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10 décembre 2023 7 10 /12 /décembre /2023 18:37
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10 décembre 2023 7 10 /12 /décembre /2023 09:36

 

« Qu’est-il donc arrivé à EDF ? Comment se fait-il qu’un tel bloc en apparence inébranlable et résilient à toutes perturbations, la reine des entreprises de service public, bien-aimée des Français, respectée des gaullistes et des communistes comme des libéraux, premier électricien nucléaire dans le monde, occupe aujourd’hui l’actualité des situations à problèmes ? » (Stoffaës, Christian)

Si les réponses à ces questions sont multiples, il n’en demeure pas moins que la libéralisation du secteur de l’électricité s’est clairement faite contre EDF et la mise en œuvre de l’accès régulé au nucléaire historique (ARENH) par la loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l’électricité, dite loi NOME, en est une des illustrations.

Présentée à l’origine comme une solution compatible avec les exigences d’ouverture du marché de l’électricité imposées par la Direction Générale de la concurrence, en lieu et place du TARTAM (tarif réglementé et transitoire d’ajustement au marché) qui permettait aux entreprises électro-intensives d’accéder au nucléaire historique à un tarif plus proche des coûts de production1(*), ce dispositif fait obligation à EDF de céder un quart de sa production d’électricité nucléaire à ses concurrents.

Ainsi, l’opérateur historique se doit de vendre jusqu’à 120 terawatts-heures (TWh) par an de sa production d’origine nucléaire, à un tarif bloqué de 42 euros par mégawatt-heure (MWh), toute évolution de ce tarif restant soumise à l’acceptation préalable à la Commission européenne.

Il s’agissait, selon les promoteurs de cette solution, de conserver la possibilité, pour les consommateurs et les industriels, de bénéficier des « coûts avantageux » du parc nucléaire tout en favorisant l’émergence d’une concurrence voulue par Bruxelles. Concurrence, qui devait en contrepartie développer ses propres moyens de production.

Certes, la loi de 2010 a permis d’exclure du marché concurrentiel la fourniture de l’électricité d’origine nucléaire ; toutefois, comme le souligne les conclusions de la commission d’enquête sur la souveraineté énergétique de la France, la rente du nucléaire ne devait pas être transférée d’EDF vers ses concurrents, mais bien vers les consommateurs français. De même, les coûts de l’entreprise publique devaient être intégralement couverts par la méthode de calcul du prix de l’ARENH. Or ce mécanisme asymétrique n’a pas eu les effets escomptés.

Après 10 années, le bilan est accablant. Non seulement les fournisseurs alternatifs n’ont développé quasiment aucun moyen de production, mais l’ARENH est devenu un outil spéculatif en faveur des tradeurs qui a affaiblit l’opérateur historique et entrainé la hausse du tarif réglementé de vente de l’électricité.

1/ L’ARENH, un gouffre financier pour EDF

Il est aujourd’hui impossible de nier que l’ARENH a joué un rôle dans la dégradation de la situation financière d’EDF. S’il est difficile d’estimer précisément son coût, la Cour des comptes indiquait dans un rapport publié le 5 juillet 2022 que ce mécanisme a généré une perte de recettes pour le secteur nucléaire d’environ 7 milliards d’euros entre 2011 et 2021.

Or, loin de remettre en cause ce dispositif qui pèse sur les capacités d’investissement d’EDF, le gouvernement l’a encore élargi dans le cadre de la mise en place du « bouclier tarifaire ».

Au cours de l’année 2022, dans un contexte où la production nucléaire était en forte baisse - passant de 380 TWh en 2019 à 280 TWh en 2022 - la décision d’un relèvement du plafond d’ARENH de 100TWh à 120TWh a contraint EDF à acheter au prix de marché (qui ont pu atteindre jusque 1000 euros/Mwh) l’électricité nécessaire, tant pour satisfaire ses propres clients que pour répondre à la demande ARENH de ses concurrents, qui ont quant à eux continué à faire des bénéfices (notamment, Total Energie a amassé quelque 19 milliards d’euros de bénéfices en 2022).

Cette situation a conduit à une aggravation sans précédent de la situation financière d’EDF, la conduisant à déposer un recours contentieux auprès du Conseil d’État, et une demande indemnitaire auprès de l’état, pour obtenir compensation de ses pertes alors estimées à 8,34 milliards d’euros.

En tout, cette décision de relèvement du plafond de l’ARENH pourrait coûter à EDF jusqu’à 10 milliards d’euros alors que, comme le souligne la mission flash du Sénat de juin 2023 sur la fraude à l’ARENH2(*), aucun contrôle n’a été effectué sur les prix ni sur les pratiques des concurrents alimentés par ces nouveaux volumes.

Enfin, il faut noter que le coût de production du nucléaire historique varie autour de 48 euros par MWh, voire 53 euros par MWh selon différentes sources. Or le décret permettant l’évolution du tarif de l’ARENH n’a jamais été publié, figeant ce dernier 42 euros, ce qui ne permet pas à EDF de financer le prolongement des centrales et ses nouveaux investissements.

2/ L’ARENH, un mécanisme asymétrique et spéculatif

Comme le souligne la CRE, l’asymétrie du dispositif, c’est-à-dire la possibilité de laisser le choix aux fournisseurs alternatifs de demander des volumes d’ARENH lorsque les prix de marché sont élevés, et de ne pas en demander lorsque les prix de marché sont inférieurs au prix des volumes d’ARENH, est une faiblesse qui a été préjudiciable à EDF ».

