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27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 06:29

 

Le sénateur communiste du Nord, Éric Bocquet, s’en dit convaincu : « Nous [la France] ne sommes pas condamnés à la dette "à perpète"... ». C’est ainsi qu’il conclut le livre justement intitulé La dette à perpète ?* qu’il a écrit cet été et publié en novembre.

Après deux ouvrages consacrés à l’évasion fiscale, Éric Bocquet poursuit donc son œuvre pédagogique pour, cette fois, décortiquer le fonctionnement de la dette publique, pour la démystifier, pour, dit-il, « engager une véritable réflexion sur un mode alternatif de financement de l’État et de la société. »

Il le fait sur un peu plus de 90 pages très accessibles et divisées en une trentaine de chapitres qui sont autant de questions et d’explications sur le fonctionnement de cette dette dont l’essayiste Alain Minc prétend au contraire qu’elle devrait être à perpétuité. En cela le travail du sénateur est une pépite.

La démonstration commence fort avec un rappel des propos du président Macron qui, s’adressant à une infirmière le 5 avril 2018, lui affirmait : « Il n’y a pas d’argent magique. » Cette infirmière l’avait interpellé sur l’insuffisance des moyens alloués à l’hôpital public. Deux ans plus tard, la pandémie de Covid 19 change tout. « L’argent magique apparaît, l’État déverse des milliards pour financer les masques, les tests, les vaccins, mais aussi les entreprises (…) et les ménages (...) ». La suite est connue mais elle interpelle d’autant l’auteur pour qui : « Nous sommes nombreux à penser qu’il est temps d’engager un autre débat sur la dette publique en général », alors que celle-ci approche le seuil des 3 000 milliards d’euros.

Alors que les collectivités locales sont tenues de présenter chaque année un budget équilibré, le dernier budget à l’équilibre de la France remonte à 1974. Ce presque demi-siècle de dette publique n’empêche pas les discours officiels d’être anxiogènes et de culpabiliser les citoyens. C’est ainsi qu’on leur impose la réforme des retraites, celle du chômage, etc. L’adoption de la réforme des retraites avec l’article 49,3 visait à « donner un ‘’gage sérieux’’ aux marchés financiers qui investissent dans nos titres de dette publique », écrit Éric Bocquet.

Il est là, le « loup » : l’État est passé d’un système, le « Circuit du Trésor », consistant à financer les dépenses de l’État par des bons du Trésor à un système consistant à placer la dette de l’État sur les marchés financiers. Voilà la marque incontestable du néo libéralisme qui nous domine depuis plus de 40 ans.

Dès lors, l’État étant soumis aux marchés financiers, la spirale devient infernale. La France a beau faire tous les efforts possibles, elle est comme un hamster qui fait inlassablement tourner sa roue sans résultat. La politique se fait sur les marchés financiers et la feuille de route veut qu’il nous faut travailler plus longtemps et se priver davantage. Les marchés financiers ont tout intérêt à ce que cela dure. 

Pour Éric Bocquet, il faut refuser cette fatalité. « Il est temps, affirme-t-il, d’avancer vers les nouvelles sources de financement de l’État, des grands services publics, et des grands défis de notre temps. » Des moyens peuvent déjà être trouvés en s’attaquant aux niches fiscales et à l’évasion fiscale, en maîtrisant mieux les aides aux entreprises, en reconquérant la souveraineté de l’État.

Philippe Allienne

 

La dette à perpète ?

   Éric Bocquet, Le Temps des Cerises, 16 euros.

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23 décembre 2023 6 23 /12 /décembre /2023 09:42

 

n quelques années, le macronisme est passé de « pragmatique et moderne » à violent, autoritaire, antisocial et méprisant. Après s’être attaqué à la République sociale, il s’en est pris aux fondations de la République lors de la loi immigration, sous les applaudissements du RN.

