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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 14:24

 

Aucun citoyen ne peut ignorer la hausse des prix de l'énergie, en particulier du gaz, dont +12,6% au 1er octobre 2021 après 7,9% au 1er septembre, 5,3% en août, 10% en juillet, soit au total 57% pour l'année 2021 avant le déclenchement de la guerre en Ukraine qui a fait exploser les prix.

La facture d'électricité, elle, a augmenté de 10% en 2020 et de 4% début 2022, limitée, pour les usagers d'EDF bénéficiant du TRV (Tarif Règlementé de Vente) par le "bouclier tarifaire" gouvernemental à la veille de la double échéance présidentielle et législatives, alors que la hausse légale aurait dû atteindre 34,5%.

Le 23 septembre 2021, Fabien Roussel député, secrétaire national du PCF interpelait le Président de la république, lui demandant de bloquer les prix de l'énergie, car ce sont des décisions politiques qui organisent la hausse. La principale raison, dont tous les grands médias ne parlent pas, c'est la "libéralisation" de l'énergie. Elle est devenue un "marché" en Europe ou la spéculation s'amplifie, portée par le déficit allemand consécutif à l'arrêt du parc nucléaire de ce pays.

L'explosion du prix de l'électricité sur le "marché de gros européen" est due à une décision absurde des institutions

Européennes qui ont indexé le prix de l'électricité sur celui du MW (MégaWatt) électrique produit par la dernière centrale mise en route, donc au gaz dont le prix a multiplié par 20 depuis début 2021. C'est un choix politique qui pèse sur les collectivités locales avec des hausses allant de 100 à 350%, conduisant au choix d'arrêter l'éclairage public la nuit, à la fermeture des piscines municipales .…

Ce même choix politique qui augmente la facture jusqu'à 816% pour le "Syndicat départemental d'électricité de la Drôme, 900% pour Jacob Delafon dans le Jura, handicape lourdement les entreprises. Des branches industrielles aluminium, sidérurgie électrique, zinc, verrerie, engrais azotés...réduisent leurs productions ou sont à l'arrêt.

Cette libéralisation a été orchestrée par la "Commission Européenne" avec la caution de tous nos gouvernements successifs. La situation en France est singulière. EDF est obligé d'importer des MW alors que naguère la France était exportatrice.

D'une part pendant des années EDF n'a pas eu les moyens d'investir dans un contexte où les gouvernements et des forces politiques orchestraient la "sortie du nucléaire".

D'autre part la période du confinement COVID a retardé les travaux de maintenance du parc nucléaire. Enfin depuis 10 ans les gouvernements successifs ont détruit 12 700 MW de capacités de production, équivalent de 14 réacteurs nucléaires 1ère génération, dont la centrale de Fessenheim, 1800 MW, en parfait état de marche. C'est aussi un choix politique dont les responsables doivent rendre compte.

Enfin EDF entreprise publique est pillée par le dispositif ARENH (Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique). L'ARENH oblige EDF à vendre le quart de sa production 120 TW h (Téra Watts heures) à ses concurrents, à 46,2 €. Or dans son rapport du 13 décembre 2021, la Cour des Comptes montre que le coût réel du MW nucléaire est de 64,8 euros. En réalité, les difficultés actuelles du parc nucléaire à produire ses 120 TWh font que les 25% initiaux représentent beaucoup plus que prévus, aggravant encore le déficit. Ce pillage institutionnel paralyse l'entreprise publique.

Aujourd’hui des familles ne vont plus pouvoir se chauffer, devoir choisir entre se chauffer ou se nourrir correctement…

Des communes vont se retrouver en cessation, de paiement, qui plus est avec la cure d’austérité que le PLF 2023 veut leur infliger même si le gouvernement leur promet une enveloppe de 43 millions pour faire face aux coups durs. Des entreprises des commerces vont devoir mettre la clé sous la porte, des stations de ski ne seront asphyxiés, des universités mises en veille, avec des conséquences énormes en termes de chômage, de vie sociale. Tous les ingrédients pour précipiter l’entrée en récession de la France car toutes ces ruptures d’activités auront des conséquences directes sur la croissance. Déjà les prévisions ne sont plus que de 1% pour 2023. Alors dans 3 mois ? !.

Je veux rappeler aussi les interventions sur cette question de plusieurs autres niveaux et qui s’accélèrent en cette période.

  • Lettre du 25 janvier du Président de l’AMF à M J Castex alors 1er Ministre pour l’alerter sur la hausse des prix de l’énergie et lui demander de mettre en oeuvre des solutions viables pour les collectivités locales.
  • Le 19 septembre, L’AMF demande le retour à l’accès au tarif réglementé pour l’ensemble des collectivités locales.
  • Le 20 Septembre, on apprend que M. Jacques Creyssel, délégué général de la fédération du commerce et de la distribution alerte sur le risque majeur pour certains commerces et commerçants qui risquent tout simplement de tirer le rideau car ils ne pourront pas payer leur facture d’énergie. Il demande la déconnexion du prix du gaz et de l’électricité au plan européen, comme cela s’est fait en Espagne et au Portugal.

