Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
5 mai 2025 1 05 /05 /mai /2025 06:10
La légende du rock Patti Smith invitée vedette de la fête de l'Humanité 2025 à Plessis-Paté/Bretigny sur Orge dans l'Essonne
La légende du rock Patti Smith invitée vedette de la fête de l'Humanité 2025 à Plessis-Paté/Bretigny sur Orge dans l'Essonne
La légende du rock Patti Smith invitée vedette de la fête de l'Humanité 2025 à Plessis-Paté/Bretigny sur Orge dans l'Essonne
La légende du rock Patti Smith invitée vedette de la fête de l'Humanité 2025 à Plessis-Paté/Bretigny sur Orge dans l'Essonne
Focus sur Patti Smith Quartet
Après un passage remarqué en 2012, l’icône punk rock revient à la Fête de l’Humanité, plus engagée que jamais.
Pass 3J à 60€ en prix commercial
Bon de soutien / droit d'entrée 3 jours à 45€ auprès des camarades et sections du parti communiste
Partager cet article
Repost0
30 avril 2025 3 30 /04 /avril /2025 05:38
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"
Photos d'un très beau mardi de l'éducation populaire avec Jean Golgevit avec la projection du film sur sa mère, la résistante communiste juive et déportée à Auschwitz Eva Golgevit: "La Résistante et l'enfant"

Mardi 29 avril de 18h à 20h30 au local du PCF Morlaix.

Mardis de l'Éducation Populaire passionnant avec Jean Golgevit et la projection du film magnifique et bouleversant de Jean Barat, "La résistante et l'enfant", sur le passé de sa mère, Eva Golgevit, résistante communiste juive d'origine polonaise de la FTP MOI qui a survécu à 18 mois d'enfer au camp d'extermination d'Auschwitz grâce à la solidarité des résistantes communistes juives françaises et à sa force intérieure, ne revenant en France que le 24 mai 1945 après avoir été arrêtée en juillet 1943 par les Brigades Spéciales des renseignements généraux avec 70 autres résistants de la FTP-MOI. Une femme d'une force et d'une joie de vivre formidables restée militante communiste toute sa vie, décédée à 104 ans en 2011, dont le film dévoile les chants français et yiddishs, et le lien très fort avec son fils Jean, enfant caché retrouvé à la libération après des années dans des familles d'accueil, amoureux de la musique, professeur de musique atypique, chef de chœur à Quimper et dans d'autres villes, qui interpréta le Canto Général à la fête de l'humanité sur la grande scène. 

30 personnes ont participé à ce mardi de l'éducation populaire sur la mémoire de la seconde guerre mondiale, de la résistance et de la déportation, et un parcours singulier et exemplaire de la FTP-MOI, celui d'Eva Golgevit.

Un moment d'une grande intensité au local du PCF Morlaix. Photos Pierre-Yvon Boisnard et Ismaël Dupont.

Partager cet article
Repost0
27 avril 2025 7 27 /04 /avril /2025 19:25
Eva Golgevit - La résistante et l'enfant - Mardi de l'éducation populaire le 29 avril à 18h, Ciné-conférence avec Jean Golgevit au local du PCF Morlaix
[MARDIS DE L'ÉDUCATION POPULAIRE]
 
Découvrez LA RÉSISTANTE ET L’ENFANT, le film documentaire de Jean Barat sur Eva Golgevit.
Une projection - conférence animée par son fils Jean Golgevit.
Un Mardi de l'éducation populaire vibrant, touchant, essentiel, plus que jamais ouvert à toutes et tous, et comme toujours gratuit.
 
La résistante, c’est Eva Golgevit, du groupe Solidarité de la section juive de la M.O.I (Main-d’œuvre Immigrée), mouvement de résistance communiste - l’enfant, c’est Jean*, son fils qu’elle cache après avoir réchappé à la Rafle du Vel d’Hiv. Pilier de la Chorale populaire juive, la poésie et le chant étaient pour Eva Golgevit l’expression de sa lutte contre la barbarie et de l’espoir dans un monde meilleur. À Auschwitz, elle chantait pour ses camarades. Ce film entrecroise le témoignage #lmé dans les années 2000 d’Eva qui livre un récit passionnant sur l’avant-guerre de Varsovie à Paris, la résistance, son arrestation, Auschwitz, le Block 10, Birkenau… avec celui de son fils, Jean, qui raconte aujourd’hui, la séparation, sa survie, les retrouvailles et un lien indéfectible qui l’unissait à sa mère : le chant yiddish. Un dialogue posthume émouvant sur la transmission entre une mère résistante et son fils, enfant caché - deux survivants qui nous délivrent un message d’amour et de résilience.
 
Mardi 29 avril, 18h.
 
au local du PCF Morlaix, 2 petite rue de Callac. 
 
