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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 17:21
A Marseille, le Parti communiste lance ses combats contre une Europe libérale et nationaliste (Le Monde, 6 février 2019)

Le Monde, Gilles Rof, 6 février

Pour son premier meeting de campagne, mardi, la tête de liste pour les élections européennes, Ian Brossat, a laissé la porte ouverte à des alliances à gauche.

Des drapeaux rouges, des gilets jaunes et une liste « arc-en-ciel » qui représente « la diversité de la France » et « bat au rythme des colères et des espoirs qui montent dans le pays ». Au Dock des Suds de Marseille, Ian Brossat a lancé, mardi 5 février, la campagne des élections européennes du Parti communiste. Accompagné d’une partie des 78 autres candidats validés par les adhérents communistes le week-end précédent, l’élu parisien, tête de liste de 38 ans, a martelé un objectif : « Ne pas laisser l’Europe être un combat entre les libéraux d’une part, et les “fachos” de l’autre. »

La date était symbolique, « jour de convergence des manifestations entre “gilets jaunes” et “gilets rouges” dans toute la France », s’est réjoui Ian Brossat, en écho à la mobilisation sociale ce même 5 février. Le lieu, le 2e arrondissement de Marseille, ne l’était pas moins. « Partir d’ici, de cette ville populaire, tournée vers le sud, marquée par les drames, cela n’a rien d’anodin », pointait en ouverture du meeting Pierre Dharréville, dernier député communiste des Bouches-du-Rhône.

Ancien hangar à sucre du port de Marseille devenu salle de concerts, le Dock des Suds a une autre particularité que personne n’a officiellement rappelée, mardi soir. Il se situe dans la circonscription de Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, qui présente, elle aussi, une liste aux européennes.

Ian Brossat n’a pas échappé, d’entrée, à la question de la division de la gauche. « Moi, je suis toujours partisan du rassemblement et je continuerai à tendre la main à Jean-Luc Mélenchon et à Benoît Hamon. Je constate que M. Mélenchon trace son propre chemin mais je ne désespère pas », a répondu l’adjoint à la maire de Paris. Parmi les cadres communistes présents, personne ne croyait à l’hypothèse d’une alliance avec les « insoumis » avant les européennes. « Un rapprochement avec Benoît Hamon est plus possible », assurait un élu marseillais, étonné toutefois de « n’avoir vu personne de Génération.s au meeting ». « Si ce rassemblement ne peut pas se faire maintenant, il faudra bien qu’il se fasse par la suite pour que la gauche retrouve le chemin du pouvoir », prévoyait un Ian Brossat, bien décidé à ne pas se laisser gâcher le lancement de sa campagne par des questions d’alliance.

« Une belle liste »

Le bon millier de militants venus de Marseille, mais aussi des rives de l’étang de Berre ou de plus loin dans le grand Sud-Est, de Nice à Sète, partageait la même envie. Beaucoup de retraités, cheminots, anciens de la sidérurgie, de l’industrie pétrolière étaient présents. Des très jeunes aussi, comme Gaëlle Marly, 18 ans dans quelques jours, qui « suit Ian Brossat sur les réseaux sociaux et a apprécié son discours, notamment sa position sur les migrants ».

Face à ce public, plus dense qu’il ne le prévoyait lui-même, le candidat Brossat a fait l’éloge de ses colistiers, pour la plupart inconnus. « Nous avons une belle liste. La seule constituée à moitié d’ouvriers et d’employés. C’est la gauche sociale, hors les murs, qui se bat tous les jours. L’esprit de résistance face aux puissants », a-t-il défini, insistant sur le fait qu’un tiers de ces colistiers « n’était pas membre du Parti communiste ».

Dans une salle réactive, le défilé des candidats a permis aux militants de mettre des visages sur les chiffres. Celui de l’auteure Maryam Madjidi, prix Goncourt du premier roman en 2017, appelant les présents à « être forts et unis contre la menace nationale et fasciste qui gronde dans cette Europe ». Du cancérologue Anthony Gonçalves, local de l’étape, très applaudi. Ou de l’ouvrière textile Marie-Hélène Bourlard, figure du film Merci Patron ! de François Ruffin et numéro 2 de la liste, concluant son allocution enthousiaste par un « Et à la fin, c’est nous qu’on va gagner » acclamé.

« Salaire minimum européen »

Sans faire disparaître le rouge majoritaire, la colère des « gilets jaunes » était omniprésente. Dans le message vidéo du champion d’Europe de taekwondo des plus de 35 ans, Mamoudou Bassoum, comme sur les épaules d’Elina Dumont, 50 ans, ancienne sans-domicile-fixe devenue intervenante régulière de l’émission « Les Grandes gueules » de RMC.

Les présentations passées, restait à Ian Brossat à entrer dans le dur du programme. La tête de liste a d’abord regretté que « le président Macron ait l’idée d’escamoter le sujet de l’Europe en organisant un référendum en même temps ». Puis il a décliné les mesures qui donnent corps à son slogan de campagne « L’Europe des gens contre l’Europe de l’argent ». La création d’un « fonds européen pour le développement des services publics » alimenté par la banque centrale européenne, « la mise en place d’une taxation à la source des multinationales » pour lutter contre l’évasion fiscale, « combat majeur » du mandat des députés européens communistes. Ou encore l’interdiction des délocalisations industrielles, la réforme du système du travail détaché en Europe et la création d’un « salaire minimum européen ». 

Ian Brossat a également fait applaudir les journalistes de Mediapart et l’association SOS Méditerranée, basée à Marseille et qui prévoit de reprendre prochainement ses opérations de sauvetage de réfugiés. « C’était un meeting régénérant », appréciait à la sortie l’ex-conseillère régionale PC Catherine Lecoq, se disant « ravie de voir des candidats aussi enthousiastes et une liste aussi hétéroclite ». 

Gilles Rof (Marseille, correspondant)

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 07:03
Vidéo du meeting de Ian Brossat et des candidats aux Européennes de la liste L'Humain d'abord. Pour l'Europe des gens contre l'Europe de l'argent! à Marseille, mardi 5 février
Vidéo du meeting de Ian Brossat et des candidats aux Européennes de la liste L'Humain d'abord. Pour l'Europe des gens contre l'Europe de l'argent! à Marseille, mardi 5 février

A voir le magnifique meeting de Marseille avec à l'ouverture des superbes interventions de Pierre Darhéville, député des Bouches-du-Rhône, Mamoudou Bassoum (par message vidéo), Gilet Jaune, champion d'Europe de Taewkendo, Maryam Madjidi, Prix Goncourt du premier roman pour "Marx et la poupée", professeur de français-langues étrangères, militante pour l'aide aux exilés et réfugiés, l'enseignement vis à vis des jeunes mineurs isolés.

J'adore l'intervention de Maryam Madjidi (55 minutes)!

"Chers camarades, Je suis heureuse et fière d'être parmi vous ce soir. Oui, c'est de la fierté. Fière que mon nom soit sur cette belle liste qui rassemble dans la diversité ce qui fait la force de ce pays, des ouvriers, des salariés, des syndicalistes, des gilets jaunes, tous les militants que vous êtes et qui oeuvrez au quotidien pour une France et une Europe à visage humain.

(...) Il est essentiel que les artistes s'engagent dans le monde. Notre tour d'ivoire n'existe plus depuis longtemps. Ou si elle existe, il faut en descendre.

(...) Notre colère est une force. Une force face à tant d'injustices. (...) Être communiste, c'est précisément cela, œuvrer à un monde plus juste.

"J'ai demandé un jour à mon père pourquoi il avait choisi de devenir communiste à l'âge de 17 ans en Iran. Il m'a dit: à un moment le spectacle des inégalités était devenu pour lui intolérable. (...)

"Si j'ai accepté d'être sur cette liste, c'est parce que le PCF a le courage de construire et de défendre une véritable politique d'accueil des réfugiés

"Nous devons être debout, forts et unis face à la menace fasciste qui gronde partout en Europe"

(Maryam Madjidi)

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 06:12

 

Malgré de vives critiques, exprimées jusque dans les rangs de la majorité, la loi « anticasseurs » devrait faire l’objet d’un vote solennel le 5 février. De François Sureau à Henri Leclerc, en passant par des soutiens d’Emmanuel Macron tels que Jean-Pierre Mignard, les défenseurs des libertés publiques s’inquiètent de cet énième texte répressif.

Son cri d’alarme a résonné bien au-delà des murs de l’Assemblée nationale. Mercredi 30 janvier, en plein examen de la proposition de loi « prévention et sanction des violences lors des manifestations », autrement connue sous le nom de loi « anticasseurs », le député centriste Charles de Courson (Libertés et Territoires) a soudainement exprimé haut et fort ce que beaucoup, y compris au sein de la majorité, pensent tout bas.

« Réveillez-vous mes chers collègues ! Le jour où vous aurez un gouvernement différent, vous verrez, quand vous aurez une droite extrême au pouvoir, vous verrez, c’est une folie que de voter cela ! » a-t-il lancé au sujet de l’article 2 du texte, qui permet d’interdire de manifestation des personnes par arrêté préfectoral. C’est aussi en raison de cet article que le député La République en marche (LREM) Aurélien Taché a indiqué au JDD qu’il ne voterait pas cette proposition de loi « en l’état ». Les deux élus ne sont pas les seuls à s’inquiéter des dispositions qui figurent dans ce texte élaboré par la droite sénatoriale à l’automne 2018 et recyclé dans l’urgence par le gouvernement d’Édouard Philippe.

