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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 08:58

Justice et démocratie en Catalogne - Déclaration du PCF
 

Le parti communiste français s’associe à l’appel de l’UDB à un rassemblement à Quimper place de la Résistance ce samedi 23 février à 14h pour protester contre le procès en cours à Madrid contre les 12 indépendantistes catalans accusés de rébellion, de détournement de fonds, mais poursuivis en réalité pour avoir organisé le référendum sur l’indépendance de la Catalogne.

Ce procès, qui se déroule sur fond de discours haineux de la doite nationaliste espagnole et de l’extrême-droite, lesquelles ont manifesté ensemble à Madrid il y a quelques jours, fait peser de graves menaces sur l’avenir démocratique de la Catalogne et de toute l’ Espagne.

Marie-Pierre Vieu, membre de la direction nationale du PCF et députée européenne, se rendra la semaine prochaine à Madrid pour y assister en tant qu’observatrice.

Le PCF refuse que des responsables politiques ou associatifs soient emprisonnés et poursuivis pour avoir organisé pacifiquement un référendum. Cela ne peut en aucun cas constituer un délit, encore moins un crime de «sédition».

Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur le statut de la Catalogne, cette question ne pourra être tranchée par un procès qui n’a pas lieu d’être et porte atteinte aux droits et libertés.

Le futur des relations entre la Catalogne et l’État espagnol ne peut se décider que dans un cadre concerté, démocratique, pacifié et solidaire.

Seul un processus fondé sur un dialogue entre les forces politiques, entre les peuples et les nations qui composent l’État espagnol, peut ouvrir une issue à la crise actuelle.

La section de Quimper du PCF et la Fédération du PCF Finistère, le 21 février 2019

Justice et démocratie en Catalogne - Déclaration du PCF : appel au rassemblement du samedi 23 février à 14h à Quimper pour protester contre le procès politique des indépendantistes catalans
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 08:57
Contre la construction de la Centrale à Gaz de Landivisiau, manif carnaval à Landivisiau le samedi 23 février à 14h
Samedi 23 février à 14H00
Place du Champ de foire à Landivisiau
📣 Grand rassemblement festif et militant ! Déguisez-vous ! 🎊
🐌🌿 Sortez vos plus beaux costumes d'escargots, vos chapeaux de fougères et vos instruments de musique ! 🎶
Pour  montrer que nous sommes CONTRE ce projet de centrale à gaz, projet d'un autre temps au vu de l'état d'urgence climatique,
et POUR une transition vers une société sobre en énergie et conviviale !
 
Landivisiau doit dire non à la centrale
Association loi 1901 à direction collégiale
 
Pour l’abandon du projet de Centrale à gaz en Bretagne signez la pétition sur change.org !
Pour nous soutenir, adhérez à l’association Landivisiau Doit Dire Non à La Centrale. FB @LDDNLC
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 07:07
Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat

Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat

Au nom de l’intérêt général

Par Éliane Assassi  Sénatrice PCF de Seine-Saint-Denis, présidente du groupe CRCE

Le 7 mars prochain, le groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) soumettra au vote du Sénat deux propositions de loi : l’une pour interdire l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD – anciennement Flash-Ball) dans le cadre du maintien de l’ordre ; l’autre pour renationaliser les autoroutes. Le sujet de ce second texte a ressurgi dans le débat public dès les premières semaines de mobilisation des gilets jaunes. L’annonce d’une nouvelle hausse du prix des péages a cristallisé un mécontentement populaire tout à fait justifié.

Il faut rappeler ici que c’est en 2006 que l’État, tout en restant propriétaire, a concédé à des groupes privés la gestion du réseau autoroutier pour la somme de 14,8 milliards d’euros en sachant pertinemment que cela rapporterait de l’argent, beaucoup d’argent aux concessionnaires. D’ailleurs, s’il n’avait pas privatisé les autoroutes, l’État aurait encaissé plus de recettes que les 14,8 milliards d’euros de leur vente.

Aujourd’hui, dix-huit sociétés gèrent le réseau, parmi lesquelles de nouvelles qui ne sont pas encore bénéficiaires et d’« historiques », dont Vinci avec ses filiales mais aussi Eiffage, Sanef…

Ces « historiques » sont florissantes, d’autant qu’elles n’hésitent pas à faire appel à leurs propres filiales pour réaliser des travaux sur les tronçons autoroutiers.

Les dividendes versés à leurs actionnaires sont édifiants : 1,3 milliard en 2014 ; 3,3 en 2015, 4,7 en 2016 et 1,7 annoncé pour 2017. Pourtant, la plupart d’entre elles sont endettées. Mais, comme le précise l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), « cette dette est pratiquement soutenable et gérée dans l’intérêt des actionnaires, auxquels sont versés des dividendes considérables ».

Il s’agit donc bien d’un choix : privilégier le versement des dividendes et s’endetter pour investir… sur le dos des automobilistes. L’intérêt général est ici bafoué et les usagers considérés comme de simples réservoirs à dividendes.

L’État (propriétaire du réseau) est incapable de défendre ses intérêts et l’intérêt général. De mauvais choix en plan de relance défavorable aux intérêts publics, il s’est livré aux mains des intérêts commerciaux privés. Ainsi, toute disposition qui pourrait changer les termes des contrats passés avec les concessionnaires doit donner lieu à compensation.

Pour sortir de cette impuissance et en finir avec le détournement par les concessionnaires de l’argent public aux profits des actionnaires, nous proposons une solution : la renationalisation des autoroutes.

Au nom de l’intérêt général, l’État peut racheter les contrats de concession. Certes, cette opération est estimée entre 28 milliards et 50 milliards. Mais, comme le proposait une mission d’information parlementaire en 2004, l’État pourrait emprunter et cet emprunt serait remboursé non pas par l’impôt mais par le péage. C’est dans cette voie que s’est, par exemple, engagée l’Espagne en annonçant la renationalisation de 500 kilomètres de tronçons, qui vont ainsi repasser sous maîtrise publique.

