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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 06:50
Parcoursup apparait comme un instrument de gestion de la pénurie - après un an d'application, l'heure du bilan - pa Pierre Ouzoulias, sénateur communiste
Parcoursup apparait comme un instrument de gestion de la pénurie
Après un an d’application, bilan et évaluation de Parcoursup -
Par / 16 janvier 2019

Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, le 22 janvier prochain, les lycéennes et les lycéens ouvriront un dossier sur Parcoursup et commenceront à y déposer leurs vœux.

Cette plateforme a été remaniée par rapport à celle de l’an passé et plusieurs modalités d’instruction de la procédure ont considérablement évolué.

Nous regrettons vivement que ce remaniement d’ampleur de Parcoursup ait été décidé et réalisé sans qu’un bilan complet de sa première année de mise en œuvre nous ait été présenté.

Nous apprenons, par la presse, les modifications majeures apportées à un dispositif qui va toucher près de 900 000 personnes. Une nouvelle fois, nous sommes mis devant le fait accompli.

Je vous rappelle que la loi relative à l’orientation et la réussite des étudiants exige de votre ministère, au mois de décembre de chaque année, un bilan détaillé par académie de la procédure nationale de préinscription.

Par ailleurs, le comité éthique et scientifique de la plateforme Parcoursup, qui doit remettre son rapport au terme de la session de la procédure nationale, vient aujourd’hui de le rendre public, après le lancement de la nouvelle session et l’annonce des modifications apportées à la procédure.

Hier a été lancé le grand débat national dont l’objet est de « consulter » les citoyens, de « rendre la participation citoyenne plus active [et] la démocratie plus participative ».

Vous avez déclaré que la plateforme était avant tout au service des candidats. Aussi, nous déplorons profondément que vous n’ayez pas consulté l’ensemble des usagers de ce service pour leur demander leur avis. L’analyse de leur expérience était d’autant plus nécessaire que l’absence de hiérarchisation des vœux ne permet pas d’évaluation qualitative du dispositif.

L’article 24 de la Constitution a confié au Parlement la mission de voter la loi, de contrôler l’action du Gouvernement et d’évaluer les politiques publiques. Le Sénat l’exerce avec objectivité, mais détermination. C’est peut-être ce qui lui est aujourd’hui reproché et qui pousse d’aucuns à en demander la transformation.

Fort de cet esprit de responsabilité, le groupe CRCE, dans le cadre de la semaine de contrôle du Sénat, a demandé l’organisation du présentdébat.

La loi relative à l’orientation et la réussite des étudiants n’est pas un texte technique destiné à pallier les dysfonctionnements du portail APB – Admission post-bac – et à bannir le tirage au sort. Ce dernier était illégal et il vous suffisait, pour l’interdire, d’appliquer la loi en vigueur à l’époque.

Cette loi est la première étape d’un projet de transformation radicale de l’organisation et des finalités de l’enseignement supérieur. La hausse des droits d’inscription pour les étudiants extracommunautaires dont nous venons de débattre en constitue un nouveau stade, qui éclaire vos intentions réelles.

Depuis plus de dix ans, l’enseignement supérieur est dans une situation de sous-financement chronique. Le budget moyen par étudiant et le taux moyen de l’encadrement des jeunes ne cessent de baisser. La France est l’un des pays économiquement développés qui consacre le moins de moyens à son enseignement supérieur.

Cette crise, ancienne et persistante, est encore accentuée par l’arrivée massive de nouveaux bacheliers. Ils étaient près de 32 000 en 2018, soit une augmentation d’environ 5 % par rapport à 2017. Cette hausse devrait encore se poursuivre durant une dizaine d’années.

Lors de l’examen de votre projet de budget, la plupart des groupes a estimé que les moyens demandés par votre ministère pour l’année 2019 n’étaient pas à la mesure des enjeux auxquels notre pays doit répondre pour tenter de rattraper son retard.

Dans ce contexte, Parcoursup apparaît comme un instrument de gestion de la pénurie. Sa mise en œuvre a demandé des efforts supplémentaires considérables à l’ensemble des acteurs de l’enseignement supérieur. Pour quels résultats ? Il est difficile de répondre précisément à cette question tant les données publiées par votre ministère sont générales et partielles.

En 2018, le nombre de candidats reçus au baccalauréat a augmenté de 5,3 %, mais le nombre d’étudiants ayant accédé à l’enseignement supérieur n’a progressé que de 2,2 %. Autrement dit, la procédure a découragé un grand nombre de lycéens de poursuivre leurs études au-delà du baccalauréat. Ainsi, 22 % des inscrits ont quitté la plateforme sans aucune affectation.

Notre devoir de parlementaire est de vous demander ce qu’ils sont devenus ? Ont-ils rejoint des établissements privés, les classes passerelles ouvertes par les rectorats ou le marché de l’emploi ? Alors que vous avez donné la garantie à chaque bachelier de pouvoir poursuivre son cursus dans l’enseignement supérieur, vous devez nous expliquer pourquoi près de 180 000 d’entre eux ont finalement fait un autre choix.

Ce taux de renoncement n’est pas le même selon les filières de l’enseignement secondaire. Parcoursup s’est révélé bien plus pénible et hasardeux pour les bacheliers des sections technologiques et professionnelles.

Lors de séances de questions au Gouvernement, vous m’avez demandé, madame la ministre, de bien vouloir « relayer fidèlement » vos chiffres. À mon tour, je vous fais la même demande.

Les bacheliers des filières générales ont attendu, en moyenne, quatre jours avant de recevoir leur première proposition. Ceux des filières technologiques ont dû patienter douze jours et les bacheliers professionnels, dix-sept jours.

