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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 16:30

 

Alors que débute la discussion sur le projet de budget pour 2020, le gouvernement maintient obstinément sa ligne de conduite, douce pour les plus riches, brutale pour les plus précaires. Une vision sans souffle ni ambition, à mille lieux des enjeux auxquels notre pays est confronté, à commencer par le défi du réchauffement climatique.

PLF2020 : « Être au rendez-vous de l’urgence sociale et climatique » (Fabien Roussel)

ace à un tel immobilisme, les députés communistes portent, eux, un nouveau modèle de société, à la hauteur des attentes et des besoins si largement exprimés par les Français depuis de longs mois.

Parmi une soixantaine de propositions, nous défendrons ainsi :

- un fonds doté de 100 milliards d’euros pour la transition écologique (rénovation de 700 000 logements par an, développement des transports, soutien à l’agriculture ...), comme en Allemagne, qui doit aussi permettre d’investir dans l’industrie du 21eme siècle, relocaliser les productions de biens, en respectant les travailleurs et la planète. Un tel fonds serait financé par la BCE à taux négatifs pour rattraper nos retards et tenir nos engagements. La dette qui va se creuser ? La seule dette qui comptera pour nos enfants, ce sera la dette écologique ; 

- un amendement visant à attribuer 5 milliards d’euros de dotations supplémentaires aux communes en 2020 pour leur redonner de l’air. Cette dotation sera utile aux nouvelles équipes municipales élues l’an prochain;

 un impôt sur le revenu porté à 11 tranches. En dessous de 3 500 euros nets par mois pour un célibataire, on paye moins d’impôt. Au-dessus, on paye plus. Pour un coût nul pour le budget de l’État. La réforme proposée par le gouvernement, quant à elle, coûtera 5 milliards d’euros, qui seront financés par des économies sur le dos des APL, des chômeurs, des services publics... ;

- un amendement renforçant l’obligation de domiciliation fiscale des patrons de grandes entreprises françaises (amendement « Carlos Ghosn »).

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 16:27

 

Le mercredi 16 octobre dans les Ardennes un train a percuté un convoi exceptionnel sur un passage à niveau. L'absence de contrôleur à bord, faisant suite à la politique d'abaissement des coûts de la SNCF, a fait 12 blessés à bord ! Le conducteur, blessé et choqué, a dû lui-même assurer la protection de son train et des usagers,  seuls dans la rame.

SNCF : La vie des cheminots et des usagers est en danger

Les suppressions massives d'emploi à la SNCF, résultats de la politique de l'entreprise souvent accompagnée par les conseils régionaux, mettent en danger la sécurité des usagers et des cheminots. Cette logique de rentabilité n'est pas compatible avec le transport ferroviaire.

Le PCF appelle à cesser cette politique destructrice et dangereuse qui conduit à supprimer des centaines de guichets dans les gares mais aussi, à partir du 15 décembre, les agents donnant les départs de train !

Ces choix déshumanisent les trajets en train et les gares, privent les voyageurs d’information, et peuvent avoir de graves conséquences sur la sécurité des voyageurs. La sécurité n'est pas un coût !

Comme l’a proposé Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, nous appelons à la création d’un grand fond d’investissement de 100 milliards d’euros, directement financé par la BCE à taux négatif, dédié à la transition écologique dont le lancement d'une grande politique offensive pour le rail. C’est un enjeu social et écologique.
Nous souhaitons apporter tout notre soutien aux cheminot-tes qui se mobilisent et qui, depuis hier, ont exercé leur droit de retrait. Leur vie, et celle des usagers, ne peuvent être sacrifiées sur l’autel de l’austérité.

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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 16:24

 

À la suite du terrible drame de Gênes, la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable a produit un excellent rapport, dont je tiens à saluer la grande rigueur.

Sur l’initiative de notre collègue Évelyne Didier, les élus du groupe auquel j’appartiens ont d’ailleurs contribué à mettre cette problématique en lumière ; adoptée, notre proposition de loi relative aux ouvrages d’art est aujourd’hui en vigueur.

En la matière, les enjeux sont considérables. En effet, le mauvais état des ouvrages d’art constitue une bombe financière pour les collectivités territoriales, lesquelles sont mal informées de leurs responsabilités en la matière. Pourtant, 98 % du réseau routier national dépend des collectivités, ce qui représente quelque 150 000 ponts ; et ces infrastructures se dégradent rapidement, faute de financements publics adéquats, dans un contexte d’asphyxie financière des collectivités.

Pour la plupart des collectivités territoriales, la décentralisation de 1982 a été un cadeau empoisonné ! Mais dorénavant, grâce à la loi Didier, pour chaque nouvel ouvrage d’art, les gestionnaires d’infrastructures sont dans l’obligation de signer une convention avec les collectivités pour définir des règles de répartition des charges de travaux.

À nos yeux, il convient premièrement et, oserai-je dire, prioritairement de dresser un bilan de l’application de cette loi ; et, deuxièmement, d’étudier très sérieusement la possibilité d’appliquer ce dispositif de manière rétroactive, dans le cadre d’un grand plan de modernisation des infrastructures. Ainsi, les responsabilités seront clarifiées.

Pour être entretenus, les ponts exigent d’importants moyens financiers, faute de quoi leur mauvais état deviendra, in fine, un argument en faveur de leur privatisation.

Monsieur le secrétaire d’État, alors que 25 % des ponts arrivent en fin de vie, comment votre gouvernement va-t-il soutenir les collectivités territoriales pour entretenir leurs ouvrages d’art ? Quels moyens mobilisera-t-on, notamment via la future agence nationale de la cohésion des territoires, pour aider les plus petites d’entre elles ?

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État.

M. Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports. Madame la sénatrice, je tiens à vous apporter quelques précisions au sujet des ouvrages dits « de rétablissement », qui procèdent effectivement de la loi Didier, texte adopté sur l’initiative de la Haute Assemblée, qui s’appliquera à compter du 1er janvier prochain.

Je l’ai dit, on dénombre 15 400 ouvrages de rétablissement ; ces derniers sont en cours de recensement. Leur liste, publiée sur le site du Gouvernement, est revue de concert avec les collectivités territoriales. Ainsi, l’arrêté ministériel appliqué à compter de janvier prochain n’en omettra aucun. Plus précisément, 4 400 de ces ouvrages concernent des voies navigables ; un peu plus de 2 700 concernent des voies ferrées ; quant aux ponts restants, ils appartiennent au réseau routier. Cet ensemble est donc tout à fait important.

Vous insistez sur l’ingénierie de qualité qu’il convient de garantir pour recenser ces ouvrages, afin qu’ils fassent l’objet d’une convention entre le gestionnaire et les collectivités territoriales concernées. Ce travail est tout à fait nécessaire : c’est le sens du dispositif mis en œuvre et des conventions de financement qui seront conclues à compter du début de l’année prochaine.

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 16:28
ÉRADIQUER LA PAUVRETÉ EN FRANCE PAR UN CHOC DE SOLIDARITÉ (Pierre Laurent, 16 octobre 2019)

Nous avons demandé à Florent Guéguen Directeur de la fédération des acteurs de la solidarité (FNARS) de travailler avec nous sur 12 propositions pour éradiquer la Pauvreté. Voici ce travail.

Avec près de 9 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (soit 14 % de la population), 4 millions de mal-logés et 2,5 millions de chômeurs de longue durée, c’est tout une partie du pays qui se sent exclue des effets de la croissance économique, de la reprise de l’emploi et de la mondialisation. Si notre système de protection sociale a partiellement joué son rôle d’amortisseur face à la crise financière et économique, il n’a pas permis d’endiguer la pauvreté qui touche un Français sur 7 avec 1 million de personnes supplémentaires vivant avec moins de 1000 euros par mois depuis 2008- et la diversification des situations de précarité. Aux inégalités de ressources, de patrimoine et d’accès aux biens essentiels (éducation et formation, emploi, logement, soins, culture) qui perdurent, s’ajoute la fragilisation d’une partie de la population (jeunes décrocheurs, familles monoparentales, chômeurs sans qualification…) la plus exposée au risque d’exclusion.

Des décisions gouvernementales qui aggravent la situation des plus fragiles : Depuis l’été 2017, une succession de mesures gouvernementales ont dégradé la situation des ménages pauvres ou modestes :
– La réduction drastique du nombre de contrats aidés (suppression de 200 000 emplois depuis 2017) qui permettent une reprise d’emploi des personnes en difficulté dans les associations et collectivités locales autour d’activité d’intérêt général. Une mesure qui frappe en premier lieu les quartiers populaires.

– La réduction des APL (-5 euros) qui diminue le pouvoir d’achat des plus modestes et d’une partie des classes moyennes et aggrave le risque d’endettement locatif. La saignée sur les APL continue en 2020 avec une nouvelle ponction d’1,3 milliards inscrite dans la loi de finances, qui va pénaliser les jeunes actifs.

– La désindexation de plusieurs prestations sociales (APL, Allocations familiales, pensions) décidée dans la loi de finances 2019 qui n’augmentent plus avec l’inflation, occasionnant une baisse du pouvoir d’achat d’une partie de la population la plus modeste

– la ponction de 3 milliards d’€ entre 2018 et 2020 sur le budget des offices HLM qui contraint les bailleurs à revoir à la baisse la production de logement sociaux et très sociaux quand le pays compte 140 000 personnes sans domicile fixe (INSEE 2012) et 2 millions de ménages en attente d’un logement social.

– Un plan d’économie sur les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) avec une première coupe de 20 millions en 2018 occasionnant des réductions de l’aide alimentaire et de l’accompagnement des personnes hébergées et des licenciements dans les associations.

– Une réforme de l’assurance chômage d’une brutalité inouïe qui se met en œuvre à partir du 1er novembre 2019 et qui va pénaliser 40 % des chômeurs indemnisés avec des ruptures d’allocations, des baisses de montant et des durées d’indemnisation réduites. Ces mesures qui vont toucher les travailleurs les plus précaires et provoquer le basculement de plusieurs centaines de milliers de personnes dans les minima sociaux.

La philosophie de ces mesures repose sur des postulats néolibéraux traditionnels : primat de la réussite individuelle sur les protections collectives, personnes pauvres « responsables de leur situation », priorité à la diminution de la dépense publique et à une gestion strictement comptable des politiques de solidarité sans mesure de l’impact social, pilotage verticale et autoritaire des politiques de solidarité créant un climat de défiance avec les corps intermédiaires. A cette brutalité, s’ajoute une remise en cause de la solidarité à l’égard des personnes migrantes, exilées et refugiées qui fuient la misère, la guerre ou la répression, avec un durcissement- sans précédent depuis la Libération- des politiques migratoires visant à « trier » les migrants dans l’hébergement (circulaire Collomb du 12 décembre 2017, circulaire du 4 juillet visant à recenser les demandeurs d’asile dans les centres d’accueil des personnes SDF), à restreindre les droits à la procédure d’asile ( PJL asile et immigration : réduction des délais de recours devant la CNDA, fin des recours suspensif…) ou à augmenter les mesures de rétention et d’éloignement (doublement de la durée de rétention administrative, rétention des personnes sous statut Dublin, assignation à résidence dans les centres d’hébergement….). Ce durcissement s’exerce aussi à l’égard des actions de solidarité menées par les associations et citoyens solidaires (exactions à Calais, délit de solidarité…) tout en entrainant une reconstitution des campements indignes (3000 personnes dans l’est parisien, 2000 personnes dans la métropole nantaise, 3000 personnes sur Toulouse…).

