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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 19:32
Manifestation régionale pour une Bretagne ouverte et solidaire: Pontivy, samedi 19 décembre à 14h

Manifestation régionale pour une Bretagne ouverte et solidaire
Samedi 19 décembre - 14h,
à Pontivy - Square
Lenglier

Contre les idées de l’extrême-droite !

Nous appelons à une mobilisation régionale pour réagir ensemble face à la montée du racisme, de la xénophobie et des idées autoritaires et réactionnaires portés par l’extrême droite. Localement, cette violence s’est exprimée dans les rues de Pontivy le 14 Novembre avec la manifestation d’ADSAV et sous la forme de tabassages d’habitants. Mais aussi plus récemment par l’incendie criminel d’une salle de prière musulmane à Loudéac.

Nous pensons que le contexte actuel appelle de toute urgence à la mobilisation pour défendre des valeurs : De solidarité et d’égalité entre les peuples et les cultures / de défense des principes démocratiques.

Nous lançons un appel :

Aux mouvements culturels Bretons pour affirmer avec nous que la culture bretonne ne se laissera pas instrumentaliser à des fins de nationalisme raciste, xénophobe et guerrier.

À toutes les communautés culturelles et nationales pour affirmer avec nous la nécessité de nous tenir ensemble avec nos différences qui, loin d’être un problème, sont une source de richesse pour toutes et tous.

Aux mouvements citoyens et de défense des droits humains pour affirmer avec nous que la citoyenneté est conditionnée par le fait de pouvoir bénéficier d’un cadre démocratique large qui permet l’expression de chacun et de pouvoir vivre avec l’autre sur un pied d’égalité.

Aux mouvements syndicaux pour affirmer avec nous que dans le monde du travail, la division des individues en catégories raciales et/ou nationales est le pire des poisons car il empêche de voir que les conditions communes vécues dans le travail devraient nous unir plutôt que nous diviser.

Aux mouvements politiques pour affirmer avec nous notre volonté de lutter contre les idées de l’extrême droite et être vigilants quant à ce qui, aujourd’hui même, s’apparente à des mesures discriminatoires, xénophobes, racistes, autoritaires, anti-démocratiques et à toutes ces valeurs qui sont portées depuis toujours par les mouvements les plus réactionnaires et fascisants.

Enfin nous lançons un appel à tous les individus et collectifs pour défendre et promouvoir
une Bretagne ouverte et solidaire face aux idées d’extrême droite !

Rendez-vous le 19 Décembre à 14h à Pontivy
(Square Lenglier)

Soutiens exprimés :

Syndicats : UD-CGT-56 / FSU56 / CNT interpro-Brest / Solidaires 56

Organisations politiques : PCF56 / NPA35

Associations : ATTAC 22 / ATTAC 56 / DAL56 (droit au logement) / DAL35

Page facebook de l’événement : https://www.facebook.com/bzh.solidaire

Manifestation régionale pour une Bretagne ouverte et solidaire: Pontivy, samedi 19 décembre à 14h
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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 19:06

Le double jeu de l’Arabie saoudite face à Daech
"Officiellement, la monarchie saoudienne appartient à la coalition réunie autour des États-Unis pour combattre Daech en Syrie et en Irak. En fait, Riyad est beaucoup plus actif dans la promotion du wahhabisme et, surtout, prend l’offensive pour imposer sa suprématie régionale face à l’Iran."

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 15:21

Les citoyens engagés dans les collectifs du Front de gauche en Bretagne remercient chaleureusement les électeurs qui ont voté pour leur liste aux régionales.

Notre programme anticapitaliste de transformation sociale et écologique n'a pas obtenu le succès escompté sans doute en raison de la situation anxiogène engendrée par les évènements du 13 novembre et l'état d'urgence mis en place.

Malgré la politique d'austérité imposée par l'Europe libérale et menée par le gouvernement PS, Le Drian a largement bénéficié de cette atmosphère et n'a pas eu à faire campagne.

Mais l'abstention massive montre également le désintérêt de 50% des électeurs pour la politique, en grande partie des déçus de la droite et de la politique menée par le gouvernement PS depuis 2012.

Le peuple se sent abandonné et malheureusement de nombreux citoyens se tournent vers le parti de la haine, de la discrimination.

Le FN est un parti de droite extrême qui ne remet pas en cause le système capitaliste responsable de la misère humaine, des guerres et des dégâts écologiques dans le monde. Lui faire confiance, c'est se jeter dans la gueule du loup.

Pour le 2ème tour de ces élections régionales, compte-tenu de la responsabilité du PS et de la droite générant la situation désastreuse dans laquelle nous sommes, nous laissons nos électeurs libres de leur choix.

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 07:40

Paca. L’héritière du clan Le Pen capitalise sur les peurs

Plus de 40% des voix pour la candidate FN. Une droite en difficultés jusque dans ses fiefs. Sous pression nationale, le PS renonce au second tour et interdit ainsi à toute la gauche de concourir.

Marée brune sur Provence-Alpes-Côte d’Azur. La candidate du Front national (41,2%) fait nettement la course en tête dans les six départements de la Région. La droite qui s’était donnée comme tête de liste Christian Estrosi (26,7%), représentant de son aile dure en espérant endiguer le vote FN est confrontée a une importante déconvenue. Même dans le Var, où la droite domine une écrasante majorité de collectivités, elle arrive avec 27,6%, 17 points derrière la liste de l’héritière du clan Le Pen, en tête à 44,6%. Capitalisant à plein sur les peurs et la haine des autres, en premier lieu après l’onde de choc post-attentats, Marion Maréchal-Le Pen n’a pas fait mentir les sondages qui la plaçaient dans la dernière ligne droite au dessus des 40%.

Dans le fief de Christian Estrosi, les Alpes Maritimes, la tête de liste du FN se paye même le luxe de le devancer d’un cheveu à 37,91% contre 37,90%.

Dans le Vaucluse où Marion Maréchal-Le Pen est Députée, elle engrange 44,2% malgré la concurrence de Jacques Bompard Député-maire d'extrême droite d’Orange qui réalise 4,2% des voix dans ce département. La droite vauclusienne qui a raflé le Conseil départemental en mars dernier au bénéfice de l’âge voit son électorat littéralement siphonné par l’extrême droite et finit en 3e position à 17,9% derrière la liste socialiste à 18,3%.

