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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 04:53

Ouest-France, 6 juin 2018 

Un décret publié le 1er juin permet de restreindre l'effectif médical en cas de « faible activité » dans les services d'urgences. Un seul médecin pourra être amené à se charger des interventions du SMUR en même temps que du service d'accueil.

Un nouveau décret, modifiant l'effectif médical minimum des services d'urgences en cas de« faible activité », « met les patients en danger » et va provoquer une « régression du service public hospitalier », a dénoncé ce mercredi un syndicat d'anesthésistes.

Paru le 1er juin au Journal officiel, ce décret modifie « l'organisation des lignes de garde communes » entre un service d'accueil des urgences (SAU) et une structure mobile d'urgence et de réanimation (Smur) associée, appelée à intervenir en dehors de l'hôpital à la demande du Samu.

Un seul médecin pour deux structures

Il encadre la possibilité de laisser un seul médecin urgentiste gérer à la fois la permanence du service des urgences et celle du Smur en cas de « faible activité » des deux structures, permettant à l'hôpital de recourir à un autre médecin d'astreinte quand l'urgentiste part en intervention.

Ce médecin d'astreinte, dans ou hors les murs de l'hôpital, n'est pas tenu d'être un urgentiste mais son délai d'arrivée après déclenchement de l'intervention du Samu doit être « compatible avec l'impératif de sécurité », selon le texte.

Il prévoit également la présence obligatoire d'un infirmier travaillant habituellement aux urgences.

Une solution « très dégradée », selon le syndicat

« Ce décret est une véritable atteinte à l'accès aux soins, mettant les patients en danger », a réagi ce mercredi dans un communiqué le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHARE).

Il « apporte une solution très dégradée à la pénurie de médecins urgentistes » et va provoquer « une régression du service public hospitalier », poursuit le syndicat, pour qui« une structure d'urgence, dans un hôpital public, doit être ouverte 24 heures sur 24 avec une présence médicale permanente et adaptée ».

« Avant ce décret, le fonctionnement d'une structure composée d'un SAU et d'un Smur était assuré par deux praticiens avec deux lignes de gardes distinctes », explique-t-il.

Selon le Code de la Santé publique et jusqu'à la publication de ce texte, lorsque l'équipe du Smur intervenait en dehors de l'hôpital, la permanence des urgences devait obligatoirement être assurée par « un médecin et un infirmier de l'établissement ».

 
 

Pour le SNPHARE, ce fonctionnement « allongera les délais de prise en charge, préjudiciables aux patients potentiellement en urgence vitale ».

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 04:45
Réaction décomplexée: L'anticommunisme viscéral de Claude Malhuret, président du groupe Les Indépendants-République-et-Territoire, afin de justifier la casse du service public ferroviaire (Public Sénat, Simon Barbarit)
Le président du groupe Les Indépendants-République et Territoire, Claude Malhuret a eu des mots extrêmement durs à l’encontre du groupe communiste et son passage à la tribune a pris des airs de réquisitoire.

Pour Claude Malhuret, président du groupe Les Indépendants-République et Territoire, la réforme de la SNCF c’est d’abord « une défaite cuisante pour ceux qui ont organisé la pire des formes de grève. La grève à répétition destinée à pourrir au maximum et le plus longtemps possible la vie de nos concitoyens ». « Le mythe de l’intouchabilité du statut public » est pour Claude Malhuret « usé jusqu’à la corde » avant d’ajouter que « la stratégie des jusqu’au-boutistes de la grève est un échec » en raison « de l’absence de soutien populaire, et de la fissure du front syndical ». « 2018 ne sera pas 1995 » s’est félicité ce proche d’Alain Juppé.

« La marée populaire était une marée basse »

Le président du groupe Les Indépendants va alors ponctuer son intervention de métaphores tranchantes, du type « la marée populaire était une marée basse », entraînant fatalement des protestations sonores des sénateurs communistes. « Vous savez ce que disait Lénine ? Les siffleurs ont une tête d’oiseau » leur a-t-il répondu. Après cette citation bien énigmatique, Claude Malhuret a repris son ton provocateur émaillé de références soviétiques. « Comme disait Staline, ce qui compte ce n’est pas le vote, c’est la façon dont on compte les votes » a-t-il moqué le vot’action des cheminots. Les communistes qui se réclament de leur « idéologie archi-décédée, comme ces personnages de bande dessinée qui continuent de marcher sans s’apercevoir qu’ils sont au-dessus du ravin » a-t-il poursuivi.

« Maillot de bain et caniche en laisse »

Claude Malhuret n’a visiblement pas apprécié le jour où les communistes sont venus dans l’hémicycle en chasuble (voir notre article) « pas compatible avec la dignité de notre assemblée » d’après lui. « Si nous acceptons ce précédent sans réagir dans la société du spectacle où nous vivons alors il ne faudra pas s’étonner que demain d’autres viennent en maillot de bain ou avec leur caniche en laisse » a-t-il fustigé.

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 04:30
 
 
Dans sa dernière enquête sur les revenus et les patrimoines, l'Insee révèle que les aides sociales représentent près de la moitié des revenus des Français les plus modestes, et réduisent de fait les inégalités. Et ce, alors que le gouvernement les juge trop importantes et ambitionne de les réduire.
 
