Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 16:03
Fête de l'Humanité 2022 à la base aérienne 217 de Plessis-Pâté dans l'Essonne: les 9, 10, 11 septembre: réservez votre week-end!
Un « nouvel élan » pour la Fête de l’Humanité

Après vingt-deux ans passés en Seine-Saint-Denis, cet événement musical et politique majeur, grand rendez-vous politique de rentrée de la gauche, organisé par les communistes depuis plus de 90 ans, va poser ses valises sur l’ancienne base aérienne 217, au Plessis-Pâté, dans l’Essonne, les 9, 10 et 11 septembre. Fini l’aire des Vents, une nouvelle ère s’ouvre.

 
En 2022, la Fête de l’Humanité prend son envol ! 🪂
 
C’est une toute nouvelle Fête de l'Humanité, intégralement repensée et complètement inédite, qui sera à découvrir les vendredi 9, samedi 10 et dimanche 11 septembre prochains, sur La Base 217 du Plessis-Pâté en Essonne !
 
Il est possible d'acheter votre bon de soutien ouvrant droit aux 3 jours d'entrée sur la fête auprès des militants et sections communistes du Finistère pour 35 euros par bon de soutien avec une invitation pour l'entrée à valider ensuite par internet.
 
Ce bon de soutien est aussi un soutien au journal l'Humanité. Et il est possible d'acheter un bon de soutien de 35 euros pour soutenir le journal l'Humanité, journal engagé pour l'alternative sociale et politique de gauche, et les idées émancipatrices et communistes, sans venir à la fête soi-même.
 
Si vous souhaitez participer à la fête de l'Humanité comme bénévole sur le stand du PCF Finistère, qui fonctionne chaque année avec 60-70 bénévoles et militants et qui dispose d'un espace de restaurant (Kig-ha-Farz finistérien, Saucisses de Molène-Pommes de terre grenailles) et bar, ouverts du vendredi au dimanche, vous pourrez en donnant 3h par jour minimum de travail pour le stand vivre une très belle expérience collective, fraternelle et festive, et profiter de la fête de l'intérieur tout en plantant votre tente à l'arrière du stand si besoin.
 
Les fiches d'inscription sont annexées en pièce-jointe avec les plannings à la publication. Contact et retours avant le dernier week-end d'août à federation@29.pcf.fr /et PCF 29 - 5 rue Henri Moreau - 29 200 BREST - renseignements: 02 98 43 47 78 
 
 
Possibilité d'envisager des covoiturages pour se rendre sur la fête.
 
Vous serez les bienvenus sur le stand du PCF Finistère les 3 jours de la fête. Il sera situé dans l'espace Bretagne Avenue Gisèle Halimi.
 
L'espace Bretagne aura une scène commune:
 
Avec Fest-Noz le vendredi soir
 
Débat sur les Transports et Mobilités le samedi après-midi, 10 septembre, à 15h:

"Le train : un service public, efficace pour les breton.ne.s et pour le climat "

Animé par Gladys Grelaud, Conseillère régionale PCF, de Bretagne

Dimanche 11 Septembre à 11h, Espace – débats Bretagne:

T2A : "Rendre le soin aux soignants..."

- Hamama Bourabaa – Fondatrice et présidente de l'association “Rendre le soin aux soignants”

- Jean-Marie Fessler – Docteur en économie de santé - Président du conseil scientifique de l'Institut Montparnasse – Docteur en éthique médicale – Ancien directeur d'hôpital et des établissements de soins de la MGEN

- Fabien Cohen – Commission santé / protection sociale du PCF – Membre du Comité national du PCF

Animé par Christiane Caro, Atelier Citoyen Santé Bretagne,PCF "

 
 
 
Sinon, entrée commerciale à la fête de l'Humanité actuellement à 50 euros pour les 3 jours à vendre sur le site de l'Humanité:
 
 
🔴 Pass 3 Jours en vente ici dès maintenant* 👉 http://fetehumanite.seetickets.com/
 

Si la base 217 peut paraître lointaine, elle n’est pas moins accessible en transports en commun que ne l’était l’aire des Vents. « Entre l’entrée de la Fête et la station de Brétigny sur la ligne C, la distance est la même que celle qui séparait le RER du Bourget du site de La Courneuve, approximativement 3 kilomètres », indique le directeur de la Fête.

En outre, des navettes assureront la liaison durant tout le week-end entre les gares des RER C et D (cette dernière étant un peu plus éloignée) et la Fête. « Et nous avons travaillé avec la SNCF et les collectivités pour adapter le plan de transport, afin de s’assurer que le site sera accessible, poursuit le responsable. Une vingtaine de trains supplémentaires seront ainsi rajoutés ce week-end-là. » Le lieu proposera également davantage de places de parking sur site, à proximité du cœur de Fête.

Pour ceux qui souhaiteraient dormir sur place, ce sera bien évidemment possible. Le camping, qui existait déjà sur l’aire des Vents, sera là-bas proposé avec de nouveaux services : locations de tipis, de tentes, de matelas, de draps. Un coin famille sera également proposé. Une importante zone sera dédiée aux camping-cars, au prix de 20 euros les trois jours.

 

Informations diverses:

https://www.facebook.com/FetedelHumanite

https://fete.humanite.fr/

 
🔴 OUVERTURE DE LA BILLETTERIE PARKING !
Vous pouvez désormais réserver vos billets pour le parking de la Fête de l'Humanité, situé directement aux abords du site de la Fête.
♿ Parking PMR/PSH : un parking gratuit est accessible en Porte B sur présentation de la carte mobilité inclusion.
🚲🏍 Parking 2 Roues : un parking gratuit est accessible en Porte R (motos et scooters) et via l'entrée piéton (vélos). Ce parking est géré par la FFMC - Fédération Française des Motards en Colère, partenaire de la Fête de l'Humanité.
Réservez votre parking sur 👉 https://parkings-fh.agp.fr/
Fête de l'Humanité 2022 à la base aérienne 217 de Plessis-Pâté dans l'Essonne: les 9, 10, 11 septembre: réservez votre week-end!
FOCUS SUR... La programmation de la Scène Angela Davis ! 👀
Du rap à la soul en passant par la chanson française et l’électro, la programmation de la Scène Angela Davis vous fera voyager dans des univers musicaux éclectiques. Les 9, 10 et 11 septembre prochain vous pourrez y retrouver Jacques Dutronc & Thomas Dutronc, Sexion D'Assaut, Selah Sue, Laylow, CHRISTOPHE MAE, Kungs, Benjamin Biolay, Ibeyi, Ronisia, Zamdane, The Excitements et le Grand Choeur du Canto ! 🔥
Fête de l'Humanité 2022 à la base aérienne 217 de Plessis-Pâté dans l'Essonne: les 9, 10, 11 septembre: réservez votre week-end!
Entre beats tranchants, rythmes dansants, et textes émouvants, ils viendront tous enflammer la scène Joséphine Baker sur la Base 217, nouvelle terre d’accueil de la Fête de l’Humanité ! 🔥
Pass 3J à retrouver 👉 fetehumanite.seetickets.com
Partager cet article
Repost0
21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 10:13
Un livre à lire sur les combats de la Résistance en Bretagne après le débarquement et les SAS de la France Libre: "Chez nous, il n'y a que des morts" par Kristian Hamon (Les parachutistes de la France Libre en Bretagne - été 1944 - Skol Vreizh, 2021)
Note de lecture par Ismaël Dupont - 21 août 2022
 
