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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 20:47

UBS : une condamnation à la hauteur et un appel à renforcer la lutte contre la fraude fiscale (Fabien Roussel)

 

Enfin ! Reconnue coupable de « blanchiment aggravé de fraude fiscale » et de « démarchage bancaire illégal », la banque suisse a été condamnée ce mercredi par le tribunal correctionnel de Paris à une amende record de 3,7 milliards d’euros. Je veux d’abord saluer le courage des lanceurs d’alerte qui ont su résister aux pressions et menaces de toutes sortes, y compris contre leur vie, pour permettre la mise à jour de ces pratiques indécentes.  Je veux aussi souligner le rôle important de la presse, qui a su enquêter et révéler cette affaire au public.

Mais il faut aller plus loin. Tant que l’on ne mettra pas en place des règles claires pour les contrer, les affaires d’évasion fiscale continueront de prospérer encore longtemps. C’est pourquoi il est urgent d’agir, au niveau européen mais aussi national, pour mettre fin à un système qui prive nos budgets de recettes fiscales indispensables pour financer les politiques publiques.

Adoptons sans attendre, comme je l’ai proposé à l’Assemblée, une liste noire crédible des paradis fiscaux, en lieu et place de l’actuelle, où ne figurent ni la Suisse, ni l’Irlande, ni les Pays-Bas, ni le Luxembourg, ni aucun des cadors de la triche mondiale. Et mettons en place l’imposition à la source des bénéfices des multinationales au lieu d’attendre, comme maintenant, qu’ils soient transférés vers des pays champions du dumping fiscal.


L’exigence de transparence et de justice fiscale monte de toute part, pas seulement en France. C’est aux Etats d’y répondre en priorité, et non aux seuls lanceurs d’alerte et à la justice. 

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

Paris, le 20 février 2019.

UBS : une condamnation à la hauteur et un appel à renforcer la lutte contre la fraude fiscale (Fabien Roussel)
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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 18:29
Escalade répressive, aspirations démocratiques - Des violences policières aux violences judiciaires, par Raphaël Kempf, Le Monde Diplomatique, février 2019

Escalade répressive, aspirations démocratiques

Des violences policières aux violences judiciaires

Débordé par un mouvement social inédit, le gouvernement français s’est lancé dans une surenchère législative, au risque d’entraver la liberté de manifester. Entretenant un rapport cynique avec la violence, il enjoint à tous de la condamner, sauf quand elle relève de sa responsabilité. À défaut d’issue politique, il joue le pourrissement et engage une répression sans précédent depuis les années 1960.

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 18:22
Recomposition politique et sociale - Lutte de classes en France - par Serge Halimi et Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique, février 2019

Recomposition politique et sociale

Lutte de classes en France

Au mouvement des « gilets jaunes » le chef de l’État français a répondu en lançant un « grand débat national ». Ce genre d’exercice postule que les conflits sociaux s’expliquent par des problèmes de communication entre le pouvoir et ses opposants, plutôt que par des antagonismes fondamentaux. Une hypothèse hasardeuse…

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 18:15
Institutions. Quand le Sénat atteint l’Élysée en visant Benalla
Jeudi, 21 Février, 2019

Le rapport de la commission d’enquête est sévère pour la présidence, dépeinte comme dépassée par les événements et en proie à de récurrents dysfonctionnements.

Comment « tout se déglingue ». On n’attend pas ce genre de langage familier au Sénat, ­surtout pas dans la bouche du ­sénateur Jean-Pierre Sueur (PS). Onctueux, le phrasé soigné, le corapporteur, avec Muriel Jourda (LR), de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla a, en toute fin de présentation, lâché ce verbe. À l’heure de remettre son rapport, la commission des Lois du Sénat a demandé hier des poursuites contre l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, mais aussi la saisine de la justice sur les déclarations des principaux collaborateurs du président. En raison des « dysfonctionnements majeurs » que la commission dit avoir mis au jour, les membres de la commission présidée par Philippe Bas (LR) demandent de saisir le parquet « des déclarations » d’Alexandre Benalla et de son comparse Vincent Crase. Ils soupçonnent un « faux témoignage » d’Alexandre Benalla sur le « périmètre de ses fonctions » à l’Élysée et « son rôle dans le dispositif de sécurité du chef de l’État », mais aussi sur l’utilisation de ses passeports diplomatiques. « L’Élysée nous a d’abord présenté Benalla comme un bon élément, puis, au fil de révélations dans la presse, comme un individu isolé, explique la sénatrice Muriel Jourda. En réalité, il évoluait dans un système dont les dysfonctionnements ont affecté la sécurité du chef de l’État. » Les sénateurs doutent même de l’effectivité des sanctions prises à l’encontre du chargé de mission après l’épisode du 1er Mai. Pas de retenue de salaire, mais sur ses droits à congés, seulement. Il peut le jour même renouveler son passeport diplomatique, obtenir un logement de fonction, et sa relégation à des tâches d’organisation connaît de sacrées entorses : il est de la panthéonisation de Simone Veil, du défilé du 14 Juillet, de la descente des Champs des Bleus le 16, et des déplacements privés du couple présidentiel, soulignent les rapporteurs.

