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Déjà, vous voulez restreindre la liberté de manifester. Ensuite, la liberté de la presse est mise à mal, comme l’illustre la lamentable tentative de perquisition dans les locaux de Mediapart, hier, ou la situation du journal l’Humanité, qui appelle la plus grande solidarité.
Le débat national est censé donner prioritairement la parole aux Français. C’est pour cela qu’il a été organisé. Des centaines de milliers de nos concitoyens s’en emparent et s’engagent. Toutefois, s’il est impossible de poser un couvercle sur la marmite qui bout de la parole des Français, dans le même temps, c’est bien le président de la République, et lui seul, qui se taille la part du lion médiatique, avec des shows présidentiels intégralement retransmis, dans lesquels il ne répond jamais positivement aux demandes exprimées, mais où il continue de plaider pour sa politique.
Dès lors, assiste-t-on à un grand débat national appartenant aux Français ou à une campagne présidentielle de rattrapage dans laquelle il n’y aurait cette fois qu’un seul candidat ? En matière de temps de parole, les compteurs du CSA doivent exploser. Il serait d’ailleurs intéressant que les chiffres soient publiés au fil du débat, et pas dans trois mois ! Et rien ne s’arrangera avec les élections européennes, puisque la loi que vous avez fait voter va répartir les temps de parole de manière scandaleusement inégale.
Ma question est la suivante : quelles mesures comptent prendre le gouvernement et les garants pour assurer, jusqu’au terme de ce débat et ensuite, une égalité d’accès au temps de parole politique et médiatique, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui ?

Article publié sur humanite.fr
Le syndicat récuse la fausse alternative présentée par le pouvoir entre suppression de services publics et hausse des impôts, et propose de s’attaquer aux niches et à la fraude.
Lutte contre la fraude, progressivité de l’impôt, répartition de la charge fiscale entre capital et travail, financement de la dette, sort des multiples niches fiscales… La CGT invite à un questionnement beaucoup plus riche que celui par lequel le gouvernement aborde le « grand débat national ». Dans la note préparatoire à celui-ci élaborée par Bercy, le questionnaire somme les Français de choisir entre suppression de services publics ou augmentation des impôts. Une fausse alternative que récuse le syndicat, qui a détaillé ses propositions pour réformer l’impôt, jeudi, à l’occasion de la sortie du guide fiscal annuel VO impôts [1] de la Nouvelle Vie ouvrière, consacré cette année en grande partie au prélèvement à la source.
Face au gouvernement qui semble vouloir réduire le mouvement des gilets jaunes à une « fronde antifiscale », la CGT Finances entend mettre au cœur du débat « l’intérêt de la fiscalité, qui n’est pas un boulet mais est une chance émancipatrice » pour « redistribuer les richesses » et « inciter à produire autrement », expose son secrétaire général, Alexandre Derigny. La fédération des finances de la CGT a adressé un courrier en ce sens au président de la République, dans lequel elle l’« exhorte à agir » en lui livrant des « pistes de réponses ». « Il n’est jamais trop tard pour changer de cap », écrivent les syndicalistes à Emmanuel Macron.
Des niches fiscales évaluées à 150 milliards d’euros par an
Ceux-ci mettent sur la table plusieurs propositions pour éliminer le déficit public, qui devrait avoisiner les 100 milliards d’euros en 2019. « Sans baisser les dépenses publiques, il y a des solutions simples pour résoudre cette équation », avance Alexandre Derigny. Première piste, les intérêts de la dette, qui coûtent plus de 40 milliards d’euros par an, pourraient être fortement réduits si l’État empruntait auprès des banques et non aux marchés financiers « qui se font du beurre sur le dos des contribuables », alors que « la Banque centrale européenne déverse des milliers de milliards d’euros » à des taux très faibles, relève le responsable syndical. Deuxième piste explorée par la CGT finances, l’État devrait s’attaquer au maquis des niches fiscales, dont le coût est évalué à 150 milliards d’euros par an. « Les deux tiers se concentrent sur les 10 % des particuliers les plus riches » et les entreprises, alors que leur efficacité n’est pas avérée, indique Alexandre Derigny.
