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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 06:40

 

Certaines multinationales profitent de la crise pour accélérer les délocalisations de leur matière grise, sans que les pouvoirs publics n’y trouvent grand-chose à redire.

Nokia, General Electric, Technicolor, Renault, IBM… autant de multinationales qui ont annoncé des restructurations massives, ces derniers mois. À chaque fois, un phénomène saute aux yeux : la recherche et développement (R&D), pourtant vantée par toutes les directions du monde comme une denrée essentielle, fait les frais de la purge. Certains commencent à s’inquiéter des effets à long terme d’une telle hémorragie. « Il sera difficile de relancer la machine à innover quand vous n’aurez plus un seul acteur local capable de le faire », soupire ce patron du numérique. En 2001, Serge Tchuruk, PDG d’Alcatel, théorisait « l’entreprise sans usine » (recentrage sur la R&D et externalisation de tout le reste). « Le risque, c’est que, à terme, on n’ait plus ni usine, ni R&D. »

Devant l’ampleur de la restructuration annoncée chez Nokia, des responsables politiques se sont fendus d’une tribune assassine dans le JDD, fin novembre : « La direction de Nokia veut supprimer 986 emplois, essentiellement en recherche et développement, sur les sites de Lannion (Côtes-d’Armor) et de Nozay (Essonne). Les emplois supprimés seraient délocalisés essentiellement en Pologne et en Inde, mais aussi en Finlande et aux États-Unis. (…) On ne peut pas déclarer que la souveraineté sanitaire et industrielle sera un des piliers du plan de relance et, en même temps, laisser partir des industries stratégiques. » (1)

Les mêmes inquiétudes montent chez General Electric Grid, où 634 emplois sont menacés. « La direction a décidé de réduire l’activité de R&D de 20 %, ce qui se traduit pour nous par une baisse de 30 % des effectifs », dénonce Serge Paolozzi, de la CGT. Avant de préciser : « Sur Villeurbanne, nous faisons de la recherche sur de l’appareillage électrique haute tension : des disjoncteurs de ligne, que l’on installe sur le réseau électrique pour le protéger en cas d’accident (chutes d’arbres, etc.), et des disjoncteurs de sortie de centrale, qui sont placés principalement dans les centrales nucléaires. Pour justifier la casse, la direction nous a expliqué qu’il nous fa llait rattraper nos concurrents déjà bien implantés en Asie. Il y a un risque qui pèse sur la filière énergétique. Que se passera-t-il dans quelques années, quand nous aurons dilapidé notre savoir-faire ? »

Financiarisation accrue

Le processus qui se déroule sous nos yeux n’est pas né de la crise actuelle, même si cette dernière a tendance à l’accélérer. L’externalisation par les grands groupes d’une part croissante de leur R&D a démarré il y a plus de quinze ans, sur fond de financiarisation accrue. L’économiste Gabriel Colletis résume à grands traits : « Pendant des années, les grands groupes sous-traitaient uniquement des activités jugées non stratégiques (nettoyage, comptabilité, sécurité…), puis ils se sont mis à externaliser également leur activité de R&D. Cette externalisation ne s’accompagne pas nécessairement d’une délocalisation, mais c’est souvent le cas. »

Et tout ne se fait pas forcément à bas bruit. En 2008, le PDG de Capgemini avouait ainsi, entre cynisme et franchise désarmante : « À qualification équivalente, un ingénieur indien “tout équipé” (installé dans un bureau avec un ordinateur) coûte environ quatre fois moins cher qu’un ingénieur occidental. Et même si les salaires augmentent de 15 % par an en Inde, il faudra encore vingt ans au minimum pour que ce pays rattrape les coûts salariaux occidentaux. C’est un avantage compétitif énorme. »

"Valeur" et "coût" de la matière grise

Douze ans après, le rattrapage n’est pas encore achevé. Combien « valent » les ingénieurs sur le marché mondial de la matière grise ? L’ANRT (Association nationale regroupant les acteurs de la R&D) tient les comptes à jour. En 2019, un graphique joliment intitulé « Cours du chercheur 2018 » nous apprend que les salariés indiens « coûtent » 2,2 fois moins cher aux entreprises que des travailleurs basés en France. Viennent ensuite les chercheurs polonais (1,6 fois moins chers) et espagnols (1,4 fois moins chers).

Lire aussi : Industrie : François Bayrou, un commissaire plan-plan

La France bénéficie pourtant d’un avantage comparatif non négligeable, le crédit impôt recherche (CIR). Cette niche fiscale permet aux entreprises de réaliser de substantielles économies, puisque le « coût » salarial d’un chercheur y baisse d’environ 25 % après le crédit d’impôt. Malgré un poids non négligeable pour les finances publiques (6 milliards d’euros par an), le CIR n’a jamais permis à la France de combler son retard sur l’Allemagne. Les entreprises françaises consacrent à la R&D l’équivalent de 1,4 % du PIB, soit six points de moins que les entreprises allemandes (2 %).

Stratégie court-termiste

La raison tient en bonne partie aux errances de la politique industrielle française. C’est dans l’industrie que se réalise l’essentiel de la R&D ; or, les sites de production n’ont cessé de fermer leurs portes. « Il faut arrêter d’isoler la question de la recherche de celle de la production, souligne Gabriel Colletis. Lorsque Alcatel s’est lancé dans une politique de délocalisation tous azimuts, cela a pu créer de la valeur actionnariale pendant un temps, mais au bout du compte, que sont devenus les 2 000 ingénieurs formant le noyau dur de l’entreprise ? Rien du tout. Quand vous n’avez pas de continuum entre recherche et activité de production, alors vous n’avez plus de débouchés pour la recherche… »

Cette stratégie court-termiste est pourtant à l’œuvre en ce moment dans de nombreux groupes industriels. Le géant de l’informatique IBM va supprimer 1 251 postes, soit le quart des effectifs hexagonaux. « C’est une logique purement financière, s’agace Frank Setruk (CFE-CGC). IBM fait de la “décroissance profitable”, combinant baisse régulière du chiffre d’affaires et augmentation des bénéfices. Cela plaît aux actionnaires, mais ça réclame moins de salariés ! La direction est obsédée par la traque aux coûts, qui justifie les délocalisations. En Bulgarie ou en Roumanie, vous avez des ingénieurs payés 1 300 euros par mois, et pratiquement pas de cotisations retraite à payer… »

Casse sociale

Il serait évidemment réducteur d’expliquer les décisions d’implantation des grands groupes par la seule logique du « coût » du travail. « Dans certains cas, localiser un centre de R&D en Asie permet de se rapprocher d’un nouveau marché, convient un spécialiste des télécoms. Mais les délocalisations récentes en Europe de l’Est sont bel et bien financières. Le problème n’est pas d’embaucher de la main-d’œuvre dans des pays “à bas coût”, c’est de détruire de l’emploi ailleurs. »

C’est une catastrophe nationale qui se déroule avec la bénédiction des pouvoirs publics !FABIEN ROUSSEL Secrétaire national du PCF

En attendant, l’ampleur de la casse sociale concernant des industries pourtant considérées comme « stratégiques » fait bondir certains responsables politiques, qui reprochent son inaction au gouvernement. « C’est une catastrophe nationale qui se déroule avec la bénédiction des pouvoirs publics ! tonne Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. Emmanuel Macron est personnellement impliqué dans certains dossiers emblématiques, comme Nokia, Vallourec ou General Electric : il les a suivis, en tant que secrétaire général de l’Élysée, ministre de l’Économie et président de la République. Il faudra faire un audit de toute cette casse sociale qui dévitalise le pays. »

(1) Tribune signée notamment par Fabien Roussel (PCF), Adrien Quatennens (LFI), Arnaud Montebourg (ancien ministre socialiste).