Car au-delà de la seule sphère politique, les défenseurs des libertés publiques et des droits individuels dénoncent également une énième « loi de circonstance », qui n’aura d’autre effet que de restreindre le droit de manifester, lequel découle de l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme sur la liberté d’opinion. Dans ses observations en date du 29 janvier, le secrétariat général de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a lui aussi mis en garde le législateur sur les risques engendrés par ce texte.

« Si l’objectif est d’interdire aux “casseurs” de manifester, l’arsenal juridique existant y répond déjà », indique l’institution, en pointant, article par article, toutes les carences – et elles sont nombreuses – de la proposition de loi. Avant d’en conclure que « les pouvoirs publics ne sauraient restreindre encore davantage la liberté de manifester, déjà fortement encadrée, sans porter atteinte à l’un des piliers d’une démocratie vivante ». Ces observations n’ont pour l’heure rien changé. Et malgré les vives critiques qu’il suscite, le texte, dans sa forme toilettée par le Palais-Bourbon, devrait faire l’objet d’un vote solennel mardi 5 février.

Ces critiques n’ont pourtant rien d’une simple opposition politique classique. Elles sont d’ailleurs parfois émises par des personnalités qui, sur bien d’autres sujets, soutiennent l’action d’Emmanuel Macron. Or, depuis le début du quinquennat, elles n’ont jamais été entendues, comme en témoigne la façon dont avait été adopté, à l’automne 2017, le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme », qui fit entrer dans le droit commun les principales mesures de l’état d’urgence. À l’époque déjà, l’ensemble des défenseurs des droits humains, tout comme les experts qui en ont officiellement la charge aux Nations unies, s’était dressé contre les dérives de ce texte. En vain.

Pour l’avocat François Sureau, avec qui le président de la République échange à intervalles réguliers, cette nouvelle loi « anticasseurs » est « un tournant plus important que celui de la loi de sortie de l’état d’urgence ». « Au fond, déroger aux principes pour lutter contre le terrorisme, ça se conçoit parce que le terrorisme menace la société de liberté. Je n’adhère pas à cette position mais elle se comprend, explique-t-il à Mediapart. Mais s’attaquer au droit de manifester en le soumettant au contrôle administratif a priori, c’est s’attaquer à la liberté elle-même. S’il y a des casseurs, le droit commun y pourvoit. »

Et de poursuivre : « Réduire les libertés publiques au motif que certains en feraient un mauvais usage, c’est s’engager sur une pente extrêmement dangereuse. Un jour viendra ou on tiendra le même raisonnement à propos de la liberté d’association ou de la liberté de la presse. Que veut-on instituer à la fin ? Le permis de manifester, qui ne serait accordé qu’à des manifestants bien propres adoubés par le préfet de police ? »

Selon François Sureau, derrière ces questions, « c’est l’existence du citoyen libre, qui ne doit jamais pouvoir être intimidé a priori par le gouvernement », qui se joue. « Quant aux auteurs de délits, le droit existant permet déjà de les réprimer, conclut-il. Cette loi ne menace pas le délinquant, elle menace le citoyen. » Un avis partagé par trois autres avocats, défenseurs eux aussi des libertés fondamentales, que Mediapart a également interrogés sur le sujet.

De la loi « anticasseurs » qui « fait craindre le pire pour l’avenir » (Henri Leclerc, avocat, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme – LDH), aux mauvaises réponses apportées « dès l’origine » au mouvement social des « gilets jaunes » (Jean-Pierre Mignard, avocat, proche d’Emmanuel Macron, membre de LREM et du comité consultatif national d’éthique – CCNE), en passant par leur inquiétude plus générale face à la « dérive sécuritaire » d’un « pouvoir politique décrédibilisé » (Patrice Spinosi, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, représentant notamment la LDH), ils donnent de la voix pour tenter de « réveiller » à leur tour ceux qui s’apprêtent à voter un énième texte répressif.

Henri Leclerc, avocat, président d’honneur de la LDH

« Le nom qui est communément attribué par tout le monde à cette loi est en lui-même significatif, dans la mesure où il évoque la précédente loi anticasseurs de 1970, qui avait été prise dans les mêmes conditions : une situation un peu chaude, en l’occurrence post-soixante-huitarde. Considérée comme une loi liberticide, elle fut d’ailleurs l’une des premières à avoir été abrogée par la gauche à son arrivée au pouvoir en 1981.

Cette nouvelle loi est une loi de communication. Le ministre de l’intérieur dit que ce n’est pas une loi de circonstance. C’est un mensonge. C’est une loi de circonstance, dans le sens où elle arrive au Parlement en raison des circonstances. Le gouvernement ne l’avait pas portée à l’Assemblée après son adoption au Sénat à l’automne, évoquant “un délai de sagesse”. Aujourd’hui, la sagesse a disparu.

Les lois de circonstance sont toujours de mauvaises lois. Parce qu’une loi, ça se réfléchit, ce n’est pas un arrêté ministériel. Les plus célèbres exemples à ce sujet, ce sont les fameuses lois qu’on a appelées les lois scélérates de 1893 et 1894, destinées à répondre aux menées anarchistes. L’anarchie a disparu très vite pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ces lois, qui, elles, sont restées et n’ont servi qu’à réprimer l’ensemble du mouvement ouvrier pendant tout le XXe siècle.

Pour répondre à une situation de crise, on ne trouve rien d’autre que de chercher à promouvoir des dispositions qui restreignent les libertés au nom de la sécurité. Ce n’est pas nouveau. Depuis quelques années, on a créé un code de la sécurité intérieure, à côté du code de procédure pénale, qui dépossède au maximum le pouvoir judiciaire de son rôle de gardien des libertés individuelles. Cette nouvelle loi s’inscrit dans la même lignée.

L’article 2, qui instaure l’interdiction préfectorale de manifester, est à ce titre le plus préoccupant. Cette idée d’un pouvoir d’interdiction du préfet, de mise à l’écart de citoyens qui n’ont pas été condamnés, me paraît tout à fait inquiétante. C’est encore une fois une dépossession du pouvoir judiciaire. Nous sommes en face de quelque chose qui est grave, quels que soient les petits amendements qui ont été faits. C’est une grande régression des libertés.

L’autre point préoccupant est celui du fichier. On est en train de créer un fichier gigantesque avec des sous-fichiers contenant toute personne suspecte, toute personne qui ne serait pas véritablement soumise. L’idée selon laquelle nous pourrions résoudre le problème des casseurs en faisant un fichier est d’ailleurs absurde. Ce problème-là est une question de police générale et ne se résout ni par la violence ni par les fichiers.

On ne peut pas dire que Macron soit un homme qui ignore les mécanismes réels des principes fondamentaux de la démocratie. Mais il pense que nous sommes dans une société libérale, qui considère que les principes fondamentaux sont des superstructures qui ne font pas le poids face à l’efficacité du système. Dans cette conception générale, il ne faut pas que ces principes viennent entraver l’efficacité de l’action. Au fur et à mesure des années, on a peu à peu oublié que libertés individuelles devaient être préservées. Et la situation s’est encore aggravée sous ce quinquennat.

Face aux futures réformes, celle des retraites notamment, qui vont forcément être très impopulaires, le gouvernement se donne des armes, mais ce n’est pas de cette façon que l’on arrête une contestation. Ce que je crains le plus, c’est un changement de majorité considérable, avec un passage à l’extrême droite. Mettre dans notre arsenal législatif des dispositions anti-manifestations aussi dangereuses pour les libertés publiques me fait craindre le pire pour l’avenir.

D’autant que, comme ils ne réussiront pas à juguler les manifestations très fortes qu’il va y avoir, ils prendront une nouvelle loi plus répressive encore. C’est ce qu’on a fait pour le terrorisme. Depuis les premiers grands attentats de ces dernières années, il y a eu pratiquement une nouvelle loi antiterroriste par an, parce que les précédentes, tout en restreignant les libertés de tous, n’avaient pas réussi à éradiquer le terrorisme. C’est un enchaînement. La seule chose qui me donne un peu d’espoir, c’est le frémissement que l’on a aperçu parmi les députés LREM. Ils ne sont pas allés très loin, mais c’est déjà pas mal. »

ean-Pierre Mignard, avocat, membre de LREM et du CCNE

 « Les graves incidents d’ordre public avec la police sont d’abord nés de l’erreur d’appréciation politique du mouvement des gilets jaunes, que l’on a voulu marginaliser. Or ce mouvement allait bien au-delà de lui-même. Cette loi “anticasseurs” est une loi de circonstance. On fabrique une nouvelle fois dans l’urgence un texte qui, de l’avis même des professionnels, sera difficile à utiliser.

Dans le même temps, je constate qu’il n’y a pas eu de travail sérieux sur les carences des dispositifs législatifs existants. On doit toujours considérer que c’est le fait, et le fait lui seul, qui doit être punissable. Or cette loi crée un délit de présomption de participation à une manifestation en vue de procéder à des dégradations de biens ou à des violences contre les personnes.

Manifester est une liberté fondamentale, comme celle d’aller et de venir. Qui veut-on interdire de manifestation ? Est-ce que ce sont des personnes qui ont des opinions radicales ? Qu’est-ce qu’une opinion radicale ? Une opinion reste une opinion, qu’elle soit radicale, déplaisante, voire insupportable. Elle ne cause pas de violences physiques ni aux personnes ni aux biens. Il revient au juge, et au juge seulement, de pénétrer sur le terrain des libertés publiques et des droits individuels. Cette loi n’est pas une mesure de droit, c’est une mesure de police. Les parlementaires devraient sérieusement y réfléchir.

