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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:21
Voeu adopté à l'unanimité lors du Conseil de Communauté de Morlaix Co le 19 décembre: "En gare de Morlaix, la modernité, c'est aussi des agents et des trains!"

Voeu adopté à l'unanimité lors du Conseil de Communauté de Morlaix Co le 19 décembre: "En gare de Morlaix, la modernité, c'est aussi des agents et des trains!"

Au dernier Conseil Communautaire du mois de novembre, le président Jean-Luc Fichet s'était engagé à permettre que soit présenté au prochain communautaire du mois de décembre après l'avoir examiné et reçu dans les temps un voeu correspondant à celui qui avait été voté peu avant en Conseil Municipal de Morlaix à l'unanimité en novembre après avoir été présenté par Ismaël Dupont, élu PCF-Front de Gauche. 

Cela a donc été fait hier, lundi 19 décembre, en fin de Conseil. Le voeu, quasiment identique à celui qui avait été adopté par l'unanimité du Conseil Municipal de Morlaix du 17 novembre 2016, a été voté par tous les conseillers communautaires présents après avoir été présenté par Ismaël Dupont. 

Un signe fort d'une volonté collective exprimée clairement que la SNCF préserve l'offre de service public sur Morlaix après les investissements importants réalisés pour accueillir la LGV et réaménager le pôle gare.     

Conseil Communautaire du 19 décembre- photo Pierre-Yvon Boisnard

Conseil Communautaire du 19 décembre- photo Pierre-Yvon Boisnard

gare de Morlaix

gare de Morlaix

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:15
conseil communautaire du 19 décembre - photo Pierre-Yvon Boisnard

conseil communautaire du 19 décembre - photo Pierre-Yvon Boisnard

Le collectif pour le développement de l'offre de transport en commun sur le secteur Sud de la communauté et de Morlaix (Plourin, Plougonven, et au-delà...) animé entre autre par Hervé Penven et Nadine Nicolas était présent avec de nombreuses personnes venues se faire entendre en assistant au Conseil Communautaire

Le collectif pour le développement de l'offre de transport en commun sur le secteur Sud de la communauté et de Morlaix (Plourin, Plougonven, et au-delà...) animé entre autre par Hervé Penven et Nadine Nicolas était présent avec de nombreuses personnes venues se faire entendre en assistant au Conseil Communautaire

Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
"Les utopistes en action" qui n'ont toujours pas de proposition d'aide à mise à disposition d'un local adapté pour accueillir et ranger dans de bonnes conditions les vêtements et autres affaires collectés pour les friperies solidaires et l'aide aux réfugiés et migrants sans papier ni toit était encore présent, pour la 3ème ou 4ème fois d'affilé, au Conseil Communautaire, pour qu'on entende ses revendications légitimes

"Les utopistes en action" qui n'ont toujours pas de proposition d'aide à mise à disposition d'un local adapté pour accueillir et ranger dans de bonnes conditions les vêtements et autres affaires collectés pour les friperies solidaires et l'aide aux réfugiés et migrants sans papier ni toit était encore présent, pour la 3ème ou 4ème fois d'affilé, au Conseil Communautaire, pour qu'on entende ses revendications légitimes

Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard

Ce dernier Conseil de Communauté de l'année fut très long (plus de 4 heures), avec 62 délibérations, présentations ou voeux, très tendu une nouvelle fois en son commencement surtout avec des passes d'armes musclées entre Agnès Le Brun et Jean-Luc Fichet, mais non dépourvu d'intérêt avec pour commencer, suite aux mots de solidarité de la communauté avec Guerlesquin exprimés par Jean-Luc Fichet avant de reprendre le fil des réalisations de l'année, un propos très digne et précis de Gildas Juiff, maire de Guerlesquin, sur la situation des salariés de Tilly Sabco et de l'entreprise qui va changer de nom et dont l'abattoir va fermer, puis une présentation extrêmement intéressante du projet de politique jeunesse intégrée par les élus en responsabilité et les animateurs qui mettent en oeuvre les politiques jeunesses sur le territoire - Françoise Le Roux coordinatrice jeunesse à Morlaix-Co, Antoine le Roux du RESAM, Patrick Jeguinet du centre Keravel de Plougasnou, Eric Even de la MJC, Elodie pottin, coordinatrice santé (...etc.) - et l'officialisation de la création de l'Institut Franco-Indien de Bretagne avec des antennes à Lorient et Morlaix. 

Revenons sur quelques épisodes de ce Conseil Communautaire du 19 décembre même s'il serait trop long de tout reprendre. 

