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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 07:16
 
Le 24 février 2012, en pleine campagne présidentielle, le candidat François Hollande effectuait une visite surprise à Florange et déclarait être "prêt à déposer une proposition de loi" obligeant à céder des unités de production à des repreneurs.

"Quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production et ne veut pas non plus la céder", il faut qu'elle en ait "l’obligation pour que les repreneurs viennent et puissent donner de l'activité supplémentaire", a-t-il déclaré.

Aujourd'hui, les salariés et leurs familles attendent la nationalisation du site de Florange afin de pouvoir maintenir leurs emplois
Ils ont besoin de votre aide! Signez cette pétition en cliquant sur ce lien, et diffusez-la le plus largement possible:
  
"Je viens devant vous prendre des engagements (...) Je ne veux pas me retrouver dans la situation d'être élu un jour sur une promesse et ensuite de ne pas revenir parce qu'elle n'aurait pas été tenue" a déclaré François Hollande. Or, neuf mois plus tard, la promesse n’est pas encore honorée. De plus, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, alors conseiller spécial de François Hollande, s'est engagé mardi 24 avril 2012 à faire voter par "la future majorité parlementaire de gauche" une loi obligeant les groupes industriels à céder les usines "rentables" qu'elles voudraient fermer en France sans pour autant accepter de les vendre.

Il y a urgence. Après 18 mois de lutte nous attendons que Monsieur le Président tienne sa promesse et qu’il nationalise le site afin de permettre à un repreneur d’investir. Nous appelons tous les citoyens à soutenir notre démarche en signant cette pétition :
 
Parlez-en autour de vous ! Faites connaître notre combat !

Édouard Martin, Salarié et Représentant syndical, Arcelor MITTAL.
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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 06:47

Le 27 novembre, un bataillon de gendarmes évacuait à Pacé 202 demandeurs d'asile, dont 40 familles avec enfants, installés avec l'appui de l'association Droit au Logement dans une ancienne maison de retraite ... qui fait l'objet d'un projet de reconversion en Centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada).  

Ce squatt montrait bien que beaucoup d'étrangers en attente de régularisation sont sans solution de logement, alors que c'est le devoir de l'Etat quand il instruit des demandes d'asile de le leur fournir. Le fait que ces familles aient été relogées un peu partout en Ile et Vilaine ne change rien pour les autres sans-papiers, que l'on hésite pas à laisser dans la rue dans les grandes villes bretonnes quand ils ne peuvent compter sur la solidarité d'amis, de familles, d'association, et qu'ils n'ont pas d'enfants en très bas âge.

Cette situation est humainement inacceptable, indigne d'un pays riche et démocratique qui se vante d'avoir proclamé le premier l'évangile laïque des droits de l'homme.

Cette évacuation ordonnée par la préfecture au service du ministère de l'Intérieur traduit aussi la volonté de ne pas rendre la misère des sans-papiers trop voyante pour qu'elle suscite l'attention et la sympathie de l'opinion, un regain de combativité des associations. Elle vise plus cyniquement encore à faciliter les expulsions et à montrer médiatiquement à l'intention de toute une partie de l'opinion hostile à l'immigration que le gouvernement actuel est aussi fort, insensible, sans pitié que son prédécesseur.

 

Autre illustration de ce maintien d'une politique du chiffre odieuse et absurde en matière d'expulsion d'étrangers, dans un rapport rendu public il y a deux jours, Amnesty International appelle le gouvernement à "mettre immédiatement un terme aux expulsions forcées" des 15.000 Roms présents sur le territoire, ressortissants roumains et bulgares pour l'essentiel, et leur permettre d'accéder à un "logement convenable", au nom du droit international.

Ce rapport, intitulé "Chassés de toutes parts, Les expulsions forcées de Roms en Ile-de-France", est basé sur une enquête de terrain de plusieurs mois, menée en région parisienne. L'ONG y alerte l'opinion publique et les pouvoirs publics sur les conséquences des expulsions, en matière de santé ou encore de scolarisation des enfants, et y présente une série de recommandations.

Les conditions d'accueil et de gestion des Roms en France sont très "en dessous des standards du droit international qui exige que les personnes ne soient pas laissées sans abri, sans solution de relogement, et ne soient pas expulsées sans être dûment informées, consultées ni averties au préalable", résume John Dalhuisen, le directeur du programme Europe à Amnesty.

Au-delà du problème majeur du logement, les conséquences des expulsions sont multiples, poursuit le rapport. Sur la santé des personnes notamment. "Alors qu'on arrive à inscrire des personnes dans des territoires de soins, qu'on rapproche des femmes enceintes de structures de protection maternelle et infantile par exemple, qu'on mène des activités de prévention, de dépistage, ces changements en permanence d'endroits provoquent une rupture de suivi" médical avec de graves conséquences sur les "pathologies chroniques ou la prévention", explique Martin Duteurtre, co-reponsable de la mission Roms à Médecins du Monde.

Les Roms "ont parfois engagé des démarches pour avoir une couverture médicale" à un endroit, des démarches "longues" qu'il leur faut "recommencer à zéro". Les délogés ne peuvent "pas être stabilisés", ajoute-t-il.

Les enfants aussi subissent de plein fouet ces expulsions, poursuit le rapport. "500 enfants au minimum" pour la seule Seine-Saint-Denis et dans les territoires proches "ne sont pas scolarisés", estime Véronique Decker, directrice d'une école primaire accueillant des enfants Roms, à Bobigny. "Certains ont vécu trois, quatre, cinq expulsions. Avec pour première conséquence l'effroi, l'incohérence de la scolarité, l'effondrement psychique et finalement l'abandon", témoigne-t-elle. "Nous créons des Causette et des Gavroche qui vivent comme si ils étaient au XIXème siècle. Ce ne sont pas des sous-enfants! S'ils sont présents sur le territoire de la commune, c'est au maire de les recenser et de les inscrire!", conclut-elle, rappelant l'existence d'une loi sur l'obligation scolaire.

"On déplace les problèmes sans jamais les résoudre. Si on continue, on va vers plus de tensions, plus de préjugés. Il faut arrêter la spirale de la violation des droits de l'homme" conclut John Daluisen, directeur du programme Europe d'Amnesty (source: site Internet du Nouvel Observateur - 29 novembre 2012).  

 

Le mercredi 28 novembre, Manuel Valls présentait sa circulaire présentant les nouveaux critères de régularisation des sans-papiers. Les associations de défense des sans-papiers dénoncent déjà le fait s'agisse d'une circulaire, soumise à interprétation, et non d'une loi, débattue et ayant une force contraignante plus importante. Cette circulaire fixe des objectifs chiffrés: limiter les régularisations à 30 000 par an (sur 350 000 ou 400 000 sans papiers) et accélérer le rythme des reconduites à la frontière par rapport à cette année. Dès lors, dès qu'il y a des marges d'interprétation subjective pour les critères de régularisation des sans-papiers, dès qu'il y a une difficulté pour eux à faire valoir leurs droits en produisant des pièces justificatives, cela aura forcément des effets en défaveur des étrangers en attente de régularisation, et le droit ne pourra être appliqué sereinement avec ces objectifs médiatico-politiques de reconduite à la frontière.

Se verront délivrer "une carte de séjour temporaire vie privée et familiale"  les parents étrangers présents en France depuis au moins 5 ans et ayant au moins un enfant scolarisé depuis trois ans (si c'est pas une mesure restrictive car il faut encore que ces parents aient survécu à la chasse à l'étranger sans-papier organisée depuis quelques années !); les jeunes majeurs arrivés en France avant leurs 16 ans et suivant une scolarité "assidue et régulière"; le conjoint depuis 18 mois au moins d'un étranger en situation régulière depuis plus de 5 ans. Sera admis "au titre du travail" toute personne "justifiant d'un contrat de travail ou d'une promesse d'embauche", "d'une ancienneté de travail de 8 mois consécutifs ou non dans les 24 derniers mois, ou de trente mois consécutifs ou non dans les 5 dernières années".  (0uest-France, 29/11/2012).

 

Les sénateurs CRC (communistes, républicains et citoyens) reprochent "un manque d'ambition" et demandent que "l'immigration soit détachée du ministère de l'Intérieur".

 

 

  Voici leur déclaration à l'annonce des critères Valls de régularisation:  

Régularisation - Circulaire Valls :

Communiqué du groupe Communiste République et Citoyen du Sénat

 


28 novembre 2012

 

Régularisation/Valls : Abandon d’une politique du chiffre mais maintien des objectifs de la précédente majorité… cherchez la contradiction.

 

Après le renvoi aux calendes grecques du droit de vote des étrangers, après le vote au Sénat par le groupe socialiste (grâce aux voix de l’UMP, et l’UDI (UC) ) du projet de loi créant une procédure de rétention des étrangers liberticide et un nouveau délit de maintien sur le territoire, on ne s’étonnera pas du peu d’ambition dont fait preuve Manuel Valls dans sa circulaire, tant attendue, relative aux critères de régularisation des sans-papiers. Il y est notamment fait peu de cas du sort des jeunes de 18 ans, avec un nouveau critère permettant de leur donner un titre de séjour que s’ils peuvent prouver deux ans de scolarisation en France.

Par ailleurs, parallèlement à cette nouvelle circulaire, il nous est annoncé un plafond de 30 000 régularisations par an, et surtout, que les expulsions seront plus nombreuses qu’en 2011. Ces affirmations ne présagent pas d’un réel abandon d’une politique du chiffre, bien au contraire.

Après 6 mois au pouvoir, bien plus qu’une timide circulaire, le temps des réelles réformes est venu. Pour cela, doivent être envisagés le rétablissement de la carte unique de 10 ans et le droit au regroupement familial, conditions d’une vie digne. De plus, un nouveau code de la nationalité, fondé sur le respect intégral et automatique du droit du sol dès la naissance et sur un droit à la naturalisation permettant à tous les étrangers qui le souhaitent d’acquérir la nationalité française au-delà de 5 ans de résidence doit être mis en place. Enfin, pour que ces questions soient correctement prises en compte et traitées avec le respect de l’humain, il est urgent que le sujet de l’immigration soit détaché du ministère de l’Intérieur.

Paris, le 28 novembre 2012.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 17:50

"Quand on demande aux Français s'ils préfèrent mourir dans des souffrances insupportables ou être euthansiés, l'écrasante majorité des sondés choisit la deuxième option... Comment répondre autrement? On en déduit benoitement qu'il faudrait l'aide active à mourir. C'est là un raisonnement un peu court... L'euthanasie ne "complète" pas les soins palliatifs, elle les interropt... Elle ne couronne pas l'accompagnement, elle le stoppe... Elle ne soulage pas le patient, elle l'élimine". Jacques Ricot, philosophe (Ouest-France, 04/10/2012)

 

En 2011, un directeur de l'Agence Régionale de Santé de Bretagne déclarait: "Dépenser 200 000€ pour un patient n'est plus possible... les enveloppes budgétaires sont fermées et limitées! ... Il faudra choisir entre des budgets accordés pour les maternités ou pour la dépendance."

 

 

Christiane Caro (membre de la commission nationale Santé du PCF et, avec Alain David notamment, de l'Atelier Citoyen de Bretagne "De la naissance à la fin de vie: l'Humain d'abord) a eu l'excellente idée d'organiser un débat sur la dépénalisation de l'euthanasie à la fête de l'Humanité Bretagne de Lanester le dimanche 25 novembre.

