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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 13:24
PCF Finistère: Jeudi 14 novembre, toutes et tous ensemble, pour le droit à la santé, pour l’humain d’abord ! Mobilisons-nous, professionnels de santé, citoyens usagers, toute la population !
Jeudi 14 novembre, toutes et tous ensemble, pour le droit à la santé, pour l’humain d’abord !
Mobilisons-nous, professionnels de santé, citoyens usagers, toute la population !

Communiqué de la fédération PCF du Finistère - 13 novembre 2019

 Les soignants et médecins des Urgences, soutenus en cela par une large majorité de la population, ne cessent de réclamer des effectifs, des lits et une reconnaissance professionnelle par une augmentation de salaires : pleinement conscients que leurs mauvaises conditions de travail, le manque criant de personnels sont synonymes de dégradation des conditions d’accueil et de prises en charge des patients, ils ne veulent plus travailler dans ces conditions indignes pour eux-mêmes et les personnes dont ils/elles ont la responsabilité, au risque de les mettre en danger. Dans les EHPAD, la psychiatrie, les maternités, les personnels de santé n'en peuvent plus et les usagers sont lésés par la fragilisation des services publics et des financements de la santé.

La situation de notre système de santé et particulièrement de nos hôpitaux publics est dramatique.

Dramatique pour les soignants et les patients en souffrance, pour l’accès aux soins de plus en plus remis en cause par les inégalités sociales et territoriales.

Notre département aussi est durement touché: fermetures de services, de lits, accès aux urgences et au Smur qui n’est plus assuré 24h sur 24 dans la continuité de notre territoire, délais d’attente insupportables pour les patients dans les couloirs,allongement sans fin de la durée de prise de rendez-vous avec un spécialiste, il y a en Bretagne 20 % de moins de médecins spécialistes que la moyenne française, et c’est pire dans le Finistère, médicaments « en rupture de stock ». Et le vieillissement de la population n’est pas pris en compte et encore moins anticipé.

Mais le nouveau directeur de l’ARS Bretagne nous chante « Tout va très bien Mme la marquise »: les Bretons sont « de bons élèves » , ils ne consomment « que 4, 8 % des dépenses de santé » du pays alors qu’ils comptent pour 5 % dans la population française. Le fait que nos hôpitaux soient sous-financés, que les données de santé ne soient pas bonnes, que la mortalité prématurée soit supérieure en Bretagne de 16 % à celle du pays ne lui pose pas de problème de conscience.

Le financement, c’est le nœud du problème. Et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, voté sans état d’âme par tous les députés finistériens LREM non seulement n’apportera aucune amélioration mais ne va même pas maintenir le statu quo puisque Macron et sa majorité vont encore prendre 4 milliards d’euros au détriment de notre protection sociale dont 1 milliard à l’hôpital public !

Alors que depuis des mois le mouvement dans les hôpitaux s’enracinent dans nombre de services d’urgence, et d’autres, après les EHPAD et les hôpitaux psychiatriques, au cours de ces deux dernières années, le gouvernement entend donner « le coup de grâce » au service public hospitalier avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020, que les députés LREM du département ont voté sans sourciller. Le gouvernement continue de rogner sur la santé. 4,2 milliards sont "économisés" sur les dépenses de santé cette année. 900 millions d'économies supplémentaires sont demandés à l'hôpital public, déjà exsangue. Le budget de la Sécurité Sociale est de plus en plus intégré au budget de l'Etat. 

Les recettes de la Sécu sont amputés par 4,7 milliards d'euros d'exonérations de cotisations en plus cette année.

Alors qu’il faudrait au contraire mettre en œuvre comme le proposent les communistes un grand plan d’urgence pour l’hôpital public, arrêter les fermetures de lits et de services, créer 100 000 emplois à l’hôpital maintenant, 300 000 sur 3 ans dans les Ehpad, ouvrir des centres de santé publics, aller vers la prise en charge à 100 % par la Sécu de tous les soins prescrits, mettre en place une réelle démocratie sanitaire.

Des solutions existent pour financer ces mesures comme la suppression de l’allègement CICE de cotisations patronales (24 milliards d’euros), des autres allègements de cotisations (11 milliards), la suppression de la taxe sur les salaires prélevée sur les hôpitaux (4 milliards).

Ce jeudi 14 novembre une journée de mobilisation sans précédent va se dérouler dans tout le pays associant salarié-es, médecins, citoyen-nes pour exiger des moyens pour notre santé.

Les communistes y prendront toute leur part:

- la section du Pays de Brest du PCF soutient le rassemblement syndical qui aura lieu ce jeudi 14 novembre à 10 h 30 Place de la Liberté  à Brest et appelle  les professionnels de santé, les citoyens usagers, et toute la population à y participer.

- La section du pays de Cornouaille du PCF apporte son total soutien à l’action des personnels hospitaliers de Quimper et de Cornouaille qui vont se regrouper à 14h45 à Quimper devant l’entrée du CHIC pour marcher ensuite en direction de l’antenne finistérienne de l’ARS Bretagne venelle de Kergos.

Elle appelle à participer nombreux au rassemblement qui aura lieu ce même jeudi à 18h place St Corentin à Quimper à l’initiative d’un très large collectif de mouvements associatifs, syndicaux, politiques, dont le parti communiste, de Quimper et de Cornouaille, pour des moyens à la hauteur des besoins de santé, pour des soins accessibles à tous.

