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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 08:10
Les quatre candidats bretons sur la liste Pour l'Europe des Gens contre l'Europe de l'argent conduite par Ian Brossat

Les 4 candidats bretons sur la liste "Pour l'Europe des Gens, contre l'Europe de l'argent" conduite par Ian Brossat et Marie-Hélène Bourlard.

Christelle Dumont aide-soignante de l'hôpital Yves Lanco à Belle-Ile-en Mer, syndicaliste, qui a fait une grève de la faim pour protester contre les conditions de travail dans l'hôpital public

Glenn Le Saout, 20 ans, étudiant, ancien président de la FIDL Bretagne (Taulé, Morlaix).

Cinderella Bernard, éducatrice spécialisée, première adjointe de sa commune, militante associative, présidente du groupe communiste au Département des Côtes d'Armor

Katja Krüger, comédienne franco-allemande, ancienne syndicaliste et socialiste ouvrière allemande, élue à la Petite Enfance à Rennes

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 08:04
La Bégarroise Cinderella Bernard mènera la campagne du Parti communiste dans les Côtes d’Armor. (Photo Emmanuel Nen, le Télégamme )

La Bégarroise Cinderella Bernard mènera la campagne du Parti communiste dans les Côtes d’Armor. (Photo Emmanuel Nen, le Télégamme )

Lundi soir, la Bégarroise Cinderella Bernard a lancé la campagne du Parti communiste pour les élections européennes dans la ville où elle est première adjointe.

« Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent ». La liste du Parti communiste aux élections européennes du 26 mai prochain, menée par Ian Brossat, est composée de quatre Bretons (*). Un par département. Dans les Côtes-d’Armor, la Bégarroise Cinderella Bernard mènera une campagne de proximité. Lundi soir, c’est dans la ville où elle est première adjointe au maire, qu’elle en a donné le coup d’envoi, devant quelque 90 militants. « C’est après bien des hésitations que j’ai fini par accepter mais, compte tenu de la situation d’urgence sociale et environnementale que nous traversons, il serait irresponsable de ne pas mener la bataille ensemble. J’ai accepté à une seule condition : je donnerais toujours priorité aux dossiers locaux que je suis », déclare cette travailleuse sociale de 40 ans, mère de quatre enfants.

 
 

« Une France belle et rebelle »

 

La Costarmoricaine le reconnaît : « Je ne pourrais pas être partout ». L’une des raisons pour laquelle elle est placée en 32e position sur la liste, très probablement non-éligible. D’où son message aux militants : « Ce n’est pas moi que vous allez élire mais les idées auxquelles j’adhère et que je veux partager ». Son engagement pour les Européennes, elle le justifie aussi « par fierté d’être aux côtés de Ian Brossat, dont je suis le travail depuis plusieurs années. Il représente l’idée que je me fais du communisme, un homme engagé pour le bien des autres, un homme politique de terrain qui s’est illustré par son combat contre Airbnb mais aussi pour l’accueil des réfugiés ».

 

Cette liste de 79 candidats, composée « à 50 % d’ouvriers et d’employés, et 30 % de gens sans appartenance politique » est, affirme Cinderella Bernard, « à l’image de la France, celle des gens qui travaillent et qui comptent leurs sous à la fin du mois avec des ouvriers notamment, dont Marie-Hélène Bourlard, gilet jaune depuis le début du mouvement, bien connue pour avoir été l’héroïne du documentaire « Merci Patron ! ». Et nous pouvons compter sur un comité de soutien présidé par Lassana Bathily, celui que l’on surnomme « le héros de l’hyper Casher » et dont l’action lui a valu d’être naturalisé français ». Cette liste, appuie la candidate, « est celle d’une France belle et rebelle, forte de sa diversité ».

* Christelle Dumont (56), Glenn Le Saout (29), Katja Krüger (35) et Cinderella Bernard (22).

Ouest-France, 26 février 2019

La conseillère départementale et première adjointe de Bégard (Côtes-d’Armor), Cinderella Bernard, est candidate sur la liste du parti, pour les élections européennes.

Le lancement de la campagne des Européennes du Parti communiste français (PCF) en Côtes-d’Armor, avec Cinderella Bernard, conseillère départementale et première adjointe à Bégard, candidate à cette élection, a eu lieu ce lundi 25 février 2019. Une soirée en présence du secrétaire départemental, Yannick Le Cam, à laquelle ont participé un peu plus de 100 personnes, dont de nombreux élus de la région.

 

Le « Trégor rouge »

Après une introduction du secrétaire départemental, la candidate est montée au front : « C’est un grand honneur de faire le lancement de la campagne des Européennes dans le département à partir de la commune de Bégard, une commune du Trégor rouge, une commune qui a eu à sa tête un maire communiste, Gérard Le Caër, de 1983 à 2018, mon parrain politique… C’est après bien des hésitations, que j’ai fini par accepter, mais compte tenu de la situation d’urgence sociale et environnementale que nous traversons, il serait irresponsable de ne pas mener la bataille ensemble. »

Priorité aux situations locales

Puis l’élue a affirmé : « Il sera toujours donné priorité aux dossiers, aux situations locales auxquelles je suis attentive, car 2019 sera une année déterminante pour l’organisation de l’accompagnement à domicile dans mon canton ou pour le service public de gestion des ordures ménagères que je préside, sans parler des personnes qui ont besoin de mon soutien dans les situations difficiles qu’elles traversent. »

Cette affirmation faite, l’élue qui se situe en 32e position sur la liste du PCF est très réaliste : « Ce n’est pas moi que vous allez élire mais les idées auxquelles j’adhère et que je veux partager ce soir avec vous. »

Pendant une heure, Cinderella Bernard a développé ses idées, ses constats locaux et régionaux qui, par rapport aux élections européennes, se rejoignent pour un slogan : « l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent ». Et de conclure : « Le vote pour la liste menée par Ian Brossat doit être un acte de résistance qui permettra de redonner la parole et le pouvoir de décisions au peuple souverain  ».

 

Européennes. Cinderella Bernard et les communistes entrent en campagne (Le Télégramme et Ouest-France, 26 février 2019)
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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 07:24
Laval: le Parti communiste dénonce l'optimisation fiscale devant le siège de Lactalis (photo Ouest-France, Laval, 26 février)

Laval: le Parti communiste dénonce l'optimisation fiscale devant le siège de Lactalis (photo Ouest-France, Laval, 26 février)

Une cinquantaine de communistes, dont leur tête de liste aux Européennes, Ian Brossat, se sont rassemblés, ce mardi 26 février 2019, devant le siège social du groupe Lactalis, à Laval (Mayenne). Ils dénoncent un groupe qui « échappe à l’impôt ».

