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17 juin 2024 1 17 /06 /juin /2024 13:32

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 juin 2024 5 14 /06 /juin /2024 05:39
Législatives 2024 : comment la gauche compte faire face au choc des deux blocs (L'Humanité, 13 juin 2024)
Législatives 2024 : comment la gauche compte faire face au choc des deux blocs

Face au risque de voir arriver l’extrême droite à Matignon, l’accord du nouveau Front populaire a été conclu jeudi soir. Au vu des rapports de force électoraux issus des européennes, il semble le seul à même de batailler avec le RN pour obtenir une majorité le 7 juillet.

Chacun ne ressent pas le temps de la même façon. Depuis dimanche, c’est particulièrement vrai pour les responsables politiques de gauche et les sympathisants. Pour les premiers, les quatre jours d’intenses négociations pour créer le nouveau Front populaire ont semblé très courts tant les désaccords à surmonter étaient nombreux. Ces quatre journées ont, à l’inverse, paru interminables aux seconds.

Tout au long de la semaine, la question aura été la même : la gauche partira-t-elle unie aux législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, comme ses principaux dirigeants s’y étaient engagés dès lundi soir ? Souvent, le doute était permis tant chaque petit obstacle a pu paraître une montagne aux négociateurs.

Mais le nouveau Front populaire est né. Un accord a été conclu, après avoir patiné toute la journée de jeudi. L’acte de naissance a été signé en début de soirée par la France insoumise (FI), le Parti socialiste (PS), les Écologistes, le Parti communiste français (PCF), Place publique (PP), Génération.s et une myriade de petites formations, qui ont remisé au placard les tensions dans l’objectif de battre l’extrême droite en ne présentant qu’une candidature par circonscription.

La gauche seule à pouvoir mettre en échec Marine Le Pen

« La gravité du moment exige la responsabilité », écrivait Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, sur X dans l’après-midi. S’il venait à voir le jour, ce nouveau Front populaire pourrait bénéficier d’un large soutien du peuple de gauche : 96 % des électeurs de la liste portée par Manon Aubry (FI) sont favorables au rassemblement, comme 86 % et 77 % de ceux ayant respectivement apporté leur voix à Raphaël Glucksmann (PP-PS) et Marie Toussaint (les Écologistes).

Un élan qui devrait se vérifier dans les rues du pays ce samedi, où de nombreuses manifestations sont organisées à l’appel de l’intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, FSU et Solidaires) pour barrer la route au Rassemblement national (RN).

Parce que c’est mathématique : seule la gauche est aujourd’hui en capacité de mettre en échec Marine Le Pen, Jordan Bardella, Éric Ciotti et consorts, à qui Emmanuel Macron a ouvert la voie vers le pouvoir en dissolvant l’Assemblée nationale.

Deux blocs relativement égaux se font désormais face. Aux européennes, le RN a récolté 7,8 millions de voix. Tout comme la gauche, alors que le chef de l’État (3,6 millions d’électeurs) voit son « bloc central » enseveli sous la re-bipolarisation de la vie politique, où l’extrême droite remplace peu à peu la droite traditionnelle. Contrairement à ce qu’il affirmait mercredi lors de sa conférence de presse, le chef de l’État ne peut plus s’ériger en rempart.

« Soit Jordan Bardella est au pouvoir, soit c’est le Front populaire », résume Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes. Un sondage Elabe confirme l’analyse : 31 % des interrogés comptent voter pour le RN, 28 % pour l’union de la gauche et seulement 18 % pour le camp présidentiel. Si cette enquête d’opinion ne dit rien du rapport de force dans chaque circonscription, ses données donnent clairement l’affiche du match des législatives. D’après les calculs du Figaro basés sur le résultat des élections européennes, 536 duels sur 577 pourraient opposer l’extrême droite au nouveau Front populaire.

