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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 05:48

 

 

L'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin. 

Cette fois – parole d’Emmanuel Macron –, nous allons voir ce que nous allons voir ! 

« J’observe, j’écoute, j’entends », a donc déclaré le chef de l’État au journal le Monde, lors de son retour d’un voyage aux Antilles, évoquant tout de même la « mission » pour laquelle il a été élu : « Le devoir de faire. » Car, voyez-vous, Macron-le-sage serait sur la bonne voie. Non seulement il admet ne pas être « parfait » et vouloir se « corriger », mais l’hôte du Palais souhaiterait passer d’une posture « jupitérienne » à un président « du quotidien ». Et nous devons le croire. Affaibli par des sondages en berne, accusé d’être distant et méprisant, l’homme serait en train de redescendre sur terre au point de reconsidérer sa posture et à se réformer lui-même. « Aidez-moi », a-t-il par exemple lancé, en direct des Antilles, « j’ai besoin de vous, journalistes, population, élus ». Quel bel élan, n’est-ce pas ? Quel altruisme, quelle générosité, quel esprit d’écoute en effet… sauf quand il précise que, s’il a « besoin » de tant de monde, c’est bel et bien pour expliquer l’action de l’exécutif. Bref, Emmanuel Macron, devenu son principal ennemi, cherche des volontaires pour son service après-vente. La petite musique devient habituelle : le problème c’est la forme, pas le fond. « Pé-da-go-gie », clame-t-on à l’Élysée.

Seulement voilà, la forme c’est toujours du fond qui remonte à la surface. Ses petites phrases, comme « traverser la rue », « pognon de dingue » et tant d’autres, ne viennent jamais de nulle part. Elles reflètent trait pour trait la politique conduite et sont évidemment perçues pour ce qu’elles sont : l’expression verbale des injustices subies par les contre-réformes. Voilà ce qu’il y a de fondamental ! Dire que Macron sombre dans les sondages uniquement pour son manque de maintien est une explication un peu sommaire. Même Alain Minc, l’un des très proches visiteurs du soir, prend acte du « bonapartisme » du chef de l’État et met en garde contre un « risque de giscardisation ». On croit rêver. Vous connaissez la formule : changer pour que rien ne change. Surtout l’essentiel.

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 05:45

(Chronique à paraître dans l’Humanité-Dimanche du 4/10/2018)

Ces jours-ci sera annoncé le nom du lauréat ou de la lauréate du Prix Nobel de la Paix 2018. L'an dernier, cette éminente distinction fut décernée à la Coalition internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), mouvement dont la magnifique campagne avait été à l'origine de l'adoption -historique !- d'un traité d'interdiction de l'arme atomique par 122 Etats, à l'Assemblée générale des Nations Unies. Le Comité Nobel s'honorerait à nouveau en attribuant cette année son prestigieux Prix à "l'Aquarius" et à la très méritoire association "SOS Méditerranée", qui affrète depuis 2016 ce bateau de sauvetage grâce auquel plusieurs dizaines de milliers de vies humaines ont pu être sauvées.

Un tel acte hautement symbolique serait d'autant mieux venu que la décision du Panama, sous la pression du gouvernement d'extrême-droite italien, de retirer son pavillon au navire humanitaire, compromet gravement la poursuite de ses missions si aucun pays ne se résout à l'immatriculer. Gageons que l'hommage du Prix Nobel de la Paix donnerait à ces héros des temps modernes un poids décuplé face aux Etats européens, aujourd'hui plus prompts à livrer les migrants aux pseudo "gardes-côtes" -et vrais criminels- libyens qu'à aider à organiser le secours à leurs victimes !

Plus généralement, un tel choix du Comité Nobel allégerait la chape de plomb du discours anti-migrant -tantôt ouvertement xénophobe, tantôt vicieusement ambigüe- qui s'abat depuis des mois sur une opinion publique en plein désarroi. Il aiderait, par exemple, cette majorité absolue de Françaises et de Français, troublés par la campagne ambiante , mais qui conservent une bonne opinion des ONG qui aident les migrants (1) , à reprendre confiance dans les valeurs humaines et à s'engager plus hardiment dans l'action pour les faire vivre au quotidien. "L'Aquarius est un symbole politique -note avec perspicacité un observateur averti de la société française- (...) Il rappelle d'autres bateaux célèbres, comme "l'Exodus", qui transporta en 1947 des juifs rescapés de la Shoah, ou encore "l'Ile de lumière", navire affrété en 1979 pour secourir les boat people en mer de Chine" (2). On pourrait ajouter le cas, odieux et tragique, du "Saint-Louis" , transportant 938 juifs fuyant l'Allemagne en 1939 à destination de l'Amérique, où ils furent refoulés pour être finalement accueillis, après une longue errance, en Hollande, en France et en Grande-Bretagne. Un tiers de ces réfugiés finira dans les camps de la mort...

Vivement un sursaut ! Sinon, nos descendants risquent de nous voir un jour avec le même regard incrédule mêlé de honte que celui que nous portons aujourd'hui sur les "zoos humains" exhibant jusqu'à la seconde guerre mondiale des hommes, des femmes et des enfants "primitifs" ou "sauvages", arrachés à leur terre africaine, sud-américaine ou australienne pour divertir les visiteurs des pays "civilisés".
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(1) Voir sondage ODOXA (27/9/2018)

(2) Jérôme Fourquet, Directeur du département Opinion de l'IFOP (Le Figaro, 26/9/2018)

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 05:33
Dans la rue pour riposter à Macron (PCF)
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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 05:25
Défense des retraités: les députés communistes s'engagent

#retraités. Avec Sebastien Jumel, nous avons rencontré les retraités rassemblés devant l'Assemblée nationale pour protester contre les mesures du gouvernement.
Depuis des mois, les retraités disent leur colère et se mobilisent avec leurs organisations pour revendiquer.
C’est la raison pour laquelle, avec le groupe communiste à l’Assemblée, j’ai déposé une proposition de loi visant à garantir le pouvoir d’achat des retraités. Nous leur avons remis un exemplaire du texte.