Les Propositions du PCF :

  • Abaissement de la TVA sur la consommation domestique de 20 à 5,5% pour l'électricité et le gaz y compris en bouteilles (usagers + nombreux que abonnés gaz de ville) C'est acquis en Belgique depuis 1er février pour les deux, Espagne depuis 1er juillet pour électricité,1er octobre pour gaz, Allemagne 1er octobre pour gaz (500 euros par foyer a calculé le gouvernement allemand).
  • Retour au TRV pour les collectivités locales, ce qui implique de supprimer, ou suspendre l'ARENH (Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique) afin de remettre à disposition d'EDF les 120TWh que l'entreprise publique vend à perte à ses concurrent, 100 TWh à 42 Euros le MW, 20TWh à 46,2 quand le marché est de 350 à 600 euros. EDF est obligé d'acheter à ces derniers tarifs les volumes qui lui manquent pour fournir ses usagers Déclaration des 4 syndicats représentatifs d'EDF le 11 juillet 2022 demande aussi sortie ou suspension de l'ATENH : la loi le permet !
  • Découpler le prix de l'électricité de celui du gaz formule inventée par la Commission Européenne. Le prix du MW électrique étant indexé sur le prix du MW sortant de la dernière centrale mise en route donc au gaz dont le prix a multiplié par 20 depuis le 1/1/2021.
  • Le PCF demande la nationalisation d’Edf et d’Engie pour le retour en maitrise publique et sociale de toutes les productions d’énergie dont les ENR pour sortir notamment du scandale du financement du capitalisme vert et du pillage d'EDF illustré par le tarif de rachat de la production du parc éolien de St Brieuc de la multinationale espagnole Iberdrola : 155 euros le MW le plus cher en Europe et au monde.

 

Quelques chiffres : tout le monde y passe :

 

Stations de ski : L’Alpe d’Huez va voir sa facture d’électricité multipliée par 10 de : 2 à 20 millions €. Pour le ski cet hiver, cela va devenir chaud si on peut ainsi s’exprimer avec des centaines d’emplois à la clé.

 

Communes :

À Saint-Barthlemy-de-Vals, la facture d’électricité passe de 16 800 31 600 euros (de 18 000 57 000 euros pour le gaz).

À Mirabel-aux-Baronnies pour une dépense d’électricité de 42 667 euros en 2021, la prévision de 2022 s’élève 77 259 euros, soit une hausse de 81 %.”

Syndicat départemental d'irrigation de la Drôme +816%

 

Hôpitaux :

L'Hôpital "anticancéreux" Gustave Roussy la hausse est de 190% pour l'électricité, 550% pour le gaz.

 

Universités :

L'université de Strasbourg qui va fermer deux semaines la dépense électricité/gaz passe de 10 millions d'euros en 2021 à 20 millions, prévision 2023

________________________________________________________________

Avec hydraulique (13%) et nucléaire (70%) EDF produit l’électricité la plus propre d'Europe. France : 44 grammes de CO2 par KW produit :

Belgique : 134 – Danemark : 175 – Hollande : 332 – Allemagne : 397 – Pologne : 917

Source : European Environment Agency

 

 

 

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8 novembre 2022 2 08 /11 /novembre /2022 08:22
Mobilisations syndicales dans le Finistère du 10 novembre pour nos salaires et nos retraites - Communiqué du PCF Finistère
 
En deux semaines, le gouvernement a utilisé par 4 fois l’arme fatale, le 49-3 afin de couper court aux débats au sein de l’Assemblée nationale. Le gouvernement impose ainsi sa politique d'austérité pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale ! Les Français attendent des mesures fortes, notamment pour leur pouvoir d’achat par le biais de la hausse des salaires et des pensions de retraites. 160 Milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises, il y a de quoi augmenter les salaires, de financer la formation et de développer les recherches dans le domaine de l’écologie.
 
Macron s’obstine à vouloir repousser l’âge de la retraite alors que le régime est excédentaire. Il ose dire
qu’augmenter les salaires favoriserait l’inflation, mais l’inflation nous l’avons !

Dès aujourd’hui, nous pouvons indexer les salaires sur l’inflation. Fabien Roussel a déposé une proposition de loi dans ce sens pour une échelle mobile des salaires supprimée en 1982. Au-delà, nous proposons une conférence sociale nationale pour une augmentation générale des salaires et la construction d’une sécurité de l’emploi et de la formation permettant à chacune et chacun d’alterner tout au long de sa vie périodes d’emploi et de formation dans une sécurité de revenu et de droits. Et remettons à plat les 160 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises pour les conditionner à l’augmentation des salaires de 10%, à l’embauche-formation de salariés et au développement de productions écologiques.

NOS RETRAITES NE SONT PAS À VENDRE !

Le pouvoir Macron s’obstine à vouloir reporter l’âge de départ en retraite. Rien ne l’y oblige alors que le système est excédentaire (en 2021, comme en 2022)

Nous pouvons gagner une bonne retraite en bonne santé pour toutes et tous à 60 ans à taux plein avec une pension à 75 % du revenu net d’activité.En s’attaquant au coût du capital, nous pouvons travailler toutes et tous, travailler moins et travailler mieux.

C’est le défi des Jours heureux qui nous anime. Relevons-le ensemble dans l’action.

La Fédération du Parti communiste du Finistère et les sections communistes du département appellent à participer en grand nombre à l'ensemble des manifestations syndicales prévues dans le département:

Le 10 novembre : Mobilisation générale pour les salaires et la retraite à 60 ans!

