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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 07:37

Ismaël Dupont, sur le texte-projet proposé pour la base commune et sur la feuille de route proposée pour 2017, incluant les primaires :

Le texte « Le Temps du Commun » est intéressant du point de vue de sa caractérisation de l'époque présente, du diagnostic, des valeurs qu'il explicite, de sa prise en charge d'enjeux fondamentaux du XXIe siècle (la révolution numérique, l'écologie, la Paix) mais il lui manque une clarification de nos propositions de court terme, et de nos objectifs de transformation sociale de moyens et de longs termes. On explique assez bien le « Dans quel monde on vit ? », le « Pourquoi ? », mais non le comment on veut et on pourrait changer profondément cette société, donner de l'efficacité à la volonté politique de transformation.

Tant que l'on n'aura pas des éléments précis d'un programme de transformation, il sera difficile de convaincre autour de nous, on n'aura pas non plus de lignes rouges et de cadre programmatique pour savoir avec qui on peut ou non s'allier, pour fixer des conditions de contenu à toute éventuelle alliance, mais cela ne suffit pas encore : il faut donner une idée peut-être un peu plus précise de la société que l'on veut construire si l'on veut pouvoir avoir l'écoute des gens.

La situation politique dans le pays est pour nous, c'est le moins que l'on puisse dire, complexe et piégée.

Les trahisons et la brutalité de la politique pro-capitaliste de Hollande et Valls, de plus en plus affranchie des exigences démocratiques minimales, de plus en plus minoritaire, isolé dans une gauche qu'ils mettent en pièce, ne profitent malheureusement pas, faute de mouvement social et de perspective politique suffisamment crédible, attractive et cohérente, à notre camp politique.

Du côté du Front de Gauche, Mélenchon est la figure politique qui parle le plus aux citoyens peu politisés mais on peut penser qu'il rassemblerait moins qu'en 2012 du fait de la manière dont il a agi avec le Front de Gauche depuis des années, de la manière dont il a annoncé sa candidature de manière très solitaire, très homme providentiel au-dessus des partis, très Ve république, mais aussi parce que beaucoup d'électeurs du FDG de 2012, convaincus à l'époque par la brillante campagne des présidentielles et son dynamisme collectif, ont été déçus par le côté politicien mégalo, sectaire, caricatural et souvent désinvolte sur le fond de Mélenchon.

Nous avons aussi notre part de responsabilité dans la panne du Front de Gauche : à travers peut-être le refus de discuter de l'adhésion directe, mais aussi et surtout à travers l'absence de campagne conquérante et de travail national unitaires du Front de Gauche depuis 2013.

Aux dernières régionales, c'est vrai que souvent les responsabilités de la division du Front de Gauche n'étaient pas de notre fait. Malheureusement, les déceptions liés à l'expérience de la gauche au pouvoir réagissent aussi sur nous.

Face à la montée du parti national populiste xénophobe de Marine Le Pen, face à la perspective d'un deuxième tour droite-extrême-droite, faut-il vouloir sauver la gauche, et peut-on la sauver du projet de liquidation de Valls-Hollande et de toute une partie de l'état major socialiste, complètement acquis aux intérêts de la finance et de la haute bourgeoisie?

Pour 2017, ce n'est peut-être pas politiquement correct de le dire, cela me semble peu probable de faire échec à la droite qui joue sur du velours, tellement la "gauche" de gouvernement a déçu. En tout cas, on ne pourra pas s'en sortir en misant sur un candidat socialiste.

Pour moi, l'enjeu, c'est surtout de retrouver l'écoute du peuple pour 2017 et après 2017 pour la gauche de rupture.

Suite les ruines de la social-démocratie, de nouvelles perspectives existent pour une recomposition du rapport de force à gauche, avec une montée en puissance de la gauche radicale, car il y a bien pour moi deux gauches qui ont peu à voir entre elles, la nôtre, c'est celle qui est toujours attachée à l'existence de la démocratie face à la dictature du capitalisme et des institutions bourgeoises et technocratiques qui le servent, l'Union Européenne au premier chef.

L'engagement dans le processus des primaires pose justement des questions par rapport à l'après 2017.

Même si les avis sont très partagés dans ma fédération, même si le besoin de recomposer la gauche est réel face à la montée de l'extrême-droite, beaucoup de camarades regrettent que l'on se soit engagé bien vite dans un processus de primaires en posant des actes et des déclarations publiques sans débat véritable à la base du Parti ni décision collective.

