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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:50
Espagne: la gauche radicale fait gagner ses sympathisants au loto (Le Point): pour Izquierda Unida, le dieu du hasard est andalou!
Espagne : la gauche radicale fait gagner ses sympathisants au loto

Quelque 200 familles d'une petite ville d'Andalousie se sont partagé 32 millions d'euros grâce à la coalition écolo-communiste Izquierda Unida.

 

La coalition de gauche radicale Izquierda Unida a permis, vendredi, à ses sympathisants d'une petite ville d'Andalousie (Sud) de se répartir l'un des gros lots du loto espagnol de Noël, soit 32 millions d'euros qui ont bénéficié à quelque 200 familles, a-t-on appris auprès d'une élue locale. Dans la bourgade agricole de Pinos Puente (13 000 habitants), la branche locale de la coalition écolo-communiste avait en effet acheté 258 billets pour le deuxième prix du loto afin de les revendre à ses sympathisants. Or, ces billets ont remporté au total 32 millions d'euros, a expliqué par téléphone à l'Agence France-Presse Carmen Capilla, élue municipale de cette coalition. « Les gens sont dans la rue, il y a un vacarme incroyable. Ils célèbrent avec du cava [vin mousseux espagnol, NDLR] et toutes les bouteilles imaginables », a aussi déclaré à l'Agence France-Presse le maire socialiste Jose Enrique Medina, avant d'expliquer qu'il y a « beaucoup de gens dans le besoin » dans cette municipalité au taux de chômage de 29 % et au budget annuel de 8 millions d'euros.

Au total, la loterie espagnole distribue des prix d'un montant total de 2,3 milliards d'euros juste avant Noël. Le plus important de ces prix, baptisé le «  Gordo » (le gros), a été remporté dans le quartier d'une avenue de Madrid, bien nommée « promenade de l'Espoir ».

Des numéros chantés par des enfants

Les 1 650 tickets gagnants – qui ont remporté chacun 400 000 euros – y avaient été vendus chacun 20 euros par un seul bureau du loto : 660 millions d'euros ont plu sur ce quartier de classes moyenne et populaire. La chance a surpris Vicente Villaverde, 44 ans, alors qu'il partait au travail dans son pull gris de technicien de la compagnie Gas natural : « J'allais chercher des outils, quand on m'a appelé pour me dire de vérifier mon ticket, j'avais gagné 400 000 euros !  » « J'ai un enfant avec un handicap, ça va nous simplifier la vie », a-t-il raconté en direct aux innombrables journalistes qui tendaient leur micro, promettant aussitôt d'aider aussi ses frères, dont « l'un vient de se faire virer d'une entreprise, sans argent ».

Chaque numéro de loterie en Espagne est tiré en 165 « séries » de dix billets ou «  dixièmes », ce qui répartit très largement les gains – entre habitants d'un même quartier, familles ou groupes de collègues –, d'où sa popularité. Pendant des heures, les numéros gagnants sont « chantés » par des enfants lors d'une «  cérémonie » transmise en direct à la télévision. L'an dernier, parmi les gagnants figurait un Sénégalais arrivé en Espagne à bord d'une embarcation de fortune.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:49
Avec 5000 personnes disparues en Méditerranée, 2016 est l'année la plus meurtrière depuis le début de la crise des réfugiés

 

En 2015, 3777 migrants avaient péri en tentant de rejoindre l'Europe par la mer, selon l'Organisation internationale des migrants. 

C'est un record tragique. En 2016, 5 000 migrants sont morts noyés en tentant de traverser la Méditerranée, estime le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, vendredi 23 décembre.

Jeudi, deux embarcations ont fait naufrage dans le canal de Sicile, entre l'Italie et la Libye, laissant craindre la disparition d'une centaine de personnes, selon l'agence onusienne. "Ces deux accidents portent à 5 000 le nombre de morts pour cette année, ce qui témoigne d'un nouveau pic dans la crise", a déploré le porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrants, à Genève (Suisse).

 

"C'est le pire taux de mortalité jamais obervé", a ajouté un porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés.  En 2015, 3 777 migrants ont péri en tentant de rejoindre l'Europe par la mer méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrants. 