En effet, si EDF est obligée de vendre à ses concurrents 100 à 120 TWh à 42€/MWh, ces derniers ne sont pas obligés de l’acheter à ce prix. De ce fait, l’ARENH peut être assimilé à une option gratuite.

Lorsque les prix de l’électricité sur les marchés de gros sont élevés, les fournisseurs alternatifs sollicitent davantage d’ARENH et la satisfaction de ces demandes a contraint EDF à racheter sur les marchés suffisamment d’électricité pour pouvoir honorer ses obligations, ce qui a entraîné des surcoûts significatifs pour l’entreprise publique. En revanche, lorsque les prix sur le marché sont bas, les fournisseurs se détournent de l’ARENH et EDF s’en retrouve pénalisée.

Dit autrement, alors que le prix de marché est régulièrement descendu en dessous de l’ARENH à partir de 2016, les fournisseurs concurrents d’EDF, les clients industriels et les traders du marché ont pu s’approvisionner sur le marché quand le prix était en dessous de l’ARENH et même, fin 2016, aller jusqu’à revendre de l’électricité sur le marché, quand le prix était au-dessus de l’ARENH, tout en se réapprovisionnant au tarif de l’ARENH réalisant au passage d’importants profits.

Ce mécanisme concurrentiel est ainsi devenu au fil des ans un instrument financier visant à alimenter les superprofits des grands groupes énergétiques privés au détriment de notre outil public et du service rendu aux usagers. Ce caractère asymétrique de l’ARENH est une véritable aberration.

3/ L’ARENH et hausse du TRVE

La mise en place de l’ARENH et la modification de la méthode de calcul des TRVE reflètent un autre phénomène de la libéralisation qui ne s’est pas limité à la recomposition des anciens monopoles publics EDF et GDF, de leurs missions ou à l’entrée de nouveaux fournisseurs, et qui bouleverse de plein fouet la façon dont la valeur de l’électricité est établie : le remplacement des tarifs fixés par l’État par des prix définis par le marché.

Il existe une différence fondamentale entre le tarif et le prix : alors que le tarif est fixé par une décision politique ou administrative, en rapport avec une évaluation des coûts et de la poursuite d’intérêt général, la formation d’un prix est le résultat non contrôlé et incertain du mécanisme de marché qui se dissocie des coûts de production voire de la rationalité économique.

Ainsi depuis la loi « NOME », « il ne s’agit plus de faire bénéficier le consommateur final des coûts de production d’EDF, en vue de contenir les prix, mais de permettre aux concurrents de proposer des offres au moins aussi attractives que les offres au TRV » (Marie Lamoureux, Droit de l’énergie)

Comme le souligne la Cour des comptes dans son rapport de juillet 2022, « depuis 2019, et pour les années suivantes, le mode de calcul des TRV a été adapté par la CRE pour tenir compte de l’atteinte du plafond au guichet de l’ARENH (demandes d’ARENH supérieures à 100 TWh) et de l’écrêtement opéré sur les volumes d’ARENH demandés par les fournisseurs alternatifs ».

Il y a écrêtement ARENH lorsque la totalité de la demande des fournisseurs alternatifs dépasse le volume disponible de 100 TWh. Cette situation a eu lieu pour la première fois en 2018. Lorsqu’une situation d’écrêtement se présente, ayant reçu moins de volumes d’ARENH qu’ils n’en avaient demandé, les fournisseurs ont dû acheter de l’électricité sur le marché de gros pour continuer à satisfaire leurs clients, ce qui a rendu leurs offres moins compétitives que le tarif réglementé. Toutefois, pour faire en sorte que ces opérateurs puissent concurrencer les TRVE et donc EDF, la CRE a répercuté un écrêtement de la composante ARENH dans les TRVE, selon une méthodologie publiée dans une délibération du 11 janvier 2018. (« L’écrêtement de l’ARENH se traduit par une diminution de la part du TRV fondée sur le prix fixe de l’ARENH. Mais l’exposition du TRV à la volatilité des prix de marché a été accrue par le choix fait par la CRE de valoriser la part écrêtée de la composante ARENH, au sein du TRV, en fonction des prix de marché moyennés sur le seul mois de décembre précédent l’année de consommation plutôt que sur 24 mois » Rapport de la Cour des comptes 2022.)

Ce volume écrêté, pesant pour environ 25% du volume dans le TRVE, a ainsi été valorisé en 2021 à 257 €/MWh, expliquant une grande partie de la hausse du TRVE avant bouclier tarifaire au nom du maintien d’une concurrence factice.

Ainsi comme le souligne la Cour des comptes dans son rapport de 2022, « l’atteinte du plafond de l’ARENH et les modalités de prise en compte de l’écrêtement des demandes d’ARENH dans le calcul des TRV ont fortement accru ces dernières années l’exposition des bénéficiaires des TRVE aux hausses des prix du marché de gros. La valorisation de cet écrêtement sur une période restreinte de cotation a ainsi lourdement compromis la stabilité des TRV (...). Ce résultat appelle à court terme à revoir la méthodologie de calcul utilisée jusqu’à présent pour la composante écrêtée de l’ARENH, afin que les TRVE retrouvent un degré de stabilité suffisant » c’est pourquoi en sus de la suppression de l’ARENH, nous proposons une modification de la méthode de calcul du TRVE. La restauration de tarifs réglementés de l’électricité assis sur une méthode de calcul plus juste et fondés sur les coûts réels de production, transport et commercialisation est essentielle.