 

Il y avait trois intervenants (le psychanalyste et clinicien en CMPP Etienne Rabouin n'ayant finalement pas pu venir) pour animer ce débat, suivi par 80 personnes environ :

 

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- Hervé Messager, le kinésithérapeuthe de Vincent Humbert à Berck/ Mer qui a vu de près la manipulation médiatique qui a entourée sa mort provoquée. Hervé Messager a dénoncé "l'avalanche médiatique" avec la "répétition en boucle d'une multitude de mensonges...". Tout comme le généticien Axel Kahn, membre du Comité national d'éthique qui rapporte que "Chantal SEBIRE avait refusé aussi bien une opération, qui aurait eu de fortes chances de réussite, que toute forme de médicament (y compris la morphine), qu'elle considérait comme "du poison" pour leur préferer la seule hompéopathie. Lui aussi "regrette que cette vérité ait été occultée par le "tsunami médiatique"".  

 

- Simone Fayaud, infirmière, membre du Conseil National et de la Commission Nationale Santé du PCF, Sécrétaire fédérale du PCF de la Charente.

 

- Docteur Eric Fossier, président de la Coordination Bretonne des Soins Palliatifs (http://www.bretagnesoinspalliatifs.com).

 

Tous les trois, comme Christiane Caro, sont opposés à une dépénalisation de l'euthanasie (pratiquée par injection létale par les médecins) ou légalisation du suicide assisté.

 

Ils ont présenté des arguments extrêmement forts, basés sur leur expérience du terrain, leur perception des manques actuels énormes de la prise en charge publique des personnes en fin de vie et extrêmement dépendantes ainsi que sur leur analyse partagée des dérives eugénistes contenues dans une société qui sacrifie tout à la performance, à l'individualisme, au narcissisme (je ne m'accepte qu'en bon état tant je suis soucieux de mon image), pour contrebalancer le discours ambiant justifiant une dépénalisation de l'euthanasie au nom de l'autonomie individuelle, du droit à avoir une vie digne et décente, du devoir de soulager la souffrance par compassion.

 

Leurs interventions furent rationnelles, profondes, émouvantes, à mille lieux des débats un peu simplistes relayés par les médias le plus souvent.

 

Cela ne clôt évidemment pas le débat, sur lequel il n'est pas simple de se faire un avis, les partisans de la dépénalisation de l'euthanasie ayant eux aussi quelques arguments de poids à faire valoir, mais ces interventions méritent d'être connues et lues pour pouvoir se poser toutes les bonnes questions avant de justifier la dépénalisation de l'euthanasie au nom du progrès, de la sortie de la religion, du droit à l'auto-détermination des individus.

 

C'est pourquoi nous remercions chaleureusement Simone Fayaud et Eric Fossier d'avoir bien voulu nous communiquer leurs textes d'introduction et espérons vivement être en mesure bientôt d'organiser un atelier citoyen de réflexion et dé débat à Morlaix qui soit aussi riche que celui de Lanester.  

 

Pour eux, la justification ou la valorisation de l'euthanasie, c'est d'abord un recours de paresse et un symptôme du fait que la société (les médecins, l'hôpital, l'Etat, les familles) ne parvient pas assez à alléger la souffrance morale et physique des malades, des vieux, des personnes en grande dépendante, notamment au travers d'une présence humaine digne de ce nom à leurs côtés.

Christiane Caro et Simone Fayaud soulignent qu'une bonne prise en charge humaine des malades et des personnes en perte d'autonomie permettrait de réduire leur désespoir et leurs souffrances qui bien souvent justifient la valorisation de l'euthanasie, et qu'elles ne posent au fond qu'uyn problème de répartition des richesses, pour que l'on prenne véritablement en charge la perte d'autonomie et que l'on remette des moyens dignes de ce nom à l'hôpital, sans vouloir en faire une entreprise rentable.        

 

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"Une loi sur l’euthanasie est-elle la solution ?" 

par Simone Fayaud, secrétaire fédérale du PCF de la Charente

 

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Le débat sur l’euthanasie a pris de l’ampleur avec les évènements douloureux et très fortement médiatisés concernant Chantal Sébire ou Vincent Humbert. Toute la vérité n’a pas été dite à leur sujet.

Il a atteint un certain degré de provocation lors de la campagne présidentielle lorsque l’association pour le droit à mourir dans la dignité a publié des affiches montrant trois candidats en situation de fin de vie. Cette publicité tapageuse préoccupante ne permet pas un débat serein. Il est dommageable qu’elle cherche à faire pression sur les citoyens en faisant appel à l’émotion plus qu’au raisonnement. Ainsi, cette présentation mortifère de personnalités politiques relève de la manipulation de l’opinion publique, c’est problématique pour la démocratie.

Mourir dans la dignité, être libre de choisir sa mort : ces mots dignité et liberté recouvrent de nombreuses réalités complexes qui nécessitent un débat public apaisé. Il doit permettre de dépasser les a- priori, les méconnaissances et les préjugés. Il doit poser les responsabilités et les devoirs de la société vis-à-vis des personnes vulnérables. Il doit nous aider à revisiter nos principes d’humanité.

Selon Paul Ricoeur, la dignité est « quelque chose qui est due à l’être humain du seul fait qu’il est humain ». C’est la culture face à l’animalité !

Le rapport de chacun à l‘idée de sa mort est une question intime, complexe, qui ne peut pas être débattue sous l’angle de la parodie ou du discours binaire. Une chose est de se projeter en situation de fin de vie lorsque l’on est bien portant, une autre est de vivre ce moment dont on ne sait pas quand il adviendra ni comment il se réalisera. Il s’agit d’un droit et d’une situation très personnels : comment une loi de portée générale peut –elle traiter de cas particuliers ? Pour Robert Badinter « il est dangereux de légiférer à partir d’un cas particulier pour un cas particulier. La loi est normative et universelle, elle dit la règle et s’applique à tous. »

Pourquoi une loi accorderait-elle le pouvoir de donner la mort ?

Si c’est pour combattre la douleur ou l’acharnement thérapeutique, la loi Léonetti donne une définition claire du traitement de la fin de vie. Avant d’écrire une loi nouvelle, il est indispensable de faire l’évaluation des lois de 2002 et de 2005 pour mieux faire le bilan de leur application. A la lumière de l’expérience et des pratiques soignantes, il s’agit de mieux connaître les problématiques de la fin de vie, s’interroger sur les moyens humains et financiers, sur la formation des soignants, sur les structures d’accueil afin de réussir l’accompagnement des mourants !

Pour la société française d’accompagnement et de soins palliatifs, la plupart des patients souhaitent vivre leur vie jusqu’au bout et les soins palliatifs sont là pour les y aider.

Il faut prendre en compte l’ambivalence des patients : un jour, ils veulent en finir, le lendemain, ils pensent que leur vie vaut d’être vécue jusqu’à son terme. Ce qui est important quand on est face à une demande d’euthanasie, c’est accepter d’en parler. De façon majoritaire, les demandes disparaissent quand les personnes soignées sont bien accompagnées !

Donner la mort ne relève pas de la médecine ! Cependant, le débat sur l’euthanasie s’organise autour du rôle du médecin. C’est paradoxal ! Toutes les propositions qui militent pour la dépénalisation de l’euthanasie censées donner plus de liberté aux patients, renforcent en réalité le pouvoir médical dans tous les dispositifs : c’est le médecin qui fait l’expertise, qui décide, qui fait l’acte !

Pourquoi associer le médecin à un geste qui relève de l’autodétermination ? Est-ce qu’une personne peut demander à l’Etat d’organiser sa mise à mort? C’est une question qui interroge la société au-delà du champ médical !

Selon le rapport de l’inspection générale des affaires sociales 2010 sur les soins palliatifs, seules, 20% des personnes qui devraient bénéficier des soins palliatifs, sont prises en charge. L’organisation des soins est insuffisante, la moitié des départements seulement, disposent d’unités de soins palliatifs. C’est peut-être dans cette pénurie de structures compétentes et de moyens que réside le débat ?

Selon le sondage d’opinion way, 68% des français ignorent qu’il existe une loi interdisant l’acharnement thérapeutique ce qui relativise le sondage d’octobre 2010, selon lequel 91% des français sont favorables à une loi sur l’euthanasie. Nous avons besoin d’un vrai débat nourri par les enquêtes sur la réalité des pratiques soignantes et non basé sur les sondages d’opinion.

Face à la dégradation physique, à la souffrance morale des patients en fin de vie, ceux qui en sont les témoins, pensent que cette vie n’a pas de sens ! N’est-ce pas leur propre peur qu’ils projettent dans l’autre ? « Car c’est moins la mort d’un autre que nous ressentons lors d’un deuil que la disparition de lambeaux de nous-mêmes » nous dit Claude Levi-Strauss.

Pour Françoise Dolto, « demander la mort et la donner, c’est une communication manquée, une déception de communication. Les humains ne communiquent pas assez les uns avec les autres. Ils sont pris dans les fantasmes de la mort de l’autre qui ne sont pas des pulsions de mort mais des pulsions d’agressivité visant l’autre qui déçoit. Il y a toujours une agressivité inconsciente dans la demande de mort, une immense déception…Celui qui la reçoit ne la perçoit pas toujours consciemment. Mis en échec par celui qui réclame la mort, le soignant se sent coupable et tente d’échapper à cette culpabilité en prenant la fuite ou au contraire en s’exécutant. Tous ces mécanismes inconscients viennent pervertir la relation. ».

Il faut également, placer le débat sur l’euthanasie dans le contexte économique français et européen. Les choix politiques sont des choix de société et, le choix de l’austérité qui préside à l’élaboration des budgets de la nation, des collectivités locales et de la protection sociale est mortifère. Qui peut assurer que les abus ne l’emporteront pas  pour garantir la satisfaction des intérêts économiques ?

Pour Jacques Attali «  dès qu’il dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société. Il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement » ! Est-ce l’annonce d’une logique décomplexée justifiant l’euthanasie ?

Cette idéologie de négation de l’humain tisse sa toile d’araignée en France, en Europe à travers la gouvernance des marchés qui du traité de Maastricht au traité de stabilité, de coordination et de gouvernance, dépossède les peuples de leur souveraineté, met à mal la démocratie.

Sous le quinquennat précédent, la campagne de stigmatisation et de culpabilisation des personnes vulnérables (les malades, les assistés, les immigrés, les chômeurs) a ouvert la voie aux dérives les plus dangereuses : la haine de l’autre, l’égoïsme, le racisme et la xénophobie décomplexés, l’exclusion, le recul des solidarités collectives.

La réforme hospitalière menée sous Nicolas Sarkozy englobant la tarification à l’activité et la loi HPST (hôpital, patient, santé, territoires) a transformé en profondeur l’hôpital public géré selon les critères de l’entreprise et du profit : il n’est question que de rentabilité des soins, de productivité des actes. Les emplois sont la variable d’ajustement budgétaire, des services utiles aux besoins de santé sont fermés, des tragédies humaines se vivent dans les déserts médicaux. A quand la sélection des malades face à la pénurie des moyens budgétaires ?

La tarification à l’activité pousse à la rentabilité financière, à la multiplication d’actes inutiles mais lucratifs, joue contre la prise en charge des patients aux pathologies lourdes et coûteuses.

L’année 2013 s’inscrit dans la continuité d’une politique de dégradation de la santé publique. Au nom de l’austérité et sous le contrôle de la commission européenne, l’évolution des dépenses de santé reste en dessous des besoins réels…L’objectif national des dépenses de l’assurance maladie c'est-à-dire l’ONDAM hospitalier 2013 est porté à 2,7% contre 2,5% en 2012 alors que la FHF (fédération hospitalière de France) l’évalue à 3,2% pour permettre aux hôpitaux d’assumer leurs charges fixes.

