Nos militants et les tracts avec les mots de Fabien Roussel sur la défense du pouvoir d'achat, du travail et des salaires, ont reçu bon accueil.
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Rencontre régionale PCF Bretagne sur les mobilités
Samedi 8 octobre 2022 à Morlaix
Intervention OLLIVIER Jean-Yvon CGT Cheminots Morlaix.
Bonjour à tous.
Au préalable, nous tenons à remercier le PCF Bretagne pour son invitation.
Ce rendez-vous se tient à Morlaix : nous nous en félicitons, tant pour son thème général sur les mobilités que pour le symbole du lieu retenu dans le cadre du maintien et du développement de la ligne ferroviaire Morlaix Roscoff.
Après l’intervention de Cyril DALLOIS qui a replacé les enjeux de cette ligne dans son contexte, nous rappelons maintenant, comme prévu au programme de cette journée, les actions réalisées en local par nos structures CGT.
A partir de nos archives syndicales, j’aurais pu dresser un « catalogue à la Prévert » sans doute inutile et peut-être lassant.
J’ai préféré indiquer les différents domaines concernés, donner quelques faits et montrer notre pugnacité, notre constance et notre cohérence dans cette lutte.
Tout d’abord, un peu d’histoire (et même de « préhistoire » …) : cette ligne ferroviaire a été inaugurée le 10 juin 1883, à l’issue d’un chantier long de … trois ans, construction du viaduc enjambant la Penzé comprise.
Jusqu'en 1971, les trains de voyageurs quittaient Morlaix et s'arrêtaient dans les haltes ou gares suivantes : Taulé, Taulé-Henvic, Henvic-Carantec, Plouénan-Kerlaudy, Saint-Pol-de-Léon et Roscoff (et, une fois par an, à l'occasion des courses hippiques de, le train s'arrêtait en face de l'hippodrome saint-politain).
Entre 1957 et 1981, des centaines de wagons, par jour, quittaient la gare de Saint-Pol-de-Léon pendant la saison des primeurs (choux-fleurs, artichauts et oignons) à destination des autres régions de France, mais aussi vers l'Allemagne.
Dans les années 60-70, la ligne employait une centaine de personnes.
En janvier 1984, la suppression de l’annexe B ter est notifiée (il s’agissait de réductions de l’ordre de 15 à 20 % consenties aux clients fret dans le cadre général d’une politique de désenclavement de la Bretagne).
En septembre 1990, la SNCF annonce la fin du trafic marchandises sur la ligne à partir du 28 janvier 1991 et laisse planer … une forte menace sur l’avenir du trafic voyageurs.
C’est le résultat et le lourd héritage des politiques d’abandon successives, laissant la part belle à la concurrence routière.
Pour notre part, syndicalement, nous avons toujours travaillé à faire évoluer notre système ferroviaire afin de le mettre toujours mieux au service de la desserte des territoires tant pour le transport des voyageurs que pour le fret.
Comme je le précisais en tout début, au plan local, nous avons agi à plusieurs niveaux.
Dans l’entreprise, bien sûr. Nous avons utilisé les outils de représentation du personnel (comme les commissions locales) pour dénoncer le mauvais entretien de la ligne. Un exemple, en 2004, nous avons bataillé ferme contre le démontage de voies en gare de Roscoff et sommes intervenus dans le dossier de l’espacement des trains par compteur automatique d’essieux. Dès 2015, avec nos syndiqués, nous avons « remis sur le papier » et actualisé les propositions de notre syndicat concernant la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff. Nous avons travaillé avec nos structures syndicales CGT (unions locales de Morlaix et Saint-Pol-de-Léon, union départementale, secteur des cheminots de Bretagne).
En direction de la population et des usagers : nous avons fait signer une pétition (en commun avec l’association APMR) sur les marchés pour le maintien de la ligne.
En direction de l’Etat. Au fil du temps, nous avons été reçus par les différents sous-préfets de Morlaix : nous les avons alertés sur le désengagement de l’Etat et leur avons remis nos propositions.
En direction des élus régionaux. A l’occasion des élections régionales, nous avons adressé une lettre ouverte aux candidat(e)s (sauf d’extrême droite). Nous avons eu des réunions, à leur demande, avec certains représentants locaux de listes (PCF, PS, EELV, UDB, Génération S). Nous avons rencontré, à plusieurs reprises, le vice-président Gérard LAHELLEC. Et récemment, une rencontre, sollicitée par le secteur CGT des cheminots de Bretagne, avec le vice-président Michaël QUERNEZ a enfin abouti …
Nous avons rédigé un avis, en date du 11 février 2022, sur le projet de contrat de plan Etat/Région Bretagne, où nous argumentions, une nouvelle fois, pour la prise en compte d’une réhabilitation de la ligne Morlaix Roscoff.
En direction des élus locaux. Nous avons exposé nos analyses et propositions à plusieurs maires et présidents de communautés de communes de l’axe Morlaix Roscoff.
En direction de la députée : elle nous a accordé un entretien il y a peu de temps, après avoir ignoré nos demandes tout au long de son 1er mandat …
En direction de la presse. Nous avons organisé des conférences de presse ou adressé des communiqués aux journaux locaux à chaque étape du débat sur la pertinence du maintien du lien ferroviaire entre Morlaix et Roscoff. A ce titre, le blog « Le Chiffon Rouge » du PCF du pays de Morlaix en était aussi destinataire, et nous vous en savons gré d’avoir chaque fois relayé nos écrits.
Participation à des rassemblements et des initiatives organisés par l’APMR, l’UDB et le PCF, avec prise de parole du syndicat.
Organisation d’un rassemblement et prise de parole le 14 janvier 2020 à Langolvas Morlaix avec les cheminots CGT de Brest-Landerneau et Quimper à la rencontre du secrétaire d’Etat en charge des transports Jean-Baptiste DJEBARRI qui finalement n’est pas venu …
Organisation d’un rassemblement régional avec le secteur CGT des cheminots de Bretagne devant la gare de Morlaix le 16 juin 2020.
Présence et interventions lors des réunions du Comité de lignes Iroise (sous l’égide du Conseil régional) : mais il n’existe plus et n’a pas été remplacé par une autre structure. Pour quelles raisons ? Il permettait aux usagers, à la population locale, aux associations et aux syndicats de faire part de leurs besoins et de leurs attentes sur tout ce qui faisait la vie de cette ligne (dessertes, informations, travaux, qualités de service, …).
Avant de conclure, deux précisions et une info :
1ère précision : SNCF Réseau ne cesse d’affirmer que les pluies orageuses qui ont emporté l’infrastructure sur quelques mètres au niveau de Sainte Sève le 3 juin 2018 seraient « malheureusement » à l’origine de l’arrêt d’exploitation de la ligne. Or depuis le 13 décembre 2015, la vitesse maximum autorisée des trains était de … 40 km/h. Il fallait donc compter 47 minutes (contre 28 minutes auparavant) pour effectuer le trajet de 28 kms. Puis la SNCF avait programmé l’arrêt total de l’exploitation au 1er janvier 2019. Cet incident est arrivé à point nommé pour SNCF Réseau puisqu’il a permis d’avancer de 6 mois la fermeture prévue sans avoir à se justifier. La preuve en est fournie par la suite donnée à cet incident. Il suffit d’observer la configuration du site pour s’apercevoir que les eaux qui ont provoqué ces dégâts venaient en tout ou partie de la route. Les travaux de réparation auraient donc dû être financés, en tout ou partie, par le tiers responsable de la gestion des eaux en ce point. Or la SNCF ne semble pas avoir amorcé la démarche de réparation qu’impose la gestion en « père de famille » du patrimoine.