4/ Fraude à l’ARENH

Plus encore, les usagers et usagères se sont trouvés confrontés à une multiplication des pratiques commerciales trompeuses et abusives, et le nombre de saisines du Médiateur national de l’énergie est en constante augmentation.

Comme le souligne la mission flash sur la fraude à l’ARENH, « les pratiques frauduleuses peuvent être de deux ordres. D’une part, un fournisseur peut augmenter artificiellement sa demande totale d’ARENH, ce qui a pour conséquence d’augmenter le taux d’écrêtement du dispositif, et donc l’exposition de l’ensemble des consommateurs français aux prix de gros de l’électricité. D’autre part, un fournisseur peut augmenter le nombre de clients sur la période de calcul des droits à l’ARENH puis les minimiser - par exemple en appliquant de fortes hausses tarifaires - pour revendre ses droits sur le marché de gros de l’électricité, ce qui a pour effet de priver ses propres consommateurs du bénéfice de ces droits. »

Durant la crise de l’énergie, le mécanisme de l’ARENH s’est ainsi trouvé au cœur de circuits frauduleux mis en place pour tirer profit de l’inflation record constatée sur les marchés et ce, dès le guichet infra-annuel 2022, dont la demande accréditée s’est élevée à un niveau anormalement haut.

Située à 160 TWh pour l’exercice 2022, contre 140 en moyenne, celle-ci reflète une stratégie d’anticipation savamment établie par les fournisseurs alternatifs dès les premiers signes de l’inflation sur les prix de l’énergie. Avant-même le déclenchement de la guerre en Ukraine, les prix sur les marchés de gros avaient déjà commencé à augmenter, du fait de la reprise économique mondiale post-Covid et des tensions sur l’approvisionnement provoquées par cette dernière.

Dans un contexte de maintenance du parc nucléaire français, dont la moitié des réacteurs était à l’arrêt, le constat était évident ; l’électricité allait se vendre plus cher durant l’hiver, et il y avait un coup à jouer.

Ainsi, certains fournisseurs alternatifs, conscients des bénéfices à réaliser, ont délibérément surévalué leurs besoins en électricité pour l’année 2022. La méthode est sans scrupules ; il s’agissait pour ces derniers de maximiser leur portefeuille de clients sur la période d’avril à octobre, qui sert de base d’analyse à la CRE pour octroyer les volumes demandés.

Ce système encourage ainsi certains fournisseurs alternatifs à faire en sorte d’avoir le plus de clients possibles durant l’été, pour obtenir un quota d’ARENH avantageux ; puis, une fois l’automne arrivée, à dissuader ces clients de rester pour ne pas écouler l’intégralité du quota.

Cette technique leur permet alors de revendre au prix du marché la part du quota qu’ils n’ont pas écoulée et qu’ils ont obtenue à 42€/MWh. Dans un contexte où les prix ont oscillé entre 300 et 1000 euros le MWh durant des mois, la manœuvre est loin d’être anodine.

Ces pratiques ne se résument pas à quelques cas isolés, et de nombreux usagers et usagères ont ainsi subi les conséquences de ces pratiques frauduleuses. En pleine crise énergétique, qui a exposé les consommateurs finals à une inflation sans précédent, un véritable système de trading s’est ainsi mis en place sur la base du mécanisme de l’ARENH, dont le relèvement du plafond à 120 TWh devait pourtant servir à contenir l’inflation vécue par les consommateurs finals.

Profitant des dysfonctionnements du marché européen de l’électricité et de l’augmentation du volume ARENH, certains fournisseurs (72 fournisseurs sur 100 ont abusé de l’ARENH, selon les contrôles effectués par la Commission de régulation de l’énergie) ont ainsi exagéré leurs besoins, ce qui aurait eu pour effet de faire augmenter les TRVE de 16 % en 2022 et de 5 % supplémentaires en 2023.

Au terme de multiples enquêtes diligentées sur les pratiques de plusieurs fournisseurs alternatifs, la CRE, dans le cadre de son dispositif de contrôle a posteriori, a pénalisé 58 fournisseurs alternatifs qui seront redevables du CP1 - un mécanisme tendant à régulariser les demandes effectuées au guichet ARENH pour une base prévisionnelle en neutralisant le bénéfice théorique réalisé par le fournisseur en cas de demande excédentaire par rapport à ses droits - à hauteur de 1,6 milliard d’euros.

Pour ce qui concerne le CP2, un mécanisme visant à pénaliser les demandes excessives des fournisseurs alternatifs au guichet ARENH - c’est-à-dire les demandes dépassant la marge de tolérance pour une simple erreur de prévision - ce sont 14 opérateurs qui ont été pénalisés, pour un montant de 21,9 millions d’euros.

Mais là encore, le mécanisme de l’ARENH s’avère très profitable aux fournisseurs alternatifs. S’il est de notoriété que les montants versés au titre du CP2 reviennent à l’État, par un versement des recettes à EDF suivies d’une déduction de la compensation de ses charges de service public de l’énergie, il ressort toutefois des auditions menées par la mission d’information du Sénat que l’affectation du produit issu du CP1 est moins évidente.

En effet, celui-ci étant réparti entre les fournisseurs alternatifs au prorata de la perte causée à chacun, il semble possible, dans ce système, que des acteurs ayant bénéficié du CP1 aient pu eux-mêmes se rendre coupables des abus sanctionnés par le CP2. Ce système de sanctions, appliqué par la CRE pour la première fois en 2023, ne corrige ainsi pas les torts causés aux consommateurs finals ; pire encore, il crée un circuit dans lequel des opérateurs coupables d’abus reçoivent, une fois de plus, une indemnisation.