Peut-on imaginer dans quelles conditions de travail se trouvent les soignants ? Dans l’hôpital où j’ai travaillé plus de 30 ans, il n’y a que deux aides-soignants en gérontologie, la nuit pour soigner 68 personnes, sur deux étages. Ils n’ont que 3 minutes à leur consacrer, à la limite de la maltraitance !

Le Parti communiste français place l’humain au cœur de son projet de société. Le programme du Front de Gauche s’intitule « l’humain d’abord ». Il propose des alternatives à l’ordre capitaliste, prédateur d’humanité.

 

Dans cette société à la dérive, il convient d’accueillir la revendication d’euthanasie avec une extrême prudence.

Le débat sur l’euthanasie est un débat sur la société ! Dans quelle société voulons-nous vivre ? Quelle humanité voulons-nous être ?

Dans le huis clos de l’hôpital-entreprise, rien ne serait plus terrifiant si l’euthanasie devenait un moyen de réguler les dépenses de santé.

 

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Intervention Dr Eric FOSSIER  Président de la Coordination Bretonne de Soins Palliatifs www.bretagnesoinspalliatifs.com

Dépénaliser l’euthanasie ?  Fête de l’Humanité Bretagne – Lanester 25/11/12

 

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Je vais essayer de vous apporter quelques point de repère, en m’appuyant sur ma pratique de 25 années auprès des patients atteints de maladies graves et incurables, Pour tenter de répondre à la question « Etes-vous pour légaliser l’euthanasie ? »

 

Je pense pouvoir dire comme président de la coordination bretonne de soins palliatifs, qui réunit tous les professionnels des équipes spécialisées en Bretagne, que ma position est unanimement partagée par mes collègues

 

  • C’est une Question d’une extrême complexité ne pouvant se réduire à un débat pour/contre et à une loi

  • Et ce n’est sûrement pas à un débat droite/gauche comme voudraient le laisser penser quelques raccourcis médiatiques, opposant liberté/autonomie/progressistes (de gauche) et archaïques/conservateurs/catholiques…(de droite)

 

« L’aide active à mourir ou la demande de « légaliser une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » sont des expressions floues source de confusion

 

chaque jour, comme médecin de soins palliatifs, j’ « aide » mes malades à mourir le moins mal possible « sans les faire mourir » pour autant, et je mets tout en œuvre pour en qu’ils terminent leur vie dans la dignité, c'est-à-dire sans souffrir.

 

Les professionnels et bénévoles auprès des personnes en fin de vie sont les mieux placés pour témoigner de ce ces patients expriment.

Nous ne sommes pas en croisade contre l’euthanasie, nous sommes des professionnels qui travaillons journellement auprès de malades en fin de vie et nous rapportons ce qu’ils nous disent et ce que nous voyons.

 

Je parle de mon expérience de médecin. Ce n’est pas à partir d’idées philosophiques ou religieuses mais bien à partir de cette expérience clinique quotidienne au chevet de patients gravement malades.

 

 

J’ai accompagné et pris en charge des centaines de personnes en fin de vie et seules quelques-unes, un jour m’ont demandé à mourir.

 

Je peux affirmer que la dépénalisation de l’euthanasie n’est pas la réponse à un problème aussi complexe que celui de la prise en charge des personnes en fin de vie.

 

 

Ce que ces patients nous demandent dans leur immense majorité est :

De les soulager de symptômes pénibles

De les entendre

D’être sûrs que nous respecterons leur choix s’ils décident d’arrêter les traitements qu’ils ne supportent plus

D’être à leur cotés parce qu’ils sont effrayés de cette fin de vie qui s’annonce

 

Quel paradoxe ce malade qui nous dit j’ai peur de mourir (dans de mauvaises conditions), tuez-moi !!

 

Car outre le droit de choisir sa mort, ce qui nous est rapporté comme argument principal justifiant la dépénalisation de l’euthanasie serait les conditions inacceptables de certaines fins de vie.

 

Ayant travaillé pendant 10 ans en EMSP, allant dans tous les services, je peux témoigner, qu’effectivement dans certaines situations, la prise en charge de ces patients arrivant au bout de leur vie est inacceptable.

 

Il est effectivement indispensable de s’obstiner pour élever le niveau de compétences des équipes qui prennent en charge ces patients

 

  • Ce qu’il faut faire d’urgence, c’est obliger les soignant, les médecins à appliquer la loi actuelle.

 

En 2011 : 7 Français sur 10 ne savent pas encore que l'acharnement thérapeutique est interdit

 

Sur les cinq dernières années il n'y a eu que trois médecins sur 100 qui ont reçu une formation sur les soins palliatifs

 

Le rapport de l’observatoire national de la fin de vie confirme l’ expérience des professionnels et bénévoles : presque 2/3 des malades dont l’état requiert une prise en charge palliative ne reçoit pas les soins appropriés !!

 

Dans de nombreuses situations, un médecin décide seul, alors que la loi Leonetti l’oblige depuis 2005 à s’appuyer sur une réflexion collégiale prenant en compte l’avis du patient, des proches, et des autre professionnels en charge du patient

 

La plupart des patients que je rencontre souhaite vivre leur vie jusqu'au bout, à une condition : celle de ne pas souffrir.

Dans fin de vie, ce qui est important n’est pas FIN, mais VIE !

  •  
    • Il suffit d’être allé dans des endroits où les patients ne sont bien pris en charge pour le constater

 

Notre métier du soin c’est la solidarité, la prise en charge de la fragilité, la sollicitude : je crois que vous partagez ces valeurs

 

Il ne faudrait pas qu’une dépénalisation de l’euthanasie finisse par s’imposer simplement du fait d’un accès insuffisant à des professionnels compétents ou à une mauvaise application de la loi.

 

Dépénaliser l’euthanasie est inutile et dangereux dans ce contexte.

 

Ce que je vois, c’est que moins on est compétent pour prendre en charge les symptômes de ces patients, symptômes physiques ou souffrance morale, plus on a de risque de trouver dans ces services des patients réclamant d’en finir, et plus ces services incompétents seront tentés de répondre à la demande de mort, par une euthanasie si elle est légale alors qu’il s’agissait surtout une demande de soulagement.

 

L’euthanasie n’est pas le complément des soins palliatifs, elle les interrompt.

 

a titre personnel, je n’ai pas souvenir de patients qui chaque jour m’ait demandé l’euthanasie au point d’être confronté à une impasse. De façon majoritaire, ces demandes disparaissent quand les personnes sont prises en charge par des soignants formés aux soins palliatifs.

 

La loi actuelle, bien appliquée et sans hypocrisie permet de soulager l’immense majorité des personnes concernées.

 

J’ai une responsabilité envers les personnes seules, vulnérables ou très âgées, se sentant un poids pour la société. L’interdit de tuer les protège, nous protège collectivement.

 

Certains nous disent que la loi Leonetti est hypocrite, que les limitations de traitement laissent les malades mourir de faim et de soif, sans soins

 

Dire que les personnes « meurent de faim et de soif » est une malhonnêteté qui joue sur la peur. Cette expression choque le public à juste titre mais elle est un mensonge.

 

Les personnes qui meurent dans le cadre de l’évolution d’une maladie qu’on ne peut pas guérir ou lorsque on suspend un traitement qui maintient artificiellement leur vie ne ressentent pas la faim.

Nous en faisons tous une expérience, moins dramatique bien sûr, lorsque nous avons tout simplement la grippe.

Dans tous les cas, les personnes ne ressentent pas la sensation de faim, et la soif est totalement supprimée par des traitements efficaces.

 

Ils y a quelques dizaines d’années nos anciens finissaient leurs jours à la maison, entourés des leurs, en s’éteignant doucement : mourraient t’ils de faim et de soif ?

Arrêter de boire et de manger fait partie du processus naturel du mourir

 

Par ailleurs Il existe une nuance fondamentale entre provoquer la mort d’un malade à l’aide d’une injection létale et s’assurer qu’il ne souffre pas en acceptant que les doses nécessaires de  médicaments pour le soulager puissent éventuellement précipiter un décès inéluctable.

 

C’est le fondement même de la médecine que de soulager le malade, c’est le même fondement que de ne pas le tuer.

 

C’est la base du contrat de confiance entre le patient et son médecin

 

 

La différence entre l’euthanasie et la limitation de traitement est très claire :

 

Dans un cas on demande au médecin de provoquer la mort par une injection,

 

Dans l’autre on lui demande d’accéder à la demande d’un patient d’arrêter les traitements qui le maintiennent en vie au prix de désagréments que ce patient juge disproportionnés et ne veut plus subir..

 

Le progrès, ce n’est pas de légaliser l’euthanasie au nom d’une pseudo liberté avec ses risques de dérives,

 

Le progrès c’est poursuivre les améliorations des traitements que nous faisons depuis 30 ans pour que toutes les personnes en fin de vie de notre société meurent sans douleurs, sereinement et entourés.

 

Le progrès c’est d’obliger les équipes soignantes à appliquer une loi équilibrée qui nous aide à réfléchir aux cotés des patients.

 

Le progrès c’est d’améliorer l’accès aux soins palliatifs y compris pour les plus vulnérables.

 

Il serait terrible d’arriver au paradoxe qui ferait que les plus démunis, les plus vulnérables, ceux qui ont le moins accès à une médecine de qualité ne trouvent d’autres voies que de devoir demander l’euthanasie pour ne plus souffrir.

 

Dépénaliser l’euthanasie apporte plus de risques pour la société que de solutions à la demande d’un petit nombre de malades.

 

Prendre en compte la dignité ne consiste pas à provoquer la mort mais accompagner la vie qui se termine et à soulager le malade : c'est le rôle de la médecine et des soins palliatifs

 

Mourir dignement c’est mourir sans souffrir,

Mourir dignement c’est mourir en étant accompagné,

Mourir dignement c’est mourir là où je souhaite et non mourir sur un lit d'hôpital alors que je voulais mourir chez moi entourés des miens

Mourir dignement c’est être entendu de l’équipe de soins et ne pas subir d’obstination déraisonnable

Mourir dignement c’est avoir accès à une équipe rodée à la prise en charge des symptômes pénibles

 

Mourir dignement ce n’est sûrement pas être tué par un soignant missionné pour cela.

 

« Bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité » ce n’est pas provoquer la mort c’est au contraire prodiguer les soins médicaux indispensables pour que ce patient ne souffre pas !

 

C’est la définition des soins palliatifs !!

 

Alors si c’est cela la proposition figurant au programme de notre président, j’ai grand espoir qu’il poursuive plutôt le développement des soins palliatifs !

 

Comme médecin de soins palliatifs j’ai quelques certitudes :

  • Je n'ai pas remède contre la tristesse

  • Je crois qu’anticiper la mort pour éviter la souffrance est une utopie

  • Je crois que vouloir supprimer la souffrance est une utopie.

  • Je crois qu’on ne fera pas taire la souffrance par des lois.

  • Je suis sûr qu’une loi dépénalisant l’euthanasie ne fera pas disparaitre la souffrance de perdre un être cher.

  • Je suis sûr que La fin de la vie d’un être cher EST et RESTERA un moment intime et tragique

 

Il est totalement illusoire d’envisager une nouvelle loi, au prétexte que la précédente (la loi Leonetti) n’est pas appliquée !

 

Quelles garanties avons-nous que cette loi serait mieux appliquée ?

 

Nous avons connu de tous temps et jusqu’à aujourd’hui une frontière naturelle entre la vie et la mort.

  • Dépénaliser l’euthanasie, c’est modifier cette limite pour la transformer en une frontière entre la vie qui vaut la peine, et celle qui ne vaudrait plus la peine d’être vécue.