Ces camarades craignent un recentrage sur une visée d'union de la gauche, ou de gauche plurielle, prenant en compte tout le champ de la gauche institutionnelle en faisant peu de cas de la réalité du caractère contradictoire des projets politiques et des visées des uns et des autres.

Qui dit primaire dit normalement acceptation du résultat, or beaucoup de camarades n'envisagent pas d'avoir à voter ou militer pour une figure du PS qui aurait soutenu les premières années du gouvernement.

On n'a pas tout fait pour rendre le Front de Gauche plus conquérant et consistant.

Mais il ne faut pas aujourd'hui diluer la spécificité du projet de transformation que porte le PCF en s'alliant dès le premier tour avec des réformistes, alors même que la situation internationale et le stade de développement du capitalisme donnent de moins en moins de marge de manœuvre, voire aucune, à une social-démocratie sincère.

Les primaires, c'est aussi un risque d'OPA que Mélenchon pourrait réaliser à partir d'une logique un brin césariste et tribunitienne sur l'espace politique du PCF et du Front de Gauche. Le PCF ne doit pas réagir en expert comptable, ne penser qu'à la constitution d'un groupe de députés, même si nos députés et sénateurs jouent un rôle important dans l'opposition parlementaire et médiatique contre la régression sociale, il y a aussi à préserver et à continuer à construire avec constance comme dans d'autres pays européens un front du refus de la nouvelle gouvernance autoritaire du capitalisme, fondé sur l'idée de biens communs et la souveraineté démocratique.

Le PCF est un tournant. Nous avons retrouvé des couleurs sur le plan de l'idéologie et de la perception de notre utilité dans la société en 2005, puis en 2008-2009 : il faut faire attention à ne pas casser les espoirs que nous avons fait naître. Même pour les législatives, cela va être compliqué de trouver des candidatures porteuses partout en France si le Front de Gauche est fractionné, divisé. Pour beaucoup de nos camarades, une participation à la primaire serait vécue comme un brouillage d'identité démobilisateur.

Je me suis abstenu sur le texte 3 de la base commune sur les transformations du Parti, j'ai voté pour le texte Projet (texte 1), et contre le texte 2 sur la feuille de route des présidentielles impliquant l'engagement dans des primaires de la gauche, comme Joël Gallais, le secrétaire départemental du Morbihan et 13 autres délégués présents au CN.

Sur le texte sur les échéances de 2017 et l'engagement possible dans la primaire de la gauche : 15 contre, 5 abstentions, 88 pour.

Conseil National du PCF, samedi 5 mars: Intervention d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la Fédération du Finistère du PCF
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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 19:31
PCF: Lettre des relations internationales spéciale migrants

Le secteur International du PCF a pris l'initiative d'organiser une journée d'étude sur les enjeux migratoires s'adressant aux membres de l'Exécutif, responsables des commissions de travail du CN, secrétaires départementaux du parti, élus communistes et militants du parti engagés dans le milieu associatif et les actions de solidarité avec les migrants et réfugiés.

Elle se déroulera le samedi 2 avril, de 9h à 16h, au siège du Parti (salle 25), et se décomposera en quatre temps :

  • les dynamiques et flux migratoires aujourd'hui et les questions posées aux migrants, aux sociétés et aux états ;
  • la politique de l'UE (avec M-C Vergiat, députée européenne) ;
  • la politique française à l'égard des migrants et des étrangers ;
  • table-ronde sur les réponses politiques et propositions du PCF.


En espérant vivement pouvoir te compter parmi nous, nous te remercions de bien vouloir transmettre cette invitation aux militants de ta fédération qui pourraient être intéressés par cette journée de travail (inscription recommandée: international@pcf.fr).

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 19:27

Grands experts ...Pourquoi ?

Alain Supiot , juriste , est professeur au Collège de France .

Bernard Thibault , qu'on ne présente plus , est membre du Conseil d'Administration de l'OIT ( Organisation Internationale du travail )

Alexis Tsipras , premier ministre grec vit au coeur du drame économique imposé à son pays après le coup d'Etat financier fomenté par les créanciers de la Troïka ( Commission européenne, BCE et FMI ) à l'été 2015 .