Je viens recommande la nouvelle enquête historique de Kristian Hamon sur la seconde guerre mondiale et l'Occupation en Bretagne, après les passionnants "Agents du Reich en Bretagne" (2011, Skol Vreizh, 19€: sur les espions et collabos bretons travaillant pour la police et les services de renseignement allemands et les méthodes de ces derniers dans la traque de la résistance), "Les nationalistes bretons sous l'occupation" (2005, Yoran Embanner, 16,70€), , "Le Bezen Perrot" (2004, Yoran Embanner, 15€), un livre ambitieux au titre accrocheur "Chez nous, il n'y a que des morts!" (Les parachutistes de la France Libre - été 1944) publié chez Skol Vreizh en 2021 (20€).
 
Ce livre s'intéresse cette fois non plus à la collaboration bretonne mais à la Résistance de la France Libre qui va intervenir en Bretagne à partir du débarquement du 6 juin 1944, avec des parachutages d'agents de renseignement et de liaison, les SAS français de la France Libre formés en Angleterre et dans les combats d'Afrique du Nord, ces résistants de la France Libre qui vont combattre au côté des forces de la résistance intérieure, FFI et FTP, notamment à Duault et Saint-Marcel, dans des combats à l'issue tragique (les FFI y compris anciens FTP en Bretagne représentent 12 000 à 15 000 hommes au moment du débarquement, dont 9000 peut-être qui étaient armés). Ce livre très fouillé et documenté, appuyé sur des documents d'archives, de nombreux témoignages, commence par faire l'histoire des SAS et de leur première utilisation en Libye et en Égypte, de leur entraînement en Grande-Bretagne, des liens entre les services britanniques et gaullistes, et présente les hommes, leur origine sociale (on apprend notamment la présence d'un grand nombre de juifs dans la France Libre, originaires d'Algérie ou de France Métropolitaine, se heurtant parfois à l'antisémitisme de certains cadres des FFL), avant d'aborder les missions SAS en Bretagne après le débarquement, portant un nouvel éclairage sur la bataille de Saint-Marcel notamment.
 
Une lecture à recommander pour toutes les personnes intéressées par l'histoire de la résistance et de la seconde guerre mondiale en Bretagne.
 
***
Résumé de l'éditeur:
"“Chez nous, il n’y a que des morts !” Les parachutistes de la France libre en Bretagne – été 1944
Kristian Hamon
En juillet 1944, alors que les Alliés piétinent en Normandie, d’importants largages d’armes, de munitions, des parachutages de militaires de la France libre, chargés d’encadrer les maquis du Centre-Bretagne, sont effectués dans les secteurs de Duault (22) et de Saint-Marcel (56).
La libération de la Bretagne semble proche ; pourtant, l’occupant, avec l’aide de collaborateurs zélés, se livre alors à des actes de barbarie innommables : arrestations, tortures, massacres…
Chez nous, il n’y a que des morts : c’est par ces mots que le commandant Bourgoin, chef du bataillon de parachutistes de la France libre, les fameux SAS, informe ses supérieurs du déroulement de sa mission dans le secteur de Saint-Marcel.
Si les SAS ont fait l’objet de nombreux ouvrages, Kristian Hamon -l’un des meilleurs historiens de la Seconde Guerre mondiale en Bretagne – apporte quelques révélations dans un livre remarquablement documenté : il nous apprend qu’un second débarquement en Bretagne a été envisagé par les Alliés, qu’un quart du bataillon SAS était composé de juifs séfarades…
Aboutissement d’années de recherche dans les archives privées et publiques, françaises et étrangères, de collecte de témoignages, ce livre important fait un sort aux rumeurs, aux mensonges, à l’ignorance et aux silences."
Date de parution : novembre 2021
ISBN : 978-2-36758-132-3
Nombre de pages : 372 pages
Format : 16,0 x 24,0 cm à l’italienne. Couverture souple, impression NB
Partager cet article
Repost0
21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 10:06
Rassemblement pour l'ouverture de la section bilingue en seconde au lycée Tristan Corbière en juillet 2021

Rassemblement pour l'ouverture de la section bilingue en seconde au lycée Tristan Corbière en juillet 2021

Jeudi prochain 25 août à 10h30, un rassemblement se tiendra devant l'Inspection Académique de Morlaix pour exiger l'ouverture de la classe maternelle bilingue de l'école Marie-Thérèse Prigent de Plougasnou.
 
Cette ouverture devait se faire et puis au cours du mois de juillet la direction de l'académie du Finistère a décidé de façon discrétionnaire de ne pas ouvrir cette classe au motif qu'il n'y avait pas assez d'inscrits bien que la convention État-Région ne prévoit aucun seuil pour les écoles bilingues.
 
A ce jour, selon nos informations, 9 enfants sont inscrits.

La mairie de Plougasnou avait mis en place toute l'infrastructure prévue pour une telle ouverture, humaine et matérielle.
 
