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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 11:46
Vote à l'ONU pour la fin du blocus sur Cuba (Cuba Coopération France)

André Chassaigne a publié un communiqué se concluant en ces termes : « Il est temps de mettre un terme à des sanctions économiques anachroniques, cruelles et inefficaces, qui sont unanimement condamnées par la communauté internationale. Elles ont coûté au total 125 milliards de dollars à l’économie de l’île et elles infligent des souffrances inutiles au peuple cubain. »

191 pays pour la fin du blocus contre Cuba, 2 abstentions et 0 voix contre !

Pour la première fois les Etats-Unis et Israël n’ont pas osé voter contre. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut maintenant que les Etats-Unis appliquent cette résolution qui emporte, une nouvelle fois une approbation mondiale !

En cette fin de semaine, le Ministre des Relations Extérieures de Cuba, Bruno Rodriguez, interviendra en séance plénière de l’Assemblée Générale des Nations Unies, afin de présenter au vote de cette dernière, la résolution réclamant la levée du blocus.

Ces derniers jours, les voix se sont élevées, plus nombreuses et plus pressantes, une véritable clameur dans le monde entier. À Cuba, dans toute l’Ile, de très nombreuses manifestations ont eu lieu. Les institutions religieuses elles aussi ont pris position. En France, un rassemblement s’est tenu hier soir à Paris à l’appel de la Coordination créée par plusieurs associations, dont la nôtre. À l’occasion du 70e anniversaire de la création de la Maison de l’Amérique Latine à Paris, le Président de la République, François Hollande a, une nouvelle fois, condamné « cet embargo, qui fait tant souffrir le peuple cubain, sans avoir aucun intérêt aujourd’hui.» Une fois encore a-t-il dit « nous devons tous souhaiter qu’à l’occasion de ce 70e anniversaire, cette punition à l’égard du peuple cubain puisse enfin être levée » Le Président du Groupe d’amitié de notre Assemblée Nationale, André Chassaigne a publié un communiqué se concluant en ces termes : « Il est temps de mettre un terme à des sanctions économiques anachroniques, cruelles et inefficaces, qui sont unanimement condamnées par la communauté internationale. Elles ont coûté au total 125 milliards de dollars à l’économie de l’île et elles infligent des souffrances inutiles au peuple cubain. »

Dès le 1er Novembre les touristes pourront revenir à Baracoa, signale l’historien de la ville Alejandro Harmann, qui rappelle qu’en 1654 la ville a été brûlée par les corsaires… français ! Les secteurs forestiers de cette partie de la province de Guantanamo ont été particulièrement affectés. Après le passage de Matthew, on découvre un paysage lunaire. La forêt prendra 15 à 20 ans à récupérer. Pour l’ensemble des travaux de récupération et de construction, la solidarité est plus que jamais à l’ordre du jour !

Cette semaine, deux évènements à La Havane retiennent l’attention.

Tout d’abord l’Inauguration du bureau de l’AFD, Agence Française de Développement, en présence de Mathias Felk, secrétaire d’État chargé du Commerce Extérieur de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger et Rodrigo Malmierca, Ministre cubain du Commerce Extérieur et des Investissements étrangers. L’alliance entre l’Ile et l’AFD permettra de mettre en œuvre d’importants projets conjoints dans des secteurs stratégiques pour la nation cubaine, comme les infrastructures, les transports et les énergies renouvelables. Un projet pour le développement de l’élevage à Camagüey sera présenté avant la fin de l’année.

Le 2e événement qui nous réjouit également c’est l’attribution de la Médaille de l’Amitié, par le Conseil d’État de la République de Cuba, à Jean-Pierre Bel, envoyé personnel du Président de la République pour l’Amérique Latine et les Caraïbes. La cérémonie s’est déroulée à La Havane, au siège du Ministère des Relations Extérieures et la remise de la médaillée a été effectuée par Marcelino Médina, Ministre par intérim. Ce geste exceptionnel d’amitié a eu lieu en présence notamment de Ricardo Cabrisas, Vice-président cubain du Conseil des Ministres, d’Eusébio Leal, historien de la capitale et de notre Ambassadeur Jean-Marie Bruno. Cette distinction honore notre association, Jean-Pierre étant membre de notre Présidence d’Honneur, il soutient activement, depuis des années les actions que nous engageons.

