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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 13:19
Elsa Faucillon

Elsa Faucillon

« École de la confiance » : les députés communistes votent contre

mercredi 20 février 2019

Adopté hier par l’Assemblée nationale, le projet de loi "Ecole de la confiance"porté par le ministre Jean-Michel Blanquer entérine l’obligation d’instruction à 3 ans, prévoit de confier des missions d’enseignement à certains surveillants volontaires ou de créer des rapprochements entre écoles et collèges.

Les députés communistes ont voté contre.

"Cette loi, comme la supression de 2500 postes d’enseigants, répond plus aux injonctions de CAP 22 qu’aux exigences d’égalité si nécessaires à une société émancipatrice" dénonce Elsa Faucillon députée dans l’explication de vote du groupe.

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 13:12
Alexandre Benalla: nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat - Fabien Roussel, sécrétaire national du PCF

Nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat (Fabien Roussel)

Faux témoignages, parjures, port d'armes, conflits d'intérêt, fébrilité de l'exécutif, absence de sanctions... Le rapport de la commission d'enquête de Sénat est accablant. La totale impunité dont Benalla et ses compères ont bénéficié est démontrée. Nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat.

L'affaire Benalla révèle de graves dysfonctionnements au plus haut sommet de l'Etat. Elle met en cause Benalla mais aussi de nombreux membres des cabinets de l'Elysée et de Matignon.

Il y a encore beaucoup de zones d'ombre et la justice doit être saisie en urgence pour faire toute la lumière sur cette affaire et pour que des sanctions fermes soient prises à l'encontre de ceux qui ont mis en cause nos institutions.

Cette affaire met en évidence les abus de pouvoirs de collaborateurs de la Présidence et les conflits d'intérêts avec des puissances étrangères.

Heureusement que le Parlement et particulièrement le Sénat a pu mener cette enquête poussée, malgré les pressions. Cela conforte encore plus le rôle des parlementaires dans leur diversité pour qu'ils puissent exercer le contrôle strict de nos institutions.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord

 

Paris, le 20 février 2019.

Alexandre Benalla: nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat - Fabien Roussel, sécrétaire national du PCF
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 08:35

Maryam Madjidi, écrivaine, professeur de Français Langues Etrangères travaillant avec les réfugiés, fille de militants communistes iraniens contraints à l'exil, militante pour le droit d'asile, auteur de "Marx et la poupée", un magnifique roman sur l'exil, son découverte de la France, son rapport avec l'Orient et les illusions de l'orientalisme, et l'engagement de ses parents qui a reçu le Prix Goncourt du Premier Roman en 2017 et le prix Ouest-France Etonnants Voyageurs en 2017, le prix Soroptimist de la romancière francophone 2018 !

Maryam Madjidi qui est candidate en 8ème position sur la liste Européenne de Ian Brossat et du PCF sera l'invitée du PCF Finistère le vendredi 5 avril et le samedi 6 avril. 

Elle donnera une conférence d'éducation populaire le vendredi 5 avril à 18h au local du PCF Morlaix sur sa trajectoire personnelle et familiale, sa vocation d'écrivain, son roman "Marx et la poupée". Elle fera une causerie et des lectures le lendemain en librairies et devrait animer une réunion publique à Brest le samedi 6 avril à 18h sur les enjeux des Elections Européennes, et notamment sur la question de l'Europe face au défi de l'accueil des réfugiés.

A lire aussi:

Maryam Madjidi, auteur de Marx et la Poupée, écrivaine d'origine iranienne, militante pour les droits des exilés, candidate sur la liste Européennes du PCF et de Ian Brossat, sera à Morlaix et à Brest le vendredi 5 et samedi 6 avril à l'invitation du PCF Finistère

40 ans de la révolution islamiste en Iran, la force de la résistance des femmes - 3 livres témoignages d'écrivaines iraniennes ou d'origine iranienne victimes de ce régime liberticide à lire absolument!

Maryam Madjidi - d'une révolution à l'autre, Portrait par Maud Vergnol dans L'Humanité, 15 février
Portrait. Maryam Madjidi, d’une révolution à l’autre
Vendredi, 15 Février, 2019

Prix Goncourt du premier roman pour Marx et la poupée, Maryam Madjidi enseigne le français à des mineurs isolés. Elle s’engage pour les élections européennes aux côtés des communistes.

Elle paraît bien loin la petite fille mutique de 6 ans, exilée en France avec sa famille pour fuir le régime de Khomeyni. Démarche déterminée, regard noir pétillant, rayonnante et volubile : elle en jette, Maryam Madjidi. Le mercure affiche – 3 °C dans la capitale quand la jeune femme de 38 ans, franco-iranienne, arrive à notre rendez-vous. Elle ne décolère pas contre les élus du très chic 16e arrondissement de Paris qui refusent qu’un gymnase du quartier abrite provisoirement les migrants. « On parle de vies humaines, de la survie de personnes qui crèvent de froid dehors… et ces gens pleurnichent sur le sport de leurs enfants ! » C’est le climat autour de l’accueil des réfugiés qui a décidé Maryam Madjidi à s’engager pour les élections européennes au sein de la liste PCF menée par Ian Brossat. L’exil, le déracinement, l’écrivaine en a fait la douloureuse expérience.

