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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 05:26
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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 05:34

 

 

Notre pays vit un moment particulièrement dangereux.

Exploitant les peurs qu'a aggravées l'épidémie de Covid-19, les replis que provoquent les licenciements et la précarité, les divisions d'une société que ravagent les reculs de la République et la casse des services publics, l'insécurité qui mine le vivre-ensemble et le terrorisme islamiste qui endeuille régulièrement la nation, le pouvoir macronien et la droite se livrent une surenchère calamiteuse avec l'extrême droite. Ils nourrissent les divisions de la société française en remettant en cause les libertés publiques, en concentrant toujours plus les pouvoirs institutionnels et économiques, en criminalisant les militant·e·s syndicaux et associatifs et en alimentant les assignations identitaires qui favorisent le racisme et l'antisémitisme, la stigmatisation de secteurs entiers de la population en raison de leurs origines, religions, de leur genre ou de leur orientation sexuelle.

Cette surenchère a un objectif : désigner des boucs-émissaires aux difficultés des Françaises et des Français. Ainsi, sont épargnés ceux qui sont à la tête de grandes fortunes, de multinationales, des banques et assurances et qui ont vu leur fortune augmenter de 170 milliards d'euros sur la seule dernière année. Et pour qu'ils continuent d'accumuler des profits, ils s'en prennent aux droits des privé·e·s d'emploi avec la réforme de l'assurance-chômage, aux droits de tou·te·s les salarié·e·s, affaiblissent la culture si essentielle à l'émancipation de chacun·e, intensifient leurs attaques contre de grandes conquêtes populaires, creusent les inégalités, à commencer par les inégalités femmes-hommes.

À courir derrière les thèmes démagogiques mis en avant par l'extrême droite depuis de nombreuses années, c'est elle qui en profite et c'est la démocratie que l'on met en péril. Au point que des généraux en retraite et des appels fascisants puissent aujourd'hui en appeler à la remise en ordre musclée de la France par une intervention de l'armée. 

Il est temps de dire « stop » à ces dérives et d'emprunter un tout autre chemin pour relever le défi des jours heureux. 

Pour mettre en échec leur offensive contre les libertés et les droits sociaux, le Parti communiste français appelle les forces de gauche et le mouvement social, tou·te·s les progressistes, à engager la contre-offensive pour répondre véritablement aux problèmes du pays.

Oui, nos concitoyennes et concitoyens ont le droit à la tranquillité et à la sécurité que remettent en question les trafics, la délinquance, les incivilités de toute sorte. Cela nécessite à la fois une Justice qui ne saurait être l'objet d'un procès en laxisme et qui soit dotée de réels moyens et une Police nationale exerçant ses missions de service public au plus près de la population, qui ne soit plus l’objet d’agressions inadmissibles et dont l’action ne soit plus entachée par les violences de certains policiers. Et il faut simultanément s'attaquer aux racines de la violence, aux politiques capitalistes qui génèrent le désordre, favorisent la loi du plus fort, détruisent les liens sociaux et creusent sans fin les inégalités, entretiennent les discriminations et le racisme pour tirer les droits de toutes et tous vers le bas.

Ainsi, le combat pour la sécurité et la tranquillité publique est inséparable de la promotion des droits et des libertés, de la cité à l'entreprise. Il est inséparable d'une grande ambition démocratique au sein des institutions, des services publics et des lieux de travail. C'est le sens de la mobilisation des communistes pour défendre les principes aujourd’hui menacés de la République, dans la perspective d’une nouvelle République sociale et démocratique, laïque, écologiste, féministe et antiraciste.

Il est plus que temps de s'attaquer au chômage, à la précarité, aux salaires indignes de celles et ceux qui produisent les richesses du pays, à l'austérité, au démantèlement de nos services publics, à l'affaiblissement de l'école publique, à la ghettoïsation des quartiers populaires, au recul de notre souveraineté industrielle ou sanitaire, à l'abaissement de la citoyenneté. Cela implique une autre utilisation de l'argent public, des banques et des entreprises et de nouveaux droits d'intervention de la cité à l'entreprise des citoyen·ne·s et des salarié·e·s.

Pour balayer les manœuvres de diversion qui visent à faire oublier l'essentiel au pays, ce sont ces questions que les communistes ont l'ambition de remettre au centre du débat public. 

La République doit être synonyme de sécurisation de toutes les dimensions et de tous les âges de la vie.

C'est sur ces bases que le PCF appelle à participer à la journée de manifestations du 12 juin en faveur des libertés.

 

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 05:56
12 juin - Marchons les droits et les libertés, pour une république sociale et démocratique (PCF)
12 juin - Marchons les droits et les libertés, pour une république sociale et démocratique (PCF)
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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 05:46
Censure partielle de la loi relative à la sécurité globale : une victoire pour nos libertés publiques et notre démocratie (groupe communiste CRCE au Sénat, 21 mai 2021)
Censure partielle de la loi relative à la sécurité globale : une victoire pour nos libertés publiques et notre démocratie
Pour calmer la verve sociale qui s’était exprimée contre le très controversé article 24 de la loi « Sécurité globale », Jean Castex voulait s’assurer de sa conformité aux principes garantis par notre Constitution… C’est désormais chose faite.
Suite à la saisine du Premier ministre et, en parallèle, de 120 parlementaires, parmi lesquels députés et sénatrices et sénateurs communistes, le Conseil constitutionnel vient de juger « contraires à la Constitution » l’article 24, devenu l’article 52 après sa réécriture par le Gouvernement pour le rendre plus acceptable sur la forme (mais qui reprenait sur le fond le dispositif initial).
Dictée par certains syndicats de police, supposés protéger les forces de l’ordre en opération en pénalisant « la diffusion malveillante » de leur image, cette disposition mettait en réalité à mal toute contestation de l’emploi de la force par les autorités publiques (l’on sait pourtant tout l’usage contestable qu’il en a été fait ces dernières années).
Comme nous l’avions nous-mêmes dénoncé dans notre motion de rejet préalable au texte de « sécurité globale », ainsi que dans notre saisine commune au Conseil constitutionnel, cet article n’assure pas une conciliation équilibrée « entre les objectifs de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l’ordre public et de recherche des auteurs d’infractions et le droit au respect de la vie privée ». Pire il portait une atteinte presque délibérée au droit d’informer et de dénoncer.
Le même jugement est tombé pour ce qui concerne l’usage des drones, dont le cadre juridique inédit créé par le même texte nous laissait craindre les pires dérives en matière de surveillance de masse des populations…
À l’heure où une atmosphère sombre et inquiétante en matière de sécurité publique flotte sur nos institutions et menace les principes fondamentaux de notre démocratie, cette décision du Conseil constitutionnel arrive à point nommé. Nous nous en félicitons.
Il s’agit également, à notre sens, d’une indication des Sages pour signifier clairement que la police (et certains syndicats de police) n’ont pas pour vocation à être une force autonome, mais bien une force publique au service de l’intérêt général et donc de nos concitoyennes et concitoyens.
Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE continueront à veiller à ce que ces mesures restent jugées pour ce qu’elles sont : porteuses de graves atteintes à nos libertés publiques et pourvoyeuses d’une vision de la société répressive, autoritaire et régressive contre laquelle il nous faut lutter.
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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 05:35

 

Conférence en ligne en date du 11 mars 2021, organisée dans le cadre du cycle de conférences "Urgence Climatique : un défi scientifique, politique et social". Céline Guivarch est membre du Haut conseil pour le climat, ingénieure diplômée de l'École Polytechnique et directrice de recherche au CIRED

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 05:33

 

Conférence en ligne en date du 4 février 2021, organisée dans le cadre du cycle de conférences "Urgence Climatique : un défi scientifique, politique et social". François-Marie Bréon est climatologue, ancien auteur du GIEC et auteur du livre Réchauffement climatique, éditions Humensciences, 2020.

