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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 07:34

Les non-dits du rapport Badinter sur le droit du travail

"À première vue, les 61 principes issus de la commission Badinter semblent plutôt rassurants : réaffirmation du CDI, de la non-discrimination, du droit à la santé et à la sécurité au travail... Ils reprennent en réalité une bonne partie de ce qui existe déjà dans le code du travail. L’inquiétude porte sur leur déclinaison et sur tout ce que ces principes ne disent pas."

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 07:18

Deux titres pour le dossier de Sophie Prévost et son article vivant retranscrivant bien la diversité des interventions et l'ambiance du conseil communautaire dans le Télégramme du 27 janvier 2016: " Questions d'économies" et "Où vont aller les gens du voyage".

Adeline Bertin pour le Ouest-France (27 janvier) choisit elle d'insister sur la hausse de la fiscalité locale, à raison d'ailleurs car c'est ça que vont retenir les citoyens: "Vers une hausse de 2% du taux de la taxe d'habitation". Dans la retranscription de mes propos au Conseil Communautaire, il y a une erreur: j'ai parlé de 10 millions d'euros de dotations d'Etat retirés à Morlaix-Communauté sur la période 2013-2017 (par rapport à une hypothèse où on serait resté au niveau de dotations de 2013) et non de 2 millions d'euros. Sinon, la logique de l'intervention a été bien restituée, en résumé évidemment.

Conseil Communautaire de Morlaix du 25 janvier 2016: revue de presse
Conseil Communautaire de Morlaix du 25 janvier 2016: revue de presse
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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 07:00

Bonjour tristesse...

Aurais dit Françoise Sagan.

Vive l'Europe! Le Danemark va confisquer les biens et rançonner les demandeurs d'asile (Ouest-France)
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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 06:45
Le télégramme, 27 janvier 2016

Le télégramme, 27 janvier 2016

Les chiffres de grévistes donnés par le rectorat sont complètement faux et biaisés car le comptage est fait à 8h et à 9h alors que beaucoup de profs commencent leur journée de travail à 10h, 13h30... etc. Si vous faites grève entre 13h30 et 16h30, vous n'êtes pas compté comme gréviste dans les statistiques "officielles" et mensongères de l'éducation nationale alors évidemment qu'on vous déduit la totalité de votre journée de travail, soit pour un salaire de 1900€ environ 75 à 80€.

Que l'Etat participe à l'intoxication médiatique, ce n'est pas nouveau, mais quand les personnels font le sacrifice de leur journée de salaire pour manifester leur désaccord, c'est particulièrement insultant de ne pas même reconnaître cette manifestation de désaccord.

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 12:21
Yvan Le Gall, agent territorial de la ville de Morlaix, s'exprime pour la CGT, après Sébastien Menes (enseignant) pour Sud-Solidaires (à sa droite), et avant Julia Thatje (enseignante SNES) pour dénoncer les conséquences et les motivations de la réforme du collège, et la fermeture de deux classes au collège Tanguy-Prigent de St Martin des Champs

Yvan Le Gall, agent territorial de la ville de Morlaix, s'exprime pour la CGT, après Sébastien Menes (enseignant) pour Sud-Solidaires (à sa droite), et avant Julia Thatje (enseignante SNES) pour dénoncer les conséquences et les motivations de la réforme du collège, et la fermeture de deux classes au collège Tanguy-Prigent de St Martin des Champs