Mardi de l'éducation populaire ouvert à toutes et tous, entrée gratuite
Partager cet article
Repost0
25 avril 2025 5 25 /04 /avril /2025 04:36
Haro sur les Jacobins! Essai sur un mythe politique (XVIIIe-XXIe siècle) - Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien retracent l’histoire méconnue des fers de lance de la Révolution

Guillaume Roubaud-Quashié et  Côme Simien seront à Morlaix pour présenter leur livre "Haro sur les Jacobins! Essai sur un mythe politique (XVIIIe-XXIe siècle) pour une conférence-débat au local du PCF Morlaix le mardi 10 juin à Morlaix à 18h avec les Mardis de l'Éducation Populaire

"Haro sur les Jacobins" - de Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien, PUF, 240 pages, 19 euros

Les Jacobins et le jacobinisme n’en finissent pas d’occuper le débat public français, comme anathème souvent, comme étendard parfois. Ce sont pourtant des mots piégés, charriant avec eux bien des légendes qui s’ignorent. Dans l’imaginaire commun, le jacobinisme désigne une centralisation féroce. Par opposition, le girondinisme, supposé décentralisateur, est paré de toutes les vertus libérales. Jacobins, jacobinisme : ces deux termes suggèrent aussi une année, 1793, et une dicta-ture, celle du Comité de Salut public. Nous faisons ainsi retour en l’an II, entre Robespierre et la guillotine, dans la violence et l’inflexibilité d’un pouvoir central inquisiteur.

Et si les travaux des historiens avaient autre chose à nous dire ? Le jacobinisme a-t-il seulement existé ? Et qu’est-ce donc, pour commencer, que les « Jacobins » ?

Pour les retrouver tels qu’ils furent et comprendre les références polémiques dont ils ont été depuis l’objet, il faut se plonger dans un récit de luttes et de rapports de force, donnant ainsi à voir sous un angle nouveau deux siècles d’une histoire politique française toujours passionnée par la Révolution.

Haro sur les Jacobins! Essai sur un mythe politique (XVIIIe-XXIe siècle) - Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien retracent l’histoire méconnue des fers de lance de la Révolution
 
« Haro sur les Jacobins » : Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien retracent l’histoire méconnue des fers de lance de la Révolution
 
Retraçant l’histoire de ces citoyens connus de tous mais trop souvent stéréotypés, Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien livrent un morceau de réel qui remet la révolution sur ses pieds.
 
Eric Payonne - L'Humanité , 19 mars 2025
 

Il est des groupes politiques qui incarnent une idée de la politique elle-même : les Jacobins en font évidemment partie. C’est de ce « club » que les deux historiens Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien s’attellent à dépeindre le réel par-delà les stéréotypes, quitte à entreprendre une histoire de l’histoire des Jacobins. Et ils sont nombreux, à l’égard de ces révolutionnaires, les stéréotypes.

Que furent-ils vraiment, en leur temps, de 1789 à 1794 ? Et après ? À quelles fins ont-ils été utilisés, réhabilités ou incendiés par les acteurs politiques qui leur ont succédé jusqu’à nos jours, dans cette ère nouvelle dont ils frayèrent le chemin ?

Le cliché le plus ancré aujourd’hui, dans les consciences antijacobines, est bien sûr celui de la centralisation. Qui n’a pas entendu discourir, ces dernières années, contre cette maudite « centralisation jacobine » ? Au point que la formule en est presque devenue un pléonasme, l’adjectif « jacobin » suffisant à qualifier toute politique centralisatrice, voire « parisianiste ».

Les Jacobins, les seuls à permettre une forme de démocratisation de la Révolution

Les deux auteurs montrent que les clubs révolutionnaires, de 1789 à 1792, ne s’appuient pas tant sur l’opposition entre Paris et la province que sur celle entre élites bourgeoises et classes populaires, dépourvues de droits civiques. Les clubs sont incontestablement bourgeois : les parrainages et cotisations exigés pour être des leurs en témoignent. Mais si les Jacobins n’échappent pas à la règle, ils seront néanmoins les seuls, à partir de la chute de la monarchie le 10 août 1792, à rebattre les cartes et à permettre une forme de démocratisation de la Révolution.

Dès lors fleurissent dans toute la France des sociétés populaires et autres clubs affiliés aux Jacobins et comptant dans leurs rangs de plus en plus d’hommes aux origines modestes. Et ce, y compris dans de petites bourgades. C’est même là que le mouvement jacobin « se fait, sociologiquement, le plus populaire ».

À propos des multiples formes de réhabilitation au XIXe siècle, les auteurs remarquent d’ailleurs que les Jacobins sont globalement méprisés par les classes possédantes. « Quoique les Jacobins d’hier répugnent à toute idée de lutte des classes, cela n’empêche pas le développement d’un jacobinisme relu à travers une perspective de classe ou, pour le moins, une optique plébéienne. » Ainsi dans les Misérables d’Hugo, les Jacobins sont méprisés par presque tous les personnages négatifs.

Mais le « jacobinisme » a-t-il seulement existé ? Dans les faits, il n’y a aucune doctrine claire, homogène, qui leur soit collectivement attribuable. Ni en théorie ni en pratique. S’il fut dans la seconde partie du XXe siècle amalgamé au « stalinisme », c’est que le jacobinisme a servi, y compris pour une partie de la gauche mitterrandienne, de preuve définitive à l’encontre de toute velléité révolutionnaire. Un trait d’union fut tiré entre Jacobins, despotisme, terreur et révolution, donnant du grain à moudre aux conservateurs de l’ordre social en place. L’histoire continue.