Des liens transmis par notre camarade d'Ille et Vilaine Jacky Rivoalan.

http://www.humanite.fr/alain-supiot-remettons-le-travail-au-centre-de-la-reflexion-et-du-droit-du-travail-601733

http://www.humanite.fr/bernard-thibault-quand-la-legislation-est-faible-chomage-et-precarite-sont-importants-601897

http://www.humanite.fr/alexis-tsipras-en-grece-la-flexibilite-ramene-au-moyen-age-les-relations-du-travail-601844

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 19:20
Simone de La Bollardière (portrait dans le Ouest-France)

Si chère parole libre de Simone de Bollardière

Ouest-France 04/03/2016 Loïc TISSOT

http://www.ouest-france.fr/bretagne/si-chere-parole-libre-de-simone-de-bollardiere-4077353

Simone de Bollardière, chez elle, au vieux Talhouët, à Guidel dans le Morbihan.

Il y a trente ans, le 22 février 1986, Jacques Pâris de Bollardière mourait. En 1957, lors de la bataille d'Alger, ce jeune et brillant général s'oppose à la torture. Un refus d'obéissance de la part d'un des officiers les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale.

Ce refus de la « barbarie », Jacques de Bollardière, compagnon de la libération, l'a dénoncé à travers une lettre publiée dans l'Express. Ce qui lui a valu soixante jours de forteresse. En 1961, il quitte l'Armée et devient alors « un général non-violent », comme il aimait à se définir.

« Ce n'est pas dangereux de parler »

Du Larzac à Mururoa, tristement connu pour ses essais nucléaires, il sera de tous les « combats » « Je suis totalement responsable », plaide Simone de Bollardière. La veuve du général, le regard bleu d'une vie intense, se souvient. C'est elle qui encourage son mari à participer, à ses côtés, à une conférence à Lorient de Jean-Marie Muller, membre fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente : « Tous les mots qu'il prononçait, mon mari les ressentait au plus profond de lui. Nous sommes allés le saluer. Ils sont tombés dans les bras l'un de l'autre. »

Simone de Bollardière est une militante libre. « Les manifs, j'aimais beaucoup », rigole cette dame âgée aujourd'hui de 94 ans. Opposition à la centrale de Plogoff, soutien aux objecteurs de conscience, défense d'une desserte ferroviaire à Quimperlé, elle suit sa voie, et sait faire entendre la voix.

Au début des années 2000, elle signe l'appel des Douze, appelant l'État à condamner la torture pratiquée par la France en Algérie. Simone de Bollardière a également témoigné lors du procès du général Paul Aussaresses...

« Une grande compassion »

Pas étonnant alors, qu'en lisant « une brève dans Ouest-France », elle encourage dès la première heure la création de l'association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG). « J'ai une grande compassion pour eux. Trop d'entre eux sont revenus, malades d'avoir vu ou entendu l'insoutenable. » Simone de Bollardière est la présidente d'honneur. Elle a su leur dire : « Ce n'est pas dangereux de parler. »

Ce week-end, cette grande dame sera présente à l'assemblée générale de l'association 4ACG (anciens appelés en Algérie et de leurs amis contre la guerre), qui se tient à Blainville-sur-Mer, dans la Manche. Un hommage sera rendu à « Bollo », au général de Bollardière, qui repose à Vannes : « S'il était encore parmi nous ? Il se battrait simplement pour le respect de la personne et de la Nature. Il défendrait la liberté des différences. »

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 15:52

L’HUMANITE

Lundi 14 Mars 2016

Avant la France, d'autres pays européens ont réformé pour le pire leur droit du travail. Des exemples sur lesquels s'appuie le duo Medef-gouvernement. Mais, que ce soit en Allemagne il y a dix ans, en Espagne il y a quatre ans, ou en Italie plus récemment, le résultat de ces réformes, en dépit d'une amélioration toute conjoncturelle du chômage, est similaire : plus de précarité et moins de droits pour les travailleurs.

À en croire le Medef et ses amis du gouvernement, tous les maux de l'économie française seraient à mettre sur le dos de travailleurs nantis et du droit qui les protège. Alors, pour prouver que l'on a raison, quoi de mieux que de brandir les réformes faites chez le voisin même si l'échec y est évident ? Les lois Hartz mises en place il y a dix ans en Allemagne ont réduit les protections sociales et favorisé la dérégulation du marché du travail avec pour seul résultat des situations de précarité inédites outre-Rhin: aujourd'hui près de 40 % des salariés sont tributaires de petits boulots à temps partiel, ou en intérim, payés en moyenne 400 euros par mois. Même chose en Espagne. En 2012, en pleine crise, Madrid est sommée par Bruxelles de couper dans les dépenses publiques et de garantir la liberté de licenciement à moindre coût. Le résultat est dramatique : en 2015, 22,5 % des actifs sont privés d'emploi, avec un taux de chômage de 46 % chez les jeunes de moins de 25 ans et au moins 700 000 Espagnols partis chercher du travail hors d'Espagne. Facile, dans les deux cas de figure, de faire baisser le taux de chômage. Quant au « Jobs Act » adopté en Italie il y a un an, ce n'est qu'un écran de fumée renforçant les précarités déjà existantes. Ce dont François Hollande et le Medef ne semblent avoir cure, tant le marketing du chiffre du taux de chômage prédomine sur la réalité de citoyens abusés et désabusés.