Qu’est devenu le « projet » d’Emmanuel Macron qui visait, en 2017, la « modernisation de l’économie » et la « rénovation de la vie politique », tout en étant « ni de droite, ni de gauche » ? En six ans, le président a peu à peu montré son vrai visage : celui d’une violence économique et sociale au service des plus riches et celui d’une violence physique qui s’abat sur les manifestants.

Il a atteint, en cette fin d’année, une nouvelle limite, en faisant adopter la préférence nationale pour les aides sociales au Parlement. Soit exactement ce que propose l’extrême droite, alors même qu’Emmanuel Macron a été élu par deux fois pour lui faire barrage.

 

L’affaire Benalla, le fait du prince

L’affaire Benalla éclate durant l’été 2018 et secoue jusqu’au sommet de l’État. Le conseiller du président de la République avait été filmé, le 1er mai 2018, violentant des manifestants à Paris affublé d’un brassard de la police. Et l’Élysée, au courant, n’avait pas daigné le sanctionner. « L’essentiel, c’est de se demander pourquoi la pratique du pouvoir par le président de la République encourage ou permet l’impunité de personnes comme M. Benalla », relève, à l’époque, le communiste André Chassaigne.

Une facette du macronisme que les Français ne connaissaient pas encore apparaît au grand jour : celle d’un pouvoir violent, ayant recours à des officines parallèles aux administrations républicaines. Muet plusieurs jours, Emmanuel Macron finit par s’exprimer lors d’un discours indigne d’un président. « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher ! » lance-t-il, en attaquant les médias et le Parlement.

« Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité », ose-t-il déclarer, avant de tancer les députés souhaitant créer une commission d’enquête : « Certains voudraient faire sortir le pouvoir législatif de son lit. » Des propos gravissimes pour le garant de nos institutions.

Ce premier grand scandale reste emblématique du macronisme, selon le psychanalyste Roland Gori. « Macron a systématiquement doublé toutes les directions par des milices bureaucratiques privées », explique l’universitaire. C’est, selon lui, typique d’une « conduite du pouvoir sur un mode libéral-autoritaire ».

 

Les gilets jaunes, ou le rejet du peuple

Cette conduite du pouvoir, les gilets jaunes en font les frais quelques mois plus tard. Face à l’une des plus grandes révoltes sociales de ces dernières décennies, Emmanuel Macron répond par une répression féroce. Fin 2018, les gilets jaunes occupent des ronds-points partout dans le pays pour dénoncer un quotidien de moins en moins possible à vivre.

Emmanuel Macron leur répond par des charges de police qui font des milliers de blessés, des dizaines d’éborgnés, des mutilés et des milliers de condamnations pénales. Puis il lance un « grand débat » en y glissant des thématiques qui n’ont rien à voir avec les revendications initiales et qui, en bout de course, n’ont débouché sur rien de concret.

Un « déni et un rejet de la dignité des travailleurs, de la vulnérabilité du peuple et de son désir de fraternité », analyse Roland Gori. « Il semble complètement dénué d’empathie », ajoute l’universitaire. « Quand il dialogue, il n’écoute pas. Il rejette la parole de l’autre et essaie de coloniser son esprit à l’aide de sa propre rhétorique. » Et n’hésite pas à user de la matraque, notamment contre les grévistes et les écologistes.

 

L’affaire McKinsey, la République des affaires

Plus que toutes les droites avant elle, la Macronie incarne la collusion des intérêts publics et privés. Son entourage comporte de nombreux « pantoufleurs », et l’on ne sait plus si Macron sert l’État ou bien les entreprises privées ? Les affaires Alstom et Uber sont en cela particulièrement révélatrices.

Cette porosité entre État et monde des affaires a été mise au jour à un tout autre niveau par Éliane Assassi, rapporteure d’une commission d’enquête du Sénat sur les cabinets de conseil. Début 2022, l’élue communiste montre que, pour la seule année 2021, l’État a dépensé 2,5 milliards d’euros pour des consultants privés, notamment le cabinet McKinsey… soit une hausse de 329 % en six ans.