- La section du pays de Morlaix du PCF appelle à soutenir le rassemblement des personnels de l'hôpital en debrayage à 14h au bâtiment administratif de l'hôpital à Morlaix, direction Rond Point Saint Fiacre 

PCF Finistère: Jeudi 14 novembre, toutes et tous ensemble, pour le droit à la santé, pour l’humain d’abord ! Mobilisons-nous, professionnels de santé, citoyens usagers, toute la population !
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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 12:30
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François

Premières photos d'Eugène Caradec Davilliers et de Ismaël Dupont de la réunion publique de Ian Brossat, porte-parole du PCF, candidat communiste aux dernières européennes, adjoint au logement à la mairie de Paris et président de l'ANECR (association nationale des élus communistes et républicains, qui regroupe 7000 élus dont 600 maires) à Quimper ce vendredi 8 novembre, sur l'enjeu des élections municipales, mais beaucoup d'autres thèmes connexes ont été abordé aussi par Ian Brossat, et les personnes qui l'accompagnaient à la tribune, Yvonne Rainero, Glenn Le Saoût, Ismaël Dupont, comme par les participants, Françoise Guéguen, syndicaliste CGT, qui est intervenue sur la réforme chômage, Martine Carn, présidente de comité de défense de l'hôpital du pays de Morlaix, sur la crise vécue par les usagers et salariés de l'hôpital, Jean-Marc Clery, responsable de la FSU Bretagne, sur la réforme territoriale et les contours flous d'un nouvel acte de la décentralisation, Bernard Jasserand, sur la privatisation de l'énergie, etc : la réforme de Macron contre les droits des chômeurs, la réforme des retraites, le climat de banalisation du racisme et de l'islamophobie pour faire diversion a la question sociale, la dégradation des services publics, notamment a l'hôpital, les propositions communistes phare dans ces élections municipales.

90 personnes étaient présentes pour cette très belle réunion publique avec un Ian Brossat super brillant et limpide comme à son habitude!

Ian Brossat avait auparavant échangé de la problématique d'Air bnb, du logement et de la ville pour tous à Douarnenez avec une centaine de personnes à la librairie L'Ivraie à Douarnenez. 

Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François
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Une très belle réunion publique avec Ian Brossat ce vendredi 8 novembre 2019 à Quimper aux Halles St François

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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 12:14

Bolivie : La France doit condamner le coup d’État et ne pas abandonner le peuple bolivien (PCF)


Le coup d'Etat en Bolivie qui a chassé du pouvoir, le 10 novembre dernier, le président Evo Morales et les forces de gauche bolivienne a été orchestré par l'Administration Trump, qui s'est félicitée d'un « moment significatif pour la démocratie », et par « son ministère des colonies », l'Organisation des Etats américains (OEA).


Cet acte de la plus haute gravité doit être, sans plus attendre, reconnu comme tel et condamné par la France, les États membres de l'UE et le Conseil de sécurité de l'ONU.


La violence, les chasses à l'homme, ratonnades, humiliations, saccages, tabassages et meurtres organisés par les forces de droite et d'extrême droite, des forces policières et militaires boliviennes avec le soutien actif des Etats-Unis depuis le soir du scrutin présidentiel n'ont pas cessé. Les militant-e-s de gauche mais aussi l'ensemble de la population, et particulièrement les populations Indigènes, risquent leur vie chaque jour.


Dans un tel contexte, le silence du Quai d'Orsay est non seulement incompréhensible mais inadmissible. Monsieur Macron, monsieur Le Drian, n'êtes-vous plus capables de reconnaître un coup d'Etat qui plonge un pays entier dans les ténèbres et prolonge le bain de sang ? Ce silence déshonore notre pays, notre peuple.


Le Parti communiste français (PCF) appelle l'ensemble des forces démocratiques de notre pays à exprimer leur soutien et solidarité au peuple bolivien.


Le PCF demande instamment au président de la République de condamner explicitement le coup d'Etat du 10 novembre, de manifester son soutien au peuple bolivien en portant au Conseil de sécurité de l'Onu dans les délais les plus brefs un projet de résolution condamnant le coup d'Etat en Bolivie et les manœuvres d'ingérence, les soutiens internationaux qui ont créé cette situation de chaos.


Le PCF renouvelle son soutien à Evo Morales, au MAS, sa pleine solidarité avec le peuple bolivien et participera à toutes les manifestations pour la démocratie, les droits humains et la paix en Bolivie.


Parti communiste français,


Paris le 13 novembre 2019.

Bolivie : La France doit condamner le coup d’État et ne pas abandonner le peuple bolivien (PCF)
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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 12:25

Un rassemblement soutenu par les Jeunes Communistes du Finistère est prévu au CLOUS de Brest à 17h le mardi 12 novembre 2 avenue Victor Le Gorgeu.

Mardi 12 Novembre, disons stop à la précarité étudiante ! (PCF)
 
Mardi 12 Novembre, disons stop à la précarité étudiante ! (PCF)
 
Suite à la tentative d’un étudiant lyonnais de 22 ans de mettre fin à ses jours en s’immolant par le feu, le PCF prend pleinement part à l'appel à la mobilisation et aux rassemblements de soutien organisés
dans toute la France ce mardi 12 novembre devant les CROUS. C'est avec la rage au ventre que nous apprenons son geste désespéré, entraîné par le refus du CROUS de renouveler sa bourse. Actuellement
entre la vie et la mort, le PCF lui apporte son soutien et souhaite son rétablissement au plus vite, pour qu'il continue sa bataille pour la justice sociale.
 
Les responsables sont, sans difficulté, nommés : les politiques antisociales du gouvernement d’Emmanuel Macron, de ce gouvernement des riches. Depuis le début du quinquennat, les étudiants doivent faire face
à la baisse des APL, la hausse des factures d’électricité, d’eau de gaz, les réductions drastiques des budgets à n'en plus finir, alors que les bourses stagnent et que le coût des études ne cesse d'augmenter. Qui
plus est, de nombreux étudiants sont contraints de se salarier pour subvenir à leurs besoins, ce qui met en péril la réussite de leurs études. Cet étudiant est une énième victime de la précarité et de la
paupérisation des étudiants qui s’est aggravée sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Tous les ans, des étudiants sombrent dans la précarité. En commettant l’irréparable, il veut mettre fin à ce silence
qui les tue aussi sûrement que la faim.
 
