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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 15:16
 

Pour le Conseil constitutionnel, l’enseignement supérieur est une des composantes du service public de l’éducation

Ce 11 octobre 2019, à la suite de sa saisine par des organisations syndicales et estudiantines, le Conseil constitutionnel vient de rendre une décision, qu’il qualifie d’inédite, par laquelle il considère que l’enseignement supérieur public est une des composantes du service public de l’éducation. Les Sages estiment donc qu’il doit être intégré dans le champ d’application du treizième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 qui stipule que : « La Nation garantit l’égal accès […] de l’adulte à l’instruction […] L’organisation de l’enseignement public gratuit […] à tous les degrés est un devoir de l’État ». Le Conseil constitutionnel admet toutefois une dérogation au principe de gratuité de l’enseignement en autorisant la perception de « droits d’inscription modiques […] en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiants ».

Les conséquences de cette décision historique sont considérables pour l’organisation et le financement de l’enseignement supérieur, pour les universités, mais aussi pour les écoles d’ingénieur publiques, pour les grandes écoles et pour tous les établissements publics de l’enseignement supérieur. Conformément à la décision du Conseil d’État du 27 janvier 1988 (n° 64076), le ministère chargé de l’enseignement supérieur, comme celui de l’Éducation nationale, aura l’obligation d’assurer sa mission d’intérêt général d’enseignement en organisant notamment l’enseignement de toutes les matières obligatoires.

Non seulement, la décision d’une augmentation des droits d’inscription des étudiants étrangers perd tout fondement légal, mais elle oblige Gouvernement à refonder toute l’économie de l’enseignement supérieur public sur le principe de la gratuité. L’importance historique de la décision du Conseil constitutionnel et ses conséquences considérables pour l’organisation de ce service public imposent au Gouvernement d’engager, sans délais, des discussions avec le Parlement et tous les représentants des organisations représentatives des étudiants, des enseignants et des établissements pour assurer la rentrée 2020, dans le nouveau cadre fixé par le Conseil constitutionnel. Avant le vote du budget, la convocation d’un « Grenelle » de l’enseignement supérieur est d’une absolue nécessité.

Pierre Ouzoulias, sénateur PCF

 
À Paris le 11 octobre 2019 
Pour le Conseil constitutionnel, l’enseignement supérieur est une des composantes du service public de l’éducation (Pierre Ouzoulias, PCF)

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 06:15
Débat sur l'immigration - Eliane Assassi (présidente du groupe communiste au Sénat) - Les nouvelles causes d'exil doivent être reconnues (L'Humanité, 9 octobre 2019, entretien avec Julia Hamlaoui)

« Les nouvelles causes d’exil forcé doivent être reconnues »

Mercredi, 9 Octobre, 2019

Lors du débat sur l’immigration au Sénat aujourd’hui, la sénatrice communiste, qui dénonce les « manipulations du gouvernement », proposera de repenser les critères de la convention de Genève sur le statut des réfugiés.
Éliane Assassi

 

Éliane Assassi

Sénatrice PCF

Le débat sur l’immigration arrive au Sénat aujourd’hui. Ce sujet est régulièrement source de clivage à gauche entre les tenants du « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » et les défenseurs de la liberté de circulation. Comment l’appréhendez-vous ?

Éliane Assassi La phrase de Michel Rocard est principalement utilisée par celles et ceux qui brandissent l’immigration comme la responsable de tous les maux de notre société. Ces considérations sont aujourd’hui complètement obsolètes. On ne peut pas être pour ou contre l’immigration : on parle d’hommes, de femmes, d’enfants. Ni de chiffres, ni de numéros. Les tenants du capitalisme sont tout à fait d’accord avec la liberté de circulation dès lors qu’il s’agit d’argent, eh bien, nous, nous la prônons pour les humains. D’ailleurs, la migration est un phénomène aussi ancien que l’humanité, on ne l’empêchera pas. C’est d’autant plus vrai avec les conflits internationaux, l’ordre économique établi et les bouleversements climatiques. Je proposerai donc lors du débat de repenser les critères de la convention de Genève, qui ne tient pas compte des nouvelles causes d’exil forcé.

À l’Assemblée, lundi, Édouard Philippe a évoqué l’instauration de quotas et estimé que la France « ne doit être ni plus ni moins attractive que ses voisins ». Qu’y opposez-vous ?

Éliane Assassi D’abord, le gouvernement manipule les chiffres. Par exemple, les 400 000 demandeurs d’asile enregistrés en France depuis 2015 ne représentent que 10 % du total européen. Imaginons qu’ils soient tous restés, ils n’auraient accru la population que de 0,6 %. Or, en Allemagne, c’est 2 % et 0,8 % dans l’ensemble de l’Union européenne. La France est donc en deçà. Un spécialiste comme le sociologue et démographe François Héran estime que les cris d’orfraie sont indécents et qu’on se fourvoie en jugeant que les prestations sociales ou l’AME mettraient notre pays en première ligne. Quant aux quotas, on essaie sous ce vocable de réintroduire l’immigration choisie promue par Sarkozy avec l’idée de bonnes nationalités et de mauvaises, qu’on laisserait à la porte. C’est intolérable.

Quelles mesures peuvent être prises face à la crise de l’accueil ?

Éliane Assassi Nous ne sommes pas à la hauteur de la désespérance de ces milliers de migrants qui cherchent refuge, y compris pour des raisons économiques. Malgré ce qui est dit, il n’y a pas assez de places d’accueil. Il faut répondre sans délai aux situations d’extrême urgence. Nous en avons les moyens, nous sommes un pays riche. Mais il n’y aura pas de solution miracle à court terme, une réflexion pour un vrai plan de logement dans des conditions dignes est indispensable.

Un autre éternel débat fait son retour. Christophe Castaner juge que « nous avons loupé, ces dernières années, l’intégration ». Partagez-vous ce constat ?