Pierre Darhéville, député communiste des Bouches-du-Rhône

#retraités. Remise aujourd'hui au 1er ministre des 250 000 pétitions recueillies par 9 organisations pour défendre le pouvoir d'achat des retraités.

#retraités. Remise aujourd'hui au 1er ministre des 250 000 pétitions recueillies par 9 organisations pour défendre le pouvoir d'achat des retraités.

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 11:21
Safran: l'Etat ne doit pas vendre, il doit renationaliser (PCF, 2 octobre 2018)

SAFRAN : l’État ne doit pas vendre, il doit renationaliser

L’État vient de vendre 2,35% de ses actions de l’entreprise Safran pour 1,24 Milliards €. Ce qui ramène ses parts à 10,81% du capital. Safran est l’un des derniers fleurons de l’industrie française opérant sur le territoire national. Son carnet de commande est assuré pour les sept ans avenir. Plus d’un Airbus ou Boeing sur deux sortent des chaines d’assemblage avec des moteurs Safran-General Electric, un hélicoptère sur deux dans le monde est motorisé par Safran, les trains d’atterrissage Safran équipent toute la gamme des avions de ligne Airbus comme Boeing. Safran assure la propulsion d’Ariane. Safran est une entreprise stratégique pour la défense nationale, elle produit entre autres les moteurs, les trains d’atterrissage, une partie de l’électronique et de l’optronique du Rafale et de l’avion cargo A400 M, ainsi que les nouveaux drones tactiques de l’armée de terre et certains systèmes de liaisons cryptées.

Le prétexte invoqué par le gouvernement pour dilapider une part aussi stratégique du patrimoine nationale est d’abonder par cette vente le « fond pour l'innovation et l'industrie dédié au financement des innovations de rupture ». Ce fond loin de contribuer à une nécessaire renaissance de l’industrie française va surtout servir à financer sans contre partie des startups dont l’objectif premier reste de se faire racheter au prix fort par les GAFA.

Le choix du gouvernement est d’autant plus nuisible que SAFRAN est une entreprise au cœur des « innovations de rupture » si on veut remplir les objectifs du "Conseil pour la recherche aéronautique en Europe" (ACARE) qui visent à développer les technologiques nécessaires d’ici 2050 pour réduire de 75% les émissions de CO 2 , de 90% celles de NOx et de 65% le bruit des avions de ligne.

Le PCF condamne cette vente par un gouvernement qui confond boursicotage et stratégie industrielle. Vu l’enjeu que représente Safran, il appelle au contraire le gouvernement à enclencher un processus de renationalisation de ce groupe stratégique tout en ouvrant de nouveaux pouvoirs d’interventions aux salariés.

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 07:53
Rassemblement de soutien à l'Aquarius et au sauvetage en mer à Morlaix, Brest, Quimper, Concarneau le samedi 6 octobre à 14h30
Samedi 6 octobre  à 14H30.

 

Brest : Place de la Liberté

Quimper : Place Terre au duc

Concarneau : Place du 8 Mai 1945

Morlaix : Place des otages

 

Nous appelons les Finistériens et Finistériennes et les Finistériens à nous rejoindre en arborant à leur guise vêtement, bonnet, calicot… 

orange à la couleur de l’Aquarius .

Qu’une vague orange comme les gilets de sauvetage de l’Aquarius déferle dans les rues du Finistère.

Aquarius : ouvrons nos ports !

 

L'Aquarius de SOS Méditerranée continue sa mission d'intérêt général, sa mission humanitaire dans la Méditerranée malgré les multiples embuches que les gouvernements lui mettent : fermeture des ports, menace de retrait de pavillon du Panama, silence de l'Union Européenne !

Le silence de la France et de son gouvernement est une honte.

Le PCF demande au Panama de reconsidérer sa position sur sa volonté de retrait du pavillon de l'Aquarius autrement la France devrait se faire un honneur de donner la possibilité à l'Aquarius de battre pavillon français, ce qui lui permettrait de continuer ses missions humanitaires visant à sauver de la mort des populations en détresse.

Le PCF  soutient l’appel aux 4 rassemblements citoyens dans le Finistère à Brest, Quimper, Concarneau, Morlaix  lancés pour le samedi 6  octobre à 14 h 30 place de la Liberté à Brest.

N'acceptons pas une conception de la mondialisation qui ne donne la liberté de circulation qu'aux capitaux et aux marchandises et pas aux êtres humains, surtout quand il s'agit de vie ou de mort! 

 

Fédération PCF du Finistère, le 2 octobre 2018  

L'Aquarius mérite le prix Nobel de la Paix- Francis Wurtz, ex- député européen communiste, chroniqueur à l'Humanité  

02/10/2018 - PCF

 

(Chronique à paraître dans l’Humanité-Dimanche du 4/10/2018)

Ces jours-ci sera annoncé le nom du lauréat ou de la lauréate du Prix Nobel de la Paix 2018. L'an dernier, cette éminente distinction fut décernée à la Coalition internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), mouvement dont la magnifique campagne avait été à l'origine de l'adoption -historique !- d'un traité d'interdiction de l'arme atomique par 122 Etats, à l'Assemblée générale des Nations Unies. Le Comité Nobel s'honorerait à nouveau en attribuant cette année son prestigieux Prix à "l'Aquarius" et à la très méritoire association "SOS Méditerranée", qui affrète depuis 2016 ce bateau de sauvetage grâce auquel plusieurs dizaines de milliers de vies humaines ont pu être sauvées.

