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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 09:48
Courant d'ère, d'Hervé Hamon (Le Télégramme, 13 janvier 2019): la bête humaine!

La haine, l’injure, le fanatisme sont particulièrement détestables en démocratie. Et j’ai bien peur que nous soyons parvenus là-dessus à une sorte de point de non-retour, à une exaspération qui ne sait ou ne veut trouver ses démineurs. Les coups de poing et les gaz lacrymogènes n’y peuvent mais. Et les débats où les « lignes rouges » sont tracées d’avance risquent fort, je le crains, de n’apaiser personne.

Cela me donne envie de jeter un coup d’œil en arrière, et de noter combien l’aversion contre la « populace », contre la « canaille », est une constante de nos élites cultivées, aversion qui nourrit ce qu’elle dénonce. J’en veux pour témoin l’excellent livre de Paul Lidsky « Les écrivains contre la Commune » (La Découverte) qui vient d’être opportunément réédité.

Nous sommes en 1871, nous avons capitulé devant les Prussiens, et Paris s’est soulevé, Paris s’est voulu « Commune » (il y aura 30 000 fusillés). Hormis Vallès, Rimbaud, Verlaine, Villiers de l’Isle Adam, tous les écrivains, je dis bien tous, appellent à la répression contre les hordes ouvrières. Une exception cependant : Victor Hugo, qui n’approuve pas les insurgés, tant s’en faut, plaide, depuis l’étranger, pour la modération et l’amnistie.

Mais les autres ! Alphonse Daudet : « Paris était au pouvoir des nègres… » Flaubert : « Le peuple est un éternel mineur. Je hais la démocratie. L’instruction obligatoire et gratuite n’y fera rien qu’augmenter le nombre des imbéciles… » Zola : « Le bain de sang était peut-être une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres… » George Sand, naguère quarante-huitarde, qualifie les émeutiers « d’ânes bâtés » ou « de coquins de bas étage » : « La foule qui les suit est en partie dupe et folle, en partie ignoble et malfaisante… » Feydeau : « Ce n’est plus la barbarie qui nous menace, ce n’est plus la sauvagerie qui nous envahit, c’est la bestialité pure et simple… » Anatole France évoque « le crime et la démence ».

Au centre de la mire, les femmes qui, telle Louise Michel, ont bataillé, écrit, imaginé de nouvelles règles. Aucune épithète ne leur est épargnée, on les qualifie de « pétroleuses » (« mot hideux que n’avait pas prévu le dictionnaire », selon Flaubert). Et puis l’animal sauvage que devient la foule menaçante, une « hyène » selon Théophile Gautier.

Les mots qui tuent viennent d’abord des sommets. Méfions-nous.

Hervé Hamon, Le Télégramme, 13 janvier 2019
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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 06:35
Pétain-Macron et le sens de l'effort: les méprisants de la République
Pétain-Macron et le sens de l'effort: les méprisants de la République

Quand Macron sur l'effort fait du Pétain dans le texte :

"l’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice. On a revendiqué plus qu’on a servi. On a voulu épargner l’effort ; on rencontre aujourd’hui le malheur. "

Pétain le 20 juin 1940
 

"Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu'on peut obtenir sans que cet effort soit apporté, que parfois on a trop souvent oublié qu'à côté des droits de chacun dans la République (…) il y a des devoirs"

Macron 11 janvier 2018

" Selon Macron, les Français n'auraient pas assez le sens de l'effort...
Pour rappel, ils sont plus productifs que les Allemands, les Canadiens, les Anglais, les Japonais..."

Ian Brossat, 12 janvier 2019

Petits rappels:

QUAND MACRON JUSTIFIE QU'ON RENDE HOMMAGE A PETAIN (Jean-Emmanuel Ducoin)

Interview de Ian Brossat sur BFMTV: quelle mouche a piqué Emmanuel Macron pour rendre hommage à Pétain, responsable de la déportation de plus de 74 000 juifs de France, et de de tant d'autres crimes?

 

 

Pétain-Macron et le sens de l'effort: les méprisants de la République
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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 07:23
UN ATOUT MAJEUR DE LA LISTE DU PCF CONDUITE PAR IAN BROSSAT (Francis Wurtz, Communiste.S, supplément à l'Humanité, 9 janvier 2019)

UN ATOUT MAJEUR DE LA LISTE DU PCF CONDUITE PAR IAN BROSSAT

Comment, dans le contexte politique actuel, nos concitoyennes et concitoyens distingueront-ils, entre les différentes listes de gauche en présence, celle qui sera la plus apte à porter, lors du scrutin du 26 mai prochain -et, durablement, après les élections- les exigences légitimes que le mouvement des "gilets jaunes" a imposées
dans le débat public ? Car, soyons-en sûrs, chaque parti affichera une grande ambition sociale contre la dérive libérale et un parti-pris résolu en faveur de la démocratie citoyenne contre l'hyper-centralisation des pouvoirs !

