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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 11:35
Jacqueline Lautier dite Ginette

Jacqueline Lautier dite Ginette

Portrait de résistante communiste -

5. Jacqueline Lautier dite Ginette

(100 ans d'engagements communistes)

Lu dans Héroïques Femmes en résistance Tome II, Antoine Porcu (éditions Le Geai bleu)

Née en 1926, adhésion en 1943, résistante de la première à la dernière heure, "Ginette" a eu une jeunesse bien remplie. Elle débute avec son père cheminot et son épouse, qui, dès l'interdiction du PCF, subissent les tracasseries policières. Jacqueline Lautier assure la liaison avec les militants communistes qui éprouvent des difficultés à se réunir. En 1942, la cellule se reconstitue. L'action du Parti dans les quartiers de Nice, au port, devient tangible. Le père de Jacqueline, Marcel Consalvi, plus connu sous le nom de Marius, est l'objet de soins particuliers. Aux premières lueurs de l'aube, la police investit son domicile. Tout est fouillé, de la cave au grenier. Les policiers sont à la recherche d'indices permettant d'inculper Marius qui, en déplacement à Toulon, échappe à l'arrestation. Les policiers ne prêtent pas attention à Jacqueline, qui n'a pas encore 16 ans, et qui assiste, muette, colère rentrée, au saccage du domicile familial. Elle en profite pour s'échapper. Une seule pensée la guide: aller à Toulon prévenir son père. Il ne doit pas rentrer à Nice. Jacqueline le remplace dans la distribution de tracts avec son groupe de jeunes. Mais bientôt le port est cerné. La 18e brigade policière, mitraillette au poing, entasse ce jeune monde dans un tramway réquisitionné pour la circonstance. Qualifiés de terroristes, ces jeunes, dont le plus âgé a 18 ans, sont accusés d'avoir commis une série d'attentats qui effectivement avaient eu lieu sans qu'aucun membre du groupe n'y ait joué le moindre rôle. Devant l'absence de preuves, la police remet tout le monde en liberté. Mais de nouvelles arrestations frappent la résistance. Nice devient trop dangereuse. Jacqueline se réfugie dans la clandestinité. En septembre 1943, elle rejoint Marseille et devient courrier de la région Sud-Est à l'état-major FTP.  En 1943, elle adhère au PCF, revient à Nice, mandatée pour assister à une réunion de responsables des maquis. Elle se se déplace pour la Résistance dans les Bouches-du-Rhône, les Alpes Maritimes, les Basses-Alpes (Haute-Provence aujourd'hui),  transporte des armes d'un point à l'autre de Nice à utilisant le tramway. La direction des FTP apprend que Ginette-Jacqueline est surveillée par la Police. Elle est aussitôt envoyée dans le Vaucluse où elle assure la liaison courrier des maquis en vélo. C'est dans un de ces maquis que Jacqueline apprend l'attaque du Vercors. Jacqueline fera aussi partie des partisans qui libérèrent Avignon avant l'arrivée des alliés, une volonté du commandement communiste des FFI, anciens FTP, dans le cadre d'un mot d'ordre d'insurrection générale. 

 

 

Lire aussi:

Portrait de résistante communiste : 4 - Marie-Claude Vaillant-Couturier (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste - 3 - Maï Politzer 1915-1943 (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste: 2 - Madeleine Braun, cofondatrice du Front National, première femme vice-présidente de l'Assemblée Nationale (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste - France Bloch-Sérazin, Chimiste de la résistance armée, 1913-1943 (100 ans d'engagements communistes)

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 11:01
Budget de la Sécurité sociale : Pénurie, fragilité, dénuement - par Pierre Dharréville, membre de la direction du PCF, député des Bouches-du-Rhône.
Budget de la Sécurité sociale : Pénurie, fragilité, dénuement

Depuis trois ans maintenant, nous dénonçons les budgets de la Sécurité sociale qui se succèdent, nous dénonçons les choix politiques qu’ils représentent, l’affaiblissement de la sécurité sociale, la casse de l’hôpital public. Ces budgets, les uns après les autres, ont conduit le pays dans cet état de grande pénurie, de fragilité extrême, de dénuement face au surgissement du virus. Le gouvernement a été rattrapé par le réel. La situation dans les hôpitaux est catastrophique : c’est le revers de la médaille d’une politique qui renonce à prendre l’argent là où il est.

Dans les établissements, la tension est palpable. La colère aussi. Au moment où l’on constate une grande perte de sens, entendre la rengaine – « c’est un problème d’organisation » – exaspère. Le gouvernement a beau répéter qu’aucun gouvernement n’a fait autant pour la santé, ça ne va pas. Le Ségur de la santé ne rattrape pas le retard pris pendant des années, ne concerne pas tous ceux qu’il devrait embrasser et ne saurait être présenté pour solde de tout compte. Il nous fait seulement passer de la vingt-deuxième à la dix-huitième place européenne pour la rémunération des infirmières. Mais le personnel continue à s’en aller, refusant de persister à vivre ce jour sans fin.

Dès le mois de mars, il aurait fallu engager un grand plan de recrutement et de formation pour ajouter du personnel dans les hôpitaux et l’accompagner d’un plan d’investissement en matériel, en lits de réanimation et en lits en général. Il y avait, dans l’urgence, des actes forts à poser pour anticiper et commencer à changer de trajectoire. 3 400 lits ont été fermés en 2019 et 4 200 en 2018, 100 000 en vingt ans, mais le gouvernement annonce 4 000 créations en 2021.

Le gouvernement a dû faire des entorses à sa doctrine, financer assez massivement les dépenses Covid-19, et ajouter quelques touches avec des amendements mais le compte n’y est toujours pas.

Parmi les mesures positives, il y a l’allongement du congé de paternité ou de parentalité et la diminution du rôle de la T2A. Mais le problème, c’est que le gouvernement continue à ne pas tirer les leçons de l’épreuve et à se contenter d’affichage. Les dépenses exceptionnelles pour lutter contre le Covid-19 sont inscrites dans le budget, ainsi que les mesures du Ségur de la santé, même si elles sont insuffisantes et inégalitaires. Mais on continue à compresser le reste du financement, avec 4 milliards d’efforts demandés, dont 800 millions à l’hôpital. Quant à l’effacement d’un tiers de la dette des hôpitaux, le gouvernement le conditionne à « des engagements d’assainissement de la situation financière ». Les CREF (1) et autres COPERMO (2) continuent de courir ; c’est proprement insensé. Si l’on regarde plus loin, c’est assez logique puisqu’il souhaite maintenir le cap de l’assèchement des ressources de la Sécurité sociale, chargée de surcroît depuis quelques mois d’une dette covid indue, et de l’affaiblissement du principe même de la cotisation. Il essaie de régler le problème de l’hôpital à côté de l’hôpital, au lieu d’annoncer une nouvelle ère, avec l’ouverture de nouveaux services, de lits, de postes et une meilleure articulation avec la ville et l’ensemble du système de santé.

Dans ce budget, on trouve aussi la création, prétendument historique, d’une cinquième branche dédiée à l’autonomie. Comme pour la réforme des retraites – que la lucidité devrait conduire à abandonner au lieu de s’entêter –, on nous dit que c’est la grande réforme sociale du quinquennat. Mais là encore, on n’est pas au rendez-vous. Les objectifs assignés à la CNSA (3) ne nous rassurent pas. Le gouvernement refuse de créer une nouvelle ressource alors même que le rapport Libault évalue à 6,5 milliards les besoins de financement en 2024. Il a rejeté nos propositions en la matière. Ce défi appelle une ambition politique forte, garantissant à chacun un droit universel à l’autonomie, ce qui nécessite un niveau élevé de couverture sociale et l’existence d’un grand service public décentralisé de l’autonomie. C’est le sens de notre proposition d’établir un droit universel à l’autonomie qui garantisse à chacun et dans les mêmes conditions l’accès aux prestations d’autonomie, le libre choix des personnes sur le maintien à domicile et la réduction du reste à charge en établissement pour les assurés. Là où nous proposons de répondre à une nécessité sociale, le gouvernement s’en tient à une logique d’affichage et à des mesures comptables.