Un tel acte hautement symbolique serait d'autant mieux venu que la décision du Panama, sous la pression du gouvernement d'extrême-droite italien, de retirer son pavillon au navire humanitaire, compromet gravement la poursuite de ses missions si aucun pays ne se résout à l'immatriculer. Gageons que l'hommage du Prix Nobel de la Paix donnerait à ces héros des temps modernes un poids décuplé face aux Etats européens, aujourd'hui plus prompts à livrer les migrants aux pseudo "gardes-côtes" -et vrais criminels- libyens qu'à aider à organiser le secours à leurs victimes !

Plus généralement, un tel choix du Comité Nobel allégerait la chape de plomb du discours anti-migrant -tantôt ouvertement xénophobe, tantôt vicieusement ambigüe- qui s'abat depuis des mois sur une opinion publique en plein désarroi. Il aiderait, par exemple, cette majorité absolue de Françaises et de Français, troublés par la campagne ambiante , mais qui conservent une bonne opinion des ONG qui aident les migrants (1) , à reprendre confiance dans les valeurs humaines et à s'engager plus hardiment dans l'action pour les faire vivre au quotidien. "L'Aquarius est un symbole politique -note avec perspicacité un observateur averti de la société française- (...) Il rappelle d'autres bateaux célèbres, comme "l'Exodus", qui transporta en 1947 des juifs rescapés de la Shoah, ou encore "l'Ile de lumière", navire affrété en 1979 pour secourir les boat people en mer de Chine" (2). On pourrait ajouter le cas, odieux et tragique, du "Saint-Louis" , transportant 938 juifs fuyant l'Allemagne en 1939 à destination de l'Amérique, où ils furent refoulés pour être finalement accueillis, après une longue errance, en Hollande, en France et en Grande-Bretagne. Un tiers de ces réfugiés finira dans les camps de la mort...

Vivement un sursaut ! Sinon, nos descendants risquent de nous voir un jour avec le même regard incrédule mêlé de honte que celui que nous portons aujourd'hui sur les "zoos humains" exhibant jusqu'à la seconde guerre mondiale des hommes, des femmes et des enfants "primitifs" ou "sauvages", arrachés à leur terre africaine, sud-américaine ou australienne pour divertir les visiteurs des pays "civilisés".
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(1) Voir sondage ODOXA (27/9/2018)
(2) Jérôme Fourquet, Directeur du département Opinion de l'IFOP (Le Figaro, 26/9/2018)

 

Sauvons l’Aquarius et le sauvetage en mer

A l'attention des Etats d'Europe

Cette pétition vous est adressée par SOS MEDITERRANEE, Médecins Sans Frontières (MSF)

 

· Une pétition "Sauvons l'Aquarius et le sauvetage en mer" est lancée sur la plateforme WeMove, Vous pouvez la signer en cliquant ici et la faire circuler très largement autour de vous. 
 
· Un appel à rassemblement citoyen est lancé pour le samedi 6 octobre dans de nombreuses  villes européennes (Berlin, Palerme) et déjà des dizaines de villes de France: Paris, Marseille,  Brest, Quimper Concarneau, Morlaix, Montpellier, Lyon, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Saint-Etienne,  Plus d’info sur le site ou sur Facebook
 

Texte de la pétition

En tant que citoyens, nous nous associons à l’équipage de l’Aquarius, le dernier navire civil de sauvetage en mer Méditerranée centrale, pour demander à tous les Etats d’Europe de respecter l’obligation de sauvetage en mer. Cet impératif doit primer sur toute considération d’ordre politique, dans le respect du droit international.

Nous exhortons tous les Etats en Europe à : 

  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de repartir au plus vite mener sa mission vitale de sauvetage,
  • Respecter l’obligation de porter assistance aux personnes en détresse en mer,
  • Assumer leurs responsabilités étatiques en établissant un véritable modèle de sauvetage en Méditerranée.

 

Pourquoi c'est important

L’Aquarius opère en Méditerranée centrale depuis 31 mois, et a secouru 29.523 personnes lors de 230 opérations de sauvetage.

Ces derniers mois, la mission de recherche et sauvetage de l’Aquarius a été l’objet de manœuvres politiques délibérées visant à y mettre fin. Le navire s’est vu retirer deux fois son pavillon en un mois : d’abord par Gibraltar, puis par le Panama. En empêchant l’Aquarius d’opérer, d’autres vies seront perdues aux portes de l’Europe, des vies perdues en silence, alors que l’Europe ferme les yeux.

Pour ces raisons, nous exhortons tous les Etats en Europe à prendre les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de reprendre sa mission vitale de sauvetage au plus vite, en octroyant sans délai un pavillon au navire.

Au cours des derniers mois, les marins et sauveteurs des navires de sauvetage civils ont été témoins de développements politiques en Méditerranée centrale incompatibles avec le droit international et maritime. Les navires de sauvetage civils sont empêchés dans leur mission ; l’obligation de porter assistance en mer n’est plus respectée. La solidarité et l’humanité sont criminalisées, en mer et à terre.

Pour ces raisons, nous exhortons tous les Etats en Europe à respecter l’obligation de porter assistance aux personnes en détresse en mer et à dénoncer les manœuvres visant à criminaliser les sauveteurs et travailleurs humanitaires.

Face à la défaillance des Etats européens à répondre à la tragédie humanitaire en Méditerranée centrale, sur la route migratoire la plus dangereuse au monde, l’Aquarius a poursuivi ses opérations de sauvetage aux côtés d’autres navires de sauvetage. Les moyens de sauvetage font toujours cruellement défaut pour porter secours à celles et ceux qui risquent leurs vies en fuyant la Libye où leurs droits sont systématiquement bafoués. De plus, depuis le mois de juin, il n’existe plus de système opérationnel pour débarquer les rescapés dans un port sûr.