Le PS en chute libre

En chute libre par rapport à 2010, deux ans avant l’élection de François Hollande, le PS est en dessous de la barre des 20% dans quatre des six départements de la Région. Dans les Hautes-Alpes Christophe Castaner réunit 23% des suffrages et dans son département d’élection, les Alpes-de- Haute-Provence, il frôle les 30%, plus de 10 points devant la liste de Christian Estrosi (19,1%) mais derrière le FN (34,9%).

Dans les Bouches-du-Rhône, où l’influence socialiste est ancrée dans l’histoire électorale, la défaite des départementales s’accentue avec un PS autour de 17%. La droite qui, en revanche, était en position de force après les municipales de 2014 et la conquête du Conseil départemental en mars 2015, plafonne à 21,5% des suffrages (d'après des résultats partiels) 20 points derrière le FN emmené dans les Bouches-du-Rhône par le Sénateur-Maire des 13e et 14e arrondissements de Marseille : Stéphane Ravier.

Après une première déclaration appelant au rassemblement des progressistes, Christophe Castaner, déclare forfait pour le second tour sous la pression nationale de Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du PS, interdisant de fait à l’ensemble de la gauche de concourir.

Le Député-Maire de Nice, ancien Ministre de Nicolas Sarkozy, fidèle à la ligne de l’ancien chef de l’État, n’a pas appelé la gauche à faire front face à l’extrême droite, contrairement à Renaud Muselier, tête de liste dans les Bouches-du-Rhône et à plusieurs élus Marseillais qui se réjouissaient en coulisses du retrait décidé par Solférino.

L’alliance d’Europe écologie les Verts et du Front de gauche qui rate son pari d’un score à deux chiffres avait pourtant appelé à une fusion pour affronter les idées de l’extrême droite au second tour et en cas de défaite, pendant 6 ans dans l’hémicycle régional. L’expérience des municipales de Fréjus mais aussi du Pontet, où la gauche s’était dérobée face à un Front national très fort sans pour autant empêcher sa victoire au second tour, plaidait -selon les candidats de la liste EELV-FdG- pour un choix de « courage » permettant d’affronter jusqu’au bout le Front national.

Manque de dynamique dans la gauche alternative

Avec un binôme inédit de têtes de liste : Sophie Camard et Jean-Marc Coppola, cette union n’aura pas su entraîner la dynamique de gauche escomptée. Enregistrant un score de 6,6% au plan régional, la liste la Région coopérative souffre d’un résultat en dessous des 5% dans le Var et dans les Alpes-Maritimes. Elle réalise son meilleur score dans les Hautes-Alpes avec 9,4% et dans les Bouches-du-Rhône avec un résultat de 8,5%. 2 ou 3 points de l’électorat écologiste semblent s'être portés sur la liste écolo-centriste de Jean-Marc Governatori qui réunit 4,2% des suffrages au plan régional contre 2,3% pour une liste équivalente en 2010.

Les autres listes sont marginalisées en dessous de la barre des 2% comme celle de Debout la France conduite par Noël Chuisano (2%), celle de Lutte ouvrière incarnée par Isabelle Bonnet (1,4%), celle de la Ligue du Sud incluant des dissidents FN derrière Jacques Bompard (1,2%), puis celle de Cyril Jarny de Nouvelle donne (0,6%), au même niveau que celle de l’Union populaire et républicaine conduite par Daniel Romani.

Malgré la configuration du second tour : un duel Marion Maréchal-Le Pen - Christian Estrosi, la victoire du second semble loin d’être assurée. Son profil répulsif pour l’électorat de gauche et la dynamique indéniable de la liste FN pourraient l’empêcher de s’asseoir sur le fauteuil de Président du Conseil régional, occupé depuis 18 ans par le socialiste Michel Vauzelle. Une chose est sure en revanche : pour la première fois depuis sa création le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur ne comptera plus aucun élu de gauche au soir du second tour.

Léo Purguette (La Marseillaise, le 7 décembre 2015)

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 21:26
Penser les meurtres de masse: une conférence hétérodoxe et riche de Alain Badiou sur la violence dans le monde capitaliste contemporain

Une conférence du philosophe communiste Alain Badiou en vidéo sur le site de Là-bas si j'y suis: "Penser les meurtres de masse"
Une vision globale et cohérente de notre monde.
C'est un peu long 1h45 mais une fois qu'on a commencé à écouter on va forcément jusqu'au bout.

Lien fourni par notre correspondant du Front de Gauche Pays Bigouden, Gaston Balliot:

http://www.gastonballiot.fr/alain-badiou-penser-les-meurtres-de-masse/

Et par notre honorable correspondant de Rennes, Jacky Rivoalan:

Alain Badiou, penser les meurtres de masse.mp3

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 20:54

Au moment où chacun peut reconnaître que l'Etat et les collectivités ont besoin de faire rentrer l'impôt prévu sur des bases légales, notamment à travers le travail de contrôle évitant les fraudes, et que les particuliers touchés par la crise ont besoin de trouver des fonctionnaires des Finances Publiques disponibles pour s'informer, obtenir s'ils peuvent des conseils, voire s'ils peuvent y prétendre des dégrèvements, des aménagements, on ne peut que regretter que depuis 10 ans la politique de Modernisation de l'Action Publique qui prend la suite de la RGPP ait détruit 1/4 des postes dans l'administration des Finances Publiques du Finistère.

Cette année encore, ce sont plus de 30 postes qui pourraient être détruits dans le Finistère dans le secteur des Finances Publiques.

Le PCF Finistère ce démantèlement rapide du service de proximité des Finances Publiques et dénonce ce double langage : l'Etat se dit endetté et trouve toujours du zèle pour retirer des moyens aux services publics et aux collectivités mais on ne donne pas les moyens aux administrations des Finances Publiques de faire leur travail convenablement pour financer les missions d'intérêt général de l'Etat et des collectivités.