Nous partageons sans concessions son appel à se battre contre la montée du fascisme et le libéralisme qui nous divisent et nous précarisent.
Le PCF exige des mesures concrètes d’urgence : une augmentation en nombre et en montant des bourses avec un financement par des cotisations patronales, la construction de 100 000 nouveaux logements étudiants publics par an, la rénovation des logements existants et la nationalisation des résidences étudiantes privées, ainsi qu’un réinvestissement massif dans l’enseignement supérieur public à hauteur
de plusieurs milliards d’euros par an. Pour reprendre ses mots, la lutte doit continuer pour en finir avec la précarité étudiante. Plus que jamais, nous continuerons à nous battre pour l'effectivité de la
gratuité des études, pour un enseignement supérieur public qui permette la réussite de tous et toutes et qui fasse avancer la société toute entière
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 11 novembre 2019.
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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 12:21
Violences au sein de la famille : ambiance délétère et débat tronqué au Sénat (groupe communiste; républicain, citoyen, écologiste au Sénat, 7 novembre 2019)

Violences au sein de la famille : ambiance délétère et débat tronqué au Sénat

Hier soir, en séance publique était discutée la proposition de loi du député Aurélien Pradié visant à agir contre les violences au sein de la famille.
Alors que chaque année, en France, 220 000 femmes sont victimes de violences physiques et sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint, et que tous les deux jours l’une d’elles y perd la vie, l’accélération de la lutte contre ce fléau est aujourd’hui plus
qu’urgente.

Toute initiative législative en la matière doit être l’occasion d’améliorer notre droit largement imparfait sur le sujet. Ainsi, pour apporter leur pierre à l’édifice, les sénatrices et sénateurs ont déposé plus de 120 amendements sur ce texte transpartisan.

Or, très rapidement (dès le début de l’article 2), la rapporteure, comme la ministre ont coupé court à tout débat et toute discussion sur ces amendements d’amélioration du texte. Systématiquement la quasi-totalité de ceux-ci a été rejeté – au moyen d’arguments bien souvent faibles voire fallacieux - privant par exemple notre Haute Assemblée d’un débat sur l’autorité parentale et le droit de visite des conjoints violents.

En l’absence remarquée de la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a souhaité en finir au plus vite avec ce texte, arguant que des travaux étaient en cours sur tous les sujets abordés,notamment dans le cadre du Grenelle des violences conjugales organisé par le gouvernement et qui rendra ses conclusions le 25 novembre prochain. La ministre a
souligné que la proposition de loi méritait d’être adoptée « dans les meilleurs délais », quand bien même les conclusions du Grenelle pourraient nécessiter « un autre texte législatif ». En effet, le même jour, a été annoncé une proposition de loi plus complète d’un député REM, cette fois-ci, sans doute autour du 25 novembre, pour le symbole.
Cette attitude du gouvernement nous interroge une fois encore sur sa conception du rôle du Parlement, et en particulier du Sénat.
La lutte contre les violences faites aux femmes, élevée au rang de grande cause nationale du quinquennat, mérite bien mieux que cette lamentable instrumentalisation dans le seul but d’apparaitre à l’initiative !
C’est dans ce cadre que les membres du groupe CRCE, ainsi que leurs collègues socialistes, ont préféré quitter l’hémicycle pour que cesse cette mascarade.
Faire reculer les violences demeure notre priorité et nous resterons mobilisé.e.s pour débarrasser la société de ce fléau.
Paris, le 7 novembre 2019

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 08:06
Démission d’Evo Morales : réaction de Fabien Roussel (secrétaire national du PCF)
 
Démission d’Evo Morales : réaction de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF
 
La Bolivie vit ce soir des heures dramatiques. Le président Evo Morales a  démissionné pour éviter, comme il l’a déclaré, « un bain de sang ».
 
Les événements des derniers jours en Bolivie relèvent d’un conflit de classes exacerbé, d’un racisme déchaîné, d’une opposition enragée contre le système d’Etat plurinational constructeur de la redistribution des richesses et la conquête de la souveraineté nationale.
 
Sous le fallacieux prétexte de fraude électorale, la droite dont la logistique est assurée par les services nord-américains a refusé sa défaite, puis l’invitation au dialogue et enfin la convocation de nouvelles élections. Elle n’a pas accepté la victoire d’Evo Morales conquise grâce au vote déterminant des indigènes tellement il est
insupportable à la bourgeoisie, en majorité blanche, et pour une partie des couches moyennes, sorties de la misère par Morales lui-même, d’accepter le verdict des urnes. 
 
Les violences ne relèvent pas de la spontanéité. Des groupes paramilitaires y font régner la terreur : élues tondues, battues, incendies de domiciles de partisans de Morales, y compris celui de sa sœur, chasse aux indigènes. 
  
Face au déchainement, Evo Morales a cru devoir se retirer.  Existait-il une autre solution ?
 
Dans cette Bolivie aux dizaines de coups d’Etat depuis les années 1960 et jusqu’à l’élection d’Evo Morales en 2005, entre dictatures, violations des droits surtout des indigènes, inflation, corruption, trafics de drogue et refuge de chefs nazis comme Adolf Eichmann et Josef  Mengele, une porte s’est ouverte avec Evo Morales vers la démocratie et le mieux vivre pour les plus pauvres. Insupportable pour les plus riches, intolérable pour ceux qui ont largement bénéficié du développement économique (5% de croissance) et qui ne veulent pas partager.
 
Et pourtant. La prospérité économique et la refondation démocratique du pays doivent être mises au compte de la politique menée depuis l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales avec un processus de récupération des richesses naturelles  au profit de conquêtes sociales en matière de santé et d’éducation et d’une vaste modernisation économique.  Je veux exprimer ce soir mon souhait que les violences cessent en Bolivie et que la vie et la dignité de tous soient respectées.
 
Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, député du Nord. 
 