C’est donc un budget en trompe l’œil qui masque mal que la Sécurité sociale est peu à peu transformée en instrument de secours public et utilisée comme une variable d’ajustement des politiques économiques. Au moment où l’on fête ses 75 ans, comment ne pas s’interroger sur ces orientations qui dessinent une société moins protectrice et moins solidaire, où les patients, pourtant ayants droit, sont toujours plus regardés comme des clients potentiels pour le marché ?

Pierre Dharréville, membre du CEN, député des Bouches-du-Rhône.

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1. Contrats de retour à l’équilibre financier.

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 09:00
Laurent Brun à Quimper en meeting pour les Européennes avec Marie-Pierre Vieu et Glenn Le Saoût - printemps 2019

Laurent Brun à Quimper en meeting pour les Européennes avec Marie-Pierre Vieu et Glenn Le Saoût - printemps 2019

CONFINEMENT ?
- par Laurent Brun
 
Le problème de notre pays c'est que le Gouvernement Macron est engoncé dans une idéologie ultra libérale fanatique qui le conduit à ne pas anticiper, ne pas intervenir sur les outils économiques et se contenter de faire du marketing politique. Ce n’est pas de l’incompétence. C’est du dogmatisme.
 
Le confinement est une mesure très archaïque. Comme on ne sait pas quoi faire d’autre, on fige le pays en espérant que ça fige le virus. C’est une mesure du moyen âge, qui peut se comprendre lorsqu’on est « surpris» en mars, que l’on ne dispose pas des plus élémentaires moyens matériels, et que l’hôpital est incapable de faire face à une épidémie massive.
 
Mais 8 mois plus tard, pourquoi est-on en situation de n’avoir pas plus de choix ?
 
Le confinement est un désastre économique et social. Sa mise en œuvre une seconde fois me met personnellement très en colère. Et ce n’est pas la colère hypocrite du MEDEF dont les membres les plus éminents, en bons capitalistes sans morale, ont profité de la pandémie pour s’enrichir ou pour restructurer et délocaliser les industries. C’est la colère des milliers de pauvres qui vont se noyer dans des difficultés financières supplémentaires parce que perdre quelques euros de revenu est un drame pour eux. La colère des milliers de chômeurs supplémentaires et de tous ces jeunes qui débarquent sur le « marché » de l’emploi dans ce contexte. La colère des filières culturelles ou sportives qui meurent. La colère des salariés des « commerces non essentiels » qui sont abandonnés. La colère de la sécu exsangue parce que ses caisses sont prises pour un distributeur automatique par le Gouvernement alors que les profits ne sont même pas égratignés. La colère pour les infirmières et les médecins qui servent de paillasson à leur Ministère, comme les profs d’ailleurs. La colère des premiers de corvée à qui on promet une 2ème vague plus meurtrière que la 1ère. La colère pour nous tous.
 
Nous devons nous confiner. Mais nous devons aussi demander des comptes à ce Gouvernement inconséquent...
 
Je ne m’étends pas sur la situation, nous la connaissons tous. Même Macron, tout de mépris vêtu, est obligé de reconnaître les erreurs. Mais il s’en exonère immédiatement sous le prétexte qu’on ne pouvait pas faire autrement. Responsable mais pas coupable. On l’a déjà entendu et c’est la question principale : pouvait on faire autrement ?
 
Sans aucun doute puisque d’autre pays y sont parvenus.
 
En octobre, la Chine - pays d’1,3 milliards d’habitants - prenait de nouvelles mesures ciblées et massives des qu’elle détectait quelques dizaines de cas... pas de seconde vague à l’horizon.
 
Le Vietnam ne compte que quelques cas détectés, tous importés, ces dernières semaines.
 
Pendant que l’Amérique du Sud plonge comme l’Europe, Cuba n’a connu que 87 décès et la pandémie semble sous contrôle. Il faut rajouter que l'île révolutionnaire a envoyé près de 50 000 médecins dans divers pays du monde pour aider à soigner (dont 15 en Martinique).
 
Objectivement, il n’y a pas que les pays socialistes qui s’en sortent bien : la Nouvelle Zélande (pays qui a renationalisé son chemin de fer il y a quelques mois - spéciale dédicace) s’inquiétait le 15 octobre d’une possible recrudescence après avoir détecté 1 cas !!! Des mesures énergiques étaient immédiatement prises...
A chaque fois il semble y avoir une caractéristique commune : on détecte vite car on test systématiquement et massivement, et on agit pour circonscrire le foyer infectieux.
 
Donc que devrait-on faire en France ?
 
Nous sommes « en guerre » selon le Président Macron. Et pourtant il se contente d’attendre le virus derrière la ligne Maginot des mesures barrière. La encore, je précise qu’il faut effectivement appliquer ces mesures. Mais elles ne sont que symboliques et manifestement peu efficaces. C’est ce qu’on applique quand il n’y a plus rien d’autre. C’est comme si toute la sécurité des circulations ferroviaires reposaient seulement sur le port du gilet orange. Heureusement que nous avons les mesures techniques lourdes et les procédures de sécurité, sinon il y aurait des morts tous les jours ! Le gilet ne sert modestement que lorsque toutes les autres mesures ont été débordées... donc en fait, il vaut mieux éviter d’avoir à s’en remettre à lui, même s’il faut le porter !
 
