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La députée kurde Leyla Güven entre la vie et la mort
le gouvernement français doit intervenir auprès d’Erdogan
En Turquie, la députée kurde du HDP (Parti démocratique des peuples ), emprisonnée depuis plus d’un an, a entamé une grève de la faim le 7 novembre 2018, soit depuis 76 jours. Ces dernières heures, son état s’est détérioré de façon dramatique. Elle a perdu la vue et se trouve maintenant dans le coma. Selon le HDP, 226 prisonniers politiques ont rejoint à ce jour le mouvement de grève de la faim initié par Leyla Güven pour briser l’isolement imposé à Abdullah Öcalan. En France, notamment à Strasbourg et à Paris, des militants kurdes sont également en grève de la faim. Ils dénoncent les conditions de détention des prisonniers politiques en Turquie.
Leyla Güven avait été arrêtée pour avoir dénoncé l’agression de la Turquie contre le canton d’Afrin au Rojava (Kurdistan de Syrie), elle est entre la vie et la mort.
Le MRAP demande au gouvernement français d’intervenir d’urgence auprès d’Erdogan pour obtenir la libération de Leyla Güven, la fin de l’isolement d’Ocalan.
Il réitère son entière solidarité au peuple kurde.
Paris, le 22 janvier 2019
Fabien Roussel a présenté hier, lors de ses vœux, l’agenda d’un PCF déterminé à « tout faire pour que la voix des citoyens ne soit pas étouffée ».
Place du Colonel-Fabien, hier, la tonalité se voulait offensive. Fabien Roussel y a délivré devant la presse et une série de personnalités – dont l’ambassadeur du Venezuela, des responsables de la CGT, de la FI, de Génération.s ou encore d’associations – ses premiers vœux en tant que secrétaire national du PCF. La politique du « président des ultrariches » en a pris pour son grade. « Notre jeune président semble encore scotché aux vieux dogmes du capitalisme. Sauf que son aveuglement conduit notre pays dans l’impasse et fait monter une colère qui aujourd’hui explose », devait pointer le député du Nord, dont la formation soutient le mouvement des gilets jaunes comme l’appel à la mobilisation lancé par la CGT pour le 5 février.
Mais pour les communistes, outre la politique présidentielle, un responsable est à désigner : le coût du capital. Alors que le dernier rapport annuel d’Oxfam démontre que les 26 personnes les plus riches de la planète détiennent autant d’argent que la moitié la plus pauvre, Fabien Roussel tacle : « Tout le monde s’en offusque, tout le monde trouve ça scandaleux, mais aucun de ceux qui se réuniront à Davos ou des patrons étrangers réunis à Versailles ne proposera d’inverser la tendance ! » Face au refus du gouvernement de revenir sur l’ISF ou aux « mesurettes » telles que la taxe sur les Gafam défendue par Bruno Le Maire, le PCF entend donner de l’écho aux exigences de justice fiscale, sociale et démocratique, propositions concrètes à la clé, a promis son nouveau responsable. Réorientation des aides publiques versées aux entreprises, progressivité de l’impôt sur les sociétés, taxation à la source des bénéfices des multinationales, mise en place d’une véritable liste française des paradis fiscaux, référendum d’initiative populaire, moratoire sur la fermeture des services publics figurent parmi les mesures déjà déposées à l’Assemblée. Et pas question non plus de laisser au gouvernement les conclusions du grand débat.
Le programme des premiers mois de 2019 est d’ores et déjà chargé : dès la mi-février, les signatures de la pétition pour le pouvoir d’achat initiée en novembre seront déposées dans les préfectures, des « cahiers d’espoirs » seront remplis, des rencontres et débat seront organisés. Pour le chef de file des communistes, il s’agit, devait-il dire hier soir, de « tout faire pour que la voix des citoyens ne soit pas étouffée par le gouvernement ni instrumentalisée par des forces d’extrême droite qui rêvent de faire grandir leurs idées nauséabondes. (...) Dans les prochaines semaines, les priorités des Françaises et des Français doivent rester au cœur du débat, et ces priorités ce sont le pouvoir d’achat, l’évasion fiscale, la justice sociale ». Et d’annoncer à la presse : « À la mi-mars, nous vous donnerons rendez-vous pour remettre au gouvernement le compte rendu de ces rencontres, les synthèses de ces cahiers et les propositions de loi qui les accompagneront. » Quant aux élections européennes, « elles doivent être l’occasion de faire monter les mêmes exigences qui s’expriment en France depuis des mois », assure Fabien Roussel, qui devait dévoiler le slogan de campagne du PCF, « Pour l’Europe des gens, pas pour celle de l’argent ».
S’il regrette que les discussions à gauche n’aboutissent pas en vue d’une liste commune, l’élu a confirmé que la liste du PCF, présentée à son conseil national ce week-end, sera dévoilée en intégralité lors d’un meeting à Marseille le 5 février. Marie-Hélène Bourlard, syndicaliste ouvrière, figure du film Merci patron !, y apparaîtra juste après la tête de liste Ian Brossat.
" À l'occasion de ma venue dans le Loiret, j'ai eu l'occasion d'échanger avec des salariés d'Amazon.
L'un des plus gros sites français d'Amazon est en effet situé à Saran, à deux pas de la salle où nous tenions meeting.
Je reviendrai prochainement plus en détails sur nos échanges. Il y a beaucoup à dire sur les conditions de travail, l'optimisation fiscale" Ian Brossat
L'Humanité annonce aujourd'hui, reprenant le rapport d'OXFAM, que "le PDG d'Amazon, Jeff Bezos, est le milliardaire qui a vu sa fortune exploser le plus. Avec une hausse de 39 milliards sur un an, il atteint les 112 milliards, ce qui fait de lui l'homme le plus riche du monde. "1% seulement de sa fortune équivaut au budget total de la santé de l'Ethipie, un pays de 105 millions d'habitants", pointe le rapport d'OXFAM.
Article La Nouvelle République - 21 janvier 2019 à l'occasion de la venue de Ian Brossat dans le Loiret et à St Pierre des Corps
Le chef de file des communistes aux élections européennes était hier à Saint-Pierre-des-Corps pour défendre “ l’Europe des gens ; pas celle de l’argent ”.
| 10h | Brest -Rassemblement Place de la Liberté puis Manif vers le lieu de l’AG - Maison du Peuple salle 1 |
| Quimper - Rassemblement Place de la Résistance puis Manif vers le lieu de l’AG - Halles St François |
Communication du SNES-FSU:
Jeudi prochain 24 janvier, le SNES-FSU avec les organisations syndicales SNEP, SNUEP, SNETAP de la FSU, CGT Éduc’action, Sud Éducation, SNCL FAEN, CGT AGRI, SIES et avec les organisations lycéennes UNL et FIDL appellent les collègues du second degré à cesser le travail.