Haro sur les Jacobins, de Guillaume Roubaud-Quashie et Côme Simien, PUF, 240 pages, 19 euros

Partager cet article
Repost0
9 avril 2025 3 09 /04 /avril /2025 06:34
Concert dimanche 13 au Cloître. Les bénéfices du concert seront reversés à l’EDMA qui accueille les mineurs isolés.

Concert dimanche 13 au Cloître. Les bénéfices du concert seront reversés à l’EDMA qui accueille les mineurs isolés.

Partager cet article
Repost0
22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:24
Poésie en Palestine au Bar des deux Rivières ce samedi 22 mars avec Eva Langlois et le Théâtre de la Corniche

Samedi 22 mars, dès 18 h au bar des Deux Rivières à Morlaix, à l’occasion du mois de la poésie, le Théâtre de la Corniche et Eva Langlois, appuyés par l’association France Palestine solidarité (AFPS), se proposent de faire découvrir au public les textes de plusieurs écrivaines palestiniennes. Car derrière le bruit des bombes, à Gaza, il existe « une forme de résistance plus silencieuse, celle des mots que ces femmes mettent sur des maux ». Ah ! Si les mots avaient le pouvoir de faire taire les armes ! Eva l’affirme, il y a « derrière ces textes une puissance poétique rare, sans compter qu’on sent un degré d’urgence absolue derrière leur détresse ».

L’âme de ces femmes parfois exilées

Ces textes sont ceux de huit poétesses, romancières, scénaristes, journalistes, qui témoignent de leur enfer quotidien. Durant près d’une heure, l’artiste dévoilera l’âme de ces femmes parfois exilées, amputées d’une patrie qu’on leur dénie, dont les textes hurlent les privations, les décombres, la mort absurde et arbitraire, l’injustice, mais aussi l’existence fière et courageuse d’un peuple millénaire que l’on veut effacer.

Pratique

Participation libre. Réservation au 02 98 63 42 14, sur le répondeur ou sur à theatrelacorniche@orange.fr

Poésie en Palestine au Bar des deux Rivières ce samedi 22 mars avec Eva Langlois et le Théâtre de la Corniche
Partager cet article
Repost0
22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:14
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan

Une rencontre littéraire de haut vol ce soir à la librairie Les Deferlantes animée par Lenaïg Jezequel avec le romancier palestinien de langue française Karim Kattan, auteur de "l'Eden à l'aube" chez Elysad publié cette année ainsi que, chez le même excellent éditeur, de "Préliminaires pour un verger futur" (2017), le "Palais des deux collines" , publie en poche en 2024. Un trentenaire né à Jérusalem, et ayant grandi sous occupation à Bethléem, tout en lucidité, humour, vivacité, intelligence et modestie, nous emportant dans son imaginaire métissé. Karim Kattan a également réalisé la postface de l'indispensable Que la mort m'apporte l'espoir. Poèmes de Gaza, poésies gazaouies traduites et sélectionnées par Nadia Yafi et éditées chez Libertalia/Orient XXI.

Ismaël Dupont, 21 mars 2025

Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan

Résumé de l'Eden avant l'aube, le dernier roman de Karim Kattan, aux éditions Elysa: 

"Alors qu’un étrange vent de sable ensevelit le pays, deux hommes se croisent chez tante Fátima. Dans Jérusalem, ville labyrinthe, on se séduit chaque nuit en imaginant des histoires de jinns, de lions et de chevaliers.
En cette saison démoniaque, Gabriel et Isaac s’aiment, se perdent et se retrouvent, puis décident, en dépit du sable et des checkpoints, de partir en vacances… Mais n’est-ce pas un projet fou dans un pays morcelé ?
De Jérusalem à Jéricho, puis au mystérieux village où l'on oublie de mourir, jusqu'aux piscines de Salomon, c’est une aventure amoureuse, une recherche de lumière et de liberté.
Karim Kattan, auteur magicien, nous raconte de sa voix enchanteresse le ravissement de Gabriel et d’Isaac dans leur Palestine ardue, baroque et fabuleuse."

Partager cet article
Repost0
17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 07:40
Histoires d'Algérie: L'histoire d'un poème anticolonialiste de 1952 de Kateb Yacine: Le fourgon cellulaire
Histoires d'Algérie: 
 
L'histoire d'un poème anticolonialiste de 1952 de Kateb Yacine
Le fourgon cellulaire
 
Bienheureux soit ce printemps d'orage
Qui fermera ton poing sur le pavé d'Houriya
Tu jouais pensive à l'ombre de la prison
Quand la brute tira son arme
Et ne sut dans quelle poitrine
Poursuivre son appel obstiné
Libérez les patriotes
Qui sinon toi
Patrie au cercueil décloué
Qui souffle aux lèvres de Lucie en veste rouge
Le cri de Houriya emmurée
Debout au passage des héros!
Dans le fourgon obscur
Les assassins ont cru dissimuler nos chaînes
Ils ont cru t'enterrer toute vive Houriya
Mais ce deuil n'est pas le nôtre
Les vrais captifs de ce fourgon funèbre
Ce sont les oppresseurs
Par notre union mis en bière
Bienheureux soit ce printemps d'orage
 
