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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 05:59

 

Stéphane Travert, a présenté hier après-midi devant quelques journalistes le budget du ministère de l’Agriculture pour 2019. Selon le ministre, ce budget est orienté pour « libérer la capacité d’entreprendre des agriculteurs, protéger les consommateurs et unir les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs ». Mais, avec 4,7 milliards d’euros, les crédits de paiement sont en baisse de 10% par rapport à 2018.

Dans son introduction consacrée à la présentation du budget de son ministère pour 2019, Stéphane Travert a fait référence à la nécessité de « rechercher des compromis, de retrouver de la cohérence et de l’éthique dans les relations commerciales conformément à la charte signée le 14 novembre 2017 », entre les fournisseurs de matière premières que sont les paysans, les transformateurs de l’industrie agroalimentaire et les distributeurs ». Il évoquait ainsi la loi promise voilà un an dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation, laquelle n’est toujours pas votée en ce début d’automne alors qu’elle était promise pour le début du printemps.

Toutefois, on sait déjà que la majorité LaREM à l’Assemblée nationale, exige que cette Loi alimentation, ne puisse pas fonctionner comme promis , s’il n’y a pas consensus entre les paysans , les transformateurs et des distributeurs sur l’évolution des coûts de production . En cas de non accord sur les chiffres au sein des interprofessions, le gouvernement et sa majorité refusent que soient utilisés ceux que fournit chaque année « l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires » qui produit un rapport tous les ans sur le sujet et dont les syndicats paysans demandaient l’arbitrage en cas de désaccord.

 

La sécheresse augmente sensiblement les coûts de production

On sait que les conséquences de la sécheresse estivale vont augmenter durablement le prix de revient de chaque litre de lait et de chaque kilo de viande au départ de la ferme. En raison du manque de fourrage et de l’augmentation des prix pour le foin , la paille et les céréales qui entrent dans l’alimentation des bovins , des ovins , ces caprins , des porcins et des volailles , on aurait besoin de calculer mois par mois l’augmentation des coûts de production dans tous les types d’élevage. Mais on sait déjà que la nouvelle loi ne le permettra pas contrairement à ce que laissait entendre Emmanuel Macron quand il déclarait le 11 octobre 2017 à Rungis : « Nous modifierons la loi pour inverser cette construction des prix qui doit pouvoir partir des coûts de production(…) les prix seront construits à partir des coûts de production et je souhaite que les négociations commerciales qui commencent dès novembre puissent refléter l’esprit de la loi à venir et faire l’objet d’un engagement de toutes les parties à ces négociations sous l’autorité des ministres », ajoutait-il ce jour-là.

Ce ne fut jamais le cas dans les négociations commerciales annuelles qui se déroulèrent entre novembre 2017 et février 2018.Ce ne sera pas le cas cette année encore, même si la loi est enfin votée en octobre 2018. Car, comme l’ont rappelé ces derniers jours Michel Raison et Anne-Catherine Loisier , rapporteurs sur cette loi au Sénat, «le texte voulu par la majorité gouvernementale risque d’accroître le déséquilibre du rapport de force commercial au détriment de agriculteurs ».

 

C’est dans ce contexte, que Stéphane Travert a présenté hier son budget qui sera « de 4,6 milliards d’euros en autorisation d’engagements et de 4,7 milliards en autorisation de paiement », ce qui donne une baisse de 11% par rapport au budget de 2018 en autorisation d’engagement et de 10% en autorisation de paiements. Le ministre affirme néanmoins que ce budget en baisse permettra de préserver « le soutien aux agriculteurs et aux filières (…) la sécurité sanitaire de la chaîne alimentaire (…) la préparation de l’avenir, via la formation des jeunes et l’innovation ». 

 

Une aide de 114 millions d’euros d’allègement de charges supprimée en 2019

 Quelques jours avant la présentation du budget de ministère de l’Agriculture, le monde paysan apprenait que le gouvernement avait décidé de supprimer en 2019 « le dispositif d’exonération de charges pour les Travailleurs Occasionnels et Demandeurs d’Emploi (TO/DE)». Les travailleurs occasionnels sont embauchés au coup par coup notamment pour la cueillette, des fruits de saison, des tomates et autres légumes dans les serres ainsi que pour les vendanges. 

Pour comprendre les raisons qui amenèrent la mise en place de ce dispositif, il faut avoir en tête que nous sommes dans une Europe où le dumping fiscal, social et environnemental est utilisé par une majorité de pays membres pour gagner en compétitivité. En Espagne, principal pays exportateur de fruits et légumes, les travailleurs clandestins sud américains sont nombreux dans les serres et les vergers en plus des saisonniers venus d’Europe centrale et du Maroc. En Allemagne, on compte énormément de travaillés détachés avec des charges salariales alignées sur celles du pays d’origine, ce qui fait baisser le coût de la main d’œuvre pour les employeurs. En Europe centrale, les immigrés ukrainiens sont moins payés que les travailleurs locaux. En Italie, le travail non déclaré continue d’être pratiqué à grande échelle.

Dès lors, même avec des travailleurs payés au SMIC horaire, les coûts de production des arboriculteurs et des serristes français sont plus élevés que ceux de leurs concurrents puisque cette suppression augmente le coût de la main d’œuvre de 189€ par mois. Producteurs de tomates en Loire Atlantique, Laurent Bergé estime que 78.000 contrats de travail saisonniers sont ainsi menacés en 2019 dans la seule région des Pays de la Loire. Pour les entreprises de la région qui emploie cette main d’œuvre occasionnelle le coût supplémentaire s’élèverait à 20 millions d’euros.

 

Ce surcroît de dépense ne poserait pas de problème si les maraîchers et les arboriculteurs pouvait intégrer cette hausse des charges des le prix de vente de leurs produits. Mais , répétons le , la grande distribution sait de longue date privilégier de l’achat de forts contingents de produits frais importé en pariant sur le fait que ces importations, en réduisant leur demande en produits français fera toujours chuter les cours dans les salles de vente au cadran de tout l’Hexagone.

Hier matin, entre 150 et 200 paysans de l’Ardèche, de la Drôme et de l’Isère ont manifesté devant la préfecture de Valence. « Le gouvernement ne nous écoute pas. Nous voulons lui expliquer que nous avons besoin des TO/DE sur l’ensemble des filières arboricole viticole et maraîchage, sans oublier les semences, les pépinières et l’horticulture », a déclaré Jérôme Volle, vice président de la FNSEA et viticulteur dans l’Ardèche.

 

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 05:57
BRÉSIL. LA COMMUNISTE MANUELA D’AVILA À LA CONQUÊTE DU JABURU (L'Humanité, 3 octobre 2018)
BRÉSIL. LA COMMUNISTE MANUELA D’AVILA À LA CONQUÊTE DU JABURU
Mercredi, 3 Octobre, 2018

La députée du Rio Grande do Sul, à peine 37 ans, est candidate à la vice-présidence du Brésil aux côtés de Fernando Haddad, l’ancien ministre de l’Éducation de Lula. L’ex-président est interdit de se présenter au scrutin des 7 et 28 octobre.