Le retrait de la réforme des lycées, du baccalauréat et de Parcoursup, l’abandon du projet de service national universel, l’arrêt des suppressions de postes, l’augmentation des salaires, le respect de la liberté d’expression et de manifestation (lire ici l’appel intersyndical national).
Le SNES-FSU Bretagne souhaite aussi dénoncer plus particulièrement la volonté du Ministre de museler les enseignants, la publication prochaine du décret pour 2 HSA obligatoires, la situation dans les collèges et lycées de l’académie (voir le tract académique ici).
Les DGH sont arrivées dans les collèges et lycées. Les effectifs remontent dans l’académie qui perd pourtant 123 postes (*) en équivalent temps plein. Les suppressions de postes, les sur-effectifs par division, les pressions aux HSA dégraderont les conditions de travail autant en collège qu’en lycée. Dès cette année, de nombreux collègues pourraient perdre leur poste ou subir un service partagé entre deux établissements. La grève de jeudi doit permettre à tous les établissements de s’organiser pour dénoncer les conditions de rentrée 2019 en plus des effets catastrophiques de la réforme du lycée. La rectrice présidera le lundi 28 janvier le CTA (comité technique académique) pour présenter les conditions de rentrée : les représentants élus du SNES porteront toutes vos demandes, n’hésitez pas à communiquer toutes informations utiles et vos motions. La mobilisation peut permettre de récupérer des moyens et éviter des suppressions de postes. (*) document du CTA du 28/01/19
Les éléments de langage n’y font rien : plus le ministre parle de bienveillance et se prétend « le ministre des professeurs », plus les personnels ressentent un mépris profond à leur égard.
Non aux suppressions de postes ! Non aux réformes du Bac et du lycée !
Toutes et tous en grève le 24 janvier !
Rendez-vous sur la page de l'évènement : https://www.facebook.com/
et sur le site https://stopmepris.fr/
Carte tirée de l'US n°785 :https://www.snes.edu/IMG/
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François-Xavier Bellamy, la tête de liste des Républicains (ex UMP) aux élections Européennes du 26 mai prochain, catholique conservateur, proche de la Manif pour tous, s'est déclaré hostile à l'IVG et au droit à l'avortement. Peu de temps auparavant, Laurent Wauquiez, qui n'en finit pas de mordre sur les plates bandes de l'extrême-droite, s'était déclaré hostile à la PMA en la comparant à l'eugénisme pratiqué par les Nazis.
Cette droite est-elle encore républicaine? En tout cas, le virage à droite toute de Wauquiez fait pour l'instant les affaires de Macron car la liste LR est créditée de pas plus de 10% des intentions de vote aux Européennes, Macron devenant le candidat naturel de la bourgeoisie, du centre-droit libéral.
Vœux : Discours de Fabien Roussel (PCF)
Vous trouverez ci-dessous le discours* de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, à l'occasion de la présentation de ses vœux hier, lundi 21 janvier.
*Seul le prononcé fait foi
« Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et messieurs représentants des organisations,
Mesdames et messieurs les journalistes,
Mesdames et messieurs qui êtes présents ou qui nous regardez,
Cher·e·s ami·e·s, cher·e·s camarades,
Je veux d'abord présenter à chacune et chacun d'entre vous mes meilleurs vœux de bonheur, de réussite et d'épanouissement personnel pour vous et vos proches.
Beaucoup de bonheur, de santé et d'argent dans le porte monnaie.
Revenons quelques instants sur cette année 2018 qui a été une année exceptionnelle à plus d’un titre.
Elle a été illuminée par la victoire des Bleus en Coupe du monde et par celle des handballeuses au Championnat d’Europe.
Elle nous a apporté aussi des larmes.
A nouveau, la France a subi des attentats, à Carcassonne et à Trèbes, à Paris et à Strasbourg.
Nous avons pleuré des victimes, salué le courage du colonel Arnaud Beltrame, rendu hommage aux forces de sécurité.
2018 a été aussi l'année des records.
C’est l’année la plus chaude de notre histoire contemporaine : la fonte des glaces n’a jamais été aussi importante et si rien n’était mis en œuvre pour la stopper, le niveau de la mer pourrait monter de 52 mètres.
Alors on peut toujours chanter quand la mer monte, mais elle monte et rien n’est fait pour la stopper !
Ce constat devrait imposer aux pays les plus industrialisés de révolutionner leur mode de production, leur mode de consommation et d’adapter les financements publics aux besoins pour relever les défis climatique et écologique.
Dans le même registre: l’année 2018 ayant été la plus chaude, elle fut aussi l’année des coups de foudre.
Rien à voir avec le cœur.
C’est l’année au cours de laquelle, il y a eu le plus d’éclairs dans le ciel de France: 724 953 éclairs et 296 jours d’orages.
Pas étonnant qu'il y ait eu de l'orage dans l'air !
Tout au long de l’année 2018, la colère est montée, de partout.
Chez les retraité·e·s d’abord, confrontés à la hausse de la CSG puis à la désindexation des pensions, qui ont entraîné des pertes de 30 à 100 euros par mois.
Mais la colère est montée aussi chez les salarié·e·s du privé, ceux des usines notamment qui réclament juste un vrai salaire et des conditions de travail correctes, des personnels pénitentiaires, des blouses blanches des hôpitaux, des personnels des EPHAD, des enseignants, des agriculteurs, des pompiers, des salarié·e·s de l’énergie, des élu·e·s locaux, des robes noires de la justice…
Nous étions, nous aussi, porteurs de ces colères avec notre tour de France des hôpitaux, aux côtés des coursiers des plateformes numériques avec le collectif « Pédale et tais toi » ou encore avec la marche des Hauts de France pour l’emploi, pour les salaires, le 9 juin dernier à Paris.
Nous avions été reçus par le Premier ministre qui nous a répondu: « Nous n’augmenterons pas le smic, nous ne baisserons pas la CSG, nous ne rétablirons pas l’ISF. »
Je pourrais citer les mobilisations soutenues par des intersyndicales très larges comme celles des cheminots, ou celles des étudiant·e·s, lycéens et lycéennes contre Parcoursup.
Il y a eu les formidables mobilisations pour la défense des droits des femmes, contre les violences sexistes, pour l’égalité des conditions de travail.
A ce propos, on ne le répétera jamais assez :
l’écart de salaire entre les hommes et les femmes , à poste égal, est chez nous de 18,6% selon l’INSEE, quand la moyenne en Europe est de 16,2% (selon Eurostat).