Éliane Assassi Qu’une chose soit claire : je ne pense pas partager la même définition du mot intégration que M. Castaner. Si cela signifie « créer du lien et de la cohésion sociale », je suis d’accord. Mais je n’ai pas le sentiment que ce soit ce qui est proposé. Mesurer l’intégration à la seule capacité des immigrés, voire de leurs descendants, à se fondre dans la communauté nationale est un appauvrissement, un leurre quant aux réels enjeux sociaux et politiques. On voit désormais resurgir, comme à la convention des droites, le concept d’assimilation. Là encore, la ligne est rapidement franchie.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui
Débat sur l'immigration - Eliane Assassi (présidente du groupe communiste au Sénat) - Les nouvelles causes d'exil doivent être reconnues (L'Humanité, 9 octobre 2019, entretien avec Julia Hamlaoui)

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 08:36
Réunion d'accueil des nouveaux adhérents du PCF pays de Morlaix le vendredi 11 octobre à 18h

Elles et ils s'appellent Anne, Philippe, Eugène, Christophe, Corentin, Roland, Michèle, Patrick, Sophie, Julie, Pol, Cloé, Hugues, Andréa, Annick, Glenn, Mireille, André, Patricia, Jan, Joël, Valérie.

Après le succès de la réunion d'accueil des nouveaux adhérents du PCF Finistère (85 depuis 2 ans) à Brest au local de la fédération rue Berger le 25 septembre dernier (35 à 40 personnes y avaient participé. CF compte rendu: 

Réunion d'accueil des nouveaux adhérents du PCF Finistère: une soirée très chaleureuse ce mercredi 25 septembre 2019

C'est au tour de la section du PCF Morlaix d'organiser le vendredi 11 octobre à 18h sa rencontre conviviale d'accueil de ses nouveaux adhérents: 23 depuis depuis ans, dont 8 mutations et le reste de toutes nouvelles adhésions.

Ce sera l'occasion de faire le point sur les motivations, expériences et projets des uns et des autres. Et de renforcer cette camaraderie et fraternité particulières qui font la différence du Parti communiste.  

Le Comité de section, le secrétaire de section Daniel Ravasio et le secrétaire départemental du PCF Ismaël Dupont seront présents à cette réunion d'accueil des nouveaux adhérents. 

La section du pays de Morlaix (sans la section de Lanmeur et la section de Roscoff) compte aujourd'hui autour de 85 adhérents.

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 07:07
"Très heureux de prendre le relai de mon ami Patrice Bessac à la présidence de l'association nationale des élus communistes et républicains.  Je tâcherai de porter au mieux les combats de nos 6700 élus." (Ian Brossat)

"Très heureux de prendre le relai de mon ami Patrice Bessac à la présidence de l'association nationale des élus communistes et républicains. Je tâcherai de porter au mieux les combats de nos 6700 élus." (Ian Brossat)

Ian Brossat et Cindérella Bernard (1ere adjointe à Bégard, candidate aux Européennes avec Ian Brossat) au congrès de l'ANECR à Paris ce week-end du 5-6 octobre

Ian Brossat et Cindérella Bernard (1ere adjointe à Bégard, candidate aux Européennes avec Ian Brossat) au congrès de l'ANECR à Paris ce week-end du 5-6 octobre

Municipales. Les élus PCF font le pari du rassemblement

Lundi, 7 Octobre, 2019

Réunis à Paris pour le congrès de leur association, les élus communistes et républicains ont appelé ce week-end à l’unité de la gauche et élu Ian Brossat à leur tête.

 

À moins de six mois des élections municipales, le rythme des déclarations de candidatures s’accélère mais tout n’est pas encore ficelé, tant s’en faut. Le calendrier se resserre mais les élus communistes et républicains ne désespèrent pas de faire entendre leur message. Réunis à Paris ce week-end pour le congrès de leur association, l’Anecr, ils ont lancé un appel au rassemblement à l’intention des citoyens et des autres formations de gauche. Face à un « président de la République (qui) poursuit la construction raisonnée mais dangereuse d’un paysage où la seule alternative » serait « l’extrême droite » et face à « l’absence de réponse aux défis environnementaux et sociaux », « les élus locaux ont un très grand rôle à jouer », assure, dès l’ouverture des travaux, Patrice Bessac, le maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) et président sortant de l’Anecr. Mais, dans l’auditorium de la maison de la RATP où se tient le congrès, beaucoup témoignent des difficultés de cette période des plus instables. « Il y a une forte aspiration à l’unité, un ras-le-bol des gens de la division de la gauche, une angoisse pour 2022 de se ­reprendre une purge libérale », constate Philippe Bouyssou, le maire d’Ivry, tout en regrettant de ne pouvoir compter sur le soutien de l’ensemble de la gauche.

Trois « axes de batailles » pour 2020

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, avait déjà lancé un appel au rassemblement à la mi-septembre, lors de la Fête de l’Humanité. « Tout le monde se tend la main, mais on entend qu’ici ou là, ça ne va pas ; à un moment, on va bien se croiser », a-t-il résumé ce week-end plaidant pour des ­alliances à gauche dès le premier tour. « Ce n’est pas dans un accord national ni même départemental que nous trouverons les solutions », précise-t-il, grandes villes mises à part. L’enjeu numéro un : faire des communes de « véritables boucliers ­sociaux ». « On n’est pas des politiciens qui cherchent à marquer des points pour notre propre carrière. On est des citoyens comme tout le monde, présents au quotidien pour améliorer les conditions de vie de tous », martèle Olivier Corzani, élu maire de ­Fleury-Mérogis (Essonne), lors d’une partielle cette année, alors que le PCF avait perdu la ville en 2009.