Le constat est sans appel, plus personne n’est en mesure de se satisfaire d’un mécanisme qui ruine méthodiquement l’entreprise historique, contrainte de vendre à bas prix une part croissante de sa production pour favoriser ses concurrents et qui entraîne une augmentation vertigineuse des TRVE.

C’est pourquoi cette proposition de loi propose de supprimer ce mécanisme (article1), de conforter un tarif de vente de l’électricité dont la méthode de calcul permettra sa stabilité (article 2) et de l’étendre à tous les consommateurs (article 3).

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10 décembre 2023 7 10 /12 /décembre /2023 06:28

 

 

Depuis 1945, les élus de la République ont voté plus d’une centaine de textes sur l’immigration. Le gouvernement Macron n’échappe pas à la règle et présente sa deuxième loi en cinq ans (2018 Collomb et 2023 Darmanin).

Cette frénésie législative qui s’accélère au début des années 70 est caractéristique de la stratégie du « bouc émissaire » faisant des immigrés les responsables de toutes les crises pourtant générées par le capitalisme le plus débridé. Diviser le monde du travail a toujours été une des armes essentielles de l’exploitation capitaliste et c’est aussi un moyen d’entraver la nécessaire convergence des intérêts de classe. Cette dernière loi immigration particulièrement durcie après son examen au Sénat permet de faire diversion face à la montée en puissance d’un État autoritaire et la mise en place d’une économie de guerre en France, en Europe et dans le monde.

Ces discours xénophobes s’appuient sur des mythes et des affirmations infondées qui trouvent un écho bien au-delà des rangs de l’extrême droite.

Par exemple, en 2022, la France compte 4,5 millions d'étrangers, soit 7,7 % de leur population, ce qui la situe autour de la moyenne européenne 8,4 %. Contrairement aux arguments rabâchés pour durcir encore plus la loi soumise au Parlement, les migrants et les réfugiés participent à la vie économique et ne prennent pas le travail des nationaux. Pourquoi ? En premier lieu, les immigrés sont avant tout des consommateurs dont les besoins, pour être satisfaits, nécessitent de développer l’emploi. Ils participent ainsi à accroître la demande de biens de consommation, de services, de logements. En second lieu, il existe une réelle relation de complémentarité plutôt que de substituabilité entre la main-d’œuvre immigrée et la main-d’œuvre autochtone. Il existe plusieurs marchés du travail séparés par des cloisons pratiquement étanches. Des secteurs comme le bâtiment, la restauration (cuisine et plonge), le nettoyage, la sécurité, l’aide à la personne sont largement réservés aux étrangers. Ceux-ci ne prennent le travail de personne, car aucun « national » n’accepterait les conditions de de travail désastreuses dans ces branches professionnelles. En d’autres termes, les étrangers se chargent des tâches que les nationaux ne veulent plus accomplir, tâches caractérisées par les célèbres « trois D » (dégueulasses, difficiles, dangereuses).

Pour le Parti communiste français, les raisons objectives et positives d’intégrer les populations migrantes sont avérées et l’Europe vieillissante a besoin d’une population active renouvelée. Nos budgets fiscaux et sociaux ont besoin de travailleuses et travailleurs cotisants dont le régime de la clandestinité et de l’exploitation les prive. Régulariser la situation des migrants pourrait tarir à la source les réseaux de passeurs et mafieux de tous genres.

Nos élus au Sénat et à l’Assemblée nationale ont porté et porteront des amendements de très grande qualité pour « dénoncer la défiance, les préjugés, la suspicion à l'égard des étrangers, considérés comme des profiteurs, voire des délinquants. Ils réfutent cette vision populiste anti-immigration et considèrent que la France doit faire preuve de responsabilité et garder à l’esprit l’immense apport humain et matériel que les étrangers lui ont déjà apporté. Les migrants ne doivent pas être perçus comme un fardeau pour la société. Il faut en finir avec la politique migratoire répressive menée depuis plusieurs années qui réduit le migrant à la figure du clandestin, du retenu destiné à être expulsé ».

Ensemble, élus, militants et adhérents nous mettront tout en œuvre et participeront aux rassemblements pour la journée internationale des migrants et migrantes le 18 décembre prochain partout en France. Journée de mobilisation mondiale pour que soit respectée « la convention internationale de l’Onu sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille ». 

Patricia Tejas, membre du CEN

 

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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 07:52

Manifestation lundi 18 décembre (18 h – Place de Otages) pour dire notre opposition au projet de loi immigration du gouvernement.

Le lundi 18 décembre ce sera la journée internationale des migrants.

A cette occasion, Le Collectif d'associations du Pays de Morlaix venant en aide aux personnes exilées, appelle à un rassemblement.

Ce rassemblement se tiendra le lundi 18 décembre à 18 h Place des Otages (Morlaix).

Le PCF soutient cette initiative.

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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 07:49

Réunion publique mardi 19 décembre (18h – Mairie de Morlaix)

L’AFPS du Pays de Morlaix, avec un collectif d'associations, de syndicats, de partis politiques, dont le PCF, organise, mardi 19 décembre (18 h – Mairie de Morlaix) sur la situation à Gaza et en Palestine. 

Soyons-y nombreux.