Rassemblement ce mardi 26 janvier devant la Mairie de Morlaix: en lutte pour le point d'indice, les salaires, contre la casse libérale des services publics et la réforme du collège
Rassemblement ce mardi 26 janvier devant la Mairie de Morlaix: en lutte pour le point d'indice, les salaires, contre la casse libérale des services publics et la réforme du collège
Rassemblement ce mardi 26 janvier devant la Mairie de Morlaix: en lutte pour le point d'indice, les salaires, contre la casse libérale des services publics et la réforme du collège
Rassemblement ce mardi 26 janvier devant la Mairie de Morlaix: en lutte pour le point d'indice, les salaires, contre la casse libérale des services publics et la réforme du collège
Rassemblement ce mardi 26 janvier devant la Mairie de Morlaix: en lutte pour le point d'indice, les salaires, contre la casse libérale des services publics et la réforme du collège
Rassemblement ce mardi 26 janvier devant la Mairie de Morlaix: en lutte pour le point d'indice, les salaires, contre la casse libérale des services publics et la réforme du collège
Les enseignants du collège Tanguy-Prigent de St Martin protestant contre la fermeture de deux classes (2 sur 8): à 100% grévistes ce mardi 26 janvier et très remontés contre la réforme du Collège et l'affaiblissement de leur collège

Les enseignants du collège Tanguy-Prigent de St Martin protestant contre la fermeture de deux classes (2 sur 8): à 100% grévistes ce mardi 26 janvier et très remontés contre la réforme du Collège et l'affaiblissement de leur collège

200 manifestants environ devant le kiosque à 11h ce matin, ce n'est pas l'affluence des grands jours mais on sait qu'il est difficile de mobiliser actuellement les salariés et les citoyens, même s'il y a beaucoup de colère contre la politique du gouvernement, car il y a aussi l'idée qu'on ne peut rien faire contre des régressions sociales qui participent d'un rouleau compresseur.

Ouest-France annonce ce matin une cote de popularité de 22% pour François Hollande...

Des territoriaux, des postiers, des agents hospitaliers, des militants syndicaux surtout de SUD et de la CGT, des enseignants et personnels des collèges aux alentours (Carantec, Mendès France à Morlaix, St Martin des Champs, Guerlesquin, Plounérin...), des militants du Parti Communiste et du Front de Gauche.

Tous unanimes pour exiger une autre politique en faveur du service public, des salaires et de l'amélioration de la qualité du service public.

A La Poste, c'est 110 000 emplois qui ont été supprimés depuis 12 ans par le non remplacement des départs à la retraite. Un plan social gigantesque qui ne dit pas son nom: il ne faut pas aller chercher très loin pour expliquer les 7 millions de chômeurs. Tous les ans, c'est au moins 6000 emplois qui sont détruits à La Poste.

Dans l'éducation nationale, on prévoit que la réforme du collège va "permettre" de supprimer l'équivalent de 19 postes de lettres modernes dans le Finistère, de 2000 postes d'enseignants en technologie sur l'ensemble du territoire, et de nombreux de postes d'allemands, de latin...

Julia Thatje a dit les effets aberrants de cette réforme du collège qui réduit les heures d'enseignement pour les élèves, met les profs en concurrence, les oblige à construire des projets transversaux plus ou moins surfaits sur leurs temps de cours sans rémunérer les heures de concertation nécessaire au travail interdisplinaire, tout en changeant les programmes des 4 niveaux du collège en même temps dans toutes les disciplines, en transformant le brevet et l'évaluation, ce qui risque de produire une nouvelle baisse des exigences et du niveau des élèves dans l'enseignement public. Tout cela en cassant l'unité et la continuité de l'éducation nationale, en développant des logiques de management néo-libéral dans les établissements scolaires et en récupérant évidemment des postes et des heures d'enseignement: car le projet essentiel de ce gouvernement est l'économie sur les services publics et les dépenses sociales.

Après que Sébastien Menès ait bien dénoncé pour SUD la politique de régression sociale et de criminalisation des syndicats du gouvernement, Yvan Le Gall a lu une déclaration de la CGT des Territoriaux pour cette grève du 26 janvier 2016!

Ne payons pas leur dette!

Le 26 janvier 2016, tou-te-s en lutte pour le point d'indice!

Sans tenir compte des aspirations du monde du travail et des luttes qui se multiplient, à l'Elysée on s'entête dans les politiques sociales austéritaires et autoritaires: Pacte de responsabilité, attaques contre la protection sociale, atteintes aux libertés syndicales renforcées par l'état d'urgence, offensive contre le Code du Travail et le Statut des fonctionnaires, remises en cause des 35 heures, développement du travail dominical...