« Urgences écologique, ­sociale, démocratique » reviennent en boucle dans les prises de parole. « Malgré les attaques tant administratives que budgétaires, chaque fois que nous le pouvons, nous faisons de nos communes des lieux d’innovation pour répondre aux besoins des populations », insiste Ian Brossat, élu ce samedi à la tête de l’association. L’adjoint à la mairie de Paris multiplie les exemples – budgets participatifs, complémentaire santé communale, municipalisation de l’eau, repas bio dans les cantines, permis de louer contre l’habitat indigne, ou encore transports ­gratuits –, avant de brosser trois « axes de ­batailles » : « défense de l’échelon communal », « nouvel essor des services publics ­locaux » et « lutte contre l’application de l’austérité ».

Là se pose un problème de taille. « La baisse des dotations aux collectivités n’a jamais été si importante : 13 milliards sous le mandat de François Hollande et 13 milliards prévus sous le mandat du président de la République actuel. Nos communes sont asphyxiées, étranglées », s’indigne ­Fabien Roussel. Les marges de manœuvre en sont réduites d’autant. « Dans les villes que nous dirigeons, nous avons dû aussi – compte tenu de la purge budgétaire que nous avons subie – appliquer la rigueur. Dans ma ville, on ne remplace plus tous les départs en retraite », témoigne Jean-Pierre Bosino, le maire de Montataire (Oise). Pour les ­communistes, une solution : ­l’intervention ­citoyenne. « Il n’y a plus une décision municipale qui pourra se prendre sans un engagement plein et entier des ­citoyens et sans aller arracher avec les dents les moyens de répondre aux besoins des habitants », estime le maire d’Ivry. Pour pallier la suppression de la taxe d’habitation, qui grève elle aussi les budgets locaux, le PCF planche sur une réforme de la fiscalité locale. En attendant, les parlementaires communistes proposeront, dès les ­prochaines semaines, lors de l’examen du budget, de mettre 5 milliards sur la table en 2020.

Julia Hamlaoui

EELV en solo à Marseille

À Marseille, formations de gauche, associatifs, collectifs citoyens échangent depuis des semaines en vue du scrutin de 2020. PCF, PS, FI se sont prononcés en faveur d’une liste unique pour arracher la deuxième ville de France à la droite et faire échec au RN. Les écologistes ne partagent pas cet avis. Lors d’une assemblée générale d’EELV, ce samedi, moins de 75 militants ont voté à 80 % en faveur d’une liste autonome « écolo-citoyenne » et désigné Sébastien Barles comme tête de liste. « Je ne sais pas s’il y aura une liste ou deux listes (à gauche – NDLR) mais il faut éviter qu’on se divise », a déclaré ce dernier sans ciller.

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 05:48

«Dès lors qu’un sans-abri a avec lui un bien mobilier, matelas, tente ou chariot, il pourra entrer dans le champ de la loi ». Et donc se voir infliger une amende de 500 euros !

C’est ce que permettrait désormais, comme l’a révélé le journal « L’Humanité », un article de loi voté en catimini dans la nuit.

Elections municipales obligent, le pouvoir et sa majorité, incapables de relever le défi de la misère sociale, flattent sans vergogne les idées nauséabondes dans lesquelles se vautrent la droite et l’extrême-droite, en tentant de criminaliser la pauvreté.
Le pouvoir d’Emmanuel Macron cherche ainsi à dédouaner sa politique de commis des grandes fortunes et de la finance, du capital. Une politique qui creuse jusqu’à la plus totale indécence les inégalités sociales.
En vérité, la population de France est indignée, profondément indignée face à l’explosion de la grande pauvreté et à l’inhumanité du pouvoir et des classes dirigeantes.
Quand une banque, à Paris, procède à l’installation de 40 potelets métalliques pour interdire à un sans-abri de s’y réfugier, elle est contrainte d’y renoncer devant les protestations des riverains, des associations et des élus.
L’image de la salle de la honte aux urgences de l’hôpital Lariboisière, où sont entassées de jeunes mamans avec leurs nourrissons dans des conditions de précarité abjectes, indigne le personnel et la population. Comme le sort fait aux jeunes mineurs isolés, aux centaines, milliers de personnes vivant sous tente, dans des abris de fortune, au bord du périphérique parisien.
L’exclusion choque profondément la population. Mais pas le pouvoir, sa majorité et la droite  qui, alors que le 115 est saturé, que les centres d’hébergements sont combles, votent à l’Assemblée comme au Sénat un plan d’économie sur 4 ans de 57 millions sur les « ressources » des centres d’hébergements et de réinsertion.
En vérité le système capitaliste et son pouvoir ne sont pas en échec dans la lutte contre la pauvreté. Ils s’en nourrissent. La grande pauvreté est le revers innommable de la course folle au profit, au fric.
La criminalisation de la pauvreté est une arme de destruction massive des solidarités et des valeurs républicaines. Elle rend malade et précarise toute la société.
Quand en 1985, Coluche lance « Les Restos du cœur », dans son esprit, ça n’était pas censé durer. Les « Restos » vont engager cet automne leur 34e campagne.
Le 9 juillet 1849 Victor Hugo affirmait à l’Assemblée nationale : « La misère est une maladie de la société, comme la lèpre est une maladie de l’homme. Elle peut disparaître comme la lèpre, oui. »
Cent soixante-dix ans plus tard, n’est-il pas temps enfin, de déclarer la guerre, une guerre totale à la pauvreté ‘et non aux pauvres). L’éradication de la grande pauvreté doit être un objectif immédiat, la cause prioritaire de notre société. A quoi sert, sinon, qu’elle soit si évoluée ?

Guerre aux pauvres - Pierre Laurent, sénateur de Paris et président du Conseil National du PCF, dénonce la criminalisation de la pauvreté par la majorité macroniste (8 octobre 2019)

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 05:47

Sébastien Jumel : « Il faut une amélioration qualitative de l’inclusion »

Lundi, 30 Septembre, 2019

Éducation. Auteur d’un rapport sur la scolarisation des enfants handicapés, le député communiste Sébastien Jumel expose les grands axes des 157 propositions qu’il avance.

