous l’évolution de la société israélienne depuis votre engagement en politique ?
Malheureusement, j’ai été témoin d’une terrible détérioration de la société israélienne. Israël n’a jamais été une véritable démocratie, et ce dès le départ, car il a institutionnalisé la suprématie juive, qui ne peut coexister ni avec la démocratie, ni avec un quelconque libéralisme, sans même parler de socialisme.
Rien d’étonnant à ce que, en tant que communistes, nous nous battions depuis la Nakba, depuis la création d’Israël, pour l’égalité, y compris l’égalité nationale, contre la discrimination et le racisme profondément ancrés dans le système.
N’oublions pas que de 1948 à 1966, les mêmes citoyens palestiniens d’Israël vivaient sous un régime militaire oppressif et discriminatoire. Ce régime a été levé en 1966 et, un an plus tard, en 1967, la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem étaient occupées. Depuis presque soixante ans, ces territoires sont sous le joug militaire israélien, un régime brutal, meurtrier et oppressif.
 
Comment avez-vous réagi aux massacres du 7 Octobre par le Hamas ?
J’étais sous le choc. Un choc émotionnel bien sûr, mais aussi rationnel et politique. Car je suis contre la violence de manière générale et plus particulièrement contre les attaques des civils innocents, ce qui était le cas. Rien ne peut justifier le massacre commis par le Hamas, pas même les crimes de la Nakba, l’occupation, etc.
En même temps, j’avais dit que rien ne pouvait justifier une attaque israélienne, pas même le massacre du 7 Octobre. Je me suis donc opposé politiquement à toute attaque contre Gaza, sans parler du génocide qui a suivi. Cela m’a valu une suspension de la Knesset pendant quarante-cinq jours.
 
En quoi est-il difficile d’être un député communiste à la Knesset après le 7 Octobre ?
C’est très difficile d’être de gauche, même sans être communiste, et c’est très difficile de soutenir la libération du peuple palestinien. Le plus difficile en Israël, c’est de s’opposer aux atrocités, aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité commis par Israël, y compris à Gaza. C’est très difficile à cause du contrôle fasciste sur Israël.
Nous sommes persécutés à la Knesset. J’ai déjà été suspendu trois fois depuis le 7 Octobre, au total pendant 288 jours, soit près d’un an. La Knesset est en pause parlementaire jusqu’à fin octobre, mais j’ai déjà été informé par la commission d’éthique que je serai suspendu pour deux mois, car, encore une fois, j’utilise les termes « génocide » dans mes critiques du gouvernement et de l’armée israélienne.
Et parce que j’ai demandé à la CPI, la Cour pénale internationale, d’enquêter sur Netanyahou, d’ouvrir une procédure contre lui. Notre chef de file à la Knesset, Ayman Odeh, a également été suspendu pour quelques semaines et Aida Touma-Sliman pour deux mois, puis pour quelques jours supplémentaires. Cela montre que même si nous sommes des parlementaires bénéficiant de l’immunité, nous ne pouvons pas parler librement.
On tente de nous faire taire par des sanctions et des menaces, sans même parler de la violence à laquelle nous sommes confrontés, y compris physique, dans la rue ou lors des manifestations, de la part de la police.
 
Il existe une vaste campagne en France et en Europe qui affirme que critiquer la politique israélienne et se dire antisioniste revient à être antisémite. Que répondez-vous à cela ?
Je suis juif mais je ne suis pas aliéné par mes origines juives. Il y a un slogan que j’ai entendu dans de nombreuses manifestations de Jewish Voice for Peace, d’organisations et de mouvements juifs progressistes à travers le monde, qui dit : « l’antisémitisme est un crime, l’antisionisme est un devoir ».
Nous, au sein de Hadash et du Parti communiste, que nous soyons palestiniens ou juifs, et comme beaucoup d’autres à travers le monde, sommes contre le sionisme car c’est une idéologie basée sur le suprémacisme et le racisme, auxquels nous nous opposons comme nous nous opposons à tout racisme et à tout suprémacisme. Ce n’est pas unique. C’est notre perception universelle et humaniste. Nous devons lutter contre le racisme, l’antisémitisme et, encore une fois, contre le sionisme en tant qu’idéologie raciste.
 