La lettre de Cuba Coopération France

http://cubacoop.org/spip.php?page=newsletter&id_newsletter=186

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 10:49

Après les distributions de tracts à Bosh et à la Sermetta, cinq militants du PCF (Daniel Ravasio, Ismaël Dupont, Patrick Beguivin, Serge Bazin, Martine Carn) étaient présents sur le marché de Morlaix ce matin, avec la restitution de la grande consultation citoyenne du Parti Communiste "Que demande le peuple?" et nos axes de campagne principaux pour les présidentielles et les législatives 2017. 

Quelques conversations intéressantes place Allende et devant la mairie même si le climat général n'est pas à l'enthousiasme vis-à-vis de la politique... 

Qui pourtant nous rattrape tous... 

Les militants du PCF sur le marché de Morlaix ce samedi 29 octobre
Les militants du PCF sur le marché de Morlaix ce samedi 29 octobre
Les militants du PCF sur le marché de Morlaix ce samedi 29 octobre
Rencontre avec des militants de droite distribuant des tracts pour Sarkozy (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Rencontre avec des militants de droite distribuant des tracts pour Sarkozy (photo Pierre-Yvon Boisnard)

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 07:08
François Fillon veut serrer de plusieurs crans la ceinture du petit peuple
GÉRARD LE PUIL
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
Souvent ennuyeux, toujours réactionnaire, bon avec les riches et dur avec tous les autres, à commencer par les plus pauvres, François Fillon était hier soir l’invité de « L’émission politique de France 2 » Cet homme qui fut collaborateur d’un député à 22 ans, puis député à 27 ans suite au décès de son mentor a toujours vécu de la politique. Il a été plusieurs fois ministre dans des gouvernements de droite avant que Sarkozy ne l’installe à Matignon de 2007 à 2012. Hier soir, il a tenté de convaincre les téléspectateurs que l’on peut faire du neuf avec cette vieille recette qu’est la surexploitation des travailleurs.

Les téléspectateurs qui ont regardé François Fillon hier soir à « L’émission politique » de France 2 ont pu voir un homme très à droite. Il a présenté , redisant son opposition par « conviction personnelle » au mariage pour tous, défendant devant les cheminots CGT de la gare de Lyon à Paris le principe de la retraite à 65 ans pour tous, quelles que soit la nature du travail, ajoutant même que le conducteurs de trains peuvent toujours changer de travail à partir d’un certain âge. Fillon veut en finir avec les 35 heures et fixer à 39 heures la durée légale minimale de la semaine de travail. Sans pour autant augmenter le salaire mensuel à proportion du travail supplémentaire fourni, a-t-il tenu à préciser. Parmi les arguments avancés par l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy figure le fait que des gens travailleraient  aujourd’hui entre 70 et 80 heures par semaine en France. Et qu’il s’agirait là d’un exemple à suivre pour réduire les inégalités dans un processus de surexploitation pout tous, sauf pour les exploiteurs.

François Fillon, comme Sarkozy, Juppé et Le Maire avant lui dans cette même émission, s’est  prononcé pour la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Mais comme il faut malgré tout faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, il veut augmenter la TVA de 2%. C’est le plus sûr moyen de faire payer les pauvres à la place des riches. Ce que n’a pas manqué de lui faire remarquer François Lenglet, notant que « le cran de la ceinture n’est pas le même pour tout le monde ». Lenglet est très heureux, semble-t-il, de défendre dans cette seule émission des positions peu en phase avec celles qu’il avance généralement dans les journaux télévisés de France 2, lesquelles sont généralement beaucoup plus proches des idées et des intérêts du MEDEF.