Comment ne pas comprendre que les femmes sont à la pointe des mobilisations des Gilets Jaunes :
ce sont elles qui souffrent le plus de la précarité, des reculs sociaux et sociétaux.
Jamais le Président des riches n’a voulu écouter ces exigences de dignité.
Jamais il n’a tenu compte des organisations syndicales, des organisations de jeunesse, des associations féministes, des forces politiques qui, parfois unies très largement, l’alertaient sur l’indécence de sa politique.
Une politique exclusivement tournée vers les ultrariches.
Notre jeune président semble encore scotché aux vieux dogmes du capitalisme. Sauf que son aveuglement conduit notre pays dans l’impasse et fait monter une colère qui aujourd’hui explose, déborde.
C’est pourquoi nous sommes de toutes ces mobilisations. Les militants et militantes communistes sont présents également dans les rassemblements et les manifestations organisés par les Gilets Jaunes et ils continueront d’y participer à chaque fois que cela sera possible.
Nous sommes aussi présents dans les entreprises, avec les organisations syndicales, pour pointer la responsabilité du MEDEF qui en veut toujours plus et pour exiger des hausses de salaires. Et c’est pourquoi nous soutenons aussi la journée d’action du 5 février à l’appel de la CGT.
La révolte populaire qui traverse notre pays depuis des semaines est profonde. Elle remet au centre du débat la lutte des classes. Les classes populaires comme les classes moyennes se rebellent, avec raison. Elles en ont marre d’être les vaches à lait d’un système qui fait peser les efforts sur les mêmes alors que les plus riches sont de moins en moins mis à contribution.
Cette révolte, elle fait également le lien entre écologie et justice sociale. Elle refuse une taxe carbone arbitraire mais réclame plutôt une taxe sur le kérosène et les grands groupes pétroliers, ainsi que des transports collectifs gratuits.
Attention, le couvercle de la cocotte explose !
Et s’il saute ce couvercle, c’est parce que jamais le capital n’a coûté aussi cher à la société, jamais les plus riches n’ont atteint de tels niveaux de richesse.
Dans son rapport annuel sur les inégalités mondiales, Oxfam souligne que les 26 personnes les plus riches détiennent autant d’argent que la moitié la plus pauvre de la planète, soit 3,8 milliards d’êtres humains.Tout le monde s’en offusque, tout le monde trouve ça scandaleux, mais aucun de ceux qui se réuniront demain à Davos, ou les patrons étrangers réunis aujourd'hui à Versailles ne proposeront d’inverser la tendance!
C’est bien pour cela qu’il faut leur prendre le pouvoir !
La richesse des plus riches, toujours selon l’ONG, a augmenté au rythme de 2,5 milliards de dollars par jour alors que celle de la plus pauvre a chuté de 11%. Et si le nombre de milliardaires a doublé depuis la crise financière, c’est parce qu’ils bénéficient de taux d'imposition les moins élevés depuis des décennies. Parallèlement, la courbe du chômage s’est elle redressée ? Les craintes d’une crise financière se sont- elles éloignées ? Bien sûr que non. Au contraire, jamais la planète n’a été aussi proche d’un nouveau krach.
En France, nous vivons les mêmes évolutions. Nous sommes champions d’Europe des dividendes versés aux actionnaires avec un record de 57,4 milliards d’euros. Et nous sommes devenus vice-champions d’Europe par le nombre de millionnaires: 629 000 millionnaires exactement qui détiennent un patrimoine de 1 532 milliards d’euros.
1 532 milliards d’euros ! Ce sont eux qui ne payent plus l’impôt sur la fortune, ne payent plus de taxe sur les dividendes !
Et puis il y a les Google, Lactalis, LVMH MacDonald’s, Apple, Starbucks et toutes ces multinationales qui utilisent les paradis fiscaux pour payer le moins d’impôts possible.
Ces multinationales paient entre en moyenne 8% d’impôts quand nos PME en paient entre 15% et 31% ! C’est l’inverse qu’il faudrait faire et c’est pour cela que nous faisons nôtre ce slogan des Gilets Jaunes : « Que les gros payent gros et que les petits payent petit ».
A ce sujet, je vais vous raconter une anecdote. Voilà ce que les dirigeants de Google France nous ont dit le 8 janvier dernier. Nous étions venus les voir en délégation, avec Ian Brossat, Pierre Laurent et Fabien Gay, après avoir appris que le groupe avait une nouvelle fois échappé à l’impôt en 2018. Pour pas moins de 20 milliards ! Une somme démentielle qui s’ajoute, à celles déjà exfiltrées aux Bermudes en 2015, en 2016, en 2017…
Eh bien, face à nous, les dirigeants de Google ont joué franc jeu : oui, pour pratiquer l'évasion fiscale, ils profitent bien des failles juridiques du système, maintenues avec la complicité de certains États et de l’Union européenne, pour payer le moins d’impôts possible. C’est à la France et à l'Union Européenne, ont-ils insisté, d’adopter des règles suffisamment strictes. A ce moment-là, ils s’y plieront sans problème.
Ils nous ont dit aussi, non sans ironie, concernant le CICE, qu’ils préféraient ne pas percevoir cette aide publique car ils n’en n’ont pas besoin…mais comme le versement se fait automatiquement, ils ne peuvent pas le refuser !
Allons-nous continuer à verser des aides publiques à des entreprises qui n’en n’ont pas besoin ?
C’est le sens des propositions de loi que nous avons déposées à l’Assemblée et au Sénat pour une réorientation des aides publiques versées aux entreprises, tel que le CICE, pour la progressivité de l’impôt sur les sociétés, pour la taxation à la source des bénéfices des multinationales, pour une véritable liste française des paradis fiscaux.
Il est temps de changer de braquet sur cette question et d’aller beaucoup plus loin que des mesurettes, telle que la taxe GAFA ou des listes bidons de paradis fiscaux.
Des milliards d’euros échappent chaque année à l’impôt et manquent au budget de l’État français. Concrètement, ce sont des hôpitaux en souffrance, des routes moins bien entretenues, des ponts qui peuvent s’effondrer, des écoles que l’on ne construit pas, des communes moins bien dotées, des services publics sacrifiés…
Pendant que les multinationales s’affranchissent de leurs obligations fiscales, la France propose de fermer la maternité de CREIL qui réalise 1 500 naissances annuelles !! Nous appelons à la mobilisation la plus large pour sauver cette maternité et pour que s’applique un moratoire sur la fermeture de tous les services publics.
En décidant un tel moratoire, le Président de la République ferait un geste fort pour renouer le dialogue et restaurer la confiance.
