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Le courage et les craintes d’Isabelle Assih, la maire qui a dit non au Canon français
Alors que le récit d’une victoire inéluctable de l’extrême droite empoisonne les plateaux, « l’Humanité magazine » est allé à la rencontre du remède. Celles et ceux qui, au quotidien, luttent concrètement pour la faire reculer. Dans cet épisode, rencontre avec Isabelle Assih. Après sa décision d’annuler un banquet du Canon français à Quimper au mois de mai, l’élue PS a subi un déferlement de haine raciste et misogyne de la part de l’extrême droite.
Mariam Sahraoui - L'Humanité, 26 juin 2026
« Je viens de recevoir un courrier à mon nom. C’est écrit PAN : pute à nègres », nous confie Isabelle Assih, la maire PS de Quimper. Plusieurs semaines se sont écoulées depuis sa décision de suspendre l’organisation d’un banquet du Canon français dans la préfecture finistérienne. Pourtant, l’édile est toujours massivement harcelée et menacée par l’extrême droite.
Lundi 11 mai, la maire socialiste a déposé plainte pour « harcèlement moral aggravé à caractère raciste et sexiste et pour menaces de mort ». « Ça m’a beaucoup impactée. C’est un facteur d’inquiétude pour mon intégrité et celle de mes proches », témoigne l’édile. Elle le dit : jamais elle n’aurait imaginé que sa décision ait de telles conséquences.
La poussée du RN contenue en Bretagne
Tout commence au mois d’avril, quand des saluts nazis et des propos racistes sont documentés, à Caen lors d’un des banquets du Canon français, dont un des actionnaires principaux est le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin.
Prenant acte de ces « débordements », Isabelle Assih, également présidente de l’intercommunalité Quimper-Bretagne occidentale, a décidé d’annuler la réservation de l’entreprise par crainte de « troubles à l’ordre public ».
Aujourd’hui, elle estime que le harcèlement qu’elle subit lui donne raison sur la nature de ces banquets, et lui fait dire qu’« il faut lutter impérativement ». L’ancienne psychologue scolaire rappelle que, pour la première fois, deux élus du Rassemblement national ont fait leur entrée au conseil municipal de Quimper lors des élections municipales de mars. « Ce n’est pas une bonne nouvelle, mais la poussée reste contenue à Quimper », explique Isabelle Assih.
Au total, 21 élus d’extrême droite ont rejoint les conseils municipaux de Bretagne, un chiffre en deçà du reste de la France. « Ça tient à notre histoire particulière et à notre culture sociale-démocrate en Bretagne », analyse l’édile. Elle se dit touchée par le soutien massif des élus locaux et de son parti. « Unis, nous serons forts », proclame d’ailleurs la devise de Quimper.
Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix
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