Seconde précision : il est souvent écrit que la partie de voie à rénover est d’environ 28 kms. En réalité, c’est 25,5 kms. En effet, les circulations empruntent la voie principale Paris Brest sur 2,7 kms entre la gare de Morlaix et la Bifur de Roscoff. Cela a des conséquences sur le coût de rénovation, mais surtout sur le type de matériel roulant utilisé : il proscrit, à l’heure actuelle, un matériel léger …
L’info : après l’étude socio-économique sur les besoins de mobilités sur l’axe Morlaix Roscoff réalisée en 2018 (pour laquelle nous avions été auditionnés), une nouvelle étude est programmée. Dans ce cadre, un comité de pilotage (sous la présidence de Madame la Sous-préfète) a été mis en place : une première réunion s’est tenue le 10 novembre 2021, à laquelle nous n’avons pas été invités. Nous l’avions fait remarquer à Madame la Sous-préfète qui s’était engagée à nous inviter à la prochaine réunion. La deuxième réunion a eu lieu le 8 septembre 2022 pour laquelle nous avons été de nouveau oubliés. Cela ne se reproduira pas nous a-t-elle précisé en nous transmettant le compte-rendu.
En conclusion : durant toutes ces dernières années, nous n’avons cessé de faire connaître nos propositions avec comme fil conducteur la volonté de construire une démarche pour rassembler tous ceux qui veulent participer à la relance de cette ligne.
Jusqu’à maintenant, nous n’y sommes pas parvenus, même si, avec d’autres, nous avons réussi à faire que ce dossier reste d’actualité …
Dans de nombreuses régions, des collectifs d’usagers se mobilisent contre la fermeture de « petites » lignes ferroviaires et de gares.
Ils ont toutes les raisons d’être à l’initiative, comme aujourd’hui à Morlaix.
En effet, de nombreuses lignes de proximité ont été fermées sur le territoire français.
Ces « lignes de dessertes fines du territoire » (leur nom officiel) représentent plus de 9000 kms de voies ouvertes à la circulation voyageurs, soit près du tiers du réseau. Il y a donc du souci à se faire !
Localement, nous pensons qu’un cran « qualitatif » doit être franchi si nous voulons gagner cette bataille.
En conséquence, nous appelons, solennellement, à la création d’un large collectif de défense de cette ligne ferroviaire, où ensemble, populations, usagers, associations, partis politiques, élus, syndicats de salariés, nous pourrions échanger, nous mettre d’accord sur des propositions et exercer une vigilance démocratique accrue.
Merci de votre attention.
Voir aussi:
Au centre, lors de la conférence de presse du Comité de soutien à Vincenzo Vecchi, le député PCF Pierre Dharréville, initiateur d'une tribune collective de parlementaires pour Vincenzo Vecchi
Pilier du comité de soutien à l’altermondialiste italien, menacé d’extradition vers l’Italie, l’écrivain Eric Vuillard décortique, avec précision, les enjeux pour toutes et tous de cette affaire qui sera examinée ce mardi par la cour de Cassation. Voici le texte intégral de son intervention lors de la conférence de presse organisée à l’initiative du député PCF Pierre Dharréville mercredi dernier.
La liberté de tous commence par la liberté d’un seul. Et cela, nous le comprenons à chaque fois différemment, au gré des rencontres, dans des circonstances nouvelles. Ainsi, la liberté défendue contre l’Ancien régime ou contre une dictature moderne n’est déjà pas de même nature, et celle défendue contre une démocratie libérale peut sembler à première vue de plus faible intensité ; pourtant, c’est toujours une personne, une personne comme vous et moi, que l’on tourmente, et qui se trouve prise dans le vent glacé des institutions, et livrée à l’arbitraire des impératifs d’un gouvernement. C’est toujours un individu que l’on menace, c’est toujours un individu contre lequel le pouvoir s’acharne.
Vincenzo Vecchi a participé en 2001 aux importantes manifestations contre le G8, à Gênes. Il faut se souvenir que 16 ans plus tard, dans un entretien à La Repubblica, le chef de la police italienne, Franco Gabrielli, a reconnu que, lors de la terrible répression subie par les manifestants, ont été commis « des actes de tortures », ce sont ses propres mots. Et il ajoute : « A Gênes, un nombre incalculable de personnes innocentes ont subi des violences physiques et psychologiques qui les ont marquées à vie. » C’est le chef de la police italienne qui parle.
Mais la répression ne s’est pas cantonnée aux manifestations : après la police, la justice italienne a réactivé un ancien dispositif répressif, les lois Rocco, contre dix manifestants, parmi les 350 qui furent arrêtés, et ces dix manifestants furent condamnés à de très lourdes peines.
Ainsi, condamné à plus de dix ans de prison, Vincenzo Vecchi s’est réfugié en France. Il y a vécu paisiblement. En 2019, deux mandats d’arrêt européens sont émis contre lui. Le premier est caduc, la justice italienne ne pouvait l’ignorer, il s’agissait seulement de donner le sentiment à la justice française que Vincenzo Vecchi est un récidiviste. On instrumentalise le droit. On s’en sert à d’autres fins que celles pour lequel il est créé. Un mandat d’arrêt caduc est délivré pour donner l’impression que le prévenu est relaps, un repris de justice. Ce premier mandat d’arrêt n’est donc pas un mandat d’arrêt à proprement parler, c’est une manœuvre politique.
C’est donc à propos du second mandat d’arrêt que nous sommes réunis aujourd’hui. Il réclame que Vincenzo Vecchi soit livré à l’Italie afin d’y accomplir une peine de dix ans de prison pour « dévastation et saccage. » Le nom même de l’incrimination fait frémir : « dévastation et saccage. » On le sait bien, les noms ne sont jamais choisis au hasard. Ici, il faut faire peur, il faut donner le sentiment que les prévenus sont des gens sans aveux, des personnes dangereuses.
En réalité, c’est plutôt l’incrimination pour « dévastation et saccage » qui est un danger pour la justice. Elle répond en effet à une conception du droit tout à fait étrangère à nos traditions, tout à fait contraire à une tradition démocratique. Elle établit une infraction collective, sans qu’il soit besoin de démontrer une participation active de chacun ; il suffit que chacun ait « concouru moralement », notion bien vague, aux dégradations produites par la foule pour en être jugé responsable. Il s’agit d’une complicité passive. Or, dans notre droit, la responsabilité pénale ne peut être que personnelle, et la complicité active, on ne peut être accusé au nom d’une infraction que l’on n’a pas personnellement commise. Il faut des preuves, il faut une action personnelle. Cela va en réalité de soi. Alors qu’avec dévastation et saccage, il suffit d’avoir été présent, il suffit d’avoir commis de menus délits qui, reliés à des délits commis par d’autres, constituent l’incrimination. Et les peines sont alors très lourdes, et pourtant il s’agit seulement d’atteintes aux biens. Les peines vont de 8 à 15 ans de prison, ce sont des peines criminelles.
On le comprend, c’est le droit de manifester qui est visé, il faut intimider les citoyens, cette loi est une menace. Mais les sanctions sont bien réelles, elle n’est pas qu’une menace, elle est une répression très sévère. Elle constitue donc une atteinte très grave au droit de manifester. Il suffit d’avoir été présent sur une manifestation pour être responsable des désordres qui s’y commettent, et risquer une peine qui peut aller jusqu’à 15 ans de prison !