Après une manifestation devant le siège parisien de Google en janvier et le siège français d’Amazon, le 18 février, le Parti communiste français (PCF) a poursuivi son tour des multinationales qui « échappent à l’impôt » avec un rassemblement, ce mardi 26 février, devant le siège du groupe laitier Lactalis à Laval (Mayenne).

 

 

« Les Français qui sont soumis à des taxes particulièrement élevées ne peuvent pas accepter que dans le même temps, une grosse multinationale échappe à l’impôt , assure Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes. C’est le cas de Lactalis qui a mis en place un système d’optimisation fiscale avec des filiales aux Luxembourg où le taux d’imposition est beaucoup moins élevé qu’en France. Je souhaite que cette question soit au cœur des prochaines élections européennes. »

Une cinquantaine de communistes, dont leur tête de liste aux Européennes, Ian Brossat, se sont rassemblés, ce mardi 26 février 2019, devant le siège social du groupe Lactalis, à Laval (Mayenne). Ils dénoncent un groupe qui « échappe à l’impôt ».

Après une manifestation devant le siège parisien de Google en janvier et le siège français d’Amazon, le 18 février, le Parti communiste français (PCF) a poursuivi son tour des multinationales qui « échappent à l’impôt » avec un rassemblement, ce mardi 26 février, devant le siège du groupe laitier Lactalis à Laval (Mayenne).« Les Français qui sont soumis à des taxes particulièrement élevées ne peuvent pas accepter que dans le même temps, une grosse multinationale échappe à l’impôt , assure Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes. C’est le cas de Lactalis qui a mis en place un système d’optimisation fiscale avec des filiales aux Luxembourg où le taux d’imposition est beaucoup moins élevé qu’en France. Je souhaite que cette question soit au cœur des prochaines élections européennes. »

La tête de liste a poursuivi : « La Confédération paysanne a fait un signalement au parquet national financier. Ensuite, il reviendra à la justice de décider si c’est légal ou pas. Mais en tout cas, c’est immoral. »

Laval. Le Parti communiste français dénonce l’optimisation fiscale de Lactalis (Jean-François Vallée, Ouest-France, 26 février)
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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 06:33
Rosa Moussaoui, journaliste militante de l'Humanité, spécialiste Maghreb-Afrique (fête de l'Humanité 2017)

Rosa Moussaoui, journaliste militante de l'Humanité, spécialiste Maghreb-Afrique (fête de l'Humanité 2017)

Algérie. Une fracture politique et générationnelle
Mercredi, 27 Février, 2019

Dans tout le pays, des milliers d’étudiants ont pris part aux marches parties des universités. « Système, dégage ! » clamaient les manifestants.

«Pendant ce temps, leurs enfants étudient à l’étranger… » L’allusion à l’exil doré des enfants d’apparatchiks planait hier sur les imposantes manifestations étudiantes parties des campus, dans toute l’Algérie. Lycéens et étudiants ont rejoint par milliers les marches de protestation contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika à Alger, Tizi-Ouzou, Bouira, Béjaia, Annaba, Skikda, Jijel, Boumerdès, Adrar, Ouargla Bechar, Djelfa, Chlef, Oran, Tlemcen…

Dans la capitale, les autorités ont tenté de boucler la fac centrale, rue Didouche-Mourad, pour empêcher les étudiants mobilisés d’investir la rue. Des policiers sont même allés jusqu’à poser un cadenas sur le portail ! Même scénario à Ben Aknoun et à Bouzaréah, sur les hauteurs de la ville, où le dispositif sécuritaire s’est finalement avéré insuffisant pour contenir les manifestations. Toute la journée, les policiers ont tenté d’empêcher les cortèges de converger. Mais dans l’après-midi, place Maurice-Audin, les petits groupes dispersés dans le centre-ville sont finalement parvenus à faire jonction pour former un défilé de plusieurs milliers de personnes.

À Tizi-Ouzou, la manifestation, partie de l’université Hasnaoua, haut lieu de contestation politique, s’est déroulée sans heurts. « Les étudiants s’engagent, système, dégage ! » proclamait une banderole. C’est que la colère déborde : au-delà du cinquième mandat, tout le régime est explicitement mis en cause désormais, avec ses choix économiques, son mépris du peuple, son verrouillage démocratique.

À 20 ans, les jeunes qui marchaient hier dans toute l’Algérie n’ont connu, à la tête de l’État, qu’Abdelaziz Bouteflika, arrivé au pouvoir en 1999. Nés au terme de la décennie noire, ils sont bien moins sensibles que leurs aînés au chantage à la déstabilisation, principal argument du clan présidentiel et des tenants du système. Comme les insurgés de 1988, ils contestent sans complexe au FLN l’héritage historique dont il ose encore se prévaloir pour confisquer le pouvoir. Entre cette jeunesse et ceux qui gouvernent l’Algérie, la fracture est donc sociale, politique, culturelle, mais aussi générationnelle. Comment la clique aux affaires depuis si longtemps pourrait-elle comprendre les aspirations des moins de 25 ans, qui représentent 45 % de la population ? Signe que cette effervescence politique gagne tous les secteurs de la société algérienne, les jeunes mobilisés hier ont reçu l’appui de leurs enseignants. Des universitaires ont appelé à donner de l’écho à la « voix du peuple qui se lève contre un système politique devenu une véritable menace pour notre avenir et la stabilité du pays ».

Rosa Moussaoui
Algérie. Le clan Bouteflika s’enferre dans ses urnes
Mardi, 26 Février, 2019

Les manifestations vont se succéder tout au long de cette semaine décisive, avant la date limite du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, dimanche.

L’Algérie respire, Ahmed ­Ouyahia s’étrangle. Hier, le premier ministre algérien s’exprimait pour la première fois sur les manifestations populaires allumées par l’officialisation de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. Pour suggérer, devant les parlementaires, que tout continue comme si de rien n’était. « Les urnes trancheront », a-t-il affecté, en invoquant encore le spectre de la décennie noire : « L’Algérie a vécu suffisamment de souffrances (...) pour avoir obtenu la possibilité de choisir dans le calme et la paix. »

Vermoulu, l’argument ne porte plus et dans la semaine décisive qui s’est ouverte hier avant la date limite du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, dimanche, la mobilisation pourrait encore s’élargir. Hier, ce sont les avocats qui sont entrés dans la contestation par un sit-in au tribunal Abane-Ramdane d’Alger. Avec un slogan acerbe : « L’Algérie est une république, pas un royaume ! » La profession lance un appel à des rassemblements dans tous les barreaux du pays, jeudi, « pour l’État de droit, les libertés, le respect de la légitimité populaire ». Étudiants et lycéens devraient rejoindre eux aussi le mouvement, ce jour, avec des marches prévues au départ des universités. Partout, l’expression se libère. Dans un appel rendu public dimanche, des universitaires se réjouissent de voir les Algériens refuser « la soumission au pouvoir absolu » et tiennent ce réveil populaire pour une « opportunité de transformation sociale et politique » dans une « société qui aspire à vivre dans la dignité, la liberté et le bien-être ».