Car oui les Français ont perdu confiance dans leurs représentants. Ils ne veulent plus de cette démocratie par intermittence, dont le mot d’ordre pourrait se résumer ainsi: vote tous les cinq ans et tais-toi ! Pour subir, quinquennat après quinquennat, les même politiques exigées par le grand patronat et les marchés.
Pour notre part, nous n’avons jamais eu peur du peuple ni de son expression.
C’est d’ailleurs dans cet esprit qu'en juillet 2017, nous avions porté le principe d’un Référendum d’Initiative Populaire.
Ce « RIP » pourrait être activé dès l’obtention de 500 000 signatures et permettrait de proposer des lois ou d’en abroger d’autres après une année de mise en œuvre.
Nous avions aussi alors précisé qu’un tel référendum ne pourrait pas remettre en cause des droits acquis, des droits fondamentaux, le droit des femmes à l'IVG, ou le mariage pour tous par exemple, sans parler de l’aggravation des discriminations des personnes LGBTI.
Il ne pourrait pas non plus contrevenir à des conventions internationales protégeant les Droits de l’Homme ou garantissant les droits du travail reconnus par l’Organisation internationale du travail.
Au-delà du référendum, c’est une révolution démocratique qu’il nous faut mener.
Multiplier les référendums c’est bien, mais il faut aller jusqu’au bout.
Il faut mettre fin à ce présidentialisme qui étouffe la représentation nationale et redonner au Parlement la place première qui devrait être la sienne.
La question n’est pas de réduire le nombre d'élu·e·s mais au contraire de donner plus de pouvoir aux citoyens et citoyennes, plus de pouvoirs aux salarié·e·s y compris pour intervenir sur les choix de leurs entreprises.
Au total, vous l’avez compris, c’est bien en faveur d’une VIe République que nous plaidons, et depuis longtemps ! Nous avons d’ailleurs été les premiers à le faire.
Et puisque j'en suis à parler démocratie, un mot sur votre profession, mesdames et messieurs les journalistes. C'est dur d’être journaliste aujourd'hui, sous toutes les latitudes. S'en prendre à vous, dans des manifestations par exemple, ici en France…
Réduire votre capacité d'informer, comme le font certains régimes y compris en Europe… C'est s'en prendre à la liberté et cela nous ne l'accepterons jamais !
Tout comme nous n'accepterons jamais la violence d'où qu'elle vienne.
Il ne faudrait pas qu'au nom de violences commises par quelques individus, le gouvernement tente de remettre en cause le droit de manifester.
Pour sortir de la crise, le Président de la République propose un Grand débat national ! Ça tombe bien, nous avons tant de choses à dire à ce président en froid avec les Gaulois réfractaires !
Et nous y participons !
Au Parti Communiste, nous avons fait le choix de lancer une grande campagne pour le pouvoir d’achat, dès le mois de novembre.
Dans plusieurs départements, nous irons, dés la mi-février, déposer les pétitions dans les préfectures.
Nous proposons également, là où c’est possible, de faire remplir des cahiers d’espoir, pour que les gens puissent s’exprimer, sans tabou.
Nous organiserons des rencontres, des débats.
Nous voulons tout faire pour que la voix des citoyens ne soit pas étouffée par le gouvernement ni instrumentalisée par des forces d’extrême droite qui rêvent de faire grandir leurs idées nauséabondes. Ce ne sont pas nos compatriotes issus de l’immigration, qui sont responsables de la crise, ni le migrant qui fuit les guerres ou les catastrophes climatiques. Ce n’est pas à cause d’eux que les salaires stagnent, que les pensions baissent. C’est bien à cause de ce système financier que nous combattons de toutes nos forces.
Dans les prochaines semaines, les priorités des Françaises et des Français doivent restées au cœur du débat, et ces priorités ce sont le pouvoir d’achat, l’évasion fiscale, la justice sociale.
Elles doivent donc faire l’objet de propositions concrètes !
Le président veut un débat sans tabou ? Ok, mais nos concitoyens ne veulent pas d’un débat sans espoir !
Pour le moment, 75% des Français craignent que le gouvernement ne traduise pas en actes ce qui se dira durant les réunions. C’est dire l’ampleur du défi et le danger encouru en cas d’échec, pour le pouvoir bien sûr, mais aussi pour le pays tout entier.
Voilà pourquoi, nous communistes, mettrons sur la table des questions pour un meilleur partage des richesses, sur l’évasion fiscale, pour la hausse des salaires et notamment du SMIC que nous réclamons depuis le début de la législature, de nos services publics, de la démocratie.
Nous multiplierons les initiatives pour que les idées émises sur ces sujets se traduisent en actes, en propositions de loi.
Nous préviendrons les citoyens des attaques à venir contre notre système de retraite, l’indemnisation des privé·e·s d’emplois, la fonction publique.
A la mi-mars, nous vous donnerons rendez-vous pour remettre au gouvernement le compte-rendu de ces rencontres, les synthèses de ces cahiers et les propositions de loi qui les accompagneront.
Permettez moi enfin d’adresser des vœux de paix en citant, par provocation, Alfred NOBEL:
« Les bons vœux ne suffiront pas à assurer la paix », prévenait-il en son temps.
Il avait bien raison. Les discours pacifistes, aussi puissants soient-ils, ne pèsent pas grand chose face à la course aux armements. Pour nous, défendre la paix, c’est d’abord ne pas tricher.
C’est par exemple signer immédiatement le traité d’interdiction de l’arme nucléaire, initié par le groupement d’ONG Ican. Le gouvernement français dit vouloir combattre la guerre mais il monte tous les ans sur le podium des exportateurs d’armement, derrière les États-Unis et la Russie ! Il va jusqu'à vendre pour 11 milliards d’euros d’armes et d’équipements militaires à l’Arabie Saoudite.
De même, une France de la paix ne peut relancer la course à l’armement nucléaire.
5 milliards d’euros par an, 14 millions d’euros par jour jusqu’en 2025 : est-ce vraiment utile ? Est ce vraiment une priorité pour un monde apaisé ?
Enfin, agir pour « l'Humain d'abord » sous toutes les latitudes, ce n'est pas seulement formuler des vœux de paix, de fraternité, de solidarité et de bonheur à tous les peuples du monde, à tous les peuples d'Europe, à notre peuple tout entier, c'est agir pour que chacun et chacune puisse rester un être humain.
Agir pour « l'Humain d'abord », c’est soutenir et travailler avec les forces révolutionnaires, démocratiques de tous les pays comme nous l’avons toujours fait dans notre histoire.
