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6 février 2018 2 06 /02 /février /2018 17:30
IMPASSES DU CAPITALISME : UNE GRANDE BANQUE DONNE RAISON A MARX (L’HUMANITE – MARDI 6 FEVRIER 2018 – SEBASTIEN CREPEL)
UNE NOTE DE NATIXIS EXPLIQUE LA SPÉCULATION, LES INÉGALITÉS DE REVENUS, LES CRISES FINANCIÈRES À VENIR...
Si les capitalistes utilisent la spéculation et réduisent les salaires, c'est, explique l'économiste de la banque Natixis Patrick Artus, pour contrer la baisse tendancielle du taux de profit décrite par Marx. Au risque de déstabiliser l'économie tout entière et de la faire basculer dans la crise.

 

Personne ne s’attendait à ce que l’offensive vienne de ce côté-là de la barricade. Encore moins du coeur même du capital fi nancier. « La dynamique du capitalisme est aujourd’hui bien celle qu’avait prévue Marx », donne pour titre à sa dernière note pour la banque Natixis l’économiste Patrick Artus. Graphiques à l’appui, celui-ci entend démontrer la réalité décrite par Marx de l’une des contradictions fondamentales du capitalisme et aussi l’un de ses moteurs, connue sous le nom de « baisse tendancielle du taux de profi t ». Une des « lois » du capitalisme dont l’existence est la plus contestée par les adversaires du marxisme, sans doute parce qu’elle explique pourquoi le capitalisme porte en lui sa propre crise. Si « les “capitalistes” utilisent les activités spéculatives » et réduisent les salaires jusqu’à la limite du possible, c’est, explique Patrick Artus, pour contrer « la baisse de la productivité du capital » qui menace leurs profits. Au risque de déstabiliser l’économie tout entière et de la faire basculer dans la crise.

 

 

«Marx avait raison» : l'avertissement d'un économiste libéral

 

 

La bonne santé des profits cacherait la faible efficacité du capital.

Ce n'est pas la première fois que l'économiste de la banque Natixis revendique la reprise des analyses de Marx, en estimant que les événements leur donnent raison. En 2010, Patrick Artus proposait une « lecture marxiste (mais conforme aux faits) » (sic) de la crise économique et financière : « Suraccumulation du capital (...) d'où baisse tendancielle du taux de profit ; réaction des entreprises (...) par la compression des salaires, (...) d'où sous-consommation», laquelle alimente à son tour la suraccumulation du capital. La boucle infernale était bouclée. Deux ans plus tard, l'analyste enfonçait le clou dans une autre note en évoquant une « crise de type marxiste ». Marx explique en effet dans le Livre III du Capital, publié après sa mort par son ami Friedrich Engels en 1894 grâce aux brouillons qu'il lui a laissés, qu'il « est de l'essence de la production capitaliste d'entraîner par son développement progressif une transformation du taux de la plus-value en des taux de profit de plus en plus petits ». Comme « l'importance du travail vivant (c'est-à-dire le travail humain, ou "capital variable", qui est la seule source de plus-value ­ NDLR) diminue continuellement par rapport au travail matérialisé (le "capital constant", c'està-dire les outils, machines etc. ­ NDLR) », il en ressort que le taux de profit, qui mesure « le rapport entre la plus-value et le capital total », doit « diminuer progressivement ». Mais « cette baisse est tendancielle et non absolue », prévient Marx, les capitalistes faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour la contrecarrer.

 

 

C’est ce phénomène que décrit Patrick Artus dans sa dernière note datée de vendredi, en évoquant la « logique implacable » de cet te « dynamique du capitalisme». Selon lui, l’augmentation du rendement du capital entre 2010 et 2017 s'expliquerait non par une meilleure productivité du capital, mais par une « compression des salaires » pour sauvegarder et même maintenir à la hausse des profits qui, « toutes choses égales par ailleurs », auraient dû baisser. La raison à cela : la brutale dégradation constatée, au dire de l'économiste, de la productivité du capital entre 2009-2010 et 2017. Bref, la bonne santé des profits cacherait la faible efficacité du capital, qui se rattraperait « en déformant le partage des revenus au détriment des salariés » grâce à la « baisse du pouvoir de négociation » de ces derniers soumis à la pression du chômage, et à « la flexibilité accrue du marché du travail ». Selon Patrick Artus, les salaires dans l'OCDE auraient ainsi progressé beaucoup moins vite que la productivité des travailleurs, ces quinze dernières années (les salaires auraient perdu 10 % à productivité constante). On entrevoit au passage clairement ­ même si l'économiste de Natixis n'en dit mot ­ le véritable objectif des ordonnances Macron, qui se donnent justement pour mission de « flexibiliser » le travail et de baisser le pouvoir de négociation des salariés en affaiblissant le rôle des branches, où les syndicats pèsent le plus lourd.

Or, note encore l'économiste, cette politique a sa « limite, qui est l'impossibilité de réduire les salaires en dessous d'un certain niveau ». Celui du « salaire de subsistance », matérialisé par les minima salariaux, nouvellement créés comme en Allemagne, ou en augmentation, même si cette dernière est toute relative, à bien regarder les chiffres fournis par Patrick Artus : ainsi, le Smic stagne, voire a régressé légèrement en France si on le rapporte au salaire médian, tout comme en Espagne ou aux États-Unis, tandis que l'écart s'est resserré au Royaume-Uni et au Japon.

 

Quoi qu'il en soit, «quand cette déformation (du partage des revenus entre capital et travail ­ NDLR) atteint sa limite», le capital abat son autre carte: «L'utilisation d'activités spéculatives pour accroître (sa) rentabilité», écrit Patrick Artus. À l'instar des «rachats d'actions par les entreprises qui font monter les cours boursiers», ou de «la spéculation immobilière», mais plus généralement des «achats de toutes sortes d'actifs spéculatifs » : matières précieuses, bitcoin, actions dans les sociétés des nouvelles technologies, LBO (ces achats à effet de levier, qui consistent à acquérir une entreprise à crédit qu'on rembourse en dépeçant ses actifs). «Cette dynamique aboutit nécessairement d'une part à la hausse des inégalités de revenu, d'autre part à des crises financières», conclut l'économiste.

 

FAIRE RÉFLÉCHIR PATRONAT ET DIRIGEANTS

Bien sûr, l'avertissement n'a pas transformé l'analyste financier de Natixis en révolution na ire, nuance l'économiste marxiste et communiste Denis Durand. « On peut partager ses prémisses, moins souvent ses recommandations», commente le responsable de la revue Économie et politique, qui décrit un expert coutumier de ces «provocations » qui ont en fait vocation à faire réfléchir patronat et dirigeants sur la «pédagogie» de leurs réformes et leur «acceptabilité » par les salariés. « S'il part de phénomènes existants, Patrick Artus n'explique pas réellement les causes du recul de la productivité du capital. S'il était vraiment marxiste, il verrait que cela est lié à un type de croissance financière, poursuit Denis Durand. Ce n'est donc pas seulement l'affaire de répartition des richesses, mais celle d'un type de production qui affaiblit la position des salariés. C'est cela qu'il faut changer, en imposant d'autres critères de gestion dans les entreprises que ceux de la finance.

 

____________________________________________________________

 

EN 2015, PATRICK ARTUS PROPOSAIT UN PROGRAMME DE « GRANDE COALITION EN FRANCE », POUR RASSEMBLER « LE CENTRE DROIT » ET LES « SOCIAUX-DÉMOCRATES ».