Seule une réforme fiscale rendant une plus grande progressivité à l'impôt sur le revenu et une mise à contribution plus forte des revenus financiers et des bénéfices des grandes entreprises peut permettre de financer une politique de relance économique pour l'emploi et d'égalité des droits en comblant les déficits de l'Etat.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 18:31

Premier tour des élections régionales 2015 - Déclaration de Pierre Laurent

Les premières estimations connues à cette heure des résultats du premier tour des élections régionales confirment le grave état d'alerte social et démocratique du pays.

Dans notre pays, la France, où des millions et des millions de personnes souffrent durement du chômage, de la précarité, du pouvoir de la finance sur nos vies et sur notre travail, où l'angoisse du lendemain ronge la vie de tant de nos concitoyens, où les attentats du 13 novembre ont ajouté la peur à toute cette insécurité sociale, la menace est réelle de voir la droite et l'extrême-droite diriger dimanche prochain la très grande majorité, et peut-être la totalité, des 13 nouvelles régions. Ce serait une catastrophe que la très grande majorité de notre peuple paierait cher.

C'est une situation d'extrême danger pour notre pays car le Front national renforce, après les élections européennes, sa place de premier parti politique. Le racisme déclaré de son programme libéral-populiste constitue une mise en cause explicite des valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité de notre République.

Dans ce contexte, plus de 50% des électrices et des électeurs ont une nouvelle fois choisi de s'abstenir, marquant leur défiance massive et désormais structurelle à l'égard du fonctionnement de plus en plus défaillant de notre démocratie. La colère contre tous les manquements à la parole donnée, aux engagements pris aussitôt abandonnés dans les actes, continue de grandir.

Les résultats portent évidemment la marque de la situation exceptionnelle dans laquelle se sont déroulés ces élections. Les enjeux des élections régionales ont été sciemment marginalisés. Depuis les attentats du 13 novembre, la peur qu'ils ont suscitée et l'inquiétude provoquée par l'état d'urgence ont été largement instrumentalisés et ont compliqué encore le scrutin.

Pourquoi en sommes nous là? Parce que depuis des années les attaques des pouvoirs de l'argent contre le monde du travail, les déréglementations de la mondialisations capitaliste, les politiques ultralibérales européennes ont démantelé les solidarités. Parce que la pensée unique dominante a matraqué toutes les tentatives d'ouvrir un nouveau chemin de transformation sociale.

La responsabilité des gouvernements successifs qui ont maintenu depuis dix ans, contre l'avis d'une majorité du pays, le cap de politiques d'austérité de plus en plus dures, appliquées avec des méthodes de plus en plus autoritaires, est immense. L'impasse politique, économique, sociale dans laquelle ils se sont acharnés à enfoncer le pays a nourri un rejet que plus rien ne peut arrêter.

La montée du Front national s'est d'autant plus nourrie de ce rejet que la droite des Républicains et de l'UDI et les dirigeants socialistes se sont dépensés sans compter pour installer le Front national et, en faire leur principal «concurrent», un repoussoir pour sauvegarder leur hégémonie. Ils ont eux même banalisé ses idées, espérant ainsi étouffer tout espoir de transformation sociale et favoriser leurs projets de recomposition politique. Le résultat est le désastre politique auquel nous assistons. Jamais les communistes ne s'y résigneront. Et nombreux avec eux sont les démocrates, les électeurs de toutes les familles de gauche à ne pas accepter ce scénario mortifère. Leur rassemblement dans l'action sera plus que jamais nécessaire.

Les listes sur lesquelles les communistes étaient engagés avec le Front de gauche et des forces citoyennes et écologistes ont travaillé à ouvrir un autre chemin, contre l'austérité, pour la solidarité et le progrès humain partagé. Ce soir, le score obtenu par les listes est un point d'appui pour les batailles à venir et pour battre la droite et le Front national au second tour. Ces scores sont certes encore très insuffisants. Nos ambitions demeurent pour l'avenir. Mais ce soir, sans le respect de ces listes et de leurs électeurs, rien n'est possible à gauche.

Ce soir, une chose est certaine. Le grand défi de la nouvelle période politique qui s'ouvre sera celui de la construction d'un nouveau projet de gauche solidaire et fraternel pour notre pays et pour notre République. Ce projet doit être un projet de solidarité, de prospérité partagée et de paix et non un projet de guerre, de concurrence et d'égoïsmes réciproques. Dans les semaines et les mois à venir, les communistes prendront à gauche, avec toutes les forces citoyennes, sociales et politiques disponibles, toutes les initiatives nécessaires à la construction politique de ce nouveau pacte d'avenir pour la France, pour la conduite duquel les dirigeants actuels du pays sont totalement défaillants.

Pour le second tour, le PCF veut faire respecter la volonté des électeurs qui ont accordé leur confiance aux listes citoyennes et du Front de gauche au premier tour. Pour que ces électeurs soient représentés par des élus auxquels ils font confiance, pour que les régions aux compétences élargies et utiles au quotidien, comptent des élus à gauche déterminés à poursuivre les combats contre l'austérité et par la promotion de politiques publiques de solidarité, pour battre la droite et écarter le danger extrême du Front national, le PCF appelle à construire des listes de second tour qui rassemblent les différentes listes de gauche du premier tour. Dans ces listes, personne ne se rallie à personne. L'addition de ces listes est la seule manière d'empêcher la victoire totale de la droite et de l'extrême droite. Dans les assemblées régionales, les élus communistes agiront librement sur la base de leurs engagements devant les électeurs au premier tour pour faire avancer tout ce qui aidera notre peuple à mieux vivre.

La France ne pourra en rester là... Notre peuple est en demande de changement, de rassemblement et de sens pour se sortir de l'impasse actuelle. Il est urgent de mettre l'humain au cœur de toutes les questions sociales et non la finance.