Dans les démocraties libérales, on s’est malheureusement habitué à une régression dans ce domaine, la liberté de manifester est de plus en plus contrariée, limitée, encadrée. Mais ces régressions restent cependant sans rapport avec ce que permet la loi « dévastation et saccage ». Car cette loi n’est pas le triste aménagement répressif d’une démocratie libérale, cette loi est une loi d’origine fasciste, elle a été conçue, rédigée par des juristes fascistes et promulguée le 19 octobre 1930. Il s’agit donc à proprement parler d’une loi mussolinienne. C’est au nom d’une loi mussolinienne que Vincenzo Vecchi est aujourd’hui réclamé par la justice italienne.
Mais ce n’est pas seulement une loi mussolinienne, ce n’est pas le sinistre vestige d’un ordre politique défunt, ce n’est pas une loi parmi d’autres, une loi anodine, vénielle, quelconque. Non. L’incrimination pour dévastation et saccage dont la cour de Cassation française va devoir dire le 11 octobre si elle est oui ou non compatible avec notre droit, puisque c’est là le point central de l’affaire, le problème juridique qui se pose, cette incrimination dont la cour de Cassation va devoir dire si elle est comparable à une incrimination de droit français, si, comme le prétend outrageusement l’avocat général, on pourrait, par exemple, l’assimiler au vol, (et cela pour des madriers que monsieur Vecchi aurait pris sur un chantier pour les placer au milieu de la route), cette incrimination dont le gouvernement prétend qu’elle est compatible avec notre droit puisqu’il appuie ouvertement la remise à l’Italie de Monsieur Vecchi, cette incrimination, « dévastation et saccage », n’est pas une incrimination vénielle, comme le vol, n’est pas le genre d’incrimination que l’on retrouve dans le code pénal d’un droit libéral, et pour cause, c’est non seulement une incrimination d’origine mussolinienne, mais c’est même la loi fasciste par excellence.
Lorsqu’elle est adoptée par décret en 1930, Mussolini est au pouvoir depuis huit ans. L’Italie est alors l’une des dictatures les plus autoritaires de l’Histoire. Et la loi « dévastation et saccage » est le cœur même de son arsenal répressif. Cette loi est donc par essence fasciste, elle est l’expression juridique d’un ordre dictatorial. En 1930, la structure pénale du régime mussolinien est définitivement consolidée par cette loi. On ne peut donc pas interpréter cette loi comme s’il s’agissait d’une loi comme les autres. Ce n’est pas le genre de loi que l’on vote dans un Parlement, et le mot « fasciste », ici, n’est pas une expression imagée, ni une comparaison éloquente ou excessive, c’est une loi littéralement fasciste. Dans sa propagande Mussolini voyait même dans cette loi un cas emblématique, il parlait d’une loi fascistissime.
Il est donc inquiétant de lire, dans les mémoires des différents avocats généraux, une tentative impérieuse, résolue, d’amalgamer cette loi à notre droit. Il est inquiétant de penser qu’un avocat général français, notre contemporain, discute et interprète l’arsenal répressif de la dictature mussolinienne comme un autre élément de droit, et le juge parfaitement compatible avec le droit français, au point même de se pourvoir deux fois en cassation contre les décisions de deux cours d’appel qui elles, Dieu merci, ont jugé à l’inverse que cette loi fasciste ne devait pas être confondue avec le droit français.
Mais alors, que veut l’exécutif ? Au nom de quelles valeurs s’acharne-t-il à appuyer la requête de la justice italienne ? Au nom de quelles valeurs fait-il comme s’il ne s’agissait pas d’une loi fasciste, mais d’une simple loi de notre voisin italien ?
Il y invoque pour cela une raison, dans le rapport que le gouvernement français a fait parvenir à la Cour de justice de la communauté européenne, qui vient de rendre sur l’affaire Vecchi un avis très préoccupant. La raison que le gouvernement français invoque, c’est la coopération européenne. Au nom de cette valeur suprême, la coopération européenne, mieux vaudrait, c’est la voix de la France, que soit appliquée une loi littéralement fasciste plutôt que l’impunité d’un prévenu. Il n’y aurait rien de pire qu’une mauvaise coopération européenne.
Ce serait donc cela nos valeurs ? Cette expression qui revient à longueur de temps ne signifierait ici que cela : la coopération européenne à tout prix, fût-ce au prix de l’identification de notre droit pénal avec le droit pénal mussolinien ?
Enfin, on ne peut pas oublier le contexte politique. Depuis que Vincenzo Vecchi est réclamé par l’Italie, l’extrême droite italienne est présente. Aujourd’hui, elle est même aux portes du pouvoir. Matteo Salvini était ministre de l’Intérieur lors de l’exécution du mandat d’arrêt européen à l’encontre de Vincenzo Vecchi. On sait que sa politique et ses références flirtent avec le régime fasciste, qu’il détourne sans complexe des slogans de Mussolini, qu’il se montre au balcon depuis lequel le dictateur avait assisté au lynchage de deux jeunes antifascistes. Ce n’est donc pas anodin.
À présent, c’est Frères d’Italie (Fratelli d’Italia) qui arrive au pouvoir, et dont l’idéologie se revendique très clairement du fascisme. C’est donc au nom d’une loi instituant une odieuse complicité passive, et réprimant autoritairement le droit de manifester, que le gouvernement français veut ouvertement livrer Vincenzo Vecchi à l’Italie, mais c’est encore une loi d’origine mussolinienne, et pas une loi ordinaire, mais une loi appartenant au cœur du dispositif pénal fasciste, une loi destinée à assurer l’autorité nécessaire à une dictature, que l’avocat général voudrait assimiler à la loi française, et cela au moment même où, en Italie, les émules du fascisme sont au pouvoir, c’est au nom d’une loi mussolinienne qu’il faudrait leur livrer un opposant, un militant antifasciste, un altermondialiste !
Mais alors, à quoi sert le contrôle du juge, à quoi bon, et quelle est donc la qualité cachée, la morale secrète de cette coopération européenne, qu’il faudrait assurer par-dessous tout, en sacrifiant, ici, les principes les plus fondamentaux, ceux que nous avons hérités de toute l’histoire démocratique ?
Car enfin, le problème technique posé par le mandat d’arrêt européen n’est pas qu’une affaire de droit. La cour de Justice a rendu un avis qui pourrait juguler terriblement le pouvoir de contrôle du juge.
Rappelons que dans le cadre des mandats d’arrêt européens, il existe une liste de 32 incriminations pour lesquelles il n’y a pas de discussion possible, si le droit a été formellement respecté, le prévenu est livré au pays européen qui le réclame. Mais dans tous les autres cas, le juge doit contrôler si la condition de double incrimination est respectée. En 2021, c’est un membre de la commission des lois, ici même, un député de la majorité présidentielle qui déclarait, lors de l’examen d’un amendement à la loi pour la confiance dans l’institution judiciaire : « La double incrimination doit être maintenue car elle est un principe fondamental du droit international. »
Si c’est un principe fondamental, alors le juge doit pouvoir contrôler, dans l’affaire Vecchi, si à une loi fasciste correspond une loi française. Ce ne peut pas être le cas. Si la cour de Cassation acceptait de réduire son contrôle, autrement dit son pouvoir, ce qui pour une institution serait une première assez curieuse, elle ferait du mandat d’arrêt européen une simple formalité. Dans ce cas, la cour de Cassation sacrifierait son rôle judiciaire, elle se cantonnerait à une fonction purement exécutive. Or, on le sait bien, il existe au moins trois pouvoirs, c’est au fondement de nos institutions, il existe trois pouvoirs qui doivent être séparés les uns des autres. Mais à priver le juge de son moyen de contrôle sur les mandats d’arrêt européen, on le ravale à une fonction exécutive, on en fait le simple exécutant des volontés gouvernementales. Ce serait inquiétant.