Saisir la justice pour vérifier « un certain nombre d’omissions »

Le rapport de la commission d’enquête après six mois de travaux et 40 personnes entendues au cours de 34 auditions, parfois accablant pour l’Élysée, dessine un palais où « chacun se défausse sur l’autre de la responsabilité ». Il comporte aussi plusieurs révélations. C’est notamment pour avoir, déjà, demandé en vain un permis de port d’armes que Benalla s’est fait licencier par le ministre Arnaud Montebourg. Toujours soucieux de l’obtenir une fois à l’Élysée, Benalla rédige lui-même un argumentaire à destination de sa hiérarchie, envisageant même, en cas d’échec des voies normales, que le président prenne un… « arrêté confidentiel » pour le lui accorder.

Au centre de l’affaire la plus retentissante depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, Benalla et son associé Vincent Crase, ex-employé de la République en marche, ont dormi en prison mardi soir, après la révocation de leur contrôle judiciaire. Les deux sont en outre soupçonnés d’avoir menti au sujet du contrat de ­sécurité privée pour le compte du Russe Iskander Makhmudov, alors que les révélations du site Mediapart, peut-on lire dans la lettre que les rapporteurs adressent au président du Sénat pour les suites judiciaires, laissent supposer « l’implication de M. Alexandre Benalla dans la négociation dudit contrat alors que ce dernier était encore en fonction à l’Élysée ». Contrat qui fait aujourd’hui l’objet d’une enquête récente du parquet national financier.

Tout aussi explosif pour Emmanuel ­Macron, les commissaires demandent au bureau du Sénat de saisir la justice pour vérifier « un certain nombre d’omissions, d’incohérences et de contradictions » relevées lors des auditions des plus hauts collaborateurs du chef de l’État. Sont nommés le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, et le chef de cabinet Patrick Strzoda, mais aussi le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne, soupçonnés d’avoir « retenu une part significative de la vérité » lors de leurs auditions. D’autres, non encore entendus, insistent les rapporteurs, pourraient faire l’objet d’enquêtes.

Le faux témoignage sous serment passible d’emprisonnement

La décision finale de saisir ou non la justice reviendra au bureau du Sénat, un organe où tous les groupes sont représentés. Le faux témoignage sous serment devant une commission d’enquête parlementaire est puni de cinq, voire sept ans d’emprisonnement, rappelle la commission. « Cela fait tout de même beaucoup, si bien que les faits constatés le 1er Mai apparaissent maintenant comme la partie émergée d’un iceberg », résume encore Philippe Bas. Le président de la commission des Lois liste notamment des « sanctions insuffisantes au départ, une justice tenue à l’écart, un permis de port d’armes irrégulier, un port d’une arme par Alexandre Benalla en présence du président de la République ». Mais aussi « non-respect des règles de déontologie sur les conflits d’intérêt, maintien en possession de M. Benalla d’un téléphone crypté, de passeports diplomatiques ou de service qui n’ont pas été récupérés, absence d’instructions données à la police aux frontières de ne pas permettre à M. Benalla de sortir au moyen de ses passeports diplomatiques ou de service ».

Comment « tout se déglingue » ne répond pas à la question pourquoi. Là, pourtant, Jean-Pierre Sueur revient sur l’extrême mansuétude dont a bénéficié l’ex-chargé de mission, dépeint comme autorité que personne ne peut contester à l’intérieur même de l’Élysée. Le genre de propos qui n’éteindra pas de sitôt la rumeur d’une protection venue du chef de l’État en personne.

Lionel Venturini
Institutions. Quand le Sénat atteint l’Élysée en visant Benalla (L'Humanité, Lionel Venturini, 21 février 2019)

Alexandre Benalla: nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat - Fabien Roussel, sécrétaire national du PCF

Nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat (Fabien Roussel)

Faux témoignages, parjures, port d'armes, conflits d'intérêt, fébrilité de l'exécutif, absence de sanctions... Le rapport de la commission d'enquête de Sénat est accablant. La totale impunité dont Benalla et ses compères ont bénéficié est démontrée. Nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat.

