Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 06:24
Pierre Laurent (photo Humanité, Nicolas Tavernier)

Pierre Laurent (photo Humanité, Nicolas Tavernier)

Pierre Laurent. « Si on s’unit, le vote utile, ce sera nous »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SÉBASTIEN CRÉPEL ET JULIA HAMLAOUI

MARDI, 4 OCTOBRE, 2016

L'HUMANITÉ

« Il n’est pas trop tard pour additionner les énergies pour 2017 », déclare Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, qui lancera un appel, samedi, à rendre incontournable le rassemblement de la gauche critique. Entretien.

Samedi, les résultats de la consultation citoyenne menée par le PCF pour un projet de gauche pour 2017 seront présentés. Quel enseignement en tirez-vous ?

PIERRE LAURENT C’est un événement majeur. Écouter le peuple, lui donner la parole, tout le monde en parle mais qui le fait vraiment ? Nous estimons avoir rencontré 400 000 citoyens. 65 000 d’entre eux ont rempli intégralement la consultation. Les résultats, auxquels nous avons travaillé avec l’institut ViaVoice, montrent la profondeur des exigences populaires, celles d’une France protectrice et solidaire face à l’urgence sociale. Le 8 octobre, nous réaliserons en direct sur Internet une grande émission en présence de plusieurs centaines de ces participants. En conclusion, je présenterai les axes pour un projet populaire possiblement commun à toutes les forces de gauche et citoyennes que nous voulons rassembler. Puis nous entrerons en campagne sur ces axes en continuant à interpeller toutes ces forces sur la construction d’un cadre commun.

Vous avez appelé à la rédaction d’un « pacte d’engagements commun », n’est-il pas trop tard alors que chacun des candidats déclarés à la présidentielle déroule son propre programme ?

PIERRE LAURENT Pourquoi serait-il trop tard pour additionner les idées et les énergies ? Au contraire, puisque chacun a travaillé, le temps est venu de confronter nos idées pour rendre plus pertinent le projet commun. À sept mois de la présidentielle, l’heure n’est pas à se résigner à la défaite que nous promettent chaque jour les enquêtes d’opinion si le paysage des candidatures reste ce qu’il est aujourd’hui. Rien ne nous fera renoncer.

En vue de la conférence nationale du 5 novembre, le Conseil national du PCF a défini trois hypothèses à examiner pour la présidentielle : décider du candidat plus tard, soutenir Jean-Luc Mélenchon ou investir un candidat communiste. Depuis votre congrès en juin, de nouveaux éléments permettent-ils d’éclairer le choix à faire ?

PIERRE LAURENT Je veux être précis sur les décisions prises lors de notre Conseil national. Notre première décision, la plus fondamentale, est de tout faire dans la durée pour rassembler les forces de progrès autour d’un projet commun. Ces forces sont nombreuses. Elles se sont mobilisées contre la loi travail, ont mis en échec le projet de déchéance de nationalité, et elles défendent tous les jours les services publics. Mais le quinquennat de François Hollande en a jeté une grande part dans le désarroi et la désunion politique. Nous voulons donc reconstruire l’unité de ces forces pour un projet de gauche en rupture avec le libéralisme. Sinon, nous assisterons à la qualification des seules forces de droite et d’extrême droite qui canaliseront la colère populaire contre le pouvoir actuel, et le résultat sera gravissime. A-t-on vraiment conscience de ce qui nous attend ? Ce ne serait pas la simple répétition de 2002, mais la victoire conjuguée de forces de droite et d’extrême droite décidées à miner les fondamentaux d’égalité et de liberté de la République. Jamais les communistes ne prendront la responsabilité de banaliser une telle perspective. Notre deuxième décision découle de ce choix fondamental. Il s’agit d’instruire les options en débat chez les communistes, en discutant des conditions dans lesquelles elles pourront nous permettre d’avancer vers l’objectif que je viens d’énoncer. Ces hypothèses ne sont pas à prendre ou à laisser, elles peuvent être enrichies par le débat, complétées, et c’est la conférence nationale qui formulera à l’issue de ce débat les choix qui seront soumis aux communistes, pour répondre aux trois questions : comment construire le rassemblement nécessaire, quelle candidature à la présidentielle et quelle campagne pour les législatives.

Le premier objectif qu’affiche le PCF pour 2017 est de battre la droite et l’extrême droite. Cela est-il possible alors que, dans la meilleure configuration, il y aura aussi un candidat social-libéral ?

PIERRE LAURENT Justement, le danger de division n’en est que plus grand. Or, j’insiste : le danger qui menace n’est pas celui d’une alternance banale. Si nous sommes devant ce danger, c’est à cause de la faillite du projet social-libéral. Je crois qu’un large rassemblement des forces de gauche prêtes à rompre avec cette dérive isolerait une telle candidature et relancerait l’espoir populaire. Nous ne serions plus dans la situation de se partager un électoral de gauche en recul, mais devant la possibilité de remobiliser des millions d’électeurs qui retrouveraient confiance et espoir dans l’avenir.

Pour vous, le danger que représente la droite est-il le même quel que soit le vainqueur de sa primaire ?

PIERRE LAURENT Oui, bien sûr, car, que ce soit Sarkozy, Juppé, Fillon ou Le Maire, chacun porte les mêmes programmes d’offensive antisociale et ultralibérale. Il y a des différences au sein de la droite sur le thème de l’identité nationale que je ne néglige pas, mais les candidatures s’additionneront et le poids de l’extrême droite restera là.

La direction du PS pointe aussi le danger d’une droite radicalisée. Ne craignez-vous pas que l’appel au « vote utile » soit le plus fort ?

PIERRE LAURENT Si nous atteignons notre objectif, le vote utile, ce sera nous.

N’est-ce pas tard pour entrer en campagne, quand d’autres n’ont pas attendu ?

PIERRE LAURENT En œuvrant pour le rassemblement, en consultant les citoyens, nous sommes en campagne. Beaucoup apprécient notre démarche. Les forces dominantes veulent imposer un scénario dont le pays n’a aucune envie. La majorité des gens que nous rencontrons ne se reconnaissent pas dans les candidatures telles qu’elles se présentent. Au contraire, l’aspiration à voir converger les forces de gauche qui ont refusé la dérive gouvernementale est très présente. Mais tout est fait pour anesthésier cette exigence et l’empêcher d’émerger. Nous voulons permettre aux forces de la gauche populaire et sociale de retrouver du pouvoir sur les choix de 2017, alors qu’on veut les réduire à un choix par défaut.

Vous souhaitez entrer en campagne pour les législatives, comment cela est-il possible sans décision définitive pour la présidentielle ?

PIERRE LAURENT La présidentielle et les législatives sont deux élections différentes même si, par la nature des institutions, elles sont désormais liées. Mais quel est ce lien, si ce n’est la dévalorisation des législatives, ravalées au rang de sous-élection présidentielle ? On intime aux électeurs de ne répondre qu’à une seule question : de quel député le président élu a-t-il besoin ? Nous voulons faire réfléchir à une autre question, bien plus démocratique : de quel député avez-vous besoin pour porter vos exigences ? Il faut rétablir le lien direct entre l’Assemblée nationale qui vote les lois et le peuple, qui a été rompu par la présidentialisation.

Jean-Luc Mélenchon se dit convaincu que la direction du PCF a fait le choix de ne pas le soutenir à la présidentielle. La porte est-elle encore ouverte de votre côté ?

PIERRE LAURENT Toutes les portes sont ouvertes. Notre unique boussole est la construction d’un mouvement majoritaire pour un changement de gauche. La thèse d’un choix caché de la direction du PCF est une lubie. Notre seule décision jusqu’ici, et c’est un choix politique, a consisté à ne pas mettre un candidat dans la discussion pour donner toutes ses chances au rassemblement le plus large. Cela nous honore, et j’ai senti à la Fête de l’Humanité l’écho et le respect que cela suscite. Mais, si nous n’avons pas de candidat, nous avons des idées, un projet et une pratique de rassemblement sans lesquels une victoire de gauche est impossible en 2017. Pour construire du commun, il faut un cadre acceptable par tous. Nous en avions construit un, le Front de gauche. La France insoumise est un autre projet, celui d’un mouvement politique unique s’imposant aux partis. Nous respectons le choix de nos partenaires potentiels qui s’y engagent, mais ils doivent accepter de travailler avec les forces qui ne se reconnaissent pas dans ce cadre : le Parti communiste, d’autres composantes du Front de gauche et des forces écologistes, socialistes, citoyennes d’accord pour faire route commune. J’espère que nous avancerons dans les semaines à venir.

D’autres candidats, au PS et chez Europe Écologie-les Verts (EELV), sont engagés dans la primaire de leur parti. L’exigence d’un rassemblement peut-elle encore trouver de l’écho de ce côté ?

PIERRE LAURENT Rien n’est joué pour 2017. Je suis convaincu qu’elle peut s’imposer au-delà des logiques des primaires propres à chaque parti. Les blocages sont liés à la logique présidentialiste qui fait de la construction du projet la question seconde, après la désignation du candidat. Dans un mois, EELV aura désigné son candidat, et rien ne sera réglé : la discussion devra reprendre. Au PS, ceux qui ne veulent plus de François Hollande restent plongés dans l’incertitude sur l’issue de leur primaire. Il faut donc continuer l’effort dans la durée et, d’ici là, faire entendre le plus fortement possible les exigences communes. C’est le sens de notre consultation citoyenne. Cela doit maintenant se poursuivre par des appels, des pétitions, des réunions locales. J’encouragerai toutes ces initiatives et le 8 octobre je lancerai un nouvel appel en ce sens.

Pensez-vous que de nouvelles personnalités puissent s’engager pour faciliter ce rassemblement ?

PIERRE LAURENT Je rencontre tous les jours des personnalités de toute la gauche sociale, politique, citoyenne, qui s’inquiètent de la situation actuelle. Certaines étaient à la Fête de l’Humanité, beaucoup sont réunies dans l’Appel des cent, et puis il y a des syndicalistes, des artistes, et aussi des socialistes qui n’osent pas toujours s’exprimer publiquement. Les conditions existent pour que ces personnalités prennent des initiatives nouvelles, j’en parle avec elles.