Avec un enthousiasme plein de fraîcheur, Manuela D’Avila écume le Brésil. Des salles de conférences aux favelas, en passant par des meetings de rue, la candidate à la vice-présidence de Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT), ne ménage aucun effort pour interpeller, convaincre. Voilà presque un an que le Parti communiste du Brésil (PCdoB) l’a investie pour porter les couleurs de la formation à l’élection présidentielle des 7 et 28 octobre. À l’époque, déjà, elle bataillait contre la cabale politico-judiciaire qui a jeté arbitrairement en prison Luiz Inacio Lula da Silva, alors désigné par le PT pour concourir au scrutin. Concurrents mais pas adversaires. Lorsqu’il a été incarcéré, le 7 avril, « Manu » était à ses côtés parce qu’« une élection sans Lula est une fraude ». On sait depuis ce qu’il est advenu : le pouvoir judiciaire, des hauts gradés de l’armée, l’oligarchie y sont allés au forceps pour empêcher le fondateur du PT de se présenter, parce que toutes les enquêtes d’opinion lui accordaient une ample victoire. 

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 04:55
Ian Brossat

Ian Brossat

"A partir de la deuxième moitié des années 1970 et durant toute une décennie, , les Brigades de la défense étaient en fait une milice de hors-la-loi financée par l'argent public. Jusqu'à 1985, leur chef, Rifaat al-Assad (le frère de Hafez), était un chabbih au plein sens du terme. Un homme vulgaire, grossier, violent, cupide et débauché dont la cruauté et la corruption étaient sans limites. Il détenait en grande partie le monopole de la contrebande des antiquités. C'était un homme impulsif, contrairement à son frère, calculateur et patient. Rifaat a été l'acteur principal du massacre de Hama en 1982, et deux ans plus tôt de celui de la prison de Palmyre. Quand à Hafez, il "excellait" en tout. La preuve était la torture sauvage des prisonniers politiques islamistes durant une vingtaine d'années, dans la prison de Palmyre..." 

(Yassin Al-Haj Saleh, intellectuel communiste syrien, opposant au régime)

 

Yassin al-Haj Saleh nous fait pénétrer au coeur du système fasciste et criminel d'une cruauté sans limites du pouvoir des Al-Assad dans "La question syrienne"

"La question syrienne" de Yassin Al-Haj Saleh - La révolution des gens ordinaires face au pouvoir fasciste et mafieux du clan Assad

"La révolution des gens ordinaires", extraits d'un article de juin 2011 de Yassin Al-Haj Saleh (La question syrienne)

 

 

Rifaat Al Assad poursuit Ian Brossat en diffamation pour avoir estimé que la propriété parisienne du Syrien, exproprié, a été « obtenue avec de l’argent volé au peuple ».

«Le bien mal acquis, obtenu avec de l’argent volé au peuple syrien par l’un des pires régimes au monde, va servir à l’intérêt général. » Cette phrase qu’aurait prononcée Ian Brossat (PCF), rapporte RTL en 2016, n’a pas plu à Rifaat Al Assad. L’oncle de l’actuel dirigeant syrien a intenté un procès en diffamation contre l’adjoint parisien au logement et le journaliste à l’origine de l’article, Rémi Sulmont. L’audience se tient aujourd’hui au tribunal correctionnel de Nanterre (L'Humanité, 1er octobre 2018)

 

Emission de France Inter le 2 septembre 2017: 

L’oncle du président syrien, Rifaat Al-Assad, est dans le collimateur de la justice française. Elle enquête sur son patrimoine immobilier évalué à 90 millions d’euros.

Enquête de Benoît Collombat

C’est un véritable « Monopoly » en plein Paris. Rifaat Al-Assadpossède deux luxueux hôtels particuliers (dont l’un de plus de 3000 mètres carrés, avenue Foch), ainsi qu’une quarantaine d’appartement dans les beaux quartiers parisiens. Il est également propriétaire d’un château de 45 hectares à Bessancourt, dans le Val d’Oise, de deux terrains, à Paris et dans l’Ain. Il possède encore 7 300 mètres carrés de bureaux à Lyon.

 

Des biens acquis entre 1984 et 1988. Un patrimoine estimé à plus de 90 millions d’euros par le fisc.

Suite à la plainte de deux associations (« Sherpa » et «Transparency international France ») une information judiciaire a été ouverte en avril 2014 sur l’origine de ce patrimoine considérable. Le juge Renaud Van Ruymbeke instruit cette enquête.

En juin 2016, Rifaat Al-Assad est mis en examen pour :

  • blanchiment de fraude fiscale en bande organisée
  • détournement de fonds publics
  • travail dissimulé

Une enquête à l’échelle européenne

L’enquête s’étend à toute l’Europe : en Espagne d’abord, où des perquisitions ont eu lieu dans la station balnéaire de Marbella. Là aussi, Rifaat Al-Assad dispose d’un patrimoine impressionnant, évalué à plus de 600 millions d’euros. Investigations en Angleterre également autour d’une luxueuse propriété londonienne dont il semble être le propriétaire à travers un trust.

« Cette instruction ne concerne pas seulement Rifaat Al-Assad, mais aussi la façon dont les autorités françaises ont validé ces opérations de blanchiment », estime l’avocat de « Sherpa », Marie Dosé.

Mais avant d’être inquiété par la justice, Rifaat Al-Assad a longtemps été protégé par la France.

Un exil doré

Dans les années 1970, il est le bras droit de son frère, Hafez Al-Assad, qui dirige la Syrie. Il est à la tête d’une brigade spéciale chargée de museler toute contestation dans le pays. L’homme est également un intermédiaire incontournable dans de nombreux marchés.

« Dans les années 70, la Syrie bénéficie d’une aide exceptionnelle de la part des pays du Golfe dans le cadre de la lutte contre Israël,explique le spécialiste du Proche-Orient, Fabrice Balanche. Ça représente quasiment 40% du PIB syrien. C’est la grande époque des achats d’usines, clés en mains, à la Tchécoslovaquie, à la Roumanie ou à la Russie… avec de confortables commissions pour les dirigeants syriens. »

Mais à partir des années 1980, les choses se gâtent. Rifaat Al-Assad tente de renverser son frère. Son coup de force est un échec. En 1984, il doit quitter la Syrie. Direction : la Russie, la Suisse, puis la France, où il est accueilli à bras ouverts.

« À cette époque, la famille Al-Assad était assez proche des dirigeants français, notamment du président de la République, François Mitterrand », se souvient l’ancien ministre des affaires étrangères, Roland Dumas.

Le 28 février 1986, Rifaat Al-Assad est fait Grand-Croix de la Légion d’Honneur par le président Mitterrand. Il est également invité aux chasses présidentielles, comme le révèle un courrier rédigé par le responsable des chasses et « l’homme de l’ombre » de l’Elysée, François de Grossouvre. Voici ce qu’il lui écrit le 19 décembre 1988 :

« Monseigneur, Le président de la République m’a confié le soin d’organiser en votre honneur, une chasse à Rambouillet, le vendredi 20 janvier 1989. Je vous accueillerai en tant que représentant du Président de la République à 9h30 au château de Rambouillet. Des battues se dérouleront de 10h à 13h (faisans, canard), suivies d’un déjeuner. Souhaitant que cette invitation vous agréez, permettez-moi, Monseigneur, de vous assurer de ma très haute considération et de mes meilleurs sentiments. »

Rifaat Al-Assad n’est pas seulement proche du pouvoir socialiste. Il soigne également ses réseaux à droite, avec l’entourage deJacques Chirac, président du RPR et Premier ministre de 1986 à 1988. Le 20 janvier 1988, Rifaat Al-Assad reçoit, par exemple, les bons vœux du ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua.