Troisième axe, la fraude fiscale, estimée à 80 milliards annuels par la CGT finances, mais qu’une étude d’une université britannique vient de réévaluer à 118 milliards d’euros. « On ne donne pas les moyens humains et législatifs suffisants aux agents de l’État », s’insurge le secrétaire général, qui rappelle « les 40 000 suppressions de postes sur vingt ans à Bercy » alors que « le contrôle fiscal s’est largement complexifié » face à « des montages de plus en plus compliqués ». Pour le syndicaliste, « l’un des fondements du consentement à l’impôt, c’est le contrôle fiscal juste pour chacun. Aujourd’hui, ce n’est absolument pas le cas ». Sans pouvoir chiffrer précisément le gain d’une traque plus active, Alexandre Derigny l’estime au minimum à 15 milliards d’euros.
Enfin, la CGT défend l’idée d’une fiscalité plus progressive, avec un rendement plus important de l’impôt sur le revenu grâce à des taux plus élevés sur les hautes tranches, et une baisse concurrente des taxes proportionnelles type TVA, qui pénalise les plus modestes. Le taux normal de la TVA pourrait être abaissé immédiatement de 20 % à 15 %, propose le numéro un de la CGT finances. Le capital, lui, doit être « plus taxé que le travail », non seulement son « flux, mais aussi le stock », via le rétablissement d’un impôt sur la fortune (ISF) dont la suppression est une « aberration », juge-t-il. Tous ces choix permettraient de résorber les déficits publics, tout en faisant en sorte qu’« une majorité de citoyens soient gagnants », estime Alexandre Derigny.
Augmentation du SMIC, rétablissement de l'ISF, abandon de l'augmentation de la CSG sur les retraités, réindexation des retraites sur l'inflation, taxes sur les GAFA, abandon du CICE qui bénéficie aux actionnaires des grosses boîtes et non à l'emploi, référendum d'initiative citoyenne, découplement des Présidentielles et Législatives, abandon du CETA et du TAFTA, arrêt des violences policières, de la répression contre les mouvements sociaux, interdiction des LBD, maintien des services publics de proximité, autant de revendications des Gilets Jaunes finistériens que partagent les communistes depuis longtemps et qui correspondent aux projets de loi déposés par nos parlementaires, véritables représentants du peuple.
Le mouvement des Gilets Jaunes est un combat de classe contre les dégâts d'une démocratie confisquée et les méfaits du néo-libéralisme, amplifiée par la politique inégalitaire et l'attitude méprisante d'Emmanuel Macron.
Ian Brossat, notre candidat tête de liste aux Européennes du 26 mai prochain, et Fabien Roussel, nouveau secrétaire national du PCF, portent les propositions progressistes des Gilets Jaunes dans le débat public et dénoncent à longueurs de journée la volonté de l'exécutif de confisquer le débat national au profit d'une politique en faveur des seuls privilégiés.
Ce mouvement des Gilets Jaunes permet le retour en force sur la scène publique du combat , des invisibles, des exploités, des dominés, des précaires: C'est un véritable et grand moment d'appropriation politique.
Aux côtés des syndicats qui luttent d'arrache-pied contre les politiques capitalistes, le parti communiste appuie ce mouvement populaire et tente de favoriser la convergence des luttes pour faire reculer Macron et infliger des défaite à ce fondé de pouvoir des milliardaires dont chaque déclaration ou presque est une provocation pour ceux qui voient leurs droits et leur vie quotidienne se dégrader.
Ensemble, on sera plus fort !
Ils ont les millions mais nous sommes les millions ! Aux élections européennes du 26 mai, il s'agit de battre cette politique néo-libérale, profondément réactionnaire, portée par Macron comme par la droite, mais aussi de refuser les séductions nationalistes xénophobes de l'extrême-droite pour promouvoir une Europe des travailleurs unis face aux pouvoirs de la finance !
La réinvention de notre démocratie, la révolution sociale et citoyenne sont de nouveau à l'ordre du jour mais seul le rassemblement de toutes celles et tous ceux qui ne supportent plus toutes ces injustices pourra la favoriser !
Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère
L'éditorial de Patrcik Le Hyaric. L’État mute peu à peu en force de coercition, jouant sa légitimité à travers le recours à la force, en asséchant le débat démocratique.
Plus de 2 000 personnes ont été blessées par les forces de l’ordre depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Quatre-vingt-treize l’ont été gravement. Certaines se sont vues amputées d’un membre et treize ont perdu un œil. Les traumas crâniens, les visages défigurés s’ajoutent à ce sinistre recensement. Jamais, depuis la fin de la guerre d’Algérie, les forces de sécurité publique ne se sont autant compromises dans la violence envers leur propre population. Les lanceurs de balles de défense, qui ne sont utilisées par aucune autre police européenne, doivent impérativement être interdits comme le réclament de concert les parlementaires de gauche et des personnalités qui font autorité en la matière comme Alain Bauer.
Samedi dernier, les manifestants ont défilé en nombre pour exprimer leur solidarité avec toutes les personnes blessées, et leur colère face à une stratégie de maintien de l’ordre qui confine à la provocation en se substituant aux réponses politiques qu’appelle un mouvement de cette envergure et de cette durée. L’écrasante majorité des blessés ne faisaient aucunement partie des petits groupes de casseurs professionnels, connus des services de police et de renseignements.
Incontestablement, le macronisme enfile les vieux habits du parti de l’ordre. Celui qui, de tout temps, instille les désordres économiques et sociaux, et verrouille l’expression populaire, attisant ainsi la violence qui justifie le durcissement des méthodes de maintien de l’ordre. La méthode est rodée ! Voilà désormais que le gouvernement fait voter une énième loi sécuritaire, proposée par la droite et applaudie par l’extrême droite, qui écorne une nouvelle fois les libertés démocratiques. C’est désormais le droit constitutionnel de manifester qui se trouve mis en cause, soumis à une autorité administrative, en l’occurrence les préfets, au détriment de l’autorité judiciaire, sur simple suspicion, en contravention avec les conventions internationales et la Constitution. Nous devons nous demander, comme l’a courageusement fait un député centriste au Parlement, quel usage en ferait une force d’extrême droite…
S’ajoute à cela la connivence, chaque jour plus évidente, entre l’autorité politique et judiciaire qui pousse à des gardes à vue excessives dans un objectif d’intimidation, ou encore à des arrestations préventives souvent sans fondement. Le droit commun est peu à peu infecté par des mesures d’urgence. Serions-nous dans une situation permanente d’urgence ? D’urgence sociale, certainement, qui trouve face à elle l’éternelle matraque ! Évidemment, tout cela concourt à réprimer dans l’œuf tout mouvement de contestation d’un ordre établi qui ne trouve plus d’approbation majoritaire, mais au contraire une contestation parfois confuse mais déterminée au sein des classes populaires du pays.
Cette dérive sécuritaire est l’un des aspects de la dérive autoritaire de ce gouvernement dont les causes sont intimement liées à sa politique tout au service de la minorité d’accapareurs capitalistes. Elle ne peut être séparée de l’avilissement du Parlement, ramené au rang de caisse enregistreuse des directives d’un exécutif hypertrophié qui use de toutes les ficelles institutionnelles pour écraser toute résistance à l’agenda ultralibéral imposé à la nation.
Tout cela démontre la faiblesse intrinsèque des gouvernements qui se réclament du consensus libéral. Consensus pour brouiller jusqu’à le détruire le clivage entre la droite et la gauche, mais surtout consensus sans consentement d’une majorité de citoyens, des travailleurs, ouvriers ou employés. L’État mute peu à peu en force de coercition, jouant sa légitimité à travers le recours à la force, en asséchant le débat démocratique. Un État qui se délégitime aux yeux des classes populaires en bradant tous les actifs publics pour doper la folle machine capitaliste ou en mettant en œuvre des politiques antisociales.
Le mouvement social et ouvrier a su, à de nombreuses reprises, se lever pour la défense des libertés démocratiques, le droit de manifestation, la stricte séparation des pouvoirs. Il les a même suscités. Ce sera, aujourd’hui comme demain, encore et toujours, notre devoir.