Paris, le 11 novembre 2019.
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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 06:56
La laïcité n'est pas ce que vous croyez - de Pierre Dharéville, actuel député PCF des Bouches-du-Rhône

Cet essai stimulant publié en 2013 aux éditions de l'Atelier (16€), écrit par notre camarade Pierre Dharréville, député PCF des Bouches du Rhône depuis 2017, membre de la direction nationale du PCF, prenait le contrepied d'une complète banalisation d'un discours de xénophobie prenant le voile de la critique et de l'obsession de l'islamisation de la société en déconstruisant les conceptions erronées et instrumentalisées de la laïcité. Il y avait déjà Sarkozy et son identité nationale, Jean-François Copé et ses pains au chocolat, Marine Le Pen et le FN, le racisme décomplexé en acte, mais c'était avant que Zemmour et ses épigones envahissent à ce point les médias et chaînes d'info en continu comme les semeurs de haine du Rassemblement National ou chez les Républicains ou la LREM.

Dans cet essai préfacé par le grand historien des religions et de la Mésopotamie antique Jean Baubérot, Pierre Dharréville, auteur également d'un autre essai que nous avons beaucoup aimé, Un printemps pour la République (éditions de l'atelier, 2016), livre tout aussi important pour fonder une conception progressiste de la République et comprendre la stratégie réactionnaire à l’œuvre actuellement pour diviser le peuple et le détourner de la question sociale en mettant au centre la question de l'identité (raciale, religieuse), dénonce la "laïcité d'apparence" qui vise à exclure et essentialiser, et, se situant dans la double filiation de Jean Jaurès et d'Antonio Gramsci, vise à construire la philosophie politique d'une conception émancipatrice, progressiste et révolutionnaire de la laïcité, à l'encontre de tous les rétrécissements xénophobes, contre la confiscation et le rétrécissement du combat laïque par ceux qui l'ont au fond toujours combattu: la droite et l'extrême-droite, la bourgeoisie réactionnaire. 

Compte tenu du climat actuel et de l'instrumentalisation de la notion de laïcité pour tenter de mettre au ban de la société et de la République une partie de la population, par racisme foncier, stratégie électoraliste ou volonté cynique de diversion, nous avons jugé utiles de rappeler quelques idées importantes développées par Pierre Dharréville avec une belle plume alerte, dans cet essai qui date d'il y a 6 ans mais qui est toujours d'une brûlante actualité malheureusement. 

"La laïcité n'est pas un anathème frappant d'obscénité toute conviction religieuse... Elle ne considère pas les religions comme des ennemies tant qu'elles ne manifestent pas l'intention de s'accaparer le pouvoir. Elle ne leur demande pas de cacher ce sein qu'elle ne saurait voir et de disparaître purement et simplement de l'espace public. Elle ne demande pas aux citoyens de se dépouiller de leurs convictions, fussent-elles religieuses, avant de passer le pas de leur porte ou celui des temples où ils se recueillent éventuellement. Elle ne prêche pas l'uniformité des consciences. Si elle participe de la lutte contre l'obscurantisme, si chère à l'esprit des Lumières, c'est d'abord par sa prétention à faire dialoguer différentes visions du monde, lesquelles s'obligent mutuellement à faire place aux autres, pour œuvrer au bien commun. (...). Les quatre piliers inséparables de la laïcité sont la souveraineté populaire, la liberté d'opinion, l'égalité des droits, la fraternité universaliste". 

 

Introduction à La laïcité n'est pas ce que vous croyez - Pour vivre heureux, vivant ensemble

Pierre Dharréville

" La laïcité ne passe pas de mode au grand café de la République. Chaque nouvelle marée apporte son lot de polémiques fracassantes: port du voile, prières dites "de rue", viande halal, pratique du ramadan, construction de mosquées, islam dit "radical"... Et l'extrême droite ne manque pas une occasion de tourner la manivelle de son orgue de barbarie, qui bégaye toujours le même chant de haine, réveillant le frisson de la peur et le fantasme des envahisseurs. On en voudrait, messieurs-mesdames, à la France éternelle, dont l'étoile ne finit pas de pâlir, et plus seulement au pain des Français. Le problème numéro un du quotidien? Que des croyants pratiquent une religion qui n'est pas "bien de chez nous", et, pis encore, se trouverait directement reliée au nouvel ennemi de l'Occident chrétien menacé: le "camp musulman"...

La manipulation est simple: en attaquant les "Arabes" non pas sur leur origine mais sur leur religion, on se revendique de la laïcité et l'on peut se bricoler une respectabilité républicaine. Mais il s'agit d'une laïcité bien franchouillarde qui n'est pour le coup, qu'une laïcité d'apparence... Ce qu'ils défendent, c'est une identité nationale rancie, proche du Travail, famille, patrie

C'est ce détournement de laïcité massif, avec les dangers qu'il charrie comme un fleuve ses alluvions, qui a fini par me décider à produire ce travail et à pousser ce coup de gueule: la laïcité n'est pas ce que vous croyez! La laïcité est au cœur d'un grand malentendu. (...)

Combien de fois la laïcité a-t-elle servi de cheval de Troie? Et combien de fois lui a t-on fait cracher de la fumée par les naseaux? Emballements médiatiques, empilement de lois aux formulations bizarres, amalgames en pagaille, incantations verbeuses... Le sujet est une matière hautement inflammable susceptible à tout moment de déchaîner les passions hors de tout entendement.

(...) On a truffé ce concept d'évidences avariées: la laïcité n'est pas cette sorte de rejet primaire de la religion. Au contraire, la République établit que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses". Il n'est pas plus respectable de s'en prendre à des hommes ou des femmes en raison de leur religion qu'en raison de l'origine de leurs ancêtres ou de leur couleur de peau. Aucun rapprochement n'est donc possible entre la stigmatisation, la discrimination ou la division et ce principe fondamental. Quel est ce modèle français que prétendent défendre ceux qui ont pris la laïcité en otage? Est-ce bien l'idéal républicain, qui est quant à lui, pour le coup, bien évanescent, dans la réalité comme dans leurs discours? 

Je ne peux m'empêcher de penser que la laïcité est allègrement utilisée comme un leurre. Mais, en réalité, on ne peut se contenter de voir dans cette agitation récurrente une simple volonté de détourner les regards de nos concitoyens loin des responsables de la crise sociale et économique. Tout ce cirque ne peut avoir pour seule ambition de remplir l'actualité politique en organisant le grand vide, celui qui alimente en flux continus les chaînes d'information et le bruit de fond du net. Il sert des intérêts.