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 05:30

 

 

L’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Gita Gopinath, souligne dans un avant-propos aux « Perspectives Economiques mondiales », rendues publiques le 4 avril dernier[1], que la reprise mondiale accélère, « mais dans un monde rendu de plus en plus contradictoire par des trajectoires de croissance désynchronisées, et par un creusement des inégalités ».

Elle alerte, en particulier, sur les « défis colossaux posés par des reprises qui divergent à la fois à l’intérieur des pays et entre eux, ainsi que par les dégâts persistants » engendrés par la pandémie et la profonde récession mondiale dont elle a précipité la survenance et accru la profondeur en 2020, hors la Chine notamment. Dans ce contexte, les États-Unis mettent le monde entier sous pression avec une relance sans précédent d’un nouveau type, pour dominer.

 

Reprise mondiale à plusieurs vitesses

Le FMI prévoit, désormais, une reprise plus forte en 2021 et 2022 que dans ses précédentes projections[2] : la croissance mondiale atteindrait 6 % en 2021 et fléchirait à 4,4 % en 2022, contre 5,5 % et 4,2 % antérieurement. Mais, à la différence de celle initiée en 2009 par une forte relance chinoise, ce sont les États-Unis qui cherchent à mener la danse.

Mais l’écho renvoyé s’annonce différent, alors même que remontent les prix du pétrole et des matières premières, tandis que surviennent des pénuries comme dans les microprocesseurs ou en matière de logistique.

Dans les régions, comme dans les différentes catégories de pays selon leur revenu, des « reprises à plusieurs vitesses » sont engagées. Cela tiendrait aux contrastes entre les programmes de vaccinations contre la Covid-19, à l’amplitude très variable des moyens de soutien économique ayant pu être mobilisés par chaque État, et à des facteurs, notamment la dépendance à des secteurs comme le tourisme.

L’ampleur du soutien monétaire et fiscal de l’activité a été sans précédent en temps de paix. Le FMI a calculé que les seules mesures fiscales adoptées par les pays du G-20 se seraient élevées à 12 700 milliards de dollars (6 % du PIB en 2021), auxquels il faudrait rajouter désormais un plan d’investissement récemment annoncé par le Président des États-Unis de 2250 milliards de dollars.

Ce soutien massif, assorti de baisses de recettes, a creusé les déficits et les dettes publics à des niveaux inédits partout. En 2020, les déficits globaux moyens ont atteint 11,7 % du PIB pour les pays riches, 9,8 % pour les pays émergents et 5,5 % pour les pays en développement à faible revenu. La dette publique moyenne atteint 97 % du PIB à l’échelle mondiale[3].

L’effort est donc colossal mais son efficacité sociale pose des questions d’autant plus lourdes qu’il va falloir le financer. Or, pour l’heure, c’est sur les marchés financiers que les États et zones régionales rivalisent pour se procurer les fonds prêtables.

 

La monnaie gâchée pour la finance

Les conditions financières risquent donc de se resserrer, notamment dans les pays émergents, en particulier si les pays avancés s’engagent dans un effort de « normalisation » des politiques économiques. Un contexte financier plus difficile pourrait alors engendrer des sorties massives d’investissements de portefeuille et mettre en difficulté certains pays émergents, compte tenu de leurs immenses besoins de financement cette année[4].

Cette expansion considérable pour contenir la déflation a été rendu possible par un soutien sans faille des banques centrales : elles ont réduit les taux directeurs et acheté massivement des obligations souveraines (mais aussi d’entreprises), achats sans lesquels les États n’auraient pas pu riposter à la pandémie du fait d’une envolée des taux d’intérêt à long terme. Au contraire, ils sont même devenus négatifs pour les emprunteurs les mieux notés.

Le bilan des principales banques centrales (Fed, BCE, Banque du Japon et Banque populaire de Chine) est passé de 20 000 milliards de dollars, juste avant la pandémie, à 29 000 milliards en février 2021, alors qu’il ne se montait qu’à 5 000 milliards de dollars fin 2007[5].

Mais, avant-même la pandémie, la période avait été aussi marquée par une envolée de l’endettement des grandes sociétés qui ont profité des faibles taux d’intérêts pour racheter leurs actions et accroitre les dividendes ou faire des opérations financières [6].

L’arrivée des vaccins a enflammé le pari d’une reprise forte et durable des profits. Cela se traduit par des flambées boursières qui, contradictoirement[7], marchent de pair, pour l’heure, avec une remontée des taux d’intérêt et une réappréciation des risques d’inflation. Cela, alors que le chômage hypermassif, l’insuffisance des revenus salariaux et celle des services publics continuent d’entraver dangereusement la demande mondiale où la concurrence fait rage.

 

Les États-Unis veulent mener la danse…

Parmi les pays les plus riches, les États-Unis devraient dépasser le niveau de PIB qu’ils connaissaient avant la pandémie. Selon les projections du FMI, les États-Unis connaîtraient une croissance de 6,4 % cette année et 3,5 % en 2022. Mais beaucoup d’autres, en particulier en Europe, ne devraient retrouver leur niveau pré-Covid qu’en 2022. En zone euro, le PIB ne croitrait que de 4,4 % en 2020 et 3,8 % en 2021.

La Chine, qui avait retrouvé son niveau de PIB pré-pandémie dès 2020, enregistrerait, cette année, une croissance de 8,4 % et de 5,6 % en 2022. Mais nombre de pays émergents ou en développement n’y parviendraient pas avant le courant 2023.

On peut donc s’attendre à une accentuation des écarts de niveau de vie et d’activité entre nombre de pays européens et les États-Unis, d’une part, et entre les pays en développement et les autres, d’autre part.

Car les dégâts sont d’ores et déjà immenses. Le FMI estime que les pertes de production cumulées de 2020 et 2021, relativement aux projections pré-pandémie, représentent 20 % du PIB par habitant en 2019 dans les pays émergents et en développement (hors Chine). Dans les pays avancés, elles devraient s’établir à 11 %.

Ces disparités s’observent aussi à l’intérieur de chaque pays avec l’explosion du chômage, de la précarité et de la pauvreté touchant les travailleurs jeunes et les moins qualifiés, les femmes, sans parler des étudiants.