C’est tout faire pour sauver la députée Leyla Güven du HDP (le Parti démocratique des peuples en Turquie) aux portes de la mort après 75 jours de grève de la faim. Avec 226 prisonniers, elle réclame la fin de l'isolement du leader du peuple kurde, Abdullah Ocalan
C'est dire aux migrant-e-s, aux réfugié-e-s du monde entier, des Rohingyas aux Honduriens : les criminels, ce n'est pas vous !
Les criminels, ce sont ceux qui vous laissent froidement mourir en mer, enfermer dans des camps immondes, réduire en esclavage et violentés.
C’est dire toute notre solidarité aux peuples qui affrontent la guerre, la dictature, le terrorisme, la pauvreté.
Partisans d'une France de l'hospitalité et d'une Europe de la solidarité, nous ne faiblirons pas dans notre engagement pour l'ouverture de voies légales et sécurisées garantissant l'accueil digne et fraternel de ceux qui fuient les guerres, les violences, la misère.
Il est souvent dit que l’histoire ne se répète pas. Mais elle peut bégayer. Et le climat de guerre, qu’elle soit commerciale ou réelle, grandit beaucoup dans le monde d’aujourd’hui. La guerre 14-18, par son atrocité devait être la der des der. On sait ce qu’il arriva par la suite.
D’ailleurs, la période dans laquelle nous vivons a beaucoup de ressemblances avec les années 30, avec la montée du fascisme en même temps que la montée du chômage, des inégalités.
La montée des nationalismes dans de nombreux pays devrait conduire les chefs d’État à changer complètement de logique, de modèle économique.
C’est aussi dans cet état d’esprit que nous nous engageons dans cette campagne des élections européennes.
Aux peuples d'Europe, nous voulons dire : construisons ensemble l'Union européenne que nous voulons, celle qui, libérée du pouvoir de la finance, pourra répondre aux aspirations des peuples, des travailleurs, des jeunes.
Les élections européennes seront un temps fort de l’année 2019. Elles doivent être l’occasion de faire monter les même exigences qui s’expriment en France depuis des mois: partage des richesses, justice fiscale, justice sociale. L’Europe que nous voulons doit être celle qui permet à chaque peuple de voir sa souveraineté respectée, à chaque citoyen d’Europe de vivre dignement, avec un vrai salaire, un vrai travail, sans être mis en concurrence avec d’autres salariés.
Nous voulons changer en profondeur cette Europe avec la même détermination qui nous a amenés à combattre depuis toujours les traités européens responsables de la crise actuelle, telle que la symbolise le Brexit.
Oui dans notre pays, le PCF a cette légitimité, cette cohérence, cette honnêteté vis à vis des Français et notamment du monde du travail. Tout le monde reconnaîtra le rôle que nous avons joué pour opposer, à une Europe de la concurrence libre et non faussée, une Europe des peuples souverains et en même temps associés. Nous avons été, pendant longtemps, les seuls à gauche à porter cette originalité.
C’est pourquoi nous seront présents à cette élection avec la volonté d’envoyer au Parlement européen des députés communistes qui resteront fidèle à ce combat, avec Ian Brossat et avec ce slogan: « Pour l’Europe des gens, pas pour celle de l’argent ».
Et dans le même esprit de rassemblement qui a toujours été le nôtre, comme lors de la campagne en faveur du Non de gauche à la Constitution européenne en 2005, nous avons proposé et nous continuons de proposer ce rassemblement aux forces politiques de gauche qui partagent cette même volonté de rompre avec les logiques capitalistes actuelles.
Si les échanges se poursuivent, s’ils n’aboutissent pas pour l’instant et nous le regrettons, nous poursuivons notre campagne, sans attendre car elle sera courte. Il reste moins de 100 jours avant le 26 mai. Et notre liste, qui sera présentée le 5 février prochain à Marseille, conservera, vous le découvrirez, notre originalité en faveur du monde du travail. Nous serons d’ailleurs la seule liste qui propose d’élire une femme ouvrière au Parlement européen avec Marie-Hélène BOURLARD en deuxième position.
Les militantes et militants communistes sont appelés à soutenir fortement cette liste, cette démarche par un vote les 30 janvier, 1er et 2 fevrier.
Une histoire pour finir
Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d’une tribu africaine. Il a mis un panier de fruits près d’un arbre et a dit aux enfants que le premier arrivé gagnait tous les fruits.
Au signal, tous les enfants se sont lancés en même temps… en se donnant la main !!
Puis ils se sont assis ensemble pour profiter de leur récompense. Lorsque l’anthropologue leur a demandé pourquoi ils avaient agi ainsi alors que l’un d’entre eux aurait pu avoir tous les fruits, ils ont répondu : « Ubuntu. Comment l’un d’entre nous peut il être heureux si tous les autres sont tristes ? »
UBUNTU dans la culture Xhosa signifie :
« Je suis parce que Nous sommes ».C’est la philosophie qui a conduit Nelson MANDELA à proposer la réconciliation aux Sud-Africains.
Je formule ce vœu pour la jeunesse de notre pays: celle d’un monde, d’une Europe et d’une France plus fraternelle, plus solidaire où personne ne gagnera tout seul, mais où tout le monde avancera en même temps, en se donnant la main, en s’entraidant.
C'est l'esprit même de l'engagement communiste. »
Voici l’hommage qui lui a été rendu par son petit-fils Frédéric, lors de ses obsèques à Lesconil le 19 janvier.
Hommage à Denise Larnicol
Chers amis,
Nous sommes venus accompagner Denise Larnicol jusqu'ici pour la laisser dans son dernier repos. Elle était parmi les personnes les plus âgées de notre village. Elle était de ces grandes familles de Lesconil qui ont pour la plupart disparu. Denise, nous le savons tous, était une militante au sens le plus noble ; mais c'était aussi, par sa vie, un témoin privilégié du XXème siècle qui, s'il lui apporta tristesse et chagrin, sut lui donner aussi beaucoup de joie.
I- Une vie
Morte à l'aube de ses 97 ans, Denise, par la longueur considérable de son existence, fut un témoin exceptionnel des grands bouleversements et plus particulièrement des moments les plus sombres que connurent la France et le monde au cours du XXème siècle.
Née le 5 février 1922 au pied de la butte de Ménez-Veil, elle était la fille de Louis Larnicol et de Victorine le Fur, tous deux issus de familles anciennement installées à Lesconil. Louis, propriétaire d'un petit bateau dont le nom – « Egalité » – exprimait avec pertinence et simplicité les idées progressistes qu'il avait adoptées, était l'un des enfants du célèbre meunier conteur dont les récits inspirèrent et nourrirent les recueils de Marcel Divanach qui, originaire du quartier, avait eu le bonheur d'assister aux veillées qu'il animait dans sa chaumière. Victorine, quant elle, originaire de Kerandraon, haut de la grand’rue actuelle, était la fille d'un marin, Jean le Fur (Yann ar Fur) et de Anna Draoulec que tout le monde désignait par la forme bretonne de son prénom « Nagen Draoulec ». Quelques années après sa naissance, Denise changea de quartier pour s'installer à proximité du Temple avant que ses parents ne décident d'entreprendre, non loin de là, au fond d'un chemin que l'on allait baptiser plus tard « rue du Temple », l'édification d'une maison qu'elle ne quittera plus.