Pour ces raisons, nous exhortons tous les Etats en Europe à assumer leurs responsabilités en établissant un modèle de sauvetage européen en Méditerranée, incluant un mécanisme prévisible et pérenne de débarquement des rescapés dans un port sûr.

Des êtres humains meurent. L’Aquarius, avec le soutien de la société civile, tente de les secourir. Rejoignez-nous en signant cette pétition pour nous aider à défendre les valeurs d’humanité et de solidarité en mer »

SOS MEDITERRANEE organisera le samedi 6 octobre des rassemblements citoyens dans plusieurs villes d’Europe et en France notamment à Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Montpellier, Toulouse, Brest, Bordeaux, Grenoble, Saint-Etienne

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 06:16

Les élus communistes ont dénoncé la communication de Gérard Collomb depuis ce lundi où Gérard Collomb a annoncé avoir proposé sa démission à Emmanuel Macron.

Dans un communiqué, les élus communistes de Lyon ont dénoncé “le bien triste spectacle” donné par Gérard Collomb “depuis 48h” avec son annonce de démission refusée puis sa nouvelle annonce dans les colonnes du Figaro pour confirmer sa démission. “Les Lyonnais peuvent une fois de plus constater que leur vie et leur ville sont le cadet des soucis de leurs principaux édiles”, ont jugé les élus PCF. “Comme son ancien poulain à la présidentielle méprise la République, Gérard Collomb montre combien ses intérêts privés priment sur ceux de notre collectivité, sur ceux des Lyonnais et des grands Lyonnais”, ajoutent-ils.

Lyon n’est pas une petite baronnie médiévale, c’est une grande ville dont les élus devraient consacrer leur énergie à améliorer la vie quotidienne de leurs habitants, à s’attaquer au manque de logements, à accueillir les migrants qui dorment dans nos rues, à développer les services publics... Au lieu de ça, nous assistons une fois de plus à de petits arrangements entre amis pour s’assurer une place au chaud », concluent les élus communistes .

(Lyon Capitale, Justin Boche, 2 octobre) 

Gérard Collomb signe la démission la plus rocambolesque de la Ve République

 

Démission de Gérard Collomb: un triste spectacle selon les élus communistes lyonnais
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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 06:02

 

Neuf organisations de retraités organisent, ce mercredi, des rassemblements à Paris contre les choix du gouvernement conduisant à la baisse du pouvoir d’achat des anciens. Huit ménages sur dix perdront 700 euros en moyenne à l’horizon 2020, selon une étude (*).

Attention, sujet sensible pour le gouvernement. À l’évocation du pouvoir d’achat des retraités, ses membres laissent voir leur malaise. Le 24 septembre, sur France 2, au soir du rendu de la copie budgétaire pour 2019, le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, était au supplice pour tenter de convaincre que les anciens allaient bénéficier d’un surplus de pouvoir d’achat « comme tous les Français » (sic), grâce à « la baisse de la taxe d’habitation ». La réalité est moins reluisante. Neuf organisations de retraités (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR, UNRPA) qui appellent, ce mercredi, à des rassemblements à Paris (lire ci-contre), dénoncent au contraire le choix du gouvernement « d’appauvrir les retraités ». « Après l’augmentation de la CSG au 1er janvier 2018 (…), le premier ministre a annoncé la désindexation des pensions par rapport à l’inflation avec seulement 0,3 % de revalorisation pour 2019 et pour 2020 », soulignent-elles dans un communiqué commun. Cela, alors que la hausse des prix devrait atteindre, ces deux prochaines années, respectivement 1,7 % et 1,8 %, selon la Banque de France, après une augmentation de 2,1 % en 2018.

La CSG va concerner cette année 8,2 millions de retraités

Quant au taux majoré de CSG, qui continuera de s’appliquer l’an prochain, il a concerné cette année 8,2 millions de retraités. Sachant que, selon la direction des études et statistiques du ministère de la Santé (la Drees), le niveau de vie médian des retraités se situe à 1 760 euros par mois pour une personne (c’est-à-dire que 50 % des retraités ont des revenus supérieurs à ce niveau et 50 % des revenus inférieurs), la ponction de CSG atteint 360 euros par an pour un retraité percevant une pension de ce montant. L’an prochain, il faudra ajouter à l’amputation du pouvoir d’achat de ce retraité la part de l’inflation non compensée, soit 295 euros, et même 619 euros en 2020, du fait de l’effet cumulatif des deux années de gel. Bilan de ces deux mesures (CSG et gel des pensions) : un retraité vivant seul avec une pension de 1 760 euros par mois aura perdu 360 euros en 2018, 655 euros en 2019 et 984 euros en 2020, soit 2 000 euros en trois ans. Dans bien des cas, la baisse de la taxe d’habitation (TH) d’un nouveau tiers chaque année d’ici à 2020 (30 % en 2018, 65 % en 2019 et 100 % d’exonération en 2020) ne suffira pas à combler le trou. Ainsi, dans notre exemple, seul un retraité payant au moins 1 025 euros de TH annuelle pourrait équilibrer les pertes et les gains. En comptant une TH plus « réaliste » de 400 euros par an, la perte sera, une fois l’exonération de TH incluse, de 240 euros en 2018, 395 euros en 2019 et 584 euros en 2020, soit 1 220 euros sur trois ans.