Déclaration de Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti communiste français dimanche 6 décembre – 20 heures

Déclaration de Pierre Laurent le soir du premier tour des élections régionales
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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 18:23

Résultats du 1er tour des Régionales pour le Front de Gauche et le PCF sur le plan national:

Languedoc-Roussillon: Front de Gauche-EELV (Gérard Onesta): 10,26%

Normandie: 7%

Provence-Alpes Côtes d'Azur: EELV et Front de Gauche 6,54%

Ile de France: 6,2%

Corse: 6,2%

Auvergne Rhônes Alpes PCF et alliés (Cécile Kukierman): 5,4% (EELV-PG: 6,9%)

Centre Val de Loire: 5,2%

Nord-pas-de-Calais- Picardie: 5,1%

Aquitaine-Limousin-Poitou Charentes: 4,87%

Bourgogne Franche-Comté: 4,62%

Bretagne: 3,74%

Pays de Loire: PCF: 3,33%

Alsace: 3%

En Bretagne:

Côtes d'Armor: 9724 voix 4,06%

Finistère: 13277 voix: 3,9%

Ille et Vilaine: 13042 voix: 3,86%

Morbihan: 8891 voix : 3,13%

Grandes villes:

Rennes: 6,64%

Saint Brieuc: 6,62%

Brest: 4,5%

Finistère:

Audierne: 7, 74%

Berrien: 19,52%

Botmeur: 16,67%

Carhaix: 4,13%

Châteaulin: 4%

Concarneau: 4,71%

Douarnenez: 7,8%

Le Relecq-Kerhuon: 6,48%

Morlaix: 6,94%

Motreff: 12,62%

Pont L'Abbé: 5,88%

Quimper: 4,27%

Quimperlé: 4,51%

Plougastel Daoulas: 3,78%

Rosporden: 5,43%

Scaër: 4,91%

Circonscription de Morlaix

Carantec: 2,79%

Garlan; 6,07%

Guerlesquin: 3,80%

Guimaëc; 7,90%

Ile de Batz: 8,07%

Lanmeur: 6, 46%

Locquénolé: 6,93%

Locquirec: 4,91%

Pleyber-Christ: 5,22%

Plouégat-Guérand: 7,91%

Plouegat-Moysan: 3,35%

Plouézoc'h: 4,71%

Plougasnou: 5,15%

Plouigneau: 4,09%

Plougonven: 7,42%

Plounéour Ménez: 5,22%

Plourin les Morlaix: 5,59%

Roscoff: 3,35%

Saint Martin des Champs: 5,43%

Saint Pol de Léon: 1,99%

Bureaux de vote de Morlaix:

Mairie salle Cornic (Bureau 1): 9,32%

Mairie Rez de Chaussée (Bureau 2): 6,53%

Ecole Poan Ben; 8,39%

Gambetta: 10,07%

Kernéguès: 8,50%

Troudousten: 4,52%

Ploujean: 3%

Jean Jaurès: 4,21%

La Madeleine: 7,27%

Zoé Puyo: 7,69%

Jean Piaget-Kerfraval: 8,13%

Total 6,94%

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 10:17
Un levier de pouvoir peu à peu confisqué aux salariés: Une autre histoire de la sécurité sociale, par Bernard Friot et Christine Jakse
Un article magistral paru dans Le Monde Diplomatique de décembre 2015, comme souvent les contributions de Bernard Friot, sociologue et économiste marxiste spécialiste de l'histoire sociale: aux origines de la Sécurité Sociale et de ses problématiques actuelles, la lutte des classes... 

Bernard Friot sait redonner aux institutions sociales leur signification originelle émancipatrice et révolutionnaire pour montrer qu'elles n'ont pas été des conquêtes neutres ou consensuelles, qu'elles sont la voie d'une société socialiste ou communiste dont les germes sont déjà présents dans notre société, sans qu'on les identifie forcément comme tels, mais qu'il faudrait pouvoir étendre et défendre contre les logiques d'appropriation privée du capital.

Un levier de pouvoir peu à peu confisqué aux salariés: Une autre histoire de la Sécurité sociale

Depuis sa création en 1945, le régime général de la Sécurité sociale subit le feu des « réformateurs » de tout poil. Comment expliquer cet acharnement contre un système que l’on réduit souvent à une simple couverture des risques de la vie ? C’est qu’au-delà de l’assurance sociale, les pionniers de la « Sécu » forgeaient un outil d’émancipation du salariat géré par les travailleurs.

par Bernard Friot & Christine Jakse

Dans son roman Les Lilas de Saint-Lazare, paru en 1951, l’écrivain Pierre Gamarra met en scène Mme Récompense, gardienne d’un immeuble parisien.« Porte-moi cette lettre à la petite dame du troisième, et tu auras une récompense », dit-elle souvent aux gamins, qui raffolent de ses bonbons. La politique, la lutte des classes, ça n’est pas son affaire. Pourtant, en ce jour de février 1951, elle se joint au formidable cortège qui, sous une pluie battante, rend un dernier hommage à Ambroise Croizat.

Le peuple de Paris s’est reconnu dans celui qui a mis en œuvre la Sécurité sociale… et qui, depuis, a disparu de la photographie. Ouvrier d’usine à 13 ans, militant syndical et communiste, Croizat est nommé en 1928 secrétaire de la fédération des métaux de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) et négocie en juin 1936 les accords de Matignon. Quel danger présente son action en tant que ministre du travail et de la sécurité sociale, du 21 novembre 1945 au 4 mai 1947, pour que l’histoire officielle ait décidé de l’ignorer ?

La réponse tient en quelques mots : la mise en place d’un régime général de couverture sociale qui non seulement mutualise une part importante de la valeur produite par le travail, mais qui en confie aussi la gestion aux travailleurs eux-mêmes. Croizat n’invente pas la sécurité sociale, dont les éléments existent déjà ; il rassemble en une seule caisse toutes les formes antérieures d’assurance sociale et finance l’ensemble par une cotisation interprofessionnelle à taux unique.

Les allocations familiales, l’assurance-maladie, les retraites et la couverture des accidents du travail du régime général ont ceci de renversant que la collecte des cotisations ne dépend ni de l’Etat ni du patronat, mais d’une caisse gérée par des représentants syndicaux. La puissance du régime général est redoutable : selon l’estimation de l’Assemblée consultative provisoire en août 1945. il socialise dès le départ le tiers de la masse totale des salaires. Ce système unique sera effectif de 1946 jusqu'au milieu des années 1960. Entretemps, il aura fait l'objet d'un travail de sape systématique.