A l'école, dès le début, Denise se passionna pour le savoir et, naturellement, se fit remarquer par l'excellence des résultats qu'elle obtenait dans toutes les disciplines comme en témoigneront toujours ses anciennes camarades de classe. Cela fut toujours l'objet pour ses parents d'une indéniable fierté. Ayant obtenu brillamment son certificat d'étude, sésame des enfants du peuple de cette Troisième république de la méritocratie, elle choisit pourtant, contre les conseils de son père, disposé à financer ses études secondaires, de travailler à l'usine pour demeurer dans la compagnie de ses amies. Elle se rendra cependant très rapidement compte de l'erreur commise et nous fera part, jusqu'à la fin de ses jours, des regrets de ne pas avoir suivi les sages conseils paternels.
Mais vinrent les heures sombres. La déclaration de guerre avec l'Allemagne d'Adolphe Hitler, en septembre 1939, allait constituer le commencement de la période la plus dramatique de sa vie. C'est devant le mur du Temple, en présence de ses parents et des habitants du quartier, qu'elle assista à l'entrée triomphale des troupes de la Wehrmacht à Lesconil, dans une atmosphère, comme elle le dira toujours, chargée d'un silence inquiétant. Cette angoisse était, à l'évidence, prémonitoire, car, les quatre années qui suivirent furent pour sa famille proche, comme pour bon nombre de Lesconilois, le temps de ce que l'on pourrait qualifier bibliquement d'une véritable Apocalypse. Membres très actifs du Parti communiste et patriotes authentiques, son père et ses cousins de la famille Larnicol entrèrent immédiatement en résistance, refusant la politique de collaboration du maréchal Pétain et toute forme d'attentisme. Les combles de l'antique chaumière des Larnicol au Ménez-Veil furent aussitôt choisis pour abriter les premières armes, les tracts et les journaux clandestins, au péril de la vie de ses oncles et tantes tandis que son cousin, Alain le Lay, révoqué de l’Éducation nationale pour ses opinions politiques, ne cessait de parcourir la Bretagne afin d'organiser et de structurer un vaste mouvement de résistance. Mais les missions dont il était chargé s'arrêtèrent brutalement en 1941 lorsqu'il fut arrêté dans le train, le 12 novembre, par des gendarmes français, abominables sicaires de Pétain et de sa clique de traîtres. Livré aux Allemands et déporté à Auschwitz, il y mourut le 4 octobre 1942 à Birkenau. Louis Larnicol, autre cousin, également chassé de l’Éducation nationale, fut, quant à lui, fusillé à l'école Saint-Gabriel de Pont-l'Abbé, le 12 juin 1944, après avoirs subi d'horribles sévices dont les traces physiques poussèrent sans doute les Allemands à faire disparaître son corps qui ne fut jamais retrouvé. Pierre Quéméner, un autre cousin, fut fusillé, avec d'autres camarades, dans les dunes de la Torche. Fille unique, Denise se retrouvait donc, lorsque la paix revint, privée d'une partie des parents de son âge et de ses amis les plus proches.
Il convenait de faire le deuil et de passer à autre chose. La vie continuait. Denise épousa René Firmin de Larvor et donna naissance à Louis-René et, un an plus tard, à Marie-Pierre. Il fallut agrandir la maison de Victorine pour y loger confortablement la petite famille. Les années passèrent ; chacun suivit son destin : René Firmin allait en mer et Denise travaillait chaque été dans les cuisines du centre de loisir de la SNCF. Cette activité lui plaisait car, lorsqu'elle fut en retraite, elle en parlait souvent, toujours avec émotion : nous l'entendions de temps en temps prononcer les noms de Norbert, le directeur, de Bernadette Garo ou de Marie Gentric...
Après la joie d'être mère, ce fut le bonheur d'être grand-mère : Frédéric, Maïwenn, Morgan et Victoria « son petit soleil » comme elle aimait à la qualifier. Mais c'est en 2015 que Maïwenn lui offrit le cadeau suprême : celui d'être arrière-grand-mère ; Eloine, « sa petite princesse » vint agrandir le cercle familial.
Le temps de la retraite fut aussi celui des voyages. Tout en s'occupant de sa mère avec bienveillance et dévouement, elle put enfin partir à la découverte de la France et de l'Europe, comme elle en rêvait depuis ses premiers cours de géographie. Ce furent alors les séjours dans les Alpes, à Bonneville, en Ardèche, dans cette région si joliment chantée par Jean Ferrat qu'elle admirait, au Pays-Basque, en pèlerinage sur la tombe de Luis Mariano dont elle appréciait passionnément le répertoire. Hors de nos frontières, ce fut d'abord l'Italie : le lac de Garde et les Dolomites, Milan et Venise. Puis ce fut la Yougoslavie et le soleil de la belle côte de Dalmatie. Après quelques années d'interruption, en 1995, elle me demanda de l'accompagner en Bohême, à Prague. Ce voyage fut pour nous deux un enchantement. Après avoir visité Strasbourg et franchi le Rhin, nous traversâmes la splendide Bavière et la forêt de Bohême : Prague et son patrimoine exceptionnel, Karlovi Vari, antique station thermale de la grande aristocratie européenne et le château de François-Ferdinand de Habsbourg s'offrirent à nous.
Hélas, cette soif de découverte fut interrompue par l'apparition de ses premières difficultés physiques ; elle choisit alors de rester à Lesconil et de se contenter des plaisirs que notre petit port pouvait lui apporter : promenades au port ou à Beg-ar-GuelIeg, longues heures de lecture dans la sérénité de sa maison...avant que tout cela ne s'arrête, entourée par ses enfants, ce mardi 15 janvier 2019 à 17H45.
Il- Une humaniste communiste militante
D’un bout à l’autre de sa longue vie, Denise ne cessa d'être une militante. Jamais elle ne s'arrêta de combattre activement aux côtés de sa famille idéologique, le Parti communiste. Dès la fondation de ce mouvement, lors du congrès de Tours en décembre 1920, son père avait officiellement adhéré à ce courant révolutionnaire qui, dans le sillage tracé par la révolution d'octobre 1917, voulait mettre un terme à l'odieux système capitaliste fondé sur l'exploitation des travailleurs et des petits. Membre actif et incontournable du syndicat des marins, Louis Larnicol éleva donc sa fille dans une ambiance imprégnée de militantisme. C'est à cette époque qu'elle se familiarisa, comme tant d'autres enfants de Lesconil, avec les luttes sociales parfois intenses dont les ports bigoudens étaient le théâtre.