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:35
Cachez ce Front populaire qu'ils veulent oublier (Jack Dion dans "Marianne")

Cachez ce Front populaire qu’ils veulent oublier

Jack DION dans « Marianne »

 

S'il y avait une commémoration que la gauche de gouvernement n'aurait pas dû louper, c'est celle des 80 ans du Front populaire.

A moins que l'oubli ne soit volontaire.

Le Front populaire, une période où la gauche, socialiste en tête, osait des réformes audacieuses capables de mobiliser les forces vives du pays. La comparaison est sûrement trop cruelle.

Dans un pays frappé de commémoritude aiguë, où l'on entretient les anniversaires comme on soigne des plantes vertes, un événement est passé quasiment inaperçu : les 80 ans du Front populaire.

Curieux oubli pour un gouvernement qui se réclame encore de la gauche. Il y a bien eu quelques initiatives locales, mais rien à la mesure du phénomène.

Pas un colloque officiel. Pas une commémoration digne de ce nom. Pas un discours destiné à marquer l'Histoire en saluant l'un de ses hauts faits, comme si le bouleversement social réalisé à l'époque de Léon Blum était quantité négligeable.

On aura ainsi passé par profits et pertes le bilan des mois qui virent l'arrivée de la gauche au pouvoir, les grandes grèves de mai et juin 1936, puis la signature des accords de Matignon. Ces derniers se sont soldés, excusez du peu, par l'instauration des congés payés, la création des allocations chômage, la semaine des 40 heures, la liberté syndicale, l'élection des délégués du personnel, la généralisation des conventions collectives, la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans (contre 10 auparavant), le droit à la retraite à 65 ans pour les travailleurs des mines, ou la création de l'Office national interprofessionnel du blé afin de soutenir les prix des denrées agricoles.

Pour la première fois depuis la Commune de Paris, des hommes (et même des femmes, suprême nouveauté) non issus des couches dominantes ont accédé aux commandes de l'Etat…

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:20
Le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte une résolution condamnant la colonisation israélienne grâce à l'abstention de l'administration Obama (Le Monde, 23 décembre 2016)

 

La résolution 2334 a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine ; une décision historique qui a suscité la réprobation d’Israël.

 

Barack Obama a décidé de laisser à son successeur, Donald Trump, un héritage qu’il ne pourra défaire : la résolution 2334, adoptée au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), vendredi 23 décembre. Ce texte dénonçant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine.

 

Au terme de quarante-huit heures de tourbillon politique, l’administration Obama a décidé de replier le parapluie qu’elle avait systématiquement déployé depuis huit ans au-dessus d’Israël, au Conseil de sécurité. Ce coup de semonce est une défaite politique sévère pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou et une sanction contre la promotion décomplexée de la colonisation par la droite israélienne.

Le texte de la résolution, contrairement aux affirmations des responsables israéliens, n’est pas fondamentalement hostile à l’Etat hébreu. Il s’inscrit dans la lignée de la résolution 465, adoptée en 1980, qui dénonçait déjà l’extension des colonies, jugées illégales.

Un souci d’équilibre

En outre, il se place à la suite du rapport du Quartet – Etats-Unis, Russie, Union européenne (UE), ONU –, publié le 1er juillet, qui dressait un état des lieux alarmant de la réalité, sur le terrain. La résolution 2334 estime elle aussi que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux Etats ».

Par ailleurs, dans un souci d’équilibre réclamé notamment par Paris et Washington, le texte « condamne tous les actes de violence contre les civils, dont les actes terroristes », une référence aux attaques palestiniennes. La résolution exige la « cessation immédiate » de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est, et loue les efforts diplomatiques entrepris par la France, la Russie et l’Egypte, au cours des derniers mois, pour relancer un dialogue sur le conflit.

« C’est une victoire pour le terrorisme, la haine et la violence », s’est lamenté Danny Danon, l’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, selon lequel la résolution représente un « non à la possibilité d’une paix ». Le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a aussitôt rejeté cette « résolution anti-israélienne honteuse » et annoncé qu’Israël ne s’y conformera pas.

Amertume israélienne

A l’origine, le texte avait été présenté mercredi soir par l’Egypte, à la surprise générale. Mais Donald Trump est intervenu pour peser de tout son poids de président élu des Etats-Unis auprès d’Abdel Fattah Al-Sissi. Il a demandé au président égyptien de renoncer à son initiative. Son interlocuteur n’a pas voulu compromettre ses futures relations avec le président américain, et a donc retiré son texte.