« Cela montre la défiance de la Macronie vis-à-vis de la gestion des politiques publiques par le public. Lorsqu’il a fallu étudier l’organisation logistique pour gérer la crise du Covid, l’exécutif a externalisé au nom de la croyance en laquelle donner au privé, c’est mieux. Et il l’a fait sur des tas d’autres sujets… » critique le député PCF Nicolas Sansu, qui bataille depuis des mois pour que l’Assemblée encadre les activités de conseil. Ce pourrait être le cas en janvier, mais les macronistes tentent d’amoindrir la portée du texte, déterminés à ne pas opérer de séparation entre l’État et l’argent.

 

Une réforme des retraites antidémocratique et antisociale

Lors de la réforme des retraites imposée en 2023, le macronisme se livre à un coup de force antisocial et antidémocratique inouï. Le recul de l’âge de départ à 64 ans suscite le rejet de l’immense majorité des Français. Mais, face à l’éventualité d’une défaite au Parlement, le président use d’articles réglementaires et constitutionnels pour réduire la durée des débats à deux semaines.

Puis il impose un vote bloqué au Sénat, pour finalement recourir au 49.3 et faire adopter sans vote une réforme fondamentale pour la vie de millions de travailleurs. Ces coups de force d’un président désormais poursuivi par des concerts de casseroles à chacun de ses déplacements illustrent son deuxième quinquennat. « Il est désormais condamné à jouer la tactique, à fonctionner au coup par coup », résume Roland Gori. Le dernier avatar étant sa loi sur l’immigration…

 

Une loi immigration qui abîme la République

Avec l’adoption de la loi immigration grâce au soutien du RN, l’ancienne « République en marche » s’attaque aux fondamentaux de notre République. Ce texte, qui met en place une préférence nationale, « est contraire à nos valeurs, contraire aux conventions internationales que nous avons signées », dénonce Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme (LDH).

La remise en cause du droit du sol crée une inégalité entre enfants nés sur notre territoire. « Cela faisait partie des fondements historiques du droit français », dénonce la militante. De même, la fin de l’universalité concernant les aides sociales concernant les immigrés est « contraire à la devise nationale, Liberté, égalité, fraternité ».

Cette loi, en plus de stigmatiser les étrangers, reprend sans vergogne le programme du RN. Et ce, alors même qu’Emmanuel Macron a été élu par deux fois pour faire barrage à l’extrême droite.

 

 
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23 décembre 2023 6 23 /12 /décembre /2023 07:13
Loi immigration: l'appel à la résistance de Sophie Binet - Ouest-France, 21  décembre 2023
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23 décembre 2023 6 23 /12 /décembre /2023 06:55
Loi immigration, le sort des étudiant·e·s étranger·e·s toujours sur la table - Léna Raud, secrétaire nationale de l'Union des Etudiants Communistes
Loi immigration, le sort des étudiant·e·s étranger·e·s toujours sur la table

Alors que la loi immigration a subi un revers à l’Assemblée nationale, la voici maintenant débattue en commission mixte paritaire composée majoritairement de parlementaires de droite.

Ce passage en commission mixte risque de considérablement droitiser le texte et renforcer les articles concernant les étudiant·es étranger·es. En effet, un ensemble de dispositions dans le texte pourrait considérablement précariser les étudiantes et étudiants étrangers.

Depuis la loi Bienvenue en France, la situation s’était déjà largement dégradée. Venir étudier en France est devenu un sacrifice financier et la loi immigration n’arrange rien.

En effet, cette loi vise entre autres à automatiser les droits d’inscription majorés pour les non-ressortissants de l’Union européenne, dans le but de contraindre les universités et écoles qui ne l’ont pas encore appliqué, malgré les pressions gouvernementales et les suppressions de budget.

En outre, le Sénat propose que la délivrance de la carte de séjour soit « subordonnée au dépôt d’une caution par l’étranger » primo-arrivant, caution qui lui serait remise en cas de retour à son pays d’origine à la fin des études ou de changement de statut. La loi stipule qu’au-delà des difficultés déjà existantes lors de la rénovation du titre, les étudiants devraient justifier le « caractère réel et sérieux des études ».

