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Mardi 29 avril de 18h à 20h30 au local du PCF Morlaix.
Mardis de l'Éducation Populaire passionnant avec Jean Golgevit et la projection du film magnifique et bouleversant de Jean Barat, "La résistante et l'enfant", sur le passé de sa mère, Eva Golgevit, résistante communiste juive d'origine polonaise de la FTP MOI qui a survécu à 18 mois d'enfer au camp d'extermination d'Auschwitz grâce à la solidarité des résistantes communistes juives françaises et à sa force intérieure, ne revenant en France que le 24 mai 1945 après avoir été arrêtée en juillet 1943 par les Brigades Spéciales des renseignements généraux avec 70 autres résistants de la FTP-MOI. Une femme d'une force et d'une joie de vivre formidables restée militante communiste toute sa vie, décédée à 104 ans en 2011, dont le film dévoile les chants français et yiddishs, et le lien très fort avec son fils Jean, enfant caché retrouvé à la libération après des années dans des familles d'accueil, amoureux de la musique, professeur de musique atypique, chef de chœur à Quimper et dans d'autres villes, qui interpréta le Canto Général à la fête de l'humanité sur la grande scène.
30 personnes ont participé à ce mardi de l'éducation populaire sur la mémoire de la seconde guerre mondiale, de la résistance et de la déportation, et un parcours singulier et exemplaire de la FTP-MOI, celui d'Eva Golgevit.
Un moment d'une grande intensité au local du PCF Morlaix. Photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont.
Guillaume Roubaud-Quashié et Côme Simien seront à Morlaix pour présenter leur livre "Haro sur les Jacobins! Essai sur un mythe politique (XVIIIe-XXIe siècle) pour une conférence-débat au local du PCF Morlaix le mardi 10 juin à Morlaix à 18h avec les Mardis de l'Éducation Populaire
"Haro sur les Jacobins" - de Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien, PUF, 240 pages, 19 euros
Les Jacobins et le jacobinisme n’en finissent pas d’occuper le débat public français, comme anathème souvent, comme étendard parfois. Ce sont pourtant des mots piégés, charriant avec eux bien des légendes qui s’ignorent. Dans l’imaginaire commun, le jacobinisme désigne une centralisation féroce. Par opposition, le girondinisme, supposé décentralisateur, est paré de toutes les vertus libérales. Jacobins, jacobinisme : ces deux termes suggèrent aussi une année, 1793, et une dicta-ture, celle du Comité de Salut public. Nous faisons ainsi retour en l’an II, entre Robespierre et la guillotine, dans la violence et l’inflexibilité d’un pouvoir central inquisiteur.
Et si les travaux des historiens avaient autre chose à nous dire ? Le jacobinisme a-t-il seulement existé ? Et qu’est-ce donc, pour commencer, que les « Jacobins » ?
Pour les retrouver tels qu’ils furent et comprendre les références polémiques dont ils ont été depuis l’objet, il faut se plonger dans un récit de luttes et de rapports de force, donnant ainsi à voir sous un angle nouveau deux siècles d’une histoire politique française toujours passionnée par la Révolution.
Il est des groupes politiques qui incarnent une idée de la politique elle-même : les Jacobins en font évidemment partie. C’est de ce « club » que les deux historiens Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien s’attellent à dépeindre le réel par-delà les stéréotypes, quitte à entreprendre une histoire de l’histoire des Jacobins. Et ils sont nombreux, à l’égard de ces révolutionnaires, les stéréotypes.
Que furent-ils vraiment, en leur temps, de 1789 à 1794 ? Et après ? À quelles fins ont-ils été utilisés, réhabilités ou incendiés par les acteurs politiques qui leur ont succédé jusqu’à nos jours, dans cette ère nouvelle dont ils frayèrent le chemin ?
Le cliché le plus ancré aujourd’hui, dans les consciences antijacobines, est bien sûr celui de la centralisation. Qui n’a pas entendu discourir, ces dernières années, contre cette maudite « centralisation jacobine » ? Au point que la formule en est presque devenue un pléonasme, l’adjectif « jacobin » suffisant à qualifier toute politique centralisatrice, voire « parisianiste ».
Les deux auteurs montrent que les clubs révolutionnaires, de 1789 à 1792, ne s’appuient pas tant sur l’opposition entre Paris et la province que sur celle entre élites bourgeoises et classes populaires, dépourvues de droits civiques. Les clubs sont incontestablement bourgeois : les parrainages et cotisations exigés pour être des leurs en témoignent. Mais si les Jacobins n’échappent pas à la règle, ils seront néanmoins les seuls, à partir de la chute de la monarchie le 10 août 1792, à rebattre les cartes et à permettre une forme de démocratisation de la Révolution.
Dès lors fleurissent dans toute la France des sociétés populaires et autres clubs affiliés aux Jacobins et comptant dans leurs rangs de plus en plus d’hommes aux origines modestes. Et ce, y compris dans de petites bourgades. C’est même là que le mouvement jacobin « se fait, sociologiquement, le plus populaire ».
À propos des multiples formes de réhabilitation au XIXe siècle, les auteurs remarquent d’ailleurs que les Jacobins sont globalement méprisés par les classes possédantes. « Quoique les Jacobins d’hier répugnent à toute idée de lutte des classes, cela n’empêche pas le développement d’un jacobinisme relu à travers une perspective de classe ou, pour le moins, une optique plébéienne. » Ainsi dans les Misérables d’Hugo, les Jacobins sont méprisés par presque tous les personnages négatifs.