Cette proposition rejoint des revendications exposées par les gilets jaunes aujourd’hui mais également par nombre d’associations d’automobilistes et d’élus, et ce depuis des années. Notre proposition de loi, que nous avions déjà déposée en 2014 mais qui n’avait pas été adoptée par le Sénat, s’inscrit pleinement dans ces exigences.

Lors de l’examen par le Sénat de la loi Pacte, la proposition gouvernementale de privatiser ADP a été très majoritairement rejetée grâce à des amendements de suppression déposés par différents groupes, dont le groupe CRCE.

Lors du débat, l’exemple de la privatisation des autoroutes a été pointé du doigt par plusieurs parlementaires, à l’instar d’un sénateur « Les Républicains » pour lequel « les mêmes qui, hier, ont bradé scandaleusement les autoroutes ont le culot de soutenir, aujourd’hui encore, que l’État a fait une bonne affaire ; ils sont prêts à nous refaire le coup, cette fois avec Aéroports de Paris ». On peut toujours espérer que les mêmes voteront en faveur de notre proposition de loi le 7 mars prochain…

L'Humanité, 18 février 2019

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 06:58
Elina Dumont - Ancienne SDF, gilet jaune, chroniqueuse pour les grandes Gueules à RMC, solidaire, candidate sur la liste européenne du PCF et de Ian Brossat: découvrez-la dans le Parisien et sur RTL

Marine Protais-Demoulière - Le Parisien, 28 août 2018

Elina Dumont, ancienne SDF: une guerrière sortie de la rue

Elle a vécu à la rue pendant quinze ans. Alors qu’une pétition circule aujourd’hui pour réclamer l’ouverture de centres pour les femmes sans abri, cette comédienne, aujourd’hui Grande Gueule sur RMC, parle de son passé.

Elle a connu l’enfer. Enfant de la Ddass (direction départementale des Affaires sanitaires et sociales), Elina Dumont est victime de viols à répétition dans le village normand de sa famille d’accueil. Elle débarque à Paris à l’âge de 18 ans. Elle qui rêve de faire des études devient SDF. Pendant 15 ans, elle use de stratagèmes pour se faire offrir un café, un repas ou une robe. Aujourd’hui comédienne et membre des Grandes Gueules (RMC), c’est avec un franc-parler singulier que cette habitante du XIXe arrondissement parisien revient sur son histoire.

Dans quelles conditions avez-vous grandi ?

ELINA DUMONT. Je suis née dans la mauvaise famille. Ma mère me frappait. Elle était folle, mais ce n’est pas pour rien ! Violée par son père, ma mère aussi a vécu dans la rue. Quand j’étais dans son ventre, elle était en hôpital psychiatrique. Alors à ma naissance, j’étais considérée comme enfant en danger. J’ai atterri dans une famille d’accueil en Normandie.

Votre mère est décédée quand vous aviez dix ans et demi. Que s’est-il passé ensuite ?

Je suis devenue pupille de l’État. Mais ça n’a rien changé, je ne connaissais pas les lois. Enfant, j’ai été abusée par tout le village. Quand t’es une petite fille et qu’on te chatouille là [NDLR : montrant son sexe du doigt], bah c’est rigolo ! Tu ne te rends pas compte.

Et vous avez commencé à fuguer à Paris…

À partir de mes 15 ans j’ai fugué plusieurs fois. De mes 18 à 19 ans, je vivais dans un foyer au Mans. Un jour, on m’a mise dehors. Alors j’ai pris un train. Moi, quand je pensais à Paris, je voyais la tour Eiffel, l’Arc de Triomphe… le Paris de TF1 depuis ma campagne quoi ! Mais en vrai, c’était pas du tout ça.

Que s’est-il passé à votre arrivée ?

Pendant trois jours, j’ai vécu l’horreur, violée par plein de fous. Pour m’en sortir, je n’ai pas eu le choix. Pendant quinze ans j’ai été sans-abri, je ne savais pas où j’allais dormir. Je faisais des ménages. Je dormais dans des squats ou chez des mecs que je draguais. J’avais 18 ans, j’étais jolie. Et des fellations, j’en ai fait toute ma jeunesse, je n’étais pas à une près. L’important, c’était que je déjeune ou que j’ai une belle robe.

Vers 27 ans, vous avez trouvé un travail…

Recommandée par un homme que j’avais rencontré, j’ai travaillé au standard d’un grand journal national. Mais j’ai tout perdu : mon boulot, mon appart. Tout ça à cause du crack. J’ai fait des conneries et je me suis fait virer au bout de quelques mois. À l’époque, j’ai trouvé ça injuste. J’ai répandu mon histoire et une journaliste est venue me voir pour me faire une proposition : Marie Desplechin cherchait une baby-sitter pour ses deux jeunes enfants. En échange, elle m’offrait une chambre de bonne. J’y suis restée environ un an. Cette femme m’a sauvée. Grâce à elle, j’ai compris que je n’étais pas un objet sexuel.

 

Vous vous méfiez des hommes parce qu’ils ont abusé de vous, mais pas que…

Tout le monde a abusé de moi. Des femmes aussi, et des femmes riches. Elles étaient plus gentilles que les hommes, moins dangereuses. Mais j’ai décidé de vivre seule toute ma vie. Je serai peut-être malheureuse mais je m’en fous, j’ai plein d’amis !

Votre histoire, vous l’assumez, vous la racontez… Vous permet-elle de dénoncer ?

Oui ! Aujourd’hui, je suis comédienne. J’ai joué mon spectacle « Des Quais à la Seine » pour la première fois en janvier 2012. Un journaliste était là et il a fait mon portrait. Suite à ça, Flammarion m’a proposé d’écrire mon livre, « Longtemps, j’ai habité dehors ». Durant la promo, j’ai été invitée au Grandes Gueules sur RMC et depuis, j’y travaille comme intervenante sociale. Sans eux, je ne pourrais pas dénoncer la pauvreté.