Donc, c’est parti pour le confinement. Déjà on s’interroge : pourquoi l’État se contente d’interdire et n’organise pas?
Il faut réquisitionner les centres de colo ou de vacances (qui de toutes façons ne servent pas) pour loger correctement les SDF, les orphelins, et tous ceux qui sont en détresse.
A ce titre, le Comite Central d’Entreprise SNCF avait mis à disposition des pouvoirs publics ses propriétés lors du précédent confinement mais très peu ont été utilisées... Ensuite il faut stopper les procédures d’expulsion locative (je sais, la trêve commence le 1er novembre, mais elles reprennent le 31 mars et rien ne sera réglé à ce moment là d’après le conseil scientifique, donc autant anticiper et trouver des solutions alternatives).
Il faut également assurer le ravitaillement des personnes isolées, ou celles qui ne peuvent pas sortir (handicapées), ou celles qui ne devraient pas sortir car jugées fragiles face au virus. Certaines mairies ont mis en place des choses mais c’est insuffisant et inégal d’une ville à l’autre. Pourquoi ne pas mobiliser les personnels municipaux pour les livraisons et réquisitionner les plateformes de la grande distribution pour l’approvisionnement... la « guerre », c’est le moment où on organise la survie, pas celui où on fait des expériences de décentralisation libérale !
Concernant l’application numérique pour tracer les cas contacts. Il y a clairement un manque de confiance des citoyens vis à vis de ce dispositif. La crainte principale semble être le flicage ou l’utilisation mercantile des données collectées par l’entreprise privée fabricante. Plutôt que de faire la morale, le Gouvernement devrait chercher à faire la transparence : confier la création et la gestion de cet outil à un organisme public au dessus de tout soupçon (l’INSEE ou une autre structure disposant d’un peu d’indépendance pourrait s’en occuper), et créer un organisme de contrôle de l’utilisation avec des représentants de toutes les tendances politiques, d’associations, et même de citoyens tirés au sort. Bref, tout faire pour que ce dispositif ne soit plus un objet de controverse mais redevienne un outil technique neutre au service de l’intérêt général. Au passage, l’indépendance des fonctionnaires grâce à leur statut, ça sert à ça...
Si on veut limiter le confinement dans le temps, faire baisser rapidement le taux de contamination et surtout éviter une remontée lors du confinement, il faut tester, tester, tester !!! Mais pas selon le système actuel (on ne test que les cas symptomatiques donc c'est déjà trop tard, et on attend les résultats trop longtemps donc ça ne sert à rien). Il faut passer au test systématique afin de débusquer tous les cas non symptomatiques, les confiner rapidement et ainsi briser la chaîne de contamination. Donc déjà il faut des tests rapides et simples d’utilisation (les test anti géniques donnent un résultat en 30 minutes et ne nécessite pas de geste médical). La chine en dispose depuis mars après avoir organisé la coopération de 22 de ses universités afin de les développer... en France ils débarquent à peine parce qu’on laisse les entreprises privées et le marché les développer... Grâce à eux il est possible de créer de véritable check-point partout, par exemple à l’entrée des EHPAD (ce qui permettrait d’autoriser les visites), évidemment à tous les points d’entrée du pays, et dans n’importe quelles structures repérées comme génératrice de foyers d’infection. L’armée pourrait être mobilisée pour créer des points de test dans les quartiers, dans les gares, dans les centres commerciaux. Les employeurs pourraient également être mis à contribution : ils ne veulent pas du confinement, et bien qu’ils organisent les tests systématiques à la prise de service.
En France 287 grandes entreprises emploient 4 millions de salariés, ce serait déjà ça de moins à organiser pour les pouvoirs publics. Si on élargit aux entreprises de taille intermédiaire c’est 7,5 millions de salariés de plus. Enfin l’école et l’université pourraient aussi être des lieux de tests massifs. Et une fois la détection largement déployée, il faudrait confiner immédiatement les cas positifs, en prévoyant des dispositions pour les exonérer du travail et les indemniser (afin qu’ils ne soient pas récalcitrants à se faire tester), et aussi pour les isoler de leur famille s’ils le souhaitent (dans le cas contraire, c’est toute la famille qui serait confinée). Si ce genre de dispositif était déployé réellement, le confinement systématique ne serait plus nécessaire. Et on disposerait aussi de statistiques fiables sur l’évolution de l’épidémie.
Pour terminer, il faut se préoccuper sérieusement de la dernière ligne de défense, l’hôpital public, qui est dans un état grave. Macron fanfaronne en expliquant qu’on ne peut rien faire puisqu’il faut 5 à 10 ans pour former le personnel. Il faudrait déjà néanmoins afficher l’arrêt des fermetures de lits et une programmation pluriannuelle de formation et d’embauche de personnel médical. Ça ne résoudrait pas nos problèmes d’aujourd’hui mais ça éviterait d’en créer dans 10 ans, comme l’ont fait Sarkozy et Hollande. 10 ans c est demain.
Ensuite il faut remotiver sérieusement les effectifs existants, stopper l’hémorragie. Au delà du plan d’embauche il faut de la reconnaissance : les personnels revendiquent 300€ d’augmentation mensuelle, accordons leur immédiatement, sans mégoter ! La CGT a chiffré la mesure à 8,7 milliards. Certains en seront horrifiés mais c’est 1/10e du CICE qui n a crée aucun emploi, c’est la moitie du plan d’aide au secteur aérien qui licencie à tour de bras, etc... et c’est une vraie mesure de relance parce qu’en plus, ça dope la consommation et donc la reprise économique...
Coté réaction immédiate pour faire face à la vague, il faut une mobilisation générale pour soulager la médecine de ville et les urgences, pour faire les tests partout, etc... cette mobilisation pourrait par exemple s’incarner dans la réquisition des spécialités non essentielles (chirurgie plastique et plein d’autres). Ces gens ont fait médecine. Ils ne peuvent peut être pas traiter un patient en réa, mais ils peuvent sûrement aider aux étapes antérieures de la maladie. Il faut réquisitionner les personnels et infrastructures privées, et pourquoi pas solliciter l’aide des pays qui ont déjà vaincu la maladie. Les personnels de santé eux mêmes ont probablement des idées sur la manière de leur apporter des moyens. La aussi il ne faut pas ergoter !
Nos lits de réa, qui devaient passer à 15000 avec des respirateurs made in France qui ne sont finalement jamais arrivés, doivent effectivement être augmentés. 50 lits en moyenne par département c'est un scandale. Lancer une entreprise publique de fabrication de ce genre de matériel ne serait pas du luxe. Et en profiter pour rouvrir quelques hôpitaux fermés récemment pourrait aussi être utile, notamment pour ne pas reporter trop d’opérations et de traitement des autres maladies graves. Si les chinois arrivent à construire un hôpital de campagne en 15 jours, nous devrions pouvoir rafraîchir et re équiper un bâtiment assez rapidement (Hôtel-Dieu à Paris et à Lyon, Val de Grâce...). Peu importe qu’ils aient été cède pour des opérations immobilières. Si on peut mettre entre parenthèse le code du travail, pourquoi ne le pourrait on pas avec le code du commerce ? On reprend ce qui n’aurait jamais dû être vendu, dans l’intérêt supérieur de la Nation !
 
Alors bien sûr tout cela coûte beaucoup d’argent. Donc dans les mesures d’urgence, il faut aussi trouver de quoi assumer. A situation exceptionnelle (nous sommes en guerre ou pas ?), mesure exceptionnelle : les sociétés du CAC40 prévoient 30 milliards de dividendes à leurs actionnaires cette années, taxons cela à hauteur de 50, 70, ou 100%, en fonction de ce qui est nécessaire.
 
Si l’on élargit à toutes les sociétés cotées de France, on peut imaginer qu’au moins 80 à 100 milliards sont mobilisables. Et si l’on rajoute les grandes fortunes, les très hauts revenus, la rémunération des propriétaires d’entreprises non cotées, on voit qu’il n’y a pas trop de problème.
Si Chypre a pu prélever 60% de l’épargne de ses citoyens au delà de 100000€ pour faire face à une petite crise financière, nous pouvons faire pareil sur les grosses fortunes pour affronter la pire pandémie de notre siècle. Et si nous voulions être encore plus efficaces, on ne se contenterait pas de taxer, on reverserait la somme sous forme de salaire exceptionnel aux salariés, l’État en récupèrerait au moins 20% sous forme de fiscalité, les collectivités locales en profiteraient aussi, et la sécu - grâce aux cotisations sociales - en récupèrerait 30%, et ça doperait un peu la consommation pour relancer les spectacles, les librairies, les restau, etc...
Le dernier point c’est la mise en œuvre.
2 étapes : dès maintenant, trouver des formes de lutte sociales pour exiger des mesures concrètes de son entreprise, d’ une autorité de santé, d’un préfet... la CGT peut y contribuer alors syndiquez vous, organisez vous, battons nous !
Et en 2022 on vire ces incompétents et on se mobilise massivement pour porter au pouvoir des gens qui mettront réellement des solutions en place !
Voilà, j’écris tout parce que ça fait du bien de formaliser ses idées pour les soumettre au débat. Je n’en peut plus des commentaires permanents sur les chaînes d’info et de la répétition stupide des éléments de langage du gouvernement dans la plupart des médias. Oui on peut faire autrement que l’enchaînement d’imbécilités qu’ils nous imposent !!
 