Ce sera ensuite au juge constitutionnel de trancher. Je ne vois pas certaines dispositions de ce texte faire long feu. Elles ne résisteront pas à un examen de droit. Je pense que ceux qui sont à l’origine de cette loi le savent, en tout cas s’ils ne savent pas, c’est encore plus inquiétant parce que ça signifie que leur documentation juridique est très faible.

Comme d’habitude depuis tant d’années, on répond à des manifestations par un souci de fermeté, de sévérité affirmée. On cherche à rassurer une partie de l’opinion qui demande toujours plus de textes de loi, sans forcément vérifier leurs fondements juridiques. Je note le grand silence du président de la République à ce sujet. Je pense que ce n’est pas son initiative. On sait depuis très longtemps que l’administration du ministère de l’intérieur est toujours très prolifique en nouveaux textes. Et dans des périodes comme celle-ci, par définition, on ne lui refuse rien.

Christophe Castaner prend la défense de ses fonctionnaires, ce qui est bien normal, mais il devrait prendre en considération toutes les violences. Il n’est pas ministre de la police, il est ministre de la République, c’est-à-dire qu’il est aussi responsable des personnes qui ont été blessées dans des circonstances qui n’ont rien à voir avec la protection des fonctionnaires de police.

Depuis l’origine du mouvement des gilets jaunes, nous disons que c’est une colère légitime, mais en même temps, nous parlons de “factieux”. Il y a deux lignes dans la majorité, deux manières d’appréhender ce qui est d’abord l’expression d’une crise sociale grave. Quand il y a une crise sociale, les gens ne vont pas manifester avec un traité du savoir-vivre sous la main. Ceux qui commencent à marcher avec des intentions pacifiques peuvent être saisis à un moment donné par des intentions violentes, dans une confrontation avec la police, sans avoir de volonté prédéterminée de commettre des actes. Une manifestation, c’est un groupe en fusion comme dit Sartre.

La réponse du gouvernement n’a pas été pour rien dans les réactions rageuses de certains manifestants. C’était dangereux de le réduire à une prise d’otages des courants extrémistes, populistes, ou même fascistes. Il me semble qu’il eût fallu faire preuve de prudence, d’autant plus que ce mouvement n’est pas organisé : il n’a pas de leader ni de représentant ni de cordon de sécurité. Il fallait donc le protéger de lui-même et pas forcément envoyer des milliers de grenades lacrymogènes. Il fallait sans doute aussi répondre à la crise sociale beaucoup plus rapidement que cela n’a été fait. Et être plus attentif à ce qu’elle révélait. »

Patrice Spinosi, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation

 « Je pense que nous vivons en ce moment un glissement très dangereux. On est entré dans une logique d’exception, en habituant notre société, pendant les presque deux ans qu’a duré l’état d’urgence, à un certain nombre de mesures attentatoires à nos libertés. Il s’agit en particulier de mesures de police administrative, qui tendent à écarter le juge judiciaire, en donnant de plus en plus de pouvoir aux forces de police et au ministère de l’intérieur, pour contrôler et sécuriser l’espace public.

Aujourd’hui, le gouvernement et les forces de police sont en train de réemployer les mêmes mécanismes pour procéder au maintien de l’ordre public, non plus à l’égard des terroristes, mais à l’égard de ceux qui dérangent ou qui apparaissent comme des fauteurs de troubles. On voit bien comment l’exception, une fois qu’elle a été posée dans notre droit, fait tache d’huile, pour finir par devenir la règle.

L’exemple le plus typique de cette dérive, dans la loi “anticasseurs”, se manifeste avec les interdictions administratives de manifester. Il s’agit très exactement de la réplique de ce qui existait dans le cadre de l’état d’urgence. On avance toujours plus loin dans la logique de justice prédictive. Concrètement, cela est très grave. Petit à petit, on habitue les citoyens à vivre dans un régime de plus en plus contrôlé par le gouvernement, où on donne de plus en plus de pouvoirs et de libertés aux forces de police.

Pour qu’une démocratie fonctionne, il faut des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Bien sûr il est nécessaire que les forces de police puissent avoir la latitude de faire leur travail, mais sous le contrôle des juges et sous l’égide de la loi. Or, aujourd’hui, nous sommes régis par la politique du pire. On a l’impression que pour qu’un gouvernement se montre fort, il faut qu’il adopte une législation de plus en plus répressive. Mais c’est tout l’inverse : la répression n’est qu’une marque de faiblesse, en particulier lorsqu’elle s’applique dans le cadre de manifestations dans l’espace public.

Au lieu de gérer la crise avec le dispositif législatif déjà en vigueur, le gouvernement propose une énième législation répressive, que LREM avait pourtant refusé de voter au Sénat, il y a quelques mois. Certes, les temps ont changé, mais on voit bien comment les choses se font sous le coup de l’émotion et de la peur que représente le mouvement des gilets jaunes.

Dans la logique du gouvernement, on ne pourrait prétendre au droit de manifester qu’à la condition que le faire de façon paisible et silencieuse. Sauf que ça n’est pas la réalité. Dans les manifestations, on sait qu’il peut y avoir des dérapages et ces dérapages doivent être traités, sans forcément être réprimés par la force comme c’est le cas aujourd’hui. La violence engendre toujours la violence. Plus la répression sera dure à l’égard des manifestants, plus les manifestations seront susceptibles de monter d’un échelon dans la violence.

Cette dérive sécuritaire n’est pas nouvelle. Elle a été initiée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, elle s’est perpétuée sous celui de François Hollande et se maintient avec Emmanuel Macron. Nous vivons dans une société de plus en plus inquiète, de plus en plus agressive, face à laquelle le pouvoir politique décrédibilisé se retrouve démuni et n’a d’autre choix que de montrer qu’il est actif pour essayer de ne pas perdre la face. Mais tout cela ne fonctionne pas. Depuis plusieurs années, la logique sécuritaire se renforce dans notre législation, mais au bout du compte, nous n’améliorons pas notre sécurité.

Le problème c’est que l’on ne voit pas comment les choses s’inverseraient. Il y a un consensus général pour aller dans le sens d’une plus grande répression. Cela d’autant plus que, sous ce quinquennat, il n’y a plus d’opposition politique structurée. L’ancienne droite appelle de ses vœux une législation encore plus répressive et l’ancienne gauche est tellement tétanisée et en minorité qu’elle n’est plus susceptible de faire entendre une voix audible.

Restent les juges, constitutionnels, judiciaires, administratifs… Ce sont les derniers gardes fous de nos libertés. Mais pour eux aussi, la pression est considérable. On en voit une illustration avec la décision par le Conseil d’État qui vient d’être rendue sur l’utilisation des LBD. Face à la pression sociale, il est très difficile pour les juges de tête au gouvernement et d’imposer, contre la volonté des politiques, la garantie de nos libertés fondamentales. »

 

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 06:11

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 21:04
Un déluge de réactions après la tentative de perquisition à Mediapart (Médiapart, 4 février 2019)
Un déluge de réactions après la tentative de perquisition à Mediapart
Par et

À gauche, les condamnations sont quasi unanimes après la tentative de perquisition ordonnée par le parquet à l'encontre de Mediapart. À La France insoumise, certains hésitent toutefois à dénoncer clairement ce qui aurait pu être une atteinte au secret des sources. LREM, de son côté, garde le silence et ne semble pas concerné par cette atteinte à la liberté de la presse.

La perquisition avortée dans les locaux de Mediapart, lundi 4 février, a fait réagir une large partie de la classe politique française, intervenue à un moment particulier : sur fond de durcissement de la législation sur le droit de manifester (lire ici et ) et après les propos controversés d’Emmanuel Macron sur les médias rapportés par Le Point, le président de la République envisageant que l’État puisse être le garant d’une « neutralité » de la presse.

À gauche, les réactions ont été nombreuses et le soutien unanime. Ou presque. Plusieurs responsables politiques replacent la tentative de perquisition à Mediapart dans un contexte global. Pour David Cormand, secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), la proposition de loi « anticasseurs », les récentes sorties du président sur la presse, ou la répression policière lors des manifestations des « gilets jaunes » font système : « Le respect de la liberté de la presse et donc, de la protection des sources, est constitutive des valeurs d’une démocratie et de notre république. L’affaire Benalla devient chaque jour davantage une affaire d’État. La loi dite “anticasseurs”, l’usage d’armes dites semi-létales par les forces de l’ordre, la tentation du recours bonapartiste au référendum pour “gérer” le mouvement des gilets jaunes, les indiscrétions du chef de l’État qui évoque la nécessité de contrôler les médias… Tout cela concourt à un même imaginaire qui fragilise les valeurs de notre République. Intimider les médias contribue au climat de délitement de notre démocratie. »

Même inquiétude du côté de Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste (PCF) : « Loi anti-manifestation, perquisitions dans une rédaction qui bouscule le gouvernement… La France de Macron glisserait-elle vers un régime autoritaire ? Le secret des sources doit être garanti tout comme la liberté de la presse. » Fondateur du mouvement Génération.s, qui a publié un communiqué pour dénoncer « une inacceptable opération d’intimidation », Benoît Hamon soutient « sans réserve » Mediapart. Il observe que « cette histoire s’inscrit dans la droite ligne de la loi qui interdit de manifester ! Il y a tout un pan des libéraux qui, historiquement, n’ont jamais aimé les contre-pouvoirs : le peuple, la presse… Macron est dans cette ligne, cette affaire est incroyable… ».