Des communistes ont déjà fait savoir leur préférence pour la présidentielle. N’y a-t-il pas un risque de division ?

PIERRE LAURENT Il y a très naturellement dans notre parti des opinions diverses qui s’expriment. Mais j’entends la très grande volonté d’unité des communistes. Ce que nous avons à décider, ce n’est pas seulement d’un nom, c’est une démarche globale. Je suis certain que la discussion fera progresser l’immense majorité des communistes vers une position qui les rassemble. Une fois de plus, ceux qui croient nous diviser seront déçus.

Quelle que soit l’option pour la présidentielle, le PCF aura-t-il un apport propre à faire valoir ?

PIERRE LAURENT C’est évident. Le Parti communiste est une grande force politique qui compte des dizaines de milliers de militants actifs tous les jours sur le terrain, des milliers d’élus locaux, près de trente parlementaires. Notre voix et nos propositions sont indispensables à la crédibilité d’un projet de gauche, notamment dans la lutte contre la finance, qui sera la clé de voûte de notre projet.

Sur l’Europe, si la rupture avec les dogmes libéraux et l’austérité sont partagées à gauche, les moyens pour y parvenir font débat. Une entente est-elle possible ?

PIERRE LAURENT L’Union européenne est dans l’impasse. Elle se disloque sous la pression conjuguée des forces libérales et des forces nationalistes et xénophobes. Si la France veut retrouver une politique de progrès social, de relance productive, agricole, de transition écologique, elle doit engager la bataille pour changer les règles internationales, redéfinir son engagement en Europe en se battant pour un nouveau projet. Le débat sur ce nouveau mandat européen de la France devrait être mené avec tous les Français en 2017. Au-delà, nous proposons l’écriture citoyenne d’un nouveau traité en vue des élections européennes de 2019. Cet objectif peut devenir commun à tous.

Pour nombre de candidats à gauche, la question du « made in France » est déterminante. Est-elle la réponse à la désindustrialisation ?

PIERRE LAURENT Elle est une part indispensable de la réponse, mais elle n’épuise pas notre vision industrielle. Je visiterai demain l’entreprise Ecopla à Grenoble. Elle possède un savoir-faire unique en France et elle est abandonnée par les pouvoirs publics, pillée par ses actionnaires. La défense de notre savoir-faire productif est un enjeu central. Mais nos atouts doivent être mis au service de deux objectifs : produire mieux et autrement, et produire en coopération avec d’autres à travers le monde, en partageant les savoir-faire au lieu de se piller dans la guerre économique.

Les idées rétrogrades de repli autour d’une identité fantasmée ont le vent en poupe. Comment y faire face ?

PIERRE LAURENT La France est angoissée. Et cette peur de l’avenir est instrumentalisée. L’identité présumée à laquelle certains se réfèrent est redéfinie de manière rabougrie en travestissant l’histoire de notre pays, de ses racines multiples. Cette rhétorique n’est que le masque d’un projet de division des Français entre eux, et plus généralement des travailleurs de tous les pays, pour imposer la discrimination, le dumping social, la sous-citoyenneté comme on le voit avec les campagnes indignes contre les musulmans de France ou contre des réfugiés venus chercher asile chez nous. Ceux qui portent ces projets mettent en cause la France, ils ne la défendent pas. En 2017, portons le projet d’une France qui aborde avec audace son ouverture au monde et son histoire.

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:18

Intervention inaugurale de Jean-Marc Cléry (coordinateur FSU Bretagne) - mis en ligne sur sa chaîne You Tube par borchar6031769

La suite du débat en vidéo va suivre bientôt...

Photos Jean-Luc Le Calvez

Photos Jean-Luc Le Calvez

Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Le débat de la fête de l'Humanité 2016 à l'espace Bretagne le samedi 10 septembre sur "La République et les identités régionales: faire vivre la culture et la langue bretonne" avec Stephanie Stoll, présidente de Diwan, Paolig Combot, président de Ar Falz Skol Vreizh, et Jean-Marc Cléry (FSU Bretagne)
Partager cet article
Repost0
6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 13:04
Bateau des femmes pour Gaza arraisonné: Que François Hollande intervienne auprès d'Israël pour libérer les messagères de la paix

Bateau des Femmes pour Gaza arraisonné : Que François Hollande intervienne auprès du gouvernement israélien pour libérer les messagères de la paix (Pierre Laurent)

Depuis plusieurs années, la situation dans la bande de Gaza se dégrade de jour en jour. On prédit à présent une catastrophe humanitaire. Et pourtant les Etats qui pourraient convaincre le gouvernement israélien de mettre fin au blocus, illégal, de Gaza restent muets. Des Flottilles pour la paix et la liberté organisées dans de nombreux pays ont tenté à plusieurs reprises de forcer le blocus de Gaza. Israël a réagi une première fois en faisant plusieurs morts ensuite en détournant les bateaux au mépris du droit maritime puisqu'Israël agissait, parfois, dans les eaux internationales. Quinze femmes de neuf nationalités, dont une Prix Nobel de la Paix, font voile vers Gaza à bord du Bateau pour Gaza. Nous apprenons ce soir qu'elles avaient été arraisonnées. La France peut-elle rester indifférente ? Je demande au chef de l'Etat et ministre français des Affaires étrangères d'intervenir auprès du gouvernement israélien pour que la liberté de circulation soit respectée et que le Bateau des Femmes pour Gaza puisse porter un message d'espoir et de paix aux Palestiniens dont les droits sont quotidiennement bafoués.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Partager cet article
Repost0
4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 11:41
Partager cet article
Repost0
29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 12:52
Budget 2017: optimisme béat et poursuite de l'austérité au menu

Budget 2017 : optimisme béat et poursuite de l’austérité au menu

Le budget 2017 est un exercice d'autojustification de la politique d’austérité mise en œuvre depuis 2012.

Pour les locataires de Bercy : la croissance serait relancée, les comptes publics assainis et la justice sociale au rendez-vous en 2017.

La réalité est bien différente comme le confirme le Haut Conseil des Finances Publiques qui doute fortement des prévisions de croissance et d’inflation retenues pour 2016 et 2017. Aussi, l’affichage d’un déficit public à 2.7 % signifierait une contraction encore plus violente de la dépense publique.

S’agissant des recettes, l'optimisme béat du gouvernement ne survit pas à la réalité : atonie de la relance de l’activité économique et poursuite de la baisse de la fiscalité des entreprises. Côté dépenses, les économies prévues sont improbables : UNEDIC, dépenses des collectivités territoriales et de l’Etat qui devra recapitaliser EDF, Areva, etc…

Pire, le gouvernement diffère l’entrée en application de l’augmentation du point d’indice de la Fonction Publique et transforme la dernière tranche du pacte de responsabilité en une hausse du CICE, ce qui décalera l’impact budgétaire de 4.2 milliards d’aides aux entreprises de 2017 à 2018. Malgré l’annonce d’un allègement de 1 milliard de leurs prélèvements fiscaux, l’austérité pour les ménages se poursuit.

Depuis 2012, 35 milliards d’euros de contributions supplémentaires ont été mis à la charge des ménages alors que la facture des entreprises était allégée de 20 milliards. Plus grave, le budget 2017 propose de ramener le taux d’IS à 28 % et annonce son plus faible produit jamais connu (29 Mds), de quoi anticiper de nouvelles ponctions sur les familles.

Tombé à pic, le projet de prélèvement à la source pour 2018 : arme massive de restructuration des prélèvements publics et sociaux au profit du capital. Présenté comme une simple mesure technique de recouvrement de l’impôt, il camoufle un nouveau transfert des prélèvements fiscaux et sociaux sur les familles : par la mise à contribution à un nouvel impôt fusionné (IR/CSG) de contribuables jusque-là non imposables et la possible intégration à ce type de prélèvement d’un impôt comme la taxe d’habitation dont on connaît les risques d’augmentation. Enfin, il accentue le désengagement des entreprises du financement de la protection sociale notamment dans un premier temps de la branche santé.

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 04:44
Pour l'art et la culture aussi, ce quinquennat est celui de l'échec (PCF)

Pour l’art et la culture aussi ce quinquennat est celui de l’échec

Augmentation du budget de la culture de 5% en 2017, fonds de professionnalisation de 90 millions d'euros pour favoriser l'emploi artistique stable, décret du 13 juillet 2016 sur le régime d'assurance chômage des salariés du spectacle… Le quinquennat en voie d’achèvement aurait-il donc été marqué par un effort significatif de l’État dans le champ culturel ?!

Que nenni ! Ce serait oublier les promesses du candidat socialiste à la présidentielle qui, en janvier 2012, déclarait vouloir "sanctuariser le budget de la culture" ; or, les budgets 2013 et 2014 ont été marqués par une baisse sans précédent, respectivement de 4% et de 2%, afin de "contribuer au redressement des comptes publics" ! L'annonce des +5% pour 2017 n'y suffira pas : on aboutira à une baisse du budget culture sur le quinquennat de plus de 2% en euros constants : la parole publique est ainsi contrariée par les faits et les bricolages électoralistes de dernière heure n'y suffiront pas. Si nous prenons acte du décret du 13 juillet, il doit avant tout être mis au crédit du mouvement des intermittents qui a contraint le gouvernement à faire le constat du vide juridique à l'UNEDIC, puisque le camp patronal et la CFDT ont refusé de reconnaître l'accord professionnel du 28 avril, pourtant signé par l'ensemble des parties, employeurs du spectacle et CFDT au niveau fédéral compris. Quant au fonds de professionnalisation, il n'est pas non plus sans rapport avec la mobilisation des intermittents, mais il faut rester vigilant quant à son effectivité dans un temps où la précarisation croissante des artistes fait rage.