Enfin, le report de l’ouverture des droits aux prestations sociales non contributives à 5 ans de résidence stable et régulière, notamment pour les allocations familiales, logement et handicap, ainsi que les entraves à la rénovation d’un titre avec une même mention renforcent leur exclusion de l’ESR français.

Ces mesures sont en inadéquation totale avec l’ambition d’un ESR ouvert sur le monde. L’accueil d’étudiantes et d’étudiants étrangers constitue en réalité une chance pour notre système. Ils et elles participent au rayonnement de notre enseignement supérieur et permettent un enrichissement intellectuel sans égal.

L’ensemble de ces propositions sont inaudibles et sont des attaques au principe d’un ESR ouvert et accessible, donc gratuit, suivant le schéma classique de la casse du service public : l’offensive sur un public spécifique à des motifs divers représente une porte d’entrée pour faire régresser l’ensemble de droits sociaux.

Léna Raud


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23 décembre 2023 6 23 /12 /décembre /2023 06:26
Tribune
Loi immigration : un pacte faustien sur le dos des personnes immigrées

 

 
Cette tribune du Gisti a été publiée sur le site de l’Obs

Hasard funeste du calendrier, au lendemain de la Journée internationale des Migrants, censée « dissiper les préjugés et célébrer leurs contributions », le Sénat et l’Assemblée nationale ont adopté le texte le plus hostile aux étrangers depuis la Libération. Le même jour, les États membres de l’Union européenne adoptaient le pacte sur l’asile et l’immigration, finalisant la construction de l’Europe forteresse.

Comme le pacte européen, le projet de loi repose sur une dialectique délétère : alimenter les peurs en prétendant leur apporter un remède, quel que soit le coût de la politique qui, en s’engageant dans la voie du repli, ouvre celle de la xénophobie et du racisme en même temps qu’elle s’en imprègne.

La responsabilité première de ce naufrage est celle du président de la République qui, se prévalant, cette fois, de sondages d’opinion qu’il avait souverainement méprisés pour imposer sa réforme des retraites, a obstinément tenu à mettre ce énième projet de loi à l’agenda, sans rien ignorer du boulevard qu’il offrait à une droite débridée.

Elle est partagée par une Première ministre et un ministre de l’Intérieur qui, pour vendre un projet de loi prétendument équilibré, se sont livrés à des marchandages sordides, passant par pertes et profits la mesure qui se voulait emblématique de leur « humanité », la régularisation des travailleurs dans les métiers en tension. Sans grande portée dans le projet initial, il n’en reste quasiment rien une fois passée à la moulinette de la commission mixte paritaire : l’arbitraire des préfets continuera de régner comme il règne déjà pour l’application de la « circulaire Valls ».

Cette seule capitulation dit tout de l’absence de convictions d’une majorité parlementaire qui, seulement préoccupée de sauver la face de son président, a progressivement lâché sur tous les fronts, pour finir par rallier le Rassemblement national : principe de quotas, préférence nationale pour de nombreuses allocations, remise en cause du droit du sol, rétablissement du délit de séjour irrégulier et engagement de réformer l’AME ne sont que les manifestations les plus visibles de cette capitulation générale.

Et le cynisme est à son comble quand ce projet de loi conditionne le droit au séjour au respect de « principes de la République » que ces dispositions piétinent : de quel « modèle d’intégration » ce projet est-il porteur quand il soumet les personnes étrangères à des « principes » que les pouvoirs publics se dispensent eux-mêmes de respecter pour mieux leur infliger un contrôle permanent ?

Moins commentée, la référence omniprésente à la notion de menace pour l’ordre public – pour supprimer la garantie du droit de mener une vie privée et familiale prévue par l’article 8 de la Convention européenne des Droits de l’Homme – installe définitivement dans notre droit la figure de l’étranger délinquant que le ministre de l’Intérieur a agitée jusqu’à plus soif. Elle met parallèlement à la disposition des préfets une arme redoutable pour refuser ou retirer le droit au séjour comme pour éloigner « les indésirables ».

