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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 05:31
Le 12 septembre, 1 million de bras d'honneur à Macron !

Bras d'honneur

Jean-Emmanuel Ducoin

(Journal L’Humanité)

L'insulte facile révèle parfois la vraie nature de ses auteurs. 

Nous savons désormais qu'Emmanuel Macron, usant et abusant d'un tel degré d'implication verbale pour exprimer sa haine du bas-peuple et des Français qui ne pensent pas comme lui, dirige les affaires de l'État avec toutes les formes inspirées par le mépris. À commencer par le principal, le pire, celui qui détermine le sens de son action : le mépris de classe.

Ainsi donc, « la survie de la France », comme il a osé le dire depuis Athènes, dépendrait ni plus ni moins de sa « réforme » du droit du travail... Avant d'ajouter : « Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. » Mais qu'arrive-t-il à notre pays pour que des propos aussi rances se rencontrent dans la bouche d'un président de la République, constituant une sorte de comportement inédit, indigne de la fonction ? La récidive témoigne non pas d'un trouble de la pensée mais bien d'une constance de la pensée.

Après les « riens », voici les « fainéants ». Les fossoyeurs de l'histoire ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Ils fréquentent assidûment les palais et ne savent absolument pas que les gens de peu demeurent souvent les plus courageux sur le front de tous les combats...

Ceux qui en ont le temps se délecteront des explications alambiquées données hier par le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, selon lequel le mot « fainéants » et son pluriel visaient ceux qui n'ont « pas eu le courage de réformer ».

La bonne blague. Non, le chef de l'État a bel et bien insulté ceux qui s'opposent à sa politique, ceux qui seront dans la rue, demain, pour dénoncer la casse de leurs droits dans le monde du travail. Au moment où la nation française aperçoit dans son champ de vision tout ce qui se bricole de plus pourri du côté du libéralisme, comme par hasard, le pouvoir tente de s'épanouir sur les cimes d'une très haute vulgarité. Monsieur Macron, qui s'y connaît en cynisme, n'aime décidément pas les Français. Ces derniers le lui rendent bien ces temps-ci. Et cette fois, ils vont lui répondre dans la rue. Quant aux « fainéants », qui sont donc les mêmes, ils adressent d'ores et déjà à ce président le bras d'honneur des salariés. Ceux qu'il défigure.

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 06:10

Gérard Le Puill, journaliste à l'Humanité, nous livre les inquiétudes des retraités, bien décidés à se mobiliser le 12 septembre contre la loi Macron, et nous explique comment le président de la République crée un dangereux précédent en réduisant les pensions de retraite via une augmentation de la CSG. Un hold-up destiné à augmenter légèrement le salaire net des actifs sans qu’il en coûte un centime au patronat.

Réalisation : Abrahim Saravaki.

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 05:56

Malgré ses promesses électorales, Emmanuel Macron ne profitera pas de la réforme de la CSG pour offrir aux fonctionnaires un gain de pouvoir d’achat. Avec le gel annoncé de l’indice, les rémunérations publiques vont au contraire y perdre. Perte qui se cumule avec la réduction des effectifs publics et le rétablissement du jour de carence en cas de maladie.

Après les salariés du secteur privé, qui viennent de découvrir les violentes remises en cause du droit du travail que le gouvernement veut promouvoir par ordonnances, ce sont les salariés du secteur public qui vont prendre la mesure dans les prochains jours de la rafale de mesures d’austérité dont ils vont faire les frais.

Parmi ces mesures, certaines étaient déjà connues, mais pas toujours dans leur détail. Et avant même que le gouvernement ne lève le voile, le 27 septembre, sur son projet de loi de finances pour 2018, et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui lui est associé, on peut déjà qualifier sans grande difficulté la politique à l’égard de la fonction publique qu’Emmanuel Macron entend impulser : par l’accumulation des mesures qui sont prévues, ce sera l’une des plus régressives de ces derniers années.

Voici dans le détail ce qui se dessine.

 

Une compensation seulement partielle de la hausse de la CSG

C’est la dernière mauvaise nouvelle en date pour les fonctionnaires : le chef de l’État va renier l’engagement qu’il avait pris, quand il était candidat, d’améliorer « le pouvoir d’achat de tous les travailleurs », y compris les agents publics, par des mesures compensant une montée en puissance de la contribution sociale généralisée (CSG). Selon nos informations, le gouvernement a en effet décidé de seulement compenser pour les fonctionnaires la hausse de 1,7 % la CSG qui va intervenir à compter du 1er janvier 2018, mais sans aller au-delà, c’est-à-dire sans honorer sa promesse d’une hausse du pouvoir d’achat.

Extrait du programme du candidat Macron

 

 

Pour comprendre le tour de passe-passe qui se dessine, il faut se souvenir de la promesse du candidat Macron pendant la campagne, consignée dans son programme (il est ici et la promesse figure à la page 7) : « Nous améliorerons le pouvoir d’achat de tous les travailleurs. Sans que cela ne revienne plus cher aux employeurs, nous réduirons les cotisations payées par les salariés, par les indépendants et par les fonctionnaires : près de 500 euros supplémentaires nets par an pour un salaire de 2 200 euros nets par mois ! »

Lors de sa campagne, Emmanuel Macron a ainsi annoncé une vaste réforme visant à supprimer les cotisations salariées maladie et chômage pour les salariés du secteur privé (3,15 points), financée par une hausse de 1,7 point de la CSG. Mais comme ni les fonctionnaires ni les professions indépendantes ne paient ces cotisations sociales, Emmanuel Macron a fait comprendre que dans leur cas, des mesures de compensation seraient prises non seulement pour compenser le relèvement de la CSG, mais aussi pour leur faire profiter du gain de pouvoir d’achat que les salariés du privé pourraient en retirer.

 

LES FONCTIONNAIRES DANS LE COLLIMATEUR DE MACRON (MEDIAPART - 3 SEPTEMBRE 2017 PAR LAURENT MAUDUIT)

Cette promesse d’un gain de pouvoir d’achat pour « tous les actifs » – salariés du privé, du public comme indépendants – a donc été réitérée à de nombreuses reprises au lendemain de l’élection présidentielle par le gouvernement. Et on en trouve toujours trace sur le site Internet du gouvernement (capture d’écran ci-contre). « Ce transfert a pour objectif de répartir plus équitablement le financement de la protection sociale, afin d’alléger le poids qui pèse aujourd’hui sur les actifs. 7 milliards d’euros de pouvoir d’achat seront ainsi rendus aux actifs. L’engagement du président de la République sera donc tenu dès la première année du quinquennat. Les cotisations salariales “maladie” et “chômage” seront supprimées en 2018. »

« Plus de pouvoir d’achat pour les actifs »… Dès le titre de cette page Internet présentant la réforme de la CSG, cela était donc bien indiqué : le dispositif profiterait à tout le monde, dans le privé comme dans le public. En clair, si une mesure de compensation devait intervenir pour les fonctionnaires, elle ne se limiterait pas à compenser le relèvement de 1,7 point de la CSG. Elle irait au-delà, pour leur offrir une hausse de pouvoir d’achat comparable à celle des salariés du secteur privé.