Rappelons que 2020 a été une année noire pour l’emploi mondial, malgré les dispositifs de chômage partiel en Europe. Selon l’OIT, 8,8 % des heures de travail dans le monde ont été perdues (par rapport au quatrième trimestre 2019), l’équivalent de 255 millions d’emplois à temps plein. Cela représente quatre fois le nombre des heures perdues pendant la crise de 2008[8].

Or, on sait que la pandémie a été l’occasion pour nombre d’entreprises d’accélérer le recours aux technologies informationnelles et au télétravail qui, sous exigence de rentabilité financière, accroissent les économies de travail au détriment de l’emploi, des masses salariales et du temps libre des salariés.

Mais, alors qu’en Europe une troisième vague de la pandémie de Covid-19 contraint les États à réintroduire des restrictions pesant sur l’activité, les marchés financiers volent de records en records, surtout aux États-Unis après les eaux basses de mars 2020[9].

Ainsi, à la différence de l’épisode de crise de 2007-200, l’actuel n’a entrainé, pour l’heure, aucune menace pour la « stabilité financière mondiale », l’inflation boursière redoublant. Et ce sont les États-Unis qui sont en pole-position, cette fois-ci, la Chine veillant à contenir tout risque de surchauffe sans rien céder de ses acquis.

 

…au-dessus du volcan

Le retour à la situation pré-pandémie est encore assez lointain voire illusoire. Selon le FMI, « la réaffectation des ressources pour s’adapter à la nouvelle donne pourrait être plus marquée que lors des recessions précédentes et peser sur la croissance de la productivité à l’avenir (..) malgré une croissance plus forte que prévu à mesure que l’économie mondiale se remet du choc de la Covid-19, la production mondiale devrait être inférieure aux projections d’avant la pandémie d’environ 3 % »[10] .

Autrement dit, les tensions vont s’accentuer sur le partage de la valeur ajoutée mondiale. Or, les hausses boursières, accompagnant cette fois-ci le relèvement des taux d’intérêt à long terme, malgré le contrôle des Banques centrales, et les anticipations d’inflation des prix des biens et services exigent une vive et durable hausse des profits. Et cela, en contradiction avec la nécessité absolue de se préoccuper plus, malgré tout, du facteur humain, via en particulier les enjeux de l’emploi, des services publics (santé, éducation…), des infrastructures et de l’écologie dans chaque pays comme à l’échelle mondiale.

Peut-être que cette contradiction est devenue si explosive qu’elle rendrait nécessaire un certain desserrement des contraintes devenues folles de la compétition fiscale entre les États paupérisés par l’optimisation des multinationales et des grands gérants de portefeuilles. Est-ce cela que pourrait indiquer la proposition, formulée par la secrétaire américaine au Trésor, de fixer un seuil minimal de 21 % pour taxer les bénéfices réalisés en dehors des États-Unis par des firmes américaines, et par là même de taxer au moins à ce taux les bénéfices des sociétés du monde entier ? Après tout, n’est-ce pas aux États-Unis que le bâtiment qui sert de siège au pouvoir législatif, le Capitole, a été pris d’assaut par des émeutiers ?

On peut alors penser que vont grandir, dans chaque pays, les antagonismes sociaux et, entre les États, les rivalités pour la localisation de la valeur ajoutée et l’attraction des capitaux financiers.

La reprise mondiale à l’œuvre est donc extrêmement contradictoire, inégale et, de fait, dangereuse, y compris avec les risques de krach financier jusqu’ici contenus.

Le FMI alerte sur la fragilité de ces processus, le besoin de « coopération internationale » et sur le risque d’une « aggravation des troubles sociaux (…) en particulier dans les pays où les progrès sur les plans social et politique sous-jacents sont au point mort et où la crise a mis en lumière ou exacerbé des problèmes préexistants »[11].

Un « nouveau paradigme » ?

Une fois élu, le nouveau Président a annoncé deux plans engageant des masses considérables de financement sur plusieurs années qu’il a présentés comme procédant d’un « nouveau paradigme ». Il place sous pression le reste du monde.

Le premier, baptisé « plan de sauvetage américain » (American Rescue Plan) comprend des aides totalisant 1900 milliards de dollars, soit environ 9 % du PIB[12].

Les ménages, en particulier ceux à faibles revenus, en sont les premiers bénéficiaires, avec des aides totalisant plus de 900 milliards de dollars : versements directs de 1 400 dollars pour chaque personne gagnant moins de 75 000 dollars par an et les couples mariés gagnant moins de 150 000 dollars , prolongement du complément hebdomadaire d’allocation chômage de 300 dollars, crédits d’impôt liés aux enfants, aides pour la santé, pour le paiement des loyers/crédits immobiliers, aides alimentaires, etc..

On note aussi un soutien de 350 milliards de dollars aux collectivités infra-fédérales, 220 Milliards d’aides au secteur de l’éducation et 140 milliards à la lutte contre la pandémie.

En revanche, contrairement aux précédents plans de soutien, l’aide aux entreprises est plus limitée et plus ciblée (restaurateurs, transports, prêts garantis aux TPE, etc…).

Ce troisième programme de lutte contre les effets de la pandémie, après deux plans totalisant 3100 milliards de dollars adoptés sous Trump, devrait avoir un impact sur le déficit concentré sur 2021 avec des dépenses estimées à 1 100 milliards, le reste étant réparti jusqu’à 2031.

Les États-Unis, sont en effet contraints de commencer à panser dans l’urgence les profondes plaies occasionnées dans le tissus sanitaire, social, culturel, infrastructurel et écologique par les politiques conduites de Reagan à Trump, jusqu’au bord de la guerre civile. Ils sont contraints de tenter de relancer la demande interne ligotée par le chômage et la faiblesse des services publics.

Mais ils sont aussi contraints d’essayer de refaçonner l’offre monopolisée par de gigantesques groupes dont la domination devient accablante, aussi outre-Atlantique, avec le prélèvement de rentes formidables, une destruction du tissu de PME et un freinage de l’innovation. Cette offre se heurte, de plus, à des goulots d’efficacité dus à l’état déplorable des infrastructures publiques et sociales, à l’insuffisance de formation, à la dégradation de l’environnement, à l’état de l’espace public, à la criminalité…

Tout cela a contribué à faire chuter l’efficacité du capital de 0,6 % entre 2000 et 2007, de 0,4 % entre 2007 et 2019 et de 6,4 % entre 2019 et 2020. Aussi, l’an dernier, la productivité globale des facteurs a-t-elle plongé de 1,7 %, malgré une progression de 2,5 % de la productivité apparente du travail[13]. De quoi inquiéter nombre de capitalistes dans le pays le plus capitaliste du monde !

Précisément, un deuxième plan d’investissement massif, dévoilé le 31 mars dernier par J. Biden, vise à accroître la productivité globale et l’attractivité du site national de production.