Lucette Larribère Hadj Ali alors militante du Parti communiste algérien, comme son père (docteur à Oran pratiquant les accouchements sans douleurs) et ses sœurs, raconte dans ses mémoires (Itinéraire d'une militante algérienne aux éditions du Tell, 2011):
 
"Je me souviens aussi, en avril 1952, le parti organisa une manifestation sur la petite place en face de la prison Serkadji (Barberousse alors) dans la Haute-Casbah, pour saluer et soutenir les militants nationalistes de l'OS (Organisation spéciale) au moment où dans leurs fourgons, ils réintégraient la prison au retour du Palais de justice. A "Alger républicain", nous fûmes nombreux à aller y participer. La police accourut aussitôt, arrêtant de nombreux militants et se jetant sur les enfants qui avaient envahi la place. Je me lançai alors en hurlant pour protéger les gosses et arrêtée, je fus "jetée" dans le commissariat.
Le lendemain, rue d'Isly, une femme, voilée en haïk blanc, m'arrêta et m'embrassa, m'expliquant qu'elle m'avait vu la veille sur la place, du haut de son balcon, et qu'elle m'avait reconnue car je portais en effet "la même veste rouge". Kateb Yacine, qui avait participé à cette manifestation, écrivit ensuite un poème: "Le fourgon cellulaire".
 