Mais la volte-face de l’Egypte n’a pas condamné son initiative. Quatre membres non permanents du Conseil de sécurité – la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela – ont pris le relais du Caire, pour promouvoir la résolution dans une version identique.

Vendredi dans l’après-midi, sous couvert d’anonymat, des responsables israéliens exprimaient leur amertume – et aussi une certaine panique – dans les médias, en affirmant que Barack Obama et le secrétaire d’Etat américain John Kerry se trouvaient derrière ce « coup honteux » et qu’ils « abandonnaient » Israël.

L’accusation est d’autant plus injuste que, comme le rappelait vendredi soir l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, M. Obama a « démontré un engagement sans précédent pour la sécurité d’Israël ». La diplomate faisait implicitement référence au nouvel accord de défense sur dix ans, conclu entre les deux pays à l’automne pour un montant de 38 milliards de dollars (36,3 milliards d’euros).

590 000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est

Samantha Power a expliqué que les Etats-Unis ne votaient pas en faveur de la résolution parce qu’elle « se concentre trop étroitement sur les colonies » en ne tenant pas compte des autres facteurs dans le conflit.

 

Mais l’abstention se justifie, selon elle, par la continuité de la position américaine, d’un président à l’autre, républicain ou démocrate, depuis des décennies : elle se résume par une condamnation de la colonisation et un soutien à une solution à deux Etats. En 2011, l’administration Obama avait ainsi opposé son veto à une résolution condamnant la colonisation, dont la formulation avait été jugée trop déséquilibrée.

L’ambassadrice américaine a rappelé que le nombre de colons s’élevait à présent à 590 000 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dont 90 000 au-delà de la barrière de sécurité construite par les Israéliens.

L’examen actuel d’un projet de loi à la Knesset légalisant tous les avant-postes – colonies sauvages et illégales, même au regard du droit israélien – illustre la pente dangereuse suivie par le pays, alors que sera célébré, en juin 2017, le 50e anniversaire de l’occupation. « Il faut faire un choix entre les colonies et la séparation » avec les Palestiniens, a lancé Mme Power à l’attention du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

 

La frustration de John Kerry

S’exprimant lors du Forum Saban à Washington, le 4 décembre, John Kerry, avait exprimé sa frustration vis-à-vis de la droite israélienne et son idée d’un « grand Israël » qui absorberait les territoires occupés.

Interrogé sur la position de l’administration Obama en cas de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, M. Kerry avait traduit les hésitations de la Maison Blanche. « S’il s’agit d’une résolution biaisée et injuste prévue pour délégitimer Israël, nous nous y opposerons. Evidemment que nous le ferons. Nous l’avons toujours fait. Mais cela devient de plus en plus compliqué », ajouta-t-il, ne cachant pas sa frustration.

Lors de sa première élection, Barack Obama semblait décidé à agir sur ce dossier. Au second jour après son entrée en fonctions, il avait ainsi nommé un envoyé spécial pour le Proche-Orient, George Mitchell. Mais dès 2010, l’échec de sa première tentative de médiation avait découragé le président américain, qui avait délégué le dossier à son secrétaire d’Etat.

John Kerry a fourni beaucoup d’efforts, qui se sont révélés vains. Depuis l’effondrement des négociations israélo-palestiniennes en avril 2014, puis la guerre dans la bande de Gaza l’été suivant, les relations politiques entre les deux parties dans le conflit sont inexistantes. Seule la coordination sécuritaire fonctionne à plein.

Au cours des derniers mois, la droite nationale religieuse en Israël n’a pas caché sa satisfaction à l’idée de tourner la page des années Obama et de saisir l’occasion d’une remise à plat des relations bilatérales avec les Etats-Unis, grâce à l’arrivée de M. Trump à la Maison Blanche.

Ce dernier a réitéré son intention de déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, en rupture complète avec la tradition diplomatique de son pays, selon laquelle le statut de Jérusalem ne sera déterminé que dans le cadre de négociations de paix. Enfin, le président élu a déjà annoncé l’identité du futur ambassadeur en Israël. Il s’agit de David Friedman, un ami avocat spécialiste de la banqueroute, connu pour son soutien idéologique à la colonisation et son opposition à un Etat palestinien.