 

IMPASSES DU CAPITALISME : UNE GRANDE BANQUE DONNE RAISON A MARX (L’HUMANITE – MARDI 6 FEVRIER 2018 – SEBASTIEN CREPEL)
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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 16:11

SDF à Paris : "Propos indignes d'une élite déconnectée" (Ian Brossat - PCF)

 

Le député En Marche du 8e arrondissement de Paris, Sylvain Maillard, vient de déclarer sur RFI que « pour l’immense majorité des SDF qui dorment dans la rue, c’est leur choix ».

Ces propos indignes font suite à la déclaration de Christophe Castaner, numéro un d’En Marche, qui avait affirmé en décembre que des SDF « refusaient d’être logés ».

 

Avec ces propos, le député Sylvain Maillard et Christophe Castaner font honte à la représentation nationale. Ils incarnent une élite déconnectée qui s’intéresse plus à l’ISF qu’aux SDF. Après le droit à la déconnexion, il faudrait leur imposer le devoir de connexion au réel. Loin de constituer un simple dérapage verbal, leurs déclarations confirment une vision idéologique de la société selon laquelle les victimes du système économique sont responsables de leur situation.

 

Une semaine après la publication du rapport de la Fondation Abbé Pierre selon lequel 143 000 personnes sont sans-abri aujourd’hui, et alors même que le plan Grand Froid vient d’être déclenché ce lundi en Île-de-France, ces propos montrent une fois de plus la totale déconnexion des députés En Marche, qui méconnaissent la vie quotidienne des gens et ici des personnes sans-abri.

 

Monsieur Maillard, s’il prenait la peine d’écouter les hommes et les femmes sans-abri et les associations avec empathie plutôt qu’avec arrogance, découvrirait une toute autre réalité. Un divorce, un licenciement, un accident de la vie suffisent aujourd’hui à fragiliser la situation de logement d’une famille, qui peut se retrouver à la rue, et devoir dormir dans une voiture ou solliciter l’aide d’amis.

 

Face à l’explosion du nombre de sans-abris (plus 50% en dix ans), le Parti Communiste Français propose d’inscrire dans la loi l’obligation pour les communes en zone tendues de parvenir à 3 places d’hébergement pour 1000 habitants, contre 1 actuellement.

 

Ian Brossat, Responsable de la commission logement au PCF,

Ian Brossat

Ian Brossat

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 13:01
Après les Etats généraux du progrès social du 3 février,  poursuivons nos combats pour le progrès social

Après les Etats généraux du 3 février,

poursuivons nos combats pour le progrès social

 

Les Etats généraux du progrès social organisés le 3 février par le Parti communiste français ont constitué un rendez-vous national important dans la riposte à la politique d'Emmanuel Macron, un lieu de convergence de militant·e·s politiques, syndicaux et associatifs, de citoyen·ne·s engagés dans des luttes et des projets qui portent l'ambition d'un nouveau progrès social pour la France. Plus de 1000 personnes ont participé à ce rendez-vous.

 

Leur message doit être entendu par le Président de la République et le gouvernement :

  • La politique du pouvoir aggrave les inégalités et conduit à fracturer notre société en deux : une société d'insécurité sociale, toujours plus précaire, pour des millions de nos concitoyen·ne·s et une société d'aisance et de bien vivre pour une minorité aisée, pour les plus riches et les détenteurs de capitaux. Cette politique, non seulement met à mal les grandes conquêtes sociales et s'oppose aux valeurs de la République, mais empêche également un avenir de progrès pour tou·te·s.

  • A l'opposé de la vision présidentielle d'une start-up nation inégalitaire, un nouveau progrès social pour la France est possible. Nous voulons une politique d'égalité et de solidarité, à commencer par l'égalité femmes-hommes dans tous les domaines. Une politique qui vise l'émancipation au travail, la sécurisation de l'emploi et de la formation, une nouvelle industrialisation, le développement des services publics et de la protection sociale, le droit au logement pour toutes et tous et la promotion des communs. Une politique qui garantit les droits fondamentaux de chacun·e. Une politique qui prend soin de nos aînés et qui offre un avenir à la jeunesse.

 

Nous appelons nos concitoyen·ne·s, les forces de gauche, politiques, syndicales, associatives à agir ensemble et à amplifier ce message dans les mois qui viennent, en développant dans tout le pays des fronts de luttes et de progrès pour la France :

  • pour une sécurisation de l'emploi et de la formation qui donne un coût d'arrêt aux suppressions de milliers d'emplois dans le pays et oppose à la précarité, à la souffrance au travail, au contrôle accru des chômeurs, au manque de formation, le droit à un travail émancipé, à une rémunération à la hauteur de sa qualification, à une protection sociale pour tous les travailleurs·euses. Amplifions la mobilisation pour l’égalité professionnelle. Participons aux mobilisations en cours notamment celle des salariés de Carrefour du 5 au 10 février.

  • pour les droits des femmes, l’heure est à donner un prolongement au mouvement de libération de la parole des femmes pour mettre fin aux violences faîtes aux femmes dans les foyers, les lieux de travail et l’espace public, pour le partage des pouvoirs, pour l’éducation à l’égalité de la crèche à l’université, pour l’égalité professionnelle, la revalorisation des métiers dit féminisés et le droit à disposer de son corps.

  • pour un accueil digne des migrants à l'opposé du projet asile-immigration du gouvernement qui sera une des lois les plus répressives que le pays ait connu. Avec les associations, nous demandons l’accueil inconditionnel, l’ouverture de nouvelles places d’hébergement pour le garantir, le droit au travail pour tous les migrant·e·s, l’abrogation du délit de solidarité.

  • pour une nouvelle industrialisation de la France pour répondre aux besoins du pays, aux exigences sociales et écologiques. Mobilisons-nous pour stopper la vente de fleurons de notre industrie comme Alstom et pour développer une stratégie industrielle avec les travailleurs·euses et les habitant·e·s des territoires concernés. Il n’y aura pas de grandes réponses aux défis du siècle sans reconquête industrielle et relocalisation des productions.

  • pour un service public et une protection sociale du XXIe siècle : pour une politique de santé publique qui donne les moyens aux personnels de l'hôpital public et des ehpad de remplir leurs missions, pour le droit à la retraite et pour le 100 % sécurité sociale à l'opposé des attaques actuelles contre son financement. Participons aux mobilisations des prochaines semaines, aux côtés des retraités et des personnels des ehpad le 15 mars, soutenons le tour de France des parlementaires communistes qui vont à la rencontre des soignant·e·s et le 23 juin prochain soyons au rendez-vous à Paris pour la défense des hôpitaux de proximité ; pour une école et un enseignement supérieur de l'égalité, démocratisée, pour le partage des savoirs et le développement de la recherche à l'opposé du dispositif « Parcours sup » et de la réforme du lycée. Participons à la prochaine journée d'action intersyndicale du 6 février. Mobilisons-nous également le 8 février avec les cheminots pour un service public ferroviaire de qualité et avec les travailleurs·euses de tous les secteurs qui ont rejoint cette date de mobilisation.

  • pour le droit au logement pour tous et toutes, le logement comme un bien public cogéré avec les habitant·e·s au plus près des territoires, grâce à un service public national du logement, à l'opposé de la politique actuelle de baisse de l'APL et de casse du logement social. Participons à la journée de mobilisation du 24 mars à l’appel de la CNL.