L’annonce en septembre 2018 d’une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté des jeunes et des familles a permis quelques avancées en faveur des enfants en difficulté (accueil en crèche, accès cantines et petits déjeuners, soutien aux jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance ect…) mais n’est pas de nature à éradiquer la pauvreté.

Réagir face au sentiment d’abandon d’une partie de la population :
Les difficultés quotidiennes d’accès à l’emploi, au logement, aux droits sociaux pour des millions de personnes mais aussi l’angoisse face à l’échec scolaire ont renforcé la désespérance sociale d’une partie de la population qui se sent légitimement exclue de la mondialisation, de la croissance et des progrès technologiques dont les bienfaits seraient captés par une élite urbaine et culturellement favorisée. La désindustrialisation et l’affaiblissement des services publics sur certains territoires, le logement trop souvent inaccessible dans les grandes métropoles, l’incapacité du système scolaire à corriger les inégalités socio-culturelles alimentent ce sentiment d’abandon, de déclassement d’une partie de l’opinion, souvent issue des classes populaires ou moyenne, qui ne croit plus à l’ascension sociale et vit dans la crainte de l’exclusion. Cette société duale est une menace pour la démocratie, la cohésion sociale et le pacte républicain. Elle est une source de division du corps social et d’opposition « malsaine » entre les personnes pauvres, précaires et salariés modestes.

S’opposer à la stigmatisation des plus fragiles, redonner du pouvoir d’agir aux personnes :
Dans ce contexte anxiogène, la solidarité est un atout, notre bien commun le plus précieux. Elle est pourtant menacée par des réactions de rejets de l’autre, de « pauvrophobie » qui se traduisent par exemple par des oppositions à des projets d’ouverture de structures d’accueil ou de logements sociaux et des arrêtés anti –mendicité à l’approche des élections municipales . La tentation du « séparatisme social » est un danger mortifère pour la République et la cohésion sociale : il faut la combattre. Les politiques de solidarité sont trop souvent décriées à travers des discours de stigmatisation des plus fragiles, qui font porter la responsabilité de la précarité sur la personne elle-même, qui contestent la légitimité des politiques sociales et leur efficacité. Certains évoquent les problèmes financiers, la lutte contre l’assistanat, la fraude sociale, l’arrivée des migrants et la concurrence entre les publics. La décision récente de renforcer le contrôle des chômeurs, présentés comme ne faisant pas les efforts nécessaires pour retrouver un emploi, tout en réduisant leur indemnisation, participe à la stigmatisation des précaires tenus « responsables de leur situation ». Pourtant seul un chômeur sur 2 perçoit l’allocation chômage pour un montant moyen d’environ 1100 euros/mois selon l’UNEDIC. Ces campagnes de discrimination à l’encontre des précaires ont pour effet d’accroitre le non recours aux droits sociaux : 30 % des personnes ayant droit au RSA ne le demandent pas, 25 % pour la CMUC. Le refus de soins se développe également (médecins généralistes ou spécialistes refusant les personnes à la CMUC ou à l’AME), ce qui a amené plusieurs associations à saisir le défenseur des droits et le conseil de l’ordre pour que ces pratiques soient sanctionnées. Les associations d’action sociale s’efforcent d’être un rempart quotidien contre la tentation du repli identitaire et du rejet des plus fragiles. Elles doivent s’appuyer sur les capacités d’action et d’innovation des citoyens, sur les richesses des territoires, sur les valeurs de solidarité et de fraternité qui s’exprime à travers des projets concrets d’accueil et d’accompagnement solidaire. Elles doivent mobiliser le pouvoir d’agir des personnes pour combattre les discriminations et soutenir la participation des plus fragiles aux politiques publiques.. Être le lobby des plus fragiles, s’organiser pour peser sur les décisions publiques, développer l’innovation sociale sur les territoires, telle est la responsabilité du mouvement associatif qui doit pouvoir compter sur le soutien et l’alliance des forces politiques et syndicales progressistes.

Réintroduire la solidarité au centre des politiques publiques :
Nous devons convaincre le plus grand nombre que la solidarité est un investissement collectif nécessaire pour une société plus cohésive, plus égalitaire, plus ouverte, plus accueillante. Elle est nécessaire à la préservation du « vivre ensemble » et donne une traduction concrète au désir d’engagement pour les autres qui restent fort dans la population, notamment chez les jeunes.

Relancer les politiques de solidarité suppose donc de s’appuyer sur la société civile, sur la capacité de mobilisation, d’interpellation et d’innovation des associations pour redonner un espoir aux plus fragiles et répondre aux inquiétudes. Ce projet de solidarité ne peut être mené dans le seul cadre national. L’Union Européenne doit prendre ses responsabilités en définissant des règles communes « par le haut », sur la protection sociale, le revenu minimum, les services sociaux d’intérêt généraux ou encore l’accueil des demandeurs d’asile pour éviter le dumping social et la concurrence des systèmes sociaux. La solidarité doit aussi et surtout être repensée comme un investissement économique, social et sociétal qui créé du bien-être et de la croissance pour tous. Ce n’est pas une charge pour éviter le pire mais le moyen de réparer les fractures sociales et territoriales, C’est la construction d’une société ouverte ou chacun trouve sa place et peut développer son projet de vie. Cet investissement prend du temps, ses effets ne sont pas immédiats, il nécessite une vision prospective, déconnectée des contingences politiques, médiatiques, et budgétaires immédiates, selon une logique d’investissement social et de développement durable.

Engager des réformes structurelles pour éradiquer la pauvreté :
Le renforcement de notre modèle social ne se fera pas sans réformes structurelles des politiques de solidarité qui répondent à plusieurs enjeux : la diversification des publics touchés par la précarité, notamment les jeunes et les familles, la dégradation du marché du travail et l’augmentation du chômage de longue durée, la pénurie de logements abordable dans les grandes agglomérations ou encore l’accueil digne des demandeurs d’asile.

