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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 20:01
Quatre éclairs dans le sombre ciel mondial

La première lueur vient d'Italie où le Sénat a  levé l’immunité parlementaire du proto-fasciste Salvini pour son inhumanité vis-à-vis des migrants et la violation de la loi Italienne assurant l’accueil des réfugiés.

La seconde c’est le grand succès de nos amis historiques du Sinn Fein en Irlande. Ce parti et ses cadres sont merveilleux de patience, d’intelligence, de persévérance alors qu’ils ont tant subi avant l’accord de paix. Nous les côtoyons depuis très longtemps au Parlement européen, dans différentes relations politiques et amicales. J’ai, de surcroit, une émotion particulière quand je repense aux moments où le Parti communiste avait confié aux fédérations bretonnes d’entretenir des liens particuliers avec cette force durant ce qui s’appelait « la guerre civile ».

La troisième nous vient des États-Unis avec les scores de Bernie Sanders lors des premières élections primaires du Parti démocrate.

La quatrième raison de se réjouir c’est le résultat de ce nouveau sondage : 67% des nos concitoyens souhaitent que le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites soit soumis à consultation dans le cadre d’un référendum. 67% c’est un niveau extrêmement important qui dit beaucoup de l’aspiration démocratique. Ceci ne peut que conforter les mouvements sociaux en cours qui ont la particularité désormais d’associer, voire d’unir, les classes travailleuses les plus populaires, les plus exploitées et des couches classifiées de moyenne. Cela donne aussi des forces aux parlementaires progressistes, qui mènent un admirable combat à l’assemblée nationale.

Il faudrait maintenant organiser des délégations larges de travailleurs, de citoyennes et de citoyens, de privés d’emploi, d’enseignants, d’avocats, de médecins et d’infirmières pour aller aux permanences parlementaires de députés de la majorité présidentielle, de façon pacifique pour une discussion politique simple.

« Madame la députée, Monsieur le député vous déplorez que la situation soit bloquée, nous aussi. Vous sentez bien que vos argumentaires sont fragiles. Vous êtes incapable de répondre aux questions qu’on vous pose comme le niveau des futures retraites et l’âge de départ parce que votre gouvernement ne vous donne pas ces éléments. Sans doute avez-vous découvert comme nous avec stupéfaction que la retraite ne serait même pas calculée sur le niveau des salaires mais sur un indice inexistant « un revenu moyen ». Par delà nos différences et nos oppositions, compte tenu de ce qui se passe, on doit convenir que tout ceci n’était pas dans le programme présidentiel ni même dans vos propositions de candidates ou candidats à la députation. Dans ces conditions vous devriez être d’accord pour que l’on consulte les citoyens par référendum. Il y aura un débat démocratique entre nous mais c’est le peuple qui tranchera. Vous pouvez donc voter la motion référendaire que proposent les députés communistes. »

Une telle démarche permettrait d’élargir encore les mouvements en cours, de faire découvrir les contenus des projets en débat à l’assemblée. Pour cela les documents de décryptage de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche sont une aide précieuse.

C’est le sens de mon éditorial de l’Humanité Dimanche cette semaine.
 
 
Patrick Le Hyaric: Les retraites méritent un référendum ! - L'Humanité, 13 février
Les retraites méritent un référendum !
Jeudi, 13 Février, 2020
 

Un président de la République est garant de l’intérêt général. M. Macron doit saisir l’occasion de le prouver. Quand plus de 61 % des citoyens refusent la destruction du système de retraite solidaire, il doit l’entendre. Il doit reconnaître que son projet est à l’opposé de son programme de campagne qui garantissait que l’âge de départ en retraite ne reculerait pas et que les pensions ne diminueraient pas (1).

Or, même les études d’impact bricolées montrent que la contre-réforme soumise à la commission spéciale du Parlement prévoit les deux. Et, jusque-là, aucun ministre ne l’a démenti. Dès lors qu’existe un tel écart entre les engagements et ce qui est réellement proposé, qu’une majorité de nos concitoyens le refuse, que tous les syndicats, d’une manière ou d’une autre, s’y opposent et que même des députés de la majorité présidentielle n’en veulent pas, il n’y a qu’un moyen de trouver un juge de paix : proposer au peuple de se prononcer par référendum.

L’enjeu est énorme. Il s’agit en effet de savoir comment des millions de personnes, sur plusieurs générations, vont vivre la période « d’après le travail » de leur existence. Il s’agit de savoir s’il est juste et efficace de briser l’un des piliers de l’État social qui repose sur 14 % des richesses produites. Et si la sixième puissance mondiale, dans laquelle la productivité du travail a été démultipliée, a aujourd’hui les capacités ou non de rénover son pacte social construit alors que la France était ruinée, dévastée, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le débat doit avoir lieu.

En mentant sur un projet de toute évidence conçu pour satisfaire les fonds de pension et appuyer la dynamique perverse du capital financier, le gouvernement a braqué les classes populaires, désormais rejointes par des fractions importantes et diverses des classes moyennes. En enrégimentant autoritairement sa majorité, même rétive, dans un projet de bouleversement de la société, il a aggravé les préventions et la méfiance à l’encontre d’une démocratie vécue comme représentative du seul pouvoir. Le groupe communiste au Parlement a raison de proposer une motion référendaire. Il est rejoint aujourd’hui par d’autres forces. Refuser ce référendum, ce serait refuser une part décisive de démocratie participative et humilier l’immense majorité des citoyens. Cela reviendrait à faire la part belle à l’extrême droite pour la faire grandir encore. Cet enjeu démocratique est de haute importance : celui de « faire France » non pas seulement ensemble, mais en commun, au nom de la République sociale.

La question à soumettre aux citoyens serait, contrairement aux allégations gouvernementales, d’une grande et claire simplicité : « Êtes-vous oui ou non pour le projet de réforme des retraites proposé par le gouvernement ? » Le débat public approfondi permettrait à chacune et chacun d’étudier toutes les hypothèses, de vérifier les chiffres, d’accéder aux études d’impact, aux analyses des syndicats, des partis, des associations. Le référendum se justifie donc. Tous les éléments sont réunis pour que la décision souveraine des Français soit précédée d’une belle et grande délibération collective, comme ils en furent capables en 2005 lors du référendum sur le projet de Constitution européenne.

Il ne s’agit pas ici d’une bataille de chapelles, ni d’arracher une quelconque reddition, mais bien d’obtenir une grande respiration démocratique. L’intérêt général le commande. Le gouvernement doit l’entendre ! « L’Humanité » et « l’Humanité Dimanche » contribuent à faire vivre cette demande démocratique.

(1) Son programme présidentiel stipule : « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. »
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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 16:19

 

Le Parti communiste organise un grand meeting, où des femmes, premières concernées par la précarité, l’exploitation et les inégalités professionnelles, prendront la parole. Le vendredi 6 mars 2020, 19 h, à la Bellevilloise. Avec Fabien Roussel. « L’égalité professionnelle ça ne se négocie pas ! ». Et le 8 mars, jour de la grève féministe, nous manifesterons en France « On arrête toutes » !