Car en dernière instance, le ton général de notre droit vient de la Révolution française, de ses prolongements. Le rapport que nous avons au droit vient d’un moment où les avocats, les juristes, ont joué un rôle de premier plan dans l’émancipation des hommes, dans l’expression des libertés et dans leur défense. Aussi, c’est la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui constitue le fond idéologique de notre droit. Il ne faut jamais l’oublier. C’est au nom de cette déclaration qu’en dernière analyse les magistrats doivent juger et interpréter le droit. C’est au nom de la liberté qu’ils doivent contrôler si un mandat d’arrêt doit ou non être exécuté, c’est au nom de la liberté qu’il leur faut écarter l’application d’une loi répressive venue d’un régime totalitaire.
C’est pourquoi, je remercie sincèrement, au nom du comité de soutien, les journalistes qui se sont, à un degré ou un autre, intéressés à l’affaire et qui ont tenté de la faire connaître et d’en faire comprendre les enjeux. Nous remercions notamment Antoine Agasse, de l’AFP Rennes, Emmanuel Cazale, de l’agence de presse italienne, François Bonnet de Mediapart, Grégoire Leménager de L’Obs, Emmanuel Fansten de Libération, Henri Seckel et Christine Rousseau du Monde, Thomas Lemahieu de L’Humanité, Bénédicte Lutaud du Figaro, Nolwenn Weiler de Bastamag, Sonia Kronlund et Adila Bennedjaï-Zou pour France Culture.
La liberté de tous commence par la liberté d’un seul. Il ne faut jamais se dire : c’est un cas isolé, cela ne me concerne pas. C’est en se penchant sur la vie d’un autre que l’on saisit mieux les principes qui fondent une société, c’est en soutenant la liberté d’un autre que l’on comprend plus précisément le sens des mots, que l’on peut sentir palpiter en soi, en nous, un sentiment, quelque chose, une disposition qui n’appartient à personne en particulier, et qui garantit la liberté de tous.
Justice Le député PCF Pierre Dharréville a réuni le comité de soutien parlementaire à Vincenzo Vecchi, menacé d’extradition.
Un fil ténu lie Vincenzo Vecchi à la future première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni. En 2001, le mentor de celle-ci, Gianfranco Fini, alors vice-président du Conseil, est à la préfecture de Gênes et orchestre la violente répression contre les protestations anti-G8. Vincenzo Vecchi, lui, se trouve parmi les manifestants. Depuis onze ans, le militant altermondialiste est réfugié en Bretagne. Mais dans son pays, il a été condamné à douze ans de prison pour « saccage et dévastation » avec des preuves très discutables. Ce délit n’est pas reconnu dans le droit français si bien qu’à deux reprises, la justice française a rendu une décision en faveur de Vincenzo Vecchi. Mais Rome s’acharne, avec le soutien du parquet français, à vouloir extrader son ressortissant en faisant usage du mandat d’arrêt européen.
Il serait de « sinistre augure que la première relation de Giorgia Meloni avec la République française soit de recevoir, au titre d’une loi de Mussolini, un militant altermondialiste »
L’affaire doit être à nouveau examinée le 11 octobre par la Cour de cassation. Ce mercredi, à l’Assemblée, le député PCF Pierre Dharréville a réuni le comité de soutien parlementaire à Vincenzo Vecchi. « La loi dont il est fait usage pour le condamner en Italie vient du code Rocco, qui date de 1930, soit l’un des éléments de l’édifice juridique qui date de la période mussolinienne ! » s’indigne l’élu communiste des Bouches-du-Rhône pour qui extrader le militant reviendrait à appliquer, en France, une loi fasciste . Il serait de « sinistre augure que la première relation de Giorgia Meloni avec la République française soit de recevoir, au titre d’une loi de Mussolini, un militant altermondialiste », relève l’ex-député FI Jean-Luc Mélenchon.
Le 14 juillet 2022, la Cour de justice de l’Union européenne (Cjue) a aboli le contrôle de double incrimination selon lequel un individu ne peut être extradé que s’il est retenu coupable d’un délit sanctionné dans les deux États. Or, le délit de « saccage et dévastation » n’existe pas dans le droit français et pour cause. Il permet de condamner quelqu’un au motif de sa « participation à une manifestation » qui a mal tourné, s’inquiète Paul Molac, député Libertés et Territoires. « On le condamne pour des faits commis par d’autres », relève-t-il. « Cette conception du droit est dangereuse », avertit l’écrivain Éric Vuillard, pour qui il s’agit d’une « infraction collective » contraire au droit français, dans lequel « la responsabilité pénale ne peut être que personnelle ». La fin de l’exigence de double incrimination, avalisée par la décision de la Cjue, est inquiétante , relève l’avocat Maxime Tessier. « Je ne veux pas faire de la science-fiction, s’alarme le juriste, mais si un gouvernement européen se mettait à pénaliser l’IVG, si une personne était condamnée et trouvait refuge chez nous, la remettrait-on à l’État qui la demande pour qu’elle soit condamnée ? » L’affaire Vecchi dépasse son seul cas.
Gauche Le secrétaire national du PCF a présenté à la presse, lundi, son Tour de France « avec vous sans tabou », commencé dans le Pas de Calais, le 3 octobre. Face à la flambée des prix de l’énergie, et au risque de récession, le communiste alerte sur les délocalisations en cascade à venir.
« Je souhaite que le PCF soit en phase avec ce qu’attendent les Français. » Fabien Roussel a présenté ce lundi, lors d’une conférence de presse, son tour de France « avec vous sans tabou ». Commencée le 3 octobre dernier, dans le Pas-de-Calais, cette tournée de 13 étapes thématiques, dans chacune des régions métropolitaines, permettra au secrétaire national du PCF d’ouvrir un dialogue avec les Français, ponctué de rencontres avec les habitants, les élus, les militants et les syndicalistes. « Ils viendront avec leurs questions, moi avec mes réponses », glisse le député, qui se refuse à tenir des meetings. Un exercice déjà expérimenté durant la campagne présidentielle par l’ex-candidat du PCF, lors des « Rencontre des jours heureux ». Dorénavant pour Fabien Roussel, l’enjeu est double : « savoir ce que les Français attendent de la gauche et du PCF », assure-t-il, mais aussi « parler à nouveau à la France périphérique pour que la gauche devienne majoritaire demain », glisse Ian Brossat, le porte-parole de la formation.
« Total a versé 2,5 milliards d’euros de dividendes exceptionnels à ses actionnaires. Cela représente 300 euros d’augmentation mensuelle pendant 12 ans pour les salariés. S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires »
Après une halte dans le Pas-de-Calais sur le thème de l’industrie, la prochaine étape de ce tour de France se tiendra les 24 et 25 octobre, dans les Drôme et dans l’Isère, pour évoquer les enjeux du mix énergétique. Un sujet central en pleine crise climatique et de l’énergie, qui couplée à la menace nucléaire en Ukraine s’apparente à un « un cocktail explosif », selon Fabien Roussel. De plus, le communiste dit « craindre » une récession liée à la crise de l’énergie dans les mois, provoquant une vague de délocalisations. « Certaines entreprises pourraient accélérer des plans de suppression de postes déjà dans les cartons, poursuit le député, elles anticipent une augmentation durable de l’énergie, avec des coûts de production au final deux ou trois fois plus élevés qu’en Asie ou Amérique ». Le 3 octobre dernier, il avait d’ailleurs rencontré les syndicalistes et dirigeants de l’usine Arc Internationale, dans laquelle 4 800 emplois sont menacés par l’explosion de la facture énergétique, passant de 17 millions à 75 millions. En outre, Fabien Roussel a rappelé son soutien aux mobilisations en cours dans la pétrochimie, visant, selon la CGT à obtenir une hausse de 10 % des salaires : « Total a versé 2,5 milliards d’euros de dividendes exceptionnels à ses actionnaires. Cela représente 300 euros d’augmentation mensuelle pendant 12 ans pour les salariés. S’il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».