L’« héritage » d’Obama

« Ce vote risque de pousser Trump à être encore plus pro-israélien, souligne un diplomate à Jérusalem. On risque d’assister par exemple à un déménagement accéléré de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv vers Jérusalem. »

Dans un tweet, Donald Trump a assuré vendredi soir que « les choses seront différentes après le 20 janvier ». Mais la résolution, elle, ne pourra être défaite. La seconde conférence pour la paix au Proche-Orient, que la France compte organiser le 15 janvier à Paris, après une première rencontre en juin, devrait se tenir dans une ambiance plus tendue que prévue.

En Israël, l’adoption de la résolution va dominer le débat public dès la fin du shabbat, samedi soir, alors que le pays s’apprête à fêter Hanoucca. Yaïr Lapid, le chef de file du parti de centre-droit Yesh Atid, aujourd’hui dans l’opposition, épouse totalement la ligne de M. Nétanyahou.

Au cours d’une conférence téléphonique, vendredi soir, avec des correspondants étrangers, M. Lapid a fait savoir qu’il s’était entretenu dans la journée avec un conseiller de Barack Obama pour exprimer sa vive inquiétude à l’idée d’une abstention américaine. L’ancien journaliste trouve « étrange » que le président démocrate laisse « ce genre d’héritage » sur le bureau de son successeur.

Mais il redoute surtout les conséquences pour Israël. « Cette résolution ne parle pas de sanctions, mais elle fournit l’infrastructure pour de futures sanctions, c’est ce qui est alarmant, dit-il. Cela peut donner corps à des plaintes devant des juridictions internationales contre Israël et ses responsables. Ce sera un chemin long et compliqué, et je vous assure que pendant cette période, il n’y aura pas de négociations. »


 


 

 

 

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:15
Les visages de Quimper. « Ma vie n'est plus en Syrie mais ici »

Les visages de Quimper. « Ma vie n'est plus en Syrie mais ici »

Notre série "Les visages de Quimper". Alaaeddin Sallal, ancien journaliste syrien torturé, est installé à Kermoysan. Il a obtenu l'asile politique et apprend le français.

Dans son appartement lumineux qui domine l'Odet depuis Kermoysan, Alaaeddin Sallal arbore un large sourire. Pas de satisfaction. Juste le bonheur de vivre, enfin, un peu plus en paix. Lorsqu'il est arrivé en avril, cet ancien journaliste-caméraman syrien ne se doutait pas qu'il s'intégrerait aussi vite en France. Nous l'avions rencontré en juin, alors qu'il prenait des cours de français avec de nombreux autres étrangers, à la Maison pour tous de Penhars.

Joueur de foot

Alaaeddin s'y rend toujours deux fois par semaine. Convaincu, à juste titre, que son intégration et sa recherche d'emploi passent avant tout par la maîtrise de la langue. S'il s'exprime dans un français encore entravé, il a fait de sacrés progrès. Dans son salon aux murs blancs décorés d'un drapeau breton et d'une grande photo, il accueille autour d'un café très serré. « À la turque ! », sourit-il en versant le breuvage chaud, entre deux bouffées de sa clope électronique.

Accueilli sept mois dans une famille fouesnantaise, Alaaeddin a tout de suite cherché à se mêler à la population locale en jouant au foot. La famille l'aide dans ses démarches administratives, en particulier pour bénéficier de la couverture maladie universelle, la CMU. « Les associations Habitat et humanité, et Familles de France, m'ont permis d'avoir cet appartement », explique-t-il. Le jeune Syrien a emménagé le 16 novembre à Quimper. Il tape dans le ballon rond au club de Cuzon.

Les contacts avec ses parents, ses quatre soeurs et ses deux frères en Syrie restent très compliqués : « On arrive un peu à échanger par messageries instantanées : mon téléphone et Internet sont toujours surveillés... »

 

Né à Idlib, au Nord-Ouest du pays le 1er janvier 1988, il a six ans quand sa famille déménage à Damas. Il tient d'abord un magasin d'informatique à Bayt Sahem. En 2011, il participe à des manifestations d'opposition au régime de Bachar el-Assad, envoie photos et vidéos à des chaînes de télé. Sa boutique est fermée et son matériel informatique confisqué par les forces de sécurité du régime.