"Réduire la dépense publique sans toucher aux aides sociales, ce n'est pas cohérent", a attaqué Bruno Le Maire. "Je ne sais pas combien il y en a, mais il y en a trop", a renchéri Gérald Darmanin. Ces derniers jours, le tandem de ministres issus de la droite qui règne sur Bercy a lancé l'offensive contre les aides sociales. D'après le Canard enchaîné de cette semaine, Matignon et l'Elysée ont fixé comme objectif d'en couper 7 milliards d'euros dans les deux ans. Pour se faire une idée potentielle de l'ampleur de telles coupes, l'hebdomadaire satirique rappelle un exemple : la diminution de 5 euros du montant mensuel de l'aide au logement (APL) ne représentait que… 390 millions d'euros d'économies. S'il est confirmé, le projet du gouvernement constituerait donc un grand coup de sabre dans les aides sociales. Qui sont pourtant, malgré leur complexité et leurs imperfections, d'une importance primordiale pour des millions de Français, estime justement la dernière étude de l'Insee, publiée ce mardi 5 juin..

L'institut statistique a dévoilé la dernière édition de son enquête sur les revenus et patrimoines des ménages français, qui porte sur les données de 2015. Sont notamment analysés le niveau des inégalités en France et en Europe, mais également la contribution des aides sociales aux revenus. Les résultats sont édifiants : non seulement énormément de ménages français perçoivent des aides, mais celles-ci représentent pour les plus démunis d'entre eux un revenu indispensable, qui permet de les préserver (relativement) de la grande pauvreté.

"Ces transferts sont ciblés pour ne concerner que les ménages ayant des revenus modestes"

De quoi parle-t-on exactement ? Les aides sociales sont définies par l'Insee comme des "prestations sociales non contributives" : contrairement aux allocations chômage ou aux pensions de retraite, donc, elles ne sont pas versées en contrepartie de cotisations. D'un montant global de 59 milliards d'euros en 2015, ces aides sont très diverses : prestations familiales, allocations logement mais surtout, minimas sociaux : RSA, allocation de solidarité pour les personnes âgées (Aspa), allocation adulte handicapé (AAH)... En tout, 11,6 millions de ménages en bénéficiaient en 2015 en France métropolitaine, soit 42% des foyers. Pour donner une autre idée de leur importance, l'Insee indique que "les prestations sociales représentent 5,8% du revenu disponible de l'ensemble des ménages", le revenu disponible se définissant comme l'argent qu'il vous reste après paiement des impôts et prélèvements sociaux.

Les aides sociales ne sont pas qu'un dispositif de masse : elles viennent au secours, spécifiquement, des personnes les plus fragiles (quand elles les demandent). L'Insee se penche ainsi sur les ménages dont le niveau de vie est inférieur au 1er décile, c'est-à-dire les 10% qui ont le moins de revenus. Pour ces personnes, "les prestations sociales représentent 47,6% du revenu disponible", contre seulement 0,5% pour les ménages les plus aisés, ceux dont le niveau de vie est supérieur au 9e décile. L'Insee brise d'ailleurs une idée reçue selon laquelle les aides sociales bénéficient à des personnes qui n'en ont pas besoin : "La part des minima sociaux et des allocations logement dans le revenu disponible diminue très rapidement avec l'élévation des niveaux de vie", indique le rapport. "Elle représente moins de 1% à partir du 5e décile. Ces transferts sont en effet ciblés pour ne concerner que les ménages ayant des revenus modestes".

La France moins inégalitaire grâce aux aides sociales

Mais un autre argument pourrait être avancé : celui consistant à dire que même les ménages du 1er décile n'ont pas besoin de toucher autant d'aides sociales, ou que la part de celles-ci dans leur revenu (47,6%) est une partie du problème. Cette objection est, elle aussi, contredite par les données de l'Insee. En effet, toujours en 2015, les 10% des ménages les plus pauvres avaient un revenu disponible inférieur à 1.136 euros par mois. Dont près de la moitié, donc, est constitué par des aides sociales. Par conséquent, sauf à prétendre que l'on peut décemment vivre avec seulement quelques centaines d'euros par mois, difficile de remettre en question le caractère indispensable pour ces personnes de l'aide sociale. D'ailleurs, malgré cette assistance publique, 14,2% de la population française vit sous le seuil de pauvreté, établi en France à 1.015 euros mensuels. L'aide sociale contribue donc fortement à lutter contre la pauvreté sans pouvoir l'endiguer totalement, puisque la quasi-totalité du dixième décile vit en-dessous du seuil.

Bonne note pour la France, toutefois : l'Insee relève que le taux de pauvreté dans l'Hexagone se situe à "un des niveaux les plus bas de l'Union européenne", et que les inégalités ont évolué entre 2008 et 2015 "plus favorable[ment] en France que dans la majorité des autres pays de l'UE". Soit le résultat mécanique du système de redistribution mis en place par la France, où les plus fortunés paient un impôt sur le revenu progressif tandis que les plus modestes touchent des prestations sociales. En effet, "avant transferts, les 1ers et 9èmesdéciles de revenus s'établissent respectivement à 883 et 6.196 euros par mois". En clair, sans les aides, la totalité des ménages du 10e décile vivrait donc à 132 euros minimum sous le seuil de pauvreté.

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 19:30
Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes de 2019 - entretien à l'Humanité avec Julia Hamlaoui, mardi 5 juin 2018: Nous refusons l'Europe des technos comme celle des fachos

Ian Brossat « Nous refusons l’Europe des technos comme celle des fachos »
Entretien réalisé par Julia Hamlaoui, mardi, 5 juin, 2018,
L'Humanité
 

Le maire adjoint au logement de Paris, Ian Brossat, désigné ce week-end chef de file du PCF pour le scrutin de mai 2019, est déterminé à ne pas laisser Emmanuel Macron « réduire le débat à un affrontement entre pro et antieuropéens ».