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 06:46
Footballeur à Argenteuil et au Red Star, Rino Della Negra avait participé à une quinzaine d’actions armées de la résistance. Archives de la famille Della Negra

Footballeur à Argenteuil et au Red Star, Rino Della Negra avait participé à une quinzaine d’actions armées de la résistance. Archives de la famille Della Negra

Deux chercheurs préparent un ouvrage sur ce membre du groupe Manouchian fusillé par l’armée allemande il y a 75 ans. Et devenu, depuis peu, une icône des supporters du club audonien.

Une tribune du stade Bauer, à Saint-Ouen, porte son nom. Les traits de son visage apparaissent sur les banderoles et les maillots des supporters du Red Star. Mais que sait-on vraiment de Rino Della Negra, ce footballeur résistant durant la Seconde Guerre mondiale ?

Membre du groupe Manouchian, il a été fusillé par les nazis le 21 février 1944 au Mont-Valérien, il y a tout juste 75 ans.

Deux historiens, Jean Vigreux et Dimitri Manessis, ont décidé de se pencher sur son parcours. Leur ouvrage sortira cet automne. Le premier, spécialiste du communisme et enseignant à l’université de Bourgogne, est le maître de thèse du second, étudiant… et supporter du Red Star.

« Un jour, Dimitri portait une écharpe Tribune Rino Della Negra, raconte Jean Vigreux. Je lui ai demandé qui était ce Rino, et on a commencé à s’interroger sur les travaux qui avaient été menés sur lui. On avait sa biographie dans le Maitron des fusillés(NDLR : dictionnaire biographique des exécutés durant l’Occupation), mais elle était très incomplète. »

« Le Mbappé de l’époque »

Les deux chercheurs ont alors épluché les archives de la Seconde Guerre mondiale et reconstitué le parcours du jeune homme né le 18 août 1923 à Vimy (Pas-de-Calais). Son père, briquetier, était originaire d’Udine, dans le Frioul (Italie).

Rino et ses parents déménagent rapidement à Argenteuil (Val-d’Oise), dans le quartier de Mazagran, où vivent 3 000 habitants originaires du Nord-Est de l’Italie qui avaient fui le régime de Mussolini. « C’est très important car cette immigration s’était structurée autour d’un pôle antifasciste, explique Dimitri Manessis. Et si ses parents n’étaient pas particulièrement engagés, Rino va fréquenter beaucoup de gens qui vont l’acclimater à cette culture. »

Mais à 14 ans, il n’est encore qu’un apprenti ajusteur aux usines Chausson, à Asnières (Hauts-de-Seine). Et brille, sur son temps libre, dans tout un tas de disciplines avec le club omnisports d’Argenteuil. « Ce n’était pas qu’un footeux, poursuit le chercheur. Il avait notamment été chronométré 11 secondes au 100 m. » « Niveau vitesse, c’était un peu le Mbappé de l’époque ! » sourit Jean Vigreux.

On le savait aussi superstitieux. « Sa mère racontait qu’il embrassait toujours ses crampons avant les matchs, en disant qu’ils lui apporteraient la victoire », sourit Yolande Della Negra, la belle-sœur de Rino, qui habite toujours le Val-d’Oise.

Un « militant de choc » de la Résistance

Rino joue ailier droit lorsqu’il est repéré par le Red Star, l’un des plus grands clubs français de l’époque. Vainqueur du championnat en 1941, il avait décroché sa cinquième coupe en 1942. Rino y est transféré l’été suivant.

Si Léon Foenkinos, son capitaine à l’époque, disait de lui qu’il était alors « l’un des plus grands espoirs » du foot hexagonal, trop jeune, il ne jouera pas en équipe première lors de la saison 1942-1943.

Et sa carrière s’arrête en février 1943. Rino refuse sa convocation au STO, le service du travail obligatoire, et entre dans la résistance. Dans les archives de police, les historiens réalisent que le footballeur, connu sous plusieurs pseudos dont « Robin », avait participé à une quinzaine d’opérations armées entre mai et novembre 1943. « Ce qui en faisait un militant de choc sur la période », explique Jean Vigreux.

Une phrase de sa lettre de fusillé avait été effacée

Autre découverte, les auteurs ont pu reconstituer deux lettres envoyées par Rino à sa famille avant son exécution, à l’âge de vingt ans. Ses reproductions circulaient… Mais un bout avait été effacé. « C’est une phrase dans laquelle Rino demandait à ses proches de faire un banquet, explique Dimitri Manessis. Mais ensuite, il ajoute : Et prenez tous une cuite en pensant à moi ! »

Pourquoi ces mots ont-ils été cachés pendant 75 ans ? « Il y a plusieurs hypothèses, poursuit-il. Soit la famille avait voulu les enlever par pudeur. Soit ce sont des associations de résistance, ou même le Parti communiste, qui estimaient que cela ne correspondait pas à un certain modèle de la dernière lettre d’un résistant fusillé, et qui ont voulu gommer cette référence à la boisson. »

 

« IL A EU UN COURAGE EXTRAORDINAIRE »

Comment un footballeur n’ayant jamais joué un seul match avec le Red Star a-t-il pu entrer dans le cœur des supporters audoniens ?

Dans la « tribune Rino », on supporte l’Etoile rouge mais on se retrouve aussi derrière un engagement bien ancré à gauche, des chants antifascistes et des banderoles promptes à évoquer l’actualité, à dénoncer des violences policières comme à soutenir l’accueil de réfugiés en France.

Ce n’est qu’en 2004 qu’une plaque en mémoire de Rino Della Negra a été inaugurée à l’entrée du stade Bauer. « Mais pendant près de dix ans, il n’y avait qu’un dépôt de gerbe tous les ans », explique Vincent Chutet-Mezence, président du collectif Red Star Bauer, l’association des supporters du club.