Au lendemain de l’alternance, toute la presse a donc été à l’affût des indiscrétions du pouvoir pour comprendre quelles pourraient être les modalités de cette compensation offerte aux fonctionnaires. Un seul exemple, le quotidien Les Échos qui claironne en titre d’un article la bonne nouvelle : « Un gain de pouvoir d’achat pour tous les actifs ». Et dans le cas des agents publics, le journal explique les modalités que pourrait prendre la réforme, en s’appuyant sur les premières indiscrétions distillées par le pouvoir : « Les fonctionnaires paieront plus de CSG, mais ne pourront pas bénéficier de la suppression en contrepartie des cotisations qui n’existent pas dans leur régime. Un problème que rencontreront également les indépendants. Il faut donc trouver un moyen de compenser leur perte, et même d'aller au-delà, assure une source gouvernementale : “La philosophie de la réforme est d’assurer un gain de pouvoir d’achat, dont l’ampleur et les modalités doivent encore être affinées, pour tous les actifs, y compris les fonctionnaires et les indépendants.” Les fonctionnaires ne paient pas de cotisations maladie salarié : c’est leur employeur, l’État, qui supporte l’intégralité de ce coût. En revanche, aussi surprenant que cela puisse paraître, ils paient une contribution de solidarité au régime d’assurance-chômage de 1 %. La compensation qui leur serait dévolue devrait être comprise selon nos informations entre 3,5 et 4 milliards d’euros. Elle pourrait prendre la forme d’une prime ad hoc, comme en 1997, assortie de la suppression de la contribution de solidarité chômage. Mais il est également envisageable de diminuer d’autres cotisations, voire de remonter le point de la fonction publique. »

On a vite compris, par la suite, que tout cela n’était qu’un rideau de fumée, que le gouvernement ne se souciait guère du pouvoir d’achat des actifs et que le seul véritable but (non affiché) de la réforme était de supprimer la gestion paritaire du régime d’assurance-chômage, au travers de la suppression des cotisations chômage.

De nombreux indices sont venus confirmer que cette question du pouvoir d’achat était vraiment le cadet des soucis du gouvernement.

 

Le gouvernement entretient le flou

D’abord, d’entrée de jeu, on a compris que le gain de pouvoir d’achat promis aux seuls salariés du secteur privé était moins évident qu’il n’y paraissait, puisque il serait limité par les ponctions effectuées par la hausse de la CSG sur les revenus de l’épargne (lire La dangereuse contre-révolution fiscale de Macron). Leurs cotisations maladie et chômage baisseront, certes, au total de 3,15 points, tandis que la CSG sera relevée de 1,7 point. Le calcul est donc simple à faire : grâce à une baisse des prélèvements sociaux de 1,45 point, les salariés vont bénéficier d’un gain de pouvoir d’achat non négligeable. Et pourtant, il faut se défier de ces calculs que présente le gouvernement. Car si ces salariés sont aussi épargnants, ils devront supporter une hausse de 1,7 point de la CSG sur leur CEL, PEL ou assurance vie. Mais aussi sur les plans d’intéressement, de participation ou d’abondement d’épargne salariale dont ils pourraient profiter au sein de leur entreprise.

De surcroît, on a appris par la suite que le gouvernement avait décidé d’amender de manière substantielle son projet en relevant bel et bien la CSG de 1,7 point au 1er janvier 2018, mais en baissant les cotisations en deux temps, avec une première tranche de baisse début 2018 et la seconde tranche à l’automne 2018. Conclusion : la hausse du pouvoir d’achat sera en 2018 quasi-microscopique (lire Le gouvernement choisit de diluer la baisse des cotisations salariales).

En revanche, pour beaucoup d’autres catégories de Français, la réforme aura des effets néfastes ou alors les promesses ne seront pas tenues. Pour la grande majorité des retraités, on sait depuis l’annonce de la réforme que la montée en puissance de la CSG viendra lourdement ponctionner leur pouvoir d’achat. Pour les indépendants, on a vite compris que la mesure de compensation serait plus fragile.

Et puis, il y a donc les fonctionnaires. Dans leur cas, le gouvernement a longtemps entretenu le flou – ce qui n’est jamais bon signe. Tout juste sait-on qu’un groupe de travail se réunira à Bercy mi-septembre en présence des syndicats sur cette question de l’impact de la réforme de la CSG. Quoi qu’il en soit, il semble donc désormais acquis qu’au-delà du 1er janvier 2018, les agents publics disposeront sur leur feuille de paie d’une prime venant compenser le relèvement de la CSG. Mais c’est tout : selon nos informations, la prime mensuelle n’ira pas au-delà.

Souvent bien renseigné, le site Internet Acteurs publics donne la clef du mystère : si le gouvernement a fait le choix de ne pas honorer la promesse d’Emmanuel Macron, c’est qu’il ne veut pas en payer le prix budgétaire. Car la promesse aurait évidemment coûté cher, comme l’explique au site Pierre Madec, qui est économiste à l’OFCE : de l’ordre de 4,2 milliards d’euros. Explication du site : « D’un côté, la hausse de la CSG “devrait engendrer une hausse des recettes fiscales de l’ordre de 20,7 milliards d’euros”, affirme Pierre Madec, et de l’autre, la baisse des cotisations prévue pour les salariés du privé (3,15 points) “devrait quant à elle entraîner une baisse des recettes de l’ordre de 18,3 milliards”. “Si une compensation de l’ordre de 3,15 % de ces revenus bruts devait être versée aux fonctionnaires et aux indépendants, il faudrait ajouter 6,6 milliards d’euros aux 18,3 milliards précédents”, explique-t-il. D’où, par soustraction, un trou de plus de 4 milliards d’euros… Mais “il semble que la voie empruntée soit plutôt d’accorder un gain de pouvoir d’achat aux seuls salariés du privé et d’assurer une neutralité pour les fonctionnaires, ajoute l’économiste de l’OFCE, structure affiliée à Sciences Po Paris. Nous sommes à peu près sûrs que les fonctionnaires ne gagneront rien en termes de pouvoir d’achat avec cette réforme. Il faut juste espérer qu’ils n’en perdent pas”. »

Ce qui est conforme aux informations que Mediapart a aussi, de son côté, recueillies.

