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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 06:22
"Vous avez été informé.e.s de la garde à vue absolument scandaleuse de notre président hier à l'issue du rassemblement parisien de soutien à la Palestine.
 
Informé en fin de matinée par la préfecture de Paris (Lallement!) que le rassemblement était interdit 1) sous prétexte qu'il n'était pas déclaré assez tôt, 2) sous prétexte que ce  serait une dangereuse importation du "conflit" en France, Bertrand et des responsables des autres asso appelant au rassemblement, se sont rendus sur place pour signifier l'interdiction aux personnes déjà rassemblées. Une délégation comprenant des éluEs a ensuite été reçue au ministère des Affaires étrangères. Réunion courtoise. A la sortie, la police arrêtait Bertrand Heilbronn. AucunE autre membre de la délégation. Il a été emmené menotté comme un dangereux malfrat au poste de police du  7ème où il a été attaché à un banc! On lui a signifié sa garde à vue. L'avocat de l'Afps immédiatement contacté a pu le voir et au bout d'un moment Bertrand a pu appeler sa femme, également membre du CN de l'Afps. 
Il a finalement été relâché au bout de 4-5 heures.
 
Cette arrestation est un signe très inquiétant de l'alignement de notre exécutif sur Israël et ses groupes de pression en France. La France se déshonore encore une fois en ne faisant pas respecter le droit dont elle est garante et en laissant commettre impunément des crimes de guerre: des centaines de morts, des dizaines de blessés, des ratonnades, un lynchage...ça ne suffit pas semble-t-il au gouvernement Macron qui se rend ainsi complice de ces crimes."
Claude Léostic
Violation des libertés, abus de pouvoir du préfet macroniste Lallement - Arrestation arbitraire à Paris du président de l'AFPS, Bertrand Heilbronn - Pierre Barbancey, L'Humanité, 12 mai 2021
Arrestation arbitraire à Paris du président de l’Association France Palestine Solidarité
Mercredi 12 Mai 2021

En sortant d’une rencontre au ministère des Affaires étrangères, le président de l’Association France Palestine solidarité (AFPS), Bertrand Heilbronn, a été arrêté mercredi soir au motif de « manifestation interdite ». L’abus de pouvoir du préfet de Police de Paris, Didier Lallement est dénoncé par de nombreuses personnalités et associations.

Le président de l’Association France Palestine solidarité (AFPS), Bertrand Heilbronn, encadré par des policiers en tenue robocop, amené dans un fourgon, direction le commissariat du 7e arrondissement où il a été menotté. Dans la soirée de mercredi, Antoine Comte, avocat, s’y est rendu et a constaté que Bertrand Heilbronn était placé en garde-à-vue.

Cela se passe en France, à Paris. Qui plus est, alors que ce responsable associatif venait de sortir d’une entrevue avec un représentant de Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères. La scène s’est déroulée sous les yeux ébahis des membres de la délégation qui se trouvaient avec lui : les députées Elsa Faucillon (PCF) et Sabine Rubin (FI), la sénatrice Raymonde Poncet-Monge (EELV), Jean-Guy Greisalmer, de l’Union juive française pour la paix (UJFP), Pierre Coutaz pour la CGT.

Dénoncer la répression contre les jeunes Palestiniens à  Jérusalem

Bertrand Heilbronn, en lien avec plusieurs dizaines d’associations, des syndicats et des partis politiques de gauche, avait pris l’initiative d’appeler à un rassemblement devant le ministère français des Affaires étrangères, ce 12 mai, pour dénoncer la répression contre les jeunes Palestiniens à Jérusalem et, surtout, demander à la France d’agir politiquement. Rendez-vous avait été demandé et accepté, avec le cabinet de Jean-Yves Le Drian.

Entretemps, le sang du préfet de Police de Paris, Didier Lallement, n’a fait qu’un tour. Le ministère des Affaires étrangères peut bien recevoir une délégation, mais pas question d’un quelconque rassemblement. Son motif ? Il considère « qu'il existe un risque sérieux que les affrontements violents qui se sont produits ces dernières heures entre Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes ne se transportent sur le territoire national et que, dans ce contexte de fortes tensions, cette manifestation soit l'occasion de troubles graves à l'ordre public entre partisans de l'une ou l'autre des parties au conflit ».

Gerald Darmanin affirme qu'il n'était pas au courant

C’est sans doute pourquoi la délégation dès sa sortie du métro, aux Invalides, a été accompagnée par plusieurs policiers en civil. Dans le même temps, et alors que des responsables des organisations étaient restés présents pour demander aux éventuels participants de repartir, des policiers, en tenue d'affrontement, les verbalisaient.

Le préfet Lallement n’en est pas à son coup d’essai dans la répression. Cette fois son attitude confine au danger démocratique. Selon nos informations, le ministre de l’Intérieur, Gerald Darmanin, interpellé par le plus haut niveau de la CGT, se serait borné à dire qu’il n’était pas au courant. La garde-à-vue de Bertrand Heilbronn, si elle est confirmée dans les prochaines heures, impliquerait pourtant une acceptation de la hiérarchie policière, mais également l’instrumentalisation de la justice, puisque le parquet a forcément signifié une telle décision.

Violation des libertés, abus de pouvoir du préfet macroniste Lallement - Arrestation arbitraire à Paris du président de l'AFPS, Bertrand Heilbronn - Pierre Barbancey, L'Humanité, 12 mai 2021
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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 06:01
Manifestation de solidarité aux Palestiniens et Palestiniennes : samedi 15 mai (10 h 30 – Square de la Résistance à Morlaix)

Manifestation de solidarité aux Palestiniens et Palestiniennes : samedi 15 mai (10 h 30 – Square de la Résistance à Morlaix)

Devant la gravité de la situation en Palestine occupée, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza et des événements de ces dernières semaines et particulièrement de ce week-end (plus de 300 blessés, plusieurs dizaines de morts) l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) pays de Morlaix a lancé un appel unitaire pour une manifestation le samedi 15 mai, un large rassemblement de solidarité internationale (manifestation qui devrait prendre la direction de la Sous-Préfecture).

Cette manifestation sera portée par de nombreuses organisations : AFPS ; PCF ; PS ; EELV ; GENERATION.S ; UDB ; Gauche indépendantiste bretonne; NPA ; ENSEMBLE ! ; UL CGT Morlaix ; ACAT; (d’autres organisations devraient rejoindre cet appel).

Le PCF Morlaix est bien évidement signataire de cet appel : la situation que vise les palestiniens est inacceptable ; le droit international doit prévaloir ; …

Le PCF dénonce le déferlement de violence auquel sont confrontés les palestiniens :

  • Violences de la part de l’armée israélienne (armée qui a envahi une mosquée)
  • Menaces d’expulsion de familles palestiniennes de leur logement à Jérusalem Est.
  • Bombardements meurtriers à Gaza

Cette violence est le résultat à la décision du pouvoir israélien, au mépris du droit international, d’annexer Jérusalem-Est et d’en éliminer toute présence palestinienne, dans le même temps qu’il s’emploie à coloniser définitivement la Cisjordanie.

Le PCF, dans un appel national, appelle tous les communistes à participer aux rassemblements dans leurs villes.

Et bien évidemment le PCF Morlaix appelle à la manifestation programmée à Morlaix. Soyons-y nombreux.

Jérusalem : Exigeons des sanctions ! (Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord)

Je dénonce la réponse honteuse du ministre Jean-Baptiste Lemoyne faite à ma collègue Elsa Faucillon lors de sa question au gouvernement aujourd’hui. Dans sa réponse, le gouvernement renvoie dos à dos la politique de colonisation de l'Etat israélien et l’appel de l’autorité palestinienne, à faire respecter toutes les résolutions de l'ONU.

Pourtant, les violences contre les Palestiniens de Jérusalem ont culminé ce lundi 10 mai. La répression policière israélienne des manifestants de l'Esplanade des Mosquées a fait, selon le Croissant rouge palestinien, plus de 305 blessé.es.