Vous avez été désigné ce week-end chef de file du PCF pour les européennes, serez-vous tête de liste ?

Ian Brossat Les communistes décideront de leur liste à l’automne, mais sont déterminés à entrer sans attendre en campagne. Emmanuel Macron tente de confisquer le débat. Il veut le réduire à un affrontement entre pro et anti-européens. Nous ne laisserons pas faire. Il faut donc entrer en campagne et j’en serai le porte-voix. Cela ne nous interdira pas, dans le même temps, de travailler à unir tous ceux qui ne se font pas à l’Europe telle qu’elle est.
 

Vous voulez rompre avec l’UE libérale ; par quels moyens le PCF propose d’y parvenir ?

Ian Brossat À l’image d’une grande majorité des Français, nous ne voulons pas de cette Europe libérale qui nous conduit dans le mur et nous ne voyons pas d’issue non plus dans une sortie de l’Union européenne. Nous n’avons donc pas d’autres choix que de rompre avec les traités actuels et de refonder l’Union avec un principe : l’humain d’abord. L’Union européenne peut être autre chose qu’une machine à provoquer de la régression sociale et à imposer à coups de latte des politiques d’austérité. Le tout est d’être capable de rassembler très largement, partout en Europe, tous ceux qui aspirent à une rupture avec ces logiques. C’est évidemment un travail colossal, mais il est indispensable de se retrousser les manches. Car nous refusons que les Français n’aient le choix qu’entre l’Europe des technos ou celles des fachos.
 

Quelles ruptures allez-vous porter dans cette campagne ?

Ian Brossat D’abord, nous voulons en finir avec une Europe qui met en concurrence les salariés en proposant, face au dumping social, un salaire minimum européen et une clause de protection des salariés en France. Les services publics forment un autre pilier absolument fondamental de notre projet. Nous défendons, en écho à la bataille du moment sur la réforme ferroviaire, un moratoire sur les directives de libéralisation et l’abrogation du traité budgétaire. L’Union européenne a également failli sur l’accueil des migrants. Bon nombre de ceux qui composent les campements de rue à Paris sont dits « dublinés », l’État français leur explique qu’ils vont devoir retourner en Italie parce que leurs empreintes y ont été enregistrées en premier. On marche sur la tête. Les gouvernements européens jouent au ping-pong avec des vies humaines. L’Union européenne doit prendre ses responsabilités et organiser une prise en charge digne de l’ensemble des réfugiés.


Le PCF dit sa « disponibilité pour une liste qui unisse les forces de la gauche sociales, écologiques et politiques » ; qu’est-ce qui la rend nécessaire ?

Ian Brossat Les élections européennes seront les premières depuis la victoire d’Emmanuel Macron. Or, depuis un an qu’il est à l’Élysée, beaucoup de mécontentement s’exprime, notamment du côté de la France populaire, mais la gauche, elle, n’a pas progressé d’un pouce. Je tire de cette situation deux conclusions. Premièrement, il faut un renouvellement profond à gauche. C’est aussi ce que ma candidature cherche à provoquer. Deuxièmement, il nous faut éviter l’éparpillement. C’est la raison pour laquelle le PCF aura toujours la main tendue et lance une invitation, le 2 juillet, à tous ceux, citoyens, forces politiques, sociales, associatives, qui cherchent à construire une autre Europe que celle d’Emmanuel Macron.
 

Cela inclut-il le PS ?
Ian Brossat Le PS défend depuis longtemps des positions sur l’Europe à l’opposé des nôtres. Il était favorable au traité de Maastricht, au Traité constitutionnel européen, il n’a pas rompu avec l’Europe libérale lorsqu’il était au pouvoir… Cette alliance n’est évidemment pas envisageable.
 

Tant sur le fond que sur la forme, le PCF, Générations, FI, EELV défendent des conceptions différentes sur l’Europe. Une alliance est-elle vraiment possible ?

Ian Brossat Nous avons une conviction commune : l’UE telle qu’elle est aggrave les difficultés des peuples européens. La discussion mérite donc d’être menée sur les solutions pour sortir de cette situation. Pour notre part, nous refusons l’alternative qui consisterait à choisir entre la soumission à l’Union libérale et la démission. Nous voulons la refonte totale ; c’est sur cette base-là que nous pouvons discuter avec d’éventuels partenaires, si tant est qu’ils y soient disposés.

 

Lire aussi: 

 

Élections européenes. Ian Brossat, chef de file des communistes (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 3 juin 2018)

Ian Brossat, tête de liste communiste aux élections européennes de 2019 (Libération, avec AFP -et le Parisien - 3 juin 2018)

 

Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes de 2019 - entretien à l'Humanité avec Julia Hamlaoui, mardi 5 juin 2018: Nous refusons l'Europe des technos comme celle des fachos
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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 19:10
Tilly-Sabco: Soupçons d'abus de biens sociaux (Hervé Chambonnière, Le Télégramme - 6 juin 2018)

Des soupçons de détournements d’actifs pèsent sur la gestion de Tilly-Sabco, après que l’entreprise a été « sauvée » fin 2014 par trois repreneurs. Une enquête préliminaire pour « abus de biens sociaux » et « banqueroute » est en cours.

L’offre était tombée du ciel, providentielle. Le 5 décembre 2014, trois repreneurs, la CCI de Morlaix, le breton Olmix et MS Foods, une société anglaise se présentant comme « l’un des principaux fournisseurs de produits halal du Royaume-Uni et de la région parisienne » sauvaient in extremis le volailler morlaisien et 202 de ses 330 salariés. Avec un ambitieux projet : produire des poulets nourris aux algues, sans antibiotiques.