Attaché à l'enseignement du breton, notamment à l'école publique, le PCF soutient l'ouverture de la filière bilingue à l'école MT Prigent de Plougasnou et des camarades seront présents à ce rassemblement organisé notamment par KLT Ti ar Vro Montroulez et Div Yezh Montroulez.
Partager cet article
Repost0
21 août 2022 7 21 /08 /août /2022 07:39

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
20 août 2022 6 20 /08 /août /2022 12:53

Après deux ans passés à Aix-en-Provence (2021, 2019), et quatre ans passés à Angers, cette année, l'université d'été du PCF aura lieu à Strasbourg les 26, 27, 28 août, avec un programme très intéressant comme d'habitude, ouvert sur le monde, la diversité de la gauche, l'histoire, la réflexion et les enjeux sociaux, sociétaux et internationaux. Une expérience très formatrice qui permet d'échanger avec des camarades de toute la France. Cinq camarades de la fédération PCF du Finistère au moins participeront à cette université d'été: Gladys Grelaud, Marion Francès, Enzo De Gregorio, Taran Marec et Ismaël Dupont.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
20 août 2022 6 20 /08 /août /2022 12:40

 

 

 

Deux événements concomitants, intimement liés, ont marqué la semaine passée. Le premier est le sinistre anniversaire de la reprise du pouvoir en Afghanistan par les talibans. Depuis un an, ils y font régner la terreur et contribuent à amplifier une pauvreté absolue. Ils cultivent la haine contre la culture et l’émancipation. Ils emprisonnent physiquement, psychologiquement, socialement les femmes et les jeunes filles jusque dans la geôle vestimentaire, grillagée, barbare et féodale, qu’ils leur imposent. Le deuxième événement s’est déroulé à New York. Alors que l’écrivain Salman Rushdie s’apprêtait à tenir une conférence sur l’une des plus belles créations humaines, la littérature, il a été victime d’une tentative d’assassinat au couteau. À cette heure, selon les informations provenant de son entourage, ses jours ne semblent plus en danger, mais il semble que Salman Rushdie aura de nombreuses séquelles de cette attaque sauvage. Nous lui souhaitons le meilleur rétablissement possible.

Ces deux événements relèvent de la même absurde logique de l’islamisme intégriste. Celui-là même dont des millions de musulmans sont les victimes au quotidien. Dans les deux cas, c’est la culture, le savoir, l’éducation, l’imaginaire qu’on tue. Dans les deux cas, c’est au nom d’un dieu, la négation de l’être humain et la glorification de la mort.

À Kaboul, une manifestation de femmes devant le ministère de l’Éducation nationale pour le droit au travail et à la santé a été violemment dispersée en à peine quelques minutes.

Les gardiens du temple djihadiste les ont pourchassées, les ont battues à coups de crosse. À New York, un même bras armé par le fanatisme et l’obscurantisme poignardait le grand écrivain.

Ces coups de poignard sont de nouvelles entailles contre la liberté de penser, d’écrire, de publier, de parler. Les mêmes poignards de haine ont ôté la vie à Samuel Paty, au père Jacques Hamel et à Daniel Pearl. Le même fanatisme a tué nos amis de Charlie Hebdo.

Ces crimes sont l’expression barbare de la négation de l’être humain, de son rapport aux autres, de sa volonté et sa liberté de s’informer, de comprendre, de s’exprimer, d’aimer.

Celui qui, à New York, a brandi ce poignard pour le plonger dans la chair de Salman Rushdie n’a jamais lu aucun de ses livres. Encore moins, Les versets sataniques qui ont servi depuis une trentaine d’années à déclencher une série de manifestations et d’assassinats de traducteurs, d’éditeurs, de journalistes.

La première manifestation contre cet ouvrage a eu lieu le 12 février 1989 au Pakistan. Elle était organisée par ceux-là mêmes qui aujourd’hui constituent le mouvement islamique des talibans en Afghanistan. Ceux auxquels les États-Unis ont fait place nette il y a un an, dans une fuite honteuse, abandonnant les Afghans à leur funeste sort.

C’est en découvrant cette manifestation que l’ayatollah Khomeiny condamnait à mort Salman Rushdie et appelait à le tuer. Non pas que le livre lui ait déplu : il ne l’a pas lu. Sa fatwa n’avait pour seul objectif que de redorer son blason au moment où son étoile pâlissait. Rien à voir donc avec le contenu du livre lui-même, mais tout à voir avec une lutte politique au sein de l’Iran et plus largement d’une lutte politique au sein de l’islam politique. La dénonciation des Versets sataniques était pour lui le moyen de tenter de se transformer en chef de l’Orient islamique. C’est au nom de son projet personnel que les services de l’État iranien pourchassent Rushdie de par le monde tout en appelant les faibles d’esprit, les criminels, les obscurantistes à exécuter sa sentence. Est-ce que le meurtrier de la semaine dernière a agi avec ce décret religieux en tête ? Il semblerait que oui.

On ne peut que regretter qu’à l’époque un cordon politique protecteur n’ait pas été érigé autour de Salman Rushdie et de son œuvre. Tant de chefs d’État, de personnalités de différentes obédiences, de responsables religieux jusqu’au Vatican, d’écrivains et d’intellectuels ont trop banalisé cette abominable sentence, cet appel au meurtre en soutenant l’idée qu’il s’agissait d’un blasphème.

 

Blasphème ? De la part d’un ami de l’islam, celui de son enfance indienne qu’il défendait. « Cette pensée musulmane large d’esprit », disait ce défenseur du Coran qu’il souhaite voir interprété au vent frais des Lumières. Un islam vivant, donc ouvert aux interrogations, argumentations voire controverses. C’est cette ouverture qui parcourt la riche œuvre de Salman Rushdie. Que le chef d’une théocratie puisse condamner ainsi à mort un homme, citoyen britannique, né en Inde sans soulever de protestations défie les universelles valeurs.

Au-delà de la censure, il s’agissait d’une violation de la légalité internationale, un acte de banditisme d’État. Un acte de terrorisme d’État. Ce que le sectarisme, l’obscurantisme condamnait ce n’était pas simplement une opinion, ni seulement la liberté d’expression, mais une œuvre. Une œuvre romanesque. Un roman qui mêle fictions et pensées critiques, en reprenant le travail intellectuel de grands chercheurs musulmans. Les versets sataniques ne sont pas une énonciation et encore moins une dénonciation, mais une fiction d’où jaillit plusieurs voix narratives, un tissage et un détricotage de contradictions, un travail d’angles aigus, pointus pour décrypter, soulever la réalité, celle que l’auteur a vécu avec l’émigration.