A Gaza, plus de 20 personnes - dont plusieurs enfants - ont succombé sous les bombes israéliennes.

Déjà vendredi, sur l’Esplanade des mosquées, mais aussi dans la Mosquée Al Aqsa, lors de la prière à laquelle participaient 70 000 fidèles, l’armée israélienne — armée d’occupation de Jérusalem-Est depuis 54 ans, au mépris de toutes les résolutions des Nations unies —, est intervenue tirant à balles métalliques enrobées de caoutchouc, utilisant des gaz lacrymogènes.178 personnes ont été blessées dont 88 grièvement.

Les Palestiniens sont confrontés à un déferlement de violence de l’armée israélienne, allant jusqu'à envahir la mosquée.

Dans le quartier de Sheikh Jarrah, comme dans tout Jérusalem-Est, des familles palestiniennes sont, de nouveau, menacées d’expulsion par les colons israéliens et militants d’extrême droite soutenus par le système judiciaire israélien. Même si la décision d’expulsion a été reportée au 15 juin, la résistance non violente des Palestiniens s’est organisée et la police israélienne a bouclé le quartier.

Cette violence est le résultat à la décision du pouvoir israélien, au mépris du droit international, d’annexer Jérusalem-Est et d’en éliminer toute présence palestinienne, dans le même temps qu’il s’emploie à coloniser définitivement la Cisjordanie.

La communauté internationale a condamné cette annexion mais n’a pas accompagné cette condamnation de sanctions, ce qui conforte le sentiment d’impunité de ceux qui, en Israël, n’hésitent pas à crier « Mort aux Arabes » et de ceux qui, depuis 1967, le pensent tout bas, en prétendant annexer Jérusalem-Est.

Le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas parvenu, ce lundi, à s'accorder pour condamner le gouvernement israélien. Et pourtant une décision d'urgence portée par la France et l’Union européenne est nécessaire pour apporter une protection internationale au peuple palestinien mais aussi imposer des sanctions au gouvernement israélien et dans l'immédiat, faire respecter les droits des Palestiniens à la sécurité dans leur vie quotidienne. 

Une fois de plus, la preuve tragique est apportée que seule une solution conforme aux résolutions des Nations unies peut créer une paix durable avec la création, aux côtés d’Israël, d’un Etat palestinien sur les territoires occupés de Cisjordanie et Gaza, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Le PCF appelle tous les communistes à participer aux rassemblements dans leurs villes et à Paris ce mercredi 12 mai de 16h à 18h devant le Ministère des Affaires étrangères, à l’appel du Collectif national pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens.

Fabien Roussel, député du Nord, secrétaire national du PCF

Paris, le 11 mai 2021.

 

***

Publié le 12/05/2021 par MJCF
Augmentation des violences à l’égard des Palestiniens : La France doit réagir vite !

Depuis plusieurs semaines, les destructions de maisons et arrêtés d’expulsions se multiplient dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est. La stratégie de colonisation mise en place dans tout le pays s'intensifie d’année en année, particulièrement à Jérusalem où l'État israélien ambitionne d’éliminer toute présence palestinienne afin de mener à bien son projet de Grand Jérusalem, en dépit des conventions internationales. À cette violence de l'État s'ajoutent les multiples provocations de groupes d'extrême droite et fascistes ainsi que la mise en place de restrictions d’accès à la vieille ville par l’armée israélienne. Cette situation déjà tendue a pris un nouveau tournant vendredi avec l’intrusion et l’attaque de l’Esplanade des Mosquées par l’armée israélienne. Alors que des dizaines de milliers de fidèles étaient réunis, la présence militaire a déclenché un mouvement de foule, auquel l'armée a répliqué avec des gaz lacrymogènes et des tirs. Le quartier de Sheikh Jarrah après de nombreuses violences policières a été rapidement interdit d’accès à tous les Palestiniens et Palestiniennes.    Les deux cents Palestiniens blessés n’ont pas pu recevoir de soins corrects, la force occupante ayant tiré des gaz lacrymogènes jusqu’aux salles de soins du Croissant rouge.

Samedi soir, les Palestiniens et Palestiniennes réunis sur l’Esplanade des Mosquées ont de nouveau été attaqués. Ce dimanche, l’accès à l’entièreté de Jérusalem-Est a été restreint par l’armée israélienne alors que ce territoire n’est pas, normalement, sous contrôle israélien. Ce lundi matin, ce sont de nouveau des centaines de Palestiniens et Palestiniennes qui ont été blessés à Jérusalem.

Cette situation n’est pas un hasard, elle est la conséquence de la politique menée par Israël depuis des dizaines d’années. Construction de colonies, arrestations arbitraires, enfermements massifs de militantes et militants, évacuations forcées, répression constante sur le territoire cisjordanien mais aussi à l’intérieur même d’Israël avec la mise en place de lois ouvertement racistes.

Le soutien international dont a bénéficié Benyamin Netanyahou dans son objectif d’effacer la Palestine de la carte et notamment à Jérusalem, alors même qu’une partie de la communauté internationale demeure silencieuse ou inactive, n'a fait que renforcer cette politique. Il est temps d’agir, les condamnations ne suffisent pas à faire reculer la politique raciste et coloniale menée par l'État israélien. La communauté internationale doit apporter tout son soutien à la population palestinienne face à ces attaques et à la situation d’apartheid mise en place. Le silence du gouvernement français et d’Emmanuel Macron est particulièrement insupportable.

Le Mouvement jeunes communistes de France exprime sa solidarité aux Palestiniens et Palestiniennes face à ces attaques.   

Le MJCF appelle l’ensemble des jeunes à se mobiliser partout en France pour exiger de notre gouvernement une action immédiate sur la scène internationale pour une paix juste et durable en Palestine. Nous nous donnons rendez-vous à Paris le 12 mai à 16 heures devant le ministère des Affaires étrangères.

Le MJCF demande que la France intervienne :

  • Pour la reconnaissance de l’État Palestinien sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.
  • Pour la mise en place de sanctions financières et diplomatiques    à l’égard d’Israël.
  • Pour la convocation d’un conseil de sécurité à l’ONU.
  • Pour la libération des prisonniers et prisonnières politiques palestiniens et palestiniennes, dont celle de Marwan Barghouti.

Clémentine Le Duey

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 05:48
Jérusalem-Est: les jeunes Palestiniens brisent le mur du silence (L'Humanité, Pierre Barbancey, 12 mai 2021)
Jérusalem-est. Les jeunes Palestiniens brisent le mur du silence
Mercredi 12 Mai 2021

Malgré la répression israélienne ayant fait plus de 500 blessés et les raids meurtriers sur Gaza, la colère ne retombe pas face à l’occupation et la colonisation.

 

Étudiant en psychologie à l’université de Bir Zeit, non loin de Ramallah, en Cisjordanie, Judeh, 27 ans, vit à Jérusalem-Est. L’occupation et la colonisation israéliennes, il sait ce que cela signifie dans sa chair. Pour pouvoir suivre ses cours, il lui faut, tous les jours, emprunter un bus réservé aux Palestiniens – ainsi qu’en ont décidé les autorités israéliennes – régulièrement ciblé par les contrôles de la police et bloqué plus que de raison au checkpoint à franchir. De quoi alimenter la colère. D’autant qu’il lui arrive régulièrement de subir les provocations des colons, de plus en plus nombreux dans la partie orientale de la ville. Le triste quotidien d’un jeune à Jérusalem-Est. « La vie est difficile », dit avec colère l’étudiant contacté par téléphone.

Judeh le dit tout de go : « Je ne suis pas musulman. » Ce qui ne l’empêche pas, en cette période de ramadan, d’être tous les soirs avec ses copains pour l’iftar, cette rupture du jeûne lorsque le soleil s’est couché. Un moment convivial où tout le monde se retrouve, au-delà de ses convictions religieuses. D’ailleurs, l’armée israélienne n’a pas posé ce type de question lorsqu’elle a évacué à plusieurs reprises tous les jeunes assis pacifiquement sur les marches formant agora devant la porte de Damas, l’une des entrées de la vieille ville.