 

Sébastien Jumel est Député PCF de Seine-Maritime

Vous insistez dans votre rapport sur la nécessité d’avoir des statistiques fiables. Pourquoi ?

Sébastien Jumel Lors de la mission parlementaire, nous avons constaté qu’on avait toutes les peines du monde à obtenir des chiffres précis du nombre d’enfants handicapés, de ceux qui sont scolarisés, du nombre d’heures où ils sont effectivement à l’école, ou même du nombre de ceux contraints à chercher une solution à l’étranger. Et quand nous avons des chiffres, ils ne sont pas étayés. Par exemple, un enfant est compté comme scolarisé alors qu’il ne l’est que de deux heures par semaine. Ce flou s’explique par la diversité des intervenants – maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), ministères de la Santé et de l’Éducation nationale – et l’absence de pilotage transversal. Notre première proposition est donc de créer un service public de l’école inclusive, avec un pilotage global et un partage des données. C’est important d’avoir une mesure objective de la situation pour pouvoir avancer. Il faut aller au-delà de l’évolution quantitative observée depuis 2005, pour effectuer un saut qualitatif.

Quelles sont les conditions pour effectuer ce saut qualitatif ?

Sébastien Jumel La première chose à faire, c’est de simplifier et d’humaniser les traitements des dossiers par les MDPH. C’est le premier pas des familles puisque ce sont ces MDPH qui décident si l’enfant va avoir une affectation en institut spécialisé ou en milieu ordinaire, s’il va bénéficier ou non d’un accompagnant. Or, faute de moyens, ce sont de véritables usines à gaz, avec des délais trop longs. Pour les familles, c’est un parcours du combattant. Il faut être énarque pour remplir un dossier et avoir un bac+ 5 pour comprendre la décision notifiée par la MDPH. Le deuxième point est le maintien des structures spécialisées. Je suis favorable à une révolution copernicienne en faveur de l’inclusion, mais certains enfants doivent être pris en charge dans des établissements spécialisés. L’inclusion à tout prix peut être violente. Il faut se méfier d’un discours très généreux sur l’inclusion qui met les enfants dans des situations douloureuses et sert en réalité à générer des effets d’aubaine budgétaires. Nous proposons donc de prendre en compte le choix des familles et l’intérêt de l’enfant pour mettre en place des parcours plus souples, avec des passerelles entre milieu spécialisé et milieu ordinaire. Il faut enfin aborder la question des moyens. La politique ambitieuse que nous prônons en a besoin, notamment pour la déprécarisation des intervenants et un plan de formation massif des accompagnants et du personnel. Mais, dès qu’il est question de moyens financiers, Jean-Michel Blanquer, que nous devons revoir le 8 octobre, se montre réticent.

Que prônez-vous pour améliorer la situation des accompagnants ?

Sébastien Jumel 95 % des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ont des contrats à temps partiel de moins d’un an. Le ministre a annoncé le passage en CDD de trois ans, renouvelable une fois, et une circulaire prévoit de décompter leurs heures « invisibles » (formation, préparation…). C’est une première avancée. Sauf que la circulaire n’est pas mise en œuvre partout de la même manière. Cette année encore, des AESH ont dû commencer à travailler sans contrat. Comme député communiste, je souhaiterais un statut dans la fonction publique d’État. Mais pour que le rapport soit voté à l’unanimité, il a fallu créer du consensus. Nous avons donc proposé une première avancée : une cédéisation plus massive des AESH, avec des temps hebdomadaires plus longs intégrant les heures invisibles.

Pourquoi mettez-vous l’accent sur l’amélioration de la formation ?

Sébastien Jumel La mission a été confrontée à de nombreux témoignages d’enseignants en souffrance. Accueillir des enfants handicapés sans être formé, c’est une violence institutionnelle. Nous souhaitons qu’il y ait des modules de formation obligatoires dans les instituts de formation et un plan de formation continue. Au-delà, il faut réfléchir aux conditions d’accueil. Il est impossible de mettre en place une pédagogie différenciée pour un enfant en situation de handicap dans des classes à 30 élèves ! Nous proposons donc que ces enfants soient pris en compte dans l’établissement de la carte scolaire ou la dotation horaire des collèges. L’impératif de formation vaut bien sûr aussi pour les AESH. Nous avons recueilli des témoignages d’AESH censés s’occuper de jeunes sourds… qui ne parlaient pas la langue des signes. Il faut des formations spécifiques à chaque handicap.

Vous avez aussi souligné les besoins dans l’enseignement supérieur.

Sébastien Jumel Un chiffre donne une indication : sur 53 000 doctorants, il y en a eu 123 en situation de handicap. Nous faisons des propositions pour que ça s’améliore, parce que ces élèves ont une énergie et des potentiels énormes.

Camille Bauer
Education et Handicap: Sébastien Jumel, député communiste de Seine-Maritime: il faut une amélioration qualitative de l'inclusion (entretien avec Camille Bauer, L'Humanité, 30 septembre 2019)

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 05:32
Disparition. Michel Kachkachian, communiste, réfugié arménien, résistant FTP MOI : le combat de la reconnaissance (L'Humanité)

Disparition. Michel Kachkachian, le combat de la reconnaissance

Lundi, 30 Septembre, 2019

L’ancien résistant, membre des Francs-tireurs et partisans (FTP), militant inlassable de la cause arménienne et communiste parisien, est décédé à l’âge de 95 ans.