Qui a souhaité, à partir de 2013, « rendre vivante » la mémoire de Rino. « On ne voulait pas que ces hommages restent sans lendemain », poursuit-il. Le collectif organise alors une conférence sur son parcours, et fait une demande pour que leur tribune soit officiellement renommée.

« Plus qu’un joueur de foot »

« Elle n’a jamais été refusée, mais elle est restée sans lendemain », regrette le président, qui compte bien remettre le sujet sur la table après la rénovation du stade.

« Rino Della Negra était plus qu’un joueur de foot, poursuit-il. Car au-delà de ses qualités sportives, ses valeurs nous touchent très profondément. Il aurait très bien pu faire sa carrière et ne jamais se mettre en danger. Non, il a choisi de s’engager et il l’a payé de sa vie. Il a eu un courage extraordinaire. »

Dans ce stade, qui porte déjà le nom d’un docteur juif résistant, fusillé en 1942, Dimitri Manessis voyait donc un « terrain propice » pour que l’esprit de Rino soit honoré : « Le club est marqué par sa culture communiste, ouvrière, populaire, bien inséré dans la banlieue rouge », explique le chercheur.

Il fut aussi propriété de Jean-Baptiste Doumeng, le fameux milliardaire rouge. « Et Georges Marchais, dont le gendre était gardien de l’équipe, fréquentait aussi les tribunes ».

A.L.

Groupe Manouchian : qui était Rino Della Negra, le footballeur résistant du Red Star ? (Le Parisien, Anthony Lieures,  20 février 2019)
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 06:37

"Mes amis de "L'Humanité", je suis choqué d'apprendre que "L'Humanité" pourrai disparaître, ce quotidien français qui a toujours été la voix des opprimés et de la classe ouvrière depuis plus d'un siècle. Contrairement à la presse bourgeoise, "L'Humanité" est le journal du peuple, pas celui des gouvernants, et il a toujours donné la priorité à ceux qui se battent pour l'émancipation et la dignité, c'est un trésor national et mondial dont l'avenir doit être aussi radieux que le passé.

Moi comme nous tous, soutenons l'Humanité"

Mumia Abou Jamal,

Journaliste, Ancien condamné à mort (soutenu par l'Humanité pendant des décennies), toujours emprisonné aux Etats-Unis. 

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Mumia Abu-Jamal soutient l'Humanité: l'Humanité est le journal du peuple!
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 05:57
Maurice et Josette Audin

Maurice et Josette Audin

Alain Ruscio dans l'Humanité du 22 février, entretien avec Rosa Moussaoui:  La force communiste fut à l’origine de la protestation anticolonialiste en France
Fernand Yveton communiste exécuté pendant la guerre d'Algérie pour aide aux indépendantistes (avec refus de grâce de Mitterrand)

Fernand Yveton communiste exécuté pendant la guerre d'Algérie pour aide aux indépendantistes (avec refus de grâce de Mitterrand)

Alain Ruscio : « La force communiste fut à l’origine de la protestation anticolonialiste en France »
Vendredi, 22 Février, 2019

Dans un essai alerte, les Communistes et l’Algérie (la Découverte), l’historien analyse le rôle que jouèrent les communistes, en France et en Algérie, dans les luttes anticoloniales. En dépit des hésitations, des détours et des erreurs, il y eut bien, affirme-t-il, une « résistance communiste » à la guerre d’Algérie.

Une certaine historiographie a longtemps lu dans la politique algérienne du PCF un anticolonialisme « usurpé ». Vous parlez, au contraire, d’une « résistance communiste » à la barbarie coloniale. Quel rôle les communistes ont-ils joué dans l’émergence, en France, d’une subjectivité politique anticolonialiste ?

Alain Ruscio Sur cette vaste et ancienne problématique « communisme et anticolonialisme », bien des auteurs ont jugé nécessaire de « choisir un camp » : majoritairement les « contre », de façon secondaire les « pour ». « Aux creux réquisitoires succédaient autant de vaines réhabilitations », comme l’écrivait Marc Bloch à propos de la vie de Robespierre. Je me suis inscrit, modestement, dans cette lignée « blochienne ». On connaît l’expression :« L’Histoire jugera. » Oui, mais pas l’historien. Ce qui ne m’empêche pas de souligner, dans la première partie du livre, qui couvre la période précédant la guerre d’indépendance, que la « force communiste » (je préfère cette expression, car elle englobe des dirigeants et militants du Parti, mais aussi ceux qui consacraient surtout leur activité aux syndicats, aux mouvements de jeunesse, aux « organisations de masse », type Mouvement de la paix) a été à l’origine de la protestation anticolonialiste en France et qu’elle a souvent été bien seule, hors quelques intellectuels plus ou moins « compagnons de route ». C’est au sein de cette « force communiste » qu’est née l’Union intercoloniale, animée par le futur Hô Chi Minh, qu’est née et s’est renforcée l’Étoile nord-africaine, première organisation regroupant des Maghrébins (presque uniquement des Algériens) en métropole. Ce sont le PCF et la Jeunesse communiste qui, les premiers, ont clamé le droit à l’indépendance des peuples colonisés, qui ont mené les luttes (très minoritaires) contre la guerre du Rif, l’usage de la guillotine en Indochine, l’indécente Exposition coloniale de 1931.

Quels facteurs ont provoqué la retombée de l’élan anticolonialiste qui s’était exprimé pendant la guerre du Rif ?