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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 07:47
Achat d'un local pour le PCF 5 place de Locronan à Quimper - Participez à la souscription militante départementale pour l'achat du local
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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 07:29
(* Hala Abou Hassira était présente au Congrès du PCF à Marseille en avril dernier - note Chiffon Rouge)

(* Hala Abou Hassira était présente au Congrès du PCF à Marseille en avril dernier - note Chiffon Rouge)

Près de 16 000 habitants de l’enclave palestinienne auraient été tués par l’armée israélienne depuis le 7 octobre. Hala Abou Hassira, ambassadrice de Palestine* décrit le quotidien des Gazaouis qui n’est plus rythmé que par la mort. Elle appelle la France à sortir de son silence, en dénonçant les atrocités perpétrées, et à reconnaître, enfin, l’État de Palestine.

(* Hala Abou Hassira était présente au Congrès du PCF à Marseille en avril dernier - note Chiffon Rouge)

Lina Sankari Vadim Kamenka L'Humanité, 7 décembre 2023
 

Native de Gaza, l’ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou Hassira, suit avec angoisse les frappes quotidiennes sur l’enclave où vit toute sa famille. La représentante de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) a perdu 60 de ses proches dans les bombardements israéliens, ces deux dernières années.

Après avoir été en poste en Belgique et au Canada, la cheffe de mission de la Palestine en France détaille les crimes perpétrés par Israël depuis les attaques du Hamas, le 7 octobre, à l’occasion de sa présence, ce lundi, dans les locaux de l’Humanité.

Quel regard portez-vous sur la situation à Gaza après deux mois de bombardements et d’opérations militaires ?

Personne ne pouvait imaginer que ce drame durerait aussi longtemps. Chaque jour, nous  dressons un bilan macabre. Toute perte est insupportable, qu’elle soit israélienne ou palestinienne. On ne s’attendait à ce que les autorités israéliennes puissent aller aussi loin dans leur projet d’anéantissement de la bande de Gaza et de déplacement forcé du peuple palestinien.

On approche des 16 000 morts, dont 75 % de femmes et d’enfants, et 93 % de civils. On parle de 36 000 blessés et 6 000 civils qui se trouvent toujours sous les décombres.

Au total, cela porte à près de 60 000 le nombre de personnes tuées ou blessées. Du fait des bombardements des hôpitaux, de la pénurie de médicaments, des tirs sur les soignants et les ambulanciers, la plupart des blessés ne survivront pas. Des centaines de milliers de logements ont disparu. Ma famille vit à proximité de l’hôpital Al-Shifa et ne parvient plus à se repérer dans son quartier. C’est l’apocalypse.

La situation en Cisjordanie est également préoccupante. Cela relève-t-il de la même stratégie ?

Dans les territoires occupés, des colons israéliens exercent une forme de terrorisme. Les Palestiniens n’osent plus prendre la route. Les habitants des environs de Ramallah ne s’y rendent même plus pour travailler. La vie est à l’arrêt. Des jeunes, des enfants sont assassinés par des colons qui tirent impunément.

Près de 300 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre en Cisjordanie avec la bénédiction de l’armée et du gouvernement israéliens qui arment les colons. Il s’agit bien d’une guerre massive contre l’ensemble du peuple palestinien ; 3 680 personnes, dont des enfants, ont été arrêtées ces deux derniers mois.

Ils n’ont été ni jugés ni inculpés. Pour nous, ils sont pris en otage. Les Nations unies doivent donc faire respecter le droit international et rendre Israël responsable de ces crimes dont l’apartheid, l’occupation et la colonisation qui empêchent toute perspective de paix.

Vous êtes vous-même originaire de Gaza. Vous avez évoqué sur les réseaux sociaux les pertes subies par votre famille avec la mort de 60 de ses membres lors des bombardements israéliens. Quel est le quotidien des Gazaouis ?

Ma famille vivait dans l’ignorance de ce qui se déroulait dans le territoire avec la rupture des communications imposée par Israël. Je disposais de toutes les informations mais je n’osais pas leur transmettre pour ne pas les effrayer davantage. Comme il l’a déjà fait par le passé, Israël expérimente de nouvelles armes sur les Palestiniens, qu’il s’agisse du phosphore ou de bombes non conventionnelles qui déchirent littéralement les corps et réduisent les bâtiments à l’état de poussière. Tout cela est inédit et installe une terreur innommable.

La nuit, les bombardements s’intensifient. Du fait du blocus, la population essaye de se ravitailler dès 5 heures du matin. À midi, il n’y a plus d’espoir de trouver quoi que ce soit. Mes neveux patientent des heures en vain pour une goutte d’eau. Dans ma famille, 20 personnes, dont des enfants, se partagent parfois une boîte de conserve. Certains se privent de manger pour ne pas être obligés d’aller aux toilettes, du fait du manque d’eau. Peut-on imaginer cela ?

Des familles de 30 à 100 personnes se rassemblent sans eau, sans possibilité de se laver, de s’hydrater. De nombreuses maladies de peau se développent. Dans la partie nord de Gaza, 50 000 femmes enceintes seront contraintes d’accoucher dans des conditions sanitaires catastrophiques et dangereuses depuis la mise hors service des hôpitaux. Les Gazaouis souhaitent simplement que la nuit prenne fin.

Parfois, on compte les secondes jusqu’au petit matin, et on se dit qu’on a survécu, qu’on a gagné une journée supplémentaire. 

La mort est devenue imminente. À chaque coup de fil, on fait ses adieux. Jamais je n’aurais imaginé entendre mes frères pleurer.