Et, logiquement, cette perte ira crescendo avec le montant de la pension. Ainsi, un retraité des deux derniers déciles (les 20 % les mieux lotis), dont le revenu moyen s’élève à 3 726 euros par mois, selon la Drees, perdra, si ce revenu est constitué de pensions de retraite, 760 euros en 2018, 1 384 euros en 2019 et 2 074 euros en 2020, soit 4 218 euros sur trois ans. Pour ce dernier, aucune exonération de TH ne viendra adoucir la facture, puisque les foyers au-dessus de 27 000 euros par an de revenus pour une personne et 43 000 euros pour un couple ne sont pas concernés par cette mesure. Si le gouvernement a certes consenti un geste bienvenu en faveur du minimum vieillesse (833,20 euros mensuels de plafond pour une personne et 1 293,50 euros pour un couple) qui progressera de 100 euros par mois d’ici à 2020 en trois revalorisations annuelles successives (+ 30 euros en 2018, + 35 euros en 2019 et autant en 2020), celui-ci ne concerne que 436 000 bénéficiaires, soit 2,8 % du total des retraités. Les autres se consoleront en échappant à la hausse de la CSG à condition que leurs revenus fiscaux soient inférieurs à 14 404 euros par an pour une personne seule ou, pour un couple, à 22 095 euros. étant entendu que, de toute façon, les retraités déclarant moins de 11 018 euros de revenus annuels pour une personne seule (16 902 euros pour un couple) sont de toute façon exonérés de CSG, tout comme ceux qui touchent moins de 901 euros par mois le sont de la taxe d’habitation. Voilà qui relativise la générosité du gouvernement.

Au final, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui a essayé de faire le tri dans ce maquis fiscal, 8 foyers sur 10 (79 %) comptant au moins un retraité seront perdants de 700 euros en moyenne à l’horizon 2020, du fait des mesures du gouvernement. Étalée sur l’ensemble des retraités, y compris les 21 % de « gagnants » (pour 700 euros également en moyenne par foyer, selon l’OFCE), la perte moyenne s’élèvera à 400 euros par foyer. Autrement dit, ce que perdront les mieux dotés ne sera pas compensé par ce que gagneront les plus modestes : on a bien affaire à un appauvrissement global des retraités. Tout le contraire de la justice sociale, qui exigerait d’élever le niveau de vie général des retraités en appuyant plus fortement sur les plus défavorisés, sans prendre aux revenus moyens ou plus confortables. D’autant que l’OFCE précise qu’il n’a pas tenu compte, dans ses calculs, de l’abaissement des impôts sur le capital et sur le patrimoine, dont le bénéfice, pour le tout petit nombre des retraités très fortunés, pourra être largement supérieur aux pertes imputables à la hausse de la CSG et à la sous-indexation des pensions. Eux restent les vrais gagnants des choix fiscaux du quinquennat Macron.

 

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 06:01
Dominique Vidal

Dominique Vidal

Lire aussi: 

Israël-Palestine: Interview exclusive de Dominique Vidal pour Rouge Finistère, septembre 2018

Orient XXI - 2 octobre 2018 

Tout commence le 5 décembre 2010. Ce jour-là, une importante délégation arrive à Tel-Aviv ; elle comprend une trentaine de dirigeants de l’Alliance des partis européens pour la liberté et les droits civils. Comme son nom ne l’indique pas, cette organisation rassemble… une série de partis d’extrême droite. C’est la première fois depuis sa création que l’État d’Israël accueille une pareille brochette de leaders, dont le Néerlandais Geert Wilders, le Belge Philip Dewinter et le successeur de Jorg Haider, l’Autrichien Heinz-Christian Strache.

Que font en Israël ces néofascistes et souvent négationnistes, voire nostalgiques du IIIe Reich ? Ils participent à un colloque organisé par l’aile droite du Likoud et consacré au combat antiterroriste. Malgré le caractère officieux de l’initiative, le ministre ultranationaliste Avigdor Liberman s’entretient longuement avec le très islamophobe Wilders, qui lui rend la politesse en allant haranguer des colons en Cisjordanie. Selon l’Agence France presse (AFP), l’homme qui rêve d’interdire le Coran aux Pays-Bas a « plaidé contre la restitution de territoires en échange de la paix avec les Palestiniens, proposant l’installation “volontaire” des Palestiniens en Jordanie », puis défendu les colonies juives de Cisjordanie, « petits bastions de la liberté, défiant des forces idéologiques qui nient non seulement à Israël, mais à tout l’Occident, le droit de vivre dans la paix, la dignité et la liberté »

Tout est dit : dans leur « croisade » contre les Palestiniens, la droite et l’extrême droite israéliennes sont prêtes à toutes les alliances, même contre nature. Ce premier pas d’il y a huit ans a été suivi de bien d’autres. Si bien que, désormais, le flirt de Benyamin Nétanyahou et de ses alliés/rivaux israéliens avec tout ce que l’Europe compte de populistes, à commencer par les héritiers du fascisme, a pris des allures de passion durable. Même lorsque les obscurs objets de leur désir dissimulent mal leur antisémitisme. Ces liaisons dangereuses méritent d’être connues, d’autant que, gênés aux entournures, nombre de médias, y compris en France, les taisent.

LE DOUBLE LANGAGE DE VIKTOR ORBAN

La plupart des observateurs savent ce que le premier ministre israélien faisait le 16 juillet 2017 : il écoutait, ravi, Emmanuel Macron déclarer lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv : « Nous ne céderons jamais à l’antisionisme, car c’est la forme réinventée de l’antisémitisme. »Beaucoup ignorent en revanche où il se trouvait le surlendemain : à Budapest, pour courtiser son homologue hongrois Viktor Orban. Et pourtant ce dernier, quelques semaines plus tôt, qualifiait d’« homme d’État exceptionnel »un certain Miklos Horthy de Nagybanya. Régent du royaume depuis 1920, il finit dans la collaboration : il obéit à l’Allemagne nazie, promulgua des lois antisémites et livra finalement à Adolf Eichmann — tout en faisant mine de s’opposer à leur déportation — quelque 430 000 juifs hongrois, pour la plupart gazés dès leur arrivée à Auschwitz. Cette apologie d’un criminel contre l’humanité n’a pas empêché le numéro un hongrois, en visite à son tour à Jérusalem en juillet 2018, de promettre à son hôte « une politique de tolérance zéro envers l’antisémitisme » (L’Express, 19 juillet 2018). Maître ès cynisme, Orban venait, trois mois plus tôt, de remporter les élections législatives au terme d’une campagne centrée sur la dénonciation du milliardaire philanthrope George Soros. Le « complot » prêté par le premier au second — organiser l’installation d’un million de réfugiés par an dans l’Union européenne — découlait, selon le premier ministre, de la pensée « cosmopolite » d’un financier juif évidemment« inféodé aux puissances d’argent », celles de Bruxelles comme de Washington.