 

PCF - Égalité professionnelle : la précarité se vit d’abord au féminin

Ce 8 mars 2020, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, sera une fois de plus celui de la lutte pour l’égalité professionnelle ! Bien que l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines ait valeur constitutionnelle et que l’égalité professionnelle soit inscrite dans plus de treize lois en France, de fortes inégalités existent dans l’emploi et l’insertion professionnelle, au travail et après, devant la retraite par exemple. Si les femmes ont toujours travaillé, elles ne disposent pas toujours de leur autonomie, et certaines sont maintenues sous la dépendance financière de leur conjoint. L’écart salarial moyen stagne aussi autour de 25 %.

C’est pourquoi la lutte pour l’égalité professionnelle constitue un levier de premier plan pour parvenir à une égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Le 8 mars sera marqué par la « grève féministe » et la manifestation « On arrête toutes » (de travailler, de briquer, de cuisiner, de consommer...) pour les droits des femmes et pour l’égalité, avec le collectif national droits des femmes, et à laquelle le PCF participe bien évidemment !

Dans leur vie professionnelle, les femmes subissent de nombreuses contraintes au travail, qui non seulement ne permettent pas de construire une carrière dans de bonnes conditions, mais en plus qui privent le monde du travail de talents et de forces considérables. Si le taux d’emploi des femmes et leur rémunération étaient égaux à ceux des hommes, le PIB de la France bondirait de 6,9 %.

Nous voulons conquérir l’égalité professionnelle : Les inégalités se sont réduites jusqu’en 1990 puis plus rien ! Les femmes travaillent, concentrées dans seulement 12 familles professionnelles sur 87 et qui sont non reconnues, et sous payées, alors que depuis plus de 30 ans elles sont plus diplômées que les hommes. Elles occupent des postes moins qualifiés, moins valorisés. La société patriarcale maintient les femmes dans un statut d’infériorité. Le patronat utilise le travail des femmes comme un laboratoire d’expérimentation afin d’étendre la précarité, la flexibilité et le temps partiel à l’ensemble du monde du travail.

Nous voulons établir l’égalité salariale : La situation se dégrade à toute vitesse pour le salaire des femmes en France à cause des politiques d’austérité et de dérèglement du droit du travail. En s’intéressant à la différence salariale, on s’aperçoit qu’en 2018 les femmes travaillaient gratuitement à compter du 12 novembre à 15 h 35, soit 10 jours plus tôt qu’en 2016.

Il faut reconnaitre le travail des femmes : L’invisibilité du travail des femmes est une construction sociale et il faut se battre partout et sans cesse pour démontrer que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas un supplément d’âme. Nous voulons une prise en compte du genre dans la prise en charge de la pénibilité dans les emplois « féminisés », aide à la personne, assistantes maternelles, puéricultrices, professeures des écoles, avocates, infirmières…

Nous voulons lutter contre le « plafond de verre » professionnel : Il cantonne les femmes sur les postes les moins qualifiés, avec les plus bas salaires, avec les possibilités d’évolution les moins importantes… La revalorisation des métiers dits « féminins » passe aussi par une revalorisation des déroulements des carrières. 55 % des hommes contre seulement 37 % des femmes font des heures supplémentaires. Outre le problème énorme que cette mesure pose pour les finances de la Sécurité sociale, cela contribue à renforcer les inégalités de revenus, l’inégale répartition des tâches ménagères, la charge mentale. Nous voulons la transparence des systèmes de rémunérations.

Nous voulons gagner les 32 heures pour toutes et tous et en finir avec les temps partiels imposés : 82 % des salariés qui ont un contrat à temps partiel sont des femmes. Ces postes sont donc aussi les postes où l’on subit le plus d’abus parce qu’on est plus vulnérable face à la hiérarchie, la clientèle ou à l’environnement professionnel. Ainsi, 56 % des agressions sexuelles arrivent sur le lieu de travail.

Nous voulons la mixité des métiers partout, on a toutes et tous à y gagner : L’assignation des femmes, dès le plus jeune âge, à certains métiers plutôt que d’autres : 48 % des femmes occupant un emploi sont cantonnées dans quatre secteurs d’activité : la santé et les services sociaux, l’éducation, l’administration publique et le commerce de détail. Une telle répartition des métiers est un poids mort pour l’avenir du pays, quand on sait, par exemple, les difficultés auxquelles s’exposent les jeunes femmes pour engager un cursus d’ingénieur alors que la France a besoin de 10 000 ingénieur·e·s supplémentaires par an.

En se donnant l’ambition de sécuriser l’emploi et la formation pour toutes et tous, le PCF intègre la lutte collective contre les inégalités, les stéréotypes sexistes et les discriminations subis par les femmes, notamment la précarité et le temps partiel imposé comme une priorité.µ

Hélène Bidard, membre du CEN.

 

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 16:11

 

Pour le retrait, tapez 1. C’est notre revendication, celle du mouvement social, des organisations syndicales mobilisées... Elle demeure d’actualité.

Face à ce rejet massif de son projet, le gouvernement a décidé d’accélérer et de passer en force au Parlement. Le texte contient 29 ordonnances par lesquelles le gouvernement s’arroge le pouvoir législatif. La majorité a fait le dos rond, espérant voir passer l’orage. Elle fait mine de ne pas comprendre ce qui se passe dans le pays (ou ne le voit pas)

PCF - Le retrait ou le référendum

En commission spéciale, nous avons entendu des députés nier que leur projet n’ait pas de soutien populaire, affirmant trouver sur le terrain les marques d’un « soutien discret ». Le pari est de faire rentrer la rivière dans son lit en affichant une détermination sans faille et en enserrant le débat dans une procédure parlementaire au rabais.

Nous connaissons le rapport des forces au sein de l’Assemblée nationale. Pour autant, cela ne rend pas légitime une réforme qui suscite un tel rejet. C’est pourquoi, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine et les députés communistes ont proposé le dépôt d’une motion référendaire pour rendre la parole au peuple sur cette question si cruciale.

Nous ajoutons donc une touche tapez 2 : « Si vous ne retirez pas ce projet, et puisque vous pensez qu’il répond aux aspirations majoritaires, ayez donc le courage de le mettre en débat dans le pays. » Mais le mieux serait de taper 1. Évidemment. Y compris pour Emmanuel Macron, sans doute. Il devrait donc y réfléchir sérieusement et renoncer à taper 3 : Passage en force. Les conséquences pour nos retraites seraient d’une extrême gravité, mais le traumatisme démocratique profond, venant s’ajouter à une crise déjà considérable.

Ce d’autant que le gouvernement, déjà engagé dans une impasse politique est désormais aussi dans une impasse institutionnelle. Le Conseil d’État a rendu un avis cinglant et les débats actuels nourrissent la matière pour le Conseil constitutionnel. L’imprécision, l’impréparation, l’étendue des ordonnances, l’absence de réponses précises, la publicité mensongère contenue dans les principes généraux... Au bout du compte, j’accuse le gouvernement de ne vouloir discuter ni avec les syndicats, ni avec le Parlement. Ni avec les citoyennes et citoyens.