Ce tour de France, en parallèle des mobilisations sociales et syndicales, doit aussi permettre au secrétaire national du PCF de porter la voix de sa formation, à côté du rassemblement à gauche . « Nous faisons partie de la Nupes, mais nous avons notre propre originalité et nous la faisons vivre, mesure Fabien Roussel, nous continuerions à nous faire entendre car à gauche, nous avons besoin de nous additionner ». Des rencontres avec les travailleurs sont notamment prévues, le député assure vouloir s’en « nourrir », afin d’incarner « une gauche qui défend le travail ». Une expression qui fait écho au débat suscité lors de la Fête de L’Humanité, où le député a jugé que la gauche ne devait pas être « celle des allocations et des minima sociaux. » Un mois plus tard, Fabien Roussel se dit « conforté » dans ses propos, satisfait des nombreux « témoignages de soutiens et d’encouragements » reçus lors de ses rencontres avec les Français.
Le secrétaire national du PCF a en tout cas marqué des points en termes d’incarnation. Selon un sondage Odoxa pour le Figaro, publié la semaine dernière, Fabien Roussel est la personnalité de gauche la plus populaire dans le pays, avec 29 % de bonnes opinions. Dans son camp, le député communiste (42 %) se classe second, derrière Jean-Luc Mélenchon (49 %), mais devant François Ruffin (34 %) et le socialiste Olivier Faure (28 %). Par ailleurs, à gauche, le secrétaire national du PCF (33 %) recueille moins de mauvaises opinions que Jean-Luc Mélenchon (45 %) ou encore Sandrine Rousseau (37 %).
« Le PCF ne se résume pas à ma personne, nous pouvons compter sur un grand nombre de militants et de personnalités qui ont émergé durant la campagne présidentielle »
Le député du Nord a également précisé, lors de la conférence de presse, qu’il sera bien présent au rassemblement nordiste contre la vie chère, prévu le samedi 15 octobre, mais qu’il sera en revanche absent du défilé parisien, le dimanche 16 octobre. « Le PCF ne se résume pas à ma personne, nous pouvons compter sur un grand nombre de militants et de personnalités qui ont émergé durant la campagne présidentielle », insiste l’élu de Saint-Amand-les-Eaux, qui assure être, comme tous les week-ends, retenu dans sa circonscription.
Dans le cadre de son tour de France, Fabien Roussel sera dans le Finistère et la région de Morlaix les 5 et 6 décembre 2022. Une réunion publique-forum avec Fabien Roussel est prévue au Roudour de Saint-Martin-des-Champs, commune voisine de Morlaix, le lundi 5 décembre.
PCF Le député du Nord Fabien Roussel entame une tournée qui fera escale dans 14 départements pour un dialogue « sans filtre et sans tabou » avec les Français. Première étape dans le Pas de Calais, lundi, autour des enjeux industriels et énergétiques. Reportage.
Arques, Avion et Sallaumines (Pas de Calais), envoyé spécial.
« Je me fais poser une prothèse à la hanche dans 10 jours. J’ai 59 ans et je suis physiquement et mentalement usé. Impossible pour moi de tenir jusqu’à 65 ans pour avoir une retraite ». Jean-Luc est ouvrier chez Faurecia. Après 37 années à enchaîner les horaires décalés, sa rémunération ne décolle pas du Smic. Un salaire qui ne lui permet plus de faire face à l’inflation, d’autant que son entreprise, un sous-traitant dans l’automobile, a placé ses employés au chômage technique plusieurs jours par mois, entraînant une baisse de revenu 100 euros. Ce, « alors que le groupe a versé 90 millions de dividendes aux actionnaires », soupire ce syndicaliste CGT, en interpellant Fabien Roussel, lors d’une réunion publique à Sallaumines, lundi. Depuis le Pas-de-Calais, le secrétaire national du PCF a tenu la première des 14 étapes de son « Tour de France du monde du travail ». « Cette tournée des régions va nous permettre de nous confronter à la réalité de nos concitoyens, assure le député du Nord. Je ne suis pas là pour faire un meeting, mais pour dialoguer sans tabou ni filtre, car je me nourris de ces échanges. »
Christophe était le premier, salle Maurice Thorez, à interpeller l’ex-candidat du PCF à l’Élysée. « Nous sommes des citrons pressés et jetés à la poubelle », tance, les larmes aux yeux, l’ancien secrétaire de la CGT de l’usine Bridgestone à Béthune, qui a fermé ses portes il y a 17 mois. « Les dégâts sont irréparables, le seul responsable c’est le capital », ajoute le référent du cabinet de reclassement, alors que seulement 30 employés ont pu être recasés. « Notre crainte est que la crise énergétique entraîne de nouvelles vagues de délocalisation », pointe Fabien Roussel. Un sujet de taille dans les Hauts-de-France.
« Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques. » Fabien Roussel.
Dans la matinée, le communiste avait rencontré les syndicats et dirigeants de l’usine Arc Internationale. 4 800 emplois sont en jeu, alors que la facture énergétique a explosé de 341 %, dépassant pour la première fois la masse salariale de l’entreprise des arts de la table. Pour faire face, le député réclame à plan d’envergure de soutien à l’industrie : « L’Allemagne, qui n’est pourtant pas un pays socialiste, l’a fait en débloquant 200 milliards d’euros. » Et, à l’issue de la rencontre, il raconte comment il a été interpellé par un ouvrier qualifié, qui malgré 34 ans d’ancienneté, ne touche que 1 448 euros mensuels, l’obligeant à s’en remettre à la prime d’activité et au chèque énergie pour boucler les fins de mois. « Les travailleurs pauvres, cela ne devrait pas exister. Que les ouvriers fassent fortune !, lance le dirigeant du PCF. Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques. »
Une référence au débat que le député a suscité lors de la Fête de l’Humanité, en affirmant vouloir incarner « une gauche qui défend le travail et non pas celle des allocations et des minima sociaux ». Parmi les 250 participants venus aborder les questions du quotidien, lundi soir, cette position trouve de l’écho. Comme chez Frédéric, ouvrier chez Arkema, pour qui « Fabien Roussel et François Ruffin s’emparent de la grande absente de l’élection présidentielle : le travail ». Un moyen selon l’employé dans l’industrie chimie « de poser les bases de la lutte des classes ». « Moi je suis fier de créer la richesse. Le problème c’est qu’elle n’est pas partagée et les oisifs ne sont pas les chômeurs, et l’enjeu est bien de valoriser le travail », poursuit Jean-Luc.
« Quelles sont les propositions du PCF pour enrayer la crise de l’énergie ? »
Raphaël, lui, s’inquiète des conséquences de la flambée des prix de l’énergie, malgré le bouclier tarifaire. « Quelles sont les propositions du PCF pour enrayer la crise de l’énergie ? », interroge ce salarié d’Enedis. « Recréer un service public, défendre le nucléaire et sortir de l’ARENH (qui contraint EDF à vendre de l’énergie nucléaire aux fournisseurs privés, N.D.L.R.) et du marché européen de l’énergie », lui répond le parlementaire. Plus tôt dans la journée, le communiste avait d’ailleurs visité l’entreprise Gazonor, qui produit de l’énergie verte, à partir du méthane relâché naturellement par les anciennes mines de Charbon. Outre le gaz et l’électricité, le site produira de quoi chauffer les équipements municipaux de la ville d’Avion, d’ici 2025. « D’entrée de jeu, c’est minimum 50 % d’économie pour la ville », souligne l’édile PCF Jean-Marc Tellier. L’entreprise prévoit de passer de 4 à 22 transformateurs électriques, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Mais sans les autorisations gouvernementales, le projet est pour l’heure bloqué. « Il est assez invraisemblable d’importer du gaz de schiste des États-Unis alors qu’avec le gaz de mines nous pourrions fournir 200 000 foyers dans le bassin minier », insiste Fabien Roussel. Le secrétaire national du PCF poursuivra son tour de France jusqu’en avril, date à laquelle se tiendra le congrès de sa formation.