 

« Dire que Tilly était sauvé, c’est tout ce qui importait »

 

Moins de deux mois plus tard, une enquête du Télégramme révélait l’inquiétant profil d’Idris Mohammed, le représentant du repreneur anglais : ennuis avec les douanes, avec la justice (procédure pour travail clandestin, taxes impayées), fuite en avant avec changement de nom de société et déménagements successifs du siège social français, fiche de recherche européenne, fiasco en Hongrie après la reprise d’un… abattoir de volailles en 2010 (liquidation en 2012, dettes non réglées, salariés et fournisseurs non payés…).

 

Côté français, que ce soit du côté politique, judiciaire ou administratif, personne n’avait rien vu. Ou rien voulu voir. « Comment un entrepreneur avec un tel pedigree a-t-il pu reprendre Tilly Sabco ? ! », s’étonne aujourd’hui une source proche du dossier.

« Cette reprise providentielle, après une désastreuse vague de licenciements dans l’agroalimentaire breton (Gad et 800 emplois, près de 1 000 chez Doux…) permettait de dire que des emplois (202) étaient sauvés. C’est tout ce qui importait semble-t-il », analysait, dans notre enquête de février 2015, un spécialiste des dossiers financiers.

 

 

Payé 15 000 € par mois

 

« Idris Mohammed est un super professionnel (…) Tout se passe très bien, y compris sur le plan financier », objectait à l’époque Jean-Paul Chapalain, président de la CCI de Morlaix. « Ces procédures sont le lot commun de tout entrepreneur, surtout dans les activités de négoce », réagissait de son côté Daniel Sauvaget, ex P-DG de Tilly-Sabco.

Six mois plus tard, l’entreprise était en cessation de paiements. Alors que la loi impose de le signaler dans les 45 jours, ce dépôt de bilan ne sera finalement acté… qu’un an plus tard, fin juillet 2016.

Idris Mohammed ? « Il est venu tous les quinze jours pendant les premiers mois. Mais on ne l’a plus jamais revu ensuite », rapporte un ancien représentant syndical qui souhaite conserver l’anonymat. Après le désengagement de l’investisseur Olmix en novembre 2015, le représentant anglais, payé 15 000 € par mois (versés sur un compte au Luxembourg) en tant que président du directoire de Tilly-Sabco, finira par démissionner en juillet 2016 (*). 

 

Notes de frais, factures et ventes suspectes

 

Mais il n’y a déjà plus aucun pilote dans l’avion « depuis des mois ». « On s’est autogéré pendant trois à quatre mois », révèle l’ancien syndicaliste. Le 29 juillet, l’entreprise est placée en redressement judiciaire avec, à la clé, «un passif de plusieurs millions d’euros».

En novembre 2016, l’administrateur judiciaire, désigné par le tribunal de commerce quelques mois plus tôt, alerte le parquet de Brest de possibles fautes de gestion et de faits susceptibles de caractériser des abus de biens sociaux : factures adressées à MS Foods non réglées (au moins 66 000 € repérés, alors que l’entreprise bretonne est en cessation de paiements), notes de frais d’Idris Mohamed suspectes ou contestables (13 700 € de frais pour un déplacement à Dubaï par exemple), ventes et prestations suspectes (au profit d’Halal Foodservice, propriété de MS Foods en France)… 

Ces faits suspects, et d’autres, sont-ils avérés ? C’est ce que la justice va déterminer. Le parquet de Brest a ouvert une enquête préliminaire en mai 2017 pour « abus de biens sociaux » et « banqueroute ». Confiée à l’antenne PJ de Brest, celle-ci a débuté début 2018. Sa conclusion n’est pas attendue avant la fin de l’année. 

(*) Selon nos informations, Idris Mohammed poursuit ses activités, au Luxembourg.

 

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 18:59
Le Parti Communiste pleure le chanteur Marc Ogeret, symbole de toutes les luttes - Huffington Post, Geoffroy Clavel
Mort de Marc Ogeret: le décès du chanteur de toutes les luttes a ému le PCF

Il sera inhumé avec "un œillet rouge", symbole du Paris révolutionnaire.

 

Il sera inhumé avec "un œillet rouge", symbole du Paris révolutionnaire. Plusieurs figures de la gauche de la gauche ont rendu un vibrant hommage après la disparition ce lundi 4 juin du chanteur engagé Marc Ogeret à l'âge de 86 ans. "Marc est mort lundi au centre hospitalier de Semur-en-Auxois où il était hospitalisé depuis quelques jours", a annoncé sa compagne, Anita.

 

Interprète d'Aragon mais aussi de Jean Genet, Pierre Seghers et Aristide Bruant, il avait à son répertoire la plupart des chants révolutionnaires qui ont fait l'Histoire de France, depuis "L'Internationale" jusqu'au "Temps des cerises". C'était notamment un grand admirateur de la Commune de Paris (1871).

Ce mercredi 6 juin, le secrétaire général du PCF, Pierre Laurent, a notamment salué en lui un chanteur de "la révolte des opprimés".

Chanteur dans l'ombre de Ferré (qu'il a également interprété) et Brassens, il avait fait la première partie du concert de Georges Brassens à Bobino en 1964. Marc Ogeret, habitué des programmations musicales de Radio Libertaire, avait une voix chaleureuse, le timbre clair et un diction impeccable qu'on peut retrouver sur des albums comme "Chansons contre".