ALLEMAGNE UNE DOUBLE INTOX

Une fois encore le « modèle allemand » est brandi comme référence majeure par le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, ou le leader du Medef, Pierre Gattaz. La France aurait une série de réformes de retard. Et la preuve par l'Allemagne serait imparable : les bouleversements structurels impulsés il y a plus de dix ans par le chancelier Schröder lui permettraient d'afficher une croissance bien plus forte et un taux de chômage réduit à 5 % de la population active.

Si l'on veut simplement se donner la peine de regarder la réalité de plus près, la démonstration se révèle pour ce qu'elle est : une manipulation. D'abord pour des raisons strictement arithmétiques. Si le nombre de chômeurs enregistrés par les offices pour l'emploi a effectivement reculé outre-Rhin, le phénomène est d'abord imputable à l'aiguisement de la crise démographique qui frappe le pays depuis plus de deux décennies. Il y a tout simplement beaucoup moins de jeunes à entrer sur le marché du travail. Quant à la croissance, qui est le facteur déterminant en matière de création d'emplois, elle est bien trop molle pour avoir joué un rôle significatif. Elle s'établit à 0,8 % en moyenne sur les sept dernières années (contre 0,5 % pour la France). Sur le fond, l'intox de l'opération de l'exécutif français et du Medef est plus flagrante encore. Car les réformes antisociales ne dopent pas l'économie germanique, elles la plombent. Les quatre lois Hartz, dont la première fut dévouée à réduire « les protections contre le licenciement » et les autres à une dérégulation sauvage du marché du travail (diminution des droits et de la durée d'indemnisation des chômeurs), ont bouleversé la société allemande en y faisant surgir un très large volant de précaires. Aujourd'hui, selon une étude de la fondation Hans-Böckler, proche des syndicats, près de 40 % des salariés allemands sont tributaires d'un emploi atypique (petits boulots à 400 euros, temps partiels, intérim, jobs uberisés, etc.). Résultat : des fractures terribles apparaissent au sein d'une société qui est devenue l'une des plus inégalitaires d'Europe. Les salariés des couches sociales inférieures, et singulièrement les plus jeunes, éprouvent les pires difficultés à s'extirper des routines paralysantes de la précarité pour accéder à un véritable emploi. Dans une enquête consacrée au phénomène, le magazine der Spiegel alertait : la société renoue avec les barrières des « ordres » d'un autre âge (« Ständestaat »), quand on a la malchance d'être né au sein de la communauté du bas de l'échelle sociale ou que l'on a glissé vers elle « il n'est plus possible d'en sortir ».

~~Outre que ce délitement de la cohésion sociale alimente une ambiance lourde dans le pays, nourrissant les angoisses de déclassement si propices à la xénophobie, il est aussi très contre-productif pour l'économie. L'exclusion sociale à grande échelle aggrave en effet les goulots d'étranglement « démographiques » évoqués plus haut. Résultat : certaines entreprises peinent à recruter aujourd'hui la main-d'œuvre qualifiée dont elles ont besoin. Au point que des marchés leur échappent, selon plusieurs études officielles.

En jetant une large partie de la population dans la précarité, les réformes ne stimulent pas l'économie allemande. Elles la fragilisent. En fait les réformes structurelles de Gerhard Schröder, puis d'Angela Merkel, ont dopé d'abord la rentabilité financière des groupes. Et c'est bien cela qui alimente les rêves les plus fous de Pierre Gattaz quand il déplore que les marges des entreprises françaises soient à 29 % « alors qu'elles sont à 41 % en Allemagne ».

BRUNO ODENT

ESPAGNE UN DÉCRET POURRI AU SERVICE D'UNE PRÉCARITÉ ACCRUE

« Injuste pour les travailleurs, inefficace pour l'économie, inutile pour l'emploi. » C'est ainsi que les syndicats espagnols ont dénoncé, en 2012, le « decratazo » (décret pourri) du président du gouvernement de l'époque, Mariano Rajoy. Face à deux grèves générales, le chef de file de la droite fait alors valoir que sa réforme du marché du travail est indispensable à la relance de l'économie. En pleine crise, Madrid est sommée par Bruxelles de charcuter dans les dépenses publiques mais également de garantir la liberté de licenciement à moindre coût.