Mais nul n’ignore plus aujourd’hui que ce gouvernement est acquis aux thèses de ceux qui veulent se débarrasser des acquis des droits fondamentaux et des institutions qui les protègent : en se moquant d’une décision de la Cour européenne des Droits de l’Homme et en refusant d’exécuter celle du Conseil d’État qui en tirait les conséquences, le tout, sans faire frémir qui que ce soit dans son propre camp, le ministre de l’intérieur a déjà fixé le cap d’une déconstruction de l’État de droit dont les personnes étrangères sont les premières cibles.

Quels seront finalement les effets de ce texte ? Il n’inversera pas le mouvement inéluctable des migrations : des couples franco-étrangers se marieront, des étranger⋅es feront venir leur famille au prix de difficultés toujours plus considérables, des persécuté⋅es viendront chercher asile au péril de leur vie, des OQTF illégales ou inexécutables resteront distribuées en masse, des sans-papiers continueront d’être exploités dans les cuisines des restaurants ou sur les chantiers, des étudiant⋅es viendront dans les universités, des mineur⋅es isolé⋅es seront à la recherche d’une protection et d’un meilleur avenir, etc. Ce qui changera, en revanche, c’est le degré d’humiliation, de répression et de souffrances, encore plus fort, que ces personnes devront acquitter pour vivre sur le sol français.

« On veut ceux qui bossent, on veut pas ceux qui rapinent » disait le ministre de l’Intérieur, pour justifier toutes les dispositions de son projet portant les coups les plus durs à l’immigration familiale et étudiante. Il apportait ainsi la preuve que le seul appel d’air est celui du racisme, celui que l’exécutif a délibérément choisi d’alimenter tout au long de cette désastreuse séquence.

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22 décembre 2023 5 22 /12 /décembre /2023 09:18

 

 

 

Avec cette CMP sur la loi immigration, vous n’avez pas fait que diviser votre majorité et le Parlement. Vous avez une nouvelle fois fracturé notre République en instrumentalisant les colères populaires nées des multiples crises que nous traversons, en désignant les étrangers comme des boucs émissaires.

Alors que des millions de nos concitoyens ont voté Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle, pensant faire barrage aux idées de l’extrême droite, ils découvrent ce matin le tapis rouge que vous leur avez déroulé avec cette loi de stigmatisation et de paupérisation de tous les étrangers.

Durcissement du regroupement familial, du droit du sol, des conditions d’accueil des étudiants, installation de quotas, rétablissement du délit de séjour irrégulier.

Cette CMP, directement pilotée par l’Elysée, au mépris de la séparation des pouvoirs, est en fait un nouvel accord de gouvernement entre vous et la majorité de droite radicalisée sur un programme le Peniste des années 80. Ne vous offusquez pas chers collègues car l’instauration de la préférence nationale pour les prestations sociales c’est bien Jean-Marie Le Pen.

J’alerte nos compatriotes qui pensent que leur situation personnelle peut s’améliorer avec la préférence nationale, qu’ils se souviennent bien que le recul des droits des étrangers précède toujours le recul des droits pour toutes et tous.

Cette loi est une souillure pour notre pays qui ne sera jamais une nation ethnique, elle reste une nation politique basée sur les valeurs liberté, égalité, fraternité avec une longue tradition d’accueil qui s’est construite aussi avec les vagues d’immigration, ne vous en déplaise.

Madame la Première Ministre, renoncez à promulguer cette loi et n’inscrivez pas à l’ordre du jour la suppression de l’aide médicale d’État le même trimestre où notre pays va faire entrer au Panthéon Missak et Mélinée Manouchian

 

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21 décembre 2023 4 21 /12 /décembre /2023 13:15

 

Question au gouvernement d’André Chassaigne
à Madame Elisabeth BORNE, Première Ministre
Mardi 19 décembre 2023

Madame la Présidente,
Mes chers collègues,
Madame la Première ministre,

Après le rejet inédit du projet de loi sur l’immigration, vous êtes sur le point de commettre l’irréparable.