« Nous sommes condamnées à la vigilance permanente »

En 1980, depuis le ventre de sa mère, Maryam subit déjà les heures sombres de la révolution iranienne. Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes. Elle, si. Sa mère, enceinte, étudiante en médecine, saute par la fenêtre de l’université pour échapper aux barbus. « Ma mère porte ma vie mais la mort danse autour d’elle en ricanant », écrit-elle dans Marx et la poupée, son premier roman autobiographique, récompensé en 2017 par le prix Goncourt des lycéens. La confiscation de la révolution par les islamistes scelle le destin de la petite fille à naître. « Tu veux être considérée comme une sous-merde parce que tu as un vagin ? » lui demandera sa mère quand, adulte, Maryam projette de retourner vivre en Iran. « J’ai du mal à comprendre comment on peut être une femme sans être féministe. Nous sommes condamnées à la vigilance permanente. Car à la moindre crise économique, politique… tous nos droits durement acquis peuvent être balayés. Le féminisme est en moi, il fait partie de mon identité. » Une identité du tout-monde, construite entre Téhéran, Paris, Pékin et Istanbul. En 1986, parce que leurs vies sont en danger, la famille Madjidi décide de quitter l’Iran, direction Paris. « Ils n’ont pas hésité une seule seconde : la France, c’était la gauche, la patrie des Lumières, du progrès… » Il faut enterrer les livres marxistes au fond du jardin, donner ses jouets aux enfants du quartier. Maryam rechigne. « La mère soupire. Mais, bon sang, qu’est-ce qu’on a fait au monde pour avoir une enfant pareille ! Elle ne pige rien au communisme. » Une poupée comme symbole de tout ce qu’il a fallu laisser derrière soi. C’est dire si Maryam comprend aujourd’hui la détresse des réfugiés, qui survivent dans les « camps » de la capitale. Depuis février 2016, elle enseigne le français à des mineurs isolés. « Je voudrais que les réfugiés puissent marcher dans les rues de France la tête haute, confie-t-elle. Car des personnes qui risquent leur vie pour traverser la Méditerranée… moi, j’appelle ça des héros. » Son père en est un. Pourtant il aura fallu trente-six ans pour qu’il retrouve le goût de la fierté. « Lorsque j’ai reçu le prix, je l’ai appelé le lendemain pour savoir ce que cela lui faisait », raconte Maryam. « Maintenant je marche dans Paris la tête haute », répond-il à sa fille. « Là, j’ai réalisé que, toutes ces années, mon père avait rasé les murs… »

La famille Madjidi arrive en France en 1986, sous Mitterrand. Elle obtient des papiers au bout de deux mois. « Pas inutile de le rappeler », précise amèrement Maryam, à l’heure des « quotas », du « tri » des immigrés et des régularisations au compte-gouttes. Déracinée, la petite fille de 6 ans plonge dans le mutisme, engloutit sa langue maternelle, le persan, qu’elle mettra de longues années à déterrer. Ce monde silencieux, sa mère aussi y a sombré : « À la place des mots, tu souriais. Le sourire qui s’excuse, le sourire gêné de ceux qui ne parlent pas la langue du pays. » Sa longue renaissance, de Paris à Drancy, où elle a grandi, Maryam Madjidi l’a racontée avec tendresse et humour dans Marx et la poupée, où la douleur du déracinement coule jusqu’aux rives du Bosphore, à Istanbul, cette ville qui l’a consolée, où s’est achevée l’écriture, et le début d’une nouvelle vie.

« Il faut que ce pays se réveille. Classer les êtres, c’est du fascisme ! »

« J’ai redécouvert mes racines mobiles. L’être humain est en mouvement permanent. Il faut arrêter avec les identités figées », s’agace la candidate aux européennes, 8e sur la liste. « La France d’aujourd’hui, j’ai du mal à la reconnaître. J’ai un profond attachement à ce pays même si j’ai tendance à dire que ma patrie, c’est la littérature », affirme celle qui, jeune adulte, à Pékin, rêvera du croissant chaud offert par son père, qu’elle avait refusé à 6 ans. « Il faut que ce pays se réveille ! Je n’accuse pas les Français mais les gouvernements successifs d’avoir fait de l’immigration une bataille électorale, de jouer sur les peurs. Classer les êtres, c’est du fascisme ! » Le verbe haut, des convictions solidement ancrées… pourtant Maryam Madjidi ne s’était jamais engagée politiquement jusqu’à présent. « Je ne suis pas militante communiste, mais la période n’est plus à refaire le monde entre écrivains parisiens autour d’un verre de sancerre. D’où mon engagement sur cette liste, que je trouve belle, à l’image de la société française », explique celle dont les priorités demeurent l’écriture et son travail social. « Je sais bien que cet engagement reste symbolique, mais j’y tiens ! » En 2012, de retour dans les rues de Téhéran, un chauffeur de taxi lui confie : « Je vais vous dire quelque chose, ma petite dame, la seule chose que nous avons su préserver, c’est notre poésie, et c’est la seule chose à sauver de l’Iran. » La politique ne devrait pas se passer de poésie.