Tout le monde est piégé. Personne ne sait quoi faire. Quelle est la bonne solution pour survivre et assurer la sécurité de ses enfants ? Partir vers le sud, pour y être assassiné ? Mourir chez soi, en toute dignité ? Revenir dans le Nord ? Aujourd’hui, la décision revient à décider où l’on mourra. Même dans les écoles des Nations unies, où l’on croyait pouvoir trouver refuge en vertu de la convention de Genève, la mort est possible. Aucun lieu n’est sûr dans la bande de Gaza. Mais il faut relever la résilience des Palestiniens. Le projet israélien veut les contraindre une nouvelle fois à l’exil. Malgré la destruction de leur maison, tous parlent de retour, quitte à planter une tente sur les débris. C’est la force de notre peuple. Personne ne veut une deuxième Nakba (la « catastrophe » de 1948 qui a contraint les Palestiniens à l’exil – NDLR). La première est inscrite dans la mémoire collective et nous ne voulons pas d’un nouveau départ alors que cet exil forcé était censé être temporaire. Soixante-quinze ans après, personne n’est revenu.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, évoque un risque de génocide. Qu’en est-il ?

Ce qui se déroule à Gaza ne fait guère de doute au regard du droit international. C’est un crime de génocide et nous ne prenons aucun plaisir à utiliser un tel terme. Mais la communauté internationale doit reconnaître l’existence de telles atrocités. Cette dénomination oblige les États signataires de la charte des Nations unies et des conventions internationales à agir : ils ont une responsabilité collective.

Le droit et les conventions internationales ont été coécrits par des Français. Ces textes ont été rédigés pour empêcher des atrocités de se répéter. Le mot génocide n’est pas démesuré, c’est la réalité de Gaza qui l’est.

Comment faire reconnaître ce crime de génocide ?

Il faut une commission d’enquête des Nations unies et des instances compétentes en la matière, dont la CPI (Cour pénale internationale). Ces experts doivent se rendre sur place pour instruire leur procédure. Nous accepterons leur conclusion. Si les crimes de guerre et contre l’humanité sont reconnus, les auteurs doivent être poursuivis. La Palestine est signataire de la convention de Rome et a donné un mandat complet au procureur de la Cour pénale internationale, cette semaine.

La France soutient-elle cette démarche ?

Nombre de pays européens et les États-Unis ont été submergés par l’émotion du 7 octobre. Or, ce n’est pas avec l’émotion que l’on résoudra la souffrance du peuple palestinien face à l’apartheid, la colonisation, l’occupation et les crimes en cours, ni la crise profonde.

Nous attendons que la voix singulière de la France s’exprime à partir du droit international. Aujourd’hui, nous souhaitons qu’elle rappelle ces principes et pousse à l’application du droit. En tant qu’État membre des Nations unies et du Conseil de sécurité, la France doit prendre ses responsabilités afin de garantir la paix mondiale.

Nous comptons sur sa voix pour un cessez-le-feu et l’instauration d’une dynamique politique qui aboutisse à une solution à deux États. J’appelle la France à reconnaître officiellement l’État de Palestine. Un État demeure absent dans la région : il faut y remédier. C’est la seule solution pour les Palestiniens d’exercer leur droit inaliénable à l’autodétermination dans un État souverain et indépendant. Nous souhaitons vivre en paix, côte à côte avec les Israéliens.

Comment contraindre Israël à cette reconnaissance ?

Les outils juridiques sont connus et offerts par le droit international. Son application forcerait Israël à mettre un terme à son occupation. Des instruments pacifiques existent et ont été utilisés dans la crise ukrainienne. Des sanctions doivent être décrétées contre la colonisation, contre les crimes et les atrocités. Israël ne doit pas y faire exception.

Comment appréhendez-vous le débat autour du droit d’Israël à la légitime défense ?

Chaque État a droit à la légitime défense. Ce droit doit s’exercer dans la limite de ses frontières. Ce droit peut-il s’appliquer pour un État occupant contre une population occupée ? En vertu du droit international, c’est le peuple palestinien qui devrait disposer du droit à la légitime défense contre l’occupation et les colons qui le terrorisent. Malgré le nombre de vies civiles perdues, les pays qui continuent d’utiliser le prétexte du droit à la légitime défense cherchent seulement à légitimer les massacres. Il s’agit d’un feu vert donné au gouvernement le plus fasciste de l’histoire d’Israël.

L’objectif n’est-il donc pas celui d’une destruction totale du Hamas ?

Benyamin Netanyahou et ses fanatiques appliquent une punition collective. Parmi les 2,3 millions d’habitants de la bande de Gaza, 50 % ont moins de 18 ans. Israël ne pouvait l’ignorer en lançant une attaque d’une telle ampleur. L’objectif d’un transfert de la population gazaouie vers le Sinaï égyptien a été déclaré publiquement : on divise d’abord la bande de Gaza entre les parties nord et sud, et, par les bombardements sur les habitations, les hôpitaux, les écoles, on organise un déplacement forcé de la population.

Qui, dans ces conditions, ne chercherait pas à mettre ses enfants en sécurité ? Malgré la fuite des habitants vers le sud, à laquelle ils ont été contraints, on assiste à un pilonnage de cette zone. La population qui se trouve dans le centre ne peut ni remonter vers le nord ni descendre vers le sud. J’en reviens à la définition de génocide. Il s’agit de perpétrer des actes qui touchent à l’intégrité physique et mentale d’un groupe national.

Détenu depuis plus de vingt ans, Marwan Barghouti demeure populaire. Quel rôle pourrait-il jouer dans l’unité du peuple palestinien ?