Mais, au-delà des aspects strictement budgétaires, ce quinquennat a-t-il été marqué par une relance des politiques publiques de la culture, par un souffle nouveau permettant des avancées substantielles en matière de démocratie culturelle et de liberté de création des artistes ? A-t-on assisté à un recul de la marchandisation de la culture, à un plus grand respect du pluralisme des idées dans le champ médiatique ?

À toutes ces questions, nous devons, hélas, répondre par la négative. C'est ainsi que la grande loi sur la création, promise dès 2012, aura mis 4 ans et occupé 3 ministres pour advenir. Pour quel résultat ? Une loi sans souffle émancipateur et qui s'en tient à des principes généraux : ainsi, elle rappelle le principe de liberté de création et le rôle du service public mais ne s'en donne aucunement les moyens. Aucun volet de programmation budgétaire dans la loi « relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine » adoptée le 7 juillet 2016, aucune réforme en profondeur du système de soutien au cinéma, rien sur la lecture publique, le soutien aux plasticiens et aux auteurs, aucune mesure anti-concentration pour lutter contre les monopoles culturels, aucune fiscalisation des GAFA (acronyme désignant les grands acteurs du numérique, Google, Apple, Facebook, Amazon...). Sur ce dernier point, le comble de la soumission du gouvernement et de François Hollande aux grands acteurs du numérique réside aujourd'hui dans l'annonce de Michel Sapin : la France ne demandera pas sa part des 13 milliards de recettes fiscales réclamés à Apple par la Commission européenne !

Ce quinquennat a été marqué par des réformes territoriales antidémocratiques accompagnées d'une baisse drastique des dotations budgétaires de l’État aux collectivités territoriales, ce qui produit déjà des réductions très importantes des budgets culturels dans plusieurs communes, départements et régions. Des élus de droite et d'extrême droite prennent prétexte des baisses des dotations de l’État pour se livrer à une véritable chasse aux sorcières contre la liberté de création et d'action culturelle.

à encore, loin de permettre un meilleur maillage territorial, la politique menée fragilise les artistes, les compagnies, les lieux, les festivals et les acteurs culturels, aggrave encore les inégalités territoriales et sociales et met en cause la démocratie culturelle.

C'est ainsi que la création, l'innovation et les nouvelles formes d'expression artistique sont sacrifiées sur l'autel des restrictions budgétaires, de l'idéologie du temps court et de la rentabilité, de la soumission à une vision marchande de l'art avec comme finalité lamarginalisation de l’acte artistique, le recul de la socialisation de l’art et l'aliénation des imaginaires.

Quant à l’éducation artistique et culturelle, elle reste quasi absente du projet éducatif, sous-financée et assumée très inégalement par les collectivités territoriales, ce qui creuse encore les inégalités et exclut les jeunes des milieux populaires de l'accès aux œuvres et aux pratiques artistiques. De son côté, le service public de l'audiovisuel fait l'objet de restrictions budgétaires majeures et un plan de suppression d'emplois sans précédent est en cours à France télévisions. Mais au-delà, on assiste à un abandon des missions de service public qui réduit le soutien à la création, obère la dimension culturelle de l’audiovisuel et ne respecte pas le pluralisme des courants d'opinion en régression constante depuis les 2 derniers quinquennats : toujours les mêmes experts en libéralisme accrédités, toujours le sensationnalisme de l'information qui attise les peurs et détruit tout espoir émancipateur. L'information est devenue une marchandise dans un paysage médiatique marqué par une concurrence guerrière entre grands groupes privés.

Finalement, ce quinquennat fut celui d'une gestion austéritaire de la culture, à l'image de la politique menée dans tous les domaines. Aucun souffle de gauche, aucune perspective de progrès. C'est d'une toute autre politique dont notre pays et notre peuple ont besoin pour construire une nouvelle émancipation sociale et culturelle, rompant avec l'aliénation des classes populaires. Dans le domaine culturel, comme au plan économique et social, ce quinquennat est bien celui de l'échec. Or, pour que les comportements de peur, de haine et de repli identitaire ne finissent pas par l'emporter jusqu'au fond des urnes, il faut une grande ambition culturelle et un service public assumé conjointement par l’État et les collectivités locales, avec les moyens nécessaires, pour favoriser une création toujours plus diverse, une culture de l'égalité et de la liberté, une société démocratique et solidaire.

Une telle ambition suppose une mobilisation offensive sur le plan des idées pour nourrir, contre le libéralisme et le populisme, les avancées sociales et le changement politique à gauche !

Parti Communiste Français

27 septembre 2016

Pour l'art et la culture aussi, ce quinquennat est celui de l'échec (PCF)
Partager cet article
Repost0
26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 18:26
2017: Rien n'est joué! Interview de Pierre Laurent

2017 : rien n'est joué ! Interview de Pierre Laurent

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent a lancé un appel à la Fête de l’Humanité. Devant le scénario de l’échec que prépare la multiplication des déclarations de candidature, il appelle à construire un rassemblement capable de créer un nouvel élan à gauche pour empêcher de nouveaux désastres et faire de 2017 une victoire populaire.

À LA VEILLE DE L’ANNÉE 2017, VOUS VOILÀ AU PIED DU MUR...

PIERRE LAURENT : C’est vrai. Le pays a besoin de changements urgents. On le voit avec éclat chez Alstom où les actionnaires continuent de faire la loi contre l’intérêt du pays. La nance a toujours trop de pouvoirs et la démocratie est malade. Le bal des prétendants pour l’élection présidentielle est déconnecté de ces urgences. Un bel avenir pour la France est possible si on récupère les richesses qui nous sont con squées et le pouvoir de décider. Et pourtant le pire risque d’advenir. Le piège qu’on nous tend pour 2017 est dangereux pour la France.

QUELS SONT CES DANGERS ?

PIERRE LAURENT : Le gouvernement Hollande a discrédité la politique en trahissant les électeurs
de 2012. La colère est grande et le FN est en embuscade. Marine Le Pen n’a même plus besoin de parler, la droite et le gouvernement se chargent de lui faire une campagne sur mesure. Mais qui est Marine Le Pen ? Marine Le Pen c’est l’outrance de Donald Trump, l’ultralibéralisme de la britannique Theresa May, et le racisme de l’extrême droite autrichienne réunis. Les Républicains s’entre déchirent le temps d’une primaire, mais seront bientôt en ordre de bataille pour mener à terme leur projet de destruction du modèle social français. Quant à Emmanuel Macron, le renard du MEDEF lâché dans le poulailler socialiste, l’homme qui fait du neuf avec du vieux et du vieux avec du neuf, il est là pour tirer encore à droite un échiquier politique qui n’a vraiment
pas besoin de ça.

ET PENDANT CE TEMPS-LÀ, VOUS ESTIMEZ QUE LA GAUCHE DE PROGRÈS CONTINUE DE FAIRE TOURNER À PLEIN LA MACHINE À PERDRE...

PIERRE LAURENT : Oui et c’est fou, même irresponsable. Bien sûr que François Hollande ne peut pas rassembler la gauche. Mais pour construire une alternative forte, les candidatures ne doivent pas se multiplier à gauche mais converger. C’est ce que souhaite le pays. Au printemps, mobilisé contre la loi Travail, résistant aux divisions et aux haines, il a montré qu’il existe une majorité sociale de progrès : il est de notre devoir de la transformer en majorité politique. Divisés nous perdrons, unis nous pouvons sérieusement envisager de lever une majorité de gouvernement. Et c’est pourquoi j’appelle à travailler jusqu’au bout à un pacte d’engagements communs.

MAIS N’EST-IL PAS TROP TARD ?

PIERRE LAURENT : Non, il ne sera jamais trop tard. Notre feuille de route est simple et notre calendrier xé. Nous menons dans le pays une grande consultation citoyenne à laquelle des dizaines de milliers de personnes ont déjà répondu. J’invite à la remplir massivement. Aujourd’hui qui se préoccupe vraiment de la voix du peuple ? Qui ? Si ce n’est les communistes ? C’est pourtant ce qui peut être notre force pour débloquer la situation.

À l’issue de ce mois de consultation, nous ferons la démonstration qu’il existe une majorité populaire pour une vraie politique de gauche, ce que j’ai appelé le pacte d’engagement commun qui pourrait unir les forces aujourd’hui dispersées. Nous n’entendons pas déserter le débat politique et présidentiel. Bien au contraire. Nous ferons nos choix en novembre. Nous ferons ce choix en responsabilité et quelle que soit notre décision nous ferons entendre la voix du Parti communiste pour le présent, mais surtout pour l’avenir. Et nous allons pousser au bout, nous allons nous donner le temps pour donner toutes ses chances à la possibilité d’une candidature unique de la gauche qui ne veut plus de François Hollande.

VOUS PARLER DE RASSEMBLER, MAIS SUR QUELLES BASES CELA VOUS PARAÎT-IL POSSIBLE ?

PIERRE LAURENT : Nous pouvons être raccord sur l’essentiel : sur la sortie de l’austérité, sur la relance des services publics, des investissements productifs et écologiques, sur la sécurisation de l’emploi en priorité pour la jeunesse, sur la lutte contre la nance, sur la refonte de l’Europe, sur la VIe République... C’est une bonne base de départ non ? Il faut arrêter de faire le pari fou qu’un seul individu, aussi talentueux soit-il, sera en mesure de capter à lui seul sans dynamique unitaire l’a aissement de François Hollande.

Divisés, nous risquons de n’avoir que nos yeux pour pleurer. Une autre voie est possible. Rien ne se fera sans un engagement massif des citoyens dans le débat présidentiel. Allez-y, devenez acteurs, intervenez, mobilisez-vous, organisez-vous, devenez incontournables ! Vous êtes les seuls à pouvoir nous sortir du scénario infernal. Sans vous rien ne se fera. Et rien n’est encore joué. Tout peut encore changer, être bouleversé pour peu qu’on s’y investisse. Prenons nos rêves au sérieux ! Croyons en nous ! Notre force est superbe. Nous sommes le nombre, nous sommes le peuple, nous sommes les 99% !