« On va se marier »

Après avoir été kidnappé, séquestré et torturé, il devient reporter pour Al Jazeera, Al Arabiya et Al Hadath. En juillet 2014, il est arrêté par des membres d'Al Nosra, filiale d'Al Qaïda. On l'emmène en banlieue d'Alep pendant trois jours. Côtes cassées. Daech le considère comme un traître et promet 4 millions de livres syriennes (600 000 €) à qui le livrerait. Alaaeddin doit fuir. Fin août 2015, il se réfugie en Turquie. Le journaliste change plusieurs fois de villes, mais continue à travailler avec des journaux en ligne et des radios pour « dénoncer la situation ». Le 12 avril, il arrive à Paris.

Aujourd'hui, le trentenaire pose un regard encore plus triste sur son pays meurtri. « Bachar el-Assad est très dangereux », glisse-t-il, laconique. Le 20 septembre, Alaaeddin a obtenu l'asile politique pour dix ans. Il espère que sa compagne, avocate à Damas, puisse un jour le rejoindre. « On veut se marier. Même si la situation s'arrange un jour en Syrie, je n'y retournerai qu'en visite. Maintenant, ma vie est ici. »

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:12
Le 10 juillet 2015, à Ouessant : Jean-Yves Le Drian, l’ex-Premier ministre Manuel Valls, et Richard Ferrand. Du temps où l’alliance était encore belle… | Vincent MOUCHEL

Le 10 juillet 2015, à Ouessant : Jean-Yves Le Drian, l’ex-Premier ministre Manuel Valls, et Richard Ferrand. Du temps où l’alliance était encore belle… | Vincent MOUCHEL

Christian GOUEROU.

Les législatives, 3e tour de la Présidentielle ? Qui seront les candidat(e)s député(e)s de juin 2017 ? À gauche, des candidats PS « orthodoxes » affronteront des candidats PS macronistes.

Commentaire

Mercredi matin, le député Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En marche, a twitté : « Le moment venu, il y aura un appel à candidature pour les législatives avec un objectif de renouvellement profond du personnel politique. »

À quelques minutes d’intervalle, Yohann Nédélec, maire PS du Relecq-Kerhuon (pro-Valls) écrit sur la toile qu’il n’en peut plus d’entendre le député Richard Ferrand. « Écouter France Info ce matin et entendre le « Secrétaire Général » avec un grand G ! Attention… vomir sur le parti qui a fait toute sa carrière de Paris à Carhaix et sur ces adhérents fidèles et besogneux, bons uniquement à venir voter ! Point de non-retour. Vivement le 29 janvier. #Écœuré. »

C’est un résumé du moment politique, reflet de la fracture au sein du PS finistérien entre les partisans de Macron et les courants du PS qui soutiennent untel ou untel au sein des primaires citoyennes. Richard Ferrand est-il le talon d’Achille du PS ?

140 signes vachards

Un autre exemple, juste pour pimenter la journée. Aujourd’hui, Benoît Hamon fait campagne en nord-Finistère : il passera à Bodilis sur le coup des 13 h où il rencontrera des salariés de l’agroalimentaire, dont Olivier Le Bras, ex-leader syndical chez Gad. C’est un pied de nez à l’ex-ministre Macron qui parlait de l’illettrisme des salariés de l’agroalimentaire en septembre 2014.

Pour mémoire, le 10 novembre 2016, Richard Ferrand, toujours sur Twitter balançait 140 signes vachards en réponse à un tweet de Benoît Hamon : « Un enfant du système nourri par la politique (jeune socialiste, désormais apparatchik éternel) pourrait avoir la pudeur du silence ».

Que disait donc Benoît Hamon pour mériter ce scud ? Il écrivait que « tous ceux qui veulent perpétuer le système, les Clinton français, de Macron à Juppé, préparent l’arrivée de Marine Le Pen au 2e tour. » Que de l’amour.

Qui sera présent au 2e tour ?

Le nœud du problème politique est bien là : qui sera présent au 2e tour de la Présidentielle ? Comment construire une majorité politique en juin 2017 ? La gauche pourrait ne pas figurer dans un 2e tour où s’affronterait Marine Le Pen et François Fillon.

Mais, au soir de la primaire du 29 janvier, il est possible que des socialistes quittent le navire pour rejoindre Macron dans l’idée que lui seul peut figurer au 2e tour… Ils rêveraient d’un désistement du candidat investi par la primaire au profit de Macron ? Tandis que d’autres militants soutiendront le candidat PS (Valls, Montebourg ou Hamon ?) coûte que coûte, même si celui-ci ne doit figurer qu’à la 5e place au soir du 1er tour, derrière Macron et Mélenchon ?