L'affaire Benalla révèle de graves dysfonctionnements au plus haut sommet de l'Etat. Elle met en cause Benalla mais aussi de nombreux membres des cabinets de l'Elysée et de Matignon.

Il y a encore beaucoup de zones d'ombre et la justice doit être saisie en urgence pour faire toute la lumière sur cette affaire et pour que des sanctions fermes soient prises à l'encontre de ceux qui ont mis en cause nos institutions.

Cette affaire met en évidence les abus de pouvoirs de collaborateurs de la Présidence et les conflits d'intérêts avec des puissances étrangères.

Heureusement que le Parlement et particulièrement le Sénat a pu mener cette enquête poussée, malgré les pressions. Cela conforte encore plus le rôle des parlementaires dans leur diversité pour qu'ils puissent exercer le contrôle strict de nos institutions.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord

 

Paris, le 20 février 2019.

 

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 17:40

Tribune de Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH, à lire dans Mediapart

Bien sûr que les insultes essuyées par Alain Finkielkraut relèvent d’une parole antisémite déguisée. A l’évidence, le mot sionisme n’est ici que le cache sexe de l’antisémitisme. Et rien ne peut relativiser cette réalité. Même pas l’ire réactionnaire d’un académicien qui rêve d’un pays fantasmé et propriété des élites, surtout pas le double discours d’un opposant à la colonisation et au gouvernement actuel d’Israël dont la voix ne se fait entendre que lorsqu’il s’agit de défendre Israël, pas plus lorsqu’il s’agit de pointer les incohérences énervées d’un intellectuel qui en 2002 évoquait le souvenir de « la nuit de Cristal » à propos des actes antisémites en France ou, en 2005, à propos de la révolte des banlieues, les « pogroms antirépublicains », pour finir par exprimer sa peur de « l’immigration de peuplement » et du « grand remplacement ».

Qu’Alain Finkielkraut attire et attise la haine ne saurait justifier ni cette haine, ni sa nature raciste et antisémite. C’est la raison pour laquelle, avant de prendre en considération ce qui peut déplaire dans le personnage, les insultes qu’il a supportées impliquent une condamnation sans réserve car, au-delà de l’individu qu’elles atteignent, il s’agit là d’une agression contre le fondement de tout contrat social.

Est-ce une raison pour faire de ceux et celles qui se proclament antisionistes des délinquants ? C’est pourtant ce que souhaitent, paraît-il, une trentaine de députés se sentant, sans doute, soutenus par un président de la République qui a cru bon d’abonder en ce sens et d’introniser Benjamin Netanyahou comme représentant des juifs du monde entier.

Il est vrai que la Cour de cassation a déjà cru bon d’assimiler l’appel au boycott des produits israéliens à une manifestation d’antisémitisme. On attend avec impatience ce que dira la Cour européenne des droits de l’Homme d’une interprétation si extensive du droit pénal français et si restrictive de la liberté d’expression.

Je ne suis pas de ceux et celles qui délégitiment l’existence de l’Etat d’Israël. On peut gloser à l’infini sur les raisons qui ont amené à sa création, sur la catastrophe qu’a représentée cette création pour les habitants chrétiens et musulmans de la Palestine (sauf à nier l’évidence…), etc. Le débat historique n’a d’intérêt qu’en ce qu’il redresse certains mythes (les Palestiniens n’existent pas et sont partis d’eux-mêmes, il n’y avait pas de juifs en Palestine, par exemple) mais il ne résout en rien la contradiction qui perdure depuis plus de 100 ans et qui s’exprime aujourd’hui autour d’une réalité simple et cruelle : une nation occupante d’une nation occupée et colonisée.

C’est pourquoi, j’ai du mal à m’identifier à un débat qui mêlerait anti ou pro sioniste et pro ou anti Palestinien. La seule question qui vaille c’est celle du droit, du droit d’Israël à exister et du droit du peuple palestinien à avoir son Etat. Or, à ce jour, c’est bien la deuxième partie de la proposition qui est niée : ce n’est pas l’existence d’Israël qui est menacée par les Palestiniens, c’est le droit des palestiniens à exister qui leur est refusé par une puissance occupante qui bénéficie d’appuis qui vont de la caution active, j’évoque ici les USA, à une lâche complicité, j’évoque ici l’Union européenne, y compris la France.

Il y aurait donc une certaine incongruité à vouloir légiférer à ce propos alors et surtout que personne ne songe à incriminer ceux et celles, en Israël comme en France, y compris dans la représentation nationale, qui contestent le droit des Palestiniens à avoir leur Etat voire vont jusqu’à nier leur existence !