---

Que demande le peuple ? La Grande consultation citoyenne continue

C’est une enquête menée par le PCF avec l’accompagnement de l’Institut ViaVoice pour faire entendre dans le débat politique la réponse à cette question centrale que demande le peuple ? - Les communistes sont déjà allés à la rencontre de près de 200 000 personnes. Plus de 40 000 d’entre elles ont rempli le questionnaire. Nous nous donnons jusqu’au 8 octobre pour permettre la plus large participation possible.

Le 8 octobre aura lieu la présentation des résultats et de nombreux moments de restitution de la parole recueillie pour engager le débat politique sur les bonnes bases.

Participez en contactant les militants communistes de votre territoire ou sur

www.lagrandeconsultationcitoyenne.org

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 19:30

Conseil national – 24 septembre 2016 – Rapport introductif

Pierre Dharréville

Chères et chers camarades,

Sur le visage du monde, au front de nos contemporains, il y a ce pli d’inquiétude. Nous sentons le frisson qui parcourt la planète, ces rafales irrégulières qui viennent gifler et griffer nos existences entremêlées. Nous sentons que la terre se tend, qu’un grondement sourd la traverse, que des failles s’y dessinent. Nous savons plus ou moins confusément n'en avoir pas fini avec les catastrophes. Sans les nier, ni sans les augmenter, il s’agit donc de ne pas s’y résoudre. Comme l’écrivait Victor Hugo : « Tenter, braver, persévérer, s’être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait ». Ne pas maquiller ce pli d’inquiétude persistant, l’écouter, le comprendre, en attaquer la cause. De ce pli, faire une ride, une marque du passé. Ce pli sur nos fronts est le reflet de cette faille sur le monde que désigne Thierry Fabre, animateur des Rencontres d’Averroès. « Une faille, dit-il, est plus qu’une simple fissure, dans tout son étirement, mais elle n’est pas encore une fracture, irréparable. Il reste un monde des possibles, pour mieux nous relier. » De ce qui vient, nous ne savons pas tout, nous ne pourrons tout maîtriser, mais on nous trouvera debout, cherchant à gagner de la hauteur et de la profondeur, cherchant à agir avec d’autres, avec chacune et chacun, c’est-à-dire à faire de la politique. Avec ce qu’il faut de calme et ce qu’il faut de passion, avec ce qu’il faut de révolte et ce qu’il faut de tendresse, avec ce qu’il faut d’exigences pour aujourd’hui et ce qu’il faut d’espoirs pour demain. Dans cette faille, dans ces failles, il y a un espace pour la politique.

Pour ne pas rester dans le vague, il faudrait en dire plus sur la catastrophe et ses multiples déclinaisons. La catastrophe, c’est le chaos du monde qui vient frapper jusqu’à nos moments de fête, c’est ce délitement dans la guerre, c’est cette dégringolade dans la mal-vie, ce sont les pulsions de domination qui détruisent, c’est le piège identitaire, c’est la passivité devant la dégradation de la planète, c’est tout ce qui entrave l’émancipation humaine. Il faudrait en dire plus sur la catastrophe et sur ses causes. La catastrophe ne vient pas de l’au-delà de la mer, des fleuves et des montagnes, elle ne vient pas des musulmans ou des réfugiés, elle ne vient pas du prénom que l’on donne à nos enfants parce qu’il n’est pas inscrit au calendrier grégorien contrairement aux propos abjects d’Eric Zemmour, elle ne vient pas des supposés « maghrébins » contrairement aux sorties indignes de Claude Goasguen qui s’était déjà si tristement illustré contre les pauvres dans son arrondissement parisien, elle ne vient pas de la liberté des femmes, elle ne vient pas des manifestants qui refusent le libéralisme, la destruction des droits et les inégalités. Et nous n’irons pas chercher la potion miracle chez nos prétendus « ancêtres les gaulois ».

Mais ce n’est pas de cela dont il est question dans le dernier essai d’Alain Duhamel, même s’il dénonce les supposées « pathologies françaises ». Tout ébaubi Christophe Barbier, le directeur de L’Express, y a trouvé la critique de ce qu’il appelle « le poison égalitaire ». L’un et l’autre reconnaissent que cette « passion » française pour l’égalité, qualifiée de « fléau » marque la « mentalité » de notre peuple, depuis la nuit du 4 août. Et de regretter que la France soit la société « la moins capitaliste d’Europe », qui consacre « la plus grande part de sa richesse nationale à la protection sociale », au prix d’une fiscalité « d’une imagination sans pareils ». Oui messieurs, la lune est vieille, mais c’est la lune ! Et cette lune continue d’exercer son pouvoir d’attraction sur notre peuple, comme en témoignent les mobilisations du Printemps, recommencées en cette rentrée. Voyez qu’il y a là quelque chose comme de la ressource pour dissiper nos plis d’inquiétude.

Comme il faut, afin d’y parvenir, s’efforcer d’être un peu prosaïque, je m’attacherai donc à essayer de faire face aux questions qui nous sont posées dans cette période de grand trouble et à esquisser ce que pourraient être des réponses, dans la foulée du congrès.

* *
*

En cette journée de mobilisation pour la paix, l’exigence de faire échec aux logiques de guerre essaye de se frayer un chemin. Ces trente dernières années, les guerres de domination politique et économique ont alimenté ce chaos mondial qui croît et dont les signes se manifestent avec une violence de plus en plus forte à travers le monde et jusque sur notre territoire. La paix est une construction politique. La paix est menacée lorsque l’eau vient à manquer, lorsque les inégalités se creusent, lorsque l’injustice s’installe, lorsque les pulsions de domination s’imposent, lorsque le racisme se révèle dans des violences policières. Faire grandir une culture de paix, ce n’est pas faire le choix de la naïveté, tout au contraire, c’est dans le même mouvement réveiller les consciences sociales et les aspirations démocratiques. C’est donner la force aux peuples de choisir l’avenir et de le construire, non pas de le subir. La paix doit être un grand projet politique pour la France et le monde.

C’est pourquoi la guerre des civilisations dans laquelle des forces totalitaires ont décidé de s’engager, et dont l’affrontement identitaire qui se développe dans notre pays est l’une des manifestations, doit être combattue avec la dernière énergie et éteinte. Comment peut-on simplement imaginer en faire le moteur de l’histoire ? Cette guerre identitaire est une redoutable impasse pour les peuples et pour l’humanité. Car ce qui nous guette dans cette voie, ce n’est pas la victoire de quelque civilisation que ce soit, comme en rêvent ses protagonistes haineux, mais la « décivilisation sans rivage » dont parle Lucien Sève, la déshumanisation de l’humanité sous la domination insensée du maître-argent, des grands propriétaires, de la finance tentaculaire, du capitalisme.

Dans ce contexte, que le sommet européen de Bratislava n’ait eu pour seule obsession, (alors que l’Union européenne est en train de payer le prix de son mépris des peuples et de la démocratie), que de revenir au vieux débat sur l’Europe de l’armement, confirme que le projet européen est plus que jamais en question. Cette réunion aurait aussi pu être l’occasion de s’interroger sur la refondation d’un Euro de plus en plus critiqué (dernièrement par le prix Nobel Joseph Stiglitz) ou sur la gestion calamiteuse de l’accueil des réfugiés fuyant la guerre et la misère. Au lieu de cela, la Commission continue à édicter ses règles libérales.

La France, d’ailleurs n’est pas si mauvaise élève. En matière d’orthodoxie libérale et austéritaire, s’entend. Car en matière d’accueil des réfugiés, elle a accompagné les discours de fermeture. Le gouvernement essaye aujourd'hui de faire bonne figure en organisant l’accueil des 12 000 hommes, femmes et enfants de Calais. A ce propos, l’attitude de plusieurs Présidents de Région de droite, indiquant sans ambages leur refus d’accueillir, déclarant leurs régions hors zone de solidarité et d’asile est indigne de la République. Nous ne devons pas les laisser parler ainsi au nom des populations de nos territoires. Nul ne peut ignorer que tout cela vient alimenter l’amalgame boueux de la xénophobie, mêlant sans autre forme de réflexion que le réflexe, le terrorisme, l’étranger, le musulman... Mais l’engagement de maires, en exigeant de l’Etat qu’il assume ses responsabilités et ne se défausse pas pas comme il sait si souvent le faire, est un geste d’humanité et un geste politique puissant. Comme le montrent la municipalité d’Ivry-sur-Seine et son maire, Philippe Bouyssou, par exemple, en affrontant les débats que cela peut soulever, la solidarité prend le dessus. Si l’on voulait parler d’identité, en tout cas de culture, on commencerait par là. Une étude de l’OCDE publiée cette semaine montre que les « migrations permanentes » ne représentent que 0,4% de la population des pays concernés et que non seulement l’impact de ces arrivées est infinitésimal sur l’emploi mais qu’en plus, si l’on avait une véritable politique d’accueil, pour s’en tenir là, il s’avérerait économiquement bénéfique. Quoiqu’il en soit, des drames qui frappent ces hommes et ces femmes, toute l’humanité est comptable. L’on ne peut se satisfaire des commentaires syllogiques imputant sans autre forme de procès les reculs de Merkel aux élections locales allemandes à son attitude envers les réfugiés, comme pour appeler de nouveau à leur rejet. Et l’épisode lamentable de ces derniers jours voyant des forces de l’ordre belges venir déposer des demandeurs d’asile déboutés à l’aveuglette dans un pays voisin est suffisamment ridicule pour qu’on essaye d’en tirer quelques leçons. Et si nous décrétions nos régions « terres d’asile » !

J’ai dit que la France par ailleurs n’était pas si mauvaise élève. Selon l’OFCE, la politique des gouvernements Hollande aura conduit à une hausse des impôts de 35 milliards d'euros pour les ménages et à une baisse de 20 milliards pour les entreprises. Le taux de marge des entreprises aurait atteint un niveau comparable au record historique des années 2000, tandis que 100 000 personnes de plus se seront retrouvées au chômage. Le bilan social du quinquennat est catastrophique.