Alain Ruscio L’une des erreurs, à mon sens, d’une certaine historiographie critique à l’égard du PCF est d’avoir oublié ce « détail » : il y a eu, en France, pendant quatre générations, un lobby puissant, qui a accaparé tous les moyens d’information, qui a réussi à engluer la grande majorité de la population française dans une idéologie colonialiste et raciste. L’élan dont vous parlez a été le fruit d’un effort exceptionnel de la « force communiste ». Mais il est fatalement retombé lorsque les affrontements, aux colonies, étaient moins violents et, il faut bien le dire, devant le fossé alors créé entre une avant-garde combative et une masse de la population beaucoup moins concernée. Ce fut d’ailleurs un phénomène permanent. Mais il faut dire également que la ligne politique des communistes, sur la question, n’a pas été sans détours ni renoncements. Quand on est solidement attaché aux valeurs de la démocratie, on est enthousiaste en pensant au Front populaire et à la Libération. Mais on est perplexe en constatant que les hommes de la gauche gouvernementale de ces deux moments ont été des « serviteurs loyaux du colonialisme », assortissant leurs discours de vœux vagues sur une démocratisation du système. Et, dans ces deux moments, les communistes ont renoncé au mot d’ordre d’indépendance des colonies. Les militants et les électeurs du PCF ne pouvaient qu’en être troublés. Pour ne rien dire de la rancœur, ouverte ou intériorisée, des nationalistes des pays colonisés.

Ce livre s’ouvre sur un tableau de l’opinion française à la veille du déclenchement de l’insurrection algérienne. Vous citez des sondages témoignant de l’hégémonie du parti colonial, la définition que le Larousse donne du mot « Arabe » en 1953 : « Race batailleuse, superstitieuse et pillarde » . Pourquoi les ouvriers n’échappent-ils pas à cette pensée colonialiste dominante, alors même que l’influence communiste dans cette classe est à son apogée ?

Alain Ruscio On en revient à l’affirmation précédente : l’omniprésence de la propagande du lobby colonial. Pourquoi la classe ouvrière aurait-elle été épargnée ? Si les cadres de la CGT (hommage au passage à André Tollet, Marcel Dufriche, bien d’autres), si les délégués syndicaux ne ménagèrent pas leurs efforts, l’internationalisme et l’antiracisme ne furent jamais totalement implantés dans la classe ouvrière. Je pense que les communistes ont été quelque peu piégés par leur propre discours sur le « rôle historique de la classe ouvrière » (Maurice Thorez), sans voir suffisamment qu’une partie de la classe ouvrière était, elle aussi, gangrenée par le racisme. D’une formule, je dirais que l’anticolonialisme a été une greffe en état de rejet permanent. Il faut savoir regarder cette réalité en face.

Lorsque est déclenchée l’insurrection, le 1er novembre 1954, l’Humanité dépêche sur place l’une de ses journalistes, Marie Lambert. Dans un meeting au Vél’d’Hiv, le 5, Duclos prononce le mot « indépendance ». Pourquoi le communiqué officiel tardif du PCF est-il, lui, très ambigu ?

Alain Ruscio Merci de citer ces premiers reportages, totalement oubliés par l’historiographie, de l’ancienne députée communiste Marie Lambert (qui signait dans l’Humanité Marie Perrot). Grâce à elle, le mot « guerre » a été imprimé par votre journal dès le 3 novembre 1954. Vient, en effet, le 5 novembre, une réunion visant à célébrer l’anniversaire de la révolution d’Octobre, comme il était alors de rigueur. Jacques Duclos, après avoir salué les réalisations de l’Union soviétique, prononcera trois fois le mot « indépendance » . Et pourtant, vous avez raison, le mot n’apparaît plus dans le texte officiel qui suit, le communiqué du bureau politique du 8 novembre. Ici, nous sommes confrontés à un manque d’archives, les réunions du « BP » n’étant ni enregistrées, ni transcrites. Je risque une hypothèse : une semaine après le déclenchement de l’insurrection, les communistes étaient dans la totale ignorance de ses instigateurs. Rappelons que le sigle « FLN » n’était apparu que le 1er novembre. Une prise de distance est manifeste, marquée notamment par la crainte d’une provocation. Au passage, je signale que les communistes algériens, eux, ne partagèrent pas cette méfiance et tentèrent même de dissuader leurs camarades français d’utiliser cet « argument ».

Comment expliquez-vous les relations compliquées et tourmentées entre nationalistes et communistes, français ou algériens ?

Alain Ruscio Les communistes français, tout en affirmant (épisodiquement, et c’est bien là le drame) le droit à l’indépendance de l’Algérie, avaient comme objectif suprême une libération totale, l’instauration d’un régime nouveau. Les nationalistes algériens considéraient qu’il ne fallait mener que le combat pour l’indépendance, sans chercher à définir la nature d’une société algérienne future. Alors que l’historiographie dominante dénonce les limites du communisme français, j’ai essayé, dans mon livre, de démontrer que les « torts du divorce » étaient partagés.

En 1956, tandis que de nombreux communistes algériens rejoignent le maquis, le PCF vote les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet. Vous évoquez la contestation et le malaise suscités au PCF par ce vote. Peut-on parler de crise interne ?

Alain Ruscio Je consacre un long (et sévère) développement à cette question des pouvoirs spéciaux. Ce vote est une manifestation supplémentaire d’un mal du mouvement ouvrier – et donc communiste – français, l’européocentrisme. Début 1956, à la suite d’une victoire du Front républicain (socialistes et radicaux), votre journal titra « Vive le nouveau Front populaire », manifestation de la croyance que, vingt ans après, il y avait une possibilité de changer la société française. C’était évidemment pure illusion, compte tenu de l’orientation réelle du Parti socialiste. Le drame vint du fait que cette croyance pouvait concerner également la guerre d’Algérie. Le PCF est passé de « Vive le nouveau Front populaire… » à «… pouvant entraîner la fin du conflit ». Or, s’il y avait quelques éléments positifs (une prise de contact discrète d’émissaires gouvernementaux avec le FLN), d’autres, bien plus massifs, auraient dû provoquer une prise de distance avec le gouvernement Mollet : la honteuse capitulation du 6 février (« journée des tomates ») et, surtout, l’affirmation qu’il fallait renforcer les rangs de l’armée avant toute solution négociée – éternel argument des bellicistes. Alors, oui, crise il y eut bien. D’abord au sein du groupe parlementaire. Si aucun député communiste ne vota contre, les débats, au sein du groupe, furent houleux. Comme dans les rangs mêmes du Parti, et pas seulement chez les intellectuels. Je cite bien des témoignages, émanant de cellules diverses. Sans compter un fait significatif : le départ du Parti de nombreux Algériens communistes.