Renvoyer le débat politique au juge, en deçà des limites qui mettent en cause les principes essentiels, n’a jamais rien produit d’autres qu’une restriction aux règles démocratiques au mieux et une radicalisation mortifère au pire.

Déjà injustifiable, cette criminalisation du débat autour d’Israël et du sionisme est totalement contreproductive au regard des objectifs que lui assignent ses soutiens.

Dire que l’antisionisme ne recouvre pas, chez certains, une manifestation d’antisémitisme serait scandaleusement stupide. La défense des droits des Palestiniens a servi de cache-sexe à bien des pouvoirs et à bien des manipulations. Des régimes arabes qui mobilisent les foules sur ce thème pour éviter qu’elles se préoccupent de leur propre sort, aux pseudos idéologues en même temps qu’antisémites avérés comme Soral et consorts, les Palestiniens ont subi plus qu’à raison cette instrumentalisation. Qu’il faille lutter contre cela, nul n’en disconvient et le code pénal contient suffisamment de dispositions pour condamner quiconque s’aventure sur ce terrain.

Aller au-delà ne permettra que d’interdire toute critique de la politique des gouvernements israéliens.

C’est bien l’objectif recherché dans la tentative de l’IHRA [1] de faire adopter une définition normative de l’antisémitisme. Outre la pauvreté intellectuelle que recèle le texte proposé, ce sont les exemples, en particulier l’un d’entre eux, qui éclairent l’assimilation des critiques que supportent la politique israélienne à de l’antisémitisme. Cette proposition de définition est, en effet, assortie d’exemples de manifestations d’antisémitisme dont celle-ci : « Appliquer deux poids, deux mesures en imposant à celui-ci [l’Etat d’Israël] un comportement non attendu ni exigé de la part d’un autre pays démocratique. »

On ne peut dire plus clairement que ce qui est ainsi recherché c’est l’absolution et l’impunité de la politique israélienne.

Cette tentative, soutenue par le ban et l’arrière-ban des organisations communautaires juives, comme la volonté de criminaliser le discours antisioniste, ne serviront nullement à combattre l’antisémitisme mais, tout au contraire, à le renforcer. En assimilant une manifestation de racisme intolérable à une critique fût-elle radicale, d’Israël et de sa politique, ce sont tous les juifs qu’on assimile ainsi aux errements de celle-ci et, particulièrement, à ce qu’elle conduit à faire subir au peuple palestinien.

Si l’on voulait tirer un trait d’union entre juifs français ou d’autre nationalités et le discours raciste et les pratiques déshumanisantes des autorités israéliennes, on ne s’y prendrait pas autrement.

C’est le chemin que s’apprêtent à emprunter ceux et celles qui caressent l’idée d’introduire la dimension de l’antisémitisme dans la critique des gouvernements israéliens.

C’est le chemin qu’a déjà emprunté le président de la République en invitant Benjamin Netanyahou à la cérémonie du Vel d’Hiv et en y recourant à ce même syllogisme.

Lequel Netanyahou s’est empressé de remercier Emmanuel Macron en réunissant à Jérusalem ce quarteron de gouvernements autoritaires et plus ou moins antisémites du groupe de Visegrad.

Non, critiquer la politique israélienne, réclamer l’application de sanctions devant le refus permanent des autorités israéliennes de respecter le droit international, exiger que les produits israéliens qui arrivent sur nos tables et dans nos magasins ne soient pas issus des colonies, tenter de faire juger les généraux israéliens coupables de crimes de guerre, dénoncer la discrimination dont sont victimes les hommes et femmes d’Israël qui ne sont pas juifs, tout cela n’a rien à voir avec l’antisémitisme.

Cela concerne l’idée qu’il n’y a qu’une seule humanité soumise aux mêmes règles.

Paris, le 18 février 2019

Michel Tubiana, Président d’honneur de la LDH

[1] https://www.holocaustremembrance.com/

18 février – Tribune de Michel Tubiana, président d'honneur de la LDH - Du bon usage de l’antisémitisme en politique - publiée dans Mediapart
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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 17:32
Manifestation contre l'antisémitisme. Agression. Violences contre des militants communistes (Jeudi, 21 Février, 2019, Olivier Morin, L'Humanité)
Agression. Violences contre des militants communistes
Jeudi, 21 Février, 2019

Lors du rassemblement contre l’antisémitisme à Paris, deux participants ont été insultés et frappés à cause de leur engagement politique.