Organiser un calendrier d’action

La mobilisation de chaque camp sera la clé du scrutin pour espérer bâtir une majorité, dans une campagne très courte. Pour convaincre, l’union de la gauche a finalisé, jeudi en fin de journée, un programme commun comportant 140 mesures.

Au menu : abrogation de la réforme des retraites, indexation des salaires sur l’inflation, moratoire sur les méga-bassines, investissement dans les services publics, suppression de l’article 49.3, refus des contraintes austéritaires de l’Union européenne, abolition de Parcoursup, création d’un pôle public du médicament… Toutes ces propositions devaient ensuite être classées selon un contrat de législature fixant un calendrier d’actions.

Pourtant, parachever cet accord a paru un chemin de croix. Jeudi, les discussions n’ont pas buté sur l’identité du futur premier ministre alors que Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Fabien Roussel et d’autres se sont déclarés, à divers degrés, disponibles tout en revoyant ce choix à la future majorité parlementaire. Mais sur le partage des circonscriptions et le projet. Visant la FI, les socialistes ont fait traîner les négociations, affirmant ne pas être satisfaits des formulations proposées sur l’antisémitisme, l’Ukraine ou encore le Hamas. « Il y a des lignes qu’on ne peut pas franchir. Nous devons être irréprochables, aucun flou n’est possible. On sera au microscope », explique, en direct, un cadre du PS.

« Ils ont proposé ”agir pour la libération des otages détenus depuis les massacres terroristes du Hamas, dont nous rejetons le projet théocratique”, et nous avons passé trois heures à passer en revue la nature des politiques qu’on pourrait mettre en place contre l’antisémitisme », assure un cadre FI.

Côté insoumis, on soupçonne alors les potentiels partenaires de se servir du fond pour justifier un désaccord sur la répartition des candidatures : « C’est bloqué sur les circonscriptions par les socialistes, qui instrumentalisent ces sujets pour maquiller le blocage », estime un autre. Le PS, qui a récupéré cent circonscriptions depuis 2022, espérait des territoires plus gagnables. « Les FI ont toujours eu du mal à comprendre le concept d’ancrage local, qui fait que certaines circonscriptions ne sont gagnables que par un socialiste, un communiste ou un écologiste », assure une socialiste.

Mais « les moments de tensions sont normaux dans la dernière ligne droite », juge un émissaire d’expérience, qui a vu tout le monde revenir à la table des discussions. Lesquelles ont été boostées par la reprise en main des chefs de parti – Manuel Bompard, Olivier Faure, Marine Tondelier et Fabien Roussel –, en milieu de journée, au siège parisien des Écologistes.

Dans la soirée, le communiqué commun annonçant l’accord était enfin publié alors que des appels à manifester sous les fenêtres des négociateurs avaient été lancés un peu plus tôt sur les réseaux sociaux. C’est cette même pression populaire qui avait accéléré la déclaration commune de lundi. C’est cette même pression populaire qui est attendue, ce samedi, dans les rues pour contrer le projet mortifère de l’extrême droite et aider à bâtir une majorité progressiste.

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12 juin 2024 3 12 /06 /juin /2024 05:34

Nous avons échangé ce jour pour faire face à la situation historique du pays, suite aux résultats des élections européennes et à la dissolution de l’Assemblée nationale.

Nous appelons à la constitution d’un nouveau front populaire rassemblant dans une forme inédite toutes les forces de gauche humanistes, syndicales, associatives et citoyennes. Nous souhaitons porter un programme de ruptures sociales et écologiques pour construire une alternative à Emmanuel Macron et combattre le projet raciste de l’extrême droite.

Dans chaque circonscription, nous voulons soutenir des candidatures uniques dès le premier tour. Elles porteront un programme de rupture détaillant les mesures à engager dans les 100 premiers jours du gouvernement du nouveau front populaire. Notre objectif est de gouverner pour répondre aux urgences démocratiques, écologiques, sociales et pour la paix.

En écho à l’appel des syndicats ce soir et de la jeunesse, nous appelons à rejoindre les cortèges et à manifester largement.