  • pour la défense de nos communes et de nos départements et un plan d'urgence pour les territoires les plus fragiles de nos villes et de nos campagnes : participons à la journée de mobilisation du 7 février contre la disparition des départements ; soyons nombreux le 18 mars prochain pour défendre la commune, maillon essentiel de la vie démocratique ; poursuivons la mobilisation engagée avec les états généraux de la politique de la ville initiée par Grigny ; et encourageons la "marche vers l'Elysée" samedi 9 juin prochain, initiée par les élu·e·s communistes des Hauts de France pour porter les cahiers des colères et des espoirs de toute une région et dire "arrêtez l'austérité et les vieilles recettes libérales, nous voulons du neuf !", prendre le pouvoir sur la finance et mettre l'humain au coeur de tous les choix.

 

Toutes ces mobilisations portent en elles un avenir de progrès pour notre pays. De nouvelles victoires sont possibles en les amplifiant.

 

Toutes portent en commun une nouvelle utilisation de l'argent, le recul du coût du capital, des dividendes versés aux actionnaires et des intérêts payés aux banques, pour réorienter le crédit vers la réponse aux besoins sociaux et écologiques. Toutes portent en commun la nécessité de nouveaux droits pour les salarié·e·s : le refus de la toute-puissance patronale et la nécessité d'un travail émancipé, la reconnaissance de l'expertise des travailleurs·euses, de leur qualification, de leur droit à peser sur les choix des entreprises jusqu'aux choix stratégiques. Toutes portent en commun la nécessité d’un changement des institutions européennes et mondiales pour les réorienter au service de l’intérêt général et de la protection de la planète.

 

Chacune et chacun d'entre-nous peut agir pour faire grandir cette alternative. Ensemble, construisons un nouveau progrès social pour la France !

États généraux du progrès social. « Sans passion du rassemblement, rien de solide ne se construira »
Julia Hamlaoui
Lundi, 5 Février, 2018
L'Humanité
Samedi, à Montreuil, Bernard Thibault à la tribune des états généraux du progrès social. Julien Jaulin/hanslucas

Le rendez-vous initié par le PCF, samedi, en Île-de-France, a réuni plus de 1 000 participants du monde politique, syndical et associatif. Il a abouti à un appel pour « des fronts de lutte et de progrès pour la France ».

«Nous allons proposer au peuple des Hauts-de-France de se mettre lui aussi en marche vers l’Élysée, le 9 juin. Pour que ceux qui luttent contre les fermetures des maternités de Creil et de Clermont, les personnels et familles des Ehpad, les élus et agents communaux, les cheminots qui se battent pour les services publics, les locataires en lutte pour leur logement, les salariés d’Ascometal ou d’ailleurs, les collectifs d’aide aux migrants, et tant d’autres encore, se mobilisent ensemble pour dire stop au mépris. » L’invitation lancée samedi par le responsable du PCF de l’Oise, Thierry Aury, au nom des militants et élus de sa région, est à l’image de l’esprit qu’ont voulu insuffler ce week-end les états généraux du progrès social organisés par le Parti communiste. Plus de 1 000 personnes, selon les organisateurs, ont participé à ce rendez-vous qui a débouché sur un appel à développer « dans tout le pays des fronts de lutte et de progrès pour la France ». Face à la déferlante de réformes libérales, « cette journée n’est pas un rappel de principes généraux, aussi justes soient-ils ! C’est une étape, une méthode pour construire nos luttes dans la durée et pour gagner », a lancé le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, lors du discours de clôture. Cette méthode repose sur deux piliers : convergence des luttes et propositions alternatives à la politique gouvernementale, à qui les participants entendent bien disputer le concept de modernité. « Faire des profits, de la naissance, avec l’affaire Lactalis, jusqu’à la fin de vie, avec les Ehpad, voilà la modernité à la sauce Macron », a fustigé Pierre Laurent, y opposant une modernité « sociale et écologique, celle qui n’oblige pas à faire 100 km pour se soigner ou pour accoucher, celle qui n’interdit pas l’université aux enfants des couches populaires ».

Un tour de France des hôpitaux

De l’avis des militants politiques comme des syndicalistes, salariés en lutte ou associatifs, venus échanger à Montreuil l’après-midi ou dans l’un des quatre ateliers du matin, il y a urgence. « On a des conditions de travail pourries, mais on ne changera pas de métier. Alors on a aussi besoin d’alternatives politiques pour nos luttes dans un secteur sinistré depuis trente ans », a asséné Barbara Filhol, secrétaire générale CGT des Ehpad du Val-de-Marne. Invités peu après à s’exprimer, les parlementaires PCF ont répondu présent. « Nous avons engagé un tour de France des hôpitaux et évidemment des Ehpad, vous pouvez compter sur notre détermination », a assuré André Chassaigne, le président du groupe GDR, où siègent les communistes à l’Assemblée nationale. Un premier rendez-vous est pris à Lyon dès le 12 février.

Hôpitaux, Ehpad, école, police, prison… la défense et le développement des services publics ont été au cœur de nombreuses interventions de ce samedi. L’atelier qui y était consacré en matinée à Ivry-sur-Seine a d’ailleurs connu le plus gros succès, avec 350 participants. Parmi eux, beaucoup, impliqués dans les mobilisations en cours, ont insisté sur l’enjeu de la santé. « Chez nous, 680 lits, soit 66 %, vont être supprimés. Le tout au profit de la construction d’un hôpital super-nickel pour la future Silicon Valley du plateau de Saclay », a témoigné l’un des membres du comité de défense des hôpitaux du Nord-Essonne. « Dans la santé, 1 500 luttes environ ont été menées en 2017, comment les fédérer ? » a interrogé une militante du Jura. Dans l’après-midi, c’est la sénatrice Éliane Assassi qui a été chargée de rendre compte des échanges : « Quand ces luttes sont victorieuses, elles ont un dénominateur commun, c’est la convergence des usagers, des personnels, des syndicats et des élus », a-t-elle relevé. Dans le viseur commun également : le projet macronien engagé, sous le nom « action publique 2022 », avec l’annonce jeudi d’un « plan de départs volontaires » de 120 000 fonctionnaires. « Macron a mis sur pied une machine de guerre contre le service public », a analysé, via un message vidéo, l’ancien ministre PCF de la Fonction publique, Anicet Le Pors.

«Créer une dynamique de victoires»

Le pari de ne pas en rester au constat a bien des fois été relevé. Côté propositions, Bernard Thibault, ex-secrétaire général de la CGT désormais membre de l’Organisation international du travail (OIT), n’est pas venu les mains vides. « Dès lors qu’on parle de progrès social, l’un des arguments assez mécanique qui y est opposé est la compétitivité internationale, c’est-à-dire la situation des droits sociaux dans le monde », a-t-il d’abord expliqué. Une situation pas brillante que le syndicaliste a étayée par une série de données (les trois quarts de la population mondiale n’ont pas de protection sociale, par exemple), avant d’énoncer sa « suggestion » : « Un droit de veto supporté par la France qui consisterait à s’opposer aux commerces de produits conçus ou commercés par des entreprises ou des pays en infraction avec les droits humains et sociaux fondamentaux. » Mais il n’a pas été seul, sur chacun des sept thèmes de lutte listés par l’appel final (emploi, droits des femmes, accueil digne des migrants, industrie, services publics, logement, défense des communes et départements), les uns et les autres ont fait part de leurs propositions, souvent partagées. « Face aux offensives sécuritaires et répressives, nous demandons l’ouverture de 40 000 places en centre d’accueil, le droit au travail des demandeurs d’asile, l’accès à un titre de séjour au bout de deux ans, l’abrogation du délit de solidarité… Nous avons besoin de mener ces combats avec toutes les forces de gauche politiques, syndicales, associatives, et au-delà avec tous les humanistes qui refusent la concurrence entre les misères », a notamment lancé Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, intervenu aux côtés notamment de Boris Amoroz de la CGT Alstom, Eddie Jacquemart de la Confédération nationale du logement (CNL), Lorraine Questiaux du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), ou encore Jérôme Voiturier de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss).