Ce projet de 2 250 milliards de dollars d’investissement sur huit ans, s’intitule « The American Jobs Plan« . Il a été pensé dans le contexte d’une forte rivalité stratégique avec la Chine et face au besoin d’attirer massivement les capitaux, y compris parce que « les États-Unis doivent être leaders » en matière climatique[14]. Il comprend un volet industriel important mais également un volet social significatif[15]

Un premier volet de 620 milliards de dollars porte effectivement sur la rénovation des infrastructures publiques et sociales mais prévoit également un coup de pouce aux véhicules électriques.

Un second volet, de 650 milliards de dollars, porte sur l’amélioration des lieux de vie. Un troisième, de 580 milliards de dollars, est tourné vers l’industrie américaine. Un quatrième, enfin, est constitué d’une enveloppe de 400 milliards de dollars à destination des plus âgés et des plus vulnérables,

Fait remarquable, le financement sera assuré essentiellement par une augmentation de 21 % à 28 % du taux d’imposition des entreprises, sachant que le taux d’imposition minimal des activités à l’international passerait de 13 % à 21 %.

On peut mesurer aussi l’ambition intégratrice d’union nationale de ce plan quand on lit, parmi ses objectifs officiels, qu’il « veillera à ce que nos travailleurs soient formés pour des emplois bien rémunérés de la classe moyenne de l’avenir. Il veillera à ce que l’argent des contribuables américains profite aux familles qui travaillent et à leurs collectivités, et non aux multinationales ou aux gouvernements étrangers »[16].

Certes, il faut encore que ce plan arrive à être voté par le Congrès, ce qui n’est pas du tout assuré, tant les Républicains demeurent arrimés au modèle Reagan-Trump.

S’affiche ainsi une volonté nouvelle de tenter de transformer la façon dont le capital doit chercher à faire plus de profits en Amérique, pour continuer de dominer le monde, du fait de l’exacerbation de toutes les dimensions de la crise systémique et en écho à ce qui est devenu le défi chinois. D’où une course de vitesse dans la conjoncture.

 

 

 

L’Europe et le monde sous pression

L’annonce même de ces plans, se conjuguant avec une accélération des vaccinations, a donné un vif coup de fouet à la conjoncture américaine.

L’indice PMI manufacturier américain IHS Markit s’est établi à 59,1 en mars 2021, soit le deuxième plus haut taux d’activité des usines jamais enregistré[17]. L’expansion globale a été soutenue une hausse des commandes nouvelles sans précédent depuis juin 2014, y compris à l’exportation, même si la production a été freinée par des pénuries d’approvisionnement. Les attentes en matière de production se sont renforcées pour atteindre le deuxième niveau le plus haut depuis plus de six ans.

Cependant, les pressions inflationnistes se sont intensifiées, les coûts augmentant au rythme le plus rapide depuis une décennie et les entreprises les répercutant partiellement sur leurs clients avec la plus forte augmentation des frais de production depuis que l’enquête existe.

L’indice PMI des services américains IHS Markit, corrigé des variations saisonnières, s’est inscrit à 60,4 en mars, contre 59,8 en février[18]. Selon C. Williamson, économiste en chef des affaires chez IHS Markit, « la récente poussée de la croissance du secteur des services ne montre aucun signe de baisse, (..) les enquêtes PMI indiquent que l’économie a progressé à un rythme annualisé d’environ 5 % ».

Bref, la confiance semble revenir et suscite des frottements. Mais qu’en est-il de l’emploi ?

En mars, le nombre total d’emplois non agricoles a augmenté de 916 000. Mais si le taux de chômage officiel (6 %) marque une baisse notable par rapport à son sommet d’avril 2020 (14,7 %), il demeure supérieur de 2,5 points de pourcentage à ce qu’il était en février 2020.

Le nombre officiel de chômeurs (9,7 millions) a donc continué de baisser en mars, mais demeure supérieur de 4 millions à celui de février 2020. Il faut noter l’ampleur du chômage de longue durée (27 semaines ou plus) qui, à, est en hausse, lui, de 3,1 millions sur février 2020.Les chômeurs de longue durée (4,2 millions) représentaient 43,4 % du nombre total des privés d’emploi.

Le nombre d’ employé.e.s à « temps partiel subi » (5,8 millions) est supérieur de 1,4 million à celui de février 2020, tandis que les personnes non comptées comme chômeurs et qui veulent actuellement un emploi (6,9 millions) est en hausse de 1,8 million sur un mois.

C’est dire si le volant de chômage demeure considérable Outre-Atlantique, ce qui permet à nombre d’observateurs de relativiser les tensions inflationnistes à l’œuvre, du fait du poids toujours considérable de ce facteur déflationniste.

Ce pourrait être là la marque d’une dévalorisation conjoncturelle de capital qui, aux États-Unis, aurait pu être plus prononcée qu’en Europe, en liaison avec une législation du travail beaucoup moins protectrice.

Cependant, le taux d’utilisation des capacités de production outre-Atlantique en mars (73,8 %) est, certes, remonté depuis le creux de juin 2020 (64,8 %), mais il a reculé par rapport à février (75,6 %) et demeure très inférieur à sa moyenne de 77,4 % enregistrée de mai 2019 à mars 2020.

Cette reprise va propulser, dans l’immédiat, les importations américaines et donc le déficit commercial, ce qui laisse ouverte la relance du protectionnisme, en tout cas vis-à-vis de la Chine, les pénalités vis-à-vis de l’Europe ayant été pour une part suspendue.

La hausse des taux d’intérêt à long terme, malgré le contrôle de la FED, et la hausse de l’inflation peuvent-elles interrompre cette reprise rapide, alors que, pour l’heure, les indices de Wall-Street engrangent des performances records ?

Tout semble se passer comme si la FED restait de marbre devant ces signaux. Le 17 mars, dans une conférence de presse, J. Powell, président du conseil des gouverneurs, a déclaré : « Si nous voyions les anticipations d’inflation dépasser nettement le seuil de 2 % nous ferions, bien sûr, en sorte de mener une politique monétaire permettant de nous assurer que cela n’arrivera pas. Nous nous sommes engagés à ancrer les anticipations d’inflation à 2 %, ni nettement au-dessus, ni au-dessous de 2 % »[19].

Beaucoup va donc dépendre des entrés nettes de capitaux à long terme aux États-Unis, alors même que, pour la première fois l’an dernier, la Chine a accueilli plus d’investissements directs étrangers que les États-Unis en 2020 (163 milliards de dollars contre 134 milliards).

Les États-Unis ont enregistré un excédent du compte de capital et financier de 106,3 milliards de dollars en janvier 2021, après 8 milliards en décembre 2020. Dans le même temps, les investissements en obligations étrangères ont diminué de 49 milliards de dollars nets en janvier, comparativement à 20,7 milliards de dollars le mois précédent[20].

Sans doute la hausse des taux d’intérêt à long terme et les anticipations de forte hausse des profits vont-elles améliorer ses performances. Mais elles demeurent prisonnières de la marge de relèvement des taux longs que peut se permettre la Fed et de la confiance des investisseurs étrangers dans la réussite des plans Biden.