L’actuel gouvernement de Netanyahou est-il une simple continuité de ce qui se passe depuis 1948 ?
Depuis la formation de ce gouvernement, il y a environ 30 mois, le déficit démocratique s’est manifestement accentué, approfondi et élargi, car ce gouvernement est véritablement fasciste et raciste, avec des éléments qui ressemblent, si l’on veut, au régime de Vichy. Le gouvernement a instrumentalisé le terrible massacre criminel du Hamas du 7 Octobre 2023 et l’a utilisé comme prétexte pour mettre en œuvre ses plans : prendre le contrôle des territoires palestiniens occupés et les annexer, institutionnaliser officiellement et concrètement un régime d’apartheid et transformer Israël en une véritable dictature fasciste.
En ce sens, surtout depuis la formation de ce gouvernement, et plus encore depuis le massacre du 7 Octobre, il n’y a aucun lien, ni même aucune ressemblance, entre les fondements de la démocratie et le régime actuel en Israël. Et cela est mis en évidence à bien des égards : le génocide à Gaza, le nettoyage ethnique en Cisjordanie, l’élimination des droits civiques fondamentaux en Israël, la persécution de quiconque s’élève contre le gouvernement ou sa politique.
Par exemple, le licenciement de professeurs ou de médecins qui critiquaient le génocide ou encore les décrets éliminant littéralement les droits et permettant au gouvernement de prendre le contrôle total des médias et même des tribunaux, etc. Si Israël n’a jamais été une démocratie, il est maintenant clairement beaucoup plus proche, si ce n’est déjà le cas, d’une véritable dictature fasciste.
 
Bezalel Smotrich, le ministre israélien de la Défense, parle d’annexion de la Cisjordanie et le génocide se poursuit dans la bande de Gaza. À quoi faut-il s’attendre ?
Contrairement à ce qui est dit, l’attaque génocidaire contre les Palestiniens de Gaza n’a rien à voir avec la sécurité d’Israël et des Israéliens. Elle n’a rien à voir avec la libération des otages, à laquelle nous tenons tous. Elle n’a même rien à voir avec une quelconque vengeance. L’invasion et la réoccupation de toute la bande de Gaza visent à poursuivre le génocide.
Israël a annoncé son intention de déporter des centaines de milliers de Palestiniens de la ville de Gaza et de ses environs, et de les concentrer, ainsi que d’autres, dans une toute petite partie de la bande. Si la communauté internationale n’y met pas un terme, des milliers de civils palestiniens innocents seront tués par les bombes et la famine, les otages israéliens ainsi que des soldats perdront la vie.
Mais Netanyahou ne se soucie que de lui-même. C’est un psychopathe qui veut éviter la prison et pour cela il lui faut rester au pouvoir, y compris au détriment de la vie des Palestiniens et des Israéliens, au détriment même de la sécurité et de la stabilité de toute la région. Malheureusement, ceux qui détiennent le pouvoir au sein de la coalition et du gouvernement aux côtés de Netanyahou sont principalement des messianiques, des fanatiques, des fascistes et des racistes. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour arrêter cela et nous avons besoin de la communauté internationale.
 
Emmanuel Macron a annoncé qu’il reconnaîtrait un État de Palestine lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU, en septembre. Est-ce positif ?
Toute reconnaissance est la bienvenue. Mais nous avons besoin d’actions concrètes, pas de paroles. Cela veut dire qu’il faut prendre des sanctions contre Israël. La reconnaissance ne doit pas devenir une sorte de monnaie d’échange diplomatique avec Israël, mais une véritable politique visant à instaurer la paix et, pour cela, il faut mettre fin à la colonisation et à l’occupation.
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25 août 2025 1 25 /08 /août /2025 06:34
A Gaza, la famine officiellement déclarée par l'ONU- Ouest-France, 23 août 2025
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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 06:58
Samedi 23 août, 11h place de la Liberté à Brest: Stop au génocide à Gaza, stop à la famine, stop au blocus (collectif pour une paix juste et durable au Proche Orient).
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21 août 2025 4 21 /08 /août /2025 06:57
Gaza meurt de faim! Manifestation à Morlaix le vendredi 22 août à l'initiative de l'AFPS

L'AFPS du PAYS de MORLAIX vient d'écrire à tous ses partenaires associatifs, politiques et syndicaux solidaires de la Palestine pour que tous ensemble, nous reprenions le chemin de la mobilisation unitaire pour la Palestine !