 

Marc Ogeret s'était également illustré en reprenant des chansons réalistes évoquant la Première guerre mondiale comme "La chanson de Craonne" ou "La butte rouge".

Marc Ogeret avait commencé sa carrière au début des années 1960 dans plusieurs cabarets de la rive gauche à Paris. Chanteur engagé sur scène et dans la vie (il était membre actif du syndicat français des artistes-interprètes, SFA), il avait reçu en 1962 le prix de l'Académie Charles-Cros.

Il avait été nommé chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1983.

 

MARC OGERET : MORT D'UN COMPAGNON, 
D'UN AMI DE LA REVOLUTION
Le chanteur Marc Ogeret est mort, le 4 juin, à l'âge de 86 ans, vient d'annoncer sa compagne à l'AFP. Chanteur engagé issu de la tradition rive gauche, il était bien connu des lecteurs de l'Humanité et des participants de la Fête de l'Huma pour ses interprétations des poèmes d'Aragon, des textes de Genet, de Ferré, et, surtout, de son interprétation incroyable (l'une des meilleures) de l'Internationale. Une chose est sûre, nous entendrons longtemps encore sa voix dans les manifs... 
Une pleine page a été publié aujourd'hui dans l'Humanité.

Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste à l'Humanité

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 18:50
Le Fiasco de Parcours Sup (PCF - 6 juin 2018)

Deux semaines après les résultats de Parcoursup où 400 000 lycéens étaient «en attente» ou refusés» sur l’ensemble de leurs voeux (soit 50% des inscrits), il reste toujours des dizaines de milliers de lycéens sans aucune affectation à quelques jours du bac.

La sélection n’est pas la solution !

Parcoursup, c’est l’instauration officielle de la sélection à l’Université. La plateforme permet de classer les dossiers des lycéens en fonction de critères déterminés par chaque faculté. Une fois les capacités d’accueil atteintes, les candidats se voient refuser l’accès à ces formations. Des milliers de lycéens n’auront donc pas accès à la filière de leur choix. Pire, certains d’entre eux verront les portes de l’enseignement supérieur se fermer définitivement à la rentrée prochaine. C’est tout simplement inacceptable.

 Parcoursup ou la concurrence généralisée

Le baccalauréat ne garantit plus l’accès à l’Université. Parcoursup, c’est la concurrence généralisée entre universités, lycées et élèves. Par exemple, un élève avec un livret « satisfaisant » dans un lycée « reconnu » a plus de chances de voir ses vœux satisfaits qu’un élève avec le même livret d’un lycée moins « reconnu ».

Parcoursup ou le stress généralisé

Avec Parcoursup, si vous avez plusieurs réponses positives, vous devez décider de votre avenir très rapidement : au mieux, une semaine ; au pire 24 heures !

Si aucun des 10 vœux n’obtient de réponse positive, c’est le recteur qui proposera une formation là où il restera de la place, dans un périmètre géographique très large. Les réponses pourraient être rendues jusqu’à n août, laissant les candidats dans le ou total jusqu’à la dernière minute !

Pour une Université ouverte à tous !

Ce ne sont ni les étudiants et lycéens, ni les candidats le problème, mais les moyens qui manquent ! Entre 2009 et 2017 : + 280 000 étudiants et – 7 000 enseignants

Un autre modèle d’enseignement supérieur est possible : celui d’une Université publique ouverte à tous les bacheliers et dotée de moyens suffisants. Une Université qui permet la réussite de tous les étudiants et notamment des plus en difficulté. 

NOUS PROPOSONS DE: 

- mettre en œuvre un plan d’investissement dans l’enseignement supérieur pour des capacités d’accueil à hauteur des besoins

- créer un statut protecteur pour tous les jeunes de 18 à 25 ans garantissant un revenu minimal et l’accès à un emploi correctement rémunéré ou à une formation choisie et qualifiante

- d’instaurer la gratuité de tout ce qui est nécessaire à la scolarité : transports, santé, accès renforcé au logement social, élargissement de la gratuité des activités culturelles et sportives. 

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 18:41
MOBILISATION SNCF – ACTE 2 : A TRAVERS LA LOI, CIBLONS LES ORDONNANCES. Communiqué des Organisations Syndicales Régionales Cheminotes CGT-CFDT-UNSA Ferroviaire-SUD Rail

Communiqué des Organisations Syndicales Régionales Cheminotes CGT-CFDT-UNSA Ferroviaire-SUD Rail

MOBILISATION – ACTE 2 : A TRAVERS LA LOI, CIBLONS LES ORDONNANCES.

Le pacte ferroviaire ne sera pas écrit dans la loi mais concrètement dans les ordonnances du gouvernement qui vont suivre. Rien n’est donc gagné par le gouvernement avec le vote formel de cette loi qui vise à lui donner toute latitude pour déterminer l’avenir du service public ferroviaire, de la SNCF et des conditions sociales des cheminots dans les semaines à venir. Le rapport de force créé par les cheminots les a obligés à apporter quelques débuts de réponses bien que largement insuffisantes. Alors que la direction SNCF voulait limiter l’incessibilité à la seule holding, l’action des cheminots a contraint le gouvernement à inscrire dans les textes l’incessibilité des titres détenus par l’Etat des trois futures Sociétés Anonymes. Pour autant, à ce jour, incessible ne veut pas dire unifiée puisqu’une indépendance de ces sociétés leur autorise à négocier des accords de façon différenciée (en matière salariale, d’organisation du travail, …). Cette autonomie décisionnelle maintient le droit de création de filiales et le risque de filialisation confirmé par les annonces concernant Gares & Connexions et le Fret.