Cet antisémitisme à peine camouflé ne constitue pas le seul point commun entre Budapest et Varsovie : les conservateurs se revendiquent dans l’une et l’autre capitale de ce qu’Étienne Balibar a baptisé l’« illibéralisme ». Nationalisme et protectionnisme y riment avec euroscepticisme et catholicisme conservateur.

LIBÉRATION DE LA PAROLE ANTISÉMITE EN POLOGNE

Sur les bords de la Vistule aussi, le Parti droit et justice (Prawo i Sprawiedliwość, PIS) fondé par les frères Kaczynski n’a eu de cesse, depuis son retour au pouvoir en 2015, de liquider les quelques acquis démocratiques, politiques et sociétaux de la Pologne post-communiste : augmentation des pouvoirs de l’exécutif au détriment de ceux du législatif, mainmise sur les médias, encadrement de la justice, durcissement de la loi anti-avortement, refus du mariage homosexuel comme de l’euthanasie, promesse d’un référendum sur la peine de mort, etc. Rien de tout ceci ne dissuade les dirigeants d’Israël de s’acoquiner avec ceux de la Pologne. Même lorsque ces derniers, sans craindre d’aiguillonner l’antisémitisme profondément enraciné dans ce pays, inventent une loi criminalisant la critique de la collaboration avec le IIIe Reich. Le projet prévoit jusqu’à trois ans de prison contre les personnes coupables « d’attribuer à la nation ou à l’État polonais, de façon publique et en dépit des faits, la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis commis par le IIIe Reich allemand (…), de crimes de guerre ou d’autres crimes contre la paix et l’humanité » (Le Monde, 1er février 2018).

Une modification cosmétique de la loi suffira à Nétanyahou pour blanchir son homologue Mateusz Morawiecki dans une déclaration conjointe. Que Yehuda Bauer, un des principaux historiens israéliens de la Shoah, qualifiera de « trahison stupide, ignorante et amorale de la vérité historique sur l’implication polonaise dans l’Holocauste ». Ce réquisitoire reprochait, pour résumer, au texte commun de présenter les Polonais en héros ou en victimes, minimisant leur participation massive aux crimes antisémites

Irresponsable, la trahison du premier ministre israélien n’a pas manqué de se retourner contre les juifs de Pologne : il a alimenté la « libération de la parole antisémite jamais vue depuis 1989 » (Le Monde, 20 avril 2018) que la loi a provoquée. Cette appréciation, le correspondant du Monde à Varsovie la fonde sur une série de faits inquiétants : dérapages médiatiques, caricatures dans la presse, délires sur Internet, pressions ministérielles sur le musée Polin, campagnes de haine contre le directeur du musée d’Auschwitz-Birkenau et contre celui du Centre de recherche contre les préjugés. Ce dernier a déclaré : « Il y a clairement une épidémie de langage de haine qui se propage dans le discours public en Pologne. Celle-ci a commencé avec la crise migratoire de 2015. Depuis, la parole antisémite a bondi, de pair avec la parole antimusulmane et xénophobe. »

UN « DEAL » AVEC LES RÉVISIONNISTES EUROPÉENS

Le cas de la Lituanie est plus douloureux encore que celui de la Pologne : le pourcentage de juifs exterminés pendant la guerre atteint, selon les sources, 95 % ou 97 %. La plupart furent assassinés durant l’année 1941, souvent par des unités de collaborateurs lituaniens — une partie fut même massacrée avant l’arrivée des Einsatzgruppen (groupes d’intervention). Nétanyahou ne peut l’ignorer : sa famille a quitté le pays peu avant le génocide. Et pourtant, lors de sa visite à Vilnius, fin août 2018, il salue les « efforts » de son homologue, Saulius Skvernelis en matière de commémoration de la Shoah. « Il n’y a jamais eu de réaction israélienne à la distorsion de la Shoah,rétorque Ephraïm Zuroff, du Centre Simon Wiesenthal. Il n’y a rien eu. Nada. Gornisht [rien en yiddish]. Les Lituaniens peuvent dire absolument tout ce qu’ils veulent, ils peuvent glorifier des gens qui ont assassiné des juifs » (The Times of Israel, 24 août 2018). À condition, faut-il préciser, qu’ils jouent, comme les Lettons et les Estoniens, les avocats de Tel-Aviv au sein de l’Union européenne.

Voilà le deal. Nétanyahou l’avait d’ailleurs avoué avant de s’envoler pour Vilnius : « Je souhaite parvenir à un équilibre dans les relations pas toujours amicales de l’Union européenne envers Israël » (Le Figaro, 23 août 2018). Et de détailler son mode d’emploi : « Je le fais par des contacts avec des blocs de pays de l’Union européenne, des pays d’Europe de l’Est et maintenant avec des pays baltes et d’autres pays bien sûr. » Il s’agit de réduire l’isolement diplomatique de l’État d’Israël, que la radicalisation de son gouvernement risque de rendre infréquentable, sauf pour Donald Trump. Au centre de cette stratégie figure le groupe de Visegrad, que dirigent, désormais, des populistes de droite (Pologne, Hongrie, Tchéquie) ou de gauche (Slovaquie) et sur lesquels Israël compte pour infléchir la politique proche-orientale de Bruxelles, déjà très peu critique vis-à-vis de Tel-Aviv.