Insultés d’« antisémites », de « sales communistes », menacés et frappés au sol… Deux jeunes militants du Parti communiste français et du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) ne s’attendaient pas à subir de telles violences en se rendant au rassemblement contre l’antisémitisme qui se tenait place de la République à Paris, mardi soir, et auquel appelait notamment leur formation. Les étudiants avaient quitté la faculté de Nanterre en fin d’après-midi pour gagner le rassemblement. Après s’être frayés un chemin à travers les couloirs du métro bondés, ils se positionnent sur la place qui ne l’est pas moins.

Une deuxième salve de coups et d’insultes

Identifiés grâce aux drapeaux et aux autocollants de leur organisation, ils ont été très vite l’objet de provocations. « On nous reprochait de soutenir le peuple palestinien avec un confusionnisme énorme sur la question. Les gens prétendaient que les Palestiniens étaient tous des criminels qui en voulaient aux juifs », décrit l’un d’entre eux. « Je porte un keffieh autour du cou que ma mère m’a offert », raconte-t-il encore. Celui-ci lui sera arraché violemment, « en m’étranglant et en m’insultant », précise-t-il, évoquant le symbole que celui-ci représentait. « Quelques personnes disaient nous soutenir », mais pas suffisamment pour empêcher une deuxième salve de coups et d’insultes. Et, si la police était présente, elle est, selon les victimes, « restée indifférente ». Pire, un des militants rapporte avoir été empoigné et plaqué par un agent, après avoir subi l’agression des participants. L’autre a passé la nuit en observation aux urgences et est sorti hier matin avec cinq jours d’ITT.

Ils ont été agressés « parce que communistes et militants de la cause palestinienne », ont déclaré la fédération du PCF des Hauts-de-Seine et celle du MJCF dans un communiqué, décrivant un « climat de haine largement entretenu depuis plusieurs jours par des irresponsables politiques, qui de nouveau tentent d’associer toute critique de la politique du gouvernement israélien à de l’antisémitisme ». Pierric Annoot, secrétaire départemental du PCF, se souvient des agressions que lui et ses camarades avaient subies de la part de la Ligue de défense juive et du Betar, deux mouvements extrémistes et violents, lorsqu’il militait pour la libération de l’avocat Salah Hamouri, en 2012. Les deux organisations communistes estiment que « la lutte indispensable contre l’antisémitisme ne doit pas être prétexte pour des groupes radicalisés à faire régner la terreur et remettre en cause la liberté d’expression et d’opinion ».

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 13:19
Elsa Faucillon

Elsa Faucillon

« École de la confiance » : les députés communistes votent contre

mercredi 20 février 2019

Adopté hier par l’Assemblée nationale, le projet de loi "Ecole de la confiance"porté par le ministre Jean-Michel Blanquer entérine l’obligation d’instruction à 3 ans, prévoit de confier des missions d’enseignement à certains surveillants volontaires ou de créer des rapprochements entre écoles et collèges.

Les députés communistes ont voté contre.

"Cette loi, comme la supression de 2500 postes d’enseigants, répond plus aux injonctions de CAP 22 qu’aux exigences d’égalité si nécessaires à une société émancipatrice" dénonce Elsa Faucillon députée dans l’explication de vote du groupe.

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 13:12
Alexandre Benalla: nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat - Fabien Roussel, sécrétaire national du PCF

Nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat (Fabien Roussel)

Faux témoignages, parjures, port d'armes, conflits d'intérêt, fébrilité de l'exécutif, absence de sanctions... Le rapport de la commission d'enquête de Sénat est accablant. La totale impunité dont Benalla et ses compères ont bénéficié est démontrée. Nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat.

L'affaire Benalla révèle de graves dysfonctionnements au plus haut sommet de l'Etat. Elle met en cause Benalla mais aussi de nombreux membres des cabinets de l'Elysée et de Matignon.

Il y a encore beaucoup de zones d'ombre et la justice doit être saisie en urgence pour faire toute la lumière sur cette affaire et pour que des sanctions fermes soient prises à l'encontre de ceux qui ont mis en cause nos institutions.

Cette affaire met en évidence les abus de pouvoirs de collaborateurs de la Présidence et les conflits d'intérêts avec des puissances étrangères.

Heureusement que le Parlement et particulièrement le Sénat a pu mener cette enquête poussée, malgré les pressions. Cela conforte encore plus le rôle des parlementaires dans leur diversité pour qu'ils puissent exercer le contrôle strict de nos institutions.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord

 

Paris, le 20 février 2019.