Ainsi, la réforme du gouvernement que soutient le Président Pépy menace largement les cheminot-e-s. Cela confirme que toutes les annonces concernant le maintien du statut ne sont qu’une œuvre de communication.

Le projet de loi affirme les volontés de privatisation et de fin du statut par les travaux sans surprise d’un Sénat qui a adopté le pacte ferroviaire gouvernemental. La lutte des cheminots et leur mobilisation toujours aussi forte et visible commence à être entendu mais nous sommes encore très loin du compte. Pour exemple, le principe du volontariat est étendu à la région, les allocations sont intégrées dans la garantie de rémunération pour un 1er transfert, ou le/la cheminot-e transféré-e dispose d’un droit de retour à la SNCF dans les 3 à 8 ans qui suivent le transfert. Cela ne sera possible que s’il y a un poste vacant.

Entre le retour d’un cheminot à statut et un recrutement de droits privés inscrit dans la loi, nous pouvons facilement comprendre quel serait le choix de la SNCF, privilégiant les stratégies de dumping social liées à la concurrence. Dans les régions, la voix des cheminots se fait aussi entendre comme en Bourgogne-Franche Comté où le Conseil régional recule sur les deux expérimentations programmées. Pour autant, sur notre région, la direction de la SNCF se démarque de la volonté politique régionale réaffirmée par les nombreuses signatures de la tribune unitaire pour le Service Public. Ignorant la lutte des cheminot-e-s à la SNCF, les dossiers de réorganisations tombent à torrent sur les ordres du jour du CE avec 5 nouveaux dossiers de réorganisation, soit 18 depuis le 1er janvier pour une quarantaine de suppressions d’emplois pour Mobilité Bretagne.

Cela confirme que la direction n’a pas pris en compte la colère des cheminots qui refusent de mettre en place toutes les organisations de travail qui préparent le transfert des compétences de service public des cheminot-e-s vers le champ de la rentabilité financière. La vente, le contrôle à bord, la sécurité des circulations, l’extension des périmètres d’établissements sont l’image régional du dépeçage que veut organiser la Direction. Les cheminot-e-s de la Région Bretagne :

- Ont à 94% par le VOT’ACTION exprimé que le Pacte Ferroviaire veut casser notre Statut et l’entreprise publique SNCF,

- Démontrent chaque fois que nécessaire leur mobilisation pour défendre le service public, comme pour le remettre en route après les intempéries de ces derniers jours.

L’intersyndicale régionale a lancé une Tribune pour une autre réforme du ferroviaire signée par de nombreux élus locaux mais largement boycottée par les médias.

Il faut continuer de la diffuser pour que le gouvernement entende cette autre voix, comme il faut maintenir la pression d’un mouvement entamé le 2 avril qui commence à peser sur les annonces d’un gouvernement, responsable du conflit et de ces conséquences économiques et sociales. Comme le 14 mai, « une journée sans cheminot » le 12 juin prochain sera un nouveau temps fort pour réaffirmer que les cheminot-e-s « n’ont rien volé » et ne sont responsables ni de la dette, ni des dysfonctionnements du service public.

Les Organisations Syndicales Cheminotes CGT, CFDT, UNSA FERROVIAIRE et SUD RAIL appellent les cheminots et cheminotes à participer aux piquets de grève, aux Assemblées Générales et aux actions organisées au cours de la prochaine séquence de grève qui débutera le mercredi 6 juin à 20h et à se préparer aux mobilisations des 12 et 13 juin prochains, en déposant massivement des D2I dès aujourd’hui.

Rennes, le 06 juin 2018

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 12:48
Eliane Assassi

Eliane Assassi

"Le Président des riches livre le service public ferroviaire à la logique marchande"

mercredi 6 juin 2018

Le 5 juin 2018, les sénateurs ont adopté par scrutin public solennel le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire par 240 voix contre 85.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE ont voté contre ce projet de loi "rétrograde visant à détruire le service public du ferroviaire". Ils continueront de demander le retrait de ce texte.

Ce texte porte le risque de la création de nouveaux déserts ferroviaires en subordonnant le droit à la mobilité à la rentabilité financière pour les opérateurs.

Eliane Assassi, la présidente du groupe CRCE, a dénoncé l’accord entre le gouvernement, la majorité d’En Marche et la majorité du sénat pour transformer la SNCF en une myriade de sociétés anonymes, opérer la casse du statut de cheminot et procéder à l’ouverture à la concurrence.

Elle a regretté que ce gouvernement agisse par dogmatisme alors que toutes les expériences de libéralisation du rail, au sein de l’Union européenne, ont été un fiasco aboutissant à une dégradation du service et des conditions de travail, à une hausse de tarifs. Elle a dénoncé un projet technocratique, déconnecté du quotidien de nos concitoyens pour qui la galère des transports n’est pas liée à la structure du marché, mais bien plus aux désengagements de l’État et au sous-investissement dans les réseaux. Elle a rappelé que le gouvernement aurait pu faire autrement et se saisir du règlement OSP pour préserver le modèle français qui permet une péréquation au niveau national et entre les différentes activités au sein de l’opérateur public, ainsi qu’un haut niveau de sécurité notamment du fait de la compétence des agents.

Au final, les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE ont estimé que cette réforme était avant tout idéologique. Le « Président des riches » et son gouvernement ont décidé de s’attaquer aux citoyens, et notamment les plus fragiles, et aux salariés !

Après les APL cet hiver, les « pseudo privilèges » des cheminots aujourd’hui, viendront demain les aides sociales et les retraites.