Laurent Brun
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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 08:18
Anaïs Fley

Anaïs Fley

Anaïs Fley, 28 octobre:
Qu'il est long, le chemin pour atteindre le bout de cette période bien trouble. Il y a de quoi poser le genou à terre.
Neuf mois plus tard, le Président de la République annonce un nouveau confinement. Dans son discours, il assume que son impréparation nous mène, une seconde fois, à un scénario où l'on doit choisir, entre deux lits d'hôpital, qui vit et qui meurt. Quel cynisme effroyable, morbide. Une nouvelle fois, les français·e·s vont serrer les dents et la ceinture, et traverser ce désert avec l'esprit de responsabilité et de solidarité qui a été le leur depuis mars dernier. Une nouvelle fois, le personnel de santé, dont les revendications pour un meilleur salaire et de nouveaux effectifs ne sont toujours pas entendues, seront en première ligne, avec les enseignant·e·s, les assistant·e·s sociaux et le personnel d'entretien. Il est temps que notre pays reconnaisse le travail et la grande valeur de celles et ceux qui le maintiennent debout dans les heures les plus sombres.
Quelques jours seulement après l'assassinat effroyable de Samuel Paty, un nouvel attentat, semble-t-il terroriste, a lieu ce matin à l'église Notre-Dame de Nice. Une nouvelle décapitation. Comme nous l'avons toujours fait, nous allons devoir garder la tête froide, exiger que justice soit rendue contre ces meurtriers, et rappeler que ni les étranger·e·s ni l'écrasante majorité des musulman·ne·s de ce pays ne sont responsables de ces actes ignobles. Nous savons que la France soutient financièrement des puissances telles que l'Arabie Saoudite dans leurs stratégies d'influence. Nous savons d'où proviennent nombre de leurs armes. Cela doit cesser. Les hyènes réactionnaires et l'extrême-droite ne peuvent continuer de récupérer de telles atrocités pour en faire un réquisitoire contre nos concitoyen·ne·s innocent·e·s.
La liste serait longue, si l'on revenait sur chaque coup de massue reçu ces dernières semaines. Il est difficile de rester lucide, face à ces événements qui bouleversent violemment nos émotions, dans le contexte déjà épuisant de la Covid. En tant qu'étudiante de 22 ans, je mesure quotidiennement les efforts immenses concédés par ma génération et les plus jeunes, qui continuent de se construire dans ces circonstances. A l'université, le passage de l'intégralité des enseignements en distanciel remet en question les principes les plus fondamentaux de nos cours : l'échange, le débat, les rencontres, les révisions collectives, les encouragements mutuels... La fracture numérique, le manque d'espace et de calme pour travailler, l'isolement, sont des problèmes graves dont il a été question durant le dernier confinement. Le gouvernement ne peut pas continuer, comme il prévoit de le faire, d'ignorer la réalité de notre travail. Comme la dernière fois, rien n'est prévu à l'échelle du pays pour lutter contre les lacunes et les dépressions. Il revient à chaque enseignant·e, par ailleurs déjà bien occupé·e à gérer son propre travail et ses propres recherches, de limiter les dégâts pédagogiques et psychologiques. Pour les en remercier, le gouvernement faisait passer cette nuit des articles de la LPR qui attaquent gravement le travail des enseignant·e·s et la démocratie à l'université...
Dans ce clair-obscur, la flamme de la transformation sociale peut vaciller, ou éclairer à nouveau la voie vers des lendemains meilleurs. Partout où nous sommes, continuons d'en montrer les étincelles, de faire vivre les valeurs humaines et solidaires, d'encourager nos ami·e·s, collègues, camarades de rejoindre la bataille pour changer le monde. Ce week-end, lors de la Conférence nationale de l'UEC, j'ai eu la joie et l'honneur de rencontrer une centaine d'étudiant·e·s qui portent au cœur la même soif d'éclairer l'avenir, ensemble. Face aux conditions nouvelles d'enseignement qui s'annoncent, les idées fusent : révisions solidaires en ligne, chaînes de solidarité dans le travail quotidien, échanges de travaux, apéros de promo confinés... Sans oublier la mobilisation pour un revenu étudiant, qui prendra de nouvelles formes pour convaincre toujours plus d'étudiant·e·s de se joindre à la bataille, d'apporter leurs témoignages et de partager la pétition autour d'elles et eux.
C'est dans ces moments que nous nous rendons compte que rien n'est plus précieux que les organisations communistes, pour nous rassembler dans l'action politique. J'ai confiance en la capacité de ces nouvelles générations de militant·e·s de faire briller plus vivement que jamais, avec celles et ceux qui les ont précédé·e·s, le chemin du communisme.
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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 08:18
De l'hôpital à l'Assemblée nationale, à quelques minutes du vote sur le PLFSS, nous portons la voix du personnel soignant. Nous voterons résolument contre ce texte qui laisse les hôpitaux sans moyens pour affronter la seconde vague. - Les députés communistes, 27 octobre 2020

De l'hôpital à l'Assemblée nationale, à quelques minutes du vote sur le PLFSS, nous portons la voix du personnel soignant. Nous voterons résolument contre ce texte qui laisse les hôpitaux sans moyens pour affronter la seconde vague. - Les députés communistes, 27 octobre 2020

Santé. Sécu post-Covid : rien n’a changé
Mercredi 28 Octobre 2020

Les députés ont adopté mardi le PLFSS – le budget de la Sécurité sociale –, qui demande toujours plus d’économies et creuse le déficit malgré quelques concessions imposées.

 

Des députés en blouse blanche au beau milieu de l’Assemblée nationale ? Ce n’est pas une énième extension de la crise sanitaire, mais bien un « coup de com » en soutien aux personnels soignants de la part des députés communistes, ce mardi. « De l’hôpital à l’Assemblée nationale, nous voulons relayer leur parole et leurs souffrances », témoigne le député du Nord, Alain Bruneel, chargé de l’explication du vote des députés du groupe.

Un vote négatif à l’encontre de ce budget qui ne prévoit « même pas un plan d’embauche pour l’hôpital, rien », se désole Alain Bruneel. « Vous pouvez compter sur nous, l’inverse reste à prouver » : en février dernier, le neurologue François Salachas se faisait le porte-voix des personels soignants lors de la visite d’Emmanuel Macron à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Neuf mois plus tard, après une première vague, puis un retour épidémique, les soignants savent : ils ne peuvent pas compter sur le gouvernement. Ni sur la majorité, qui a adopté, mardi, en première lecture, le budget de la Sécurité sociale (dit projet de loi de finances de la Sécurité sociale, PLFSS), avant son examen par le Sénat, dès le 9 novembre.

4 milliards d’euros d’économies sur le système de santé

Si ce PLFSS est le premier de l’ère Covid-19, la philosophie reste la même que depuis trois ans. « Le gouvernement était obligé de tenir compte de la situation de crise et de répondre à un certain nombre de revendications », analyse Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône. Ce PLFSS prévoit donc, en extrême urgence, une hausse de l’Ondam (Objectif national des dépenses de l’assurance-maladie, c’est-à-dire le montant des dépenses remboursées) de 2,4 milliards d’euros, ce qui paraît bien maigre au regard des dépenses occasionnées par la crise sanitaire – alors que les masques ne sont pas pris en charge. De même, il intègre les mesures prévues par le Ségur de la santé, même si elles sont « inégalitaires et insuffisantes », déplore Pierre Dharréville. Mais si le gouvernement a dû se résoudre à ces mesures « qui leur ont été imposées par le rapport de forces dans le pays », rappelle le député, il semble incapable de changer quoi que ce soit à son idéologie. Ainsi, ce PLFSS prévoit 4 milliards d’euros d’économies sur le système de santé, dont 800 millions d’euros rien que pour l’hôpital public.

Une branche dépendance sans moyens

Parmi les autres mesures importantes de ce PLFSS, la création d’un « forfait urgence » de 18 euros pour remplacer l’actuel « ticket modérateur », le doublement du congé paternité, porté à quatre semaines, et surtout la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale : la branche autonomie, censée répondre aux enjeux de dépendance.