Par ailleurs, 71 % des titulaires d’un baccalauréat général ont reçu une proposition le premier jour, contre seulement 45 % des titulaires d’un baccalauréat professionnel. Plus de 80 % des bacheliers des filières générales ont accepté une proposition lors de la phase principale, mais seulement 52 % des bacheliers professionnels.

Vos chiffres indiquent, madame la ministre, que Parcoursup a incontestablement facilité l’affectation des meilleurs bacheliers des sections générales. Mais ce dispositif a aussi rendu cette affectation beaucoup plus difficile pour ceux des filières technologiques, et même dissuasive pour les bacheliers professionnels. Il nous faut en comprendre les causes.

En l’état des informations disponibles, cette analyse n’est pas possible, car nous ignorons les modalités de fonctionnement des outils de sélection des universités, les fameux algorithmes locaux.

Pendant plusieurs mois, madame la ministre, vous nous avez expliqué que ceux-ci n’existaient pas ou qu’il s’agissait simplement d’outils d’aide à la décision.

Vous venez de rendre public le cahier des charges de la plateforme Parcoursup. Dans son préambule, ce document révèle que « le développement de la plateforme Parcoursup a été mené de manière “agile” » – c’est-à-dire que ce cahier des charges a été réalisé a posteriori.

À la page 14 de ce document, on apprend que les algorithmes dits « locaux » sont des outils utilisés par les établissements pour réaliser des préclassements.

Le 11 janvier dernier, M. Frédéric Dardel, président de l’université Paris-Descartes, nous en dit plus sur leur mise en œuvre. Ainsi, dans son université, « les équipes ont fait un préclassement automatisé des dossiers », indispensable en raison du nombre de dossiers à étudier et des délais d’examen très courts. Il ajoute que, « très souvent », un « redressement des notes » a été fait en tenant compte de la moyenne de la classe.

Pour les filières de la première année commune aux études de santé, la PACES, et du droit, une pondération des notes a même été réalisée en fonction du « taux brut de réussite au bac ». M. Frédéric Dardel confirme donc en tous points nos craintes et l’existence de ces algorithmes, que vous aviez qualifiés de « légendes urbaines ».

Madame la ministre, je vous rappelle solennellement que le règlement général européen sur la protection des données personnelles proscrit tous les traitements automatisés des dossiers individuels. Le Sénat, à l’unanimité, vous avait demandé la publication de ces algorithmes. Je vous ai écrit sans succès pour en obtenir la communication, et je suis indigné que vous ayez conseillé aux établissements de ne pas nous les transmettre ! (Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et du groupe socialiste et républicain.)

Mme Maryvonne Blondin. Il a raison !

M. Roland Courteau. Très bien !

M. Pierre Ouzoulias. Vous aviez promis de rendre Parcoursup transparent. Cette condition ne peut pas être satisfaite tant que le processus de sélection des dossiers restera clandestin, invérifiable et incommunicable. Vous avez remplacé le tirage au sort par l’opacité.

Pour préparer ce débat, j’ai reçu de nombreuses contributions et questions. Je n’ai pas pu toutes vous les soumettre. Pour notre groupe, Céline Brulin vous en exposera d’autres, et je ne doute pas que vous, mes chers collègues, contribuerez à enrichir ce débat. J’ai cru comprendre que le Gouvernement souhaitait amender sa méthode de travail en laissant une plus grande place à la concertation et à l’évaluation de ses réformes par celles et ceux qui les éprouvent. Aussi, j’apporte ma modeste contribution à cet effort collectif en ouvrant un cahier de doléances national et en le mettant à la disposition de celles et ceux qui veulent poser leurs questions dans le prolongement de ce débat.

En ce qui nous concerne, nous persistons à penser que la République doit poursuivre le grand dessein de donner à tous les bacheliers les mêmes droits de continuer leurs études dans l’enseignement supérieur. Ensemble, nous devons donc œuvrer pour que l’État leur propose un cursus en adéquation avec leurs compétences et leur projet personnel, et définir les moyens budgétaires que nous sommes prêts à mobiliser pour satisfaire cette ambition politique.

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 06:34
Un grand débat à réponses prédéterminées et à questions confisquées - L'Humanité, 18 et 19 janvier, Grégory Marin
« Grand débat » . Le chef de l’Etat parle beaucoup, mais n’entend toujours pas
Samedi, 19 Janvier, 2019

Après plus de six heures d’échanges entre le président de la République et les maires occitans, qui ont abordé des questions essentielles comme le pouvoir d’achat ou la fiscalité, aucune inflexion réelle de la politique gouvernementale n’est à noter.

Vendredi, à la veille de l’acte X de la mobilisation des « gilets jaunes », le président de la République a tenu le deuxième rendez-vous de son tour de France devant les maires, à Souillac, dans le Lot. Devant 600 élus venus des 13 départements de la région Occitanie (Ariège, Aude, Aveyron, Gard, Haute-Garonne, Gers, Hérault, Lot, Lozère, Hautes-Pyrenées, Pyrénées-Orientales, Tarn, Tarn-et-Garonne), il a réédité son « marathon », plus de six heures de questions-réponses dans la salle des fêtes de la ville. Un exercice de haute voltige digne d’un grand oral de l’ENA... mais dans la droite ligne de toutes les interventions de ce gouvernement technocratique. Malgré le portrait catastrophique brossé par nombre de maires, d’accord avec le chef de l’Etat pour parler de la triple fracture «sociale, démocratique, économique », sa réponse est conforme à la posture macronienne depuis 18 mois: « on garde le cap ». Car, a-t-il dit peu avant de conclure, à 22 heures passées, « on ne peut sortir de ce débat avec toujours plus de dépenses, sans réelle volonté de changement (...) Le changement profond ce n’est pas d’accroître la dette. » Une continuation de sa politique pour laquelle il aimerait enrôler ces élus de terrain: « Merci d’être à nos côtés », « nous allons faire ensemble »...