Malgré son exil en France, il maintien des liens avec le régime de Damas. Il garde même le titre de vice-président syrien jusqu’à la fin des années 1990.

Le « deal » secret avec les services secrets français

Pour comprendre pourquoi toute la classe politique est « aux petits soins » avec lui, il faut se plonger dans le contexte politique de l’époque.

Dans les années 1980, la France est visée par de nombreux attentats, au Liban. L’ambassadeur de France est même tué dans un attentat à Beyrouth, en septembre 1981. Les « services » français soupçonnent alors le régime syrien. Ils décident donc de faire passer un message à Rifaat Al-Assad. Une rencontre est organisée, à l’été 1983, près de Genève.

« Nous avons fait comprendre à Rifaat Al-Assad qu’il fallait arrêter de lancer des bombes et d’assassiner des diplomates, se souvient l’ancien chef du service de renseignement de la DGSE, Alain Chouet. Sinon, il y aura des représailles contre lui. Il a immédiatement compris. Un « téléphone rouge » a été mis en place. Et les attentats se sont arrêtés. »

 

Une sorte de « deal » est donc conclu : plus d’attentats, et en échange, on le laisse faire tranquillement des affaires.. D’autant plus que l’oncle de Bachar Al-Assad peut donner un « coup de pouce » dans certains gros contrats de matériels militaires, comme dans cette vente d’hélicoptères à l’Arabie saoudite, à l’été 1988.

Voilà ce que Jean-Claude Sompairac, le patron de la SOFRESA (la société chargé d’exporter l’armement français en Arabie saoudite) écrit, à l’époque, à Rifaat Al-Assad :

« Excellence, ainsi que vous le savez, le contrat d’hélicoptères pour l’Arabie saoudite dont nous avions parlé lors de notre dernier entretien a été signé il y a quelques semaines. Je tiens à vous remercier de l’aide que vous avez pu apporter à la France dans la conclusion de cette opération qui va resserrer les liens qui la lient à la nation arabe. »

Un homme très protégé

La France profite également de son carnet d’adresses au Moyen-Orient. L’ex-homme fort du régime syrien bénéficie même de la protection des services secrets français.

« Nous n’avions aucun intérêt à lui faire des misères, reconnaît Alain Chouet. On préférait le mettre à l’abri d’un certain nombre de choses. C’est une décision qui a été couverte par le pouvoir politique. »

Cette protection va durer un long moment, comme l’ont constaté les habitants de la commune de Bessancourt, dans le Val d’Oise, où se situe le château de Rifaat Al-Assad.

« Lorsque j’ai été élu maire de Bessancourt en 2001, deux membres des Renseignements généraux sont venus me faire passer un message, se souvient Jean-Christophe Poulet. Rifaat Al-Assad est pour nous un partenaire, il ne faut rien faire contre lui. »

Jusque dans les années 2000, des hommes en arme ont même circulé autour du château, braconnant parfois à l’arme de guerre.

Petits arrangements entre amis

À l’origine, le château de Bessancourt était la propriété de la famille royale saoudienne, qui l’a cédé au début des années 1980 à Rifaat Al-Assad. Lors de leurs investigations, les enquêteurs ont d’abord découvert d’étranges pratiques avec la municipalité de l’époque. Lorsque les Saoudiens ont voulu agrandir le château, ils ont versé 2 millions de francs à la commune pour mieux faire passer leur permis de construire.

« Les saoudiens ont fait un don à la commune qui a permis de financer la construction d’un gymnase pour les arts martiaux,confirme un ancien élu aux enquêteurs, le 23 mai 2016.L’opposition aurait pu dire quelque chose mais il y a eu des consignes de l’Elysée pour taire ces faits. »

Quant à Rifaat Al-Assad, il aurait également versé de l’argent aux associations locales pour être tranquille.

Logement précaire et argent noir

De l’argent liquide circule également autour du château pour payer les nombreux Syriens à son service. Quatre cents personnes sont ainsi venues de Syrie dans les années 1980. Il en resterait entre 60 et 70 aujourd’hui : des soutiens ou des employés de Rifaat Al-Assad, logés dans d’anciens haras, sur une quinzaine d’hectares, autour du château de Bessancourt, dans des conditions parfois précaires.

« Nous avons constaté des problèmes d’asthme sur certains enfants en bas âge, à cause de l’humidité et de la moisissure, raconte le directeur du Centre communal d’action social de Bessancourt, Elie Domergue. Nous avons relogé une famille. »

La plupart des employés étaient payés au noir. Selon un ancien responsable du personnel entendu par les enquêteurs, la famille Al-Assad retirait chaque mois 200 000 euros en espèces. L’enquête a en effet montré qu’entre 80 000 et 120 000 euros étaient retirés chaque mois sur un compte Société Générale d’une de ses épouses. Ces paiements en espèces auraient duré, selon les investigations, jusqu’en novembre 2010, avant d’être réalisés par virement.

Dans les paradis fiscaux

D’où vient tout cet argent ? Comment Rifaat Al-Assad a-t-il pu acquérir son patrimoine immobilier ? Il affirme que c’est essentiellement grâce à l’aide de la famille royale saoudienne qu’il a acheté ses biens.

« Notre client a bénéficié d’une aide massive de l’Arabie saoudite qui lui a permis de se constituer son patrimoine », expliquent à la justice française les avocats. L'un de ses fils, Siwar, affirme :« L’Arabie saoudite a financé la lutte de mon père pour pousser l’État syrien à entamer des réformes sérieuses en Syrie ».

Rifaat Al-Assad a notamment fourni aux enquêteurs un chèque de 10 millions de dollars de l’Arabie saoudite, encaissé en juillet 1984. Mais pour les enquêteurs, cet argent ne permet pas de financer tous ses achats immobiliers, dans les années 1980.

Les avocats ont également produit à la justice trois virements saoudiens effectués, à la fin des années 2000, soit un total de 40 millions d’euros versés à Rifaat Al-Assad entre 1984 et 2010.

Selon un rapport de synthèse des enquêteurs, « la volonté de dissimulation de Rifaat Al-Assad relative à son patrimoine est caractérisée ».

Aucun achat n’est effectué à son nom, mais à celui de proches ou de sociétés dont l’oncle de Bachar Al-Assad est le bénéficiaire. A chaque fois le circuit de l’argent révèle le passage par des sociétés offshore, dans des paradis fiscaux : sur l’île de Curaçao (dans la mer des Caraïbes), au Liechtenstein, au Panama, à Guernesey ou à Gibraltar.