La vie politique est indexée sur le cours des hydrocarbures

Ce vent de révolte souffle jusque sur les médias publics, où des journalistes de plus en plus nombreux refusent désormais de se faire les propagandistes du régime. Les signataires d’une lettre ouverte au directeur de la radio nationale refusent ainsi « le traitement dérogatoire exceptionnel imposé par la hiérarchie au profit du président (...) et restrictif quand il s’agit de l’opposition ». Conclusion : « La radio algérienne appartient à tous les Algériens. (...) Nous sommes le service public et non des journalistes étatiques. »

Par-delà le rejet du scénario grotesque d’un cinquième mandat, c’est tout le système qui est mis en cause par des manifestants suggérant de reléguer le « FLN au musée ». « Ce mouvement est exceptionnel. Il n’y avait plus eu de manifestations de cette ampleur depuis 2001, lorsque la Kabylie s’était soulevée, exigeant justice sociale et ­démocratie. Ici, tout le pays est concerné, d’Oran à Annaba, de Tamanrasset à Alger », remarque l’historien Massensen Cherbi (1). Traumatisés par l’ouverture démocratique avortée qui avait suivi le soulèvement de 1988 et par la guerre intérieure des années 1990, les Algériens observaient avec défiance, depuis 2011, les processus incertains, voire chaotiques, initiés chez leurs voisins. Sans cesser pour autant de protester et d’exiger des droits dans des mobilisations très localisées, circonscrites à des ­revendications précises (emploi, logements, salaires, etc.). On dénombrait ainsi, en 2016, plus de 10 000 émeutes. « Avant 2014, le régime y répondait par une redistribution clientélaire de la rente pétrolière », résume Massensen Cherbi. Seulement voilà, en Algérie, la vie politique est indexée sur le cours des hydrocarbures : les marges de manœuvre du régime ont diminué au même rythme que les réserves de change. Dans ce contexte de crise sociale, économique et politique, on voit mal comment l’appel du clan Bouteflika à jouer le jeu d’un scrutin verrouillé pourrait être entendu. Sur les banderoles, une ­réponse fleurit : « Nos rêves sont trop grands pour vos urnes. »

(1) Algérie, de Massensen Cherbi. Éditions De Boeck, 2017.
Rosa Moussaoui
Maghreb. La jeunesse algérienne clame sa soif de dignité et de changement
Lundi, 25 Février, 2019

Hier, après les imposantes manifestations de vendredi, des opposants à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika ont encore investi les rues d’Alger quadrillées par la police.

Qui mieux que le caricaturiste Ali Dilem peut traduire l’effervescence politique qui s’est emparée de l’Algérie ? Hier, en dernière page du quotidien Liberté, son dessin figurait l’avion présidentiel en route pour la Suisse, survolant une foule de protestataires hostiles à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat. De l’appareil s’échappe une bulle : « Nous traversons une zone de turbulences. » Le président algérien à l’état de santé très dégradé depuis son accident vasculaire cérébral (AVC) de 2013 s’est bel et bien envolé vers Genève, hier, officiellement pour un « court séjour afin d’y effectuer des contrôles médicaux périodiques ».

Au même moment, dans les rues d’Alger quadrillées par un dispositif sécuritaire serré, des protestataires investissaient encore l’espace public. Dès les premières heures de l’après-midi, la police avait évacué la place Maurice-Audin, dans le centre-ville, où le mouvement Mouwatana (Citoyenneté) avait fixé le départ de la manifestation dans la capitale. Des cortèges se sont pourtant constitués, dispersés par des tirs de gaz lacrymogène ou coupés en deux, avant de se reformer encore. Le dimanche est en Algérie un jour de semaine, la mobilisation ne pouvait donc égaler celle de l’avant-veille, partie d’appels sur les réseaux sociaux. Mais elle témoigne de la détermination des opposants au 5e mandat, confortés par les imposantes manifestations de vendredi.

La mobilisation a gagné tout le territoire

Ce 22 février restera sûrement comme un jour marqué d’une pierre blanche dans l’histoire contemporaine de l’Algérie. C’est toute une jeunesse qui s’est levée pour dénoncer la gérontocratie corrompue qui s’accroche au pouvoir, pour rejeter les scénarios byzantins du système FLN, pour exprimer son exigence de respect, de démocratie et de justice sociale.

Concentrée, la semaine précédente, dans l’est du pays, la mobilisation a gagné tout le territoire : des défilés se sont formés dans l’Ouest, à Oran ou Tiaret, et dans le Sud, à Touggourt, Adrar ou In Salah, où les banderoles contre le 5e mandat se mêlaient à celles des opposants à l’exploitation du gaz de schiste. À Annaba, des manifestants perchés sur le toit d’un immeuble en décrochaient sous les vivats un portrait géant d’Abdelaziz Bouteflika. Partout, cette mobilisation revêt un caractère pacifique frappant : ici, des jeunes gens nettoyant les rues après le passage des protestataires ; là, des opposants choisissant de recouvrir une affiche de campagne du sortant plutôt que de dégrader le mobilier urbain. Belle réponse à un régime qui invoque depuis des années le chaos en Syrie ou en Libye pour tenter de contenir la colère.

À ceux qui l’accusent d’ouvrir une brèche propice aux ingérences étrangères, cette jeunesse debout répond en arborant le drapeau national, en renvoyant le FLN aux trahisons des promesses de l’indépendance, en remettant au goût du jour les mots d’ordre de la révolution algérienne. La maturité politique de ce mouvement tranche avec la fébrilité du clan présidentiel, où certains s’abandonnent à l’excès de zèle jusqu’au ridicule. Le député FLN Mouad Bouchareb, qui dépeint Abdelaziz Bouteflika en prophète désigné par Dieu pour « réformer la nation algérienne », est ainsi passé du registre mystique à celui du mépris. « Ceux qui manifestent contre le 5e mandat de Bouteflika veulent détruire le pays ! » a-il lancé, suscitant la gêne jusque dans les rangs de son propre parti.

En coulisses, tractations et grandes manœuvres se poursuivent

De telles élucubrations restent sans effet. Que pèsent-elles face au sentiment de dignité retrouvée qui fait sauter toutes les digues posées par le système ? Dans ce réveil du peuple algérien, c’est aussi l’exigence d’une représentation décente du pays qui s’affirme avec force...