Deux réponses nous sont faites face à cette demande de référendum. D’abord, on nous demande quelle sera la question. Et d’égrainer : voulez-vous un système plus juste, voulez-vous un système plus lisible... Toutes sortes de vertus dont se pare le projet gouvernemental et qui ne seront pas au rendez-vous. La question est simple : Un projet est sur la table, en voulez-vous ? Ensuite, on nous objecte que le sujet est trop complexe pour être soumis à une procédure référendaire. Ainsi, il nécessiterait beaucoup de concertations et de discussions pour en maîtriser tous les tenants et aboutissants. On connaît la qualité du dialogue avec les organisations syndicales... Plus, c’est une manière d’expliquer que les citoyennes et citoyens de notre pays ne seraient pas assez intelligents pour comprendre et se prononcer. Cet argument est irrecevable et scandaleux. Les citoyennes et citoyens de ce pays, le monde du travail et de la création ne demande qu’une seule chose : s’en mêler.

La démocratie ne consiste pas en l’exercice d’une domination, fut-elle temporaire. C’est cette pratique antidémocratique, ajoutée à un projet antisocial, qui provoque une telle réaction populaire. Une pétition vient d’être lancée par l’Humanité pour exiger ce référendum. Elle a déjà été signée par de nombreux acteurs de la vie sociale, politique et culturelle. Cette pétition va contribuer à placer le pouvoir face à ses responsabilités, face à sa pratique, face à sa véritable nature. Elle va manifester ce désir profond de décider ensemble. Notre motion référendaire aura ainsi plus de poids encore, qui pourra elle aussi faire grandir cette exigence dans le débat public. Mesdames et messieurs les députés, si vous ne voulez pas taper 2, il n’y a qu’une seule solution : tapez 1 !

Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône, membre du CEN.

 

 

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 08:00
Tribune Libre Réforme des Retraites - Dominique Noguères: le choix de l'humain des avocats: une juste colère

Notre amie Dominique Noguères, avocate, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, venue aux mardis de l'éducation populaire l'an passé, 15 janvier 2019, à Morlaix pour nous parler de la justice en France, s'exprimait hier dans l'Humanité sur la juste colère des avocats face à la dégradation de leurs pensions de retraite et de leurs conditions de travail.

Vidéo de la conférence de Dominique Noguères, avocate, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, aux Mardis de l'éducation populaire du PCF Morlaix, 15 janvier 2019

Tribune libre réforme des retraites. Le choix de l’humain des avocats : une juste colère
Mardi, 11 Février, 2020 - l'Humanité

 Une tribune de Dominique Nogueres Avocate, vice-présidente de la LDH

Mes confrères et consœurs avocats et avocates sont en colère. Le projet de loi sur la réforme des retraites pénalisera nombre d’entre eux. Leur colère est légitime et nécessaire. La justice est en soi un monde à part, avec son langage, son rituel. Nombreux sont les justiciables qui, se présentant pour la première fois devant un tribunal, n’en connaissent ni les codes ni le fonctionnement.

Pourtant, jamais les demandes de règlement de conflits par la voie judiciaire n’auront été si importantes en quantité, les personnes considérant que la justice doit non seulement réparer l’injustice dont elles s’estiment victimes, mais également réguler les rapports sociaux. La justice, c’est la justice civile, celle du quotidien, des divorces, du surendettement, des injonctions de payer, des gardes d’enfants, des tutelles ou des curatelles, etc. C’est aussi la justice administrative avec, entre autres, le droit des étrangers et, bien entendu, la justice pénale. Dans toutes ses déclinaisons, la présence de l’avocat est fondamentale pour décoder, aider, assister, conseiller ceux qui le mandatent.

Sans les avocats, les justiciables n’y trouvent pas leur compte. Alors que la réforme récente de la justice a transféré à des algorithmes ou à des plateformes les règlements de certains conflits, et n’a pas pris en compte la nécessaire revalorisation de l’aide juridictionnelle, cette réforme des retraites met en péril nombre de cabinets qui n’auront plus la perspective de bénéficier d’une retraite décente.

Pourquoi ? Parce que, contrairement à une idée reçue, tous les avocats ne sont pas des nantis et ceux qui, comme moi, ont mis leur profession au service de la défense des plus démunis paient le prix de leurs convictions et de leur engagement. Point de corporatisme dans cette lutte, mais simplement la préservation d’une profession indispensable dans la société et, si elle a bien des défauts, elle a aussi une qualité essentielle, le choix de l’humain.

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 06:44
Signez la pétition unitaire en ligne de l'Humanité pour réclamer un référendum sur la réforme des retraites

Après plus de deux mois de mobilisations sociales d’une ampleur historique, une majorité de Français demandent toujours le retrait de la réforme du système de retraites voulu par le gouvernement. Alors que les projets de loi commencent à être examinés à l’Assemblée nationale, tout est organisé pour contourner le débat devant la représentation nationale et inciter les  parlementaires à voter à l’aveugle, avec le recours programmé à pas moins de 29 ordonnances. Même le Conseil d'État a rendu un avis très sévère, relevant « la fausse promesse d’un régime universel », des projections financières « lacunaires »,  mais aussi des dispositions « contraires à la Constitution ».

Ce niveau de défiance à l’égard d’une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social », comme le souligne à juste titre le Conseil d’État, pose un problème démocratique majeur. A ce stade, seule une consultation populaire permettrait de le résoudre. Un référendum sur le retrait du projet gouvernemental doit être organisé, pour que le peuple ait le dernier mot.
L'Humanité a lancé lundi un appel avec de nombreuses personnalités. Il peut être signé ici : Sign the Petition
 
Démocratie. « Monsieur le président, soumettez votre réforme au référendum »
Lundi, 10 Février, 2020

Pour signer cette pétition : http://chng.it/BYhjbLJ5

 

Après plus de deux mois de mobilisations sociales d’une ampleur historique, une majorité de Français demandent toujours le retrait de la réforme du système de retraite voulue par le gouvernement. Alors que les projets de loi commencent à être examinés à l’Assemblée nationale, tout est organisé pour contourner le débat devant la représentation nationale et inciter les parlementaires à voter à l’aveugle, avec le recours programmé à pas moins de 29 ordonnances.

Même le Conseil d’État a rendu un avis très sévère, relevant « la fausse promesse d’un régime universel », des projections financières « lacunaires  », mais aussi des dispositions « contraires à la Constitution ».

Ce niveau de défiance à l’égard d’une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social », comme le souligne à juste titre le Conseil d’État, pose un problème démocratique majeur. À ce stade, seule une consultation populaire permettrait de le résoudre. Un référendum sur le retrait du projet gouvernemental doit être organisé, pour que le peuple ait le dernier mot.

Signez en ligne cette pétition : http://chng.it/BYhjbLJ5

Les premier signataires (au 10 février 2020)

Elisa Aboucaya, avocate, Paris.          

Mickaël Aboulkheir, avocat, Val de Marne.        

Michel Agier, anthropologue.           

Christophe Alévêque, humoriste.           

Pouria Amirshahi, président et directeur de publication de Politis.     

Gérard Aschieri, membre du Conseil économique, social et environnemental, ancien secrétaire général de la FSU.

Eliane Assassi, sénatrice communiste, présidente du groupe CRCE.      

François Audard, avocat, Val de Marne.        

Jean-Louis Auduc, agrégé d’histoire.          

Clémentine Autain, députée FI.          

Audrey AvramoLechat, avocate au barreau de Paris.       

Guillaume Balas, coordinateur de Génération.s.         

Jeanne Balibar actrice, réalisatrice.          

Kian Barakat, avocate au barreau de Rouen.       

Julien Bayou, secrétaire national d’EELV.         