A travers ces OPA inamicales sur la laïcité, c'est la fameuse et fumeuse théorie du "choc des civilisations", dont le cœur serait une guerre de religions, qui se cherche des déclinaisons locales. Or, tous les conflits auxquels la religion a été mêlée n'ont jamais été d'abord que des guerres politiques et des luttes de pouvoir dans lesquelles l'argument religieux a été une justification, un paravent ou un levier. Les conflits sont politiques, et leurs règlements sont politiques. 

Dans une société où l'on cherche à individualiser toujours plus les rapports sociaux, tout est fait pour que chacun se sente assiégé, mis en danger jusque dans son être profond, jusque dans son identité. Assiégé et assigné. A quoi se raccrocher dans ce monde qui bouscule les repères sans laisser à chacune et chacun le temps de comprendre ce qui est en train de se passer? C'est le temps des amalgames, qui bouillissent dans les marmites des apprentis sorciers. Le racisme change de visage, il se cherche des justifications et de nouveaux fondements théoriques. Il tend à se dépasser lui-même pour mieux se retrouver. Il est le verso de cet hégémonisme culturel vide de sens humain, que promeuvent les forces du capitalisme. Eux aussi veulent mettre la laïcité à leur main, comme un agent désherbant. Pour substituer l'affrontement identitaire à l'affrontement de classe. 

Il faut refuser les assignations identitaires, car nous sommes façonnés d'influences multiples, produits d'histoires personnelles et sujets en mouvement. Il faut refuser l'uniformisation culturelle, recherchée par les marchands et les gobeurs de cervelles. Il faut refuser le communautarisme, illusion de sécurité et refus de vivre ensemble en affrontant l'avenir. Il faut refuser l'intégrisme qui y prend racine et n'existe que pour conforter les puissants en aliénant les esprits et, s'il le peut, des sociétés entières. Car intégrisme et populisme sont faits du même bois et se nourrissent mutuellement". 

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 06:43

Libération de Lula : Joie et émotion (communiqué de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF)

En apprenant hier soir la libération de Lula, comme tous mes camarades, j’ai été saisi par l’émotion et la joie.
Enfin, l’ancien métallurgiste et militant syndical devenu le président de la justice sociale et du prestige retrouvé de son pays, victime d’une machination visant à l’exclure de l’élection présidentielle, retrouvait la liberté, ses proches et ses camarades qui depuis le premier jour de
son incarcération l’entouraient, à proximité de la prison, d’une solidarité jamais démentie.
C'est une 1ère étape très importante pour mettre un terme définitif à la machination judiciaire et politique contre Lula.

A peine libéré, Lula s’est déclaré à la disposition du peuple brésilien alors que cet immense pays subit un régime fascisant au service des puissances financières, détruisant les conquêtes sociales,
s’attaquant aux indigènes et à l’Amazonie, totalement aligné sur M. Trump.

Je veux redire ma joie et mon espoir de voir Lula reprendre son œuvre en faveur de son peuple et de toute l’Amérique Latine

Paris, le 10 novembre 2019

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, député du Nord

Libération de Lula: joie et émotion (Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, 10 novembre 2019) - et article de Cathy Dos Santos dans l'Humanité
La liberté de Lula change la donne en Amérique du sud.
Samedi, 9 Novembre, 2019 - L'Humanité

La liberté de Luiz Inacio Lula da Silva bouleverse l’échiquier politique brésilien. Elle a également une résonance régionale, à l’heure où le continent est l’épicentre de déstabilisations politiques et de révoltes sociales structurelles. Les messages de félicitations arrivent du monde entier.

 

L’élargissement du fondateur historique du Parti des travailleurs a été salué par le camp progressiste. Depuis la première puissance mondiale, le candidat démocrate Bernie Sanders rappelé qu’en « tant que président, Lula a fait plus que quiconque pour diminuer la pauvreté et défendre les travailleurs », en précisant que « jamais il n’aurait dû aller en prison ». Chaudes félicitations également depuis l’Argentine, où se réunissait le Groupe Puebla, une structurant visant à rassembler des forces du centre et progressistes du continent.  « Je crois que le Brésil et l’Amérique récupèrent une personne qui, malgré tout, continue d’être un symbole, et qu’il le sera pour longtemps », a réagi José « Pepe » Mujica, sénateur et ancien président de l’Uruguay. Élu le 27 octobre, à la tête de l’Argentine, Alberto Fernandez, qui avait rendu visite à Lula à la prison de Curitiba où il purgeait une peine de douze ans de prison, a salué le courage de l’homme qui a affronté une persécution politique inouïe. Même tonalité pour l’ancienne cheffe de l’Etat argentin, Cristina Kirchner, qui prendra ses fonctions de vice-présidente  le 10 décembre. « Aujourd’hui, l’une des grandes aberrations du lawfare (persécution juridique, NDLR) a pris fin», a-t-elle tweetée. « Quelle joie mon frère ! Des vents démocratiques et de refondation approchent de la Grande Patrie », s’est réjoui l’argentin Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix et fondateur du comité international qui souhaitait octroyer ce prestigieux à Lula pour son combat contre la faim au Brésil. Plus au nord, le président vénézuélien Nicolas Maduro n’a pas été en reste, saluant “la liberté de son frère Lula”. Son prédecesseur et le chef de file de la gauche brésilienne ont été des chevilles ouvrières de l’inclusion sociale et de l’intégration sur le continent. 