Dans la Fonction publique, cela se traduit par la poursuite des réformes territoriales et de l'Etat, la diminution honteuse du capital décès pour les ayants droit des fonctionnaires, la baisse des dotations aux collectivités entraînant des suppressions massives d'emplois et des attaques contre les droits sociaux des agents, la remise en cause de l'avancement d'échelon automatique et l'allongement des carrières...

Avec ces politiques régressives, la responsabilité du gouvernement est immense dans la faillite démocratique actuelle. Le message des urnes est clair: le chômage de masse, la précarité et la pauvreté ont engendré colère et désillusion, abstention et montée des idées d'extrême-droite.

Dans ce contexte s'ouvriront en février 2016 les négociations sur l'évolution du point d'indice de la fonction publique, gelé depuis plus de cinq ans. Il semble acquis que le dégel soit à l'ordre du jour, mais pour obtenir une augmentation significative il faudra peser! L'évolution du point d'indice sera fonction de l'ampleur des grèves et actions que nous mènerons! Les clameurs de la rue doivent secouer ce gouvernement souriant au MEDEF et sourd aux souffrances que nous vivons dans nos lieux de travail!

Le dévouement des agents publics a été encore salué suite aux attentats du 13 novembre. Il est tant que le gouvernement passe de la parole aux actes.

La Fédération CGT des Services Publics réaffirme ses exigences:

- Dégel du point d'indice avec mesures de rattrapage des pertes depuis 2010!

- Pas d'avancement à la tête du client!

- Maintien de l'avancement d'échelon à la durée minimale pour tous.

- Revalorisation et harmonisation des grilles de la Fonction Publique pour une véritable reconnaissance des diplômes et des qualifications

- Arrêt de la réforme territoriale et mise en oeuvre de politiques assurant le développement du service public et des emplois qui le font vivre

- Défense et développement des garanties statutaires

- Rétablissement de la cotisation CNFPT à 1% pour aller vers les 3% afin d'assurer une formation professionnelle de qualité

La CGT a aussi annoncé un rassemblement de la CGT de l'hôpital ce mardi 26 janvier de 14h à 16h pour défendre le service public hospitalier.

A lire aussi dans Ouest-France du jour:

Fonction publique. 450 manifestants dans les rues de Quimper
http://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/fonction-publique-450-manifestants-dans-les-rues-de-quimper-3994937

La Fonction publique dans la rue en Bretagne
http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/la-fonction-publique-dans-la-rue-en-bretagne-913239.htm

Le Télégramme, 27 janvier 2016 - article Marine Wioland

Le Télégramme, 27 janvier 2016 - article Marine Wioland

Ouest-France, 27 janvier 2017 - le ras le bol des fonctionnaires envahit les rues, par Pauline Le Morlec

Ouest-France, 27 janvier 2017 - le ras le bol des fonctionnaires envahit les rues, par Pauline Le Morlec

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:21
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:05

DÉCHEANCE DE NATIONALITÉ

LA PORTE OUVERTE Á TOUTES LES DÉRIVES

Avec l'objectif de se tirer d'affaire, tant l'annonce du 23 décembre dernier d'une déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France a provoqué de réactions, des personnalités socialistes proches de François Hollande évoquent aujourd'hui une déchéance pour tous. C'est pour eux "la solution" pour éviter de créer deux sortes de citoyens. Voilà la France apaisée à laquelle le candidat Hollande s'était engagé! Avec le mariage pour tous, on avait une France qui aime. Avec la déchéance pour tous, on a un pays qui ne s'aime plus mais qui fera le bonheur des terroristes car c'est très justement leur objectif ultime. : faire vaciller sur nos valeurs essentielles, la République et la citoyenneté.