Depuis la première semaine de l’agression israélienne, tout le monde parle du jour d’après. Après quoi ? Le cessez-le-feu ou la concrétisation de ce projet israélien d’anéantissement et d’exclusion de tous les habitants de la bande de Gaza ? Je refuse de me projeter dans l’après, vu la catastrophe actuelle.

Mettons déjà un terme à ces crimes. Il y a près de 12 000 prisonniers politiques palestiniens dans les geôles israéliennes, y compris des femmes et d’enfants. Ils sont des milliers à y être incarcérés sans jugement, sans inculpation, avec les détentions administratives. La libération de tous est un préalable. Dans un deuxième temps, le peuple se prononcera par des élections. Ses instances légitimes résident dans l’OLP. En 2020, des élections devaient se dérouler, mais Israël a refusé leur tenue à Jérusalem.

Pour nous, c’est une ligne rouge, cela fait partie de l’accord signé avec Tel-Aviv, qui prévoyait la tenue d’un scrutin dans la bande de Gaza et la Cisjordanie. Les Palestiniens de Jérusalem n’ont pu exercer leur droit. Le peuple palestinien choisira ses représentants via un processus politique démocratique transparent.

Guerre Israël-Hamas, Hala Abou Hassira, représentante de la Palestine en France : « Le mot génocide n’est pas démesuré, c’est la réalité de Gaza qui l’est »
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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 07:23
Gaza : l’ONU dénonce « l’horreur totale » subie par les Palestiniens - L'Humanité, 7 décembre 2023
Gaza : l’ONU dénonce « l’horreur totale » subie par les Palestiniens

Les carnages, les privations endurées par les civils et l’intensification des pilonnages de l’armée israélienne autour de la ville de Khan Younès prennent une dimension qui confine à l’apocalypse. L’ONU s’indigne du sort totalement injustifiable promis aux Gazaouis.

Tandis que les combats continuent de s’intensifier autour de la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, l’ONU a dénoncé, le 6 décembre, l’horreur subie par la population palestinienne, évoquant même une situation « apocalyptique ». Les représentants onusiens et des ONG encore présents sur place dénoncent les conditions dantesques faites aux secouristes internationaux, pris entre bombardements et combats de rue, pour réaliser leurs missions.

Le haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk, s’est indigné depuis Genève, où il avait convoqué la presse ce mercredi, de la « punition collective » infligée ainsi à la population civile palestinienne, deux mois après « les horribles attaques du Hamas ». Il a réclamé un arrêt immédiat des hostilités et la libération de tous les otages.

La situation confine à l’apocalypse, a-t-il indiqué, reprenant à son compte le terme employé par le chef des opérations humanitaires des Nations unies, Martin Griffiths, pour témoigner de l’extrême gravité de la situation et de la montée continue des atrocités subies par les civils.

Khan Younès transformée en piège mortel

Le haut-commissaire a ajouté, à Genève, qu’il existe « un risque accru » que les plus graves crimes (génocide, crime contre l’humanité et crimes de guerre) soient commis. Il a demandé que des mesures soient prises « de toute urgence, tant par les parties concernées que par tous les États, en particulier ceux qui ont une influence, pour prévenir » de telles exactions. Il a également fustigé les déclarations déshumanisantes faites « par des responsables israéliens de haut niveau actuels ou anciens, ainsi que par des représentants du Hamas », renvoyant à la possibilité de traduire de tels individus « devant un tribunal compétent ».

À Khan Younès assiégée par l’armée israélienne, des combats et des pilonnages, sans doute les plus acharnés depuis le début de la guerre, se poursuivent pour le contrôle du centre-ville. Ce qui a transformé la cité du sud de la bande de Gaza en piège mortel pour tous les déplacés du Nord qui fuyaient d’autres lieux pareillement expédiés en enfer. L’un d’eux, Khan Yani, interrogé par l’AFP à Rafah, un peu plus au sud, à la frontière égyptienne où il a réussi, vaille que vaille, à fuir à pied, s’exclame : « Nous voulons comprendre. S’ils veulent nous tuer, qu’ils nous encerclent dans un seul endroit et nous éliminent tous ensemble. Mais nous pousser à nous déplacer d’un endroit à l’autre, ce n’est pas juste. »

1,9 million de déplacés

Rafah est désormais l’unique lieu gazaoui où de l’aide humanitaire est encore distribuée. Sur ce territoire, quelque 1,9 million de personnes (plus de 80 % de la population) ont été déplacées et près de la moitié des habitations ont été détruites, selon les chiffres de l’ONU. Martin Griffiths, le coordinateur de l’aide d’urgence de l’ONU, ne décolère pas.

« Aucun endroit, dit-il, n’est sûr à Gaza. Ni les hôpitaux, ni les abris, ni les camps de réfugiés. Personne n’est en sécurité. Ni les enfants. Ni les travailleurs de la santé. Ni les humanitaires. Ce mépris flagrant des bases de l’humanité doit cesser. »

Le chef de l’ONU met en garde contre un « effondrement total de l’ordre public » à Gaza et saisit le Conseil de sécurité

Théo Bourrieau, L'Humanité, 7 décembre 2023

Le secrétaire général de l’ONU, a mis en garde mercredi 6 décembre contre un « effondrement total de l’ordre public imminent » à Gaza, pilonnée par Israël. Antonio Guterres a fait appel à l’article 99 de la Charte des Nations Unies, lui permettant d'« attirer l’attention du Conseil » sur un dossier qui « pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationale ».