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 06:26
Grâce à une forte mobilisation de nombreux services, le centre-ville de Morlaix a retrouvé un visage présentable. Seulement 48 heures après une terrible inondation. (photo Le Télégramme)

Grâce à une forte mobilisation de nombreux services, le centre-ville de Morlaix a retrouvé un visage présentable. Seulement 48 heures après une terrible inondation. (photo Le Télégramme)

La situation revient progressivement à la normale à Morlaix, deux jours seulement après le terrible orage qui a noyé la ville. Depuis dimanche soir, les pompiers ont effectué 279 interventions.

Ce mardi soir, Gilles Quénéhervé, sous-préfet de Morlaix, Bernard Guilcher, premier adjoint à la ville, et le lieutenant-colonel Renaud Quemeneur, commandant du groupement territorial de Morlaix au Service départemental d’incendie et de secours du Finistère (Sdis 29), ont salué « l’élan de solidarité » qui a permis à Morlaix, en seulement 48 heures, de retrouver un semblant de sérénité. « Un exploit » quand on se remémore l’état dans lequel se trouvait le centre-ville dimanche soir.

 

279 interventions depuis dimanche après-midi

 

En première ligne, évidemment, les pompiers ont réalisé par moins de 279 interventions depuis l’inondation. « Aujourd’hui, nous avions encore une quarantaine d’hommes sur le terrain pour des opérations d’épuisement et de nettoyage, confie le lieutenant-colonel Quemeneur. Nous sommes intervenus à dix reprises rue de Paris et neuf fois rue de Brest. Le bilan définitif sera tiré demain soir. On sera sans doute autour de 300 interventions. »

En attendant, le poste de commandement avancé installé au centre de secours a été définitivement levé ce soir à 18 h. « Désormais, on revient à un fonctionnement normal. Toutes les interventions seront traitées individuellement. »

 

« C’est remarquable »

 

Au-delà des pompiers, Gilles Quénéhervé et Bernard Guilcher ont souligné le travail des services de la ville, de l’État et de la Croix-Rouge, qui était présente dès dimanche. Le travail de nettoyage a été intense.

 

« On a aussi reçu le soutien de la ville de Brest, des communes de Gouesnou, Plougasnou… Et bien sûr de Morlaix communauté, qui a mobilisé 38 personnes. Nous les en remercions », a réagi le premier adjoint. « Il y a eu un vrai travail collectif, une chaîne de solidarité qui a bien fonctionné. Les commerçants se sont entraidés. On a même vu des artisans bénévoles venir proposer leur aide et leur matériel. C’est remarquable », a poursuivi le sous-préfet.

 

15 jours pour chiffrer les dégâts

 

Hormis rues de Brest et de Paris, où la situation est encore compliquée, la circulation et le stationnement ont été rétablis dans l’après-midi au centre-ville. Et plusieurs commerces pourtant touchés dimanche, ont rouvert leurs portes. D’autres le feront avant la fin de semaine. La situation se décante donc progressivement.

Reste désormais à répertorier et chiffrer les dégâts. « Nous nous sommes donnés 15 jours pour ça », a annoncé Bernard Guilcher. Pour rappel, la facture consécutive à l’inondation de décembre 2013 s’était élevée à 12 M€.

 

Solidarité nationale et état de catastrophe naturelle réclamés

 

Morlaix a demandé l’état de catastrophe naturelle. Comme de très nombreuses autres villes du pays. Ça pourrait donc prendre un peu de temps. Mais la Cité du viaduc a aussi réclamé que lui soit accordée la solidarité nationale immédiate. Et là, le préfet du Finistère pourrait peut-être faire accélérer la procédure.

En ce qui concerne les commerçants et les particuliers, tout se réglera avec les assurances. Ce mardi, de nombreux experts étaient déjà à pied d’œuvre.

 

Au total une cinquantaine de commerçants ont été touchés par les inondations de dimanche, au centre-ville. Rue de Brest et place des Otages, la plupart veulent aller de l’avant et ont rouvert ou rouvriront cette semaine. Rue de Paris, les travaux seront plus longs. Reportage.

 

À 8 h 30, ce mardi, l’Intermarché de la rue de Brest a rouvert, « à l’heure habituelle ! ». Un symbole pour Laurent Stekke, installé depuis dix ans. « De toute façon, y’a pas le choix ! La vie reprend le dessus ! », lance-t-il en demandant à un client habitué s’il va bien. « C’est à vous qu’il faut le demander ! », répond ce dernier. Avec l’aide d’une quinzaine de personnes, Laurent Stekke a pu nettoyer les dégâts causés par les 40 cm d’eau. « Tous les produits qui se trouvaient dans les rayons les plus bas sont fichus… On a quasi rempli une benne », explique-t-il au milieu des produits entreposés en attente de nettoyage. « Le pire c’est cette boue, visqueuse et épaisse. Elle s’est même infiltrée dans les chambres froides. Mais j’ai moins morflé que d’autres ».

 

 

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Surtout, il a retenu les leçons de l’inondation de 2013 : l’informatique et les prises ont été surélevées. « Dès qu’on fait des travaux ici, on prend le facteur inondations en compte ».

 

Nettoyage… à la brosse à dents

 

Dans son immuable boutique de chaussures, Claude Rideller, 82 ans, tente de ranger. « On a tout mis en hauteur en vitesse. Maintenant, j’essaie de m’y retrouver », explique-t-il encore sonné par les événements. « C’est ma cinquième inondation. 1974, 1995, 2000, 2013 et 2018. Celle-ci, c’est la cerise sur le gâteau… C’est trop… » La boutique a néanmoins rouvert mais l’épisode fait réfléchir le commerçant qui, depuis quelques semaines, se renseignait pour la retraite. « Tout ça, ça risque de précipiter ma décision… Mais il y a le stock à vendre. J’irai sûrement jusqu’à la fin de l’année ! ».