A la manière dont nous gouvernerons, sur un cap clair, nous voulons bâtir ce nouveau front populaire avec toutes les forces qui partagent cette ambition et cet espoir.


*Signataires*

Les Écologistes
La France Insoumise
Le Parti communiste français
Le Parti socialiste


Place publique
Génération⸱s
GRS


Liste ouverte à signature !

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5 juin 2024 3 05 /06 /juin /2024 11:45
Découvrez le bulletin de vote de la Gauche unie pour le monde du Travail conduite par Léon Deffontaines aux Européennes du 9 juin et tous nos candidats
Découvrez le bulletin de vote de la Gauche unie pour le monde du Travail conduite par Léon Deffontaines aux Européennes du 9 juin et tous nos candidats
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5 juin 2024 3 05 /06 /juin /2024 05:53

 

 

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4 juin 2024 2 04 /06 /juin /2024 05:11
MARDI 04 juin : Léon DEFFONTAINES participera au débat des huit têtes de listes sur France 2, en direct, en plateau, de 20h30 à 23h00

MARDI 04 juin : Léon DEFFONTAINES participera au débat des huit têtes de listes sur France 2, en direct, en plateau, de 20h30 à 23h00

MARDI 04 juin : Léon DEFFONTAINES participera au débat des huit têtes de listes sur France 2, en direct, en plateau, de 20h30 à 23h00
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3 juin 2024 1 03 /06 /juin /2024 05:32

 

 

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2 juin 2024 7 02 /06 /juin /2024 08:47
Ouest-France
À l’Assemblée nationale, un vote très attendu sur le cancer du sein ce jeudi

Yves-Marie ROBIN. Publié le

 

Ce jeudi à l’Assemblée, les députés communistes vont proposer une prise en charge élargie des soins liés au cancer du sein.

Fabien Roussel, député communiste du Nord.

Fabien Roussel, député communiste du Nord. | DANIEL FOURAY / OUEST-FRANCE

Le sujet est à l’ordre du jour de l’Assemblée ce jeudi vers 22 h. Ce sont les communistes qui le portent. Et il pourrait être très largement approuvé. Par la voix de son secrétaire national Fabien Roussel, le parti souhaite que tous les soins liés au cancer du sein soient, désormais, pris en charge.

Alors que la maladie relève du statut protecteur des affections de longue durée, offrant une couverture intégrale des traitements par la Sécu, les patientes doivent quand même subir un reste à charge évalué entre 1 300 € et 2 500 € en moyenne. « Une situation qui précarise les plus modestes », déplore le député du Nord.

Ce reste à charge peut résulter de franchises en hausse sur les médicaments, les transports sanitaires, les forfaits hospitaliers… ; de dépassements d’honoraires lors de chirurgie de reconstruction ; du coût des soins de support (diététiques, esthétiques…) ; de l’achat de produits prescrits, mais non compris dans le panier de soins (brassières et soutiens-gorge postopératoires…).

De bon augure

La semaine dernière, en commission des affaires sociales, le texte de Fabien Roussel a été adopté à l’unanimité. De bon augure avant le débat du jour qui doit confirmer ce vote. Parmi les avancées approuvées : l’élargissement du panier de soins remboursables, la prise en charge des prothèses capillaires quel que soit le tarif, ou encore le remboursement du renouvellement des prothèses mammaires au bout de dix ans. La question des dépassements d’honoraires, elle, fera l’objet d’une mission d’information spécifique.

L’an dernier, l’assurance maladie recensait plus de 700 000 femmes vivant avec un cancer du sein « actif », c’est-à-dire en phase de traitement ou en surveillance.

https://www.ouest-france.fr/sante/cancer/a-lassemblee-nationale-un-vote-tres-attendu-sur-le-cancer-du-sein-ce-jeudi-efddc732-1901-11ef-a4ab-f1862cfaf1f3

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2 juin 2024 7 02 /06 /juin /2024 08:37

 

 

 

Notre stratégie est uniquement défensive, centrée sur quelques secteurs stratégiques. Il y a aussi quelques rares décisions politiques, il faut l’admettre, comme le refus de vendre Carrefour au géant canadien Couche-Tard.