En coulisses, tractations et grandes manœuvres se poursuivent. Avec l’armée dans le rôle d’arbitre, une constante depuis 1962. Allié du clan Bouteflika, le général Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’état major de l’Armée nationale populaire, fustigeait à la veille des manifestations les « ennemis de l’intérieur et de l’extérieur » menaçant, selon lui, la stabilité du pays. L’opposition, pourtant hétéroclite, affaiblie et divisée, veut, accuse-t-il, « faire de l’Algérie et de son peuple les otages de leurs intérêts abjects et de leurs ambitions sordides ». Mais l’institution militaire est divisée, comme en témoigne la candidature d’Ali Ghediri, un ancien général major qui se présente en « indépendant » à l’élection présidentielle.

Autre signe de la confusion qui règne au cœur même du système, le prédécesseur d’Abdelaziz Bouteflika, le général à la retraite Liamine Zéroual, est sorti vendredi saluer les manifestants dans son fief de Batna... En quête d’un plan B propre à assurer la « continuité » du régime, ces obscurs acteurs sont en fait bousculés par un surgissement populaire qu’ils pensaient pouvoir conjurer. Ils sont débordés. Une image en témoigne, cruelle pour la campagne que s’apprêtait à mener le clan présidentiel en faisant voyager dans le pays le portrait encadré d’Abdelaziz Bouteflika. Au-dessus d’une foule compacte de manifestants, un esprit facétieux a placé un cadre vide. La photographie est devenue virale. Avec ce commentaire corrosif : « Un seul cadre, le peuple. »

Rosa Moussaoui
À paris, des centaines de manifestants anti-bouteflika

Hier après-midi, des centaines de manifestants sont venus protester place de la République, à Paris, contre un nouveau mandat d’Abdelaziz Bouteflika. « Pouvoir assassin », « Système dégage », pouvait-on lire parmi les slogans inscrits sur les pancartes brandies par les manifestants entassés au pied de la statue de la République, où trônait une photo géante du président algérien estampillée « Non à un 5e mandat ». « On a besoin d’un président valide », a aussi déclaré à l’AFP Ahmed Ouaguemouni, ancien membre de l’opposition algérienne qui vit dorénavant en France tout comme Abdel Djamel, un médecin de 66 ans arrivé à Paris en 1992, et qui rappelle au passage que l’exil n’est jamais un choix. « C’est le système algérien qui nous a fait venir en France », a-t-il confié.

En partie tenus par le pouvoir, les islamistes en rangs dispersés
Lundi, 25 Février, 2019

Prise de court par la force des manifestations de vendredi contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat, la mouvance islamiste, toutes tendances confondues, est apparue divisée.

Parmi les opposants aux manifestations de vendredi, se trouve le très conservateur Comité national de coordination des imams, qui a relayé l’instruction du ministère des Affaires religieuses. En vain, des imams ont tenté dans leurs prêches, lors de la grande prière de vendredi, de dissuader les fidèles de répondre aux appels à manifester, parce que « nul ne sait s’ils émanent d’un Algérien ou d’un ennemi, d’un musulman ou d’un athée » !

Plus résolue dans son opposition aux anti-5e mandat, la mouvance salafiste proche des wahhabites saoudiens prône « la non-contestation de l’autorité de l’État », à l’instar des salafistes égyptiens qui soutiennent le maréchal-président Sissi. Cette mouvance, qui s’était signalée par une fatwa contre l’écrivain Kamel Daoud, a été la plus active, de manière virale, sur les réseaux sociaux, en appelant à ne pas répondre aux appels à sortir dans la rue. Bien présents sur le terrain, ces militants, dont le chef de file et idéologue Ali Ferkous a été officiellement désigné, le 8 janvier 2018, comme représentant du salafisme-wahhabite algérien par le Saoudien Al Madkhali, doyen de l’université islamique de Médine (Arabie saoudite), bénéficient d’une indulgence coupable de la part des autorités (1). En contrepartie, car c’est du donnant-donnant : ces salafo-wahhabites qui, pour l’heure, dénoncent la violence voient leurs interdits complaisamment diffusés par les médias proches du pouvoir, quand ils ne mobilisent pas une partie de la société contre l’actuelle ministre de l’Éducation, Nouria Benghabrit, coupable à leurs yeux de vouloir interdire les prières à l’école et d’être femme.

Le silence des télévisions privées pro-régime comme Ennahar et Echorouk...

Autre acteur islamiste opposé aux manifestations de vendredi, le parti TAJ (Rassemblement pour l’espoir de l’Algérie, 20 députés), ironiquement surnommé « Taj mahal », de l’ex-ministre Amar Ghoul, qui a déclaré qu’il soutenait « le président Bouteflika vivant ou mort » ! Mort ? Enfin, ajoutons le silence des télévisions privées islamistes pro-régime comme Ennahar et Echorouk sur ces manifestations. À l’opposé, il y a cette mouvance islamiste dite modérée, opposée au 5e mandat. Le MSP (Mouvement de la société pour la paix), par exemple, qui siège avec ses 34 députés à l’Assemblée nationale populaire (APN), a pris le train en marche au dernier moment, des fois qu’il le raterait. Mais à titre individuel, presque anonyme, non en tant que parti. Aujourd’hui dans l’opposition, alors qu’il a fait partie de plusieurs gouvernements entre 1999 et 2012, ce parti, qui entretient d’étroites relations avec l’AKP du président turc Recep Tayyip Erdogan et avec les islamistes tunisiens d’Ennahdha, rêve, à l’instar de son grand cousin turc, d’arriver au pouvoir « démocratiquement ».

Ses alliés, Nahdha et le Parti de la justice et de la liberté (PJL) d’Abdallah Djaballah, ont également tenu, à titre individuel, à être présents dans les défilés : l’essentiel pour eux était de prendre date. À l’ombre de ces forces, le mouvement Rachad, issu de l’ex-FIS (Front islamique du salut), de Mourad Dhina, était bien présent vendredi. Et l’inévitable Ali Belhadj (fondateur du FIS) qui, de son lit d’hôpital à Hussein Dey, dans la banlieue est d’Alger, a soutenu, via une vidéo, les anti-5e mandat. En direct, la chaîne al-Magharibia, proche des réseaux de l’ex-FIS, basée à Londres, a relayé un peu, à la façon de BFMTV en France sur les gilets jaunes, images et commentaires à l’appui, les manifestations de vendredi (2). Reste à savoir de quelle influence dispose cette opposition islamiste parmi une partie des jeunes ayant manifesté vendredi.