Un budget syrien qui explose

Les enquêteurs ont également recueilli le témoignage d’anciens dignitaires du régime syrien qui accusent Rifaat Al-Assad d’avoir récupéré de l’argent du régime, mais aussi de l’argent libyen.

Un ancien ministre des affaires étrangères syrien explique, par exemple, qu’Hafez Al-Assad aurait versé 300 millions de dollars à son frère, dont 200 millions viendraient des caisses de l’Etat et 100 millions d’un prêt libyen.

Autre témoignage : celui de l’ancien ministre de la défense, Mustafa Tlass (qui est mort en juin 2017, à 85 ans). Il affirme sur procès-verbal que Rifaat Al-Assad aurait « vidé la banque centrale syrienne » et empoché « 200 millions de dollars américains en liquide, par avion, à Damas. » Des témoignages jugés « erronés » et « orientés » par ses conseils.

Les enquêteurs ont également constaté qu’au moment où il quittait la Syrie en 1984, les dépenses de la présidence syrienne quadruplaient, de façon exceptionnelle, accréditant ainsi la piste d’argent public détourné.

Entendu à plusieurs reprises par le juge Renaud Van Ruymbeke, Rifaat Al-Assad explique qu’il ignore tout de son patrimoine. Ce n’est pas la conviction de la justice pour qui il possède « la complète maîtrise de l’intégralité de son patrimoine ».

Des soupçons de trafic archéologique

Selon nos informations, l’enquête sur le patrimoine immobilier s’est récemment élargie à un possible détournement du patrimoine archéologique syrien.

Un avocat syrien, exilé en Suède, affirme auprès de la justice française avoir été spolié d’un trésor découvert par les hommes de Rifaat Al-Assad en 1975.

L’histoire est la suivante : son grand-père, agriculteur, était le maire d’un village, dont les terres auraient été confisquées par Rifaat Al-Assad pour construire un aéroport militaire. Des travaux sont lancés, lorsque les ouvriers du chantier font alors une découverte incroyable. « Ils ont découvert sous un rocher un trésor archéologique romain sublime, explique l’avocat du plaignant syrien, Joseph Bréham. Il y avait des statues d’hommes et de chevaux à taille réelle en or, des pièces d’or… Rifaat Al-Assad a rapidement débarqué en hélicoptère pour récupérer ce trésor. Les syriens ont été spoliés d’une part de leur patrimoine. »

Des accusations qualifiées de « fantaisistes » par les avocats de Rifaat Al-Assad, qui rappellent qu'en 2015 le journal Le Mondeavait été condamné pour diffamation après avoir relayé ces mêmes accusations

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 07:44
A la fête de l'Huma sur le stand du PCF Finistère, que de fraternité et de plaisir partagé!
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Vente des dates du calendrier révolutionnaire

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Prise de parole de Berivan Firat du mouvement des femmes kurdes, avec Pascal Torre, responsable secteur international du PCF sur le Proche et le Moyen-Orient, et une copine de France-Kurdistan: Berivan et Pascal ont appelé à la solidarité par rapport au mouvement des kurdes pour une société de progrès, d'égalité, et de multi-culturalisme, loin des dictatures nationalistes oppressives et fascistes turques ou syriennes, ou du totalitarisme islamiste. La persécution du HDP, l'expérience du Rojava et du confédéralisme démocratique ont été au centre des propos.

Prise de parole de Berivan Firat du mouvement des femmes kurdes, avec Pascal Torre, responsable secteur international du PCF sur le Proche et le Moyen-Orient, et une copine de France-Kurdistan: Berivan et Pascal ont appelé à la solidarité par rapport au mouvement des kurdes pour une société de progrès, d'égalité, et de multi-culturalisme, loin des dictatures nationalistes oppressives et fascistes turques ou syriennes, ou du totalitarisme islamiste. La persécution du HDP, l'expérience du Rojava et du confédéralisme démocratique ont été au centre des propos.

A la fête de l'Huma sur le stand du PCF Finistère, que de fraternité et de plaisir partagé!
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Avec Marie-George Buffet

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A la fête de l'Huma sur le stand du PCF Finistère, que de fraternité et de plaisir partagé!
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A la fête de l'Huma sur le stand du PCF Finistère, que de fraternité et de plaisir partagé!

Photos Ismaël Dupont, Yoann Daniel, Roberte Saint Jalme, Stephane Hébréard, Françoise Guéguen, Thomas Salaün, Paul Paimbeni, Michel Tudo.  

70 militants, sympathisants et bénévoles finistériens, mais aussi de Vannes, Bordeaux, Nantes, Nancy, Paris, de Suède, ont beaucoup donné et partagé sur le stand du PCF Finistère avec toutes les personnes qui sont venues y boire et y déguster de délicieux kig-ha-farz et des saucisses de Molène-Pommes de terre avec des Fars du pays bigouden et gâteaux bretons de Scaër. 

De très beaux échanges, une expérience humaine magnifique. 

Nous sommes tous heureux d'avoir vécu ces 3 belles journées de fête qui donnent le sourire, de l'espoir et de la combativité. 

Nous avons accueilli Arlette Laguiller, Ian Brossat, Marie-George Buffet dans notre stand, et beaucoup d'amis, de camarades du Finistère, de Paris, et de toute la France. 

Fiers aussi d'avoir contribué à notre échelle à œuvrer à la réussite de cette gigantesque fête qui a attiré 800 000 personnes pendant trois jours, un tiers de visiteurs de plus que l'an passé! 

Longue vie à l'Humanité!

Tant que la politique pourra rimer ainsi avec l'ouverture, la fraternité, le combat pour les valeurs et l'égalité, il y aura de la lutte, il y aura un chemin pour rendre le monde meilleur.   

"Ici, ici… c'est la vraie vie!" comme l'ont fait scander Bigflo et Oli.       

Vendredi matin, à l'aube, la grande scène: photo de Stephane...

Vendredi matin, à l'aube, la grande scène: photo de Stephane...

A la fête de l'Huma sur le stand du PCF Finistère, que de fraternité et de plaisir partagé!
A la fête de l'Huma sur le stand du PCF Finistère, que de fraternité et de plaisir partagé!
Le concert de Soviet Suprem, incroyable aux dires des spectateurs

Le concert de Soviet Suprem, incroyable aux dires des spectateurs

A la fête de l'Huma sur le stand du PCF Finistère, que de fraternité et de plaisir partagé!
le meeting de dimanche après-midi

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A la fête de l'Huma sur le stand du PCF Finistère, que de fraternité et de plaisir partagé!
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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 05:25

Une étude de la société Euronext sur les actionnaires du CAC 40 montre, contrairement à une idée reçue, le poids persistant des grandes familles ; elle témoigne aussi de l’opacité du système : on ignore en effet l’identité d’un actionnaire sur deux.

L’opérateur de la Bourse de Paris, Euronext, a procédé, pour les trente ans du CAC 40, à une analyse de l’actionnariat des entreprises concernées. La précédente étude remonte à 2012. Les chiffres dont on dispose aujourd’hui recouvrent donc la période 2012-2016.