Naïveté, passivité ou complicité ? Le manque de masques lors de la crise du covid a mis la lumière notre perte de souveraineté ; nous étions incapables de répondre aux besoins des peuples.

Depuis plus de cinquante ans, notre pays a connu plusieurs vagues de désindustrialisation : 2 millions d’emplois industriels ont été supprimés, des savoir-faire détruits, des régions sinistrées. Et nous avons bradé notre outil industriel à des puissances industrielles étrangères - Technip, Nokia, les chantiers de l’Atlantique, j’en passe...

Macron essaie de nous faire oublier qu’il était déjà aux affaires, et qu’il est donc coresponsable des désastres économiques et industriels depuis plus de dix ans. Le pire cas est celui de General Electric, qui a préféré payer 50 millions d’euros de pénalités plutôt que de créer les emplois promis. Désormais, il rapatrie les brevets aux États-Unis et on laisse EDF se débattre pour récupérer les turbines Arabelle.

Depuis des années, notre groupe plaide en faveur du renforcement du contrôle des investissements étrangers, mais surtout du respect des engagements pris.

Ainsi que le souligne le rapport de la mission d’information sur Atos - fleuron français du numérique, en grande difficulté -, la France a certes renforcé le contrôle des investissements étrangers, mais il reste à faire. Nos administrations centrales n’ont toujours pas les moyens de contrôle suffisants du suivi du respect des conditions posées au moment de l’autorisation. Ce suivi n’est ni systématique ni centralisé.

Mais il faut aussi une stratégie offensive, pour reprendre en main la chaîne de valeur de chaque secteur. La question de la souveraineté numérique est cruciale : nous nous félicitons de l’implantation de data centers, mais cette activité est gourmande en énergie et avare en emplois. Et alors que l’on implante des gigafactories de batteries électriques, Stellantis et Renault liquident leurs sous-traitants - MA France à Aulnay-sous-Bois ou Impériales Wheels à Châteauroux qui va fermer le 20 juin, alors que le dernier repreneur a pris 45 millions d’euros d’aides d’État... Et que fait le Gouvernement ? Il reste les bras ballants ou sermonne les ouvriers.

Pour une véritable intelligence économique, il ne faut pas se contenter d’une politique de l’offre en priant pour que les grands groupes créent de l’emploi. Il faut également conditionner les aides publiques à des garanties sociales et environnementales, demander leur remboursement lorsque les emplois sont détruits et surtout responsabiliser les donneurs d’ordres pour éviter les délocalisations. Monsieur le ministre, y êtes-vous prêt ?

Il faut une politique générale qui concerne tous les secteurs. Comment comprendre que le PSG soit aux mains des Qataris, qui abritent chez eux le chef du Hamas ? Vous avez même envisagé de leur vendre notre patrimoine commun, le Stade de France !

N’oublions pas que même nos amis allemands ont tout fait pour affaiblir notre filière nucléaire et notre industrie.

La réindustrialisation doit concerner toute la chaîne de valeurs. Les gigafactories, c’est très bien, mais on laisse des entreprises dont l’État est parfois actionnaire - Stellantis, Renault - liquider la sous-traitance. Le pays sera-t-il plus fort sans détenir l’ensemble de la chaîne de valeur ?

Pour l’entreprise MA France à Aulnay-sous-Bois : la seule chose que vous faites c’est de sermonner les syndicats. Une semaine après, l’entreprise est en liquidation. Vous donnez toujours raison au patronat, jamais aux salariés, et c’est scandaleux alors que la désindustrialisation continue sur l’ensemble du territoire.