Vous défendez le pluralisme de la presse, vous voulez assurer l'existence du quotidien de Jaurès, de la gauche sociale, qui couvre les luttes, et apporte une autre voix en matière internationale et culturelle, faites un don. L'Humanité est indispensable! L'Humanité est irremplaçable! L'Humanité est notre bien commun!
https://www.donspep.caissedesdepots.fr/?journal=huma
Par Patrick Le Hyaric.
Européennes. Le PCF a lancé sa campagne pour les européennes lors d’un meeting hier à Marseille, sous le slogan : « L’Europe des gens, pas l’Europe de l’argent ! » Un objectif qu’incarne, selon Ian Brossat, la liste qu’il conduit avec 50 % d’ouvriers et d’employés.
Vous souhaitez incarner « l’Europe des gens ». Si, avec les gilets jaunes ou des grèves comme celle d’hier, nombre de revendications sociales s’expriment, la défiance à l’égard de la politique est aussi très forte. Cette équation est-elle résoluble ?
Ian Brossat Il existe un gouffre entre la société et la représentation politique. Le Parlement européen compte 3 ouvriers pour plus de 700 eurodéputés. Cela en dit long et contribue très largement à la défiance. Nous, nous avons construit une liste à l’image de la société française, composée à 50 % d’ouvriers et d’employés. Cette liste traduit une volonté. L’Europe est aujourd’hui aux mains des banquiers et des lobbies. Nous voulons radicalement la changer, imposer d’autres propriétaires : l’Europe de l’argent doit céder la place à l’Europe des gens. Cette liste est aussi à l’image des mobilisations qui se sont levées depuis de nombreux mois contre la politique d’Emmanuel Macron avec des gilets jaunes, des cols bleus, des blouses blanches, des robes noires… En cette période, beaucoup s’interrogent sur l’avenir de la gauche, se demandent où elle est. En réalité, elle est partout. Ce sont ces ouvriers qui occupent leur usine pour la sauver, ces salariés d’EDF qui font passer l’électricité à tarif réduit le 24 décembre, ces hommes et femmes qui font vivre tous les jours la solidarité avec les migrants… C’est cette gauche-là que nous avons cherché à fédérer. J’y vois les ferments d’une gauche nouvelle, hors les murs, sociale, qui ne se reconnaît pas toujours dans les partis politiques, mais qui peut se retrouver dans notre liste.
Sur quelles transformations clés repose cette « Europe des gens » ?
Ian Brossat Il faut rompre avec la logique des traités européens fondée sur deux dogmes : l’austérité avec sa règle absurde des 3 %, et la concurrence qui nous incite à nous tirer dans les pattes à coups de dumping, social et fiscal. Rompre avec ces logiques n’est pas qu’une intention, cela se décline concrètement. Cela implique d’en finir avec la concurrence entre les travailleurs, avec un Smic européen harmonisé par le haut, l’interdiction des délocalisations à l’intérieur de l’Union européenne et la fin du travail détaché. De développer les services publics. La Banque centrale européenne a versé en dix ans 3 000 milliards aux banques privées sans aucune espèce de condition. Cet argent serait beaucoup plus utile s’il alimentait un fonds de développement des services publics. Ce sera un pilier de notre campagne et, dès la semaine prochaine, j’entame un tour de France des maternités en danger à Creil. Imposer une autre utilisation de l’argent est aussi fondamental. Avec l’évasion fiscale, 100 milliards d’euros en France et 1 000 milliards en Europe partent en fumée chaque année. Que des pays à l’intérieur même de l’Union se comportent en paradis fiscaux et transforment de fait l’Europe en passoire fiscale n’est pas acceptable. Nous proposons de taxer à la source les multinationales et d’harmoniser par le haut l’impôt sur les sociétés partout en Europe.
Emmanuel Macron envisage de coupler le scrutin européen avec un référendum pour clore le « grand débat ». Que pensez vous de cette proposition ?