On peut relever une certaine préoccupation de Washington, puisque, pour la première fois, les États-Unis, en prévision d’une réunion du G-20, se sont montrés d’emblée favorables à une nouvelle émission de 500 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS)[21], la monnaie du FMI dont ils ont toujours tenté d’entraver l’essor, y voyant un rival du dollar. Cela se fera bien sûr au nom de l’aide à apporter aux pays pauvres, mais, en pratique, cette manne monétaire viendra renforcer les réserves des pays les plus riches, à proportion des parts qu’ils détiennent dans le FMI, les États-Unis arrivant loin devant. Redistribueront-ils ensuite aux pays les plus en difficulté et lesquels ?

La Chine et la Russie freinent beaucoup leurs achats de dollar depuis 2010 et le Japon continue d’y participer périodiquement. Donc, beaucoup va dépendre de ce que va faire la Chine, deuxième détentrice de bons du Trésor US en ce domaine, mais aussi du soutien qu’accorderont les États, la BCE et les investisseurs européens.

L’Union européenne et la zone euro sont confrontées à un dilemme. La BCE est contrainte de laisser à très bas niveau ses taux directeurs et de racheter massivement des obligations d’État, alors que la croissance demeure handicapée par une troisième vague Covid, tandis que que le plan de relance de 750 milliards d’euros prévus pour y faire face demeure embourbé dans un bras de fer entre pays membres. Celui-ci, pour la première fois, va faire appel ponctuellement à des emprunts communautaires sur les marchés, en rivalité fédéraliste donc avec les besoins d’emprunt américains.

L’Europe espère pouvoir bénéficier de la croissance américaine, via les exportations. Mais cela d’accentuer l’hétérogénéité entre les pays du nord, l’Allemagne en particulier, et ceux du sud, dont la France. Et cela sans parler des divergences à l’intérieur de chacun de ces pays.

Les « alliés » européens sont directement placés sous pression par les plans Biden et les perspectives américaines de croissance, ce qui pourrait se traduire par une hausse des sorties de capitaux vers les États-Unis et le besoin d’une intervention plus forte de la BCE, y compris pour contrôler la hausse des taux longs.

Mais Washington compte faire plier tout le monde en poussant ses partenaires et ses rivaux aux limites, à la fois par une politique beaucoup plus interventionniste à l’extérieur au nom de la défense de « l’Amérique des valeurs » et du « camp de la démocratie », et à la fois en bénéficiant du fait que pour l’heure, il n’y a pas de monnaie commune mondiale alternative au dollar. Ce qui en souligne le besoin.


[1] PEM : « Reprise : des situations divergentes à gérer », avril 2021. www.ifm.org.

[2] PEM : « Mise à jour des perspectives économiques mondiales », janvier 2021., www.ifm.org.

[3] FMI : Moniteur des finances publiques, avril 2021.

[4] FMI : « Prévenir l’accumulation de facteurs de vulnérabilité », Rapport sur la stabilité financière dans le monde, avril 2021.

[5] Yardeni E. and M. Quintana:” Central Banks: Monthly Balance Sheets”, Yardeni Research, INC., April 9, 2021,        

www.yardeni.com ).

[6] Fin 2019 déjà, les sociétés non financières du monde entier ont dû rembourser ou refinancer une dette obligataire d’entreprise de 4 400 milliards de dollars en 3 ans. Il s’agit là d’un montant record de 32,4% de l’encours total des obligations de sociétés, contre environ 25% il y a dix ans (OCDE).

[7] Quand les taux d’intérêt montent, les indices boursiers, traditionnellement, reculent et inversement.

[8] COVID-19 : Observatoire de l’OIT – 7e édition –  www.ilo.org .

[9] Ainsi, le S&P 500, l’indice des 500 plus grandes sociétés américaines cotées, a franchi la barre des 4 000 points le 1er avril. Jamais, depuis sa création en mars 1957, il n’avait grimpé aussi haut, euphorisé par l’annonce d’un second plan de relance aux Etats-Unis et une accélération forte des vaccinations. Mais ce phénomène s’est produit aussi en Europe, en France notamment où l’abîme se creuse encore plus en réel et financier.

[10]  Das S. & P. Wingender: “Slow-Heading Sears: The Pandemic’s Legacy”, IFM Blog, 31 mars 2021, blogs.imf.org.

[11] FMI, Op.cit. p.15.

[12] Nazarova S. : « Etats-Unis : un plan de sauvetage au-delà des attentes », Perspectives, N° 21/084, 16 mars 2021.

[13] US Bureau of Labor Statistics: “Multifactor Productivity Trends – 2020” 23/03/2021, ( www.bls.gov ).

[14] Interview de J. Kerry au journal Le Monde, 14-15 mars 2021.

[15] Les Echos investir – 09/04/2021 ( investir.lesechos.fr ).

[16] The White House : American Jobs plan” ( www.whitehouse.gov).

[17] IHS Markit U.S. Sector PMI: “Output growth driven by financial services and technology in March”, 5 April 2021.

[18] IHS Markit U.S. Services PMI™:” Fastest rise in business activity since July 2014 as new order growth reaches six-year high”, 5 April 2021.

[19] Cité par De Vijlder W. : « Etats-Unis : lire dans les pensées de la réserve fédérale », Eco Week 21-11 :22 March 2021.

[20] tradingeconomics.com.

[21] Une nouvelle émission de cet actif de réserve international est similaire à l’impression par une banque centrale de monnaie, car les nouveaux DTS donnent à chaque membre du FMI plus de réserves à utiliser proportionnellement à leur participation dans le fonds

 

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 05:15
Droit à la sécurité : Fabien Roussel défend "une police nationale de proximité - L'Humanité, 19 mai 2021
Droit à la sécurité : Fabien Roussel défend "une police nationale de proximité"
Mercredi 19 Mai 2021 - L'Humanité

Dans une tribune adressée à l'Humanité, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et candidat à la présidentielle, estime que la gauche "doit prendre à bras-le-corps les questions d’insécurité qui gangrènent l’existence de tant de villes et quartiers populaires".

J’ai défendu l’idée que la gauche devait prendre à bras-le-corps les questions d’insécurité qui gangrènent l’existence de tant de villes et quartiers populaires. C’est la raison pour laquelle j’ai participé, avec d’autres parlementaires et élus du PCF au rassemblement des syndicats de policiers, le 19 mai, devant l’Assemblée nationale. Oui, il y a des fonctionnaires de police qui espèrent voir la gauche à leurs côtés. Nous ne laisserons jamais les questions de sécurité aux mains d’incendiaires qui ne cessent de nourrir une très dangereuse instrumentalisation avec des surenchères liberticides.

Je propose une réponse progressiste et républicaine offrant à la fois la sécurité et l’égalité, la tranquillité pour toutes et tous, et de nouveaux progrès sociaux.

"Oui, il y a des fonctionnaires de police qui espèrent voir la gauche à leurs côtés".