Dérive guerrière

Lancé par François Hollande, le débat sur la déchéance de nationalité est révélateur d'une dévire guerrière et sécuritaire. En total échec sur le plan social et économique, en rupture avec une grande partie de son électorat de gauche, le couple infernal Hollande/Valls voit dans la lutte contre Daech une sorte de planche de salut. Hollande veut donner à voir qu'il a de l'autorité. Dans le cas présent peu lui importe que cette mesure n'ait aucune utilité dans la lutte contre le terrorisme, ce qui compte c'est la posture politique.

Au nom de l'égalité ?

L'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, annoncée par le Président devant le Parlement réuni en Congrès, trois jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, aurait eu pour conséquence de créer deux catégories de Français. La raison et les valeurs républicaines semblaient l'avoir emporté. Il n'en est rien. Jamais une telle mesure n'avait été assumée par les plus hautes autorités de l'Etat. Présentée par Manuel Valls comme une décision à «caractère hautement symbolique », elle serait en effet une honte et un reniement pour notre République. Aujourd'hui, pour ce pouvoir, l'extension de la déchéance de nationalité à tous est proposée « au nom de l'égalité » .

Où est donc le danger ?

D'aucune efficacité contre le terrorisme, la déchéance de nationalité est apparue au cours des dernières semaines comme une nouvelle légitimation de l'extrême-droite puisque cette mesure est directement tirée du programme du FN. Dans un climat de peur, de haine et de stigmatisation, avec l'utilisation qui peut en être fait, plaçant le FN au cœur du paysage politique et idéologique, en quoi la déchéance de nationalité désarmera des terroristes dont l'objectif est de semer la mort en y perdant la vie ? En quoi, pour reprendre l'expression du Premier ministre, aura-t-elle la moindre «efficacité pour protéger nos concitoyens» ?

Remise en cause du droit du sol

Ce qui est nouveau dans le projet de loi constitutionnelle c'est la déchéance de nationalité pour des personnes nées en France. C'est une remise en cause d'un principe qui prévaut en France depuis deux siècles; celui du droit du sol. C'est une très vieille « exigence » de l'extrême droite française. En remettant en cause ce principe, le gouvernement rompt non seulement avec les valeurs de la gauche, mais avec celles de la Révolution française.

Cette mesure traduit, aussi, un profond mépris pour le reste du monde. En effet, au travers de cette disposition nous proposons en fait de nous débarrasser de nos « monstres », nés en France, éduqués en France et très souvent qui se sont radicalisés dans notre pays en les renvoyant dans un pays où, souvent ils se sont contenté simplement de passer des vacances.... Il est peu probable que ces pays acceptent cela.

La porte ouverte à toutes les dérives totalitaires

Le projet de loi constitutionnelle introduit la notion de « crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation », laissant au législateur la liberté de définir les crimes qui rentrent dans ce cadre. A l'heure où, par exemple, la volonté de criminaliser l'activité syndicale est réelle, n'ayons aucune illusion. En actant dans la constitution la remise en cause du droit du sol, Hollande donne, à un potentiel gouvernement de droite extrême, une grande liberté pour élargir le champ d’application de la déchéance nationale. Et le pire est toujours possible. N'oublions jamais que c'est l'Assemblée nationale du Front populaire qui, après avoir déchu les parlementaires communistes, a voté les pleins pouvoirs à Pétain.
Et après la déchéance des députés communistes de leur mandat en janvier 1940 par l'Assemblée Nationale, les députés communistes ont été déchus ensuite de leurs droits civiques, André Marty et Maurice Thorez ont été eux déchus de la nationalité française en janvier et février 1940 par un décret d'Albert Lebrun, président de ce qui s'appelait encore la République... Mais c'est Pétain qui a utilisé massivement la déchéance de nationalité.

