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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 15:51
Mineurs étrangers. Va t-on enfin en finir avec les tests osseux? - Emilien Urbach, L'Humanité, 12 mars
Mineurs étrangers. Va-t-on enfin en finir avec les tests osseux ?
Mardi, 12 Mars, 2019

Saisi par la Cour de cassation, le Conseil constitutionnel se penche aujourd’hui sur la validité de ces examens, toujours utilisés en France pour déterminer la minorité des jeunes exilés, malgré les nombreuses critiques sur leur fiabilité.

Jugés « invasifs et non fiables » par le Défenseur des droits, les tests osseux, auxquels sont régulièrement soumis les mineurs étrangers non accompagnés, sont-ils constitutionnels ? Les sages doivent se prononcer sur cette question aujourd’hui. Le Conseil constitutionnel a été saisi par la Cour de cassation, qui a lui transmis une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par le cas d’un jeune exilé Guinéen, en décembre dernier.

À son arrivée en France, en 2016, Adama est confié aux services de protection de l’enfance de l’Ain. Il déclare avoir 15 ans. Mais le conseil départemental, en charge de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), doute et souhaite le soumettre à un examen radiologique de la main ou du poignet afin de déterminer s’il est mineur ou non. Adama refuse. Courant 2017, un juge pour enfant en déduit qu’il est majeur et met un terme à sa prise en charge par l’ASE. Le jeune homme fait appel et accepte, cette fois, de subir le fameux test osseux. La cour d’appel de Lyon interprétera les résultats en lui attribuant un âge situé… entre 20 et 30 ans. Adama décide alors de se pourvoir en Cassation et ses avocats de poser la QPC.

Pour Isabelle Zribi, conseil du jeune homme, le recours à ces tests « porte atteinte à la protection de l’enfance, au droit à la santé et à la dignité ». Elle insiste également sur « la très large marge d’erreur » qu’ils comportent, risquant de « priver des mineurs de la protection de l’État et de les livrer à la rue ».

En France, des hôpitaux publics refusent de pratiquer ces tests

Inscrite au Code civil, article 388, par un coup de force, en novembre 2015, de Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, face à la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale qui demandait son interdiction, cette pratique est sévèrement décriée par les associations et par une grande partie du corps médical. Dans leur grande majorité, les médecins jugent ces tests obsolètes car basés sur des données statistiques collectées dans les années 1930-1940, sur une population américaine et bien portante. Ils comporteraient, de plus, une marge d’erreur d’au moins 18 mois pour les 16-18 ans… En Suisse, les radiologues ont décidé de ne plus les pratiquer et, en France, à Nîmes et à Brest par exemple, des hôpitaux publics s’y refusent aussi.

« C’est surtout leur interprétation soumise à une suspicion généralisée à l’égard de ces jeunes qui fait souci », dénonce Violaine Husson, en charge de la protection des mineurs à la Cimade. Selon la loi, ces examens ne doivent être pratiqués qu’en dernier ressort, avec le consentement des personnes concernées. Leurs « conclusions, qui doivent préciser la marge d’erreur, ne peuvent à elles seules permettre de déterminer si l’intéressé est mineur, précise l’article du Code civil. Le doute profite à l’intéressé ». Dans la pratique, certains départements usent de ces examens de façon systématique et concluent le plus souvent à la majorité des jeunes qui y sont soumis. « Ils peuvent déposer un recours devant un juge pour enfants, continue Violaine Husson. Mais les délais sont longs et, pendant ce temps, ces enfants sont considérés comme des adultes expulsables. »

Les documents d’état civil, présentés par les intéressés, souvent contestés

Les détournements de la loi par les conseils départementaux afin de se débarrasser des mineurs isolés ne concernent d’ailleurs pas que ces tests osseux. Les documents d’état civil présentés par les intéressés sont régulièrement contestés et envoyés au service de la fraude documentaire de la police aux frontières. Certains jeunes se voient même soumis à des évaluations de leur puberté, pourtant bannies par le législateur en 2016. « On m’a demandé de me déshabiller dans une pièce, il y avait deux médecins présents », a relaté Lassana au mois de janvier dernier, devant des journalistes du magazine Regards. L’adolescent explique avoir ensuite subi des palpations des parties génitales. Dans l’Hérault, où se seraient déroulés les faits, l’acharnement du département à l’égard de ces jeunes a conduit à l’emprisonnement, pour escroquerie à l’ASE, d’une trentaine d’entre eux depuis 2016.

Constitutionnels ou non, ces tests osseux sont un des rouages de la violente chasse aux étrangers qui se déroule en France et que l’intérêt supérieur d’un enfant ne saurait freiner.

Émilien Urbach
Quinze ans d’indignité

La dénonciation des tests osseux ne date pas d’hier. Saisi en novembre 2004 pour avis, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé déclarait : « Il est inquiétant de voir pratiquer, à des fins judiciaires, des examens dont la signification et la validité n’ont pas été évaluées depuis plus de cinquante ans. (…) L’important est de protéger les enfants, non de les discriminer. »

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 20:49
Zehra Doğan, journaliste turque libérée de prison : Une personne en lutte ne s’arrête jamais (Télérama, Julie Honoré, 11 mars 2019)
Zehra Doğan, journaliste turque libérée de prison : Une personne en lutte ne s’arrête jamais (Télérama, Julie Honoré, 11 mars 2019)
Zehra Doğan, journaliste turque libérée de prison : Une personne en lutte ne s’arrête jamais (Télérama, Julie Honoré, 11 mars 2019)

Sa détention avait mobilisé des artistes comme Banksy ou Ai Weiwei. Après deux ans passés derrière les barreaux en Turquie, celle qui est aussi artiste a recouvré sa liberté le 24 février dernier. Elle décrit les conditions de vie atroces des prisonniers et les entraves à la liberté de la presse et de l’art.