-Brest : Place de la Libertée à 11h00
-Quimper : Place de la Résistance à 11h00
-Quimperlé : Coat Kaer à 10h30
-Carhaix : Devant la Maison des Syndicats à 11h30
-Morlaix : Place des Otages à 17h30

Donnons de la voix pour dire non à cette politique antisociale de Macron et du gouvernement.
Mobilisations syndicales dans le Finistère du 10 novembre pour nos salaires et nos retraites - Communiqué du PCF Finistère
Mobilisations syndicales dans le Finistère du 10 novembre pour nos salaires et nos retraites - Communiqué du PCF Finistère
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8 novembre 2022 2 08 /11 /novembre /2022 08:08
Guy Jourden

Guy Jourden

Guy Jourden

Président du Conseil de développement de la Métropole et du Pays de Brest et syndicaliste CGT (Comité Régional)

« J’interviens comme syndicaliste, membre d’un  Conseil de développement  mais également comme usager  régulier des trains  TGV et TER »

Les conseils de développement et leur réseau breton sont intervenus lors du débat LNOBPL pour des améliorations des trajets Brest Rennes et Quimper Rennes avec le souhait d’un début des travaux à l’Ouest. Mais ils ont également souligné dans leurs contributions  l’importance des trajets du quotidien et des lignes fines du territoire qui permettent  d’alimenter les grandes  lignes

Lors de ce débat LNOBPL nous nous sommes aperçus  que plusieurs associations d’usagers  regroupées dans la coordination régionale partageaient cette approche.

Plusieurs conseils de développement (Brest Quimper Lorient Pays COB) ayant constaté depuis plusieurs années le mauvais fonctionnement de la ligne Brest-Quimper avaient établi  une note d’intention pour un travail en commun.

L’objectif étant dans un premier temps de faire fonctionner correctement cette ligne fine de territoire où en 2016 78 millions d’euros ont été investis par la SNCF, l’Etat, la Région, le département et les collectivités locales.

Autour des 4 conseils de développement, de membres de la SNCF et de la coordination bretonne des usagers un groupe de travail s’est mis en place et il s’est étoffé avec la participation de divers représentants des collectivités territoriales ou de leurs groupements,  des syndicats et de l’Association un train pour Hanvec … 

Ce groupe de travail après seulement quelques mois a réussi à établir une analyse et des propositions communes qui seront prochainement portées auprès de la Région et de la SNCF notamment dans le cadre du prochain CPER.    Cette analyse fera l’objet, d’une synthèse et  d’un livret de 12 pages tiré à une centaine d’exemplaire + une version numérique avec des liens.

Le groupe poursuivra son travail avec les collectivités territoriales autour des mobilités, de la multi-modalité et de la difficulté de stationnement auprès des gares.

Appréciation de la réunion de Morlaix organisée par le PCF

Cette réunion a été très riche en témoignages et proposition d’actions. On sentait une volonté collective malgré la diversité des intervenants. Cette richesse il faut la conforter dans les mois qui viennent par un plan breton du ferroviaire et la recherche d’alliés auprès des usagers et des collectivités. La question du financement va être déterminante et l’état ne doit pas se défausser de sa responsabilité en la matière. De même il est indispensable d’améliorer le fonctionnement du TER en redonnant toute sa place à l’humain dans les gares et dans les trains.

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 18:17
Une nouvelle gare à Rennes, pour quoi faire? - Résumé de l'intervention de Yannick Tizon - Débat Transport-Mobilités en Bretagne initié par le PCF à Morlaix le 8 octobre
Une nouvelle gare à Rennes, pour quoi faire? - Résumé de l'intervention de Yannick Tizon - Débat Transport-Mobilités en Bretagne initié par le PCF à Morlaix le 8 octobre

Résumé d’intervention Y. Tizon, Morlaix, le 8 octobre 2022

Une nouvelle gare à Rennes, pourquoi faire ?

En premier lieu, il est important de préciser que le projet d’une deuxième gare Rennes ne peut être analysé ni compris comme un sujet nouveau en réponse à un engouement ferroviaire de plus en plus tendance alors que les actes doivent prendre le pas des paroles et annonces bienfaisantes.

Ainsi, cette idée ferroviaire n’est pas réfléchie pour faire plaisir et se faire plaisir mais construit sur des réalités de tout ordre pour les enjeux convergents de demain.

C’est un projet qui date de plus de dix ans avec une base qui a muri depuis au grès de réflexions, renforcée dans le temps par les évidences de mobilité qui s’imposent en Bretagne.

Celles-ci sont de deux ordres, le transport des voyageurs et celui des matières.

Pour construire un plan ferroviaire dans notre région comme ailleurs, la situation exige de l’entreprendre non pas à partir d’ambitions légitimes parsemées dans les territoires et agglomérations puisque nous avons trouvé depuis longtemps les meilleures solutions à partir d’un système ferroviaire dont l’optimum s’atteint que si l’on admette et comprends qu’il doit être intégré.

Le rail n’est rien sans la roue et inversement.

Quand on réfléchit circulation ferroviaire, il faut parler « infrastructure » et penser un réseau qui ne doit jamais être saturé pour amortir les évolutions de transports qualitativement et quantitativement.

L’indépendance d’un réseau limite les ambitions de son utilisation, la concurrence le vide.

A partir de ces données essentielles, la limite d’une stratégie de développement ferroviaire que celle de son financement et d’un équilibre de satisfaction.