Premier enseignement : on ne connaît que 58 % de l’actionnariat du CAC 40. Pour le lien Boursier.com : « 60 % seulement de l’actionnariat du CAC 40 est connu : les propriétaires des 40 % restants, qui pèsent 564 milliards d’euros, sont hors des radars des données collectées. » Euronext, qui est pourtant la structure la mieux qualifiée pour dévoiler les coulisses de la Bourse, avoue ignorer l’origine de près de la moitié des fonds. Les enquêteurs avancent un argumentaire technique, genre « la part relativement faible de l’actionnariat dévoilé par ces sources publiques s’explique notamment par la fragmentation de l’actionnariat, couplé à l’absence d’obligation de publication des positions en dessous du seuil de 5 %, comme requis par l’Autorité des marchés financiers (AMF) ».

« 60 % seulement de l’actionnariat du CAC 40 est connu : les propriétaires des 40 % restants, qui pèsent 564 milliards d’euros, sont hors des radars des données collectées. »

Reste que près de 600 milliards d’euros d’actions du CAC 40, élément phare de la Bourse de Paris, sont d’origine inconnue. Euronext assure avoir étudié les rapports et documents de référence des entreprises du CAC 40, identifiant 34 % des actionnaires. L’opérateur a aussi travaillé avec la base de données de MorningStar (80 000 fonds) et celle de Factset (fonds souverains). Toutes les recherches de ces fins limiers n’ont cependant permis de retrouver que 58 % des détenteurs ! Manquent 42 %, un pourcentage considérable. Et une opacité qui autorise toutes les interprétations : est-ce de l’argent sale, issu de la fraude, du crime organisé, du trafic d’armes ou d’êtres humains, de la drogue ?

Le poids persistant des familles

La répartition des 58 % identifiables n’en demeure pas moins intéressante. Les « familles » que l’on disait dépassées, caduques, définitivement bousculées par la mondialisation, effacées par le tsunami des multinationales et autres fonds de pension, les famil­les demeurent bien présentes.
« Le CAC est aussi une histoire de famille », note Euronext. Les fondateurs et leurs familles détiennent 10 % du capital, soit 136 milliards d’euros. « Des familles et des fondateurs ont été identifiés dans 19 des 40 sociétés du CAC 40 et elles dépassent 20 % de l’actionnariat dans dix sociétés. » La place des familles est même plus importante qu’en 2012 (9,7 % alors). Si l’on rapporte leur poids à l’actionnariat connu, elles pèsent même 17,2 %.

« C’est l’un des grands enseignements de l’étude, note Hervé Rousseau du Figaro Économie (31 janvier 2018). Les multinationales sont encore largement détenues par les familles des fondateurs, soit 60 % de la capitalisation du CAC 40. »

Le premier actionnaire connu du CAC 40 est le groupe familial Arnault avec 43 milliards d’euros, issus pour l’essentiel de sa participation de 46 % au capital Moët Hennessy Louis Vuitton (LVMH). Le seul LVMH représentait à la fin de l’année 2016 3,2 % de l’ensemble du CAC 40 et cette part a dû progresser puisque LVMH a gagné depuis plus de 35 % en Bourse et s’est hissé à la première place du CAC 40 par la capitalisation. « Pour les professionnels, cette forte présence des familles est l’une des grandes forces du CAC 40. C’est une spécificité que la France partage avec l’Allemagne et c’est aussi pour les investisseurs un gage de stabilité et de performance pour les investisseurs. »

« Le premier actionnaire du CAC 40 est le groupe familial Arnault avec 43 milliards d’euros. »

Pour Emmanuel Chapuis, responsable de la gestion Large Caps chez Oddo BHF AM, « les sociétés familiales développent des stratégies de longue haleine, elles sont farouchement attachées à leur indépendance et évitent les prises de risques excessives. Elles souhaitent valoriser leur patrimoine dans le temps ». Le groupe familial Arnault est suivi par la famille Bettencourt Meyers (L’Oréal) puis par la famille Pinault (Kering).
Les « gestionnaires d’actifs », avec 350 milliards d’euros investis, représentent 25,9 % du poids de l’indice. Par rapport à la précédente enquête (2014), ces gestionnaires gagnent quatre points. Les plus importants s’intitulent BlackRock, Vanguard, Amundi, Capital Group, Natixis.

« L’appauvrissement » de l’État français est net. Sa part a fortement diminué entre 2012 et 2016, passant de 6 % à 3,7 %, du fait notamment de la sortie d’EDF. Le journal Les Échos parle d’une tendance au désengagement de l’État actionnaire depuis plusieurs années déjà (Engie, Safran…), politique « qui devrait se poursuivre ces prochaines années » avec Emmanuel Macron.
Résultat : « Les États étrangers sont presque aussi présents que la France, en direct ou au travers des fonds souverains. » La Norvège, par exemple, est présente dans trente-neuf entreprises sur quarante.

 

CAC 40, le jackpot de 2017

« 2017, année faste pour les entreprises du CAC 40. Les grands groupes français sont en excellente forme. Les entreprises auront dégagé collectivement plus de 94 milliards d’euros de profits en 2017. C’est 20 % de plus qu’en 2016 qui fut déjà un excellent millésime. Le record de 2007, avec près de 95 milliards d’euros de bénéfices, est égalé. Les ténors français ont matière à se féliciter. Entre l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui s’est montré tout aussi imprévisible dans l’exercice du pouvoir que lors de sa campagne, un agenda politique particulièrement chargé en Europe, le formidable rebond du prix des matières premières ou encore l’envolée de l’euro, les sociétés ont évolué en terrain miné en 2017. Les champions français ont visiblement su déjouer la plupart de ces pièges. [...] Sur les 39 entreprises du CAC 40 qui ont dévoilé leurs comptes, 31 affichent des résultats en hausse. La palme du plus fort bénéfice revient à Sanofi (8,4 milliards d’euros). La palme de la plus forte progression revient quant à elle à STMicroelectronics, nouveau venu au sein du CAC 40 et dont le bénéfice a été multiplié par près de 5 ! Le fournisseur d’Apple surfe sur la demande sans cesse croissante de produits high-tech. […] Les bénéfices (+20 %) progressent à un rythme bien plus soutenu que les ventes (+5,8 %). Total en offre un exemple frappant. Pour faire face à l’effondrement des cours du pétrole entre 2014 et 2016, le géant français qui menait grand train a sabré dans ses dépenses et ses investissements. Résultat aujourd’hui, il gagne pratiquement autant d’argent avec un baril proche de 65 dollars qu’avec un cours supérieur à 100 dollars quelques années en arrière. Son bénéfice net a fait un bond de près de 40 % l’an dernier à 7,2 milliards d’euros. Le secteur financier « qui pèse également très lourd dans le CAC 40 a aussi très bien mené sa barque en 2017 ». BNP Paribas a engrangé un résultat net de plus de 7,75 milliards d’euros et dans le secteur voisin de l’assurance AXA affiche quant à lui le plus fort bénéfice de son histoire (6,2 milliards d’euros).