 

Michel Kachkachian s’est éteint en fin de semaine dernière à l’hôpital Saint-Antoine. Âgé de 95 ans, le militant du PCF dans le 12e arrondissement de Paris aura été le témoin et l’acteur des combats émancipateurs du siècle écoulé. « Michel est un enfant de la première génération d’arméniens nés en France. Il va croiser la grande histoire », indiquait Nicolas Bonnet-Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris à l’occasion de son 90e anniversaire, célébré il y a cinq ans par ses amis et camarades. Et en effet, s’il naît le 24 juillet 1924 en Ardèche, c’est que sa famille est réfugiée en France depuis le début du génocide arménien. À tout juste 15 ans, le jeune immigré travaille, tout en poursuivant ses études au Conservatoire national des arts et métiers. La France entre alors dans les années sombres de la guerre et de l’Occupation. En alerte par la tragédie des premières décennies du siècle, il participe dès 1942 à des distributions de tracts contre l’occupant nazi. Arrêté, il est envoyé en Allemagne. Grâce à des complicités, il parvient à rentrer en France et rejoint en 1943 les rangs de la Résistance communiste des Francs-tireurs et partisans (FTPF) à Arnouville-lès-Gonesse (Val-d’Oise), dans les pas de Missak et Mélinée Manouchian. Il combattra lors de la Libération en août 1944 à Arnouville et pour la prise de l’Hôtel de Ville.

Après la Libération, il s’engage dans la fondation de la Jeunesse arménienne de France. Son action va désormais se concentrer à renforcer les liens entre les Arméniens de France et l’Arménie soviétique et la défense de la cause arménienne. En avril 1965, le député PCF des Hauts-de-Seine Guy Ducoloné, qui sera son ami, pose pour la première fois à l’Assemblée nationale la question de la reconnaissance du génocide arménien, de la responsabilité du gouvernement turc et du silence des pays occidentaux. Chaque 24 avril, le député réitérera cette demande. Hélène Luc, sénatrice PCF du Val-de-Marne, mènera, elle, au Sénat ce combat pour la vérité et la justice. Michel Kachkachian sera en première ligne dans cette bataille, en contribuant à la fondation du Mouvement des Arméniens de France pour le progrès, en 1996. En 2001, la loi reconnaîtra enfin le génocide arménien. Ses obsèques auront lieu le jeudi 3 octobre à 13h30, en la cathédrale orthodoxe Saint Jean-Baptiste rue Jean Goujon à Paris. L'inhumation aura lieu dans le cimetière d'Arnouville-lés-Gonesses à 15 heures. L’Humanité présente ses condoléances à sa famille et à ses proches.

Pierre Chaillan
Disparition. Michel Kachkachian, communiste, réfugié arménien, résistant FTP MOI : le combat de la reconnaissance (L'Humanité)

Message de Nicolas Bonnet Ouladj, adjoint au maire communiste à Paris:

Beaucoup de tristesse d'apprendre le décès de notre camarade Michel Kachkachian dans sa 95eme année.
Michel habitait et militait dans le 12e arrondissement de Paris et il s'est éteint à l'hôpital Saint Antoine la nuit dernière.
il aura consacré toute sa vie au parti communiste et au mouvement des arméniens de France. il a participé à la résistance, proche de Missak et Melinée Manouchian, il a contribué à la libération de notre pays au sein de FTP.
Fondateur du mouvement des arméniens de France pour le progrès, il aura contribué au côté de Guy Ducoloné et Hélène Luc à la reconnaissance du génocide arménien.

Voici les extraits du discours que j'ai prononcé au nom du PCF à l'occasion de son anniversaire pour ses 90 ans :

"Michel est un enfant de la première génération d’arménien né en France, va croiser la grande histoire.
9 ans après le début du génocide arménien qui a balafré l’histoire mondiale, il nait en Ardèche. Il travaille à 15 ans à l’aube de la déclaration de guerre pour subvenir aux besoins de sa famille, tout en poursuivant ses études au Conservatoire National des Arts et Métiers. Dès 1942, il prend part aux prémices de la résistance active, distribuant des tracts. Arrêté il est rattrapé par le Service du Travail Obligatoire et est envoyé en Allemagne. Grace au CNAM et à des complicités, il parvient à rentrer en France. Il profite de cette « permission » pour rejoindre les rangs des FTP à Arnouville les Gonesse. C’est l’armée des ombres en marche, sabotages, récupération d’armes, cache d’arméniens soviétiques, Michel est de tous les coups. Il faut de la discrétion et du courage, Michel n’en manque pas. En août 1944 l’hôtel de ville d’Arnouville est pris, la ville est libérée.
Il s’engage dès la fin de la guerre dans la fondation de la Jeunesse Arménienne de France. En 1951, il en est élu secrétaire général, il le restera jusqu’en 1963. Son action va désormais se concentrer à renforcer les liens entre les Arméniens de France et l’Arménie soviétique. Il continuera dans cette ligne jusqu’en 1996 date à laquelle il participe à la fondation du Mouvement des Arméniens de France pour le Progrès.

Michel a 41 ans quand un député communiste, qui deviendra son ami ,Guy Ducoloné, pose pour la première fois au Parlement la question de la reconnaissance du génocide arménien. Seul groupe à se préoccuper de rendre à ce peuple la dignité qui est liée à la reconnaissance de ce drame horrible.
Chaque 24 avril, la belle voix du député d’Issy les Moulineaux, où est implantée depuis longtemps, comme à Bagneux ou dans des ville du Val de Marne, une importante communauté arménienne, fait vibrer l’hémicycle du Palais Bourbon. Il rappelle inlassablement la responsabilité du gouvernement Turc d’alors et le silence complice des pays occidentaux. Ce sont des larmes de joie de Guy et de Michel qui accueilleront en 2001 la loi qui enfin, fait que la France reconnaît le génocide.
Hélène Luc sénatrice du val de Marne qui est avec nous aujourd’hui pourrait mieux que moi raconter cette épopée des associations arméniennes et des groupes communistes à l’Assemblée et au Sénat pour faire reconnaître le génocide.
Que de sang, que de larmes, mais que de liens entre le peuple français et le peuple arménien.
Nous pouvons être fiers du combat que tant d’Arméniens comme toi Michel, comme Missak et Mélinée Manouchian comme Henri Karayan et tant d’autres ont mené pour la liberté de la France leur patrie sans oublier jamais leur patrie de cœur, l’Arménie.
Alors qu’à nouveau cette partie du monde est endeuillée par des combats acharnés, je sais Michel que tu suis cette actualité et que ton cœur saigne en pensant que là-bas il n’y a pas encore la paix.
Ton combat est pour nous un exemple, il montre contrairement à ce que pense certains, on est bien sur français grâce à sa carte d’identité mais on est aussi français parce que l’on défend les valeurs qui sont aux frontons de nos écoles : liberté Egalite Fraternité. Cet idéal ne te quitte pas Michel. Je te souhaite un bon anniversaire et que demain encore la paix l’amitié et la compréhension mutuelle existe. Nous continuons à notre manière tes combats d’hier, je suis fier comme tous les communistes de Paris de te compter parmi les nôtres."