Alexandre Benalla: nous sommes face à un gigantesque scandale d'Etat - Fabien Roussel, sécrétaire national du PCF
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 08:35

Maryam Madjidi, écrivaine, professeur de Français Langues Etrangères travaillant avec les réfugiés, fille de militants communistes iraniens contraints à l'exil, militante pour le droit d'asile, auteur de "Marx et la poupée", un magnifique roman sur l'exil, son découverte de la France, son rapport avec l'Orient et les illusions de l'orientalisme, et l'engagement de ses parents qui a reçu le Prix Goncourt du Premier Roman en 2017 et le prix Ouest-France Etonnants Voyageurs en 2017, le prix Soroptimist de la romancière francophone 2018 !

Maryam Madjidi qui est candidate en 8ème position sur la liste Européenne de Ian Brossat et du PCF sera l'invitée du PCF Finistère le vendredi 5 avril et le samedi 6 avril. 

Elle donnera une conférence d'éducation populaire le vendredi 5 avril à 18h au local du PCF Morlaix sur sa trajectoire personnelle et familiale, sa vocation d'écrivain, son roman "Marx et la poupée". Elle fera une causerie et des lectures le lendemain en librairies et devrait animer une réunion publique à Brest le samedi 6 avril à 18h sur les enjeux des Elections Européennes, et notamment sur la question de l'Europe face au défi de l'accueil des réfugiés.

A lire aussi:

Maryam Madjidi, auteur de Marx et la Poupée, écrivaine d'origine iranienne, militante pour les droits des exilés, candidate sur la liste Européennes du PCF et de Ian Brossat, sera à Morlaix et à Brest le vendredi 5 et samedi 6 avril à l'invitation du PCF Finistère

40 ans de la révolution islamiste en Iran, la force de la résistance des femmes - 3 livres témoignages d'écrivaines iraniennes ou d'origine iranienne victimes de ce régime liberticide à lire absolument!

Maryam Madjidi - d'une révolution à l'autre, Portrait par Maud Vergnol dans L'Humanité, 15 février
Portrait. Maryam Madjidi, d’une révolution à l’autre
Vendredi, 15 Février, 2019

Prix Goncourt du premier roman pour Marx et la poupée, Maryam Madjidi enseigne le français à des mineurs isolés. Elle s’engage pour les élections européennes aux côtés des communistes.

Elle paraît bien loin la petite fille mutique de 6 ans, exilée en France avec sa famille pour fuir le régime de Khomeyni. Démarche déterminée, regard noir pétillant, rayonnante et volubile : elle en jette, Maryam Madjidi. Le mercure affiche – 3 °C dans la capitale quand la jeune femme de 38 ans, franco-iranienne, arrive à notre rendez-vous. Elle ne décolère pas contre les élus du très chic 16e arrondissement de Paris qui refusent qu’un gymnase du quartier abrite provisoirement les migrants. « On parle de vies humaines, de la survie de personnes qui crèvent de froid dehors… et ces gens pleurnichent sur le sport de leurs enfants ! » C’est le climat autour de l’accueil des réfugiés qui a décidé Maryam Madjidi à s’engager pour les élections européennes au sein de la liste PCF menée par Ian Brossat. L’exil, le déracinement, l’écrivaine en a fait la douloureuse expérience.

« Nous sommes condamnées à la vigilance permanente »

En 1980, depuis le ventre de sa mère, Maryam subit déjà les heures sombres de la révolution iranienne. Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes. Elle, si. Sa mère, enceinte, étudiante en médecine, saute par la fenêtre de l’université pour échapper aux barbus. « Ma mère porte ma vie mais la mort danse autour d’elle en ricanant », écrit-elle dans Marx et la poupée, son premier roman autobiographique, récompensé en 2017 par le prix Goncourt des lycéens. La confiscation de la révolution par les islamistes scelle le destin de la petite fille à naître. « Tu veux être considérée comme une sous-merde parce que tu as un vagin ? » lui demandera sa mère quand, adulte, Maryam projette de retourner vivre en Iran. « J’ai du mal à comprendre comment on peut être une femme sans être féministe. Nous sommes condamnées à la vigilance permanente. Car à la moindre crise économique, politique… tous nos droits durement acquis peuvent être balayés. Le féminisme est en moi, il fait partie de mon identité. » Une identité du tout-monde, construite entre Téhéran, Paris, Pékin et Istanbul. En 1986, parce que leurs vies sont en danger, la famille Madjidi décide de quitter l’Iran, direction Paris. « Ils n’ont pas hésité une seule seconde : la France, c’était la gauche, la patrie des Lumières, du progrès… » Il faut enterrer les livres marxistes au fond du jardin, donner ses jouets aux enfants du quartier. Maryam rechigne. « La mère soupire. Mais, bon sang, qu’est-ce qu’on a fait au monde pour avoir une enfant pareille ! Elle ne pige rien au communisme. » Une poupée comme symbole de tout ce qu’il a fallu laisser derrière soi. C’est dire si Maryam comprend aujourd’hui la détresse des réfugiés, qui survivent dans les « camps » de la capitale. Depuis février 2016, elle enseigne le français à des mineurs isolés. « Je voudrais que les réfugiés puissent marcher dans les rues de France la tête haute, confie-t-elle. Car des personnes qui risquent leur vie pour traverser la Méditerranée… moi, j’appelle ça des héros. » Son père en est un. Pourtant il aura fallu trente-six ans pour qu’il retrouve le goût de la fierté. « Lorsque j’ai reçu le prix, je l’ai appelé le lendemain pour savoir ce que cela lui faisait », raconte Maryam. « Maintenant je marche dans Paris la tête haute », répond-il à sa fille. « Là, j’ai réalisé que, toutes ces années, mon père avait rasé les murs… »