D'abord par une manifestation le vendredi 22 août à Morlaix à 18h 

Le PCF est partie prenante de cette manifestation. 

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19 août 2025 2 19 /08 /août /2025 05:00
Occupation, colonisation et annexion : « Ce qui se passe à Gaza va se produire en Cisjordanie et à Jérusalem-Est » (entretien du chercheur israélien Aviv Tatarsky avec Pierre Barbancey, L'Humanité, 18 août 2025)

Pour le chercheur israélien Aviv Tatarsky, le gouvernement de Benyamin Netanyahou entend appliquer à la Cisjordanie le schéma déployé à Gaza. Un projet qui vise à vider les territoires de leur population et à étendre les colonies. 

Pierre Barbancey, 17 août 2025 - L'Humanité

Aviv Tatarsky est chercheur au sein de l’organisation Ir Amim. Son travail se concentre sur Jérusalem et l’amène à considérer toutes les mesures prises en Cisjordanie dans le cadre de l’occupation, de la colonisation et de l’annexion.

Avec E1, s’agit-il d’un nouveau plan ou s’agit-il de la phase de réalisation d’un plan déjà ancien ?

Aviv Tatarsky

Chercheur au sein de l’organisation Ir Amim

Ce plan date de vingt ou trente ans. Il n’est pas nouveau à proprement parler. Les gouvernements israéliens souhaitaient vivement l’approuver, mais la communauté internationale ne les y a pas autorisés. Son approbation est donc très significative. Benyamin Netanyahou a décidé que le moment était venu d’agir : l’attention se porte sur Gaza, le soutien américain à Israël est inébranlable et ce cabinet israélien est le plus extrême que nous ayons jamais connu. Autant de raisons qui expliquent ce passage à l’acte.

Il s’agit d’une nouvelle grande colonie, mais surtout son emplacement, en plein cœur de la Cisjordanie, a des conséquences considérables. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, l’a dit lui-même : cela étouffe la possibilité d’un État palestinien et fait partie du programme stratégique israélien d’annexion de la Cisjordanie. Ces deux éléments combinés signifient que le gouvernement israélien choisit, intentionnellement et consciemment, l’apartheid. Il n’y a pas d’autre sens à cela.

Faites-vous un lien entre le sort fait actuellement à Gaza et ce qui se passe en Cisjordanie ?

Oui, bien sûr. Certains ministres au sein du gouvernement affirment qu’ils veulent reproduire en Cisjordanie ce qu’ils font dans la bande de Gaza. C’est là le sens de ce plan. Sa mise en place entraînera d’abord l’expulsion de milliers de Palestiniens vivant dans la zone E1 ou aux alentours. Israël veut les forcer à se réfugier dans de petites enclaves isolées. Le plan isole Jérusalem-Est de la Cisjordanie et soumet sa population à de nombreuses pressions, que ce soit par des violences policières ou des démolitions de maisons.

Nous assistons à cette stratégie israélienne qui consiste à diviser l’espace palestinien et la population palestinienne en zones distinctes, puis à frapper chacune d’elles comme bon lui semble. Il est essentiel de comprendre que ce discours d’annexion d’Israël ne se limite pas à la confiscation de terres mais aussi à expulser les Palestiniens. Il s’agit d’une situation très volatile qu’Israël exploitera pour intensifier sa violence. On voit dans la bande de Gaza où cela peut mener. Ce qui se passe à Gaza va se produire en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

L’opinion publique israélienne est-elle consciente de l’objectif final ?