L’ENTHOUSIASME DES NÉOFASCISTES

À l’ouest, Tel-Aviv jette aussi ses filets. Plus les néofascistes progressent, et plus ils l’intéressent. Avec des résultats significatifs. Le jeune chef de la Ligue italienne est revenu enthousiaste d’un voyage en Israël en 2016. Deux ans plus tard, à la veille des élections qui l’ont porté au pouvoir, il déclarait :« J’éprouve une grande estime et un profond respect pour la force de résilience d’Israël qui vit dans une région aussi difficile » (LPH Info, 25 février 2018). Et d’annoncer que, victorieux, il modifierait la politique de l’Italie vis-à-vis d’Israël dans les institutions internationales et reconsidèrerait l’aide financière italienne à des institutions telles que l’Unesco « qui se plaît à l’attaquer ».

Même un leader de la droite dure suisse comme Oscar Freysinger, l’inventeur de la « votation » sur l’interdiction de la construction de minarets en novembre 2009, se laisse aller au lyrisme : « Si Israël disparaissait, nous perdrions notre avant-garde. (…) Aussi longtemps que les musulmans sont concentrés sur Israël, le combat n’est pas dur pour nous. Mais aussitôt qu’Israël aura disparu, ils viendront s’emparer de l’Occident »

Les succès électoraux de l’Alternative für Deutschland (AFD) ont suscité des réactions contradictoires à Tel-Aviv. Car, si la présidente du parti, Beatrix von Storch, ne perd pas une occasion de souligner son soutien à Israël dans le combat commun contre l’islamisme4, d’autres dirigeants multiplient les provocations, douchant toute velléité de dialogue. Ainsi Alexander Gauland, l’un des deux porte-parole, a-t-il expliqué que les Allemands pouvaient être « fiers » du combat de leurs soldats pendant la guerre, regrettant la façon dont la République fédérale allemande (RFA) « appréhende sa responsabilité dans l’Holocauste et dans les relations spéciales entretenues avec Israël ».

Ancien ministre et chef du Mossad, rendu célèbre par l’enlèvement d’Eichmann, Rafi Eitan n’a, lui, pas éprouvé d’état d’âme en saluant l’AFd : « Chacun de nous, en Israël, apprécie votre attitude envers le judaïsme, a-t-il assuré. Je suis sûr que, si vous travaillez avec force et, plus important, de manière réaliste, au lieu de représenter une “Alternative pour l’Allemagne”, vous pourriez devenir une alternative pour toute l’Europe » (Times of Israel, 4 février 2018). Et de prôner la fermeture des frontières « dans les meilleurs délais pour empêcher l’immigration musulmane »

EN AUTRICHE, L’ENFER EST PAVÉ DE BONNES INTENTIONS

Seul le Rassemblement national (RN, ex-FN) reste encorepersona non grata en Israël, même si le compagnon de Marine Le Pen a séjourné en Israël. Mais le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, répète :« Le gouvernement israélien n’a pas de contact avec le Front national, étant donné l’idéologie et l’histoire de ce parti » (Times of Israel, 4 février 2018). En revanche, la question des relations avec le Parti de la liberté autrichien (Freiheitliche Partei Österreichs, FPÖ) se pose en coulisses : un député du Likoud, l’ultranationaliste Yehuda Glick, a même rendu visite au parti qui a failli arracher la présidence de la République et appelé ses collègues au dialogue.

À défaut de se compromettre officiellement avec les successeurs de Jorg Haider, Israël invite en juin dernier le chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui dirige une coalition incluant les néonazis. Provocateur, le jeune homme visite Yad Vashem et ne craint pas d’y déclarer : « En tant que chancelier d’Autriche, je reconnais que l’Autriche et les Autrichiens portent un lourd fardeau (...) Nous, Autrichiens, savons que nous sommes responsables de notre propre histoire » (La Croix, 8 juin 2018). Cet évident mensonge provoque même un incident avec sa guide, une juive d’origine autrichienne. Devant les caméras de télévision, Deborah Hartmann fait observer à Sebastian Kurz que le FPÖ compte encore des politiciens « qui ont besoin qu’on leur explique ce qu’était la Shoah ». Qui doit s’excuser ? Le Mémorial de Yad Vashem ! Car, dès son entrée en fonction, le chef de gouvernement avait annoncé que « dans son programme, [il voulait] approfondir les relations bilatérales avec Israël » (The Times of Israel, 22 juin 2018). Ces bonnes intentions — dont on sait néanmoins que l’enfer est pavé — lui valurent d’être promu par Nétanyahou « véritable ami d’Israël et du peuple juif »...

« VOTRE FASCISTE JABOTINSKY »...

« Qu’importe qu’ils soient antisémites pourvu qu’ils soient sionistes » : tel pourrait être le fil rouge de la « drague » ostensible, voire ostentatoire, à laquelle se livre le premier ministre israélien dans les milieux populistes et néofascistes européens. Mais on aurait tort de réduire ces manœuvres à l’expression d’une simple realpolitik. Car elles relèvent aussi de sa génétique personnelle et politique. Personnelle, car son père, Benzion Nétanyahou, a toujours milité aux côtés du leader révisionniste Zeev Jabotinsky dont il fut même, un temps, l’assistant. Politique, car les ancêtres du Likoud, l’Irgoun, le Betar et le Lehi fricotèrent avec le fascisme et le nazisme.