Au PS, on a fait mine de s’étonner que les policiers « aient été plus efficaces pour perquisitionner Mediapart que pour rentrer chez Benalla ». « La protection des sources des journalistes est un pilier de la démocratie, ajoute Olivier Faure, le premier secrétaire du parti. La violation de ce principe est une entame grave à la liberté de la presse et à son indépendance. »

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a quant à lui exprimé sa solidarité (...).

À La France insoumise (LFI), les réactions ont été davantage contrastées. Avec, d’un côté, les Insoumis soutenant sans ambiguïté Mediapart, et de l’autre, les Insoumis ironisant sur le sort du journal, qui serait coupable de n’avoir pas soutenu leur mouvement lors de la série de perquisitions ayant visé La France insoumise, le 16 octobre, dans le cadre d’une double enquête préliminaire – l’une concernant l’emploi d’attachés parlementaires, l’autre les comptes de la campagne présidentielle (lire ici ou ou encore , ce que nous écrivions).

Côté « défenseurs », la tête de liste LFI aux européennes, Manon Aubry, a ouvert le bal. Tout de suite après l’annonce de la tentative de perquisition, elle tweetait pour dénoncer la « pente très dangereuse » prise par le pouvoir, sans toutefois, à l’instar de la députée Clémentine Autain, faire référence aux perquisitions de LFI. Les députées Caroline Fiat ou Mathilde Panot ont elles aussi déploré une attaque envers la liberté de la presse : « Même si tous à Mediapart ne nous ont pas soutenus, mes principes ne sont pas à géométrie variable : toute ma solidarité aujourd'hui aux journalistes », a souligné l’élue d’Ivry-sur-Seine.

L’eurodéputé Younous Omarjee et le député Ugo Bernalicis ont exprimé leur « solidarité » avec le journal et dénoncé la « dérive autoritaire » du pouvoir. Le député François Ruffin, par ailleurs journaliste, a quant à lui retweeté sans mot dire l’information « brute » délivrée par Mediapart sur la perquisition.

Chez LREM, le silence est d’or

La réaction a été beaucoup moins amène du côté de Jean-Luc Mélenchon et de certains de ses proches, au risque de choquer beaucoup d’internautes, y compris des Insoumis, sur les réseaux sociaux. Le leader de LFI s’est contenté d’un retweet amer visant à rafraîchir la mémoire de Mediapart : « Souviens-toi l’automne dernier. » Numéro deux du mouvement et candidat en deuxième position sur la liste aux européennes, Manuel Bompard a accusé « la dérive autoritaire du pouvoir », tout en soulignant que « ceux qui en sont victimes aujourd'hui regrettent sans doute d'avoir aidé la manœuvre en octobre dernier ». Adrien Quatennens y est lui aussi allé de son ironie cinglante :

 

 

 

Un déluge de réactions après la tentative de perquisition à Mediapart (Médiapart, 4 février 2019)

Le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière s’est fendu d’un premier tweet interpellant Mediapart afin de « rappeler votre absence de soutien quand nous avons protesté contre les perquisitions de nos locaux et la prise de nos fichiers ». Puis il a jugé bon d’ajouter, quelques minutes plus tard, un mot sans ambages : « Quand on perquisitionne des médias pour remettre en cause le secret des sources, c'est la liberté de la presse qui est piétinée. C'est une question de principe. »

Du côté de la majorité, le silence semble d’or, en tout cas la marque d’un besoin de confort pour ne pas froisser l’autorité judiciaire. Aucune parole publique d’élus ou responsables de La République en marche n’a été prononcée sur cette affaire susceptible de remettre en cause le secret des sources de Mediapart.

Sollicités, seuls la députée de l’Essonne Marie Guévenoux et le président du groupe à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, ont finalement accepté de réagir en milieu d’après-midi. Pour les deux élus, la chose est simple, comme le résume la première : « Il ne m’appartient pas comme parlementaire d’apporter un commentaire sur des investigations judiciaires en cours. Il en va de l'équilibre de nos institutions. Si le procureur a outrepassé ses droits, vos avocats peuvent engager les recours nécessaires. » Pour Gilles Le Gendre, Mediapart a fait valoir son droit de refuser cette perquisition dans le cadre d’une affaire judiciaire qu’il n’a pas à commenter.

Sur le fond, la procédure hors norme du parquet qui aurait pu mettre en danger le secret des sources, pierre angulaire de la liberté de la presse reconnue par la loi et la Cour européenne des droits de l’homme ? Aucune réponse. « Circulez, il n’y a rien à voir », semblent dire ces deux élus, pour qui la question fondamentale ici posée ne relève donc pas de leur champ de réflexion. Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, n’a pas donné suite à notre sollicitation.

Sur une vingtaine de députés du parti présidentiel et du centre contactés, seule Frédérique Dumas, ex-LREM ralliée à l’UDI, a accepté de prendre position : « Je ne souhaite pas commenter, comme députée, une décision prise par le procureur. Je suis néanmoins surprise de l’attention portée au plus haut niveau à M. Benalla. Et, de mon côté, je suis attachée à la liberté de la presse et au fait qu’on n’altère pas sa capacité d’investigation. C’est l’oxygène de la démocratie. »

À droite, et surtout à l’extrême droite pourtant jamais avare de poursuites judiciaires contre Mediapart, cette affaire est du pain bénit pour enfoncer un peu plus le pouvoir en place. Dans un tweet, Florian Philippot se demande si la France est encore une démocratie. Thierry Mariani, ancien des Républicains et fraîchement rallié au Rassemblement national, accuse le gouvernement d’aller aussi loin dans les lois liberticides et les pratiques judiciaires que lors de la guerre d’Algérie… À l’instar de Nicolas Dupont-Aignan, il accuse le pouvoir de vouloir neutraliser la presse, comme avec la loi dite contre les « fake news ».

Du côté des défenseurs de la liberté d’expression, la condamnation est unanime. Joint par Mediapart, Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ CGT, qualifie cet événement de « totalement fou, surréaliste mais aussi assez prévisible vu l’attitude d’Emmanuel Macron envers la presse et les médias ». « On atteint un point de non-retour, poursuit-il. Il faut réagir très vite et très fort. » Dans son sillage, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), estime qu’« une telle tentative d’atteinte au secret des sources par des procureurs accompagnés de policiers est une pression inacceptable sur le journalisme d’investigation ».

 

Certains « gilets jaunes » ont vu dans l’attaque judiciaire contre Mediapart un écho à leur lutte contre le pouvoir et les violences policières. Un groupe d’Argenteuil propose même un rassemblement devant les locaux du journal, pour protester contre « une étape supplémentaire dans l'autoritarisme de M. Macron, une étape de plus dans la violation des libertés fondamentales : dont celle d'être librement informé ».

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 20:43
Marie-Hélène Bourlard et Benjamin Amar, syndicalistes, Maryam Madjidi, écrivaine, Mamoudou Bassoum, champion de Taekwendo, avec Ian Brossat et la liste du PCF: L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent! L'Humain d'abord!
Marie-Hélène Bourlard et Benjamin Amar, syndicalistes, Maryam Madjidi, écrivaine, Mamoudou Bassoum, champion de Taekwendo, avec Ian Brossat et la liste du PCF: L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent! L'Humain d'abord!
Marie-Hélène Bourlard et Benjamin Amar, syndicalistes, Maryam Madjidi, écrivaine, Mamoudou Bassoum, champion de Taekwendo, avec Ian Brossat et la liste du PCF: L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent! L'Humain d'abord!
Marie-Hélène Bourlard et Benjamin Amar, syndicalistes, Maryam Madjidi, écrivaine, Mamoudou Bassoum, champion de Taekwendo, avec Ian Brossat et la liste du PCF: L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent! L'Humain d'abord!
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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 18:33
Européennes. Les communistes valident leur liste mais plaident le rassemblement (L'humanité, 3 février 2019)
Européennes. Les communistes valident leur liste mais plaident le rassemblement
Dimanche, 3 Février, 2019
Les adhérents du PCF ont approuvé à 95% leur liste pour les européennes ce week-end alors que les discussions se poursuivent à gauche en vue d’un rassemblement pour ce scrutin. Leur tête de liste Ian Brossat et le chef de file de Génération.s Benoît Hamon se sont rencontrés à Brest vendredi.
Un peu plus de 47 000 adhérents du PCF à jour de cotisations étaient invités à se prononcer jusqu’à samedi sur les candidatures pour les élections européennes proposées le 26 janvier par le Conseil national de leur formation. 48,6% ont pris le chemin des urnes pour dire leur approbation à 95,66% (1,59% de contre et 2,79% d’abstention). « Nous avons constitué une belle liste qui est déjà une liste de rassemblement puisque sur les 15 premiers candidats que nous présentons un tiers ne sont pas adhérents du PCF. C’est une liste très ouverte au mouvement social et aux luttes actuelles. Nous sommes prêts aussi à continuer les discussions avec Génération.s de Benoit Hamon ou avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon », commente Ian Brossat qui y figure en première position. Intitulée « L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent », la liste sera lancée par un meeting ce mardi aux Docks des suds à Marseille. Mais elle « pourra bouger pour permettre le rassemblement avec des forces de gauche qui remettent en cause la logique des traités »,  a également prévenu, avant même ce vote, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. 
 