Zehra Doğan est une journaliste et artiste turque, originaire de l’Est du pays. Elle a été arrêtée en juin 2017, notamment pour avoir peint une toile représentant les destructions de l’armée turque dans la ville de Nusaybin, accusée d’appartenance à une organisation terroriste. C’est aussi la cofondatrice d’une agence de presse entièrement féminine, Jin news. Les artistes Ai Weiwei et Banksy avaient soutenu sa cause, n’hésitant pas à l’ériger en symbole des oppressions subies par les journalistes en Turquie. Si elle a été libérée le 24 février dernier, après avoir passé deux ans en prison, une quarantaine de journalistes sont actuellement derrière les barreaux en Turquie, selon Reporters sans frontières. Un chiffre provisoire, car, comme l’indique Erol Önderoğlu, représentant de RSF en Turquie, « des dizaines de journalistes vont devoir retourner en prison, cette fois-ci avec des sentences définitives ». Lui-même est dans l’attente du verdict de son procès, pour avoir collaboré avec un journal, Özgür Gündem, qui a été fermé depuis.

Quelles étaient vos conditions de détention ?
Les prisons turques sont parmi les plus arriérées du monde. Repas exécrables, lieux sales, prisonnières bien au dessus des capacités d’accueil, oppression psychologique... La liste est infinie. Les sanctions disciplinaires tombent sans cesse. Par exemple, des dizaines de dossiers ont été ouverts à l’encontre de mon amie, Nezahat Şingez, l’accusant d’appartenance à une organisation terroriste. Si tous ses dossiers aboutissent, elle restera en prison pendant des dizaines d’années. Ces dossiers ne sont pas légitimes. Mais, dans ce pays, le fait de ne pas respecter les lois ne présente aucun problème. J’ai connu trois prisons : celles de Mardin, Diyarbakır et de Tarsus. La pire était la prison fermée pour femmes de Tarsus. Nos amies y ont subi des tortures. Les gardiens ont par exemple marché sur le ventre d’une autre amie et elle a eu des saignements menstruels pendant des jours. De nombreuses amies ont été traînées sur le sol. Elles ont  été molestées par une vingtaine de gardiens qui se sont acharnés sur elles. Le corps de plusieurs détenues était couvert de bleus.

Qui pouvait vous rendre visite ?
Lorsque j’étais à Mardin et Diyarbakır, ma famille et trois ami-e-s journalistes pouvaient me rendre visite. Mais Tarsus était à plus de 500 km de chez moi et ma famille ne pouvait pas venir souvent.

“Dans la prison de Tarsus, une femme a été poussée au suicide”

Comment était l’atmosphère entre les prisonnières ?
Les quartiers des prisonnier-e-s politiques sont toujours préférables, du point de vue de la solidarité. Il y a des acquis installés depuis des années. Imaginez une ambiance, un quotidien, partagés par des journalistes, des politiques, artistes, activistes, défenseures de droits, députées, avocates, médecins, enseignantes, des maires des étudiantes révolutionnaires...  

Les prisonnières de droit commun sont aussi dans une démarches de solidarité. Mais elles sont méprisées. Nous étions continuellement témoins de ce que les gardiens les sortaient dans le couloir principal et les battaient. Nous protestions en frappant sur les portes. Dans la prison de Tarsus, une femme a été poussée au suicide.

Pourriez-vous nous en dire plus sur le journal Özgür Gündem Zindan (“actualités libres, éditions geôle) que vous avez créé en prison ?
Le 16 août 2016, certains journaux faisant partie de la tradition de presse kurde, furent interdits et fermés en Turquie. Je me suis dit que, comme la plupart des journalistes étaient en prison, éditer un journal aurait un sens.

Mes amies étaient partantes. Nous avons constitué des équipes, pour la rédaction, les conseils, la mise-en-page, la page en langue kurde… Je me suis chargée de la mise en page, de l’édition et des caricatures. Comme il nous était interdit de faire des photos, je ne pouvais pas photographier les personnes interviewées. Alors, je les ai dessinées. Nous avons travaillé pendant un mois. Le journal a beaucoup plu. Mais le Procureur de Mardin et le directeur de la prison étaient furieux. Il y a eu des fouilles et des perquisitions dans notre quartier. Mais, malgré cela, nous avons quand même réalisé un deuxième numéro, avec, en manchette : « Même si nous sommes prisonnières, nous ne vous lâcherons pas. »

Ai Weiwei et Banksy vous ont soutenue, en vous envoyant un courrier, mais pouviez-vous recevoir des lettres facilement ?
Je n’ai pas reçu leurs lettres. Car à la période où ils m’ont écrit, notre droit de communication téléphonique et de correspondance nous avait été confisqué car nous avions chanté. Je n’ai pu prendre connaissance de leurs courriers que bien plus tard. Lorsque je leur ai répondu, j’ai aussi dû le faire en cachette. Mais, malgré toutes les interdictions et sanctions, j’ai reçu des milliers de lettres. Des auteur-e-s membre du PEN, étudiant-e-s, artistes, enfants, réalisateur-trices et universitaires.... Leur soutien m’a rendue incroyablement forte.