Si le gouvernement n’a jamais confirmé cette volte-face, il l’a néanmoins suggérée. Le 23 août, quand Bercy a publié un communiqué annonçant que finalement la suppression des cotisations maladie et chômage se ferait non pas en une seule fois mais en deux temps, il suffisait de savoir lire entre les lignes l’annonce gouvernementale pour le comprendre.

Pour mémoire, voici ce communiqué :

 

Dans ce communiqué, on pouvait donc déjà comprendre que les fonctionnaires auraient un traitement à part : « Dès le 1er janvier, un gain de pouvoir d’achat bénéficiera aux salariés et aux indépendants. 21 millions de Français verront alors leur revenu net amélioré. Leur gain sera amplifié par une seconde baisse des cotisations à l’automne 2018. Des discussions auront lieu dès l’automne 2017 autour du ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin pour définir les modalités d’une compensation de la hausse de la CSG pour les fonctionnaires. »

En clair, pour les salariés du privé et les indépendants, il était toujours évoqué « un gain de pouvoir d’achat », mais pour les fonctionnaires, il n’était plus question que d’une mesure de « compensation ». Tout était donc déjà dit ou du moins suggéré ! À la poubelle, la promesse présidentielle…

 

Poursuite de l’austérité pour les salaires publics

De ce reniement sur ce dossier de la CSG, il existait d’ailleurs un autre signe, que le pouvoir a envoyé aux fonctionnaires, peu de temps après l’alternance. Car pour offrir aux agents publics un gain en pouvoir d’achat proche de celui du secteur privé, il existait, comme on l’a vu, plusieurs modalités possibles. Une première possibilité était l’octroi d’une prime. Mais il y avait une deuxième possibilité, qui était une majoration de l’indice de la fonction publique.

Or, cette hypothèse a été très tôt écartée. Dès le jeudi 29 juin, sur France 2, le ministre des comptes publics Gérald Darmanin a annoncé qu’il n’y aurait « pas d’augmentation du point d’indice ». « Le président de la République et le premier ministre m’ont demandé de travailler à des propositions sans augmentation d’impôts » pour boucler le prochain budget, a-t-il indiqué ce soir-là en donnant pour seule indication qu’« il n’y aurait pas d’augmentation de point d’indice pour les agents de la fonction publique ».

Or, cette annonce était assurément inquiétante, car il y avait au moins deux bonnes raisons de prendre une mesure générale d’augmentation des rémunérations publiques. La première est celle que l’on vient de voir : pour honorer la promesse Macron dans le dossier de la CSG. Et la seconde a trait à l’austérité salariale qui pèse sur les fonctionnaires depuis si longtemps.

 

Une autre promesse bafouée par Macron

De manière interrompue, sous deux quinquennats, celui de Nicolas Sarkozy puis celui de François Hollande, les gouvernements successifs ont en effet décidé pendant six années, de 2010 à 2016, un gel du point d’indice de la fonction publique, au détriment des quelque 5,3 millions de fonctionnaires (État, collectivités et hôpitaux).

Tout juste, à quelques encablures de l’élection présidentielle, à une époque où il espérait y concourir, François Hollande avait-il fait un geste, comme un clin d’œil électoraliste de dernière minute à des agents publics qu’il avait jusque-là si mal traités : en mars 2016, une hausse très modeste de 1,2 % du point d’indice avait été annoncée, absolument pas de nature à compenser les pertes de pouvoir d’achat subies par les fonctionnaires les six années précédentes. À l’époque, les syndicats n’avaient donc pas été dupes et s’étaient indignés de cette aumône.

C’est pourtant le choix de l’austérité que confirme Emmanuel Macron, sitôt installé à l’Élysée, avec à la clef le retour au gel du point d’indice, en vigueur depuis 2010.

Au total, il n’est donc pas difficile de faire les comptes : le candidat Emmanuel Macron a menti aux fonctionnaires en leur annonçant pendant la campagne présidentielle que, lui élu, leur pouvoir d’achat progresserait. Car il est maintenant acquis que la hausse de la CSG sera seulement compensée. Et de surcroît, le gel du point d’indice de la fonction publique va être maintenu, au moins en 2017 et vraisemblablement 2018. Autrement dit, le pouvoir d’achat des fonctionnaires va baisser, en proportion de l’inflation.

Les menaces qui pèsent sur les fonctionnaires sont même peut-être plus lourdes que cela puisque lors de la conférence nationale des territoires, le 17 juillet, Emmanuel Macron a aussi laissé entendre qu’une réforme pourrait intervenir, de sorte que les règles du jeu encadrant les rémunérations publiques pour les trois fonctions concernées ne soient pas forcément toutes identiques. Ce qui n’est pas, non plus, de très bon augure…

 

120 000 fonctionnaires en moins à la fin du quinquennat

Dans le lot des réformes qui menacent la fonction publique, il y a encore la réduction des effectifs. Pour l’heure, on ne sait pas grand-chose de ce que mitonne le gouvernement. On peut juste se souvenir que, candidat, Emmanuel Macron avait annoncé qu’il continuerait à réduire les effectifs de la fonction publique, en ne compensant que partiellement les départs à la retraite.

Dans son programme, il y était annoncé ceci : « Nous créerons 10 000 postes de policiers et gendarmes supplémentaires. Nous ouvrirons 12 000 postes de professeurs des écoles dans les classes de CP et de CE1 dans les zones prioritaires. Nous réduirons le nombre d’agents publics de 120 000 emplois sur la durée du quinquennat. Cela correspondra à un volume de 50 000 postes non renouvelés dans la fonction publique d’État et d’environ 70 000 dans la fonction publique territoriale, où les départs en retraite vont être nombreux dans les années à venir. Les effectifs de la fonction publique hospitalière seront en revanche maintenus. »

Mais depuis, le gouvernement n’a guère apporté de précisions sur son projet. Le flou, là encore, va pourtant se dissiper très vite, car le projet de loi de finances pour 2018 doit être examiné le 27 septembre prochain en conseil des ministres : les fonctionnaires sauront alors, dans le détail, le traitement que le gouvernement leur réserve.

 

Rétablissement du jour de carence

C’est un autre projet inquiétant qui menace les fonctionnaires : dès 2018, le jour de carence sera rétabli. Le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin l’a annoncé au début du mois de juillet dernier.