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1 juin 2024 6 01 /06 /juin /2024 07:08
Léon Deffontaines : « Mon adversaire, c’est Jordan Bardella » - Interview au journal L'Humanité, 1er juin 2024
Léon Deffontaines : « Mon adversaire, c’est Jordan Bardella »

À une semaine des européennes, la tête de liste du PCF, Léon Deffontaines, revient sur les enjeux de la campagne, la situation à gauche, l’urgence climatique et le combat à mener contre l’extrême droite.

Le candidat des communistes pour le 9 juin, Léon Deffontaines, a réalisé une percée médiatique en mettant le RN face à la réalité de ses votes contre l’intérêt général. Il entend déjouer les pronostics le jour du scrutin et appelle la gauche à se rassembler sur la question sociale, en plus de défendre une « écologie populaire et rationnelle ».

Quel est votre principal adversaire pour ces européennes ?

C’est Jordan Bardella. Nous avons tous les deux 28 ans, et le duel pourrait s’installer dans la durée. Je veux montrer ses contradictions. Chaque fois qu’il peut défendre les travailleurs français, le RN vote contre leurs intérêts.

L’extrême droite a refusé l’indexation des salaires sur l’inflation, le rétablissement de l’ISF, et ce parti qui se dit défenseur de la ruralité s’oppose aux lois contre les déserts médicaux. Déconstruire le mythe du RN, défenseur des travailleurs français, est l’un des enjeux de cette campagne.

« À gauche, nous devons refaire de la question sociale notre priorité. »

Que répondez-vous à ceux disent qu’on n’a jamais essayé le RN ?

Que l’on est en réalité en train de l’essayer sur le plan économique et social. À l’Assemblée, la coalition gouvernementale et le RN votent systématiquement contre toute avancée pour les travailleurs. Leur projet est identique en la matière. Et le RN au Parlement européen vote majoritairement pour les traités de libre-échange.

Il faut bien sûr attaquer ce parti sur le caractère xénophobe, fasciste même, de son programme. Mais on s’évertue à le faire depuis quarante ans, et ce n’est pas suffisant. Le RN se dédiabolise sur la question sociale, et c’est sur cette supercherie qu’il faut l’attaquer.

Comment expliquer son niveau dans les sondages ?

L’extrême droite est épargnée. Le débat sur LCI (le 21 mai – NDLR) a été symptomatique. Les autres candidats avaient l’air tétanisés par Bardella. Personne n’osait l’attaquer. Il ne faut pas le laisser dérouler ses mensonges. Allons à l’affrontement ! D’autre part, nous n’avons pas été à la hauteur à gauche. Nous nous écharpons sur des questions de société et des sujets internationaux qui devraient nous rassembler. Nous devons refaire de la question sociale notre priorité.

Bardella n’avait rien d’autre à vous répondre que « vous êtes communiste », lorsque vous l’avez attaqué dans ce débat. Est-ce un problème d’être communiste ?

Quand on l’attrape sur le fond, Bardella est incapable de répondre. Il me renvoie donc à mon communisme comme s’il s’agissait d’une insulte. C’est révélateur de son absence de projet social. Mais si on veut nous renvoyer au passé, je suis fier d’être membre du parti de Missak Manouchian, panthéonisé cette année. L’histoire de mon parti, c’est la Résistance, le CNR, la Sécurité sociale.

L’héritage du RN, cofondé par un Waffen-SS, c’est la collaboration et Vichy. Le communisme aujourd’hui est synonyme d’espoir, de rupture avec une société capitaliste incapable de répondre à l’impératif environnemental et à nos aspirations à vivre mieux. Il s’agit d’aider chaque individu à s’épanouir pleinement, quelle que soit son origine sociale ou géographique. C’est le projet que je porte.

« Lorsque la gauche est capable de rassembler sur la question sociale, elle peut battre les lepénistes. »

Vous étiez en meeting à Avion (Pas-de-Calais), il y a une semaine, seule circonscription perdue par le RN aux législatives 2022, au profit du PCF…

Nous sommes la seule force politique qui a fait reculer l’extrême droite. Dans le Pas-de-Calais, nous avons aussi fait perdre trois cantons au RN. Lorsque la gauche est capable de rassembler sur la question sociale, elle peut battre les lepénistes. C’est mon ambition pour les européennes et au-delà.