 

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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 06:38

 

L’année 2020 a été marquée par une chute des rendements céréaliers et fourragers. D’où une diminution du revenu net et une augmentation des coûts de production dans les exploitations. Sont venues s’ajouter les perturbations dans les circuits de commercialisation, lesquelles risquent de durer en 2021. Pourtant, la manière dont le monde paysan a répondu à la demande en cette année marquée par la pandémie du coronavirus, nous montre qu’ils méritent un meilleur traitement de la part du gouvernement.

Par Gérard Le Puill

Alors que les paysans français ont travaillé dur pour produire de quoi nourrir leurs concitoyens en cette année 2020 marquée par la pandémie du coronavirus, les comptes prévisionnels de l’agriculture réalisés par l’INSEE pour l’année qui se termine nous montre que cette profession a été bien mal récompensée. En 2020, nous avons connu de longues périodes de sécheresse qui ont fait chuter les rendements céréaliers comme ceux des prairies. La production de blé tendre a chuté de - 26,4 % cette année par rapport à 2019 ; celle de l’orge a baissé de -23,5 % et celle du blé dur de -17,1 %. Sur l’année les prix auraient progressé de + 5,4 % par rapport à ceux de 2019, ce qui est très insuffisant pour compenser la perte imputable au recul des volumes produits.

La production de maïs augmenterait de 5,5 % en volume, mais cette hausse est imputable à une augmentation des superficies. Faute d’avoir pu semer des céréales à paille en automne 2019, quand les sols étaient successivement trop secs ou trop mouillés, on a semé du maïs au printemps 2020.

Chute des rendements pour la betterave sucrière et les fruits

La production de betterave à sucre est en baisse de – 28,4 % en 2020 par rapport à 2019. C’est le résultat cumulé de la sécheresse estivale et des ravages causés pas la jaunisse provoquée par la prolifération d’un puceron. Cette année, la France a été le seul pays européen à interdire l’enrobage des graines par des néonicotinoïdes, tandis que les douze autres pays européens produisant des betteraves ont demandé, et obtenu, des dérogations auprès de la Commission européenne. La France a mis en avant le fait que les fleurs des plantes traitées aux néonicotinoïdes sont dangereuses pour les abeilles quand elles butinent. Mais à l’Élysée, à Matignon et au ministère de l’Agriculture, on ne semblait pas savoir que la betterave ne fleurit jamais entre le semis du printemps et la récolte des racines en automne pour produire du sucre et de l’éthanol. Pour fleurir et monter en graine, cette plante doit rester une seconde année en terre, ce qui n’est jamais le cas quand elle est destinée aux sucreries.

La production de fruits a diminué de - 9,3 % en 2020 dans notre pays en raison de gels printaniers succédant à un hiver trop doux alors que la végétation avait pris de l’avance. Qui plus est, des récoltes ont parfois été perdues en raison de la difficulté à trouver des saisonniers, voire des débouchés pour des produits périssables du fait notamment des fermetures de la restauration en ville, de la sous-fréquentation des cantines dans les entreprises et les administrations. De ce fait, rien ne prouve que l’augmentation moyenne des prix de 13 % a compensé les effets de la chute des volumes de production et du coût plus élevé de la récolte. Le prix du vin au départ des exploitations a baissé de 4,4 % sur l’année du seul fait du recul des débouchés et l’augmentation des stocks dans les chais risque de peser sur les cours en 2021.

La crise porcine va se poursuivre en 2021

Si les volumes des productions animales ont augmenté d’un petit + 0,4 % en 2020, celle des bovins est stable et on constate un recul de – 1,7 % pour les volailles. Les prix des bovins, ont baissé d’environ -1 % sur un an, ceux des porcs ont chuté de -4 % sur l’année avec une baisse de 20 % depuis septembre tandis que le prix des aliments du bétail est en train de grimper d’autant, à commencer par le soja importé. Cette situation risque de durer en 2021, comme nous l’avons montré dans un article publié ici même le 14 décembre. Le prix du lait de vache a baissé de -1,5 % alors que le manque de fourrage augmente les coûts de production jusqu’au printemps 2021.

« Il faut donner des perspectives aux nouvelles générations »

Du côté de la profession agricole, la note d’analyse des Chambres d’Agriculture constate que « face à la crise globale provoquée par la pandémie de Covid-19, l’agriculture française a tenu bon et réussi à assurer la continuité de l’approvisionnement en produits agricoles des consommateurs et des industries de la transformation agroalimentaire. À ce titre, elle a été un facteur de résilience pour l’ensemble de la société française ». Mais cette note nous dit aussi que « du côté des charges, les dépenses d’intrants ne progressent pas car l’agriculture française a poursuivi en 2020, son effort d’utilisation d’intrants. Cette modération est insuffisante pour empêcher la baisse de la valeur ajoutée qui est de -7,3 % ».

De son côté, la FNSEA indique qu’il est « impératif de permettre aux agriculteurs de tirer un revenu décent de leur activité ». Elle note que « le chemin à parcourir pour des résultats à la hauteur des attentes est trop long », suite au vote de la loi EGALIM en 2018. Pour la FNSEA, « il est encore temps de redresser la situation même si l’heure est grave. Il faut donner des perspectives aux nouvelles générations qui viennent de s’installer ou qui envisagent de rejoindre le secteur agricole ! L’agriculture est un secteur d’avenir essentiel pour l’alimentation et la lutte contre le réchauffement climatique, à condition de permettre à ses acteurs de vivre de leur métier »

 

 

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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 06:37

Un collectif de 26 maires du Val-D'Oise interpelle l'État pour refuser le quota de 25% de logements sociaux d'ici 2025.

« Nous ne voulons pas être stigmatisés par les bien-pensants. » Les 26 maires du Val-d’Oise, auteurs d’une interpellation publique de l’État au sujet de la loi SRU, ont des arguments de poids. Pour rappel, l’article 55 de cette loi impose aux communes de plus de 1 500 habitants un quota de 20 % de logements sociaux, qui doit passer à 25 % en 2025. Les contrevenants s’exposent à des pénalités financières s’ils ne s’acquittent pas de cette obligation. Et depuis une vingtaine d’années que la loi est en vigueur, ils sont encore nombreux à traîner la patte.