Partout dans le pays, les élus locaux des quartiers et des villes populaires savent combien les problèmes d’insécurité, de délinquance, de trafic sont un véritable poison.  La sécurité est un droit fondamental qui doit être garanti à tous nos concitoyens, quel que soit leur lieu d’habitation. C’est un service public qui ne peut pas être vendu à des sociétés privées comme le prévoit la loi « sécurité globale » du gouvernement. Nous proposons la création d’une véritable police nationale de proximité, avec le recrutement de 30 000 agents, formés, bien encadrés, correctement rémunérés. Nous contestons la politique du chiffre imposée par ce gouvernement comme les choix faits en matière de maintien de l’ordre. Le procès sur le prétendu laxisme de la réponse judiciaire sert aujourd’hui de prétexte pour ne plus parler de l’indigence des moyens accordés à notre Justice.  Ce gouvernement, comme les précédents, a provoqué de véritables déserts judiciaires ! Je garde en mémoire ces rassemblements des robes noires, avec tous ces avocats qui dénonçaient la fusion des tribunaux et la réforme Belloubet. Nous sommes les baudets de l’Union européenne avec 11 juges pour 100 000 habitants soit deux fois moins que la moyenne européenne (rapport publié par la commission européenne en octobre 2020) ! Quant au code pénal, il n’a cessé d’être durci au cours dernières années : il ne saurait satisfaire un désir de vengeance, il doit sanctionner justement les délits et les crimes tout en visant à la réinsertion du maximum de condamnés.

Cette démarche, pour permettre à la Police et à la Justice d’exercer pleinement leurs missions au service des principes de la République et de l’État de droit, ne saurait être dissociée d’une réponse forte et claire en matière d’éducation, de justice sociale, d’insertion sociale et professionnelle, d’égalité réelle.

Des territoires de notre République ne sont pas « perdus ». Ils ont été délaissés et même abandonnés du fait des politiques d’austérité menées au fil des derniers quinquennats et aggravées par l’actuel pouvoir alors que les populations qui y vivent ont justement besoin de plus de politiques publiques pour affronter les conséquences du chômage, des bas salaires et de la précarité. Ce qui tient encore est le résultat d’une combativité intacte et d’un courage exceptionnel d’élus locaux, de bénévoles associatifs, d’agents des services publics, de familles, de citoyennes et citoyens qui sont la richesse de notre pays. Ils sont les experts de leur territoire. Ils savent comment faire. A chacune de mes rencontres, ils me disent combien des solutions sont à portée de main. A chaque fois, il est question de service public, de leur indispensable retour et de leur développement, de réponse au plus près des populations, en prenant à bras le corps l’ensemble des problématiques de vie. Un exemple : on parle en ce moment des enjeux démographiques. Eh bien, nous avons besoin de crèches publiques, d’une grande politique publique de la petite enfance.

Il n’y a pas d’un côté, les questions de sécurité et de l’autre, les revendications sociales car, on le sait bien, à ce jeu-là, c’est insécurité générale qui progresse et l’horizon qui s’obscurcit avec de lourdes menaces pour notre vie démocratique.

La République doit, par conséquent, sécuriser toutes les dimensions et tous les âges de la vie. C’est ainsi que nous relèverons le défi des jours heureux.

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19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 09:15

 

*Muriel Ternant est membre du comité de rédaction de Progressistes.

Le 29 mars 2021, dans un entretien exclusif accordé au journal l’Est républicain, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire annonçait en fanfare une nouvelle souveraineté française à venir pour la turbine Arabelle équipant les centrales nucléaires. Elle est en effet états-unienne depuis 2015 et le rachat de la branche énergie d’Alstom par General Electric, organisé par un certain... Emmanuel Macron.

Mais la volonté affichée d’une relance nucléaire en France et la préparation discrète d’un programme de construction de réacteurs EPR ne font pas une stratégie industrielle.

La filière électronucléaire française, qui structure la production d’électricité en France et en Europe, est affaiblie au point qu’elle est arrivée à la croisée des chemins.

Libéralisation du marché de l’électricité et mise en concurrence,mondialisation des chaînes de valeurs et recherche du moindre coût, réorganisation des collectifs de travail et conception gestionnaire plutôt que technologique des activités, prégnance des associations antinucléaires sur le débat public et abandon des programmes de recherche et d’innovation ont entraîné une perte de maîtrise industrielle pourtant indispensable à toute souveraineté.

Ce constat ne doit pas conduire à l’inaction, au contraire. Les atouts français demeurent nombreux et la question énergétique devient centrale dans le débat public avec la prise de conscience de l’urgence climatique, offrant l’opportunité de rencontres nouvelles entre les mobilisations diverses des salariés et les aspirations citoyennes.

Ce dossier se propose de prendre à bras le corps la question énergétique en esquissant des pistes concrètes pour la remettre au service des besoins humains, du progrès social et de la préservation de la planète.

Il s’agit d’abord de reconstruire une filière industrielle cohérente et robuste, apte à relever l’ensemble des défis nouveaux posés par l’énergie, comme le pointe Bernard Devert. Parmi les acteurs industriels majeurs de la filière, il y a l’emblématique General Electric, dont les compétences détenues et la stratégie doivent être auscultées pour saisir l’urgence à les sortir des aléas d’une gestion financière court-termiste, comme le relèvent Olivier Morvan et Muriel Ternant. Comme le démontre en effet Sébastien Ménesplier en brossant une histoire d’EDF depuis sa création,c’est la logique de service public qui seule peut faire de l’énergie un bien commun.

Mais pour construire démocratiquement la politique énergétique de notre pays afin qu’elle rencontre l’adhésion populaire, comme le souligne Hélène Lepont, il y a à remettre le débat public dans le bon sens en le sortant du « pour ou contre » le nucléaire. C’est à quoi s’emploie François Dos Santos. Frédéric Mellier esquisse, lui, les contours d’une nouvelle planification démocratique et décentralisée des besoins.

Pour terminer, les analyses croisées de Jean Barra et Michel Vakaloulis sur les difficultés rencontrées par le chantier de Flammanville proposent un regard novateur sur le rôle de l’organisation du travail et des droits des salariés dans les réussites technologiques, réel chemin d’espoir et d’action pour l’ensemble des salariés de la filière de l’énergie.

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19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 05:27

 

Les communistes ont donc décidé de présenter une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022. Enfin ce retour. Pour quelle raison ? Parce que la profondeur de la crise exige d’avancer de façon créative les idées communistes novatrices avec la posture communiste de contestation et de construction, de luttes et de conquêtes de pouvoirs, d’avancées réalistes et révolutionnaires. 

  • Face à la précarité de masse et aux interrogations immenses sur la perte de sens du travail, voire des activités humaines, il y a besoin de refonder notre pays, voire le monde, et singulièrement la gauche, sur un projet émancipateur et de transformation sociale radicale. Il y a besoin de faire connaître, et progresser dans les luttes et les votes, les propositions constitutives d’un tel projet. En ce sens, nous avançons le projet d’une sécurité d’emploi et de formation pour chacune et chacun, jumelée avec un nouvel âge des services publics, afin de conjuguer vie émancipatrice sécurisée et construction d’un nouveau mode de production écologique. Il s’agirait de viser l’éradication du chômage, le dépassement du marché du travail, le partage des savoirs et une nouvelle efficacité, pour une société de liberté et de rotation des rôles.  