Tous affirmeront enfin vouloir faire leur la stratégie gagnante de l'exceptionnel mouvement social que nous venons de vivre : la recherche permanente de convergences d'intérêts et le rassemblement le plus large dans l'action.
Sera-ce à celui qui criera le plus fort ? À celui qui caressera les électeurs dans le sens anti-européen du poil ? À celui à qui les sondages promettront le plus de voix ? Toute l'expérience des grands moments d'effervescence politique nous met en garde contre ces pièges à désillusions. Mieux vaut évaluer la portée des engagements
affichées par les uns et les autres à partir de leur action effective dans la durée.

Or, sans chercher à "tirer la couverture" à nous -le pluralisme à gauche est une réalité dans notre société- , nous pouvons montrer que sur tous les terrains évoqués plus haut, la légitimité du Parti communiste est particulièrement forte. Et si l'on se place sur le plan de la bataille européenne proprement dite, on peut même
aller plus loin : aucune force de gauche en France n'a , autant que lui, fait ses preuves à cet égard. Il est, par exemple, le seul parmi toutes les grandes formations politiques de gauche, à n'avoir jamais voté en faveur d'un traité européen; et s'il existe un groupe clairement orienté sur les priorités sociales et solidaires au Parlement européen -où, rappelons-le, se votent les directives- ou si nous disposons, pour envisager des actions communes, d'un "Parti de la Gauche européenne" réunissant plus de 30 partis progressistes européens, le PCF y est pour beaucoup.

Mais, la référence incontournable en matière d'ADN des communistes sur les enjeux européens, est en France-même : c'est la campagne de 2005 pour le "NON de gauche" au projet de traité constitutionnel -qui est, à ce jour, l'expérience de démocratie citoyenne la plus achevée qu'ait connue notre pays et même l'Union européenne dans son ensemble. En effet, si -fort heureusement !- cette mobilisation nationale "pour l'Europe sociale, contre l'Europe libérale" a peu à peu attiré des forces progressistes de plus en plus variées (jusqu'à des dirigeants socialistes se découvrant subitement une âme de contestataires invétérés de "l'Europe" officielle),
l'initiateur -dès septembre 2003 !- et le principal animateur de cette gigantesque manifestation sociale et politique pour "changer l'Europe" fut le PCF. Si la victoire alors remportée nous fut scandaleusement volée, les leçons de cette page d'histoire de la France -"la belle, la rebelle"- demeurent. Et, dans la bataille européenne de 2019, c'est la liste du PCF conduite par Ian Brossat
qui en est l'héritière

Francis Wurtz, Communiste.S , supplément à L'Humanité, 9 janvier 2019

 

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 07:00
Marie-Christine Vergiat

Marie-Christine Vergiat

Ce dimanche, six militants #saoudiens dont 5 risquant la peine de mort seront jugés pour avoir participé à des #manifestations pacifiques.
Vu l'urgence, j'ai adressé une lettre à Jean Yves Le Drian et deux autres à l'Ambassadeur de l'Arabie Saoudite à Bruxelles et l'Ambassadeur de l'UE en Arabie Saoudite co-signées avec d'autres députés européens.
Aucune peine de mort ne doit être prononcée !

Retrouvez ces lettres en français sur mon blog : http://www.eurocitoyenne.fr/…/lettres-adressees-en-soutien-…

Le 11 janvier 2019, j'ai adressé plusieurs lettres en soutien à six militants saoudiens dont cinq risquent la peine de mort et dont le procès se tiendra ce dimanche 13 janvier, jugés uniquement pour avoir participé à des manifestations pacifiques.

 
Une lettre a été adressée à Monsieur le Ministre Jean Yves Le Drian et deux autres ont été envoyées à l'Ambassadeur de l'Arabie Saoudite à Bruxelles et à l'Ambassadeur de la Délégation de l'UE en Arabie Saoudite. Ces dernières lettres ont été co-signées par mes collègues Barbara Lochibihler (Verts), Soraya Post (S&D), Julie Ward (S&D) et Ignazio Corrao (EFDD). Nous demandons que la peine de mort ne soit pas prononcée à l'encontre de ces militants, que toutes les garanties soient en place pour qu'ils aient droit à un procès équitable et qu'ils puissent être rapidement libérés.

***

A l'attention de Monsieur le Ministre Jean-Yves Le Drian,
Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères
37 quai d’Orsay, 75007 Paris

cc : Monsieur François Croquette, Ambassadeur pour les droits de l’Homme
       Monsieur François Gouyette, Ambassadeur de France en Arabie saoudite

Bruxelles, le 10 janvier 2019

Monsieur le Ministre,

Le dimanche 13 janvier prochain se déroulera le procès de six militants saoudiens qui sont semble-t-il jugés uniquement pour avoir participé à des manifestations pacifiques.