Des militants associatifs et syndicaux mais pas de personnalités d’autres formations de gauche ? « On ne pouvait pas commencer par une construction de sommet, notre priorité, c’est de rendre visibles les luttes qu’Emmanuel Macron essaie d’étouffer », répond le responsable du PCF parisien Igor Zamichiei, chargé de l’organisation des états généraux. « Sans cet ancrage de terrain, sans la bataille d’explications, de démonstrations, sans la construction de propositions alternatives, sans la passion du rassemblement, rien de solide ne se construira », a ajouté samedi Pierre Laurent, avant de promettre « une dynamique qui permettra d’arracher des victoires qui seront autant de jalons pour créer des majorités d’idées et d’actions, et demain une nouvelle majorité politique ».

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 13:00
Enfermement des mineur.e.s, justice des enfants et des adolescent.e.s : un enjeu majeur

lundi 5 février 2018

Communiqué commun du Syndicat de la magistrature, du SNPES/PJJ/FSU, SAF, OIP, LDH, DEI-France et FSU :

"Un anniversaire de plus et toujours rien à l’horizon du côté d’une réforme ambitieuse de l’ordonnance du 2 février 1945 régissant la justice des enfants et des adolescent.e.s. Après les rares modifications adoptées en 2016, ce texte fondateur est promis à une réforme à nouveau parcellaire, perdue dans la loi de programmation pour la justice, bien loin des besoins de la jeunesse.

Et les dispositions qui s’annoncent sont encore une fois, davantage tournées vers l’enfermement et le contrôle que vers la revitalisation des outils éducatifs. A compléter une fois qu’on aura les textes

Là où la Convention internationale des droits de l’enfant et l’ordonnance de 1945 prévoient le caractère exceptionnel de l’emprisonnement, au 1er décembre 2017, 799 mineur.e.s étaient encore incarcéré.es en France, dans les 44 quartiers mineur.es des maisons d’arrêt et les 6 établissements pénitentiaires pour mineur.es.

Au-delà de ce chiffre déjà inquiétant à lui seul, la population adolescente concernée par l’enfermement est bien plus importante : il faut y ajouter le chiffre « gris » des jeunes majeur.e.s incarcéré.e.s – statistique hélas inconnue - pour des faits commis pendant leur minorité, et qui subissent les conditions de détention des majeurs, sans prise en charge adaptée.

Cette inflation de l’incarcération trouve son prolongement dans l’enfermement dans les 52 centres éducatifs fermés, dont la nature carcérale prévaut sur l’éducatif, qu’elles que soient les intentions des professionnel.le.s y exerçant. Enfin, les mesures de probation – aujourd’hui largement empreintes de surveillance et de contrôle - prennent le pas sur les mesures éducatives, produisant mécaniquement des situations d’enfermement via la sanction du non respect des mesures. Entre 2005 et 2016, la part de contrôles judiciaires sur les mesures prononcées par les juridictions pour enfants suite à la commission d’une infraction est en effet passée de 6,21% à 11,91%.

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a été saisie d’une demande d’avis sur l’enfermement des mineurs. Cela témoigne de la prise de conscience par a ministre de la Justice, que nous avions à plusieurs reprises interpellée sur le sujet. Il est désormais urgent d’agir pour faire cesser cette situation.... (LIRE LA SUITE)

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 12:59
EHPAD : les syndicats déterminés à obtenir satisfaction (5 février 2018)
EHPAD : les syndicats déterminés à obtenir satisfaction

lundi 5 février 2018

EHPAD : l’inter­syn­di­cale CGT, CFDT, FO, CFTC, UFAS, CFE-CGC, UNSA, SUD Soutenue par l’AD-PA, interpelle E. Macron, et lui donne jusqu’au 15 février pour ouvrir des négociations, faute de quoi elles appelleront de nouveau à la grève.

Communiqué du 1er février 2018 :

Partout en France, des dizai­nes de mil­liers de sala­riés, d’agents des mai­sons de retraite, d’EHPAD, de long séjour et de ser­vi­ces à domi­cile (équipes de SSIAD, etc.),ont répondu à l’appel à la grève natio­nale de l’inter­syn­di­cale et de l’AD-PA, sou­te­nues par de nom­breu­ses asso­cia­tions des famil­les, et de retrai­tés.

Un consen­sus aussi large ne s’était jamais vu !

Le mou­ve­ment de grève a été très suivi parce que les sala­riés n’en peu­vent plus : 31,8 % de per­son­nels gré­vis­tes et assi­gnés, selon les chif­fres offi­ciels de la DGCS. Tous les pro­fes­sion­nels quelle que soit leur caté­go­rie sont arri­vés à un point de rup­ture.

Ils n’accep­tent plus les condi­tions de prise en charge et d’accom­pa­gne­ment des rési­dents et de nos aînés à domi­cile, qu’ils qua­li­fient d’indi­gnes.

Il est temps que le gou­ver­ne­ment entende les reven­di­ca­tions. Elles sont clai­res :

 Application d’un agent ou un sala­rié par rési­dent, tel que prévu par le Plan Solidarité Grand Age de 2006 ;

 Abrogation des dis­po­si­tions légis­la­ti­ves rela­ti­ves à la réforme de la tari­fi­ca­tion des EHPAD, conte­nues dans la loi du 28 décem­bre 2015 ainsi que le retrait des décrets d’appli­ca­tion ;

 Arrêt des bais­ses de dota­tions indui­tes par la conver­gence tari­faire et exige par consé­quent le main­tien de tous les effec­tifs des EHPAD y com­pris les contrats aidés qui doi­vent être inté­grés et sécu­ri­sés ;

 Amélioration des rému­né­ra­tions des per­son­nels, des pers­pec­ti­ves pro­fes­sion­nel­les et des car­riè­res dans le cadre du statut et des Conventions Collectives Nationales.

Nous avons pris connais­sance de décla­ra­tions de Madame Buzyn qui visent à indi­vi­dua­li­ser, et à ren­voyer chaque établissement ou ser­vice à domi­cile à une évaluation. Celle-ci existe déjà. Elle indi­que :"L’objec­tif est l’aug­men­ta­tion des postes pour tendre pro­gres­si­ve­ment vers ce fameux ratio de un pour un, … que nous ne pou­vons attein­dre aujourd’hui pour des rai­sons struc­tu­rel­les et bud­gé­tai­res". C’est pour­tant la reven­di­ca­tion prio­ri­taire de tous les agents des EHPAD et des ser­vi­ces à domi­cile !