Dans cette perspective, tandis qu’EELV et la France insoumise sont décidés à mener leur propre campagne (lire  #Opération471. Pour les européennes, la France insoumise multiplie les hologrammes), le PCF et Génération.s multiplient signaux et appel à l’unité. Ian Brossat et Benoît Hamon se sont ainsi retrouvés à Brest « pour un café » vendredi avant de se rendre à leur réunion publique respective.
« Nous ne nous faisons pas à la dispersion de la gauche et partageons ensemble de nombreux combats. L'heure est venue de sortir des accords d'appareils. Parlons idées, et mettons nous en ordre de bataille pour convaincre ceux qui s'abstiennent », invite le PCF qui, comme Génération.s, a fait circuler la photo de la rencontre sur les réseaux sociaux. De son côté, l’ancien candidat socialiste à la présidentielle se dit « évidemment prêts à l’unité ». « Je suis d’accord pour réunir les combats de la gauche, mais pas pour réunir les vieux partis de gauche. Pour desserrer la mâchoire des libéraux et de l’extrême droite, il faut un vrai projet de gauche, porteur de grandes transitions sur l’écologie, le travail et la démocratie, et c’est ce projet que je porte depuis deux ans », ajoutait-il dans les colonnes du Télégramme dès jeudi dernier. Reste qu’entre le PCF et Génération.s la question de la tête de liste pourrait faire obstacle. « Nous, on propose d’avoir une discussion et de ne pas faire de la désignation de la tête de liste un préalable », explique l’ancien député Pascal Cherki quand les communistes proposent bel et bien Ian Brossat en numéro 1. Sur le fond, le débat doit aussi se poursuivre.  « Globalement avec Génération.s  nous avons des convergences importantes, il reste des sujets à clarifier qui ne sont pas négligeable comme le rapport aux traités européens – nous faisons de la rupture avec ces traités une exigence fondamentale- ou l’Europe de la Défense à laquelle nous sommes défavorables », estime l’adjoint communiste à la mairie de Paris.
 
Quant au PS, avec lequel le PCF comme Génération.s soulignent les divergences sur le projet européen, la réunion de ses secrétaires de section samedi n’a pas abouti à l’annonce d’Olivier Faure comme tête de liste. Le premier secrétaire du parti temporise  et compte sur Place publique, le mouvement  de Raphaël Glucksmann, pour s’inclure dans une possible « union de la gauche » : «J'entends que dans nos rangs, il en est qui disent, ‘’mais pourquoi on irait avec d'autres, quand en réalité nous sommes capables de faire tout seuls (...) Il faut se réaffirmer, ne pas s'effacer’’. (...) Ce discours-là ne peut pas être le nôtre, au moment où tant de périls menacent la cohésion sociale, la démocratie et jusqu'à l'avenir de la planète », a-t-il déclaré suscitant des impatiences dans son propre camp en attendant un nouveau Conseil national dans les « prochaines semaines ».
 
Julia Hamlaoui
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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 13:36
Photo L'Humanité

Photo L'Humanité

 
Les communistes s'inclinent devant la mémoire de Josette Audin (Fabien Roussel-PCF)
 
 
Nous venons d'apprendre la disparition de Josette Audin à l'âge de 87 ans. Quatre mois après la reconnaissance par le Président de la République du crime d’État dont son mari Maurice Audin a été victime, Josette Audin s'en est allée.
Toute sa vie elle aura fait preuve d'obstination contre tous les pouvoirs établis pour que justice soit rendue à son mari. Combattante pour la justice, Josette Audin a consacré 60 ans de son existence à
faire reconnaître ce crime du colonialisme français.
Les communistes français, à ses côtés depuis toujours dans cette lutte, s'inclinent devant sa mémoire.
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,
 
Paris, le 3 février 2019.
Disparition. Josette Audin, une vie à rendre justice
Dimanche, 3 Février, 2019
Elle avait consacré son existence à ce que la vérité soit faite sur l’assassinat de son mari et la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie. Josette Audin est décédée samedi matin à l’âge de 87 ans.  Le 13 septembre, Emmanuel Macron s’était rendu chez elle pour « lui demander pardon » et avait reconnu le crime d’Etat.
Une grande dame s’est éteinte. Josette Audin est décédée samedi à l’âge de 87 ans, emportant avec elle l’histoire intime de la grande Histoire, celle qu’elle aura contribué à écrire par sa persévérance et son courage. Nous n’oublierons pas son merveilleux sourire, le 13 septembre dernier, lorsque le président de la République est venu chez elle lui demander pardon, « au nom de la République ». Josette aura vécu ce moment avant de s’en aller. Cette reconnaissance officielle de l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française, elle y a travaillé plus de soixante ans, affrontant les lâchetés politiques et les mensonges de la grande Muette. Par amour. Mais aussi pour tous les Algériens victimes de la torture. Car si sa vie a été indissociablement liée au nom de son mari, Josette Audin était une militante communiste, anticolonialiste, dont l’engagement ne s’est jamais affadi. Ces derniers mois, en dépit de la maladie, elle trouvait la force d’être là où son combat devait la mener. Le 12 décembre, elle était au 1er rang de l’amphithéâtre de l’Institut Poincaré, pour la cérémonie de remise du prix de mathématiques Maurice Audin. Le 14 septembre, elle avait tenu à venir à la Fête de l’Humanité, pour partager avec les « siens » la formidable victoire politique de la reconnaissance, la veille, du crime d’Etat par Emmanuel Macron. Le public de la Fête le lui avait bien rendu, par un de ces instants magiques où l’émotion n’a plus besoin de mots. A l’Agora, sa frêle silhouette avait soulevé l’admiration et le respect d’un public qui a partagé son engagement pendant toutes ces années. Celui qui a permis que le nom de Maurice Audin ne tombe pas dans l’oubli.
 
Le 11 juin 1957, un commando de parachutistes l’arrache au bonheur
 
Sa vie a basculé en 1957. Josette a 25 ans. Militante du Parti communiste algérien (PCA), elle a rencontré Maurice Audin cinq ans plus tôt, à la faculté d’Alger. Ils partagent l’amour des mathématiques, de l’Algérie et de son peuple. Un pays où elle est née et a grandi, dans le quartier de Bab el-Oued. « On était conscient des risques qu’on prenait, expliquait Josette Audin, mais nous étions révoltés par le colonialisme. On ne supportait pas de voir des gosses algériens cirer les chaussures dans les rues, au lieu d’aller à l’école. Au marché, si le vendeur était arabe, tout le monde le tutoyait. Nous ne l’acceptions pas ».  Au mois de juin 1957, l’un des plus meurtriers de la bataille d’Alger, le jeune couple héberge des militants clandestins dans son appartement de la rue Flaubert, dans le quartier du Champ-de-Manœuvre. C’est ici que, vers 23 heures, le 11 juin 1957, des parachutistes tambourinent à leur porte, derrière laquelle dorment leurs trois enfants : Michèle, 3 ans, Louis, 18 mois, et Pierre, 1 mois. « Quand est-ce qu’il va revenir ? » demande Josette Audin alors que son mari est enlevé par l’armée. « S’il est raisonnable, il sera de retour dans une heure », lui répond un capitaine. « Occupe-toi des enfants », a le temps de lui lancer Maurice Audin. Ce seront les derniers mots qu’elle entendra de lui qui n’est jamais revenu. Et Josette n’a jamais cru à la thèse de l’évasion avancée par les autorités. « Jamais », assurait-t-elle. « Il aurait tout fait pour prendre contact avec moi ». Depuis ce jour où un commando de parachutistes l’a arrachée au bonheur, Josette ne s’est jamais résignée.  
 
Josette Audin n’a jamais renoncé, ne s’est jamais résignée
 
« Mon mari s’appelait Maurice Audin. Pour moi il s’appelle toujours ainsi, au présent, puisqu’il reste entre la vie et la mort qui ne m’a jamais été signifiée », écrivait-elle en 2007 dans un courrier adressé à Nicolas Sarkozy, publié dans nos colonnes, resté lettre morte. Inflexible, pendant plus de soixante ans, Josette  n’a jamais renoncé à sa quête de vérité. Dès le 4 juillet 1957, elle porte plainte contre X pour homicide volontaire. La famille de Maurice Audin est la seule à l’épauler dans ces semaines pénibles, où les soutiens se font rares. Les collègues de la faculté ne se précipitent pas pour l’aider. Quant aux camarades, « c’était trop dangereux pour eux de me contacter ». L’instruction de l’affaire, commencée en juillet 1957 à Alger, est transférée à Rennes en 1960. Deux ans plus tard, un premier non-lieu sera prononcé pour « insuffisance de charges ». Mais Josette Audin ne baisse pas les bras. C’est une battante, une militante. Elle décide de rester vivre en Algérie et après l’Indépendance, elle fait le choix de devenir fonctionnaire algérienne, quitte à perdre beaucoup de salaire. Ce n’est qu’à l’été 1966, après le coup d’État de Boumedienne, qu’elle se résout à partir en France, pour protéger sa famille. « On a annoncé à tout le monde, aux voisins, qu’on allait passer l’été dans le sud de l’Algérie. Ma mère avait tout organisé. On a atterri pour une autre vie à Étampes », raconte Pierre Audin, son plus jeune fils, lui aussi mathématicien. « Pas de chance, le proviseur du lycée où ma mère enseignait était au FN. Donc on est partis vivre à Argenteuil… » Quelques semaines après son arrivée en France, en décembre 1966, la Cour de cassation déclare l’affaire « éteinte ». Mais les plaies sont toujours ouvertes. « Ma mère n’en parlait jamais. C’était son jardin secret, et on l’a respecté, confie Pierre Audin. Il y avait son portrait partout, je me doutais que c’était un héros, mais je ne savais pas pourquoi. Un jour, je suis tombé sur un livre dans la bibliothèque, intitulé l’Affaire Audin… »
 