500 00 chômeurs supplémentaires durant les 5 années où Fillon était Premier ministre

Bref, aux yeux de Fillon, l’austérité salariale et le recul de l’âge donnant droit à la retraite seraient le meilleur moyen de créer des emplois. On en oublierait que le nombre de chômeurs en catégorie A augmenta de plus de 500 000 personnes durant les cinq années qu’il passa à Matignon de 2007 à 2012. Et a continué de progresser à un rythme à peine supérieur sous la présidence de François Hollande, lequel promettait d’en inverser la courbe dès la fin de l’année 2012, puis avant la fin de l’année 2013, puis, peut-être en toute fin de mandat en mettant beaucoup de chômeurs en stage pour quelques mois, ce qui revient à trafiquer le thermomètre pour faire baisser la fièvre.

Mais, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la dernière note de conjoncture de l’INSEE nous dit ce matin que le Produit intérieur brut (PIB) de la France a augmenté de seulement 0,2% au troisième trimestre 2016 après un recul de 0,1% au second trimestre. Plus grave encore, c’est la croissance de 0,4% des services, non créateurs de richesses richesse matérielles, qui porte cette moyenne, alors que la production de bien matériels recule de 0,1% après un recul de 0,7% au second trimestre. Il s’agit donc d’une croissance molle et malsaine de surcroît.

L’explication que donne la note de conjoncture de l’INSEE  est limpide : « Au troisième trimestre 2016, les dépenses de consommation des ménages continuent de stagner. Elles rebondissent modérément dans les services (+ 0,3% après -0,2%) tandis qu’elles reculent dans les biens (-0,5%  après + 0,1%). Qu’en serait-il alors si on avait appliqué la recette de  Fillon consistant à augmenter les prix des biens de 2% via une augmentation de deux points de TVA ? Comment le chômage diminuerait-il dans ces conditions avec, en plus une augmentation de la durée hebdomadaire de travail de quatre heures aboutissant à ce que neuf personnes fassent le travail de dix sans que toutes les heures faites en plus ne soient payées comme l’a laisser entendre François Fillon hier soir ?

Notons encore que le jour ou François Fillon a plaidé à son tour pour la suppression de l’ISF suite au même plaidoyer de Sarkozy, Juppé et Le Maire, un sondage Odoxa publié par  « Aujourd’hui en France » a posé à un panel d’électeurs la question suivante : «  S’agissant de l’impôt sur la fortune, souhaitez-vous que cet impôt soit maintenu tel qu’il est, renforcé en augmentant ses taux d’imposition ou en abaissant le seuil, ou supprimé ? ». La réponse ses sondés est claire : 42% souhaitent que cet impôt soit conservé tel qu’il est aujourd’hui ; 30% souhaitent qu’il soit renforcé, soit un total de 72%. Seulement 28% disent souhaiter sa suppression. Même les électeurs des candidats de la droite pour l’élection présidentielle sont majoritairement pour le maintien de cet impôt.

Tout commentaire semble ici superflu !

Journaliste et auteur
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 07:04
« Merci, Ayele, d’oser face à O’Marché frais »
Mobilisation
LAURENCE MAURIAUCOURT
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Rassemblement de soutien, hier. 5 000 signatures en deux jours sur la pétition. L’affaire de la caissière licenciée un mois après avoir fait une fausse couche sur son lieu de travail à La Courneuve appelle une suite.