Loin d’être lointaine ou exotique, l’auteur à partir de son expérience fait sentir combien l’immigration bouleverse les vies, agite les contradictions de ce monde. Les versets sataniques font mesurer la richesse de la diversité humaine, la pluralité des cultures qu’elle insuffle, ses entrelacements, ses chocs aussi.

Ce roman fait ré-émerger l’histoire profonde. Celle de l’empire arabo-musulman dont les interdits mortifères ont précipité la chute entre le 11e et le 13e siècle. En reprenant ce travail d’intellectuels musulmans du Moyen-Âge, par l’écriture d’une fiction, Salman Rushdie nous fait comprendre que le monde musulman n’est ni un bloc uniforme ni figé dans la pierre. Son roman projette le vieux et souvent douloureux conflit qui depuis des siècles met en tension la littérature et la religion, la littérature et les affaires politiques. Rien donc à voir avec un quelconque blasphème ! L’œuvre de Salman Rushdie est souvent une mise en abîme, une mise en perspective des questions liées à l’identité. Qu’il s’agisse de l’identité nationale, de l’identité ethnique, de l’identité religieuse bref ce qui fait le miel de tous les fondamentalistes et extrémistes réactionnaires. Les adeptes de la fatwa décrétée contre Rushdie se recrutent dans ces cercles où l’ignorance et l’obscurantisme sont les deux mamelles de la bêtise humaine.

Ce même obscurantisme qui niait, il n’y a pas si longtemps les dérèglements climatiques, celui professé dans des cercles des droites extrêmes contre l’histoire ou la science ou encore ceux qui remettent en cause le droit à l’avortement et veulent perpétuer la soumission des femmes à un ordre patriarcal.

Nous souhaitons que Salman Rushdie s’en sorte au mieux, et qu’il puisse continuer à écrire, à créer, à parler. Nous souhaitons la plus grande solidarité combative aux côtés des Afghanes, les travailleuses, les intellectuels, les sportives en Afghanistan pour qu’elles puissent se libérer de leurs cages.

Marie-George Buffet, qui a été une excellente ministre des Sports, avec l’association qu’elle a créée, a depuis longtemps pris le parti de permettre aux sportives afghanes de pratiquer et concourir librement. Qu’elle puisse être entendue et soutenue, afin que les sportives afghanes puissent participer aux Jeux Olympiques à Paris en 2024.

Il ne faut pas qu’après nos larmes, à peine séchées, vienne à nouveau l’oubli.

La vigilance s’impose. Cela fait trente-trois ans maintenant que Salman Rushdie, infatigable éveilleur des consciences, est la cible d’une fatwa exigeant sa mise à mort.

Son combat, le combat pour la liberté, n’est jamais gagné. Il doit sans cesse occupé les esprits justes et forts.

C’est le combat pour la culture, pour la liberté d’écrire, de créer. C’est le combat pour la liberté de la presse et le droit des journalistes de faire leur travail qui doit être partout respecté.

Faut-il que ces ennemis de la liberté, qui pourchassent Salman Rushdie ou Talisma Nasreen, Ousmane Diarra, ou Nudem Durak et tant d’autres depuis si longtemps et martyrisent les femmes, soient à ce point, si dépourvus, si faibles d’esprit pour avoir ainsi peur de mots, de phrases, d’un livre, de la culture, de la création et de la littérature ?

La solidarité avec les Afghanes comme avec les Iraniennes, les Gazaouis, les Pakistanaises, les Irakiennes, les Kurdes et tant d’autres doit vivre et se développer. C’est le combat pour l’émancipation des femmes, d’apprendre, de travailler, de créer. Celui pour leur droit à disposer de leur corps, d’aimer librement, de donner naissance ou non.

 Dans les deux cas, des actes forts sont nécessaires.

Les femmes afghanes pourraient, par exemple, recevoir le prix Sakharov du Parlement européen et être présentées à la candidature pour le prix Nobel de la paix.

Salman Rushdie pourrait être présenté pour le prix Nobel de littérature. Symbolique ? Peut-être ! Mais si fort que ces distinctions seraient partie intégrante d’un nécessaire rapport de forces pour protéger toutes celles et ceux qui vivent en permanence sous la menace et promouvoir la liberté. Nul ne peut être étranger au combat pour leur liberté, pour la liberté.

Partager cet article
Repost0
20 août 2022 6 20 /08 /août /2022 05:53

 

 

Le capitalisme, c’est la guerre

Des guerres asymétriques de 1990 à 2020, à celles de haute intensité demain
de Nils Andersson

à l’heure où la Russie poursuit son invasion de l’Ukraine, dans ces quelques jours qui ont déjà coûté la vie à plusieurs milliers de militaires et à environ cinq cents civils, et ont vu plus de deux millions de réfugiés fuir dans les pays limitrophes, chacun se demande, avec un peu d’hébétude, comment nous avons pu en arriver là, tout en se rappelant, parfois avec une certaine gêne, que nous sommes moins émus vis-à-vis d’autres conflits qui se déroulent pourtant au même moment, dans la Corne de l’Afrique ou en Somalie, moins préoccupés par ceux que nous avons menés et qui se sont enlisés, comme en Libye ou au Sahel, moins accueillants, aussi, envers les réfugiés syriens ou afghans.
La lecture de l’ouvrage de Nils Andersson, paru l’année dernière, permet de replacer cet événement dans un contexte plus large, qui commence à la fin de la guerre froide et de l’opposition des deux blocs formés par les États-Unis et l’URSS, et propose un passage en revue dense, informé, précis, des diverses guerres qu’a connues le monde au cours de ces trente dernières années, en ce temps d’hégémonie du capitalisme.