Il faut accompagner les dépenses et les entreprendre avec des objectifs clairs pour arriver au résultat escompté par une efficacité qui n’est pas uniquement observer budgétairement.

C’est pourquoi, pour ne pas brider le débat et s’enfermer dans un rapport financier afin de rester concentré sur l’obligation de réfléchir à d’autres infrastructures et gares ferroviaire, il est important dans ce temps le débat d’aujourd’hui de réfléchir à revoir et réviser l’organisation de la mobilité puisque l’avenir de planète nous y contraint.

Commençons par un état rapide de la situation.

Pour peu que l’on s’y intéresse vraiment, la marque péninsulaire de la Bretagne réduit considérablement les solutions ferroviaires d’aujourd’hui. La gare de Rennes est le point principal d’entrée et de sortie de notre région, un point obligé.

Mais le temps et les décisions ont rajouté à cette contrainte une nouvelle notion et organisation de ce territoire au grès d’une régionalisation du transport collectif de masse.

A l’expansion des trains du quotidiens, c’est greffé l’arrivée du TGV à pleine vitesse sur une étoile ferroviaire de plus en plus sollicité par la mise en œuvre d’une Nouvelle Economie Géographique, la NEG, idée de Paul Krugman qui a obtenu le prix Nobel économique en 2008.

Idée reprise par Balladur et Attali dans leurs rapports sur la gestion de l’administration et la rationalisation économique, la carte des régions a été révisée par ces prismes politiques pour déplacer le rôle de l’Etat et centraliser les activités et décisions au sein d’agglomérations démesurées.

Ainsi, Rennes est devenue métropole et sa gare multimodale et toutes les deux sont aujourd’hui en recherche de solutions contre la saturation quand bien même l’envie d’expansion persiste.

De la sorte , plus le ferroviaire bloque la mobilité au sein de la métropole, plus il freine le débit des trains pour le reste de la région sans oublier celles de nos voisins.

Cela génère une véritable opposition de fond entre la régionalisation et la métropolisation jusqu’à transformer cette dernière dans un rôle confiscatoire par un mécanisme monopolisant le développement de toute une région, au moins sur le plan des mobilités.

Pendant que certains réfléchissent à une deuxième rocade routière, du côté de la SNCF, la modernisation de la gare de Rennes a été pensée pour améliorer la gestion des circulations sur ce point dur. Limitée par l’empreinte dans un espace remodelé, aux deux récents quais il est prévu de mettre en œuvre une nouvelle technologie d’exploitation pour recevoir deux trains sur une même voie (2TVM).

Quand dans le même temps la nouvelle ligne de métro augmente l’offre de transport collectif, indéniablement de nouveaux flux de voyageurs vont pouvoir lâcher leur volant pour une carte Korrigo par l’attrait de ce point de connexion de transport collectif.

Au-delà de se féliciter d’avance de ce succès pour l’environnement, le potentiel de gonflement du flux dans l’espace multimodal de la gare de Rennes annonce déjà une nouvelle étape de saturation d’autant plus que le besoin de mobilité par habitant va croitre au grès d’une augmentation de la population en Bretagne elle aussi attendue. Une liaison ferroviaire nouvelle entre la Métropole de Nantes et celle de Rennes achève le besoin de repenser l’étoile ferrée de Rennes.

L’ancrage d’une saturation de la gare de Rennes ne peut persister en un point d’étranglement pour toute une région qui est irriguée de matières majoritairement par la route.

Comment croire d’ailleurs à la faisabilité du plan du Président Farrandou en Bretagne d’un « fois deux » de trains fret dans ces conditions ? Depuis l’ouverture de la Ligne Nouvelle entre Le Mans et Rennes, la ligne dite classique a été rendu libre de sillons TGV, offrant un véritable corridor ferroviaire fret, pour autant, aucune augmentation de trafic n’a été mesurée par cette énième particularité bretonne. 

Si au passage, une des caractéristiques bretonnes appelle plutôt à « diviser par deux » le nombre de camion, le besoin d’augmenter les solutions ferroviaires de l’étoile de Rennes est une réelle évidence à tel point que l’étude géographique du réseau définit la possibilité d’un contournement. Vue d’avion, les voies dessinent un cercle qui ne demandent qu’à être achevé puisqu’entre la ligne de Saint Malo et celle vers Vitré, 10 kilomètres séparent ses deux axes.

Contourner Rennes permet des solutions de soulagement de trafic et offre la place pour une deuxième gare et pourquoi pas d’en faire nouveau point multimodal, relier au métro dans le périmètre du projet ViaSilva.

Mais cela permet aussi de donner des ambitions aux autres projets de développement d’une région où les ports ne sont pas reliés aux rails. Il ne faut pas avoir la faiblesse de penser qu’en faisant sauter le bouchon de Rennes, la réouverture de la ligne Morlaix Roscoff par exemple rend possible la relation directe avec le Marché d’Intérêt National de Rungis. L’étoile ferroviaire de Rennes et son contournement c’est aussi une réponse qui permet la construction d’une nouvelle ligne vers Fougères puis la Normandie tout comme que l’embranchement ferroviaire de plusieurs usines en bretagne, au centre pour seul exemple.

Mieux embrancher les villes, c’est se doter de moyens ferroviaires pour les activités industrielle et plus largement toutes les activités économiques bretonnes et d’échange commerciaux d’aujourd’hui et de demain.