Après cette mobi­li­sa­tion excep­tion­nelle, une prise en compte poli­ti­que et finan­cière s’impose. Celle-ci impli­que l’ouver­ture de négo­cia­tions sur la base des reven­di­ca­tions por­tées par l’inter­syn­di­cale et les asso­cia­tions, avec, en préa­la­ble, l’aban­don des dis­po­si­tions de la réforme de la tari­fi­ca­tion bais­sant les dota­tions.

Il y a en France, 7 200 EHPAD et 10 000 ser­vi­ces à domi­cile, qui assu­rent l’accueil et l’accom­pa­gne­ment de 1,4 mil­lion de per­son­nes âgées. Ils emploient plus de 700.000 pro­fes­sion­nels. L’appli­ca­tion du ratio prévu par le plan soli­da­rité grand âge de 2006 ainsi que l’aug­men­ta­tion du temps passé à domi­cile néces­site la créa­tion de 300.000 postes !

L’enve­loppe de 50 mil­lions annon­cée la semaine der­nière, cor­res­pond à moins d’un tiers de poste par établissement et ne couvre pas la néces­saire aug­men­ta­tion du temps passé à domi­cile ! Le compte n’y est donc pas !

Nous nous tour­nons, une ultime fois vers le pré­si­dent de la République, pour qu’il réponde main­te­nant à nos reven­di­ca­tions, afin que les sup­pres­sions de postes lais­sent place aux recru­te­ments néces­sai­res afin d’amé­lio­rer des condi­tions de tra­vail et de prise en charge de nos aînés.

Nous reven­di­quons également la réé­va­lua­tion des salai­res afin de com­pen­ser nos condi­tions de tra­vail dif­fi­ci­les, (alter­nance postes de jour / poste d’après midi / poste de nuit, 3 à 2 wee­kends par mois et les jours fériés etc.).

Nous deman­dons que nos col­lè­gues sous contrat aidé soient embau­chés défi­ni­ti­ve­ment après for­ma­tion et inté­grés sous statut (ou en CDI dans le privé).

Faute d’une réponse favo­ra­ble à notre demande de rendez-vous afin d’ouvrir des négo­cia­tions avant le 15 février 2018, l’inter­syn­di­cale et les asso­cia­tions se ver­raient dans l’obli­ga­tion de pren­dre leurs res­pon­sa­bi­li­tés et appel­le­raient à la grève et à la mobi­li­sa­tion de tous les agents du sec­teur concerné, et les famil­les pour la satis­fac­tion des reven­di­ca­tions.

Les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les appel­lent à réunir les per­son­nels dans les ser­vi­ces à domi­cile et les EHPAD pour mettre en œuvre cette orien­ta­tion,

Paris le 1er Février 2018 L’inter­syn­di­cale CGT, CFDT, FO, CFTC, UFAS, CFE-CGC, UNSA, SUD - Soutenue par l’AD-PA

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 06:34
UN BIG BANG ANNONCE DANS LA FONCTION PUBLIQUE  (L’HUMANITE - VENDREDI 2 FÉVRIER 2018 - KAREEN JANSELME)

Réforme. « Atteinte frontale », « stupéfaction », « dynamitage de la fonction publique » : les syndicats réagissent vivement aux annonces surprises du gouvernement, qui propose un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires et l’usage accru de contractuels.

 

«Un plan de départs volontaires » dans la fonction publique : la formule est explosive, et la déflagration provient alors même que le grand chantier de réflexion pour la transformation de l’action publique commence à peine. Jeudi, au sortir du premier comité interministériel qui devait enclencher une réflexion dans les ministères jusqu’en avril sur des réformes structurelles, le ministre de l’Action et des Comptes publics a lâché la bombe tout en tentant d’atténuer son effet : « Il ne s’agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s’agit d’adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics », a assuré M. Darmanin. Pour autant, Édouard Philippe a ajouté vouloir étendre « largement » le recours aux contractuels, et développer davantage la rémunération au « mérite » des fonctionnaires. Une provocation, une semaine après la lettre de 8 des 9 organisations syndicales de fonctionnaires réclamant l’ouverture d’une concertation en vue d’un nouveau plan de titularisation des agents contractuels.

« C’est hallucinant, a réagi Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’union fédérale des syndicats de l’État CGT. Ces annonces sont une atteinte frontale à la fonction publique. Rappelons le contexte : le 10 octobre 2017, l’ensemble des organisations syndicales de la fonction publique avaient appelé à la grève ; dernièrement, il y a eu des luttes sectorielles importantes, avec la mobilisation historique de l’administration pénitentiaire, le mouvement dans les Ehpad, etc. Et maintenant, nous apprenons par voie de presse, à la sortie de ce comité, un “plan de départs volontaires”, une rémunération qui sera plus individualisée et un recours aux contrats largement étendu pour les métiers qui ne relèvent pas “d’une spécificité propre aux services publics”. » « C’est la stupéfaction, confirme Philippe Soubirous (FO), on apprend par voie de presse un certain nombre d’orientations du gouvernement alors que cela n’était pas à l’agenda social. Ils veulent dégrader les services publics et transférer les missions au privé. Or, c’est au Parlement qu’un débat doit avoir lieu pour savoir si nos écoles, nos hôpitaux, nos services doivent être publics ou privés. » Pour l’Union syndicale Solidaires, il s’agit d’un « dynamitage de la fonction publique », car « la gestion des personnels sera traitée sans attendre les annonces structurantes, qui seront dépendantes du rapport du comité d’experts et des réflexions menées actuellement au sein des ministères pour déterminer quelles missions ils gardent et quelles missions ils jettent ». Le gouvernement a également annoncé vouloir « un dialogue social plus fluide et recentré sur les enjeux les plus importants, sur le modèle de ce qui a été fait dans le cadre des ordonnances “Travail” ». Un « modèle » de dialogue social que n’avaient pas vraiment apprécié les syndicats, descendus pour la plupart le manifester dans la rue. Une nouvelle décision unilatérale qui passe d’autant plus mal que les élections professionnelles auront lieu en décembre de cette année.

Depuis le lancement, en octobre, de son programme « Action publique 2022 », le gouvernement a prétendu organiser commissions, forums régionaux et chantiers transverses pour « moderniser » en discutant et concertant. Mais la méthode ne convainc pas. Ni les formules avancées par le ministre Darmanin, assurant en octobre vouloir simplement « améliorer la qualité de service » et « offrir un environnement de travail modernisé aux agents ». Car, une note interne a révélé un objectif bien plus pragmatique. Le 27 septembre 2017, le premier ministre s’adressait aux secrétaires généraux de ministères avec des objectifs clairs et chiffrés : « Pour l’État et des opérateurs, 10 milliards d’euros d’économies à documenter pour 2020-2022, en supplément des mesures qui seront mises en place d’ici à 2019, et plus de 37 000 ETP (équivalents temps plein – NDLR) à supprimer sur la même période pour atteindre l’objectif de - 50 000 ETP sur 2018-2022. » Pour les administrations de sécurité sociale, les économies doivent atteindre « 10 milliards d’euros, à trouver sur-le-champ hors objectif national de dépenses d’assurance-maladie » ; pour les collectivités territoriales « 16 milliards d’euros, dont 3 milliards d’euros pour la société du Grand Paris et une réduction de - 70 000 ETP sur la période ».