Cinq de ces militants risquent la peine de mort, à savoir Israa al-Ghomgham, Ahmed al-Matrood, Ali Ouwaisher, Mousa al-Hashim, Khalid al-Ghanim, et Mujtaba al-Muzain risque jusqu’à 20 ans de prison.

Au vu de l’urgence et de la gravité de la situation, et compte tenu des relations privilégiées de la France et de l’Arabie saoudite, je souhaiterais savoir si vous pourriez intervenir pour que ces personnes aient droit à un procès équitable et que tout soit fait pour qu’Israa al-Ghomgham, Ahmed al-Matrood, Ali Ouwaisher, Mousa al-Hashim et Khalid al-Ghanim échappent à la peine de mort et puissent, avec Mujtaba al-Muzain, si possible retrouver la liberté dans les meilleurs délais.

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Marie-Christine Vergiat
Députée européenne

 

A l'attention de S.E. Monsieur l’Ambassadeur Abdulrahman Sulaiman O. ALAHMED
Ambassade de l’Arabie Saoudite à Bruxelles

Bruxelles, le 9 Janvier 2019

Monsieur l’Ambassadeur,

Nous vous écrivons en amont de la session des procès de six militants saoudiens qui aura lieu le dimanche 13 janvier prochain. Selon nos informations, ces femmes et ces hommes vont être jugés pour avoir participé à des manifestations pacifiques. Si tel est le cas, nous pensons que cela pourrait constituer une entrave à l’exercice de leur liberté d'expression, de réunion et d'association.

Nous sommes profondément inquiets de savoir que cinq de ces militants pourraient encourir la peine de mort, à savoir Israa al-Ghomgham, Ahmed al-Matrood, Ali Ouwaisher, Mousa al-Hashim, Khalid al-Ghanim et que Mujtaba al-Muzain risquerait jusqu’à 20 ans de prison.

Au vu de l’urgence et de la gravité de la situation, nous vous prions de bien vouloir faire part de notre préoccupation aux autorités saoudiennes et, le cas échéant, de veiller à ce qu’aucune peine de mort ne soient prononcée. Nous souhaitons également demander que ces personnes aient droit à un procès équitable et qu’elles puissent, le cas échéant, être libérées rapidement.

Nous espérons que cette lettre retiendra votre attention et nous vous prions d’agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de notre haute considération.

Marie-Christine Vergiat

Ignazio Corrao

Barbara Lochbihler

Soraya Post

Julie Ward

***

 

 

A l'attention de S.E. Monsieur l’Ambassadeur Michele Cervone d’Urso

Chef de la délégation de l'Union européenne en Arabie saoudite, à Bahreïn, au Koweït, à Oman et au Qatar

Bruxelles, le 9 Janvier 2019

Monsieur l’Ambassadeur, 

Nous vous écrivons en amont de la session des procès de six militants saoudiens qui aura lieu le dimanche 13 janvier prochain. Il semble qu’ils soient jugés uniquement pour avoir participé à des manifestations pacifiques. 

 Nous sommes profondément inquiets de savoir que cinq de ces militants risquent la peine de mort, à savoir Israa al-Ghomgham, Ahmed al-Matrood, Ali Ouwaisher, Mousa al-Hashim, Khalid al-Ghanim et que Mujtaba al-Muzain risque jusqu’à 20 ans de prison. 

 Au vu de l’urgence et de la gravité de la situation, nous vous demandons de faire tout votre possible pour que ces personnes aient droit à un procès équitable et que tout manquement ou violation constatés en ce domaine puissent être dénoncés.

 Nous souhaitons également que tout soit fait pour qu’Israa al-Ghomgham, Ahmed al-Matrood, Ali Ouwaisher, Mousa al-Hashim et Khalid al-Ghanim échappent à la peine de mort et puissent, avec Mujtaba al-Muzain, si possible retrouver la liberté dans les meilleurs délais.  

 Nous espérons que la délégation de l’UE pourra suivre ces procès et nous vous saurions gré de nous en tenir informés.

 Nous vous prions d’agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de notre haute considération. 

Marie-Christine Vergiat

Ignazio Corrao

 Barbara Lochbihler

 Soraya Post

Julie Ward

 


 

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 20:29
Ouverture à la concurrence des trains Inter-Cités : un contre-sens historique !

Décidément, Macron et le gouvernement Philippe ont l’art du contre-pied, sinon du contresens de l’histoire. Alors que la question des services publics est au cœur du mouvement des Gilets jaunes, que des milliers de cheminots se sont mobilisés contre la réforme de la SNCF, ils ouvrent à la concurrence les lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon.

Les usagers du train n’ont pas besoin de concurrence pour que le service s’améliore et soit de meilleure qualité. Ce qui est nécessaire, c’est que l’État investisse dans les infrastructures, le matériel et les hommes afin de répondre aux besoins de la population. Aujourd’hui, il faut 1h30 de plus pour réaliser Nantes-Bordeaux qu’il y a 10 ans, par manque d’investissement de l’État. Rien qui puisse inciter à laisser sa voiture pour faire ce trajet.