  • Cette frontière serait inévitablement mouvante, dans un sens prévisible (voir les pays bas ou un lobby réclame d’étendre la loi a toute personne de plus de 75 ans en faisant la demande….) qui serait un éloignement de la mort naturelle…vers une limite ténue que serait par exemple l’apparition d’une dépendance, d’une perte de discernement…et bientôt quoi d’autre !!

 

Peut-on décider socialement qu’il y a des vies qui ne valent pas la peine d’être vécues ?

 

Peut-on construire un « vivre ensemble » sur la seule valeur de « liberté » comprise au sens de l’autonomie et de l’individualisme ?

 

De mon point de vue de médecin confronté chaque jours aux humains les plus fragiles je pense que l’immense majorité d’entre eux ne nous demandent pas cela, mais de les entendre, de les assurer de notre soutien, de les assurer que nous resterons présents à leur coté quoi qu’il arrive

 

Je crois que Karl Marx disait la nécessité de s’occuper prioritairement de l’être humain…

 

Faut-il nous aligner sur une vision de la société « esthétique », ou l’individualisme, la hantise de notre image, l’exigence d’autonomie, nous convoquerons à apporter une réponse à ceux qui estiment leur image altérée ??

 

Ne peut-on considérer encore qu’une société pourrait être éthique et solidaire en accordant de l’attention à cet autre fragilisé, autrement qu’en acquiesçant à sa demande de mort ?

 

Légaliser l’euthanasie est une mauvaise réponse à une vraie question : que fera demain la société pour soutenir les plus fragiles d’entre nous ?

 

L’euthanasie ne soulagerait pas le patient, elle l’éliminerait.

 

 

Fondement de la médecine

 

La loi leonetti

 

  • La loi Léonetti ce n’est pas laisser mourir c'est accompagner la personne qui meurt en évitant qu'elle souffre.

  • La sédation en phase terminale existe déjà dans la loi, il faut mieux l’appliquer et mieux la mise en œuvre

  • Pour la sédation s'est assuré le patient que lorsque je limiterai un soin il ne se réveillera pas au risque de souffrir

  • La sédation n'est pas hypocrite elle ne vise pas à provoquer la mort mais il vise à soulager le malade afin qu'il ne vive pas à l'effroi d'une situation qui ne souhaite pas. C’est un geste d’humanité et de sollicitude

Les soins palliatifs

 

 

Et si vous voulez en savoir un peu plus sur les soins palliatifs en Bretagne, allez sur le site Internet, où vous pourrez trouver entre autre:
la video de Leonetti expliquant sa loi (dans l'onglet "documentation 1")
l'intervention video du sociologue Patrick Baudry pour la journée CBSP de 2011, très éclairante
et bientôt l’intervention de Jacques Ricot à notre congrès de vendredi dernier
site CBSP

  • Les soins palliatifs et la médecine en général ne hâte ni ne retient la mort : ils accompagnent les patients pour qu’ils ne souffrent pas

  • Il y a une totale contradiction entre les soins palliatifs et l’euthanasie. Il n’y a aucune complémentarité. Dans le cas des soins palliatifs nous sommes dans le champ de la médecine c'est-à-dire de soulager et cela nous savons faire dans l’autre il s’agit d’un autre champs qui est de provoquer la mort : ce n’est pas le rôle de la médecine

  • Les soins palliatifs sont la réponse médicale efficace à la souffrance des malades en fin de vie et pourtant, sur le terrain, nous constatons quotidiennement qu’en dépit des progrès réalisés depuis 20 ans, l’accès aux soins palliatifs, à ce progrès de la médecine, reste très largement insuffisant.

  • Nous avons en France une médecine efficace et des lois qui garantissent l’accès aux soins palliatifs : la loi de 1999 sur le droit à l’accès aux soins palliatifs et la loi de 2005 sur le droit des malades en fin de vie, qui a fait école dans 6 pays.

  • Il nous reste à appliquer l’une et l’autre à l’ensemble des malades et non plus seulement à quelques uns !!

  • Cela est légitime et c'est le rôle des soins palliatifs et de la médecine en général que de s'assurer qu'ils ne souffriront pas. Aujourd'hui des progrès remarquables ont été faits en ce sens.

  • L’objectif de la médecine et des soins palliatifs n’est Ni de hâter la mort ni de la retenir mais bien de soulager les malades.

  • Les soins palliatifs sont un droit reconnu aux Français mais ils sont encore insuffisamment connus et insuffisamment appliqués.

  • La première chose que les français demandent avant de dépénaliser l’euthanasie c’est avant tout d’améliorer et de développer les soins palliatifs  

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 07:22

Bigeard-Frejus.jpg

 

 

Décidemment, la France coloniale a la peau dure.

Même si l'UMP n'est plus au pouvoir pour imposer sa vision des bienfaits de la colonisation et passer sous silence les épisodes les plus criminels du processus de décolonisation, Hollande et le gouvernement Ayrault prennent le relais au nom sans doute de la continuité mystique de l'Etat et de la sacralisation officielle des "braves" qui se sont vautrés dans la merde pour conduire les aventures sans issue décidées par les responsables politiques (Mitterrand, Guy Mollet entre autres) au nom de l'honneur et des intérêts de la France.   

Bigeard incarne très bien cette génération d'officiers patriotes mais sans scrupules qui a fait ses armes dans la France Libre et la résistance avant de faire le travail répressif et contre-insurrectionnel de l'occupant en Indochine et en Algérie. Le Drian rappela lors de son discours du 20 novembre 2012 au Mémorial des guerres d'Indochine de Fréjus, sans doute pour magnifier son rôle dans la résistance, qu'il était né un 18 juin 1916: "le 18 juin est un jour qui symbolise les valeurs du courage, du dévouement, de grandeur qu'il a faites siennes tout au long de sa vie". Tu parles... C'est plaçer bien bas et se faire une conception strictement martiale et non  morale du courage, de la grandeur et le dévouement que de lui attribuer de manière superlative ces qualités.

La flagornerie du politique vis à vis des salauds qui ont tenu le rôle de vedettes nationales toute une partie de leur vie est une constante (on l'a vu récemment avec Eduard Leclerc, célébré par le même Le Drian en occultant son rôle dans la Collaboration), de même que la dissimulation de leurs méfaits, pour le coup il est vrai ordonnés, justifiés et dissimulés par l'Etat français lui-même.

Aucune condamnation ni mention dans le discours de Jean-Yves Le Drian à Fréjus de la justification par Bigeard de la torture comme "mal nécessaire" (Dernières nouvelles d'Alsace, 2 juillet 2000). Aucun rappel de son rôle joué en Indochine à partir de 1946, à la tête de commandos parachutistes, dans la traque des résistants communistes vietminhs et dans la répression féroce orchestrée sur les populations civiles qui les protégeaient. Aucune allusion au rôle de Bigeard dans le choix de la brutalisation de toute la population suspecte en Algérie pour obtenir des renseignements permettant de démanteler les réseaux de résistance armée du FLN.

Bigeard, on le sait, fut un des organisateurs de la "bataille" d'Alger - en réalité une vaste opération de police totalitaire menée par l'armée avec les méthodes de la Gestapo avec un nombre incalculable d'arrestations, de tortures, d'assassinats en catimini. 

Certes, Bigeard fut un chef de guerre efficace, c'est indéniable: militairement, avec la bataille d'Alger et sa guerre de mouvement à coup d'opérations héliportées en Kabylie, il avait pris conscience de la nécessité pour gagner dans les guerres coloniales d'adapter sa stratégie à la tactique de guérilla de l'adversaire et à son inflitration dans la population civile. Mais à quel prix s'obtenaient ses succès militaires? Celui de souffrances inouïes de la population indochinoise ou algérienne brutalisées sans état d'âme, celui de l'honneur de la France et de la conscience de nos soldats.

Avoir rendu un hommage national à Bigeard, en présence du ministre de la Défense et d'un ancien président de la République (Valéry Giscard d'Estaing) dont il fut le secrétaire d'Etat à la défense, est une honte et un drôle de bras d'honneur fait aux peuples Algériens et Vietnamiens, et plus largement à toutes les populations qui luttent pour leurs droits à l'indépendance face à des occupants.

C'est aussi le signe que l'on continue à faire peu de cas des droits de l'homme et du droit international par rapport à la primauté de la raison d'Etat, qui recommande que la nation remercie ceux qui ont exécuté les ordres de l'Etat en se salissant les mains.

 

Ismaël Dupont.

le 21 novembre 2012

 

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RAPPEL du MANIFESTE " NON A UN HOMMAGE NATIONAL AU GENERAL BIGEARD" datant de l'époque où Gérard Longuet, ancien militant d'extrême-droite à Occident, voulait un hommage national et un transfert des cendres aux Invalides pour Bigeard.

 

A cet instant, il y a 9894 signatures enregistrées...

 

De son vivant, le général Bigeard a toujours bénéficié de l’admiration des forces politiques les plus réactionnaires et de leur soutien actif. Et voici qu’une année après sa mort, il est de nouveau utilisé pour une manœuvre politicienne, orchestrée par le ministre de la Défense, dont le passé d’extrême droite est connu : le transfert aux Invalides de ses cendres.

Cette initiative est doublement pernicieuse.

D’une part, il y a une certaine indécence à mettre Bigeard au rang d’autres grands militaires qui y reposent, parfois depuis des siècles. On peut avoir des analyses critiques sur tel ou tel d’entre eux, mais beaucoup mirent leur génie au service de la défense du territoire français.

D’autre part, et surtout, une telle initiative serait une insulte à divers peuples qui acquirent au prix fort, naguère, leur indépendance. Ces pays sont libres depuis des décennies, ils ont le plus souvent des relations cordiales avec le nôtre. A-t-on pensé un instant quel signal le gouvernement français s’apprête à leur envoyer ? Est-ce du mépris à l’état pur ou de l’inconscience ?

On nous présente cet officier comme un héros des temps modernes, un modèle d’abnégation et de courage. Or, il a été un acteur de premier plan des guerres coloniales, un « baroudeur » sans principes, utilisant des méthodes souvent ignobles. En Indochine et en Algérie, il a laissé aux peuples, aux patriotes qu’il a combattus, aux prisonniers qu’il a « interrogés », de douloureux souvenirs. Aujourd’hui encore, dans bien des familles vietnamiennes et algériennes, qui pleurent toujours leurs morts, ou dont certains membres portent encore dans leur chair les plaies du passé, le nom de Bigeard sonne comme synonyme des pratiques les plus détestables de l’armée française.

Nous n’acceptons pas que la notion d’héroïsme soit liée à l’histoire de cet homme. Lors des guerres coloniales conduites par la France, les vrais héros étaient ceux qui, dans les pays colonisés, luttaient pour la liberté et l’indépendance de leurs peuples, ceux qui, en métropole, ont eu la lucidité de dénoncer ces conflits, si manifestement contraires au droit international, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à l’intérêt même de la nation française.

L’objectif aurait été de réveiller les guerres mémorielles que les manipulateurs à l’origine de cette initiative ne s’y seraient pas pris autrement.

Nous exigeons que le gouvernement français renonce à cette initiative historiquement infondée, politiquement dangereuse et humainement scandaleuse.