Gildas Juiff, maire de Guerlesquin, a rappelé d'abord que 134 salariés sur 195 allaient perdre leur poste à Tilly Sabco: c'est le deuxième plan social en deux ans, après les 127 licenciés de 2014. En 2014, c'était surtout des jeunes salariés qui avaient été licenciés. Cette fois-ci, il y a beaucoup de salariés de plus de 50 ans qui travaillaient depuis plus de 20 ans pour Tilly Sabco, avec les difficultés de reconversion que l'on connaît. La société Weegdam des Pays-Bas dont l'offre a été retenue par le tribunal de commerce était déjà cliente de Tilly Sabco sur la partie saucisses. L'abattoir va fermer. Son but est de reprendre la production le 3 janvier. Mais il y a beaucoup de scepticisme, y compris chez les salariés qui ont été retenus, et qui ont l'impression d'avoir été menés en bateau depuis des années, qui n'y croient plus, qui ne veulent plus rester pour certains. La disparition de l'abattoir est un gros coup dur économique pour la région: pour 1 emploi à Tilly, c'est 4 emplois associés (ramasseurs, éleveurs, commerçants...). 44 personnes sont directement concernées par ces licenciements à Guerlesquin. 134 salariés vont être accompagnés par une société de reclassement. Il faudra être très vigilant au niveau social. Cela ne va pas être simple de faire le deuil de tout ça. Les situations sont déjà très difficiles avec des salariés qui ne travaillaient plus qu'un jour ou deux par semaine depuis 2 ans, le reste du temps au chômage technique, avec une inquiétude terrible par rapport à l'avenir.      

 

 

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:00
Pas de coup de pouce pour le Smic: "La décision du gouvernement est lamentable" (Pierre Laurent)
Pas de coup de pouce pour le Smic: "La décision du gouvernement est lamentable" (Pierre Laurent)

Triste performance !!

***************
Le Smic horaire brut a augmenté de 11,5% durant le mandat de l'ex-président de droite, contre environ 6% sous le président socialiste. Sous Nicolas Sarkozy le gain était ainsi d'environ 144 euros par salarié... mais il a été de seulement 82 euros pour Hollande.

 

 

Smic : "La décision du gouvernement est lamentable" (Pierre Laurent)

 

La ministre du travail Myriam El Khomri vient d'annoncer qu'il n'y aurait pas de coup de pouce pour le smic en 2017. Cette décision du gouvernement est lamentable. L'indifférence du quinquennat Hollande à l'égard des salarié-e-s les plus modestes est indigne d'un gouvernement de gauche. Les coups de pouce aux grands patrons se sont multipliés comme en témoigne les 41 milliards d'euros du CICE qui, loin d'avoir le moindre effet positif sur l'emploi, viennent nourrir les dividendes records versés aux actionnaires, les retraites-chapeau et autres parachutes dorés.

Le PCF propose une augmentation immédiate de 23% du SMIC pour le porter à 1400 euros net environ et une progression visant 1700 euros net à la fin du prochain quinquennat. Indissociablement, les salaires de chaque premier niveau des grilles de classification des différentes branches doivent être également augmentés.

Nul doute qu'un gouvernement de gauche déterminé à combattre la finance pourrait se donner les moyens d'une telle politique. Rappelons que l'évasion fiscale fait perdre chaque année à la France près de 80 milliards d'euros de recettes.

 

 

Le smic sera revalorisé de 11 euros nets par mois au 1er janvier, sans "coup de pouce"
LAURENCE MAURIAUCOURT
LUNDI, 19 DÉCEMBRE, 2016, L'Humanite

Le Smic sera revalorisé de 11 euros nets par mois au 1er janvier, sans "coup de pouce"

Le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) augmentera de 0,93% au 1er janvier 2017, passant de 9,67 à 9,76 euros brut de l'heure, sans "coup de pouce", ont indiqué lundi deux sources syndicales à l'AFP.

Une personne salariée à plein temps (35h) rémunérée au Smic touchera donc 1 480,27 euros brut mensuels, soit une hausse de 13,65 euros par rapport à 2016. Le Smic net s'établit, quant à lui, autour de 1 153 euros, en hausse de 11 euros. Comme lors des quatre dernières revalorisations, le gouvernement n'a pas accordé de coup de pouce. 

 
Pas de coup de pouce pour le Smic: "La décision du gouvernement est lamentable" (Pierre Laurent)
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 08:29

L'HUMANITE

Lundi 19 décembre 2016

JEAN-EMMANUEL DUCOIN

 

 

 

 

 

 

 

Par principe, sinon lucidité, méfions-nous des vagues de sondages, qui ne disent qu'imparfaitement la photographie du moment, sans jamais prévoir ni le futur réel, ni les évolutions d'une société très éruptive par temps de crises. Néanmoins, depuis l'élection triomphale de François Fillon comme leader de la droite extrême, quelque chose dans le climat politique et social nous informe plutôt positivement sur ce que les citoyens ne veulent pas. En moins de trois semaines, plusieurs enquêtes d'opinion le confirment : les perspectives de l'ultra-ordo-libéralisme inquiètent. Et pas qu'un peu. Dans un sondage Elabe, plus de 80 % se déclarent opposés à la baisse des dépenses publiques, 90 % quand il s'agit des dépenses de santé, 89 % pour les retraites ou la sécurité, 86 % pour l'éducation...