François de Rugy, ministre de l’Écologie, devrait donc, de son côté, plus se soucier des investissements qui sont réalisés dans le ferroviaire que d’assurer de nouveaux profits à des opérateurs privés.

Les lignes Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon ont un vrai rôle d’aménagement du territoire, répondent aux besoins de déplacements quotidiens de salariés et de lycéens, tout comme elles assurent un lien inter-régional (1 million de passagers annuels).

Cette ouverture à la concurrence, à l’instar de l’exemple anglais, va se traduire par une augmentation progressive des tarifs et une dégradation du service, tout en permettant à des promoteurs privés de réaliser des profits. C’est un contresens quand, aujourd’hui, la Grande Bretagne renationalise ses trains à la demande de la population, devant l’inefficacité des opérateurs privés.

Nous refusons cette logique. Ce dont ont besoin nos populations, c’est d’un service public de qualité, qui assure la solidarité territoriale et d’un aménagement harmonieux, en y consacrant les moyens financiers nécessaires.

 

Cécile Cukierman, porte parole du PCF

Ouverture à la concurrence des trains Inter-Cités : un contre-sens historique ! - Cécile Cukierman, porte parole du PCF
Transports. Premières privatisations de lignes SNCF
Vendredi, 11 Janvier, 2019

La phase opérationnelle de la mise en concurrence des lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux a été lancée jeudi par le ministère des Transports. Résultat de la réforme ferroviaire, la libéralisation se fait au détriment des usagers et des cheminots.

«A vis de préinformation pour la mise en concurrence des lignes Intercités Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon ». Par ces quelques mots introduisant un communiqué à en-tête, le ministère des Transports, jeudi, lancé la phase opérationnelle de l’ouverture à la concurrence du service public, pilier de la réforme ferroviaire que le gouvernement a fait passer en force en juin dernier. « Avec cette décision, l’État devient la première autorité organisatrice à s’engager dans le processus d’ouverture à la concurrence », se félicite même le ministère, qui précise « l’objectif d’un début d’exploitation en 2022 ». Les deux liaisons concernées sont des trains d’équilibre du territoire, TET, régies directement par l’État. Elles totalisent 1 million de voyageurs annuels pour un coût de 25 millions d’euros. En clair, « par cette annonce, le gouvernement signifie clairement et unilatéralement renoncer à garder la maîtrise de l’exploitation de ces lignes », résume la fédération CGT des cheminots des Pays de la Loire. Un désengagement déjà largement amorcé par le passage de nombreuses lignes TET dans le réseau TER, passant, dès lors, sous les responsabilités des régions. C’est le cas du Paris-Amiens-Boulogne, du Paris-Orléans-Tours ou encore du Clermont-Nîmes et du Paris-Rouen-Cherbourg.

Un contrat de service public pour l’opérateur qui remportera le marché

Dans cette course au tout-concurrence, nombre de régions se sont d’ailleurs déclarées favorables à une libéralisation anticipée, au premier rang desquelles Paca, qui a déjà lancé un appel à manifestation d’intérêt sur la gestion de ses lignes régionales.

Côté calendrier, l’État devrait publier « dans les prochains jours au Journal officiel de l’Union européenne » un avis définitif de préinformation. Une procédure d’appel d’offres s’ouvrira dès lors dans un délai de douze mois minimum, durant lequel, souligne le ministère, « tous les opérateurs candidats pourront faire valoir leurs atouts et propositions ». L’opérateur, SNCF comprise, qui remportera le marché sera alors lié à l’État par un contrat de service public.

L’État n’a pas choisi Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon par hasard. Ces deux lignes d’intérêt national « viennent de bénéficier d’un renouvellement complet de leurs trains », précise le ministère. Mais, pour la CGT, c’est l’état des voies qui pose question, singulièrement sur « l’axe Nantes-Bordeaux dont la régénération est à ce jour suspendue à une répartition des financements » entre l’État, les régions et les collectivités pour un montant total de 138 millions d’euros. « Sans travaux, quel opérateur, public ou privé, s’engagera dans l’exploitation de cette ligne alors que les temps de parcours (...) promettent d’être rallongés avec de nouvelles limitations de vitesse ? » interroge le syndicat, qui émet de « sérieuses craintes quant à la pérennisation de la desserte ».

« Les usagers du train n’ont pas besoin de concurrence pour que le service s’améliore et soit de meilleure qualité », martèle pour sa part le PCF, qui en appelle à ce que « l’État investisse dans les infrastructures, le matériel et les hommes afin de répondre aux besoins de la population ». Loin d’y répondre, ni à l’exigence d’un aménagement du territoire qui garantisse à tous l’accès aux transports, ce nouveau coup porté au service public ferroviaire s’inscrit, en sus, « à contresens de l’histoire », poursuit le PCF. Car, alors que de tous les ronds-points émerge depuis des semaines la revendication populaire d’un véritable service public, l’État choisi « d’assurer de nouveaux profits à des opérateurs privés ». Le tout, sans compter l’attaque sociale contre les cheminots qui, par décret du 26 décembre dernier, sont désormais dans l’obligation, sous peine de licenciement, d’accepter le transfert au nouvel opérateur.