«Ça fait du bien, ça donne du courage », confie Ayele avant de prendre la parole devant cette centaine de syndicalistes et de militantes féministes venus la soutenir hier devant le supermarché O’Marché frais de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). À vrai dire, c’est Ayele qui a donné du courage à l’auditoire, tant la jeune femme est apparue concrète, combative, humaine, altruiste. La caissière de 33 ans ayant été victime d’une fausse couche au travail, la patronne, membre de la riche famille de commerçants franciliens Quattrucci, l’a licenciée un mois après (lire l’Humanité du 25 octobre). « Sans les femmes, sans les enfants, je ne sais pas ce que serait ce monde. Le capitalisme ne doit pas nous faire oublier cette idée. Les entrepreneurs ne sont rien sans nous. » Ayele est applaudie. Elle poursuit : « Toutes les caissières qui sont à l’intérieur de ce magasin souffrent. Ce n’est pas un lieu de travail, c’est l’enfer (…). Nous étions 80 il y a un an. Il en reste une vingtaine. » Et la jeune femme de décrire les situations d’humiliation, les insultes de la part de la hiérarchie, la surcharge de travail… « J’ai un DUT de gestion logistique. Il faut justifier d’au moins deux ans d’expérience pour décrocher un emploi dans ce secteur, voilà pourquoi j’ai pris cet emploi de caissière », argumente-t-elle en se remémorant la fois où la chef de caisse de 20 ans, « qui n’a même pas le bac », a convoqué toutes les caissières en les traitant de « racailles », les obligeant à faire du ménage. « Comment peut-on traiter de racaille des femmes sans connaître leur histoire. Et puis, le ménage, c’est un métier. Nous ne sommes pas embauchées pour ça. » Ayele remercie les soutiens présents et leur demande de « continuer ». De ne pas en rester au rassemblement d’aujourd’hui. « Il faut faire quelque chose avant que quelqu’un meure. » Ayele a en tête le cas d’une collègue « qui ne va pas bien », qui ne vit plus sans anxiolytiques.

Muriel Wolfers, secrétaire de l’union locale CGT de La Courneuve, mobilisée depuis des mois face à la situation de maltraitance salariale dont sont victimes les employées, abonde dans le sens de la jeune femme. Au micro, elle évoque « le système d’isolement » qui prévaut dans le magasin. « Est-ce que c’est l’homme qui doit s’adapter au monde du travail ? Ou l’inverse ? » La syndicaliste juge aussi « extraordinaires » les 5 000 signatures déjà recueillies sur la pétition, qui réclame une enquête sur cette affaire et des évolutions en matière de droits des femmes enceintes et d’aménagement de leur poste de travail.

« Si le patronat ose bafouer les droits, c’est qu’il y a impunité »

Une responsable de la fédération CGT du commerce souligne que la direction refuse de rencontrer les instances syndicales. « On ne peut pas laisser des mauvais patrons faire leur loi », intime-t-elle. Pour Sophie Binet, responsable du collectif Femmes mixité de la CGT, « si le patronat ose bafouer les droits, c’est qu’il y a impunité ». Face à cela, elle aussi remercie Ayele d’avoir « osé parler », rappelant que la maternité reste le premier motif de saisine du Défenseur des droits en France. « C’est au travail que les droits des femmes sont les moins respectés », a renchéri Gwendoline Coipeault, de Femmes solidaires.

Des élus PCF de La Courneuve, Corinne Delhomme et Anthony Couteau-Roussel, étaient présents, porteurs d’un message de soutien du maire, Gilles Poux, invitant chacun à œuvrer au sein du comité des droits des femmes de la ville. Le besoin de voir grossir le mouvement et de s’organiser, pour Ayele, pour ses collègues n’a échappé à personne. Des tracts vont circuler dans tout le secteur.

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 07:01
Can Dündar appelle l’Europe à se mobiliser contre «la plus grande prison de journalistes du monde»
JEAN-JACQUES RÉGIBIER
JEUDI, 27 OCTOBRE, 2016
HUMANITE
Depuis le Parlement européen où il avait été nominé pour le prix Sakharov, l’ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet, réfugié en Allemagne, dénonce la situation catastrophique de la presse en Turquie. Il appelle à l’aide tous les journalistes d’Europe et les députés européens.