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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 19:00
Encore un budget de classe... pour le capital ! (Fabien Roussel, PCF)

Encore un budget de classe…pour le capital ! (Fabien Roussel)

 

Ce budget 2020 aurait dû être marqué par des réponses concrètes à l’urgence sociale et l’urgence climatique. Il n’en est rien. Il ne répondra pas, non plus, aux besoins exprimés par nos communes et nos services publics, notamment en matière de santé ou de transports.

Alors que la jeunesse défile pour réclamer des mesures d’urgence pour lutter contre les dérèglements climatiques, alors que tout le monde sait que notre pays doit investir massivement dans les secteurs du logement et des transports pour respecter notre trajectoire carbone, le budget 2020 ne prévoit rien de plus. Rien. Pire, 1 000 postes seront supprimés au Ministère de la Transition Écologique. Oui, il y a matière à porter plainte !

Alors que nos concitoyens demandent à retrouver leur pouvoir d’achat, ce Gouvernement prévoit seulement de baisser les deux premières tranches de l’impôt sur le revenu mais refuse d’augmenter les tranches les plus élevées, rétablir l’ISF ou s’attaquer de front aux niches fiscales. Résultat : les 5 milliards d’euros donnés de la main gauche à ces contribuables seront repris de la main droite à tout le monde, y compris les plus modestes : économies sur l’assurance chômage et les APL, baisse du budget de la santé, hausse des mutuelles et de l’électricité…Beaucoup de nos concitoyens, au final, y perdront.

Alors que les Français vont élire leur maire en mars prochain, le Gouvernement maintient sa politique d’austérité envers nos communes. La trajectoire de réduction de 13 milliards d’euros des moyens des collectivités est sanctuarisée. Nos communes vont donc continuer de tirer la langue !

Enfin, les plus heureux seront de nouveaux les grandes multinationales qui vont voir leur impôt sur les bénéfices baisser. Les 2,5 milliards de réduction annoncés pour 2020 (11 milliards sur l’ensemble du mandat !! ) vont profiter essentiellement au 750 multinationales au chiffre d’affaires supérieur à 250 millions d’euros. Bernard Arnault peut se frotter les main. Lui qui a vu sa fortune croitre de 35 milliards en un an, paiera encore moins d’impôts l’année prochaine ! Cadeau ultime : à partir de 2023, il ne paiera plus de taxe d’habitation puisqu’elle sera supprimée pour les 20% les plus riches !

Les richesses existent dans notre pays. Mettons-les au service du développement humain et de la planète. Nous défendrons donc durant ce débat budgétaire des propositions ambitieuses pour tous nos concitoyens, pour nos services publics, pour le climat. Pour un autre modèle de société.

« Le capitalisme est à bout de souffle » admettait le Président de la République en début d’année. Avec ce budget, il lui redonne de l’air ! Les Français apprécieront…

 

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord.

Encore un budget de classe... pour le capital ! (Fabien Roussel, PCF)

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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 18:55

Colloque international sur la paix et le désarmement nucléaire

Discours d'ouverture du Colloque international sur la paix et le désarmement nucléaire organisé ce jeudi 26 septembre à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires par Jean-Paul LECOQ, député, et Fabien ROUSSEL, député et secrétaire national du PCF.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et représentant-e-s du Corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
Cher-e-s ami-e-s,

 

C’est avec un grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue à cette rencontre que j’ai souhaité organiser avec Fabien ROUSSEL, député et secrétaire national du Parti Communiste français, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, créée par l’ONU en 2014.

Je tiens avant toute chose à excuser l’absence de Fabien ROUSSEL qui est malheureusement absent, due à un imprévu personnel de dernière minute.
Je tiens à remercier son engagement en tant que co-initiateur de cet événement qu’il devait ouvrir.

Je veux ensuite remercier chacune et chacun d’entre vous, et remercier particulièrement les intervenant-e-s qui ont accepté notre invitation et qui, à la lumière de leurs expériences et de leurs réflexions contribueront à la qualité de notre rencontre.


Depuis que 122 pays ont adopté le Traité international d’interdiction des armes nucléaires, que l’on appelle le TIAN, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, en juillet 2017, une perspective historique s’est ouverte pour la civilisation humaine.

Les députés communistes, comme des millions de femmes et d’hommes en France et ailleurs ont appuyé cette réalisation portée par la société civile mondiale, comme le démontre l’ampleur de l’organisation de la campagne ICAN, dont le PCF est partenaire depuis sa création.

ICAN, c’est l’organisation qui a porté ce travail hors norme de l’adoption d’un traité d’interdiction des armes nucléaires,
ICAN, c’est un prix Nobel de la Paix en 2017,
ICAN, c’est une grande réussite humaine et diplomatique.

Je salue d’ailleurs la présence d’Arielle DENIS qui représente cette organisation aujourd’hui.

L’adoption du TIAN nous permet, pour la première fois depuis les bombardements américains d’Hiroshima et Nagasaki, et depuis les décennies de courses à l’armement d’imaginer une humanité se trouvant à l’orée d’un temps nouveau.

Franchira-t-elle cette porte ?

À quelles conditions ?