***
Lucette Larribère, dite Lucie, est née à Oran en 1920. Et morte à 94 ans le 26 mai 2014 à La Seyne-sur-Mer (Var). Fille du célèbre docteur des quartiers pauvres d'Oran Jean-Marie Larribère, communiste après guerre, et d'une maire institutrice, elle fut géographe, puis journaliste à Liberté (PCA) puis à Alger Républicain ; directrice de Femmes d’Algérie et présidente de l’Union démocratique des femmes ; membre du Comité central du PCA ; épouse en secondes noces du dirigeant communiste Bachir Hadj Ali ; clandestine depuis 1955 jusqu’à l’indépendance, agent de liaison et secrétaire du PCA interdit. Pendant la guerre, elle rencontre un dessinateur au service topographique, Robert Manaranche qui est né et a grandi en milieu petit-blanc colonial, se réclamant certes de la Commune de Paris mais empreint de racisme anti-arabe. Ils se marient en 1943 et auront deux garçons. Par anti-racisme, son mari devient communiste en 1945 sous l’impulsion de sa femme et de ses amis Henri Alleg et David Cohen. Communiste de famille et d’instruction, devenue journaliste, Lucette Larribère collabore d’abord au quotidien du PCA Liberté ; elle doit interrompre un an pour raison de santé ; à son retour, le PC lui confie la direction de Femmes d’Algérie, le périodique de l’Union démocratique des femmes.
En 1946, elle succède à Lise Oculi, morte du typhus, à la tête de cette Union démocratique des femmes. Le PCA est revenu sur sa dénonciation des nationalistes du PPA accusés de faire le jeu du nazisme en 1945 en suscitant un complot qui, à travers la campagne des AML (Amis du manifeste et de la Liberté), a conduit aux manifestations du 8 Mai 1945 suivies de la terrible répression et des massacres. Le PCA relance la demande d’un Front démocratique algérien ; l’Union des femmes participe à cette ouverture. À Oran en particulier, compensant des abandons de femmes européennes, l’Union des femmes gagnent des femmes algériennes ; la présidence régionale est assurée par une algérienne, Abassia Fodhil*, femme de dirigeant du PCA, et qui entre elle-même au comité central.
La ligne devient plus combative et Lucette Larribère retrouve plus foncièrement pied quand, avec la guerre froide, à partir de l’été 1947, la solidarité se porte au soutien des grèves et des femmes de grévistes, au port d’Oran et au port minier de Beni-Saf. Les grèves de 1951 et 1953 se doublent de grèves des ouvriers agricoles du vignoble oranais. Dans cet affrontement classe contre classe, les femmes de l’Union démocratique sont aussi au premier rang des manifestations contre l’impérialisme américain. Lucette Larribère a encore renforcé ses convictions acquises au marxisme soviétique d’enseignement stalinien en suivant, en 1949, l’école de formation des cadres communistes pour l’Afrique du Nord. Elle entre au comité central du PCA.
Depuis 1947, elle est proche de Bachir Hadj Ali qui devient en 1949 secrétaire du PCA et membre du Bureau politique. Ils travaillent souvent dans le même bureau ; cet homme rayonne comme poète du parti, poète et connaisseur de musique andalouse ; il écoute les leçons d’histoire de son amie et romance en une geste ininterrompue une suite glorieuse d’histoire de l’Algérie faite de Résistance. Attentif à l’évolution intellectuelle, il est un des nouveaux dirigeants communistes qui veut réussir l’algérianisation du PCA. Ils sont nés le même jour mais lui en 1921 et elle en 1920 ; aussi est-ce rituellement Lucie Larribère (Manaranche) qui est chargée de lui porter le bouquet d’anniversaire. Ils manifestent ensemble ; ils sont arrêtés ensemble en délégation devant la prison de Barberousse, et Yacine Kateb célèbre « Lucie à la veste rouge ». Bref, ils se marient devant le cadi après l’indépendance. Bachir Hadj Ali a quatre enfants de son premier mariage.
« En 1952, le Parti m’a demandé d’aller travailler comme permanente au journal Alger Républicain où j’étais responsable de l’équipe de jour, celle qui relate tout ce qui se passe dans une journée, jusqu’à la saisie du journal en 1955 ». À cette date Bachir Hadj Ali est déjà clandestin, à la tête même de la direction clandestine du PCA avec Sadek Hadjerès. Cette direction va préparer la mise en place d’un maquis communiste après le détournement d’armes d’Henri Maillot (avril 1956) et conduire des négociations avec la direction du FLN à Alger qui ne pourront que concéder le ralliement individuel des communistes aux maquis de l’ALN.
Libre encore de ses mouvements, ayant son logement propre à Alger, Lucie Manaranche, pour la légalité française, sert de secrétaire et d’agent de liaison. Après un passage à Oran, elle revient en clandestinité à Alger en septembre 1956. Robert Manaranche est arrêté ; les enfants recueillis à Oran. Lucette Larribère échappe aux arrestations ; elle est aux côtés des dirigeants Bachir Hadj Ali et Sadek Hadjerès qu’assiste Élyette Loup, aidant à la sortie des tracts et publications et à des transports de matériel et de personnes ; elle passe de cache en cache mettant souvent à contribution des catholiques progressistes. Malgré l’OAS, elle revient au jour en 1962.
(Source Maitron, René Gallissot)
***
Kateb Yacine
Kateb Yacine naît en 1929 à Constantine.
Il est issu d'une famille chaouie originaire des Aurès. Son grand-père maternel est juge suppléant du cadi, à Condé Smendou, son père est avocat et sa famille le suit dans ses mutations successives.
Le jeune Kateb (nom qui signifie « écrivain» en arabe) entre en 1934 à l'école coranique de Sedrata, et en 1935 à l'école française à Lafayette (aujourd'hui Bougaa en Petite Kabylie, actuelle wilaya de Sétif), où sa famille s'est installée, puis en 1941, comme interne, au lycée de Sétif : le lycée Albertini.
Kateb Yacine se trouve en classe de troisième quand éclatent les manifestations du 8 mai 1945, auxquelles il participe et qui s'achèvent sur le massacre de plusieurs dizaines de milliers d'Algériens par la police, l'armée françaises et des milices.
Quatorze membres de sa famille sont tués au cours du massacre. Trois jours plus tard, il est arrêté et détenu durant deux mois. Il est définitivement acquis à la cause nationale, tandis qu'il voit sa mère « devenir folle ».
Il dira: «Je suis né quand j’avais seize ans, le 8 mai 1945. Puis, je fus tué fictivement, les yeux ouverts, auprès de vrais cadavres et loin de ma mère qui s’est enfuie pour se cacher, sans retour, dans une cellule d’hôpital psychiatrique. Elle vivait dans une parenthèse, qui, jamais plus, ne s’ouvrira. Ma mère, lumière voilée, perdue dans l’infini de son silence»
Exclu du lycée, traversant une période d'abattement, plongé dans Baudelaire et Lautréamont, son père l'envoie au lycée de Bône.
Il y rencontre Nedjma (l'étoile), « cousine déjà mariée », avec qui il vit « peut-être huit mois », confiera-t-il,et y publie en 1946 son premier recueil de poèmes.
Il se politise et commence à faire des conférences sous l'égide du Parti du peuple algérien, le parti nationaliste de masse de l'époque.
En 1947, Kateb arrive à Paris, « dans la gueule du loup ». Il prononce en mai, à la Salle des Sociétés savantes, une conférence sur l'émir Abdelkader et adhère au Parti communiste algérien.
Au cours d'un deuxième voyage en France métropolitaine, il publie l'année suivante Nedjma ou le Poème ou le Couteau (« embryon de ce qui allait suivre ») dans la revue Le Mercure de France.
Journaliste au quotidien communiste de rassemblement "Alger républicain" entre 1949 et 1951, son premier grand reportage a lieu en Arabie saoudite et au Soudan (Khartoum).
À son retour, il publie notamment, sous le pseudonyme de Saïd Lamri, un article dénonçant l'« escroquerie » du lieu saint de La Mecque.
Après la mort de son père, survenue en 1950, Kateb devient docker à Alger, en 1952. Puis il s'installe à Paris jusqu'en 1959, où il travaille avec Malek Haddad, se lie avec M'hamed Issiakhem, Armand Gatti et, en 1954, s'entretient longuement avec Bertolt Brecht, dialogue avec Cesaire, Glissant.
En 1954, la revue Esprit publie « Le Cadavre encerclé » qui est mis en scène par Jean-Marie Serreau, mais interdit en France.