Non. Elle est préoccupée par d’autres problèmes. Elle est aveugle. Une part croissante de l’opinion publique israélienne comprend également que la guerre est un désastre qui doit cesser. Mais Israël n’accorde guère d’attention à la terrible situation en Cisjordanie, conséquence de ses activités. La société israélienne elle-même n’arrêtera pas cela. Il faut que cela vienne de l’extérieur, de la communauté internationale, mais pas par un appel à la conscience israélienne ou aux soi-disant modérés.

Il ne s’agit pas seulement de condamner ou de proclamer que la France reconnaîtra l’État palestinien. Le gouvernement israélien s’en moque. Pour empêcher Israël de poursuivre ces actions terribles, une intervention efficace est nécessaire. Ceux qui veulent mettre un terme à cette situation doivent peser sérieusement et efficacement. Ce gouvernement israélien ne respecte que la force, pas les mots.

La France affirme qu’elle reconnaîtra un État palestinien. Mais avec le projet E1, est-ce de l’ordre du possible ?

L’important concernant E1, c’est son emplacement. Il se trouve au cœur de la Cisjordanie. Il créera un bloc de colonies israéliennes continu où vivront environ 100 000, voire 150 000 colons israéliens, qui s’étendra profondément en Cisjordanie et la divisera en une partie nord séparée d’une partie sud. Ce phénomène se produit également dans d’autres régions de Cisjordanie, mais le plus dramatique se situe dans E1.

L’ensemble de ces éléments signifie qu’il est impossible d’avoir un État palestinien. Israël, d’un côté, affirme ne pas vouloir expulser les colons. De l’autre, il construit de nouvelles colonies et les agrandit. C’est comme si on découpait la France en trois ou quatre petits morceaux et qu’on disait : « Voilà, vous pouvez avoir un État français, si vous le souhaitez. » C’est ridicule. Quiconque s’oppose à cela, quiconque se soucie des droits de l’homme et souhaite la création d’un État palestinien doit prendre les mesures qui arrêteront Israël.

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18 août 2025 1 18 /08 /août /2025 14:35
Colonisation en Cisjordanie : « Ensemble pour sauver la ferme Hakoritna ! » - Tribune dans L'Humanité
Colonisation en Cisjordanie : « Ensemble pour sauver la ferme Hakoritna ! »

Tribune

150 personnes, maires, parlementaires, syndicalistes, artistes apportent leur soutien à la ferme Hakoritna, exploitation agricole palestinienne, menacée de destruction par la colonisation de la Cisjordanie. 

Le 7 août dernier, les forces d’occupation israéliennes ont ordonné la destruction de la ferme Hakoritna, située dans la ville de Tulkarem, en Cisjordanie. La famille Taneeb, propriétaire des lieux depuis près de 70 ans, a découvert des documents placardés sur les serres et les bâtiments de l’exploitation familiale, ordonnant sa démolition sous 20 jours, pour des raisons de « sécurité ».

Le prétendu risque sécuritaire vient en réalité de la proximité de la ferme avec le « mur de la honte » qui traverse la Cisjordanie. Construit illégalement en 2003 (un avis consultatif de la Cour internationale de Justice, rendu en juillet 2004, déclare que la construction du mur viole le droit international), ce mur a coupé en deux le terrain des Taneeb, qui est passé de 6 hectares à 3 hectares. La ferme Hakoritna ne représente aucun danger : il n’y pousse que des tomates, des concombres et d’autres produits destinés à nourrir la population.

Ce n’est pas la première fois que cette ferme est dans le viseur de l’occupant israélien. Elle a subi pas moins de 5 attaques majeures entre 1999 et 2025. Ces attaques ont notamment entraîné l’incendie d’une partie des cultures, la destruction des systèmes d’irrigation et des routes d’accès par des bulldozers, ainsi que des tirs à balles réelles contre les agriculteurs.

Cette violence n’est pas anecdotique. Depuis plusieurs années, Fayez Taneeb accueille des voyageurs venus d’horizons divers et voyage à travers le monde pour parler de souveraineté alimentaire.