Et cela va de pair avec son bilan économique. La situation d’Alstom, dont l’État détient 20% du capital, est une nouvelle illustration de la destruction méthodique du tissu industriel de notre pays, qui a été largement accompagnée par le pouvoir. Nous venons d’adopter une déclaration que nous allons faire vivre dans tout le pays et en particulier à Belfort et dans les onze départements concernés par la présence d’un site de l’entreprise. Nous participerons notamment à la grande manifestation du 27 septembre. Entre autres questions, ces événements viennent souligner le faible engagement de l’État pour le développement des transports ferrés qui sont un enjeu écologique et social majeur.

Un autre débat a pris de l’ampleur ces derniers mois, autour de l’usine d’alumine Alteo de Gardanne, ex-RioTinto et ex-Péchiney, dont la ministre de l’environnement demande la fermeture. Il s’agit là aussi d’un enjeu décisif puisque cette production est nécessaire à la fabrication de téléphones et de tablettes. Comment peut-on se dédouaner ainsi de ses responsabilités sociales et environnementales ? Une pétition est en ligne pour exiger des propriétaires et de l’État un engagement pour des investissements efficaces afin de produire dans le respect de l’environnement. De même que pour les centrales à charbon, je ne traiterai pas aujourd’hui dans le détail des enjeux énergétiques, menacées par les modalités de la taxe carbone, le défi n’est pas de les fermer sine die mais d’accélérer les mutations possibles et nécessaires. J’en profite pour signaler le Mois de la biodiversité organisé par notre parti avec des débats pluralistes et des auditions d’experts.

Les forces de la finance se cachent ; nous devons prendre des initiatives pour les démasquer, comme l’ont fait Alain et Éric Bocquet dans leur livre qui dénonce les « sans domicile fisc ». Selon les comptes nationaux de l'INSEE, ce sont aujourd’hui 25% des richesses produites par l’industrie qui sont aspirées par la finance contre 5% il y a trente ans. L’investissement dans l’appareil productif recule de cinq milliards d’euros par an depuis 2000 dans notre pays. 400 000 emplois ont été perdus depuis 2008 et au moins autant seraient menacés. Dans un livre qui vient de paraître sous la direction de Jean-Christophe Le Duigou, La Bourse ou l’industrie, des syndicalistes pointent du doigt le déclin industriel de notre pays et ses causes, montrant combien l’industrie est un atout indispensable pour l’avenir, a fortiori pour qui voudrait s’attaquer au défi climatique et environnemental. Notre économie est gravement fragilisée par la faiblesse du développement industriel et l’incapacité dans laquelle nous nous trouvons de répondre aux besoins. Cela appelle une réflexion et une offensive globale portant une ambition industrielle durable. La sécurisation de l’emploi et de la formation, la création d’un pôle public bancaire, l’écriture d’un code du travail du XXIe siècle donnant plus de droits et pouvoirs aux salariés, l’arrêt du gaspillage d’argent public distribué directement aux actionnaires, les nationalisations-socialisations de secteurs clés…

J’ai évoqué l’industrie, il faudrait évoquer l’ensemble des secteurs de l’économie, et par exemple les enjeux agricoles qui sont cruciaux et ne sont pas simplement l’affaire des agriculteurs, même s’ils sont les premiers à subir les conséquences d’une organisation qui ne rémunère pas leur travail, mais je veux simplement m’arrêter sur le rôle de la grande distribution, vu d’un autre côté, puisqu’elle a un rôle de plaque tournante qui n’est pas neutre. Lorsque Casino qui produit dans le centre commercial de Grigny, qui lui est loué par la ville dans des conditions optimales, un bénéfice de 4 millions d’euros par an, décide de déserter parce que cela ne lui rapporte pas assez, laissant sans approvisionnement la population de cette ville, c’est intolérable. Conçu comme un retentissant moment de riposte, le marché solidaire que nous organisons dans la ville, une initiative politique concrète, montrera à la fois l’utilité de notre action, son sens et viendra conforter la lutte pour la dignité, pour l’égalité qui est celle des nombreux habitants et habitantes, celle que leur maire Philippe Rio appelle la République pour tous.

Une République minée par ses multiples manquements à sa promesse originelle. Ainsi, la Fondation Abbé-Pierre lance une campagne intitulée #onattendquoi pointant du doigt la situation de 3,8 millions de personnes sans domicile ou sans domicile décent et les 15 millions au total soit un quart de la population française fragilisée d’une manière ou d’une autre par la crise du logement. Dans un autre domaine, la Cour des comptes se félicite de voir réduit le fameux « trou » de la sécurité sociale à 7 milliards d’euros — on rappelle que les mécanismes d’évasion, de fraude et autre optimisation fiscales évaporent entre 60 et 100 milliards — mais à quel prix ? À quel prix pour la santé, pour les retraites, pour les personnels hospitaliers, pour les territoires ? Dans un autre domaine encore, la rentrée scolaire a vu la très contestée réforme du collège entrer en vigueur et les classes surchargées se multiplier — il y en aurait 100 000 en primaire. La jeunesse de notre pays mérite un tout autre engagement de la société à ses côtés.

Pendant ce temps, l’état d’urgence se poursuit et avec lui les réquisitions contre les manifestants du printemps contre la Loi dite « travail », criminalisés et salis dans leur engagement, qu’ils trouvent ici la marque de notre soutien. La mobilisation, d’ailleurs, n’est pas terminée et ni les peurs ni les torpeurs de l’été n’ont eu raison du profond rejet qui s’exprime de cette loi de casse du code du travail. Les offensives menées pour porter l’affaire devant l’OIT contribuent à en faire une bataille internationale qui vient affaiblir les arguments des tenants du dumping social mondial, il y a là un champ ouvert, comme en témoigne le récent livre de Bernard Thibault. Comme sont ouverts de nombreux champs du commun.

Ce puzzle ne suffit pas à faire le tour de la période (on aurait également pu citer une bataille à mener face aux indécences de Vinci en matière d’autoroutes et de péages…), mais il en indique certains traits de caractère parmi les plus saillants. Nombreuses sont les questions auxquelles les hommes et les femmes de notre pays sont confrontés, qui mériteraient de débattre et de proposer. Nombreuses sont les questions escamotées du débat public, au profit de controverses politiques indignes des grands défis de notre temps et des attentes de notre peuple. C’est pourquoi nous avons initié la grande consultation citoyenne.

* *

*

Ce fut l’une des décisions importantes de notre congrès que cette grande enquête menée par les militants communistes dans tout le pays. Depuis le printemps, nous avons rencontré des centaines de milliers de personnes et ils sont plusieurs dizaines de milliers à avoir pris le temps de répondre. Cela nous a demandé un effort militant considérable, de la ténacité et de la détermination. Les communistes qui en ont fait l’expérience savent la richesse des moments partagés et des débats que cette démarche nous a permis. Je veux saluer cet engagement qui est venu renforcer notre relation à notre peuple. Ils sont nombreuses et nombreux à nous avoir remercié de les écouter, de leur donner la parole, d’accorder de l’importance à leur avis et à leurs aspirations. Il n’était qu’à voir les allées de la fête de L’Humanité, où les jeunes attablés stylo en main donnaient le ton de cette soif de participer. Nous voulons que la parole populaire soit incontournable dans le débat public.

Nous avons mis en actes — c’est un début — notre projet de permettre à notre peuple d’être l’auteur de son destin. Dans une société où la politique est tant discréditée et où le renoncement gagne du terrain, la gratuité de notre geste, sa sincérité ont placé notre parti dans une position de dialogue et d’échanges qui est de nature à renforcer notre enracinement populaire. D’un côté, les questions que nous posons sont ainsi en train de grandir et de cheminer dans la société. Et d’un autre, la façon dont notre peuple se vit, se pense et pense son avenir vient à la fois enrichir, soutenir et interpeller notre politique.

Je sais aussi que des camarades se sont interrogés sur l’utilité de cette initiative centrale dans un moment où chacun ne s’occupait que de désigner des candidats pour la Présidentielle. Cette élection, nous en connaissons, hélas !, le caractère structurant dans la vie politique, mais aussi son caractère destructeur.

Nous ne sommes pas à côté des enjeux de 2017 en posant cette question : « Que demande le peuple ? » Nous posons la bonne question, celle que tout le monde évacue du débat. la seule qui vaille. Nous essayons de créer une dynamique populaire qui ne se fonde pas sur des démarches personnelles et des sentiments éphémères. Cela nous rend plus forts pour affronter ces échéances. Cela nous permet de chercher le commun et nous devons y travailler jusqu’au bout.

C’est pourquoi, nous devons encore amplifier notre démarche dans les quinze jours qui viennent et faire du week-end prochain un grand moment de mobilisation autour de la grande consultation citoyenne pour donner au plus grand nombre possible de femmes et d’hommes une chance supplémentaire de se faire entendre.

Et c’est pourquoi le 8 octobre prochain, à l’issue de cette grande consultation citoyenne, nous tiendrons un grand événement de restitution de cette enquête. Nous y ferons entendre la parole populaire, si souvent dénaturée et manipulée dans le débat public. Nous y présenterons un portrait de la France que l’on n’a pas l’habitude de voir, pour contribuer à aider notre peuple à prendre conscience de lui-même, loin des clichés auxquels on voudrait qu’il se conforme. Nous y ferons la démonstration qu'il existe une majorité populaire pour une vraie politique de gauche, pour pacte d'engagements communs qui pourrait unir les forces aujourd'hui dispersées. Nous engagerons une nouvelle phase de notre déploiement : il s’agira de mettre les réponses à cette question, « Que demande le peuple ? », entre les mains du plus grand nombre pour poursuivre l’appropriation populaire de la politique et faire grandir l’action et les initiatives politiques dont notre pays a besoin.