Quels détails vous raccrochaient à l’extérieur ?
Depuis mon enfance, j’aime les étoiles. Toute petite déjà, j’écoutais les contes que ma mère me racontait, allongée sur le matelas déroulé sur le toit de notre maison, en contemplant le ciel. A Nusaybin [où Zehra Doğan a peint une toile pour laquelle elle a été condamnée ndlr], et dans d’autres endroits de conflit, dans les moments les plus difficiles, je levais mes yeux vers les étoiles, pour trouver la motivation grâce à elles. Lorsque j’ai été emprisonnée, je supportais mal de ne plus voir le ciel comme je voulais. Je m’en étais ouverte à des amis. Un jour, dans une lettre, j’ai trouvé une grande étoile plastique phosphorescente. Nous avons collé l’étoile dans un endroit visible par toutes mes co-détenues. Et nous nous sommes endormies toutes, en regardant dans le noir, cette étoile qui brillait. Elle était en plastique, mais elle nous rendait heureuse.

Quelle est votre priorité maintenant que vous êtes libérée ?
En prison, j’avais commencé une BD racontant l’histoire des prisons en Turquie, depuis les périodes de torture des années 80, jusqu’à aujourd’hui. Et, actuellement, les grèves de la faim initiées par la députée Leyla Güven, depuis la prison, se poursuivent. Je pense que tout le monde devrait faire quelque chose selon ses propres moyens. Moi, je peux écrire et dessiner. Dans ce monde qui nous donne mille et une raisons pour perdre la tête, le repos est un luxe, surtout pour nous, les femmes. Nous devons être actives, sans cesse. Une personne en lutte ne s’arrête jamais.

“Dans ce pays, il est très difficile de faire de l’art, à la fois d’un point de vue économique et politique”

Depuis deux ans, vos camarades de Jin News, l’agence féminine que vous avez co-fondée, ont de plus en plus de mal à survivre. Quel est votre sentiment maintenant que vous avez vu de vos yeux leur situation ?
Je savais les difficultés que mes amies journalistes subissaient, mais là, en sortant, je les ai vues de mes propres yeux. Les journalistes qui restent doivent travailler dans des conditions très difficiles. Les difficultés financières ont décuplé. Il y a un policier au dos de chacune d’entre elle.

Est-il encore possible de faire du journalisme en Turquie ? D’être artiste ?
Aujourd’hui, les gens, en livrant leur avis, sont prudents. Ils considèrent les journalistes comme s’ils étaient des personnes dangereuses. C’est terrible, et rend le travail extrêmement difficile. Avant que je sois emprisonnée, cette ambiance régnait déjà. Ma maison a été perquisitionnée et je suis restée clandestine, pendant quatre mois. Je me suis cachée.

Pour l’art, c’est pareil. Dans ce pays,  il est très difficile de faire de l’art, à la fois d’un point de vue économique et politique. Les expositions sont inspectées. Les œuvres politiques sont refusées dans des expositions. Les galeries ne veulent pas de votre travail.

Face à ce que nous voyons, il est impossible de rester silencieux. Mais il n’y a pas de réaction de masse. Pourquoi ? Parce que les populations sont endormies par des médias au service du pouvoir, par l’art auto-censuré, par l’éducation contrôlée, et par une politique à vomir.

 

 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:43
samedi 6 avril - Visite de l'exposition Tal Coat au musée de Pont-Aven avec le PCF Finistère suivie d'une conférence de Renaud Faroux

La Fédération du Parti communiste vous propose le samedi 6 avril une visite de l'exposition consacrée à l'artiste Pierre Tal Coat et intitulée "Tal Coat (1905-1985) en devenir" au Musée de Pont Aven.

Né à Clohars-Carnoët, près de Pont-Aven, Pierre Tal Coat, né Jacob (1905-1985), dit “Tal Coat”, est fils de pêcheur. D’abord apprenti forgeron, une bourse lui permet de devenir brièvement clerc de notaire, à Arzano (Finistère). En 1924, il est mouleur et peintre sur céramique à la faïencerie Henriot. A Paris, il travaille à la manufacture de Sèvres

 Après ces divers métiers, il devient artiste autodidacte.

Au Louvre, il étudie l’art des grands maîtres des écoles françaises et italiennes du XVIe siècle, ce qui influencera son approche de l’espace. Henri Bénézit, jeune collaborateur puis directeur de la Galerie Fabre, est séduit par ses dessins et pastels.

Il  rencontre notamment Félix Fénéon, Ernest Hemingway, Francis Picabia, les frères Giacometti, Gertrude Stein. Le portrait de cette dernière remporte le prix Paul Guillaume, en 1936. 

Ses expositions se multiplient à travers le monde : Paris, Londres, New York, Berlin, Tokyo, etc. Il accompagne de ses dessins les poèmes d’André du Bouchet et, en 1968, reçoit le Grand Prix National des Arts. Une importante rétrospective lui est consacrée, en 1976, à Paris, au Grand Palais. 