Par des déplacements durables ou tout au moins plus respectueux de l’environnement c’est aussi limiter les impacts négatifs de la métropolisation en combattant la désertification de nos territoires.

C’est une réponse à un aménagement du territoire qui participe à mieux vivre et mieux travailler au pays, ce qui nous concerne toutes et tous.

C’est pourquoi, pour une véritable efficacité et partage du processus cela doit se décider collectivement avec tous les acteurs économiques et politiques pour construire un nouveau plan ferroviaire breton. Et pourquoi pas commencer le travail par une conférence régionale. Celui-ci doit être ordonné pour que chaque projet ait la lisibilité de sa faisabilité et de sa mise en œuvre.

Chacun doit y trouver son compte et avoir la vision du temps à venir.

L’avenir nous appartient collectivement.

Yannick Tizon

 

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 14:02
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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 13:56

Aujourd’hui, lundi 7 novembre 2022, une enquête édifiante de l’Humanité dévoile le vrai bilan social d’Amazon : une véritable casse sociale subventionnée par notre argent public.

Amazon, c’est 121 milliards de bénéfices en 2021 en Europe. Pourtant, loin de participer à la richesse des territoires dans lesquels il s’implante, le géant américain prend soin de s’exempter d’un maximum de ses responsabilités fiscales et sociales.

Ainsi, sa stratégie « d’optimisation » lui permet de ne pas payer un centime d’impôt sur le sol français. Pire encore, l’entreprise touche des aides publiques pour des créations d’emplois qui n’en sont pas. En effet, l’article révèle que l’entreprise embauche désormais en CDI... pour rompre ces contrats avant le terme de la période d’essai (962 contrats concernés en 2021). Cette pratique prouve que non seulement Amazon est une machine à précariser, mais aussi une machine à frauder. Amazon nous vole !

Sur ce point comme sur les autres, les faits relatés par l’article sont atterrants du point de vue droit du travail, et en disent long sur la politique de gestion des ressources humaines d’Amazon.

Le taux de recours démentiel à l’intérim (42% des effectifs de l’entreprise) et le niveau massif de recours aux heures supplémentaires (900 000, soit 562 emplois équivalents temps plein que l’entreprise ne crée pas) témoignent d’une volonté claire de ne pas embaucher en interne.

Le taux de rotation (qui atteint près de la moitié des effectifs) tout comme le nombre croissant de salariés inaptes ou encore le nombre important de licenciement pour abandon de poste (62 en 2021) est l’expression d’une organisation toxique qui fait souffrir les salariés, qui les maltraite.

Nous demandons alors au gouvernement de donner les moyens à l’inspection du travail de réaliser un contrôle national sur les pratiques sociales d’Amazon, au nom de l’intérêt général et de celui des travailleurs.

Nous demandons par ailleurs le remboursement des aides publiques versées pour chaque embauche en CDI qui s’est soldée par une rupture de la période d’essai. Amazon ne peut continuer à financer la précarisation du monde du travail au frais du contribuable.

Nous demandons enfin la fin des pratiques « d’optimisation fiscale » qui déresponsabilise les entreprises. Cela passe par le prélèvement à la source des multinationales.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Paris, le 7 novembre 2022.

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6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 06:49

 

Alors que le ministre de l’Agriculture se rend demain dans le Doubs, trois présidents de syndicats d’éleveurs interpellent le chef de l’État sur la souveraineté alimentaire de la France. Car la Commission européenne vient de conclure un accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande et en prépare un autre avec l’Australie. Mais la France garde le silence sur ce sujet et continue d’appliquer l’accord conclu en 2016 avec le Canada, sans l’avoir ratifié pour le moment.

Depuis la mise en place du gouvernement dirigé part Élisabeth Borne au mois de mai, nous avons, à plusieurs reprises, insisté sur le fait que le titre officiel de Marc Fesneau est « Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire ». Demain, 22 octobre, il va se rendre dans le département du Doubs. Son programme prévoit notamment une « réunion de travail avec les organisations professionnelles du Doubs sur la situation actuelle de l’agriculture et notamment de la question de la prédation du loup ». Nous évoquions dans notre édition d’hier les difficultés supplémentaires causées aux éleveurs par les attaques des meutes de loup contre les troupeaux.

Mais comme le ministre doit également « déjeuner avec les organisations professionnelles agricoles, les acteurs de la filière fromagère et les élus », on imagine que l’on parlera aussi du prix du lait en France. Les producteurs de lait à comté, dotés d’un cahier des charges axé sur la qualité de leur fromage et la maîtrise des volumes de production, perçoivent environ 600 € pour 1 000 litres livrés à leurs coopératives. Mais il n’en va pas de même dans les autres régions du pays. Selon les chiffres fournis par FranceAgriMer, le prix moyen des 1 000 litres de lait de vache au départ de la ferme était de 510,30 € en juillet dernier dans les pays membres de l’Union européenne. Mais il atteignait 600 € aux Pays Bas, en Allemagne et en Italie, alors qu’il n’était que de 445,60 € en France.