Cheikh Farrah, cœur du plan de colonisation de la ville

Mais c’est sans doute ce qui se passe dans le quartier de Cheikh Jarrah qui a fait éclater ce trop-plein d’humiliations. Vingt-huit familles palestiniennes ont reçu un ordre d’expulsion. Il y a une dizaine de jours, des centaines de jeunes sont alors spontanément venus manifester leur opposition à cette éviction et à l’installation de colons. « On ne veut pas laisser ces familles seules face à l’occupant, souligne Judeh . Si on est là, les colons osent moins provoquer. » Si Cheikh Jarrah est ainsi visé, ce n’est pas anodin. L’argument d’une présence juive il y a plus d’un siècle, sans doute réelle, ne tient pas. En revanche, on comprend mieux cet acharnement lorsqu’on sait que ce quartier – qui ne dépend pas de la vieille ville – s’étend jusqu’à la route numéro 1. Celle-ci désigne la ligne verte, où les combats s’étaient arrêtés en 1949 et franchie par les troupes israéliennes en 1967. Vider Cheikh Farrah de ses habitants palestiniens, c’est ouvrir la voie à une continuation « ethniquement » homogène entre Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est, but ultime de la colonisation de la ville (lire ci-contre).

Maral Qutteine, une ancienne journaliste qui vit dans la vieille ville, que nous avons pu joindre, témoigne aussi. « Les gens ne supportent plus la présence des colons et la pesanteur de l’occupation. » Si Israël parle de Jérusalem comme de sa « capitale une et indivisible », en réalité le traitement n’est pas le même entre l’ouest et l’est. Les services municipaux sont pratiquement inexistants dans la partie occupée malgré les taxes toujours plus nombreuses que paient les Palestiniens.

«  Ce n’est pas une guerre inévitable, mais une politique délibérée »

Comme cela se produit souvent dans l’histoire des révoltes et des révolutions, arrive un moment où la goutte d’eau… « Les jeunes se révoltent car ils sentent bien qu’ils n’ont pas d’avenir, souligne Maral Qutteine. Rien ne change pour eux. Des résolutions sont votées à l’ONU, il y a beaucoup de déclarations mais les jours se suivent et se ressemblent. Les jeunes réalisent que la seule solution qui se présente à eux est de se libérer eux-mêmes, sans l’aide de quiconque, ni des pays arabes, ni de l’Union européenne et pas plus de l’Autorité palestinienne, qui est très faible. »

Phénomène intéressant : à Cheikh Jarrah, ce ne sont pas seulement les Palestiniens de l’Est qui manifestent. Ils sont rejoints par ceux que l’on appelle les Arabes palestiniens, qui vivent en Israël. Les députés de la Liste unie, conduite par le communiste Ayman Odeh, sont venus les soutenir. Mais des dizaines de juifs sont aussi présents. Certains sont là à l’appel de Standing Together, qui regroupe juifs et Arabes pour la paix et l’égalité. « Nous rendons le gouvernement responsable de ce qui se passe. Ce n’est pas une guerre inévitable, comme veulent le faire croire les autorités, mais une politique délibérée », affirme Uri Weltmann, animateur de l’association. Celle-ci agit aussi à Tel-Aviv, Haïfa, Jaffa ou Nazareth pour « mobiliser autant que possible les citoyens d’Israël ».

L’enjeu est d’autant plus important que l’extrême droite israélienne, qui a le vent en poupe, s’agite et tente de créer un climat de violence contre les Palestiniens, et pas seulement à Jérusalem-Est mais partout en Israël. Lundi, un Palestinien a été tué à Lod. « C’est une “hébronisation”de la situation », dit Uri Weltmann en référence à la ville d’Hébron, en Cisjordanie, où les colons terrorisent les Palestiniens. Une extrême droite et un Netanyahou qui trouvent dans la tactique destructrice du Hamas les justifications d’un massacre à Gaza. « Deux faces d’une même pièce », comme l’ose un jeune Palestinien qui ne veut pas dire son nom.

À Jérusalem, la répression a fait plus de 500 blessés. Judeh craint cette violence des colons. « Mais nous resterons aussi longtemps que possible pour empêcher l’expulsion des familles de Cheikh Jarrah », prévient-il. Quoi qu’il arrive maintenant, les Palestiniens de Jérusalem-Est ont brisé au moins un mur, celui du silence.

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 05:12
Violences à Jérusalem-Est : se préoccuper ne suffit plus, il faut condamner: Pierre Laurent, sénateur PCF, pose une question écrite à Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères

Violences à Jérusalem-Est : se préoccuper ne suffit plus, il faut condamner

Alors que l’extrême-droite israélienne sort renforcée à la Knesset des élections anticipées du 23 mars, les agressions de Palestiniens vivant dans le Vieux-Jérusalem par les militants ultranationalistes de Lahava se sont multipliées ces dernières semaines.
La semaine dernière, ce sont de nouveaux projets d’expulsion de Palestiniens vivant dans les quartiers occupés illégalement par Israël de Sheikh Jarrah, de Bab Al-Zahra et de la porte de Damas qui ont mis le feu aux poudres. Dès vendredi, l’ONU a tenu à rappeler à Tel-Aviv que ces expulsions forcées pourraient constituer des crimes de guerre.
En difficulté politiquement, Benyamin Netanyahou souhaite donner une nouvelle fois des gages à l’extrême-droite israélienne. Après le plan d’annexion du poumon économique de la Palestine qu’est la Vallée du Jourdain, soutenu par les États-Unis et l’accélération de l’installation de colons en lieu et place des Palestiniens en Cisjordanie, Jérusalem-Est est la prochaine priorité du gouvernement israélien. Arguant d’une rétroactivité du droit immobilier pour les propriétés juives d’avant 1948, il organise l’expulsion de familles palestiniennes. La mobilisation de ces dernières est réprimée dans le sang.
Le 10 mai, la France a finalement réagi, mais en renvoyant criminels et victimes dos à dos, condamnant les sept tirs de roquette partis de Gaza contre Israël, et se contentant de se montrer « préoccupée » par les violences à Jérusalem-Est. C’est consternant et indigne de la France.
Les parlementaires du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste condamnent fermement les exactions israéliennes dans tous les territoires palestiniens occupés et réaffirment leur soutien aux populations palestiniennes. Ils réitèrent leur attachement à une solution à deux États. Ils rappellent enfin qu’à leur demande, le Sénat avait débattu en juin dernier du projet d’annexion de la vallée du Jourdain. Ils y avaient exigé une parole forte de la France, une reconnaissance de l’État de Palestine et des sanctions contre l’État d’Israël en vertu du droit international.
Pierre Laurent
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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 14:56
Daniel Jadue, photo L'Humanité, 7 mai 2021

Daniel Jadue, photo L'Humanité, 7 mai 2021

Chili. Daniel Jadue : « Le néolibéralisme est absolument incompatible avec la démocratie »
Vendredi 7 Mai 2021- L'Humanité

Maire de Recoleta, dans la banlieue de Santiago du Chili, ce militant a pris une part active dans le mouvement populaire d’octobre 2019. Figure très populaire de la scène politique chilienne, il vient d’être désigné candidat à l’élection présidentielle du 21 novembre prochain par le Parti communiste.

Entretien réalisé par Pierre Cappanera et Rosa Moussaoui

Les élections à la Convention constituante, initialement prévues les 10 et 11 avril, ont été reportées aux 15 et 16 mai. Motif invoqué : une nouvelle flambée épidémique, malgré la vaccination d’un tiers de la population. Comment avez-vous accueilli cette décision ?