Là encore, une coquille vide : même la droite a dénoncé un projet « sous-financé », et les propositions des députés PCF pour améliorer le reste à charge des familles ont été rejetées. Quant au déficit, qui devrait atteindre 46,6 milliards d’euros cette année, il est dû autant à la hausse des dépenses qu’à la baisse des recettes. « Le niveau d’exonérations de cotisations est massif », rappelle Pierre Dharréville. Les députés communistes ont proposé d’apporter des ressources supplémentaires, notamment sur les hauts patrimoines qui augmentent avec la crise sanitaire et sociale, mais « le gouvernement a refusé », déplore le député des Bouches-du-Rhône. Épidémie ou pas, LaREM ne dévie pas d’un iota de sa ligne idéologique. Non, décidément, les soignants ne peuvent pas compter sur eux.

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 07:56
Pierre Laurent dénonce au Sénat l'absence d'abandon de la réforme de l'assurance chômage

28 octobre 2020, Séance des questions au gouvernement au Sénat:

L’indignation de Pierre Laurent, sénateur de Paris, à l’adresse du gouvernement : plutôt que de la reporter simplement de 3 mois, abandonnez définitivement votre réforme de l’assurance-chômage ! Déjà terriblement injuste, elle devient indigne et inhumaine au regard du drame économique qui se joue. Cette réforme ne vise qu'à économiser sur le dos des chômeurs : si elle entrait en application au 1er janvier, elle impacterait 1,2 million de chômeuses et de chômeurs pour une économie de 1, 5 milliards d’euros et de 2,6 milliards d’euros en 2022.

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 07:50
Covid-19 / reconfinement : tout mettre en œuvre pour protéger nos vies, se rassembler pour imposer d'autres choix politiques (PCF)
Publié le 28/10/2020 par PCF
Covid-19 / reconfinement : tout mettre en œuvre pour protéger nos vies, se rassembler pour imposer d'autres choix politiques (PCF)

Le constat dressé par le président de la République, ce 28 octobre, oblige à la responsabilité et à la mobilisation du pays et de l'ensemble de ses forces vives.

Face à l'explosion du nombre de patients admis à l'hôpital et dans les services de réanimation, face au nombre de décès et de drames familiaux, la protection de la santé des Français est plus que jamais une priorité. La situation de tension au sein de l'hôpital public, la détresse des personnels soignants confrontés à l'afflux constants de nouveaux patients, imposent de prendre toutes les mesures nécessaires pour enrayer la progression exponentielle de l'épidémie.

Si le reconfinement est sans conteste devenu nécessaire, c'est bien parce que la stratégie sanitaire du pouvoir a échoué, et que les alertes des scientifiques ont été minimisées. Emmanuel Macron et le gouvernement portent une lourde responsabilité. Et si chacun.e comprend que nous allons devoir vivre avec le virus, il est dangereux que cela conduise à priver durablement nos concitoyen-nes de leurs droits et libertés fondamentales, de leur vie sociale, familiale, culturelle.

• Le déconfinement aurait dû être celui d'un changement de politique.

Celui d'une vaste mobilisation de moyens pour des recrutements massifs et des mises en formation, dans la santé et l'éducation, pour permettre de dédoubler les classes et garantir les meilleures conditions pour la réussite de tous les élèves.

Celui de la création de milliers d'emplois, notamment en recrutant des jeunes, au lieu du plan gouvernemental qui les enferme dans la précarité.

Celui d'une autre utilisation de l'argent, d'une sécurisation de l'emploi et de la formation de chaque salarié.e, d'une aide à la hauteur des besoins des TPE-PME au lieu de déverser des centaines de milliards d'euros à des groupes supprimant des activités et des emplois, de l'encadrement du télétravail, de mesures d'ampleur contre la pauvreté et la précarité.

• La politique de l'exécutif a échoué

Le gouvernement ne peut s'exonérer de la situation dans laquelle se trouve l'hôpital.

Lors des trois derniers PLFSS, trois milliards d'économies ont été demandées à l'hôpital public. Entre 2018 et 2019, 7 600 lits d'hospitalisation ont été fermés. Des fermetures de lits dans certains hôpitaux se sont poursuivies depuis mars. Pire, plus de 800 millions d'euros de baisse de crédits pour 2021 sont encore prévus dans le Projet de Loi de Finances. Quant aux personnels hospitaliers et des Ehpad, la revalorisation de leurs métiers est très loin d'être à la hauteur.

Le gouvernement a également échoué dans sa stratégie de prévention comme en témoigne le fiasco sur les tests, le traçage et l'isolement des malades.

Il a enfin refusé d'assumer la gratuité des masques.

Le Parti communiste français regrette, pour toutes ces raisons, que ses propositions, au printemps, n'aient pas été entendues par le gouvernement et le président de la République.

• Ce nouveau confinement nécessaire doit être mis à profit pour engager une véritable rupture avec les choix opérés depuis le début de la pandémie.

Au contraire des décisions prises par un pouvoir isolé, cette rupture, urgente et incontournable, doit se construire sur une véritable démocratie sanitaire, qui permette l'expression du Parlement, des élus locaux, des organisations de salariés, des équipes de recherche et des personnels médicaux, des acteurs des services publics.

À ce titre, le Parti communiste français réitère sa demande de mise en place d'un comité d'urgence nationale, prenant appui sur des structures similaires dans les territoires.

L'urgence sanitaire est inséparable de l'urgence sociale. Ce deuxième confinement peut être celui d'une aggravation terrible de la crise sociale. Tous les moyens doivent être mobilisés afin qu'il ne conduise pas à de nouvelles inégalités, à une explosion du chômage, de la précarité et de la pauvreté. Les aides annoncées par le gouvernement ne suffiront pas à l'éviter. C'est une toute autre politique économique et sociale qu'il faut engager.

Immédiatement, l'aide massive, dont ont besoin nos hôpitaux et nos soignants pour faire face à la crise, doit être débloquée. Il ne faut pas se contenter de voeux pieux sur la protection des salariés qui continueront à se rendre sur leurs lieux de travail, des dispositions concrètes doivent être décidées après négociation avec les organisations syndicales. Un plan pauvreté doit être déployé afin que toutes celles et tous ceux qui vont subir un terrible choc social ne sombrent pas dans l'exclusion.

Le PCF appelle à la mobilisation de toutes les forces de progrès, des forces syndicales et associatives, des forces politiques de gauche et écologistes pour faire de cette période un temps utile afin de construire un projet rompant avec le désastre des politiques poursuivies depuis des décennies et contribuer à des victoires sociales et politiques. 

Ses militant.e.s et élu.e.s continueront, comme lors du premier confinement, à porter cette ambition et à organiser les solidarités indispensables dans les territoires.

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 07:41
Portrait de résistante communiste : 4 - Marie-Claude Vaillant-Couturier (100 ans d'engagements communistes)
Portrait de résistante communiste : 4 - Marie-Claude Vaillant-Couturier (100 ans d'engagements communistes)
Portrait de résistante communiste : 4 - Marie-Claude Vaillant-Couturier (100 ans d'engagements communistes)
Portrait de résistante communiste : 4 - Marie-Claude Vaillant-Couturier (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste

100 ans d'engagements communistes

4 - Marie-Claude Vaillant-Couturier, née Vogel
03/11/1912 - 11/12/1996

Une femme pour qui ceux qui ont eu la chance de la connaître ont une admiration sans borne...

Marie-Claude comme l'appelait affectueusement les communistes vint au monde le 3 novembre 1912 à Paris.

Fille aînée de Lucien Vogel et de Cosette Brunhoff, famille protestante, dreyfusarde aux idées socialistes bien ancrées. Lucien Vogel au congrès de Tours se range aux côtés des partisans de la IIIe Internationale. Sa mère est rédactrice du "Jardin des modes".