 Dans les années 50, sa peinture se libère complètement des conventions de la composition classique et de l’espace pictural hérité de la Renaissance. Les éléments semblent fusionner dans un même mouvement, toujours en expansion. Au début des années 60, Tal Coat s’installe à Dormont, non loin de Giverny, dans la vallée de la Seine. C’est là qu’il accomplit pleinement son oeuvre, après de profondes remises en cause qui déconcertent souvent ses contemporains, y compris ses plus fervents admirateurs. La liberté de peindre est à ce prix. Dans cette dernière période, il produit un ensemble d’oeuvres (peintures, dessins, gravures) qui n’ont aucun équivalent dans l’histoire de l’art et qui font de lui l’égal des plus grands.

Cette exposition est organisée en partenariat avec le Domaine départemental de Kerguéhennec, en Morbihan, qui conserve un fonds de 1200 oeuvres de Tal Coat dont plus de 400 gravures et 500 dessins. Le Musée de Pont-Aven, par cette exposition, entend poursuivre son projet scientifique et culturel en approfondissant et diffusant la connaissance sur les artistes attachés à la Bretagne et imprégnés des théories modernes de l’art

La scénographie est réalisée par Éric Morin, auteur de nombreuses scénographies notamment au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture à Landerneau et dans plusieurs musées et centre d’art de Bretagne.

Nous serons accompagnés pendant la visite d'un guide-conférencier-médiateur.

A la suite de cette visite Renaud Faroux fan de Tal Coat nous en fera découvrir plus encore à l'occasion de l'une de ses conférence débat dont il a le secret, salle Anne Follézou sur le port de Brigneau à Moelan sur Mer. La salle est mise à disposition par l'association "Les Amis de la Sardine Rient".

Après cette conférence on partage le vin, le paté et les rillettes. Et la tarte aux pommes.

Et tout ça pour 7euros (minimun). 

Après on peut donner plus !

Attention les inscriptions sont à adresser à Sylviane Papin: papin.sylviane@orange.fr

 

Lire aussi:

Vidéo de la conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction à Landerneau (Mitchell et Riopelle) 2/02/2019

PCF 29: Conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction et visite guidée de l'expo Jean-Michel Riopelle et Joan Mitchell au FHEL des Capucins à Landerneau: du pur bonheur!

Le 30 juin à Landerneau: avec Renaud Faroux, l'espace des Capucins et le PCF Finistère, on découvre la sculpture-paysage et le génie polymorphe d'Henry Moore

Landerneau: Avec l'historien et critique d'art Renaud Faroux et l'espace des Capucins, les militants communistes se familiarisent avec plaisir avec les artistes de la Figuration Libre, cette peinture underground contestatrice des années 80

Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017

 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:41
Pierre-Yves Liziar, Cindérella Bernard, Fabienne Bodin - Le Relecq-Kerhuon, 9 mars 2019, photos Ismaël Dupont

Pierre-Yves Liziar, Cindérella Bernard, Fabienne Bodin - Le Relecq-Kerhuon, 9 mars 2019, photos Ismaël Dupont

Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF

Les inégalités femmes-hommes et les atteintes aux droits des femmes en question!

Avec Cindérella Bernard (candidate aux européennes du PCF, présidente du groupe communiste au Conseil départemental des Côtes d'Armor) Fabienne Bodin ( féministe, commission égalité femmes-hommes de la CGT), Pierre-Yves Liziar, secrétaire de section du Relecq-Kerhuon et Ismaël Dupont, secrétaire de section du PCF.

Des interventions aussi de Anne-Marie Alayse, Isabelle Mazelin, Claudie Bournot Gallou, Pascal Ségalen, José Corre, Gérard Le Bricquer, etc. 

Débat passionnant hier, samedi 9 mars, au Relecq-Kerhuon organisée par la section PCF à la salle Germain Bournot avant son repas de section, sur la question des droits des femmes et de l'égalité femmes-hommes.

82% des salariés à temps partiel sont des femmes, pour beaucoup des temps partiels contraints, ce sont les 2/3 des travailleurs pauvres. Les métiers fortement féminisés sont en même temps ceux qui sont bien souvent les moins bien rémunérés, où la pénibilité et la responsabilité qu'ils engendrent ne sont pas reconnus à leur juste valeur (services à la personne, maintien à domicile, assistantes maternelles, aides-soignants, caissières, ouvrières à la chaîne, AVS, vente....). Beaucoup de femmes sont exploitées dans leur travail, dans le cadre de métiers fortement féminisés. L'orientation vers les métiers est largement conditionnée socialement avec des stéréotypes qui continuent à jouer, la maternité ou "le risque" de maternité handicape les femmes dans leur progression de carrière, leurs promotions: le fameux "plafond de mère". L'accès aux postes de responsabilité, aux promotions, est bien souvent réservé aux hommes, dans la banque, les grandes entreprises (exemple de Total), la recherche et l'Université.

Au final, à travail de valeur égale, il y a 17% à 18% de différence de salaire entre un homme et une femme.

Les pensions de retraite sont inférieures de 40 à 42% pour les femmes.

60% des agents contractuels de la fonction publique sont des femmes avec un État qui se conduit de manière scandaleuse vis-à-vis de nombre de ses salariées précaires, souvent au nom d'un traitement social du chômage qui enferme de la précarité des salariés dont le service public a besoin.