« Tonneau des Danaïdes »

Pourtant, des plans triennaux signés avec les préfectures permettent d’atteindre progressivement l’objectif des 25 %… Le collectif des 26 maires qualifie pourtant le quota fixé par la loi de « tonneau des Danaïdes ». Ceux-ci vont même jusqu’à invoquer leur souci de « mixité sociale » pour justifier leur refus de voir le quota de la loi SRU augmenté à 25 %. Selon eux, cela reviendrait à créer des « ghettos » pour pouvoir remplir cet objectif. En outre, ils demandent à l’État la prise en compte d’un taux intercommunal : le quota ne serait plus calculé sur chaque commune de plus de 1 500 habitants, mais sur une agglomération entière.

Ces arguments cachent mal le problème politique qu’ont certains maires (de droite) avec la loi SRU et le logement social en particulier. Depuis vingt ans, cette loi n’a eu de cesse d’être attaquée pour la vider de sa substance : le taux intercommunal aurait par exemple pour effet de prendre en compte les logements sociaux de communes en périphérie de grandes villes, déjà fortement pourvues, pour se considérer comme quitte avec la loi. En matière de mixité sociale, on repassera donc. Pourtant, la mairie de Paris, par exemple, crée des logements dans le 16e arrondissement. Celui-ci n’est pas devenu depuis un « ghetto » de pauvres.

 

 

 

Des élus de la capitale ont visité des chantiers de logements sociaux, dans les 6e et 16e arrondissements. L’occasion de promouvoir un levier contre l’entre-soi. Des logements sociaux à bas prix, accessibles aux plus modestes, dans un quartier plutôt bourgeois du 6e arrondissement de Paris, à quelques encablures du Sénat et du jardin du Luxembourg? Ou dans le très chic et très coûteux au mètre carré 16e arrondissement, à quelques pas d’Auteuil et du bois de Boulogne? Ce n’est pas mission impossible, veut démontrer la Mairie de Paris. Mercredi, des élus de la capitale, parmi lesquels l’adjoint communiste au logement, Ian Brossat, et les conseillers socialistes du 6e arrondissement, Céline Hervieu et François Comet, ont visité des chantiers d’immeubles qui ont pour vocation le logement social. Trente-quatre logements, dans le 16e arrondissement, sur un ancien terrain qui appartenait à Rifaat Al Assad, l’oncle du dictateur syrien Bachar Al Assad, et que la Ville de Paris a acquis «par voie d’expropriation». Huit dans le 6e, sur l’emplacement d’un ancien commissariat: l’immeuble sera achevé fin 2021. 260000 demandes L’idée: apporter de la mixité dans des quartiers où les prix au mètre carré (20000 euros dans le 6e) sont prohibitifs et repoussent les plus modestes. «Depuis 2001 (et l’installation de la gauche à la mairie de la capitale – NDLR), 110000 logements sociaux ont été financés à Paris, se félicite Ian Brossat. Mais il ne faut pas que ces logements se concentrent dans les mêmes quartiers.» Le porte-parole du Parti communiste français entend «mettre le paquet sur les arrondissements déficitaires». Autour de 50 % des logements sociaux parisiens se situent en effet aux portes de Paris, particulièrement dans le nord-est et dans trois arrondissements: le 13e, le 19e et le 20e. Et il y aurait environ 260000 demandes enregistrées de logement social, en comptant les banlieusards qui cherchent un logement sur Paris. «Il faut qu’on progresse. Aujourd’hui, dans le 6e , on est autour de 2 à 3 % de logements sociaux, concède Céline Hervieu, qui siège aussi au Conseil de Paris. Pourtant, il y a dans cet arrondissement une vraie demande: des salariés, des agents du service public, des étudiants qui ont besoin de se loger ici et qui n’ont pas d’énormes moyens.» L’élue note que le conseil du 6e arrondissement, à majorité LR, ne s’est pas opposé à ce projet. La loi SRU fête ses 20 ans La visite était aussi l’occasion, pour la majorité municipale de gauche, de marquer l’anniversaire des vingt ans de la loi «solidarité et renouvellement urbain» (SRU). «Une belle loi de gauche», salue Ian Brossat: elle fixait à 20 % le pourcentage de logements sociaux obligatoires dans les villes de plus de 3500 habitants. Un seuil rehaussé à 25 % pour l’horizon 2025, depuis une loi de l’ancienne ministre du Logement Cécile Duflot, votée en 2012. Le logement comme levier contre les inégalités, une thématique qui résonne particulièrement en ce début décembre, alors que la loi contre les «séparatismes» a été présentée en Conseil des ministres. «Le meilleur moyen de lutter contre les “séparatismes”, justement, c’est de faire vivre la mixité sociale, de faire en sorte qu’on n’ait pas de territoires interdits à la solidarité, avance Ian Brossat. Il faut faire en sorte que les gens se mélangent et ne soient pas condamnés à vivre par catégories, sans sortir de l’entre-soi. Le logement social doit être mieux équilibré sur le territoire: il ne peut pas y avoir des ghettos de riches, d’un côté, des ghettos de pauvres, de l’autre.»

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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 06:22
Gabriel Péri, bâtisseur des lendemains qui chantent - Emilio Meslet, L'Humanité, 18 décembre 2020
Gabriel Péri, bâtisseur des « lendemains qui chantent »
Vendredi 18 Décembre 2020

Le résistant et journaliste communiste n’a jamais cessé de vouloir influencer le cours de l’histoire, attaquant sans relâche les fascismes comme les compromissions européennes du traité de Munich. Des combats qui lui ont coûté la vie.

 

Il ne lui reste plus qu’une poignée d’heures à vivre. Gabriel Péri sait qu’il va mourir quand, au soir du 14 décembre 1941, il saisit sa plume pour rédiger une ultime missive adressée à son avocate, Odette Moreau. Il se penche alors sur ce qu’aura été sa vie ; regrette de n’avoir pas été un mari idéal : « C’est vous qui annoncerez à Mathilde que je suis mort la tête haute. Dites-lui que j’ai eu un repentir : celui de ne lui avoir pas toujours fait la vie sérieuse qu’elle méritait. Mais dites-lui de porter fièrement le voile de veuve », écrit-il.

Le résistant communiste n’a, en revanche, rien à se reprocher sur le plan moral et politique. Il a fait son « examen de conscience » et « il est très positif » : « J’irais dans la même voie si j’avais à recommencer ma vie. (…) Je vais préparer tout à l’heure des lendemains qui chantent. (…) Je me sens fort pour affronter la mort. Adieu et que vive la France ! » Dans la forteresse du Mont- Valérien, tout comme 94 autres otages ce jour-là dans le pays, Gabriel Péri est fusillé « la tête haute » par les nazis, en représailles aux attentats commis par les communistes contre l’occupant. Il n’a alors que 39 ans, et malgré tout, de longues années de combat contre les fascismes à son actif dans les colonnes de l’Humanité ou au Palais-Bourbon.