Dans un sondage Odoxa, 61 % refusent la privatisation de La Poste. Dans un sondage Ifop, pas plus tard qu'hier matin, seulement 28 % des électeurs souhaitent que Fillon soit élu en 2017, alors que 72 % pensent qu'il a eu raison de retirer (qui le croit ?) sa proposition sur la réforme de la Sécurité sociale. Sans parler de cette étude réalisée par la sociologue Anne Muxel, « Generation What ? », sur les jeunes de 18 à 34 ans : 62 % affirment être prêts à « participer à un grand mouvement de révolte », tandis que 93 % clament que « c'est la finance qui dirige le monde »... Quel est le trait commun à tous ces sondés ? Leur attachement à la solidarité républicaine, constitutive du modèle social qui est le nôtre, du moins ce qu'il en reste...

Pour le dire vite, et sans aucun excès d'optimisme, ce qui serait absurde, nous ne croyons pas au plébiscite de l'ultralibéralisme et du conservatisme le plus réactionnaire. Au nom du peuple, au nom des pauvres, au nom des sous-citoyens frappés d'indignités quotidiennes, nous croyons même tout le contraire. À savoir que les chocs successifs des politiques cul par-dessus tête, dont François Hollande fut le dernier avatar, offrent la possibilité d'un vaste débat pour l'émergence d'une République sociale, protectrice et ambitieuse. La grande bataille des idées débute à peine. Si nous la menons pas à pas, est-elle vraiment perdue ?

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 08:06
Berlin: un camion fonce sur les clients d'un marché de Noël (L'Humanité, 19 décembre)
Berlin. Le chauffeur d'un camion fonce intentionnellement sur les clients d'un marché de Noël
LAURENCE MAURIAUCOURT
LUNDI, 19 DÉCEMBRE, 2016- L'Humanite
 
Un camion a percuté des dizaines de personnes dans la foule d'un marché de Noël à Berlin faisant 12 morts et 48 blessés. L'un des assaillants aurait été retrouvé mort dans le véhicule et un second, en fuite, a été interpellé.  "Nos enquêteurs estiment que le camion a été intentionnellement dirigé dans la foule du marché de Noël", a indiqué la police de la capitale allemande dans un message sur Twitter. 

Un camion a foncé ce soir sur un marché de Noël dans le Kurfürstendamm, une artère commerçante très fréquentée du centre de Berlin souvent comparée aux Champs Elysées. Il y aurait plusieurs morts et au moins 50 blessés, a indiqué la police locale à l'AFP, en précisant qu'il s'agissait « probablement d'un attentat. » A 21h30, il est fait état de neuf morts. 

Selon les premières informations, le conducteur du poids-lourd serait en fuite.

La situation de chaos a été filmé par des internautes. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux.

L'événement ne manque pas de rappeler le mode opératoire de l'attentat commis à Nice, le 14 juillet dernier.

« Triste journée » commentent de nombreux internautes qui rapprochent la tragédie survenue en Allemagne avec une fusillade qui a eu lieu devant un lieu de culte musulman à Zürich en Suisse et avec l'assassinat de l'ambassadeur de Russie survenue cet après-midi à Ankara en Turquie.  

Compléments d'informations : 

A 21h45, les chaînes d'information relaient les dires de la police berlinoise qui indique qu'il y avait deux hommes à bord du camion. L'un des assaillants serait décédé dans le véhicule et l'autre, en fuite, aurait été interpellé. 

La police semble privilégier la piste d'un attentat, à l'instar du ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, selon lequel il y a "beaucoup de raisons" de penser qu'il s'agit d'une attaque délibérée. L'enquête a d'ailleurs été confiée au parquet fédéral compétent en Allemagne pour les affaires de terrorisme.
M. de Maizière a souligné à la télévision allemande que si l'Allemagne était une cible pour les groupes jihadistes, ses services n'avaient "aucun indice (laissant penser) qu'un marché de Noël" pouvait être visé.
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:14
drapeau basque en Palestine, Béthléeem (photo I. Dupont)

drapeau basque en Palestine, Béthléeem (photo I. Dupont)

«L'Espagne et la France sont responsables de ce qui se passe au Pays basque»
 PAR ANTTON ROUGET

Secrétaire général d’Interpol de 1985 à 2001, le Britannique Raymond Kendall est aujourd’hui membre du groupe international de contact (GIC) censé coordonner la commission de désarmement de l’ETA.  Il dénonce l’inflexibilité des gouvernements français et espagnol. 