 

Organisations (associations, partis et syndicats) soutenant la démarche de l’appel et de ses signataires :

 

  • 4ACG (Anciens appelés en algérie et leurs ami(e)s contre la guerre),
  • A.F.A.S.P.A (Association française amitié solidarité peuples afrique),
  • A.R.A.C VITROLLES (Association républicaine des anciens combattants),
  • AMICALE DES ANCIENS DU 1ER RÉGIMENT FTP NS,
  • AMICALE DU MAQUIS MORVAN ALPES DRÔME,
  • ANPNPA (Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis),
  • APCV (Agence de la promotion des cultures et du voyage),
  • ASSOCIATION CANTONALE DES FAMILLES DE FUSILLÉS, DÉPORTÉS, INTERNÉS,
  • COMITÉ VÉRITÉ ET JUSTICE POUR CHARONNE,
  • EELV (Europe ecologie-les verts),
  • ENSEMBLE VIVRE TRAVAILLER COOPÉRER,
  • LDH (Ligue des droits de l'homme),
  • LES ALTERNATIFS,
  • LES AMIS DE L'HUMANITÉ,
  • LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT,
  • MÉMORIAL 98,
  • MRAP,
  • PCF,
  • PG,
  • RÉSISTANTS, PATRIOTES ET AMIS,
  • UDB (Union démocratique bretonne),
  • UNEF,
  • UNSA

Premiers signataires :  

  • Souag ABDELOUAHAB (Journaliste el watan - mascara (algérie)),
  • Salah AMOKRANE (Militant associatif),
  • Jean-loup AMSELLE (Anthropologue),
  • Mouloud AOUNIT (Président d’honneur du mrap),
  • Éliane ASSASSI (Sénatrice de la seine-saint-denis),
  • Raymond AUBRAC,
  • Josette AUDIN,
  • Florence BEAUGÉ (Journaliste),
  • Jacques BIDET (Philosophe),
  • Martine BILLARD (Députée de paris, co-présidente du pg),
  • Pascal BLANCHARD (Historien),
  • Sami BOUMENDJEL,
  • Patrick BRAOUEZEC,
  • Pierre BROCHEUX (Historien),
  • Alain BROSSAT (Professeur émérite de philosophie),
  • Omar CARLIER (Historien, professeur à l'université paris diderot),
  • Patrick CHAMOISEAU (Écrivain),
  • Christiane CHAULET-ACHOUR (Professeur des universités),
  • Guillaume CHÉREL (Écrivain),
  • Fanny COLONNA (Directrice de recherche au cnrs paris),
  • Fanny COLONNA,
  • Pascal CONVERT (Documentariste),
  • Catherine COQUIO (Professeur de littérature à l'univ de paris 8),
  • Annick COUPE (Union syndicale solidaires),
  • Simone DE BOLLARDIÈRE,
  • Didier DEANINCKX (Écrivain),
  • Christian DELORME (Prêtre du diocèse de lyon),
  • Marcel DORIGNY (Historien, professeur à l'université paris viii),
  • Cécile DUFLOT (Secrétaire national d'europe ecologie les verts),
  • Mireille FANON-MENDES-FRANCE,
  • Gianfranco FATTORINI (Co-président du mrap),
  • Dominique FOULON (Dr des "carnets du viêt nam"),
  • Hélène FRANCO (Memebre du bureau national du parti de gauche),
  • René GALLISSOT (Professeur émérite des universités),
  • Jean-françois GAVOURY (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’oas),
  • André GAZUT (Réalisateur),
  • François GÈZE (Éditeur),
  • Mohammed HARBI (Historien),
  • Bernadette HÉTIER (Co-présidente du mrap),
  • Jim HOUSE (Historien),
  • Louisette IGHILAHRIZ (Patriote algérienne, torturée par les parachutistes durant la guerre),
  • Charles JARNIAS (Président de l'amicale des anciens du 1 er régiment ftp ns),
  • Alexis JENNI (Prix goncourt 2011 pour "l'art français de la guerre"),
  • Pierre KHALFA (Coprésident de la fondation copernic),
  • Mehdi LALLAOUI (Réalisateur),
  • Pierre LAURENT (Secrétaire national du pcf),
  • Olivier LE COUR GRANDMAISON (Politologue),
  • Patrick LE HYARIC (Directeur de l’humanité),
  • Renée LE MIGNOT (Co-présidente du mrap),
  • Anicet LE PORS (Ancien ministre),
  • Michel LEVALLOIS (Préfet honoraire, membre de l'académie des sciences d'outre-mer),
  • Alban LIECHTI (Soldat du refus),
  • Neil MACMASTER (Historien),
  • Noël MAMÈRE (Député europe Écologie les verts),
  • Gilles MANCERON (Historien),
  • Gérard MAUGER (Sociologue),
  • Claire MAUSS-COPEAUX (Historienne),
  • Boucif MEKHALED (Historien algérien qui a travaillé sur les massacres de mai 45),
  • Samia MESSAOUDI (Journaliste),
  • Gilbert MEYNIER (Historien, professeur émérite de l’université),
  • Jean-yves MOLLIER (Historien, professeur, université versailles-saint-quentin),
  • Bernard MOURALIS (Professeur émérite à l'université de cergy-pontoise),
  • Rosa MOUSSAOUI (Journaliste),
  • Francois NADIRAS (Militant ldh, toulon),
  • André NOUSCHI (Historien, professeur honoraire de l’université),
  • Joël OGER (Ancien secrétaire national de la fen),
  • Jean-philippe OULD-AOUDIA (Les amis de max marchand, de mouloud feraoun et de leurs compagnons),
  • Henri POUILLOT (Témoin de la guerre d'algérie, militant antiraciste, anticolonialiste),
  • Jacques PRADEL (Président association des pieds noirs progressistes),
  • Yvon QUINIOU (Philosophe),
  • Jack RALITE (Ancien ministre),
  • Alain REY (écrivain, lexicographe),
  • Benoist REY (Auteur des "egorgeurs", saisi en 1961 (editions de minuit)),
  • Benoist REY (Auteur des "egorgeurs", saisi en 1961 (editions de minuit)),
  • Annie REY-GOLDZEIGUER (Historienne, professeur, université de reims),
  • Michel REYNAUD (Écrivain-Éditeur),
  • André ROCH (Officier d’active en retraite),
  • Alain RUSCIO (Historien),
  • Frédéric SARKIS (Association sortir du colonialisme),
  • Francois SAUTEREY (Syndicaliste enseignant - snes-fsu),
  • Leïla SEBBAR (Écrivaine),
  • Todd SHEPARD (Associate professor, department of history johns hopkins university),
  • Pierre TARTAKOWSKY (Président de la ldh),
  • Elisabeth TEITGEN (Fille de paul teitgen),
  • Sylvie THÉNAULT (Historienne),
  • TRAN ANH HUNG (Réalisateur),
  • Raphaël VAHÉ (Président de l’arac),
  • René VAUTIER (Cinéaste),
  • Françoise VERGÈS (Politologue),
  • Dominique VIDAL (Historien et journaliste),
  • Geneviève VIDAL-NAQUET,
  • Emmanuel VIRE (Secrétaire général du snj-cgt),
  • VO SI DAN (Ancien président de l'ugvf (union générale des vietnamiens en france)),
  • Emmanuel ZEMMOUR (Président de l'unef)

 

           

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 15:37

 

pierre laurent

 

François Hollande a tenu sa première conférence de presse 6 mois après son élection. Aucune des inquiétudes des Français n'a trouvé de réponses dans la parole présidentielle. Le président de la République s'est livré à un exercice difficile : tenter de repeindre une politique de rigueur en politique de justice sociale. L'exemple le plus significatif étant le salto arrière accompli sur la TVA sociale. Parler de « restructuration des taux de TVA » ne fera pas disparaître les 7 milliards d'euros prélevés sur le budget des familles par l'impôt le plus injuste qui soit car exonérant les plus riches de payer en fonction de leur revenus. Il y a une grande déception, il confirme de report sine die du droit de vote des résidents étrangers. Ce recul fait mal à la gauche !

La pédagogie du renoncement a fait trop de dégât et donner bien des appétits au patronat qui monte le cran de ses exigences à chaque pas en arrière du Gouvernement. 309 milliards sont versés aux actionnaires et aux banques par les entreprises chaque année. C'est là que ce trouve le financement de la relance sociale dont a besoin notre pays.

 

Pierre Laurent, sénateur, secrétaire national du PCF

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 12:20

Après la loi sur les tarifs de l'énergie, le Sénat, grâce au vote de résistance des communistes qui est aussi un vote constructif pour tenter de remettre la gauche et le PS sur de bons rails, a rejeté le 8 novembre (par 189 voix contre 152) la programmation budgétaire qui doit conduire à l'équilibre des finances publiques en 2017.

Le Ouest France d'aujourd'hui, comme la semaine passée, est assez approximatif voire intentionnellement mensonger dans sa présentation des choses parlant d'alliance contre nature UMP-Centristes- Communistes contre le PS et la gauche gouvernementale, d'"alliance de la carpe UMP et du lapin communiste".   

La droite a voté contre évidemment par automatisme oppositionnel et en approuvant l'hyper-austérité (la trajectoire des réformes dictée par le TSCG et la complaisance vis à vis des exigences du patronat) mais non les moyens de celle-ci parce que les revenus des riches et les profits des entreprises étaient selon elle encore trop imposés. 

Le PCF a voté contre pour faire réfléchir le gouvernement sur le respect de ses engagements en faveur du changement faits auprès des électeurs de gauche et sur les impasses de l'austérité et des solutions libérales appliquées désormais. Par-là même, il montre toute l'utilité d'avoir un groupe vraiment de gauche et indépendant du Président, même minoritaire, à l'Assemblée et au Sénat, afin que soient respectés les intérêts des salariés et des classes populaires.

Cela met en cause nettemment la légitimité de "gauche" des projets gouvernementaux alors que chez EELV et chez les parlementaires socialistes, malgré des réserves exprimées plus ou moins discrètement, c'est la solidarité automatique qui prime. EELV, critique vis à vis de la ratification du Pacte budgétaire, de l'ampleur de l'austérité imposée à marche forcée dont le mouvement perçoit les conséquences économiques désastreuses, et vis à vis du Pacte de compétitivité, vote tout de même les yeux fermés le budget et la loi de programmation budgétaire. Avec quel esprit de suite? Quelle cohérence? Quel sens des responsabilités? Tout cela pour garder des ministres au gouvernement qui ne cessent d'être mis en porte-à-faux avec des décisions gouvernementales d'importance.

Contrairement à ce que prétend le journaliste de Ouest-France, Michel Urvoy, que l'on connaît comme un social-libéral proche en idées de Dominique Strauss-Khan, puis de Hollande, "le Front de Gauche ne parie pas sur l'échec des socialistes": le Front de Gauche est certain en revanche que leurs orientations actuelles conduisent à l'échec social, économique et électoral et veut les en détourner pour faire réussir la gauche, c'est à dire améliorer la vie du grand nombre en réduisant les inégalités, la précarité, le chômage.  

A l'inverse de ce qu'affirme encore l'éditorialiste dont nous avons déjà eu l'occasion ici de dénoncer la partialité des points de vue, idéologiquement très orientés, le PCF n'agit pas ainsi comme "une petite formation qui a une capacité de pression bien supérieure à son poids politique réel" grâce au jeu des institutions et à l'absence de majorité absolue PS-EELV-Radicaux au Sénat. Ce sont au contraire ces institutions peu démocratiques qui favorisent l'hégémonie du PS et de l'UMP, disproportionnée par rapport à l'adhésion réelle des gens à leurs projets et à leurs valeurs. Ces mêmes institutions nous condamnent le plus souvent à l'inefficacité - alors que beaucoup de citoyens sont d'accord avec nos propositions, même s'ils peuvent voter pour le PS par réalisme électoral et crainte d'un plus grand mal (la victoire de la droite) - et éloignent les politiques menées par le gouvernement des aspirations de la majorité des Français, qui n'a assurément pas les mêmes intérêts que les banques et le patronat.

Et que penser de la formule purement malhonnête intellectuellement du patron des députés socialistes, Bruno Le Roux: "Les communistes, en faisant ça, n'aident pas la gauche"?