Le délai de carence, c’est la période pendant laquelle un salarié en congé maladie n’est pas indemnisé par la Sécurité sociale. Dans le secteur privé, le délai de carence est ainsi de trois jours. Mais dans le public, des réformes successives ont modifié ces dernières années les règles. Alors que lors des années antérieures, il n’y avait aucun jour de carence, François Fillon a choisi de rétablir un jour de carence en janvier 2012. Après son élection, François Hollande a annoncé, lui, qu’il supprimerait ce jour de carence. La mesure a donc été votée en 2013 et est entrée en application le 1er janvier 2014.

 

LES FONCTIONNAIRES DANS LE COLLIMATEUR DE MACRON (MEDIAPART - 3 SEPTEMBRE 2017 PAR LAURENT MAUDUIT)

C’est donc ce rétablissement qu’Emmanuel Macron a décidé de nouveau remettre en cause. Les changements sont si fréquents que le site Internet Service public a visiblement toutes les peines du monde à informer au mieux les citoyens qui consultent leurs droits, et donne donc des informations contradictoires.

A priori, on pourrait penser que le gouvernement ne fait que rétablir un peu d’équité entre le privé et le public – et c’est un argument dont il ne se prive pas d’user. Comme l’a relevé un article récent de Libération, l’argument est pourtant fallacieux. À preuve, le quotidien relevait qu’un rapport de 2009 réalisé par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (on peut le télécharger ici) montrait que 66 % des salariés du privé bénéficient d’une prise en charge par leur employeur des jours de carence. Et Libération rappelait qu’en mai 2015, Emmanuel Macron s’opposait d’ailleurs en ces termes au sénateur LR Roger Karoutchi, qui proposait de revenir à la mesure sarkozyste, en utilisant cet argument. « Si l’on examine de près la situation des salariés du privé, on s’aperçoit que les deux tiers d’entre eux sont couverts par des conventions collectives qui prennent en charge les jours de carence. Donc, “en vrai”, comme disent les enfants, la situation n’est pas aussi injuste que celle que vous décrivez. »

En somme, là encore, Emmanuel Macron a beaucoup dit. Et s’est ensuite beaucoup dédit. Pour finir par retenir pour les fonctionnaires toutes les solutions qui vont ponctionner leur pouvoir d’achat.

Car c’est cela la marque de la politique Macron à l’égard de la fonction publique : toutes les réformes vont dans le même sens et se cumulent. Avec à chaque fois la même philosophie : sus aux fonctionnaires ! De la part d’un chef de l’État qui est si proche des milieux d’affaires et qui fait les yeux doux constamment au secteur privé, et seulement à lui, est-ce si surprenant ?

 

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 06:21

Ils avaient pris des arrêtés « anti-mises à la rue » pour protéger les mal-logés. La convocation devant le tribunal administratif est pour mercredi.

Le tribunal administratif de Montreuil doit se prononcer ce mercredi sur la suspension des arrêtés « anti-mises à la rue » pris par six maires du 93 pour « éviter que des familles entières ne se retrouvent sans solution de relogement ». Azzedine Taïbi (PC, Stains), Gilles Poux (PC, La Courneuve), Laurent Russier (PC, Saint-Denis), Carine Juste (PC, Villetaneuse), Sylvine Thomassin (PS, Bondy) et Meriem Derkaoui (PC, Aubervilliers) sont convoqués pour une audience commune à 9 h 30, à la demande du préfet de Seine-Saint-Denis. « L’Etat durcit sensiblement sa politique contre les personnes les plus en difficultés en multipliant les concours à la force publique, en rabotant les aides au logement et en laissant planer le doute sur le maintien de la loi SRU », alertent ces derniers, appelant dans un communiqué « la population à venir (les) soutenir massivement » ce mercredi.

 

 

  leparisien

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 12:13
Philippe Martinez : « Agir par la grève et dans la rue contre les pleins pouvoirs patronaux »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR DIEGO CHAUVET ET PIERRE-HENRI LAB AVEC CYPRIANE EL CHAMI
VENDREDI, 8 SEPTEMBRE, 2017
HUMANITÉ DIMANCHE
Photo : Thomas Samson/AFP
Photo : Thomas Samson/AFP

12 septembre. Pour le secrétaire général de la CGT, les ordonnances vont considérablement affaiblir les protections salariales et conforter « un pouvoir patronal quasi d’ordre divin ». Il pointe la possibilité offerte aux employeurs de licencier individuellement ou collectivement comme bon leur semble. Il appelle les salariés à cesser le travail et manifester le 12 septembre. Il prévient que d’autres mobilisations suivront et rappelle l’exemple des ordonnances du contrat première embauche (2006), promulguées mais jamais mises en œuvre grâce aux fortes mobilisations.

Humanité Dimanche. Primauté de l’accord d’entreprise, barème des indemnités prud’homales, facilitation des licenciements… Avec ces ordonnances, le droit du travail ne passe-t-il pas de la protection même imparfaite du salarié à celle de l’employeur ?

Philippe Martinez. Avec ces ordonnances, c’est la baisse des droits des salariés et le renforcement des pouvoirs des employeurs. C’est le monde du travail à l’américaine où le salarié est congédié sans autre procès et quitte en quelques minutes son travail en emportant ses affaires un carton sous le bras. La communication du gouvernement est habile, mais il y a bien inversion de la hiérarchie des normes. L’exécutif se targue par exemple de renforcer la négociation dans les branches, mais ce renforcement se fait au détriment du Code du travail. Ce sont en effet les branches et non plus la loi qui détermineront le nombre, la durée et le délai de carence des contrats à durée déterminée. La durée du congé maternité est aussi renvoyée au niveau de la branche. Demain en fonction d’où elle travaille, une femme enceinte ne disposera pas des mêmes droits. Ces ordonnances détruisent la base des droits collectifs.

L’augmentation des indemnités de licenciement ne compense pas la baisse des dommages et intérêts accordés par le juge que va engendrer leur plafonnement. Au final, le salarié touchera moins que ce à quoi il a droit aujourd’hui. Pire encore, avec le fameux droit à l’erreur que veut lui accorder le gouvernement, un employeur pourra attendre tranquillement le passage devant le tribunal des prud’hommes, soit un ou deux ans, pour préciser le motif du licenciement. Cela revient à demander au salarié de se défendre sans savoir de quoi il est accusé. C’est le licenciement sans motif tel qu’il existait avant 1973. Quelle modernité ! Ces ordonnances ne relèvent pas du droit, elles relèvent du pouvoir presque d’ordre divin de l’employeur.