Marie-Claude Vogel obtient son baccalauréat au collège Sévigné à Paris. Elle veut se consacrer à la peinture, idée que n'approuvent pas ses parents considérant que ce n'est pas un métier. Ils décident de l'envoyer à Berlin en 1930 afin d'apprendre la langue allemande. De retour en France, elle choisit de deveni photographe de presse. Ses premiers clichés seront publiés dans "Vu" que dirige son père, patron de presse.

Violaine Gelly raconte dans sa biographie de Charlotte Delbo qu'"en 1933, pour le magazine Vu, Marie-Claude est allée en Allemagne comme reporter photographe. Elle a assisté aux cérémonies du 1er mai, mettant déjà en scène l'une de ces spectaculaires manifestations à la gloire du Führer. Puis, grâce à l'entremise de militants communistes clandestins, elle a réussi à "voler" quelques photos des camps de concentration d'Orianienburg et de Dachau. De retour en France, elle dit son inquiétude pour les Juifs allemands. Puis elle prend sa carte au PCF". Marie-Claude Vaillant Couturier a alors 24 ans, Danielle Casanova 27 ans, et Charlotte Delbo 26 ans. 

Au cours d'un dîner chez son père en 1932, elle rencontre Paul Vaillant-Couturier. Très vite, ils tombent amoureux l'un de l'autre et se marient le 29 septembre 1937 à Villejuif. Mais Paul décède prématurément, le 10 octobre 1937.

Paul Vaillant-Couturier: L'autre figure communiste du Front populaire (Patrick Appel-Muller)

Marie-Claude a déjà adhéré à l'Union des Jeunesses communistes en 1934. Elle entre au journal L'Humanité en tant que reporter-photographe, et avec Danielle Casanova, c'est une des dirigeantes de l'Union des Jeunes Filles de France (UJFF, une association créée par le PCF).  Après un séjour de 6 mois en U.R.S.S, Marie-Claude se voit confier la responsabilité du service photographique du journal "L'Humanité" jusqu'à son interdiction en 1939. Dès le début de la résistance, elle rencontre Pierre Villon, un des futurs dirigeants du Conseil national de la résistance. Ensemble, ils vécurent les premières années dans la clandestinité. Résistance dans le même groupe que Georges Politzer, Jacques Salomon, Danielle Casanova, elle est arrêtée le 9 février 1942. Emprisonnée à la Santé, puis au Fort de Romainville.

Avec Charlotte Delbo et Danielle Casanova, elle participe à un journal clandestin, Le Patriote de Romainville. "Écrit au bleu de méthylène sur des papiers d'emballage de la Croix-Rouge, il circule dans les chambres et finit brûlé dans les poêles une fois lu. "Tu penses bien que notre sens de l'organisation ne perd pas ses droits, même et surtout pas ici", écrit le résistant communiste Octave Rabaté à sa femme". (Violaine Gelly, biographie de Charlotte Delbo). Très vite des cours sont instaurés: Viva Nenni donne des leçons d'italien, Marie-Claude d'histoire politique, Maï (Politzer) de philosophie, Charlotte (Delbo) de théâtre... "On échange des cours de maths contre des cours de couture, des exercices d'anglais contre des recettes de cuisine".  (Violaine Gelly, opus cité, p. 105). " Un bon nombre de ces femmes étaient des scientifiques et des intellectuelles de haut niveau, avec une fois inébranlable dans leur idéal. Elles étaient une partie de l'élite féminine du parti communiste. Il nous fallut du temps pour découvrir ce milieu nouveau et incompréhensible pour nous. Nous étions tombées sur une autre planète. Nous qui ignorions tout des partis politiques, nous étions arrivées au milieu d'un des plus intenses foyers d'activité intellectuelle communiste", racontera Simone, dite Poupette. (Violaine Gelly, opus cité, p. 105-106). Charlotte organise des pièces de théâtre avec Danielle Casanova dans le rôle de Jeanne d'Arc, surveillée par un soldat allemand joué par Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elle monte Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux. 17 des co-détenues de Charlotte Delbo au fort de Romainville apprennent l'exécution de leurs maris ou compagnons. Charlotte prépare une autre représentation, On ne badine pas avec l'amour, quand le 18 janvier 1943, 222 détenues sont réunis dans la cour du fort. On leur apprend leur départ pour l'Allemagne.

Avec 229 femmes en majorité résistantes et communistes, Marie-Claude Vaillant Couturier est déportée le 23 janvier 1943 à Fresnes, Compiègne, puis vers Auschwitz. 3 mois plus tard, il ne restera que 70 femmes survivantes de ce convoi classé Nuit et Brouillard. Les 4 derniers wagons d'un convoi de 18 sont réservés aux femmes quand le convoi part de Compiègne le 24 janvier.

"Personne ne comprendra jamais pourquoi, écrit Violaine Gelly, ces prisonnières ont été déportées à Auschwitz, qui était essentiellement un camp d'extermination de Juifs... Les "politiques "étaient ordinairement dirigées sur Ravensbrück. Sauf le convoi du 24 janvier 1943, dit "convoi des 31 000" car tous les matricules à cinq chiffres que les survivantes porteront tatoués sur l'avant-bras gauche pour le restant de leur vie commencent par 31. Désorganisation allemande due à la panique de voir Stalingrad sur le point de tomber? Simple erreur humaine lors de la séparation avec le train des hommes à Halle? La réponse s'est perdue avec la destruction d'une partie des archives d'Auschwitz - à supposer qu'elle s'y trouvait..." (Violaine Gelly, opus cité, p.115).

Ces résistantes, principalement communistes, arrivent à Auschwitz le 27 janvier au petit jour. Les déportées survivantes sont transportées à Birkenau, à trois kilomètres d'Auschwitz I. Les chantent La Marseillaise à la suite de Mounette. "Partout sur le sol, des cadavres qu'elles enjambent, des rats gros comme des chats qui courent entre des alignements de baraquements en brique, une odeur épouvantable qui envahit tout et dont elles découvriront très vite que c'est celle qu'exhalent les fours crématoires où jour et nuit sont brûlés des corps" (Violaine Gely). 

Danielle Casanova est nommée dentiste du Revier, elle y mourra du typhus le 9 mai (Charlotte écrira: "Elle reposait, belle parce qu'elle n'était pas maigre, le visage encadré de tous ses cheveux noirs, le col d'une chemise blanche fermé sur son cou, les mains sur le drap blanc, deux petites branches de feuillage près de ses mains. Le seul beau cadavre qu'on ait vu à Birkenau"). Marie-Claude Vaillant-Couturier est désignée interprète de l'administration du camp car elle parle allemand couramment. Charlotte Delbo, elle, malade, est protégée par ses camarades sur les lieux de travail en extérieur. Charlotte Delbo racontera l'extraordinaire solidarité de survie entre les déportées, leur amitié, leur bravoure et leur endurance inimaginables, leur beauté arrachée à la vie: 

" Yvonne Picard est morte

qui avait de si jolies seins.

Yvonne Blech est morte

qui avait les yeux en amande

et des mains qui disaient si bien

Mounette est morte

qui avait un si joli teint

Une bouche toute gourmande

et un rire si argentin

Aurore est morte

qui avait des yeux couleurs de mauve.

Tant de beauté tant de jeunesse

Tant d'ardeur tant de promesses...

Toutes un courage des temps romains.

Et Yvette aussi est morte

qui n'était ni jolie ni rien

et courageuse comme aucune autre.