Le maire invitant, Jean-Michel Sanfourche (Les Républicains) avait pourtant lancé le débat en estimant que « trop de concitoyens ne peuvent plus vivre dignement ». Et de critiquer vertement les baisses d’allocations dont il demande le « rétablissement », comme l’Aide personnalisée au logement (APL) par exemple. Mais comme dans l’Eure en début de semaine, Emmanuel Macron a douché les attentes dès sa première intervention, avant même le premier tour de parole des maires évoquant des questions vitales pour nos concitoyens, « ceux qui manifestent et ceux qui ne manifestent pas », aurait dit un ancien premier ministre. « Avoir un projet pour la nation, ce n’est pas faire droit à toutes les demandes », a lancé le chef de l’Etat en préambule. Une manière de dire qu’il ne faut pas s’attendre à grand-chose?

« Nous attendons des preuves », a semblé lui répondre le maire (PS) de Cahors, Jean-Marc Vayssouze. A l’instar de ce maire, nombreux sont les élus à réclamer « une véritable politique d’aménagement du territoire », critiquant notamment très fortement la loi Notre. Car au-delà du « folklore » rural et de ses spécificités - ici, il a été longuement question de la gestion de la présence de l’ours-, ces questions sont essentielles dans des territoires enclavés. Les infrastructures, routières, mais surtout ferroviaires, ont été plusieurs fois citées comme insuffisantes ou vieillissantes, quand elles ne sont pas inexistantes. Emmanuel Macron a répondu qu’il privilégierait, conformément à la loi qu’a redigée et fait voter son gouvernement, « la mobilité du quotidien. Tout le monde n’aura pas son TGV pour Paris ou son aéroport. » Il assure vouloir travailler sur le réseau « existant ». Dommage que la discussion ne soit pas venue en Normandie, où une rénovation de « l’existant » éviterait peut-être l’énorme investissement d’une ligne à grande vitesse Paris-Le Havre.

Les élus ont aussi fait remonter de leurs communes une préoccupation majeure de leurs habitants, star des cahiers de doléances: le pouvoir d’achat. Seule bonne nouvelle annoncée par le président, « on ne touchera pas à la pension de réversion », a-t-il déclaré, sans dire comment cette mesure qui revient de manière récurrente avec insistance, sera assurée. Pour le reste, toujours pas de réelles augmentations de salaires en vue, a tranché le chef de l’Etat. « Un couple qui vit du SMIC gagnera 100 euros de plus dès ce mois-ci », explique-t-il encore. Même si l’arnaque a déjà été éventée... Le chef de l’Etat fait œuvre de pédagogie, car il ne compte pas proposer autre chose que la politique qu’il a déjà mise en œuvre. L’emploi? C’est évidemment l’entreprise, selon Emmanuel Macron, qui est en premier lieu « créateur d’emplois ». « De l’emploi public on en a créé assez... » Il renvoie vers « les ordonnances travail prises en début de quinquennat ». Pour l’efficacité, on relira les chiffres du chômage. Quant à l’indemnisation du chômage, assurant que « certains vivent mieux en faisant des aller-retour qu’en restant dans un emploi fixe, ils utilisent un système qu’on a créé », le président Macron plaide pour une accélération de la réforme de l’assurance-chômage. Enfin, l’exécutif, comme en témoigne le « mode d’emploi » à destination des organisateurs du « Grand débat », a fait du « coût du travail » une boussole. « On paie mieux ceux qui travaillent », explique Emmanuel Macron, argumentant que si la CSG a augmenté (« Ce sont toujours les perdants qui râlent »...) c’est «parce qu’on a baissé les cotisations salariales. Cela va dans le sens de la valorisation du travail. » Mais présente de forts risques quant au financement de la protection sociale.

En matière de fiscalité, sans surprise, la suppression de la taxe d’habitation a bien évidemment été mise en avant par les maires, qui voient leurs budgets amputés de cette ressource. C’est un impôt injuste, dit en substance Emmanuel Macron: prenant pour exemple deux personnes qui vivraient dans deux studios de même taille, « selon que vous gagnez un ou trois vous payez la même chose ». D’où la volonté de supprimer cet impôt, explique-t-il. Dans ce cas, quid de la TVA (dont l’établissement à 5,5% pour les produits de première nécessité figure dans les revendications des « gilets jaunes »), au même taux selon « que l’on gagne un ou trois »? Le chef de l’Etat a eu beau assurer qu'« on a une fiscalité en France qui est redistributive », la majorité des Français sera surtout d’accord avec la fin de sa deuxième intervention sur le sujet: les « vraies inégalités », dit-il, sont « l’inégalité de destin et d’accès au travail »... Mais s’il n’y a « pas de tabou » en matière fiscale, la ligne rouge est toujours d’actualité. « Ce n’est pas le rétablissement de l’ISF qui règlera le problème » du chômage de masse, estime le chef de l’Etat. Cet impôt a « été maintenu pour l’immobilier », a-t-il souligné, estimant que « le sujet, c’est est-ce qu’on veut aider nos entreprises à créer des emplois ? (…) J’assume cette politique! » Au tout début de son intervention, Emmanuel Macron avait estimé que ce débat devait aider à « trouver cette part de consensus dont nous avons besoin ». Sur cette question, il est tout trouvé: selon un sondage IFOP publié le 6 janvier par Le Journal du dimanche, 77% des Français plébiscitent le rétablissement de l’ISF... comme 61% des électeurs de La République en marche...

Un grand débat à réponses prédéterminées et à questions confisquées - L'Humanité, 18 et 19 janvier, Grégory Marin
« grand débat ». Le gouvernement invente le questionnaire à choix contraints
Vendredi, 18 Janvier, 2019

Le « kit méthodologique » à destination des maires les incite à organiser des débats « neutres et impartiaux »... avec des questions biaisées.