Maud Vergnol
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 08:27
Education: la loi Blanquer menace les directeurs d'école (Olivier Chartrain, L'Humanité, mardi 19 janvier 2019)

Ecole de la confiance : "Cette loi, comme la supression de 2500 postes d'enseignants, répond plus aux injonctions de CAP 22 qu'aux exigences d'égalité si nécessaires à une société émancipatrice." - Elsa Faucillon, députée communiste

Introduits par un amendement LaREM, les établissements publics des savoirs fondamentaux permettent de regrouper des écoles primaires sous l’égide d’un collège. Avantage pour le ministère : plus besoin de directeurs et moins de postes à créer.

Toujours les mêmes logiques, toujours les mêmes méthodes au service des mêmes objectifs, dans l'Education comme pour tous les autres secteurs de la société :

- baisser les coûts du service public au lieu de le considérer comme un investissement indispensable à l'équilibre de la société ;

- regrouper, fusionner, pour faire des économies d'échelle, donc en réalité pour éloigner la proximité et favoriser les grands ensembles ;

- spécialiser les établissements pour mieux trier, sélectionner, favoriser la compétition ;

- libéraliser les statuts, les métiers, par croyance aveugle aux règles du privé, du marché...

Ces petits comptables nous préparent une société basée sur le tri sélectif à tous les étages.

Éducation. La loi Blanquer menace l’existence des directeurs d’école
Mardi, 19 Février, 2019

Introduits par un amendement LaREM, les établissements publics des savoirs fondamentaux permettent de regrouper des écoles primaires sous l’égide d’un collège. Avantage pour le ministère : plus besoin de directeurs et moins de postes à créer.

L’agitation identitaire, avec drapeaux et Marseillaise, qui a entouré l’examen de la loi pour l’école de la confiance à l’Assemblée nationale, ne doit pas faire oublier une réalité : ce texte, sur lequel les députés vont se prononcer aujourd’hui par un premier vote solennel, porte une transformation profonde de l’école en France. Il le fait, comme toujours avec ce ministre, en toute absence de franchise, avec force dissimulation et antiphrases – le contre-emploi du mot « confiance » étant le premier terme du lexique de cette novlangue blanquérienne. À cette aune, la création des « établissements publics des savoirs fondamentaux » (EPSF) apparaît comme la mesure la plus marquante, tant par sa portée concrète que par la méthode employée pour l’imposer.

On a parlé d’« écoles du socle » pour désigner cet article 6 bis, qui prévoit le regroupement d’une ou plusieurs écoles sous l’égide du collège de secteur et la direction de son principal. L’expression n’est pas heureuse, car elle crée une ambiguïté entre une visée pédagogique – le « socle » des connaissances que tout élève doit acquérir à la fin du collège – et l’objectif politico-administratif consistant à regrouper des structures scolaires pour faire des économies, quelles qu’en soient, justement, les conséquences pédagogiques, sociales, territoriales…

« Tout ce qui les intéresse c’est de faire des économies »

C’est par le biais d’un amendement, présenté par la députée LaREM Cécile Rilhac, que les EPSF sont entrés dans la loi. « La manière dont les choses se passent est inadmissible, dénonce Francette Popineau, porte-parole du Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire). Nous avons voté au Conseil supérieur de l’éducation un texte qui n’est pas celui examiné à l’Assemblée ! » Ce « bricolage » présente pour le ministre un double avantage : éviter l’examen préalable par le Conseil d’État, qui juge de la qualité du texte, et son intégration dans l’étude d’impact, qui doit permettre aux parlementaires, avant les débats, de mesurer ses implications concrètes.

Or, celles-ci sont considérables. Toutes les écoles, rurales ou urbaines, sont potentiellement concernées par ces regroupements qui seront autoritaires, puisque décidés par le préfet et les collectivités locales concernées. Les services de l’éducation nationale ne pourront donner qu’un avis. Quant à la communauté éducative – enseignants, parents, élèves et les divers conseils d’établissement –, elle n’aura même pas voix au chapitre ! « Il n’y a pas de visée pédagogique derrière cette mesure, pointe Francette Popineau, tout ce qui les intéresse c’est de faire des économies. » En effet, ce jeu de regroupement entraînera mathématiquement des fermetures de classes : alors que près de la moitié des écoles françaises comptent entre deux et quatre classes, leur regroupement dans des EPSF beaucoup plus volumineux permettra de respecter au plus près les taux d’encadrement… avec moins d’enseignants.

Économie aussi avec la disparition des directeurs. Car l’EPSF est placé sous l’autorité du principal du collège, assisté d’un adjoint spécifique pour le primaire – un seul, au lieu d’un directeur pour chaque école qui peut, selon les effectifs, bénéficier d’une décharge d’enseignement partielle ou totale. Pour donner une idée des économies réalisables, il y a actuellement en France 5 300 collèges et… 45 000 écoles, avec 45 000 directeurs. Même si tous ne sont pas déchargés, le potentiel d’économies a de quoi aiguiser l’appétit de tout ministre tenté de jouer au « cost killer »…

L’intérêt de l’enfant, dans tout cela, paraît presque un gros mot. Que des minots d’à peine plus de 3 ans aient à accomplir des kilomètres en car par tous les temps pour rejoindre leur classe de maternelle près du collège devenu EPSF, ni le ministre ni les députés qui s’apprêtent à voter pour ce texte n’en ont cure. Qu’il n’y ait plus de directeur au quotidien dans l’école pour assurer l’animation de l’équipe pédagogique, faire l’interface avec les familles, les collectivités locales (voire les forces de l’ordre), impulser des projets au plus près du terrain : soucis vulgaires que tout cela. Avec Jean-Michel Blanquer, le char de l’État passe, la pédagogie trépasse.