« Déléguer à d’autres notre alimentation serait une folie »

Les prix bas au départ de la ferme ne concernent pas que le lait en France. En témoigne la lettre commune au président de la République publiée le 19 octobre par les présidents de la Fédération nationale bovine (FNB), la Fédération nationale ovine (FNO) et la Fédération nationale de producteurs de lait (FNPL), toutes trois affiliées à la FNSEA. Ce courrier débute par un rappel poli de plusieurs engagements verbaux du président de la République dont voici quelques extraits :

« Vous avez, à plusieurs reprises, dans vos discours, envoyé des signaux clairs et porteurs d’espoir aux éleveurs français. En matière de souveraineté, d’abord, lorsque vous déclariez, en 2020, à propos des leçons à tirer de la pandémie, que « déléguer à d’autres notre alimentation serait une folie ». Comme le chef de l’État avait aussi parlé plus récemment de « la durabilité de notre modèle d’élevage », les trois syndicalistes font ce premier constat : « Voilà donc le cap que la France avait fixé, sous votre impulsion, pour son élevage. Voilà la vision politique, pour notre secteur, que nous avions tous accepté de porter. Malheureusement, en quelques décisions ou déclarations récentes, ce cap a été brutalement détourné. Cette vision collective a été largement brouillée ».

Silence total sur la Nouvelle-Zélande

La lettre ouverte au chef de l’État, cite ensuite le récent accord de libre-échange que la Commission européenne vient de signer avec la Nouvelle-Zélande avec l’accord de la France. Ce nouvel accord de libre-échange « acte l’ouverture du marché européen à droits de douane nuls ou réduits à plusieurs dizaines de milliers de tonnes de produits laitiers, de viandes bovines et ovines et ce, sans que ces concessions commerciales ne soient conditionnées au respect des normes d’élevage européennes en matière de traçabilité, de bien-être animal ou d’utilisation de produits phytosanitaires ». constatent les trois syndicalistes en voyant là un avantage de compétitivité indu accordé à la Nouvelle-Zélande.

Les trois présidents de fédérations que sont Michèle Boudoin pour la FNO, Bruno Dufayet pour la FNB et Thierry Roquefeuil pour la FNPL, dénoncent aussi « le soutien réaffirmé de la France au CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada qui n’a toujours pas été soumis à l’approbation du Sénat… ». Ils dénoncent aussi le soutien apporté par la France « aux négociations entre l’Union européenne et l’Australie, au travers desquelles des contingents importants d’importation de produits laitiers, de viande s bovines et de viandes ovines pourraient être « troqués », sans réelle conditionnalité, contre d’hypothétiques ouvertures de marché dans d’autres secteurs de l’économie européenne ».

Échapper au vote du Parlement sur l’accord UE Mercosur

Mais il y a encore plus grave. La lettre ouverte dénonce aussi « le silence de la France, à Bruxelles, face à la tentative actuelle de la Commission européenne de modifier la ratification de l’accord avec les pays du Mercosur ». Pour les trois présidents de fédérations d’éleveurs, « ne soumettre le volet commercial de cet accord qu’à un simple vote à la majorité qualifiée des États membres, pour contourner le vote à l’unanimité au Conseil de l’Union européenne et échapper à la consultation des parlements nationaux serait particulièrement choquant au plan démocratique ».

D’où cette question posée au président de la République : « en matière d’élevage, la France fait-elle encore le choix de la souveraineté et de la durabilité ? Où a-t-elle, sans en informer les éleveurs et les consommateurs, radicalement changé d’orientation pour suivre finalement la voie d’une mondialisation ultra-libéralisée ? ».

Des importations au bilan carbone désastreux

En attendant de savoir si le chef de l’État répondra à ces questions, il convient d’ajouter que ces importations massives et inutiles de viandes et des produits laitiers, avec le maintien de la chaîne du froid sur des milliers de kilomètres, ont aussi un bilan carbone désastreux. Or nous sommes désormais à moins de trois semaines de l’ouverture de la COP 27 sur le climat qui doit se tenir en Égypte. Or, des projections de températures pour la France publiées le 4 octobre dans la revue « Earth System Dynamics » prévoient une hausse moyenne de la température moyenne à +3,8 °C d’ici à 20 100 si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas au niveau planétaire. Et en même temps, pour reprendre une expression chère au président Macron, l’Europe relance un peu partout les centrales à charbon pour produire de l’électricité.

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 10:28

 

 

La hausse des salaires serait préjudiciable à l’emploi, prétend le patronat. À bien y regarder, ce serait plutôt le contraire.

 

La recherche a montré que la hausse des salaires n’est pas destructrice d’emplois. Mais elle a pour effet de réduire la rente des actionnaires.

L’idée selon laquelle la hausse des salaires serait destructrice d’emplois renvoie aux vieux débats sur le salaire minimum. Les économistes libéraux du XIX e siècle (les « classiques ») considéraient le salaire comme une variable d’ajustement de l’offre et de la demande de travail : sa hausse résorbait les difficultés de recrutement et il devait pouvoir baisser pour diminuer le chômage. Ceux du début du XX e siècle (les « néoclassiques ») insistaient sur la productivité : l’adoption d’un salaire minimum risquait, selon eux, d’exclure des travailleurs peu productifs.

La plupart des pays ont aujourd’hui un salaire minimum. L’analyse éco nomique dominante est devenue « néolibérale » au sens où elle cherche à mettre l’intervention de l’État au service du marché et des entreprises. Il s’agit d’empêcher la hausse du salaire minimum et de soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs par les prestations sociales, ou l’embauche par la baisse des cotisations. C’est en tout cas l’avis du groupe d’expert·e·s sur le Smic qui refuse tout coup de pouce au salaire minimum et a même proposé, dans son rapport de novembre 2021, sa désindexation par rapport à l’inflation. Ce groupe est composé d’économistes néolibéraux. Il considère que la hausse du salaire minimum, en augmentant le coût du travail pour les employeurs, détruirait des emplois (notamment pour les moins qualifiés et les plus jeunes, réputés peu productifs). Si ce raisonnement a été prédominant dans les années 1980, il a depuis été mis à mal par de nombreuses études empiriques.