Vendredi, doit se tenir la deuxième étape présidentielle du « grand débat » à Souillac (Lot), devant les maires d’Occitanie. Les autres sont appelés, dans une lettre du ministre des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, à organiser leur propre débat « dans des conditions qui garantissent sa neutralité et son impartialité ». En tant que « figure familière de nos concitoyens », estime-t-il, c’est à eux de « créer cette animation démocratique ». Les plus aventuriers peuvent encore « mettre à disposition un cahier ou des formulaires d’expression citoyenne », mais s’ils ne sont pas à l’aise, les technocrates macronistes leur ont concocté un « kit méthodologique ». Un vade-mecum qui, sous couvert de « neutralité », martèle la « pédagogie » néolibérale sur les quatre grands thèmes retenus pour le « grand débat ».

Démocratie et citoyenneté. Le renouvellement démocratique est un questionnement récurrent des gilets jaunes. Las ! Rien ici hormis le catéchisme gouvernemental rappelant le projet de loi sur l’interdiction du cumul des mandats, la réduction du nombre de parlementaires et l’introduction d’une dose de proportionnelle. Et, en dehors du service civique et du consentement à l’impôt ou de la participation à la vie associative, aucune piste de développement de la citoyenneté. Pire, ce volet mêle laïcité, communautarisme, incivilité, immigration et intégration, vantant la loi Collomb « pour une immigration maîtrisée »…

Transition écologique. Ici, pas d’attaque frontale contre « ceux qui fument des clopes et roulent au gasoil », comme dirait le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Mais une série de rappels des « mesures mises en place depuis dix-huit mois » : l’aide à l’achat d’un véhicule propre qui « permet de réduire de 30 % la facture de carburant », le « chèque énergie », le crédit d’impôt sur les dépenses d’isolation… ou le covoiturage. La révolution verte attendra.

Organisation de l’État et des services publics. Cela commence comme une ode aux « 5 480 202 agents publics (qui) travaillent au service des citoyens ». Mais, très vite, les questions susurrées aux maires font bondir : pour éviter des déplacements et des coûts inutiles, « quels services souhaiteraient-ils (les citoyens) voir rendus accessibles par Internet en priorité » ? Revient une question très chère aux quinquennats de Sarkozy et Hollande : « Pensez-vous qu’il y a trop d’échelons administratifs en France ? »

Fiscalité et dépenses publiques. Ce chapitre lie niveau élevé de l’impôt et de la dépense publique : « Malgré le niveau élevé de prélèvements obligatoires, la France est en déficit depuis 1974 », rappelle ainsi le document, détaillant qu’« en 2017, pour 100 euros perçus par les administrations publiques, elles en ont dépensé 105 ». Traduction : l’État coûte trop cher… mais pas le gouvernement et les élus puisque « sur 1 000 euros de dépenses publiques, l’ensemble des dépenses relatives à l’Assemblée nationale, au Sénat et au gouvernement représente un euro ». Pas un mot, en revanche, dans le document, des 100 milliards que coûte l’évasion fiscale chaque année. Une réponse que les – trop rares – gilets jaunes qui participeront au débat apprécieront. Tout comme ils savoureront ces rappels, miroir inversé de leurs revendications : « Les Français bénéficient de prestations sociales importantes » ou « le poids des impôts et des cotisations sociales est un enjeu pour la compétitivité de l’économie française ». Avant de répondre à des questions complètement « neutres » comme : « Afin de financer les dépenses sociales, faut-il selon vous reculer l’âge de la retraite, augmenter le temps de travail, augmenter les impôts ou revoir les conditions d’attribution de certaines aides sociales. Et lesquelles ? » On appelle cela un questionnaire à choix contraints.

Grégory Marin
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18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 13:06
Non à la privatisation d’Aéroport de Paris

vendredi 18 janvier 2019

La privatisation du monopole naturel Aéroport de Paris voulu par le gouvernement dans le cadre du projet de loi PACTE qui sera discuté en séance publique le 29 janvier suscite une opposition franche des sénateurs du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et les interrogations de nombreux parlementaires de la majorité sénatoriale.

Dans un communiqué publié hier, le groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) précise que cette privatisation, approuvée par la majorité sénatoriale lors du vote de la commission spéciale, est un nouveau désengagement de l’Etat au profit d’actionnaires avides de dividendes, Vinci étant en lice et revendiquant un réel contrôle, alors même que nos concitoyens sont vent debout contre les conséquences de la privatisation des autoroutes.

A l’heure du « grand débat national », d’une demande toujours forte de nos concitoyens de ne plus subir des décisions de remise en cause de services publics essentiels, le gouvernement s’entête à privatiser le deuxième groupe aéroportuaire européen, le point d’entrée sur le territoire de plus de 100 millions d’individus.

Cette entreprise prospère de 17 000 salariés a permis à l’Etat de recevoir plus d’un milliard d’euros de dividendes en 10 ans sans parler du domaine public aéroportuaire qui permettrait à des actionnaires privés de mettre la main sur une manne financière considérable : ADP, en effet, ne possède pas moins de 6 600 hectares de terrain en Ile-de-France.

Aménagement du territoire, préservation de l’environnement, régulation d’une filière majeure pour l’activité économique de notre pays mais aussi sûreté nationale : la gestion des aéroports représente des enjeux lourds en termes de sécurité et de sûreté qui nécessitent la maîtrise par la puissance publique. Tous les pays du monde l’affirment, y compris les Etats-Unis.

Renoncer à la maîtrise publique de cet outil industriel stratégique c’est renoncer à une maîtrise de notre souveraineté.