Le pari de Richard Ferrand est bien celui-là : le PS (et ses électeurs) viendra vers eux pour sauver les meubles.

Des candidats Macron

Quand Richard Ferrand appelle à un renouvellement du personnel politique, bien sûr il ne pense pas à lui-même. Il pense à la création d’un groupe (d’une majorité ?) de députés tout neufs ou presque. Des néo-candidats tels que Pierre Karleskind (PS) à Brest ou Didier Le Gac (PS) à Brest rural pourraient se retrouver face à Patricia Adam (PS) et Jean-Luc Bleunven (divers gauche).

Dans le même temps, après la primaire, le PS désignera-t-il un nouveau candidat PS « pur jus » à Carhaix-Châteaulin ? Ou soutiendra-t-il par en-dessous le candidat PCF, Maxime Paul ? À Douarnenez- Pont-l’Abbé, Liliana Tanguy (PS) ne deviendra-t-elle pas la candidate d’En Marche ? Elle qui était candidate à la candidature contre Florence Crom (PS), investie par les militants PS…

À qui profitera cette fracture qui créera des triangulaires ou des duels FN contre droite républicaine ? À moins d’un accord de printemps entre le PS et En marche et d’un partage des circonscriptions ? Si ça ne balance pas trop de tweets assassins d’ici le mois de juin.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:00
Tilly-Sabco: les projets du repreneur (Delphine Van Hauwaert, Ouest-France, 23 décembre 2016)

Placé en redressement judiciaire l'été dernier, l'abattoir de volailles de Guerlesquin (Finistère nord) vient d'être repris par Wegdam food link.Le groupe hollandais ne conservera que l'activité saucisses de volaille. Il développera une plateforme d'exportation à Brest. À terme, 150 des 195 salariés actuels seraient repris.

Qui est le repreneur de Tilly-Sabco ?

Placé en redressement judiciaire l'été dernier, l'abattoir de volailles de Guerlesquin (Finistère nord) vient d'être repris par Wegdam food link. Déjà client pour l'activité « saucisses », le groupe hollandais est spécialisé dans l'export de viandes et de poissons vers l'Afrique.

Que compte faire le groupe à Guerlesquin ?

Il ne conserverait que l'activité de production de saucisses à partir de poulets bretons, principalement revendues au Ghana (60 %). En janvier, 55 salariés (ouvriers, maintenance et encadrement) reprendront le travail, pour produire, sous quelques semaines, « un million de saucisses par jour », détaille Abraham Hulsebos, avocat du groupe. Dans un an, le groupe prévoit d'investir 1,5 million d'euros dans une deuxième ligne de production, permettant la reprise de « 45 personnes supplémentaires » et le doublement de la production (66 t/jour).

Qu'en est-il de l'activité logistique ?

Wegdam prévoit de faire du port de Brest sa deuxième tête de pont, après Anvers, pour l'exportation de ses saucisses, mais aussi de ses autres produits. Tilly Sabco international (le nouveau nom de l'entreprise) hébergera donc une plateforme logistique (réception des produits, remballage et expédition). « Six personnes démarreront en janvier, rejointes par une vingtaine d'autres dans six mois, et autant six mois plus tard. » Soit au total près de 150 salariés « reprisen priorité parmi les 195 actuels », souligne Sylvie Mevel, directrice. D'ici deux ans, le groupe prévoit le départ de Brest de « 3 000 conteneurs annuels, dont 1 000 de saucisses », reprend Abraham Hulsebos. Soit un peu plus de 10 % du trafic total conteneurs du port en 2015.

Pourquoi abandonner l'abattage de poulets ?

Pour l'export de poulet congelé, le groupe a compris « qu'il n'était pas possible de rivaliser avec le poulet brésilien », bien plus compétitif, surtout après la disparition des subsides européens. Quant à la production de découpe fraîche, vendue localement, « elle exigerait trop d'investissement pour un marché déjà saturé et donc un bénéfice insuffisant ». Ils ont décidé de se séparer « de la partie malade de l'entreprise pour éviter de se retrouver au tribunal dans deux ans ». En 2014, 120 salariés avaient été licenciés lors d'une précédente cession.