Marion d’Allard
Ouverture à la concurrence des trains Inter-Cités : un contre-sens historique ! - Cécile Cukierman, porte parole du PCF
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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 17:11
Ni oubli, ni pardon: Ian Brossat à la marche pour exiger la justice sur l'assassinat des trois militantes kurdes à Paris: Sakine, Rojbin et Leyla
Ni oubli, ni pardon: Ian Brossat à la marche pour exiger la justice sur l'assassinat des trois militantes kurdes à Paris: Sakine, Rojbin et Leyla

Il y a 6 ans, Sakine, Rojbin et Leyla étaient exécutées d'une balle dans la tête rue La Fayette, à Paris.
Nous marchons en leur mémoire. Nous n'oublierons pas et nous battrons jusqu'au bout pour que les commanditaires de ce crime soient condamnés.

Ian Brossat

 

Le 9 janvier 2013, trois militantes et féministes kurdes, Sakine CANSIZ, Fidan DOGAN et Leyla SAYLEMEZ sont sauvagement exécutées en plein cœur de Paris dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan par les services secrets turcs.

Le 9 janvier 2013, trois militantes et féministes kurdes, Sakine CANSIZ, Fidan DOGAN et Leyla SAYLEMEZ sont sauvagement exécutées en plein cœur de Paris dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan par les services secrets turcs.

Appel à signatures
Manifestation 12 janvier 2019 
Paris Gare du Nord, 10h30
 

 Triple féminicide : SAKINE-ROJBIN-LEYLA assassinées en 2013 à Paris

L’impunité doit cesser !

 

 Le 9 janvier 2013, trois militantes et féministes kurdes, Sakine CANSIZ, Fidan DOGAN et Leyla SAYLEMEZ sont sauvagement exécutées en plein cœur de Paris dans les locaux du Centre d'information du Kurdistan par les services secrets turcs.

Notre colère et notre douleur sont intactes. Nous condamnons leur assassinat tout en renouvelant nos protestations contre les institutions françaises et les gouvernements successifs qui n’ont toujours pas agi pour que justice soit rendue alors que les auteurs et les commanditaires sont connus.

Depuis 6 ans, le peuple kurde et leurs ami(e)s se  battent pour que la vérité éclate et que le rôle joué par le gouvernement turc apparaisse au grand jour.  Le 17 décembre 2016,  la mort de l’assassin présumé empêche le  procès qui était prévu le 23 janvier 2017 d'avoir lieu devant la Cour d’assise. Ce procès aurait dû avoir lieu bien avant si la justice française avait été plus diligente, si elle avait pris en compte le caractère politique de se crime et la gravite de l'état de santé de Güney, connu dès son arrestation. En différant la tenue de ce procès, la France a manqué une occasion cruciale de juger, enfin, un crime politique commis sur son territoire.

Cette attaque inhumaine à l’encontre des trois militantes et féministes kurdes, Sakine CANSIZ, Fidan DOGAN et Leyla SAYLEMEZ est une attaque contre le courage et l’existence de toutes les femmes. 

Nous savons que ce meurtre et l’impunité dont a bénéficié l’assassin et dont bénéficient toujours les commanditaires du crime sont des attaques contre le combat des femmes pour la liberté, l’égalité, la justice et la démocratie.

Nous savons que toutes les violences contre les  femmes sont politiques et idéologiques.

A travers Sakine, Rojbin et Leyla nous commémorons toutes les femmes qui ont été assassinées de Dulcie SEPTEMBER à Berta CACERES du Honduras, à Marielle FRANCO  d’Argentine par un ordre patriarcal à travers toutes sortes de violence masculine, de guerre, terreur étatique, d'occupation et d'exploitation.

C'est leur mémoire qui suscite notre volonté inébranlable de mettre fin au féminicide.

Nous lançons un appel à toutes les femmes à participer à la grande marche contre l impunité  et pour que justice soit enfin rendue à Sakine ,Rojbin et Leyla

Trois femmes, trois génération,3 militantes de la paix, assassinées à Paris, l’impunité ne doit pas triompher !
Féminicide, l'impunité doit cesser!!!

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 17:00
Ils n'ont pas honte: Luc Ferry appelle à tirer sur les manifestants (Maud Vergnol, L'Humanité, 10 janvier 2019)
Ils n’ont pas honte !. Ferry appelle à tirer sur les manifestants
Jeudi, 10 Janvier, 2019

l’ancien ministre a invité les policiers à « se servir de leurs armes » pour « mettre fin » aux violences dans les manifestations de gilets jaunes.