Tout d'abord, l'indemnisation d'un salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) a été réduite à 33 jours par année travaillée dans l'entreprise, contre 45 auparavant et limitée à deux ans contre trois ans et demi précédemment. Le salarié licencié n'a désormais plus droit qu'à vingt jours d'indemnisation par année travaillée et l'allocation est plafonnée à un an, indépendamment de l'ancienneté. Au nom de la « flexibilité », la réforme a institutionnalisé la « mobilité » du salarié tant en matière d'horaires que de fonction ou encore de salaire. Au motif d'une baisse de leurs revenus « durant trois trimestres consécutifs », ce qui est plutôt courant en période de récession comme l'a subie l'Espagne, les entreprises ont pu avoir recours plus facilement au licenciement économique. Comme si ce cadeau au patronat ne suffisait pas, l'exécutif du Parti populaire a ainsi autorisé les entreprises en perte de vitesse économique durant six mois à ne plus appliquer les conventions collectives au profit de conventions internes. Enfin, prétextant la lutte contre le chômage des jeunes, qui était alors de 48 % chez les 18-25 ans, Rajoy a offert une batterie d'incitations financières et de déductions fiscales aux entreprises de moins de 50 salariés afin qu'elles embauchent des jeunes de moins de 30 ans et des chômeurs de longue durée mais avec un CDI différencié. Pour quels résultats ? L'exécutif a fragilisé davantage un marché du travail espagnol pourtant déjà sinistré. En 2015, 22,5 % des actifs étaient privés d'emploi. Le taux de chômage est de 46 % chez les jeunes de moins de 25 ans. Pour rappel : en octobre 2012, on recensait plus de 300 000 licenciements en un an, soit une hausse de 53 % par rapport à l'année antérieure. Dans les comptes du chômage présentés en janvier 2014, le gouvernement de Mariano Rajoy a fait valoir une diminution de 1 %, soit de 27,2 % au premier trimestre à 26,03 % au quatrième trimestre. Mais il a toujours bien pris soin de ne pas parler de la chute de la population active. Entre janvier et décembre 2013 en effet, 267 200 personnes sont « sorties » du « circuit » officiel, dont 74 300 au dernier trimestre, faute d'offres d'emplois stables. Le pays a également connu un renversement des flux migratoires. Attractif lors du boom économique dopé par la spéculation immobilière, il est repassé à l'heure de l'émigration, des milliers de personnes dont de nombreux jeunes diplômés étant contraints de prendre le chemin de l'exil. Selon plusieurs études, quelque 700 000 personnes auraient ainsi quitté le pays depuis le début de la crise, en 2008.

CATHY CEÏBE

ITALIE LES FAUX CHIFFRES DU SÉMILLANT RENZI

L'avertissement vient de l'autre côté des Alpes. « Ne nous copiez pas. Parce que notre réforme du marché du travail fait du mal au travail et ne donne pas de résultats », alerte Corrado Barachetti, coordinateur national au marché du travail de la Confédération générale italienne du travail. Il faut dire que le « Jobs Act », réforme du marché du travail à l'anglo-saxonne adoptée sous la houlette de Matteo Renzi, président du Conseil, il y a un an, est un écran de fumée. « Il n'a fait que stabiliser les précarités », dénonce le syndicaliste.

Le premier pilier du plan de Renzi est censé être la diminution du nombre de contrats précaires. On en compte des dizaines de types différents dans la Péninsule. « En fait uniquement deux types de contrats ont été supprimés. Tous les autres sont restés en vigueur », précise Corrado Barachetti. Deux tiers des contrats souscrits l'an dernier restent à durée déterminée. Il est désormais possible de cumuler six contrats successifs de ce type, pour une durée de 36 mois...

Le deuxième axe du Jobs Act est la substitution du contrat à durée indéterminée par un contrat à protection croissante. Auparavant, grâce à l'article 18 du statut des travailleurs, obtenu de haute lutte en 1970, un salarié licencié sans juste cause était réintégré. Désormais, il sera indemnisé. Le gouvernement italien vante le boom des contrats à protection croissante. Plus de 400 000 ont été souscrits l'an dernier, même si, pour l'immense majorité d'entre eux, il s'agit de titularisation d'anciens contrats précaires, sans effet donc sur le taux de chômage. Des emplois stables, fait valoir Matteo Renzi. En réalité, ils ne sont pas si stables que cela. Le patronat peut maintenant virer ces salariés « sans juste cause », avec le seul risque de devoir débourser deux mois de salaire par année d'ancienneté. Or ces emplois ont surtout été souscrits grâce aux 27 000 euros d'aide d'État sur trois ans. Un véritable effet d'aubaine.