Les ordonnances contiennent même des mesures qui n’ont jamais été discutées comme la rupture conventionnelle collective. L’employeur, qui peut déjà licencier individuellement dans le cadre d’une négociation de gré à gré, pourra donc désormais le faire collectivement. Il échappera ainsi aux obligations d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Sans compter la réduction au niveau national du périmètre d’appréciation des difficultés de l’entreprise, qui va permettre à des groupes en très bonne santé financière de licencier ou de fermer des usines comme bon leur semble. Chacun sait comme il est facile pour une multinationale par des jeux d’écritures comptables de mettre sa filiale en difficulté. Les ordonnances vont aussi sanctionner de licenciement le refus, par un salarié, d’une modification de son contrat de travail en cas d’accord d’entreprise. Licencié pour cause réelle et sérieuse, le salarié n’aura droit à aucune indemnité.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 05:31
André Chassaigne dévoile l'illusion Macron! (L'Humanité Dimanche)
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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 14:07
Le conseiller Macron portait déjà la parole de Pierre Gattaz à l’Elysée en 2012-2013
GÉRARD LE PUILL
VENDREDI, 8 SEPTEMBRE, 2017
HUMANITE.FR
Pierre Gattaz et Emmanuel Macron à l'université d'été du Medef en août 2016. Photo : Eric Piermont/AFP

Alors que le locataire de l’Elysée veut aujourd’hui aller plus loin que la loi El Khomri pour casser le code du travail, le témoignage d’un journaliste de l’Agence France Presse (AFP), en poste à l’Elysée  ces dernières années, nous révèle  qu’il était déjà le porte-parole du président du Medef quand il conseillait François Hollande sur les dossiers économiques.

Les sondages sur la chute de popularité d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre Edouard Philippe se suivent et se ressemblent, même si, réalisés par différents instituts, ils ne donnent pas les mêmes chiffres. Celui réalisé par l’institut Elabe pour le quotidien Les Echos du 8 septembre auprès de 1002 personnes nous indique que  45% des Français interrogés disaient faire confiance au nouveau président de la République en mai, juin et juillet. Ce chiffre chutait à 40% en août et tombe à 37%  en septembre.

L’indice de confiance envers le Premier ministre, issu du parti Les Républicains créé par Nicolas Sarkozy, avait démarré à 36% en mai pour passer à 37% en juin et cumuler à 43% en juillet. Il n’était  plusque de 37% en août et tombe à 32% en septembre. Au fur et à mesure que les Français découvrent la véritable politique voulue par le président Macron et son gouvernement, la confiance recule. On peut penser que l’attaque frontale contre le code du travail, alors que de nouveaux cadeaux sont annoncés en faveur du patronat, nourrit de plus en plus la  méfiance des Français.

Faire payer les petites augmentions de salaire du privé par les retraités

Macron a annoncé qu’il voulait faire passer l’impôt sur les bénéfices nets des entreprises à 25%  au lieu de 33% aujourd’hui. « Et en le même temps », pour reprendre son tic de langage, il annonce que seuls les  biens immobiliers seront à l’avenir soumis à l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) tandis que les capitaux spéculatifs qui jouent à l’économie de casino sur toutes les bourses de la planète en seront exonérées. Comme si cela ne suiffait pas, les petites augmentations de salaires que permettra la suppression simultanée de la cotisation chômage et de la cotisation maladie des salariés du privé  ne coûteront rien aux employeurs puisqu’elles seront financées via une augmentation de 1,7% de la CSG imposée aux fonctionnaires et à 60% des retraités dont les pensions n’ont pourtant pas augmenté depuis quatre ans.

Faut-il s’étonner de cette attitude qui semble dictée au président de la République par Pierre Gattaz et le Medef ? Non si  on prend la peine de relire le chapitre 5 du livre écrit par Hervé Asquin (1), correspondant de l’AFP à l’Elysée,  du temps où  François Hollande était président. Dans ce livre paru en mai 2016, Asquin raconte comment, dès l’été 2013, une visite discrète de René Ricol, ancien commissaire général  à l’Investissement nommé par Nicolas Sarkozy, est venu à l’Elysée pour persuaderFrançois Hollande de donner satisfaction au président du Medef qui  réclamait un « pacte de confiance ».

Suite à cette démarche, Pierre Gattaz était reçu à l’Elysée par François Hollande en compagnie de René Ricol, du conseiller Macron et de Michel Sapin, ministre du travail à l’époque. Selon le journaliste de l’AFP, Gattaz plaida pour l’ouverture de cinq chantiers : baisse du coût du travail, de la fiscalité sur les entreprises, baisse des dépenses publiques en parallèle, simplification du droit du travail, levée des freins à l’embauche. C’est à la suite de cette rencontre que Louis Gallois fut chargé de préparer un nouveau cadeau fait au patronat via le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE). C’était l’époque où Pierre Gattaz portait à la boutonnière un pins’ promettant la création d’un million d’emplois.

Gattaz et Macron « sont a tu et à toi », ils » échangent des textos nuit et jour ».

Et le rôle de Macron dans tout ça? Voici quelques extraits de ce qu’en dit Hervé Asquin dans son livre  en s’appuyant sur de nombreuses citations de Gattaz comme de Hollande : « A l’Elysée, Pierre Gattaz dispose d’un relai de poids : Emmanuel Macron. Il sera son cheval de Troie». Selon Gattaz, cité par  Asquin, Macron « veut transformer le pays  et je profite de ce contact (…) Je lui  présente le pacte de confiance, il le fait aboutir avec François Hollande. Bravo ! C’est une victoire pour Emmanuel Macron, pour François Hollande et pour le pays ».

Selon Hervé Asquin, Gattaz et Macron « sont a tu et à toi ». Hollande lui révèle qu’ils « échangent des textos nuit et jour», avant d’ajouter : «  Qu’un collaborateur comme Macron  puisse échanger des textos, essayer de donner des informations, c’est tout à fait légitime, mais qu’ils aient des conversations à tout moment, sous toutes les formes, nuit et jour, c’est quand même…  ». « Le président n’achève pas sa phrase », écrit Hervé Asquin confirmant cette façon qu’à  François Hollande de ne pas aller au bout de ses suggestions comme l’a aussi révélé le livre des deux journalistes du Monde (2).

Parce qu’il était du voyage présidentiel du 10 au 12 février 2014 aux Etats-Unis auquel participait aussi le président du Medef, le journaliste de l’AFP précise aussi que la décision d’accorder 40 milliard  d’allègements de charges au patronat fut décidé dans l’Airbus présidentiel entre François Hollande et Pierre Gattaz avec   la participation d’Emmanuel Macron et de Pierre Moscovici.

Suite à cet accord, Gattaz dira aux journalistes présents dans ce même avion : «Il n’est pas question que je prenne des engagements de résultats, ce n’est pas de l’argent public qu’on nous donne, c’est une baisse de la fiscalité. Je n’ai pas un bouton sur lequel j’appuie pour créer de l’emploi; l’emploi, c’est une conséquences».