(1) Mohamed Ali Al Madkhali est l’homme qui parraine les djihadistes syriens de Fatah al-Cham et juste avant Daech. (2) Al-Magharibia, très regardée par les Algériens, qui donne la parole également aux « laïcs », a été fondée en novembre 2016 avec l’aide, dit-on, du Qatar.
Hassane Zerrouky
Maghreb. La jeunesse algérienne clame sa soif de dignité et de changement - Rosa Moussaoui et Hassane Zerrouky, L'Humanité, 25-27 février
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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 06:27
Patrick Le Hyaric « Tracer ensemble de nouveaux chemins d’Humanité »
Lundi, 25 Février, 2019

Le directeur du journal a salué la solidarité qui fleurit pour mettre «  l’Humanité sous protection populaire et citoyenne ». Il a annoncé plusieurs rendez-vous, dont un banquet populaire à la mi-juin.

Devant une assistance attentive, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, s’est d’abord réjoui de « l’impressionnant cordon de solidarité (qui se constitue) autour de notre groupe de presse ». « Nous sommes heureux, a-t-il poursuivi, qu’à travers cette soirée de mobilisation puissent se rencontrer des soutiens aux parcours si divers et aux idées parfois opposées mais qui ont en commun le désir que vive et que se développe l’Humanité. C’est toute la famille républicaine qui se lève, car chacun pressent, même confusément, qu’en disparaissant, l’Humanité serait comme l’une des dernières digues à céder avant le tsunami qui finirait par emporter le pluralisme, et avec lui un pan de la démocratie. »

Pour lui, il s’agit d’être « au combat pour répondre à la demande pressante des citoyens de disposer d’informations qui tranchent avec l’uniformisation galopante ». Puis il s’interroge : « Que cache ce drôle de silence quand les cessions de titres se succèdent à un rythme effréné, que d’importants journaux français sont “vendus à l’encan” à un oligarque tchèque de l’énergie ? Dans quel but, gagner de l’argent ? Pas du tout, ce dont il s’agit dépasse la presse elle-même et pose la question de la souveraineté nationale (…) ce qui est visé c’est l’achat de nos centrales thermiques, d’un groupe phare de l’énergie (alors) que nos secteurs agricole, viticole, industriel sont attaqués de toutes parts. »

Patrick Le Hyaric insiste alors : « Dans ces conditions, l’État, le gouvernement, le président de la République ont une importante responsabilité pour assurer le pluralisme de la presse, pour créer les conditions de l’indépendance des journaux. » Il propose de « lancer une conférence nationale pour le pluralisme et la modernisation de la presse ».

« L’Humanité, poursuit-il, irrigue à sa mesure le débat public, à rebours des fausses informations qui pullulent dans la jungle d’Internet et des simplismes outranciers qui stérilisent la pensée ; à rebours des provocations dont se repaissent les journaux d’extrême droite qui trônent désormais glorieux sur les présentoirs des kiosques », alors que dans nos titres, « au cœur d’une éthique républicaine (…), nous confrontons la rudesse de l’actualité à une forte ambition éditoriale que nous pensons d’une grande nécessité ».

Rappelant ensuite en citant Jean Jaurès que « faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’aucun groupe d’affaires est un problème difficile mais pas insoluble », Patrick Le Hyaric a souligné que « le combat pour que vive l’Humanité prend aujourd’hui, grâce à vous, une dimension nouvelle (…). Maintenant que les lecteurs et les amis de l’Humanité sont si engagés, il est urgent que l’État s’engage plus avant pour augmenter l’aide aux quotidiens à faibles ressources publicitaires, dans un contexte où les conglomérats nord-américains du numérique vampirisent sans vergogne l’essentiel de la manne publicitaire », a-t-il martelé.

Puis il a annoncé le lancement, d’ici à la fin juin, d’un « club des ami-actionnaires de l’Humanité », la tenue dans « un maximum d’endroits de rencontres avec les sociétés des lecteurs, la société des amis et les diffuseurs », avec « un point d’étape de cette mobilisation générale sous la forme d’un grand banquet populaire à la mi-juin ». Ces multiples actions ayant une même volonté : « Tracer ensemble de nouveaux chemins d’Humanité. »

Gérald Rossi
Un puissant élan de vie et d’humanité
Lundi, 25 Février, 2019

Solidarité Près de 4 000 personnes de tous horizons ont participé vendredi, à Montreuil, aux six heures de mobilisation pour mettre l’Humanité sous protection populaire.

L’Humanité est bien plus qu’un journal : c’est une matière politique incandescente ; un lieu sensible où se tissent des solidarités et des combats, des savoirs, des doutes, des convictions et toute une culture. Vendredi soir, à la halle Marcel-Dufriche à Montreuil, cette alchimie s’est manifestée de la plus belle des façons, lors de la soirée de soutien à ce journal sur lequel planent de lourdes menaces. Les lieux eux-mêmes semblaient parler, du métro Robespierre jusqu’au fronton d’une usine voisine désaffectée affichant ces mots du communard Eugène Varlin : « Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. » À l’ombre de la cheminée de brique, sous un soleil radieux, dès 16 heures, tout un peuple affluait déjà, accueilli dans la rue, en chansons, par la Compagnie Jolie Môme qui raillait gaiement le mépris macroniste pour ceux qui ne seraient que des « riens ».