Capitalisme et paix sont incompatibles

Alors que ce dernier se prétend porteur d’un monde de paix, qui serait rendu possible par l’avènement d’une économie de marché mondialisée, le constat est sans appel : non seulement la guerre n’a jamais cessé – depuis 1990, on décompte entre trente-cinq et cinquante conflits armés actifs chaque année – mais en plus le risque d’un retour aux guerres de haute intensité, menées avec des moyens de destruction et de tuerie démultipliés par les progrès technologiques tels que la robotisation, les réseaux ou l’intelligence artificielle, s’étendant à des champs de bataille autrefois préservés, le cyber espace et le domaine exo-atmosphérique, ou encore le corps humain (avec les « soldats augmentés », à l’aide des biotechnologies). Un chiffre est emblématique de cette situation inquiétante qui nous projette, presque directement, dans le pire des quatre futurs envisagés aux États-Unis, en 1997, dans un rapport du National Defense Panel : « Une détérioration de la conjoncture économique dans le monde, conjuguée à l’effondrement des institutions internationales. Des États-nations affaiblis, des organisations non étatiques et des coalitions se disputant des ressources qui se raréfient. Les alliances sont fluides, imprévisibles et opportunistes. » En 2018, les dépenses militaires mondiales se sont élevées à 1 774 milliards de dollars. On s’arme et se surarme sur tous les continents : outre l’inquiétude que cela devrait très largement susciter – qui a tout de même conduit à un appel de vingt-cinq États de l’ONU à interdire les « armes entièrement autonomes », appel qui s’est notamment heurté à l’opposition de la Russie –, il faut pointer du doigt la responsabilité des États marchands d’armes dans ce cycle fou de militarisation du monde.

« Un passage en revue dense, informé, précis, des diverses guerres qu’a connues le monde au cours de ces trente dernières années, en ce temps d’hégémonie du capitalisme. »

D’autres facteurs que la vente d’armes relèvent de la nature même du capitalisme : le nécessaire contrôle de l’accès aux ressources naturelles – ainsi, les principales réserves de pétrole et de gaz naturel (en dehors de la Sibérie) se trouvent au Proche-Orient ; la préservation de zones d’influence et la prévention de l’émergence d’un éventuel futur concurrent, par exemple par le biais de la reproduction de l’ancien ordre colonialiste, avec l’établissement de protectorats.

L’utilisation de « concepts de paix » pour justifier la guerre !

Si la paix est présente dans les discours des principaux acteurs de la communauté internationale ces dernières décennies, qui émaillent les pages du livre, c’est surtout sous la forme de concepts permettant de justifier des guerres : celui de « droit d’ingérence humanitaire », notamment, utilisé lors de la guerre du Golfe en 1990-1991, puis en ex-Yougoslavie, qui a plus répondu à des objectifs géopolitiques impérialistes qu’aux besoins humanitaires invoqués, et n’a à aucun moment pu empêcher les massacres annoncés qu’il était censé prévenir ; celui de « guerre préventive », pour justifier l’invasion de l’Irak ; celui, enfin, qui remplace le « droit d’ingérence humanitaire », la « responsabilité de protéger », qui fut au cœur de la guerre en Libye, avec le succès qu’on connaît trop bien : 30 000 à 50 000 morts, nombre qui continue à augmenter ; une explosion de tous les trafics, de drogue, d’armes et d’esclaves, qui en font la base arrière et le dépôt d’armes des mouvements salafistes de Syrie et d’Afrique de l’Ouest ; une guerre civile où s’affrontent des clans armés ; une ingérence continue de la France, qui a apporté son soutien militaire au clan du général Haftar, comme de la Russie et de la Turquie.

Pour un droit d’ingérence des peuples

Nils Andersson ne prône pas de rester inactif face à des États qui perpétreraient des crimes de guerre ou prendraient l’initiative d’attaques contre d’autres nations ou peuples. Il propose un droit d’ingérence à opposer au droit d’ingérence humanitaire, celui des peuples, contre « les pouvoirs politiques, économiques, financiers, militaires qui imposent leur domination », et prône, contre l’imposition de la guerre comme seule voie de négociation, une démarche pour résoudre les situations de crises combinant forces nécessaires pour assurer la sécurité et une action de prévention à l’écoute des populations, s’appuyant sur une connaissance de l’histoire longue et des mémoires des populations – avec l’exemple des Albanais et des Serbes du Kosovo à l’antagonisme séculaire, exacerbé par l’accumulation des discours de haine, des crimes commis et de ceux qui étaient inscrits dans les mémoires, ou encore du Rwanda, où l’ethnoracialisation des Tutsis et des Hutus avait été de longue date construit par les colonialismes allemand puis belge.
Il souligne également combien est lourd le poids, chez les populations civiles, du ressentiment et de la haine, face à des embargos qui, comme au Koweït, causèrent 500 000 à 1 500 000 victimes, dont la majorité était des enfants ; devant des condamnations des atteintes aux droits humains à géométrie variable, quand la cour de justice internationale, ou le droit d’ingérence humanitaire visent certaines puissances régionales mais couvrent les crimes commis par les principales puissances (comme ceux des États-Unis en Irak, des tortures d’Abu Ghraib au pilonage de Falloujah avec des bombes à fragmentation ou à phosphore blanc, un an après la fin de l’invasion de l’Irak, 654 965 décès après-guerre en juin 2006). Lourd aussi le poids des mensonges et des opérations de désinformation, utilisés pour conditionner les opinions publiques (du faux témoignage de la fille de l’ambassadeur du Koweït parlant sous la dictée, accusant les soldats irakiens d’atrocités sur des nouveau-nés, pour la guerre du Kosovo, jusqu’aux « armes de destruction massive », dont Tony Blair annonçait la présence dans l’Irak de Saddam Hussein, et dont il ne fut plus question une fois que ce dernier fut renversé). Il montre le discrédit de l’ONU, instrumentalisé, via les gouvernements qui le constituent, ou son conseil de sécurité, dans des opérations dirigées par l’OTAN, devenu, durant ces trente années, le fer de lance du « nouvel ordre » de la mondialisation néolibérale. Enfin, alors que le monde multipolaire né de l’apparition des puissances émergentes, qui déporte l’épicentre en Asie, hors de l’espace atlantico-européen, semble laisser la place à un affrontement entre les États-Unis et la Chine, il met en doute la possibilité d’une stabilisation du monde dans le système néolibéral actuel.

Le fait d’en finir avec la guerre, son coût humain mais aussi écologique, est-il pourtant complètement irréaliste ? Les appels de Jean Jaurès à l’union des prolétariats des pays d’Europe contre la guerre n’empêchèrent pas le déclenchement de la Grande Guerre et ses 10 millions de morts : les slogans qui refleurissent aujourd’hui sur les places, dans les rassemblements, encore trop faiblement – le fort et persistant front antiguerres impérialistes, depuis 1990 jusqu’aux marches d’opposition à la guerre en Irak, s’est, comme le remarque Nils Andersson, « liquéfié » lors de la guerre en Libye derrière Sarkozy. « Non à la guerre ! », « Quelle connerie la guerre ! », qui font écho à des mouvements plus anciens, témoignent de la vivacité et de l’obstination d’une utopie qui, à l’heure où le président de la République annonce vouloir créer une Europe militaire, est une nécessité.