C’est pourquoi les parlementaires du groupe CRCE demandent au gouvernement de retirer du projet de loi Pacte ce non-sens économique et politique contraire à l’intérêt général, qu’est la privatisation-spoliation d’un monopole public financé à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros par le peuple et son impôt

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 12:37
Pour un Smic à 1 800 €, il est urgent d’agir
Pour un Smic à 1 800 €, il est urgent d’agir
Publié le 11 jan 2019
Temps de lecture : 3 min.
Le Smic, les minima dans les branches et les entreprises, ainsi que le point d’indice des fonctionnaires doivent être augmentés de manière forte, lisible et rapide.

Porter immédiatement le Smic à 1 800 € brut par mois (+ 300 €) soit + 20 %, c’est bon pour :

  • les Smicards, qui peinent de plus en plus à finir les mois en raison de l’augmentation des prix, notamment ceux des produits de première nécessité ;
  • l’augmentation de tous les salaires dans la même proportion, pour reconnaître les qualifications, les diplômes et l’expérience professionnelle ;
  • le redressement économique du pays, en permettant un retour de la croissance grâce à l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages.
Un choix contre les travailleurs

Le gouvernement et le patronat sont responsables de la situation sociale fortement dégradée dans le pays. Au 1er janvier 2019, le gouvernement a fait le choix d’augmenter le Smic d’1,5 % seulement, soit une vingtaine d’euros, pour le porter à 1 521 € par mois.

Ce refus de revaloriser le salaire minimum – et plus globalement les salaires – est une insulte pour les travailleurs et leurs familles. C’est un moyen utilisé pour empêcher une répartition juste des richesses créées par le travail.

L’heure n’est pas aux tours de passe-passe, aux escroqueries, aux fausses augmentations ou autres combines malhonnêtes dont l’objectif final consiste à ne pas augmenter le Smic et les salaires.

Tout le monde a bien compris que l’augmentation de la prime d’activité est une imposture. Cette augmentation est une anticipation de mesures déjà prises et sera payée par l’impôt, donc par nous tous. Cette prime d’activité va également renforcer les discriminations entre les femmes et les hommes. Ce sont majoritairement les femmes qui sont payées au Smic. En attribuant cette prime en fonction des revenus d’un foyer, cela conforte l’idée que les femmes, notamment, ne peuvent bénéficier de cette aide puisque leur conjoint touche plus.

Le gouvernement français pourrait suivre l’exemple de l’Espagne dont le salaire minimum vient d’être augmenté de 22 %.

Les moyens financiers existent

La rémunération individuelle moyenne des patrons du CAC 40 atteint 5 millions d’euros par an, soit plus de 280 années de Smic. Cette augmentation de 14 % est la plus forte sur les dix dernières années.

Pour les patrons des 120 plus grandes entreprises, la rémunération individuelle moyenne annuelle s’établit à 3,8 millions d’euros pour 2017, soit 214 années de Smic avec une hausse de salaire de 10 %. L’an passé, les entreprises du CAC 40 ont réalisé près de 94 milliards d’euros de profits, soit le même niveau que 2007. Chaque année, les entreprises perçoivent 230 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et fiscales, sans contrôle ni évaluation, et encore moins remboursement en cas de fermetures ou de licenciements boursiers.

Par exemple, depuis 2013, le CICE s’élève à 100 milliards d’euros. Il est temps d’en finir avec cette gabegie financière et cet assistanat qui servent seulement à remplir les coffres-forts des actionnaires… Comme le dit Emmanuel Macron, il y a vraiment un pognon de dingue dans le pays !

La CGT revendique également :
  • l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;
  • l’ouverture immédiate de négociations salariales dans les entreprises et les branches ;
  • répartir justement les gains de productivité pour favoriser la croissance et l’emploi.

 Pour aller plus loin :

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 11:49

 

Les députés communistes voteront contre la loi justice

mercredi 16 janvier 2019

Hier, lors de la discussion à l’Assemblée nationale du le projet de loi justice, Stéphane Peu a expliqué les raisons pour lesquelles les députés communistes vont voté contre le projet de loi Justice.

Il a dénoncé un texte dans lequel "on cherche en vain l’intérêt du justiciable" et appelle le gouvernement à retirer son projet de loi qui fait l’unanimité contre lui parmi les professionnels de la justice.

"Toutes les motions que nous avons examinées cet après-midi portent sur les problèmes de méthode. Nous essayons de vous alerter : on ne peut pas gouverner ainsi ! Personne ne peut nier dans cet hémicycle que ce projet de loi rencontre l’hostilité de l’immense majorité des personnels du monde judiciaire, ni qu’aucun amendement significatif des oppositions n’a trouvé grâce aux yeux de la majorité.

Nous sommes dans une négation du débat parlementaire, des oppositions et de ce qui se dit dans le monde judiciaire, qui est appelé à appliquer ce projet de loi. À mon sens, on gouverne mal le pays.

J’ajoute que, dans le monde judiciaire, les oppositions au projet de loi ne vont pas en diminuant. Au contraire, elles s’étendent, puisque des organisations syndicales qui ne participaient pas au mouvement initialement ont rejoint les rassemblements aujourd’hui.

Par ailleurs, la volonté des oppositions parlementaires d’amender ou d’améliorer le texte a été niée. Au moment où s’ouvre le grand débat national, gouverner ainsi ne peut qu’attiser un peu plus la colère des Français.