Dans le cadre de la concertation proposée par le gouvernement pour une stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants, des jeunes et des familles, le collectif Alerte qui regroupe les principales associations nationales de lutte contre l’exclusion a défendu 12 PROPOSITIONS :

1. Un droit formel à un accueil de tous les enfants de moins de 3 ans
Pour lutter contre la reproduction des inégalités, chaque enfant doit pouvoir bénéficier d’un accueil de qualité collectif ou individuel, intégrant des actions d’accès à la culture, au savoir et au développement cognitif. Ces actions intégreront également un volet d’accompagnement des parents par un soutien à la parentalité.

2. Améliorer l’accompagnement des familles notamment en santé
Il est nécessaire de développer l’accompagnement des parents, notamment via la création systématique d’« espaces parents » dans les établissements scolaires des territoires en difficultés ou le renforcement des dispositifs de prévention des ruptures comme la médiation familiale ou les espaces de rencontre. L’accompagnement des familles pour suivre la santé de leurs enfants est déterminant et passe par un renforcement des moyens de la médecine en milieu scolaire et de la protection maternelle infantile (PMI) afin que chaque famille puisse accéder effectivement à la prévention en santé et aux soins.

3. Aucune famille, aucun enfant sans solution de logement digne
Il convient de fixer des objectifs de développement de l’offre de logements à loyers accessibles, par le vote d’une loi de programmation financière pluriannuelle prévoyant 60 000 logements en Prêt Locatif Aidé d’Intégration (soit un doublement du niveau actuel de production du logement très social) et 50 000 logements dans le parc privé à vocation sociale par an. Il est également nécessaire de soutenir l’accès au logement des ménages précaires par l’augmentation des Aides Personnelles au logement (à minima la suppression de la baisse des – 5 euros et réindexation sur l’inflation), la mise en place d’une Garantie universelle des loyers et la mise en œuvre de l’encadrement des loyers prévu par la loi ALUR. Enfin, la prévention des ruptures (sortie d’institutions – prison, hôpital, aide sociale à l’enfance, expulsions locatives, expulsions de terrain) doit être significativement renforcée.

4. Ne laisser personnes à la rue ou dans des conditions indignes d’hébergement, résorber les campements
Le gouvernement a réalisé 20 millions d’euros d’économies sur les CHRS en 2018, alors qu’il continue d’augmenter les budgets de l’urgence et de l’hôtel, particulièrement en période hivernale. Il privilégie donc des solutions court-termistes de faible qualité qui ne facilitent pas l’insertion future des personnes sans-abri, a fortiori pour les étrangers alimentant le risque d’augmentation de personnes à la rue ou dans des conditions indignes (campements). ALERTE demande donc d’annuler les mesures d’économies sur les CHRS, de garantir l’accueil inconditionnel dans ces structures et de pérenniser les places de qualité créées chaque hiver. Alors que près de 100 000 demandeurs d’asile ne sont pas hébergés dans le dispositif national d’accueil, les associations demandent la création de 30 000 places d’hébergement en Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) afin de proposer une solution à toutes les personnes qui demandent la protection de la France.

5. Des régularisations pour sortir les familles de la précarité
La régularisation des ménages présents depuis plus de 2 ans, « non expulsables » pour des raisons humanitaires, familiales ou administratives est indispensable. Par ailleurs il est nécessaire de simplifier le parcours administratif pour l’obtention des autorisations de travail dès 3 mois, pour les demandeurs d’asile ainsi que des cours de français accessibles à tous les étrangers primo-arrivants

6. La création d’un revenu minimum décent
Le collectif propose de fusionner les minima sociaux pour créer un revenu minimum décent d’environ 850 euros par mois, allocation différentielle. Dans l’attente de cette réforme, Alerte demande une revalorisation immédiate du RSA et pour les familles fragiles des ressources complémentaires, et son ouverture aux jeunes dès 18 ans. Les personnes les plus précaires doivent pouvoir obtenir un accompagnement de qualité pour pouvoir sortir de la pauvreté. Dans ce cadre, l’Etat doit assurer en intégralité le financement du RSA, en contrepartie d’engagements des conseils départementaux à mener une réelle politique d’insertion en proposant à toutes-s un accompagnement social et une insertion professionnelle.

7. Faire de la lutte contre le non recours aux droits sociaux une priorité absolue
Les caisses et organismes versant des prestations sociales doivent se voir fixer par l’Etat des objectifs de lutte contre le non recours et être incités à les atteindre par un mécanisme financier de « bonus/malus ».. Parallèlement il faut progresser vers l’attribution automatique des prestations sociales et ce tout particulièrement en profitant de la mise en place en 2019 de l’impôt à la source. Puisque l’accès aux droits est plus large que l’accès aux prestations monétaires, il faut lancer une expérimentation « territoires 0 non recours » visant la coordination des acteurs pour une meilleure information des personnes sur les droits et accompagnements dont elles disposent. Les Points Conseil Budget en font une préfiguration.

8. Aucun jeune sans ressource, ni accompagnement ni formation
Tout jeune dès 18 ans doit pouvoir accéder à un parcours combinant : l’accès au RSA comme garantie de ressources, un accompagnement adapté à ses besoins et l’accès à des situations d’emploi et de formation. Contrairement à la Garantie Jeunes actuelle, ce nouveau parcours ne doit pas avoir de limitation de durée ni d’enveloppe contrainte pour ne laisser aucun jeune sans solution et ressource. Il doit devenir le droit commun du parcours d’insertion des jeunes.