Le samedi 8 octobre, dans toute la France, à 14h30, on pourra regarder « Ce que demande le peuple, l’émission » en direct et en public, et l’on pourra interagir. Les résultats seront détaillés, des participants à l’enquête viendront les commenter, ainsi que des acteurs publics et notre secrétaire national, Pierre Laurent, en tirera de premières conclusions et esquissera les grands axes qui pourraient fonder un pacte d’engagements communs. On pourra ensuite prolonger le débat, il le faudra. On pourra faire connaître ce qu’il en ressort par un tract national, organiser des moments de restitution dans les circonscription, dans les villes, les quartiers. Notre campagne ne s’arrête pas le 8, elle entre dans une nouvelle phase. Ces dizaines de milliers de discussions vont nous rendre plus forts, plus légitimes aussi pour, dans le débat public, servir les aspirations populaires.

Je vous propose qu’à partir de ces résultats et des conclusions, des leçons que nous en tirerons, nous allions aussi nous adresser aux forces de gauche avec lesquelles nous pensons possible de construire une réponse partagée.

* *

*

Est-il trop tard ? Non, il reste encore de la place, du temps avant que tout soit verrouillé, mais cette question est dans toutes les têtes. Lors de la Fête de L’Humanité, nous avons réussi à faire entendre notre parole, et à donner de l’écho à cette interpellation que nous portons pour que se rassemblent les forces qui veulent une politique de gauche dans ce pays. Nous sommes entrés en résonance avec cette résignation terrible qui s’installe, pour la faire reculer. Les échos de cette offensive nous reviennent dans les échanges que nous avons. Mais cela n’est pas suffisant. Pour instable qu’elle soit, la situation n’a pas significativement bougé à ce stade. Cela n’est pas sans interroger.

Nous devons continuer à approfondir notre analyse de la situation politique pour éclairer le débat qui nous conduira jusqu’à notre Conférence nationale du 5 novembre. Cette conférence devra prendre des orientations pour l’élection présidentielle et les élections législatives et les soumettre aux communistes.

Tout d’abord, le danger est plus menaçant que jamais. Pendant que la droite se déchire en dressant l’inventaire des mesures les plus réactionnaires possibles, l’extrême droite se sent pousser des ailes et espère se trouver au rendez-vous d’une fenêtre historique. Marine Le Pen tente d’adopter une posture de rassemblement et occupe plus que jamais une place centrale dans les médias et dans le débat. Se sentant confortée par tous les Trump de la planète, elle se pose en « candidate du peuple », un peuple redessiné selon ses insupportables fantasmes, baptisé dans l’introuvable pureté du sang ancestral, fracturé, chosifié et assujetti. Cet impossible peuple n’est pas le peuple de France, ce n’est pas notre peuple. Ce n’est pas un miroir que le Front national tend à notre pays, c’est une photo retouchée et caviardée. Il faut s’attacher à démonter cette imposture. C’est en se présentant comme un abri face aux peurs, aux menaces et à toutes sortes d’intempéries réelles ou supposées, que l’extrême droite agglomère des victimes désunies qu’elle a contribué à isoler. Critiquant la fièvre identitaire et « l’idéologie de la séparation », l’historien Patrick Boucheron souligne avec nombre de ses confrères combien les peuples depuis l’antiquité n’ont jamais cessé d’être des constructions politiques, créées et recréées au fil des mouvements de l’histoire et des mélanges de l’humanité. Il s’efforce de « dire calmement que nous sommes plus nombreux à ne pas nous sentir menacés par la différence ». Le peuple dont il faut parler est une association d’hommes et de femmes libres, égaux, égales, consciente de son histoire et de sa diversité, rassemblée pour un projet commun. Le peuple dont il faut parler a vocation à devenir un sujet politique, qui s’émancipe lui-même. Il n’y a pas d’issue dans le populisme, dont le mécanisme inéluctable consiste à un asservissement consenti. C’est donc bien sur le terrain du projet, sur le terrain de l’avenir qu’il faut chercher, qu’il faut bâtir, qu’il faut construire un peuple de citoyennes et de citoyens actrices et acteurs de leur destin commun.

Or, la dynamique la plus forte, sans doute, est bien celle du désintérêt, du désenchantement. L’idée s’installe qu’il n’y a rien à attendre de la politique en général et de ces élections en particulier. Elle s’installe, en particulier à gauche, mais plus largement, parmi les couches populaires, les ouvriers, les salariés, les chômeurs, les retraités. Sans renoncer à convaincre qui que ce soit, c’est là, sans doute, notre premier adversaire.

La droite espère pouvoir disputer la victoire et c’est cela qui rend si âpre sa bataille interne. Lorsque Nicolas Sarkozy entend obliger tout un chacun et toute une chacune à adopter des ancêtres, en l’occurrence gaulois, il ne le fait pas au hasard, il se situe sur le terrain du fantasme identitaire qu’il a tant contribué à agiter et n’oublie pas pour autant de tailler à grand coups de sabre dans les droits et libertés pour aider ses amis les marchés financiers. Mais la nature des propositions en débat indique clairement un nouveau coup de barre à droite de ses orientations politiques, tous candidats confondus, une fois les excès de langage mis de côté. Les rodomontades de François Bayrou, qui essaye de jouer un rôle, n’y changent rien. Lors des dernières échéances, le poids électoral de la droite et de l’extrême droite, voyant en certaines régions la gauche complètement éliminée, a produit des paysages politiques monstrueux et produit désormais des politiques antisociales et autoritaires complètement débridées. Ce qui nous vaut, par exemple, à Marseille, de lancer une pétition contre la transformation de la Villa Méditerranée en Casino, juste à côté du MuCEM.

Pour leur part, le Parti socialiste et ses alliés continuent dans la voie du libéralisme et le Président commence à écrire à sa façon l’histoire du quinquennat qui s’achève, se glorifiant de son impopularité, qui serait la marque d’une politique courageuse. François Hollande semble parier sur un nouveau concours de circonstances, tandis que le Premier ministre continue creuser son sillon en cultivant sa posture de fermeté face aux résistances, et que le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, s’en est allé « prendre la mer », pour tirer lui aussi tout ce petit monde plus encore vers la droite de l’échiquier. Les primaires qui s’annoncent voient la contestation de la ligne gouvernementale s’exprimer, mais s’incarner dans la dispersion. Le malaise est perceptible.

Europe-Écologie les Verts est également engagée dans une primaire interne, ayant choisi de présenter un candidat n’ayant pas vraiment d’autre ambition que de faire entendre un discours écologiste dans la présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, continue à défendre sa candidature au nom de la France insoumise, estimant que « le rassemblement de la « gauche » empêcherait le peuple de se fédérer ».

Peu d’écho est donné aux candidatures de Lutte ouvrière et du Nouveau parti anticapitaliste dans les médias.

À regarder ce paysage sinistré — non pas au sens qu’il pencherait vers la gauche, la sinistra, bien au contraire — on craint ce qu’il pourra en sortir. Et pourtant, il ne s’agit pas de renoncer.

Tout d’abord parce que nombreux sont celles et ceux qui se sentent trompés, trahis et floués. Immense est la déception pour nombre de celles et ceux qui avaient placé quelque espoir dans l’élection de François Hollande contre Nicolas Sarkozy. Le printemps social a montré qu’il existe dans notre pays une majorité contre la Loi travail et pour un code du travail du XXIe siècle. Cette majorité est invisible dans ce découpage politique. Sans nier les contradictions qui traversent notre peuple, ce printemps social, à l’image d’autres mobilisations, et comme on peut le voir sur d’autres sujets comme celui du droit de vote des étrangers, montre qu’il peut exister des dynamiques populaires sur des idées de progrès.

Ensuite parce que les illusions que les citoyennes et citoyens pourraient nourrir à l’endroit des individus providentiels susceptibles, à l’occasion d’une élection présidentielle, de suffire à redresser tous les torts, ont été largement affaiblies par les expériences répétées. Si le renoncement à la politique peut croître à l’aune de cet abaissement de la fonction présidentielle, il y a aussi de la place pour faire vivre une démarche politique plus exigeante et plus porteuse qui ne se limite pas à abdiquer son pouvoir de citoyen pendant cinq ans au profit d’un seul ou d’une seule.

* *

*

Quels sont, pour nous les enjeux des échéances à venir ?

Refusant d’en reprendre pour cinq ans de libéralisme, d’austérité et d’autoritarisme, ou pire, nous voulons réenclencher la marche avant, celle du progrès social, démocratique, écologique. Nous voulons donc, pour cela, contribuer à faire émerger une majorité pour une politique de gauche, qui ne saurait emprunter aux orientations du quinquennat qui s’achève. Or, cette majorité ne pourra pas se construire uniquement sur la matrice de l’élection présidentielle : nous voulons commencer à renverser l’ordre présidentiel qui n’en finit pas de dégrader la démocratie et la République, ce qui commence par une revalorisation des législatives et du pouvoir parlementaire. Il faut envisager toute la séquence, et y imaginer des victoires, en ayant à l’esprit que la question de l’avenir de la gauche, de l’existence d’un courant politique de transformation sociale et d’émancipation humaine est posée, comme on le voit également ailleurs en Europe et dans le monde.

Pour le Parti communiste français, l’enjeu est double : être utile à notre peuple en jouant le rôle qui lui a été assigné d’unir et de rassembler celles et ceux qui ont intérêt et portent intérêt au changement ; avoir les moyens de peser aujourd’hui et demain dans les batailles politiques qui s’annoncent et qui se poursuivront au-delà de 2017.

Il faut bien reconnaître que la Présidentielle confirme de jour en jour être un piège pour notre peuple, pour la démocratie, et, bien sûr, pour nous-mêmes. Et, dans les esprits, cette question finit par se résumer souvent au choix d’un candidat, et il faudra bien en passer par là au bout du compte, car nous ne saurions passer notre tour, mais cela n’aurait que peu de sens sans une stratégie plus large, intégrant pleinement les législatives, les sénatoriales et l’ensemble des batailles à venir.

Trois options, principalement, sont devant nous, que je vais évoquer successivement au conditionnel, de façon ouverte, en guise de premier examen.