Olivier Chartrain
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 08:06
Tous unis contre l'antisémitisme. Lassana Bathily, héros franco-malien de l'Hyper Cacher en 2015, avec Fabien Roussel, André Chassaigne et Ian Brossat, hier place de la République à Paris

Tous unis contre l'antisémitisme. Lassana Bathily, héros franco-malien de l'Hyper Cacher en 2015, avec Fabien Roussel, André Chassaigne et Ian Brossat, hier place de la République à Paris

Rassemblés contre la haine
Mardi, 19 Février, 2019
Élus du champ républicain et citoyens se sont rassemblés en nombre place de la République le 19 février au soir pour témoigner de leur refus de l’antisémitisme.  
Au milieu de la foule massée sur la place de la République, Marie-France tenait à être présente ce soir là. De confession juive, la jeune femme de 22 ans confie son inquiétude face à la montée des violences antisémites. « Je n’ai aucune autre réponse que d’être là ce soir », souffle-t-elle. Son amie Candice, qui l’a accompagné ce soir, se dit également touchée par le climat de haine qui caractérise les dernières semaines.  Le « front uni » des partis politiques ? Ni l’une ni l’autre ne souhaite le commenter. « Il serait de toute façon mal venu de pas afficher l’unité… », laisse simplement entendre Candice. Parmi les élus de toutes obédiences, à l’exception de ceux d’extrême-droite, Ian Brossat, tête de liste des communistes pour les élections européennes et maire-adjoint de Paris est venu accompagné de parlementaires PCF, dont le secrétaire national du parti et député du Nord Fabien Roussel ainsi que  du président de son comité de soutien Lassana Bathily. Un symbole fort puisque ce dernier est le héros de l’Hyper casher, théatre de la sanglante attaque antisémite perpétrée le 9 janvier 2015. « C’est une réaction salutaire », estime le candidat PCF jaugeant le nombre imposant de participants. « Elle témoigne d’un rejet massif de l’antisémitisme et de toutes les tentatives visant à instiller le venin de la haine et de la division au sein de notre peuple. Devant les membres du gouvernement et un parterre d’élus en écharpe installés sur une scène, Robert tend une pancarte sur laquelle est inscrit « Il n’y a pas de mais ». Le retraité explique : « Dans une telle situation, aucun « mais » n’est tolérable, aucune justification n’est acceptable. Racisme, antisémitisme, sexisme … Il ne faut pas transiger. » Un avis partagé par Samir, kiosquier à Barbès, qui se dit choqué par les violences perpétuées à l’encontre de juifs ces dernières semaines. « Face à la montée du rejet, que ce soit celui du judaïsme, de l’islam ou de n’importe quelle religion, il faut faire front. Dans mon quartier, des gens de toutes confessions cohabitent, en harmonie. Oui, il est possible de vivre ensemble ! »
 
Sur la scène, un rabbin prend la parole : « Le combat n'est pas seulement celui des juifs mais de la France entière. (Ces actes sont) un test de sa dignité et de sa grandeur ». Peu après, c’est au tour du chanteur Abd-Al-Malik de marteler : « C'est important que nous soyons tous là pour dire vive la France unie et débarrassée de ses peurs », avant que des collègiens ne récitent des textes de  Franz Fanon, Georges Moustaki ou encore Simone Veil, particulièrement applaudie. «  Les enfants sont venus ici dire qu'ils reprenaient le flambeau », a souligné Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, à l’initiative du rassemblement. Et si le député Jean Lassalle se félicite de « la conscience du peuple qui rêve d'un printemps, et plus de rivières de sang », le patron de LaRem estime que « Ce ne peut pas être la seule réaction. C'est aussi une bataille culturelle, dans l'éducation, la justice et la police ». Il souhaite notamment «  punir les actes racistes sur internet » au motif que « ça commence toujours par des mots et finit par des actes »..  
 
Malgré des bémols, l’unité manifestée ce soir là n’a pas manqué de toucher Emmanuelle. De religion juive, celle-ci se félicite de la participation massive des Parisiens au rassemblement. « Nous étions seuls après l’hyper cacher, seuls après l’attentat de Toulouse… Aujourd’hui, l’unité nationale contre l’antisémitisme est un soulagement. Mais nous ne nous faisons pas d’illusions : on sait que la violence à l’égard des juifs existera toujours », ajoute-t-elle avant d’écouter avec émotion les paroles de paix lancées au micro par des collégiens parisiens.
 