Sera-t-elle à même d’asseoir les conditions concrètes et solides d’une sécurité humaine collective à laquelle tous les peuples aspirent ?

C’est pour discuter de ce processus, allier nos forces pour y parvenir, que nous sommes réunis aujourd’hui.

La bombe nucléaire, c’est le désastre écologique en plus rapide.
Lorsque les scientifiques aujourd’hui nous alertent sur la disparition de la biodiversité ou des bouleversements climatiques majeurs dans les décennies à venir, il ne faut jamais oublier qu’il est possible que notre planète soit anéantie en quelques minutes par les milliers d’ogives nucléaires.

La crise de l’écologie et de la paix sont donc liées intimement.
Et ce désastre écologique que nous vivons tous les jours est renforcé par une crise profonde du capitalisme qui s’est engagé dans une véritable fuite en avant.

À coup de traités de libre-échange et de diminution des droits de douane, les dirigeants de notre monde pensent résoudre tous les problèmes.

Les députés communistes se battent d’ailleurs continuellement pour dénoncer et mettre en échec les traités de libre-échange comme le CETA ou celui qui liera l’UE au MERCOSUR.


Nous rappelons systématiquement que la mondialisation fait fausse route tant que ses maitres mots ne sont pas :
- la paix,
- l’amitié entre les peuples,
- et la solidarité internationale.

C’est lorsque nous serons dans cette configuration que le monde pourra changer.

La paix n’est donc pas qu’un vain mot.
Ici, je pense que personne ne dirait le contraire.
Mais elle est la base d’une réflexion bien plus puissante et profonde qui permettra à l’humanité de sortir de cette crise majeure.

La paix se décline en plusieurs réflexions.
C’est évidemment le désarmement, mais également l’éradication des facteurs de guerres comme
- les injustices sociales et économiques,
- les inégalités générées et aggravées par ce système,
- la spoliation des ressources naturelles,
- la destruction des écosystèmes,
- ou encore comme la spoliation des droits individuels et collectifs, sociaux, humains et écologiques.
Cet enjeu est vital et appelle à une mobilisation générale et massive pour que nos enfants nous remercient et vivent dans un monde vivable et durable.

Mais ce n’est pas le chemin que notre monde prend à court terme.
Nous pouvons observer
- l’amélioration constante des capacités technologiques militaires,
- le regain des tensions encouragées par les dirigeants des puissances détentrices de l’arme nucléaire ou candidates à son contrôle,
- la remise en cause permanence du multilatéralisme,
- la destruction ou l’affaiblissement considérable des traités limitant la prolifération nucléaire.

Tous ces facteurs rendent concret une catastrophe nucléaire militaire.

Il est donc impératif de se débarrasser une bonne fois pour toutes de ce potentiel destructeur, en pensant toutefois aux milliers de personnes qui travaillent dans ce secteur et en travaillant ensemble à une transition pacifique des industries de guerre.

Et ce n’est pas tout !
Le nucléaire militaire est aussi un gouffre financier détournant des sommes considérables qui pourraient être utilisées à autre chose.

Par exemple, l’Inde, dotée de 130 têtes nucléaires, et le Pakistan, doté de 140 têtes, sont deux puissances nucléaires qui dépensent des sommes folles pour se tenir en joue tandis que leurs populations souffrent de maux considérables comme l’absence d’éducation ou de soin. Voire qui souffrent de la faim, ou de la soif.

Mais c’est aussi vrai dans les pays détenteurs de l’arme nucléaire plus développés.

La palme revient évidemment aux États-Unis et à la Russie qui détiennent à eux deux 13 000 têtes nucléaires, soit plus de 90 % de l’arsenal nucléaire mondial.

L’entretien de cet arsenal, sa modernisation, son renouvellement et son développement mobilisent des centaines des milliards de dollars.
Parmi les 5 plus gros budgets militaires du monde, on trouve 4 puissances nucléaires.
Elles dépensent à elles 5 près de 1100 milliards de dollars, l’équivalent du 16e PIB du monde…

À côté de cela, la lutte contre le réchauffement climatique, qui cause misère, conflits et déplacements de populations dans des conditions insupportables, parvient à peine à mobiliser au plan mondial.
- L’OCDE estimait en 2015 à 62 milliards de dollars seulement les financements réunis en 2014 par les pays développés en appui aux actions climatiques dans les pays en développement.
- Et le Fonds vert pour le climat créé par l’accord de Paris de la COP 21 ne représente que 2 milliards de dollars en 2018…

Ces choix mènent l’humanité dans une impasse.


Au moment où les inégalités explosent au plan mondial comme dans chacun de nos pays, l’une des premières conséquences de ces choix est que près d’un milliard d’individus dans le monde sont privés de sécurité alimentaire qui constitue un droit humain et un facteur de sécurité humaine.

La malnutrition, la sous-alimentation et la famine atteignent à nouveau des taux records et touchent, selon l’ONU, 820 millions de personnes à travers le monde, soit 11 % de la population mondiale.

L’accès à l’eau coûte plus cher aux pauvres qu’aux riches : 2,1 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable et dans certains bidonvilles.
Il faut quelquefois consacrer jusqu’à 30 % de ses maigres revenus pour acheter de l’eau.
Au total, selon l’UNESCO, près des deux tiers de l’humanité ont été confrontés à de graves pénuries d’eau au cours de l’année 2018.

C’est également contre un monde du tout marchand que nous nous battons en proposant d’étendre universellement le droit à l’énergie et l’accès à l’eau comme un bien commun de l’humanité et non une ressource marchande.

Les grandes et belles manifestations du week-end dernier pour un Climat de Paix en ont fait une brillante démonstration.

Si nous ne parvenons donc pas à créer les conditions pour :
- une puissante solidarité internationale,
- une profonde justice sociale,
- une meilleure redistribution des ressources vers les besoins humains et sociaux,
seuls les plus riches auront les moyens de se mettre à l’abri du réchauffement climatique et de ses conséquences.