Vous consacrez de belles pages aux communistes algériens d’origine européenne qui payèrent de leur vie leur engagement dans le combat d’indépendance : Iveton, Maillot, Laban, Raymonde Peschard, etc. Dans quelle mesure ces figures suscitèrent-elles la méfiance d’un Parti faisant du « travail de masse » la priorité absolue ? Étaient-ils vus, au PCF, comme des « aventuriers »  ?

Alain Ruscio Première affirmation : les militants que vous évoquez s’étaient engagés au nom du PCA, non du PCF. Ils avaient l’aval de leur Parti et c’était le plus important. Vues de Paris, certaines de ces initiatives ont été incomprises, parfois effectivement assimilées à des « aventures ». Mais ce n’est pas qu’il y avait de « bons » communistes d’un côté (PCA) et des « apparatchiks » obtus de l’autre (PCF). Non, chacun analysait la situation avec des optiques différentes. Si reproche peut être fait au PCF, c’est de n’avoir pas écouté l’argumentaire de leurs camarades algériens. D’où l’absence dramatique de réaction lors de l’initiative de Fernand Iveton et la protestation tardive avant son exécution. D’où également le silence des premiers jours lorsque Henri Maillot s’empara d’un camion d’armes. Mais je signale également que ce silence ne fut pas absolu. Ainsi, l’Humanité publia, courageusement, la lettre de Maillot, les députés communistes, à la Chambre, le défendirent, au milieu d’une cascade de quolibets et d’injures.

En quoi l’affaire Audin et la publication du témoignage d’Henri Alleg sur la torture marquent-elles un basculement, en interne et dans l’opinion publique ?

Alain Ruscio Dans l’opinion publique, l’effet fut foudroyant. Dès 1954, pourtant, la dénonciation de la torture et des exécutions sommaires était omniprésente dans une partie de la presse : l’Humanité, mais aussi l’Observateur et l’Express. Qui voulait savoir le pouvait. Force est de constater que les victimes s’appelant Rachid ou Ahmed, l’émotion n’était pas générale, c’est le moins que l’on puisse dire. Avec ces deux affaires, Alleg et Audin, entrecroisées, on a franchi un pas. La publication de la Question, en mars 1958, puis son interdiction, les premières révélations sur la « disparition » de Maurice Audin, ont projeté une ombre sinistre sur le conflit. Le livre d’Henri Alleg eut pour la guerre d’Algérie la même conséquence que le « J’accuse » de Zola pour l’affaire Dreyfus. Le parallèle est d’ailleurs adéquat : car les intellectuels se mobilisèrent en masse, de Sartre à Aragon, en passant par Pierre Vidal-Naquet et Roger Martin du Gard, à la notable et triste exception d’Albert Camus. Un temps, la France entière évoqua ces terribles expériences. L’occasion pour les militants de la première heure de rappeler que la grande majorité des Algériens « musulmans » connaissaient des drames similaires.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
 
Bibliographie

Cambodge, an I. Journal d’un témoin. Les Indes savantes, 2008. Vo Nguyen Giap. Une vie (entretiens, Hanoï, 1979-2008). Les Indes savantes, 2010. Y’a bon les colonies ? La France sarkozyste face à l’histoire coloniale, à l’identité nationale et à l’immigration. Le Temps des cerises, 2011. L’Humanité censuré 1954-1962, un quotidien dans la guerre d’Algérie. Le Cherche Midi, 2012. Nostalgérie. L’interminable histoire de l’OAS. La Découverte, 2015.

Alain Ruscio dans l'Humanité du 22 février, entretien avec Rosa Moussaoui:  La force communiste fut à l’origine de la protestation anticolonialiste en France

Ci-dessous la fiche Maitron de la députée communiste du Finistère et journaliste de l'Humanité citée par Alain Ruscio dans son interview sur les communistes face au colonialisme. Merci à Jean-Paul Cam pour la transmission de la fiche Maitron de Marie Lambert.

LAMBERT Marie-Yvonne [née PERROT, Marie, puis épouse GOSNAT]

Par Christian Bougeard

Née le 26 octobre 1913 à Landerneau (Finistère), morte à Ivry-sur-Seine le 22 janvier 1981 ; secrétaire fédérale communiste du Finistère (1947-1949) ; députée PCF du Finistère (1948-1951).

Originaire de la petite ville de Landerneau (Finistère), Marie Perrot avait un grand-père qui avait participé, contre son gré, à l’écrasement de la Commune de Paris mais aurait exprimé de la sympathie pour les Communards. Il aimait porter les jours de fêtes un chemise rouge pour manifester ses opinions.
Marie Lambert avait interrompues ses études après le brevet. Elle acquit par la suite, , en autodidacte, une importante culture. Elle avait épousé jeune Henri Lambert , avec qui elle eut trois enfants : Jean-Paul en 1932 ( serge nt cassé pour refus d’être appelé en 1956), Henri en 1935 et Annie en 1944. Elle fut brièvement institutrice pendant la "drôle de guerre".
Son mari fut un résistant FN et FTP. Arrêté en Ille-et-Vilaine en décembre 1943, torturé et déporté. Sous l’Occupation, Marie Lambert participa aux actions de son époux ,diffusant tracts et journaux clandestins dans la région de Landerneau. Elle servit d’agent de liaison à Daniel Trellu, chef des FTP du Finistère et organisa des groupes de « femmes patriotes », malgré une grossesse. Pour son action, elle obtint la médaille de la Résistance et la Croix de guerre.