Dès ses 15 ans, il entre aux Jeunesses socialistes

À sa naissance en 1902 à Toulon, rien ne prédestine Gabriel Péri à devenir l’une des figures du communisme français. Contrairement à son camarade Lucien Sampaix, ouvrier devenu journaliste à l’Humanité et exécuté le même jour que lui, il grandit dans une famille de la petite bourgeoisie. Son père, comptable à la chambre de commerce de Marseille, l’envoie passer sa scolarité dans les écoles des beaux quartiers phocéens, qu’il quitte avant d’avoir le bac. Passionné par la Russie, Gabriel Péri veut s’engager en politique. Ce qu’il fait dès ses 15 ans en entrant aux Jeunesses socialistes, où il se prononce en faveur de l’adhésion à la IIIe Internationale. Remarqué pour ses dons d’orateur, il devient ensuite secrétaire national des Jeunesses communistes.

À peine âgé de 22 ans, il entre à l’Humanité pour prendre la tête de la prestigieuse rubrique internationale, en octobre 1924. En plus d’avoir le verbe acéré, le journaliste est prolifique : entre 1925 et 1938, 250 articles sont, en moyenne, signés de sa main chaque année. Soit autant de textes où le reporter décrypte avec acuité les mécanismes des relations internationales héritées de la Première Guerre mondiale, notamment les conséquences du traité de Versailles. C’est surtout depuis ce poste de vigie, et grâce à ses nombreux reportages à travers l’Europe, qu’il observe la montée des périls. Ceux-là mêmes qui vont lui coûter la vie. Un combat qu’il mènera aussi sur les bancs de l’Assemblée nationale en tant que député d’Argenteuil-Bezons, le temps de deux mandats entre 1932 et 1940.

Changer le cours de l'histoire

En 1936, de retour d’Espagne où il a vu ses camarades tomber, il attaque la politique étrangère du gouvernement dirigé par le socialiste Léon Blum. Il ne comprend pas la non-intervention française face au nazisme, au fascisme italien, au franquisme ou au salazarisme. Après l’annexion de la Tchécoslovaquie par Hitler, lui, le pourfendeur acharné du traité de Munich, s’alarme en vain de l’attentisme : « Ne baptisez pas cela du nom de la paix. La paix n’a rien à voir avec ce triomphe de l’égoïsme de classe. La paix, cela veut dire faire oublier la page sombre que vous venez d’écrire, arrêter le glissement, desserrer l’étreinte sur l’Europe centrale et sur les Pyrénées, rendre aux peuples qui l’ont perdue la confiance dans la signature de la France. C’est à cet effort, quant à nous, que nous allo ns nous consacrer. »

En 1939, le Parti communiste est déclaré illégal. Dans la clandestinité, hostile au pacte germano-soviétique, Gabriel Péri ne renonce pas à changer le cours de l’histoire. Il s’oppose notamment aux tentatives de pourparlers avec les autorités d’occupation pour faire reparaître l’Humanité, journal vendu sous le manteau qu’il continue d’abreuver de ses analyses. Sa dernière ? Un texte intitulé « Non, le nazisme, ce n’est pas le socialisme ! », publié après sa mort.

Comme le plus beau des symboles, son épouse, elle aussi résistante, devient l’une des 32 femmes élues députées en 1945. Une fois le nazisme vaincu, Mathilde Gabriel-Péri reprend le flambeau de l’antifascisme pour qu’enfin des « lendemains qui chantent » puissent voir le jour.

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 11:51
Morlaix. Le Covid impacte les finances de la mairie pour cinq ans

Oublié pour 2021, le coronavirus ? Et non, en tout cas par pour les finances de la mairie de Morlaix (Finistère). Un premier surcoût de 575 000 € a été calculé, lors du conseil municipal de jeudi 17 décembre 2020.

Les finances étaient au menu de ce conseil municipal de jeudi 17 décembre 2020. Une soirée marquée par des problèmes de sons pendant la visioconférence, mais aussi par l’impact du coronavirus sur les budgets de la Ville.

Quelles décisions ont été prises pour aider les commerçants ?

On le sait, les commerces locaux ont beaucoup souffert de la crise sanitaire du coronavirus. De ce fait, le conseil municipal proposait une exonération totale de la taxe d’occupation commerciale du domaine public. À l’origine, elle devait s’opérer du 15 mars au 30 septembre, mais le second confinement est passé par là, et il a été proposé une exonération totale pour 2020. Ce à quoi l’opposition a rappelé que « nous avions proposé cela dès mars. Même si c’est un coût pour la collectivité, le commerce local est prioritaire », par la voix d’Annie Piriou.

Quelles nouvelles charges la Ville doit payer à cause du Covid ?

La somme de 575 000 € est à éponger. 370 000 € sont issus d’une subvention complémentaire pour la cuisine centrale qui s’occupe de la confection des repas en Ehpad et dans les écoles. En effet, le personnel a été payé alors que les repas des écoliers n’ont pas tous été consommés et il était nécessaire d’acheter des gants, du gel hydroalcoolique, etc. 43 000 € correspondent aux pertes sèches du parc des expositions de Langolvas.

Comment la Ville va faire pour essuyer cette somme ?

Un dispositif de l’État permet à la mairie de lisser sur cinq ans les surcoûts liés au Covid. Cela va les « transformer en crédit d’investissement pour ne pas peser sur les crédits de fonctionnement. Nous sommes en contact avec tous les financeurs publics pour construire un Plan Pluriannuel d’Investissement compléter par les fonds de l’État prioritairement (Plan de Relance) », complète Jean-Paul Vermot, maire. Ainsi, pour les cinq prochaines années, la ville devra payer 115 000 € par an pour éponger cette dette.

Quelle autre conséquence pour Langolvas ?

L’Association Retrouver du travail (ART) a effectué un chantier à Langolvas, mais il y avait moins à faire cette année, à cause du Covid. Pour ne pas pénaliser cette association à vocation sociale, la Ville a voté le renouvellement de la convention et compense ces chantiers en moins par la somme de 8 000 €. « Nous réfléchissons à développer les clauses d’insertion sociale dans les clauses de nos marchés publics », complète Ismaël Dupont, premier adjoint aux finances.

Pourquoi le débat d’orientation budgétaire n’a-t-il pas été voté ?

C’est l’un des points qui a suscité le plus d’échanges entre l’opposition et la majorité et qui s’est soldé par sept abstentions. Le débat d’orientation budgétaire et le vote du budget ont été reportés au premier trimestre 2021, au lieu d’être débattu ce jeudi 17 décembre 2020. « Nous regrettons cette décision, annonce Jean-Charles Pouliquen, élu de la minorité. Voter le budget en année civile est confortable pour les associations et les partenaires. »

Pour justifier ce choix, le maire a expliqué que « nous étions en difficultés pour construire le budget et nous avons besoin de temps pour construire notre projet ».

Et concernant la culture ?