Et il n’y aura alors pas de chemin pour une paix durable.

Dans ce monde libéral, les humains sont tout autant exploités que notre planète.
L’une de nos tables rondes reviendra d’ailleurs en détail sur l’impact écologique des guerres et des conflits, mais aussi en mettant en avant la sur-militarisation des relations internationales.

Pour nous, garantir la Paix, c’est permettre à chaque peuple de bénéficier des richesses qu’il produit, de sortir de la pauvreté, de garantir des échanges respectant les humains et les ressources naturelles.
C’est aussi avoir la liberté de choisir son modèle de société, et de s’inscrire librement en toute souveraineté dans des cadres de coopération et de solidarité.

 

Je souhaite ici verser au débat plusieurs des propositions du Parti communiste français que Fabien ROUSSEL vous aurait développé s’il avait pu ouvrir ce colloque.
J’y souscris évidemment et je place aussi mon travail de député dans ce sens.

- Tout d’abord, la condition fondamentale pour un monde de paix est le multilatéralisme.

Ce multilatéralisme doit être celui de la Charte des Nations unies, de l’ONU et pas la diplomatie des riches proposée par le G7 ou le G20.
L’heure est donc à une nouvelle étape des relations internationales fondées sur le partenariat et la coopération et non sur des alliances opportunistes et purement économiques.

Dans ce cadre mondialisé, il faut mettre fin aux alliances politico-militaires comme l’OTAN qui sont des fauteurs de guerre et non des gardiens de la paix.
Pour cela, concrètement, nous travaillons à ce que l’Europe puisse organiser une grande conférence paneuropéenne sous l’égide de l’ONU afin de remettre à plat les relations entre les pays européens – bien au-delà des limites de l’actuelle UE – et des pays européens avec les autres pays et régions du monde.
Comme ce fut en partie le cas à l’occasion de la ratification des accords d’Helsinki en 1975 qui ont créé l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
Organisation dans laquelle j’ai siégé entre 2007 et 2012.

Nous proposons que cette conférence puisse élaborer un cadre commun de coopération et de sécurité collective en allant bien au-delà de ce qui s’est fait à Helsinki en 1975 et en réunissant aussi bien des représentants d’État et gouvernement que des citoyens, des organisations dites civiles, des syndicats, etc.

- Avec nos amis et camarades des forces démocratiques et progressistes du Proche et Moyen-Orient, nous imaginons une initiative de l’ONU de la même envergure pour le Proche-Orient qui aurait à son ordre du jour les plus grands défis de cet espace :
• les négociations de paix au Yémen et en Syrie,
• la dénucléarisation militaire de la région,
• la reconstruction de l’Afghanistan,
• la fin des occupations militaires et colonisation en Palestine comme à Chypre,
• la reconnaissance des droits culturels et politiques de tous les peuples de la région,
• mais aussi la question du contrôle et de l’exploitation des ressources et des richesses naturelles en toute souveraineté et dans des cadres démocratiques.

- De telles perspectives ne sauraient voir le jour à terme si au plan mondial, le Conseil de sécurité de l’ONU ne met pas en tête de ses priorités la lutte contre les inégalités et les injustices sociales.

Comme lancement de cette priorité, nous proposons de mettre sur pied une COP contre l’évasion fiscale et pour la justice fiscale et sociale afin de récupérer les sommes astronomiques détournées par les puissances de l’argent.
J’ai d’ailleurs rappelé ce point pas plus tard qu’hier à l’occasion d’une commission des Affaires étrangères portant sur l’évasion fiscale.

- Nous nous battons également pour libérer l’Union européenne des traités qui l’ont formatée en bridant la souveraineté des peuples et la démocratie, et pour créer une Union des peuples et des nations libres, souveraines et solidaires.

En cela, nous nous opposerons de toutes nos forces au projet de Défense européenne et de guerre spatiale dont Emmanuel Macron s’est fait le porte-étendard.

- Et puis, enfin, et c’est la raison d’être de cette journée : notre priorité politique à cette heure est que la France signe et ratifie le Traité international d’interdiction des armes nucléaires, le TIAN, que ses dirigeants ont boudé et dénigré.

La responsabilité de la France est de s’inscrire dans le mouvement historique vers l’éradication de toutes les armes de destruction massive, la lutte contre la course aux armements et l’augmentation exponentielle des budgets militaires au détriment des besoins fondamentaux des peuples.


L’immense majorité de notre peuple, 67 % selon le sondage porté par le Mouvement de la Paix et La Croix de juillet 2018, est favorable à ce que notre pays s’engage dans le TIAN.

Cette voix doit se faire entendre et s’imposer.

Au printemps dernier, la municipalité de Genève – et le mouvement s’étend maintenant à en France – a adopté une résolution de soutien au TIAN.

Le 8 juillet dernier, c’est l’Assemblée parlementaire de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe qui a explicitement appelé à la ratification du TIAN par les pays membres.

La dynamique est enclenchée.

Il s’agit non seulement de préserver le Traité de non-prolifération, mais de franchir un cap.
Nous y sommes pour notre part résolument engagés, et nous sommes convaincus qu’une page nouvelle du combat pour la paix a commencé de s’écrire par l’action de vos organisations, par la mobilisation des peuples, des forces démocratiques et de transformation sociale.

Je vous remercie.

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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 07:00
Photo de Fabien Tudo, 28/09/2019

Photo de Fabien Tudo, 28/09/2019

Hier, samedi 28 septembre, une bonne vingtaine de camarades a participé au stand du PCF sur la Foire Saint-Michel à Brest et diffusé des tracts pour exiger un referendum sur la privatisation de Aéroports de Paris. Merci à eux.

Merci à Therry qui nous a monté le stand.

Nos camarades seront encore présents lors de ce formidable évènement populaire brestois qu'est la Foire Saint-Michel ce dimanche.

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