L’opération policière de Louhossoa n’est que le dernier épisode du récit de l’échec du processus de paix basque. Vendredi soir, dans ce village du Pays basque français, cinq personnalités locales ont été interpellées dans le cadre d’un vaste coup de filet antiterroriste. Présentée par le ministère de l’intérieur comme un nouveau coup porté à l’organisation ETA, l’opération a en réalité visé un groupe de militants pacifiques ayant pris en main la démilitarisation de 15 % de l’arsenal du groupe armé.

Car depuis 2011 et l’arrêt de la violence au Pays basque, les gouvernements refusent de s’asseoir à la table des négociations. « Ce qui se passe aujourdhui est de la responsabilité des États », dénonce, dans un entretien à Mediapart, Raymond Kendall, secrétaire général d’Interpol de 1985 à 2001 et membre du groupe international de contact (GIC). Fondé en 2011 au lendemain de la « conférence pour la paix » conduite par le Prix Nobel de la paix Kofi Annan, le GIC réunit plusieurs personnalités internationales, expertes en résolution de conflit chargées de la coordination du processus de paix basque. Il est notamment composé de Brian Currin, expert de la commission « vérité et réconciliation » post-apartheid en Afrique du Sud, de Silvia Casale, criminologue, membre de la commission chargée de la révision des peines pour l’Irlande du Nord et présidente, de 2000 à 2007, du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), ou encore d’Alberto Spektorowski, professeur de science politique à l’université de Tel-Aviv (Israël), membre de la délégation israélienne au sommet de Camp David en juillet 2000.

Comparant la situation avec le désarmement de l’IRA planifié avec le gouvernement britannique, Raymond Kendall révèle que Paris n’a jamais voulu donner suite aux sollicitations du GIC, dit « comprendre » les motivations des militants pacifiques de Louhossoa et s’inquiète des « frustrations » que cette situation engendre au sein de la société basque et de l’ETA. Entretien.

Cinq représentants de la société civile ayant mené une action de désarmement de lETA ont été transférés à Paris ce dimanche afin d’être présentés à un juge dinstruction. Comment en sommes-nous arrivés à cette incroyable situation ?

Pour moi, tout cela vient du fait que les autorités françaises et espagnoles ont refusé de discuter de ce sujet avec les personnes qui étaient équipées pour le faire. Le fait est que nous avons cherché le moyen de créer les conditions d’un désarmement, au niveau juridique notamment. Dans tous les accords de désarmement, les gens qui ont reçu les armes ont eu des immunités fixées par le gouvernement pour qu’ils soient protégés chaque fois que sont déplacés les armes, explosifs et munitions.

Ici, le procureur va poursuivre les personnes qui ont été arrêtées pour les délits qu’elles ont commis, en réceptionnant les armes parce qu’elles ont fait ça illégalement sans avoir la protection d’un accord. On peut se dire : « Oui mais ces gens-là essayaient de récupérer des armes, etc. » En fait, ils ont essayé de mettre en place un désarmement sans avoir pris les précautions nécessaires. C’est pour cela qu’ils se trouvent dans cette situation et, malheureusement, on ne peut pas tellement protester puisqu’ils connaissaient bel et bien les risques qu’ils prenaient.

Pourquoi ?

À partir du moment où les membres de l’ETA ont dit qu’ils étaient d’accord pour rendre leurs armes, ils voulaient que des conditions de protection soient accordées avant de le faire. Ils savaient très bien que s’ils étaient trouvés en possession d’armes, quelles que soient les conditions, ils seraient poursuivis.

Or les États ont chaque fois refusé, en disant : « Vous faites ce que vous voulez, nous, on veut que vous rendiez tout ce quil y a à rendre sans conditions et que lorganisation soit dissoute. » Ce qu’ils demandaient en fait aux gens de l’ETA était tout simplement impossible. Il est arrivé exactement la même chose en Irlande du Nord, sauf que le gouvernement britannique était d’accord pour fixer les conditions juridiques dans lesquelles le désarmement pouvait se faire.

Quelle différence avec lexemple irlandais ?

C’est très simple. L’initiative pour le désarmement de l’IRA a été prise par le gouvernement britannique. C’est donc lui qui contrôlait tout et maîtrisait parfaitement les conditions juridiques, adoptées par le parlement, pour faire ce qu’ils ont fait.

Cela a été un peu compliqué à mettre en œuvre car on ne devait pas donner la possibilité à l’ensemble des membres de l’IRA de transporter des armes. Les conditions qui ont été fixées étaient parfaitement raisonnables et jugées acceptables par l’ensemble des parties. Mais ici les décideurs bloquent. Les seules personnes qui pouvaient débloquer la situation étaient les autorités gouvernementales françaises et espagnoles, mais elles ont refusé jusqu’ici de négocier quoi que ce soit.