Et toi Viva

et moi Charlotte

dans pas longtemps nous serons mortes

nous qui n'avons plus rien de bien"

(Une connaissance inutile)

En mai 43, Charlotte Delbo va être affectée à Rajsko, grâce à Marie-Claude Vaillant-Couturier à la culture du kok-sanghiz, un pissenlit d'Asie centrale dont la racine et la sève contiennent du latex transformable en caoutchouc.  Les conditions de vie et de travail sont moins mortifères, le harcèlement des kapos moins dangereux. Pendant trois mois, Charlotte et ses amies font l'aller-retour entre Birkenau et Rajsko matin et soir. Avec ses co-détenues, pour se divertir de l'enfer du camp, Charlotte évoque Electre, Dom Juan, elle tente de reconstituer avec Claudette Bloch, une détenue française, juive résistante, l'intégralité du Malade imaginaire de Molière. Elles montent la pièce au lendemain de Noël, le 26 décembre 1943, avec des costumes réalisés par le plus grand esprit d'expédient et d'invention.

"Le dimanche de la représentation, tout est en place. "C'était magnifique parce que chacune, avec humilité, joue la pièce sans songer à se mettre en valeur dans son rôle. Miracle des comédiens sans vanité. Miracle du public qui retrouve soudain l'enfance et la pureté, qui ressuscite à l'imaginaire. C'était magnifique parce que, pendant deux heures, sans que les cheminées aient cessé de fumer leur fumée de chair humaine, pendant deux heures nous y avons cru. Nous y avons cru plus qu'à notre seule croyance d'alors, la liberté, pour laquelle il nous faudrait lutter cinq cent jours encore"  (Une connaissance inutile) - Cité dans Charlotte Delbo- Violaine Gelly, Paul Gradvohl, Pluriel

Marie-Claude est transférée à Ravensbrück le 2 août 1944. Son attitude courageuse pleine de sollicitude envers ses compagnes de déportation est reconnue par toutes ses camarades de souffrance.  
Elle refuse de rentrer en France à la libération de Ravensbrück tant qu’il reste sur place des déportés français malades, femmes ou hommes, et elle ne revient que le 25 juin 1945, deux mois après sa libération.

Elle témoigne au procès de Nuremberg en 1946. C'est l'un des principaux témoins des camps de la mort pour l'accusation contre les criminels de guerre nazis. Germaine Tillon dira son admiration par rapport au rôle joué par Marie-Claude Vaillant Couturier.

Au lendemain de son retour en France, le 26 juin 1945, Marie-Claude Vaillant Couturier est désignée membre suppléant du comité central du PCF. Après avoir été cooptée à l'Assemblée consultative, elle est élue députée à l'assemblée constituante en novembre 1945 dans le 4e secteur de la Seine Sud. Pendant 3 législatives continues, la confiance des électrices et des électeurs ne lui fait pas défaut. Après l'intermède dee 1958, Marie-Claude est de nouveau élue députée dans la circonscription de Villejuif de 1962 à 1967. Au cours d'une séance de l'assemblée nationale le 16 décembre 1964, elle plaide pour l'adoption d'un amendement renforçant la proposition de loi sur "l'imprescriptibilité du génocide et des crimes contre l'humanité". En 1973, âgée de 60 ans, elle laisse son siège de députée au profit du secrétaire général du PCF, Georges Marchais, tout en restant membre du Comité Central jusqu'au 25e congrès, en 1985.         

Elle témoigne encore au procès de Barbie en 1987.
Elle fut une des dirigeantes de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, membre de l’Amicale d’Auschwitz, première présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation, secrétaire de la Fédération démocratique internationale des femmes, vice-présidente de l’ Union des femmes françaises, élue députée PCF, vice-présidente de l’Assemblée nationale

Sources: biographie de Charlotte Delbo par Violaine Gely, écrits de Charlotte Delbo, Héroïques Femmes en résistance tome 2 d'Antoine Porcu (éditions Le Geai Bleu)

 

Lire aussi:

Portrait de résistante communiste - 3 - Maï Politzer 1915-1943 (100 ans d'engagements communistes)

Portrait de résistante communiste: 2 - Madeleine Braun, cofondatrice du Front National, première femme vice-présidente de l'Assemblée Nationale (100 ans d'engagements communistes)

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Elle a planté ses yeux dans ceux des nazis

DANY STIVE

JEUDI, 7 MAI, 2015

L'HUMANITÉ

"Une vie de résistante, Marie-Claude Vaillant-Couturier", de Gérard Streiff.

Marie-Claude Vaillant-Couturier, rescapée d’Auschwitz, témoin à Nuremberg, militante communiste.

Quand elle entre dans la salle du procès des dirigeants nazis à Nuremberg le 28 janvier 1946, Marie-Claude Vaillant-Couturier aimante tous les regards. Cette belle et grande femme blonde aux yeux bleus, plutôt que s’avancer vers la barre où le président du tribunal vient de l’appeler, se dirige droit vers les bancs des accusés. Plantant ses yeux dans ceux des dignitaires nazis, cette femme sortie de l’enfer concentrationnaire sept mois auparavant défie les responsables de la solution finale. Avec elle, est entré dans cette salle le « terrible cortège de tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres » (1). À la barre, elle apostrophe les responsables nazis : « Regardez-moi car, à travers mes yeux, ce sont des centaines de milliers d’yeux qui vous regardent, par ma voix, ce sont des centaines de milliers de voix qui vous accusent. »

Par cette scène initiale, Gérard Streiff ouvre une biographie rapide et bien enlevée de cette communiste hors du commun à l’usage des jeunes lecteurs. Autant dire que, en suivant les pas de Marie-Claude Vaillant-Couturier, on arpente le monde du XXe siècle. Photographe, journaliste, militante infatigable, pacifiste et féministe, élue communiste, elle a voyagé de par le monde et traversé les classes sociales. Issue de la bourgeoisie éclairée, elle rejoint les rangs des révoltés refusant les inégalités. Difficile avec un tel personnage, dans un texte si court, de ne pas verser dans l’hagiographie. L’auteur y parvient en refusant de l’enfermer dans la légende, mais en décrivant une femme « unique, engagée, habitée par la passion politique, d’une incroyable vitalité, élégante et discrète, humble mais tenace, simple et altière à la fois. Une sorte d’aristocrate rouge qui semble sortie d’un roman de Jean Vautrin ». Marie-Claude Vaillant-Couturier n’entrera pas au Panthéon en ce mois de mai, François Hollande ayant choisi d’autres personnalités pour féminiser un peu ce temple républicain si masculin. À lire ce portrait, on comprend qu’il a fait une erreur. Raison de plus pour encourager sa lecture par les plus jeunes.

(1) Discours d’André Malraux pour l’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin.

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 08:00
Universités.  La lutte des étudiants n’est pas accessoire - Anaïs Fley, reconduite comme secrétaire nationale de l'Union des Etudiants Communistes, interviewée par L'Humanité  (26.10.2020)
Universités. « La lutte des étudiants n’est pas accessoire »
Lundi 26 Octobre 2020

À l’issue de la conférence nationale de l’Union des étudiants communistes, sa secrétaire nationale, Anaïs Fley, revient sur les chantiers de l’UEC, dont le revenu étudiant. Entretien.

Vous militez pour l’instauration d’un revenu étudiant. Quelle forme prendrait-il et comment le financer ?

Anaïs Fley Le revenu étudiant serait fixé au niveau du salaire minimum et en fonction du niveau de qualification et de formation. Il serait financé par les cotisations sociales via la création d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale, une branche « formation » qui permettrait d’étendre à une nouvelle période de la vie ce système révolutionnaire et émancipateur qu’est la Sécurité sociale, plutôt que de continuer à le détruire comme le fait le gouvernement avec la réforme des retraites. Le revenu étudiant permettrait d’économiser des sommes colossales consacrées actuellement aux bourses ou aux aides qui pallient la précarité étudiante. C’est une mesure qui pose directement la question du communisme, en repensant la notion de travail, en reconnaissant les études supérieures comme un travail en tant que tel. À ce jour, nous avons plus de 5 000 étudiants et étudiantes qui ont signé la pétition « Étudier, c’est travailler » pour le revenu étudiant.