La défense de la souveraineté alimentaire du peuple palestinien est, pour ce maraîcher militant, le combat de toute une vie.

 

Ces menaces de destruction interviennent dans un contexte où la colonisation en Cisjordanie s’intensifie et devient de plus en plus violente. Les membres de la famille Taneeb sont inquiets, mais ils n’abandonnent pas et ont prévu d’aller en justice pour défendre leurs droits. Néanmoins, ils n’ont aucune confiance dans une justice chapeautée par un gouvernement d’extrême droite, qui a toujours été un fervent soutien des colons et de la colonisation illégale. Fayez, sa femme et ses fils ont mis toute leur vie dans cette exploitation agricole, et c’est pourquoi ils en appellent à la solidarité internationale.

En réunissant un maximum de signatures, nous contribuerons à faire connaître le combat pacifiste, juste et nécessaire des Taneeb, et Israël ne pourra pas agir en toute impunité dans l’indifférence générale.

Les premiers signataires

ACCOMIATO Marie, retraitée.

ALACHMI Lise, citoyenne.

ALARIS Nicolas, conseiller municipal de la ville de Sartène.

ALESANDRI Jean, enseignant.

ALESANDRI Juliette, enseignante.

ALEZARD Lysiane, militante communiste.

ALFONSI Jean-Baptiste, citoyen.

AMIDEI Jean-Louis, retraité.

BACCHI Jérémy, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône.

BASTELICA Etienne, conseiller municipal de la ville d’Ajaccio.

BASTELICA Sacha, porte-parole de Via Citadina.

BATTESTI Léo, chef d’entreprise.

BELL LLOCH Pierre, Maire de Vitry-sur-Seine.

BENARD Edouard, député PCF de Seine-Maritime.

BESSON Killian, journaliste sportif.

BIANCHI Dume, militant nationaliste corse.

BIDARD Hélène, adjointe PCF à la Maire de Paris en charge de l’égalité femmes hommes, de la jeunesse et  de l’éducation populaire, membre du secrétariat politique d’European Left.

BLANCHET Véronique, élue à Pont-l’Abbé.

BLANDIOT-FARIDE Charlotte, maire de Mitry Mory, présidente de l’AJPF.

BOURGEOIS Davia, présentatrice TV.

BROSSAT IAN, sénateur de Paris, porte-parole du PCF.

CAILLAUD CROIZAT Pierre, petit-fils d’Ambroise Croizat.

CARN Martine, conseillère municipale PCF à Plougonven.

CARUANA Christelle, coordinatrice du mouvement Debout! en Corse.

CASAMARTA Jacques, militant associatif à Per a Pace.

CERMOLACCE Audrey, adjointe au maire de Septèmes-les-Vallons.

CERVANTES Jean-Christophe, maire adjoint de Clermont-Ferrand et conseiller métropolitain de Clermont Auvergne Métropole.

CINEUX Cyril, adjoint au maire de Clermont-Ferrand et vice-président de Clermont Auvergne Métropole.

Cukierman CUKIERMAN Cécile, sénatrice de la Loire, présidente du groupe Communiste, Républicain, Communiste et Écologiste – Kanaky (CRCE – K) au Sénat.

BETTI Michelle, fonctionnaire territoriale.

CANNATA Mario, retraité de l’Education Nationale.

CASANOVA Yannick, cinéaste.

CHASSAGNE Henri, secrétaire fédéral des Jeunes Communistes du Val-de-Marne.

CHIOCCA Michèle, enseignante.

CHIOCCA LARNAUD Paul, infirmier.

CHOUET Julien, secrétaire départemental du PCF de Dordogne.

CHOURY Isaline, présidente des “Ami·e·s de Danielle Casanova – Histoire et mémoire”.

COMBIS Caroline, attachée presse.

CORFMAT Christine, élue à Loctudy.  CYPEL Sylvain, journaliste.

DAVI Hendrik, député EcoS des Bouches-du-Rhône.

DEJEAN Jean-Frédéric, secrétaire de la section PCF d’Arles, conseiller municipal de la ville d’Arles.

DELACROIX Simon / THE TOXIC AVENGER, musicien.