Ce n'est pas la suppression d'un milliard d'euros dans le budget du secteur dépendance, a rappelé Cindérella Bernard, qui va améliorer les choses.

Nous avons aussi échangé sur le drame bien trop quotidien et ordinaire des violences faites aux femmes: 85 000 viols ou tentatives de viols, le plus souvent dans la famille, ou l'entourage immédiat, 220 000 femmes battues ou sequestrés dans le cadre de la famille, 30 féminicides depuis le début 2019. 20% des femmes qui estiment avoir déjà été agressées sexuellement. Des dizaines de tentatives de viols encore sur le lieu de travail cette année. Beaucoup d'agresseurs qui continuent à agresser, intimider, humilier en toute impunité une fois que le cycle de violence sexiste et sexuel est ouvert.

C'est possible aussi parce qu'il existe une culture machiste sous-jacente qui s'exprime au quotidien dans la politique (Cindérella Bernard a donné des exemples particulièrement évocateurs), le travail, les relations familiales. En même temps, les jeunes femmes bien souvent n'acceptent plus les droits que s'arrogent les hommes sur elles au nom de la "galanterie" ou du désir.

Nous avons aussi évoqué la question des attachements sexuels et viols révélés à l'intérieur de notre organisation ces derniers jours, avec la difficulté pour les femmes victimes d'ête prises aux sérieux face à leurs agresseurs.

Ces derniers temps, il y a eu des régressions sur la législation en matière de sanctions pénales et de qualification pénale du harcèlement sexuel et sexiste (outrage, attouchement, viol, etc.). Parallèlement, les collectivités enlèvent des moyens aux associations et centres qui accompagnent les femmes victimes de violence.

Toutes les questions sur la thématique de l'égalité femmes-hommes n'ont pu être abordées (notamment l'influence des fondamentalismes religieux, la question de la liberté de choix, de la laïcité, menaces sur l'IVG, moyens prévention contraception et MST) mais ce sera très certainement l'objet de nouveaux débats, une commission Féminisme venant de se mettre en place dans le Finistère au PCF avec une grosse activité ces 15 derniers jours pour préparer le 8 mars, la journée internationale de lutte pour le droit des femmes.

Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:39
Algérie. Abdelaziz Bouteflika renonce à un cinquième mandat
Lundi, 11 Mars, 2019
Sous pression populaire, le président algérien a annoncé hier ne plus être candidat à sa propre succession. Le scrutin est reporté à une date indéterminée.
« Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi ». L’information est tombée dans la soirée, par un « message à la nation » signé d’Abdelaziz Bouteflika. Le président algérien renonce donc à se succéder à lui même et laisse entendre que d'autres y ont songé pour lui... Initialement prévue le 18 avril, l’élection présidentielle, annonce-t-il encore, est reportée : elle se tiendrait dans le prolongement d’une « conférence nationale inclusive et indépendante », une promesse déjà avancée par l'invisible chef d'État. Le pouvoir n’avait plus le choix. Cette candidature, celle d’un président au bilan contesté, affecté dans sa mobilité et dans son élocution depuis son accident vasculaire cérébral de 2013, a suscité un haut le cœur de la société algérienne, jetant des millions de citoyens de tous horizons dans la rue. Depuis deux semaines, les défections se succédaient dans tous les secteurs et jusque dans les cénacles les plus proches du Palais d’El Mouradia. Au lendemain de la mobilisation historique du 8 mars, le changement de ton était sensible dans le langage du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaïd Salah, un fidèle du premier cercle qui jurait, après avoir accusé les protestataires de mettre en péril « la sécurité » et la « stabilité » du pays, que les ambitions des militaires étaient finalement « celles de l’Algérie et de son peuple ». Bouteflika lui-même n'avait-il pas fini par saluer « la maturité » de ceux qui manifestent pour « exprimer pacifiquement leurs opinions » ?
 

Chaises musicales

Avec cette adresse taillée dans la langue de bois du pouvoir, Abdelaziz Bouteflika prend acte de la fracture politique et générationnelle mise au jour par l’extraordinaire mouvement populaire qui s’est levé en Algérie : «  Il s’agit de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé ». Pour l'heure, les changements promis ressemblent davantage à un jeu de chaises musicales. Ahmed Ouyahia est remplacé au poste de premier ministre par son ministre de l'Intérieur, Nourredine Bedoui, qui maniait il y a quelques jours encore la menace de répression à l'endroit des protestataires. La présidence annonce enfin, pour « contribuer de manière optimale à la tenue de l’élection présidentielle dans des conditions incontestables de liberté, de régularité et de transparence », la formation d’un « gouvernement de compétences » chargé d’expédier les affaires courantes et d’appuyer le travail d’une « commission électorale nationale indépendante ». Esquisse d’une transition ? Ce scénario suscite déjà le doute et l’inquiétude. Dans l’attente d’un scrutin reporté sine die, le clan Bouteflika reste de fait aux commandes ; il impose, comme il l’avait prévu, le prolongement contesté du quatrième mandat. Dans les arcanes d’un « système » dont les Algériens ne veulent plus, les obscurs manoeuvres ne font que commencer... 
 