La double conséquence fut finalement l’impossibilité pour François Hollande de solliciter un second  mandat à l’Elysée et le hold-up d’Emmanuel Macron  pour s’emparer du poste avec les objectifs que les Français découvrent progressivement.

(1) Hervé Asquin, l’Elysée selon Hollande, l’Archipel

(2) Un président ne devrait  pas dire ça, de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock

Journaliste et auteur
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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 13:09
Patronat. Le CAC 40 en passe de battre tous les records de profits
SÉBASTIEN CRÉPEL
LUNDI, 4 SEPTEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
Olivier Brandicourt, PDG de Sanofi, vole la vedette à Total au premier semestre grâce à un profit en hausse de 200 %. éric Piermont/AFP
 

Avec 52 milliards au premier semestre, en hausse de 26,5 %, les bénéfices des 40 principales sociétés cotées ne se sont jamais mieux portés. De quoi contredire l’argumentaire sur la casse du Code du travail menée au nom de « l’emploi ».

Le « coût du travail » et les « rigidités » du marché du travail seraient la cause du chômage en France ? Mieux que des discours, les résultats du CAC 40 au premier semestre apportent un éclairage utile sur la question. Avec 52 milliards d’euros engrangés depuis janvier, en hausse de 26,5 % par rapport au premier semestre de l’année dernière, les bénéfices des 40 principales sociétés cotées ne se sont jamais mieux portés. À tel point qu’ils sont en passe d’exploser le sommet de 2007, année de tous les records pour les profits, quand 95 milliards étaient entrés dans les caisses avant que la crise financière ne vienne sonner la fin de la fête… momentanément. Sur sa lancée, le résultat net des groupes pourrait crever le plafond des 100 milliards d’euros en 2017, un niveau jamais égalé, avec une croissance au bout de l’année visant les 30 %, comme en 2016 (+ 32 %).

D’ores et déjà, les grands groupes ont accumulé en six mois un trésor équivalant à plus de deux tiers de la totalité de leurs profits de l’an dernier. La recette de ces entreprises pour renouer avec l’euphorie des années 2000 : une politique de restructuration et de réduction des coûts, notamment salariaux, mise en œuvre durant la crise et qui leur a permis, une fois la conjoncture redevenue plus favorable, de renouer avec des profits historiques progressant beaucoup plus rapidement que leur chiffre d’affaires (+ 6,9 %). En d’autres termes, de faire de l’argent sur le dos de l’emploi, avec un taux de marge en hausse d’un point en un an, à 12,5 % en moyenne, contre 11,4 % un an plus tôt.

Le poids des banques demeure prédominant

Dans le détail, on observe une augmentation des bénéfices pour les trois quarts des sociétés du CAC 40, dont certaines affichent des taux de progression à trois chiffres, loin, très loin de la croissance de l’économie française (0,5 % au premier trimestre comme au deuxième trimestre). C’est le cas d’ArcelorMittal (+ 234 %, 8e avec 2,07 milliards d’euros de bénéfices) et surtout de Sanofi qui, en triplant ses profits (+ 200 %, 6,7 milliards d’euros), vole la tête du classement du semestre à Total, pourtant en bonne forme (+ 32,3 %, 2e avec 4,35 milliards). Parmi les autres stars du top 10 des superprofits, Renault et le Crédit agricole (+ 58,5 % chacun, respectivement 5e avec 2,4 milliards et 6e avec 2,2 milliards), LVMH (+ 23,8 %, 7e, 2,1 milliards) et L’Oréal (+ 37,7 %, 9e, 2 milliards) affichent aussi de belles progressions, tandis que BNP Paribas (– 1,9 %, 3e, 4,3 milliards) et Axa (+ 1,9 %, 4e, 3,3 milliards) sont quasi stables. Seule la Société générale affiche un fort recul de ses bénéfices (– 24,3 %, 10e, 1,8 milliard). Hors le Crédit agricole, ce n’est d’ailleurs pas le secteur financier qui tire la croissance des bénéfices du CAC 40. Bien que le poids des banques demeure prédominant avec 11 milliards d’euros au premier semestre, ce sont les sociétés non financières qui caracolent à + 32,8 % de profits en moyenne, soit 6 points de plus que le CAC 40 dans son ensemble.

« Quand on écoute les patrons du CAC 40, on entend les mots : très bon premier semestre, chiffres records, carnet de commandes en hausse, confie un expert au journal les Échos. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un tel enthousiasme. » De quoi contredire l’argumentaire du premier ministre qui prétend, dans le Journal du dimanche, qu’il n’y aurait d’autre voie pour « attaquer le chômage » que l’octroi de « plus de souplesse au droit du travail » – en réalité, la casse des droits collectifs des travailleurs par ordonnances – et la baisse du « coût du travail » par la « baisse des cotisations ». Car la fragilisation des salariés dans le rapport de forces face aux employeurs d’un côté, et la baisse de leur salaire brut par l’amputation des cotisations de l’autre, vont peser encore davantage sur le niveau global des salaires, favorisant la captation d’une part toujours plus grande des richesses par le capital. Au contraire, des économistes comme Nasser Mansouri-Guilani, syndicaliste à la CGT, plaident pour une définanciarisation de l’économie. Cela passe, selon le responsable syndical, non seulement par la fin des politiques de « déflation salariale », c’est-à-dire par l’augmentation des salaires, mais aussi par le réinvestissement de l’argent détourné par la finance dans les capacités de production.

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 19:08
Appel commun de la CGT et du Mouvement de la paix aux marches pour la Paix du 23 septembre

Depuis plusieurs années, la CGT et le Mouvement de la paix participent conjointement à des initiatives dans le cadre de la promotion de la journée internationale de la paix.

Ceux qui dirigent le monde nous conduisent à un accroissement insupportable des inégalités entre les peuples. Cette situation, qui plonge plus d'un milliard d'habitants de la planète dans l'extrême pauvreté, est un facteur majeur d'insécurité sociale, de violences et de conflits armés…

C'est sur la pauvreté notamment que prospère le terrorisme. Ni rejet de l'autre, ni politique sécuritaire ou surenchère militaire ne peuvent constituer une solution. Le 13 avril 2016, nos organisations ont exprimé le souhait que « Le gouvernement français assure la promotion de la Journée internationale de la paix et la mise en oeuvre des résolutions des Nations unies pour la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence ». Nous avons insisté « pour que la France prenne des initiatives marquantes (…) afin de relancer les négociations internationales pour la mise en oeuvre d’un désarmement nucléaire négocié » et rappelé que l’Organisation Internationale du Travail (O.I.T) stipule dans son préambule « qu’une paix durable ne peut se construire qu’à travers la justice sociale ».