Pour l'histoire officielle, tout paraît simple. L'affaiblissement de la droite et des patrons, les cinq millions d'adhérents de la CGT, le "plan complet de sécurité sociale" prévu par le Conseil National de la Résistance et l'ordonnance du 4 octobre 1945 qui l'institue auraient ouvert un boulevard aux architectes du régime général. C'est une fable. La mise en oeuvre concrète s'avère herculéenne. Avec Pierre Laroque, directeur de la sécurité sociale au ministère, Croizat supervise l'installation du système en lieu et place du méli-melo préexistant: un millefeuille de couvertures par profession, par branche, par catégorie de salariés, par type de risque, auxquelles s'ajoutent les mutuelles et les caisses syndicales et patronales. L'unification repose sur les seuls militants de la CGT, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) s'étant déclarée hostile à la caisse unique. Les crocs-en-jambe ne manquent pas. Quand les militants dénichent un local vide pour héberger une nouvelle caisse, il arrive qu'une administration le préempte.

Des résistances inouïes

Pourtant, fin août 1946, les hussards rouges ont mis sur pied 123 caisses primaires de sécurité sociale et 113 caisses d'allocations familiales (CAF). Leurs administrateurs, d'abord désignés par le syndicat, seront bientôt élus par les salariés. Parallèlement se négocie, sous l'arbitrage de Croizat, une convention collective avec les personnels des deux instances nationales employeuses; la Fédération nationale des organismes de sécurité sociale et l'Union nationale des caisses d'allocation familiales, ce qui permettra de reclasser plus de 70 000 agents issus des anciennes caisses.

Pourquoi cette séparation entre caisses primaires et CAF, alors que le projet initial prévoyait une caisse unique? C'est que l'idée d'un seul organisme concentrant un tel pouvoir aux mains d'ouvriers se heurte à une résistance inouïe. Les membres de la commission réunie en juin 1945 pour préparer les ordonnances sur la Sécurité Sociale ne parviennent pas à se mettre d'accord. A l'Assemblée consultative provisoire, une majorité obtient qu'on sépare les allocations familiales des assurances sociales (maladie et vieillesse) et des accidents du travail. La démocratie sociale en ressort affaiblie, car les allocations familiales forment alors la composante la plus puissante du régime (plus de la moitié des prestations) et leurs conseils d'administration ne comptent qu'une moitié des élus salariés contre trois quart dans les autres caisses.

Au sein même de la CGT les appréciations divergent. La direction confédérale pousse à l'extension maximale du régime général. Mais les logiques professionnelles portées par les cadres, les fonctionnaires, et les branches comme l'énergie, les mines et les chemins de fer résistent. Ces dissensions pèsent d'autant plus que plane sur la CGT la menace d'une scission. Celle-ci intervient en 1947, au début de la guerre froide, et donne naissance à Force ouvrière (FO). Faisant allusion aux "sérieuses polémiques" internes, un document confédéral publié en avril 1946 explique qu'en vue de la "réalisation de l'unité des assurances ouvrières", "il convient de ne pas créer de nouvelles cloisons financières entre les cadres et le personnel d'exécution, ni entre les professions à taux de salaire relativement elevé et celles dont le taux de salaire ne dépasse pas le minimum vital". La direction confédérale sera battue; l'Asssociation générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) est crée en mars 1947.

Quant aux fonctionnaires, si la confédération obtient la même année leur intégration dans le régime général pour la maladie, leurs mutuelles en sont exfiltrées dès 1947 - les mutuelles, rendues obligatoires à partir de 2016 par le gouvernement actuel, sont un adversaire majeur du régime général en matière de santé.

La création en 1958 de l'Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (l'Unedic), puis, en 1961, d'un régime complémentaire de retraite réclamé par le patronat allié à FO et à la CFTC, l'Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Arrco), s'effectue contre le régime général. Or, la maîtrise de cette institution par les salariés reposait sur le taux unique de cotisation interprofessionnelle et sur la caisse unique, qui unifient le salariat et réduisent le pouvoir d'initiative des employeurs.

Promoteur de la division des caisses qui fissure l'autonomie ouvrière, le patronat s'appuie également sur le gouvernement, qui, en dernière instance, fixe les taux de cotisation et le montant des prestations. Une telle prérogative n'allait pas de soi, puisqu'il fut question en 1945 que le taux de cotisation soit décidé par les salariés eux-mêmes. Sensibles aux arguments des employeurs, les gouvernements successifs gèlent le taux de cotisation du régime général durant toute la décennie 1950. Ce sabotage de l'institution attise le mécontentement des assurés, qui perçoivent des remboursements très inférieurs à leurs dépenses de santé réelles.

Des campagnes de presse imputent aux gestionnaires ouvriers les conséquences d'une pénurie organisée par le gouvernement. Par exemple, ce dernier maintient les pensions à un niveau extrêmement faible en refusant au régime général la reconstitution de carrière pratiquée à l'Agirc. L'assurance-vieillesse affiche donc un excédent considérable, que l'Etat ponctionne goulûment. Henri Raynaud, secrétaire de la CGT chargé du dossier, montre en avril 1950 que les neuf seizièmes de la cotisation ne sont pas affectés aux pensions, mais autoritairement versés à la Caisse des Dépôts pour couvrir des dépenses courantes de l'Etat. Leur cumul représente à ce moment 155 milliards de francs, soit plus de 20% du produit intérieur brut.

Depuis la fin de la guerre, l'administration fiscale rêve de mettre la main sur la collecte des cotisations. En 1945, la CGT avait réclamé - en vain - un statut mutualiste pour une caisse nationale afin de garantir la long terme le contrôle de l'institution par les intéressés. Coupant la poire en deux, les ordonnances d'octobre 1945 dotent la caisse nationale du statut d'établissement public à caractère administratif, tandis que les caisses locales ressortissent du droit privé. Les relais du ministère des finances bataillent au cours des années 1950 pour obtenir le transfert des cotisations (gérées par les travailleurs) vers l'impôt (géré par l'Etat). Cette offensive fera long feu jusqu'à la création de la contribution sociale généralisée (CSG), un impôt affecté au régime général institué en 1990 par le gouvernement de M. Michel Rocard.