Un journal indispensable aux luttes et à la pensée critique

L’air espiègle et doux, de longs cheveux noirs, des yeux de jais, Samia venait de l’autre extrémité de la banlieue parisienne. Cette quadragénaire est fidèle au journal depuis l’adolescence et les balbutiements d’une conscience politique solidement ancrée à gauche. « Pour moi, le journal et sa fête sont liés. Ils permettent la rencontre et la surprise à chaque page, dans chaque allée, souriait-elle. Impossible pour moi de ne pas soutenir le journal qui soutient les causes du monde, la culture, l'humanité. Impossible de vivre dans un monde sans couleurs. Cette soirée en est pleine et je suis fière d'y participer. » Dans cette foule d’innombrables amis, lectrices et lecteurs d’un jour ou de toujours, citoyens attachés au pluralisme et à l’existence d’un titre indépendant des pouvoirs et des puissances de l’argent, chacun était venu avec ses raisons, ses souvenirs, ses attentes. Mais tous exprimaient cet indéfectible attachement, cette affection que seul un titre au si beau nom peut susciter. L’Humanité et l’Humanité Dimanche affichent sans ambages leurs opinions. Leurs pages dessinent dans le même mouvement un carrefour de la gauche sociale, culturelle, politique : on y confronte des points de vue, on s’y dispute, on s’y rassemble. Cet esprit-là irriguait la soirée. En quel lieu, ces temps-ci, peut-on croiser, ensemble, des communistes, des insoumis, des écologistes, des socialistes, des syndicalistes, des libertaires ? D’Olivier Besancenot à Benoît Hamon, de Fabien Roussel à David Cormand, de Philippe Martinez à Clémentine Autain ou Jean-Luc Mélenchon, tous sont venus dire à quel point ce journal est indispensable aux luttes, à la pensée critique, à l’invention d’une politique d’émancipation. La détermination à mettre l’Humanité sous protection populaire et citoyenne se joue même des frontières politiques : c’est que la France ne serait plus la France si ce titre venait à disparaître. Ainsi Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture sous la présidence de Jacques Chirac, exprimait à la tribune sa considération pour le journal et pour la haute tenue de ses pages culturelles, les plus exigeantes de la presse quotidienne, saluée par de nombreux participants. D’improbables collisions se sont produites : il fallait voir le mathématicien et député LaREM Cédric Villani, engagé à nos côtés pour la reconnaissance de l’assassinat de Maurice Audin comme un crime d’État, en grande conversation avec un gilet jaune… Des artistes côtoyaient des salariés en lutte ; des sportifs s’entretenaient avec des historiens ou des philosophes ; des dessinateurs, des plasticiens, des journalistes, des humoristes ou des musiciens croisaient des ouvriers ; des cheminotes, des infirmières, des scientifiques échangeaient avec des féministes, des défenseurs du droit au logement ou des militants engagés contre les violences policières. Inestimable creuset. « L’Humanité est le lieu par excellence de l’alliance entre les intellectuels et le peuple, alliance sans laquelle aucune avancée n’est possible », résumait le président des éditions du Seuil, Olivier Bétourné. Il était bel et bien là, ce peuple ancré dans toutes les luttes sociales, dans tous les combats de libération. Certains étaient venus de loin, de Bretagne ou de la Creuse, de Belgique ou du Maghreb. Kamel Guemari, le porte-parole des salariés du restaurant McDonald’s de Saint-Barthélemy, à Marseille, est arrivé épuisé, après un long trajet en voiture. Ce grand gaillard, enfant de la cité de la Savine, tenait à être là, aux côtés du journal qui fut, durant la grève de plusieurs mois qu’il a animée l’an dernier, un précieux porte-voix : « L’Humanité m’a fait sortir de mon quartier. C’est dans ses pages que j’ai compris le sens des mots liberté, égalité, fraternité. » Il y avait tant de monde – près de 4 000 personnes – que les rencontres entre lecteurs et rédaction se sont enchaînées dans un joyeux vacarme.

« C’est parfois de l’extrémité du péril que vient le salut »

Impossible d’en résumer ici la teneur, pas plus que celle de cette longue soirée. Mais, citons l’un de ces échanges, dont se dégageait une admirable densité humaine et politique. Venu des Alpes-Maritimes, Cédric Herrou s’entretenait avec notre confrère Émilien Urbach, premier journaliste témoin, dans la vallée de la Roya, des actions de solidarité envers les migrants pourchassés. « L’indépendance de nos actions, elle a un coût. On reçoit des dons, des soutiens. C’est pareil pour l’Humanité, l’indépendance de ce titre a un coût, il faut l’assumer », insistait finalement le paysan. De virgules littéraires en intermèdes musicaux, la soirée s’achevant, le comédien Yvan Le Bolloc’h faisait entendre les mots d’alarme de Jean Jaurès, redoutant en 1906 de devoir mettre un terme à l’aventure de l’Humanité pour cause, déjà, d’asphyxie financière, deux ans seulement après sa création. Son bouleversant appel aux lecteurs, aux amis du journal, s’achève ainsi : « C’est parfois de l’extrémité du péril que vient le salut. » Nos journaux ne sont pas tirés d’affaire. Mais l’extraordinaire solidarité qui se manifeste autour d’eux insuffle à ceux qui font l’Humanité, comme à ceux qui la lisent, un puissant élan de vie.

Rosa Moussaoui
ils étaient là pour dire haut et fort leur soutien
Lundi, 25 Février, 2019

Monique Pinçon-Charlot, sociologue

« Face à une oligarchie de milliardaires qui possèdent plus que de 90 % des médias dominants et qui contrôlent l’idéologie, nous ne pouvons pas dissocier le combat pour l’Humanité de tous les autres combats que les riches mènent contre les pauvres, classe contre classe. »

Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat

« L’Humanité ne transige pas, elle donne des points de vue. Journal d’opinion, bienveillant, de confrontation, engagé et engageant, il est utile pour protéger les valeurs de notre République, bien trop souvent malmenées. »

Pierre Audin, fils de Maurice Audin

« Deux photos de mon père, faites par ma mère, sont célèbres. Sur l’une, il est en train de lire l’Huma, dont le titre est très reconnaissable : “Paix en Algérie” (…) Le journal a accompagné notre lutte, après l’assassinat de mon père, pendant soixante et un ans. »

Nicolas Devers-Dreyfus, président de la Société des lecteurs de l’Humanité

« Des milliers de lectrices et lecteurs tissent dans tout le pays un exceptionnel réseau de protection et de promotion de leur journal. Plus d’un million d’euros ont été réunis en quelques semaines. Les abonnements réalisés montrent que la mobilisation s’amplifie. »

Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT

« S’il fallait retenir une seule raison, et il y en a mille, pour laquelle il faut se battre pour la survie du journal, c’est qu’il n’y a que dans ce quotidien que le terme de progrès social est encore utilisé régulièrement. »

Kamel Guemari, délégué syndical McDonald’s

« Quand j’ai commencé cette lutte avec les salariés du McDonald’s de Marseille, je croyais que j’étais seul. Grâce à ce journal, j’ai découvert que d’autres personnes menaient les mêmes luttes, j'ai pu prendre contact et construire avec elles. »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

« Tous les jours, je lis deux quotidiens nationaux indispensables à la réflexion : l’Humanité et le Figaro. Deux journaux de classe, deux visions du monde. (…). Mais comment seraient la France, nos débats politiques, sans l’Humanité ? Nous exigeons qu’il ne disparaisse pas, nous nous battons tous ensemble pour qu’il gagne des lecteurs et de l’audience, car c’est utile à la lutte que nous devons mener pour transformer cette société. L’Humanité doit vivre, l’Humanité vivra ! »

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA

« Quand j’ai appris la possible disparition de l’Humanité, j’ai de suite été révolté. On ne peut pas imaginer une seconde qu’une telle disparition puisse s’organiser à bas bruit. Tout le monde est concerné ! C’est la liberté de la presse, la liberté d’information qui est remise en cause. »