De ce point de vue, c’est une responsabilité dommageable que vous prenez. Elle est à côté de la réalité du pays, telle que nous la vivons aujourd’hui"

- Voir la vidéo

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 07:20
Patrice Bessac - Maire communiste de Montreuil, président de l'ANECR

Patrice Bessac - Maire communiste de Montreuil, président de l'ANECR

 « LA FRANCE N’EST PAS UN PAYS COMME LES AUTRES »

Déclaration de l’ANECR

« LA FRANCE N’EST PAS UN PAYS COMME LES AUTRES »

mardi 15 janvier 2019[]

Déclaration de l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains du 15 janvier 2019 :



La formule est juste. La prise de conscience, elle, bien trop tardive de la part d’un Président de la République forcé d’ouvrir les yeux sur une colère sociale qu’il a contribué à attiser mais dont les racines puisent dans l’histoire longue de nos institutions et de choix politiques délétère assumés sans discontinuité ou presque depuis près de 40 ans.

Après un an et demi d’exercice jupitérien du pouvoir, le Chef de l’Etat est confronté à une crise sociale sans précédent, autant sur la forme que sur le fond.

C’est l’expression d’un peuple qui ne parvient plus à se faire entendre et à se faire reconnaître, un peuple qui ne veut pas disparaître, fondu ou absorbé par la « start-up nation » et la compétition métropolitaine européenne.

En colère, victime de la raréfaction des services publics, du chômage de masse, de salaires et de pensions toujours plus faibles et menacé dans son quotidien par l’augmentation continue du coût de la vie, une partie du peuple a donc décidé de reprendre la parole et de resurgir au coeur de la scène politique et médiatique.

Privé des corps intermédiaires qu’il a consciencieusement désavoués depuis son élection, le Président de la République se retrouve à court de solutions, droit dans ses bottes mais nu face à cette exigence démocratique et sociale qu’il ne comprend pas et appelle désormais à l’aide celles et ceux dont il entendait jusqu’à présent se passer.

Aussi les élu·e·s locaux·ales sont-ils appelés à jouer, écrit-il dans sa lettre aux français·e·s « un rôle essentiel » dans le débat national qu’il a décidé de lancer en réponse à cette profonde crise qui secoue notre pays et que nous ne résumerons ni aux violences ni à la couleur d’une chasuble.

Les élu·e·s locaux·ales, en contact direct et permanent avec toutes les populations, avec toutes leurs difficultés et toutes leurs richesses, n’ont pas attendu pour dénoncer les fractures territoriales, s’insurger contre la casse des services publics de proximité et exiger des Gouvernements successifs qu’ils répondent à la triple urgence sociale, démocratique et écologique.

Jamais nous n’aurons été aussi peu entendus que depuis deux ans.
Un débat national est désormais lancé. Il ne se limite pas aux modalités mises en oeuvre depuis les bureaux de l’Elysée.

Partout en France, dans les territoires ruraux comme dans les territoires urbains, nos concitoyen·ne·s, à la faveur de milliers de mobilisations, se sont re-saisis ces dernières semaines de questions essentielles pour notre destin collectif.

Les élu·e·s de l’Association nationale des élus communistes et républicains sont à leurs côtés dans leur exigence de débat et leur construction de solutions alternatives à la crise qui secoue notre pays et dont ils·elles sont, bien souvent, les principales victimes.

Je les appelle à continuer de prendre toutes les initiatives nécessaires pour que s’exprime la colère populaire et que se construisent, dans un débat sans tabou, les solutions.

Dans les villages et les villes où nos concitoyen·ne·s nous ont choisis pour exercer des responsabilités, nous pouvons être fier·e·s de nos expériences, de nos combats, de nos propositions et de l’énergie que nous mettons toutes et tous à servir l’intérêt général.

Les partager le plus largement possible autour de nous, continuer à être à l’écoute de ce que vivent les femmes et les hommes de notre pays, offrir des perspectives concrètes à chacune et à chacun, ce sont là des exigences fondamentales rappelées par nos concitoyen·ne·s et que les élu·e·s communistes et républicain·e·s s’attachent et s’attacheront à faire vivre au quotidien.

Patrice Bessac, Président de l’ANECR, Maire de Montreuil.

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 06:55
La justice sociale et fiscale en tête des doléances
Mardi, 15 Janvier, 2019

L’Association des maires ruraux de France a remis au Parlement l’intégralité des requêtes formulées dans leurs communes

«Les maires ont la clé » pour résoudre les problèmes du pays. L’Association des maires ruraux de France (AMRF) l’a répété, hier, devant l’Assemblée nationale, avant d’aller ­remettre ses solutions au Parlement, compilées sur une clé USB. « Depuis début décembre et l’apparition du mouvement des gilets jaunes, nous avons lancé l’opération “mairie ouverte” dans plus de 3 500 communes. Des milliers de citoyens sont venus écrire, témoigner de leur vie quotidienne, de leurs problèmes. Ils ont proposé des solutions. Nous sommes venus remettre l’intégralité des doléances et propositions formulées au président de l’Assemblée nationale », raconte Philippe Geslan, maire de Méricourt (Yvelines).

C’est le président de l’AMRF, Vanik ­Berberian, qui a conduit la délégation. Une synthèse a également été produite. Que disent les citoyens ? Ils réclament, en tout premier, davantage de justice sociale (cette demande arrive en tête dans 17,2 % des cas). Puis, plus de justice fiscale (14,3 %) et, enfin, une « nouvelle organisation politique et territoriale » (14 %), qui serait plus démocratique et respectueuse de la ruralité. Ceux qui ont pris la plume écrivent que « l’argent doit être au service de l’humain et non le contraire ». Ils exigent « l’abolition de la pauvreté », veulent « remettre à plat le système de l’impôt en France » et attendent un « exercice plus collectif du pouvoir ». La hausse du Smic, le retour de l’ISF et la limitation des écarts de salaires, la retraite à 60 ans en indexant les pensions sur le coût de la vie, la mise en place du RIC et de la proportionnelle aux législatives font partie des demandes récurrentes.