Il est grand temps que le PS, avec avec lui les médias socio-libéraux (Libération, etc...) cessent de croire que le PS peut être identifié à la gauche, toute la gauche.

Au mieux, il n'est qu'une partie de la gauche, celle qui penche vers le centre et les solutions économiques du libéralisme, suivant en cela la tradition démocrate américaine ou la nouveauté social-libérale allemande et anglaise des années 1990 plus que la tradition social-démocrate. La gauche en France a aussi d'autres références, une autre histoire, des électeurs plus exigeants, et si tout le monde ne peut évidemment être absolument d'accord à gauche, il est grand temps que le PS pense à écouter un peu les impatiences des millions d'électeurs qui ont voté pour lui, non pas simplement pour chasser Sarkozy, mais pour tourner le dos aux politiques qu'il a conduites et obtenir des progrès sociaux.

On espère ainsi que, dans l'intérêt de toute la gauche et du peuple, Jean-Marc Ayrault, après avoir reçu Eliane Assassi, présidente communiste du groupe Front de Gauche au Sénat, André Chassaigne, président communiste du groupe du Front de Gauche à l'Assemblée, et Pierre Laurent, co-président de la gauche européenne et secrétaire national du PCF, méprisera un peu moins nos avertissements, nos réclammations, nos exigences et nos propositions.

 

Ismaël Dupont.         

 

PS: voici en pièce jointe un entretien intéressant accordé hier par Marie-George Buffet à l'Express pour restituer le sens du vote des parlementaires communistes contre les lois relatives au budget.

 

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

Marie-George Buffet, ex-numéro un du PCF, a accusé jeudi le gouvernement Ayrault de multiplier les textes allant "à l'inverse des aspirations populaires", au lendemain du rejet par le Sénat du projet de programmation budgétaire.

"Nous ne sommes pas dans l'opposition, nous sommes à gauche et nous voulons que la gauche réussisse", a argumenté la députée de Seine-Saint-Denis sur LCI, interrogée sur ce vote acquis avec des voix UMP, centristes et communistes.

"Cette loi de programmation nous inscrit dans une politique d'austérité qui va nous mener à la récession, c'est-à-dire à un chômage de masse", a-t-elle affirmé.

L'addition de voix de droite et PCF ? "C'est l'UMP qui n'est pas dans son bon vote, puisqu'elle s'est prononcée pour le traité Merkel-Sarkozy qui, justement, instaure cette politique d'austérité", a-t-elle répondu.

Les sénateurs communistes, reçus dans la soirée par Jean-Marc Ayrault "vont lui demander de prendre des choix politiques qui nous permettent de sortir de la crise", selon l'ex-ministre.

Elle a critiqué la réduction supplémentaire de 10 milliards d'euros prévue par le gouvernement sur les dépenses publiques, car "1% de dépenses publiques, c'est du travail pour les entreprises privées, de l'investissement".

"Il faut revoir le budget de la France", a dit Mme Buffet qui a expliqué: "Ce n'est pas une question d'être dans l'opposition, la question, c'est d'être fidèles aux positions que nous avons défendues pendant la campagne électorale", et qui "visent à ce que la gauche fasse une politique qui répondent aux attentes populaires".

"Or aujourd'hui, le gouvernement multiplie les textes qui vont à l'inverse de ces aspirations populaires", a accusé l'ex-ministre du gouvernement Jospin.

"Nous avons besoin de relance économique, de salaires", a-t-elle plaidé.

Interrogée sur la "révolution copernicienne" pour la gauche mise en avant par le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, à propos du pacte gouvernemental de compétitivité, elle a commenté : "c'est un tour à 180 degrés que fait le gouvernement Ayrault, "un tournant négatif, pour moi, de la part de la majorité socialiste, ils reprennent complètement les dogmes du Medef".

Selon la députée communiste "il faut s'attaquer aux charges financières qui asphyxient les entreprises" car "les dividendes mangent tout ce qui permettrait plus de recherche, plus d'innovation".

Quant à la hausse de la TVA, "c'est moins de pouvoir d'achat", selon Mme Buffet.

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 09:02

Lionel Jospin remet aujourd'hui ses propositions de rénovation de la vie publique à François Hollande mais une partie du rapport de la commission qu'il préside a déjà été dévoilé par la presse.

Une déception déjà quant à la méthode: comme dans la refonte de la réforme des collectivités territoriales pilotée par Marylise Lebranchu, il n'est prévu aucun débat public, aucune implication des citoyens dans la réflexion sur le devenir de nos institutions et de notre République. Tout se passe entre experts, entre quelques élus, voire entre quelques élus du parti dominant.

Le choix de Lionel Jospin pour animer cette commission de rénovation de la vie publique n'était guère prometteur même si en son temps il passait pour le pape d'une République intègre et qu'il a fait indéniablement un vrai travail pour promouvoir la parité et le non cumul des mandats.

En effet, c'est l'ancien premier ministre socialiste qui, avec le passage au quinquennat et l'inversion du calendrier entre présidentielles et législatives, a aggravé le présidentialisme et la marginalisation du Parlement, réduit le plus souvent, du fait de sa composition majoritairement acquise au parti présidentiel et légitimée par sa victoire, à n'avoir pas d'autonomie comme force de proposition et à n'être qu'une caisse d'enregistrement des volontés gouvernementales.

De fait, les propositions de la "commission de rénovation et de déontologie de la vie publique" que préside Jospin ne cherchent en rien semble t-il à réduire la toute-puissance présidentielle, la marginalisation du Parlement et le bipartisme.

Conforme aux voeux conservateurs de François Hollande qui cherche à renforcer l'hégémonie du PS à gauche, la proposition de l'instauration d'une dose de proportionnelle de 10% (concernant 58 députés sur 577) aux législatives est très insuffisante: ce n'est qu'un amuse-gueule pour calmer les frustrations des partis autres que l'UMP et le PS et de leurs électeurs mais cela sera insuffisant pour restaurer une vraie vie parlementaire et une réprésentativité du Parlement par rapport à la diversité des sensibilités politiques en France.

Avec les résultats des législatives de juin dernier, le FN aurait peut-être 10 députés en plus, le Front de Gauche 5 députés, les centristes 4 députés, et EELV 2 ou 3 députés en plus, tandis que le PS raflerait 30% de ces 58 députés et l'UMP 25%. Qu'est-ce cela changerait fondamentalement au rapport de force au Parlement et à la domination absolue du parti ayant remporté les présidentielles? Rien.

Or, le problème est que les présidentielles se remportent avant tout sur la base d'un clivage droite-gauche aux contours assez flous et au contenu suffisamment ambigü pour ne pas engager trop précisément les vainqueurs, mais aussi sur la base de l'adhésion à une personnalité ou sur le refus d'un candidat ou d'un président sortant, sur des logiques de moindre mal et non sur l'adhésion majoritaire à un projet politique bien défini, et cela est d'autant plus vrai que les logiques publicitaires et l'influence médiatique tendent à dénaturer le sens politique de l'élection.

Dès lors, le pouvoir que confèrent les institutions au groupe politique qui a remporté les présidentielles et surtout à son leader et ses conseillers qui tendent à caporaliser ses parlementaires, est disproportionné. L'élection présidentielle devient un mode de légitimation complètement tronqué et peu démocratique d'une politique construite sans le peuple et de plus en plus souvent contre lui.

L'extension de la proportionnelle dans les propositions de la Commission ne concerne que les législatives semble t-il. C'est très insuffisant.

Quid des conseils communautaires (ce sera peut-être la reforme Lebranchu qui se chargera de définir les modes d'élection mais pour l'instant rien ne filtre ou presque...), du conseil général?

La commission ne paraît pas non plus faire de propositions pour aller dans le sens de permettre davantage d'implication populaire dans la politique et la vie publique, avec une place réelle donnée à la démocratie participative dans les processus de réflexion et de prises de décision, une facilitation du recours au référendum, un statut de l'élu permettant à davantage de personnes jeunes, salariées dans le secteur privé ou issues des classes populaires de s'investir en politique en pouvant bénéficier ensuite de formations pour avoir une reconversion professionnelle réussie. Il ne semble pas que l'on pense un vrai statut de l'élu dans les collectivités (communes, départements, régions...) avec des possibilités réelles de formation, de congés rendant la fonction conciliable avec le travail, des facilités pour la reconversion professionnelle.  

Aucune réforme du Sénat n'est envisagée.

La limitation du cumul des mandats n'est envisagée qu'en nombre et non dans le temps et en fonction de l'âge. C'est déjà une chose positive de vouloir avancer vers une stricte limitation du cumul des mandats interdisant d'être à la fois parlementaire et maire d'une commune ou président d'un conseil général ou régional et réduisant à un mandat exécutif local le cumul avec une fonction de ministre, de sénateur, de député.

Mais c'est encore insuffisant puisqu'on pourra toujours semble t-il, si l'on suit les travaux de cette commission, cumuler quatre mandats de député ou de maire consécutifs, avec les conséquences que cela peut avoir en termes de mainmise, de connivence ou de clientélisme  à l'intérieur de la vie politique, économique et associative locale, ainsi qu'en termes de vieillissement et de non-renouvellement du personnel politique et de ses idées, souvent en décalage avec l'évolution de la société civile et trop lié aux autres groupes dominants de la société (médias, milieux d'affaire...). Une généralisation des scrutins de liste à la proportionnelle avec des contraintes de parité serait sans doute une manière de parvenir à des assemblées d'élus représentant davantage la diversité de la population au niveau du genre, comme au niveau générationnel et social.

Si la commission semble vouloir rééquilibrer la présence dans les médias des représentants des partis politiques candidats aux présidentielles, rien ne semble proposé pour garantir une indépendance politique réelle des médias par rapport aux puissances d'argent.

La fin de l'immunité totale accordée au Président de la République pendant la durée de ses fonctions et la fin du statut d'exception accordé aux ministres, ne relevant actuellement que de la cour de justice de la République et non du droit commun, seraient des avancées réelles. Néanmoins, on peut regretter la restriction importante ajoutée pour que le président ne devienne pas un justiciable comme les autres: ainsi, la commission proposera seulement que le président de la République soit jugé pendant la durée de son mandat pour des actes "détachables" de sa fonction. Et si le Président de la République ordonne ou cautionne des crimes au nom de la raison d'Etat, la justice doit-elle rester impuissante à le poursuivre?  

Autre progrès de mon point de vue: les conditions d'accès à la candidature aux présidentielles se démocratisent, avec la possibilité d'être candidat à condition de récevoir un parrainage citoyen d'au moins 150000 signatures. Les campagnes des petits partis devraient également être mieux remboursées.

 

Globalement, cette commission dont les propositions devraient être examinées à l'Assemblée Nationale dès le début 2013 apporte de petites améliorations au système politique en place mais ne le transforme pas pour le rendre plus démocratique et rémédier vraiment à l'écart grandissant entre les Français et leurs élus et la marginalisation en cours de la souveraineté du peuple.     

 

Ismaël Dupont.

  

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 10:02

Jean-Marc Ayrault a annoncé que le gouvernement reprendrait la « quasi-totalité » des préconisations du rapport Gallois. Tout en ne suivant pas la voix d'une baisse des cotisations sociales, il confirme le choix d'un « choc de compétitivité », dès 2013, qui boostera les profits des entreprises de 20 milliards d'euros. Cela prendrait la forme d'un crédit d'impôt indexé sur la masse salariale jusqu'à 2,5 fois le SMIC, équivalent à une baisse de 6 % du « coût du travail ».

La perte de recettes pour l’État serait compensée, dès 2014, par une nouvelle baisse des dépenses publiques (10 milliards d'euros) et une hausse des impôts indirects (10 milliards d'euros) qui concernera la TVA, frappant aveuglément la consommation populaire.