La reconnaissance par Macron, une victoire personnelle et politique
 
Les années passent, et chaque nouvelle étape de l’affaire replonge Josette Audin dans ce deuil impossible. Elle ne s’est jamais remariée. Au début des années 2000, alors que les tortionnaires soulagent leur conscience dans la presse française, Josette remonte au front et dépose une nouvelle plainte contre X pour séquestration, qui aboutira encore à un non-lieu. Elle refuse de rencontrer en privé la famille des assassins de son mari : « Si la vérité doit advenir, explique-t-elle, il faut que cela soit devant tout le monde, devant la justice de la République. » L’espoir, la lassitude, la colère… En janvier dernier, à l’Assemblée nationale, à 87 ans, elle était venue redire, avec une incroyable dignité, qu’elle espérait toujours que « la France, pays des droits de l’Homme, condamne la torture, ceux qui l’ont utilisée, et ceux qui l’ont autorisée ». Ce jour-là, le mathématicien Cédric Villani est à ses côtés. Le député LaREM en est convaincu : Emmanuel Macron doit reconnaître ce crime d’Etat. Simultanément, l’Humanité publie des témoignages d’appelés, qui racontent l’horreur de la torture et remettent dans le débat public les pratiques de l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Une lettre ouverte adressée au président de la République, signée par de nombreuses personnalités, est également publiée dans nos colonnes. « Des deux côtés de la Méditerranée, les mémoires algérienne et française resteront hantées par les horreurs qui ont marqué cette guerre, tant que la vérité n'aura pas été dite et reconnue » affirme le texte. Trois mois plus tard, grâce au geste historique du chef de l’Etat,  la France regarde en face l’une des pages les plus sombres de la colonisation. Car le sort d’un homme révéla tout un système : celui de la pratique généralisée de la torture pendant la guerre d’Algérie.
 
Le 13 septembre dernier, dans le salon de Josette, où Maurice Audin est partout, éternel jeune homme de 25 ans immortalisé par des clichés posés sur les étagères du salon, une page d’histoire s’est écrite. Un dialogue entre Emmanuel Macron et Josette Audin en dit long: « Je vous remercie sincèrement », lui dit-elle. « C’est à moi de vous demander pardon, donc vous ne me dites rien. On restaure un peu de ce qui devait être fait », répond Emmanuel Macron. « Oui, enfin, je vous remercie quand même ! » lui rétorque Josette Audin d’un air malicieux. Le président : « Je vois que l’indiscipline continue »…L’insoumission, l’indocilité plutôt. Le combat de Josette Audin, exemplaire, lui survivra. Nous y veillerons.  Pendant 60 ans, nos colonnes ont tenté de l’accompagner dans son juste combat. C’est dire si les équipes de l’Humanité ont du chagrin aujourd’hui. A ses enfants, Michèle et Pierre, ses petits-enfants, et toute sa famille, elle adresse ses condoléances les plus chaleureuses.
Maurice et Josette Audin

Maurice et Josette Audin

Josette Audin ou le deuil impossible
Mardi, 29 Mai, 2018

À 87 ans, la veuve de Maurice Audin se bat encore pour que la vérité soit faite sur l’assassinat de son mari et la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie. Portrait d’une militante anticolonialiste qui a combattu sans relâche les lâchetés politiques et les mensonges de la grande Muette.

Un portrait ? « Ma vie n’a pas trop d’intérêt vous savez », lâche Josette Audin, qui consent tout de même à l’exercice, « si ça peut être utile ». Dans son appartement de Bagnolet, les mots sont rares. Maurice Audin est partout, éternel jeune homme de 25 ans, immortalisé par des clichés posés sur les étagères du salon. Ses silences, ses soupirs et son regard fixe en disent long du combat de cette femme que l’armée française a arrachée au bonheur, un 11 juin 1957. Mais, derrière ses lunettes, son sourire pudique – lorsqu’elle évoque ses petits-enfants – a gardé la fraîcheur de la jeune femme qu’elle était, qui partageait avec l’amour de sa vie celui des mathématiques, de l’Algérie et de son peuple. Un pays où elle est née et a grandi, dans le quartier de Bab el-Oued.

Militante du Parti communiste algérien (PCA), elle rencontre Maurice Audin en 1952, à la faculté d’Alger. Ils se voient pendant les cours, à la bibliothèque, aux réunions de cellule du PCA. « Ils se sont aussi beaucoup promenés ensemble, et un jour Il a parlé, comme le dit ma mère », raconte sa fille aînée, Michèle Audin (1). Le jeune couple se marie quelques semaines plus tard. « Mais pas à l’église. » Fait rare à l’époque. « Maurice était promis à un avenir brillant, confie Josette Audin. Il avait entrepris sa thèse dans des conditions difficiles, entre notre vie de famille et la guerre. » Depuis l’automne 1955, après l’instauration de l’état d’urgence, le PCA a été dissous. « On était conscient des risques qu’on prenait, explique Josette Audin, mais nous étions révoltés par le colonialisme. On ne supportait pas de voir des gosses algériens cirer les chaussures dans les rues, au lieu d’aller à l’école. Au marché, si le vendeur était arabe, tout le monde le tutoyait. Nous ne l’acceptions pas. »

À l’indépendance, elle fait le choix de devenir fonctionnaire algérienne

Au mois de juin 1957, l’un des plus meurtriers de la bataille d’Alger, le couple héberge des militants clandestins dans son appartement de la rue Flaubert, dans le quartier du Champ-de-Manœuvre. C’est ici que, vers 23 heures, le 11 juin 1957, des parachutistes tambourinent à leur porte, derrière laquelle dorment leurs trois enfants : Michèle, 3 ans, Louis, 18 mois, et Pierre, 1 mois. « Quand est-ce qu’il va revenir ? » demande Josette Audin. « S’il est raisonnable, il sera de retour dans une heure », lui répond un capitaine. « Occupe-toi des enfants », a le temps de lui lancer Maurice Audin. Ce seront les derniers mots qu’elle entendra de son mari. Maurice Audin n’est jamais revenu. Josette n’a jamais cru à la thèse de l’évasion. « Jamais », assure-t-elle. « Il aurait tout fait pour prendre contact avec moi. » Pendant quatre jours, les paras lui interdisent de sortir de son appartement, devenu une véritable souricière, même pour aller au lycée Pasteur, où elle enseigne les mathématiques.

« Mon mari s’appelait Maurice Audin. Pour moi il s’appelle toujours ainsi, au présent, puisqu’il reste entre la vie et la mort qui ne m’a jamais été signifiée », écrivait Josette Audin en 2007 dans un courrier adressé à Nicolas Sarkozy, publié dans nos colonnes, qui restera lettre morte. Inflexible, depuis soixante et un ans, Josette Audin n’a jamais renoncé à sa quête de vérité. « Elle n’a jamais abandonné », explique son plus jeune fils, Pierre, lui aussi mathématicien. Dès le 4 juillet 1957, elle porte plainte contre X pour homicide volontaire. La famille de Maurice Audin est la seule à l’épauler dans ces semaines pénibles, où les soutiens se font rares. Les collègues de la faculté ne se précipitent pas pour l’aider. Quant aux camarades, « c’était trop dangereux pour eux de me contacter ». L’instruction de l’affaire, commencée en juillet 1957 à Alger, est transférée à Rennes en 1960. Deux ans plus tard, un premier non-lieu sera prononcé pour « insuffisance de charges ». Mais Josette Audin ne baisse pas les bras. C’est une battante, une militante. Elle décide de rester vivre en Algérie et, au moment de l’indépendance, elle fait le choix de devenir fonctionnaire algérienne, quitte à perdre beaucoup de salaire. Ce n’est qu’à l’été 1966, après le coup d’État de Boumedienne, qu’elle se résout à partir en France, pour protéger sa famille. « On a annoncé à tout le monde, aux voisins, qu’on allait passer l’été dans le sud de l’Algérie. Ma mère avait tout organisé. On a atterri pour une autre vie à Étampes », raconte Pierre Audin. « Pas de chance, le proviseur du lycée où ma mère enseignait était au FN. Donc on est partis vivre à Argenteuil… » Quelques semaines après son arrivée en France, en décembre 1966, la Cour de cassation déclare l’affaire « éteinte ». Mais les plaies sont toujours ouvertes. « Ma mère n’en parlait jamais. C’était son jardin secret, et on l’a respecté, raconte Pierre Audin. Il y avait son portrait partout, je me doutais que c’était un héros, mais je ne savais pas pourquoi. Un jour, je suis tombé sur un livre dans la bibliothèque, intitulé l’Affaire Audin (2)… »

Les années passent, et chaque nouvelle étape de l’affaire replonge Josette Audin dans ce deuil impossible. Elle ne s’est jamais remariée. Au début des années 2000, alors que les tortionnaires soulagent leur conscience (voir page 6), Josette remonte au front et dépose une nouvelle plainte contre X pour séquestration, qui aboutira encore à un non-lieu. Elle refuse de rencontrer en privé la famille des assassins de son mari : « Si la vérité doit advenir, explique-t-elle, il faut que cela soit devant tout le monde, devant la justice de la République. » L’espoir, la lassitude, la colère… En janvier dernier, à l’Assemblée nationale, à 87 ans, elle est venue redire, avec une incroyable dignité, qu’elle espérait toujours que « la France, pays des droits de l’homme, condamne la torture, ceux qui l’ont utilisée, et ceux qui l’ont autorisée ». Un geste comparable à celui de Jacques Chirac sur la rafle du Vél d’Hiv. « J’attends que la France m’apporte la réponse, je l’attends chaque jour de ma vie. »

(1) Une vie brève, de Michèle Audin. « L’Arbalète », Gallimard. (2) L’Affaire Audin, de Pierre Vidal-Naquet. Les Éditions de Minuit (1958).
Maud Vergnol
Disparition. Josette Audin, une vie à rendre justice (L'Humanité, 3 février 2019 - Maud Vergnol)
Affaire Audin. Un long combat d’Humanité
Mercredi, 12 Septembre, 2018

Dès le 15 juin 1957, quelques jours après l’arrestation de Maurice Audin, l’Humanité se saisit de l’affaire. Aux côtés de sa famille, notre journal exige inlassablement, depuis plus de soixante ans, justice et vérité.