« Personne ne me voit, mais je suis là, ne m’oubliez pas »

« Les revendications sont les mêmes dans tout le pays. Souvent, les citoyens nous disent aussi “j’existe, personne ne me voit, mais je suis là, ne m’oubliez pas”. J’espère que les propositions seront entendues par le gouvernement car ce n’est pas une lettre qui va changer les choses. Annoncer un grand débat en disant qu’on ne va pas changer de cap, comme le fait Emmanuel Macron, ce n’est pas une bonne idée », mesure Philippe Geslan. « Il faudra bien que le gouvernement ne fasse pas l’impasse. Ce serait une erreur », observe Jacques Guérin. Pour le maire de Gommecourt (Yvelines), cela fait « trente ans que l’on attend le mouvement des gilets jaunes, parce que la redistribution des richesses n’est pas bien faite ». Selon les deux élus, il faut remettre le citoyen et la commune au cœur de la République, et ne surtout pas diminuer les services publics, auxquels les Français sont attachés.

Aurélien Soucheyre
La justice sociale et fiscale en tête des doléances (L'Humanité, 15 Janvier 2019)
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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 09:17
Cécile Cukierman, co-porte-parole du PCF avec Ian Brossat

Cécile Cukierman, co-porte-parole du PCF avec Ian Brossat

 

Lariboisière : "La crise de l’hôpital public doit être au cœur du grand débat national" (Cécile Cukierman - PCF)

 

Selon l’enquête interne, le décès survenu à l’hôpital Lariboisière à Paris en décembre dernier résulte du manque de moyens humains et financiers.

Ce drame nous montre, s’il le fallait encore, les conséquences et la dangerosité des politiques d’austérité appliquées depuis des années à l’hôpital public. En 2018, Emmanuel Macron exigeait près d’un milliard d’euros d’économies pour les hôpitaux publics (960 millions d’euros). Dans le budget 2019, ce sont désormais 650 millions d’euros supplémentaires.

Depuis des mois, personnels soignants, patient-es et élu-es ne cessent d’interpeller Emmanuel Macron sur la détérioration du service public de santé.

Pourtant les fermetures se succèdent. C’est le cas de la Maternité du Blanc (Indre), ou encore de celle de Creil (Oise), occasionnant protestations et démissions comme celle de Loïc Pen, chef des urgences de Creil, fin décembre.

Combien de décès, de démissions et de coups de gueules faudra-t-il encore pour que le gouvernement rompe avec cette politique mortifère ?

Pour que ce drame de Lariboisière n’en appelle pas d’autres, nous formulons trois propositions :

- L’arrêt pur et simple des fermetures d’hôpitaux et de maternité,

- Un plan d’investissement d'1 milliard d’euros pour répondre aux besoins d’urgence,

- Une hausse immédiate des salaires des personnels soignants, et le paiement des heures supplémentaires qui leur sont dues.

Enfin, dans le cadre du grand débat national qui s’ouvre cette semaine, nous invitons tous les Français à défendre leur système public de santé à travers les cahiers de doléances.

 

Cécile Cukierman, porte-parole du PCF, sénatrice de la Loire,

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 22:00

 

 

De l’arnaque du grand débat national aux provocations et tentatives de division, toutes les ruses de la majorité échouent face à un mouvement inventif qui bouscule tous les codes. La lettre du président adressée aujourd’hui aux Français n’échappera pas à la règle.