L’Espagne, surtout, veut que l’ETA se rende sans conditions. Pour la France, ce n’est pas compliqué : chaque fois que l’Espagne dit quelque chose, elle dit « daccord ». Je me rappelle que Manuel Valls, quand il a pris ses fonctions de ministre de l’intérieur en 2012, est allé en Espagne et a dit publiquement : « Nous sommes avec vous. Tout ce que vous préconisez, nous le suivons. » Ils ne veulent rien écouter sur le sujet. C’est pour cela que nous en sommes là aujourd’hui.

Pourquoi une telle inflexibilité ?

Cela a toujours été le cas. Il est plus simple pour les gouvernements de dire : « Écoutez, il sagit dune organisation terroriste. Point final. » Jusqu’en 2011, il y a eu des attentats. Le temps a depuis passé sans une action de la part de l’ETA. Le danger s’est éloigné. L’ETA a passé cinq ans sans commettre d’attentat : on peut légitimement croire ce qu’ils disent. 

Je crois que l’attitude des gouvernements commence à créer une situation difficile pour l’État français, alors qu’il est obligé de faire appliquer la loi sachant qu’il a toujours refusé de créer les conditions pour que l’ETA rende son arsenal. Le blocage est total. Ce qui compte maintenant est la manière dont l’opinion publique peut percevoir la décision des représentants du mouvement social [de procéder eux-mêmes au désarmement – ndlr]. Car cela ne se résume pas à une simple infraction à la loi : en faisant cette action, ils ont essayé de démilitariser une organisation terroriste et armée.

Justement, le nouveau ministre de lintérieur Bruno Le Roux a estimé samedi que« personne na le droit de se proclamer destructeur darmes » et a sous-entendu que le groupe aurait pu détruire des preuves. Comment analysez-vous cette déclaration ?

Le ministre de l’intérieur est quand même obligé d’appuyer l’action de son gouvernement. Il y a une explication très simple qui dit : « Ce sont des gens qui ont enfreint la loi. » Mais, moralement, l’opinion publique n’accepte pas ce genre d’arguments dans les circonstances dans lesquelles tout ça se présente. Elle va répondre : « Mais, écoutez, que pouvaient faire ces gens-là ? Ces armes, ils voulaient les rendre, mais vous ne facilitez pas les choses. » Le gouvernement a eu durant cinq ans la possibilité de régler cette question une bonne fois pour toutes mais a toujours refusé toutes les propositions qui ont été faites.

Au début, quand notre groupe s’est formé, nous avons immédiatement créé la commission de désarmement. Cette commission a commencé à travailler. Il y a même eu un premier semblant de rendu de son arsenal par l’ETA, mais ce n’était pas vraiment sérieux. Aujourd’hui, nous avons quasiment arrêté le travail de la commission car cela n’allait nulle part, pour les raisons que j’ai expliquées précédemment.

Les gens de cette commission ont l’expérience irlandaise, ils savent ce qu’il faut faire. Mais, chaque fois que quelqu’un a fait des propositions officielles, cela a échoué. Le gouvernement français, par exemple, ne reconnaît même pas notre groupe. Il ne veut pas discuter avec nous.

Et puis, il y a eu cet incident ridicule où nous avons été convoqués au commissariat de Bayonne pour nous expliquer [en mars 2014, après la remise d’une infime partie du stock d’armes de l’ETA justement – ndlr]. Je veux bien croire que le ministre de l’intérieur est un peu embêté, surtout parce qu’il a agi [vendredi] à partir d’une information qui ne venait même pas de la France. C’étaient des informations qui venaient d’Espagne. Alors il peut dire lui même : « Ah oui, mais nous, on coopère avec les Espagnols, etc., etc. »Mais cela n’explique pas le refus qu’a opposé le gouvernement pour essayer de trouver une solution.

Avez-vous cru que Paris aurait pu sengager dans le processus de paix après la conférence internationale pour la résolution du conflit basque du 17 octobre 2011 ?

Les gens de l’ETA pensaient pouvoir négocier avec la France. Notre groupe aussi pensait qu’on pouvait peut-être changer l’attitude de la France, même si on ne pouvait rien faire en Espagne.

Nous avons notamment cru qu’un argument humanitaire pouvait marcher. Les prisonniers, par exemple, ont essayé de négocier le rendu des armes afin d’améliorer leurs conditions de détention. Il faut dire que la France comme l’Espagne ont été condamnées par la Cour européenne des droits de l’homme pour les conditions dans lesquelles les prisonniers sont maintenus en détention. Toutes les conditions prévues par les textes internationaux ne sont pas respectées ni par la France, ni pas l’Espagne. Nous avons évidemment voulu régler cela avec les autorités. Mais la porte a été refermée chaque fois.