Bile en tête, le multirécidiviste de la bavure Luc Ferry s’est encore une fois dépassé. Alors que les provocations et la dérive autoritaire du gouvernement attisent les violences, le fondé de pouvoir, qui sévit dans les colonnes du Figaro, n’a rien trouvé de mieux que d’appeler la police à faire usage de ses armes. « Quand on voit des types qui tabassent à coup de pied un malheureux policier par terre, que les policiers se servent de leurs armes une bonne fois ! » a déclaré lundi l’ex-ministre sur Radio Classique. « On a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies ! », a même tranché Luc Ferry. « Mais il y a un risque… » lui rétorque le journaliste. « Et alors ? », répond Ferry. Oui, vous avez bien lu. Tuer des manifestants… et alors ? Quand les privilèges sont attaqués, aux grands maux les grands remèdes ! Et Luc Ferry a beau être un fin lettré, sa haine de classe surgit toujours avec une vulgarité écœurante. Ainsi avait-il infligé, par principe, un « QI de bulot » au secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. « Si on supprimait les 15 % de quartiers pourris en France, avec des établissements dans lesquels il y a 98 nationalités, eh bien nous serions classés numéro 1 à Pisa », avait déjà osé le roi de la finesse en décembre 2017. Évidemment, si tout le monde habitait à Neuilly, ce serait plus simple. Et si les gilets jaunes pouvaient tous se tenir au chaud derrière les barreaux, ou dans des caveaux, Luc Ferry se sentirait plus rassuré. Alors, bien sûr, comme à chacune des polémiques qu’il suscite, le philosophe explique qu’il « ne voulait pas dire ça », avant de fustiger la « bien-pensance », un leitmotiv partagé avec son frère jumeau Alain Finkielkraut. « Je demande simplement que les policiers puissent se servir comme ils le demandent de leurs armes NON LÉTALES quand CERTAINS cherchent carrément à les tuer. Clair ? », a-t-il tenté de se justifier hier. Oui, oui… très clair.

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 16:29
A propos de la revendication de référendum d'initiative populaire - par Fabien Roussel, 11 janvier 2019

À PROPOS DE LA REVENDICATION DE RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE POPULAIRE
L’une des revendications du mouvement des « Gilets jaunes » porte sur la possibilité de
« référendum d’initiative citoyenne ». Elle est devenue l’un des principaux débats politiques
du moment. Il est donc utile de rappeler la position du Parti communiste français sur cette
question.
Le PCF se bat depuis des décennies en faveur d’une « démocratisation permanente de la
République », d’une VI° République permettant de sortir du présidentialisme et des dérives
antidémocratiques que nourrit la V° République.
Il se prononce, dans ce cadre, pour l’élargissement des droits et libertés des citoyens, pour
une démocratisation profonde des mécanismes de représentation, pour de nouveaux droits
d’intervention des salariés à l’entreprise comme dans la vie économique et sociale, pour
donner au plus grand nombre des moyens nouveaux de participer au débat public et de
concourir directement à la formation de la loi.
Dans le programme « La France en commun » de 2017, il était ainsi proposé : « Pour que les
citoyens puissent reprendre la main, il faut en finir avec les pouvoirs exorbitants du président
de la République sur l’ensemble de nos institutions, incompatibles avec la démocratie réelle,
redonner la primauté au Parlement et gagner de nouveaux pouvoirs d’intervention des
citoyens… »
C’est dans ce cadre que le PCF défend la proposition du « référendum d’initiative populaire ».
En juin-juillet 2018 encore, les parlementaires communistes et le PCF, intervenant contre le
projet de révision constitutionnelle d’Emmanuel Macron, ont notamment avancé l’idée que
500 000 électeurs puissent porter, et faire soumettre à référendum, une proposition de loi
traitant de l'organisation des pouvoirs publics, de réformes relatives à la politique
économique, sociale ou environnementale ainsi que des services publics qui y concourent, ou
de la ratification de traités pouvant avoir des incidences graves sur la vie collective.
En clair, la démarche défendue par notre parti vise évidemment à conquérir de nouveaux
droits, non à remettre en cause de grandes conquêtes démocratiques ou acquis sociaux, tels
l’abolition de la peine de mort, le droit à l’interruption volontaire de grossesse, ou l’avancée
que représente le mariage pour tous.
Cette démarche cherche à favoriser la plus ample délibération citoyenne. Celle-ci est le
meilleur moyen de faire progresser la démocratie, et elle est donc la meilleure garantie contre
les régressions réactionnaires. La campagne pour le « non » de gauche au projet de Traité
constitutionnel européen, en 2005, en a fait l’éclatante démonstration, lorsqu’elle a déjoué les
tentatives d’instrumentalisation du référendum par l’extrême droite. Certes, le verdict
populaire a ensuite été bafoué par les pouvoirs en place, qui ont fait passer par le Parlement ce
que les électeurs et électrices avaient rejeté dans les urnes. Cela prouve qu’à elle seule une
mesure comme le référendum d’initiative populaire ne suffit pas à rétablir la souveraineté des
citoyens, un changement global du cadre institutionnel s’impose. La leçon qu’il faut en tirer :
il n’y a pas de grands changements progressistes sans la mise en mouvement du peuple et sans
qu’il s’approprie le débat démocratique.
Dans le débat public, la menace est aujourd’hui brandie, en particulier par les soutiens du
pouvoir ou dans les médias, d’une utilisation de l’arme référendaire pour rétablir la peine de
mort ou revenir sur le mariage pour tous. Outre que ces questions ne sont actuellement
défendues par aucun porte-parole des « Gilets jaunes », le droit au référendum d’initiative
populaire, tel que le revendique notre parti, s’inscrit dans le cadre des grands textes
garantissant les droits humains et sociaux fondamentaux : de la Déclaration des droits de 1789
à la Déclaration universelle de 1948, en passant par les principes républicains énumérés après
la Libération dans le préambule de la Constitution, et par toutes les conventions codifiées par
l’Organisation internationale du travail.
Dans cet esprit, des référendums d’initiative populaire seraient précieux pour renforcer les
protections sociales ou les services publics mis en cause par les traités libéraux européens,
pour battre les accords de libre-échange négociés par les gouvernements dans le dos des
peuples, ou encore pour renforcer les garanties civiques et constitutionnelles des personnes
victimes de campagnes discriminatoires, racistes, sexistes, ou LGBTI-pbobes.
Nous ferons dans les prochaines semaines des propositions plus générales sur le nécessaire
renouvellement de la démocratie dans notre pays, démocratie représentative comme
démocratie directe, que nous n’opposons pas et que nous voulons développer toutes les deux.
Fabien Roussel,
Secrétaire national