Il lève les yeux au ciel, regard espiègle et cheveux en bataille. Dans les mains, il tient un journal, on n’en distingue pas le titre ; c’est l’Humanité. L’heureuse insouciance de cette photographie accompagne, depuis plus de soixante ans, le combat sans relâche mené par notre titre, aux côtés de sa famille et de sa veuve, Josette Audin, pour exiger justice et vérité sur l’assassinat de Maurice Audin. Quelques jours seulement après son arrestation le 11 juin 1957, l’Humanité se saisit de l’affaire, ce qui lui vaut d’être censurée à maintes reprises par les autorités françaises. Le 30 juin 1957, le journal publie la plainte pour torture adressée au procureur général d’Alger par Henri Alleg, directeur du quotidien Alger républicain, interdit depuis septembre 1955. Alleg est alors interné au camp de Lodi. L’article est en fait une première version de la Question. Il est précédé d’une présentation du dirigeant communiste Léon Feix, sous forme de lettre ouverte au garde des Sceaux, Maurice Bourgès-Maunoury. « Qu’est devenu Maurice Audin ? » demande-t-il, en évoquant aussi les assassinats de Me Ali Boumendjel, de Raymonde Peschard et de Larbi Ben Mhidi, ainsi que le sort des condamnés à mort. « Il n’y a jamais eu en Algérie autant de tortures, de “disparitions”, d’exécutions sommaires », dénonce Feix. Cette édition de l’Humanité est saisie mais les militants communistes s’organisent pour en sauver des exemplaires du pilon et les diffuser clandestinement. Jusqu’en 1962, d’innombrables articles, enquêtes, appels d’intellectuels évoquant l’affaire Audin sont frappés de censure. 

« Le silence officiel serait ajouter au crime de l'époque une faute d'aujourd'hui »

Après l’indépendance de l’Algérie, l’Humanité n’a jamais tourné la page. Au tournant des années 2000, lorsque le témoignage de Louisette Ighilahriz, dans les colonnes du Monde, relance le débat sur les atroces pratiques de l’armée française en Algérie, le journal lance un appel de douze personnalités qui demandent à Jacques Chirac et Lionel Jospin de condamner la torture pratiquée par la France en Algérie. « Des deux côtés de la Méditerranée, la mémoire française et la mémoire algérienne resteront hantées par les horreurs qui ont marqué la guerre d’Algérie tant que la vérité n'aura pas été dite et reconnue (…). Le silence officiel serait ajouter au crime de l'époque une faute d'aujourd'hui », écrivent les signataires (1). Parmi eux, l’historien Pierre Vidal Naquet, qui réfuta point par point, dès le mois de mai 1958, dans l’Affaire Audin, une implacable enquête publiée aux Éditions de Minuit, la fable de « l’évasion » du jeune mathématicien. L’Appel des douze, la publication dans la presse française de témoignages de personnes torturées ébranlent les consciences et suscitent de vifs débats. Le général Aussaresses avoue « sans regrets ni remords », dans le Monde, avoir torturé pendant la guerre d’Algérie. Jacques Massu, interrogé dans les mêmes colonnes sur l’affaire Audin, choisit de rester dans le mensonge : « Je n'ai pas de souvenirs précis. » 
 
Dans l’Humanité du 15 septembre 2000, Josette Audin écrit ces mots :
« Combien de femmes algériennes, combien de mères algériennes, combien d’enfants algériens n’ont pas retrouvé leur mari, leur fils, leur père, “disparu” après être passé entre les mains des tortionnaires ? (…) Tous attendent qu’officiellement on reconnaisse que la torture a été massivement employée pendant la guerre d'Algérie et que ces méthodes honteuses, ces crimes odieux soient officiellement condamnés. » 
Notre journal donne écho à toutes ses initiatives pour la reconnaissance officielle du crime d’État que constitue l’assassinat de son mari ; les autorités restent sourdes à ces appels. En 2012, le Nouvel Observateur exhume, dans les archives de l’université de Stanford, en Californie, un manuscrit du colonel Godard. Cet officier de la 10e division parachutiste (10e DP), passé par l’OAS, mort en 1975, y désigne un sous-lieutenant du 6e RCP, Gérard Garcet, comme l’auteur de l’assassinat de Maurice Audin, ordonné par Massu et organisé par l’équipe que supervisait Aussaresses durant la bataille d’Alger. L’intéressé se mure dans un silence de plomb, refuse obstinément de répondre à nos sollicitations. Son nom revient encore dans le témoignage d’un ancien appelé que publie l’Humanité le 14 février dernier. Le vieil homme pense avoir, sur son ordre, « enterré » le corps de Maurice Audin. Son récit, insoutenable, est repris dans toute la presse française et algérienne. Trois mois plus tard, notre journal prend l’initiative d’une lettre ouverte demandant au président de la République la reconnaissance officielle des sévices subis par Maurice Audin et de son assassinat par l’armée française. Il est signé d’une cinquantaine de personnalités. 
 
Alors que l’État reconnaît, enfin, sa responsabilité dans ce crime, nous reviennent en mémoire les termes d’une lettre de Josette Audin, publiée dans l’Humanité du 21 juin 2007 :
« Il s’agit d’un crime contre un homme, contre sa famille, contre l’Algérie, contre la France, contre l’humanité. Hélas, je le sais, il n’est pas le seul crime de cette guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu et qui a fait d’innombrables victimes algériennes et françaises. La torture à laquelle n’a pas survécu mon mari n’était pas un accident, elle avait été institutionnalisée. Si la vérité sur la mort de Maurice Audin, mon mari, était enfin dévoilée, nombreux seraient ceux, sur les deux rives de la Méditerranée, qui y verraient un acte de justice pour tous, contribuant à l’amitié entre des peuples meurtris, et rendant au mot de République un peu du crédit perdu dans ces circonstances. »

 
(1) Gisèle Halimi, Germaine Tillion, Madeleine Rebérioux, Pierre Vidal Naquet, Henri Alleg, Josette Audin, Simone de Bollardière, Nicole Dreyfus, Noël Favrelière, Alban Liechti, Laurent Schwartz, Jean-Pierre Vernant.
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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 13:31
Humanité(s) - le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin, L'Humanité, 1er février
Humanité(s)
 
Le temps qui est celui du journal fondé par Jean Jaurès se résume d’un mot: combat. 

Union. Comment parler d’autre chose? Alors que chacun sait désormais que le journal fondé par Jean Jaurès traverse l’une des crises financières les plus épouvantables de sa longue existence, et que, dans un mouvement spontané dont il convient d’apprécier l’ampleur avec gravité et enthousiasme, des centaines et des milliers (on ne sait plus) de témoignages parviennent à la rédaction depuis une bonne semaine, il vient à l’esprit du bloc-noteur tant de phrases impossibles que les nuits sans sommeil sont trop longues et les jours d’hiver bien trop courts pour relever les manches, et le gant. Le goût de l’aventure collective ne nous est peut-être pas tombé du ciel, mais nous disposons d’une créance militante sur nos beaux emportements. Disons une certaine éthique de l’idée en partage : nous ne nous en sortons pas tout seuls, les hommes se sauvent ensemble ou pas du tout. Nous sommes poussés dans le dos. Car notre histoire plus que centenaire, sans faire le détail de ses tribus et avec tous ses aggiornamentos, a dans son ADN un pacte avec la durée, parce qu’elle est «transmission», transport d’une information rare le long du temps. Telle une chaîne d’union, passé-présent-futur, ceux qui nous regardent encore avec amour et passion peuplent cette histoire longue, tout en étant, très exactement, l’unité même de cette histoire. Voilà notre seul capital. Ne nous méprenons pas, cette histoire n’est pas l’étude du passé, mais l’étude de l’homme dans sa durée continue – un déjà-demain.