Une autre bataille, mobilisant les mêmes acteurs, fait rage pour restreindre l'emprise de la CGT. Des cinq élections organisées au sein des caisses primaires entre 1947 et 1967 la confédération sort majoritaire, recueillant d'abord 60% des suffrages (puis 50% après la création de FO) devant la CFTC (20%) ainsi que divers acteurs, dont la mutualité (20%). Le patronat s'attache à évincer cet adversaire encombrant de la présidence des caisses en apportant systématiquement ses voix aux candidats de la CFTC, de FO, de la Confédération générale des cadres (CGC), avant de se heurter au rapprochement entre la CGT et la minorité progressiste de la CFTC. La centrale chrétienne entame en effet une déconfessionnalisation qui aboutit en 1964 à la création de la Confédération française démocratique du travail (CFDT). C'est d'ailleurs l'élection de présidents de caisse issus de l'unité CGT-CFDT qui précipitera la reprise en main gouvernementale et patronale de cette expérience d'autonomie ouvrière.

Au demeurant, l'intervention de l'Etat ne fut jamais absente. D'abord légère, elle s'accentue au fil des ans: contrôle financier (1948), mise sous tutelle des caisses déficitaires (1950), création de l'Inspection de la Sécurité Sociale (1960), réduction des pouvoirs des conseils et professionnalisation des dirigeants des caisses (1960). Le coup de grâce est porté en août 1967 par les ordonnances Jeanneney, qui imposent le paritarisme. Auparavant, les syndicats élisaient deux fois plus de représentants que le patronat dans les caisses primaires; chacun en désignera désormais un nombre égal. Cette réforme, portée par le Conseil national du patronat français et par FO - son secrétaire général André Bergeron revendiquera la copaternité du dispositif-, s'accompagne de la suppression des élections des conseils, amputant ainsi les administrateurs de leur légitimité auprès des salariés. Le patronat cogérera ainsi la plus symbolique des institutions ouvrières. Alors, par enchantement, l'assiette et le taux de cotisation au régime général progresseront de nouveau...

Soixante-huit ans plus tard, on saisit mieux l'acharnement de la sainte alliance réformatrice contre le régime général géré par les travailleurs et contre ses architectes. Des textes syndicaux publiés à l'époque ressort la fierté des ouvriers qui prouvent leur capacité à gérer un budget équivalent à celui de l'Etat. Même appauvri et mutilé de son caractère autogestionnaire, ce régime a posé les bases d'une toute nouvelle pratique du salaire, contraire à la pratique capitaliste courante. En 1946, le revenu salarié d'une famille de trois enfants (la moyenne dans les familles populaires) est constitué pour plus de la moitié par des allocations familiales, dont le montant se calcule comme un multiple du salaire de l'ouvrier non qualifié de la région parisienne.

Le travail parental est ainsi reconnu par du salaire: on peut être producteur de valeur sans aller sur le marché de l'emploi. De la même manière, l'assurance-maladie paie le salaire à vie des soignants et subventionne l'équipement hospitalier, préservant ainsi le domaine de la santé du chantage à l'emploi et du recours au crédit, deux institutions vitales pour le capital. Contre les comptes individuels de l'Arcco-Agirc qui organisent la retraite comme un revenu différé, le régime général instaure le droit au salaire continué des retraités, eux aussi reconnus comme producteurs de richesse. Cette dimension subversive de la cotisation reste farouchement combattue. Une mobilisation, non seulement pour sa défense, mais pour sa généralisation à l'ensemble de la production raviverait le souffle qui fit sortir Mme Récompense de sa loge et changea profondément la société d'après-guerre.

Bernard Friot et Christine Jakse

Bernard Friot

Bernard Friot

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:08
Cinq conflits entremêlés, par Pierre Conesa (Monde Diplomatique, décembre 2015): les sous-bassements religieux et politiques des conflits actuels au Proche et Moyen-Orient

L’engouement quasi unanime des responsables politiques pour la « guerre » traduit une grave méconnaissance de la réalité du terrain. Décidé durant l’été 2014, l’engagement militaire occidental ajoute une cinquième strate à une superposition de conflits qui embrasent l’aire arabo-islamique.

par Pierre Conesa

En 1979, la révolution iranienne mettait en place le premier régime politique officiellement « islamique », mais en réalité exclusivement chiite. Elle revivifiait ainsi le conflit ancestral entre sunnites et chiites, qui représente la première strate d’une lente sédimentation. Quand, après sa prise du pouvoir à Téhéran, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny demande une gestion collective des lieux saints de l’islam, le défi apparaît insupportable pour l’Arabie saoudite.

Un an avant de trouver la mort près de Lyon à la suite des attentats de 1995 en France, le jeune djihadiste Khaled Kelkal déclarait au sociologue allemand qui l’interrogeait : « Le chiisme a été inventé par les juifs pour diviser l’islam » (1). Les wahhabites saoudiens ont la vieille habitude de massacrer des chiites, comme en témoignait dès 1802 la prise de Kerbala (aujourd’hui en Irak), qui se traduisit par la destruction de sanctuaires et de tombeaux, dont celui de l’imam Hussein, et le meurtre de nombreux habitants.

Cette « guerre de religion » déchire aujourd’hui sept pays de la région : Afghanistan, Irak, Syrie, Pakistan, Liban, Yémen et Bahreïn. Elle surgit sporadiquement au Koweït et en Arabie saoudite. En Malaisie, le chiisme est officiellement banni. A l’échelle de la planète, les attentats les plus aveugles, comme ceux commis durant des pèlerinages, tuent dix fois plus de musulmans que de non-musulmans, les trois pays les plus frappés étant l’Afghanistan, l’Irak et le Pakistan. L’oumma, la communauté des croyants, que les salafistes djihadistes prétendent défendre, recouvre aujourd’hui un gigantesque espace d’affrontements religieux.

Dans ce contexte, on comprend pourquoi Riyad mobilise beaucoup plus facilement ses avions et ses troupes contre les houthistes du Yémen, assimilés aux chiites, que pour porter secours au régime prochiite de Bagdad.

On voit mal pourquoi les Occidentaux devraient prendre position dans cette guerre, et avec quelle légitimité.