Le Théâtre de Morlaix a vu sa subvention municipale baisser cette année, avec 50 000 € (contre 110 000 € les deux dernières années). L’explication est simple : « Il y a eu beaucoup d’annulations de spectacle, mais le théâtre a besoin de moins », souligne Ismaël Dupont.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-le-covid-impacte-les-finances-de-la-mairie-pour-cinq-ans-7090886
 

Ouest-France

Morlaix. Les citoyens pourront proposer des sujets de débats en conseil municipal

La majorité municipale de Morlaix (Finistère) va réaliser un point de son programme. Il s’agit du droit à l’initiative citoyenne : une pétition de 500 Morlaisiens de plus de 16 ans sera proposée. Une question de celle-ci sera validée par le conseil municipal.

C’était une promesse de campagne. Le conseil municipal de Morlaix (Finistère) du jeudi 17 décembre 2020 a entériné l’article 20 du nouveau règlement intérieur du conseil municipal.

Une pétition sera proposée à 500 Morlaisiens et Morlaisiennes de plus de 16 ans. Une question issue de cette pétition sera choisie par le conseil municipal pour être débattue et validée, « si elle est bien dans un domaine de compétence de la commune », précise le maire, Jean-Paul Vermot.

« Le fait du prince »

Agnès Le Brun, de l’opposition, a salué « l’idée, bonne et intéressante. C’est un progrès cet article mais ce n’est pas nouveau : rue de Brest, lors de l’installation des pistes cyclables, nous avons fait appel à des experts, avons écouté ce qu’ils nous avaient dit ». Elle regrette l’interprétation de l’article, qui se traduirait par « le fait du prince, le maire et la commission feront ce qu’ils voudront, il n’y aura pas obligation de les traiter ».

Ainsi, il y aura des commissions permanentes où seront intégrés les citoyens, pour « enrichir la réflexion des commissions. Cela permet de rendre des comptes sur la politique de la municipalité. Pour réconcilier les citoyens avec la vie politique », a rappelé Ismaël Dupont, premier adjoint aux finances.

Six élus de l’opposition se sont abstenus lors du vote.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-les-citoyens-pourront-proposer-des-sujets-de-debats-en-conseil-municipal-7090800

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 11:38
L'association de jumelage Morlaix-Wavel verse 1800 euros pour du matériel scolaire au camp palestinien de Wavel (Liban) qui rend hommage à Jean-Marc Nayet, le président du comité pour un jumelage Morlaix-Wavel
L'association de jumelage Morlaix-Wavel verse 1800 euros pour du matériel scolaire au camp palestinien de Wavel (Liban) qui rend hommage à Jean-Marc Nayet, le président du comité pour un jumelage Morlaix-Wavel
L'association de jumelage Morlaix-Wavel verse 1800 euros pour du matériel scolaire au camp palestinien de Wavel (Liban) qui rend hommage à Jean-Marc Nayet, le président du comité pour un jumelage Morlaix-Wavel
L'association de jumelage Morlaix-Wavel verse 1800 euros pour du matériel scolaire au camp palestinien de Wavel (Liban) qui rend hommage à Jean-Marc Nayet, le président du comité pour un jumelage Morlaix-Wavel

En mars 2007, une délégation d’élus du Pays de Morlaix, lors d’un voyage organisé par la fédération des villes jumelées avec les camps palestiniens, s’est rendue dans un lieu situé au nord du Liban à la frontière syrienne : Wavel.
Au retour et afin de favoriser des liens d’amitié et de solidarité avec ce camp de réfugiés palestiniens l’association de jumelage Morlaix Wawel a été créée le 11 septembre 2007.
Depuis cette date et jusqu’à aujourd’hui, de multiples initiatives ont été prises pour :
⦁    apporter à la population du territoire de Morlaix la connaissance de la réalité de la vie de ces réfugiés palestiniens auxquels se sont joints des syriens fuyant la guerre
⦁    fournir une aide matérielle et financière dans le cadre de la solidarité
⦁    agir pour une reconnaissance de l’état palestinien et du droit au retour de ces peuples déplacés
Tout dernièrement, à la suite du décès du président et en respect de sa volonté, nous avons pu enfin (confinement et situation du Liban) verser la somme récoltée lors de ses obsèques.

Nous avons pu joindre une association humanitaire française sur place qui s’est chargée de se rendre dans ce camp pour verser la somme de 1800 €, permettant l’achat de matériel scolaire et sanitaire (photos reçue le 4 décembre dernier).

Nous la remercions vivement.
L’association de jumelage Morlaix -Wavel

 

 

 

Morlaix - Le Télégramme, 19 décembre 2020

Morlaix - Le Télégramme, 19 décembre 2020

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 10:49
Centenaire du PCF - Vente de livres au local du PCF Morlaix ce samedi 19 décembre
Centenaire du PCF - Vente de livres au local du PCF Morlaix ce samedi 19 décembre
Centenaire du PCF - Vente de livres au local du PCF Morlaix ce samedi 19 décembre
Centenaire du PCF - Vente de livres au local du PCF Morlaix ce samedi 19 décembre
Centenaire du PCF - Vente de livres au local du PCF Morlaix ce samedi 19 décembre

Centenaire du PCF - librairie militante au local du PCF Morlaix ce samedi 19 décembre avec Roger, Lucienne, Daniel, Enzo, Walden, Marie-Francoise, Jean-Luc, Mariane, Martine, Ismaël etc. 26 livres ont été vendus à cette occasion. 

Les communistes brestois avaient quant à eux organisé une vente de livres militante autour du centenaire mercredi soir dans les locaux de la Rue Henri Moreau et de la rue André Berger, deux résistants communistes brestois fusillés au Mont-Valérien en 1943.

Photos Mariane Gauthier Destable et Ismaël Dupont

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 10:49
Il y a 100 ans - Ho Chi Minh, militant socialiste parisien partisan de l'adhésion à la IIIe Internationale, invite la question coloniale au Congrès de Tours
Il y a 100 ans - Ho Chi Minh, militant socialiste parisien partisan de l'adhésion à la IIIe Internationale, invite la question coloniale au Congrès de Tours

En juin et en août 1919, L'Humanité publie le premier texte public d'Ho Chi Minh, manifeste rédigé avec d'autres patriotes vietnamiens a Paris, "Les revendications du peuple annamite":

" 1) Amnistie générale en faveur de tous les condamnés politiques indigènes.

2) Réforme de la justice indochinoise sur l'octroi aux Indigènes des mêmes garanties judiciaires qu'aux européens, et la suppression complète et définitive des Tribunaux d'exception qui sont des instruments de terrorisation et d'oppression contre la partie la plus honnête du peuple Annamite.

3) Liberté de Presse et d'Opinion.

4) Liberté d'association et de réunion.

5) Liberté d'émigration et de voyage à l'étranger.

6) Liberté d'enseignement et création dans toutes les provinces d'écoles d'enseignement technique et professionnel a l'usage des indigènes.

7) Remplacement du régime des décrets par le régime des lois.

8) Délégation permanente d'indigènes élus auprès du Parlement français pour le tenir au courant des desiderata indigènes".

Des" vœux très modérés dans la forme et dans le fond" qui visent à étendre une partie des libertés et des droits de la République française aux trois provinces du Vietnam (Cochinchine, Annam, Tonkin) et à l'Indochine (Cambodge, Laos, Vietnam).