En Europe, Ada Colau, la maire de Barcelone, s’est elle aussi félicitée de cette libération. En France, la libération de l’ancien chef de l’Etat a également été accueillie positivement par la gauche. Jean-Luc Mélenchon, qui l’avait visité dans sa prison à la rentrée, a qualifié la sortie de Lula de « victoire ». « La justice a démenti son ministre et refusé de servir ses basses besognes. Le juge Moro et ses amis sont désavoués », a tancé le responsable de La France Insoumise, en référence à l’homme de loi qui a injustement fait incarcérer Lula, et qui a depuis été promu ministre de la Justice par le président d’extrême droite Jair Bolsonaro. « C’est une étape importante pour la libération totale de Lula » qui reste inquiété par la justice, « et le rassemblement de tous les progressistes brésiliens », a défendu Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français. « Lula libre, c’est le Brésil qui respire !» a-t-il ajouté. L’ex-président François Hollande qui, avec d’autres chefs d’États et de gouvernements européens s’était exprimé contre l’arbitraire judiciaire qui a frappé Lula, a déclaré que sa place « n’était pas  en prison ». « La liberté lui a été rendue, je sais qu’il la mettra au service du Brésil », a-t-il assuré. De son côté, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a invité le leader historique du PT à venir dans la capitale dont il a été fait citoyen d’honneur le 3 octobre. 

 
Libération de Lula: joie et émotion (Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, 10 novembre 2019) - et article de Cathy Dos Santos dans l'Humanité
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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 06:09
Derrière le voile, une inquiétante dérive
Samedi, 9 Novembre, 2019

Humanité-Dimanche 24 octobre 2019. Depuis plusieurs semaines, les débats nauséabonds s’enchaînent. Après les immigrés, ce sont désormais les musulmans en particulier qui sont pointés du doigt. Patrick Le Hyaric, directeur de « l’Humanité », dénonce les dangers de ces débats.

 

Si les mots ne tuent pas, ils peuvent blesser et meurtrir. Ils contribuent surtout à mettre sur orbite des idées qui saturent le débat public et brouillent les repères républicains. Il n’aura pas fallu attendre longtemps après la convention de la droite réunie sous les auspices de la mouvance identitaire et la logorrhée raciste de Zemmour, diffusée à grande échelle, pour que se déchaîne la haine contre la population de confession musulmane.

Pas un jour ne passe désormais sans que les musulmans de France ne soient pointés du doigt, insultés, méprisés. Il aura suffi qu’un conseiller régional d’extrême droite en mal de notoriété s’autorise, en dehors de tout cadre légal, exige le dévoilement d’une maman accompagnatrice scolaire devant son enfant pour qu’une cohorte de ministres et parlementaires, d’éditorialistes et plumitifs se liguent en sonnant l’hallali contre le « péril musulman ».

La mécanique est huilée qui laisse désormais à l’extrême droite le pouvoir d’orienter le débat public et politique. Et, une fois encore, les chaînes dites « d’information continue » comblent le vide par la vacuité, remplissant le temps d’antenne par le bavardage réactionnaire de quelques pontes médiatiques plus préoccupés par le voile, véritable fétiche, et les femmes qui le portent, que par les fins de mois impossibles de millions de nos concitoyens.

Le travail parlementaire se trouve ensuite phagocyté par ces basses polémiques de haute intensité puisque, à la suite du coup d’esbroufe de l’élu d’extrême droite, une proposition de loi a été opportunément déposée par le groupe « Les Républicains » du Sénat pour interdire aux mamans voilées d’accompagner leurs enfants en sortie scolaire.

La loi est pourtant claire. Le droit a été dit en 2004 et le Conseil d’État l’a confirmé en 2013 : les accompagnatrices scolaires, n’étant pas des agents publics, ont toute latitude de se vêtir comme elles le souhaitent. Le guide de la laïcité de l’éducation nationale le confirme. Tels sont la lettre et l’esprit de la loi de 1905, loi de concorde et de paix civile garantissant la liberté de conscience et l’autonomie de la société. En affirmant que « le voile n’est pas souhaitable », et ajoutant que « ce n’est pas quelque chose d’interdit, mais ce n’est pas non plus quelque chose à encourager », M. Blanquer fait non seulement preuve d’une grande légèreté, mais il se place en travers de la République. Il est censé garantir et appliquer la loi républicaine, or il tente d’imposer une norme sociale et vestimentaire sur la base d’une simple opinion qui contrevient aux principes législatifs.

Jaurès, artisan décisif de la loi de séparation, s’interrogeait : « Qu’est-ce donc que la République ? C’est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace. » Or notre régime se caractérise aujourd’hui par de grands actes de défiance et de peur. Défiance, quand les us et coutumes de la population musulmane sont considérés comme autant d’indices de « radicalisation ». Peur, quand la République n’ose plus affirmer la puissance de son creuset, préférant s’enfoncer dans la recherche de boucs émissaires, cultivant différences et divisions.

Défiance, encore, quand M. Macron, mélangeant allègrement immigration, religion, terrorisme et communautarisme – confusion dont l’extrême droite fait son miel – promeut une « société de vigilance » qui déléguerait aux citoyens le rôle de surveillance dévolu aux services de l’État, incitant les classes populaires du pays à s’épier entre elles. Prenant d’ailleurs M. Macron au mot, l’élu extrême droite s’est réclamé de la « vigilance citoyenne » pour justifier son propos raciste et antirépublicain.

Nul ne saurait nier l’offensive mondiale subventionnée à coups de pétrodollars de forces répondant d’un islamisme politique rétrograde, réactionnaire et antidémocratique. Les mêmes financeurs d’ailleurs qui sont cajolés par les puissances occidentales et le grand capital alors qu’ils ont partie liée avec le terrorisme. Nul ne saurait non plus nier la résurgence des nationalismes et identitarismes sur le dos des grandes espérances émancipatrices universalistes.

Mais combien de réalités se cachent derrière le port du voile ? Culture, conviction, mal-être, affirmation de soi : les motivations sont variées, souvent anodines, et les ressorts complexes. Il paraît bien hasardeux de demander à la République de s’immiscer dans l’intimité des consciences. Quel précédent cela créerait-il dans un pays qui se flatte encore d’être celui des droits de l’homme et du citoyen ? La République et les actes législatifs portés en son nom garantissent la liberté de conscience. C’est l’esprit de la loi de séparation des Églises et de l’État qui garantit les indépendances respectives des cultes et de l’État dans ses différentes missions.