Au milieu de la foule sombre, trois jeunes hommes ont revêtu le gilet jaune. François, 18 ans, est l’un d’entre eux. « Il était important qu’on soit là. Les violences perpétrées à l’égard des juifs durant les dernières mobilisations ont terni l’image du mouvement. Des actes isolés que la grande majorité d’entre nous condamne sans détour ! » Et si les trois gilets jaunes suscitent parfois quelques commentaires sur leur passage, la plupart des Parisiens présents se félicitent de leur présence. Deux jeunes militants du PCF venus au rassemblement auraient quant à eux été agressés, selon Pierric Annoot, secrétaire départementale de la fédération communiste des Hauts-de Seine qui dénonce « un climat de haine, largement attisé (…) par des de nombreuses déclarations d’irresponsables politiques ».
 
A quelques rues de là, à Ménilmontant, quatre cents personnes s’amassent autour de la place Jean Ferrat qui entoure la bouche de métro à l’appel de plusieurs associations et partis, dont l’union juive française pour la paix (UJFP) ou le NPA.  Au micro, sur une scène improvisée au milieu d’un parterre de fleurs surélevé, les représentants des différentes organisations se succèdent, s’accordant à dénoncer l’instrumentalisation des actes antisémites et affirmant leur combat contre toutes les formes de racisme.  Tous dénoncent « les actes de racisme et de haines » engendrés par un « régime violent et inégalitaire ».
 
Rosa, enseignante installée en France depuis 30 ans, applaudit. S’il était important pour elle de se rassembler contre l’antisémitisme, elle ne l’aurait pas fait n’importe où. Et surtout pas là-bas, à République, où s’est rassemblé ce gouvernement qu’elle trouve « rempli de condescendance et de mépris » à l’égard des citoyens. « Ils ont du mal à accepter que la population ne soit pas fidèle à une image fixe, homogène et qu’elle soit au contraire le fruit de mélanges, qu’elle change sans cesse de couleurs et d’accents », estime-t-elle.
Même constat pour Pasionaria, 64 ans et gilet jaune sur le dos. Cette manifestation Place de la République, ce « bal des hypocrites, des faux-culs », la fait doucement rigoler : « Vous ne voudriez quand même pas que je marche avec un gouvernement contre lequel je manifeste depuis des mois ? »
Comme elle, une trentaine de gilets jaunes sont venus témoigner. « Quand j’entends dire que les Gilets jaunes sont racistes, ça me blesse profondément, témoigne Yannick, 38 ans. Notre mouvement, c’est un panel complet de la société française, avec ce qu’elle fait de meilleur comme de pire », se désole-t-il.
Marie, 60 ans, acquiesce. De passage dans le quartier, elle s’est arrêtée pour discuter avec les autres. « C’est surtout l’instrumentalisation dont ils sont victimes qui m’afflige », s’indigne-t-elle. « Ca et l’amalgame insupportable entre antisémitisme et antisionisme », enchérit Alima, la soixantaine également, qui dénonce « une stratégie du gouvernement » pour faire porter le chapeau à ceux qui souhaitent « davantage d’égalité, et non d’identité ».
 
Amélie Beaucour, Mylène Coste, Audrey Loussouarn et Olivier Morin
Lutte contre l'antisémitisme: Rassemblés contre la haine (L'Humanité, mardi 19 février 2019)
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 07:53
Dominique Vidal: une poignée de voyous et une loi liberticide (L'Humanité, interview de Julia Hamlaoui, mardi 19 février 2019)
Dominique Vidal « D’une poignée de voyous à une loi liberticide »
Mardi, 19 Février, 2019

Citoyenneté. Après les violences antisémites du week-end, Dominique Vidal déconstruit l’amalgame qui conduit un député LaRem à proposer de faire de l’antisionisme un délit.

Après l’annonce de l’augmentation de 74 % en 2018 des actes antisémites et les violences qui ont émaillé ces derniers jours, quelle est votre réaction face à cette recrudescence ?

Dominique Vidal Il est très important d’être extrêmement intransigeant face à toute manifestation d’antisémitisme et plus généralement de racisme, et en même temps de vraiment garder son sang-froid. Par exemple, le ministre de l’Intérieur a donné ce chiffre d’augmentation de 74 % sans données plus précises nécessaires à un jugement circonstancié. Une bonne partie du caractère spectaculaire de cette augmentation est liée au fait qu’une très forte diminution est intervenue entre 2015 et 2017. 541 actes de violence sont recensés alors qu’en 2015 on en avait plus de 800. Et cela, le ministre de l’Intérieur ne nous l’a absolument pas dit. Il est très important de resituer la réalité de l’antisémitisme tel qu’il est sans l’exagérer ni le diminuer.

Les insultes proférées ce week-end à l’encontre d’Alain Finkielkraut conduisent à nouveau à assimiler antisionisme et antisémitisme. Comment l’analysez-vous ?