La famille Madjidi arrive en France en 1986, sous Mitterrand. Elle obtient des papiers au bout de deux mois. « Pas inutile de le rappeler », précise amèrement Maryam, à l’heure des « quotas », du « tri » des immigrés et des régularisations au compte-gouttes. Déracinée, la petite fille de 6 ans plonge dans le mutisme, engloutit sa langue maternelle, le persan, qu’elle mettra de longues années à déterrer. Ce monde silencieux, sa mère aussi y a sombré : « À la place des mots, tu souriais. Le sourire qui s’excuse, le sourire gêné de ceux qui ne parlent pas la langue du pays. » Sa longue renaissance, de Paris à Drancy, où elle a grandi, Maryam Madjidi l’a racontée avec tendresse et humour dans Marx et la poupée, où la douleur du déracinement coule jusqu’aux rives du Bosphore, à Istanbul, cette ville qui l’a consolée, où s’est achevée l’écriture, et le début d’une nouvelle vie.

« Il faut que ce pays se réveille. Classer les êtres, c’est du fascisme ! »

« J’ai redécouvert mes racines mobiles. L’être humain est en mouvement permanent. Il faut arrêter avec les identités figées », s’agace la candidate aux européennes, 8e sur la liste. « La France d’aujourd’hui, j’ai du mal à la reconnaître. J’ai un profond attachement à ce pays même si j’ai tendance à dire que ma patrie, c’est la littérature », affirme celle qui, jeune adulte, à Pékin, rêvera du croissant chaud offert par son père, qu’elle avait refusé à 6 ans. « Il faut que ce pays se réveille ! Je n’accuse pas les Français mais les gouvernements successifs d’avoir fait de l’immigration une bataille électorale, de jouer sur les peurs. Classer les êtres, c’est du fascisme ! » Le verbe haut, des convictions solidement ancrées… pourtant Maryam Madjidi ne s’était jamais engagée politiquement jusqu’à présent. « Je ne suis pas militante communiste, mais la période n’est plus à refaire le monde entre écrivains parisiens autour d’un verre de sancerre. D’où mon engagement sur cette liste, que je trouve belle, à l’image de la société française », explique celle dont les priorités demeurent l’écriture et son travail social. « Je sais bien que cet engagement reste symbolique, mais j’y tiens ! » En 2012, de retour dans les rues de Téhéran, un chauffeur de taxi lui confie : « Je vais vous dire quelque chose, ma petite dame, la seule chose que nous avons su préserver, c’est notre poésie, et c’est la seule chose à sauver de l’Iran. » La politique ne devrait pas se passer de poésie.

Maud Vergnol
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 08:27
Education: la loi Blanquer menace les directeurs d'école (Olivier Chartrain, L'Humanité, mardi 19 janvier 2019)

Ecole de la confiance : "Cette loi, comme la supression de 2500 postes d'enseignants, répond plus aux injonctions de CAP 22 qu'aux exigences d'égalité si nécessaires à une société émancipatrice." - Elsa Faucillon, députée communiste

Introduits par un amendement LaREM, les établissements publics des savoirs fondamentaux permettent de regrouper des écoles primaires sous l’égide d’un collège. Avantage pour le ministère : plus besoin de directeurs et moins de postes à créer.

Toujours les mêmes logiques, toujours les mêmes méthodes au service des mêmes objectifs, dans l'Education comme pour tous les autres secteurs de la société :

- baisser les coûts du service public au lieu de le considérer comme un investissement indispensable à l'équilibre de la société ;

- regrouper, fusionner, pour faire des économies d'échelle, donc en réalité pour éloigner la proximité et favoriser les grands ensembles ;

- spécialiser les établissements pour mieux trier, sélectionner, favoriser la compétition ;

- libéraliser les statuts, les métiers, par croyance aveugle aux règles du privé, du marché...