Linda Bechaouch, cheffe de projet.         

Sonia Bechaouch, avocate.           

Séfiane Belmahi, analyste financier.          

Noria Bendjebbour, avocate au barreau du Val d'Oise.      

Eva Bergamaschi, avocate au barreau du Val-de-Marne.       

Alaia Berhonde, comédienne.           

Sandrine Berrosi, avocate, Seine-Saint-Denis.          

Sandrine Berrosi, avocate, Seine St Denis.        

Arno Bertina, écrivain.           

Claire Biélakoff, avocate, Seine-Saint-Denis.          

Laurent Binet, écrivain.           

Anastasia Binoche, avocate, Val d'Oise.         

Morgane Blanchard, avocate, Val-de-Marne.          

Michel Blay, directeur de recherche honoraire à l’EHESS.      

David Bobée, metteur en scène.          

Ariana Bobetic, avocate Seine st Denis.        

Frédéric Boccara, économiste, dirigeant national du PCF, membre du CESE.    

Nicolas Bouchaud, comédien.           

Magalie Boudringhin, aide-soignante.           

Pascale Bougier, avocat, Seine-Saint-Denis.          

Pascale Bougier, avocate, Seine St Denis.        

Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine.          

Patrick Braouezec, membre honoraire du Parlement.        

Delphine Breton, avocate, Seine St Denis.        

Daniel Breuiller, vice-Président de la métropole du Grand Paris.     

Ian Brossat, adjoint au logement de la Maire de Paris.    

Céline Brulin, sénatrice PCF.          

Dominique Bucchini, ancien président de l’Assemblée de Corse.      

Axel Calvet, avocat, Val d'Oise.         

Jean-Christophe Cambadélis, ex-premier secrétaire du PS.        

Guy Carlier, auteur.           

Jean-Michel Carré, cinéaste.           

Luc Carvounas, député PS.           

Aude Catala, avocate au barreau de Paris.       

Aurélie Cattan-Attias, avocate au barreau de Paris.       

Stéphanie Chabauty, avocate, Seine-Saint-Denis.          

Alexis Charansonnet, historien, université Lumière Lyon 2.       

André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale.     

Geneviève Chemla, avocate, Val-de-Marne.          

Stéphane Chenon, cuisinier.           

Hana Cherif-Hautecoeur, avocate au barreau de Paris.       

Samuel Churin, comédien.           

Estelle Cimarelli, avocate au barreau de Thionville.       

Chloé Clair, avocate, Val-de-Marne.          

Laurence Cohen, sénatrice PCF.          

Fabien Contaminard, ingénieur.           

Yves Contassot, responsable du pôle idées de Génération-s.      

Jacques Cotta, journaliste et réalisateur.         

Thibaud Cotta, avocat, Paris.          

Alain Coulombel, porte-parole d'EELV.          

Olivier Coulon-Jablonka, metteur en scène.         

Clotilde Couratier-Bouis, avocate au barreau de Paris.       

Pierre Cours-Salies, sociologue.           

Cécile Cukierman, sénatrice PCF.          

Christian de Montlibert, sociologue, professeur émérite de l’université de Strasbourg.    

Eléna de Gueroult d'Aublay, avocate, Val d'Oise.       

Ludivine de Leeneer avocate, Val-de-Marne.         

Michelle Décosse, retraitée de l'éducation nationale.        

Anaïs Defosse, avocate, Seine-Saint-Denis.          

Brieuc Derrien, technicien géomètre.          

Philippe Derrien, Agent de recensement INSEE.        

Isabelle Desjardins-Azoulay, avocate au barreau de Paris.       

Pascal Dessaint, écrivain.           

Richard Dethyre, sociologue.           

Richard Dethyre, sociologue Mickaël Dion, producteur.        

Paul Devin, président de l’Institut de Recherches de la FSU.    

Pierre Dharréville, député PCF.          

Cyril Dion, écrivain et réalisateur.         

Marion Dodier, avocate, Seine St Denis.        

Marion Dodier, avocate, Seine St Denis         

Claude Douare, directeur d'école.          

Peio Dufau, cheminot, Hendaye.          

Anne Dupré, cadre retraitée de la fonction publique hospitalière.     

Sonia Elghozi, avocate, Val-de-Marne.          

Hakim et Mouss, Zebda-Motivés.          

Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement.       

Eric Fassin, sociologue.           

Elsa Faucillon, députée PCF.          

Olivier Faure, député et secrétaire national du PS.      

Pascale Fautrier, écrivaine.           

Christian Favier, sénateur PCF, président du conseil départemental du Val-de-Marne    

Caroline Fiat, députée FI.          

Gérard Filoche, porte-parole de la Gauche démocratique et sociale.     

Bernard Friot, économiste.           

Sophie Frontino, infirmière.           

Bruno Gaccio, comédien, auteur.          

Daniel Gaxie, politiste, Paris-1.          

Fabien Gay, sénateur PCF.           

Marion Geniès, avocate, Val-de-Marne.          

Agathe Gentilhomme, avocate, Paris.          

Joao Goncalves, avocat, Val-de-Marne.          

Roland Gori, psychanalyste, professeur émérite à l'université Aix-Marseille.      

Jérôme Goutille, avocat, Val-de-Marne.          

Stephanie Gracia, cheminote.           

Florent Gras, avocat, barreau de Bordeaux.        

Michelle Gréaume, sénatrice PCF.          

Mathieu Grégoire, maître de conférences en sociologie, chercheur à l’IDHES (CNRS).   

Agathe Grenouillet, avocate, Seine St Denis.        

Alain Gresh, journaliste.           

André Grimaldi, professeur émérite de médecine.        

Antoine Grouhel, salarié d’un laboratoire pharmaceutique.        

Florent Gueguen, dirigeant associatif dans la lutte contre l’exclusion.     

Michel Guez, informaticien.           

Arnaud Guyonnet, avocat, Paris.          

Marion Havard, avocate, Paris.          

Bruno Hélin, cadre supérieur paramédical et vice Président du département du Val de Marne.

Odile Henry, sociologue, Université Paris-8.         

Charles-Emmanuel Herbière, avocat, Val d'Oise.         

Adrien Holstein, politiste, Université de Nanterre.        

Adrien Holstein, politiste, Université de Nanterre        

Marie-Claude Hourquiscot, retraitée.           

Christian Hutin, député MRC.          

Rim Jouida, avocat, Val de Marne.        

Pierre Jouvet, conseiller départemental, porte-parole du PS.       

Régis Juanico, député Génération-s.          

Sébastien Jumel, député PCF.          

Insaf Kabsi, avocat, Val-de-Marne.          

Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat.      

Razmig Keucheyan, sociologue.           

Pierre Khalfa, économiste, fondation Copernic.         

Bernard Lahire, professeur de sociologie, ENS Lyon.       

André Laignel, vice-président de l’Association des maires de France.     

Aurore Lalucq, députée européenne Place publique.        

François-Michel Lambert, député Liberté, écologie, fraternité.        

Pierre Larrouturou, député européen Nouvelle Donne.        

Anne Lassalle, avocate, Seine St Denis.        

Soria Latreche, avocate, Seine St Denis.        

Pierre Laurent, sénateur PCF.          

Myriam Lavigne, gestionnaire de stock.         