La protestation contre les interpellations sorganise au travers de manifestations et de pétitions. Localement, des représentants de tous les partis politiques réclament la libération des personnes interpellées. Des mouvements comme Greenpeace France, Attac, la Ligue des droits de lhomme ou la Confédération paysanne se sont joints à cet appel. Cette contestation peut-elle mettre en difficulté le gouvernement de Bernard Cazeneuve ?

Il y a de nombreuses oppositions qui se manifestent. En France notamment, le mouvement social et les politiques de la région sont entrés en jeu pour essayer de régler le problème et il y a eu un début de protestation de certains représentants politiques français. Il faut attendre quelques jours pour voir comment cela va évoluer.

Il est évident que cela pourrait devenir un vrai problème politique pour le gouvernement. Mettez-vous à la place des gens dans la rue. S’ils examinent la situation, ils vont dire : « Mais, attends, la décision judiciaire [de poursuivre les personnalités interpellées – ndlr] ne me paraît pas acceptable dans le cas où il sagit de personnes qui essayent de désarmer une organisation terroriste. Cest le gouvernement qui lempêche.»

Je comprends par ailleurs la frustration de ces représentants du mouvement social qui ont fait l’action [de Louhossoa]. Cela s’explique. Quand vous êtes bloqué chaque fois, quoi que vous proposiez, il est évident que cela pousse les gens vers la frustration. Heureusement, que l’ETA elle-même n’a pas fait part de sa frustration. Cela aurait pu mener à la reprise des attentats.

 

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:06
Lannion met son grain de sable à Leclerc (Ouest-France, 19 décembre 2016)

Le collectif "Grain de sable", opposé à l’extraction de sable, a mené une action en grande surface, ce soir, pour cibler les produits du groupe Roullier, auquel appartient la Compagnie armoricaine de navigation (Can).

Ils sont arrivés en petit cortège, emmenés par deux personnes masquées et drapées d’un long tissu. Une dizaine de membres du collectif Grain de sable, opposé à l’extraction de sable en baie de Lannion, ont mené une nouvelle opération en grande surface, ce soir.

Des produits ciblés

Après une action à Géant, en septembre, ces opposants ont remis le couvert mais à Leclerc (route de Perros-Guirec), et de façon plus théâtrale cette fois, pour interpeller les clients. Ou comment évoquer le dossier de l’extraction de sable au rayon fruits et légumes !

« Nous faisons un peu de barouf au milieu de vos courses aujourd’hui parce que le sujet de l’extraction de sable se joue aussi dans les supermarchés, dans nos achats, ont expliqué les opposants, durant cette opération-éclair de 15 minutes. Car la Compagnie armoricaine de navigation (Can), la société qui veut extraire le sable en baie de Lannion, est une des nombreuses filiales du groupe Roullier qui produit notamment des pâtisseries sous les marques Ker Cadélac ou Le Guillou. »

Et les membres du collectif Grain de sable d’empiler les madeleines et autres gâteaux estampillés de ces marques, en symbolisant «  un château, celui de l’empire Roullier, qu’une grande vague pourrait déstabiliser… Car en étant nombreux et soudés, on peut faire vaciller bien des empires. »

Quinze jours après la décision du Conseil d’État rejetant les recours des opposants, « Grain de sable » veut croire en l’arrêt définitif de l’extraction de sable : «  C’est la ténacité des habitants du Trégor qui a mené à l’arrêt provisoire de cette extraction, c’est elle aussi qui y mettra un terme définitif ».

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:02
Algues vertes: le jogger d'Hillion est décédé d'une intoxication (Ouest-France, 19 décembre 2016)

Neuf spécialistes (1), dont quatre de toxicologie, affirment que le joggeur d’Hillion est décédé d’une "intoxication aiguë au sulfure d’hydrogène". Ils demandent au procureur de rendre public le compte rendu de l’autopsie et des examens histologiques. Son corps avait été retrouvé dans les vases du Gouessant.

Selon ses neuf spécialistes, « le communiqué, publié par le procureur de la République, le vendredi 9 décembre 2016, contient trois informations importantes : l’autopsie du joggeur n’a décelé aucune maladie qui aurait été méconnue : il était donc bien en excellente santé, jusqu’à son décès soudain. »

« Par contre, l’autopsie a montré un œdème du poumon, ce qui est habituel lors d’une intoxication au sulfure d’hydrogène ; enfin, de nouvelles mesures du sulfure d’hydrogène dans les vases du Gouessant - apparemment effectuées sur le lieu du décès - ont montré que le simple fait de les remuer peut entraîner des concentrations très élevées, supérieures à 1 000 ppm, mortelles en quelques minutes. »

« Ces trois informations sont des signes concordants d’une intoxication aiguë au sulfure d’hydrogène. Les explications embarrassées du procureur ne visent qu’à dissimuler cette cause du décès, évidente pour des spécialistes. » 

« Persévérer dans l’erreur »

« Rejeter le diagnostic d’intoxication au sulfure d’hydrogène, c’était dès le début une erreur dans le cas de ce décès soudain d’un joggeur en pleine forme, sans antécédent de santé, trouvé gisant dans les vases du Gouessant, bien connues pour être très chargées en H2S », indiquent les auteurs du communiqué, spécialistes en toxicologie.