Autorité. Face à l’écume des jours, face la révolution informationnelle, face à l’infobésité qui nous submerge, face à la domination massive de l’émotivité et de la pensée guidée entretenue et fouettée par la magie de l’image-son à gogo payée par des milliardaires, une seule phrase suffit pour prendre la mesure du moment: imaginez une France sans l’Humanité, sans cette voie ouverte et offerte au plus grand nombre à notre faculté de jugement critique… Drôle de néant, n’est-ce pas? Le bloc-noteur n’évoque pas là le sort personnel et intime (cela compte) de ceux qui fabriquent nos titres. Non, ce que nous convoquons en grand, c’est autre chose, c’est bien ce patrimoine national appelé l’Humanité, qui est tout sauf un musée! Nous le savons, ici à la rédaction, qui a vu passer tant de plumes célèbres et d’admirables anonymes, autant de militants du journalisme engagé: l’autorité n’est pas la puissance, elle ne doit pas sa domination à la force mais à son inscription dans un ordre symbolique. Notre héritage de la crédibilité est un gage majeur. Il nous oblige, par les temps qui courent. Toujours innover ; toujours se rendre indispensable ; aller au-delà des apparences ; ouvrir des brèches ; déranger ; surprendre ; penser contre nous-mêmes (le plus difficile) ; et rechercher inlassablement au plus profond de nous-mêmes cette dimension particulière qui fait du traitement de l’information un bien commun : la relation à l’autre et le rapport à la réalité, à la vérité. Plus nous portons cet engagement, presque au sens «sacré» du terme, moins le goût de la propagande nous habite. Voilà la haute idée que nous nous faisons des lecteurs.
 

Cri. Seule la résonance du futur dans le passé-présent nous offre – dans de rares moments d’orgueil – la possibilité de nous incarner dans quelque chose de plus grand que nous. Ce quelque chose qui nous dépasse porte un nom. C’est l’Humanité. Il ne nous appartient pas. Il appartient à tous. Dans le journal de Jaurès, le journalisme n’est pas un testament mais un acte de vie chaque jour recommencé, un cri de naissance perpétuel qui renvoie au cri de l’homme assassiné. Chaque fois unique le début de l’Humanité, car il y a un temps pour tout. Un temps pour mesurer le poids de l’Histoire en son ampleur, donc la responsabilité collective de tous. Un temps pour débattre de nos contenus – bien sûr – et de l’invention jamais épuisée d’une presse d’émancipation du XXIe siècle, qui ne saurait exister sans l’Humanité. Mais, pour l’heure, dans l’ici-et-maintenant, le temps qui est le nôtre se résume d’un mot: combat. 

 
[BLOC-NOTES publié dans l'Humanité du 1er février 2019.]
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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 13:22
Mobilisation générale pour que vive L'Humanité (Patrick Le Hyaric, 2 février 2019)
Bonjour à chacune et chacun,

Avec les équipes de L’Humanité, nous vivons un moment extrêmement difficile. Notre groupe est sous la protection du tribunal de commerce depuis le 21 janvier. Une audience du tribunal de commerce s’est tenue ce mercredi 30 janvier au matin. Le verdict ne sera rendu que le 7 février. Nous avons plaidé la continuité de l’exploitation de l’entreprise à partir d’un plan de redressement que nous devons parfaire encore car nous aurons l’obligation impérative d’être en permanence à l’équilibre économique incluant le remboursement des dettes.
 
Cela fait des semaines que par l’intermédiaire de cette « Lettre », j’alerte sur nos difficultés. Je suis intervenu au moins trois fois dans L’Humanité à ce sujet. Une souscription avait été relancée depuis la fin du mois d’octobre. Elle a d’ailleurs permis de collecter un million d’euros jusqu’au 31 décembre et nous a permis de « tenir ». Mais il nous faut beaucoup plus d’argent pour être tirés d’affaire.
 
Certains amis me demandent pourquoi je n’ai pas moi-même annoncé cette décision. Ils l'ont apprise à partir d’informations « fuitées » dans un magazine il y a huit jours. D’abord je dois dire que ce magazine a bafoué sa parole puisque comme pour tous les autres journaux, il m’avait promis de ne rien publier avant le jour de la convocation du tribunal de commerce. L’article publié, élaboré avec quelques bavards imprudents, était truffé d’informations approximatives ou fausses susceptibles de faire beaucoup de mal à l’entreprise et aux salariés.

Je ne souhaitais pas communiquer avant le 30 janvier parce que l’Humanité, comme toute entreprise de presse, est insérée dans tout un tissu économique et d’entreprises prestataires de services qui peuvent être elles-mêmes inquiètes de notre situation ou en subir des conséquences lorsque nous sommes en dette vis-à-vis d’elles – imprimeurs, transporteurs, prestataires de la fête, fournisseurs de papiers, gestionnaires d’abonnements. Il nous fallait prendre contact avec elles et les prévenir de notre état et du fait que le remboursement de dettes serait reporté. Tout mouvement de panique aurait eu des conséquences terribles sur toute une chaine, et aurait pu mettre à mal la parution de nos journaux. Imaginons que le fournisseur de papier décide de ne pas nous en fournir, ou que le gestionnaire d’abonnement décide de ne plus les servir tant qu’il n’est pas payé. Ceci nous aurait précipité vers l’abime dès lundi dernier. Mais de cela, les petits télégraphistes et confrères peu respectueux n’en ont cure.
 
Personnellement je suis comptable de la protection de l’entreprise, des salariés et au-delà de la continuité du formidable projet et des valeurs que porte L’Humanité. A côté de ces petits méfaits, je dois remercier l’ensemble des confrères, des radios, télévisions et quelques journaux qui ont rendu convenablement compte de l’enjeu qui est posé au pays et à la profession. De Sonia Devillers, qui y a consacré un éditorial puis invité Patrick Apel-Muller, à Pascal Praud chez Cnews, ou Philippe Vandel chez Europe 1, la correspondance de la presse et bien d’autres encore. Evidemment je ne veux pas ici parler des chacals qui ont érigé des tombes pour L’Humanité en nous insultant et nous crachant au visage. Ils nous rêvent en prison ou morts. Ils vont être très déçus.

J’ai donné depuis un moment des éléments sur les causes de nos difficultés. Cette année par exemple nos coûts de production vont augmenter de près d’un million d’euros. Les problèmes ne sont pas spécifiques à L’Humanité. Tous les journaux connaissent des difficultés financières. Mais celles-ci se résolvent par l’apport de capitaux de groupes industriels et financiers. Ce n’est pas notre cas. D’autre part depuis 2016, l’Etat s’était engagé à porter avec nous un plan de reconstitution de nos capitaux, avec mobilisation de banques, d’investisseurs liés à l’économie sociale et l’industrie numérique, et à la mobilisation du fonds de développement numérique. Rien de tout ceci n’a été tenu malgré des dizaines et des dizaines de réunions donnant l’impression de laisser passer le temps, nous plaçant dans une sorte de supplice chinois jusqu’à l’étranglement définitif. L’Humanité reste un enjeu bien plus important qu’on ne le croit pour certaines forces conservatrices et certains milieux économiques.
 
 
 
 
Un grand élan de solidarité
pour l'Humanité
 
Un formidable mouvement de solidarité se développe depuis quelques jours autour de L’Humanité. Des citoyens de toutes opinions se manifestent, des syndicalistes et des organisations syndicales, essentiellement la CGT, des mutuelles, des coopératives, des sections du Parti communiste, des députés, des sénateurs de tous les groupes républicains, des journaux dont nos amis du groupe Bayard-La Croix, apportent de l’argent. Des institutions, des municipalités dirigées par des maires de l’arc républicain installent des abonnements.
 
 
Nous recevons des centaines de messages de soutien et de solidarité de tous les milieux. Autant d’actes d’encouragement en ces moments très difficiles.

La nouvelle campagne de souscription dit long sur le mouvement de mobilisation en cours puisque ce vendredi 1er février 470 000 euros avaient déjà été rassemblés.

Cette mobilisation va évidemment s’amplifier encore. Elle passe par la réussite de la grande campagne de parrainage qui permet pour 27 euros de faire découvrir L’Humanité Dimanche et L’Humanité des débats durant deux mois.
 
 
 
Télécharger le bulletin
 
 
Avec la souscription, cette initiative participe évidemment du plan de redressement que nous allons continuer de défendre. Plus le nombre d’abonnés augmentera plus la crédibilité d’un plan durable de développement sera garanti.
 
Soirée de mobilisation 
à la Bellevilloise

De même la soirée de mobilisation à la salle La Bellevilloise à Paris le 22 février est importante. Y seront présents des personnalités, des syndicalistes, des créateurs, des penseurs, des représentants de la presse et des médias de toutes opinions, des parlementaires qui viendront nous saluer, apporter leur solidarité et dire quelques mots. Encore une fois nous les remercions de leur engagement. Compte tenu du nombre limité de place à La Bellevilloise et pour des raisons de sécurité nous demandons à chacune et chacun de s’y inscrire sans attendre.
 
>> Télécharger le bulletin d'inscription à imprimer.
 
S'inscrire en ligne
 
 
Une multiplicité d'initiatives
pour que vive L'Humanité
 
De multiples initiatives de solidarité avec L’Humanité sont prises un peu partout dans le pays avec des banquets, des débats, des concours de belote, des distributions de journaux ou des matinées pour faire découvrir nos journaux dans des points de rencontres, dans des lieux publics ou des entreprises. Sur les réseaux sociaux, des lectrices et lecteurs s’affichent avec nos journaux et relaient des articles.
 
Samedi prochain à 9h aura lieu l’assemblée générale des Amis de L’Humanité à la Maison des métallos à Paris. Ce sera l’occasion de donner des informations supplémentaires et d’amplifier le mouvement en cours pour que vive L’Humanité.

Nous sommes donc en posture de combat pour sauvegarder et développer L’Humanité. Des jours difficiles sont devant nous mais nous allons les affronter avec la force de nos convictions et de nos engagements.
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