En 2000, les résolutions de l’assemblée générale des Nations Unies (A/RES/52/13 et A/53/243) appelaient « préserver les générations futures du fléau de la guerre exige une transition vers une culture de la paix afin de prévenir les conflits en s’attaquant à leurs causes profondes pour résoudre les problèmes grâce au dialogue et à la négociation » L'adoption par les Nations Unies, le 7 juillet 2017, d'un traité d’interdiction des armes nucléaires est un succès historique pour les peuples. Il est soumis à ratification dès le 2O septembre 2017. La conférence mondiale, contre les bombes A et H qui s’est tenue à Hiroshima en Aout 2017, appelle à la réussite d’une vague mondiale de mobilisation pour la paix du 20 au 26 septembre. L'actualité internationale souligne l’urgence d’une mobilisation populaire pour la paix ! Les marches pour la Paix seront un moment essentiel pour exiger de la France qu'elle :
- Ratifie et signe le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires de l’ONU.
- Renonce à porter son budget militaire à 2% du PIB
- Se retire de l’OTAN
- S’engage résolument à construire une politique de paix et de prévention des conflits en application de la Charte des Nations Unies et des résolutions de l’ONU pour une culture de la paix. Le Mouvement de la paix et la CGT sont cosignataires, avec plus de 100 autres organisations, de l’appel national à marcher pour la paix, le samedi 23 septembre 2017. A travers les marches qui seront organisées partout en France, nous réaffirmons notre attachement aux valeurs de paix, de fraternité, de justice, de solidarité, de démocratie, de liberté. CGT /Mouvement de la Paix. Montreuil le 6 septembre 2017.

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:59
Macron, la SNCF et l’impunité démocratique - par Laurent Mauduit (7 septembre 2017, Médiapart)
Macron, la SNCF et l’impunité démocratique
 PAR 

Emmanuel Macron annonce une réforme explosive de la SNCF et du statut des cheminots. Alors que les ordonnances viennent à peine d'être dévoilées, ainsi qu'une pluie d'autres mesures controversées, le chef de l’État, comme enfermé dans une bulle, avance à marche forcée sans se soucier de ce que le pays souhaite ou peut accepter.

 

Emmanuel Macron use décidément d’une méthode singulière pour annoncer ses réformes. Alors que sous d’autres majorités, les projets essentiels touchant à la politique économique et sociale ont souvent été longuement débattus – au risque parfois de s’enliser –, lui avance constamment à la hussarde. Comme si seules ses propres convictions comptaient et que l’État n’avait nul besoin de prendre le temps d’établir ce que Michel Rocard, en d’autres temps, appelait « un diagnostic partagé », ni de confronter ses intuitions à celles des autres acteurs de la vie de la Cité.

La réforme de la SNCF qui se dessine est la dernière illustration en date de cette conception monarchique dans laquelle s’insère depuis le début du quinquennat l’action publique : usant du pouvoir exorbitant que lui confèrent les institutions antidémocratiques de la Ve République, Emmanuel Macron a une opinion sur tout, décide de tout, et veut que les choses aillent vite. L’avenir de cette entreprise publique – qui est (ou était ?) un grand service public – est visiblement déjà scellé. Dans son esprit et donc dans les faits. Puisque tel est son bon plaisir…

C’est d’abord d’une manière pour le moins cavalière que cette réforme très importante – pour les cheminots, comme pour les usagers du service public – a été annoncée : au terme de ce qui est visiblement une opération de communication soigneusement préparée, le journal Le Monde a obtenu le verbatim des propos que le chef de l’État a tenus le 1er juillet dernier, alors qu’il était à bord d’un TGV pour l’inauguration de la ligne à très grande vitesse Le Mans-Rennes, propos qui ont été par la suite publiés par la direction de l’entreprise dans le magazine interne de la SNCF, Les Infos Le Mag.

L’opération de communication est même grossièrement menée, puisque le quotidien tient un récit qui confine à l’extase : « Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, aurait été ébahi par l’approche de M. Macron – mélange de courtoisie accessible et de propos sans fard – qui a laissé les salariés médusés, racontent les témoins de cet échange », peut-on ainsi lire, en amorce de l’article. Voici sans doute le type de journalisme qu’apprécie Emmanuel Macron, lui qui ne rate jamais une occasion de montrer son agacement contre la presse…

Ce préambule étant fait, Le Monde livre les propos du chef de l’État face à différents interlocuteurs rencontrés lors de ce voyage inaugural. « Pour être franc, je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n’est pas celui sur lequel on construira la SNCF du XXIsiècle », a-t-il ainsi répondu à un salarié du Technicentre Atlantique de Châtillon (Hauts-de-Seine), qui l’interrogeait sur l’avenir du groupe public. « Votre défi sera de ne pas rester sur la protection du passé (…). Le vrai défi sera de dire : si vous voulez défendre votre entreprise, il faut la réinventer. »

Mais la réinventer comment ? Emmanuel Macron a clairement fait comprendre que cela passerait par une réforme du statut des cheminots et par une remise en cause du régime spécial dont ils profitent. « Vous protéger, ce n’est pas protéger votre statut ou le job d’hier, c’est vous protéger en tant qu’individu, pour aller vers le job de demain (…). Soyons clairs, si nous ne réglons pas ce problème, ce sont vos enfants qui paieront. C’est injuste. »

Dans la tête d’Emmanuel Macron, dès le 1er juillet, tout était donc déjà calé. Les contours de la réforme de la SNCF, mais aussi son calendrier. « Je souhaite que l’on puisse avoir au premier semestre 2018 une loi-cadre qui donne le top départ de cette réforme, par exemple au 1er juillet 2018 ou début 2019. (…) Ceux qui étaient à cinq ans de la retraite ne sont pas touchés, les autres ont des droits acquis dans un régime et à partir de ce jour-là basculent vers un régime unique où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits. »

La réforme pourrait-elle même être encore plus explosive ? Surfant sur les directives de l’Union européenne, qui a fixé les dates limites pour l'ouverture à la concurrence à fin 2019 pour les lignes régionales et à fin 2021 pour les lignes à grande vitesse, le chef de l’État imaginerait-il même que la SNCF aille jusqu’au bout de la logique de privatisation rampante dans laquelle elle est entrée depuis de longues années ? Ce n’est pas dit explicitement, mais c’est à tout le moins suggéré :