Anicet Le Pors, conseiller d’Etat honoraire.        

Didier Le Reste, président de Convergence nationale Rail, ancien secrétaire général de la CGT cheminots.

Hervé Le Corre, écrivain.          

Martine Le Roux, avocate, Paris.         

Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.        

Frédéric Lebaron, professeur de sociologie, ENS Paris-Saclay.       

Serge Lechtimi, Parti progressiste martiniquais.         

Pierre Lemaitre, écrivain.           

Renaud Lemoine, ingénieur.           

Krystel Lepeu, avocate, Val de Marne.        

Aude Lequerré, avocate, Val de Marne.        

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice Gauche républicaine et socialiste.       

Whiteside Lottin, conducteur RATP.          

Fernando Lourenco, sans profession.           

Mélanie Luce, présidente de l’Unef.         

Marie Luchi, responsable projet Génération-s.         

Nabil Maiz, technicien métallurgie.          

Delphine Malapert, avocate, Paris.          

Delphine Malapert, avocate, Paris          

Noël Mamère, militant écologiste.          

Emmanuelle Marteau, gestionnaire immobilier.          

Alexandre Martin, avocat au barreau de Toulouse.       

Christiane Marty, syndicaliste, militante associative, spécialiste des retraites.      

Corinne Masiero, comédienne.           

Sylvie Maugat, épidémiologiste.           

Claire Maugat-Decosse, avocate, Val de Marne.        

Emmanuel Maurel, député européen de la Gauche républicaine et socialiste.    

Caroline Mécary, avocate, Paris.          

Jean-Luc Mélenchon, député FI.          

Marion Ménage, avocate, Val d'Oise.         

Daniel Mermet, journaliste.           

Dominique Mestre-Agelina, avocat, de Marne          

Catherine Mills, économiste, directrice de la revue Economie et Politique.    

Laëtitia Mole, cheminote, Hendaye.          

Jean-Yves Mollier, historien.           

Bernard Montagne, syndicaliste, responsable associatif.         

Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste.         

François Morel, écrivain et comédien.         

Dominique Noguères, avocate retraitée.          

Gérard Noiriel, historien.           

Alain Obadia, président de la fondation Gabriel-Péri.       

Abdallah Ouahmane, sans profession.          

Ahmed Ouahmane, ambulancier.           

Aïcha Ouahmane, avocate, Val de Marne.        

Fatima Ouahmane, retraitée.           

Mina Ouahmane, agent de surveillance.         

Benjamin Page, chauffeur poids lourd.         

Mathilde Panot, députée FI.          

Sandra Paparemborde, enseignante.           

Willy Pelletier, coordinateur général de la fondation Copernic.      

Mimouni Peres-Rifka, avocat, Seine-Saint-Denis.          

Clémentine Perros, avocate, Paris.          

Michel Pigenet, historien.           

Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien.          

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS.  

Éric Piolle, maire de Grenoble.         

Céline Piques, porte-parole d’Osez le féminisme.        

Mélanie Plouviez, philosophe.           

Joël Pommerat, auteur, metteur en scène.        

Didier Porte, humoriste.           

Christine Prunaud, sénatrice PCF.          

Eric Puisais, enseignant, Poitiers.          

Adrien Quatennens, député FI.          

Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale.     

Nicolas Rebbot, avocat, Paris.          

Catherine Renaux-Hemet , avocate, Seine St Denis.       

Robin Renucci, comédien et réalisateur.         

Sébastien Revault-d'Allonnes, avocat, Paris.          

Jacques Rigaudiat, économiste.            

Denis Robert, journaliste.           

Jean Rol-Tanguy, journaliste retraité.          

Anne Rortais, Coordinatrice associative.          

Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de la revue Cause commune.      

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord.    

Catherine Roussière, avocate, Paris          

Damien Rudant, cheminot, Saint-Jean-de Luz.         

Alain Ruscio, historien.           

Mathilde Sanson, avocate, Rouen.          

Mathilde Sanson, avocate, Rouen.          

Gisèle Sapiro, directrice d'études à l'EHESS et directrice de recherche au CNRS.  

Jamila Sarraf, avocate, Val de Marne.        

David Sarramagna, cheminot, Bayonne.          

Jean-Marie Sauret, psychanalyste, professeur émérite des universités.       

Pascal Savoldelli, sénateur PCF.          

Frédéric Sawicki, professeur de sciences politiques.        

Claudine Secq, retraitée.           

Stéphanie Secq, avocate, Val de Marne.         

Geneviève Sellier, universitaire.           

Lucien Sève, philosophe.           

Karine Shebabo, avocate, Paris.          

Karen Sileber, assistante de direction.         

Jean-Pierre Siméon, poète.           

Evelyne Sire-Marin, magistrate et membre du Syndicat de la magistrature.    

Stéphane Sirot, historien.           

Gabrielle Siry, porte-parole PS.          

Dylan Slama, avocat, Paris.          

Henri Sterdyniak, animateur des Economistes atterrés.        

Pascale Taelman, avocate, Val de Marne.        

Sophie Taillé-Polian, sénatrice Génération-s.          

Yves Tamet, Avocat, ancien bâtonnier, Seine St Denis.      

Danielle Tartakowski, historienne.           

Bertrand Tavernier, cinéaste.           

Agnès Teissedre, avocate au barreau de Paris.       

Jacques Testart, biologiste.           

Benoît Teste, secrétaire général de la FSU.       

Bernard Thibault, représentant des travailleurs au conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail. 

François Thiollet, délégué au projet EELV.        

Emmanuel Todd, démographe et historien.         

Pascale Torgemen, avocate, Val de Marne.        

Louise Tort, avocate, Paris          

Lise Toussaint, cadre la fonction publique territoriale.       

Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac.          

Sophie Ulliac, avocate  au barreau  de Paris.       

Boris Vallaud, porte-parole et député PS.        

Lucas Vazquez Vespoli,  avocat, Toulouse.         

Arthur Vercken, avocat, Paris.          

Arthur Vercken, avocat, Paris          

Marie-Christine Vergiat, responsable associative et ex-députée européenne.       

Claude Vincent, avocate, Paris, membre du SAF.       

Marie Violleau, avocate, Paris.          

Francis Wurtz, membre honoraire du Parlement européen. 

Signez la pétition unitaire en ligne de l'Humanité pour réclamer un référendum sur la réforme des retraites
Retraites. L’appel pour un référendum rencontre un bon écho
Mardi, 11 Février, 2020 - L'Humanité

15 000 signatures les premières 24 heures. La pétition en ligne lancée par l’Humanité, avec le soutien de personnalités, pour réclamer qu’un référendum tranche la question de la réforme des retraites a connu un bon démarrage.