Le lettré Nguyen Tat Thanh, ou Nguyen Ai Quoc, né dans un village de l'Annam (Centre-Vietnam, secteur de Tourane, en 1890), est arrivé en France après son doctorat de lettres une première fois en 1911.

Sur le trajet en paquebot jusqu'à Marseille, il se fait embaucher comme aide-cuisinier et plongeur sur le Latouche-Treville, demande a intégrer l'école coloniale à Marseille, mais, sans appui de l'administration coloniale ni soutien d'une grande famille de mandarin, il n'est pas accepté. Il gagne Le Havre et devient jardinier dans la banlieue du Havre avant de travailler à nouveau dans les cuisines d'un Paquebot avec lequel il voyage en Algérie, en Tunisie, au Sénégal, au Dahomey, au Mexique, au Brésil, en Uruguay.

Il sympathise avec un certain Charlie Chaplin sur un trajet et il continuera à entretenir des contacts chaleureux avec le génial acteur américain.

Il s'installe aux États-Unis en 1913, notamment a Boston où il croise des nationalistes coréens. Puis il se fixe à Londres où il vit les premières années de la Grande Guerre avant de rejoindre Paris en février 1917.

L'odyssée du mystérieux camarade Ho Chi Minh, le "Gandhi rouge", éboueur et vendeur à la criée à Paris, photographe sans le sou, journaliste rouge, est racontée avec maestria dans un livre passionnant, contextualisant les écrits d'Ho Chi Minh, par l'historien Alain Ruscio (préface de Joseph Andras) aux Temps des Cerises (2019).

C'est à ce texte que nous empruntons ce récit.

En 1919, Ho Chi Minh profite du climat de la fin de la guerre et de la déclaration Wilson pour tenter de sensibiliser à Paris la CGT, la Ligue des Droits de l'homme, la SFIO au combat contre l'oppression coloniale, comme les dizaine de milliers de soldats vietnamiens de la Grande Guerre encore présents en France.

Dès 1917, l'auteur des Revendications du peuple annamite est surveillé par la police française et de multiples rapports sont écrits sur lui, plus ou moins approximatifs...

Le 5 août 1919, L'Humanité, qui a ouvert une souscription " pour élever un monument a Jaurès", note qu'un certain "Nguyen Ai Quo, Paris" a versé 5 francs...

C'est le futur Ho Chi Minh.

Le même quotidien le 13 janvier 1920 informe que "le secrétaire du groupe des révolutionnaires annamites" invite "les camarades de la 14e jeunesse" à "une conférence sur l'évolution sociale des peuples en Extrême-Orient, et des revendications de l'ancienne nation d'Annam".

Le 2 mai 1920, Nguyen Al Quoc est annoncé comme orateur socialiste, secrétaire du parti socialiste annamite, à un meeting socialiste réunissant 2000 personnes devant la mairie du Kremlin-Bicêtre.

La foule se rend ensuite a la barrière d'Italie en chantant l'Internationale. En juillet-aout 1920 se tient à Moscou le IIe congrès de L'Internationale communiste qui retient 21 conditions exigées de chaque section nationale pour y être reconnue.

La 8eme fixe clairement l'objectif de lutte contre le colonialisme et pour la libération des peuples colonisés: "Dévoiler impitoyablement les prouesses de "ses" impérialismes (...), soutenir, non en paroles, mais en fait, tout mouvement d'émancipation, (...) exiger l'expulsion des colonies des impérialistes de la métropole, (...) nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimés, (...) entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression".

Ho Chi Minh défend désormais les thèses bolcheviques avec l'aile gauche de la SFIO, et notamment le jeune et brillant Paul Vaillant Couturier. Il tient des conférences en février et en mars pour la jeunesse de la SFIO a Paris sur "Le bolchevisme en Asie". Un informateur de la police résume ses propos:

"L'Annam, l'Egypte, l'Irlande espèrent obtenir leur indépendance grâce aux principes de Lénine"...

Début novembre 1920, Quoc (Ho Chi Minh) est présent au congrès national des Jeunesses socialistes qui vote l'adhésion à la IIIe Internationale.

L'inspecteur de police qui fait la synthèse des rapports de ses informateurs cite les propos d'Ho Chi Minh:

"M.Nguyen Ai Quac félicite les congressistes sur le vote et déclare que cela facilitera la tâche des pays opprimés qui sont sous le régime et la protection de la France qui a civilisé son pays par des coups de canon et de fusils. Mon pays, ajoute-t-il, n'a foi que dans les thèses de Lénine et seul le régime communiste instaurera sur tous les pays une République universelle".

Nguyen Ai Quoc- Ho Chi Minh a 30 ans quand il adhère avec le groupe socialiste du 13e section de Paris a la IIIe Internationale et du 19 au 25 décembre 1920, c'est le seul colonisé présent au congrès de Tours (même si les trois fédérations socialistes d'Algérie ont voté massivement pour l'adhésion à la 3e internationale, elles n'ont envoyé aucun délégué).

Son discours au Congrès de Tours, avec les commentaires des adversaires Jean Longuet et Paul Vaillant Couturier qu'il occasionne, est le seul moment où l'oppression coloniale est évoquée au Congrès de Tours.  Et néanmoins, ce discours est très applaudi, et remarqué dans la presse le 27 décembre 1920 (L'Humanité, Le Gaulois, La Lanterne), et dans le Petit Parisien, qui publie une photo d'Ho Chi Minh (en couverture - source Géo Histoire) le 29 décembre 1920. 

Voici l'intervention de notre camarade Ho Chi Minh au Congrès de Tours (reprise du livre d'Alain Ruscio):

" Le Président: L'Indo-Chine a la parole (Applaudissements).

Le Délégué d'Indo-Chine: Camarades, j'aurais voulu venir collaborer avec vous à l’œuvre de la révolution mondiale, mais c'est avec la plus grande tristesse et la plus profonde désolation que je viens, aujourd'hui, comme socialiste, protester contre les crimes abominables commis dans mon pays d'origine. (Très bien!) Vous savez que depuis un demi-siècle le capitalisme français est venu en Indo-Chine; il nous a conquis avec la pointe des baïonnettes et au nom du capitalisme. Depuis lors, non seulement nous sommes honteusement opprimés et exploités, mais encore affreusement martyrisés et empoisonnés. Entre parenthèses, je soulignerai ce mot "empoisonnés" par l'opium, l'alcool, etc. Il m'est impossible, en quelques minutes, de vous démontrer toutes les atrocités commises en Indo-Chine par les bandits du capital. Plus nombreuses que les écoles, les prisons sont toujours ouvertes et effroyablement peuplées. Tout indigène réputé d'avoir des idées socialistes est enfermé et parfois mis à mort sans jugement. C'est la justice indo-chinoise, car là-bas, il y a deux poids deux mesures; les Annamites n'ont pas les mêmes garanties que les Européens ou les européanisés. La liberté de presse et d'opinion n'existe pas pour nous, pas plus que la liberté de réunion ou d'association. Nous n'avons pas le droit d'émigrer ou de voyager à l'étranger; nous vivons dans l'ignorance la plus noire parce que nous n'avons pas la liberté d'enseignement. En Indo-Chine, on fait tout ce qu'on peut pour nous intoxiquer avec l'opium et pour nous abrutir avec l'alcool. On a fait mourir plusieurs milliers d'Annamites et on a fait massacrer plusieurs milliers d'autres pour défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs. Voilà, camarades, comment plus de la vingt millions d'Annamites, qui représentent plus de la moitié de la population de la France, sont traités. Et pourtant ces Annamites sont des protégés de la France (Applaudissements). Le parti socialiste se doit de mener une action en faveur des indigènes opprimés (Bravos).