Pourquoi pensent-ils que cela va fonctionner ?

« Les saucisses sont déjà vendues jusqu'en 2018. » Le groupe prévoit de« faire du profit dès le mois de février », signalant également la création récente d'un entrepôt de distribution au Ghana. Par ailleurs, il ne craint pas la concurrence. « Doux produit également des saucisses de volailles mais les exporte au Moyen Orient. »

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 07:10

 

 

 

Le Monde - 18 décembre

Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains (LR), a confirmé dimanche 18 décembre la volonté de François Fillon, s’il est élu, de supprimer 500 000 emplois publics en cinq ans, notamment dans la fonction publique territoriale.

 

« Il y a de la marge, il n’est pas question d’affaiblir les fonctions régaliennes ou de diminuer les agents dans la fonction publique hospitalière », a expliqué ce proche de M. Fillon au « Grand Rendez-vous i-Télé - Europe 1 - Les Echos ».

Selon lui, « il y a une marge de manœuvre évidente ». « Depuis les années 1980, un million de postes supplémentaires ont été créés dans les collectivités locales », a souligné l’ancien président de l’Assemblée nationale.

 

« Il y a des doublons »

Interrogé sur la répartition de ces suppressions de postes, il a renvoyé à de futures « négociations », qui devront, selon lui, « amener à un certain nombre de précisions ». « Je ne vais pas donner des chiffres précis parce que ces choses doivent être réglées dans la concertation », a ajouté M. Accoyer.

« Il y a des doublons avec les services déconcentrés et l’administration centrale, il y a une hégémonie de l’hôpital public qui doit progressivement » évoluer, a fait valoir M. Accoyer, sans plus de précision.

Par ailleurs, M. Accoyer a assuré que la campagne de M. Fillon ne patinait pas depuis sa victoire fin novembre à la primaire de la droite, malgré des polémiques sur son programme de réforme de la sécurité sociale ou son silence sur la Syrie. « A mes yeux, tout va bien », a-t-il enchaîné.

 

 

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 10:47

Chers lecteurs du Chiffon Rouge, 

Un remerciement à vous, à l'attention bienveillante que vous témoignez aux articles que l'on publie... depuis bientôt maintenant près de 6 ans (janvier 2011, date de naissance du Chiffon Rouge, blog du PCF du pays de Morlaix).  

Chaque jour, nous y accordons une heure ou deux, parfois plus, de travail, et l'intérêt qui est porté à ce que nous publions en est la récompense. 

Le monde, la culture, l'histoire, la politique nationale, l'actualité régionale, Morlaix et sa région, les livres, les luttes sociales et démocratiques, le Parti Communiste, le Front de Gauche, les assemblées locales, tout ... ou presque, nous intéresse. Le "Chiffon Rouge" est en même temps un outil au service des mobilisations, des propositions d'éducation populaire et de débats sur le plan local. 

Notre ligne éditoriale se veut ouverte, riche, éclectique, alternative par rapport aux sons de cloche dominants.

On s'appuie évidemment sur des médias qui font entendre cette autre voix: L'Humanité, Médiapart, Le Monde Diplomatique, localement Le Homard Enchaîné ...

Mais pas que...     

Même si nous savons aussi pousser des coups de gueule ou manier l'ironie, nous essayons d'être respectueux des personnes, de la vérité, de l'intelligence des lecteurs, sans exclure évidemment le parti pris et l'engagement partisan, ce serait un comble.  

Cette année, la fréquentation de notre blog n'a cessé de croître, avec une moyenne de 400 visiteurs par jour (entre 350 et 550 ordinairement) ces derniers mois de 2016. Soit près de 3000 par semaine. Ce n'est pas rien, même si c'est souvent les mêmes d'un jour à l'autre. 

Et une moyenne de 650 pages lues par jour en décembre 2016. Avec des pics à 1000 ou même 1500 pages lues certains jours de 2016. 

Nous avons 60 abonnés, 90% des visites se font sur abonnement ou non via Google, 10% par Facebook. 

Chers lecteurs du Chiffon Rouge, nous vous souhaitons de bonnes fêtes de fin d'année. 