« Je vous le demande : laissez une petite place dans vos journaux pour ce combat pour la liberté de la presse en Turquie, c’est important pour l’avenir de l’Europe ! » En lançant son appel depuis le Parlement européen de Strasbourg, Can Dündar a voulu faire d’une pierre deux coups.

D’abord c’est là qu’il peut plus facilement toucher un grand nombre de journalistes venus des quatre coins du continent pour suivre la session parlementaire. Mais c’est aussi là que sont réunis les députés de toute l’Europe, chargés en principe de défendre les libertés fondamentales. La situation des journalistes en Turquie était d’ailleurs au menu des débats du Parlement européen mercredi soir, et massivement, tous les députés européens se sont prononcés contre la répression féroce qu’exerce le régime d’ Erdogan à l’encontre des journalistes et de la presse. Une résolution pour les défendre a été votée en ce sens jeudi midi. Quel en sera l’effet ?

En tous cas, il y a urgence.

La journaliste française Julie Majerczak a dressé le tableau, désormais connu et vérifié, de la situation catastrophique de la presse sous le joug du gouvernement Erdogan, notamment depuis le coup d’état manqué du mois de juillet : 125 médias fermés - journaux et maisons d’édition -, suspectés d’appartenir au mouvement Gülen. 130 journalistes actuellement en prison, « plus qu’en Chine et en Iran », explique la journaliste, ce qui fait de la Turquie « la plus grand prison de journalistes du monde », remarque Can Dündar. Sans oublier, conséquence des fermetures de médias, que 2500 journalistes ont déjà perdu leur emploi en 3 mois, que 660 cartes de presse ont été supprimées, que 49 journalistes se sont vus retirer leur passeport, et que des sites Internet sont bloqués sans aucune décision judiciaire. «  Il n’y a pratiquement plus de médias indépendants en Turquie », estime Can Dündar qui explique, à propos des journalistes emprisonnés : « ce sont beaucoup plus que des chiffres. Pour nous, ce sont nos amis qui sont en prison, ce sont des personnes qui souffrent, ils sont détenus dans des conditions inhumaines. Beaucoup se sont battus pour moi lorsque j’étais moi-même emprisonné. »
 
Can Dündar, ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet, avait en effet été arrêté après la publication en mai 2015, d’une vidéo montrant des camions appartenant aux services de renseignement turcs qui transportaient des armes vers les zones contrôlées par les rebelles en Syrie. Son arrestation, ainsi que celle d’Erdem Gül, le chef du bureau d’Ankara de Cumhuriyet, avaient eu lieu en novembre 2015. Ils étaient accusés d’avoir divulgué des secrets d’état, mais aussi d’espionnage et d’appartenance à une organisation terroriste. Ils ont été relâchés en février dernier après avoir passé 92 jours en prison. Can Dündar, après avoir échappé à une  devant le tribunal d’Istanbul où venait de se dérouler son procès,  de 5 ans et 10 mois, mais laissé en liberté en attendant l’appel. Il en a profité pour partir en exil en Allemagne. « Faire confiance aux juges, c’était placer ma tête sur le billot, » dit-t-il.

Chasse aux sorcières

Can Dündar décrit cette « chasse aux sorcières » engagée par Erdogan contre les journalistes : « chacun attend son tour pour être emprisonné, » explique-t-il. Des détentions totalement arbitraires, fondées sur aucun motif, et aux conséquences graves pour l’ensemble de la société, le régime pouvant désormais utiliser les médias qui n’ont pas encore fermer, comme arme pour diffuser sa propagande. « Les médias sont maintenant verrouillés par le régime. Un mur de peur s’est abattu sur le pays, » dit-il.
 