D’abord, réussir ce que nous avons entrepris lors de notre congrès : rassembler des forces aujourd’hui dispersées en construisant une candidature commune et partagée capable de créer une dynamique nouvelle. C’est un pari difficile. C’est un pari indispensable. Cela suppose des initiatives politiques afin de créer les conditions de ce rassemblement, amplifiant ce que nous avons fait à l’occasion de la Fête de L’Humanité. cela correspond à une attente d’une part grandissante de la population qui ne veut pas rejouer le match de 2012. Car nous savons nous heurter à des difficultés objectives : le fait que l’essentiel des forces de la mouvance socialiste qui contestent l’orientation libérale n’aient pas franchi le pas et le risque de les voir renoncer en soutenant contre nature un candidat qui poursuivrait sur la pente gouvernementale actuelle que ce soit François Hollande, Manuel Valls, Emmanuel Macron ou même Jean-Christophe Cambadélis ; la démarche isolée d’EELV dont l’image est brouillée par les divisions et la participation gouvernementale ; la stratégie de clivage et la posture apparaissant autocentrée de Jean-Luc Mélenchon ; l’absence actuelle de candidature consensuelle apparaissant capable d’incarner ce large rassemblement à gauche ; le manque de débat politique sur les grands enjeux permettant de mettre en évidence les convergences possibles. Mais le premier tour de la présidentielle passera et cette exigence de rassemblement demeurera. La conscience du danger va grandir dans la campagne et nous ne sommes pas au bout des coups de théâtre possibles. C’est pourquoi, l’affirmation de cette volonté devra se poursuivre, quoiqu’il en soit et quels que soient les choix de candidatures que nous pourrons être amenés à effectuer dans les conditions politiques du calendrier. Nous pourrions décider, le 5 novembre, de nous donner encore du temps pour aboutir si des signes encourageants se manifestaient, mais ne prendrions-nous pas le risque d’être complètement absents de cette bataille ? Nous entrons dans un temps décisif et nous ne saurions être suspendus aux décisions des uns et des autres, dont certaines viendront à la fin janvier, pour nous engager dans cette bataille.

Ensuite, se présente l’option de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qui était notre candidat avec le Front de gauche en 2012. Il ne prétend pas être le candidat du rassemblement que nous souhaitons réaliser ; chacune, chacun a pu prendre connaissance de sa philosophie, en particulier dans le grand entretien qu’il a accordé à L’Humanité mardi dernier. À défaut, dans quelles conditions et pour quels objectifs politiques pourrions-nous soutenir cette candidature ? Si, au bout de nos efforts, elle apparaissait comme étant celle ayant la meilleure capacité de rassemblement, nous ne pourrions pas pour autant nous inscrire dans une démarche de ralliement et d’effacement — ce serait d’ailleurs vrai pour toute autre candidature. Il apparaît hors de propos de se fondre dans la nouvelle force politique que constitue, ou veut constituer, la France insoumise tant pour des raisons structurelles que pour des raisons de fond : cela ne correspond pas à notre démarche. Mais, renonçant à ajouter de la division à la division en présentant un candidat collant au plus près à ce que nous voulons porter dans le débat présidentiel, nous pourrions cependant décider d’un soutien que chacun est libre d’apporter à un candidat qui se présente, tout en conservant une souveraineté de parole et d’action dans la campagne, et en essayant de contribuer le mieux possible à faire réussir cette candidature. Nous nous emploierions également à élargir toujours plus le cercle du rassemblement tant pour la présidentielle que pour les législatives à suivre. Une telle option nous permettrait-elle de faire entendre la voix des communistes et de contribuer au grand débat de projet que nous appelons de nos vœux ? Nous permettra-t-elle d’envisager au mieux l’échéance des législatives, ou plutôt, comment pourrons-nous, dans ce contexte préparer au mieux ces échéances ? Comment traverserons-nous les contradictions qui pourraient apparaître ? Nous devrons apporter des réponses à ces questions.

Enfin, — c’est une lapalissade — constitués en Parti politique, si nous pouvons soutenir des candidats avec lesquels nous faisons route commune, nous sommes naturellement fondés à concourir aux élections en présentant directement des candidats si nous le jugeons nécessaire. Une telle candidature ne pourrait en aucun cas relever du registre de l’affirmation identitaire, compte tenu des orientations politiques que nous avons déterminées face à la situation. En effet, après avoir œuvré au rassemblement, nous ne devons pas apparaître comme portant une responsabilité dans la division et dans une éventuelle catastrophe politique issue des urnes. L’idée existe que nous devrions mettre nous aussi une candidature sur la table, quitte à la retirer si elle n’apparaissait pas en mesure d’être vraiment utile à notre combat dans cette échéance. La possibilité d’une candidature existe, puisque je l’évoque, mais désigner quelqu’un aujourd’hui, ou plutôt le 5 novembre, nous engagerait dans un processus de campagne et si nous devions le faire, il vaudrait mieux que ce soit pour aller au bout. Mais, dans le contexte que j’ai décrit et compte tenu de l’expérience passée, une telle candidature pourrait-elle se fixer un autre objectif que de témoigner ? Est-ce la meilleure manière de se mettre en dynamique pour les législatives et pour la période qui suivra ? Je pose à voix haute les questions qui viennent dans nos discussions, pour que nous essayions d’y apporter des réponses communes.

Voilà en somme, dans l’intensité des contradictions politiques du moment, les hypothèses qui sont devant nous, que nous devons instruire, sur lesquelles nous devons travailler pour nous placer le plus possible à l’offensive et faire valoir au mieux l’utilité de la force que nous représentons et qui compte dans ce pays. Si j’ai présenté les choses ainsi, après discussion du Comité exécutif national, c’est parce que les questions sont ouvertes et, contrairement à ce que prétendent quelques fantasmes qui traînent, il n’y a aucune décision cachée qui serait déjà prise. Le choix appartiendra aux communistes, suite à la Conférence nationale, conformément à nos décisions de congrès.

Il faut apprécier au mieux la situation. Et il faudra sans doute s’entendre sur cette question : y aura-t-il quelque chose à attendre de la présidentielle ? Sans renoncer à ouvrir des brèches, pour l’heure, nous pouvons nourrir les plus grandes craintes. Mais une chose est sûre, beaucoup de l’avenir, quoiqu’il en soit de la présidentielle, se jouera aux élections législatives. Nous devons sans attendre les préparer : de quel député avez-vous besoin ? De quel député de gauche avez-vous besoin ? Quelles propositions voulez-vous voir portées ? Les élections législatives doivent nous permettre de nourrir le débat politique général de 2017, et de favoriser au plus l’intervention populaire. À partir de la grande consultation et de ses résultats, nous pouvons d’ores et déjà engager des dynamiques. Et de possibles candidates et candidats peuvent y jouer un rôle moteur. Nous pourrions, courant janvier, organiser, devant l’Assemblée nationale, un rassemblement de candidates et candidats aux élections législatives pour dynamiser cette campagne, et pourquoi pas, tiens, le 21 janvier, le jour où Louis XVI perdu la tête, pour réitérer notre refus de la monarchie sous toutes ses formes, y compris présidentielle.

Dans les semaines qui viennent, nous devons donc, ensemble, instruire ce débat, en continuant nos efforts politiques pour élargir le champ des possibles. Beaucoup de communistes, sans doute une majorité, s’interrogent et notre discussion collective sera décisive pour avancer. Quel que soit notre choix, ce que nous devons protéger par-dessus tout, parce que c’est notre meilleur atout pour aujourd’hui, pour les échéances qui viennent, et pour demain, c’est notre unité, notre capacité à agir ensemble, la force de notre collectif.

Pour préparer la Conférence nationale du 5 novembre, nous pourrions désigner une délégation de notre Conseil national qui pourrait, à partir des résultats de la Grande consultation et des questions politiques qui nous sont posées pour les échéances de 2017 aller rencontrer les différentes forces avec lesquelles nous serions susceptibles de converger afin de pouvoir définir nos orientations avec la meilleure connaissance possible des tenants et des aboutissants. Mais dès la semaine prochaine, la discussion doit s’amplifier dans le Parti, sur la base de nos travaux, et nous pourrions proposer aux organisations du Parti de faire remonter des procès-verbaux de leurs discussions afin de nourrir la préparation de la Conférence nationale.

Faisons monter le débat, faisons grandir l’envie de politique et de république, l’envie de gauche et de révolutions, l’envie d’émancipation humaine, l’envie de commun, l’envie de changer les choses. Le printemps social que nous avons connu montre qu’il existe dans notre pays des forces considérables. Quelles autres initiatives que celles que j'ai évoquées pouvons-nous prendre ? La période les appelle foisonnantes et innovantes. Qu’aujourd’hui notre Conseil national en propose et que partout cet appel soit entendu.

* *

*

Chères et chers camarades,

Nous devons aborder ces débats comme la période qui vient avec humilité, audace et sérénité. Sans surestimer les possibilités de la période, nous devons avoir confiance en notre force collective. Notre parti a peut-être été la force politique la plus active sur le terrain durant ces derniers mois. Elle y a puisé une énergie renouvelée. Nous devons conforter cette dynamique et nous saisir de tous les enjeux qui animent le questionnement de notre peuple. Sans attendre, nous devons engager les batailles qu’exige la situation. Surmonter les failles, étonner la catastrophe. Comment faire ?