Ayant adhéré au PCF en 1943, ettant u rapport se geste et la licture avec la lecture de Lyssagaray et la lecture de son Histoire de la Commune., « la ménagère » Marie Lambert fut élue conseillère municipale de Landerneau en mai 1945 (réélue en 1947) dans la municipalité dirigée par l’ancien maire révoqué et ancien député (réélu en 1945), le socialiste Jean-Louis Rolland. Elle appartenait aussi en 1945 au bureau de l’UFF du Finistère. N’ayant pas été candidate en octobre 1945, Marie Lambert figurait en 4e position sur la liste communiste du Finistère aux élections à la seconde Assemblée Constituante le 2 juin 1946 qui recueillit 95 343 voix en moyenne (24,6%) et deux élus, les députés sortants Pierre Hervé et Gabriel Paul. Le 10 novembre 1946, elle était toujours 4e alors que le PCF obtenait 27,8% des voix et trois députés (Alain Signor *en plus). Mais la démission de Pierre Hervé, le 15 juin 1948, permit à Marie Lambert de lui succéder à l’Assemblée nationale en juillet. Inscrite à la commission de l’Agriculture, elle déposa plusieurs propositions de loi en faveur des ouvriers agricoles.

Auparavant, Marie Lambert était devenue une des principales dirigeantes du PCF. Elle entra au bureau fédéral élargi de 9 à 13 membres lors de la IXe conférence d’août 1946, devenant ensuite secrétaire fédérale, sans doute en 1947, lors du départ de l’instituteur Alain Cariou. En 1948 et au début 1949, Marie Lambert assura de manière transitoire la fonction de première secrétaire fédérale du Finistère. Elle en fut écartée à la suite de la XIIe conférence fédérale de février 1949 présidée par Jeannette Vermeersch, et remplacée par Daniel Trellu. Elle fut critiquée pour n’avoir pas su diriger sa fédération, en perte de vitesse, et éviter les graves conflits qui divisaient la CGT, peut-être aussi parce qu’il lui était difficile d’assurer ses tâches de direction avec son mandat de députée. Les critiques portaient sur la trop grande importance accordée par la fédération à la question de la laïcité sous l’impulsion de Pierre Hervé. Au total, 24 membres de la direction fédérale sur une quarantaine furent remplacés. Cette véritable « purge » permit un durcissement et une stalinisation de la fédération avec son lot de critiques, d’autocritiques, d’exclusions (même temporaires) et de chasse aux « titistes » et aux « mous ». En 1951-1952, le bureau politique lui-même fut contraint de reprendre les choses en main.

En mars et avril 1950, une série de grèves très dures secoua le Finistère, provoquant une forte mobilisation syndicale et de solidarité. Le 14 avril, une manifestation des femmes de l’UFF à la mairie de Brest se transforma en affrontement avec la police : la députée Marie Lambert (tabassée gravement pendant la manifestation) et deux dirigeants communistes furent arrêtés. Le 17 avril 1950, une manifestation de protestation de 5 000 personnes fut vivement réprimée provoquant la mort de l’ouvrier communiste Édouard Mazé, le frère du conseiller municipal PCF Pierre Mazé. Alain Signor fut lui aussi arrêté et Jacques Duclos interpella le gouvernement sur ces arrestations considérées comme illégales, en violation de l’immunité parlementaire. Plusieurs milliers de personnes participèrent aux obsèques d’Édouard Mazé. Rapidement libérés, Marie Lambert et Alain Signor furent condamnés à cinq et à six moi s de prison avec sursis. Comme en 1935, la violence des affrontements avec les forces de l’ordre allait marquer durablement la mé moi re du mouvement ouvrier brestois.

Lors des élections législatives du 17 juin 1951, Marie Lambert , en 3e position sur la liste communiste qui obtint 20,9 % des suffrages ne fut pas réélue, le PCF ne conservant que les sièges d’Alain Signor et de Gabriel Paul. Il semble que l’ancienne députée communiste quitta rapidement le Finistère. De toute façon, en janvier 1953, elle ne figurait plus dans aucun organisme de la direction fédérale. On sait qu’elle devint journaliste à l’Humanité puis à France nouvelle et directrice de Femmes nouvelles, le journal de l’UFF, chargé de la culture, ce qui lui permit de connaître le principaux artistes communiste, notamment le couple Aragon-Triolet.. Le 8 novembre 1954, l’Humanité publia sous le titre "Des tortures dignes de la Gestapo", un reportage de Marie Perrot : "Les arrestations se poursuivent en Algérie et de nombreuses personnes à des sévices innommables dans les locaux de la police [...] la bastonnade, le lavage d’estomac à l’aide d’un tuyau enfonce dans la bouche et le courant électrique". Ces scènes lui rappelaient les tortures qu’avaient subies son premier mari en 1943. Elle participa en 1955 au premier voyage de journaliste au premier voyage de journalistes à Hanoi. Son statut de journaliste lui permit également de découvrir le Yougoslavie et laTunisie.

Marie Perrot, vécut avec Georges Gosnat à Saint-Ouen à partir de 1950. Elle l’épousa le 30 juillet 1970 (on trouve ailleurs le 30 décembre 1970) et habita avec lui à Ivry-sur-Seine. Georges Gosnat était député d’Ivry-sur-Seine et un des principaux responsables des finances du PCF. Elle décéda en 1981 dans ce bastion du communisme de la banlieue sud-est et fut enterrée au cimetière communal.

Pour citer cet article :

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89611, notice LAMBERT Marie-Yvonne [née PERROT, Marie, puis épouse GOSNAT] par Christian Bougeard, version mise en ligne le 8 octobre 2010, dernière modification le 23 décembre 2018.