L’appel lancé aujourd’hui par le journaliste turc devenu le symbole de la résistance contre la répression des médias dans son pays, est d’autant plus pressant que jusqu’à maintenant, l’Europe s’est très peu faite entendre pour condamner fermement Ankara. Ce que confirme Can Dündar, « l’Europe ferme les yeux sur ce qui se passe en Turquie, » ajoutant que « c’est décevant pour tous ceux qui soutiennent les idéaux européens, de voir comment l’Europe a si facilement renoncé à défendre ses valeurs. »
Parmi les raisons qui font que l’Europe est peu loquace sur la répression contre les médias, Can Dündar évoque bien sûr l’accord passé par l’U-E avec Ankara pour que la Turquie se charge, contre finances, de retenir les réfugiés venus de Syrie ou d’Irak, sur son territoire . Un accord qu’il qualifie de « marché de dupes » fondé sur « un tissu de mensonges. »
Il reste cependant convaincu que les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, doivent se poursuivre.  « Il ne faut pas isoler la Turquie », soutient-il, expliquant que la situation serait encore pire si le pays était coupé du restant de l’Europe. La Turquie, rappelons-le, est membre du Conseil de l’Europe.
 
Nominé pour le prix Sakharov 2016, Can Dündar n’a finalement pas été choisi. Le prix a finalement été attribué à deux jeunes femmes Yezidies soumises à l’esclavage sexuel par L’Etat islamique et devenue depuis les porte-étendards de la lutte contre la répression aveugle qui s’abat sur leur communauté. Dans cette spirale des horreurs qui frappe aux portes de l’Europe, le Parlement européen aura finalement préféré désigner l’Etat islamique comme le fléau principal, plutôt que le régime turc. Même si, dans le reportage qui lui a valu d’être jeté dans les geôles d’Erdogan, Can Dündar avait réussi à montrer que l’un n’était finalement pas si étranger à l’autre.
 
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 06:57

" Un débat a eu lieu à notre demande au Parlement européen sur la situation des journalistes en Turquie.

A cette occasion j’ai demandé à la Vice-présidente de la Commission des sanctions contre la Turquie.

Voici mon intervention lors de ce débat :

« Madame la Présidente,
Madame la Vice-présidente de la Commission européenne,

Au delà de condamnations verbales, nos institutions européennes doivent être fermées et énergiques à l’égard du pouvoir turc dont le prix Nobel Orhan Pamuk dit qu’il institue un « régime de terreur ».

Contre cela il faut des actes forts et clairs pour obtenir la libération de tous les journalistes, celle des magistrats, des syndicalistes et le rétablissement des élus dans leurs droits et fonctions.

Cessons donc cette hypocrisie qui consiste à faire de la Turquie, en échange de milliards d’euros et de silences complices, un espace de rétention de réfugiés.

Je demande que les services de l’action extérieure de l’Union européenne diligentent des missions d’informations et de soutien aux journalistes, aux magistrats, et aux syndicalistes.

Enfin, il faut stopper immédiatement tout processus de rehaussement de nos relations commerciales et envisager des sanctions économiques et commerciales tant que la liberté ne sera pas rétablie.

Je vous remercie. »

Patrick Le Hyaric

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 06:41
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 12:52

 Le refus de la Wallonie de donner son accord à la signature du traité de libre-échange Union Européenne – Canada révèle l’importance déterminante de l’engagement collectif et la force de la volonté politique. En faisant le choix de ne pas céder aux oukases des chantres de l’ultralibéralisme, qu’ils viennent d’Ottawa ou de la commission de Bruxelles, le ministre-président de Wallonie, Monsieur Paul Magnette, fait surtout preuve d’une immense lucidité. En rappelant « avoir toujours refusé de s’inscrire dans un calendrier contraignant  afin de donner suffisamment de temps à l’examen démocratique et parlementaire des textes », et que « l’établissement d’un éventuel ultimatum n’est pas compatible avec l’exercice de ce droit démocratique », il signifie simplement aux responsables des institutions européennes que les droits démocratiques des citoyens sont encore, en Belgique, supérieurs aux injonctions des magnas de la finance. 
 Car, parallèlement, on peut légitimement s’interroger sur le degré d’atteinte par le cancer de la finance du Président de la Commission européenne et du Président du Conseil : alors que leur logiciel libéral est en panne, ils continuent de proposer toujours plus de libre-échange, brandissant les ultimatums envers des représentants élus par les citoyens. Aux côtés de trop nombreux chefs d’Etat et de Gouvernement, ils semblent incapables de mesurer l’ampleur des conséquences politiques, économiques et sociales de leur course mortifère au libre-échange.
Le parcours du CETA est aussi le parfait révélateur des errements et des absences de notre Président de la République, de son Gouvernement et de sa majorité sur le terrain européen. Ainsi, le 17 juillet, j’interrogeais sous la forme d’une question écrite le Ministre des Affaires étrangères et du développement international en France sur le respect des principes démocratiques dans le cadre de l'examen du traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (CETA)… question restée sans réponse.