« À supposer qu'un ouvrier soit payé 1 500 euros par mois, une année d'ancienneté doit être indemnisée 3 000 euros. Si une entreprise licencie avant neuf ans, cela ne lui coûte rien », calcule Corrado Barachetti.

« Il n'existe aucune corrélation statistique entre la baisse du chômage et le Jobs Act, explique Emiliano Brancaccio, professeur d'économie politique à l'université du Sannio de Benevento. Cette diminution est surtout due aux avantages fiscaux accordés aux entreprises par le budget 2015. » Quand ces cadeaux au patronat n'auront plus cours, dans trois ans, on pourra réellement juger des effets du Jobs Act. « Seuls un cinquième des contrats signés entre janvier et juillet 2015 l'ont été avec ce contrat à protection croissante, mais avec un salaire de 1,4 % inférieur aux anciens contrats à durée indéterminée souscrits l'an dernier », ajoute Brancaccio. « La recherche économique n'a jamais fait le lien entre baisse du chômage et réforme du marché du travail, avance l'économiste. En revanche, il a été montré que ce type de réformes a un effet sur le pouvoir de négociation des salariés », relève-t-il. En fait, si le chômage a baissé, c'est dans le cadre d'une reprise de l'activité en Europe. « Et encore, elle a été moindre en Italie qu'ailleurs », dévoile Brancaccio. Le produit intérieur brut italien a crû de 1 % l'an dernier selon Eurostat, contre 1,6 % pour la zone euro. Le nombre de chômeurs, s'il a diminué de 254 000 en 2015, reste très élevé. 2,9 millions de personnes sont privées d'emploi en Italie. Bien plus qu'avant la crise en 2007.

GAËL DE SANTIS

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 21:22

Plus de 500 000 personnes se sont mobilisées partout en France le 9 mars dernier pour demander le retrait du projet de loi « Travail ». Parmi les manifestant.e.s, ce sont près de 100 000 jeunes, étudiant.e.s, lycéen.ne.s et jeunestravailleu.se.rs, privé.e.s d’emploi qui sont descendu.e.s dans la rue avec une détermination qui ne cessera de s’accroitre pour obtenir de meilleures perspectives pour la jeunesse, un emploi choisi, stable et de qualité ainsi que le maintien des garanties collectives.

Dans la lignée de cette forte mobilisation, nous appelons tous les jeunes à une nouvelle journée d’action le 17 mars prochain pour exiger le retrait sans conditions de ce projet de loi régressif, et porter haut et fort nos contre-propositions pour lutter contre le chômage et garantir à tou.te.s un droit à un avenir stable :

  • Pour les apprenti.e.s et les stagiaires : rémunération et droits à la hauteur du poste occupé. Pas de rémunération en dessous du SMIC et mêmes droits que les autres salarié.e.s comprenant une protection sociale. La fin de la discrimination par l’âge dans le calcul de la rémunération des apprenti.e.s. L’apprentissage ne doit être légal qu’à partir de 16 ans et doit déboucher sur un emploi stable.

  • La mise à disposition de budgets supplémentaires pour offrir à tous les jeunes une éducation avec une formation de qualité. Mettre en place une véritable protection sociale durant leurs études avec un revenu, ainsi que compter les années d’études dans le calcul de la retraite et de l'assurance chômage.

  • En finir avec la précarité : le CDI comme norme d’emploi, la répartition par la diminution du temps de travail sans baisse de salaire entre toutes et tous pour en finir avec le chômage et assurer une protection sociale suffisante à chacun, salarié.e.s comme personnes sans emploi.

Pour cela, en s’organisant au sein des lycées, universités, quartiers et entreprises, nous appelons tou.t.es les jeunes à amplifier le mouvement et à se mobiliser massivement le 17 mars prochain, ainsi que lors des futures échéances, notamment lors de la journée de mobilisation générale appelée par l’intersyndicale au niveau national le 31 mars.