Son chef d’œuvre, Nedjma paraît en 1957 (et Kateb se souviendra de la réflexion d'un lecteur : « C'est trop compliqué, ça. En Algérie vous avez de si jolis moutons, pourquoi vous ne parlez pas de moutons ? »).
Nedjma, c’est à la fois la femme et l’Algérie, l’incarnation de la résistance à toutes les oppressions. Nedjma lui confère une place singulière dans la littérature, le propulse au premier rang, le consacre comme l’écrivain de la littérature moderne algérienne. Avant lui, Mammeri, Feraoun, ­Mohamed Dib, Malek Haddad avaient entrouvert la porte. Kateb la pousse définitivement.
Et la figure de Nedjma fera des apparitions récurrentes dans son œuvre, fantôme incarné qui franchit le temps et l’espace, toujours là avec, à ses côtés, ­Lakhdar et Mohamed.
En 1958, le metteur en scène et ami Jean-Marie Serreau monte le Cadavre encerclé, de Kateb. Cela fait quatre ans que l’Algérie est le théâtre d’une guerre sans nom. Les autorités françaises interdisent la pièce. Elle se jouera au Théâtre Molière, à Bruxelles, dans un climat de grande tension. Dans la distribution, Serreau, mais aussi José Valverde, Edwine Moatti, Paul Crauchet ou encore Antoine Vitez.
Durant la guerre d'Algérie, Kateb, harcelé par la Direction de la surveillance du territoire, connaît une longue errance, invité comme écrivain ou subsistant à l'aide d'éventuels petits métiers, en France, Belgique, Allemagne, Italie, Yougoslavie et Union soviétique.
En 1962, après un séjour au Caire, Kateb est de retour en Algérie peu après les fêtes de l'Indépendance.
Il reprend sa collaboration à "Alger républicain", mais il effectue entre 1963 et 1967 de nombreux séjours à Moscou, en Allemagne et en France tandis que "La Femme sauvage", qu'il écrit entre 1954 et 1959, est représentée à Paris en 1963.
Il publie en 1964 dans "Alger républicain" six textes sur "Nos frères les Indiens" et raconte dans Jeune Afrique sa rencontre avec Jean-Paul Sartre, tandis que sa mère est internée à l'hôpital psychiatrique de Blida (« La Rose de Blida », dans Révolution Africaine, juillet 1965). En 1967, il part pour le Vietnam, abandonne complètement la forme romanesque et écrit "L'Homme aux sandales de caoutchouc".
Lorsqu’il décide de rester plus durablement en Algérie, en 1970, il abandonne l’écriture en français et se lance dans une expérience théâtrale en langue dialectale dont Mohamed, prends ta valise, sa pièce culte, donnera le ton. Fondateur de l’Action culturelle des travailleurs (ACT), il joue dans les lieux les plus reculés et improbables, usines, casernes, hangars, stades, places publiques... avec des moyens très simples et minimalistes — les comédiens s’habillent sur scène et interprètent plusieurs personnages —, le chant et la musique constituant des éléments de rythme et de respiration.
« Lorsque j’écrivais des romans ou de la poésie, je me sentais frustré parce que je ne pouvais toucher que quelques dizaines de milliers de francophones, tandis qu’au théâtre nous avons touché en cinq ans près d’un million de spectateurs. (...) Je suis contre l’idée d’arriver en Algérie par l’arabe classique parce que ce n’est pas la langue du peuple ; je veux pouvoir m’adresser au peuple tout entier, même s’il n’est pas lettré, je veux avoir accès au grand public, pas seulement les jeunes, et le grand public comprend les analphabètes. Il faut faire une véritable révolution culturelle. »
L’engagement politique de Kateb détermina fondamentalement ses choix esthétiques : « Notre théâtre est un théâtre de combat ; dans la lutte des classes, on ne choisit pas son arme. Le théâtre est la nôtre. Il ne peut pas être discours, nous vivons devant le peuple ce qu’il a vécu, nous brassons mille expériences en une seule, nous poussons plus loin et c’est tout. Nous sommes des apprentis de la vie . » Pour lui, seule la poésie peut en rendre compte ; elle est le centre de toutes choses, il la juge « vraiment essentielle dans l’expression de l’homme ». Avec ses images et ses symboles, elle ouvre une autre dimension. « Ce n’est plus l’abstraction désespérante d’une poésie repliée sur elle-même, réduite à l’impuissance, mais tout à fait le contraire (...). J’ai en tous les cas confiance dans [son] pouvoir explosif, autant que dans les moyens conscients du théâtre, du langage contrôlé, bien manié »
Un « pouvoir explosif » qu’il utilisera dans "Le Cadavre encerclé", où la journée meurtrière du 8 mai 1945, avec le saccage des trois villes de l’Est algérien, Guelma, Kherrata et Sétif, par les forces coloniales, est au cœur du récit faisant le lien entre histoire personnelle et collective.
Kateb Yacine a fait le procès de la colonisation, du néocolonialisme mais aussi de la dictature post-indépendance qui n’a cessé de spolier le peuple. Dénonçant violemment le fanatisme arabo-islamiste, il luttait sur tous les fronts et disait qu’il fallait «révolutionner la révolution ».
S’il considérait le français comme un « butin de guerre », il s’est aussi élevé contre la politique d’arabisation et revendiquait l’arabe dialectal et le tamazight (berbère) comme langues nationales. Surnommant les islamo-conservateurs les « Frères monuments », il appelait à l’émancipation des femmes, pour lui actrices et porteuses de l’histoire : « La question des femmes algériennes dans l’histoire m’a toujours frappé. Depuis mon plus jeune âge, elle m’a semblé primordiale. Tout ce que j’ai vécu, tout ce que j’ai fait jusqu’à présent a toujours eu pour source première ma mère (...). S’agissant notamment de la langue, s’agissant de l’éveil d’une conscience, c’est la mère qui fait prononcer les premiers mots à l’enfant, c’est elle qui construit son monde »
L’éventail et la radicalité de sa critique lui ont valu autant de passions que d’inimitiés.
En 1986 il livre un extrait d'une pièce sur Nelson Mandela, et reçoit en 1987 en France le Grand prix national des Lettres.
Dans la perspective du bicentenaire de la Révolution française, on lui commande une pièce. Il écrit le Bourgeois sans-culotte ou le Spectre du parc Monceau. Elle est jouée en 1984 à Arras, puis en 1988 au Festival d’Avignon. Il faut lire et relire cette pièce. C’est une sorte de grand embrasement révolutionnaire de 1789 aux luttes pour l’indépendance. Les terroristes – tels que les qualifiaient les royalistes, les pétainistes et les nazis, les défenseurs de l’Empire colonial français – sont des révolutionnaires. Kateb prend le contre-pied des thèses en vogue d’un Furet, qui s’acharne à détruire la figure de Robespierre. Pour lui, les révolutionnaires de 1789 sont les ancêtres des indépendantistes algériens : « Le préfet de police Papon achève l’œuvre de La Fayette. À Charonne comme au Champ-de-Mars, la police française a tué des Français. (…) Cinq cent mille Parisiens ont assisté à l’enterrement des neuf morts de Charonne. La France de la Révolution vient de se reconnaître dans l’Algérie indépendante. »
« Notre théâtre, confiait-il en 1975 à Colette Godard dans le Monde, est de combat. (…) Nous défendons, nous attaquons, c’est une forme d’action politique dans la ligne de la Révolution.(…) Nous ne faisons peut-être pas du théâtre, mais nous créons le débat idéologique sans lequel toute révolution n’est qu’un exercice militaire. » Kateb ne cède rien, ni aux sirènes de la gloire, ni au confort d’une reconnaissance réelle, ni au public qu’il bouscule dans ses retranchements : « Il faut le harceler, ne pas le laisser reprendre son souffle. Le vrai théâtre est un combat pour le public et contre lui », dira-t-il.
Son théâtre est aussi subversif par sa langue : indisciplinée, rugueuse, joyeuse. Le lire et le relire aujourd’hui est à la fois vertigineux et salutaire. Comme un Gatti, un Benedetto, ses écrits sont à redécouvrir. Il serait temps de retourner à ces création denses, d’oser les remettre sur le métier. À Paris, un square dans le 13e arrondissement porte son nom. À Grenoble, une bibliothèque. Le théâtre de Tizi Ouzou. C’est peu au regard de l’immensité de son talent, de son engagement. On ne connaît pas la date de naissance exacte de Kateb Yacine. On est sûr qu’il est mort le 28 octobre 1989. Laissant une œuvre inachevée qui respire encore…
Il est enterré au cimetière d'Al Alia à Alger.
 