 

 Comme je le rappelais alors, depuis 2009 et le début des négociations de la Commission européenne sur ce traité, l'absence de transparence et de prise en compte des intérêts et des attentes des peuples a constitué le fil conducteur de ces discussions. 
Le contenu de ce traité est ainsi similaire aux premières propositions du traité transatlantique. CETA et TAFTA, bonnet blanc et blanc bonnet, visent l’abaissement des normes sociales, sanitaires et environnementales, et une vaste mise en concurrence de secteurs clés comme l’agriculture, la santé publique et les marchés publics, en créant aussi « un droit des affaires contre les droits humains » pour reprendre la formule de Patrick Le Hyaric. Une sorte de petit frère caché, dont les défenseurs n’avaient qu’un souhait : rester sous le radar, dans l’ombre des négociations du grand TAFTA ! 
 Signé en 2014 par le gouvernement canadien, le Conseil et la Commission européenne, ce cheval de Troie de l’ultralibéralisme était ainsi en passe de s’affranchir de la barrière démocratique des peuples qu’exècrent tant les transnationales et les gardiens de l’ordre libéral.  
Mais, le 13 mai 2016, devant les mobilisations populaires contre ces traités depuis 2 ans, les 28 États membres de l'Union européenne ont demandé qu'il ne soit définitivement ratifié qu'après un vote des parlements nationaux en plus de celui du Parlement européen. En effet, qualifié « d'accord mixte » puisque son contenu aborde la question des barrières non tarifaires aux échanges internationaux, il porte directement atteinte aux normes sociales, sanitaires et environnementales des États. Il prévoyait même la création d'un tribunal arbitral privé permettant aux multinationales de porter plainte contre les États. 
 Malgré cette demande, le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, renouvelait publiquement le 29 juin 2016 son intention de tout faire pour se passer du débat et du vote des parlements nationaux sur cet accord. Mais le 5 juillet 2016, sous la pression citoyenne et politique, le collège des commissaires européens a dû finalement décider que ce texte ne relevait pas de la compétence exclusive des institutions européennes mais aussi des États. Il a donc renoncé à adopter ce traité commercial sans l'aval des parlements nationaux. 
 Mais la Commission européenne, jamais avare en propositions malhonnêtes, a imaginé et prévu une application« provisoire » de l'accord dès sa ratification par le seul Parlement européen. Un provisoire d’une durée de 3 ans sans attendre le vote des parlements nationaux ! Ainsi, pendant cette période, la clause dite d'arbitrage entre une multinationale et un État s'appliquerait « provisoirement », même en cas de rejet de l'accord par un parlement national, ce qui revient pour les États à accepter de se faire dicter leur loi par des intérêts privés. La Commission européenne souhaitait ainsi déroger aux plus élémentaires principes démocratiques alors même que le contenu de cet accord aura immédiatement de très lourdes conséquences pour de nombreux secteurs économiques et au regard du respect des normes sociales et environnementales adoptées souverainement. L’importation programmée de dizaines de milliers de tonnes de viande sans droits de douane en est un exemple flagrant.
 