Dominique Vidal Pour comprendre ce qui s’est passé samedi, il faut avoir en tête que Dieudonné et Alain Soral, après des années d’incitation à la haine des juifs sans être poursuivis, l’ont été. Pour continuer leur campagne antisémite, ils ont remplacé le mot « juif » par le mot « sioniste ». C’est exactement ce qu’a fait la poignée de voyous racistes qui ont agressé verbalement Alain Finkielkraut. Sauf que ces gens ont une telle haine en eux qu’ils ne peuvent pas réussir totalement une telle opération de camouflage. Sur les vidéos, on entend ainsi très clairement « sale juif », « sale race »… Vous avez donc une poignée de voyous qui insultent, quelques idiots utiles qui se demandent pendant une journée si c’est vraiment antisémite, pendant ce temps-là l’orchestration médiatique fonctionne à plein. Résultat : le président du groupe d’étude sur l’antisémitisme à l’Assemblée nationale annonce qu’il va déposer un projet de loi ou de résolution contre l’antisionisme. On part de quelques cris de haine dans une rue et on finit à l’Assemblée nationale avec une loi liberticide qui, si elle était adoptée, mettrait fin à un acquis très important, l’absence du délit d’opinion en France.

Ce projet du député LaREM Sylvain Maillard prévoit la reconnaissance de l’antisionisme comme un délit. Quel problème pose cette proposition ?

Dominique Vidal Outre le délit d’opinion qu’elle instaurerait, cela pose un problème d’analphabétisme historique. Ceux qui prétendent que l’antisionisme serait antisémite qualifient en fait d’antisémites des millions de juifs de 1897 à nos jours qui ont majoritairement rejeté le projet d’État juif en Palestine. Jusqu’à 1939, 95 % des juifs au bas mot étaient hostiles au projet de Herzl, porté ensuite par la Grande-Bretagne. Les vagues d’émigration d’après-guerre ne sont pas marquées par un choix sioniste mais parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Par exemple, les survivants de la Shoah auraient voulu aller aux États-Unis mais il n’y avait pas de visas. Aujourd’hui, 6 millions de juifs vivent en Israël et dans les colonies et 10 millions vivent ailleurs. Tous ceux qui ne veulent pas y aller sont-ils antisémites ? On en arrive à des analyses ubuesques qui relèvent du surréalisme le plus débridé. C’est un enchaînement de manipulations qui vise à faire taire les critiques dans un moment de radicalisation sans précédent de la politique israélienne. Comme avec cette loi du 19 juillet dernier qui promulgue que « seul le peuple juif a le droit à l’autodétermination en Israël ». Autrement dit, elle instaure un État d’apartheid au sens propre, auquel s’ajoutent plusieurs lois d’annexion qui permettent d’enterrer la perspective des deux États ou encore des lois liberticides absolument impensables en démocratie. L’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, justifié par les agissements de quelques poignées de voyous, est le mécanisme privilégié pour faire taire les critiques. Car être identifié comme antisémite, c’est une infamie.

Dominique Vidal

Journaliste et historien spécialiste du Proche-Orient

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui
 
A relire aussi l'interview que Dominique Vidal avait donné à Rouge Finistère, le journal du PCF Finistère, en septembre:
Dominique Vidal: une poignée de voyous et une loi liberticide (L'Humanité, interview de Julia Hamlaoui, mardi 19 février 2019)
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 07:48
Portrait. Mamoudou Bassoum (candidat aux Européennes sur la liste de Ian Brossat) ceinture noire et tunique jaune (Olivier Morin, L'Humanité, Mardi 19 février)
Portrait. Mamoudou Bassoum, ceinture noire et tunique jaune
Mardi, 19 Février, 2019

Le médaillé d’or de taekwondo s’est illustré en portant la chasuble fluo lors de son sacre au championnat d’Europe. Il a rejoint la liste du PCF aux élections européennes.

L’image a fait le tour des ronds-points, suscitant l’admiration et l’enthousiasme des occupants, qui ont partagé largement la ­vidéo sur les réseaux sociaux. Ce 2 décembre 2018, sur le podium du championnat d’Europe de taekwondo qui se déroulait en Espagne, le récipiendaire de la médaille d’or gravit la première marche du podium avec son kimono réglementaire. Par-dessus celui-ci, il a enfilé… son gilet jaune. « D’habitude, quand je pars en championnat, je prends systématiquement le drapeau tricolore, mais cette fois, je n’ai pas hésité à emporter avec moi le gilet fluo, en solidarité avec ceux qui se battent sur les ronds-points et dans la rue », explique Mamoudou Bassoum.

Depuis le 17 novembre 2018, le Châlettois de 35 ans a occupé lui aussi les terre-pleins des carrefours. Son calme olympien et son sourire communicatif laissent à peine entrevoir la vie cadencée de ce père de quatre enfants qui vit ses engagements sans compter. « Je mets 110 euros de carburant dans mon réservoir toutes les semaines, en plus des frais de péage », précise l’ingénieur, qui prend souvent la route pour Auxerre, dans le département voisin, et qui a très tôt partagé les motifs d’indignation des gilets jaunes. « Alors, une augmentation de 3 centimes par litre, bien sûr que ça me parle. »

« L’Europe des gens, pas l’Europe de l’argent, ça résume tout ! »