Hervé RousseauLe Figaro Économie, 5 mars 2018

• Cause commune n° 6 - juillet/août 2018

 

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 05:23

 

« La société ? Cela n’existe pas ! Il n’y a que des individus », déclarait Margaret Thatcher. Depuis quarante ans, le projet antisocial du néolibéralisme accentue la tendance autocentrée des classes dominantes et leur séparatisme social. Débat entre Jérôme Fourquet, politologue et directeur du département opinion publique à l’Ifop (1), et la sociologue Monique Pinçon-Charlot (2).

 

Dans une étude réalisée par l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, l’idée d’une « sécession » des riches s’impose comme conclusion pour caractériser la situation actuelle. Qu’entendre par cette expression ?

Jérôme Fourquet

On a travaillé en effet dans cette note autour de l’idée d’une sécession des classes sociales les plus favorisées. On a essayé de lister quels étaient les processus multiples, pas forcément conscients, qui ont abouti au fait que les occasions de contacts entre ce qu’on va appeler les élites et le reste du corps social sont de moins en moins fréquentes, et cela aboutit au développement d’une catégorie qui est hors-sol, pourrait-on dire, de plus en plus autocentrée et qui a de plus en plus de difficultés à prendre conscience ou des difficultés ou du quotidien du reste de la population. Nous sommes partis de cas assez connus. Par exemple, si vous prenez ce qui se passe au niveau géographique, on a montré, grâce aux données du recensement de l’Insee, que dans les grandes métropoles on a une concentration des catégories les plus favorisées qui prend des proportions tout à fait spectaculaires. Je vous donne quelques chiffres. Au recensement de 1982, on a 25 % de la population active dans Paris intra-muros qui sont classés par l’Insee dans la catégorie des cadres et professions intellectuelles. Au dernier recensement, on est monté à 46 %, soit quasiment un sur deux. En l’espace de trente ans, cela a doublé. Ça, c’est pour Paris, mais si vous allez à l’ouest de la capitale, dans les Yvelines, on a une espèce d’écosystème qui s’est mis en place. Vous pouvez faire 30 ou 40 kilomètres et ne traverser que les communes où 40 à 50 % de la population appartiennent aux mêmes classes sociales. Les clubs de sport, les écoles, les commerces, les lieux de culture et de loisirs… tout est fréquenté par des gens qui se ressemblent. On atteint une telle masse critique qu’on peut vivre totalement dans une espèce d’autarcie. Cela, c’est ce qui se passe niveau géographique. C’est analogue avec ce qui se passe au plan scolaire ou au niveau des quartiers, où la ségrégation sociale est très forte. On avait d’autres institutions qui servaient de lieux de brassage où on pouvait se frotter aux autres groupes sociaux qu’on n’avait pas l’habitude de côtoyer le reste de l’année. Je pense notamment aux colonies de vacances. Les colonies de vacances n’ont pas disparu, mais vous en avez de plus en plus qui sont privées avec un ticket à l’entrée et des offres très segmentées. Compte tenu et des contenus et des tarifs pratiqués, le filtre est très fort. Autres éléments de brassage, le service militaire ou encore les partis politiques. Par une multiplicité de facteurs et de processus dont certains ne doivent rien à l’économique, on a abouti à cette situation où nous avons des catégories dites dirigeantes ou des élites qui aujourd’hui sont de plus en plus coupées du reste de la population, ce qui fait, selon le mot de Thomas Frank, l’essayiste américain, que ces élites vivent « comme des touristes dans leur propre pays ».

Cette volonté de rester dans l’entre-soi dans la bourgeoisie et les classes favorisées est-elle un phénomène ancien ou notez-vous une aggravation du séparatisme social ?

Monique Pinçon-Charlot

L’aggravation du phénomène de séparatisme social est absolument énorme. Les riches pour faire court, la classe dominante, qu’elle soit du XVIIIe, du XIXe, du XXe ou du XXIe siècle, a toujours été dans l’entre-soi, dans ses quartiers, dans ses cercles, dans ses conseils d’administration, dans les réunions internationales organisées pour affiner la prédation des dominants sur les peuples. Donc, de ce point de vue, rien de nouveau. Ce qui est intéressant dans la prestation de Jérôme Fourquet avec cette note « 1985-2017 : quand les classes favorisées ont fait sécession », c’est qu’elle prend sa logique dans un ensemble destiné à banaliser l’idée que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. C’est cela, le vrai problème. Cette banalisation est intéressante pour mettre en perspective le travail de Jérôme Fourquet. Par exemple, lorsque Emmanuel Macron déclare, parce qu’il essaye de se débarrasser du sobriquet du « président des riches », « les riches se débrouillent très bien tout seuls. Ils n’ont pas besoin d’un président », il dit cela justement pour qu’on ne comprenne pas qu’il leur fait des cadeaux parce qu’ils sont les détenteurs des titres de propriété qui permettent l’exploitation de la force de travail des autres et qu’ils ont besoin de lui. Emmanuel Macron essaye par tous les moyens idéologiques de banaliser la rupture des riches vis-à-vis des autres classes sociales. Ce n’est pas une sécession, c’est une guerre. C’est une guerre avec des armes extrêmement violentes, dont les armes idéologiques et linguistiques. Quand Jérôme Fourquet décortique les cinq évolutions qu’il a nommées, c’est intéressant, mais quelle est la cause de tout cela ? Ce n’est jamais abordé. Le système capitaliste, la prédation des richesses par les détenteurs des titres de propriété, est absolument absent de ce travail. Il ne remet pas en cause le fait que les riches, de plus en plus, veulent se protéger et, aujourd’hui, nous faire croire que ce sont eux les créateurs de richesses et que nous, nous ne sommes que des cyniques, des extrémistes, des fainéants, des charges, des coûts et maintenant des menaces. Pourquoi y a-t-il cette offensive idéologique ? Avec le dérèglement climatique qui est le moment fatal où le système capitaliste va soit détruire la Terre, soit rebondir en détruisant une grande partie de l’humanité qui est en trop aujourd’hui, voilà ce à quoi on tente de nous habituer ! Autre question : les riches, d’où tiennent-ils leur fortune ? Est-ce que ce ne sont pas nous, nous tous, qui sommes à l’origine de la richesse collective ? De qui dépend l’oppression ? De nous. De qui dépend qu’on supprime l’oppression ? De nous. Et donc ce travail, je le respecte, mais je le restitue dans cette perspective historique où on veut vous habituer à banaliser le fait que les riches ont absolument tous les droits et que nous n’en avons aucun.

Vous insistez sur l’exil fiscal comme expression importante de ce que vous appelez la « sécession des riches ».

Jérôme Fourquet

Sécession des riches, sécession des élites, je dirai que le stade ultime, ce serait l’exil fiscal. Je cite des chiffres qu’on a pu obtenir. Il y a toujours un certain halo de ce côté du point de vue de Bercy, mais ce qu’on voit, c’est qu’il y a plusieurs centaines d’individus qui partent tous les ans. Il y a aussi le comportement d’un certain nombre d’acteurs politiques qui est révélateur. Aujourd’hui, quand un candidat se lance dans la course présidentielle en France, cela coûte beaucoup d’argent. Il faut aller chercher l’argent là où il se trouve. Dans les cercles et les beaux quartiers, c’est connu depuis très longtemps, mais ce qu’on constate depuis quelques années, c’est que les candidats, plutôt de droite, mais encore davantage Emmanuel Macron, font des tournées à l’étranger. Les résultats électoraux dans les bureaux de vote des Français expatriés sont significatifs aussi à cet égard. Je vous ai sorti juste quelques chiffres sur les neuf bureaux de vote de Genève. Au premier tour, François Fillon fait 40 % et Emmanuel Macron, 31 %. À Zurich, les chiffres sont inverses avec 30 % pour Fillon et 48 % pour Emmanuel Macron.