Cela répond au mûrissement accéléré des consciences comme au mûrissement de la réalité travaillée par de véritables révolutions inédites dans l’histoire du genre humain, telles la révolution informationnelle – dont la dimension anthropologique est fondamentale – ou celle de la maîtrise démographique et de la sénescence, et bien d’autres encore comme la révolution monétaire.  

– Il y a besoin de porter le débat, face aux renoncements incessants depuis 1983-84, sur la nécessité de moyens financiers et de pouvoirs démocratiques à l’appui d’objectifs sociaux-écologiques ambitieux qui, sinon, resteront lettre morte. Nous mettons au cœur de nos propositions un nouveau rôle des banques, pour une tout autre utilisation du crédit et de la monnaie, et un nouveau rôle des entreprises avec de nouveaux critères de gestion. Tous deux exigent de nouveaux pouvoirs populaires et des travailleur.se.s. Dans ces temps où des milliards sont déversés sur notre économie par la BCE plus que par les recettes fiscales des États, mais en armant les marchés financiers, nous proposons le chemin d’un combat de classe pour que cet argent, bien commun de tous les peuples d’Europe, soit utilisé pour l’emploi, les services publics et le climat, pas pour le capital. Dans ce temps où monte de partout l’idée d’une intervention de l’État dans l’économie (comme s’il n’y intervenait pas déjà massivement 1

C’est autrement plus ambitieux, et donc réaliste, que les vagues propositions, de gauche comme du centre, sur « la finance » qu’il suffirait de taxer, ou pour annuler la dette comme une réponse magique à tous les problèmes posés par la domination du capital, ou encore pour nier que la dette publique puisse poser un problème, empêchant alors de voir tout le combat de classe à mener face aux marchés financiers et à leur logique sur l’utilisation de la dette et son financement. Nous ne sommes ni suivistes, ni annulationnistes, ni négationnistes. Pour appuyer toutes les luttes sectorielles pour une autre utilisation de la dette publique et un autre financement, nous avançons une proposition précise qui généralise la réponse à ces besoins : celle d’un Fonds national pour l’emploi, la formation et la transformation productive. Il vise l’exercice d’un pouvoir démocratique nouveau sur la création monétaire et sur les entreprises. Cette proposition se doublerait de celle d’un Fonds européen. 

  • Portons notre conception d’une nouvelle démocratie, en contestant le régime existant et ses évolutions. Portons l’idée de nouvelles institutions avec d’autres relations entre élus et citoyens et à visée autogestionnaire, dont notamment des conférences territoriales (des communes et de leurs communautés aux départements), régionales et nationales pour l’emploi, la formation et la transformation productive. Cela ouvrirait un chemin vers de nouveaux pouvoirs ne séparant pas le politique, du social, de l’économique. Il faut en effet relever le défi des réponses réactionnaires et autoritaires, voire dictatoriales, de toutes sortes mais aussi du simplisme d’une VIème République réduite à une république parlementaire classique, amendée d’un référendum citoyen. Nous avons l’ambition de changer de régime politique, social, économique et même international ! 
  • Portons l’exigence de nouveaux rapports des humains à tout le système du vivant, à leur niche écologique, la terre. Il s’agit de transformer très profondément nos rapports sociaux et technologiques de production, de distribution, nos modes de consommation, nos institutions et rapports de pouvoir, à l’entreprise en particulier. Le « capitalisme vert » est un oxymore, une contradiction dans les termes, une illusion dangereuse, car la défense et la promotion de l’écologie exigent de donner la priorité aux capacités et à la créativité humaines. Ils ne peuvent se conjuguer avec une priorité à l’accumulation, les critères de rentabilité, les pouvoirs et la culture du capital. Libérer l’écologie de la logique de profit et de la dictature de l’argent exige une tout autre économie et de tout autres institutions démocratiques. Loin du mirage mortifère de la « décroissance », agissons pour construire un nouveau type de croissance et de développement. 
  • Portons l’exigence d’une tout autre mondialisation, pour un monde de paix, de désarmement, de partage, de culture plurielle et commune, de développement des biens qui devraient être communs (emploi, santé, climat, connaissances et résultats des recherches…). Portons-la pour une contribution internationaliste de la France face à la fuite en avant dans l’intégration européenne et dans la folie d’un partage impérialiste du monde sous la coupe du dollar, de l’ordre de Wall Street et de ses supplétifs dont l’OTAN. Portons-la, pour une transformation radicale, une refondation de toute cette construction européenne mais aussi des institutions mondiales – alors qu’il y a tant besoin de coopérations nouvelles et intimes. Portons-la face à la violence des délocalisations comme face à la montée des nationalismes, des souverainismes. Portons-la face au besoin de réponses communes, de souveraineté populaire, face à des défis qui, comme le climat et les pandémies, ne connaissent pas de frontières. Portons-la en tendant la main à cette recherche de tant de peuples du Sud et des émergents pour de tout autres institutions mondiales, pour une mondialisation gagnant-gagnant face à l’ennemi commun : le grand capital financier. De nombreuses forces politiques et sociales dans le monde y sont disposées, tout particulièrement les communistes de tous les pays. 

Faisons vivre notre solidarité avec les peuples qui résistent et luttent. Les marches en avant vers un dépassement du capitalisme pour une civilisation de partage de toute l’humanité et d’émancipation de chacun.e, le communisme, sont en pratique des luttes acharnées. L’ordre existant, en crise profonde, entend rester dominant, tandis que grandit l’appel à des règles, principes, critères d’une civilisation supérieure. C’est la recherche d’une société supérieure qui n’est pas encore communiste, dans un long affrontement historique partout dans le monde, un processus de transition socialiste. 

  • Pour une société de l’émancipation de toutes et tous, contre l’enfermement dans un rôle, un genre, une origine supposée, une religion ou une apparence… une société du droit à l’intervention pour toutes et tous. Portons l’idée d’une société qui allie développement de soi, dans sa singularité, et faire société. Une société de liberté et de dignité pour dépasser dans un même mouvement l’exploitation capitaliste et les dominations (patriarcale, raciste, LGBTIphobes, d’âge, ou culturelles), car exploitation et dominations se renforcent l’une l’autre. 

Face aux forces conservatrices qui veulent masquer la lutte des classes et imposer une guerre de civilisations enfermées dans le capitalisme, la candidature PCF portera l’affirmation de notre refus des divisions racistes, de genre ou LGBTIphobes. 

Une société où les définitions sociales ou sociétale de chacun-e ne pré-déterminent pas son parcours, sa place dans la société mais permettent de se construire soi-même avec les autres dans une universalité nouvelle. 