Les risques de l’État d'urgence

Concernant l'état d'urgence, la réforme constitutionnelle présentée fait courir le risque d'un régime d'exception permanent et d'une aggravation des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines ciblant des personnes sans aucun lien à des risques d'attentats. Elle est une mauvaise réponse aux terroristes alors qu'il est parfaitement possible, en y consacrant les moyens humains nécessaires pour la police et la justice, d'assurer la sécurité dans le respect de notre Etat de droit. La Constitution Française est faite, aussi, pour protéger les citoyens. Hollande par calcul politicien est en train de la transformer, rendant possible toutes les dérives totalitaires.

Retrouvons nous samedi 30 janvier à Quimper 14h30 place de la Tourbie devant la permanence du député en charge des lois sécuritaires et liberticides Jean-Jacques Urvoas!

Le Parti Communiste du Finistère.

Déchéance de nationalité, la porte ouverte à toutes les dérives: retrouvons-nous à Quimper pour le rassemblement du samedi 30 janvier à 14h30
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 07:28
Le Télégramme, 26 janvier 2015

Le Télégramme, 26 janvier 2015

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 07:17
Photo, Pierre-Yvon Boisnard, 25 janvier 2016, Morlaix

Photo, Pierre-Yvon Boisnard, 25 janvier 2016, Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 25 janvier 2016, Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 25 janvier 2016, Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard - 25 janvier 2016, Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard - 25 janvier 2016, Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 25 janvier 2016 - Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 25 janvier 2016 - Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 25 janvier 2016 - Morlaix

Photo Pierre-Yvon Boisnard, 25 janvier 2016 - Morlaix

Et la brève du Télégramme, 26 janvier 2015

Et la brève du Télégramme, 26 janvier 2015

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 07:06
Pierre Ivorra
Lundi, 25 Janvier, 2016
L'Humanité
La planète finances menace de nouveau le monde

Les récents soubresauts boursiers participent d’une accumulation de risques pouvant mener à de nouvelles ruptures : la super-austérité, l’argent public détourné vers les marchés et des prélèvements financiers colossaux plombent croissance, emploi et efficacité des économies.

Il y a de l’inquiétude dans les salles de marché, là où l’on achète et où l’on vend des titres financiers, des actions, des obligations, des produits très sophistiqués et très spéculatifs comme les dérivés, où l’on s’endette en dollars pour racheter des euros ou des yens. Pour le commun des mortels, tout cela semble si loin de l’activité réelle. Et, pourtant, ce monde peu connu est au bord de l’implosion. Qu’il crève, dira-t-on. D’autant que cette finance, ce cercle étroit des grandes banques, des compagnies d’assurances, des fonds d’investissement, mais aussi des multinationales semblait encore, il y a peu, s’envoler vers les étoiles.

Certes, mais ce n’est pas si simple. Si la planète finance se retrouve dans la tempête, le monde réel, nos emplois, notre économie ne seront pas épargnés. Et comme il n’est pas acceptable d’obliger l’humanité à vivre sur un volcan, il paraît naturel de se demander comment faire face à cette menace sans pour autant relancer la machine financière, sans gaver à nouveau la Bourse, les grandes entreprises et les grandes fortunes, comme cela a été fait en 2008. D’abord, en cherchant la raison de ce gonflement financier planétaire et le pourquoi des risques qui pèsent sur lui.

La Chine et le reste

On nous dit que les premières secousses qui ont affolé la finance ont la Chine pour épicentre. Sans aucun doute, les Bourses de Shanghai et de Hong Kong dévissent depuis l’été dernier. Les investisseurs désertent les places financières chinoises et des pays émergents, inquiets de la baisse de la croissance de la deuxième puissance économique mondiale, de la récession brésilienne et russe et attirés par un dollar poussé vers le haut par de premières hausses des taux d’intérêt américains. Mais il faut resituer cela dans un historique qui commence avec les mesures prises par les autorités des grands pays capitalistes pour faire face au krach de 2008.