Emmanuel Macron a admis, le 14 octobre, que « c’est dur d’avoir 20 ans en 2020 ». Que lui répond l’UEC ?

Anaïs Fley Si c’est dur d’avoir 20 ans en 2020, c’est surtout parce qu’on se trouve dans une situation où il est plus que jamais nécessaire de s’engager, or les jeunes ont peu de possibilités de lutter ensemble pour l’émancipation et la justice. C’est un enjeu majeur de convaincre les étudiants de se mobiliser contre Macron, que la lutte n’est pas accessoire. La démocratie ne se limite pas au vote, mais c’est un moment incontournable de la vie démocratique française, c’est tragique que de nombreux jeunes se sentent étrangers à ce moment. Nous devons nous mobiliser pour amorcer une transformation sociale, les crises sanitaires et écologiques nous rappellent que nous avons peu de temps pour cela, au risque d’aller droit dans le mur.

Le féminisme est un des principaux chevaux de bataille de l’UEC et était au menu de la conférence nationale qui s’est tenue ce week-end. Comment va se matérialiser ce combat ?

Anaïs Fley Il y a urgence à donner des responsabilités politiques aux femmes et dans les luttes dans les facs. L’UEC est une organisation politique et nous avons une direction nationale composée aux deux tiers de femmes. C’est un enjeu révolutionnaire de permettre aux femmes d’accéder à ces postes à responsabilité. De manière plus générale, sur les facs, on doit permettre aux femmes d’occuper tout l’espace qu’elles souhaitent, donc de lutter contre les violences sexistes et sexuelles : on doit faire de la prévention, former le personnel à écouter les victimes et sanctionner administrativement ceux qui se livrent à ces violences.

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26 octobre 2020 1 26 /10 /octobre /2020 07:54
Portrait de résistante communiste - 3 - Maï Politzer 1915-1943 (100 ans d'engagements communistes)
Portrait de résistante communiste - 3 - Maï Politzer 1915-1943 (100 ans d'engagements communistes)

Marie Politzer, dite Maï Politzer, née Larcade, est née à Biarritz le 15 août 1915  et morte à Auschwitz le 6 mars 1943.

Maï Politzer est la fille d'un cuisinier, ancien chef à la cour d'Espagne, installé à Biarritz après la chute d'Alphone XIII. Seule fille (elle a deux frères, l'un plus jeune, l'autre plus âgé), elle est une enfant « choyée. » La famille est catholique pratiquante. Jeune, Marie Politzer est passionnée par le théâtre et met en scène des pièces avec ses amies. Après avoir fait ses études secondaires dans un couvent de Biarritz, elle suit une formation de sténo-dactylo à Bayonne, fait des études de commerce par correspondance, puis elle part à Paris pour entrer dans une école sage-femme. Diplômée en 1929, ses parents lui donnent leurs économies pour acheter une clinique située dans le 20 e arrondissement de Paris. Elle rencontre Georges Politzer, son futur mari, dans un train en rentrant pour les vacances, en 1929. Il divorce pour l'épouser et le couple se marie le .

Son mari étant communiste, elle adhère à ses idéaux et entre en clandestinité avec lui durant l'occupation, en août 1940, après avoir confié leur fils de sept ans à ses parents.

Né en 1903 sujet de l’Empire austro-hongrois, Georges Politzer s’engage précocement. Issu d’une famille de la bourgeoisie juive de Hongrie, il a 15 ans en 1918 quand il adhère au Parti communiste. L’Empire disloqué, il participe à la défense de la République des Conseils, dirigée par Béla Kun, contre les troupes du dictateur Miklos Horthy, admirateur de Mussolini et initiateur des premières lois antisémites de l’entre-deux-guerres. À 17 ans, il part s’installer à Paris, non sans avoir fait un passage à Vienne afin d’assister aux séminaires de Freud et de Ferenczi.

Inscrit à la Sorbonne, où il rencontre Pierre Morhange, Henri Lefebvre et Norbert Guterman, il enseigne au lycée de Moulins, dans l’Allier, avant d’obtenir l’agrégation de philosophie, en 1926, et d’être nommé professeur de l’enseignement secondaire, emploi qu’il occupera jusqu’en 1939 (2). Militant en tant que syndicaliste enseignant, il adhère au Parti communiste français en 1929 et participe à la Revue marxiste avec Pierre Morhange, Georges Friedmann et Paul Nizan.

Ardemment impliqué dans les actions culturelles du PCF dans les années 1930 – enseignement militant, journalisme, documentation… –, il sera mobilisé en 1939 dans l’intendance à l’École militaire. Entré dans la clandestinité, il est, avec Jacques Solomon et Jacques Decour, à l’origine de la Résistance universitaire et intellectuelle communiste, en lançant dès l’automne 1940 le périodique clandestin l’Université libre, puis en février 1941 la Pensée libre, explique le Maitron (3).

Il écrit des articles pour des journaux de résistants. Elle prend en charge le transport des textes aux imprimeries clandestines et, alors qu'elle est blonde, elle se teint les cheveux en brun pour être moins reconnaissable.
Georges et Marie Politzer sont arrêtés à leur domicile clandestin dans le 18e arrondissement de Paris le 14 février 1942 par les brigades spéciales.
Le 30 mai, huit jours après Georges, ce sont d'autres hommes du réseau qui partent pour le Mont Valérien: Félix Cadras, Arthur Dallidet et Jacques Decour. A huit jours d'intervalle, Maï Politzer a vu partir vers la mort les deux hommes qu'elle aimait, son mari et son amant.

Elle reste au dépôt jusqu'au 23 mars, puis est détenue au secret à la prison de la Santé où elle voit une dernière fois Georges Politzer avant qu'il soit fusillé le 23 mai 1942 dans la forteresse du Mont-Valérien.

Dans la sixième partie du poème Brocéliande de la Diane française, Louis Aragon rendra un hommage appuyé au résistant communiste « aux cheveux roux », assassiné à l’âge de 39 ans, « mort pour la France ». « Dans le Crime contre l’esprit, paru en 1943 puis repris dans l’Homme communiste », précise le Maitron, « il consacra plusieurs pages à Georges Politzer », qui passa trois mois enchaîné et torturé, « du début de mars au 23 mai précisément ». « Pierre Villon (4) se fit aussi l’écho des tortures subies par Politzer », souligne la notice du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier : « Arrêtés, tous deux », Georges et Maïe « ont eu une attitude héroïque devant leurs bourreaux, ils n’ont cédé ni aux tortures physiques, ni aux menaces, ni aux offres déshonorantes de récompense ».

Maï Politzer est ensuite transférée au Fort de Romainville en août 1942.
Elle est transférée à Auschwitz par le convoi du 24 janvier 1943, convoi qui contient entre autres des résistantes françaises, la plupart non juives et en majorité communistes, parmi lesquelles de nombreuses veuves de fusillés, telle Hélène Solomon-Langevin, femme de l'écrivain Jacques Solomon.
Elle porte à Auschwitz le numéro 31 680. Danielle Casanova, arrivée par le même convoi qu'elle, et qui a pris la fonction de dentiste au camp, arrive à lui trouver un poste de médecin au revier du camp, bien qu'elle ne soit que sage-femme. Les conditions sont difficiles, mais un peu moins mauvaises que dans le reste du camp : les médecins n'ont pas à subir d'appel, sont abrités du froid et mangent correctement2. Elle y meurt du typhus le 6 mars 1943.
C'est par Marie-Claude Vaillant-Couturier, elle aussi déportée par le convoi du 24 janvier 1943, que la famille de Maï Politzer apprend sa mort, après la libération des camps.
Comme pour Georges Politzer, la mention « mort pour la France » fut accordée à Maï Politzer le 18 mai 1946

Fort de Romainville

Fort de Romainville

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