DELAPORTE Arthur, porte-parole des Socialistes à l’Assemblée Nationale.

DELAVALLE Pierre-Jean, auteur.

DEMAILLY Serge, retraité.

DEMARCHI Nina, citoyenne.

DEMICHEL Francine, présidente d’honneur de la LDH de Corse.

DEMOLDER Michel, maire de Pont Péan.

DE RAUGLAUDRE Timothée, journaliste et auteur.

DUPONT Ismaël, conseiller départemental du Finistère, élu municipal PCF de la ville de Morlaix.

DURASTANTI Anne, trésorière de l’association Corsica Palestina.

DURASTANTI Christiane, professeure retraitée.

EL BAKKALI Samir, conseiller municipal à Clermont Ferrand et métropolitain à Clermont Auvergne Métropole.

LAFAYE Elsa, conseillère municipale PCF à Fougère.

FAURE Christine, conseillère municipale de Cournon et métropolitaine à Clermont Auvergne Métropole.

FROUIN Camille, créatrice de contenu.

GALEAZZI Martine, citoyenne.

GALLAIS Magali, maire adjointe de Clermont-Ferrand et conseillère métropolitaine à Clermont Auvergne Métropole.

GAMBACHE Patrick, premier adjoint PCF au maire de Morlaix.

GIUDICELLI Jean-Pierre, retraité.

GOMES Barbara, conseillère déléguée de Paris à la protection des locataires porte-parole du PCF.

GORI Serge, retraité.

GOUDY Léo, militant communiste.

GOVI-MATTEI Pitrina, militante pour une paix juste et durable au Proche-Orient.

GRELAUD Gladys, conseillère régionale de Bretagne (PCF).

GUITARD Alice, militante PCF, adjointe au maire du 4eme arrondissement de Lyon  HERBIN Gwenn, co-secrétaire fédérale du PCF de Maurienne.

HERE Jacqueline, maire adjointe de quartier à Brest, conseillère départementale PCF du Finistère.

HUON Joëlle maire de Plouigneau (PS) et Conseillère départementale du Finistère

JASSERAND Bernard, maire adjoint PCF de Quimper.

JEGOU Alain, militant comuniste.

KARAGOZ Schahin, secrétaire de la section PCF d’Orléans.

KOUKAS Nicolas, conseiller municipal de la ville d’Arles.

LABRO DELLION Alice, journaliste.

LAINE Camille, secrétaire départementale du PCF de l’Aube.

LAKEHOUL Assan, secrétaire général du Mouvement Jeunes Communistes de France.

LALANDE Sabine, conseillère régionale Debout! des Pays de la Loire.

LANDRY Tom, rédacteur en chef du journal l’Avant-Garde.

LARNAUD Gilles, postier retraité.

LEANDRI Marjorie, travailleuse sociale.

LECA Martine, enseignante, militante LFI.

LECLERC Patrice, maire de la ville de Gennevilliers.

LE HUEC Guenola élue PCF à Lanester (Morbihan)

LEMAIRE Valentin, militant communiste.

LEOSTIC Claude, membre de l’AFPS.

LE NET Camille, orthophoniste.

LE PAPE Florian, élu ville de Marseille (9/10), responsable des questions de paix au PCF des Bouches-du-Rhône.

LEROY Marc-Antoine, secrétaire de la section PCF d’Ajaccio.

LOMBARD Clara, coordinatrice du groupe local parisien de Debout!

LORENZI Antoinette, journaliste honoraire.

LOVIGHI Catherine, cadre Activités Sociales de l’Énergie.

LOŸE Marie-Dominique, militante associative.

LUC Hélène, sénatrice honoraire, militante de l’AFPS.

LUCIANI Paul-Antoine, premier adjoint au maire d’Ajaccio de 2001 à 2014, président du groupe communiste à l’Assemblée de Corse de 1992 à 2004.

MAOUDJ Danièle, poète.

MARIANI Charles, retraité de la fonction publique.

MARTELLI Roger, historien, revue Regards.

MATTEI Simon-Pierre, concepteur de jeux, militant LFI.