L’INFLATION GRÈVE LE POUVOIR D’ACHAT DES MÉNAGES, LA REVALORISATION DES BAS SALAIRES EST INDISPENSABLE.

En Allemagne, les évaluations de la mise en place, en 2015, d’un salaire minimum ont montré une amélioration du pouvoir d’achat des salarié·e·s à bas salaire et confirmé que les craintes de destructions massives d’emplois étaient infondées. Au Royaume-Uni, les évaluations impulsées par l’introduction d’un salaire minimum en 1999, par ses revalorisations successives jusqu’en 2007, ou encore par sa transformation en 2015 en « salaire décent » plus proche du salaire médian, ont abouti aux mêmes conclusions. Le dogme français sur les salaires est dépassé. Alors que de nombreux secteurs essentiels peinent à recruter et que l’inflation grève le pouvoir d’achat des ménages, la revalorisation des bas salaires est indispensable.

Celle-ci ne détruit pas d’emplois, au contraire : elle réduit les inégalités, soutient le pouvoir d’achat et l’emploi. La faiblesse du pouvoir de négociation des travailleurs a longtemps permis aux entreprises (surtout les grands groupes) de dégager une « rente », si bien que la revalorisation des bas salaires amoindrit cette rente plus qu’elle n’affecte l’emploi. En améliorant le niveau de vie des plus modestes (qui consomment tout leur revenu), elle assure aussi des débouchés aux entreprises et soutient l’emploi, conformément à ce que disent les économistes keynésiens. Enfin, la hausse des bas salaires réduit les inégalités, une nécessité en temps difficiles… La transition écologique ne se fera pas en demandant plus de sobriété à celles et ceux qui se privent déjà.

Contrairement à ce que prétend le patronat, les salaires contribuent à l’emploi en favorisant la consommation des ménages, qui compte pour 52 % du PIB.

Des bons niveaux de salaires favorisent la croissance et les emplois, à la fois dans le privé et la fonction publique. Notre économie étant étroitement liée à la capacité des travailleurs à pouvoir acheter des biens et des services, il faut donc revaloriser les salaires pour augmenter la consommation des ménages.

Les dépenses de consommation des ménages représentent près de 52 % du PIB, donc des richesses créées par le travail chaque année dans le pays. Mettre en opposition les salaires et les emplois est une vieille recette libérale. À cela, on peut ajouter que, selon le patronat, augmenter les salaires n’aura jamais des vertus économiques, et ce n’est jamais le bon moment pour le faire. Il dit qu’en période de crise financière, il ne faut surtout pas augmenter les salaires parce que les entreprises n’ont pas les moyens de le faire. De même, en période d’embellie financière, il ne faut surtout pas les augmenter parce que l’économie est fragile et on ne sait pas de quoi demain sera fait ! À ce rythme-là, les salaires ne sont pas près d’être augmentés.

METTRE EN OPPOSITION LES SALAIRES ET LES EMPLOIS EST UNE VIEILLE RECETTE LIBÉRALE. 

En mai 1968, par exemple, les syndicats patronaux criaient à la catastrophe, alors que le mouvement de grève avait réussi à arracher une hausse du Smic de 35 % et des augmentations de salaires entre 20 et 30 % selon les branches. Résultat, l’économie française ne s’est pas écroulée. Cette hausse a même stimulé l’économie et l’emploi. En revanche, pour les actionnaires, c’est une tout autre musique. Quoi qu’il arrive et quelle que soit la situation économique, le capital trouve toujours les moyens pour rétribuer les actionnaires en dividendes, quitte même parfois à emprunter sur les marchés financiers pour en verser encore plus.

Dans le même état d’esprit, une célèbre maxime a fait long feu : les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain. Comme les faits sont têtus, on peut facilement dire que rien ne va dans cette formule libérale. Les profits d’hier comme d’aujourd’hui vont à la spéculation et aux actionnaires, tournant le dos à la répartition des richesses, à l’investissement productif nécessaire à notre économie ou encore au développement des services publics.

L’augmentation générale des salaires permet de faire face efficacement à l’inflation particulièrement forte dans le pays depuis plus d’un an et qui risque encore d’être importante, notamment pour les produits de première nécessité ou les énergies (carburant et électricité). La remise en place d’une échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’indexation automatique de tous les salaires sur le coût de la vie, serait de nature à faire face à cette inflation.

Une autre répartition des richesses créées par le travail est non seulement un enjeu de justice sociale, mais aussi d’efficacité économique. Une hausse des salaires remplirait mécaniquement, via la fiscalité et les cotisations, les caisses de l’État et la protection sociale. C’est tout l’enjeu de la séquence de forte mobilisation des salariés, des privés d’emploi et des retraités, à l’appel des organisations syndicales, dont la CGT.

 

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 06:39

De nouveau, la guerre et les menaces d’extension de la guerre ressurgissent sur le continent européen, avec tous les risques d’embrasement, leur cortège de souffrances et de destructions mais aussi leurs charognards de tous poils, marchands d’armes, spéculateurs et profiteurs de guerre et des conséquences déjà concrètes sur notre vie quotidienne.