Depuis plusieurs jours, les pires tractations politiciennes ont lieu dans le huis-clos de Matignon et de l’Elysée au mépris de la séparation des pouvoirs. Vous instrumentalisez la CMP pour contourner le Parlement et conclure, coûte que coûte, avec la droite LR alignée sur les positions du Rassemblement national.

Madame la Première Ministre, mesurez bien votre responsabilité historique. L’élection du Président Macron devait nous prémunir des pires avanies du programme de l’extrême-droite… Aujourd’hui, de bouclier, vous en devenez le marchepied.

Comment pouvez-vous ainsi céder sur nos valeurs, sur des questions aussi essentielles que l’aide médicale d’Etat, le droit du sol, le droit aux prestations sociales, la déchéance de la nationalité ?

Mes chers collègues de la majorité, la seule position juste c’est de tenir bon sur le respect des droits fondamentaux et refuser toutes dispositions discriminatoires.

Mes chers collègues, ne succombez pas aux fantasmes véhiculés par l’extrême droite qui se délecte aujourd’hui de remporter une victoire idéologique majeure.

Mes chers collègues, je vous le dis solennellement, vous allez écrire ce soir une page de notre histoire. L’histoire d’un pays qui, en ce 19 décembre, aurait renoncé à ses valeurs humanistes.

Madame la Première Ministre, mes chers collègues, il est encore temps de vous ressaisir. N’ajoutez pas le déshonneur à la compromission. Ne laissez pas ce texte de la honte fracturer de manière durable notre République et renier les valeurs humanistes de notre pays.

 

 

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21 décembre 2023 4 21 /12 /décembre /2023 06:31
Appel unitaire pour un renoncement à la loi immigration signé par 26 associations, syndicats, partis politiques ce 20 décembre 2023
Monsieur le Président : renoncez !

Monsieur le Président,

Ce soir, à l’occasion de votre intervention télévisuelle, nous vous demandons solennellement de prendre la seule décision qui vaille : vous devez renoncer à une loi qui porte une atteinte fondamentale aux valeurs de notre République et qui, au-delà de fracturer votre propre majorité, va fracturer notre pays.

Vous avez été élu et réélu face à l’extrême droite. Vous vous étiez même posé en ultime barrage contre les idées du Rassemblement National. C’est la raison pour laquelle de très nombreux Français ont voté pour vous, non par adhésion à votre politique, mais pour éviter le pire.

Mais hier soir, une digue a lâché. Loin de régler quoi que soit aux désordres du monde, à l’exil face aux guerres et au changement climatique, à la crise de l’accueil et ses conséquences, la loi sur l’immigration adoptée hier, la plus régressive depuis des décennies, consacre la préférence nationale, remet en cause le droit du sol et les droits fondamentaux affirmés dans le préambule même de notre constitution, issu du Conseil national de la résistance. Le texte voté est un désastre moral, une trahison de notre Histoire, de ce qu’est notre pays et l’esprit des Lumières, et une reddition devant l’extrême droite qui peut légitimement évoquer une victoire idéologique.

Nous, forces politiques, syndicales, associatives, ne nous résignons pas. Nous sommes là pour résister à l’arbitraire et à l’inhumain. Nous appelons l’ensemble des organisations de la société civile, toutes les forces progressistes et républicaines à agir face à cette attaque majeure contre notre République et sa Constitution, et à construire ensemble des initiatives dans les jours et les semaines qui viennent.