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 06:39
Nicolas Bonnet Ouladj

Nicolas Bonnet Ouladj

Gratuité des transports

Des décisions historiques suite aux propositions des communistes pour les familles parisiennes

jeudi 10 janvier 2019

La Maire de Paris a annoncé que les transports seront désormais gratuits pour les enfants de moins de 11 ans et le remboursement partiel de la carte imagine R pour tout ou partie des élèves du secondaire.

Elle confirme la mise en œuvre des engagements qu’elle avait pris en réponse à nos vœux adoptés lors des conseils de Paris de juin, de novembre et de décembre dernier. Nous nous félicitons aujourd’hui d’être entendus déclare Nicolas Bonnet président du groupe PCF-FG au Conseil de Paris dans un communiqué.

C’est une victoire historique pour les familles parisiennes et pour la jeunesse. Avec ces mesures de gratuité, notre majorité démontre qu’elle entend les problématiques qui agitent l’actualité et affectent particulièrement les jeunes et les familles de la capitale, en leur redonnant du pouvoir d’achat. Nous démontrons qu’il est possible de déployer des politiques publiques écologiques qui sont socialement justes.

Ces nouvelles mesures de gratuité partielle permettent d’aller vers l’horizon de la gratuité totale du réseau de transport à l’issue de la réalisation des travaux du Grand-Paris Express. Il s’agit bien de définir les transports comme collectivement disponibles parce que collectivement payés.

Le Groupe communiste se félicite donc de ces mesures de gratuité et continuera de peser pour leur extension à d’autres publics.

Nicolas Bonnet Oulaldj, Président du groupe PCF-FG au Conseil de Paris

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 06:35
Profits. Les premiers de cordée du CAC 40 enfilent leur gilet en or (L'Humanité, 10 janvier 2019, Sébastien Crepel)
Profits. Les premiers de cordée du CAC 40 enfilent leur gilet en or
Jeudi, 10 Janvier, 2019

57,4 milliards d’euros ont été dépensés en dividendes et rachats d’actions, l’année dernière, par les 40 plus grandes sociétés cotées en Bourse en France, établissant un nouveau record absolu. Les salariés et l’investissement sont les grands perdants de ces choix financiers.

Les entreprises du CAC 40 n’ont jamais autant choyé leurs actionnaires. Selon la Lettre Vernimmen, une publication spécialisée des milieux d’affaires citée hier par les Échos, 57,4 milliards d’euros ont été dépensés en dividendes et rachats d’actions l’année dernière par les 40 sociétés cotées, établissant un nouveau record absolu. Le dernier en date remontait à 2007, juste avant l’éclatement de la crise financière, avec 57 milliards d’euros distribués à l’époque. La performance de 2018 n’est donc pas anodine : « Les géants du CAC 40 ont enfin tourné la page de la crise financière », note le journal les Échos.