MC MULLAN Michael, militant pour pour une paix juste et durable au Proche-Orient.

MICHELETTI HUERTAS Ella, journaliste.

MIQUEL Pierre, secrétaire fédéral du PCF du Puy-de-Dôme, conseiller municipal de la ville de Clermont Ferrand.

MIZOULE Lucie, conseillère municipale à Clermont Ferrand et métropolitaine à Clermont Auvergne Métropole.

MONGIN Camille, secrétaire nationale de l’Union des Etudiants Communistes.

MOURY José, premier adjoint au maire de Bobigny.

MUSELLI COLONNA Pierre-Ange, salarié de La Poste, militant syndical et communiste.

NEJJARI Sofian, militant.

NORDEE Maxime, cadre retraité.

OLLANDINI Philippe, militant Inseme a Manca.

ORSONI Pierre Alexandre, photographe.

OTTAVIANO Béatrice, citoyenne.

OUZOULIAS Pierre, vice-président du sénat.

OZTORUN Ozer, secrétaire de la fédération PCF du Val de Marne.

PACCOU André, délégué corse et membre du comité national de la LDH.

PACCOU MATTEI Christine, membre du bureau de la LDH Corse.

PALDACCI Colomba, esthéticienne.

PECHON Jeanne, ancienne secrétaire nationale de l’UEC et coordinatrice nationale du MJCF.

PELETAN Marie-France, membre de Corsica Palestina.

PERRIN Jérémie, réalisateur.

PEU Stéphane, député PCF de Seine-Saint-Denis, président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée Nationale.

PICOT Julien, secrétaire de la section PCF de Nice.

PIETRI MINICONI Angelina, citoyenne.

PIERUCCI Joachim, secrétaire fédéral des Jeunes Communistes de Haute-Corse.

QUERIC Catherine conseillère départementale du Morbihan (PCF) 

RAINERO Pierre, ancien conseiller régional de Bretagne et adjoint au maire de Quimper.

RAINERO Yvonne, conseillère municipale PCF à Quimper.

RANNOU Jacques, Maire délégué de Kernevel, commune associée à Rosporden, militant PCF.

RASHMAWI Nora, retraité, ancienne chef de cabinet de la mission de Palestine en France.

RAUD Lena, coordinatrice nationale du MJCF.

REID ARBELOT Mereana, députée de Polynésie Française.

ROULET Adeline, militante communiste.

ROUSSEL FABIEN, secrétaire national du Parti Communiste Français, Maire de Saint Amand les Eaux.

SANTAMARIA Michèle, retraitée.

SANTONI Thomas, président de l’association Corsica Palestina.

SCHMITZ Jérôme, médecin.

SCHMITZ Lucas, militant communiste.

SIFFER ELSA, militante communiste.

SIMEONI Joseph, professeur agrégé d’Histoire, conseiller municipal et communautaire de Mulhouse Alsace agglomération.

SIMONETTI Joseph, retraité éducation nationale.

SITHAMMA Monique, élue à Relecq Kerhuon.

STEFANI Michel, secrétaire régional du PCF en Corse.

TARDIEU Sylviane, Maire adjointe de Clermont Ferrand.

TESSIER Nathalie, secrétaire de la section PCF du 8ème arrondissement de Marseille, conseillère municipale de la ville de Marseille.

THORONET Angela, enseignante.

TIRROLONI Michel, retraité.

TRAMONI Michel, Maire de Bilia.

TRINQUIER Robert, conseiller municipal de Jacou.

TARAN Marec, conseiller municipal de Brest, secrétaire fédéral des Jeunes Communistes du Finistère.

TORRE Jean-Yves, paysan.

TROADEC Christian, Maire de Carhaix, président de Poher Communauté, conseiller régional de Bretagne.

VARAILLAS Marie-Claude, Sénatrice de Dordogne.

VILLALBA Josefa, retraitée.

YILDIZ Umit, Conseiller municipal délégué, Sevran

ZANEGUY Gaëlle Adjointe au maire à Saint-Thégonnec et conseillère départementale du Finistère

 
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