Qu’avez-vous appris dans cette campagne au cours de laquelle vous avez sillonné toute la France ?

J’en retiens la beauté des paysages et la richesse de la population. Une campagne, c’est l’occasion de parler, de reconstruire du lien social. Depuis quinze ans, la gauche est captive de deux offres politiques : l’une outrancière et polémiste, l’autre libérale. C’est ce qui l’empêche d’aller à la reconquête de l’électorat populaire et de progresser.

On nous renvoie toujours à François Hollande et à Jean-Luc Mélenchon, sur les marchés. Ce sont les deux cailloux dans nos chaussures. Nous devons écrire une nouvelle page. C’est avec une gauche du travail rassemblée que l’on retrouvera un électorat populaire et que nous redeviendrons majoritaires dans le pays.

Vous avez 23 syndicalistes sur votre liste, un record. En quoi est-ce une force ?

C’est une chose de défendre le monde du travail. C’en est une autre de faire élire au Parlement celles et ceux qui en sont les premiers représentants. Sigrid Gérardin et Fabien Gâche, en 2e et 7e position sur ma liste, incarnent au quotidien ceux qui luttent contre les effets dévastateurs des politiques européennes libérales. Les élire, c’est les faire entrer dans l’institution probablement la plus antisociale de notre système politique. Ils peuvent y être le fer de lance de la lutte contre la destruction des droits sociaux.

Dans vos meetings, on vous entend dire : « Cette Europe, qu’elle crève ! » N’est-ce pas contradictoire ?

Les institutions européennes se sont construites avec le dogme néolibéral. Elles sont une machine à broyer l’avenir des jeunes, à détruire l’emploi. Si nous y envoyons des députés européens, ils seront un appui pour résister à la marche forcée du néolibéralisme. Je ne crois pas que l’UE sera, demain, un levier pour l’émancipation des peuples, parce qu’elle sera dominée par la droite et l’extrême droite. Mais, y envoyer des représentants du peuple sera un moyen de mener la résistance dans les travées du Parlement.

Vous êtes donné entre 2 et 3 % des intentions de vote dans les sondages. Que comptez-vous faire pour y remédier dans la dernière ligne droite ?

Il fallait que nous tracions notre sillon dans cette campagne, peu importent les sondages. Lors de la campagne de 2019, ils se sont lamentablement plantés. J’ai donc peu confiance dans ces enquêtes. Les Français font leur choix au dernier moment, et c’est encore plus vrai dans une européenne. Le niveau de participation peut tout changer.

70 % des 18 à 29 ans prévoient de ne pas aller voter le 9 juin. Que leur dites-vous ?

J’observe le décalage entre ce que nous vivons, nous, les jeunes, et les discours sur l’Europe. L’exemple le plus édifiant, c’est Erasmus, que l’on nous vante comme merveilleux. Mais seulement 5 % d’une classe d’âge participent à ce programme. C’est quoi, l’Europe, pour les 95 % restants ? C’est l’impasse écologique à laquelle l’UE est incapable de répondre en nous enfermant dans les énergies fossiles.

C’est la baisse du pouvoir d’achat, avec des jeunes particulièrement touchés, qui se tournent vers l’aide alimentaire. Que fait l’UE ? Les contrats précaires, la mise en concurrence des travailleurs, la difficulté à faire des études… Culpabiliser les jeunes pour les envoyer voter revient à les mépriser. Ce ne sont pas les jeunes qui se désintéressent de l’Europe, mais l’UE et les candidats qui se détournent d’eux. Moi, je veux parler de leur réalité, de leur quotidien.

Léon Deffontaines : « Mon adversaire, c’est Jordan Bardella » - Interview au journal L'Humanité, 1er juin 2024
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