9. Développer massivement l’offre d’emploi et de formation accessible aux personnes les plus éloignées de l’emploi
Il faut doubler le nombre d’emplois dans le champ de l’insertion par l’activité économique (+130 000) en ciblant prioritairement les territoires subissant une disparition des emplois peu qualifiés. Il faut également garantir leur accès au financement spécifique de la formation professionnelle pour permettre la réalisation du tryptique accompagnement/emploi/formation nécessaire au retour à l’autonomie des personnes.

10. Un accès réel aux soins de tous, sans obstacles
Le collectif demande de fusionner l’Aide médicale d’Etat (AME) et la Protection Universelle Maladie (PUMA) dans une protection maladie réellement inclusive. Il demande également de simplifier les démarches pour obtenir la couverture maladie universelle (CMU C- PUMA) avec par exemple un accès automatique lors de l’ouverture des droits au RSA. Il faut aussi permettre l’accès physique aux soins en développant les permanences d’accès aux soins de santé (PASS), et des postes de médiateurs santé pour aller vers les personnes qui ont renoncé à se soigner. Enfin pour l’accès aux soins de tous il est indispensable de généraliser le tiers payant. Les associations demandent également la réaffirmation d’un accès inconditionnel aux soins des étrangers malades au moment où ce principe, pilier de la protection sociale, est remis en cause.

11. La garantie d’un accès digne à l’alimentation
Lutter contre la précarité alimentaire passera par des plans territoriaux de l’alimentation associant tous les acteurs de la filière pour lutter contre les « déserts alimentaires », et pour un accès à la cantine scolaire pour tous (impliquant la gratuité pour les ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté) afin que les enfants aient accès à une alimentation de qualité au moins une fois par jour.

12. Une gouvernance territoriale concertée et coordonnée
Le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) doit devenir une véritable instance de coordination et de pilotage des politiques de lutte contre la pauvreté associant l’Etat, les collectivités locales, les associations et les personnes en précarité. Au niveau départemental, une instance similaire doit être mise en place pour piloter la mise en œuvre territoriale de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté sur la base d’une contractualisation respectant les compétences de chacun.

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 16:22

FRANCE : LE TAUX DE PAUVRETE EN HAUSSE A 14,7%...
Le taux de pauvreté s'est établi à 14,7% de la population française en 2018, en augmentation de 0,6 point, selon des données provisoires publiées mercredi 16 octobre par l'Insee, qui - lisez-bien - explique cette évolution principalement par la forte hausse des revenus financiers chez les plus aisés. En 2018, quelque 9,3 millions de personnes (8,8 millions en 2017) étaient en situation de pauvreté monétaire, soit sous le seuil de pauvreté. L'Insee l'impute d'abord à la forte augmentation "des revenus financiers des capitaux mobiliers", désormais soumis au prélèvement forfaitaire unique, ou "flat tax", abaissant la fiscalité dans ce domaine. Or la progression des revenus des plus riches augmente mécaniquement le seuil de pauvreté, fixé à 60% du revenu médian. L'institut met aussi en avant l'effet de la baisse des allocations logement dans le parc HLM... Jean-Emmanuel Ducoin

Le taux de pauvreté en France a augmenté en 2018, selon l'INSEE

Aujourd'hui a lieu la journée mondiale de la misère...
Selon une estimation de l’Insee, qui a été publiée hier, 14,7 % de la population vivaient sous le seuil de pauvreté en 2018. Les statistiques définitives seront publiées en septembre 2020.

La hausse des inégalités serait surtout liée à la forte augmentation des revenus des capitaux mobiliers désormais soumis au prélèvement forfaitaire unique, concentrés chez les plus aisés.

Le taux de pauvreté augmenterait, selon l'Institut, de 0,6 point en 2018, pour atteindre 14,7 % de la population. Cette hausse s’expliquerait en partie par la diminution des allocations logement dans le parc HLM en 2018, les niveaux de vie n’intégrant pas la baisse de loyer équivalente. En neutralisant l’effet de la baisse des allocations logement dans le parc social, cette hausse serait plus modérée (+ 0,2%=

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 07:55
Agression militaire des Kurdes en Syrie par la Turquie - lettre de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, au président Macron

LETTRE DE FABIEN ROUSSEL AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Vous trouverez ci-dessous un courrier envoyé par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord, au Président de la République à propos de l'offensive turque dans le Rojava et de la situation des kurdes.

 

Agression militaire turque contre les kurdes : Fabien Roussel écrit au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

J'appelle solennellement votre attention sur la situation dans le Rojava, région autonome du Kurdistan de Syrie, aujourd'hui sous le feu d'une agression militaire de grande ampleur des forces turques, décidée en violation du droit international par le Président Erdogan.

Cette offensive générale de la Turquie peut entraîner des conséquences humanitaires graves, une résurgence de Daech dans la région, et dans le monde, à commencer par l'Europe, comme vous l'avez souligné lors du Conseil de défense tenu ce dimanche soir.

Vous le savez, Monsieur Erdogan poursuit ainsi son vieux projet de massacrer les Kurdes, de procéder à un véritable nettoyage ethnique et de poursuivre sa politique d'expansion territoriale, en violation totale du droit international. Les dirigeants turcs relancent ainsi la guerre en Syrie et encouragent la résurgence des organisations terroristes islamistes, comme en témoigne la fuite de 800 prisonniers djihadistes et leur famille.

Un très grand nombre de gouvernements réprouve cette opération militaire et le déchaînement de violence qui frappe une nouvelle fois le peuple kurde et les forces démocratiques syriennes. Cette agression ouvre la voie à un engrenage pouvant échapper à tout contrôle.

Au regard de cette situation extrêmement grave, l'ONU, l'Union européenne et la France en particulier ont le devoir de tout mettre en œuvre pour obtenir l'arrêt immédiat de l'agression militaire turque, avec le retrait définitif de leurs troupes et pour placer durablement le Rojava sous protection internationale, avec la perspective de construire un processus de paix durable dans la région, comme y appellent les forces démocratiques.