Simultanément, le gouvernement entend mettre en place  une « nouvelle fiscalité écologique »  avec un prélèvement supplémentaire possible (3 milliards d'euros)  sur la consommation.

Les profits accrus ainsi dégagés iront principalement vers le placements financiers et les délocalisations puisque la demande intérieure s'en trouverait encore plus handicapée. En effet, le manque à gagner pour l’État serait payé cash en rationnement des services publics et en prélèvements accrus sur le pouvoir d'achat et la consommation, laquelle représente 56 % de la demande finale en France.

C'est un véritable coup de massue contre le pouvoir d'achat. Un choc oui, mais un choc avant tout pour celles et ceux qui, 6 mois après la défaite de Nicolas Sarkozy jour pour jour, attendaient autre chose que cette nouvelle cure d'austérité. Au contraire, le PCF préconise la baisse des charges financières d'intérêts et des dividendes qui étouffent le système productif français. Simultanément, il faut soutenir l'emploi, les qualifications et la demande avec la mise en place d'un nouveau crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises dont le taux d’intérêt serait d'autant plus abaissé que ces investissements programmeraient plus d’emplois et de formation.

Une relance des services publics, soutenant la demande et l'efficacité de l'offre, avec l'exigence que la BCE en finance directement l'expansion en Europe est plus que nécessaire.

  

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 08:20

Souvenez-vous... C'était il y a un an. Sarkozy envisageait pour sa seconde présidence une hausse de la TVA pour baisser le "coût du travail" en réduisant de manière significative les charges sociales afin de "restaurer" les marges de profits des entreprises et de leur permettre d'embaucher. Au PS, hormis Manuel Valls favorable à ce "choc de compétitivité" faisant payer au peuple ces nouveaux cadeaux faits aux entreprises, on criait au loup, on dénonçait cette droite scandaleusement au service des riches.

 

Aujourd'hui, les mesures d'orientation économique qu'annonce le gouvernement s'accordent quasiment totalement avec les exigences du MEDEF et le projet de l'UMP pour la présidentielle 2012.

Ayrault utilise la même rhétorique que tous les gouvernements réactionnaires et libéraux partout en Europe pour justifier la réduction de l'Etat et le transfert de la charge de la solidarité des entreprises vers les classes moyennes et les pauvres. On connaît le refrain:  nous sommes prétendument au bord du gouffre, nous n'avons d'autre choix que les réformes structurelles, notre modèle social financé à coût de déficit et de chômage de masse (lié au coût pour la dynamique du secteur privé des charges sociales et des dépenses de services publics) est dépassé, il faut baisser les dépenses de l'Etat, réduire les coûts sociaux, libérer les entraves qui pèsent sur l'entreprise privée et les profits pour être plus forts dans la concurrence internationale féroce liée à la mondialisation.   

 

Là dedans, ce qu'on oublie: c'est qu'il possible - à condition d'abord de le vouloir - d'harmoniser les systèmes fiscaux et sociaux au niveau européen, de réduire la libre circulation des capitaux et la mise en concurrence des travailleurs, d'imposer du protectionnisme et des coopérations pour conserver des droits sociaux protecteurs et de l'emploi industriel, de réduire les ponctions actionnariales sur la valeur ajoutée des entreprises pour relancer l'embauche, la hausse des salaires, l'investissement dans la modernisation des produits et des modes de production. Ce qu'on oublie aussi: c'est que la réduction des charges sociales des entreprises, justifiée malhonnêtement par l'exigence de réduction du chômage, est utilisée depuis 30 ans sans effet sur celle-ci. C'est que sans augmentation ou maintien de la dépense publique et sociale en période de crise, la demande intérieure baisse et l'économie entre fatalement en récession, entraînant aussi une baisse des recettes fiscales et une augmentation de la dette.

 

Le mardi 6 novembre, Ayrault a donc justifié devant les députés du PS son "pacte de compétitivité". En termes de pacte, on aurait pu faire mieux, car le gouvernement a décidé unilatéralement de ces mesures pro-patronales, en transcrivant les propositions d'un technocrate mis à la tête d'entreprises par la gauche, Louis Gallois, sans engager dessus la moindre discussion avec les syndicats qui représentent les salarié.

Il a soutenu "un plan cohérent" que la droite "n'a jamais eu le courage de faire" Ayrault se vante ainsi de faire avec courage le sale boulot de la droite.

 

L'analyse de Hollande, de Ayrault et du gouvernement est la suivante: si le déficit commercial de la France se creuse, c'est parce que nos entreprises souffrent d'un handicap de compétitivité dans la concurrence internationale et que notre pays a pris du retard sur l'Allemagne dans la réduction du coût du travail par la stagnation des salaires et la baisse des dépenses sociales

"Notre économie a vu ses coûts de production s'écarter de notre principal concurrent... Il est nécessaire de redonner aux entreprises les moyens d'un repositionnement offensif durable dans la concurrence internationale pour celles qui y sont exposées, et pour l'ensemble des entreprises, de concourrir à la modération de leurs coûts" (extrait du document de présentation du Pacte de compétitivité cité par Libération le mercredi 7/11). Pour Jean-Marc Ayrault, ce pacte de compétivité a pris "la mesure de la gravité de la situation" : "la France vient de connaître dix ans de décrochage industriel". "Prolonger cette tendance, ce serait la certitude du déclin". Il faut construire "un nouveau modèle français" qui "consiste à retrouver le chemin de la création d'emplois et à ne plus nous financer par le déficit permanent". L'objectif de ce pacte est "de garantir par la performance économique, et non par les déficits la qualité de notre système de solidarité nationale". "La France n'est pas condamnée à la spirale du déclin mais un sursaut national est indispensable pour reprendre en main notre destin". Reste que ce "sursaut national" exige "la mobilisation de chacun". "Mon gouvernement n'a pas vocation à appliquer quelques rustines de plus à un système à bout de souffle, mais bien  à donner à la France les atouts nécessaires pour qu'elle réussisse dans la compétition nationale". "Nous reformerons pour repenser les modes d'intervention publique et dégager des économies durables et structurelles".

Les marchés financiers, le FMI, la Commission Européenne ne peuvent que se féliciter de cette volonté de baisse globale de la dépense publique alors que les besoins sociaux sont amplifiés par les effets de la crise: à la hauteur de 60 milliards d'ici       

 

Tout est dit: le gouvernement, qui reprend à son compte les thèses déclinistes en général portées par les milieux intellectuels de droite, affirme que la France souffre d'être ce qu'elle est, que sa tradition d'Etat fort, de dépenses sociales et de solidarité financées par l'entreprise la handicape de manière rédhibitoire, qu'il faut changer de système, libérer le monde de l'entreprise du poids de la solidarité, aller vers moins de dépenses publiques, accomplir en d'autres termes les mêmes réformes que Schröder en Allemagne, voire Tony Blair en Grande-Bretagne.

C'est à un parti qui se dit social-démocrate qu'il reviendra d'acculturer notre système social pour prendre en compte les contraintes de la mondialisation libérale et s'aligner sur les standards néo-libéraux qui se mettent en place progressivement depuis 30 ans en Europe.   

 

Libération titre à propos de l'annonce de ce pacte de compétivité voulu par Hollande: "Compétitivité. LE SOCIAL-REALISTE. Le plan présenté hier à la suite de la remise du rapport Gallois marque un tournant radical par rapport aux engagements de campagne de François Hollande".

 

Le quotidien dont les prises de position social-libérales sont anciennes et connues considère que ce plan pour la restauration de la compétitivité est inspiré par une volonté de "réalisme" ("la gauche est rattrapée par la réalité" dit Nicolas Demorand dans son éditorial (je dirai plutôt que la direction du PS nous rappelle la réalité de ses orientations politiques, qui est loin d'être de gauche, en matière économique et sociale du moins) mais ne minimise pas le virage à droite qu'il représente.

Le journaliste Grégoire Biseau commente quant à lui, en soulignant ce virage à droite mais en le jugeant à tort contraint par les circonstances: "ce "Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi"... est un véritable tournant. Qui prend la gauche à contre-pied et beaucoup d'engagements de campagne de François Hollande à rebrousse-poil. En annonçant hier un effort sans précédent de 20 milliards d'euros pour relancer la compétitivité des entreprises, le premier ministre a en tout cas posé "le socle du quinquennat", pour reprendre les mots de Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée Nationale. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce "socle" est contre-nature: après la désinflation compétitive du milieu des années 80, la gauche française se voit obligée d'assumer une nouvelle fois une politique de l'offre, généralement chérie par la droite. On comprend que le gouvernement joue-là une très délicate partition politique. Pour François Hollande, il s'agit, à n'en pas douter, d'une volte-face. De diagnostic d'abord, et de politique économique ensuite. Pendant sa campagne, il a toujours refusé d'appréhender la question du déficit de compétitivité sous l'angle du coût du travail. Six mois plus tard, le couple Hollande-Ayrault choisit d'administrer un choc inédit de 20 milliards d'euros, sous la forme d'un crédit d'impôts indexé sur la masse salariale de toutes les entreprises pour leur permettre de retrouver des marges... La droite avait claironné un peu vite que le rapport de Louis Gallois serait enterré sitôt publié. Le gouvernement a fait tout le contraire: à l'exception de la recherche sur les gaz de schiste, il a choisi de reprendre une très grande partie des 22 mesures du rapport de l'ex-patron d'EADS... Alors qu'il recommandait dans son rapport une baisse des cotisations sociales, Gallois reconnaît que le crédit d'impôt du gouvernement est à la fois "simple", et même "plus puissant" que ses recommandations..."

 

Quelles sont précisément les mesures annoncées par le gouvernement pour créer ce choc de compétitivité censé ramener 0,5% de croissance supplémentaire à l'horizon 2017 et créer 300 000 à 400 000 emploi?

 

- Augmenter les profits des entreprises en diminuant leur contribution à la solidarité nationale en espérant qu'elles créent plus d'emplois.

Ce sont les fameux 20 milliards de crédits d'impôt d'ici 2017 pour les entreprises (6% de la masse salariale pour les salaires n'excédant pas 2,5 fois le SMIC). Soit une baisse du coût du travail de 6% qui sera financée par une hausse de la TVA et une baisse de plus grande ampleur des dépenses publiques (pour les services publics, les solidarités, l'investissement dans les infrastructures utiles à tous). Ces 20 milliards d'euros correspondent à l'ensemble des exonérations actuelles sur les bas salaires (compris entre 1 et 1,6 SMIC), dispositif construit depuis une vingtaine d'années qui n'a pas réduit significativement le chômage mais qui a créé des effets d'aubaine pour augmenter les profits des entreprises et de leurs actionnaires et incité davantage encore à rémunérer sur des bas salaires.

Un temps évoquée, l'exigence de contreparties sociales en échange du crédit d'impôt a été abandonnée dans le projet final. Seul "encadrement" sans pouvoir contraignant aucun: les institutions représentatives du personnel (comité d'entreprise, délégués du personnel) donneront un avis sur l'utilisation de cette manne par l'entreprise. Dans les grandes boîtes, l'Etat ne mettra pas plus de conditions au versement de ce crédit d'impôt (par exemple, touchant la réduction de la ponction par les actionnaires au profit de l'emploi, des qualifications, des salaires, de l'investissement productif). Seulement, le regard des CE sera doublé par la présence de représentants des salariés au conseil d'administration (ou de surveillance) pour juger de la stratégie des entreprises.