Chez sa voisine, qui vend de la laine, on y va… à la brosse à dents ! « Il faut que ce soit minutieux. On espère rouvrir dès qu’on peut ! », confie Viviane Oréal, installée depuis 2004. En face, La Chaussonnerie de Laure Thomas-Cosquer va rouvrir dès ce mercredi.

 

« Intemporelle » relogée

 

Dans la rue de Paris, on n’en est pas là. Les commerçants, les uns après les autres, discutent avec experts et assurances pour évaluer les dégâts. Et les travaux. Florence Urien, de l’institut de beauté « Intemporelle », témoigne : « C’est la cata. Il faut refaire tout le bas du placo, mes meubles et mes appareils sont détruits… » Grâce à son assurance, elle devrait pouvoir rouvrir dans un local, à Saint-Martin. « Ça me fait mal au cœur mais au moins je peux reprendre… Mais je reviendrai dans le centre-ville, c’est ma place ! »

 

 

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Rouvrir, Pascal Tisserand, du Carrefour express, n’y pense même pas. « Il faudra au moins trois ou quatre mois… ». Ce mardi, il en était encore à racler la boue… Au magasin de jouets, Cathy Tanguy, elle, fait l’inventaire et complète sa liste des dégâts. « Tout dépendra des travaux. Il va falloir que je pense à des aménagements dédiés. Mais les enfants pourront toujours venir acheter des jouets ici. J’y suis très bien et je ne pense pas à déménager ! »

 

« Pour nous soutenir, il faut revenir ! »

 

Place des Otages, la vie reprend son cours. La plupart des magasins avait fini le nettoyage et ont pu rouvrir. Au Café de la Terrasse, « on compte ouvrir ce mercredi, jeudi au plus tard », lance Caroline Lambel. Depuis deux jours et deux nuits, salariés et copains se relaient pour tout nettoyer. « On est fatigués mais volontaires ! Et le meilleur moyen de nous soutenir est de revenir ! ». Hier soir, l’association des commerçants s’est réunie pour réfléchir à une action commerciale commune. « Contrairement aux images de désastre qui tournent, il faut montrer que Morlaix a été nettoyée, les commerçants font ce qu’ils peuvent pour rouvrir. Il faut positiver », conclut Guillaume Pellerin, le président.


 

Internet et téléphonie. Les orages et les inondations ont provoqué de gros dégâts sur le réseau Orange. « Pour l’heure, on ne peut pas quantifier l’ampleur du phénomène ni dire où il y a des problèmes », indique-t-on au service communication de l’opérateur. Les techniciens sont sur le terrain afin de réparer au plus vite. Sachant que les pannes peuvent provenir de multiples causes : les box peuvent avoir été foudroyées, les répercuteurs mis en panne à cause de coupures d’électricité (ce qui coupe le téléphone), des câbles coupés ou tombés. « Il va falloir être patient. Il ne faut pas espérer un retour à la normale avant plusieurs semaines », souligne Orange. Les personnes en situation de fragilité doivent contacter leur mairie en priorité.

 

279 interventions des pompiers. Depuis dimanche, les pompiers ont réalisé 279 interventions. Il reste encore quelques opérations à mener rue de Brest. Un bilan définitif sera tiré mercredi soir.

 

« Une solidarité remarquable ». Le sous-préfet, Gilles Quénéhervé, et le premier adjoint au maire, Bernard Guilcher, ont souligné également le travail des services de la ville, de l’État et de la Croix-Rouge. « On a aussi reçu le soutien de la ville de Brest, des communes de Gouesnou, Plougasnou… Morlaix communauté a mobilisé 38 personnes. Il y a eu une chaîne de solidarité entre commerçants.

 

On a vu des artisans proposer leur aide et leur matériel. C’est remarquable », a noté le sous-préfet. Résultat, Morlaix a retrouvé un minimum de sérénité en seulement 48 h. Un exploit quand on se rappelle l’état du centre-ville dimanche soir.

 

15 jours pour chiffrer les dégâts. Hormis rues de Brest et de Paris, où la situation est encore compliquée, la circulation et le stationnement ont été rétablis dans l’après-midi d’hier au centre-ville. « Nous nous sommes donné 15 jours pour chiffrer les dégâts », a annoncé Bernard Guilcher. Pour rappel, en 2013, la facture s’était élevée à 12 M€.

 

La CPAM fermée pour la semaine. Située rue de Brest, la Caisse primaire d’assurance maladie n’a pas échappé aux inondations. Conséquence, l’accueil sera fermé jusqu’au vendredi 8 juin inclus.

 

Coup dur pour À Fer et à Flots. La ligne de chemin de fer touristique « À Fer et à Flots » subit les conséquences de la coulée de boue qui a coupé la voie ferrée entre Morlaix et Roscoff à Sainte-Sève. « C’est évident, la saison est fichue », se désole Joseph Seité, maire de Roscoff et président d’À fer et à flots, qui doit faire le point avec SNCF Réseaux. Il indique, en revanche, que les réservations seront assurées, par des bus. Le circuit, ouvert depuis Pâques, continuera à être proposé, « mais la partie en train se fera en car. Bien sûr, ça a beaucoup moins de charme… Ça va se ressentir sur la fréquentation, c’est très inquiétant ».

 

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