La deuxième guerre est celle que mènent les Kurdes pour se rendre maîtres de leur destin, en particulier contre l’Etat turc. Elle est née en 1923, dans les décombres de l’Empire ottoman, avec le traité de Lausanne, qui divisait le Kurdistan entre les quatre pays de la région : Turquie, Syrie, Irak et Iran. Les nombreuses révoltes qui ont secoué le Kurdistan turc entre 1925 et 1939 ont toutes été écrasées par Mustafa Kemal Atatürk. Depuis les années 1960, tous les soulèvements, en Turquie, en Irak ou en Iran, ont été noyés dans le sang, dans l’indifférence de la communauté internationale. Depuis 1984, cette guerre a causé plus de 40 000 morts en Turquie, où 3 000 villages kurdes ont été détruits, pour un coût estimé à quelque 84 milliards de dollars (2).

Nul ne devrait être surpris qu’Ankara ait laissé affluer les candidats djihadistes vers les deux principales forces dans lesquelles ils se reconnaissent, le Front Al-Nosra et l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), puisqu’elles combattent les Kurdes d’Irak et surtout de Syrie, très proches de ceux de Turquie. Principale menace pour Ankara, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) reste classé comme groupe terroriste par l’Union européenne et les Etats-Unis, et ne peut recevoir d’aide militaire occidentale. Seul pays de la région à appartenir à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et à avoir la capacité de modifier la situation militaire sur le terrain, la Turquie a fini par rejoindre la coalition. Mais elle concentre ses moyens sur la reprise des affrontements avec le PKK et voit d’un mauvais œil les Kurdes d’Irak et de Syrie gagner une indépendance de fait.

Troisième guerre en cours : celle qui déchire les islamistes entre eux depuis la guerre du Golfe (1990-1991) et plus encore depuis les révoltes arabes. La rivalité la mieux connue oppose les Frères musulmans, soutenus par le Qatar, et les salafistes, soutenus par l’Arabie saoudite, en Egypte, en Libye ou en Tunisie.

Plus nouvelle est la concurrence entre, d’une part, Al-Qaida et ses franchisés et, d’autre part, les affidés de M. Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’OEI. Au cours des premiers mois de 2014, ces derniers ont pris le pas sur le Front Al-Nosra, filiale locale d’Al-Qaida en Syrie, au prix de plus de 6 000 morts (3). La proclamation du « califat » a suscité de nombreux ralliements. Les combattants étrangers de l’OEI proviennent d’une centaine de pays. En désignant M.Al-Baghdadi comme leur ennemi principal, les pays occidentaux orientent de façon décisive la mobilisation des djihadistes à ses côtés.

Enfin, l’une des guerres les plus meurtrières, qui a fait près de 250 000 morts et des millions de réfugiés, est celle que mène le président syrien Bachar Al-Assad contre tous ses opposants.

Riyad envoie une quinzaine d’avions de combat en Irak, contre une centaine au Yémen

La bataille que livrent les Occidentaux apparaît, elle, comme un nouvel épisode d’une guerre beaucoup plus ancienne, avec une autojustification historique insupportable pour les populations de la région.

Faut-il remonter aux accords Sykes-Picot, ce partage colonial de la région entre la France et le Royaume-Uni sur les ruines de l’Empire ottoman ?

Faut-il remonter à Winston Churchill, alors secrétaire à la guerre du Royaume-Uni, faisant raser des villes et des villages kurdes — bombardés au gaz chimique ypérite — et tuer les deux tiers de la population de la ville kurde de Souleimaniyé, ou réprimant violemment les chiites irakiens entre 1921 et 1925 ?

Comment oublier la guerre Iran-Irak (1980-1988), dans laquelle Occidentaux et Soviétiques soutinrent l’agresseur (Bagdad) et mirent sous embargo l’agressé (Téhéran) ?

M. Barack Obama est le quatrième président américain à envoyer des bombardiers en Irak, pays déjà meurtri par vingt-trois ans de frappes militaires occidentales. Après l’invasion américaine, entre 2003 et 2011, près de 120 000 civils ont été tués (4). En 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès imputables à cette guerre à 655 000, cette catastrophe démographique s’ajoutant aux 500 000 morts causés par l’embargo international entre 1991 et 2002. Aux dires de l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright, le 12 mai 1996 sur CBS, cela en « valait la peine ».

Aujourd’hui, pourquoi les Occidentaux interviennent-ils contre l’OEI ?

Pour défendre des principes humanistes ?

Il est permis d’en douter lorsqu’on constate que trois pays de l’alliance continuent à pratiquer la décapitation, la lapidation et à couper les mains des voleurs : le Qatar, les Emirats arabes unis et — très loin devant les deux premiers — l’Arabie saoudite.

La liberté religieuse ?

Personne n’ose l’exiger de Riyad, où une cour d’appel vient de condamner à mort un poète palestinien pour apostasie (5).

S’agit-il alors d’empêcher les massacres ?

L’opinion arabe a du mal à le croire quand, deux mois après les 1 900 morts des bombardements israéliens sur Gaza, qui avaient laissé les capitales occidentales étrangement amorphes, la décapitation de trois Occidentaux a suffi pour les décider à bombarder le nord de l’Irak. « Mille morts à Gaza, on ne fait rien ; trois Occidentaux égorgés, on envoie l’armée ! »,dénonçait un site salafiste francophone.

Pour le pétrole, alors ?

L’essentiel des hydrocarbures de la région s’en va vers les pays d’Asie, totalement absents de la coalition.

Pour tarir le flot des réfugiés ?

Mais, dans ce cas, comment accepter que les richissimes Etats du Golfe n’en accueillent aucun ?

Pour protéger les « droits de l’homme » en défendant l’Arabie saoudite ?

Riyad vient d’en démontrer sa conception novatrice en condamnant M.Ali Al-Nimr, un jeune manifestant chiite, à être décapité puis crucifié avant que son corps soit exposé publiquement jusqu’au pourrissement (6).

Sur le plan militaire, les contradictions sont plus évidentes encore. Aujourd’hui, seuls les avions occidentaux bombardent réellement l’OEI. Les Etats-Unis en déploient près de 400, et la France une quarantaine, dans le cadre de l’opération « Chammal », avec l’arrivée du porte-avions Charles- de-Gaulle (7).

L’Arabie saoudite dispose d’environ 400 avions de combat, mais elle n’en engage qu’une quinzaine en Irak, soit autant que les Pays-Bas et le Danemark réunis.