Devenue adulte et jusqu'à ce que ses forces le lui permirent, Denise fut de la plupart des manifestations que l'on organisait lorsqu'un acquis social obtenu durement par les anciens, comme l'on disait, était menacé. Ainsi, dans les années 1980, elle défila dans les rues de Pont-l'Abbé pour le maintient de l'usine Saupiquet et s'activa vigoureusement pour empêcher la fermeture de l'usine Raphalen de Plonéour-Lanvern et de la conserverie COOP du Guilvinec. A chaque fois qu'un membre du Comité central de la place du Colonel Fabien organisait une réunion dans la région, elle figurait au nombre des participants, généralement en compagnie de sa complice et fidèle cousine Anita Charlot. Je me souviens par exemple l'avoir accompagné à un meeting organisé à Brest, lors de la campagne présidentielle, en vue de soutenir la candidature d'André Lajoinie. Je pus mesurer, et j'en fus impressionné, à quel point l'esprit militant qui l'imprégnait, elle et ses camarades (Anita, Lita Quéméner, Marthe Brenn...), était puissant et quasiment religieux.
Pleinement dévouée aux idéaux d'égalité et de fraternité, c'est naturellement qu'elle s'investit très rapidement dans les causes relatives au pacifisme et, plus récemment, à l'écologie. Il s'agit d'ailleurs, sans nul doute, de la raison qui la poussa à prendre part à un rassemblement organisé en faveur de la disparition des armes nucléaires. Elle fut d'ailleurs enchantée d'y avoir rencontré le sulfureux monseigneur Gaillot dont elle me montrait régulièrement, non sans fierté, les photos qu'elle avait prises de lui.
Finalement, chers amis, une image suffit à résumer l'humaniste et la militante qu'elle fut : celle de Denise juchée sur sa bicyclette bleue à sacoches parcourant notre cher village de Lesconil et ses environs pour remettre aux camarades et aux sympathisants le journal qu'ils attendaient, Leur Journal, celui fondé par le Grand Jaurès : l'Humanité.
En somme, le communisme de Denise fut comme celui de la grande majorité des Français qui croyaient à l'avènement d'un monde meilleur, comme celui mis en poème par Aragon ou celui chanté par Jean Ferrat : un humanisme imprégné d'un profond patriotisme.
Débat sur parcoursup à la fac de Brest le 22 octobre 2018 avec le sénateur communiste Pierre Ouzoulias et des syndicalistes de la FSU, CGT'action, SUD, à l'initiative du PCF et de la JC
Le Défenseur des droits, M. J. Toubon, reconnaît le caractère discriminatoire
de certaines dispositions de la procédure Parcoursup
Au nom du groupe CRCÉ, le sénateur communiste Pierre Ouzoulias avait dénoncé, dès la promulgation de la loi sur l’Orientation et la réussite des étudiants (ORE), en mars 2018, le caractère potentiellement discriminatoire de certaines des dispositions de la procédure Parcoursup. Il avait notamment enjoint le Gouvernement à garantir l’absolue transparence des procédures de sélection des dossiers de candidatures par tous les établissements de l’enseignement de l’enseignement supérieur.
À ce titre, le 25 mai, il avait demandé à la Ministre chargée de l’Enseignement supérieur la communication des procédures et outils de traitement informatique élaborés par les universités et communément désignés par l’expression d’algorithmes locaux pour les distinguer de l’algorithme national publié par les services du ministère. Sans réponse, le comité éthique et scientifique de Parcoursup puis la Commission d’accès aux documents administratifs ont été ensuite saisis, toujours sans succès.
Depuis un an, le Gouvernement n’a cessé de nier l’existence de ces algorithmes et a refusé de les transmettre, au prétexte qu’ils seraient protégés par la loi ORE. Saisi le 18 juin 2018, le Défenseur des droits, M. J. Toubon vient de nous donner raison. Il demande au ministère de tout mettre en œuvre pour rendre publiques les modalités de traitement des dossiers de candidature. Il regrette que la moitié des établissements ne lui ait pas transmis ces algorithmes locaux.
Plus grave, il considère que, dans le cadre de ces procédures, le « recours au critère du lycée d’origine pour départager les candidats en favorisant certains candidats ou en défavorisant d’autres, en fonction de l’établissement dans lequel ils sont scolarisés, peut être assimilé à une pratique discriminatoire ». Il observe, enfin, que les bacheliers des filières technologiques et professionnelles ont eu moins de chances d’accéder à l’enseignement supérieur que ceux détenteurs du baccalauréat général. Il demande donc au Gouvernement de « favoriser davantage leur accès dans les formations de leur choix ».
Le groupe CRCÉ se félicite vivement de la décision du Défenseur des droits qui conforte ses positions et les démarches entreprises depuis un an. Il regrette grandement que le Gouvernement ait entravé sa mission constitutionnelle de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques en l’obligeant à saisir le Défenseur des droits pour obtenir la communication de documents administratifs qui auraient dû être rendus publics. Lors du débat au Sénat du 16 janvier, il a dénoncé un système qui a remplacé le tirage au sort par l’opacité.
Enfin, il considère que Parcoursup, comme APB, sont des outils de gestion de la pénurie. Il demande que des moyens supplémentaires soient mis en œuvre pour accueillir de façon satisfaisante les 32 000 bacheliers supplémentaires et remettre à niveau un enseignement supérieur en grande difficulté.
Paris, le 21 janvier 2019
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Compte-rendu du conseil municipal de Plouigneau du 15 janvier 2019
Début du conseil : 19h.
Sur 36 conseillers de la commune nouvelle, seuls 30 conseillers sont présents ou représentés (ayant donné pouvoir) à ce conseil.
Précision : l'ancien conseil de Plouigneau comportait 27 membres et l'ancien conseil du Ponthou 11 membres, soit 38 conseillers au total. Toutefois deux conseillers du Ponthou (l'un décédé, l'autre démissionnaire) n'avaient pas été remplacés.
Par conséquent le conseil de la nouvelle commune de Plouigneau est composé de 36 membres jusqu'aux prochaines élections municipales.
1° Compte rendu du conseil de Plouigneau du 8 janvier 2019
D. Guizien fait remarquer que le compte-rendu adressé en version dématérialisée comporte une inexactitude. En effet, il est fait état de 6 votes nuls pour l'élection du maire et des adjoints, alors que l'opposition a voté blanc, ce qui n'est pas la même chose, d'où un vote contre de la part de l'opposition.