Chacun sait que la majorité des femmes voilées, qu’elles soient issues de l’immigration récente ou nées en France, vivent dans les quartiers populaires, ces sas de la mondialisation capitaliste où s’accumulent les violences sociales, physiques et symboliques. L’école est justement le lieu de la rencontre féconde au petit matin quand les parents accompagnent les enfants, dans l’association de parents d’élèves ou au conseil d’école. Chacune de ces occasions permet de se comprendre mieux et de ne pas laisser certaines mamans isolées ou s’isoler elles-mêmes pour être considérées pleinement citoyennes aux droits égaux.

Les entreprises de division, qu’elles viennent des classes possédantes pétries d’un universalisme aussi abstrait que leur confort social est concret, de l’extrême droite raciste et démagogue ou des obsédés de l’identité nationale, ethnique et religieuse, ont pour fonction de masquer ce qui unit les milieux populaires : l’oppression féroce exercée par le capital sur leurs conditions d’existence. Voilà le piège tendu ! Redonner confiance à la République, c’est créer les conditions d’une union populaire capable de déjouer les divisions instillées de toutes parts et dont le voile est aujourd’hui l’instrument.

Islamophobie. Nous sonnons l’alerte !
Samedi, 9 Novembre, 2019

De Patrick Le Hyaric paru dans l'Humanité-Dimanche le 10 octobre 2019.

 

Lors de la « convention de la droite », organisée le 28 septembre par les amis de Marion Maréchal-Le Pen, Éric Zemmour a tenu un discours qui n’était rien d’autre qu’un appel à la guerre civile. L’indignation qu’ont entraînée le fond du discours et sa diffusion en direct sur LCI pose une nouvelle fois la question de comment mener le nécessaire combat contre l’extrême droite.

Après avoir soigneusement rebâti ses fondations depuis quarante ans, l’extrême droite française s’attelle à construire le dernier étage de la fusée. Elle le fait sous le regard complaisant des puissances financières et de leurs actuels commis politiques qui croient ainsi pouvoir conserver les manettes. Elle le fait en provoquant stupeur et sidération grâce à une rhétorique ouvertement haineuse, raciste, homophobe, sexiste, islamophobe, de nature fascisante. La convention dite « de la droite », réunie, le 28 septembre, sous les auspices de Mme Maréchal, nièce Le Pen, en a apporté la preuve par une succession de discours d’une violence inouïe, dont celui tenu par M. Zemmour.

Jamais, depuis la Libération, n’avait aussi clairement été appelé à en finir avec la République. Dans le plus pur style maurrassien et collaborationniste, celle-ci est déclarée impotente et cosmopolite, fourrier d’une « anti-France » digne des ligues antisémites de la fin du XIXe siècle et du régime de Vichy. Jamais ne fut prononcé et si complaisamment relayé un aussi net appel à la guerre civile et religieuse. En l’occurrence contre l’islam et les musulmans, cibles d’une vindicte délirante et visages d’une modernité haïe, désignés en bloc comme les agents d’une « guerre d’extermination de l’homme blanc hétérosexuel catholique » et, par conséquent, à exterminer.

Grande confusion

Le premier fait d’une grande gravité tient à la perméabilité nouvelle de ces discours néofascistes et appels à l’épuration ethnique au sein d’un certain monde médiatique. Un cran nouveau dans la standardisation du discours d’extrême droite vient d’être franchi, avec tout ce que cela suppose de travail sur les consciences. La responsabilité des médias est immense qui promeuvent, en France comme ailleurs, ces clowns tristes qui, de Trump à Zemmour en passant par Salvini ou Bolsonaro, sont les produits d’une société du spectacle, fabriqués sur petit écran. Voici que, pour se justifier, les porte-micros invoquent « la liberté d’expression ». Or, nous parlons ici de discours dont quasiment chaque phrase tombe sous le coup de la loi et relève donc des tribunaux.

Au-delà de son illégalité, le discours zemmourien instaure la grande confusion par la trituration des faits historiques. Il promeut l’équivalence aussi ridicule qu’odieuse entre nazisme, progressisme, néolibéralisme, islam et communisme, entre autres délires qui font basculer le propos dans l’irrationnel. On n’oubliera d’ailleurs pas les belles âmes qui, se réclamant du progrès, osèrent les néologismes absurdes « fascislamisme » ou « islamo-gauchisme », adoptant d’un seul coup le sabir zemmourien. Au jeu de la propagande bornée, tel est pris qui croyait prendre ! La thèse du « grand remplacement », cache-sexe d’une volonté épuratrice et d’une conception ethniciste de la nation, est brandie alors qu’elle ne résiste à aucune étude sérieuse, aucun chiffre, aucun fait.

Zemmour et Maréchal ne sont en cela que l’expression de l’obscurantisme qui s’ébroue dans le monde entier, des anti-Lumières forcenés, jumeaux contrariés du fondamentalisme qu’ils prétendent honnir. Ce qu’ils présentent comme histoire n’est au fond qu’un récit tragique détaché de toute forme de rigueur scientifique qui fait de la France une personne menacée. Le peuple français essentialisé se serait ainsi fait voler son identité profonde par la Révolution française. Aucune construction politique n’est permise, aucun libre arbitre n’est laissé à l’être humain, intrinsèquement lié à une tradition et à un peuple fantasmés. Au nom du « bon sens » et du « réalisme », le duo Maréchal-Zemmour s’affranchit de toute recherche de la vérité et de toute approche rationnelle.

Lutte des races

La grammaire de ces discours identitaires oppose un « nous » aux « eux » et permet d’inverser les rapports dominants-dominés. La lutte des classes est troquée pour une lutte des races, telle qu’elle est professée par tous les obsédés de la pureté identitaire.