En revanche, au Yémen, près d’une centaine d’avions saoudiens participent aux bombardements de la coalition des dix pays arabes sunnites contre les houthistes (chiites), menée par Riyad.

Dix pays arabes contre les chiites du Yémen, cinq contre l’OEI : étrange déséquilibre ! C’est bien contre les houthistes que Riyad mobilise toutes ses forces, et non contre Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA), dont se revendiquait Chérif Kouachi, auteur des attentats contre Charlie Hebdo à Paris. Cette organisation que l’ancien directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) David Petraeus qualifiait de« branche la plus dangereuse » de la nébuleuse Al-Qaida a pris le contrôle d’Aden, la deuxième ville du Yémen.

Désormais, l’OEI a atteint trois objectifs stratégiques. Tout d’abord, elle apparaît comme le défenseur des sunnites opprimés en Syrie et en Irak. Ses victimes sont à 90 % des musulmans. En Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Pakistan, les victimes des attentats sont d’abord des chiites, ensuite de « mauvais musulmans » — en particulier des soufis —, puis des représentants des régimes arabes et, en dernier lieu seulement, des membres de minorités religieuses ou des Occidentaux.

Par ailleurs, l’OEI est parvenue à délégitimer Al-Qaida et sa branche locale en Syrie, le Front Al-Nosra. Les appels du successeur d’Oussama Ben Laden, M. Ayman Al-Zawahiri, mettant en demeure M. Al-Baghdadi de se placer sous son autorité, traduisent une impuissance pathétique. La somme des défections au sein des groupes djihadistes montre la dynamique nouvelle créée par l’OEI.

A terme, le « calife » Al-Baghdadi devra défier l’Arabie saoudite

Enfin, l’OEI est devenue l’ennemi numéro un de l’Occident. Celui-ci a déclenché contre elle une « croisade » qui ne dit pas son nom, mais qui peut facilement être présentée comme telle par les propagandistes du djihad. L’opération américaine « Inherent Resolve » (« Détermination absolue ») regroupe principalement douze pays de l’OTAN (plus l’Australie), et l’alliance retrouvée avec la Russie renforcera encore plus le caractère de « front chrétien » que la propagande sur Internet sait si bien utiliser. Selon une pétition en ligne signée par 53 membres du clergé saoudien, les frappes aériennes russes ont visé des « combattants de la guerre sainte en Syrie » qui « défendent la nation musulmane dans son ensemble ». Et, si ces combattants sont vaincus, « les pays de l’islam sunnite tomberont tous, les uns après les autres » (8).

La contre-stratégie militaire des Saoud ne laisse planer aucune ambiguïté : elle est essentiellement axée sur la lutte contre les chiites. Riyad, comme les autres capitales du Conseil de coopération du Golfe, ne peut considérer l’OEI comme la principale menace, sous peine de se trouver contesté par sa propre société.

L’intervention militaire saoudienne à Bahreïn en 2012 était destinée à briser le mouvement de contestation républicain, principalement chiite, qui menaçait la monarchie sunnite des Al-Khalifa.

Au Yémen, l’opération « Tempête décisive » lancée en mars 2015 vise à rétablir le président Mansour Hadi, renversé par la révolte houthiste. Il n’est évidemment pas question pour Riyad d’envoyer ses fantassins contre l’OEI alors que 150 000 hommes sont déployés sur la frontière yéménite. Pourtant, le prochain objectif de l’OEI devrait être d’asseoir la légitimité religieuse de son « calife », qui s’est nommé lui-même Ibrahim (Abraham) Al-Muminim (« commandeur des croyants », titre de l’époque abbasside) Abou Bakr (nom du premier calife) Al-Baghdadi Al-Husseini Al-Qurashi (nom de la tribu du Prophète). Une véritable compétition est engagée avec l’autre puissance qui prétend prendre la tête de l’oumma et représenter l’islam : l’Arabie saoudite est dorénavant contestée sur le terrain. Pour l’emporter, M. Al-Baghdadi doit défier le « défenseur des lieux saints ». On peut donc penser qu’à terme, une fois réduites les zones chiites, le « calife » visera l’Arabie saoudite.

Quelles conséquences probables pour l’Europe ? Après les réfugiés afghans, irakiens et syriens, elle devrait rapidement voir arriver les réfugiés yéménites. Pays plus peuplé que la Syrie, le Yémen ne peut évacuer ses ressortissants vers les pays frontaliers, tous membres de la coalition qui le bombarde. Depuis 2004, la guerre a fait plus de 340 000 déplacés, dont 15 % vivaient dans des camps, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies. En outre, le Yémen accueillait 246 000 réfugiés, somaliens à 95 %. Les pays du Conseil de coopération du Golfe montreront le même égoïsme que lors de l’exode syrien, c’est-à-dire : aucune place offerte aux réfugiés. Reste donc l’Europe.

On comprend mieux pourquoi l’alliance mène une guerre pour laquelle elle ne peut fixer un objectif stratégique clair : chacun de ses alliés est en conflit avec un autre. Les interventions en Irak, en Syrie, au Mali ou en Afghanistan s’apparentent au traitement de métastases ; le cancer salafiste a son foyer dans les pays du Golfe, protégés par les forces occidentales. Peut-on détruire l’OEI sans renforcer d’autres mouvements djihadistes, le régime de M. Al-Assad ou Téhéran ?

La guerre sera longue et impossible à gagner, car aucun des alliés régionaux n’enverra de troupes au sol, ce qui risquerait de menacer ses propres intérêts.

La stratégie occidentale fondée sur les bombardements et la formation de combattants locaux a échoué en Syrie et en Irak comme en Afghanistan. Européens et Américains poursuivent des objectifs qui ignorent les mécanismes des crises internes au monde arabo-musulman. Plus l’engagement militaire s’accentuera, plus le risque terroriste augmentera, avant l’affrontement prévisible et ravageur qui devrait finir par opposer l’OEI à l’Arabie saoudite. Est-ce « notre » guerre ?

Pierre Conesa

Maître de conférences à Sciences Po Paris, ancien haut fonctionnaire au ministère de la défense. Auteur du rapport « Quelle politique de contre-radicalisation en France ? », décembre 2014, et du Guide du petit djihadiste, à paraître en janvier 2016 aux éditions Fayard.

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