Cause commune • mars/avril 2022

 

Partager cet article
Repost0
19 août 2022 5 19 /08 /août /2022 20:00
Le réchauffement climatique est là : nous devons nous y adapter ! - Déclaration des communistes de Bretagne, 15 août 2022
PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

Comité Régional d'Action et de Concertation

70 rue Marcel Sembat

Lanester 56 600

02 97 21 01 26

 

Déclaration des  Communistes de Bretagne

 

Le réchauffement climatique est là : nous devons nous y adapter !

Le réchauffement climatique est bien là et nous en mesurons les premiers effets dévastateurs avec des incendies hors de contrôle qui frappent partout à travers la planète, y compris pour notre région, ce qui était encore inimaginable il y a quelques années.

Pourtant, ces vagues de chaleur aux conséquences multiformes ont bien été anticipées par les climatologues, y compris pour la Bretagne : hélas elles se répéteront au cours des prochaines années en s'aggravant. Ce réchauffement planétaire est mesurable, environ 1,1 degré supplémentaire par rapport à la période préindustrielle, et il pourrait atteindre dès 2035 1,5 degré. C'est un phénomène bien installé, et si la France a été relativement épargnée l'année dernière, rappelons que l'ensemble de l’Europe a été durement touché.

Le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) nous incite à prendre dès aujourd’hui des mesures, à la fois d'atténuation pour baisser nos émissions de CO2, mesures nécessaires mais dont les résultats et bénéfices ne se feront surtout ressentir que dans la 2eme moitié du siècle, mais aussi et surtout, à prendre des mesures d'adaptation pour faire face immédiatement à ce changement inévitable.

La Bretagne doit pleinement s'inscrire dans ces mesures nécessaires d'adaptation préconisées par le GIEC dans son dernier rapport.

La gestion de l'eau fait partie de ces mesures. Il ne s'agit certes pas d’alimenter des réservoirs par pompage des nappes phréatiques destinées aux pratiques de l'agro-business, mais bien de conserver  les pluies d'hiver et de printemps, afin de soulager les écosystèmes fragilisés en été, de les mettre à disposition des usages essentiels domestiques et d'agriculture raisonnée.

Dans notre pays, l'agriculture consomme 48% des ressources en eau, dont 25% pour le maïs fourragé seul : il importe donc de s'engager vers de nouvelles pratiques culturales qui vont de l'usage de plantes peu consommatrices d'eau à de nouvelles formes d’irrigation mieux contrôlées et tout aussi efficaces.

La gestion du patrimoine forestier public et privé doit prendre dès à présent un autre cours. Nous avons besoin de retrouver une gestion équilibrée des massifs qui donne priorité à la diversité des espèces et notamment à celles résistant à la sécheresse et aux feux, et non pas à la rentabilité, au profit et à la production à à tout prix..

Il est urgent également de tourner résolument le dos aux politiques d'austérité qui depuis des années ont mis à mal notre système de sécurité et de lutte contre les incendies. Nous manquons cruellement de moyens aériens, de sapeurs-pompiers professionnels et de pompiers volontaires. Depuis des années les budgets sont contraints et le nombre de casernes est passé de 7000 unités à 6100.

La région Bretagne se doit d'être exemplaire en soutenant exclusivement les expériences et les secteurs professionnels qui ont fait de la transition environnementale et de l'adaptation au réchauffement climatique, un de leurs objectifs prioritaires.

Philippe Jumeau

Porte Parole du CRAC

 

Lanester le 15 août 2022

 

Partager cet article
Repost0
19 août 2022 5 19 /08 /août /2022 19:49
Raymonde Dien, une militante courage - par Pierre Chaillan
Disparition. Raymonde Dien, une militante courage

La militante communiste, figure internationale pour la paix, et dont le geste contre la guerre d’Indochine a été durement réprimé par la prison, est décédée à l’âge de 93 ans.

Publié le Vendredi 19 Août 2022 - L'Humanité

Avec la mort de Raymonde Dien, c’est une figure contemporaine de l’engagement communiste qui disparaît. En 1950, alors que la jeune militante participait à une manifestation contre la guerre d’Indochine, elle sera jetée en prison. Durant des décennies, elle restera en France et dans le monde un symbole de la lutte pour la paix, pour la dignité humaine et pour la solidarité internationale. Née Raymonde Huberdeau le 13 mai 1929 à Mansigné (Sarthe), elle est élevée dans une famille, comptant trois enfants, installée en Indre-et-Loire, et dont le père, communiste et ouvrier charpentier, sera fait prisonnier de guerre. Très vite engagée politiquement, la jeune sténodactylo adhère au PCF en 1947.

Elle se marie en 1949, avec Paul Dien, tourneur-ajusteur de métier. Le couple aura trois enfants. Tous deux militent à l’Union des Vaillants et Vaillantes et Paul en devient permanent en région parisienne. Le PCF s’engage alors résolument contre la guerre d’Indochine. Des actions d’envergure sont menées, à l’image de la grève des dockers, bloquant les expéditions de matériel militaire à Marseille puis dans les autres ports français de novembre 1949 à mai 1950, tandis que  l’Humanité publie presque quotidiennement des articles opposés à la guerre. Le 23 février 1950, à la nouvelle qu’un convoi de tanks à destination du Vietnam allait traverser la gare de triage de Saint-Pierre-des-Corps, la fédération du PCF organise une puissante manifestation. Pour stopper le train, deux militants se couchent sur les voies : le secrétaire fédéral René Jannelle et Raymonde Dien. Son signalement ayant été donné, Raymonde est arrêtée le jour même.

Après 36 jours de prison cellulaire à Tours, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 1950, entourée de quatre policiers, Raymonde Dien est transférée au Fort du Hâ, à Bordeaux (Gironde). Une puissante campagne de solidarité popularise son action courageuse. Des manifestations sont organisées, des militants par milliers écrivent aux procureurs de la république de Tours et d’Orléans pour réclamer sa libération et  l’Humanité publie régulièrement des articles en sa faveur. Le 1er juin 1950, elle est toutefois condamnée par le tribunal militaire de Bordeaux à un an d’emprisonnement pour atteinte à la sûreté extérieure et intérieure de l’État. Elle sera privée de ses droits civiques pendant 15 ans. Elle est enfin libérée le 24 décembre 1950.