Sandra Regol, porte-parole d’EELV

« On partage l’essentiel : des valeurs d’humanité, d’émancipation. Et on a au cœur de notre conscience l’idée que ceux qui oppriment la nature, les humains et tout particulièrement les plus défavorisés, sont les mêmes. »

Dominique Sopo, président de SOS Racisme

« L’Humanité nous rappelle que les combats contre les discriminations se mènent toujours dans la durée. Si ce n’est l’Huma, qui parlera, qui donnera la voix avec intelligence à ces luttes qui sont souvent méprisées comme étant le combat de ceux qui ne valent plus rien ? »

Mathilde Larrère, historienne

« Il y a peu, je cherchais à faire une histoire du groupe Manouchian, une histoire de Jules Durand, une histoire du 17 octobre 1961. Où est-ce que je trouve des articles historiques là-dessus ? Dans l’Huma ! Je défends une histoire populaire. Celle des sans-grade, des sans-voix, des sans-culottes, des gilets jaunes. Cette histoire, elle n’est pas dans les manuels scolaires, elle n’est pas dans les médias principaux : elle est dans l’Huma. C’est l’histoire de ceux que l’on prend pour des vaincus et qui sont souvent des vainqueurs. »

Patrice Bessac, maire PCF de Montreuil

« Je pense aux journalistes de l’Humanité, à celles et ceux qui se battent dans un conteste épouvantable pour les médias, où la pensée critique est sans cesse remise en cause par la pensée du clash. »

Clémentine Autain, députée FI

« Les fascistes se sont beaucoup battus contre l’Huma, ils n’ont pas eu sa peau. Il est hors de question que le néolibéralisme, le monde de l’argent et la loi du profit aient aujourd’hui la peau de l’Humanité ! »

Benoît Hamon, fondateur de Génération.s

« Les plus pauvres parmi les plus pauvres, les plus persécutés parmi les persécutés, les migrants qui meurent en Méditerranée, si on voit leur corps, leur colère, leur parole, c’est souvent d’abord et seulement dans l’Huma. (...) Dans l’Humanité, on regarde dans les yeux la détresse là où elle est. »

Laurence De Cock, historienne

« Je veux rendre hommage à l’Huma pour avoir alerté et relayé la parole des élèves du lycée Arago arrêtés l’an dernier. »

Cédric Villani, mathématicien et député LaREM

« Perdre l’Humanité, ça serait perdre un élément indispensable de la biodiversité des idées qui font la nation. »

Aurélie Trouvé, membre d’Attac

« L’Humanité fait le lien entre les grévistes pour le climat et les gilets jaunes qui montrent que la fin du monde et la fin du mois sont un même combat. Comme agroéconomiste, je suis heureuse de pouvoir y lire une critique acerbe de l’agriculture productiviste et des dégâts du néolibéralisme. »

Vikash Dhorasoo, ancien footballeur international

« C’est une évidence de soutenir l’Humanité, qui représente mes opinions politiques. J’espère qu’il existera encore longtemps, je serai là pour aider et soutenir. »

Anne Eydoux, des Économistes atterrés

« En tant qu’économistes atterrés, ce journal porte notre voix. »

Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture

« J’ai été ministre de Chirac, alors pourquoi soutenir l’Humanité ? Parce que c’est un bon journal, que je lis quotidiennement. (…) J’appelle l’État, le ministère de la Culture, à mobiliser toutes ses possibilités, toutes ses réserves de crédit disponibles pour assurer la pérennité de la presse en France. »

Erik Orsenna, écrivain et académicien

« Puisque la CGT était là, il fallait que l’Académie française soit là aussi ! (…) Qu’est-ce que ça veut dire, humanité ? Ça veut dire à la fois le genre humain et la bienveillance, qui sont en train de disparaître. (…) Abonnez-vous à l’Humanité, c’est bon pour votre humanité ! »

Anousone Um, délégué syndical chez Free

« Lorsque la direction de Free et tous les acolytes de M. Niel ont souhaité vendre mon entreprise, l’Humanité était là pour couvrir l’événement. C’est lui qui a permis de lever l’omerta. »

Hervé Le Treut, climatologue, académicien des sciences

« L’Humanité a relayé ces sujets sur le climat avec une grande objectivité, une grande précision, un grand respect de la complexité des problèmes posés, et puis aussi un grand engagement, et je pense que ça va avec. »

Yvan Le Bolloc’h, artiste

« Si Jaurès a su sortir le journal l’Huma de l’ornière, nous le ferons aussi ! Je suis abonné depuis hier, une bonne nouvelle ! À très bientôt ! »

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

« L’Humanité, c’est la lecture importante de tous les jours pour bon nombre de militants CGT, tant pour les arguments que pour l’écho des luttes et la reconnaissance du mouvement social. (…) Être un journal à contre-courant des idées dominantes, c’est un label de qualité. »

Élisabeth Roudinesco, historienne, psychanalyste

« Je voudrais saluer ses formidables pages culturelles qui ont défendu magnifiquement et sans sectarisme la psychanalyse contre toutes les attaques immondes de ces dernières années. »

« Enfants de l'invincible espoir

Nous continuons sans faiblesse

Du petit matin au grand soir

Ils ne tueront jamais Jaurès  »

HK Chanteur

Sébastien Crépel, Audrey Loussouarn, Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre
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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 21:20
Rouge Finistère n°4 - Dossier Européennes - Interview de Cindérella Bernard

Rouge Finistère n°4 - Dossier Européennes - Interview de Cindérella Bernard

Rouge Finistère n°4 - Dossier Européennes - Interview de Cindérella Bernard

Rouge Finistère n°4 - Dossier Européennes - Interview de Cindérella Bernard

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 21:17
Réunion publique du 2 mars à Roscoff avec Patrick Le Hyaric: les communistes présents sur les marchés de St Pol de Léon le mardi 26 et de Roscoff le mercredi 27 février
Campagne européenne - Réunion publique avec Patrick Le Hyaric, député européen, directeur de l'Humanité, n°3 sur la liste du PCF conduite par Ian Brossat, le samedi 2 mars
 
Il y aura des militants communistes de la section de Morlaix, dont Glenn Le Saôut et des camarades de la section PCF de Roscoff demain au marché de St Pol de Léon, ce mardi 26 février, pour annoncer la venue de Patrick Le Hyaric et la réunion publique de samedi sur les enjeux et conséquences du Brexit pour nos ports, la pêche et l'activité maitime, à partir de 10h.
Et mercredi 27 février, au marché de Roscoff, à 10h30, avec la présence du candidat aux Euopéennes Glenn Le Saoût.
Samedi, nous serons aussi présents à la manif pour la ligne Morlaix-Roscoff à 11h en gare. 
Nos camarades ont aussi distribué des tracts pour la venue de Patrick Le Hyaric et cette réunion publique à Morlaix sur le marché samedi 23 février.
 