Et nous vous adressons nos meilleurs voeux pour l'année 2017 en souhaitant que vous serez de la bataille et de l'effort collectif avec nous pour déjouer les scénarios mortifères qui nous guettent en 2017 et faire croître l'espoir et la combativité à gauche.  

 

 

fête de l'Huma à Garches 1936

fête de l'Huma à Garches 1936

un militant communiste parodiant la caricature du bolchevik le couteau entre les dents (manif du Front Populaire)

un militant communiste parodiant la caricature du bolchevik le couteau entre les dents (manif du Front Populaire)

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 10:28
Retour sur le congrès du PGE: un congrès sous le signe de l'offensive et de l'unité (Anne Sabourin et Vincent Bouget, PCF)

Retour du congrès du PGE: un congrès sous le signe de l’offensive et de l’unité

 

Le 5e congrès du Parti de la gauche européenne, qui a eu lieu à Berlin du 16 au 18 décembre, marque une étape importante dans l’évolution de notre regroupement européen.

Une délégation du PCF composée de Pierre Laurent, Isabelle De Almeda, Lydia Samarbakhsh, Anne Sabourin, Camille Lainé, Hélène Bidard, Fabienne Lefebvre, Patrick Le Hyaric, Frédéric Boccara, Jacques Maréchal, Vincent Boulet et Maxime Benatouil s’y est rendue.

Le document politique adopté à 81% des délégués dresse une analyse de l’impasse dans laquelle se trouve la construction libérale de l’Union européenne et du risque de régression civilisationnelle qui menace l’ensemble du continent européen.

Il propose également des axes d’actions aptes à rompre avec les logiques libérales des traités européens et du pacte budgétaire, dans la perspective de refonder l’Europe, pour en faire une union de peuples souverains et solidaires.

Les classes dirigeantes en perdition veulent imposer aux peuples le dilemme suivant: soit vous subissez sans fin l’austérité, soit vous êtes promis à l’arrivée au pouvoir de forces xénophobes et réactionnaires. Le PGE affirme qu’il existe une autre voie, pour sauver les peuples, pour sauver l’idée de solidarité et l’idée de gauche en Europe.

En outre, le document politique valide l’organisation d’un forum annuel large rassemblant les forces qui veulent combattre le néolibéralisme et la xénophobie.

Ce forum a pour objectif de dresser une analyse largement partagée de la situation en Europe et de construire des campagnes communes pour une alternative en Europe.

Le congrès a fortement affirmé que l’heure est à l’unité. Des organisations politiques non membres du PGE ont déjà manifesté leur intérêt, à l’image des Verts européens.

L’organisation de ce forum, dont la première édition pourra avoir lieu en France à l’automne 2017, est une des tâches importantes de la nouvelle direction du PGE. On ne peut que se féliciter que, en dépit de leurs différences, les partis membres du PGE se soient largement accordés sur l’analyse de la situation, la perspective de refondation de l’Europe et la nécessité d’élargir les alliances avec l’organisation du forum annuel.

Le congrès a élu les nouvelles instances du PGE. Les six années de présidence de Pierre Laurent ont été largement saluées comme bénéfiques en termes de consolidation politique et organisationnelle. Le congrès de Berlin marque des évolutions importantes dans la structuration du PGE.

Une nouvelle présidence a été élue, composée de Gregor Gysi (die Linke), qui devient président du PGE, Maite Mola (PCE), Magarita Mileva (Gauche bulgare), Paolo Ferrero (PRC italien) et Pierre Laurent, comme vice-présidents. Le comité exécutif a également été renouvelé. Anne Sabourin et Vincent Boulet y représenteront le PCF. Un secrétariat politique de 10 membres, parmi lesquels Anne Sabourin, sera chargé de la mise en œuvre des décisions du comité exécutif et d’améliorer la réactivité du PGE à l’actualité.

Enfin, le congrès a validé une nouvelle étape dans l’élargissement du PGE. On peut particulièrement saluer l’entrée d’organisation anglaise, Left Unity, et de deux organisations slovènes, ce qui marque un renforcement de l’implantation géographique du PGE, ainsi que le fait qu’Ensemble! devienne partenaire du PGE.

Ce congrès fut donc important aussi bien sur un plan politique qu’organisationnel. Il faut maintenant se mettre à l’ouvrage!

Anne Sabourin et Vincent Boulet
membres du comité exécutif du PGE
article paru dans Communistes du 21 décembre 2016

 

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