L’argent des banques centrales…

Après ce krach et la grave récession qui a suivi, les grands États capitalistes ont mobilisé leurs banques centrales qui sont venues au secours des banques commerciales, des marchés et des grands groupes, notamment en leur prêtant des tombereaux d’argent à un taux d’intérêt proche de zéro. Mais ces prêts massifs ont été octroyés sans aucune sélectivité. C’est-à-dire sans faire obligation aux banques et aux entreprises d’utiliser cet argent, quasi gratuit, pour préserver et développer l’emploi efficace, relancer la croissance.

Parallèlement, pour régler la note de cette opération et relever la rentabilité des capitaux mise à mal par le krach, les gouvernements ont mis en œuvre des politiques d’austérité et de soutien aux grands groupes capitalistes. En France, par exemple, l’État a prêté de l’argent à Renault et PSA, a renforcé sa présence dans le capital du premier et est entré dans celui du second.

… s’est retrouvé à la Bourse

Les mesures d’austérité à l’encontre des travailleurs et de leurs familles et celles visant à baisser la dépense publique contractent la demande et dégradent l’efficacité de l’appareil de production. Elles contribuent à étouffer une croissance qui fléchit chez les émergents, les pays producteurs de pétrole, hésite aux États-Unis et a du mal à repartir en Europe.

Mais où donc est allé cet argent des banques centrales ? Pour une part notable, il s’est retrouvé sur les marchés financiers, où il a à nouveau relancé la fièvre spéculative. Ainsi, les deux grands indices boursiers de New York, le Dow Jones et le Nasdaq, se sont littéralement envolés, progressant respectivement de 157 % et 272 %. Les autres places financières ont suivi cette montée au paradis spéculatif.

… et dans les caisses des multinationales

Cet argent a aussi transité par les trésoreries des grands groupes. En juin dernier, l’agence de notation Moody’s révélait que les multinationales américaines avaient accumulé 1 733 milliards de dollars d’argent liquide, immédiatement utilisable pour spéculer, pour racheter des concurrents ou pour verser des dividendes aux actionnaires. En Europe, ce « pactole » se montait à 1 060 milliards de dollars.

Et, évidemment, plus les firmes rémunèrent leurs actionnaires, plus leurs actions en Bourse font de la grimpette. Mais la gonflette boursière impose d’augmenter les versements aux actionnaires et les versements aux actionnaires relancent la gonflette boursière !

Une étude du cabinet anglo-saxon PwC de juin 2015 montre que la capitalisation des 100 multinationales ayant la valeur boursière la plus élevée de la planète a doublé entre 2009 et mars 2015. Elle est passée de 8 402 à 16 245 milliards de dollars. Ces 100 firmes multinationales ont distribué 689 milliards de dollars de dividendes en 2014 et, parmi elles, les américaines ont versé 66 % de ce pactole.

Dans ce club des 100, il y a surtout des entreprises américaines, des européennes, quelques françaises, mais aussi des chinoises, qui donc ne sont pas restées à l’écart de cette fièvre spéculative.

Pas dans la poche des travailleurs

L’importance des prélèvements financiers, notamment au travers des versements de dividendes, des rachats d’actions, des intérêts versés, de l’ensemble des revenus de la propriété, étouffe la croissance, réduit les ressources publiques, écrase les salaires et l’emploi. En 2012, l’Organisation de coopération et de développements économiques (OCDE), regroupant les pays capitalistes développés, notait que, depuis le krach de 2008, « la part du revenu national constituée des salaires et avantages accessoires au salaire – la part du travail – a diminué dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE ». Elle ajoutait que ce « recul de la part du travail est allé de pair avec une augmentation des inégalités de revenu marchand, de nature à mettre en péril la cohésion sociale et à ralentir le rythme de la reprise en cours ».

La France n’est pas à l’écart de cette évolution. Les intérêts et revenus de la propriété, essentiellement les dividendes, représentaient 5 % des richesses créées en 1981, 7 % en 1990, 15 % en 2000, 24 % en 2008. Avec le krach de septembre 2008 et la récession de 2009-2010, ils ont diminué. Mais ils sont repartis à la hausse et représentaient 18 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières en 2014.