Pour répondre à l'appel des forces démocratiques syriennes et permettre l'engagement d'un processus de paix juste et durable dans toute la région, une zone d'exclusion aérienne doit être décidée et garantie par l'ONU. La France doit rapidement saisir le Conseil de Sécurité pour définir les modalités d'intervention en ce sens, dans le respect du droit international, et plus généralement pour placer sous protection les populations et porter assistance aux victimes des combats.

La France, membre du Conseil de Sécurité de l'ONU et du commandement intégré de l'OTAN, doit agir en ce sens avec la plus grande détermination et sans attendre.

Pour ne pas se rendre complice de la politique expansionniste et meurtrière du Président R.T. Erdogan, il est urgent de procéder à un embargo immédiat, total et durable sur toutes les ventes d'armes à la Turquie, y compris les commandes déjà enregistrées, comme notre pays l'a déjà décidé dans son histoire s'agissant de la commercialisation de Mistral.

Cette mesure pourrait également être prise par l'ensemble des pays membres de l'Union Européenne, que je vous appelle à interpeller en ce sens à l'occasion du Conseil européen, le 17 octobre prochain.

Des sanctions doivent par ailleurs être prises contre le Chef de l'État turc, par la saisie de ses avoirs personnels, en réaction à la violation du droit international dont il est le responsable.

Enfin, l’agression de la Turquie est un acte extrêmement grave, venant d’un membre important de l’OTAN, créant ainsi une situation explosive pour toute cette région du monde qui se trouve aux portes de l’Europe.

C’est pourquoi, au regard de l'attitude conciliante de l'OTAN à l'égard de l'agresseur turc, le Parti Communiste Français demande l'organisation en urgence d'un débat parlementaire sur le rôle et la place de la France dans l'OTAN ainsi que sur les orientations de la politique internationale et de défense de notre pays. Le PCF est pour sa part favorable à une sortie de la France du Commandement intégré de cette organisation. Il n'est plus tolérable que la structure intégrée de l'Alliance engage la France contre son gré dans cette agression, comme dans toute autre.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de ma haute considération.

Fabien ROUSSEL

Secrétaire national de Parti communiste français

Député du Nord

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 07:33
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise
Mercredi, 16 Octobre, 2019

Devant le ministère de la Santé, les députés et sénateurs communistes ont dévoilé hier leurs propositions « d’urgences ». Ce texte de loi ambitionne de redonner un nouveau souffle à un système de santé abîmé par des politiques d’austérité.

 

En plein mouvement social des paramédicaux, les parlementaires communistes ont présenté, hier, leur proposition de loi pour sortir de la crise des urgences et de l’hôpital. Depuis dix-huit mois, des élus PCF ont sillonné de nombreux territoires à la rencontre des soignants, des syndicats et des usagers. « Le constat est accablant : les hôpitaux et les Ehpad sont à genoux ! a lancé la sénatrice PCF Laurence Cohen devant le ministère de la Santé. Cela a des conséquences sur la qualité des soins, mais le gouvernement Macron continue les restrictions budgétaires. » « Cette crise majeure de l’hôpital est présente sur l’ensemble du territoire, c’est une grande question nationale », a abondé son homologue à l’Assemblée ­nationale, le député Pierre Dharréville.

La mise en place d’un moratoire sur les fermetures d’établissements

Face à ce climat social explosif, les communistes défendent 43 mesures « d’urgence pour la santé et les hôpitaux ». L’un des volets du projet de loi porte sur le maintien du service public hospitalier. Cette exigence passe par la mise en place d’un « moratoire » sur les fermetures d’établissements, de services et de lits hospitaliers. Comme le rappelle Laurence Cohen, « le gouvernement dit ne pas “fermer les hôpitaux”, mais partout, des services, des lits ferment à cause des restrictions budgétaires ». La tendance est lourde : 39 % des maternités ont disparu depuis 1995, et les soignants se battent ici et là pour sauver des services hospitaliers, comme les urgences ou la chirurgie. Jugés peu rentables, les hôpitaux de proximité voient leurs services fermer les uns après les autres. « Ils sont aujourd’hui des coquilles vides », dénonce l’élue communiste. Pour garantir l’égalité d’accès aux soins, les parlementaires PCF défendent une refonte des petites structures basée sur « des activités obligatoires de médecine d’urgence, de chirurgie et d’obstétrique ».

L’autre gros morceau concerne le financement de l’assurance-maladie. Pour ­investir dans la santé, les parlementaires communistes proposent de fixer la hausse de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam) à 4,5 % en 2020. Son relèvement permettrait de dégager des recettes supplémentaires à hauteur de 5 milliards d’euros, notamment pour « embaucher 100 000 agents hospitaliers et titulariser les contractuels ». Les communistes le savent bien : la crise de l’hôpital et des urgences est le résultat des Ondam passés, qui ne correspondent pas à l’évolution des besoins croissants de l’hôpital public et de la santé. Et le gouvernement récidive : en l’état, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020 ne prévoit pas de hausse globale des dépenses de santé. La cure d’austérité sera toujours aussi sévère pour les hôpitaux. « Le gouvernement ne répond pas du tout à l’urgence, a estimé le député PCF Alain Bruneel. Et le déficit de la Sécurité sociale s’élève maintenant à 5 milliards d’euros. Avec les ­allègements de cotisations, le gouvernement tue la ­S­écurité sociale ! »

À rebours de cette logique, les communistes font des propositions pour renforcer le financement de la Sécu. Ils préconisent, par exemple, la fin « progressive » sur deux ans de l’allègement de cotisation patronale Cice qui représente un « coût annuel de 22,1 milliards d’euros pour l’assurance-maladie », la disparition du « dispositif Fillon », qui représente un manque à gagner de « 23 milliards d’euros pour la Sécurité sociale en 2018 ». Ils ­défendent également la suppression de la taxe sur les salaires, prélevée sur les établissements publics de santé, pour dégager « 4 milliards d’euros ». Cette somme permettrait de financer des réouvertures, des créations de postes et des hausses de salaires dans l’ensemble des services. Une ambition aux antipodes des mesures dévoilées par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, depuis les mobilisations aux urgences et à l’hôpital. « Nous sommes aux côtés des personnels hospitaliers et des pompiers en lutte », a souligné le député Alain Bruneel.