Monique Pinçon-Charlot

François Fillon et Emmanuel Macron étaient les deux atouts de l’oligarchie. Comme François Fillon est tombé, l’oligarchie, évidemment, s’est retournée vers Emmanuel Macron. Mais je rajoute mon petit grain de sel pour compléter ce que Jérôme Fourquet a dit et écrit sur l’exil fiscal. Les exilés fiscaux n’ont pas bougé depuis plus de dix ans. Récemment, je suis passée à la télévision avec Éric Brunet. Il parlait des dizaines de milliers de milliardaires qui s’en vont de France pour des raisons fiscales. C’est faux. Cela fait partie encore de la propagande idéologique. Quand on regarde les statistiques, on s’aperçoit qu’il y a entre 700 à 800 exilés fiscaux chaque année et pas plus. Cela ne bouge pas. C’est très stable. Comme il y en a 200 qui reviennent chaque année en France, cela fait 500 en moyenne. Combien nous coûtent en recettes fiscales ces 500 exilés fiscaux ? Environ 170 millions d’euros, c’est-à-dire rien par rapport à la suppression de l’ISF par Emmanuel Macron, qui va nous coûter au moins 3 milliards d’euros par an. Cela correspond au budget du CNRS. Quand Jérôme Fourquet nous dit que le fait qu’Emmanuel Macron part à l’étranger pour lever des fonds pour une campagne politique présidentielle en France et que cela montre bien qu’une partie des grandes familles françaises se sont expatriées, cela fait partie, aussi, de cette manipulation idéologique de banalisation de la sécession des riches qui fait l’objet de ce débat.

Cette attitude de rupture n’est-elle pas un pari risqué pour la bourgeoisie en ce que qu’elle peut renforcer la conscience de classe des classes exploitées ?

Monique Pinçon-Charlot

La charge est tellement lourde que, sur toutes les ondes, dans les sondages, les médias qui appartiennent aux multimilliardaires français pour ce qui concerne la France, on ne cesse de nous parler des millions et des milliards de ces gens-là. Et qu’est-ce que cela fait ? Cela fait peur. Cela tétanise. C’est un élément de la violence de classe des riches. Avec Michel Pinçon, nous sommes passés de la lutte de classe à l’hypothèse d’une guerre de classe que mènent les plus riches contre les peuples. Tous les jours, tout donne raison à notre travail de sociologues. Et c’est une violence qui est tellement « dingue », qui est tellement forte qu’elle empêche la pensée critique, qu’elle empêche la conscience de classe des dominés par la sidération et la tétanisation.

Jérôme Fourquet

On a réalisé des enquêtes sur un certain nombre de sujets connexes. Par exemple, quand à la fin de l’année dernière, l’actuel gouvernement a annoncé la suppression de l’ISF, les enquêtes ont montré qu’il y avait plus des deux tiers des Français qui y étaient opposés. Nous avons réalisé aussi, il y a quelques années, pour l’Humanité, une enquête qui montrait que le sentiment de la persistance d’une lutte des classes était toujours très vivace dans la société française. Quand on dit qu’il y a un état de sidération et de tétanisation parce que cela ne se traduit pas par des manifestations ou des votes, c’est peut-être vrai. Cependant, l’attribut de « président des riches » est complètement accolé à Emmanuel Macron. Quand vous avez un même gouvernement qui fait la baisse des APL et la suppression de l’ISF, dans l’opinion publique, c’est ravageur et cela entretient le sentiment qu’il y a une politique qui est menée en faveur d’une catégorie sociale plutôt qu’une autre. En tant qu’observateur de l’opinion publique, je pense qu’Emmanuel Macron va maintenant traîner ce boulet jusqu’à la fin de son quinquennat. Quelles que soient les initiatives politiques ou de communication qu’il prenne. 

(1) Auteur de 1985-2017 : quand les classes favorisées ont fait sécession, Fondation Jean-Jaurès, 2018. (2) Auteur, récemment, avec Michel Pinçon, Des prédateurs au pouvoir. Main basse sur notre avenir, Textuel, 2017, et de Panique dans le 16e ! Une enquête sociologique et dessinée, dessins d’Étienne Lécroart, éditions La ville brûle, 2017.

Débat animé par Pierre Duquesne, retranscrit par Jérôme Skalski

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 19:24
Pascal Torre, responsable secteur Moyen-Orient du PCF, avec Berivan Firat, responsable du Mouvement des Femmes Kurdes en France, sur le stand du Finistère à la fête de l'Humanité 2018. Pascal Torre devrait être présent à la fête de l'Huma Bretagne du 1er au 2 décembre avec des militantes kurdes engagés pour la défense de la démocratie et de l'égalité des droits en Turquie et en Syrie

Pascal Torre, responsable secteur Moyen-Orient du PCF, avec Berivan Firat, responsable du Mouvement des Femmes Kurdes en France, sur le stand du Finistère à la fête de l'Humanité 2018. Pascal Torre devrait être présent à la fête de l'Huma Bretagne du 1er au 2 décembre avec des militantes kurdes engagés pour la défense de la démocratie et de l'égalité des droits en Turquie et en Syrie

MOYEN ORIENT

la poudrière

 

Le Moyen-Orient connaît une tragédie humaine et politique. Celle-ci conjugue des éléments de longue durée provoquant un engrenage de violence dont les solutions d’avenir peinent à émerger.

Un baromètre des changements mondiaux

La décolonisation n’a pas été suivie par un proces­sus de construction de l’État et s’est accompagnée d’une inadéquation entre l’État territorial et les espaces post-impériaux ou coloniaux alimentant des tensions. Pour y faire face, des régimes autoritaires stabilisateurs se sont installés afin de juguler les mouvements populaires. De plus toutes les promes­es de développement se sont progressivement enlisées. Enfin, les puissances occidentales, pour s’emparer des richesses régionales, ont soutenu ces dictatures et entretenu des conflits qui ont assommé ces sociétés.

Après avoir été au cœur des relations internationales dès l’après-guerre, le Moyen-Orient n’exerce plus la même attractivité. La fin de la Guerre Froide a mis un terme aux affiliations obligées engendrant une autonomie croissante des États ainsi qu’une atomi­sation du jeu régional. La substance des conflits s’en est trouvée modifiée opposant moins les États entre eux que les États à des lambeaux de sociétés. La nature sociale des conflits neutralise la puissance tandis que la menace devient plus mobile.