La montée du chômage

Selon les données de l’Organisation internationale du travail (OIT) dans son rapport de janvier 2016 intitulé « Emploi et questions sociales dans le monde », « le ralentissement de l’économie a généré une nouvelle augmentation du chômage dans le monde. En 2015, le chômage touchait quelque 197,1 millions de personnes – soit près de 1 million de plus que l’année précédente et plus de 27 millions de plus qu’avant la crise ». Les rapporteurs considèrent qu’en raison de la faiblesse de la croissance mondiale et particulièrement chez les émergents, « le nombre de chômeurs dans le monde devrait s’accroître de près de 2,3 millions en 2016 et 1,1 million supplémentaire en 2017 ». L’OIT pointe également l’importance des emplois vulnérables qui représentent 46 % du total des emplois dans le monde et concernent 1,5 milliard d’hommes et de femmes.

1 million de chômeurs de plus en France depuis 2012

En raison même de la politique néolibérale mise en œuvre par les gouvernements Hollande, la société française est également plombée par la montée du chômage. Depuis l’élection du président de la République, en 2012, le nombre de chômeurs est passé de 4,4 à 5,5 millions, l’industrie française a perdu 140 000 emplois. Désormais, moins de 10 % des emplois en France sont liés à l’industrie, contre 12,3 % en 2005 et 15,3 % en 1995.

Alors que les arrivées sur le marché du travail ne cessent d’augmenter, le nombre d’emplois salariés recule. Il est, en 2014, inférieur à ce qu’il était avant le krach : 23,810 millions à fin 2014, 24,128 millions à fin 2007. Le phénomène n’a rien de naturel, il s’explique par les politiques de baisses du coût du travail des gouvernements de droite et socialiste et par les choix de gestion des grands groupes.

Le chômage tire toute la société vers le bas. Selon l’Insee, dans une étude publiée en décembre dernier, le taux de pauvreté progresserait en France en 2014, passant à 14,2 %, contre 14,0 % en 2013. Les inégalités sociales qui auraient diminué en 2012 et 2013 repartiraient à la hausse car « la situation macroéconomique (…) aurait davantage touché les ménages les moins aisés ». L’institut explique cela en indiquant que les revenus salariaux des salariés les plus modestes « auraient sensiblement diminué ».

Qui donc peut allumer la mèche ?

Les matières inflammables s’accumulent donc : moins de croissance, plus de chômage, des économies moins efficaces, affaiblies par l’importance des prélèvements financiers, des politiques publiques dépendantes des marchés financiers, plus de capitaux accumulés qui demandent rémunération et une volonté de faire toujours plus de fric. Inévitablement, ce soufflé financier va s’affaisser.

Mais qu’est-ce donc qui peut crever la bulle ? Pour attirer les capitaux du monde entier afin de conforter l’avance des États-Unis dans le domaine des nouvelles technologies, la Banque centrale américaine a commencé à relever ses taux d’intérêt, ce qui pousse à la hausse tous les autres taux, notamment ceux de la dette publique. L’opération est risquée. En effet, lorsque l’écart entre la rémunération des titres financiers en cours d’émission et ceux déjà émis est trop important, les investisseurs se précipitent sur les nouveaux et délaissent les anciens dont la valeur s’effondre, c’est la mécanique infernale des krachs.

Or une telle situation risque d’autant plus de se présenter que les pays qui possèdent d’énormes quantités de titres de la dette publique américaine, particulièrement la Chine et certains États pétroliers du Moyen-Orient, pour faire face à leurs difficultés, notamment pour maintenir le cours de leur monnaie vis-à-vis du dollar, vont essayer de les revendre. Un afflux de ces titres sur les marchés peut précipiter leur effondrement.

Il faut donc absolument ne pas répéter les errements des années 2008-2009 et commencer enfin à permettre aux peuples de maîtriser leur argent.

La planète finances menace de nouveau le monde
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