À force de rabâcher que le mufti de Jérusalem, Amin Al-Husseini, a rejoint (seul) Berlin et créé deux légions SS(bosniaques), on finirait par oublier que le Lehi, en tant que tel, proposa en 1941 une alliance au IIIe Reich. Et que le Betar, puis l’Irgoun, dès les années 1920, bénéficièrent du soutien politique et matériel de Benito Mussolini, qui appréciait Jabotinsky : « Pour que le sionisme réussisse, estimait le Duce, il vous faut un État juif, avec un drapeau juif et une langue juive. La personne qui comprend vraiment cela, c’est votre fasciste, Jabotinsky ».

Voilà les gens qui, toute honte bue, osent accusent d’antisémitisme quiconque critique leur polit

Dominique Vidal

Journaliste et historien, auteur de Antisionisme = antisémitisme ? (Libertalia, février 2018).

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 06:00

 

À la suite du Brexit, la Commission européenne a choisi de revoir le tracé des corridors maritimes bordant le continent, en ne retenant aucun port français. Des députés communistes et la CGT montent au créneau.

Les vagues provoquées par le Brexit n’ont pas fini d’être utilisées par les instances de l’Union européenne pour libéraliser et désorganiser l’économie et l’activité des pays membres. Cette fois, la lame touche les ports français. En effet, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), entamée le 29 mars 2017, a conduit la Commission européenne à modifier les trajets des navires marchands dans les océans et les mers qui entourent le continent. Une révision censée éviter d’isoler l’Irlande de la partie continentale de l’UE. C’est ce qu’a annoncé le 1er août dernier Violeta Bulc, la commissaire européenne aux Transports, en présentant le projet de modification du corridor du réseau central transeuropéen entre la mer du Nord et la Méditerranée. Sauf que, si de nouvelles liaisons sont ajoutées entre les ports irlandais de Dublin et Cork et les ports belges de Zeebrugge et Anvers ou encore celui de Rotterdam (Pays-Bas), aucun port français n’est prévu dans ce nouveau plan. Une situation que dénoncent les députés communistes Jean-Paul Lecoq et Pierre Dharréville dans une lettre au premier ministre. Relayant « la stupéfaction et l’incompréhension de la communauté maritime et portuaire nationale », les parlementaires, dont les circonscriptions comprennent notamment les ports du Havre et de Marseille-Fos-sur-Mer, rappellent l’évidence : « Il suffit de prendre une carte pour s’apercevoir que vouloir créer des corridors maritimes entre les ports irlandais et les ports belges et néerlandais en écartant nos ports nationaux (…) constitue un non-sens. »

« Affaiblir économiquement la Grande-Bretagne pour la punir du Brexit en misant sur l’Irlande »

Xavier Bertrand, président (LR) du conseil régional des Hauts-de-France, dont les ports de Calais et de Dunkerque sont également exclus du nouveau corridor, a également réagi, estimant que « la Commission européenne doit revoir sa copie et le gouvernement réagir ». Un risque pour les ports français de regarder passer les navires plutôt que de les voir accoster, et ce, alors que l’efficacité y est parfois supérieure aux autres places portuaires. C’est le cas au Havre, qui traite 23 conteneurs à l’heure, contre 16 seulement pour le port de Rotterdam, pourtant automatisé en grande partie. Jean-Paul Lecoq y voit aussi une volonté d’« affaiblir économiquement la Grande-Bretagne pour la punir du Brexit en misant sur l’Irlande et en faisant de ce pays une plateforme portuaire majeure reliée à des autoroutes maritimes vers le cœur de l’Europe ». Un « jeu dangereux », juge le député havrais, « parce qu’ici ce n’est pas l’intérêt général qui prime, celui des États membres et des peuples de l’Union, mais un intérêt économique, de guerre économique, de dumping économique ». Si Pierre Dharréville et lui se sont associés avec d’autres députés pour saisir la commissaire européenne et lui réclamer d’intégrer les ports français au corridor, ils ont également demandé à Édouard Philippe de quelle façon une telle proposition a pu être élaborée sans que le gouvernement et la communauté portuaire n’y soient associés. En outre, comment ce dernier a-t-il pu ne pas voir que le financement des ports français par l’Europe dans le cadre des investissements prévus pour le futur réseau transeuropéen de transport (RTE-T) serait remis en cause ?

Des marchandises qui devront être acheminées par route avec un impact écologique désastreux

Pour Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la fédération CGT des ports et docks, la réponse est à chercher du côté du lobbying exercé à Bruxelles par « des places portuaires qui ont déjà bénéficié largement des aides de l’Europe ». Il y a dix ans, le port de Rotterdam bénéficiait déjà de 900 millions d’euros de fonds européens alors que les ports français devaient se partager seulement 174 millions d’euros. Le syndicaliste pointe aussi l’inertie du gouvernement, auquel la CGT réclame la création d’un véritable ministère de la Mer, afin de « promouvoir une politique d’investissement ambitieuse et à la hauteur du statut de la France et de sa particularité géographique ». Le gouvernement préfère orienter l’économie sur le tourisme, plutôt que de valoriser ses atouts industriels, dont les ports sont une pièce maîtresse, selon Serge Coutouris. Certains petits ports français seraient même mis en danger, et avec eux « toute l’économie du territoire environnant », fait-il remarquer. L’inquiétude est d’autant plus grande que les marchandises, qui devront être acheminées par route des ports belges et néerlandais vers la France au lieu d’y arriver directement par bateaux, auront un impact écologique catastrophique. Dans un communiqué commun, la CGT des ports et docks et celle des douanes sollicitent elles aussi le gouvernement et réclament qu’il obtienne des modifications de ce projet, exprimant leur refus de « subir les conséquences de décisions des technocrates de l’Europe sous le diktat des lobbyings ». Chez les travailleurs portuaires et dockers, la date de la mobilisation du 9 octobre sera un premier pas pour faire entendre la voix des ports et de ceux qui les font vivre.

 

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