Daniel Jadue Cette décision s’explique par la situation sanitaire que vit le Chili. Ce gouvernement n’a perdu aucune occasion de se tromper, alors même qu’il met en permanence en scène ses prétendus succès. Ses membres répètent que tout ce qu’ils ont fait face à cette pandémie est formidable, bien que l’évidence dise absolument le contraire. Depuis le mois de décembre, alors que le nombre de contaminations se maintenait à un niveau assez élevé, le gouvernement, en invoquant des raisons économiques, a commencé à ouvrir la voie à la reprise des activités. Ils ont parié sur l’arrivée du vaccin, certains de pouvoir contenir une deuxième vague. Les gens ont été autorisés à partir en vacances, à sortir du pays, ce qui a permis l’introduction des nouveaux variants qui ont accéléré l’expansion du virus. Les centres commerciaux, les cinémas, les casinos et bien d’autres lieux publics ont rouvert leurs portes, les enfants sont retournés à l’école. Voilà les décisions qui nous ont conduits au point actuel, où, pour sauver leurs consciences, ils ont opté, in extremis, à quatre jours de la date retenue, pour le report des élections. Le seul résultat, c’est un affaiblissement profond de la démocratie. Dans la rue, les gens circulent toujours, les travailleurs sont obligés de s’acquitter de leurs tâches, les familles sont privées des aides qui leur permettraient de rester vraiment à la maison, de se confiner, pour bloquer l’avancée des contagions. Nous sommes devant une politique inconsistante.

Avant même la crise sanitaire, avait commencé la crise économique. Ses conséquences sociales sont dramatiques. Comment affrontez-vous cette crise sociale comme maire d’un secteur populaire ?

Daniel Jadue Les conséquences économiques de cette crise sont liées au modèle économique qui s’est imposé ces trente dernières années. Nous essayons, au niveau local, d’affronter cette situation avec des mesures qui garantissent la vie des gens, qui contribuent à la rendre plus simple. Nous avons été précurseurs, à Recoleta, de plusieurs initiatives, avec la création de structures solidaires : des pharmacies populaires (pharmacies municipales qui vendent les médi­caments à prix coûtant, soit en moyenne 30 % de moins que dans les pharmacies privées – NDLR), des opticiens, une librairie, une boutique de musique et d’autres services qui facilitent la vie et tissent, en même temps, une communauté ouvrant la possibilité d’une transition culturelle pour sortir des valeurs du néolibéralisme. Je crois que c’est la meilleure recette pour affronter cette crise.

Quelles sont les propositions immédiates, concrètes du Parti communiste chilien pour faire face à cette crise ?

Daniel Jadue Ce que nous proposons dans l’immédiat, c’est la création d’un revenu familial d’urgence, pour une durée minimale de six mois, afin de freiner ce cycle de crise, tout en créant des conditions favorables à la réduction de la mobilité, en décrétant des restrictions plus fortes. Dans un second temps, nous défendons un programme de création d’infrastructures publiques indispensables à la relance de l’économie. Nous sommes, enfin, attachés à deux propositions centrales : la reconnaissance constitutionnelle du travail domes­tique, pour aller vers l’élaboration de politiques publiques qui le régulent, le protègent et lui reconnaissent sa valeur productive, et la construction de logements sociaux en location à un prix équitable dans tout le Chili, de façon à réguler le marché de l’immobilier. Ce sont là des mesures d’urgence qui viendraient en complément d’autres propositions, comme une réforme fiscale permettant entre autres une imposition des super-riches, la récupération de nos ressources naturelles par une taxe spécifique sur leur exploitation. Le système fiscal chilien doit être refondé pour permettre à l’État de retrouver les ressources indispensables à une intervention plus profonde pour faire face aux circonstances présentes.

Vous parlez des ressources naturelles. Les expor­tations du Chili dépendent à 60 % du cuivre. Comment le Chili peut-il en profiter et pas seulement les propriétaires des mines ? Comment sortir de la dépendance à l’économie d’extraction ?

Daniel Jadue Nous sommes favorables à l’instauration d’une taxation progressive sur l’exploitation du cuivre : au-dessus du prix de 5 dollars la livre, tout reviendrait à l’État. La proposition générale consiste, en fait, à augmenter la contribution de toutes les activités liées à l’exploitation des ressources naturelles, pas seulement les activités minières. Et nous ne parlons pas seulement du cuivre, mais aussi de l’or, du molybdène, des terres rares, etc. La loi jusqu’ici est très permissive et laxiste pour le secteur privé, auquel elle assure une rente économique énorme. Ce secteur génère tant de profits qu’il y a là, je crois, un gisement de ressources très important. Mais il y a plus : nous avons l’intention d’investir une grande partie de ces ressources dans la science, la technologie, l’innovation, de façon à générer un enchaînement productif en amont et en aval de l’extraction des ressources naturelles, avec l’objectif de renforcer l’industrialisation de notre pays. Cela requiert un profond changement de notre base productive. L’horizon, c’est bien sûr la sortie d’un modèle extractiviste totalement épuisé, aussi épuisé que la vision idéaliste de la globalisation économique. Je crois que désormais les territoires doivent faire le choix d’activités durables, de l’autosuffisance, pour faire face à ce qui vient dans le monde. Cela implique le plus fort ralentissement possible de l’exploitation des ressources naturelles, en particulier de l’extraction des ressources non renouvelables.

Tous les partis d’opposition se sont réunis, il y a quelques semaines, pour discuter d’une primaire en vue de l’élection présidentielle. Que peut-on espérer de ces échanges, qui se poursuivent ?

Daniel Jadue Je crois qu’il est un peu tôt pour savoir ce qu’on peut attendre de ces pourparlers. Pour l’instant, nous essayons surtout d’avancer sur la discussion programmatique, et sur la possibilité même de parvenir à l’unité. La tenue des élections à la Convention constituante sera déterminante, car elles nous donneront une photographie précise de l’influence de chacune des forces politiques, ce qui éclaircira les perspectives pour déterminer clairement la meilleure façon d’affronter la droite aux prochaines élections générales. Actuellement, il y a autant de possibilités d’arriver à un candidat unique de l’opposition que de déboucher sur deux candidatures : l’une sociale-démocrate, l’autre antilibérale. Dans tous les cas, il faut arriver à un accord d’appui mutuel pour le second tour s’il n’y a pas de candidat unique.

Comment la droite a-t-elle balisé ce processus constituant pour en limiter la portée ?

Daniel Jadue Sa stratégie est la même que celle utilisée partout dans le monde : la mobilisation des médias qu’elle contrôle. Au Chili, quasiment 100 % des médias sont liés au camp conservateur, à la droite, à l’extrême droite, et au centre droit représenté par la démocratie chrétienne. Ils ont mené une campagne vraiment odieuse contre les possibles réformes profondes qui pourraient sortir de cette Convention constituante. Et, dans le même temps, ils cherchent à effrayer les Chiliens en invoquant des expériences politiques étrangères qui n’ont pas mené aux succès escomptés, ou qui ont échoué. L’objectif est de tirer dans les imaginaires un trait d’égalité entre la nouvelle Constitution et le chaos. Mais il semblerait que cette stratégie, jusqu’ici, ne porte pas vraiment ses fruits.

Si vous étiez élu président de la République, symbo­liquement, quelle serait votre première mesure ?

Daniel Jadue Symboliquement ? Laissez-moi réfléchir… La renégociation des grands contrats miniers, l’ouverture d’un processus de nationalisation dans ce secteur. Et puis, aussi, la reconnaissance constitutionnelle du travail domestique, qui est au cœur de la contradiction entre capital et travail.

Comment analysez-vous les processus politiques en cours en Amérique latine ?