Ian Brossat Un référendum, pourquoi pas.Mais il est scandaleux d’envisager qu’il puisse avoir lieu le même jour que les élections européennes. L’enjeu européen passerait complètement par pertes et profits. Emmanuel Macron a peur parce que sa conception de l’Europe est massivement rejetée, mais cette élection doit être l’occasion d’en parler. En outre, le président de la République envisage un référendum qui porterait exclusivement sur les enjeux institutionnels. C’est lunaire. Les Français depuis des semaines se mobilisent sur la question de l’ISF, l’augmentation du Smic, des salaires, des pensions de retraite, et on envisage de les interroger sur la diminution du nombre de députés. Les enjeux institutionnels sont importants, mais en quoi cela règle-t-il le problème de pouvoir d’achat rencontré massivement par les Français ? Envisagé comme tel, ce n’est rien d’autre qu’une grossière manipulation politique et ça ne fera pas illusion.
Olivier Corzani, éducateur, responsable du PCF à Fleury Merogis, est devenu maire au premier tour avec 56% des voix aux municipales partielles dimanche
Olivier Corzani (PCF) doit être élu maire de Fleury-Mérogis (Essonne), samedi, après que la liste sans étiquette qu’il a conduite l’a emporté au premier tour, dimanche dernier. Entretien
À l’origine de la liste que vous avez conduite, se trouve un collectif qui s’est mobilisé contre la désertification médicale. Cette lutte a-t-elle joué un rôle dans ce scrutin ?
Olivier Corzani Notre mobilisation avec les habitants qui refusaient que Fleury-Mérogis devienne un désert médical a obtenu gain de cause. Un mois plus tard, la maire démissionnait, ce qui a conduit à la nouvelle élection. De voir les résultats obtenus dans cette lutte a donné l’envie de continuer, l’espoir de changer les choses. C’est ainsi qu’est née cette liste citoyenne. Personnellement, je suis communiste mais cette liste est sans étiquette, avec des gens d’horizons différents jusqu’au centre. Ce qui nous réunit également, c’est que depuis dix ans la majorité municipale agissait comme un clan qui se sert lui-même mais n’est pas au service des habitants. Il y a donc eu une volonté de refaire primer l’intérêt collectif. Tellement de sujets sont urgents – la propreté, la petite enfance, les écoles et leur équipement, la lutte contre les incivilités… – que l’on peut avoir des désaccords sur les enjeux nationaux, mais on se retrouve pour faire avancer notre ville. Même si on ne réglera pas tous les soucis en un an.
Avec le mouvement des gilets jaunes, l’exigence des citoyens d’être mieux associés aux décisions s’exprime largement. Vous en faites une de vos priorités. Comment comptez-vous agir au niveau local ?
Olivier Corzani Très vite, nous allons mettre en place une demi-heure de parole libre avant chaque conseil municipal pour que n’importe quel habitant puisse interpeller directement les élus. Ensuite, on instaurera des comités de quartier parce que leurs meilleurs experts, ce sont leurs habitants. On envisage aussi une phase de consultation avec les employés municipaux, qui sont les acteurs de terrain. Puis nous construirons à partir des idées et volontés des citoyens. Il n’y a pas de démocratie sans participation et le meilleur échelon pour cela, c’est l’échelon local. Le maire et son équipe ne sont pas des élus déconnectés de la réalité, ils sont en plein dedans. On nous rabâche souvent le modèle anglo-saxon ou allemand, où de super-collectivités territoriales regroupent des centaines de milliers de personnes. Au final, leur taux de participation et leur vie démocratique ne sont pas plus vivaces. Au contraire, 36 000 communes, ce sont 36 000 maires et conseils municipaux. Un nombre important de personnes qui s’investissent souvent de façon bénévole et désintéressée pour essayer d’améliorer le quotidien de leur territoire. Je ne vois pas meilleur creuset de démocratie.
Beaucoup de maires se sont exprimés sur leurs finances exsangues. Entendez-vous vous joindre à ces mobilisations ?
Olivier Corzani Je déplore le deux poids deux mesures de l’État. D’un côté, les multimilliardaires et les multinationales qui délocalisent et précarisent ont le droit à des sommes faramineuses ; de l’autre, les collectivités territoriales qui investissent l’ensemble de leur budget dans le local voient leurs moyens réduits à peau de chagrin d’année en année. Je ferai partie de ceux qui s’opposent à cette politique du moins-disant pour les territoires et du toujours plus pour les très fortunés. Nous voulons que les services publics agissent au mieux avec les moyens qui sont à notre disposition, aller chercher des moyens supplémentaires notamment du côté de l’agglomération, où l’ancienne équipe pratiquait la politique de la chaise vide, et surtout aider les citoyens à se mobiliser.