Rosa Moussaoui
Algérie. Abdelaziz Bouteflika renonce à un cinquième mandat (11 mars 2019, Rosa Moussaoui, L'Humanité)
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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 17:30
Solidarité avec Roman Levin, emprisonné pour avoir refusé de participer à l’occupation de la Palestine ! (MJCF, 8 mars 2019)

Roman Levin, jeune communiste israélien de 19 ans, s’est rendu aux autorités militaires le 25 février dernier, afin de signifier à celles-ci son refus de continuer à servir dans les « Forces de défenses israéliennes ». Alors qu’il accomplissait son service militaire obligatoire depuis plus d’un an, il a décidé de refuser de continuer à participer à l’occupation de la Palestine et à l’oppression de son peuple.

Roman Levin est depuis incarcéré dans une prison militaire, condamné à une peine de 30 jours, qui sera selon toute vraisemblance prolongée.

Dans une lettre rédigée afin d’expliquer sa décision, Roman affirme :

« Quand j’ai rejoint l’armée, je croyais que celle-ci servait les intérêts du peuple d’Israël, mais après avoir servi dans les Territoires [occupés], je me suis rendu compte que ce que l’armée fait là-bas ne sert ni mes intérêts, ni ceux des travailleuses et travailleurs en Israël, surtout après les massacres en cours contre les manifestations près de la clôture-frontalière à Gaza. La loi de Nationalité juive a renforcé cette prise de conscience. J’ai réalisé que je ne pouvais pas d’un côté m’opposer à l’occupation, au racisme et à l’ordre capitaliste et, de l’autre, servir dans l’armée qui défend ces choses ».

Le MJCF salue le courage de Roman Levin et lui apporte tout son soutien dans cette épreuve. Son geste, et celui de toutes et tous les objectrices et objecteurs de conscience, constituent un défi indispensable et inestimable à l’hégémonie militariste et oppressive, et sont la preuve vivante que la paix entre les peuples est possible.

Nous exprimons notre plein soutien aux Jeunes communistes d’Israël et à toutes et tous les organisations et personnes progressistes qui, dans ce pays, s’engagent pour la paix et la liberté, contre la politique coloniale de leur gouvernement.

Mouvement des jeunes communistes, vendredi 8 mars 2019 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:58
Publié le 11/03/2019 par PCF
Algérie : « L’avenir du pays ne peut pas se construire sans son peuple »

Depuis plus de 3 semaines, les manifestations mobilisent des centaines de milliers d’Algérien-ne-s, en particulier le 8 mars où toute l’Algérie a manifesté son refus du scénario dicté par le pouvoir en place.

Ces rassemblements, que beaucoup s’accordent à qualifier d’historiques, touchent l’ensemble du pays d’une manière pacifique et dans une unité nouvelle.

La jeunesse et les femmes sont au premier rang mais ce sont maintenant des pans entiers de la société qui investissent l’espace public : les avocats, les journalistes, l’ordre des médecins, des intellectuels, des artistes.

Évidement, le refus de la candidature de A. Bouteflika a été l’élément déclencheur mais le mouvement est beaucoup plus exigeant. Les manifestants veulent reprendre espoir, dignité, liberté. Les Algériennes et Algériens refusent la « fossilisation » de ce système Bouteflika qui les éloigne des choix depuis si longtemps.

A ce moment historique, le gouvernement répond simplement en avançant les vacances universitaires pour essayer d’expulser les étudiants des campus.

Sont-ils sourds et aveugles, sont-ils si éloignés, si déconnectés pour ne pas comprendre ce qui se passe  ou cherchent-ils à gagner du temps ou alors sont-ils totalement surpris par la spontanéité et la maturité de ce mouvement populaire ?

La réponse des étudiants a été immédiate en demandant l’occupation des campus. Il semble que le « clan Bouteflika » devrait rapidement comprendre qu’il ne mobilisera pas la société autour d’un projet national sans redonner la parole à cette population qui a le courage de sortir dans les rues depuis plusieurs semaines le peuple algérien exige maintenant une transition démocratique, structurelle, culturelle, sociale et économique.

Le PCF salue le courage, la mobilisation des Algériennes et Algériens, soutient ces mobilisations et cet élan citoyen et civique qu’est en train de construire le peuple algérien.

Les pièges sont encore nombreux et il ne faut pas sous-estimer la capacité de survie du régime mais l’Algérie montre que l’avenir d’un pays ne peut pas se construire sans son peuple.

PCF - L’avenir du pays ne peut pas se construire sans son peuple (11 mars 2019)
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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:55
La compagne d'internement de Guy Môquet, la résistante Odette Nilès, sur la liste de Ian Brossat et du PCF aux Européennes

🔴 Elle est la doyenne de notre liste pour les élections européennes et c’est une fierté pour nous

➡️ Odette Nilès, résistante arrêtée par les nazis en août 1941, compagne d’internement de Guy Môquet et militante associative.

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:53
Loi anticasseurs. Droite macroniste et droite LR unies contre le mouvement social
Lundi, 11 Mars, 2019

La loi restreignant la liberté de manifester, déposée par la droite sénatoriale et approuvée par les marcheurs à l’Assemblée, devrait être adoptée définitivement demain, au Sénat. Cinquante organisations alertent contre un texte liberticide.