Lola Ruscio
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 05:27
Après le suicide de Christine Renon: 200 directeurs d'écoles publiques du 93 interpellent Blanquer (L'Humanité, 15 octobre 2019)
Éducation. 200 directeurs d’école interpellent Blanquer
Mardi, 15 Octobre, 2019

Après le suicide d’une des leurs, ces professeurs de Seine-Saint-Denis signent une lettre ouverte pour réclamer au ministre l’ouverture d’un « dialogue réel ».

 

Aulnay, Bondy, Bobigny… La liste est impressionnante. Et il sera difficile pour Jean-Michel Blanquer de l’ignorer. Trois semaines après le suicide de leur collègue dans son école de Pantin, 200 directrices et directeurs d’école de Seine-Saint-Denis signent lundi, avec leur identité complète, une longue lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale pour lui réclamer l’ouverture d’un « dialogue réel ». Le 23 septembre, le corps de Christine Renon, 58 ans, avait été retrouvé dans le hall de la maternelle Méhul. Deux jours plus tôt, juste avant de se donner la mort, cette enseignante, « solaire » et « hyper-investie » selon ses collègues, avait pris le soin d’écrire une lettre de trois pages où elle détaillait son « épuisement », la solitude des ­directeurs, l’accumulation de tâches « chronophages », les réformes incessantes et contradictoires.

Face à ce drame, l’attitude de Jean-­Michel Blanquer a été d de l’ignorer, ne concédant qu’un tweet de soutien où il ne citait même pas le nom de l’enseignante… Puis, après le 3 octobre, où des milliers d’enseignants se sont mobilisés à travers la France pour rendre hommage à Christine Renon, le ministre s’est dit « prêt » à « améliorer la situation des directeurs d’école ». Comment ? En ­recyclant certaines des mesures délétères – dont un nouveau statut de directeur d’école – qu’il avait échoué à faire voter lors de l’examen, cet été, de son texte sur « l’école de la confiance »…

Une tentative d’« instrumentalisation » à laquelle la lettre ouverte de ce jour entend répondre. La missive résonne d’une profonde colère. « Comment avez-vous pu, par votre absence d’écoute, permettre que notre collègue en vienne à ce geste ultime ? » interrogent ces enseignants.

Dans ce courrier, ils se disent « oppressés par une institution obsédée par la mesure et le contrôle » et « submergés de tâches administratives », ils décrivent une « mission qui n’a plus de sens car elle est mise à mal par des injonctions de plus en plus déconnectées de la réalité et des besoins de nos élèves et de nos écoles ». Estimant être, bien souvent, « le dernier service public encore fonctionnel dans leur quartier », ils réclament « d’ouvrir un dialogue réel et concret », afin que les « réformes à marche forcée cessent ». Parmi leurs revendications, l’augmentation significative des temps de décharge de classe pour les directrices et directeur d’école. Ou encore la création d’emplois statutaires d’aide administrative à l’école avec des agents formés et en contrat pérenne. « Il est urgent de reconstruire le respect du travail de chacun mis à mal par des réformes et le “new management public” destructeurs alors que c’est de considération, de soutien et de protection dont ont besoin les enseignants », concluent-ils. Jean-Michel Blanquer va-t-il leur répondre ?

Laurent Mouloud

-> Lire la lettre ouverte

 
Lettre ouverte au Ministre de l’Education Nationale
Mardi, 15 Octobre, 2019

200 professeurs de Seine-Saint-Denis signent une lettre ouverte adressée à leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer.

 

Monsieur le Ministre,

Nous nous adressons à vous en tant que directrices et directeurs de Seine Saint Denis. Le geste de notre collègue Christine Renon a mis tragiquement la lumière sur la souffrance au travail des enseignants, en particulier celle de ceux chargés de la mission de direction d’école.

Pourtant ce n’est pas faute de vous avoir interpellé à de nombreuses reprises via nos représentants syndicaux dans les instances, via nos mobilisations du printemps dernier contre les EPSF notamment. Nous sommes en colère ! Comment avez-vous pu, par votre absence d’écoute, permettre que notre collègue en vienne à ce geste ultime ?

Nous sommes des professionnels investis dans cette mission que nous avons choisie pour être avant tout les animateurs d’un collectif de travail : le conseil des maîtres.

Notre mission n’a plus ce sens car elle est mise à mal par des injonctions de plus en plus déconnectées de la réalité et des besoins de nos élèves et de nos écoles. Les personnels sont oppressés par une institution obsédée par la mesure et le contrôle qui remet constamment en cause le travail des équipes s’il a le malheur de ne pas correspondre aux attentes et préconisations du moment. Nous sommes traités comme des objets de réforme et non comme des professionnels concepteurs avec une éthique et des valeurs.

Nous sommes submergés de tâches administratives qui ne nous permettent plus de faire vivre nos projets d’école. Or dès que vous avez pris vos fonctions votre gouvernement a supprimé nos aides administratives au lieu d’en faire un vrai métier pour des personnels sur le chemin du retour à l’emploi !