Monsieur le Président : renoncez !
Associations et syndicats

ATTAC
Anafé
ANVITA
Confédération paysanne
Confédération Générale du Travail
CRID
Droit Au Logement
Droits d’Urgence
EMMAUS France
Fédération Syndicale Unitaire
Jeune Garde
MRAP
Les Amis de la Terre
Ligue des Droits de l’Homme
Solidaires
SOS Racisme
Thot
Union étudiante
Union nationale des étudiants de France
Union syndicale Lycéenne

Partis politiques

Les Écologistes - EELV
L’Engagement
La France Insoumise
Les Jeunes Insoumis
Les Jeunes Écologistes
Les Jeunes Génération·S
Les Jeunes Socialistes
Les Radicaux De Gauche
Gauche Démocratique et Sociale
Gauche EcoSocialiste
Génération·S
Gauche Républicaine et Socialiste
Mouvement des Jeunes Communistes de France
Mouvement Républicain et Citoyen
Nouvelle Donne
Nouvelle Gauche Socialiste
Parti Communiste Français
Parti de Gauche
Parti Radical de Gauche
Parti Socialiste
Picardie Debout
Place Publique
REV
Union des Étudiants Communistes

Appel unitaire pour un renoncement à la loi immigration signé par 26 associations, syndicats, partis politiques ce 20 décembre 2023
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20 décembre 2023 3 20 /12 /décembre /2023 09:07
Communiqué du PCF Finistère: Le PCF Finistère dénonce le vote d’une loi immigration qui met en acte les principes défendus par l’extrême-droite depuis des années.

Brest, le 20 décembre,

Le PCF Finistère dénonce le vote d’une loi immigration qui met en acte les principes défendus par l’extrême-droite depuis des années.

Hier, l'Assemblée Nationale a voté une loi honteuse suite à la commission mixte paritaire qui a donné lieu à des tractations scabreuses entre le gouvernement, la droite et l’extrême-droite.

Les militants du PCF Finistère ont été présents dans les mobilisations dans le Finistère contre cette loi qui va très loin dans la remise en cause des principes républicains et des droits de l'homme et de l'enfant. Aujourd’hui, nous dénonçons les votes en faveur de cette loi des députés finistériens Graziella Melchior, Annaig Le Meur, Didier Le Gac, Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy. Un vote à l’opposé des valeurs humanistes et de solidarité qui caractérisent le Finistère et qui va considérablement durcir les conditions de vie des étrangers en France, déjà difficiles.

 

Cette loi immigration installe une logique de soupçon et de harcèlement vis-à-vis des étrangers. Elle a été présentée, ce qui est en soi un motif de confusionnisme raciste, comme un moyen de lutter contre la délinquance, le terrorisme, l'islamisme, et Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur s'est particulièrement illustré dans la reprise des thématiques favorites de l'extrême-droite, à l'opposé de l'héritage républicain d'une France terre d'accueil. Là où l'extrême droite arrive au pouvoir par les urnes, elle y accède d'abord par les renoncements, les abandons, les compromissions de ceux qui sont au pouvoir avant elle. Le droit du sol et l'hospitalité sont depuis des siècles aux fondements de notre nation. Toutes les lignes rouges ont été franchies.

En effet, la version de la loi "immigration" adoptée mardi 19 décembre à l'Assemblée Nationale par 349 voix contre 186 suite à la commission mixte paritaire rétablit le délit de séjour irrégulier, le conditionnement de l'accès aux prestations familiales, et aux aides au logement, la remise en cause de l'automaticité du droit du sol et la possibilité de placer en rétention les demandeurs d'asile. Composée d'une centaine d'articles, la loi reprend l'essentiel de la version du texte adoptée au Sénat en novembre, durci sous la pression de la droite et du centre par rapport à sa version proposée par le gouvernement, qui prévoyait déjà de supprimer les restrictions par rapport à l'expulsion dont bénéficient certains étrangers, ceux arrivés avant l'âge de 13 ans en France, et l'accélération des délais de traitement des demandes d'asile. La droite a resserré les conditions d'obtention du titre de séjour étudiant à travers le dépôt d'une caution et la majoration des frais d'inscription, laissant entendre que les étudiants étrangers ne sont pas les bienvenus dans l'enseignement supérieur français, une hérésie du point de vue culturel et du rayonnement intellectuel et économique de la France. Le concept de préférence nationale, que le Rassemblement national, suite au FN, défend depuis toujours, teinte plusieurs articles de cette loi. Ainsi, des étrangers en situation régulière qui ne travaillent pas devront prouver qu'ils résident en France depuis 5 ans, sauf à justifier d'au moins 30 mois d'activité professionnelle, avant de pouvoir bénéficier de prestations familiales et d'aides personnalisées au logement (APL). La suppression de l'aide médicale d'Etat (AME) a disparu du projet, mais l'exécutif s'est engagé à la réformer dès 2024. Marine Le Pen a clamé "la victoire idéologique de son parti", le RN! Quelle erreur et faute morale de la majorité présidentielle !