Dès le début de la mobilisation, jonglant entre sa vie familiale et son sport de prédilection qu’il pratique ou enseigne quatre fois par semaine, Mamoudou se rend sur les ronds-points, apportant des plats chauds, partageant notamment sa colère devant le sort fait aux personnes handicapées à qui on rogne l’allocation adulte handicapé ou encore face à l’augmentation de la contribution sociale généralisée pour les retraités. Pour l’athlète de haut niveau, également parrain de l’association Ensemble pour Manon, une jeune Châlettoise qui lutte contre une maladie rare, la maladie d’Ehlers-Danlos, la question sociale se devait d’être tout de suite au cœur des revendications. « Des gens travaillent et ne peuvent pas subvenir à leurs besoins. Un de mes amis a renoncé à suivre de longues études car il n’avait pas assez de revenus et aucune aide sociale, tandis qu’on supprime l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune – NDLR). »

Cette injustice qui le révolte, Mamoudou Bassoum la voit déjà dénoncée dans les tracts du Parti communiste. « Les communistes parlent depuis longtemps de pouvoir d’achat, de services publics, de justice fiscale. Ce combat est parfaitement en accord avec celui des gilets jaunes », témoigne celui qui a pu trouver une oreille attentive pour développer le taekwondo auprès de la municipalité de Châlette-sur-Loing. En 2004, deux ans après être arrivé du Sénégal où il pratiquait déjà ce sport, Mamoudou Bassoum crée le premier club de taekwondo, accueilli dans la salle polyvalente Paul-Éluard, mise à disposition par la mairie communiste. Aujourd’hui, 126 licenciés pratiquent cet art martial dans un dojo au cœur de la ville. « J’ai trouvé une équipe municipale extraordinaire », estime celui qui y exerce aujourd’hui le rôle de maire adjoint.

Conciliant sa présence sur les tatamis, son travail et son militantisme, le champion gilet jaune trouve encore le temps de court-circuiter les grandes surfaces en se ravitaillant à l’Association pour le maintien de l’agriculture paysanne locale. Balayant l’argument du manque de temps, employé parfois pour justifier de ne pas y recourir. « J’y discute beaucoup avec les agriculteurs. Ils m’expliquent l’évolution des règlements européens, la difficulté de produire sous le label Agriculture biologique avec les retards de paiement d’aides… », raconte-t-il, tout en se disant que les soutenir par ses seuls achats n’est pas suffisant.

Quand Ian Brossat, tête de liste communiste aux élections européennes, lui propose de figurer sur sa liste, Mamoudou Bassoum s’est tout de suite dit que ça ne pourrait donner que plus de forces à ses combats, qu’il retrouve dans les propositions du PCF. « L’Europe des gens, pas l’Europe de l’argent, ça résume tout ! » avance-t-il.

« C’est quelqu’un de bien, qui vient du terrain »

De ces échanges avec les paysans du ­Gâtinais, il veut porter l’exigence d’une autre politique agricole, « pas pour les firmes et les distributeurs », mais pour rémunérer les paysans de leur travail. « Ce qu’il faut, c’est une politique agricole et alimentaire commune sur des bases radicalement différentes. » Indigné par l’hostilité face aux réfugiés qui se rendent en Europe, le colistier de la liste communiste martèle que « si la France se dit le pays des droits de l’homme, elle doit le prouver en jouant son rôle ». Et de fustiger « ceux qui n’ont pas le courage de mener ce combat-là pour des visées électoralistes ». « Si on avait réagi comme ça, jamais on n’aurait pu arracher la légalisation de l’IVG ou la Sécurité ­sociale ! » s’insurge-t-il.

Dans le dojo, Yassine observe, un peu à l’écart, les plus jeunes que lui s’initier au taekwondo. « Ça fait dix ans que je fais du sport avec lui. Mamoudou m’a fait progresser. Il m’a même coaché pendant ma dernière finale. C’est quelqu’un de bien, qui vient du terrain », raconte le jeune homme qui bouscule sa modestie pour avouer en souriant qu’il est désormais champion de France. « Ça prouve qu’il m’a bien entraîné et qu’il va jusqu’au bout. »

Olivier Morin
Portrait. Mamoudou Bassoum (candidat aux Européennes sur la liste de Ian Brossat) ceinture noire et tunique jaune (Olivier Morin, L'Humanité, Mardi 19 février)
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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 14:35

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 13:58
Le PCF présent à la manifestation contre l'antisémitisme ce soir, 19 février, Place de la République à Paris et à Brest

Le PCF présent à la manifestation contre l'antisémitisme ce soir Place de la République

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, Ian Brossat, tête de liste PCF aux Européennes et porte-parole, Éliane Assassi, Présidente du groupe CRCE au Sénat, Cécile Cukierman, porte-parole du PCF, Pierre Laurent, Président du conseil national du PCF, André Chassaigne, président du groupe GDR à l'Assemblée nationale, Fabien Gay, sénateur ainsi que de nombreux élu-e-s et militant-e-s communistes seront présent-e-s, massivement, aujourd'hui à 19h Place de la République au rassemblement contre l'antisémitisme.

Ian Brossat, tête de liste aux Européennes, sera accompagné de Lassana Bathily, heros de l'hyper cacher et de l'attaque terroriste de 2015, et président du comité de soutien de la liste "Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent".