 Devant ce nouveau déni de démocratie, restait donc à savoir si la France comptait refuser toute application provisoire de cet accord sans débat et vote des parlements nationaux. Interrogé le 19 octobre dernier à l’Assemblée nationale par mon collègue Marc Dolez, député Front de Gauche, la réponse du Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur fut la suivante : « D’abord, concernant la ratification des parlements, comme je m’y étais engagé devant vous, Sigmar Gabriel et moi avons écrit à la Commission européenne avant l’été pour obtenir la reconnaissance du caractère mixte de l’accord, afin que vous, mesdames et messieurs les parlementaires, puissiez avoir le dernier mot. Ensuite, nous nous sommes battus, hier encore, en conseil des ministres européens, à Luxembourg, sur la question de son application provisoire. Il est maintenant clairement acté au niveau européen qu’en cas d’opposition des parlements nationaux à cet accord, son application provisoire devra être remise en question, conformément aux procédures européennes. C’est la première fois que la démocratie est respectée à ce point. Enfin, l’arbitrage privé a été remplacé par une cour de justice commerciale internationale publique, ce qui est inédit. Je suis fier que cette initiative, portée par la France, ait abouti au niveau européen."
 

 A Paris, on cherchait donc encore une porte d’accord pour un traité que les peuples rejettent. Mais cette réponse prouve tout l’intérêt d’une large mobilisation pour mettre à jour le contenu de ces textes cachés… au point de permettre de renverser le cours des choses après 7 années d’entre-soi néolibéral ! Oui, néolibéralisme ou démocratie, il faut un jour choisir.
 Et quand certains tergiversent et hésitent à fermer la porte, quelle leçon que ce magistral coup de pied venu de Wallonie !
 Et même si nous sommes conscients que beaucoup poussent derrière la porte, ne boudons pas notre bonheur…

 

CETA: néolibéralisme ou démocratie? il faut choisir (Par André Chassaigne, 25 octobre 2016)
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 11:55
photo Ouest-France: Gultan Kisanak

photo Ouest-France: Gultan Kisanak

Turquie. La maire de la ville kurde de Diyarbakir arrêtée

 

La police turque a arrêté mardi la maire de la ville majoritairement kurde de Diyarbakir, dans le sud-est. Gultan Kisanak et son adjoint Firat Anli ont été placés en garde à vue sur des soupçons de liens avec une organisation terroriste. Diyarbakir est jumelée avec Rennes.

Ces arrestations s'inscrivent dans une vaste campagne de répression menée à l'encontre des responsables politiques soupçonnés d'être liés au Parti des travailleurs du Kurdistan qui a repris les armes cet été contre le pouvoir central après des années de trêve.

Les bureaux et le logement de Gultan Kisanak ont été perquisitionnés, selon des sources sécuritaires qui n'ont pas pu donner de précisions sur le résultat de ces recherches.

Ville jumelée avec Rennes

La ville de Diyarbakir est jumelée avec Rennes. Samedi dernier, la mairie de Diyarbakir accueillait un projet culturel monté par l'association Amitiés kurdes de Bretagne, à destination des enfants d'un camp de réfugiés yézidis.

Ankara a désigné en septembre plusieurs nouveaux exécutifs dans une trentaine de municipalités kurdes après avoir révoqué leurs exécutifs.

 

 

Turquie: la police torture sous couvert d'Etat d'urgence (L'Humanité, 26 octobre 2016)

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 11:00
Elles sont la voix des esclaves yezidis de Daesh: Nadia Mourad Bassi Taha et Lamia Aji Bachar viennent de recevoir le prix Sakharov (Ouest-France, 28 octobre)

Lire aussi sur le Chiffon Rouge, ces témoignages de la monstruosité des pratiques de Daesh en Syrie et en Irak dont les populations civiles dans ces pays sont les principales victimes: 

 

Père Patrick Dubois: "Daech commet un génocide contre le peuple yézidi"

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