Introduction de Philippe Jumeau, porte-parole régional PCF Bretagne, animateur du CRAC PCF BRETAGNE, et adjoint aux affaires sociales à Lanester, secrétaire départemental du PCF Morbihan (photo I Dupont)
Introduction de Philippe Jumeau, porte-parole régional PCF Bretagne, animateur du CRAC PCF BRETAGNE, et adjoint aux affaires sociales à Lanester, secrétaire départemental du PCF Morbihan (photo JL Le Calvez)
Introduction de Philippe Jumeau, porte-parole régional PCF Bretagne, animateur du CRAC PCF BRETAGNE, et adjoint aux affaires sociales à Lanester, secrétaire départemental du PCF Morbihan (photo JL Le Calvez)
Daniel Ravasio, au premier plan, secrétaire de section PCF du pays de Morlaix, et la salle à l'ouverture de notre journée Mobilités - Transports en Bretagne à l'Agora Café à Morlaix (photo Jean-Luc Le Calvez)
Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste, organisatrice du débat Mobilités-Transports avec le collectif régional Mobilités-Transports qu'elle anime avec notamment Gilbert Sinquin et Christian Beaumanoir (photo Jean-Luc Le Calvez)
Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste, organisatrice du débat Mobilités-Transports avec le collectif régional Mobilités-Transports qu'elle anime avec notamment Gilbert Sinquin et Christian Beaumanoir (photo Jean-Luc Le Calvez)
Mot d'accueil d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère, adjoint au maire à Morlaix et conseiller départemental (Photo Jean-Luc Le Calvez)
Mot d'accueil d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère, adjoint au maire à Morlaix et conseiller départemental (Photo Jean-Luc Le Calvez)
Jean-Yves Burel de la CGT Marins, ancien salarié de la BAI et membre du CT de la Britanny Ferries ( (photo JL Le Calvez, Débat Mobilités-Transports en Bretagne, 8 octobre 2022 à l'Agora Café Morlaix)
Les camarades cheminots CGT Simon Brunet, Yannick Tison, entre autres (photo JL Le Calvez, Débat Mobilités-Transports en Bretagne, 8 octobre 2022 à l'Agora Café Morlaix)
4 camarades de la JC Morbihan avaient fait le déplacement pour le débat mobilités-transports en Bretagne, avec Alexandre Rault, leur secrétaire départemental
Serge Puil (photo JL Le Calvez, Débat Mobilités-Transports en Bretagne, 8 octobre 2022 à l'Agora Café Morlaix)
Mot d'accueil de Jean-Paul Vermot, maire de Morlaix, président de la Communauté d'agglomération de Morlaix, portant sur la gratuité totale du transport en commun au niveau de Morlaix-Communauté depuis septembre 2022 et sur la réouverture de la ligne Morlaix-Roscoff (photo Jean-Luc Le Calvez)
Mot d'accueil de Jean-Paul Vermot, maire de Morlaix, président de la Communauté d'agglomération de Morlaix, portant sur la gratuité totale du transport en commun au niveau de Morlaix-Communauté depuis septembre 2022 et sur la réouverture de la ligne Morlaix-Roscoff (photo Jean-Luc Le Calvez)
Jean-Paul Vermot, maire de Morlaix, et Patrick Gambache, animateur de la majorité à Morlaix, au premier plan (photo Jean-Luc Le Calvez, débat mobilités-transports à l'initiative du PCF, 8 octobre 2022)
Cyril Dallois (membre de la CGT Cheminots Ille-et-Vilaine et du PCF)- Stéphanie GREVET Porte-parole de l’association des usagers de la Bretagne- Rolland Le Sauce - Roger Héré - 11h45 : Première table ronde : vers un droit à la mobilité pour tout.e.s en Bretagne Bilan état du réseau ferroviaire
Cyril Dallois - Stephanie Grevet - 11h45 : Première table ronde : vers un droit à la mobilité pour tout.e.s en Bretagne Bilan état du réseau ferroviaire
Stéphanie GREVET Porte-parole de l’association des usagers de la Bretagne (photo Jean-Luc Le Calvez)
Rolland Le Sauce PCF Morbihan, photo Jean-Luc Le Calvez: Le train du quotidien pour « les cols blancs et les cols bleus »
Roger Héré (photo Jean-Luc Le Calvez) - Intervention lors de la 1ère table ronde: Vers des transports publics locaux accessibles : la question de la Gratuité
Stephanie Grevet Porte-parole de l’association des usagers de la Bretagne (photo Jean-Luc Le Calvez)
Rolland Le Sauce, photo JL Le Calvez, intervention dans le cadre de la 1ère table Ronde de la journée de travail mobilités transports en Bretagne
Gilbert Sinquin (ancien cheminots, PCF Finistère), animateur du collectif transport mobilités en Bretagne, avec Christian Beaumanoir et Gladys Grelaud, est intervenu à plusieurs reprises dans le débat (photo JL Le Calvez)
Pierre-Yves Thomas, élu communiste à Carhaix, est intervenu sur la question des mobilités en centre-Bretagne et centre-Finistère (photo JL Le Calvez)
Guy Jourden, président du Conseil de développement de Brest, militant CGT, est intervenu sur la question des ports et du ferroviaire dans le Finistère (photo JL Le Calvez)
Christian Beaumanoir, animateur du collectif Transports-Mobilités du PCF avec notamment Gilbert Sinquin et Gladys Grelaud dans le Finistère (photo JL Le Calvez)
Michel Beaupré, responsable local de l'UDB, très investi dans la lutte pour la réouverture de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Simon Brunet, CGT Cheminots 22, est intervenu sur la question des transports en centre-Bretagne (photo Jean-Luc Le Calvez)
Gaël Roblin, élu d'opposition de gauche à Guingamp (gauche indépendantiste) est intervenu sur la question de la gratuité du transport, notamment pendant les périodes de pollutions aux particules fines (Photo Jean-Luc Le Calvez, Agora Café à Morlaix, 8 octobre)
Gaël Roblin, élu d'opposition de gauche à Guingamp (gauche indépendantiste) est intervenu sur la question de la gratuité du transport, notamment pendant les périodes de pollutions aux particules fines (Photo Jean-Luc Le Calvez, Agora Café à Morlaix, 8 octobre)
Dominique Gontier, membre d'un collectif de défense du ferrioviaire et de l'exécutif départemental du PCF Finistère et régional, est intervenu plusieurs fois dans le débat (Photo Jean-Luc Le Calvez)
Dominique Gontier, membre d'un collectif de défense du ferrioviaire et de l'exécutif départemental du PCF Finistère et régional, est intervenu plusieurs fois dans le débat (Photo Jean-Luc Le Calvez)
Gérard Le Bricquer (PCF Brest, ancien cadre au ministère de l'environnement) est intervenu plusieurs fois dans le débat (photo JL Le Calvez)
Rolland Le Sauce, ancien élu à Auray (PCF), membre du Conseil de développement du pays d'Auray, artisan de la bataille pour le Auray-Quiberon -1ère table ronde du matin -Le train du quotidien pour « les cols blancs et les cols bleus » (photo I. Dupont)
Roger HERE Vice-président mobilité EPCI Morlaix - Première table ronde du matin: Vers des transports publics locaux accessibles : la question de la Gratuité (photo I Dupont)
1ère table ronde du matin, débat mobilités-transports du PCF Bretagne à l'Agora Café, Morlaix, photo Pierre-Yvon Boisnard
Débat Transports- Mobilités en Bretagne
Morlaix, samedi 8 octobre 2022
Une réunion publique de travail et de réflexion très productive à l'Agora Café, en face de la gare de Morlaix, à l'initiative du PCF Bretagne, de Gladys Grelaud, conseillère régionale, de Philippe Jumeau, porte-parole régional du PCF, et du collectif Transports-Mobilités régional, du PCF ce samedi 8 octobre toute la journée, avec de nombreux invités, qui ont répondu présents, camarades cheminots, de la CGT, représentants de collectifs de défense des lignes ferroviaires, et des élu.e.s et militants d'autres formations politiques: PS, Génération.S, FI, UDB, Gauche indépendantiste, avec des débats et des interventions de très grande qualité.