Source: Wikipedia, article de Marina Da Silva dans Le Monde Diplomatique, article de Marie-José Sirach dans L'Humanité
 
Partager cet article
Repost0
16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 07:45
Pierre Seghers (1906-1987)

Pierre Seghers (1906-1987)

 

La gloire

Mon beau dragon Mon lance-flammes

Mon tueur Mon bel assassin

Ma jolie brute pour ces dames

Mon amour Mon trancheur de seins

Mon pointeur Mon incendiaire

En auras-tu assez brûlé

Des hommes-torches et violé

Des jeunes filles impubères

 

Broyeur de morts lanceur de feu

Rôtisseur de petits villages

Mon bel envoyé du Bon Dieu

Mon archange Mon enfant sage

Bardé de cuir casqué de fer

Fusilleur Honneur de la race

Que rien ne repousse où tu passes

Mon soldat Mon fils de l’enfer

 

Va dans tes bêtes mécaniques

Ecraser ceux qui sont chez eux

Va de l’Equateur aux Tropiques

Arracher le bonheur des yeux

Va mon fils va tu civilises

Et puis meurs comme à Epinal

Sur une terre jaune et grise

Où nul ne te voulait de mal

 

Deux poèmes inédits

Editions La Presse à Bras, 1952

 

Éditeur des poètes, Pierre Seghers (1906-1987) est le fondateur de la Maison de la Poésie, dont il fut le premier directeur, de 1983 à sa mort en 1987. Il créa en 1944 la célèbre collection «  Poètes d'aujourd'hui » qui rendit la poésie accessible au plus grand nombre. Résistant de la première heure, il eut un rôle actif dans le combat que menèrent poètes et gens de plumes contre l'occupant, avec sa célèbre revue Poètes casqués (P.C.) puis Poésie (40, 41, 42, 43). Il est l'auteur de l'anthologie de poèmes de la Résistance La Résistance et ses poètes. Il fut proche de Louis Aragon, qu'il hébergea avec Elsa Triolet pendant l'occupation dans sa maison de Villeneuve d'Avignon, de Paul Eluard, Robert Desnos, René Char.