La solidité apparente du monde arabe a volé en éclat dans les années 90, permettant au néolibéra­lisme et à l’islamisme de laminer les forces progres­sistes. Le conflit israélo-palestinien a été structurant pour la région de 1950 à 1970. Le retour de la droite extrême au pouvoir a amplifié le caractère religieux et identitaire du projet sioniste. Les lois discrimina­toires se sont multipliées aboutissant au texte d’apartheid qui proclame qu’Israël est l’État nation du peuple juif. Le déplacement de l’épicentre de la conflictualité dans le Golfe marginalise aujourd’hui la question palestinienne favorisant la colonisation d’autant que l’Autorité palestinienne est durable­ment affaiblie. Pour autant, Israël est, du fait de sa politique, confronté à une crise profonde. Ces diffé­rents facteurs ont provoqué une véritable implosion du Moyen-Orient.

Mouvements populaires et engrenage de violences

Les printemps arabes de 2011 ont révélé la vitalité et les attentes des sociétés rejetant l’impéritie des États et leur violence tout en exigeant des réformes démocratiques. Ces mouvements ont suscité chez les dirigeants arabes un brusque retour de l’autori­tarisme. En Égypte, la répression a suspendu le temps politique n’atténuant pas la colère populaire. En Turquie, R.T. Erdogan multiplie les purges, les arrestations et la guerre à outrance contre les Kur­des. Ce régime de terreur a plongé le pays au bord du gouffre économique tandis que son expansion­nisme enracine au nord de la Syrie de véritables « djihadistans ». Dans ce contexte, la résistance du HDP, seule force progressiste et pacifiste, constitue un point d’appui pour les luttes à venir. Désormais, une conflictualité généralisée délite l’Irak, la Syrie et menace toute la région. On ne dira jamais assez combien l’intervention américaine en Irak a eu des effets déstabilisateurs sur la région. En dépit de la victoire de la coalition contre Daesh et l’esquisse de reconstruction de l’État irakien, la violence demeure tandis que la situation économique s’avère catastro­phique. Des mouvements sociaux secouent le pays et ont permis à la coalition conduite par Moqtada al-Sadr et les communistes d’arriver en tête du scrutin législatif.

En Syrie, le régime sanguinaire de Bachar al-Assad, avec l’appui des Russes et des Iraniens, est en voie de remporter le conflit. Pour autant, sa résolution pacifique est loin d’être acquise. Les Occidentaux, marginalisés sont réduits à miser sur la faillite diplomatique russe ou conduisent des expéditions punitives illégales sans lendemain. La Syrie est désormais divisée en trois zones d’influence entre le régime de Damas, les Turcs et une présence améri­caine au Rojava. Mais la Syrie de l’après Daesh devient le terrain d’affrontement des rivalités régio­nales comme en témoignent les bombardements israéliens qui font craindre un embrasement et place aussi la question kurde dans une position périphé­rique.

Ces guerres façonnent un nouveau paysage régional éclipsant l’Égypte, l’Irak et la Syrie tandis que les États du Golfe prospèrent et tentent de tirer parti des États fragilisés. L’Arabie Saoudite occupe une posi­tion dominante poursuivant une politique confes­sionnelle, hégémonique et mortifère au Yémen. Le Moyen-Orient est devenu une poudrière concentrant 40% des armes vendues dans le monde. Elles pro­viennent des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne et d’Allemagne favorisant l’internationali­sation des conflits et la souffrance humaine. L’Ara­bie Saoudite et Israël affirment ensemble désormais que l’Iran est pour eux une menace existentielle dans le sillage de D. Trump qui transfère l’ambas­sade américaine à Jérusalem et rompt l’accord de Vienne sur le nucléaire. D. Trump fait le pari que les difficultés de Téhéran à maintenir l’ordre isla­miste permettront un changement de régime. Rien n’est moins sûr d’autant que l’Iran ne renonce pas à sa politique milicienne qui contribue elle aussi à la fragmentation des sociétés. Cette politique peut conduire à une déflagration qu’attise la perspective de constitution d’un OTAN arabe.

Dans ce contexte le PCF appelle à des mobilisations de solidarité les plus larges possible pour atténuer les tensions et ouvrir une perspective de paix 

PCF 

 

Moyen-Orient: la poudrière (PCF)
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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 18:48
Libération de Salah Hamouri: D'abord de la joie, puis de la vigilance (Pierre Laurent, PCF)

Libération de Salah Hamouri : "D'abord de la joie, puis de la vigilance" (Pierre Laurent)


C'est d'abord de la joie. Salah est sorti de Prison. De la joie pour sa famille, ses proches, ses ami.e.s, ses camarades. De la joie que je partage avec les communistes, les participant.e.s de la fête de l'Humanité, les militant.e. du mouvement de la jeunesse communiste, des centaines de milliers de jeunes et moins jeunes qui se sont mobilisé.e.s dans tout le Pays pour sa libération.

Après plus de 400 jours de détention administrative, sans jugement ni motif, si ce n'est l'illégitime arbitraire de B. Netanyahou et de son ministre de la défense A. Liebermann, notre compatriote Salah Hamouri a enfin été libéré;
Avocat franco-palestinien, il fait, comme beaucoup d'autres, l'objet d'un harcèlement des autorités israéliennes qui entendent briser les voix qui dénoncent la colonisation, les arrestations et les massacres.

Mais c'est aussi de la vigilance. Salah Hamouri, par son engagement, est un militant de la paix qui doit désormais pouvoir rentrer chez lui à Jérusalem, recouvrer sa complète liberté de circulation et de déplacement, y compris à l'étranger. Aucune entrave ne doit lui être imposée pour pouvoir vivre avec sa famille, sa femme et son fils.

Encouragées par la politique de D. Trump qui a transféré l'ambassade américaine à Jérusalem, supprimé les aides financières à l'UNRAW et aux Palestiniens, la droite et l'extrême droite israéliennes multiplient les lois discriminatoires, amplifiant, par la loi d'"apartheid", le caractère religieux, identitaire et raciste du régime.

Des voix s'élèvent, plus nombreuses, pour dénoncer ceux qui tentent de nier l'existence du peuple palestinien et son droit à disposer d'un Etat.
Après la libération de Salah Hamouri nous appelons à la libération de tous les prisonniers politiques dont Marwan Barghouti. C'est un encouragement à amplifier la solidarité avec le peuple palestinien en constituant un front large, sans exclusive, avec toutes les forces démocratiques qui rejettent l'expansionnisme colonial et l'ultranationalisme.
Aucune paix ne sera possible dans la région sans le règlement de la question palestinienne.

Pierre Laurent,secrétaire national du PCF,

Paris, le 30 septembre 2018.

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 18:45

Décès d'Antoine Sfeir : le PCF salue sa mémoire
C'est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons la mort d'Antoine  Sfeir. Journaliste et intellectuel, spécialiste reconnu du Moyen-Orient,  il a durement payé cet esprit d'indépendance qui le caractérisait.
Esprit libre, il a su faire partager les exigences de rigueur à des générations de jeunes chercheurs tout en oeuvrant pour la paix dans cette région meurtrie.

Nous avions la fierté de partager avec lui les valeurs humanistes  auxquelles il est demeuré fidèle toute sa vie.
Le Parti Communiste Français salue sa mémoire et présente ses condoléances sincères à sa famille et ses proches.

Parti communiste français,

Paris, le 1er octobre 2018.

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 16:46
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