Jean Longuet: Je suis intervenu pour défendre les indigènes.

Le Délégué d'Indochine: J'ai imposé, en commençant, la dictature du silence... (Rires). Le Parti doit faire une propagande socialiste dans les colonies. Nous voyons dans l'adhésion à la IIIe Internationale la promesse formelle du Parti socialiste de donner enfin aux questions coloniales l'importance qu'elles méritent. Nous avons été très heureux d'apprendre la création d'une délégation permanente pour l'Afrique du Nord et nous serons heureux, demain, si le Parti envoie un camarade socialiste étudier sur place, en Indo-Chine les problèmes qui se présentent et l'action à mener.

(...) Au nom de l'humanité tout entière, au nom de tous les socialistes, ceux de droite et ceux de gauche, nous vous disons: Camarades, sauvez-vous! (Applaudissements).

Le Président: Le représentant d'Indo-Chine a pu voir, par les applaudissements qui l'ont salué, que le Parti socialiste tout entier est avec lui pour protester contre les crimes de la bourgeoisie". 

Suivit un échange acerbe entre Jean Longuet, petit-fils de Marx, 44 ans, et Paul Vaillant-Couturier (28 ans). 

Nguyen Ai Quoc - le futur Ho Chi Minh - est le voisin de Paul Vaillant-Couturier au congrès de Tours. Les deux hommes seront très liés. Paul aidera Nguyen a trouvé un nouveau logement. Marie-Claude Vaillant Couturier, 10 ans après la mort de Paul, en octobre 1937, fut d'ailleurs reçue par Ho Chi Minh à Paris en 1946. 

Pendant les 30 mois qui vont du congrès de Tours à son départ à Moscou, Ho Chi Minh va être un militant assidu du nouveau parti communiste et l'Union Intercoloniale, sorte de filiale non officielle du parti. Au sein de cette mouvance communiste, Ho Chi Minh s'organise avec les militants révolutionnaires colonisés immigrés en France: le Malgache Samuel Stéfany, les Algériens Abdelkader Hadj Ali et Ahmed Bourhala, les Guadeloupéens Elie Bloncourt et Max Clainville-Bloncourt. Il écrit dans le journal anti-colonialiste d'influence communiste Le Paria  hébergé dans les locaux de Clarté, le journal de l'écrivain et intellectuel pacifiste, sympathisant communiste, Henri Barbusse.  

Le Paria lance l'appel: "En face du capitalisme et de l'impérialisme, nos intérêts sont les mêmes; souvenez-vous des paroles de Karl Marx: "Prolétaires de tous pays, unissez-vous!".

Le 22 mai 1922, Nguyen Ai Quoc (Ho Chi Minh) est le principal organisateur d'un meeting de soutien aux patriotes irlandais, 16 rue de la Sorbonne.  La parole y est donnée à un orateur de l'IRA, Robert Benkett. Une semaine plus tard, l'Américain William S. Nelson, de la Negro Associated Press, se voit offrir une tribune pour dénoncer la situation de ségrégation et de racisme violent dont sont victimes les noirs dans son pays. 

 

 

 

lire aussi:

Centenaire du PCF - Ho Chi Minh et le congrès de Tours

Hô Chi Minh - un révolutionnaire made in France (GEO HISTOIRE, mai 2014)

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 10:41
Des rassemblements dans le Finistère pour exiger le retrait de la loi sécurité globale les 18 et 19 décembre: Brest, Quimper, Quimperlé, etc.
Des rassemblements dans le Finistère pour exiger le retrait de la loi sécurité globale les 18 et 19 décembre: Brest, Quimper, Quimperlé, etc.
Des rassemblements dans le Finistère pour exiger le retrait de la loi sécurité globale les 18 et 19 décembre: Brest, Quimper, Quimperlé, etc.

Des rassemblements étaient organisé à Brest (600 manifestants), Quimper (200 manifestants), Quimperlé en fin de semaine dans le Finistère, avec à chaque fois une présence de militants du PCF, pour le retrait de la loi Sécurité Globale. Après plus d'un mois et demi de mobilisation, nous restons déterminés à obtenir le retrait de cette loi liberticide. 

Photos à Quimperlé hier, 19 décembre, Dominique Gontier

Et à Quimper, 18 décembre, Yvonne Rainero

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 10:34
Photo publiée sur la page Facebook Les Députés communistes avec le communiqué de Marie-George Buffet sur la présentation de son rapport sur la précarité de la jeunesse

Photo publiée sur la page Facebook Les Députés communistes avec le communiqué de Marie-George Buffet sur la présentation de son rapport sur la précarité de la jeunesse

🔴L’ouverture du RSA pour les moins de 25 ans fait l‘unanimité : le gouvernement doit mettre en place cette mesure d’urgence🔴
A l’initiative de Marie Georges Buffet, députée communiste de Seine Saint-Denis, une commission d’enquête parlementaire sur les conséquences de la covid sur les jeunes a été créée au mois de juillet dernier.
Mouvement des Jeunes Communistes (MJCF)
 