Dans le contexte des gilets jaunes, il fallait délivrer un texte « rapidement » pour « rétablir l’ordre public ». Voilà le principal argument avancé par Bruno Retailleau, patron du groupe « Les Républicains » au Sénat, pour justifier que celui-ci vote la loi dite anticasseurs, demain, au Palais du Luxembourg. Les sénateurs LR et leurs homologues centristes n’apporteront pas la moindre modification au texte adopté par la majorité macroniste de l’Assemblée. Avec une conséquence de taille : cette proposition de loi liberticide sera alors définitivement adoptée par le Parlement. Pour rappel, cette loi visant « à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations », écrite et déposée par la droite sénatoriale, confère aux préfets le pouvoir d’interdire à une personne de manifester. Toute dissimulation volontaire du visage dans un défilé sera passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

Un « joli coup », s’est empressé d’applaudir le magazine Valeurs actuelles. En refusant de revenir sur les modifications faites à l’Assemblée, Bruno Retailleau a pris de court la majorité macronienne, qui comptait sur le passage en deuxième lecture à l’Assemblée pour modifier ce texte, une fois que la résistance des gilets jaunes aurait perdu de sa vigueur. Cinquante députés LaREM s’étaient abstenus – un record –, lors de l’examen en première lecture et pensaient avoir suffisamment marqué les esprits pour inverser le rapport de forces au sein du groupe LaREM. « Ce vote est un signal en vue de la deuxième lecture », avait même prévenu Sonia Krimi, députée LaREM de la Manche, sûre de son fait.

Les députés LaRem ont durci le texte du sénateur LR Bruno Retailleau

À ces petits jeux politiciens, il semble que les vieux briscards de la droite sénatoriale aient donné une leçon aux députés macronistes… sur le dos des libertés publiques. Car, au-delà des chicaneries parlementaires, ce rebondissement constitue, d’un strict point de vue factuel, une alliance de la droite macroniste et de la droite LR pour attaquer le mouvement social. Loin d’être anecdotique, ce vote témoigne, au fond, d’une réelle communion d’idées sur la nécessité de conjuguer libéralisme économique et autoritarisme politique. Notons, à ce sujet, que cette proposition de loi, promue par Bruno Retailleau, a été durcie par les députés marcheurs, qui ont étendu la période pendant laquelle le préfet pouvait bannir de manifestations un individu (jusqu’à un mois). C’est ainsi qu’une « loi de circonstance », « anti-gilets jaunes », vouée aux gémonies par Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, mais aussi par Jean-Pierre Mignard et François Sureau, deux avocats proches d’Emmanuel Macron, va devenir une loi générale, intemporelle, gravée dans le marbre du Code pénal.

« Soumettre les participants et les participantes à une manifestation à une fouille systématique, confier aux préfets le pouvoir d’interdire à une personne de manifes ter, y compris sans qu’elle ait connaissance de l’interdiction prononcée et donc sans recours effectif possible, faire d’un visage en partie couvert un délit, voici l’esprit et la lettre de mesures qui sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion. » Telle est l’alerte lancée jeudi par 53 organisations (dont Amnesty International, Attac, la CGT, FSU, Unsa, l’Unef, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature, FNE, LDH…) pour appeler « solennellement » le gouvernement et le Parlement « à abandonner ces mesures qui violent les principes les plus fondamentaux de l’État de droit ».

Si la droite sénatoriale, après avoir tenu son rôle de contre-pouvoir dans l’affaire Benalla, maintient sa position demain dans l’Hémicycle, il reviendra au Conseil constitutionnel de juger s’il s’agit d’une loi « anticasseurs » ou « antimanifestants ». « Il est archiprobable qu’elle va nous être déférée », a déclaré son président, Laurent Fabius. Lequel devra en discuter, désormais, avec Alain Juppé, promu à la juridiction suprême. Un homme de droite nommé par le pouvoir macroniste et qui avait appelé les gilets jaunes à « cesser les manifestations » dans sa ville de Bordeaux, où il avait dénoncé les « vandales », « voleurs » et « pillards » lors de l’acte IV du mouvement.

Pierre Duquesne
Loi anticasseurs. Droite macroniste et droite LR unies contre le mouvement social (Pierre Duquesne, 11 mars 2019, L'Humanité)
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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:48
Gérard Le Puill

Gérard Le Puill

Un week-end d’enfumage sur les retraites pour la sortie du grand débat
Lundi, 11 Mars, 2019

Médiatisés sans précaution, certains propos peuvent faire illusion quelques heures durant. Ce fut le cas ce week-end avec ceux tenus par Stanislas Guérini, délégué général de La République en Marche, le parti de Macron à propos des pensions de retraite. « Il faut revenir sur la sous-indexation des pensions pour les retraités les plus modestes. Pour ceux-là, les retraites doivent être réindexées à l’inflation», a-t-il dit à Chartres et dans le Parisien. Mais il n’a pas donné de chiffre sur le la somme mensuelle à partir de laquelle cette indexation serait souhaitable à ses yeux. Il n’a pas davantage proposé de date pour cette ré-indexation. Il a délibérément occulté les allocations familiales et l’APL  qui, elles aussi, ont été désindexées de l’inflation pour n’augmenter que de 0,3% en 2019 et en 2020, comme les pensions de retraite. 