« Avec les bombardements constants des forces armées israéliennes, et en l’absence d’abris ou du minimum pour survivre, je m’attends à un effondrement total de l’ordre public imminent, dû à une situation désastreuse, rendant même une assistance humanitaire réduite impossible. » C’est ainsi qu’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, s’adresse dans une lettre inédite au Conseil de sécurité.

Le chef de l’ONU invoque ainsi pour la première fois depuis son arrivée, le 1er janvier 2017, l’article 99 de la Charte des Nations Unies, pour « attirer l’attention du Conseil de Sécurité sur toute affaire qui, à son avis, pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationale ». Cet article prévoit alors que la présidence du Conseil de sécurité, assurée par chacun des membres à tour de rôle pendant un mois, actuellement occupée par l’Équateur à travers son ambassadeur Cristian Espinosa Cañizares, réunisse le Conseil de sécurité. Ce dernier devrait donc se rassembler vendredi 8 décembre.

« Une catastrophe aux conséquences irréversibles »

« Une situation encore pire pourrait se produire, y compris des épidémies et une pression accrue vers des déplacements de masse vers les pays voisins », écrit Antonio Guterres, constatant que l’aide humanitaire transitant par le point de passage de Rafah, entre l’Égypte et la bande de Gaza, est « insuffisante » et que l’ONU est « incapable d’atteindre ceux qui ont besoin d’aide à l’intérieur de Gaza ». « Nous faisons face à un grave risque d’effondrement du système humanitaire. La situation se détériore rapidement vers une catastrophe qui pourrait avoir des conséquences irréversibles pour les Palestiniens dans leur ensemble et pour la paix et la sécurité dans la région », alerte le secrétaire général de l’ONU, rappelant que « la communauté internationale a une responsabilité d’utiliser toute son influence pour empêcher une nouvelle escalade et mettre fin à cette crise », et appelant les membres du Conseil de sécurité à « faire pression pour éviter une catastrophe humanitaire ».

Cette lettre a d’abord été saluée par une partie de la communauté internationale, notamment par Pedro Sanchez, premier ministre espagnol, qui a exprimé « tout son soutien » au courrier écrit par Antonio Guterres. Mais l’initiative du chef de l’ONU n’a pas plu au ministre des Affaires étrangères israélien, Eli Cohen, ce dernier qualifiant sur X (ex-Twitter), de « danger pour la paix mondiale » le mandat du secrétaire général des Nations Unies. « Sa demande d’activation de l’article 99 et l’appel à un cessez-le-feu à Gaza constituent un soutien à l’organisation terroriste Hamas », a même osé le chef de la diplomatie israélienne.

Pour rappel, dans sa résolution adoptée mi-novembre, après quatre textes rejetés et plus d’un mois de silence sur cette guerre, le Conseil de sécurité n’était parvenu à se mettre d’accord que sur un appel à des « pauses et couloirs humanitaires » dans la bande de Gaza, ni sur un « cessez-le-feu » ni même une « trêve ».

D’autre part, les dirigeants des pays du G7, réunis mercredi 6 décembre en visioconférence, ont appelé à une action « plus urgente » face à la crise humanitaire dans la bande de Gaza, mais aussi à « revenir à un processus de paix plus large » entre Israéliens et Palestiniens et ont réaffirmé leur soutien à la création d’un État palestinien. « Nous restons attachés à un État palestinien dans le cadre d’une solution à deux États qui permette aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre dans une paix juste, durable et sûre », ont-ils affirmé dans un communiqué.

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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 06:31

 

Gabriel Attal, Ministre de l’Éducation nationale vient d’annoncer les mesures qui constituent son « choc des savoirs ». Il en résulte une série de propositions autoritaires, dont certaines ont démontré leur inutilité, voire leur caractère néfaste dans la réussite scolaire des élèves les plus en difficulté.


Redoublement, obligation d’obtention du brevet pour accéder au lycée, groupes de niveau, autant de mesures qui nous plongent plus de 50 ans en arrière, avant l’avènement du collège unique qui offrait la possibilité pour chacune et chacun d’aller au lycée.


En réalité, pas un euro, pas une heure de classe en plus ne sont proposés dans ces annonces . Au contraire, il s’agit d’aggraver le tri social au collège, de rompre avec l’ambition de faire accéder le plus grand nombre à l’enseignement supérieur sans augmenter le budget de l’Éducation nationale.


Alors que la baisse démographique devrait permettre de réduire le nombre d’élèves par classe, il n’en est rien, alors que c’est un élément décisif dans la capacité des enseignants à donner à chacune et chacun ce dont les élèves ont besoin en terme d’accompagnement.


Alors qu’un élève a perdu entre 1 à 2 années de temps d’enseignement en classe depuis 15 ans, rien n’est avancé en termes de reconquête de ce temps volé.


Alors que la formation des enseignants est indispensable pour mettre en œuvre les gestes et les moyens de combattre la difficulté scolaire, il n’est proposé que le retour du redoublement, dont toutes les études indiquent qu’il est inutile d’une part, et que d’autre part, dans tous les pays où il est pratiqué, il a pour conséquence de réduire la durée d’études des élèves concernés.

Enfin, rien pour répondre à la crise du métier d’enseignant qui nécessiterait un plan massif de recrutement et une véritable revalorisation salariale doublée d’une reconnaissance de ce métier qui mérite mieux que l’exercice de communication et d’auto-promotion du ministre.

 

 

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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 06:19
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