Olivier Corzani
Tête de liste élue à Fleury-Mérogis
Ce 5 février, la tristement célèbre "Loi anti-casseurs" vient d'être adoptée à l'Assemblée Nationale. Les députés communistes font bien sûr partie des 92 députés qui ont voté contre cette loi liberticide tout comme notre sénatrice communiste des Côtes d'Armor Christine Prunaud interpellait hier encore le gouvernement sur les violences policières et les ravages des LBD 40 et des grenades GLI-F4!
Le député PCF Stephane Peu s'est ainsi exprimé à la tribune: "Le jour où les manifestations seront réservées aux plus déterminés, le jour où manifester sera devenu un acte héroïque, notre démocratie aura considérablement régressé. Or depuis 2015, la situation se dégrade."
Ce que des députés comme Sandrine Le Feur ont osé voter restera à tout jamais comme une tâche indélébile dans notre Histoire Républicaine.
En effet, désormais les Préfets (totalement soumis au gouvernement !) pourront interdire de manifestation quiconque constituerait selon eux une menace à l'ordre public.
Ces dispositions vont dans le sens d’une restriction des libertés publiques et du droit de manifester. Dans un contexte de fortes mobilisations violemment réprimées, de grand débat verrouillé, cette loi est une indication supplémentaire de la dérive antidémocratique et répressive du pouvoir macronien.Face à une contestation grandissante de sa politique antisociale, des injustices criantes qu’elle génère, le gouvernement, au lieu de répondre à la colère des Français, veut mettre l’éteignoir.
Rétablissement de l'ISF, hausse du Smic: les députés PCF avancent leurs propositions
AFP | mardi 5 février 2019
Rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF), revalorisation du Smic ou encore calcul revu de l'allocation adulte handicapée (AAH): les députés communistes défendront le 7 mars à l'Assemblée cinq propositions de loi pour "ramener de la sérénité" dans le pays.
Le premier texte qui sera examiné lors de leur prochaine "niche parlementaire" vise à "envoyer un signe fort" dans un contexte où le "sentiment d'injustice fiscale" s'amplifie, a expliqué mardi lors d'un point de presse son rapporteur Jean-Paul Dufrègne.
Il propose de rétablir l'ISF - l'une des principales revendications des "gilets jaunes" - et de modifier la progressivité de l'impôt sur le revenu en passant notamment de 5 à 9 tranches, le député disant espérer que l'Assemblée et le gouvernement "saisiront cette opportunité de ramener de la sérénité dans le pays".
L'élu de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu défendra pour sa part une proposition de loi pour l'augmentation du Smic et des salaires. Le texte entend aussi "tenir compte de l'échec des aides publiques massives" versées aux entreprises notamment via le CICE, en réorientant les aides vers les très petites entreprises (TPE).
Un troisième texte, porté par l'ex-ministre Marie-George Buffet, prévoit de supprimer "la prise en compte des revenus du foyer pour le montant des calculs de l'AAH", qui rend les personnes concernées "dépendantes de leur conjoint".
Une quatrième proposition de loi ambitionne de "garantir une plus grande transparence sur l'activité des banques et celle de la Caisse des dépôts et consignation" sur l'utilisation de l'épargne populaire en matière énergétique, selon sa rapporteure Elsa Faucillon.
Le dernier texte, défendu par Moetai Brotherson (Polynésie), a pour but de "renforcer l'intégrité des mandats électifs et l'intégrité de la représentation nationale", avec "une peine plus forte d’inéligibilité lorsque sont commis des crimes ou des délits notamment de corruption", a expliqué le chef de file des députés communistes André Chassaigne.
Il a évoqué là aussi une revendication portée par les "gilets jaunes", défendant globalement des propositions qui "ont du sens sur ce que le groupe porte à l'Assemblée nationale", touchant aux domaines économique, social ou environnemental.