Le PCF, signataire de l'appel commun condamne fermement toutes les formes de racisme et d'antisémitisme et sera de tous les rassemblements pour dire "Non, l’antisémitisme n'est pas la France!".

Rendez-vous aujourd'hui, MARDI FÉVRIER 2019 à 19H

Place de la République.

Paris, le 19 février 2019.

Le PCF présent à la manifestation contre l'antisémitisme ce soir, 19 février, Place de la République à Paris et à Brest

La fédération du Finistère du Parti Communiste Français appelle à participer au rassemblement contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme ce mardi 19 février à 19 h Place de la Liberté à Brest.

Une poignée d’extrémistes ont sali les murs et les vitrines de divers magasins de tags antisémites. Ces actes sont indignes et insupportables. Ils mettent en cause nos valeurs républicaines, le vivre ensemble.

Leurs responsables n’ont rien à voir avec la colère sociale qui s’exprime actuellement dans le pays. La majorité des Français, qu’ils portent un gilet jaune ou pas, réclame plus de justice sociale, plus de justice fiscale. Ils ne sont pas des porteurs de haine.

Comme toujours, lorsque la crise sociale est forte, lorsque la question sociale monte, l’extrême droite s’agite et tente de dévoyer l’exaspération populaire vers ses obsessions identitaires, ethniques ou religieux.
C’est sa manière d’exonérer les fauteurs de crise de leurs responsabilités et de faire de l’Autre le bouc-émissaire des problèmes de nos concitoyens.

Non, ce n’est pas à cause des Juifs, des immigrés, des réfugiés que les usines ferment, que les salaires sont gelés, que les retraites baissent ou que les maternités ferment.

C’est du fait d’un système qui génère l’inégalité. C’est à lui qu’il faut s’attaquer.

Nous dénonçons les actes antisémites qui se multiplient, comme nous combattons toutes les manifestations de racisme. Leurs auteurs et ceux qui les encouragent, quels qu’ils soient, doivent être retrouvés, jugés et sévèrement condamnés.

Notre peuple doit s’unir pour faire vivre ses belles valeurs de solidarité, de fraternité, d’égalité, de liberté, aujourd’hui menacées.

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 13:24
41 femmes parlementaires se mobilisent en solidarité avec les femmes kurdes
41 femmes parlementaires se mobilisent en solidarité avec les femmes kurdes

lundi 18 février 2019

Dans un appel initié le 15 février par Laurence Cohen, Sénatrice du Val-de-Marne, 41 femmes parlementaires se mobilisent et apportent leur soutien aux femmes kurdes, àl’heure où la Députée kurde Leyla Guven en est à son 100ème jour de grève de la faim et en ce jour marquant le 20ème anniversaire de l’arrestation d’Abdullah Ocalan.

"Il est intolérable de voir les pays occidentaux détourner les yeux de ce qui arrive aux kurdes en Syrie. Alors que leurs luttes contre Daesh, à laquelle les femmes ont pris toute leur part, avaient été décisives, la communauté internationale a laissé l’armée turque d’Erdogan reconquérir Afrin.
Au Rojava, malgré les conditions effroyables dues à la guerre, femmes kurdes, arabes et de toutes les ethnies vivent ensemble et essaient de s’organiser dans un système démocratique, féministe et écologique. Elles luttent pour construire la paix dans un dialogue permanent avec les populations. Ainsi, Leila Mustapha, jeune maire de Raqqa, ville martyre, reprise aux mains de Daesch après 3 ans d’occupation. Leur lutte est un exemple de libération des femmes qui ébranle l’idée d’un Etat au service du nationalisme et des extrémismes religieux.
L’agression de la Turquie contre le peuple kurde vise donc aussi la révolution des femmes qui refusent de se soumettre au patriarcat, à la violence d’Etat et ont le courage de revendiquer une société de liberté pour elles-mêmes et donc pour tous. Le président turc ne peut supporter une telle indépendance. Il craint une contamination au Moyen-Orient.
Tous les moyens sont bons pour écraser la résistance kurde, des milliers de prisonnières et prisonniers croupissent en prison. Elles et ils vivent des conditions de détention épouvantables (sévices, humiliations, isolement...). Remise en liberté conditionnelle, Leyla Güven poursuit sa grève de la faim afin de briser le mur du silence, « pour la démocratie, les droits humains et une justice équitable. » Plus de 259 prisonnières et prisonniers politiques sont en grève de la faim illimitée pour rompre le régime d’isolement arbitraire qui leur est infligé ainsi qu’à leur leader Mr. Abdullah Öcalan.
Nous femmes parlementaires de toutes sensibilités politiques, appelons à soutenir les femmes kurdes, dans le double combat pour un projet de société émancipateur qu’elles mènent contre l’offensive de la Turquie et de Daesh.
Nous demandons au Président Erdogan la libération des prisonnières et prisonniers politiques kurdes.
Nous invitons la France à saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour que les Kurdes de Syrie soient placés sous protection internationale et bénéficient de leur droit à l’autodétermination, afin d’aboutir à une solution politique susceptible de construire une paix durable dans la région
.
"

Voir le communiqué :

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Appel solidarité femmes kurdes
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