 

Édouard Philippe a nommé 34 « experts » au profil homogène

Très vite, tous les syndicats de la fonction publique et des associations comme la Convergence des services publics, portant la parole d’élus, d’associations et d’usagers, ont dénoncé cette réforme construite comme une machine de guerre contre la fonction publique et le service public. Et ce n’est pas la nomination du Comité d’action publique, ou CAP 22, qui les a rassurés. Plutôt que de faire appel aux professionnels du secteur, aux syndicats représentatifs, aux responsables de l’aménagement du territoire, aux associations d’usagers, aux spécialistes de l’environnement ou des transports, Édouard Philippe a nommé des « experts » au profil homogène : 17 des 34  membres ont usé les bancs de l’École nationale d’administration. On y dénombre moult hauts fonctionnaires passés au privé, des créateurs d’entreprises numériques, des dirigeants de fonds d’investissement qui pourraient être intéressés par la privatisation de marchés publics, des anciens de la commission Attali. Celle-ci, en son temps, proposait déjà d’abandonner des missions pour les donner au privé, de diminuer la dépense publique, de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires… Autant de points que l’on retrouve dans la feuille de route actuelle de l’action publique 2022. Même Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux et membre du CAP 22, remarque que « beaucoup de membres de CAP 22 sont de formation économique ou issus du monde financier, ce qui replace chaque discussion sous l’angle financier ». Et, comme le relèvent 7 associations de cadres territoriaux, aucun fonctionnaire territorial n’y siège. Quant à la plateforme numérique lancée en parallèle pour sonder agents et usagers, seules 3 200 contributions y ont été recensées ! Peu de personnes croient encore à ce simulacre d’échanges… Devant cette « tarte à la crème de la concertation », dénoncée par Jean-Marc Canon, l’intersyndicale des fonctionnaires, prévue le 6 février, est plus que jamais d’actualité. Et la volonté de la confédération d’organiser à la mi-mars une grande journée d’action devrait toucher plus d’une organisation.

 

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 06:32
LOI AGRICOLE. ADMONESTER LA GRANDE DISTRIBUTION NE SUFFIRA PAS (L’HUMANITE – JEUDI 1ER FEVRIER 2018 - OLIVIER MORIN)

Présenté mercredi dernier par le ministre de l'Agriculture, le projet de loi visant à équilibrer les relations commerciales en agriculture a été décrypté par les députés communistes qui pointent ses insuffisances.

 

A la fin de sa présentation du projet de loi issu des états généraux de l'alimentation le 31 janvier dernier, le ministre de l'agriculture Stéphane Travert a décrit l'objectif du texte par ces mots : « Améliorer l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, c'est-à-dire préserver nos capacités de production agricole et la juste rémunération des agriculteurs ».

Enfin, les agriculteurs, soumis à des revenus historiquement bas et à une hémorragie de leurs fermes (10 % de faillites agricoles de plus en 2017 qu'en 2016) allaient pouvoir sortir la tête de l'eau. Mais le projet de loi, si séduisant qu'il puisse paraître, n'a d'ambitieux que l'affichage. Et la déception est déjà au rendez-vous chez les paysans. La Confédération paysanne doute que les paysans et les consommateurs sortent gagnants de cette loi, tandis que le Modef (Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux) craint qu'elle laisse un goût amer aux agriculteurs. Si ceux-ci ont déjà pointé les limites d'un texte qui prétend inverser la formation des prix agricoles en ne contraignant pas les distributeurs à payer aux producteurs le prix qu'ils demandent, ils ont été notamment entendu par les parlementaires communistes qui, eux aussi, dénoncent un projet de loi « séduisant de prime abord », mais au contenu insuffisant.

 

 

Une loi très favorable au lire échange

Dès le lendemain de la présentation de la loi par le ministre, les députés PCF André Chassaigne, chef de file du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) et Sébastien Jumel ont convoqué la presse pour expliquer leur point de vue. Ces derniers pointent une contradiction notable entre ce projet de loi qui prétend « à un rééquilibrage de la relation commerciale entre producteurs, transformateurs et distribution au bénéfice des premiers » et l'orientation présidentielle qui engage le pays « dans un engrenage de plus en plus libéral au nom duquel il va laisser détricoter la PAC en prenant appui sur ses défauts ». Sébastien Jumel résume la situation ainsi : « ce qu’une main promet aux agriculteurs avec la loi issue des états généraux de l’alimentation, si tant est que la promesse se réalise, l’autre main le laissera défaire avec des politiques européennes et internationales très favorables au libre-échange ». Une contradiction qui ne figure évidemment pas dans le texte de loi.

Sur le fond du texte, les parlementaires pointent malgré tout des éléments encourageants. Ainsi le relèvement de 10% du seuil de revente à perte des denrées alimentaires revendues au consommateur, ou encore l'encadrement en valeur et en volume des promotions sur les denrées alimentaires constituent des pistes qui « vont dans le bon sens ». Quant à l'inversion de la formation des prix qui pose le principe nouveau selon lequel le contrat doit être proposé aux acheteurs par les agriculteurs ou leurs organisations de producteurs et non plus proposé par les acheteurs aux producteurs, si l'idée correspond aux revendications des paysans, elle manque singulièrement de moyens pour la mettre en œuvre.

 

Sébastien Jumel et André Chassaigne prévoient d'amender et d'améliorer la loi

Sébastien Jumel cite à titre d'exemple la charte signée par les acteurs de l'agroalimentaire à la suite des états généraux et dont les principes ont déjà volé en éclat, y compris dans les négociations commerciales en cours. Le député illustre son propos avec les derniers exemples en date pour démontrer la nécessité d'inscrire dans la loi la possibilité de contraindre les acheteurs à payer le prix convenu. « Lactalis a tenu tête à l’État, échappé à ses contrôles, composé avec, et fait peser sur les pouvoirs publics, sans le dire ouvertement, la menace du chômage ». Évoquant aussi l'industriel de la viande Bigard « qui refuse de répondre aux questions des parlementaires, qui refuse de faire état de ses comptes, au mépris de ses obligations », il estime qu'il faudra « davantage que les appels à la bonne volonté et les petites sanctions que prévoit, en l’état, le texte ».

Fustigeant le choix du gouvernement d'utiliser les ordonnances pour faire passer le projet de loi, Sébastien Jumel et André Chassaigne prévoient de l'amender et d'améliorer ce qui ira dans le sens d'un rééquilibrage en faveur des agriculteurs, lors de sa présentation au Parlement annoncée pour fin mars, début avril.

 

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 06:29

Le mythe d'un jacobinisme centralisateur, synonyme d'État spoliateur.

 

Certes, ces dernières années, l'amateur (étymologiquement), celui qui aime la Révolution française pour tout ce qu'elle a inventé, a bien des fois assisté à une série de manipulations mensongères du moment qui a vu la République fondée (1792), la démocratie tentée (1793) et l'abolition de l'esclavage votée (1794), entre autres avancées. Tout cela se voyait réduit à la guillotine et à des massacres, le tout donnant naissance au mythe d'un jacobinisme centralisateur, synonyme d'État spoliateur. Dans son tweet du 22 mars 2017, EM écrivait : « La philosophie de la démarche que je vous propose aujourd'hui, c'est un pacte girondin avec nos collectivités, un pacte de liberté. » En clair, et surfant sur la vague d'un antijacobinisme primaire et liberticide, réduit à la ringardise de croire que la loi est la même pour tous, et que l'État est garant des services publics équitablement répartis sur le territoire au nom d'un effort commun, le candidat laissait supposer que, lui président, les régions auraient plus d'autonomie.