Vous me pardonnerez de conclure en forme d’hommage, en vous citant la profession de foi de notre camarade Michel Vaxès à l’occasion des élections législatives de 1997. Questions-réponses. « Ce que vous considérez comme essentiel ? La seule chose essentielle, c’est la vie des gens et le meilleur parti pris, c’est le parti pris des gens. Ce que vous promettez ? Aux promesses trop souvent non tenues, je préfère l’engagement au service des gens et la fidélité à mes convictions. L’engagement que j’ai définitivement pris, c’est celui de travailler inlassablement avec toutes celles et ceux qui le souhaitent à rechercher ensemble, dans le respect de nos approches, de nos histoires, de nos sensibilités différentes, les solutions les mieux à même de répondre aux légitimes exigences humaines d’une vie qui assure à chacun sa dignité. »

Pierre Dharéville

Pierre Dharéville

Conseil national des 24 et 25 septembre 2016

Relevé de décisions

Le Conseil national du PCF, réuni les 24 et 25 septembre 2016, tout en actualisant son
appréciation de la situation politique, a décidé d'impulser de grandes batailles nationales,
d'amplifier la grande consultation citoyenne, de prendre une initiative politique le 8 octobre et de
lancer la préparation de la Conférence nationale du 5 novembre.

Dans le cadre des objectifs décidés au 37e congrès, le Conseil national a décidé de :
- continuer à faire grandir des majorités populaires pour des changements de progrès à
gauche, en faisant reculer les idées de droite et d'extrême droite ;
- poursuivre nos efforts de rassemblement politique pour transformer ces majorités en
majorités politiques, nationale par une candidature commune à la présidentielle, et des
majorités locales par l'élection de député-e-s ;
- faire le choix pour l’élection présidentielle qui permette de faire avancer ces objectifs le
plus loin possible ;
- construire nos candidatures législatives avec cette même ambition, en obtenant le
meilleur score national pour ces candidatures et en faisant élire le plus grand nombre
possible de député-e-s communistes pour permettre la constitution d’un groupe à
l’Assemblée nationale ;
- préparer les sénatoriales dans le même esprit.

Le Conseil national s'engage, en lien avec les directions départementales, à organiser dans toute la France des compte-rendus des travaux du Conseil national en veillant à la participation du plus grand nombre de communistes et, d'ici le 5 novembre, à établir des synthèses des discussions et des avis exprimés dans les structures locales du Parti.
Notre discussion doit permettre à l'ensemble des communistes de définir les hypothèses sur
lesquelles la Conférence nationale puis les communistes eux-mêmes auront à se prononcer.
La qualité du débat, sa sincérité, sa transparence, dans le respect des différentes opinions
exprimées sera décisive.
La direction nationale appelle les communistes à prendre connaissance des travaux du Conseil
national et à approfondir l'analyse de la situation politique et les objectifs que nous nous sommes
fixés. Elle soumet trois débats aux communistes en vue de la conférence nationale du 5
novembre.

1- Comment construire le rassemblement que nous voulons dans cette situation ? Quelles
nouvelles initiatives
?
Le danger d'une victoire conjointe des forces de droite et d'extrême droite en 2017 est réel. Notre objectif est de construire une majorité populaire et de gauche, porteuse d'engagements en rupture avec les logiques libérales, capable de mettre en échec cette victoire.
Une candidature commune serait un atout considérable pour franchir la barrière du 1er tour et
permettre la mise en oeuvre d'une véritable politique de gauche pour la France. Quelles initiatives politiques pour construire des fronts larges, majoritaires, pour faire se lever les forces
progressistes et populaires contre les projets libéraux et pour des solutions de progrès ? Nous
avons d'ores et déjà engagé plusieurs batailles nationales. Nous voulons les amplifier pour qu'elles portent des solutions qui s'imposent dans le débat présidentiel :

- loi travail : prendre des initiatives militantes et parlementaires contre l’application de cette
loi, pour une alternative de sécurisation de l’emploi et de la formation et contre la
criminalisation de l'action syndicale ;
- faire grandir une grande bataille nationale pour un renouveau de notre politique
industrielle, notamment ferroviaire et énergétique, en lien avec les mobilisations à Alstom,
EDF,... Une délégation du PCF participera à la manifestation nationale des
« Alsthommes », le 27 septembre ;
- lutte contre la finance et pour une autre utilisation de l'argent : prendre appui sur le succès
du livre d'Alain et Éric Bocquet, sur le rapport parlementaire sur le CICE et sur nos
propositions pour un pôle public bancaire afin de porter nos solutions alternatives ;
- mener une bataille pour des solutions humaines d’accueil des migrant-e-s et des
réfugié-e-s ;
- prendre des initiatives pour construire un grand mouvement pacifiste après le succès de la
Marche pour la paix du 24 septembre ;
- poursuivre la bataille sur la situation des communes et des services publics dans les
territoires avec la préparation des Assises du 19 novembre avec Convergence des services
publics et des mobilisations locales comme celle du grand marché solidaire du 14 octobre,
à Grigny, pour protester contre la fermeture de l'unique grande surface commerciale de la
ville.

Comment créer une dynamique politique avec la grande consultation citoyenne que nous
avons lancée ?

La grande restitution nationale du 8 octobre, sous forme d'une émission télévisuelle diffusée en direct sur internet, sera un moment important autour du thème « Voilà ce que demande le
peuple / Voilà ce que nous proposons » avec l'ambition de réunir des milliers de personnes à
travers des écoutes collectives organisées dans tout le pays.
Quelles suites donner nationalement et dans les territoires à cette restitution ? Organiser partout
des restitutions pour continuer d’amplifier le débat politique sur les aspirations populaires. Un
matériel national sera mis à disposition pour une diffusion massive dans le pays afin de
populariser cette restitution et notre démarche de rassemblement. Nous pourrions lancer un
appel au rassemblement à gauche sur la base des résultats et une pétition portant sur les axes
d'un projet pour la France fondé sur les propositions de notre parti et nourri par la consultation
citoyenne. Nous appelons aussi les communistes à participer aux initiatives telles que les
assemblées citoyennes du Front de gauche et de l'Appel des 100. Nous mettrons en place un site
internet collaboratif pour recueillir les contributions de nos concitoyens sur ce projet.

2- Quelles initiatives prendre pour les législatives ?
Lancer notre bataille des élections législatives sur cette ligne de contenus en construisant
localement les rassemblement les plus larges. D'ici la Conférence nationale, le Conseil national
appelle les communistes à engager le débat citoyen sur la question « de quel-le député-e de
gauche avez-vous besoin dans votre circonscription ? » et à désigner les candidat-e-s.
Nous pourrions construire une initiative nationale en janvier devant l'Assemblée nationale, avec la participation des candidat-e-s présenté-e-s ou soutenu-e-s par le PCF.

3- Quel choix de candidature à l'élection présidentielle ?
Décidés à poursuivre les efforts de rassemblement jusqu'au bout, le Conseil national, comme les communistes, identifient dans le débat, à cette étape, 3 hypothèses. La question qui nous est posée est la suivante : dans quelles conditions chacune des ces hypothèses permet-elle
d'atteindre nos objectifs politiques ? Les différentes hypothèses doivent être examinées avec
l'ensemble des éléments objectifs, les inconvénients et les avantages à court et à long terme.

• Prendre de nouvelles initiatives de rassemblement sans faire de choix de candidat au 5
novembr
e.
• Un appel à voter Jean-Luc Mélenchon, en affirmant l'autonomie du PCF, sa démarche de
rassemblemen
t.
• Engager une candidature issue du PCF, porteuse de ses idées et de sa démarche de
rassemblemen
t.


La Conférence nationale aura à formuler les options définitivement soumises aux communistes.

Elle-même se prononcera puis soumettra des propositions aux communistes dans une
consultation dont elle fixera la date.

Une commission nationale chargée de l'animation et du suivi des débats préparatoires à la
Conférence nationale est mise en place. Elle aura comme objectif de collecter, en lien avec la Vie du Parti, et de synthétiser les avis afin de formuler une proposition de résolution à soumettre à la Conférence nationale et de recueillir les propositions de candidat-e-s dans le cadre de l'option d'une candidature issue du PCF.

Déclaration adoptée avec 72 votes favorables, 1 contre, 7 abstentions

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 19:03

Le secrétaire général du Parti communiste était l'invité ce mardi matin de Territoires d'Infos, la matinale de Public Sénat et Sud Radio, présentée par Cyril Viguier, avec la presse quotidienne régionale : Olivier Alleman (Campanes TV), Hubert Coudurier (Le Télégramme) et Denis Carreaux.

Décision le 5 novembre

Pierre Laurent a évoqué la nécessité d'une "convergence des forces de gauche" pour éviter un scénario "catastrophique pour notre pays". La décision du Parti communiste de présenter ou non un candidat à l'élection présidentielle sera prise le 5 novembre.

Sur le plateau de Territoires d'Infos, le secrétaire général du PC a plaidé pour une candidature d'union. "Si nous n'allons pas vers la convergence et le rassemblement des forces de gauche qui veulent tourner la page de l'échec du quinquennat de François Hollande, nous risquons d'aller à une catastrophe politique", a-t-il confié.

Pierre Laurent, qui ne veut pas "d'une Assemblée nationale qui ressemble au conseil régional de PACA, où des millions de gens de gauche n'ont aucun représentant".

Interrogé sur l'accueil des migrants, il a jugé "dramatiques" les propos de Laurent Wauquiez.

"Quand j'entends [ses] déclarations, j'ai honte", a lancé le sénateur de Paris, appelant à ce que "la France soit digne de ses traditions d'accueil".

Réagissant à l'annonce d'une nouvelle hausse des tarifs des péages, Pierre Laurent a évoqué "un scandale pur et simple". "Nous avons déposé une proposition de loi qui vise à la renationalisation des autoroutes", a-t-il précisé.

"Si on laisse faire les choses, à la fin des concessions privées accordées par Nicolas Sarkozy, les actionnaires auront empoché 32 milliards d'euros de dividendes. C'est un scandale pur et simple et il faut y mettre fin." (Pierre Laurent)

presidentielle 2017: Pierre Laurent: "Sans rassemblement, nous risquons une catastrophe politique" (Le Télégramme)
Partager cet article
Repost0
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 18:43
samedi 24 septembre: Solidarité avec l'Irlande: invitation à la soirée irlandaise du PCF à Colonel Fabien avec le Sinn Fein: 30 ans après la grève de la faim de Bobby Sands, quelles perspectives pour une réunification de l'Irlande?
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011