Alternative libertaire, CGT jeunes, DIDF, Ensemble, FIDL, Génération précaire, JC, Jeunes écologistes, JOC, Maison des potes, MJS, MRJC, Nouvelle Donne campus, NPA, Osez le féminisme !, PG, Solidaires étudiant-e-s, SOS racisme, Syndicat général des lycéens, UEC, UNEF, UNL

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 21:08
Formation militante à la fédé PCF du Finistère le samedi 12 mars (photos Dominique Gontier)
Formation militante à la fédé PCF du Finistère le samedi 12 mars (photos Dominique Gontier)
Formation militante à la fédé PCF du Finistère le samedi 12 mars (photos Dominique Gontier)
Formation militante à la fédé PCF du Finistère le samedi 12 mars (photos Dominique Gontier)

15 camarades, jeunes et moins jeunes, nouveaux adhérents ou non, ont participé à la formation théorique à travers des introductions au marxisme (philosophie et actualité économique) et au projet du PCF face aux enjeux écologiques qui était assuré par d'excellents formateurs missionnés par la direction nationale du PCF dans le cadre des stages de formation dans les fédés.

Cela a été un moment très enrichissant.

Voici le programme d'études et d'échanges qui nous a été proposé grâce à Erwan Rivoalan, animateur départemental pour la formation, et à Jean-Louis Frostin, l'animateur national au secteur formation:

09h00-10h45 Marx, invitation à mieux connaître avec Jean-Michel Galano

11h00-13h00 Crise écologique, financière, sociale et les nouveaux modes de développement avec Joël Josso
14h00-16h00 Eléments de base de l'économie marxiste, les cycles des crises avec Frédéric Rauch
16h30-18h30 La politique économique et monétaire avec Frédéric Rauch

Un compte rendu de ces interventions sera fait ultérieurement.

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 21:00

Le mois de mars s’annonce comme un mois de mobilisation : loi travail, revalorisation et réforme du collège….

Loi travail

Le projet de loi travail est inacceptable, renvoyant au local la négociation des droits des salarié-e-s dans le cadre de l’inversion des normes, plafonnant les indemnités prud’hommales, dévalorisant les diplômes par de nouvelles modalités de validation des acquis de l’expérience, permettant l’augmentation sans autorisation du temps de travail des apprentis.
http://www.fsu.fr/Loi-Travail-un-projet-inacceptable.html

Salaires et carrières

Le ministère présentera ses propositions sur nos salaires le 17 mars. Elles s’annoncent loin de nos revendications, le point d’indice n’étant revalorisé a priori qu’en dessous de l’inflation.
Les discussions qui vont s’ouvrir ensuite porteront aussi sur le déroulement de nos carrières. L’enjeu est donc d’importance !
http://www.snes.edu/la-FSU-ecrit-aux-agents.html

Collège et lycée


Le ministère continu d’être sourd à toute remise en question de la réforme du collège, alors même que dans certaines académies commencent à pleuvoir les retraits sur salaire suite au refus de participer aux formations.
En ce qui concerne les nouveaux programmes du collège, voir ci-dessous.
Le cycle de bilan sur les réformes du lycée tourne à la farce, le ministère l’instrumentalisant pour tester les organisations syndicales sur des dossiers sans rapport.

L’action


Dans ce contexte où tous les fronts sont ouverts, le SNES-FSU appelle à la mobilisation la plus large :

  • Faire du 17 mars, nouvelle journée de mobilisation à l’initiative des organisations de la jeunesse, un événement majeur. Le SNES-FSU appelle à participer aux rassemblements et manifestations prévus, par tous les moyens, y compris la grève. Il s’agit bien de défendre l’avenir de la jeunesse, tant dans la dimension de leur formation (à travers notre refus de la réforme collège 2016) que dans celle de leur accès à l’emploi. Cette journée d’action et de manifestations est une étape pour préparer le rassemblement unitaire du mouvement social le 31 mars à l’appel des organisations syndicales qui refusent le projet de loi travail. Un préavis de grève est déposé.
  • Cette mobilisation du 17 mars, jour de présentation des propositions gouvernementales sur le dégel du point d’indice, est aussi une étape pour nos salaires et nos carrières. Le 22 mars sera une journée d’action dans toute la Fonction Publique pour des mesures de revalorisation pour tous les fonctionnaires. L’intersyndicale Fonction Publique se réunira lundi soir afin de convenir des modalités d’action prévues le 22 mars

Rappel : le SNES continue de déposer des préavis quotidiens de grève.

Nouveaux programmes de collège
Le SNES-FSU a élaboré un document d’analyse et de réflexion concernant les nouveaux programmes:
http://www.snes.edu/Nouveaux-programmes-de-college-2016-et-analyses.html

SNES - National

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 20:44
Marie-Christine Vergiat: expulsions collectives de réfugiés, une solution illégale

Marie-Christine Vergiat. « Une solution illégale »

La Députée européenne estime que si les expulsions collectives ne peuvent être envisagées, les propositions d’ouverture défendues au Parlement méritent une meilleure écoute politique.