Daniel Jadue Je suis plutôt critique. Lorsque la droite a commencé à revenir au pouvoir dans certains pays, beaucoup ont prédit le retour d’un cycle néolibéral. Je ne le crois pas. Le néolibéralisme comme programme politique est, à mes yeux, absolument incompatible avec la démocratie. Si la droite gagne, ce n’est pas parce qu’un cycle néolibéral serait revenu avec la promesse, pour les gens, d’une meilleure qualité de vie. Si la droite gagne, c’est uniquement et exclusivement à cause de l’échec de la gauche. Et cet échec tient, de mon point de vue, à quatre facteurs essentiels, qui devraient faire l’objet d’une autocritique. Le premier, c’est que la gauche, en Amérique latine, n’a pas changé la base productive là où elle a gouverné. Elle a mieux réparti les richesses, mais sans jamais aller au fond de la contradiction entre le capital et le travail. C’est ce qui s’est passé au Brésil, en Argentine, au Venezuela, où la rente a été mieux distribuée, mais sans toucher au mode de production. C’est là un problème que nous devons affronter d’une façon ou d’une autre. Je crois, au passage, que la reconnaissance constitutionnelle du travail domestique serait une façon de se confronter à cette contradiction capital/travail, de reconnaître que la richesse que le capitalisme crée supposément se crée en fait en payant les travailleurs moins que la valeur de leur travail pour rémunérer le capital davantage que ce qu’il apporte au procès de production. Cette contradiction s’exprime de manière radicale dans ce travail domestique de tous les jours, tout au long d’une vie, que personne ne rémunère jamais. Second facteur : les processus initiés par la gauche ont cédé au caudillisme en tournant le dos à la construction collective, avec de fortes person­nalités qui se sont construites dans les imaginaires des peuples comme indispensables, ce qui a fini par tuer ces processus. Pour conduire les changements, il faut dépasser l’alliance historique entre les secteurs déclassés de la bourgeoisie et le monde populaire. Et cette rupture ne peut intervenir qu’à condition de renforcer le rôle dirigeant de la classe des travailleurs dans le processus. Pas en s’appuyant sur des dirigeants issus de cette bourgeoisie déclassée. Troisième facteur : la complaisance que nous avons observée vis-à-vis de la corruption et du gaspillage des ressources publiques. Je crois qu’il y a là une dette historique, une trahison envers la conscience d’avant-garde des mouvements progressistes. Finalement, de ce point de vue, nous n’avons pas réussi à gouverner mieux que la droite. La dernière limite de ces processus latino-américains, c’est l’absence d’investissement dans l’économie de la connaissance. À l’exception de la Bolivie, personne n’a investi dans la science, la technologie, l’innovation, indispensables au développement d’une industrie. Il faudra tirer les leçons de ces échecs car, si nous ne leur portons pas l’attention qu’ils requièrent, il ne sera pas possible de réenchanter la politique.

Que représente pour vous la Palestine ?

Daniel Jadue La colonisation de la Palestine m’affecte particulièrement puisque je suis à la fois chilien et palestinien. Mes origines palestiniennes ont tenu une place fondamentale dans la constitution de mon identité. La Palestine représente l’une de mes grandes douleurs, avec le Chili de Pinochet et l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid. Ces trois lieux du monde ont été le théâtre de grandes souffrances à l’humanité.

Marathon électoral en 2021

Neuf élections sont prévues cette année au Chili. Les 15 et 16 mai, les électeurs sont appelés à désigner les membres de la Convention constituante, ainsi que les maires et conseillers municipaux des 356 communes. Ce sera aussi le premier tour de l’élection des gouverneurs des 16 régions (second tour le 13 juin). Le 18 juillet, des primaires départageront les aspirants à la candidature à l’élection présidentielle du 21 novembre, en même temps que les élections sénatoriales, législatives et régionales. Le second tour de la présidentielle doit clore ce marathon, le 19 décembre. Et en 2022 devrait se tenir un référendum pour approuver ou non la  nouvelle Constitution.

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 14:00
Présidentielle. Les communistes entrent dans l’arène - L'Humanité, 10 mai 2021
Présidentielle. Les communistes entrent dans l’arène
Lundi 10 Mai 2021 - L'Humanité

À 72,40 %, les adhérents du PCF ont opté pour présenter leur propre candidature en 2022. Fabien Roussel propose un « pacte national pour le monde du travail, pour notre jeunesse ».

Cette fois, c’est officiel, Fabien Roussel est candidat à l’élection présidentielle. Une première pour les communistes depuis quinze ans. « Je suis enthousiaste de mener – avec vous, pour vous – la bataille de l’élection présidentielle et des législatives de 2022, afin d’ouvrir une nouvelle page de notre histoire commune, afin de construire réellement, concrètement, cette France des “jours heureux” ! » a lancé le secrétaire national du PCF à l’issue du vote des militants communistes, qui lui ont confié l’investiture ce week-end. Entre vendredi et dimanche, ils sont 69,45 % des 43 473 adhérents à jour de cotisation à avoir participé à ce scrutin sur leur stratégie en 2022. 72,40 % se sont prononcés en faveur de la première des deux options qui étaient sur la table. Celle-ci compte non seulement une candidature communiste à la présidentielle, mais elle engage également le PCF à travailler à un « pacte d’engagements communs » incluant « des mesures immédiates, des propositions structurelles, appuyant les luttes, pour constituer une majorité de gauche à l’Assemblée nationale ».

Lire aussi : Les communistes veulent bâtir les « Jours heureux du XXIe siècle »

En attendant, c’est aux Français que le député du Nord a proposé, dimanche, « de forger, de sceller un pacte national pour le monde du travail, pour notre jeunesse » : « Oui, cette crise nous impose de nous unir, de reprendre en main notre destin, de reprendre le pouvoir aux multinationales, aux banques et assurances. Il est là, l’enjeu de cette élection. Et ce doit être la priorité de la gauche. C’est la mienne », a-t-il déclaré répétant qu’il ne se « résou(t) pas au scénario malsain d’une élection présidentielle figée dans un duo entre le président actuel et l’extrême droite ».

Après des mois de débat, le candidat appelle à l’unité de sa formation

La seconde option soumise aux communistes, qui privilégiait une candidature commune avec les autres forces de gauche politiques, sociales et citoyennes « dans la clarté d’un projet de rupture », a finalement recueilli 23,13 %. Ses partisans prennent « acte » mais veulent croire que le débat n’est pas définitivement clos. « Pour beaucoup de camarades, c’était plus un vote anti-Mélenchon ; or, ce n’est pas le sujet. La question, c’est le risque d’un second mandat Macron et une vraie menace de l’extrême droite. On sera à nouveau amenés à se poser la question de comment éviter le pire, le risque fasciste, il faut appeler un chat un chat », estime Robert Injey, membre du conseil national du PCF, assurant pour autant ne pas avoir « entendu de camarades dire qu’ils vont quitter le Parti ou faire campagne pour quelqu’un d’autre ».

Après des mois de débat, c’est aussi à l’unité de sa formation qu’a appelé Fabien Roussel. « Notre force, la force du projet que nous voulons faire gagner pour la France, passera par la mobilisation de vous toutes et de vous tous », leur a-t-il adressé, dimanche, avant de décliner les nombreux chantiers qu’il entend ouvrir. S’il a évoqué l’Europe, la paix ou encore l’agriculture, c’est avant tout à « être le candidat du monde du travail et de la création » qu’aspire le parlementaire. De la hausse des salaires à l’interdiction des délocalisations, il a appelé, dimanche, dans son premier discours de candidat, à renvoyer « tous les apôtres de l’argent roi rejoindre les aristocrates du passé » et à reprendre « ce pouvoir qui nous appartient et qui n’aurait jamais dû nous échapper ».

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 13:57
Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle. Franc-parler et lutte des classes - Julia Hamlaoui, L'Humanité, 10 mai 2021
Fabien Roussel, candidat communiste à l'élection présidentielle. Franc-parler et lutte des classes
Lundi 10 Mai 2021

Le député du Nord et secrétaire national du PCF a été désigné à 82,36% par les adhérents du PCF pour être le candidat communiste à l’élection présidentielle. Il assure qu’il sera le candidat du monde du travail et de la jeunesse, en remettant les urgences sociales au cœur du débat. Portrait.

 

«La France ne manque pas de moyens, loin de là. Mais ils ne profitent qu’à une minorité. Une infime minorité qui prospère insolemment. Ce sont eux les véritables assistés de la République ! » En quelques mots, devant un congrès qui vient de l’élire à la tête du PCF, Fabien Roussel désigne la cible.