Lancée le 10 février au matin, la pétition initiée par l'Humanité dépassait les 20 000 signatures le lendemain soir. Lorsqu’ils signent sur la plateforme change.org, les internautes laissent parfois un commentaire. Ainsi, Laura le dit sans ambages, « cette réforme ne servira qu’à enrichir les fonds de pension et appauvrir les travailleurs ». Brigitte renchérit : « Je signe car cette réforme est profondément injuste. Elle va frapper de plein fouet les plus fragiles, les femmes, tous ceux qui n’auront pas une carrière complète (chômage, maladie…). » Pour Jacques, « cette réforme, à l’image de l’ensemble de la Macronie, est totalement déconnectée des vrais problèmes. Une déconnexion de plus en plus violente ». Jean-Luc, lui, considère que la réforme projetée par Emmanuel Macron est un faux-semblant : « Au nom de l’universalité, le gouvernement va favoriser une fois de plus ceux qui sont déjà privilégiés (ceux qui profitent d’un allongement de l’espérance de vie). On n’entend pas dans tous les médias, poursuit-il, le pourquoi de l’excédent des caisses de retraite des métiers les plus éprouvants, pourtant l’explication est simple : c’est que l’immense majorité a cotisé pendant quarante ans et décède au moment de la retraite. »

Pour beaucoup de signataires, la question est aussi d’ordre démocratique, ni plus ni moins. Selon Pierre, « faire adopter une réforme d’une telle ampleur historique par le jeu d’ordonnances et donc en catimini, après un débat plus que limité au Parlement, est le signe d’un pouvoir qui a décidé de ne pas s’encombrer des processus démocratiques. Le seul moyen de revenir à des bases et un débat sain, c’est un référendum ! » L’enjeu, Olga le résume très simplement : « Parce que nous voulons décider de nos vies ! »

 

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 06:05
Pierre Dharréville :  nous utiliserons tous les leviers parlementaires pour combattre cette réforme  (L'Humanité, 6 février 2020)
Pierre Dharréville : « nous utiliserons tous les leviers parlementaires pour combattre cette réforme ».
Jeudi, 6 Février, 2020 - l'Humanité

Entretien. La bataille parlementaire vient d’entrer dans une phase décisive. Le communiste Pierre Dharréville explique ce que sera la stratégie de son parti pour contrer le gouvernement et ses ordonnances.

 

Pierre Dharréville Député PCF des Bouches-du-Rhône

La bataille continue. Le gouvernement a l’intention de faire rentrer la rivière dans son lit. La nôtre est de faire en sorte qu’il prenne la mesure du rejet massif de sa réforme dans le pays, et qu’il renonce à ce projet malintentionné. C’est le premier enjeu. Ensuite, l’arrivée du texte devant l’Assemblée nationale va permettre de continuer à mettre en lumière la gravité des mesures contenues dans le projet de loi, et qui parfois se cache dans les détails. L’examen en commission spéciale, qui commençait dès le 2 février, est l’occasion d’essayer de « désosser » le projet gouvernemental. Notre état d’esprit est de mener la bataille et de faire la démonstration de la dangerosité de ce projet. On sait déjà que, en dehors des éléments de langage qu’elle nous répète constamment, la majorité n’a pas beaucoup d’arguments à faire valoir.

Cette procédure réduit le délai dont nous disposons pour examiner le texte, le comprendre et préparer des propositions. Nous ne pouvons pas faire grand-chose contre cette contrainte. Elle supprime également la deuxième lecture du texte après le passage au Sénat. La volonté du gouvernement de faire entériner sa réforme en dépit de la contestation, majoritaire dans l’opinion, est donc claire. Nous utiliserons donc tous les outils à notre disposition dans ce débat parlementaire. Nous avons la possibilité de déposer des motions qui viendront en temps voulu. Ce qui est clair, c’est que nous déposerons une motion de censure. Dans les conditions actuelles, avec une opinion opposée sans ambiguïté à ce projet de réforme, nous aurons aussi la possibilité de déposer une motion référendaire, de façon à permettre aux citoyens de trancher par référendum. En attendant, nous allons déposer des amendements. Pour faire des propositions, pour supprimer les dispositions négatives de ce texte, et elles sont très nombreuses. Mais aussi pour limiter la portée d’un certain nombre de dispositifs de la réforme. Il s’agira de faire en sorte que la loi soit la moins mauvaise possible…

Les ordonnances nous privent de notre pouvoir législatif au profit de l’exécutif, qui se l’arroge. Nous allons les contester en bloc. Il est inadmissible de légiférer par ordonnances sur un sujet aussi fondamental, qui nous engage pour des décennies et qui a provoqué le mouvement social que l’on traverse depuis le 5 décembre. Nous allons essayer de les bloquer ou de les contrecarrer par d’autres propositions. Nous essaierons également d’obliger le gouvernement à dévoiler ses intentions cachées derrière ces ordonnances.

Nous avons déjà mené des batailles convergentes, dès le début du mandat d’Emmanuel Macron, contre les ordonnances de la loi travail. Nos groupes se sont réunis pour partager nos analyses et nos intentions. Le dialogue est clairement établi entre nous. D’abord, pour déclencher ensemble les dispositifs dont nous pourrions avoir besoin pendant le débat parlementaire. Ensuite, pour additionner nos contre-offensives respectives. Nous sommes déterminés à défendre également les exigences que nous avons exprimées dans la plateforme commune de la gauche. Elle est un point d’appui pour montrer qu’il y a une alternative au projet du gouvernement.

La droite est opposée à cette réforme, mais pas toujours pour les mêmes raisons que nous… On peut imaginer une convergence sur des éléments ponctuels, mais nous ne portons clairement pas le même projet. Les parlementaires de droite auraient souhaité une démarche commune contre la procédure accélérée. Ces questions de procédure font partie des convergences ponctuellement possibles.

Cela traduit d’abord une fébrilité, une fragilité de la part du gouvernement. Non seulement il fait face à un mouvement social puissant depuis plusieurs mois, mais de surcroît les plus hautes juridictions de la République, comme on l’a vu avec le Conseil d’État, critiquent sa méthode et en dévoilent les failles.

Le gouvernement n’a pas vraiment décidé d’en tenir compte… Il passe outre ces remarques. Mais, dans la suite des événements, il y aura des conséquences. Si le projet de loi devait continuer sa progression, le Conseil d’État nous a fourni tous les arguments pour saisir le Conseil constitutionnel. Ignorer l’avis du Conseil d’État est symptomatique de la manière de gouverner d’Emmanuel Macron. Sauf que nous sommes dans une démocratie, un État de droit et qu’il y a des règles à respecter. Lorsque cet avis critique des conditions d’examen du projet de loi, il y a déjà matière à contester devant le Conseil constitutionnel. La possibilité d’une invalidation est réelle. Mais ce n’est pas notre bataille d’aujourd’hui.

On peut surtout parler de régression civilisationnelle. La création de la Sécurité sociale et sa philosophie étaient un progrès civilisationnel considérable. Vouloir modifier ses fondements est un recul fondamental. La volonté du gouvernement à travers ce projet de loi est d’abîmer la solidarité entre les générations et la garantie des droits à la retraite. Il crée un système qui s’affranchit du principe selon lequel chacun participe selon ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins, en le remplaçant par un principe individuel selon lequel chaque euro cotisé donne les mêmes droits à la retraite. Il a les apparences de l’égalité, mais porte surtout la marque du libéralisme : son objectif est de ne pas accroître la part de richesses consacrées aux retraites et de faire travailler plus longtemps. Il n’y a aucun projet social dans ces deux lignes directrices, tandis que le taux de remplacement, le niveau des pensions sont totalement absents de cette réforme.

magali bragard

Entretien réalisé par Diego Chauvet
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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 06:48

 

 

 

Mieux vivre dans nos villes et nos villages

Vous voulez :

  • Des communes solidaires contre les politiques libérales ?
  • Des villes et des villages avec des services publics proches de nos besoins ?
  • Plus de démocratie dans votre commune ?