Samedi  et dimanche, les télévisions  et les radios nous ont a laissé entendre  qu’il y aurait bientôt  une bonne nouvelle pour  les 16 millions de  retraités que compte le  pays.  On sait que plus de dix millions d’entre eux  ont perdu près de 4% de leur pouvoir d’achat en 2018 du seul fait de l’augmentation de la CSG 1,7%  sur les pensions brutes. Cette mesure injuste a diminué les pensions nettes de 1,83%. Et en même temps, comme le dit Macron, l’augmentation moyenne des prix  a été de 1,8% sur un an. Comme si cela ne suffisait pas, le président de la République  et son gouvernement  ont annoncé que les pensions de retraite ne seraient revalorisées  que de  0,3% en 2019 et en 2020. Voilà qui fera encore perdre  aux retraités près de 2% de pouvoir d’achat par an, soit un total proche de  8% sur trois ans après des années que quasi blocage sous la présidence de François Hollande.

Avec Macron, le diable se cache toujours dans les détails

Il fallait avoir ces chiffres en tête en entendant les télévisions et les radios nous dire que Stanislas Guérini, délégué général  de La République en Marche, proposait la ré-indexation des pensions de retraites sur l’inflation. Mais, avec Emmanuel Macron et son parti de supporters, le diable se cache toujours dans les détails. Certains médias laissaient entendre qu’il s’agissait de ré-indexation pour tous les retraités. D’autres notaient que la mesure ne concernerait  que les retraités modestes. Bref, il fallait avoir sous les yeux l’édition dominicale du Parisien pour lire la question du journal et la réponse du petit chef des Marcheurs à la botte de Macron. Cela donnait le dialogue suivant :

« Le malaise des retraités a aussi nourrit la crise des gilets jaunes que faire ?» questionnait le journal. Réponse de Guérini : « il faut revenir sur la sous-indexation des pensions pour les retraités les plus modestes. Pour ceux-là, les retraites doivent être réindexées à l’inflation ». Stanislas Guérini ne précisait pas le niveau de pension en deçà duquel il préconise une indexation sur l’inflation. Comme le Parisien ne l’évoquait pas non plus, on ne sait pas si  Guérini la situe au niveau du SMIC, qui est le salaire minimum des actifs travaillant à plein temps, ou en deçà.

Stanislas Guérini ne parlait que des pensions des retraités les plus modestes. Du coup, outre la majorité des retraités qu’il ne classe pas dans cette catégorie, son propos nous disait  en creux que les familles qui perçoivent des allocations familiales pour élever leurs enfants et les locataires qui bénéficient de l’Aide Personnalisée au logement (APL) n’ont rien a attendre du parti du président Macron et du gouvernement. En effet, tout comme les pensions de retraites, il est prévu que ces deux prestations ne seront revalorisées que de 0,3%  en 2019 et en 2020. Or, plus un ménage est pauvre, plus la part de ces prestations est importante pour l’équilibre de ses ressources. Ce sont donc  les pauvres qui continuent de payer les cadeaux faits aux plus riches puisque Guérini laisse clairement entendre que l’on ne rétablira pas l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) supprimé par Macron dès son arrivée au pouvoir.

Qu’attendre de la réforme des retraites dans ces conditions ?

Nous savons aussi que le président de la République a demandé à sa majorité parlementaire de réformer les systèmes de retraites dont les pensions sont jusqu’à présent calculées à partir des annuités de cotisation. Il est prévu de mettre en place un système unique de droits acquis par points. A ce propos, Emmanuel Macron ne cesse de répéter qu’il créera « un système universel des retraites dans lequel un euro cotisé donnera les mêmes droits quel que soit celui qui a cotisé ». On sait que ce système sera défavorable aux personnes qui auront souvent été victimes du chômage dans leur carrière. Mais une autre question de pose déjà. Comment faire confiance à un président de la République qui promet un système de retraite plus équitable aux futurs retraités quand ce même président décide de réduire, de deux manières douteuses et injustes, les pensions des actuels retraités en ne respectant pas les droits acquis par de longues années de cotisation ?

En effet, le pouvoir a augmenté la CSG des retraités de 1,7% sur les pensions brutes pour que les actifs bénéficient d’une petite augmentation du salaire net via la suppression des cotisations salariales pour la maladie et le chômage. Du coup, cette augmentation marginale du salaire net n’a coûte rien aux patrons, à commencer par ceux du CAC 40. Et en même temps, la sous-valorisation des pensions par une augmentation de 0,3% seulement en 2019 et en 2020 a été choisie par Macron et ses ministres de droite que sont Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin pour faire payer par les retraités et par les familles qui perçoivent des allocations familiales et de l’APL les cadeaux faits au riches via la suppression de l’ISF sur laquelle Macron refuse toujours de revenir !

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Sébastien Lecornu, un autre ministre venu de la droite déclare, qu’en avril, « Emmanuel Macron clôturera le grande débat et précisera sa vision en donnant les grandes axes de réponse et le sens de la direction à suivre pour le gouvernement (…) Il faut rester dans l’épure de l’ADN du macronisme », croit-il utile d’ajouter .

Les retraités comme les gens de condition modeste sont donc prévenus. Seule la lutte fera reculer ce pouvoir au service des riches.

Gérard Le Puill
Un week-end d’enfumage sur les retraites pour la sortie du grand débat (Gérard Le Puill, 11 mars 2019, L'Humanité)
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