 

Un débat a eu lieu à Beauvais, le 7 octobre, avec Patrick Le Hyaric, ancien directeur de l’Humanité et ancien député communiste européen, autour de son dernier livre (à lire absolument !), pour débattre sur les causes de la guerre en Ukraine et sur des pistes et propositions pour une « sécurité humaine globale ». Retour sur 3 heures de conférence puis de débats passionnants.

Patrick Le Hyaric a d’emblée posé les choses clairement : « Il ne peut y avoir aucune justification, aucune circonstance atténuante à l’agression guerrière de Poutine contre l’Ukraine et son infernale mécanique des atrocités. » Soulignant que cette guerre provoque d’ailleurs l’effet inverse de ce qu’il prétend rechercher puisque l’Otan est réhabilité et que des pays neutres jusqu’ici comme la Suède et la Finlande demandent à y adhérer ; quant au Danemark, il réintègre la « politique commune européenne de défense » qu’il avait quittée après avoir rejeté le Traité de Maastricht il y a 30 ans ! Le dirigeant communiste a aussi enfoncé le clou : « La Russie de Poutine soumise au règne des oligarques n’a rien à voir avec l’URSS mais rêve ouvertement de la reconstitution de l’empire des tzars. »

Pour autant, les choses étant dites sans complaisance aucune pour le pouvoir russe, il est indispensable de chercher à comprendre quel enchaînement a conduit à cette situation gravissime et dans quel contexte mondial s’inscrit ce conflit qui déjà provoque une nouvelle course aux armements.

P. le Hyaric est alors revenu sur les 30 dernières années, en montrant, faits précis à l’appui, comment les dirigeants des USA avaient violé délibérément l’engagement fait auprès de Gorbatchev, au moment du processus de « réunification » de l’Allemagne, de ne pas étendre l’Otan vers l’Est ; et comment, malgré les multiples avertissements venus de toutes parts, ils avaient poursuivi leur volonté d’expansion de ce bras armé des USA jusqu’à vouloir y intégrer l’Ukraine en violation d’un accord de 1994 qui en avait organisé la « dénucléarisation militaire ».

Cette fuite en avant militaire des USA et de l’Otan s’inscrit dans des logiques de domination économique et territoriale, dans le cadre d’une crise profonde du capitalisme mondialisé : les richesses considérables du sol et du sous-sol ukrainien étant un enjeu de premier plan, comme d’ailleurs la volonté des USA d’imposer aux pays européens l’achat du gaz de schiste venu d’Outre-Atlantique plutôt que celui qui était acheminé de Russie par le gazoduc dit Nord Stream (saboté mystérieusement il y a peu…).

L’ancien député européen a appelé à prendre la mesure des bouleversements du monde (Tony Blair, ex-Premier Ministre anglais, a dit le 16 juillet 2022 : « Nous arrivons à la fin de la domination politique et économique de l’Occident ») avec l’essor de nouvelles puissances « émergentes » : les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) représenteront en 2050, 50 % des richesses produites dans le Monde tandis que le G7 n’en représentera plus que 20 % ! Et la Chine devançera les USA dès 2030.

Toute la politique des USA vise à tenter d’empêcher cette perte de leur puissance par trois moyens : la domination financière avec le dollar qui accorde aux USA un privilège incroyable de faire financer leurs dépenses par le reste du monde ; la domination juridique avec la scandaleuse extra-territorialité du droit états-unien qui lui permet de s’ingérer dans la politique intérieure des États et de dicter leurs décisions aux entreprises en fonction des intérêts des USA ; et évidemment la domination militaire avec la volonté constante d’enrôler les États européens dans cette aventure, au prix d’une folle relance de la course aux armements (les dépenses atteignent désormais 2 113 milliards de dollars!!!) avec des risques insensés – y compris nucléaire - pour la planète et la dilapidation d’argent dans des œuvres de mort alors que tant d’argent manque pour relever les défis sociaux et environnementaux.

Deux faits inquiétants parmi d’autres illustrent bien cela : le budget militaire de l’Otan est désormais 20 fois celui de la Russie, et le changement de stratégie militaire de la France est passé de « paix-crise-paix » à « compétition-contestation-affrontement », dans une logique clairement guerrière illustrée par exemple par le commandement français de bases de l’Otan en Roumanie et Estonie.

S’inspirant de l’esprit de Jaurès, P. Le Hyaric a longuement appelé à créer les conditions de « gagner la paix » plutôt que l’illusion meurtrière de « gagner la guerre » : en encourageant toutes les initiatives diplomatiques de l’ONU, de la Chine, de l’Inde pour une désescalade, un cessez-le-feu et l’engagement de discussions ; et en travaillant à la perspective d’une nouvelle Conférence pour la Sécurité et la coopération en Europe associant tous les pays européens y compris la Russie. Pour cela, il y a une nécessité urgente d’agir pour développer un vaste mouvement citoyen et des peuples pour la paix, pour contrebalancer la guerre idéologique des va-t-en-guerre et les poisons des nationalismes, et pour imposer un nouveau rapport de force favorable aux forces de paix, avec l’objectif d’un Pacte mondial pour une sécurité humaine globale.

Thierry Aury

secrétaire départemental PCF Oise

membre du Conseil national du PCF

 

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5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 06:28

 

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