Ces petits comptables nous préparent une société basée sur le tri sélectif à tous les étages.

Éducation. La loi Blanquer menace l’existence des directeurs d’école
Mardi, 19 Février, 2019

Introduits par un amendement LaREM, les établissements publics des savoirs fondamentaux permettent de regrouper des écoles primaires sous l’égide d’un collège. Avantage pour le ministère : plus besoin de directeurs et moins de postes à créer.

L’agitation identitaire, avec drapeaux et Marseillaise, qui a entouré l’examen de la loi pour l’école de la confiance à l’Assemblée nationale, ne doit pas faire oublier une réalité : ce texte, sur lequel les députés vont se prononcer aujourd’hui par un premier vote solennel, porte une transformation profonde de l’école en France. Il le fait, comme toujours avec ce ministre, en toute absence de franchise, avec force dissimulation et antiphrases – le contre-emploi du mot « confiance » étant le premier terme du lexique de cette novlangue blanquérienne. À cette aune, la création des « établissements publics des savoirs fondamentaux » (EPSF) apparaît comme la mesure la plus marquante, tant par sa portée concrète que par la méthode employée pour l’imposer.

On a parlé d’« écoles du socle » pour désigner cet article 6 bis, qui prévoit le regroupement d’une ou plusieurs écoles sous l’égide du collège de secteur et la direction de son principal. L’expression n’est pas heureuse, car elle crée une ambiguïté entre une visée pédagogique – le « socle » des connaissances que tout élève doit acquérir à la fin du collège – et l’objectif politico-administratif consistant à regrouper des structures scolaires pour faire des économies, quelles qu’en soient, justement, les conséquences pédagogiques, sociales, territoriales…

« Tout ce qui les intéresse c’est de faire des économies »

C’est par le biais d’un amendement, présenté par la députée LaREM Cécile Rilhac, que les EPSF sont entrés dans la loi. « La manière dont les choses se passent est inadmissible, dénonce Francette Popineau, porte-parole du Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire). Nous avons voté au Conseil supérieur de l’éducation un texte qui n’est pas celui examiné à l’Assemblée ! » Ce « bricolage » présente pour le ministre un double avantage : éviter l’examen préalable par le Conseil d’État, qui juge de la qualité du texte, et son intégration dans l’étude d’impact, qui doit permettre aux parlementaires, avant les débats, de mesurer ses implications concrètes.

Or, celles-ci sont considérables. Toutes les écoles, rurales ou urbaines, sont potentiellement concernées par ces regroupements qui seront autoritaires, puisque décidés par le préfet et les collectivités locales concernées. Les services de l’éducation nationale ne pourront donner qu’un avis. Quant à la communauté éducative – enseignants, parents, élèves et les divers conseils d’établissement –, elle n’aura même pas voix au chapitre ! « Il n’y a pas de visée pédagogique derrière cette mesure, pointe Francette Popineau, tout ce qui les intéresse c’est de faire des économies. » En effet, ce jeu de regroupement entraînera mathématiquement des fermetures de classes : alors que près de la moitié des écoles françaises comptent entre deux et quatre classes, leur regroupement dans des EPSF beaucoup plus volumineux permettra de respecter au plus près les taux d’encadrement… avec moins d’enseignants.

Économie aussi avec la disparition des directeurs. Car l’EPSF est placé sous l’autorité du principal du collège, assisté d’un adjoint spécifique pour le primaire – un seul, au lieu d’un directeur pour chaque école qui peut, selon les effectifs, bénéficier d’une décharge d’enseignement partielle ou totale. Pour donner une idée des économies réalisables, il y a actuellement en France 5 300 collèges et… 45 000 écoles, avec 45 000 directeurs. Même si tous ne sont pas déchargés, le potentiel d’économies a de quoi aiguiser l’appétit de tout ministre tenté de jouer au « cost killer »…

L’intérêt de l’enfant, dans tout cela, paraît presque un gros mot. Que des minots d’à peine plus de 3 ans aient à accomplir des kilomètres en car par tous les temps pour rejoindre leur classe de maternelle près du collège devenu EPSF, ni le ministre ni les députés qui s’apprêtent à voter pour ce texte n’en ont cure. Qu’il n’y ait plus de directeur au quotidien dans l’école pour assurer l’animation de l’équipe pédagogique, faire l’interface avec les familles, les collectivités locales (voire les forces de l’ordre), impulser des projets au plus près du terrain : soucis vulgaires que tout cela. Avec Jean-Michel Blanquer, le char de l’État passe, la pédagogie trépasse.

Olivier Chartrain
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