Internationalement connue, Raymonde Dien est invitée aux quatre coins du monde, à Moscou, en Chine, à Berlin, etc. En 1956, elle participe, avec Henri Martin, au Congrès de la jeunesse vietnamienne, à l’issue duquel ils sont reçus par Hô Chi Minh.

Depuis le début des années 1950, le couple Dien vit en région parisienne, à Nogent-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne), puis à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis) qui restera sa ville d’attache. Raymonde Dien est élue membre du bureau national de l’Union des jeunes filles de France (UJFF, jeunesses communistes), puis en devient secrétaire nationale jusqu’en 1958. Par la suite, elle continue à militer au PCF. Elle travaille un temps à la Fédération de la Métallurgie CGT. Elle est ensuite employée au sein de la régie publicitaire de la presse communiste, l’Agence centrale de publicité (ACP), jusqu’en 1985. Son engagement et la répression qu’elle a subie resteront longtemps dans les esprits. En mémoire de son geste, Raymonde Dien reçoit en 2004 la Médaille de l’Amitié du Vietnam. Une statue la représentant allongée sur des rails est en outre élevée au parc de la Victoire à Saint-Pétersbourg (Russie). L’Humanité présente ses condoléances à sa famille et à ses proches.

Partager cet article
Repost0
19 août 2022 5 19 /08 /août /2022 12:27
Des mots pour une alternative - Contribution au débat des communistes au sein du PCF - par Yvon Huet

YVON HUET

 

CONTRIBUTION AU DÉBAT DES COMMUNISTES AU SEIN DU PCF

 

Des mots pour une alternative

Pour que l'amour soit plus fort que la haine, à l’instar des bons conseils de Salman Rushdie, il faut redonner un sens aux mots qu'on utilise parfois à tort et à travers sans trop savoir d'où ils viennent et où ils vont. La décennie que nous venons de vivre a vu certains mots gonfler au point d'exploser, d'autres disparaître dans l'autocensure, d'autres encore mélanger les genres au point de ne plus savoir ce qu'ils veulent vraiment dire. Derrière tout cela, une énorme crise de société dont les règles sont régies par un jeune système âgé de quelque deux cents ans, le capitalisme, ressenti comme très vieux mais en fait très jeune au niveau de l’histoire humaine. Il fixe le terrain de jeu des guerres qui s'étendent, cristallise les incompréhensions et les défiances dont les mots sont les vecteurs. 

Pertes de repères

 

Pour étayer ce que j'exprime, je renvoie au port de l'étoile jaune par des jeunes, voire moins jeunes, mobilisés dans des manifestations dites « anti-vax » lors de la crise sanitaire. Un signe assez grossier du mélange des genres et de la négation de la mémoire historique. Au niveau de la communication politique, on atteint souvent le sommet de la manipulation qui mène à une sorte d’appel incantatoire au "tribunal populaire" contre ceux qui ne sont pas dans les cordes de la pensée dominante d’un moment de la révolte virtuelle érigée en grand soir permanent ou de son contraire, le dit « raisonnable » qui s’arrange de la fatalité de l’existant. Le vent de la perte des repères, conforté par cette crise savamment entretenue des mots, est particulièrement fort notamment depuis que les témoins de la Seconde Guerre mondiale ont presque tous disparu, mais aussi depuis que la révolution informationnelle a bouleversé le mode de communication traditionnel dans un sens totalement orienté par les GAFAS (Google, Apple, Facebook et Amazon).

 

Éclairage de l’objectif

 

L’accumulation des raisons de cette situation pourrait nous faire croire qu’on ne peut rien y faire. Il ne faut pourtant pas se laisser impressionner et aller à l'essentiel dans le cadre de la lutte que nous menons pour la justice sociale. L’objectif, comme l’a si simplement dit Victor Hugo qui, n’en doutons pas, n’était pas un léniniste, est l’éradication de la pauvreté, qu’elle soit physique ou mentale, et la mise au pas des profiteurs qui, entre autres, font la pluie et le beau temps des terminologies.


Mots brouillés

 

L'exemple du mot "fascisme" employé à la volée est symptomatique de l’ambiance. On a oublié ce qu’il génère réellement pour ne s’attaquer qu’à la forme actuelle de l’exercice du pouvoir qui en fait n’est que le résultat de l’autoritarisme d’un exécutif surdimensionné en tant que réponse des libéraux à la crise du capitalisme. Que dire du mot socialisme et son corollaire le communisme ? Ils sont employés à toutes les sauces, plutôt aigres, voire empoisonnées, dans un fracas de confusions dont le but est de susciter la réaction ultime, « Plus jamais ça », à partir de l’expérience avortée de l’Union soviétique, le but n’étant pas d’analyser ce qui n’avait pas marché mais de tirer à vue sur tout ce qui pourrait désormais remettre en cause un monde capitaliste qui a pu prendre sa revanche et le fait payer aux peuples au prix fort. Là aussi, l’origine des mots est occultée pour ne présenter que la pâle copie d’un idéal dont l’origine est en fait identique à l’éclosion du capitalisme et qui motive encore, sous des formes nouvelles, le corps militant les partis d’une gauche qui se veulent alternatifs. A partir de ces exemples, on peut constater une radicalisation diabolisant le sens des mots. Elle tend à figer les divisions et le rejet, donc toutes formes de clanismes.

On pourrait faire un glossaire de toutes les évolutions de l'expression qui enflamment les discussions des réseaux sociaux. Elles font aussi apparaître une tendance à un ordre moral sous-jacent fondé sur les frustrations générées par cette société capitaliste (j’insiste) qui fait payer ses crises et enferme les consciences dans de multiples voies de garage où l’envie d’en découdre et la détestation aboutissent à des limites que savent gérer les idéologues de la diaspora capitaliste.

 

Résultat ? La majorité se replie sur le mode survie et quitte la scène de l’activité citoyenne pendant que qu’une minorité se paye majoritairement des déchirements de façade fondés sur les leurres de la délégation de pouvoir et du providentiel. Reste une conscience collective à gauche qui se réveille certes mais qui peine à tracer son chemin, elle-même en partie déstabilisée par la perte des repères.
 