La brutalité de ce bavardage puise ses racines dans les traditions antihumanistes qui récusent toute forme d’universalisme. Une tradition portée en France par le « Rassemblement national », mais qui, dans le monde entier, force les portes des régimes dits démocratiques. L’offensive est globale et coordonnée pour tourner la page de l’épopée démocratique. Elle est violente et décidée pour donner une place centrale aux courants et idées d’extrême droite à la faveur des recompositions politiques à l’œuvre depuis l’effondrement du bloc soviétique. Les apprentis sorciers libéraux, et les politiciens qui, par calcul, laissent faire ou encouragent – tout en prétendant combattre – cette nouvelle bipolarisation portent une très lourde responsabilité. Espérant, par tous les moyens, épargner le capital d’une critique radicale, ils préparent le terrain des forces réactionnaires, racistes, antidémocratiques qui prêchent la mort et la violence.

Cette « convention de la droite » est en effet le paravent d’une opération politique de plus ample envergure. Les chevau-légers de la mouvance identitaire sonnent la charge pour étendre le champ des bataillons du Rassemblement national, élargir le lit de l’extrême droite, essaimer des idées et tenter de rendre présentable Mme Le Pen pour la rapprocher de fractions de la droite républicaine. Pour définir son projet d’emprise néofasciste, Mme Maréchal s’est livrée sans vergogne au vol du concept d’hégémonie culturelle, soustrait à Antonio Gramsci, et qui subit une triple pression à froid jusqu’à être vidé de toute sa substance révolutionnaire, progressiste et émancipatrice. Il ne désigne plus, dans la bouche de Mme Maréchal, qu’une guerre de position idéologique déclinée dans tous les secteurs de la société. Associations, médias, entreprises, écoles : c’est là que se joue l’offensive pour contourner l’État, jugé trop solidement ancré sur ses bases républicaines. Ce n’est donc pas à une prise de pouvoir immédiate ou imminente que s’emploie Mme Maréchal, trop lucide sur ses faiblesses et sur les résistances sociales à ses idées obscurantistes. Ce travail idéologique d’ampleur a vocation à secouer les plaques tectoniques du débat politique pour préparer une offensive cinglante.

Presse fer de lance

Le monde des médias est ainsi spectaculairement investi par de nouveaux magazines en papier glacé qui sont autant d’écuries où se forme et s’exprime la fine fleur de la réaction brune. Légitimés par l’écrit, les voici propulsés sur les plateaux de télévision, invités à donner leur point de vue sur tous les sujets d’actualité, à promouvoir dans le débat public leurs thèses de guerre civile. Le crédit qui leur est ainsi apporté instaure une normalisation d’idéologies mises au tapis en 1945. Cette entreprise doit être méditée par chaque démocrate, chaque républicain, à l’heure où le pluralisme de la presse se meurt dans l’indifférence ; à l’heure où dans certains cercles on s’acharne à pousser « l’Humanité » à l’agonie ou à l’effacer du débat public. L’extrême droite a bien saisi que la presse, malgré ses difficultés, reste le fer de lance du combat idéologique.

Cette offensive au long cours produit déjà des effets désastreux. Plus de la moitié des électeurs de droite se disent prêts à faire sauter les digues avec l’extrême droite. Se resserre donc dangereusement la tenaille entre les forces nationales-capitalistes et libérales-capitalistes qui espèrent chacune tirer leur épingle d’un jeu malsain où les alternatives sociales, progressistes, communistes sont réduites au silence. Les peuples et les travailleurs sont ainsi laissés sans défense face à des propositions politiques qui, si elles diffèrent sur bien des points, promeuvent chacune l’inégalité sociale et politique.

La redéfinition du rôle de l’État amputé de ses fonctions sociales, la mise à disposition du capital de ses prérogatives, les violences policières et les abus judiciaires, les politiques discriminatoires, les attaques contre les libertés publiques, contribuent à fertiliser le terreau de la réaction. L’État néolibéral, refusant tout compromis social, suscite le glissement de la société vers l’extrême droite. Il le suscite d’autant plus qu’il concentre son action sur ses fonctions régaliennes, une à une durcies jusqu’à rogner les libertés chèrement conquises.

Une réponse politique unitaire

Une union de la contre-offensive, portant des propositions progressistes, postcapitaliste neuve est à fédérer urgemment. C’est bien de la misère sociale que se nourrit la réaction haineuse. Face aux lignes de fractures idéologiques créées par l’extrême droite, il est temps d’opposer la critique radicale du néolibéralisme et du jeu de dupes qu’il joue avec les extrêmes droites en unissant toutes celles et tous ceux qui subissent leur oppression, à commencer par les travailleurs. Nous ne pourrons très longtemps faire l’économie d’une action résolue contre l’ultralibéralisme qui ressuscite partout les démons fascistes. C’est bien à la construction d’une réponse politique unitaire, qui tisse le fil du progressisme à la française, des révolutions et des traditions philosophiques et politiques rationnelles, émancipatrices et internationalistes, qu’il faut d’urgence s’atteler. L’heure est trop grave pour temporiser.

Derrière le voile, une inquiétante dérive: Islamophobie, nous sonnons l'alerte: Patrick Le Hyaric dans L'Humanité Dimanche, samedi 9 novembre 2019
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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 11:00
Ian Brossat a évoqué les règles et sanctions mises en place à Paris. (Rodolphe Pochet)

Ian Brossat a évoqué les règles et sanctions mises en place à Paris. (Rodolphe Pochet)

Invité par le collectif « Droit à la ville DZ », Ian Brossat, adjoint communiste chargé du logement à Paris, était ce vendredi à la librairie L’Ivraie, pleine à craquer. Il est venu évoquer son combat depuis 2014 contre la plateforme Airbnb, décrit dans le livre « Airbnb ou la ville ubérisée ». Selon lui, les locations d’appartement entier via Airbnb ont d’énormes impacts sur certains quartiers, « qui ne sont plus habités mais seulement visités ». Sans parler de la pénurie de logements et la baisse du nombre d’habitants qui est liée. Même si « les réalités parisiennes ne sont pas celles d’autres territoires », Ian Brossat a échangé avec la salle sur le cas douarneniste. Et dénoncer la force du lobbying d’Airbnb au niveau européen, contre toute législation freinant son développement.
 
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