On est en novembre 2018, Emmanuel Macron s’apprête à entériner un nouveau « budget des riches », les gilets jaunes frappent à la porte et les blouses blanches crient déjà leur désarroi. Trois ans et une pandémie plus tard, les communistes ont à nouveau voté, et leur secrétaire national a désormais un nouveau défi à relever : se lancer dans la course à l’Élysée.

Icon Quote Il fallait un nouveau visage pour porter notre message, un langage qui imprègne.  André Chassaigne, député PCF

«Il fallait un nouveau visage pour porter notre message, un langage qui imprègne», raconte le député André Chassaigne, qui figure parmi ceux qui ont soutenu dès le départ sa candidature. À l’heure d’entamer la campagne, le principal intéressé jure ne pas y avoir pensé tous les matins en se rasant : « On ne décide pas d’être candidat à la présidentielle, c’est un cheminement au fil des rencontres », assure-t-il.

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Icon World Carte interactive. Une analyse géographique du vote interne des adhérents du PCF sur la stratégie pour l'élection présidentielle

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S’il relève le gant, déterminé à « aller jusqu’au bout », c’est pour « redonner espoir » à tous ceux qu’il a vus dans son « tour de France des entreprises », entamé voilà deux ans. « L’énergie, je la trouve dans les témoignages que je recueille, dans les coups de colère que j’entends. Le dernier qui m’a saisi, c’est à Caudan, à la Fonderie de Bretagne. »

Porte-parole de la France qui souffre

Là, les salariés, qui fabriquent des pièces pour Renault, lui expliquent les sacrifices consentis et, à la fin, « l’actionnaire qui les jette quand même comme des Kleenex ». Une injustice qui prend aux tripes. Alors, le désormais candidat se rêve en porte-parole de cette France qui souffre. «Chaque fois que je suis sur un plateau, ce sont leurs visages que j’ai constamment dans la tête, confie-t-il. Je veux qu’ils retrouvent une utilité à voter pour eux.»

Il s’agit, défend-il, de «mettre sur le podium des idées de la campagne : le salaire, la relocalisation, l’industrie, nos services publics, la jeunesse, la lutte contre les inégalités, l’évasion fiscale…» Et, au passage, de démasquer l’imposture de l’extrême droite : « Pour taper sur le gouvernement, les gens veulent utiliser le bâton le plus efficace, aujourd’hui c’est le RN. Mais ça leur rapporte quoi ? Le drame, c’est qu’en le mettant à un aussi haut niveau, non seulement il n’y a pas de conquêtes sociales, mais en plus, ça crée de la division, des tensions, de la haine, du racisme. Ça affaiblit le peuple. C’est un poison mortel», martèle le député du Nord.

 

Une rage de vaincre les inégalités

«La droite et l’extrême droite étouffent les questions sociales, alors qu’une désindustrialisation massive est en train de se mettre en place sous prétexte du Covid, abonde Laurent Brun.  Les patrons de l’industrie peuvent tranquillement annoncer qu’ils vont supprimer 100 000 emplois. Avoir une candid ature qui axe là-dessus la campagne, ça redonne de la visibilité.» Selon le secrétaire général de la CGT cheminots, possède, pour cela, un atout dans la manche : « “On a l’impression d’avoir quelqu’un comme nous en face”, c’est ce que m’ont dit les grévistes, après une rencontre avec lui lors de la mobilisation contre la réforme des retraites. »

Icon Quote Fabien est de toutes les luttes, c’est un homme de terrain.  Alain Bocquet, ancien député PCF

Né en 1969 à Béthune, avant de suivre son père, correspondant pour l’Humanité, deux ans au Vietnam, puis de rejoindre sa mère pour finir le lycée à Champigny, c’est aussi des Hauts-de-France que le président du groupe GDR, André Chassaigne, l’a vu débarquer et « foncer tête baissée » à l’Assemblée nationale en 2017.

Et c’est déjà à Saint-Amand-les-Eaux, où il succède à Alain Bocquet comme député, qu’il est élu pour la première fois comme conseiller municipal, en 2014. Il est alors secrétaire de la fédération du Nord du PCF. De ce territoire, il tire une rage de vaincre les inégalités. « Quand je vois ce que les travailleurs chez moi ont pu donner au pays et qu’aujourd’hui on a une surmortalité du fait du désengagement de l’État… Je voudrais porter une République qui respecte tous ses territoires, tous ses habitants. » « Déjà en 2018, on a organisé une marche des Hauts-de-France vers l’Élysée pour mettre un coup de projecteur sur ces inégalités », se souvient Karine Trottein, qui lui a succédé à la fédération du Nord.

Avant ça, le communiste a vu du pays. « Après un passage à l’Humanité, j’ai été journaliste indépendant, ce qui m’a permis de voyager, des fois avec des salaires qui rentraient… et des fois pas. Quand j’ai eu mes jumeaux, mes premiers enfants, il a fallu que je me calme et j’ai travaillé pour France 3 Nancy.» Désormais, pas moins de cinq jeunes visages figurent sur la photo de famille qu’abrite son téléphone. « Une vraie pub United Colors ! » sourit le député devant l’image de sa famille recomposée, prise à l’arrière de sa maison en briques.

Son bagou ne date pas d’hier

Son prédécesseur sur les bancs de l’Assemblée ne tarit pas d’éloges à son endroit : «  Fabien a compris que le monde du travail est un élément déterminant. Ascoval, Bridgestone… il est de toutes les luttes, c’est un homme de terrain », se félicite Alain Bocquet, qui lui a aussi transmis le virus de la lutte contre l’évasion fiscale. Un combat qui rime parfois avec coup d’éclat. «Un jour, au début du mandat, il m’a appelé – il était dans le train – pour me dire qu’il venait de réussir à créer une société offshore en quelques clics sur son téléphone », s’amuse encore André Chassaigne.

Dans l’Hémicycle, il transforme « l’expérience » en démonstration et informe le ministre Gérald Darmanin, alors en charge des Comptes publics, qu’il l’a nommé directeur général d’une société qui permet de délocaliser des fonds dans « vingt-trois paradis fiscaux au choix ». De tête, il cite encore le dernier rapport sur l’ISF avant sa suppression : «  Ils étaient 358 000 familles, leur patrimoine taxable s’élevait à 1 028 milliards d’euros, et on leur en prenait 3,6… Ça me fout en rage, quand je reçois dans ma permanence une dame qui a 600 euros d’électricité à payer dans son logement pourri et qui pleure parce qu’elle n’a pas de quoi habiller son gamin.»

Son bagou ne date pas d’hier. « Je le revois monter sur une chaise dans le préau et prendre la parole devant 200 personnes, mégaphone en main, pour dénoncer ce qui se passait en Afrique du Sud», se rappelle Olivier Marchais, qui a partagé ses années de lycée. À l’époque, avec la Jeunesse communiste, Fabien Roussel est sur le pont pour la libération de Nelson Mandela, mais aussi contre la loi Devaquet, qui prévoyait la sélection à l’entrée à l’université.

De premiers pas en politique soldés par une double victoire, qu’il compte bien ne pas se laisser voler. « Ce tte semaine, j’ai réuni une douzaine d’organisations de jeunesse pour parler du “pacte pour la jeunesse” que nous voulons construire avec elles, et un jeune de l’UNL a dit que Blanquer mettait en œuvre les lois Monory-Devaquet. Je me suis dit : “On a réussi à l’empêcher en 1986, on va continuer le combat et aller jusqu’au bout aujourd’hui ! ”  » lance le député avec cette gouaille qui marque sur les plateaux télévisés.

Icon QuoteJe voudrais porter une République qui respecte tous ses territoires, tous ses habitants. Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

Son franc-parler, cependant, lui joue parfois des tours. Au service de communication du PCF, on rit jaune, par exemple, au souvenir de la comparaison, sur CNews, avec « un string brésilien » utilisé pour imager la critique contre la légèreté des mesures mises en œuvre contre l’arrivée du variant sud-américain. « On a les défauts de ses qualités », reconnaît Roussel qui plaide la « sincérité ». Une franchise dont il reproche volontiers à d’autres à gauche d’être dépourvus.