Nous aussi !

Le gouvernement plonge des millions d’entre nous dans la souffrance, la misère et la précarité.
Pour construire une alternative juste, solidaire et écologique : faisons de nos villes et de nos villages des lieux de reconquête populaire. Votons pour des élu·es de terrain, des élu·e·s de proximité !

LES PROPOSITIONS que nous portons POUR NOS COMMUNES

 

DES SERVICES PUBLICS DE PROXIMITÉ

  • Finançons des politiques variées et ouvertes au plus grand nombre, des crèches aux EHPAD en passant par les écoles et les équipements sportifs et culturels.
  • Exigeons de l’État les moyens financiers nécessaires au déploiement des services publics municipaux et au bien-être des agents.
  • Pratiquons des tarifs basés sur les quotients familiaux.
  • Mettons les entreprises à contribution et exigeons des prêts à taux zéro.

 

DES LOGEMENTS DE QUALITÉ POUR TOUTES ET TOUS :

  • Réclamons la hausse des APL et plus de financements pour les bailleurs sociaux !
  • Atteignons 25% de logement social dans nos communes, et 40% dans chaque projet d’aménagement.
  • Construisons des immeubles intergénérationnels et adaptés aux personnes porteuses de handicap.
  • Encadrons les loyers et interdisons les expulsions sans relogement.

 

LA DÉMOCRATIE : AU CŒUR DE MA COMMUNE

  • Associons les citoyen·ne·s à chaque décision : référendum, comités de suivi de projets (reconstruction, culture,...), réunions d’information, conseils de quartiers,...
  • La démocratie est un apprentissage : multiplions les Conseils d’enfants consultatifs et décisionnels !
  • Donnons le soutien financier nécessaire aux associations dans nos villes.

 

EMPLOI ET ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

  • Généralisons les clauses sociales d’insertion par l’emploi.
  • Développons une économie sociale et solidaire.
  • Accompagnons les demandeurs d’emplois : généralisons les bourses au permis et les rencontres de l’emploi.
  • Privilégions le petit commerce local à l’ouverture de grandes enseignes commerciales.

 

L’ÉCOLOGIE COMME PRIORITÉ

  • Rénovation thermique, géothermie, biomasse, végétalisation de l’espace public : faisons de la commune le territoire central du développement durable.
  • Accompagnons les productrices et producteurs, les consommatrices consommateurs vers une agriculture éco-responsable.
  • Déployons une politique de transports en commun de proximité et voies douces, adaptée aux espaces et à la mobilité de chacun.e.

 

L’ÉGALITÉ ET LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS

  • Sensibilisons dès le plus jeune âge à l’égalité, notamment femmes-hommes, par la mixité dans le jeu, l’enseignement, la vie associative, sportive et culturelle.
  • Partout, luttons contre les discriminations racistes, sexistes, LGBT+phobes.
  • Développons les formations des agents municipaux pour l’accueil des victimes de violence.

 

LA SANTÉ POUR TOUTES ET TOUS

  • Développons la prévention des risques sanitaires : buccodentaire, MST, cancer…
  • Créons des centres de santé municipaux ou intercommunaux pour combler les déserts médicaux !
  • Augmentons la part des produits bio et durables dans la restauration scolaire.


VOTONS POUR des élu·e·s de combat !

 

Ces propositions sont déjà expérimentées dans les communes où nous avons des élu·e·s.
Pour re-développer les entreprises et notre industrie locale, rouvrir nos bureaux de poste, nos écoles, gares, hôpitaux, caisses d’assurance maladie, privilégier le bien public : faisons de nos communes des lieux de résistance et de conquêtes !

Nous voulons montrer qu’une politique basée sur la démocratie, les services publics et la justice sociale est possible.

 

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 06:45

 

Au 1er février, les français subiront à nouveau une hausse des tarifs EDF de l'ordre de +2,4 %. Avec celles de juin et août dernier, l'augmentation aura été de 10 % de plus en huit mois ! Voilà les conséquences de la libéralisation du marché de l’énergie.

 

 

Un mécanisme bien rodé mis en place suite à l’introduction de la concurrence dans l’électricité présentée comme devant faire baisser les prix.

Les concurrents d’EDF n’ont pas investi dans des nouveaux moyens de production d’électricité. Ils doivent donc l’acheter pour la revendre aux clients :

Soit en s’approvisionnant sur le marché européen de l’électricité où les prix sont tirés vers le bas en raison d’un fort développement des énergies renouvelables fortement subventionné et des prix bas des combustibles fossiles,

Soit en utilisant l’ARENH (Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire et Hydraulique) dispositif issu de la loi scélérate NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) votée en 2010 qui oblige EDF à mettre à disposition 25% de sa production à ses concurrents, au prix fixé de 42 €/MWh.


Depuis deux ans, la forte hausse des prix de la tonne du CO2 couplée à une augmentation du coût des combustibles fossiles a fait grimper les prix de marché. Ceux-ci sont désormais supérieurs à ceux du nucléaire produit par EDF. Les concurrents se tournent tous vers l’Arenh qui était jusqu’ici peu utilisée car plus chère que le marché. Aujourd’hui la demande des concurrents dépasse l’offre de 25 % de la production nucléaire d’EDF autorisée par la loi. Ce mécanisme ne suffit plus à les rendre compétitifs Aussi, ces concurrents ont demandé que ce quota de 25% soit porté à 50% voire 100%. En attendant, pour que ces pseudo-concurrents ne perdent pas de clients ou pire disparaissent, la seule alternative est d’augmenter les tarifs réglementés de vente pour continuer de pouvoir rivaliser avec eux et maintenir cette concurrence factice.
C’est tout l’enjeu de la régulation du nucléaire voulu par le gouvernement avec en contrepartie le démembrement d’EDF.


La conséquence est une hausse des factures qui explosent pour les ménages et l’augmentation du nombre de foyers français en précarité énergétique.


Le PCF exige :

  • De sortir l’énergie de l’impasse de la libéralisation
  • Une baisse immédiate de la facture soit faite en ramenant la TVA à 5.5 %
  • l’interdiction des coupures d’énergie (électricité et gaz) tout au long de l’année pour les ménages en situation de précarité énergétique.


C’est tout le sens du projet de loi déposé par le groupe communiste républicain citoyen et écologiste (CRCE) au Sénat et qui sera débattue en séance publique le 6 février prochain.

 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 19:57

Il y a deux jours Rouge Cerise révélait que dans son infinie bonté, la direction de la SNCF récompensait les non-grévistes en leur accordant des primes.

Après tout, c’est une longue tradition que de récompenser les traîtres par des espèces sonnantes et trébuchantes.  N’est-ce pas Judas ?

Rouge Cerise est heureuse d’offrir à ses lectrices et lecteurs ce texte de notre camarade Roger Martin.

Tu as pris leur pourboire mais ils te méprisent. 

En hommage aux grévistes en général et aux cheminots en particulier.

 

Oui, je sais, tu roules, mais pas sur l’or.

Avec ta femme , vous avez acheté une maison, vous y aviez bien droit, non ?

Il faut payer les traites. Vous avez signé un contrat qui vous garantit en cas d’accident, de longue maladie, et même de mort. Mais nulle part il n’y est question de grèves !