Certains syndicats et partis politiques peuvent être soulagés que le gouvernement n'ait pas suivi la "piste Gallois" d'une destruction du modèle de financement de la Sécurité Sociale solidaire construit à la Libération par une réduction drastique des cotisations sociales et des entreprises et un transfert des exigences de financement de la protection sociale sur la CSG ou la TVA, mais, rendons-nous à l'évidence, si la Sécu est épargnée pour l'instant, ces mesures sont animées par le même esprit: décharger les profits financiers et des entreprises de la charge de la redistribution sociale et demander aux salariés, retraités de payer plus d'impôts pour accéder à des services publics de moins bonne qualité. En espérant que les conséquences immédiates pour le pouvoir d'achat seront compensées par une hausse de l'activité économique, une baisse du chômage créées par cette politique de l'offre... Or, c'est hautement improbable.

 

L'économiste Henry Sterdyniak, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans un entretien à Libération, affirme que cette stratégie de relance de la croissance par les cadeaux aux entreprises et la baisse des dépenses sociales est inévitablement promise à l'échec, et cela a d'autant plus de force convaincante chez un économiste qui n'est pas a priori classé parmi les critiques du système capitaliste en tant que tel:

 

"Faut-il rappeler que nous sommes dans une zone euro en recession? Depuis 2011, tous les pays qui ont adopté la monnaie unique en mis en place des politiques restrictives. On en connaît les conséquences: une demande atone, des entreprises qui ont des capacités de production inemployées et qui n'ont absolument pas besoin de faire le moindre investissement, et des profits en baisse. Ce sont essentiellement ces enchaînements-là qui expliquent la chute du taux de marge des entreprises en France et ce depuis le début de la crise, en 2007... En choisissant de favoriser l'offre, c'est à dire les entreprises, le gouvernement part du principe que le coût du travail dans l'industrie est trop élevé et que les entreprises paient trop d'impôts. Or, ce n'est pas ça qui explique la situation économique et sociale dans laquelle nous sommes plongés. Nous sommes en train de reproduire les choix faits par l'Allemagne et qui se sont révélés catastrophique pour une partie de l'Europe. En 1999, l'Allemagne s'est lancée dans une politique absurde de stagnation des salaires et de baisse des dépenses sociales. Les pays du Nord, qui ont mimé cette politique, ont certes gagné en compétitivité, mais en provoquant en fort déséquilibre de la zone euro. Des années durant, la hausse des salaires en France a suivi la hausse de la productivité. Rien de plus normal. Le problème de la zone euro, ce n'est pas la France, mais l'Allemagne. La France est en train de caler sa politique économique en voulant faire, comme en Allemagne, des gains de productivité coûte que coûte. L'ennui, c'est qu'elle adopte cette stratégie au moment même où les pays du Sud sont contraints d'être plus compétitifs. En clair, tout le monde fait la même chose au même moment. Le risque, c'est que cette baisse synchrone des coûts salariaux entre pays de la zone euro ne profite à aucun pays... Et qu'en revanche la zone euro s'enfonce encore plus dans la récession... Chacun peut comprendre qu'il faut plus de solidarité entre les pays de la zone euro, qu'il faut plus que jamais tout faire pour coordonner nos politiques économiques. Or, nous sommes dans une stratégie diamétralement opposée puisque chaque pays se lance isolément dans des politiques de compétitivité, le tout sur fond d'austérité".       

 

Cette analyse est frappée au coin du bon sens: la plupart des économistes qui plaident aujourd'hui pour l'austérité, la réduction de l'Etat et des solidarités, le choc de compétitivité par la baisse des salaires et de la contribution sociale des entreprises, travaillent aujourd'hui, travaillaient hier ou travailleront demain pour la finance et ne sont aucunement désintéressés. Un exemple caricatural: les économistes qu'interrogeait Ouest-France  hier pour commenter le pacte de compétitivité du gouvernement, et le juger bon ou pas assez ultra-libéral encore, qui travaillent pour les sociétés financières Natixis ou Coe-Rexecode.  

 

- Une hausse de deux des trois taux de  la TVA à partir de janvier 2012 pour financer ces cadeaux faits aux entreprises.

Le taux de TVA normale sera porté de 19,6% à 20%, celui de la TVA intermédiaire concernant la restauration et les travaux de rénovation passera de 7% à 10% ("gain" attendu pour l'Etat de 3,3 à 3,8 milliards). Augmenter la TVA, c'est augmenter l'impôt le plus inégalitaire et le plus injuste, puisqu'il pèse proportionnellement plus quand on a des faibles revenus. C'est prendre le risque d'entraver la consommation à un moment où le pouvoir d'achat des français a tendance à baisser globalement. C'est un non-sens et la baisse de la TVA (pour un coût attendu de 800000 millions) sur les produits de première nécessité de 5,5% à 5% peinera à cacher l'injustice globale de cette hausse de la TVA qui pourrait s'accompagner en 2013 d'une hausse de la CSG (le gouvernement ne l'exclut pas... donc on peut se douter qu'il le fera). La "TVA sociale" de Sarkozy et Valls est remplacée par la "TVA solidaire" de Ayrault avec la même signification: faire payer tout le monde, et à commencer les classes populaires et la classe moyenne, à la place des entreprises.

 

- Une amplification de la réduction des dépenses publiques au préjudice de la qualité des services publics rendus aux citoyens, de la relance par l'investissement public et de la réduction des inégalités. 

Le secteur public devra économiser 10 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2017 (60 milliards en  tout: un plan de rigueur et de réduction de la taille de l'Etat et du secteur public que la droite n'avait jamais osé) et 2,5 milliards sur les dépenses d'assurance maladie: soit, de nouveaux déremboursements en perspective. Les collectivités territoriales seront bien évidemment touchés en même temps que les services publics essentiels tels que la santé, l'emploi, l'éducation, par cette nouvelle cure d'amaigrissement de l'Etat social. La réforme du financement de la protection sociale (dans un sens libéral probablement) sera préparée "psychologiquement" par un rapport du Haut conseil de financement de la protection sociale et fera l'objet d'un projet de loi des finances rectificatif en 2013.

 

Autres mesures discutables de ce "pacte de compétitivité" qui pour l'essentiel prolonge et renforce les orientations choisies par l'équipe Sarkozy les 5 dernières années:

- l'immigration choisie avec un "Passeport Talent" pour "favoriser l'accueil des compétences exceptionnelles venues de l'étranger" (rappelons qu'en dehors des dispositifs de bourse validés par des accords inter-gouvernemaux, des étudiants étrangers voulant venir étudier en France doivent avoir un compte en banque bien garni- environ 7000€ d'avance sur une année- ne peuvent pas toujours accéder à un logement aidé, doivent payer 150€ dans leur pays d'origine, en plus souvent de pots-de-vin pour passer devant une commission sous l'égide du ministère des affaires étrangères qui leur permettra ou non, sur des critères très sélectifs, de venir étudier en France).           

- la généralisation du recours à l'apprentissage au détriment des formations professionnelles plus qualifiantes et généralistes qui permettent une poursuite d'étude et la revendication de salaires corrects indexés sur des qualifications reconnues.

 

Les réactions des dirigeants du Front de Gauche hier étaient très sévères. Je les retranscris telle que je les ai trouvées (mea culpa, je n'ai pas acheté l'Huma hier: on ne le trouve plus toujours en maison de la presse malheureusement) sur le site internet du Figaro:  "«Pourquoi parle-t-on toujours du prix du travail et jamais du prix du capital?», s'est interrogé Jean-Luc Mélenchon. «Comment se fait-il que, dans notre pays, on paye deux fois plus d'argent aux actionnaires qu'on en donne en cotisations sociales aux travailleurs?», a-t-il insisté, jugeant «lamentables» les annonces du premier ministre. Sans surprise également, les réactions sont identiques au PCF où le secrétaire national Pierre Laurent aurait préféré que le gouvernement privilégie «la baisse des charges financières d'intérêt et des dividendes qui étouffent le système productif français». Tous dénoncent «le cadeau» fait aux entreprises, à savoir les 20 milliards d'euros de crédit d'impôt qui leur sera accordé à partir de 2014. Le député communiste André Chassaigne se dit «plutôt négatif» sur le plan gouvernemental. À ses yeux, le crédit d'impôt devrait être soumis à des critères en termes de «créations d'emplois, de recherche, de formation, de maintien sur le territoire».  «Nous avons battu M. Sarkozy... Imaginez la tête que l'on fait maintenant quand on découvre que l'on s'est débarrassé de l'homme, mais que l'on a gardé la politique" (Mélenchon).

 

Oui, décidemment les sénateurs du PCF et du Front de Gauche ont bien fait de voter contre la loi de programmation des finances 2012-2017 au Sénat le 31 octobre, permettant ainsi son rejet: on ne peut se permettre aucune complaisance face à la politique de fragilisation du service public et des solidarités conduite par le gouvernement qui trahit l'attente de changement des électeurs et perpétue une politique néo-libérale qui conduit toute l'Europe dans le mur.

 

Ismaël Dupont.

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 08:16

 

14 novembre : contre l’austérité, pour la solidarité !

 

Le 14 novembre, pour la première fois en Europe, une grève générale internationale est organisée par le mouvement syndical au Portugal, en Espagne, en Grèce, à Chypre et à Malte, et soutenue par les mouvements sociaux et des partis politiques. Dans le même temps, la Confédération européenne des syndicats a lancé un appel à une journée d’action et de solidarité coordonnée en Europe.

 

Cette mobilisation exceptionnelle émerge au moment où, partout en Europe, les politiques d’austérité organisent la baisse des salaires et des pensions, la destruction des droits sociaux, de la négociation collective et des services publics, et provoquent récession, chômage, précarité et misère. Elle témoigne d’une convergence des mobilisations qui se sont construites dans de nombreux pays contre ces politiques imposées sans débat démocratique, et qui mènent l’Europe dans le gouffre.

 

En France, le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique mène depuis des mois une mobilisation unitaire pour dénoncer l’instrumentalisation de la dette publique et l’imposition de politiques d’austérité économiquement stupides, écologiquement irresponsables et socialement injustes – touchant de plein fouet les populations les plus précaires, femmes, jeunes, ouvriers, mal-logés, immigré-es. En septembre, il a organisé des mobilisations contre le Traité budgétaire pour provoquer le débat public que le gouvernement tentait d'esquiver.

 

Aujourd’hui, le gouvernement poursuit sur une voie sans issue, avec un budget d’austérité qui essaye désespérément de tenir l’objectif irréaliste d’un déficit public limité à 3 % du PIB en 2013. En cédant aux sirènes du patronat qui réclame un « choc de compétitivité », il poursuivrait, comme en Grèce en Espagne et au Portugal, sur la voie mortifère du dumping salarial et de la remise en cause des protections collectives.

 

En France comme en Europe, l’austérité doit cesser ! Ce n’est pas de purges budgétaires ou de concurrence exacerbée dont l’Europe a besoin, c’est de solidarité, d’une meilleure répartition des richesses, et de démocratie !


C’est pourquoi le Collectif appelle à participer aux manifestations organisées à l’initiative de l’Intersyndicale le 14 novembre. Au-delà du refus des mesures inacceptables imposées aux peuples d’Europe du Sud, c’est un appel à se battre pour une autre Europe, solidaire, écologique et démocratique !

 

Le 14 novembre et après, le Collectif contribuera à l’émergence de mobilisations à l’échelle européenne. Il participe et soutient le processus de l’Altersummit, qui sera lancé lors de la rencontre européenne à Florence du 8 au 11 novembre.

 

Le 14 novembre montre la voie : les mobilisations contre l’austérité doivent converger pour une Europe sociale et solidaire !

 

Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique

 

Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (http://www.audit-citoyen.org/) est composé d’une soixantaine d’organisations associatives et syndicales, avec le soutien d’organisations politiques.

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