Ce n’est pas avec une lettre sur le grand débat national qu’Emmanuel Macron reprendra la main. Englué dans la crise, le pouvoir multiplie les ruses pour discréditer et éteindre la colère populaire. Mais rien n’y fait. Miser sur un essoufflement après les fêtes ? Non seulement l’acte IX de samedi a remobilisé massivement, mais il a même dépassé celui du 15 décembre, avec 84 000 participants, dont 8 000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Mieux, de nouveaux manifestants rejoignent le mouvement (voir ci-contre), loin du « noyau dur venu pour casser et pour tuer », selon l’Élysée, qui avait parié sur un climat de violences incontrôlable. Mais, samedi, les défilés se sont déroulés dans une ambiance, bon enfant, au point que Christophe Castaner lui-même a fini par concéder qu’« aucun incident notable » n’était à déclarer.
Dans les cortèges qui ont arpenté la capitale, l’ambiance était sereine
Encore loupé, donc, pour le gouvernement, empêtré dans une crise sociale et politique inédite, dont il refuse toujours de comprendre l’ampleur et l’enracinement, comme en témoigne encore la lettre publiée aujourd’hui par Emmanuel Macron (voir ci-contre). La majorité avait pourtant mis les bouchées doubles, en fin de semaine, pour souffler sur les braises à la veille d’une mobilisation qui s’annonçait inflammable. Le ministre de l’Intérieur s’était même dépassé en annonçant que « ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée savent qu’ils seront complices de ces manifestations-là ». Conséquences de la stratégie autoritaire de répression, les policiers étaient quasi aussi nombreux que les manifestants dans tout l’Hexagone. Mais les gilets jaunes ne sont pas tombés dans le piège.
À Paris, dans les différents cortèges qui ont arpenté la capitale, de Bercy aux Champs-Élysées, en passant par République et Bastille, l’ambiance était même plutôt sereine. Des dizaines de brassards blancs portés par des manifestants en tête et en bord des cortèges ont fait leur apparition avec l’idée de créer un « service d’ordre structuré ». « L’objectif, c’est que ça ne chauffe pas. On fait tampon, on prendra peut-être des trucs (coups et projectiles – ndlr), mais ça évitera que tous les autres manifestants en prennent », explique à l’AFP Bryan, employé dans le bâtiment de 36 ans, qui s’est porté volontaire le matin. Car les violences policières sont dans toutes les bouches. Place de la République, où le « mouvement citoyen des gilets jaunes » tient chaque samedi une table pour organiser sa « consultation citoyenne sous forme de votation », des gilets jaunes se félicitent « qu’ici au moins, il y a moins de casseurs ! ». « C’est un rassemblement pacifiste et, depuis le début, il n’y a pas eu d’incident parce qu’on veille à ce que ça se passe bien », explique Kamel Amriou, président de l’association. « Je préfère venir à République car c’est plus calme, confie Monique, une retraitée parisienne qui survit avec 1 200 euros par mois, dont plus de la moitié part dans son loyer. La dernière fois (le 15 décembre - NDLR), aux Champs-Élysées, j’ai vraiment eu peur de mourir. » D’autres s’agacent : « Oui, mais ici il ne se passe rien ! » lance une jeune femme qui cherche en vain où peut se trouver le « grand » cortège des gilets jaunes… Car le jeu du chat et de la souris, inventé par les organisateurs pour semer les forces de police, déconcerte aussi certains manifestants, perdus dans les rues de Paris à la recherche du point de rendez-vous.
Mais c’est aussi une grande force du mouvement : être là où la police ne l’attend pas. Ainsi, samedi, plus de 200 personnes ont manifesté près de la villa des Macron dans la très chic station balnéaire du Touquet. Le 22 décembre, quand on les attendait à Versailles, c’est finalement dans les rues de Montmartre que les gilets jaunes s’étaient rassemblés. « Les poulets se sont fait poser un lapin », pouvait-on lire sur les réseaux sociaux.
« La lutte des classes s’habille en jaune »
Les gilets jaunes laissent aussi leur empreinte dans l’imaginaire collectif, qu’elles soient peintes à la hâte sur les murs ou écrites au dos de leurs gilets : « Nous ne voulons plus être des moutons tondus dirigés par des oies qui se gavent. » « Les capitalistes vivent au-dessus de nos moyens. » « La lutte des classes s’habille en jaune. » « Macron et les Cac-40 voleurs »… Autant de slogans chantés ou tagués samedi dans les rues de la capitale, qui ont résonné des habituels « Macron démission ! ». Le matin, une banderole « La foule haineuse porte l’uniforme » avait ouvert le cortège parti de Bercy, en référence aux propos du président de la République, qui avait fustigé, lors de ses vœux, les « porte-voix d’une foule haineuse ». Vendredi, lors d’une de ses rares interventions publiques, et encore, elle se déroulait entre les murs de l’Élysée, Emmanuel Macron a récidivé, affirmant que « les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés, au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté ». Une provocation qui vient s’ajouter à une longue série de propos méprisants. « Il se fout de nous ! Ça fait trente ans qu’on nous rabâche qu’il faut faire des efforts ! s’insurge Vanessa, une enseignante parisienne. Moi, je suis prof, donc je ne suis pas la plus à plaindre, et pourtant, ça fait des années qu’on n’y arrive plus, qu’on peut plus se payer des petits plaisirs. » « Les riches, ils en font des efforts pour créer de l’emploi, pour payer leurs impôts ? » demande une militante d’Attac qui distribue aux manifestants de faux billets de 60 milliards d’euros pour symboliser le racket de l’évasion fiscale.
Car le mouvement des gilets jaunes, en dépit des tentatives de récupération de l’extrême droite ou des manipulations du gouvernement (lequel voulait introduire le Mariage pour tous dans le grand débat…), a chassé les paniques identitaires pour remettre au cœur du débat public les urgences sociales. « Le rétablissement de l’ISF arrive largement en tête des votations », explique Kamel Amriou devant une urne remplie à ras bord. Quelles que soient les annonces du pouvoir, qu’il tente la carotte ou le bâton, la majorité n’a plus aucune prise sur le mouvement. D’autant que de nombreuses convergences s’organisent sur le terrain. À Toulouse, CGT et gilets jaunes (lire page 7) ont décidé de se mobiliser ensemble pour « bloquer les camions, et donc l’économie ». Une expérience qui pourrait faire tache d’huile.
Maud Vergnol
Gilets jaunes. Ce mouvement déjoue les pièges du pouvoir - Maud Vergniol, LHumanité, 14  janvier 2019
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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 16:01
Maternité de Creil: une mise en danger de la vie d'autrui (PCF, 14 janvier 2019)

 

Fermeture de la maternité de Creil : "Une mise en danger de la vie d'autrui" (PCF)

 

L'ARS a confirmé la fermeture de la maternité de Creil fin janvier en vue d'un transfert vers le site de Senlis.

Malgré l'opposition des personnels concernés, de la population, des élu-es, malgré la démission le 26 décembre dernier du chef des urgence Loic Pen, la décision est tombée : la maternité de niveau 3 va fermer.

Cette décision est scandaleuse. La fermeture de cette maternité réalisant plus de 1500 accouchements par an est un cap franchi dans les attaques contre le système public de santé.

Cette décision ne prend pas en compte la spécificité d'un bassin de vie très populaire où près de 40% de la population ne possède pas de véhicule ce qui compromet l'accès aux soins.

Le PCF soutient la décision de certains élu-es de porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui, tel que vient de le faire pas exemple Jean-Pierre Bosino, maire de Montataire.

Le PCF sera de toutes les batailles et de toutes les mobilisations pour sauvegarder la maternité de Creil et ainsi permettre l'accès aux soins des populations.

A l'heure où le Président de la République engage un grand débat avec des questions sur l'avenir des services publics, le gouvernement s'honorerait de mettre en place un moratoire sur les projets de fermeture de services publics et en premier lieu sur celle de la maternité de Creil.

Parti communiste français,

Paris, le 14 janvier 2019.

 

Lire aussi:

Le chef des Urgences de Creil (Oise, Hauts-de-France), Loïc Pen, démissionne pour dénoncer la fermeture de la maternité par l'ARS

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