Et puis, y-a les mômes. C’est que ça mange un môme, c’est que ça a des besoins, des activités.

Y-a eu Noël et le Jour de l’An et il faut payer un tiers d’avance pour la location de 15 jours cet été.

Oh, tu vas pas à Saint-Paul de Vence, ni à Monaco, encore moins en croisière dans les îles sur une de ces usines flottantes qui polluent avec la bénédiction du Capital, mais même dans les Pyrénées ou au-dessus de Sisteron, avec deux ou trois sorties, le zoo et le complexe multi-bulles pour les enfants, faut quand même serrer un peu la ceinture.

T’as pas fait grève, ou juste un jour ou deux, parce que, honnêtement, tu le sais bien, chaque fois que vous avez obtenu quelque chose, c’est parce que vous vous étiez battus et que malgré tout l’enfumage du Medef et du gouvernement, toi, tu sais bien que la réforme de la retraite, c’est le contraire de la justice et de l’égalité.

Alors t’as repris le taf (quand tu l’avais arrêté) et puis t’a bouché tes oreilles chaque fois que les grévistes sont venus appeler à élargir le mouvement, et tu t’engouffrais dans ta cabine pour plus entendre les sifflets et les noms d’oiseau. T’as appris à serrer les dents. Pour les aigreurs d’estomac, y-avait toujours des pastilles.

Chaque jour tu t’es pris à espérer des trucs qui te rendaient malade. Le mouvement s’essoufflait, les irréductibles étaient réduits. Y-avait pas une chaîne de télé pour dire le contraire. Pas un journaliste (en tout cas sur les écrans) pour glisser quelques mots favorables aux grévistes. Le problème c’est que ça c’était surtout de l’intox matignonesque et de la démoralisation élyséenne. À la fin, tu fermais ta gueule et tes oreilles, tu filais comme un rat pour éviter tes camarades de travail. Sur les téloches, on le répétait assez qu’ils pouvaient être violents, irrespectueux de la démocratie, qu’ils attentaient à la liberté du travail. Mais toi, au fond, ce qui te tuait, c’est que tu savais parfaitement qu’ils avaient raison et que, s’ils t’en voulaient, c’est qu’avec toi, et les autres, on gagnait les doigts dans le nez.

Quarante jours, et plus, et ça n’arrêtait pas. Bien sûr, y-avait des pauses, on reprenait deux jours et on relançait ensuite. Et il y avait tous les autres, les électriciens et les gaziers, les profs, les danseurs de l’Opéra, les salariés de Radio France, des intermittents, des personnels de santé, même des flics et des pompiers. 

Tu te disais qu’il fallait tenir encore deux jours, trois maximum, qu’après les choses se tasseraient et qu’on oublierait ce mot que ton père prononçait presque en crachant : JAUNE. Mais tout ce que tu découvrais, c’est que la colère montait, c’est que, cette fois, ils étaient très nombreux à répéter que si on lâchait, ce serait foutu pour de bon et que, donc, on lâchait rien ! 

C’est là que tu as perdu le sommeil, que tu as compris ce qu’était ce fameux « burn-out » qu’on évoquait parfois dans des débats à 23h30 sur des chaînes câblées. Ségolène, qui parle français, aurait appelé ça la « cramitude ». Tu avais la sensation de te consumer de l’intérieur, de te recroqueviller.

Et puis, un soir, on t’a appelé, à ton domicile. Un roulant qui ne faisait jamais grève, pas un copain. Il avait parlé de toi. La direction estimait qu’on ne parlait que des agitateurs, des saboteurs et qu’il était de son devoir de mettre en valeur les comportements responsables et la conscience professionnelle. On allait attribuer des primes, plusieurs centaines d’euros. Ça se refuse pas, non ?

Tu ne sais même plus ce que tu as répondu et tu as mis deux jours à en parler à Mélanie.

Et encore, c’est elle qui a vu que ton état empirait. Elle voulait que tu te mettes en maladie. Après tout, d’autres l’avaient fait. Mais ça, c’était pas possible. Tu avais fait un choix et tu l’assumerais…

Trois cents euros. Ce matin-là, vous avez vu sur Internet que le virement était arrivé.

Vous étiez à table, Mélanie et toi, lorsque Marie est arrivée du collège. La moitié de ses profs étaient en grève. Avec des copines, elles avaient refusé d’aller en étude. « On est solidaires des profs ». Elle était debout à vous regarder. Les larmes te sont montées aux yeux sans crier gare. Mélanie te fixait. Tu n’osais plus regarder ta fille. D’ailleurs tu avais bien senti qu’à l’affection qu’elle avait pour toi se mêlait depuis peu de la tristesse. De la déception, peut-être. Mélanie s’est levée, elle a filé dans la chambre. Tu l’as entendue fouiller dans l’armoire, remuer la boîte en fer blanc qui avait contenu des palets bretons et où, semaine après semaine, elle rangeait l’argent des pourboires qui paieraient les sorties de l’été. Tu as compris avant qu’elle réapparaisse.

Pendant quelques secondes vous vous êtes regardés. Marie ne vous quittait pas des yeux. Puis ils se sont posés sur la main droite de sa mère. Mélanie t’a tendu les billets.

Tu les as pris et tu as éclaté en sanglots. Marie a écarté ses bras et les a refermés sur vous.

Elles t’ont regardé sortir et lorsque tu as tourné le coin, tu les as vues serrées l’une contre l’autre te faire signe et une onde de fierté et de tendresse t’a parcouru. Tu n’avais pas de poste dans ta vieille C1 et pourtant la voix de Ferrat a envahi l’habitacle : « La Femme est l’avenir de l’homme ».

Quand tu es arrivé à la gare d’Avignon, quelques palettes finissaient de se consumer. Une quarantaine de personnes se réchauffaient autour du feu. Le mistral faisait claquer les drapeaux de la CGT et de SUD.

Les militants communistes de la section Oswald Calvetti, mobilisés depuis le premier jour, servaient du café et du vin chaud. Tu as traversé le cercle, soudain silencieux. Il y avait là deux ou trois cheminots qui n’avaient pas été tendres avec toi, mais chacun semblait avoir conscience que quelque chose se passait. Tu t’es arrêté devant la boîte qui servait à recueillir les dons de la solidarité et tu as tiré les billets de ton blouson avant de les glisser par la fente. Tu as murmuré, plus pour toi que pour les autres sans doute :  Le salaire de la honte…

Quelqu’un, tu ne sais plus qui tant tu étais bouleversé, a dit : « Ils se contentent pas de nous écraser, ils veulent nous humilier ».  

Et puis, on t’a pris par l’épaule, on t’a fait avancer et tu as entendu Michel, un de ceux qui avaient été les plus virulents, qui criait: « Un verre de vin chaud pour notre camarade ! ».

 

ROGER MARTIN

 

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 12:45

Fabien Roussel a été excellent, comme d'habitude, sur RFI ce 5 février, interviewé par Fréderic Rivière.

" Il y a une majorité de députés de la majorité en France qui votent comme des playmobils, le bras levé"

"Ils font des cadeaux aux plus riches et de l'autre côté ils sont obligés de taper dans notre porte-monnaie"

"Nous sommes à 10 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté et nous sommes la sixième puissance économique"

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