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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 20:33
Cindérella Bernard sur BRETAGNE 5: interview de la candidate communiste aux Européennes des Côtes d'Armor le 25 février 2019

Très belle et forte interview de 23 minutes par Stéphane Hamon sur Bretagne 5 de Cindérella Bernard avant l'ouverture de la campagne des Européennes dans les Côtes d'Armor ce lundi 25 février au soir à Bégard à la salle de la MJC !

Une super candidate pour le PCF sur la liste de IAN BROSSAT.

Elle trouve des bons arguments contre les récupérations des MACRON et LE PEN et rappelle les atouts de notre liste, de notre parti, le premier parti de France en nombre d'adhérents et en présence militante de terrain. Elle situe le débat sur le terrain de la rupture avec les traités néo-libéraux qui régissent l'union européenne et les politiques des pays européens et connecte cet enjeu avec la prise en compte des urgences du quotidien ressenties par tous: augmentation du pouvoir d'achat, partage des richesses, prise en compte du handicap, renforcement des moyens pour les hôpitaux, les EHPAD, la santé, l'agriculture avec la détresse des agriculteurs. 

Cindérella BERNARD était aux côtés de Ian Brossat et Glenn Le Saôut pour le meeting de lancement de campagne des Européennes dans le Finistère au Relecq-Kerhuon le vendredi 1er février (près de 200 personnes présentes). Elle sera présente à nouveau le samedi 9 mars au Relecq-Kerhuon  pour un débat public concernant les droits des femmes et le banquet républicain de la section du Relecq-Kerhuon à la salle Germain Bournot à 17h.

Elle sera aussi présente à Morlaix pour l'intervention politique de la fête du 1er mai du Parti Communiste, place Allende.

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 19:41
Le BAB'S Orchestra au Roudour de St Martin des Champs le samedi 2 mars à 20h30 - Participez à la cagnotte citoyenne en soutien aux Bab Singers

Le samedi 2 mars à 20h30

Espace du Roudour St Martin des Champs

Le BAB's Orchestra chante les grands classiques de la Pop Anglaise des années 60's, 70's, 80's

Tarifs: 10 € et 6€

Mise en vente MJC Morlaix 23/02 et 02/03 de 10h30 à 12h30

Le BAB'S Orchestra au Roudour de St Martin des Champs le samedi 2 mars à 20h30 - Participez à la cagnotte citoyenne en soutien aux Bab Singers
 
Il reste 13 jours pour participer à la cagnotte citoyenne lancée par pour les Bab Singers, il manque encore quelques centaines d'euros, il y a eu 163 contributions jusqu'à présent. C'est important matériellement et symboliquement pour montrer le soutien et la reconnaissance des citoyens face aux Bab Singers malgré le lâchage et au manquement à la parole donnée du maire de Morlaix. 
 
Pour se remémorer les évènements:
 
 
Pendant leurs 24 ans d'existence, les Bab Singers ont donné le goût de la musique et de la chanson, de la pratique artistique en général, à plus de 600 jeunes scolarisés le plus souvent dans les collèges et lycées morlaisiens, avec des projets très ambitieux se traduisant par des dizaines de représentations rencontrant un grand succès populaire. L'association voulait a organisé en juin 2017, un grand concert à destination de tous ceux qui avaient soutenu la belle aventure des Bab Singers, pour clore cette aventure .
Le 10 novembre 2016, une rencontre a eu lieu entre les responsables de l'association et Madame Le Maire de Morlaix, accompagnée de l'adjoint à la culture de la ville, à l'occasion de laquelle, en échange d'un renoncement à la subvention annuelle 2017, et d'un reversement des recettes de billetterie, l'association pourrait bénéficier de la mise à disposition de Langolvas pour le concert de fin de saison.
L'association a réglé avec la recette de billetterie de les frais liés aux droits SACEM et surtout aux prestations techniques de sonorisation, d'éclairage, et de vidéo et il restait 1810,63 € sur les recettes de billetterie et la dévolution de la maigre somme qui restait sur le compte de l'association à reverser à la ville, qui s'additionnaient d'une certaine manière aux 1700€ d'économiser sur la subvention 2017 des Bab Singers non versée par la ville.
 Or, suite au recours de la ville en recouvrement de paiement auprès du Trésorier, l'association est mise en demeure, sans aucune possibilité de financement, de régler la somme de 4884,23€
Entre juin 2017 et février 2018, et depuis 1er février 2018, plusieurs courriers et demandes de rendez-vous et plusieurs tentatives de conciliation des responsables de l'association des Bab Singers n'ont reçu aucune réponse.
Sans arrangement possible avec la municipalité et dans l'impossibilité de régler une telle facture les choristes ont décidé de lancer une souscription volontaire.
En remerciement de l’investissement donné en temps et en énergie par notre collègue, c’est un appel qui est lancé afin d’aider financièrement l’association ;
Vous pouvez vous rendre sur le site :
 
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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 17:00
Glenn Le Saoût, candidat aux élections européennes du PCF, à l'Instant T sur Tébéo: allez l'écoutez!
Glenn Le Saoût, candidat aux élections européennes du PCF, à l'Instant T sur Tébéo: allez l'écoutez!

Glenn Le Saôut était l'invité de l'Instant T sur Tébéo mardi 5 février. Son intervention de 6 minutes environ a été claire et convaincante. Aller la voir en Replay sur le site de Tébéo.

"Très jeune candidat pour un très vieux parti? "
 
"Nous sommes redevenus le premier parti de France en nombre d'adhérents, 800 adhérents dans le Finistère, 2500 en Bretagne, on nous voit beaucoup défendre les services publics, comme la maternité de Guingamp ou la Cardiologie à Morlaix, à l'intérieur de comités de défense de l'hôpital où nous cherchons à rassembler"
 
"Nous avons une liste à l'image du parti communiste, une liste d'ouvriers, d'employés, d'étudiants, de retraités, une liste de gens ordinaires qui font des choses extraordinaires"
 
" Les sondages ce n'est pas une science exacte, le rassemblement nous on le souhaite. EELV et France Insoumise ne sont pas favorables au rassemblement. Avec Génération.s, il y a des discussions sérieuses et une volonté de rassemblement aussi à la base chez de nombreux militants des deux organisations."
 
" Nous avons des Gilets Jaunes sur notre liste. Les propositions de loi de nos parlementaires ont une résonance chez les Gilets Jaunes, comme le RIC, la taxation à la source des profits des multinationales, le rétablissement de l'ISF, etc"
 
"Nous vivons dans un monde où le système capitaliste a montré ses limites. Il faut le dépasser".
 
 
 
 
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