Marie-Christine Vergiat (Front de gauche), Députée européenne du grand Sud-Est, souligne les difficultés de la démocratie parlementaire au sein de l’Union après des débats difficiles sur la question des migrants, à Strasbourg.

La Marseillaise. La « solution turque » semble avoir provoqué un débat houleux, au parlement européen. Qu’en est-il exactement ?

Marie-Christine Vergiat. Un certain nombre de gens se battent pour l’évolution des droits de l’homme en Turquie. Le Groupe des Verts, le Groupe socialiste et nous, avons envoyé des délégations, y compris au Kurdistan. A Istambul nous avons rencontré les universitaires, dont 300 sont inculpés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. On sait ce que ça veut dire en Turquie… Je vous dis ça pour expliquer les positions de la gauche de l’hémicycle dans le cadre des discussions autour de l’implication de ce pays sur le dossier des migrants… Mais il y a une nette majorité, notamment sur la question des réfugiés, qui pousse dans le bon sens. La question qui embête tout le monde, et qui est porteuse de clivages, c’est celle du contrôle aux frontières. Par ailleurs mardi matin, nous avons eu une expression du Haut commissaire aux réfugiés qui n’a pas parlé directement de la Turquie mais qui reste très explicite. L’accord passé avec elle ne respecte pas le droit européen et le droit international notamment sur l’idée des expulsions collectives [L’Onu est intervenue dans le même sens, hier, ndlr], complètement contraire à la convention de Genève.

La Marseillaise. Comment se sont comportées les droites parlementaires ? On parle « d’obstruction… »

Marie-Christine Vergiat. Une partie de la droite parlementaire, du centre, est avant tout contre l’entrée de la Turquie dans l’UE. Dans les éléments de l’accord avec la Turquie, il y a la relance du processus d’adhésion... Pour eux, ça bloque. Par ailleurs, il y a les islamophobes –le mot ne me fait pas peur– qui eux montent au créneau et dont la pire expression a été celle du député d’Aube dorée [Eleftherios Synadinos, qui a proféré des insultes lamentables à l’endroit du peuple, turc, ndlr] provoquant son expulsion par le Président Martin Shulz. C’était hallucinant de racisme pur et au premier degré. Mais il y en a qui font ça de façon plus feutrée. Parmi ceux qui sont contre l’entrée de la Turquie, certains ont pour simple argument que ce pays est composé d’une population à majorité musulmane. Ils se disent que si la Turquie rentrait dans l’UE dans quelques années, ce serait aussi le pays le plus peuplé de l’Union. C’est important à souligner dans le contexte...

La Marseillaise. Alors que de nombreux pays semblent vouloir de toutes les façons fermer leurs frontières, quel est le poids réel du parlement, que vous dites beaucoup plus ouvert ?

Marie-Christine Vergiat. Pour ce qui est du poids du parlement, ça dépend vraiment des sujets. Il y a des résolutions que nous prenons mais qui resteront à l’état d’avis pour les gouvernements, sans plus. Sur la question des migrants ce n’est tout à fait pareil : il va falloir que cet accord se traduise par des actes législatifs. Sur ces actes législatifs nous sommes en « co-décision », comme on dit dans le jargon européen, avec le Conseil. Chacun prend position sur un texte et on essaie de trouver un point d’accord. Souvent, le Conseil ne veut rien bouger, pour ces textes-là. Le Parlement européen n’obtient que de petites concessions. Parce que le rapport de forces nous est défavorable, au final, sans l’appui des opinions. C’est ce que je dis toujours, nous avons besoin de la mobilisation citoyenne. On nous dit souvent, même nos amis politiques à gauche, que « le parlement européen ne sert à rien ». On ne peut pas dire les choses comme ça. Il faut au contraire passer à l’offensive et agir contre l’extrême droite européenne, qui en ce moment plombe ce débat de la question migratoire.

Entretien réalisé par Claude Gauthier (La Marseillaise, le 11 mars 2016)

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 13:41

Le naufrage du journalisme politique

"Alain Minc a reçu samedi le prix du livre politique 2016. Cette récompense attribuée par une trentaine de hiérarques de la presse vient confirmer le triste naufrage du journalisme politique, tel qu'il est conçu dans les grands médias, et combien le journalisme de connivence tient encore le haut du pavé."

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