Si la générosité envers les actionnaires explose cette année, avec une hausse de 12,8 % par rapport à 2017, et surtout + 62 % par rapport au creux de 2009 (35,3 milliards d’euros distribués aux actionnaires), cela va de pair avec une forme olympique pour les bénéfices des sociétés concernées en 2017 (année de référence pour la distribution des dividendes en 2018), qui ont grimpé de 18 % en un an. Au total, près de 60 % de ces profits ont été redistribués aux actionnaires. Indice d’une année hors norme pour les détenteurs de capital, chaque société du CAC 40 a acquitté des dividendes l’an dernier, ce qui n’était pas le cas les années précédentes. Mais certaines ont contribué plus que d’autres à ce record. En haut du podium, Total a versé à lui seul 10,1 milliards à ses actionnaires en dividendes et rachats d’actions. Suivent Sanofi (4,8 milliards), BNP Paribas (3,8 milliards), Axa (3 milliards), LVMH (2,8 milliards), L’Oréal (2,5 milliards) et Schneider Electric (2,1 milliards). Ces sept sociétés représentant à elles seules plus de 50 % des sommes versées aux actionnaires par le CAC 40 l’an dernier.

Seulement 5,3 % des bénéfices sont redistribués aux travailleurs

En pleine crise des gilets jaunes, une telle débauche d’argent scandalise à gauche. La France insoumise, le PCF, Génération.s ont dénoncé un pactole indécent au moment même où le pouvoir a péniblement consenti un plan de mesures pour le pouvoir d’achat de 10 milliards d’euros qui ne mettra pas ou que très peu à contribution les entreprises, et que le moindre « coup de pouce » au Smic a été refusé. « Tandis que les bénéfices et les dividendes battent des records, le versement de primes est laissé au bon vouloir des sociétés et les principales mesures consistent en des défiscalisations, c’est-à-dire qu’elles seront financées par les contribuables et non par les entreprises, alors qu’elles ont un rôle fondamental à jouer pour la réduction des inégalités », pointe Pauline Leclère, de l’ONG Oxfam, à l’origine d’un rapport l’an dernier sur les bénéfices du CAC 40.

Selon cette étude intitulée « CAC 40 : des profits sans partage », plus de 67 % des bénéfices réalisés entre 2009 et 2016 par les principales ­sociétés cotées en France sont allés aux actionnaires, contre seulement 5,3 % aux salariés, et 27,3 % à l’investissement dans l’entreprise. « La tendance n’a pas changé, les salariés et l’investissement sont toujours les grands perdants de ce partage inégal des bénéfices », constate Pauline Leclère, qui rappelle les recommandations d’Oxfam pour « un partage plus équitable des richesses dans l’entreprise », formulées à l’occasion de la loi Pacte : encadrement des dividendes et transparence des écarts de salaires. Au-delà, « cette question cruciale du partage des bénéfices dans les grandes entreprises doit faire l’objet d’un point central dans le “grand débat” national » annoncé par Emmanuel Macron, estime la responsable de l’ONG.

Des sociétés s’endettent pour rémunérer leurs actionnaires

Pour l’instant, cela n’est guère prévu. Signe que le sujet embarrasse, la Lettre Vernimmen anticipe la critique, en affirmant que, « contrairement au sophisme et au poncif (sic), aucun groupe n’a dû réduire ses investissements pour verser un dividende. Aucun n’a dû s’endetter au-delà du raisonnable (re-sic) pour verser un dividende ». Une assertion à laquelle les Économistes atterrés ont déjà répondu sur leur blog, l’an dernier. « Dividendes et rachats d’actions représentaient 19 % de l’excédent net d’exploitation (l’ENE, en résumé : les profits diminués de l’amortissement des investissements passés – NDLR) en 1990, puis 39 % en l’an 2000 et 70 % aujourd’hui, y écrit le chercheur à Lille-I, Michaël Lainé. Autant dire que, de plus en plus, les entreprises sont contraintes de s’endetter ou de vendre leur outil de production afin de rémunérer leurs actionnaires. » Ainsi, en 2011, « alors que les profits avaient baissé de 10 %, les entreprises ont augmenté les dividendes de plus de 15 % et sacrifié du même coup leur capacité à investir en la réduisant de plus de 38 % », indique Pauline Leclère.

« Du point de vue des actionnaires, l’entreprise n’a qu’une fonction : créer du cash », rappelle de son côté Matthieu Montalban, membre des Économistes atterrés. Dans cette logique, investissement et dividendes en viendraient presque à se confondre puisque, « selon cette vision, l’intégralité de la trésorerie qu’elle génère appartient aux actionnaires. Qu’elle soit redistribuée ou réinvestie dans l’entreprise, c’est toujours du patrimoine de l’actionnaire », décrypte cet enseignant-chercheur à Bordeaux. Or, non seulement cela est une « erreur sur le plan juridique », mais de « nombreux travaux aux États-Unis ont montré que la hausse des dividendes et des rachats d’actions a bien eu pour effet de rationner les capacités de recherche-développement des entreprises ».

Sébastien Crépel

 

Profits. Les premiers de cordée du CAC 40 enfilent leur gilet en or (L'Humanité, 10 janvier 2019, Sébastien Crepel)
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