Seghers adhère brièvement au parti communiste à la Libération.

Partager cet article
Repost0
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 07:07
Appartenir de Anna Ayanoglou, Castor Astral, 2024, 14€

Appartenir de Anna Ayanoglou, Castor Astral, 2024, 14€

Dédiée à "Appartenir" de Anna Ayanoglou, cette introduction subjective à lire sa poésie...
 
A part tenir... par la poésie, l'amour, le voyage, retrouver ses racines, le nom et le pays du père, non loin de l’Épire et de Thessalonique, de retour en retour initiatique. Entre la Vendée et la Grèce, l'Atlantique et la Méditerranée, Paris et Moscou, une poétesse de vingt ans sort de sa chrysalide. 
 
Tout se boucle, s'enroule et se dévoile progressivement... 
 
Dans ce recueil de poème intime, somptueux et profond, un fil narratif nous fait cheminer d'une IVG à une grand-mère grecque morte en couche en donnant naissance au père, de l'arrachement à la maison de la mère à la maladie et au décès du père, de la découverte de soi dans l'autre à la découverte de l'autre en soi.
 
Anna Ayanoglou sera présente à la librairie Les Déferlantes ce samedi 8 mars, avec la poétesse  Héloïse Brézillon pour le Printemps des Poètes, l'anniversaire des quatre ans de la librairie, et la journée internationale pour le droit des femmes.
 
Les mots qui comptent ici sont entre guillemets et ce sont ceux de la poètesse Anna Ayanoglou:
 
"Appartenir"
 
En cheminant avec Anna Ayanoglou…
Appartenir. Sujet/ objet d’illusion ?
 
« la fierté creuse
et sans mérite de l’appartenance - »
À quoi ? A la poésie, au voyage ?
 
Là où….
« Dans la parole, je jouis d’un territoire immense
- parce que parole dit création »
 
Là où…
« le règne
du temps rêvé – le temps vécu redevenait
matière brute à son usage. »
 
Cas d’école : c’est si beau, ces bals, quand... :
 
« Entre deux cols, derrière les gros camions
aux plaques balkaniques, le regard
portant loin – air cru, pur, des montagnes
- les rêveries se répandaient
d’instinct – cette douceur diffuse
comme un lainage l’hiver exposé au soleil. »
 
… le soleil grec ? Le froid, l’humidité, aussi bien …
 
« Que pensais-tu, à cette heure-là, trouver
dans les rues de Ioannina ?
Elles sont à ces trois déités :
la nuit, l’humidité, le froid. »
 
La Grèce intérieure a la vérité du kitsch :
 
« Combien de restaurants-salles à manger
toile cirée à carreaux rouges
chaises de poids et barre aux pieds »
 
D’où se détachent les yeux verts d’un serveur « page et berger » que l’on ne trouve guère en Vendée:
 
La Grèce des frontières qui la nuit "pérégrine" absorbe et "recrache" dans la fascination des phares des voitures et des lumières de la ville…
 
« Thessalonique m’avait ravie et recrachée ».
Est-ce faute de chercher le grec dans le russe ?
« Le russe, je l’ai pris sans raison
apparente, sans qu’on ne se doive rien » ?
 
Communauté d'alphabet cyrillique ?
 
« - ici, l’Histoire nous justifie »
 
Paraît-il…
S’appartenir ou se perdre, comment se retrouver sous les symptômes ?
 
« Un dégoût comme le brouillard
- pas l’envie de vomir – comme si l’odeur
et l’âme s’étaient fondues en un – et l’âme
justement – l’âme le jour je l’enterre
sous des tâches manuelles, répétition
et la nuit elle revient »
 
Heures fatidiques et dangereuses où il est question de perdre… Une promesse d’enfant, de famille, une maison de famille -
 
« violée, dehors
- drame bourgeois, pourquoi s’étendre »
 
Au seuil d’une opération délicate, entre la langue du pays perdu, le grec (le nouveau qui est aussi l’ancien) :
 
« Comme c’est étrange
avec lui
que je l’ai retrouvée
ici
qu’elle m’ait bercée
au seuil du non
au poids de la lignée »
Sacrifier à l’énigme d’une vocation demande t-il du courage ? Pas plus que d’épouser son destin ?
 
« Résolutions
Les termes de l’équation amour+famille+travail = 1
la création les asservit
(…)
Autour ils disent : « mais quel courage (avec
deux a, parfois) de faire ces sacrifices ! »
Étrange notion que le courage – variable
infiniment variable : A fait un choix que B et C
jugent dérisoirement accablant
Les choix de B, C, D, E, F mèneraient A
au fond du puits
Adulte je sacrifie la création d’une famille
Je sacrifie mes aptitudes à un travail prestigieux
Je garde, tant que la chance veut – l’amour
infini, le désir de comprendre – la poésie
cet autre nom que je donne à l’exploration"
 
Un drôle d'alphabet pensant et sensible en cinémascope... 
 
Ismaël Dupont
8 mars 2025
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011