Par Christian Bougeard

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. Organigrammes des comités fédéraux du Finistère (1953-1968). — Arch. PPo., dossier Georges Gosnat. — Eugène Kerbaul, 1918-1945 : 1640 militants du Finistère, Bagnolet, 1988, notice Henri Lambert et Marie Perrot, p. 140 et 232-233. — Isabelle Picart, Le PCF à Brest de la Libération à la fin de la Quatrième République (1944-1958), maîtrise d’histoire, Université de Bretagne occidentale, Brest, 1989. — Le bande dessinée de Kris et Étinne Davodeau, Un homme est mort, Futuropolis, 2006. — Cédérom le Maitron. Notice Georges Gosnat par Jean Maitron et Claude Pennetier.

 

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 21:03
L'homme du jour. Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire: le flambeau de Manouchian (Audrey Loussouarn, L'Humanité, 22 février 2019)
L’homme du jour. Julien Lauprêtre Le flambeau de Manouchian
Vendredi, 22 Février, 2019

Soixante-quinze ans jour pour jour après l’exécution du groupe Manouchian au Mont-Valérien, le souvenir de ceux qu’il a côtoyés est encore vif pour Julien Lauprêtre, le président du Secours populaire français (SPF). À 16 ans, en 1942, celui-ci fonde avec deux copains une équipe de résistance. Ses actions le mèneront au 20 novembre 1943. Ce jour-là, il est cueilli par la police et enfermé dans une cellule, qu’il partage avec un homme. « J’avais seulement 17 ans. Quand il m’a regardé dans les yeux et m’a dit “je vais être fusillé mais toi, tu vas t’en sortir, il faudra continuer le combat”, ça a impacté ma vie. » Cet homme, c’était Missak Manouchian, mais il ne le saura que plus tard. Julien Lauprêtre se souvient d’un autre des membres de l’Affiche rouge, Thomas Elek, « un petit intellectuel, particulier dans le groupe » et fusillé à 19 ans. Il s’était engagé après s’être « fait insulter de “sale juif” au lycée », raconte le président du SPF, qui fait un parallèle avec les « attaques antisémites, racistes » qui surviennent encore aujourd’hui. Commémorer ceux qui ont « laissé leur peau pour la France » et leur « combat magnifique », c’est faire vivre ce « besoin de résister face à la haine de l’étranger ». Celui qui ne cesse d’alerter sur le « raz-de-marée de la misère » poursuit : « Ça me marque encore aujourd’hui. Au SPF, je m’efforce de mériter cette idée du dévouement. » Alors que « les attaques se multiplient sur la vie des Français », il s’agit, selon lui, de se rappeler « leur combat pour l’humanité ».

L'homme du jour. Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire: le flambeau de Manouchian (Audrey Loussouarn, L'Humanité, 22 février 2019)
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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 20:53
Regis Debray, écrivain, philosophe, s'engage pour l'Humanité

"Parce qu’il en va, avec l’Humanité, du sort de l’exception française. Pardonnez le patriotisme du propos qui fut, après tout, celui des communards. Il s’agit de savoir si la France peut rester le pays en Europe où le Dictionnaire des idées reçues, partout dans l’Occident capitaliste, ne constitue pas une référence obligatoire ; le pays qui garde assez de mémoire, notamment d’un mouvement ouvrier enraciné dans la communauté nationale, pour pouvoir se donner un avenir digne de lui ; où un peuple peut encore se mettre en ordre de bataille sans céder à la violence bête ou au laisser-aller raciste ; où le monde à plusieurs voix du social-libéralisme n’a pas le monopole de la conversation. C’est cette possibilité de dissidence, tant culturelle que politique, qu’il s’agit à présent de sauvegarder, en quoi votre combat est celui de notre avenir à tous. À bientôt donc et haut les cœurs !"

Regis Debray, écrivain, philosophe, L'Humanité, 22 février

Regis Debray, écrivain, philosophe, s'engage pour l'Humanité
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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 08:20
Un budget en baisse d'un milliard pour les personnes âgées, l'Elysée refuse de recevoir l'intersyndicale des EHPAD (L'Humanité, Jeudi 21 février)
L’Elysée refuse de recevoir l’intersyndicale des Ehpad
Jeudi, 21 Février, 2019
En s’invitant, jeudi 21 février, à l’Elysée, les représentants des organisations de salariés des Ehpad et des directeurs d’établissements n’imaginaient pas être éconduits sous le prétexte de la présence des caméras de France 3. 
Vous ou les caméras, en l’occurrence celles de France 3. C’est le marché que le service de sécurité de l’Elysée a proposé, jeudi 21 février, à l’intersyndicale des salariés des maisons de retraite et de l’aide à domicile (CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, CFDT, CFTC, FSU, Solidaires, Fédération autonome, Ufas, Unsa) et des directeurs d’établissements (AD-PA). Ces derniers se sont rendus à l’Elysée dans l’espoir d’obtenir le rendez-vous avec Emmanuel Macon qu’ils demandent depuis plus d’un an. Ils comptaient également déposer quelque 30 000 motions et pétitions. « Non seulement l’Elysée ne veut pas nous recevoir, mais on refuse de prendre nos pétitions signées par des milliers de salariés, des familles et des personnes âgées », a protesté, pour l’intersyndicale, Pascal Champvert, le président de l’AD-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées). Lequel a promis de revenir.
 
Un budget en baisse de plus d’un milliard
Dans un courrier adressé à Emmanuel Macron, les dix organisations syndicales et l'AD-PA regrettent que, malgré les annonces du gouvernement, rien n'a changé depuis plus d'un an « dans la plupart des établissements et dans les services d'aide à domicile ». En 2019, 20,8 milliards d’euros seront consacrés aux personnes âgées en perte d’autonomie et aux personnes handicapées. Un budget en baisse de plus d’un milliard. L’intersyndicale envisage une nouvelle journée de mobilisation en avril. « Rien ne changera sans le renforcement des effectifs et une augmentation des salaires », estime Malika Belarbi (CGT). En matière d’effectifs, les dix organisations syndicales de salariés continuent de revendiquer un ratio d’un salarié pour un résident en Ehpad.
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