Cela va déboucher sur la production d'un projet des communistes bretons pour le développement du ferroviaire et des mobilités en Bretagne, avec un chiffrage et des pistes de financement, d'ici quelques semaines, ainsi que la création, décidée à l'occasion de cette réunion, d'un collectif unitaire pour la réouverture de la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff, à l'arrêt depuis 2018: avec une première réunion le mercredi 9 novembre à 19h au local du PCF Morlaix, 2 petite rue de Callac.
Photo Gaël Roblin, 8 octobre Morlaix - passerelle de la gare - Mobilisation pour annoncer la manif du 29 octobre sur le droit au logement pour tous à Morlaix, 14h
Photo Gaël Roblin, 8 octobre Morlaix - passerelle de la gare - Mobilisation pour annoncer la manif du 29 octobre sur le droit au logement pour tous à Morlaix, 14h
Photo Gaël Roblin, 8 octobre Morlaix - passerelle de la gare - Mobilisation pour annoncer la manif du 29 octobre sur le droit au logement pour tous à Morlaix, 14h
Moment de mobilisation collective et unitaire à Morlaix le samedi 8 octobre en marge de la journée régionale du PCF pour les transports, avec des militants du PCF, de la CGT, de l'UDB, de FI, de la Gauche indépendantiste, de Génération.s, des associations de défense des usagers du transport et des lignes ferroviaires, pour appeler symboliquement à une participation nombreuse à la manifestation pour le logement du 29 octobre 2022 à Morlaix, à 14h.
Une manif régionale qui porte notamment sur l'augmentation de la taxe sur les résidences secondaires en zones tendues dont Jacques Baudrier, présent sur la photo, et à nos travaux, en temps qu'animateur du collectif national Mobilités-Transports du Parti communiste, a contribué à obtenir la création avec Ian Brossat suite à un amendement communiste à l'Assemblée Nationale.
La liste actuelle des signataires de la manifestation pour le droit au logement organisée à Morlaix le 29 octobre: CGT Morlaix, Solidaires Morlaix, FSU Bretagne, PCF 29 et PCF Morlaix, Gauche Indépendantiste, UDB 29, EELV Morlaix, Génération.s Morlaix, Ensemble 29, NPA Morlaix, Morlaix Alternative Citoyenne, La Lanterne (Association d'aide aux femmes victimes de violences), Droit à la ville Douarnenez, Collectif St-Malo j'y vis j'y reste.
Photos Gaël Roblin, 8 octobre Morlaix - passerelle de la gare
Suite à la deuxième table ronde transports et mobilités du débat du PCF Bretagne à Morlaix, discours de clôture de Jacques Baudrier, adjoint PCF à Paris, animateur du collectif national Mobilités-Transports du PCF (photo Ismaël Dupont)
Jean-Yvon Ollivier, CGT Morlaix - Pour une réouverture de la ligne Morlaix-Roscoff- Photo Jean-Luc Le Calvez
Yannick Tison ((photo JL Le Calvez, débat régional Mobilités-Transports du 8 octobre 2022 à Morlaix)
Ronan Sinquin, élu à Quimper (photo JL Le Calvez, débat régional Mobilités-Transports du 8 octobre 2022 à Morlaix)
Simon Brunet (St Brieuc Collectif centre Bretagne en train) est intervenu sur la ligne Saint-Brieuc-Auray via Pontivy, Loudéac, et la question de la desserte ferroviaire du centre-Bretagne (Photo JL Le Calvez)
Yannick Tison est intervenu sur le projet de seconde gare à Rennes et la logique de réorganisation des circulations ferroviaires en Bretagne que cette idée sous-tendait (Photo JL Le Calvez)
Gabriel André est intervenu sur les insuffisances de la rénovation de la ligne ferroviaire Quimper-Brest qui sert en plus de variable d'ajustement pour faire fonctionner au mieux les autres trains bretons, avec des horaires et des correspondances inadaptées (photo JL Le Calvez)
Jean-Christophe Hamon, cheminot, syndicaliste, et militant du PCF est intervenu sur la question de l'humanité des conditons d'accueil dans les trains, et de sécurité (présence aux guichets, contrôleurs dans les trains, sécurité des conducteurs, etc)
Suite à la deuxième table ronde transports et mobilités du débat du PCF Bretagne à Morlaix, discours de clôture de Jacques Baudrier, adjoint PCF à Paris, animateur du collectif national Mobilités-Transports du PCF (photo Ismaël Dupont)
Dans le cadre du Tour de France de Fabien Roussel - le secrétaire national du Parti communiste français sera les 5 et 6 décembre dans le Finistère.
Un forum avec Fabien Roussel où vous pourrez lui soumettre toutes vos préoccupations et lui poser vos questions est d'ores et déjà prévu au Roudour de Saint-Martin-des-Champs le lundi 5 décembre au soir.
FEMMES IRANIENNES
À l’assaut de la théocratie religieuse
Mahsa Amini, iranienne kurde, a été assassinée pour avoir laissé dépasser une mèche de cheveux de son foulard lors d’une manifestation à Téhéran. Trop c’est trop.
Qui se souvient, en 1978, de cette forte aspiration du peuple iranien à la liberté lors du renversement du sinistre dictateur Mohammad Reza Pahvali, dit « le Sha ». A l’époque, la gauche iranienne, dont le parti Toudeh, de sensibilité communiste, avait acquis une influence qui pouvait remettre en cause le féodalisme en place. Les religieux ont savonné la planche de la révolution pour imposer en 1979 un régime dit « islamiste » dont les femmes sont encore les premières victimes.
Contre révolution religieuse
Le film d’animation, « Persepolis », inspiré de la bande dessinée de l’autrice Marjane Satrapi, a très bien démontré les effets d’une dérive sectaire violente qui a miné une civilisation dont les sources perses avaient exprimé des valeurs raffinées à l’opposé du sectarisme religieux. L’actuelle théocratie d’obédience chiite (une des branches de la diversité religieuse islamique) est loin de faire l’unanimité dans cette même communauté (chiite) implantée essentiellement au Moyen-Orient et même en Inde avec des citoyens du monde tels que Salman Rushdie.
À la faveur d’une crise qui plonge la moitié de l’Iran dans la pauvreté et commence à éroder le modeste confort de ses couches moyennes, le régime ne tient que par la répression.