« Après les informations supplémentaires, fournies, notamment par l’autopsie, entretenir le doute c’est persévérer dans l’erreur et montrer une volonté délibérée de ne pas nommer la cause du décès. »

« Ce doute a aussi des conséquences graves puisqu’il incite la population à sous-estimer le danger. Le communiqué du Procureur se situe ainsi dans la continuité des communiqués officiels initiaux, publiés lors des précédentes intoxications aiguës au sulfure d’hydrogène, en particulier celles des deux chiens en 2008, celles du cavalier et de son cheval ainsi que celle du chauffeur déchargeant des algues vertes putréfiées en 2009, et enfin celles de la harde de sangliers en 2011, déjà dans l’estuaire du Gouessant. Ces intoxications ont aussi été niées immédiatement et systématiquement, avant que les autorités publiques ne soient contredites par les preuves apportées par les mesures et les examens pratiqués. » 

Compte-rendu de l’autopsie

« Pour assurer la transparence de l’information sur la cause de ce décès, nous demandons aux autorités publiques de communiquer les documents suivants : l e compte rendu de l’autopsie et des examens histologiques, les résultats des dosages d’H2S dans les tissus et en particulier dans le tissu pulmonaire et le compte rendu des nouvelles analyses d’H2S dans les vases du Gouessant. »

(1) Dr Claude Lesné, ingénieur de recherche hors classe honoraire, CNRS ; Jean-François Narbonne, professeur de toxicologie honoraire ; Jean-Dominique Puyt, professeur de pharmacie toxicologie honoraire ; André Picot, directeur de recherche honoraire - CNRS ; Dr Françoise Riou, MCU-PH de santé publique ; Pierre Philippe, médecin urgentiste Brigitte Zali, médecin du travail ; Gérard Durand, médecin de santé publique.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 06:58
57 journalistes tués dans le monde en 2016 selon RSF, dont 19 en Syrie (Le Monde, 19 décembre 2016)
Cinquante-sept journalistes ont été tués dans le monde en 2016 en raison de leur profession, contre 67 en 2015, notamment dans les pays en guerre, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF) publié lundi.

 

La Syrie est devenue un « enfer » en 2016 avec 19 journalistes tués, suivie de l’Afghanistan (10 tués), du Mexique (9), de l’Irak (7) et du Yémen (5), souligne l’ONG. Neuf « journalistes-citoyens » (blogueurs) et huit collaborateurs des médias ont également été assassinés cette année, soit au total 74 journalistes tués « pour avoir exercé leur mission d’information », écrit RSF dans son bilan annuel.

Fuite des pays dangereux

« Cette baisse significative s’explique par le fait que de plus en plus de journalistes fuient les pays devenus trop dangereux : la Syrie, l’Irak, la Libye, mais encore le Yémen, l’Afghanistan, le Bangladesh ou le Burundi sont devenus en partie des trous noirs de l’information où l’impunité règne », explique l’ONG.

La quasi-totalité des journalistes ont été tués dans leur propre pays, sauf quatre qui ont perdu la vie alors qu’ils se trouvaient dans un pays étranger. Avec 19 victimes en 2016 contre 9 en 2015, la Syrie est devenue le pays le plus meurtrier au monde pour les journalistes. Parmi ces victimes, Osama Jumaa, photoreporter de 19 ans pour l’agence britannique Images Live, a été tué le 5 juin alors qu’il couvrait une opération de secours à la suite de bombardements dans un quartier résidentiel d’Alep.

Avec neuf journalistes assassinés en 2016, le Mexique demeure le pays le plus meurtrier d’Amérique pour la profession, souligne RSF. C’est aussi le pays en paix le plus meurtrier pour les journalistes.

Au moins 780 journalistes ont été tués ces dix dernières années en raison de leur profession, selon le décompte de l’ONG.

.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/12/19/cinquante-sept-journalistes-tues-en-2016

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 06:48

JUSTICE - La patronne du Fonds monétaire international (FMI) et ancienne ministre Christine Lagarde a été reconnue coupable de "négligence" dans l'affaire de l'arbitrage Tapie, lundi 19 décembre devant la Cour de justice de la République (CRJ). Elle est toutefois dispensée de peine, sa condamnation ne figurera donc pas dans son casier judiciaire.

 

Les trois magistrats, les six députés et les six sénateurs sont allés à l'encontre des réquisitions du parquet qui avait réclamé la relaxe. L'ancienne ministre risquait jusqu'à un an de prison et 15.000 euros d'amende.