« Je pense que si SNCF, avec toute la force que vous représentez, sait s’adapter, elle sera le champion de la concurrence, a plaidé M. Macron. La concurrence va aider les évolutions qui sont déjà en cours. (…) Est-ce que ça veut dire qu’il n’y aura plus de SNCF, que les agents n’auront plus leur place ? Pas du tout. Mais SNCF sera un acteur des mobilités plurielles, beaucoup plus numérisées où les agents auront des missions plus variées (…). Demain, j’attends de SNCF qu’il soit un opérateur intégré qui dira : je sais vous emmener en train puis en car, puis vous louer un taxi ou une solution de covoiturage ou de vélo en ville, etc. Beaucoup ont encore le sentiment, parce que c’est notre imaginaire collectif, que la fierté de SNCF, c’est d’avoir de beaux trains, de belles gares et des infrastructures. Ce n’est pas vrai. Ce sont les voyageurs, les chargeurs, les données les concernant qui ont de la valeur dans cette entreprise. »

À la lecture de ces propos, on pourrait s’en amuser. Finie la SNCF, acteur historique du service public à la française ! Vive SNCF, « acteur des mobilités plurielles ». Mais derrière ces jongleries sémantiques, on devine bien que c’est un projet lourd de conséquences qui se profile…

Le propos présidentiel est donc inquiétant à plus d’un titre. D’abord, il vient confirmer que l’Élysée n’a pas de projets tabous : même les services publics pourraient passer à la moulinette de ce pouvoir néolibéral.

On observera certes que dans le cas de la SNCF, la dérégulation du service public est engagée de très longue date. Parmi les coups de boutoir, il y a ainsi eu la scission au début de 1997 de l’entreprise, avec d’un côté Réseau ferré de France (RFF), chargé du réseau ; et de l’autre la SNCF elle-même, chargée de l’exploitation des transports des voyageurs et des marchandises – même si en 2015, une holding de tête a finalement été créée. Il y a eu à la même époque des transferts aux régions des transports régionaux ; puis les années suivantes, des mises en concurrence sur certaines activités spécifiques de transport.

Et puis, tout au long de ces années, il y a eu une cascade de fermetures de lignes non rentables et une modification radicale des politiques tarifaires de la SNCF. Avec au bout du compte le résultat que l’on sait, que résume cette interrogation : peut-on encore dire que la SNCF est l’acteur majeur du service public des transports ? Assurément, non ! Elle a cessé progressivement de l’être. Car si un service public se définit par quelques critères très simples – comme la péréquation des tarifs ou l’égalité des conditions d’accès pour les citoyens –, la SNCF a progressivement cessé d’y souscrire. Il n’y a plus depuis belle lurette de péréquation des tarifs ; lesquels sont devenus proprement incompréhensibles ! Et il n’y a pas plus d’égalité d’accès des citoyens puisque, progressivement, n’ont plus été exploitées que les lignes rentables.

Et l’on devine sans peine que les ouvertures définitives à la concurrence prévues pour fin 2019 pour les lignes régionales et fin 2021 pour les lignes à grande vitesse risquent de jouer un rôle formidable d’accélérateur : c’est la logique du profit qui va définitivement l’emporter sur la logique du service public.

Même si la déréglementation du service public des transports s’inscrit dans une histoire longue, on se prend à penser que l’ultime coup de boutoir, celui qui fera irrémédiablement basculer la SNCF dans les logiques du privé, aurait pu mériter un débat. Une consultation des cheminots, et tout autant un grand débat public avec les citoyens. Car la SNCF n’est assurément pas une entreprise comme les autres, compte tenu des rôles majeurs qu’elle joue dans la vie de la Cité pour les usagers ; dans la vie économique ; dans les questions d’aménagement du territoire…

Emmanuel Macron ne l’entend visiblement pas de cette oreille. « L’État, c’est moi ! » : toujours pressé, il semble constamment adepte de la méthode autoritaire. Ou plus précisément, il semble empreint d’un trait de caractère, qui est la marque de certains grands corps de l’État et tout particulièrement l’Inspection des finances : lui sait ce qui est bon pour le pays, ce que le pays ne sait pas forcément lui-même. C’est le propre d’un système oligarchique : les élites qui le composent ont la ferme conviction de contribuer au bonheur du peuple, même contre son gré.

Dans le contenu même de la réforme de la SNCF qu’il a ainsi annoncée, comme dans la méthode qu’il a choisie pour ce faire, Emmanuel Macron révèle donc ce qui est sans doute l’une de ses principales faiblesses : il semble enfermé dans une bulle, incapable de pressentir le choc que ses propos peuvent susciter. Incapable de comprendre que la démocratie n’est pas une perte de temps et qu’elle repose d’abord sur un va-et-vient constant entre gouvernants et gouvernés…

 

Le sentiment qu’Emmanuel Macron donne d’être enfermé dans une bulle est d’autant plus fort que cette annonce d’une réforme à hauts risques de la SNCF intervient dans un contexte pour le moins chahuté.

D’abord, le pays vient tout juste de découvrir le choc social que risquaient d’induire les ordonnances, avec à la clef un démantèlement de pans entiers du code du travail. Instruit du conflit social gravissime qu’avait dû affronter Alain Juppé pendant l’hiver 1995, après avoir annoncé pêle-mêle une réforme de l’assurance maladie, une réforme des retraites et la suppression des régimes spéciaux de retraite, tout autre gouvernement aurait avancé avec précaution. Emmanuel Macron, lui, ne se soucie visiblement pas de cela. En avant toute ! Et qu’importe la journée de grèves et de manifestations organisée par la CGT dans toute la France le 12 septembre : pour le chef de l’État, tout cela semble secondaire. Ne perdons pas de temps…

Cet enfermement du pouvoir est même encore plus spectaculaire que cela, puisque l’actualité sociale n’est pas constituée que de la révélation du contenu des ordonnances. Il y a aussi une pluie d’autres mesures, qui continuent jour après jour… De la réduction de 5 euros du montant des aides personnalisées au logement (APL) en passant par de nombreuses mesures d’austérité pour les fonctionnaires, c’est une farandole interrompue de mesures controversées.

Emmanuel Macron semble si sûr de son fait qu’on en viendrait presque à oublier les conditions de sa victoire à l’élection présidentielle : du fait d’un vote de rejet de la candidate de l’extrême droite, beaucoup plus que d’un vote d’adhésion à son propre programme. Mais cela, le chef de l’État ne semble guère s’en soucier, préférant s’enfermer dans un dangereux système d’impunité démocratique. C'est le paradoxe de la situation présente : la violence des mesures concoctées par le chef de l’État est, si l'on peut dire, inversement proportionnelle à la légitimité du pouvoir qu'il incarne…

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