En clair, les riches pourraient s'enrichir davantage et les plus défavorisés... Une fois président et endossant le rôle de roi-président à Versailles, le 3 juillet 2017, il dénonçait la « centralisation jacobine », et annonçait sa volonté de conclure de « vrais pactes girondins » avec les régions. Quid de cette expression ? Le 17 juillet, un début d'explication prenait forme par la demande aux collectivités territoriales de réduire leurs dépenses de 13 milliards d'euros sans diminuer leurs missions.

La pilule girondine commençait à prendre un goût amer. Aujourd'hui, les nationalistes corses, dont toutes les demandes ne sont pas infondées lorsqu'elles pointent les aspects sociaux des problèmes de l'île, retournent l'expression pour légitimer leur éloignement de la République. Pourtant, on ne joue pas impunément avec l'histoire. Outre que les Girondins (rendons leur cette justice par souci de la vérité) n'ont jamais voulu la désunion de la République, il va falloir que le président s'explique sur le tout « en même temps » de sa position, entre le pouvoir exécutif dont il ne veut rien céder et le miroir aux alouettes girondines qu'il a agité de façon imprudente et que les indépendantistes corses lui renvoient aujourd'hui.

 

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 10:12
Casse leur bac d'abord! (PCF, Rouge 29)

Rouge Finistère

5 rue Henri Moreau 29200 Brest federation@29.pcf.fr

 

Casse leur bac d’abord

La stratégie est bien rôdée : les annonces dispersées et le débat anecdotique sur le port de la blouse masquent un véritable dynamitage du système scolaire.

La réforme du lycée et celle du Bac, l’instauration de « Parcoursup » et bientôt la nouvelle licence : à travers les méandres de dispositifs complexes, c’est un enjeu de société qui se dessine.

L’accès au niveau bac d’une part plus grande de la jeunesse a constitué un pas vers la démocratisation, entrouvrant la porte des études supérieures pour les couches populaires. L’entrebâillement reste modeste : 11% seulement d’étudiants sont des enfants d’ouvriers, alors qu’ils représentent un  tiers des jeunes de 18 à 23 ans.

La réforme envisagée du baccalauréat casse sa double fonction de diplôme national de référence et de clef d’accès à l’université. Avec le lycée « modulaire », les parcours seront différents d’un établissement, d’un individu à l’autre. Ajoutons à cela une forte dose de contrôle continu, et le bac ne sera plus qu’une coquille vide, sans dimension nationale. La sélection à l’entrée de l’université viendra estimer la valeur de chaque bac en fonction du parcours individuel de son titulaire.

Voici donc le fameux rapprochement du lycée et de l’université ! Un rapprochement qui ne permettra pas de s’attaquer dès l’amont aux obstacles pédagogiques et économiques rencontrés dans les études supérieures par les jeunes les moins familiers du système scolaire et les moins soutenus financièrement, pour permettre à tous de réussir dans des études longues. Non, il s’agit au contraire de transformer le lycée en « petite université » et de dissuader les jeunes les plus éloignés de la culture scolaire d’entrer dans ce cycle « lycée-licence » en les orientant dès la fin de la 3e vers l’apprentissage.

C’est pour leur bien : ils échoueraient de toute façon…Nous, communistes, nous refusons la transformation des universités en clubs privatisés et concurrentiels, le formatage de la jeunesse pour la compétition professionnelle, le marchandage des connaissances à coup de soutien privé,

de frais d’inscription et de crédit étudiant. Nous revendiquons un droit universel à l’accès aux savoirs et à leur maîtrise. Cette révolution est un puissant levier de transformation du travail, de la vie sociale et personnelle de chaque citoyen. Tous, de la maternelle à l’université incluse, sont capables d’en bénéficier, d’y apporter leur intelligence collective, et d’en faire profiter la société d’égalité et de justice que nous voulons.

 

Françoise Chardin et Marine Roussillon Commission d’animation du réseau école

 

Réforme du bac et plan étudiants du tirage au sort au triage social...

 

Avec le nouveau bac et le Plan étudiants, Macron met en conformité le système éducatif avec le monde du salariat organisé par la loi travail et plus globalement le modèle de société libérale qu’il veut imposer. On y retrouve les axes majeurs de cette reconfiguration globale : sélection, individualisation, mise en concurrence. Le tout favorisant l’introduction de nouveaux marchés privés dans le domaine de la formation.

La sélection contre les apprentissages

La sélection est l’arme de destruction massive de toute forme de solidarité et d’organisation collective. Evaluations, classement et sélections prolifèrent : dès septembre en CP, début de la scolarité obligatoire, une évaluation nationale repère l’élève qui sait déjà (ou pas !) identifier le dernier mot d’une phrase, distinguer majuscule et minuscule, etc. Puis vient la chasse au meilleur collège, aux options qui donnent un avantage dans la course au «bon» lycée, par le biais de procédures aussi opaques que chronophages. Le temps consacré à l’évaluation le dispute désormais à celui des apprentissages et de leur préparation, pour les élèves comme pour les enseignants.

Avec le nouveau «Parcoursup», quelque 700 000 lycéens devront formuler une dizaine de vœux chacun, étayés par des lettres de motivation. C’est 7millions d’avis que devront porter successivement les professeurs de terminale, puis, entre avril et mai, les établissements d’enseignement supérieur chargés d’examiner les dossiers. Et lorsqu’auront été donnés les avis sous forme de «oui», «oui si», ou «non», une seconde étape de classement démarrera. Avec à l’arrivée, des universités plus sélectives (et donc «meilleures» ?) et d’autres qu’on choisira par défaut. L’important n’est plus ce qu’on va étudier, mais où on l’étudiera, sur le modèle anglo-saxon.

Une sélection précoce et profondément inégalitaire

 

Le nouveau bac et l’organisation du lycée qui en découle casse les repères nationaux : à chaque lycéen son parcours, construit par des modules choisis dès la classe de seconde, à chaque établissement son baccalauréat, avec un poids du contrôle continu considérablement renforcé, à chaque quartier et chaque région sa carte de formation, sur laquelle le patronat local pèse de tout son poids.

En affirmant la fonction du bac comme simple «levier vers l’enseignement supérieur», on fait d’une pierre plusieurs mauvais coups. Le diplôme cesse d’être reconnu comme qualification, il n’est plus suffisant pour entrer à l’université.

Ce qui comptera, pour obtenir la formation de son choix, c’est le «profil» individuel des candidats, sa correspondance avec les « attendus » de chaque formation, ces compétences (les revoilà !) exigées du postulant. Un profil, c’est quoi ? C’est avoir fait ses études au bon endroit, dans le bon lycée, en ayant choisi, dès l’âge de quinze ans, les modules scolaires et même les activités extrascolaires –désormais prises en compte – les plus rentables.

Quel genre de personnes un tel système peut-il former? Des adultes qui auront appris, dès l’enfance, à mettre tout leur temps – loisir et travail confondus– au service de leur carrière et de leur employabilité, dans une concurrence permanente de tous contre tous.

Quant à ceux, moins bien informés ou moins bien dotés, qui n’auront pas le «bon profil», on leur promet tutorat et contrat de réussite personnalisé pour baliser leurs choix, et ils ne pourront donc s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils échouent... Informer des impossibles plutôt que de former à tous les possibles.