« Un rapport de forces à construire »

Le candidat PCF tire aussi des leçons de son expérience au cabinet de la communiste Michelle Demessine, nommée secrétaire d’État au Tourisme au sein du gouvernement Jospin, en 1997. «Nous sommes utiles dans un gouvernement, mais à chaque fois, Lionel Jospin et le ministre de l’Économie et des Finances de l’époque, Dominique Strauss-Kahn, disaient : “Ces réformes sont justes, mais le pacte européen ne nous permet pas de les mettre en œuvre.’’ L’orthodoxie budgétaire, déjà. » Et de poursuivre : « C’est là-dessus que la gauche plurielle a buté. Elle n’a pas été au bout des espoirs qui lui étaient confiés, et c’est la première fois qu’on a eu Le Pen au second tour. Et la deuxième fois, c’était avec Hollande…»

Face aux 2 % que lui promettent pour l’heure les sondages, le député ne perd pas sa répartie : «Je suis un mec positif, un combattant, on n’est qu’au début de la campagne, chaque élection présidentielle a révélé son lot de surprises. »  «Si je ne suis pas élu, ce qui peut arriver, glisse-t-il en souriant avant de reprendre son sérieux, qu’au moins les idées que nous aurons portées pendant la campagne s’imposent. C’est un rapport de forces à construire pour que le monde du travail, la jeunesse se fassent respecter.» 

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 13:55
Fabien Roussel lance sa campagne thématique - L'Humanité, Naïm Sakhi, 12 mai 2021
Présidentielle. Fabien Roussel lance sa campagne thématique
Mercredi 12 Mai 2021

Fraîchement désigné candidat, le secrétaire national du PCF a présenté ses premières propositions, notamment sur la sécurité et la jeunesse.

 

«F aire campagne sur les grands sujets qui préoccupent les Français, sans en exclure aucun. » Fabien Roussel a voulu donner le ton pour son début de campagne. Deux jours après avoir été investi candidat du PCF par ses militants, le député du Nord a tenu une conférence de presse, mardi 11 mai, pour exposer ses premières propositions. Le candidat communiste pour la présidentielle a aussi promis de « multiplier les rencontres et les déplacements à travers le pays » dans les semaines à venir.

Police de proximité

Et c’est sur le thème de la sécurité, plutôt inhabituel pour un candidat de gauche, que Fabien Roussel a dégainé ses premières propositions. « Ma gauche ne sera pas laxiste », assure le député du Nord, affirmant qu’il s’agit là d’une « question populaire ». Le candidat veut créer une police de proximité de 30 000 agents nouvellement recrutés, « statutaires », et dotés d’une « meilleure formation qu’actuellement ». Sur sa présence à la manifestation organisée par les syndicats de police le 19 mai, annoncée un peu plus tôt dans la journée, le communiste assure avoir été invité « à une marche citoyenne par les policiers de Saint-Amand-les-Eaux », sa commune de cœur, où il est élu. Le candidat espère que l’appel pour cette manifestation « sera large ». En parallèle, Fabien Roussel a annoncé une rencontre dans les jours à venir avec certains syndicats de police et de commissaires. « Les premières victimes de l’insécurité, ce sont les habitants des quartiers populaires », insiste-t-il, annonçant être favorable au renforcement des peines encourues en cas d’agression contre les forces de police, mais aussi contre « les enseignants, les contrôleurs dans les trains, les agents des guichets du service public… ».

Mais pour Fabien Roussel, « il faut marcher sur les deux jambes. La réponse ne peut pas être que répressive ». Le communiste ambitionne ainsi d’augmenter de 50 % les budgets de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur d’ici 2027. Il souhaite notamment limiter à vingt le nombre d’enfants par classe au nom de « l’égalité républicaine ». Plus largement, il propose de construire « un pacte » avec une jeunesse passée « des bancs de la fac à celle des queues de l’aide alimentaire ». Le candidat du PCF, qui a d’ores et déjà rencontré douze organisations de jeunesse, veut instaurer, entre autres, un « revenu de 850 euros pour tous les étudiants ».

La levée des brevets des vaccins

Fabien Roussel veut aussi « faire de cette élection un moment de luttes et de combats pour imposer des idées nouvelles », prenant en exemple le changement d’avis d’Emmanuel Macron sur la levée des brevets des vaccins. Le député rappelle ainsi qu’il demande cette action depuis le 20 juillet, date à laquelle il avait formulé cette nécessité lors des questions au gouvernement. S’il espère que la France votera cette suspension des brevets devant l’OMS, le communiste avertit qu’il faudra ensuite se battre pour « élargir les capacités de production des vaccins », afin de « faire reculer la logique de l’offre et de la demande pour obtenir des vaccins génériques ». Fabien Roussel affirme enfin qu’il continuera à être présent à toutes les mobilisations à venir, notamment celles contre les délocalisations, pour faire « surgir dans cette campagne des milliers d’hommes et de femmes cachés dans l’abstentionnisme ». « Les centaines de sièges du PCF en France seront ouverts, partagés et avec une convivialité que nous avons tant besoin de retrouver », conclut-il.

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 05:42

 

Les infirmiers et aides-soignants des « réas », ces unités hospitalières, cœur de lutte contre le Covid, manifestent ce mardi dans 117 villes. Ils répondent à l’appel de l’Union des réanimations en France pour une reconnaissance, des syndicats d’infirmiers, de la CGT et de SUD.

Ils n’avaient jamais été autant sous les feux des projecteurs : depuis plus d’un an, l’activité des services de réanimation est devenue un enjeu décisif pour l’ensemble de la population mondiale. Les yeux rivés sur les taux d’occupation et le nombre de nouveaux entrants dans ces unités hospitalières, les citoyens et leurs gouvernements vivent au rythme de l’afflux des patients présentant les symptômes les plus graves. Célébrés comme des héros au début de la pandémie, prétendument récompensés comme tels par le Ségur de la santé et ses 183 euros d’augmentation, les soignants des réanimations de France ne se sentent toujours pas estimés à leur juste valeur.

 

« On y laisse des plumes »

À l’occasion d’une journée d’action inédite, les paramédicaux de réa, mais aussi de soins critiques, soins intensifs et déchocage, ont d’ores et déjà prévu de se mobiliser aujourd’hui dans 117 villes de France pour exiger non seulement une revalorisation salariale mais aussi une reconnaissance de leurs compétences spécifiques, qui fait cruellement défaut à l’heure actuelle. « Il y a plein de gestes techniques très pointus à connaître en réa, des produits et traitements à manipuler avec précaution. Il faut plusieurs mois pour les maîtriser », pointe Nathalie Loinsard, secrétaire de la CGT au CHU de Rennes, qui a travaillé plus de sept ans en réanimation avant d’être mutée en pneumologie.

« Une erreur de dosage dans un traitement, un mauvais calibrage de machine, tout cela peut être dangereux. Ce sont des compétences spécifiques qu’on n’apprend pas à l’école, ou alors très rares sont les infirmiers qui obtiennent le financement pour décrocher le diplôme universitaire concerné », explique Benjamin Berthet, infirmier diplômé d’état (IDE) et délégué syndical CGT à l’hôpital Lyon-Sud. À cet égard, les formations accélérées de leurs collègues d’autres services pour servir de renforts face à la vague de Covid-19 ont certes permis de faire face à l’afflux de patients en réanimation, mais cela s’est traduit par un alourdissement des tâches des soignants déjà en poste dans ces unités. « La plupart du temps, on arrive à rattraper les erreurs qui sont faites par nos collègues, mais on y laisse des plumes. Nous, parce qu’on doit les surveiller tout le temps, eux, parce que c’est tellement stressant que certains se retrouvent complètement dégoûtés de leur métier. Et puis parfois, les erreurs peuvent avoir des conséquences plus dramatiques… » témoigne l’agent hospitalier, qui s’est porté volontaire pour accompagner les nouveaux venus.