Se former pour respirer et gagner

 

Pour sortir de cette chausse trappe récurrente, il faut privilégier l’école de la formation qui conforte l’école de la vie. Il faut prendre son temps dans la réflexion et privilégier les efforts de celles et ceux qui croient à juste titre aux bienfaits de la science quand elle est mise au service de l'humain. Sans compter l’importance à redonner un sens aux mots en expliquant ce qu'ils ont voulu dire dans leur source historique sans craindre l’évolution naturelle des terminologies, sous réserve qu’elles ne soient pas utilisées, comme le mot écologie, pour cacher la misère et les ravages provoqués par le capitalisme financiarisé.  

 

Dans ce contexte, la réflexion fondée sur l'investigation sérieuse* – qui ne contredit pas la nécessité d’une activation la plus importante possible du mouvement social – n’a jamais été si nécessaire qu’aujourd’hui. La relance d’une vie intellectuelle sortie des pratiques de l’élitisme doit permettre de sortir du feu de paille des colères pour entrer dans un processus qu’il faut savoir appeler par son nom, révolutionnaire (encore un mot souvent censuré), parce que remettant en cause la logique d’un ordre établi fondé sur la soumission, n’ayons pas peur non plus de ce mot qui ne mérite aucune capture sectaire. Au même titre que les Droit de l’Homme et du Citoyen si bien défendus par la revue de la LDH, Droits &libertés, qui répond toujours très justement et sur le fond à bien des sujets qui fâchent.

 

N’oublions pas non plus les nombreuses revues de la CGT, qu’elles soient confédérales ou fédérales, qui activent les réseaux de la réflexion syndicale en redonnant pour l’essentiel, du sens aux objectifs souhaitables pour le mouvement social, avec, cerise sur le gâteau, un excellent travail de mémoire réalisé par l’IHS (Institut d’Histoire sociale) ainsi que ses déclinaisons régionales et départementales.

 

Les nombreux outils de communication de la pensée alternative peuvent servir de socle à une formation citoyenne des militants, voire, plus largement, de ceux qui préfèrent la curiosité à la « philo de comptoir » qui se résume souvent à des tweets rageurs et réducteurs que les historiens auront bien du mal à répertorier parce qu’ils seront défraîchis le lendemain de leur apparition comme les lucioles d’un printemps inachevé.

 

Ce ne sont pas des « Bibles » mais des outils de référence qui doivent permettre à chacune et chacun de penser par soi-même, donc de ne jamais craquer devant la pression de la pensée dominante, libérale autant que brutale dans ses exigences, agissant comme un rouleau compresseur et sachant tirer à ses intérêts les contradictions d’une société dans laquelle elle a su individualiser l’essentiel des réflexes, dans le travail comme dans le mode de vie, en isolant chacune et chacun d’entre nous dans un environnement souvent peu propice au débat collectif.

 

La tâche est donc difficile parce qu’à contre-courant de l’existant, mais aussi passionnante, parce qu’elle met en évidence la nécessité de savoir rêver sans perdre les pédales du réel qu’il faut regarder en face sans en être paralysé pour autant. Dans ce sens, les mots que nous utilisons pour exprimer des concepts correspondant soit à la réalité soit à l’espoir alternatif en construction doivent tendre à un retour de repères collectifs significatifs, faute de quoi les conditions durables d’un changement de société permettant aux citoyens de s’épanouir en toute liberté ne seront pas atteints, même en cas d’alternance à gauche.

 

En poussant plus loin le bouchon à titre d’exercice, faisons le tour de deux mots, alternatif et radical. L’utilisation du mot alternatif définit bien le sens d’une rupture pour une libération des forces sociales, avec le pari d’une pérennisation d’un changement de société, avec cette exigence de mettre le monde du travail au cœur des décisions et des préoccupations. L’utilisation du mot radical exclut de fait toute prise en compte de la diversité des options offertes dans le processus alternatif, dans le temps comme dans le contenu. Elle est donc source de soumission et/ou de simple témoignage face à un pouvoir centralisé. La démarche alternative, au contraire, permet la liberté du choix et de son rythme. En cela, elle garantit la liberté de conscience et le débat collectif qui lui donne un cadre, et ce n’est pas rien, quand on sait ce qu’ont donné les réductions pyramidales et ce qu’elles donnent encore aujourd’hui.

 

En cela, nous rejoignons la courageuse leçon humaniste de Salman Rushdie tout en suivant les enseignements d’un marxisme qui n’a d’intérêt que pour se libérer des chaînes d’une société moribonde qu’il faut remettre en cause sans pour autant rejeter tout ce qui a été fait de bon et sérieux grâce à la créativité du monde du travail.

 

Reste l’utilisation du mot dépassement. Je le trouve bien faible en regard des exigences même s’il est rempli de bonnes intentions. Mais c’est une autre histoire qui peut être facilement dépassée par un débat de fond sérieux autant que fraternel intégrant l’humour en tant qu’exigence d’une pensée révolutionnaire qui se doit d’être gaie autant que respectueuse d’une diversité riche de promesses dans mon parti, le PCF.

Yvon Huet

 

(*) Concernant la réflexion et sa méthode la gauche alternative, sous réserve de mise à jour, dont les communistes particulièrement actifs, a de multiples outils. En voici une liste non exhaustive :
 

–     Progressiste ;

  • La Pensée ;
  •  Recherche internationale ;
  • Cahiers d’histoire ;
  • Silo, agora des pensées critiques (plateforme internet).

 

Et tant d’autres déclinaisons sectorielles dont :

 

  • Le Réseau d’Action Promouvoir Sécuriser l’Emploi (Commission économique).

–    Terre Mer (Agriculture, pêche, forêt) ;

  • La fabrique du possible (Culture) ;  
  • Communistes-féministes (Droits des femmes/féminisme ;
  • Rés’lib (Droits et libertés) ;
  •  Luttes de classes(s) (Ecole) ;
  • Carnets rouges (Ecole) ;  
  • Planète humanité (Ecologie) ;
  • Coopéractif (Economie sociale et solidaire) ;
  •  XYZ (Enseignement supérieur-recherche) ;  
  • Genres humains (Fière-s et révolutionnaires-LGBT) ;
  • Plein Temps (Retraités) ;
  • Globule rouge. (Santé/protection sociale) ;
  •  A cœur ouvert (Santé/protection sociale) ;  
  • Pour le sport (Sport) ;  
  • Au travail (Travail/emploi) ;
  • La Lettre aux vétérans (Vétérans) ;
  • La Lettre des Relations Internationales (Secteur International).
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011