[Communiqué de Marie-George Buffet]
Commission d’enquête sur les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse : le rapport est adopté à l'unanimité
J’ai rendu aujourd’hui mon rapport au nom de la commission d’enquête parlementaire pour mesurer et prévenir les effets de la Covid-19 sur les enfants et la jeunesse, après 4 mois de travaux. Voici brièvement ses conclusions principales, en attendant que le rapport soit rendu public.
Tout d’abord, nous avons été alertés tout le long de nos auditions par les mouvements de jeunesse, les syndicats étudiants, les professionnels de l’enfance sur ce déficit de représentation de la jeunesse dans les débats et dans les politiques publiques.
Pour reprendre le terme d’un des auditionnés, nous devons mettre de l’enfance partout.
Plusieurs propositions du rapport vont dans ce sens : renforcement du collège des jeunes dans plusieurs instances comme le HCVA, création d’une délégation permanente à l’enfance au sein de l’Assemblée, participation d’un pédiatre et d’un pédopsychiatre au sein du Conseil scientifique.
Bien que sensiblement préservés, des effets dramatiques de la Covid-19, les conséquences sanitaires sont réelles pour les enfants et adolescents. En effet, les témoignages recueillis font état d’une dégradation de l’état physique de la jeunesse, à raison de deux grands facteurs de risques : en premier lieu, la sédentarité et les déséquilibres alimentaires ; en second lieu, des retards possibles dans la prévention et le suivi des traitements curatifs.
De plus, notre pays souffre d’un déficit très important en pédopsychiatrie. Le nombre de pédopsychiatres a fortement diminué au cours des dernières années : en 2006, près de 1 200 pédopsychiatres formés exerçaient leur activité en France, contre 600 actuellement, et leur moyenne d’âge atteint entre 61 à 62 ans.
Le rapport propose ainsi plusieurs pistes pour remédier à ce déficit, en agissant notamment au niveau de la spécialisation par sa revalorisation.
De même, le soutien psychologique aux étudiants et à leur santé mentale est extrêmement lacunaire, notre pays est très en retard dans ce domaine. Le ratio du nombre d’étudiants par professionnels de santé est préoccupant : le nombre d’étudiants par équivalent temps pleins de médecin de service de santé universitaire atteint 15 813 et le nombre d’étudiants par équivalent temps plein de psychologue est encore plus élevé, avec 29 882 étudiants. Un psychologue pour près 30 000 étudiants alors que les standards internationaux recommandent un ratio de 1 pour 1500.
Concernant la fermeture des établissements scolaires, le constat partagé est celui du creusement des inégalités que cela a entrainé. Les disparités en termes de dotations matérielles, de connaissance du numérique, de conditions de vie ont eu un impact très significatif sur la possibilité ou non, pour les enfants, de continuer à avoir un lien avec l’école, de connaître une véritable continuité pédagogique bien que les équipes pédagogiques aient déployé l’ensemble des moyens mis à leur disposition pour maintenir ce lien. Le rapport propose ainsi un renforcement des efforts dans l’identification des difficultés des élèves et des familles en termes de matériels mais aussi d’illectronisme.
Nous avons tenu collectivement à ce que nos travaux abordent en profondeur la situation des jeunes les plus vulnérables avec leurs problématiques spécifiques et notamment les questions autour de la protection de l’enfance.
Les témoignages recueillis font d’état d’un fort engagement des personnes de l’aide sociale à l’enfance, notamment de la présence renforcée des éducateurs auprès des enfants pris en charge.
Pour les aider dans leurs missions, le rapport propose de renforcer le pilotage national et territorial de la politique de la protection de l’enfance, en réaffirmant l’impératif d’une prise en charge équivalente des enfants sur l’ensemble des territoires. Cet objectif, suppose de réaffirmer le rôle de l’État dans la définition des orientations de cette politique et dans le contrôle de leur mise en œuvre.
La pauvreté infantile atteint 21% des enfants. La crise aggrave les inégalités mais surtout la pauvreté. Les associations caritatives nous ont alerté sur l’urgence de moyens supplémentaires pour aider les ménages pauvres, amplifier la lutte contre la précarité car les enfants sont les premières victimes de la crise économique.
De même, la précarité étudiante, exacerbée par la perte des jobs étudiants, n’aura de cesse de perdurer si nous n’agissons pas structurellement sur l’accompagnement que proposent l’État et les établissements d’enseignement supérieurs, le système de bourses actuel peine à répondre efficacement.
Enfin, l’absence de filet de sécurité pour notre jeunesse nous a été relatée à toutes les auditions si bien que la question des moyens de l’autonomie des jeunes doit être au cœur de notre action et le rapport propose l’engagement d’une réflexion sur les moyens de l’autonomie financière et matérielle des étudiants et l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans.
Jeunesse. Le rapport parlementaire qui sonne l’alarme
Vendredi 18 Décembre 2020 - L'Humanité

Marie-George Buffet a remis le 16 décembre un rapport parlementaire inquiétant sur les conséquences de la crise sanitaire sur les enfants et les jeunes. La députée communiste fait également 80 propositions dont certaines applicables en urgence.

 

Le rapport d’enquête parlementaire remis par la députée (PCF) Marie-George Buffet le 16 décembre donne l’alerte. La jeunesse du pays est durement touchée par la crise du Covid et ses conséquences. « Ils sont au cœur de l’épidémie », prévient la parlementaire : « Ce n’est pas la maladie en elle-même, mais toutes ses conséquences ». Marie-George Buffet explique notamment que lors des auditions menées par la commission d’enquête parlementaire, « les pédiatres ont constaté des prises de poids, de masse graisseuse, une baisse de la capacité physique des enfants. On connaît des cas de malnutrition dans les familles les plus précaires, et chez les étudiants ».

Mais ce qui est encore plus inquiétant selon elle, ce sont les conséquences psychiques. Ces dernières ont déjà été mesurées en pleine augmentation dans la population générale, mais répondent à des problématiques plus spécifiques chez les jeunes. « On ne tient pas compte de la santé mentale dans ce pays », déplore Marie-George Buffet. « Avec le confinement, des enfants sont devant les chaînes d’information en continu, et entendent s’égrener le nombre de morts tous les jours ».

La députée de Seine-Saint-Denis souligne également le problème du rapport au masque : « Des parents d’élève et des enseignants ont attiré notre attention sur le rapport entre l’apprentissage de la parole et les masques. Et au-delà du langage, de la difficulté à appréhender le caractère sérieux ou ironique de celui qui leur parle. Un enfant reconnaît ces choses-là au visage », indique également Marie-George Buffet.

Au-delà de ces constats, son rapport dresse une liste de quelque 80 propositions en faveur de la jeunesse. Certaines sont des mesures d’urgence. « Les vaccinations ont pris du retard, et il va falloir le rattraper chez les jeunes enfants. Nous proposons de débloquer tout de suite 100 millions d’euros pour les PMI dans cet objectif », explique Marie-George Buffet. Mais aussi, « tout de suite, il faut des lieux de parole, où les enfants et les jeunes puissent être accueillis, entendus ». La députée appelle également à « faire très attention aux campagnes de communication, qui ont été très culpabilisantes envers les enfants et les jeunes ».

La commission a également voté à l’unanimité le déblocage en urgence du RSA pour les moins de 25 ans, et demande la création d’un observatoire de la jeunesse alors que les experts auditionnés ont souvent souligné manquer de données chiffrées. La commission a voté, également à l’unanimité, l’interdiction des expulsions de familles avec enfants mineurs, l’augmentation du nombre de médiateurs scolaires auprès des familles les plus isolées, « notamment celles logées par le 115 dans des hôtels sociaux ». Marie-George Buffet a également pointé la « fracture numérique » qui a entraîné un décrochage scolaire. « Distribuer du matériel ne suffit pas », nous explique-t-elle. « On a besoin, sur le long terme, de former à la fois les élèves mais aussi les familles. Si l’on connaît un nouveau confinement en janvier ou en février, les familles démunies seront à nouveau en rupture avec le système éducatif ». Le rapport parlementaire présenté par Marie-George Buffet propose également de « faire entrer un pédopsychiatre dans le Conseil scientifique ».

Diego Chauvet

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