Icon QuoteDans notre service, il nous manque 18 postes. On est obligés de bâcler les soins. THIERRY ROUSSELIN, AIDE-SOIGNANT EN RÉANIMATION AU CHU D’ANGERS

« Dans notre service, il nous manque 18 postes. On est obligés de bâcler les soins. La fatigue et la dégradation des conditions de travail nous mettent en danger et mettent les patients en danger », dénonce Thierry Rousselin, aide-soignant en réanimation au CHU d’Angers depuis quinze ans et délégué syndical SUD santé sociaux. Si leur métier nécessite moins de technicité que celui de leurs collègues infirmiers, la spécificité du milieu de la réanimation exige néanmoins un temps de formation pour les aides-soignants qui débarquent dans le service. « On travaille en douze heures depuis un an. Au départ parce que c’était imposé par le plan Blanc, puis parce que les collègues sont tombés dans le piège en se disant que ça leur faisait des congés en plus. Les anciennes ne tiennent plus, elles partent. Or, on a besoin de personnes expérimentées pour former les nouvelles », précise-t-il.

 

Un décret bloque les salaires

Fortement marqués par l’expérience de la crise sanitaire, ces paramédicaux souhaitent que les infirmiers et aides-soignants qui se destinent à la réa suivent une formation obligatoire supplémentaire à l’issue de leur cursus de base, et que ces compétences supplémentaires soient reconnues sur le plan salarial. « Quand on s’est aperçu qu’on faisait preuve de beaucoup de technicité mais sans aucun traitement supplémentaire par rapport aux infirmières des autres services, on s’est dit : pourquoi ne pas demander une nouvelle bonification indiciaire (attribution de points majorés – NDLR) ? », se souvient Monica, infirmière en réanimation à l’hôpital de Beauvais. « Mais la direction de l’hôpital nous a répondu que, tant qu’un décret le permettant n’était pas publié, ils ne pourraient rien faire dans ce sens », poursuit-elle. C’est de ce service de l’Oise qu’est né le mouvement de l’Union des réanimations de France pour une reconnaissance, à l’automne dernier.

Icon Bullhorn Pour signer la pétition : Il faut un plan d'urgence pour sauver l'hôpital public ! 

Par le biais d’une page Facebook qui compte aujourd’hui plus de 3 000 membres, Monica et ses collègues infirmières se sont organisées avec leurs collègues de partout en France pour unifier leurs revendications et trouver une date de mobilisation nationale. Une initiative soutenue pleinement par leurs collègues médecins. « Leur longue expérience leur a fait acquérir des compétences techniques. Par exemple, nous citons la mobilisation et les soins des patients instables, intubés avec de lourds supports techniques qui exigent une attention toute particulière afin de ne pas compromettre leur sécurité  », écrivait le collectif de praticiens à la direction de l’hôpital déjà en juillet 2020, plaidant notamment pour une revalorisation salariale de leurs collègues. Si les paramédicaux ne pourront pas à proprement parler faire grève car ils seront réquisitionnés pour assurer la continuité du service public, ils comptent sur leurs collègues en repos pour rendre visibles leurs manifestations aujourd’hui.

 

Manque d’effectifs et de lits

« La réa a énormément évolué en quinze ans. Avec toutes les machines à maîtriser, le temps qu’on y passe, il nous faudrait quinze heures par jour et non douze pour tout faire correctement », explique Benjamin Berthet, infirmier en réanimation à l’hôpital Lyon-Sud et délégué CGT. Outre la question de la formation et de la revalorisation salariale, les paramédicaux souhaitent que le ratio patients/soignants soit revu en raison de l’alourdissement de leur charge de travail, pour « passer à 2 patients par infirmier et 3 par aide-soignant, contre 2,5 et 4 actuellement ». Une pétition est en ligne sur change.org.

 

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 05:33

 

Fabien Roussel appelle TOUTES LES FORCES POLITIQUES, TOUTES LES ORGANISATIONS QUI ONT SIGNÉ CET APPEL à se rencontrer dans les prochains jours pour décider d’initiatives communes pour interpeller gouvernement et direction de la Banque de France.

 

 

Le Comité européen des risques systémiques, organisme lié à la Banque centrale européenne (BCE), alerte sur les risques d’une multiplication des faillites provoquées par la double crise sanitaire et économique.

En France, les reports de paiements d’impôts et de cotisations sociales ont permis de repousser les échéances, et 675 000 PME et TPE ont souscrit un prêt garanti par l’État (PGE). Le nombre de défaillances d’entreprises a ainsi diminué de 38 % en 2020.

MAIS TOUTES LES FAILLITES QUI N’ONT PAS EU LIEU EN 2020 RISQUENT DE DÉFERLER QUAND LES AIDES S’INTERROMPRONT ET QU’IL FAUDRA REMBOURSER LES PRÊTS ET  250 000 EMPLOIS SERAIENT AINSI DIRECTEMENT MENACÉS.

C’est d’autant plus préoccupant que les banques sont en train de durcir leurs conditions de crédit, alors qu’elles ont reçu 2 000 milliards de prêts à taux négatif de la BCE.

Le gouvernement a annoncé que les aides ne seraient supprimées que progressivement et que les PGE pourraient être remplacés par des participations en capital. Mais l’attribution de ces allégements obéira aux critères de la rentabilité financière. Les PME-TPE qui font le plus d’efforts pour l’emploi, la formation, la recherche risquent de ne pas répondre à ces critères, surtout, comme c’est souvent le cas dans les secteurs les plus dynamiques, quand elles ne disposent pas d’actifs matériels à mettre en garantie.

Les syndicalistes de la Banque de France proposent que cette institution, dans le prolongement de son action en matière de droit au compte et de médiation du crédit, ait le pouvoir d’IMPOSER L’EXERCICE D’UN DROIT AU CRÉDIT POUR LES ENTREPRISES VIABLES QUI S’ENGAGERAIENT À CRÉER DES RICHESSES EN PRIVILÉGIANT L’EMPLOI ET LES CHOIX ÉCOLOGIQUES DE PRODUCTION.

Cette exigence d’un soutien massif aux PME-TPE qui s’engagent en faveur de l’emploi et de l’écologie se heurte aux suppressions d’emplois massives dans les banques, à la dégradation des conditions de travail de leurs salariés, à la contradiction violente entre leur conscience professionnelle et les consignes venues de leurs directions et des salles de marchés.

ELLE SE HEURTE AUX 1 000 SUPPRESSIONS D’EMPLOIS ANNONCÉES À LA BANQUE DE FRANCE, particulièrement dans les succursales départementales en contact avec le public et avec les petites entreprises, qui s’apprêtent pourtant à recevoir la vague des PME-TPE menacées de faillite (déjà 1 400 % d’augmentation des sollicitations au titre de la médiation du crédit) et celle des ménages touchés par le surendettement à la suite des pertes d’emplois.

C’EST CE QUE PORTE l’appel syndical « contre 1 000 nouvelles suppressions d’emplois à la Banque de France : Halte à la saignée ! », qui a obtenu le soutien de tous les partis de gauche et de très nombreuses associations. Il exige les moyens, pour notre banque centrale nationale :

  • de développer son activité au service de l’emploi et des entreprises ;
  • de développer son activité auprès des usagers en difficulté, en situation de surendettement, demandeurs d’un recours au droit au compte bancaire…
  • de garantir, conformément à la loi, la qualité et la sécurité de l’approvisionnement de tout le territoire en billets, alors que 131 suppressions d’emplois dans l’exercice de cette mission sont  annoncées ce jeudi au CSE central de la Banque de France.

Comme eux, nous considérons que le service public de la monnaie et du crédit exercé par la Banque de France va être vital pour sortir de la crise sanitaire et économique.

Aussi Fabien Roussel appelle TOUTES LES FORCES POLITIQUES, TOUTES LES ORGANISATIONS QUI ONT SIGNÉ CET APPEL à se rencontrer dans les prochains jours pour décider d’initiatives communes pour interpeler gouvernement et direction de la Banque de France.

 

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