 
Université : les sélectionneurs sélectionnés

 

L’université, devenue sélective, n’en sera pas pour autant revalorisée ! La mise en concurrence des établissements change progressivement leur offre de formation, et cela ne peut que s’aggraver. Là, des formations plus sélectives et plus ambitieuses, pour une petite minorité. Partout ailleurs, l’injonction à accepter plus d’étudiants avec moins de moyens, à sacrifier les contenus, à baisser les ambitions. Se dessine ainsi de plus en plus clairement un  enseignement supérieur à plusieurs vitesses. Certaines licences continueront à préparer à la pour suite d’études en second cycle universitaire, tandis que les autres prendront en charge les lycéens – dont l’essentiel des titulaires de bac pro- pour qui l’horizon doit s’arrêter à une licence faiblement monnayable puisque délivrée par une université de moindre prestige.

la continuité bac -3/bac +3 tant vantée n’a donc pas grand-chose à voir avec l’élévation générale du niveau de connaissances et de qualification dont notre pays a besoin! La concurrence et la sélection sont mises au service de l’accroissement des inégalités. L’individualisation des parcours permet de refuser aux jeunes les avantages qu’ils devraient tirer de l’élévation de leur formation.

 
La sélection, une manne pour le privé

 

La réforme ouvre des perspectives alléchantes pour

les marchands de l’éducation. Plus la formation s’individualise, plus les vendeurs de «coaching» prospèrent. Gageons que nombre d’officines privées se bousculeront pour assurer en quelques semaines la remise à niveau exigée pour la spécialité choisie et délivrer des certifications maison...Par ailleurs, en surchargeant les universités de tâches nouvelles (sélection, actions de remise à niveau) sans leur donner les moyens supplémentaires de les assurer

 le gouvernement prépare les esprits à une nécessaire augmentation des droits d’inscription, modulée bien sûr en fonction du prestige de l’université, ouvrant la voie pour les banques au développement du crédit étudiant, enjeu stratégique majeur de la réforme.

 

Inévitable, la sélection ?

La sélection est présentée comme le seul remède possible aux maux de la société : trop de chômeurs? Qu’on les radie du chômage, ou qu’on les contraigne à accepter tout travail ! Trop d’étudiants qui encombrent les facs de leur échec ? Qu’on les sorte de l’université, ou qu’ils acceptent d’être fourrés là où restent des 

places. Et puisque le tirage au sort est vraiment trop injuste, remplaçons-le par la sélection sur dossier!

Mais une telle sélection n’est pas moins injuste. Elle accroît les inégalités. Elle ne répond pas au besoin d’une élévation du niveau de connaissance et de qualification dans la société. Elle corrompt la mission fondamentale de l’école comme de l’université : enseigner pour faire progresser, et non pour enfermer chacun dans ce qu’il est ; construire la réussite de toutes et tous, et non trier en fonction de compétences acquises avant et ailleurs. Incontournable, le fait de ne pouvoir accueillir tous les bacheliers ? Pas si l’on augmente les capacités d’accueil des facs, à la hauteur de la réalité démographique et des aspirations légitimes à  poursuivre des études supérieures à l’université.

Inéluctable, le taux d’échec élevé en premier cycle, d’ailleurs artificiellement gonflé en faisant entrer dans ce taux les réorientations choisies, les parcours plus lents d’étudiants salariés...? Pas si on s’attaque en amont à l’échec scolaire, pas si on améliore les conditions matérielles de vie et de scolarité des étudiants!

Les mobilisations qui se développent dans les universités ouvrent des perspectives. Avec toutes celles et ts ceux qui s’opposent à la sélection généralisée, nous voulons construire un projet ambitieux et égalitaire pour l’éducation.

 

L’engagement massif de l’état une fake news ?

 

L’effort financier pour l’université serait sans précédent: près d’un milliard d’euros sur le quinquennat. À voir :les 500 millions qui iront aux établissements – 1% du budget global des établissements –, attribués sur projets et versés sur 5 ans, doivent couvrir l’accueil des 40 000 étudiants supplémentaires chaque année (selon les projections du ministère), la mise en place de la réforme et des tâches nouvelles qu’elle implique (le Snesup évalue un temps de travail pour donner les avis entre 450 à 1600 équivalent temps plein), les progressions de carrière liées l’investissement pédagogique ; avec une inflation estimée à 1% par an : autant dire qu’il s’agit bel et bien d’une nouvelle baisse de la dépense par étudiant, et d’un alourdissement de la charge de travail des enseignants.

 

Contact ; reseau.ecole-pcf@orange.fr   http://reseau-ecole.pcf.fr/

Casse leur bac d'abord! (PCF, Rouge 29)
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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 08:45
Le PCF soutient le mouvement des cheminots du 8 février

Depuis maintenant plus de 20 ans, les décisions prises conjointement par les différents gouvernements et la direction de la SNCF mènent l’entreprise dans le mur.

À l’aube de la présentation de la loi mobilité qui transforme le droit au transport en droit à la mobilité, les dangers de mise à mort du service public ferroviaire sont réels. Le choix de confier une lettre de mission à Jean-Cyril Spinetta, ex PDG d’Air France, dont il organisa la privatisation partielle en 1994, n’est pas anodin.

En droite ligne du 4e paquet ferroviaire européen, dont seuls les députés PCF ont voté contre, les fossoyeurs du rail entendent présenter la libéralisation comme seule perspective à même de résoudre les dysfonctionnements actuels. Quel mensonge ! Avec la libéralisation du rail, usagers et cheminots seront ceux qui paieront la note.

D’un côté, les usagers assisteront à une hausse des tarifs et à une dégradation du service: fermeture de lignes, de guichets, baisse de la sécurité; avec comme conséquence directe la création de véritable déserts ferroviaires.

De l’autre, les cheminots et cheminotes, qui viennent de subir une troisième année consécutive sans hausse de salaire, verront leur condition de travail se dégrader encore plus. Pour rappel, l’année 2017 aura été terrible pour les salariés de la SNCF, avec plus de 50 suicides.

Il faut mettre fin à ces choix mortifères, guidés uniquement par des logiques de rentabilité, qui priorisent l’argent sur la sécurité et l’égalité, et qui sont incompatibles avec le développement et d’autres choix sont possibles l’amélioration d’un grand service public ferroviaire de voyageurs et de marchandises.

À l’heure où la question des transports est au cœur d’enjeux essentiels – climat et environnement, santé publique, aménagement du territoire, enjeux sociaux et économiques – le Parti communiste français défend l’idée d’un grand service public ferroviaire du XXI e siècle, au sein d’une entreprise unique et intégrée, permettant à chacune et chacun de se déplacer quel que soit son lieu de résidence sur le territoire, sa situation économique, tout en assurant des conditions de travail décentes pour les cheminotes et les cheminots.

Le PCF demande également à l’État de reprendre l’intégralité de la dette de la SNCF sans aucune contrepartie. Cette dette, consé- cutive à la création des lignes à grande vitesse imposées par l’État en 1997, est une dette d’État. Face à celles et ceux qui entendent livrer le rail aux appétits des vautours financiers, il faut opposer une large résistance. Usagers, citoyens, cheminots, élus, doivent ensemble lutter pour préserver le service public ferroviaire, ce bien commun qui appartient au patrimoine de la nation. À l’heure où les inégalités se creusent de façon inquiétante, les services publics représentent un rempart contre ces ruptures d’égalités. C’est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas.

Préservons-les !

Le PCF soutient et participera à la manifestation organisée par la CGT/Cheminots le 8 février prochain à Paris.  

le PCF, 2 février 2018

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