*** 

Au cœur de ces questions se situe l’exigence de conquérir des pouvoirs « sur l’économie » pour s’en libérer. Elle est objectivement incontournable. Mais elle se heurte à des contre-tendances délégataires, vers l’État ou vers les patrons, renforcées par la crise et par un certain désarroi des plus fragiles. De l’autre côté, voyons comment l’idée de pouvoirs nouveaux peut monter de la société à partir d’un souci éthique et anthroponomique sur l’économie (sens du travail, écologie, domination des GAFAM contre les libertés, évasion fiscale face au besoin de services publics…) à condition qu’il ne soit pas dévié vers de fausses pistes du « dé », comme la décroissance généralisée ou la démondialisation, ou encore du keynésianisme et de la sur-délégation vers un État « régulateur éthique ». Il s’agit d’aider à identifier les lieux (entreprises, banques) et la logique (rentabilité financière). Une piste majeure se situe du côté de la jonction avec les couches salariales non ouvrières – cadres, chercheurs, techniciens, enseignants, soignants – ou avec la jeunesse. Il s’agit aussi de conforter la prise de conscience du monde du travail dans ses capacités d’exercer des pouvoirs nouveaux. 

Cette exigence concerne des luttes concrètes envers les entreprises, les banques, les services publics avec des contre-propositions. Elle exige des prises de pouvoir politiques (État, mais aussi départements ou régions) pour que ceux-ci créent des pouvoirs démocratiques nouveaux sur les entreprises, les banques et l’utilisation de l’argent. Elle exige des idées et une culture nouvelle. 

Car ce n’est pas qu’une question de « volonté » ou d’une gauche qui « ne renonce pas ». C’est une question de fond. Exercer le pouvoir, c’est ne pas reproduire la logique du capital, même malgré soi. Nous connaissons l’exemple des nationalisations de 1982-83 qui, sans changer les critères de gestion des entreprises ni conférer de pouvoirs effectifs aux salariés sur la gestion, ont conforté la domination du capital. Nous savons aussi l’exemple de l’Union soviétique qui, à partir de son socialisme de rattrapage étatique autoritaire (SRE), nécessité par l’arriération russe, n’a pas su, pas pu ensuite inventer le chemin d’un développement véritablement alternatif à l’accumulation du capital, avec des critères d’efficacité nouveaux, décentralisés aux mains des travailleurs et des populations. Elle s’est trouvée vaincue, pour une large part, par sa propre crise d’efficacité économique inséparable de sa faillite démocratique. 

Bref, un autre pouvoir, c’est bien plus que de dire « l’État est propriétaire ». Et d’ailleurs, dans la conjoncture actuelle, un bras de fer se profile où les dominants actuels cherchent à renforcer encore la pénétration de l’État dans l’économie et son appui au service du capital et de sa rentabilité. Ce que j’ai pu appeler la recherche d’une impossible nouvelle alliance État-capital, impossible, non pas comme alliance, mais comme nouveauté et comme issue à la crise. Ni super-CMES (capitalisme monopoliste d’État social), ni CME international. Mais plutôt toujours une hypothèse de nouvelles institutions de crise du CME. Des réformes conservatrices, plus encore que Necker et Turgot sous Louis XVI : changer pour ne rien changer ! Il faudra de ce point de vue poursuivre l’analyse de ce qui se cherche et se construit par le gouvernement Biden et par les institutions internationales (OCDE, FMI, etc.), notamment en matière de multinationales. Quelle conservation se cherche derrière ces changements ? Quelle pression sociale tellurique exprime-t-elle ? Quels obstacles vont être rencontrés ? 

Or, face à la culture du capital et de sa rentabilité il faut du nouveau ! Et il faut faire le poids, en idées et dans les luttes. N’opposons pas les deux : les idées arment les luttes. Et la perspective peut donner passion, envie et donc courage aux luttes. 

C’est dire l’importance que peut prendre cette revue, si cette question de prendre le pouvoir sur l’argent – et plus généralement sur l’économie, sur les banques et les entreprises – devient effectivement centrale. En lien avec la nouveauté du monde, que nous assumons pleinement ! Il va s’agir de donner chair à cette idée, qui n’est pas si neuve pour nos lecteurs mais qui l’est tant dans notre société. Il va s’agir de la populariser, d’en faire la pédagogie, de donner à voir les luttes qui cherchent dans ce sens. 

L’économie, c’est très politique, comme le dit le nom de notre revue – sans s’y réduire bien sûr ! l’économie, ce sont des pouvoirs. C’est aussi le besoin d’une confluence de valeurs, de subjectivités, de règles communes, portées par des institutions et une culture.  

Entrons dans cette bataille en étant nous-mêmes, en développant notre originalité, en étant porteurs de ces idées et de cette posture, originales. En écho, en dialogue et en appui aux idées de recherche d’alternative qui germent et aux luttes qui se construisent. 

Non pas pour une quelconque affirmation identitaire mais à cause de la profondeur de la crise de civilisation qui ébranle le monde, une crise économique, sanitaire, écologique, morale, institutionnelle. Face à cette crise, face aux solutions illusoires, face à l’alliance Etat-capital exacerbée que construit le pouvoir macronien, pour battre la droite et l’extrême-droite, il y a besoin de faire lever une ambition de transformation profonde, une force de résistance et de construction, de portée révolutionnaire, un espoir raisonné. 

C’est sur la domination de la rentabilité financière et de ses critères que se sont fracassées les expériences de gauche de 1981 comme celle de 1997-2002, alors qu’il s’agissait d’imposer, par la lutte et par des mesures institutionnelles sur l’utilisation de l’argent, d’autres critères de gestion, tout particulièrement dans les entreprises nationalisées. Ces échecs ont nourri le désarroi et ouvert un champ au vote lepéniste. On ne peut faire le silence là-dessus. 

Elles se sont fracassées sur l’incohérence entre des objectifs sociaux explicites (retraite à 60 ans, réduction du temps de travail, lutte contre le chômage) et des pouvoirs et moyens qui n’étaient pas à la hauteur, voire contradictoires (les baisses des cotisations sociales et privatisations du gouvernement Jospin, jusqu’au naufrage Hollandais dans le CICE et le pacte de stabilité européen).  

La question de la cohérence entre objectifs, moyens et pouvoirs est fondamentale au moins autant que celle d’objectifs socio-écologiques hardis. 

Sur ces différents domaines, l’élaboration originale de la pensée communiste, du collectif national que forme le PCF, constituent des alternatives à mettre en débat pour faire grandir les rassemblements. Pendant des années, elles ont été mises de côté pour réaliser des alliances sur un contenu minimal, qui s’est avéré désarmé face aux problèmes. La campagne présidentielle doit être l’occasion de faire fructifier toute la richesse de l’apport intellectuel marxiste et l’apport militant des communistes.  

Discuter, faire discuter de tous ces enjeux, c’est déjà engager la bataille de l’élection présidentielle. Cela s’enracine dans les luttes actuelles, et le déploiement de notre campagne pour l’emploi, pour un autre projet de société à travers une tout autre conception de l’emploi, alliant travail plus épanouissant et utile avec une émancipation hors travail et un développement de chacune et chacun dans sa personne humaine singulière et commune, bien au-delà du travail.  

 

 

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