Mme le Maire indique qu'il sera procédé à la rectification.
2° Diverses délibérations
- délégation au maire,
- convention de télétransmission des actes,
- convention avec le syndicat mixte Mégalis auquel Morlaix-Communauté a adhéré (accès à la salle des marchés publics,, télétransmission des actes, télétransmission des bordereaux comptables),
- dissolution des CCAS de Plouigneau et du Ponthou et création du CCAS de la commune nouvelle,
- répartition du produit des cimetières
Ces sujets n'appellent pas d'observation particulière. Accord de l'opposition.
3° Election des membres du nouveau CCAS
Le CCAS est administré par un conseil d'administration qui comprend, en nombre égal:
- des membres désignés par le Maire,
- des membres élus parmi les conseillers municipaux.
Mme le Maire propose un CA composé de 5 membres désignés par le Maire et 5 conseillers à élire.
Odette Colas, qui siégait au CCAS de Plouigneau pour l'opposition, indique que la commune peut décider que le nombre soit de 8 élus et de 8 personnes désignées, ce que demande l'opposition compte tenu de l'importance que revêt le CCAS dans la vie municipale.
Mme le Maire indique vouloir en rester à 5 membres par collège et soumet sa proposition au vote.
L'opposition vote contre la proposition de Mme le Maire (24 pour, 6 contre).
Mme le Maire indique procéder à l'élection des membres du CCAS qui a lieu au scrutin de liste.
La majorité présente une liste de 5 candidats de même que l'opposition de son côté.
La liste de la majorité obtient 24 voix (4 sièges sur 5) et celle de l'opposition 6 voix (1 siège sur 5). Odette Colas est élue pour l'opposition
4° Election des membres des commissions et représentations
Un siège revient à l'opposition dans la plupart des commissions.
Sont élus pour l'opposition :
- D. Guizien (environnement, urbanisme), JY Lecomte (Ecoles cantines garderies, loisirs jeunes sports et piscine), O. Colas (sécurité routière), L. Jaouen (manifestations associations), J. Huon (agriculture, bâtiments communaux), R. Héré (administration et finances, tourisme et activités socio-culturelles)
Sont élus dans les organismes extérieurs : JY Lecomte (Ecole Ste Marie), J. Huon et R. Héré représésentants suppléants au SDEF.
5° Commission de délégation du service public de la piscine
En cas de renouvellement de délégation de service public la loi prévoit de mettre en place une commission d'ouverture des plis composée de 5 membres élus au scrutin de liste (représentation proportionnelle au plus fort reste).
La majorité présente une liste de 5 candidats, l'opposition également.
La liste de la majorité obtient 24 voix (4 sièges sur 5) et celle de l'opposition 6 voix (1 siège sur 5). D. Guizien est élu pour l'opposition.
6° Commission des marchés adaptés
Une ordonnance de 2015 et un décret de 2016 pris en application, prévoit la possibilité d'attribuer les marchés publics selon une procédure allégée en fonction des certains montants (jusqu'à 5 225 000 HT pour les marchés de travaux et jusqu'à 221 000 € pour les marchés de service et les marché de fourniture, seuils applicables en 2019).
R. Héré constate que le conseil n'est pas invité à élire la commission d'appels d'offres réglementaire (CAO). Il note que la CAO reste pourtant obligatoire lorsqu'une procédure formalisée est mise en oeuvre. De plus compte tenu du rôle particulier joué par la CAO et l'importance du montant de certains marchés, il peut être opportun de consulter la CAO, même en deçà des seuils de procédure formalisée.
Dans ces conditions il indique que l'opposition donne son accord pour la mise en place d'une commission des marchés adaptés, mais à la condition que la commune mette en place une CAO.
Mme le Maire indique qu'on peut le metrre à l'ordre du jour du prochain conseil.
R. Héré (titulaire) et D. Guizien (suppléant) représenteront l'opposition à cette commission.
7° Désignation de référents
Mme le Maire propose les référents suivants :
JM Doubroff (sécurité routière), B. Le Vaillant (ERDF), JC Billiet (correspondant défense).
L'opposition s'abstient.
8° Indemnités des élus
D. Guizien signale une erreur dans la note de synthèse. Il y est en effet indiqué que l'indice brut 1022 de la fonction publique (indice majoré 826) correspond à un montant brut mensuel de 9 792,74 €. Or le montant correspondant à cet indice est en réalité de 3 870,64 € brut mensuel.
Le montant indiqué de 9 792,74 € correspond en réalité à 253% de l'indice brut 1022.
L'opposition s'abstient sur les indemnités proposées.
9° formation des élus
La majorité propose une somme maximum pour la formation des élus de 4 000 € (montant identique à celui voté pour 2018 pour l'ancienne commune de Plouigneau)
R. Héré demande quelle en a été la consommation en 2018.
La secrétaire de mairie répond, évasivement, que cela doit être de l'ordre du 500 ou 600 €.
R . Héré lui demande à avoir connaissance des chiffres lors du prochain conseil.
10 ° budget de référence 2019
Dans l'attente du vote du budget Mme le Maire demande l'autorisation de recouvrer les recettes de fonctionnement et d'engager les dépenses, ainsi que les dépense d'investissements dans la limite d'un estimatif de six mois de budget.
Accord
11° fixation de durée d'amortissement de biens renouvelables
Accord
13° Tarifs ALSH
Il est proposé de fixer les tarifs à l'identique qu'en 2018 (extension aux enfants de l'ancienne commune du Ponthou)
Accord
14° Autorisation de recruter des personnels non permanents
Il est demandé l'autorisation de recruter des agents contractuels en remplacement d'agents absents momentanément, ainsi que d'emplois de personnels non permanents (accueil de loisirs, relais des jeunes, écomusée, services techniques)
Accord
15° dispositions pour le personnel
Compte tenu de la création de la commune nouvelle, il y a lieu de reprendre des dispositions qui existaient auparavant pour les frais de déplacement, la VAE, les indemnités d'astreinte pour travail du WE, le temps partiel, le régime indemnitaire, les cadeaux au personnel.
Accord
16° Adhésion au service de délégué à la protection des données du centre de gestion
Accord pour la désignation du centre départemental de gestion et les termes de la convention.
17° questions diverses
D. Guizien demande ce qu'il en est du cahier de doléances au niveau municipal.
Il lui est répondu qu'un cahier est ouvert, et qu'à ce jour 12 personnes sont venues l'annoter.
R. Héré demande à avoir connaissance de la date du prochain conseil. Il lui est répondu que ce sera probablement le jeudi 31 janvier.