Les raisons d’espérer
Ainsi, explique Shireen Karimi, dans une tribune publiée sur le site Radio Zamaneh, le mouvement féministe iranien « transcende les clivages sociaux, ethniques et idéologiques et ouvre la voie vers une forme démocratique de gouvernance ». On veut y croire, d’autant que l’Iran est confronté au croisement douloureux des tensions où guerres religieuses et guerre d’influence géopolitique s’accumulent. La révolution féministe iranienne a donc un effet d’aubaine. Elle pose la question concrète d’un autre quotidien pour toutes celles qui, quelle que soit la communauté d’origine, veulent vivre avec les mêmes droits que les hommes. Autant dire que notre solidarité avec les femmes et le peuple d’Iran contre la tyrannie des mollahs intégristes ne peut qu’aider à sortir notre monde d’une tendance barbare qu’on aurait voulue voir enterrer.
Yvon Huet
Roland LE SAUCE avec Cyril Dallois, Stephanie Grevet, Roger Héré (débat 8 octobre 2022, Morlaix, Ismaël Dupont)
Le train du quotidien pour
les « cols blancs et/ou contre les cols bleus ».
(Roland LE SAUCE, intervention lors du premier débat de la matinée, Roland Le Sauce PCF Morbihan, photo Jean-Luc Le Calvez: Le train du quotidien pour « les cols blancs et les cols bleus »)
Tout un programme !
Les « cols blancs et les cols bleus » ne sont que des termes du langage courant utilisés pour classifier les salariés, termes nés avec la grande entreprise, l’industrialisation, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. L'expression « cols bleus » fait référence au bleu de travail porté par les ouvriers qui exécutent un travail manuel, ce qui les distinguent de la chemise blanche arborée par les patrons et les employés de bureau, et les élites politiques et autres, regroupés par conséquent sous le terme de « cols blancs » dont le travail n’est pas considéré comme manuel. Et par extrapolation, les « cols blancs » vivent dans les quartiers chics, en pavillons, dans des villas et les « cols bleus » en banlieues dans des cités ouvrières, des cités HLM.
Ce qui n’est plus aussi vrai aujourd’hui, il faut bien le dire. Mais le choix de ces expressions n’a rien d’anodin si l’on se réfère aux évolutions passées, actuelles et à venir de la société bretonne, tant du point de vue de sa démographie que de ses espaces urbains et de ses espaces vécus. Notre société est fractionnée, les uns et les autres s’opposent ; et selon l’adage « diviser pour mieux régner » prend ici tout son sens. On oppose la ville à la campagne, le rural adepte de la voiture donc pollueur à l’urbain usager de la mobilité douce donc vertueux, l’habitat collectif dégradé à l’habitat individuel harmonieux, le jeune actif au vieux retraité, le résident permanent au résident secondaire, le salarié au chômeur, le riche au pauvre, etc… comme d’autres le travail à l’assistanat.
Les politiques publiques y sont pour beaucoup mais l’aménagement du territoire breton, son urbanisation et son développement économique y contribuent tout autant, voire accentuent cette opposition et font naître ou renforce un sentiment d’abandon, de déclassement aux yeux de certains bretons.
Ce n’est faire injure à personne de dire que nous assistons à une fracture démographique, tant en nombre qu’en terme sociologique, non pas de l’Ouest par rapport à l’Est de la Bretagne mais plutôt du rural intérieur qui s’est autrefois vidé et qui peine à se remplir aujourd’hui, par rapport aux aires urbaines littorales, surtout au Sud, et orientales, principalement les aires urbaines rennaises et nantaises.
Ce n’est faire injure à personne de dire aussi qu’il y a plus de « cols blancs » dans les aires métropolitaines et périphériques (économie productive et innovante) que dans les autres territoires où se concentrent plus les « cols bleus » (économie résidentielle ou de production à forte main d’œuvre, exemple l’agroalimentaire).
Cet état de fait se mesure au regard des flots de circulation automobile qui s’écoulent, non plus comme la marée mais tout au long de la journée, sur les deux fois quatre voies entre Quimper et Rennes/Nantes par exemple, où s’étoffe le bâti, une urbanisation en villes « chapelets », où le foncier devient rare et cher. Et la présence du train n’a pas fait ralentir cet état de fait car il est, en longeant le littoral, principalement orienté vers Rennes où Nantes, vers la Région Parisienne voire au-delà, l’interconnexion européenne. On serait même tenté de dire que le TGV, le Bretagne Grande Vitesse a accéléré le phénomène en bouleversant le plan de transport TER de la Bretagne depuis 2017. Avec la crise du COVID 19 et l’explosion du numérique qui s’immisce partout et modifie les rapports humains et sociaux on peut craindre que cela s’amplifie, que cela génère plus de déplacement contrairement à ce que l’on pense. Aussi aujourd’hui, avec le projet LNOBPL, doit-on faire le choix entre :
Je ne dis pas que les « cols blancs » sont uniquement des usagers du TGV, et les « cols bleus » ceux du TER car c’est faux. Ils sont l’un et l’autre et doivent le rester. Il ne faut pas oublier aussi que les usagers du train en Bretagne ne sont pas que des salariés bretons, il y a les autres voyageurs (les salariés d’ailleurs, les étudiants, les scolaires, les retraités, les touristes, etc…). Puis il y a celles et ceux qui ne prennent pas le train car ils sont trop éloignés d’une gare, que celle-ci est fermée, qu’aucun train ne s’y arrête ou très peu, qu’aucun transport collectif existe pour le prendre, ou encore le prix du billet ou du stationnement ne le permet pas.
Mon propos n’est pas de mettre en opposition le TGV et le TER, l’un et l’autre se complète. Améliorer en service, en vitesse, en desserte l’un doit servir l’autre, mais rapprocher les métropoles, les principales aires urbaines entre elles et Paris ne doit pas conduire à un no man land ferroviaire territorial, à amener à une conurbation de l’est breton au détriment de l’ouest. Le TGV et le TER doivent donc participer à un aménagement équilibré du territoire avec des moyens de rabattements organisés et des correspondances compatibles. Et si une priorité doit être donnée, un choix est à faire, nous priorisons, choisissons le quotidien, le Domicile-Travail, le Domicile-Etude.
C’est là toute la difficulté avec LNOBPL : choisir le mieux pour certains ou le moindre mal pour d’autres, car les budgets alloués ne sont pas à la hauteur des défis climatiques et énergétiques à relever et des besoins des bretonnes et des bretons d’aujourd’hui et de demain. Les chiffres parlent d’eux mêmes : un Km de ligne nouvelle se chiffre entre 25 à 30 millions d’euros, un Km de modernisation d’une ligne existante de 2 à 3 millions d’euros. Et des lignes existantes à moderniser il y en a. Des exemples….
Mais il ne suffit pas de moderniser si à côté on dépèce la SNCF. La modernisation, le développement, l’exploitation du transport ferroviaire, économe en énergie, à l’impact carbone et environnemental réduit, indéniable atout de développement durable et écologique, doivent donc être menés par un seul opérateur de service public ferroviaire, la SNCF et non une filiale ou un opérateur privé.
Depuis des années les communistes, les élus communistes se battent âprement et obtiennent des résultats pour répondre aux attentes des usagers du train en Bretagne. Ils entendent poursuivre cet engagement avec toutes celles et ceux qui voient en le ferroviaire une des solutions pour décarboner très rapidement les moyens de transports voyageurs et aussi marchandises.
Morlaix, le 8 octobre 2022.
Dans le journal national de la CGT retraites "La Vie nouvelle", voici un très bel article sur un formidable artiste et musicien breton, Pol Huellou, un camarade, par Yvon Huet.
Pol Huellou est un formidable chanteur, flûtiste, instrumentiste, qui adopte a sa manière originale et puissante le répertoire de la musique populaire ou poétique irlandaise et écossaise. On ne se laisse pas d'écouter ses albums... Et notamment "The Lost agenda. Pol Huellou and Friends."
Voir aussi sur Le Chiffon Rouge:
"The lost agenda" de Pol Huellou: un très bel album à recommander chaleureusement!