Dans un département comme le nôtre où l’ensemble des services publics partenaires de l’école est exsangue, nous sommes seuls face aux situations de crise que vivent nos élèves. Nous représentons pour leurs familles le dernier service public encore fonctionnel dans leur quartier. Nous ne pouvons pas pallier les défaillances et manques de services sociaux, médicaux, de logement, de protection de l’enfance ou encore de justice.

L’institution que vous représentez nous doit une protection et un soutien. Et non pas, comme c’est le cas désormais, une suspicion et une remise en cause de nos décisions.

Depuis 2 ans, vous avez mené des réformes à marche forcée, sans jamais tenir compte de notre avis. Réformes qui heurtent notre professionnalisme et qui pour certaines bafouent nos valeurs et notre éthique.

Et enfin, quel mépris d’instrumentaliser le geste de notre collègue pour, à nouveau, proposer le statut de supérieur hiérarchique des directeurs. Et ce, le jour même de notre grève massive et de ses obsèques ! Le manque de reconnaissance dont souffre notre mission n’aura pas pour réponse un statut qui nous isolerait encore plus de nos collègues. Nous ne souhaitons pas être « les soldats » de votre politique ! Nous avons choisi notre métier, notre mission pour permettre à tous nos élèves de bénéficier du meilleur service public d’éducation possible. Et vous nous rendez cette tâche impossible.

C’est dans la dignité et l’unité que nous, directrices et directeurs de Seine Saint-Denis vous demandons d’ouvrir un dialogue réel et concret. Pour remplir nos missions, nous voulons que vos réformes à marche forcée cessent. Que vos prescriptions pédagogiques à tous les niveaux arrêtent de mettre à mal nos collègues que vous transformez en simples exécutants de méthodes et autres guides colorés. Pour nous soulager dans notre quotidien, nous souhaitons également l’augmentation significative des temps de décharge en fonction des besoins définis par le conseil des maîtres et la création d’emplois statutaires d’aide administrative à l’école pour des agents formés et en contrat pérenne.

Il est urgent de reconstruire le respect du travail de chacun mis à mal par des réformes et le « new management public » destructeurs alors que c’est de considération, de soutien et de protection dont ont besoin les enseignants.

Veuillez croire, monsieur le Ministre, en notre engagement et en notre mobilisation pour le service public d’éducation nationale.

200 directeurs d'écoles de Seine Saint Denis
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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 05:25
Ils n'ont pas honte! L'éducation nationale rogne les fonds sociaux (Camille Bauer, L'Humanité, 15 octobre 2019)
Ils n’ont pas honte !. L’Éducation nationale rogne les fonds sociaux
Mardi, 15 Octobre, 2019

Le budget qui permet aux établissements d’aider les familles en grande difficulté va passer de 59 à 30 millions d’euros.

 

Sans doute un effet du « en même temps » macronien ? Alors qu’il se gargarise dans les médias de la mise en place de petits déjeuners gratuits, le gouvernement s’apprête, en toute discrétion, à sabrer dans les aides aux parents d’élèves les plus précaires. C’est en tout ce que nous apprennent la publication des « bleus budgétaires », ces documents qui détaillent les dépenses pour chaque mission de l’État. Les crédits consacrés aux fonds sociaux des établissements scolaires, qui avaient été portés à 59 millions d’euros par le précédent gouvernement, et maintenus à ce niveau en 2018 et 2019, devraient être de 30,6 millions d’euros en 2020… Révélée par Jean-Paul Delahaye, ancien directeur général de l’enseignement scolaire et auteur d’un rapport intitulé « Grande Pauvreté et réussite scolaire », l’information n’est pas une bonne nouvelle pour les familles pauvres. Alloués aux établissements pour soutenir la scolarité des élèves démunis, ces fonds aident à payer les transports, le matériel scolaire, les sorties ou encore les soins indispensables, comme des lunettes ou un appareil auditif…Cette baisse n’est pas une première. Entre 2002 et 2012, sous les présidences de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, ces fonds sociaux étaient passés de 73 à 32 millions. À la manœuvre, les ministres Gilles de Robien et Luc Chatel, tous deux flanqués d’un certain Jean-Michel Blanquer… Cette fois, le gouvernement va tenter de la jouer plus fine. La baisse attendue pour 2020 sera camouflée par une entourloupe budgétaire. Aux 30,6 millions d’euros alloués, le ministère va ajouter les reliquats de fonds sociaux non consommés des années précédentes. De quoi afficher une somme finale inchangée par rapport à 2019… Pirouette cynique qui révèle, au passage, que 30 millions d’euros de fonds sociaux n’auraient pas été utilisés par les établissements, alors que les besoins sont là. « Trop d’établissements, estime Jean-Paul Delahaye, n’ont pas encore de volet social dans leur projet, alors même que la pauvreté a des conséquences lourdes dans la vie des élèves. » Et ce n’est pas le gouvernement qui va les y contraindre…

Camille Bauer
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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 17:03
Voile/Conseil regional Bourgogne Franche Comté : "Comportement indigne des élus" (PCF)
 
La provocation des élus du Rassemblement National lors du Conseil Régional du vendredi 11 octobre ne relève pas du combat pour la laïcité.
Par cette stigmatisation grossière et ses effets désastreux sur l'image que les enfants pourront garder des institutions de la République, elle ne vise qu'a aiguiser les divisions, entretenir les haines, saper les bases du vivre ensemble pour mieux déployer son idéologie xénophobe.
 
Les règles collectives sont claires : l'absence de signes religieux apparents concerne les agents des services publics dans le cadre de leur fonction, et non l'espace public, où est reconnue la liberté vestimentaire.
 
La violence de l'incident, son caractère d'agression et d'humiliation, indigne du comportement d'élus, mérite que leurs auteurs soient sanctionnés.
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 13 octobre 2019.
Voile/Conseil regional Bourgogne Franche Comté : "Comportement indigne des élus" (PCF)
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