 

Il n'y a pas d'appel possible des décisions de la CJR, seule habilitée à juger des membres d'un gouvernement pour des crimes ou délits commis dans l'exercice de leurs fonctions. Ne reste qu'un éventuel pourvoi en cassation à Christine Lagarde, qui a rejeté lundi cette possibilité.

 

"Ce n'est pas la décision que j'aurais préférée mais il faut à un moment savoir tourner la page, arrêter un procès et se consacrer aux tâches qui sont les miennes", a affirmé la directrice générale.

 

Christine Lagarde était absente lors du délibéré car "retenue pour des raisons professionnelles" à Washington, le siège du FMI, selon son avocat Patrick Maisonneuve.

Christine Lagarde "assume (ses) décisions"

La cour a considéré que Christine Lagarde avait agi avec négligence en autorisant en 2007 une procédure arbitrale avec Bernard Tapie pour solder son litige avec l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais. Cet arbitrage avait attribué 400 millions d'euros à l'homme d'affaires.

Annulé en 2015 pour fraude au civil, cet arbitrage privé fait l'objet d'une enquête pénale pour "détournement de fonds publics" et "escroquerie", distincte de celle qui a visé l'ancienne ministre de l'Économie, au gouvernement entre 2007 et 2011.

Le conseil d'administration du FMI, qui représente ses 189 États membres, "réaffirme sa pleine confiance dans la capacité de la directrice générale de continuer d'assumer ses fonctions efficacement", indique un communiqué publié dans la soirée. Le conseil, qui a toujours apporté sa confiance à Christine Lagarde, "devrait se réunir bientôt pour évaluer les plus récents développements", avait plus tôt déclaré Gerry Rice, sans donner davantage de précisions.

Aucune règle interne ne dicte la voie à suivre pour le FMI. Légalement, Christine Lagarde ne bénéficie d'aucune immunité mais elle peut continuer à exercer ses fonctions tant qu'elle bénéficie du soutien du conseil d'administration, qui est dominé par les Européens et les Américains.

La directrice générale du FMI n'a jamais lié son sort judiciaire et son destin à la tête de l'organisation internationale. Vendredi, avant que la Cour ne parte délibérer, Christine Lagarde a dit "assumer (ses) décisions". "J'ai agi (...) avec pour seul objectif la défense de l'intérêt général", a-t-elle assuré.

"Christine Lagarde exerce son mandat au FMI avec succès et le gouvernement maintient toute sa confiance en sa capacité à y exercer ses responsabilités", a assuré le ministère de l'Économie et des Finances dans un communiqué signé au nom du gouvernement.

"Un coup de poing dans l'estomac"

Au cours des débats, Christine Lagarde a été bousculée par la présidente Martine Ract Madoux. "C'est quand même un coup de poing dans l'estomac, ça doit vous faire réagir!" a lancé la pugnace magistrate, en s'étonnant que la ministre ne tente aucun recours quand trois juges arbitres accordent plus de 400 millions d'euros d'argent public à Bernard Tapie à l'été 2008.

À l'époque, Christine Lagarde conclut, un peu rapidement selon les enquêteurs, que les arguments juridiques pour un recours sont trop minces. "Devant une décision aussi scandaleuse, même si nous n'avions qu'une chance sur mille de gagner", il fallait y aller, a au contraire affirmé mercredi Bruno Bézard, qui dirigeait alors l'Agence des participations de l'État. L'ancien haut fonctionnaire de Bercy, dont les avis hostiles à l'arbitrage n'ont pas été entendus, a fait une cible de choix pour la défense.

Me Patrick Maisonneuve a chargé un technocrate "très droit dans ses bottes", un "Monsieur-qui-sait-tout" qui envoie note sur note, sans jamais franchir les "quelques mètres" qui le séparent du bureau de la ministre afin de l'avertir de vive voix.

Le PDG d'Orange accablé par des témoins

Les audiences ont aussi été marquées par une absence: Stéphane Richard, actuel PDG d'Orange et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, a préféré ne pas venir témoigner. Mis en examen dans l'enquête principale, non-ministérielle, avec entre autres Bernard Tapie, il en avait le droit, pour préserver sa propre défense.

Devant la CJR, Stéphane Richard a été accablé par nombre de témoins, qui en ont fait le premier partisan d'un arbitrage du vieux contentieux entre l'homme d'affaires et le Crédit Lyonnais, mené jusque là devant les tribunaux.

Aux élus, majoritaires au sein de la CJR, qui écoutaient un réquisitoire aux accents de plaidoirie, le procureur général Jean-Claude Marin a affirmé que "prendre une mauvaise décision n'est pas (...) en soi seul un délit". "C'est à la frêle limite entre le politique et le judiciaire que vous aurez à vous déterminer". La CJR a tranché.

 

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