Mais le « jacobinisme » a-t-il seulement existé ? Dans les faits, il n’y a aucune doctrine claire, homogène, qui leur soit collectivement attribuable. Ni en théorie ni en pratique. S’il fut dans la seconde partie du XXe siècle amalgamé au « stalinisme », c’est que le jacobinisme a servi, y compris pour une partie de la gauche mitterrandienne, de preuve définitive à l’encontre de toute velléité révolutionnaire. Un trait d’union fut tiré entre Jacobins, despotisme, terreur et révolution, donnant du grain à moudre aux conservateurs de l’ordre social en place. L’histoire continue.
Haro sur les Jacobins, de Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien, PUF, 240 pages, 19 euros
Samedi 22 mars, dès 18 h au bar des Deux Rivières à Morlaix, à l’occasion du mois de la poésie, le Théâtre de la Corniche et Eva Langlois, appuyés par l’association France Palestine solidarité (AFPS), se proposent de faire découvrir au public les textes de plusieurs écrivaines palestiniennes. Car derrière le bruit des bombes, à Gaza, il existe « une forme de résistance plus silencieuse, celle des mots que ces femmes mettent sur des maux ». Ah ! Si les mots avaient le pouvoir de faire taire les armes ! Eva l’affirme, il y a « derrière ces textes une puissance poétique rare, sans compter qu’on sent un degré d’urgence absolue derrière leur détresse ».
Ces textes sont ceux de huit poétesses, romancières, scénaristes, journalistes, qui témoignent de leur enfer quotidien. Durant près d’une heure, l’artiste dévoilera l’âme de ces femmes parfois exilées, amputées d’une patrie qu’on leur dénie, dont les textes hurlent les privations, les décombres, la mort absurde et arbitraire, l’injustice, mais aussi l’existence fière et courageuse d’un peuple millénaire que l’on veut effacer.
Participation libre. Réservation au 02 98 63 42 14, sur le répondeur ou sur à theatrelacorniche@orange.fr
Une rencontre littéraire de haut vol ce soir à la librairie Les Deferlantes animée par Lenaïg Jezequel avec le romancier palestinien de langue française Karim Kattan, auteur de "l'Eden à l'aube" chez Elysad publié cette année ainsi que, chez le même excellent éditeur, de "Préliminaires pour un verger futur" (2017), le "Palais des deux collines" , publie en poche en 2024. Un trentenaire né à Jérusalem, et ayant grandi sous occupation à Bethléem, tout en lucidité, humour, vivacité, intelligence et modestie, nous emportant dans son imaginaire métissé. Karim Kattan a également réalisé la postface de l'indispensable Que la mort m'apporte l'espoir. Poèmes de Gaza, poésies gazaouies traduites et sélectionnées par Nadia Yafi et éditées chez Libertalia/Orient XXI.
Ismaël Dupont, 21 mars 2025
Résumé de l'Eden avant l'aube, le dernier roman de Karim Kattan, aux éditions Elysa:
"Alors qu’un étrange vent de sable ensevelit le pays, deux hommes se croisent chez tante Fátima. Dans Jérusalem, ville labyrinthe, on se séduit chaque nuit en imaginant des histoires de jinns, de lions et de chevaliers.
En cette saison démoniaque, Gabriel et Isaac s’aiment, se perdent et se retrouvent, puis décident, en dépit du sable et des checkpoints, de partir en vacances… Mais n’est-ce pas un projet fou dans un pays morcelé ?
De Jérusalem à Jéricho, puis au mystérieux village où l'on oublie de mourir, jusqu'aux piscines de Salomon, c’est une aventure amoureuse, une recherche de lumière et de liberté.
Karim Kattan, auteur magicien, nous raconte de sa voix enchanteresse le ravissement de Gabriel et d’Isaac dans leur Palestine ardue, baroque et fabuleuse."
La gloire
Mon beau dragon Mon lance-flammes
Mon tueur Mon bel assassin
Ma jolie brute pour ces dames
Mon amour Mon trancheur de seins
Mon pointeur Mon incendiaire
En auras-tu assez brûlé
Des hommes-torches et violé
Des jeunes filles impubères
Broyeur de morts lanceur de feu
Rôtisseur de petits villages
Mon bel envoyé du Bon Dieu
Mon archange Mon enfant sage
Bardé de cuir casqué de fer
Fusilleur Honneur de la race
Que rien ne repousse où tu passes
Mon soldat Mon fils de l’enfer
Va dans tes bêtes mécaniques
Ecraser ceux qui sont chez eux
Va de l’Equateur aux Tropiques
Arracher le bonheur des yeux
Va mon fils va tu civilises
Et puis meurs comme à Epinal
Sur une terre jaune et grise
Où nul ne te voulait de mal
Deux poèmes inédits
Editions La Presse à Bras, 1952
Éditeur des poètes, Pierre Seghers (1906-1987) est le fondateur de la Maison de la Poésie, dont il fut le premier directeur, de 1983 à sa mort en 1987. Il créa en 1944 la célèbre collection « Poètes d'aujourd'hui » qui rendit la poésie accessible au plus grand nombre. Résistant de la première heure, il eut un rôle actif dans le combat que menèrent poètes et gens de plumes contre l'occupant, avec sa célèbre revue Poètes casqués (P.C.) puis Poésie (40, 41, 42, 43). Il est l'auteur de l'anthologie de poèmes de la Résistance La Résistance et ses poètes. Il fut proche de Louis Aragon, qu'il hébergea avec Elsa Triolet pendant l'occupation dans sa maison de Villeneuve d'Avignon, de Paul Eluard, Robert Desnos, René Char.
Seghers adhère brièvement au parti communiste à la Libération.