Il y aura fort à faire pour s'employer à inverser cette dérive politique extrêmement grave.

Communiqué du PCF Finistère: Le PCF Finistère dénonce le vote d’une loi immigration qui met en acte les principes défendus par l’extrême-droite depuis des années.
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20 décembre 2023 3 20 /12 /décembre /2023 07:43
Une loi contre l'immigration xénophobe et discriminatoire votée à l'Assemblée Nationale

La loi immigration qui vient d'être votée à l'Assemblée nationale installe une logique de soupçon et de harcèlement vis-à-vis des étrangers. Elle a été présentée, ce qui est en soi un motif de mobilisation raciste, comme un moyen de lutter contre la délinquance, le terrorisme, l'islamisme, et là, Darmanin s'est particulièrement illustré dans la reprise des thématiques favorites de l'extrême-droite, à l'opposé de l'héritage républicain d'une France terre d'accueil et d'inclusion. 

La députée PCF Elsa Faucillon l'a exprimé à l'Assemblée pour le groupe communiste GDR avant le vote du texte:  "Là où l'extrême droite arrive au pouvoir par les urnes, elle y accède d'abord par les renoncements, les abandons, les compromissions de ceux qui sont au pouvoir avant elle. Rendez-vous compte collègues, que les mesures de ce projet de loi ne sont même pas mises en œuvre par le gouvernement de Giorgia Meloni. Rejetez ce texte de la honte ! (...) "Vous instillez le venin du désordre et de la haine. La France, ce n'est pas ça ! Le droit du sol et l'hospitalité sont depuis des siècles aux fondements de notre nation. Toutes les lignes rouges ont été franchies, quelle déchéance de tendre ainsi un plateau d'argent à l'extrême droite. L'histoire nous regarde. Cessez cette folie !""

André Chassaigne, le président du groupe communiste CGR à l'Assemblée s'est lui exclamé: "L’élection du Président Macron devait nous prémunir des pires avanies du programme de l’extrême-droite… Aujourd’hui, de bouclier, vous en devenez le marchepied. Mes chers collègues, je vous le dis solennellement, vous allez écrire ce soir une page de notre histoire. L’histoire d’un pays qui, en ce 19 décembre, aurait renoncé à ses valeurs humanistes pour remporter un vote."

« Les macronistes n’ont plus aucun principe, plus aucune conviction. Ils sont en train de donner une victoire idéologique à l’extrême droite comme jamais. Leur texte ressemble à un tract du Front national des années 1980. Ils excluent des prestations sociales des personnes qui ont pour seul tort d’être des étrangers en situation régulière. C’est une folie ! », a dénoncé le porte-parole du PCF et sénateur communiste de Paris Ian Brossat. 

« La dérive est complète, comme en Italie », où les fascistes sont au pouvoir, a commenté Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

En effet, la version de la loi "immigration" adoptée mardi 19 décembre à l'Assemblée Nationale par 349 voix contre 186 suite à la commission mixte paritaire rétablit le délit de séjour irrégulier (supprimé par la majorité de gauche en 2012, il est désormais passible d'une amende de 3 750 euros), voulu par LR avec l'assentiment de Macron, le conditionnement de l'accès aux prestations familiales, et aux aides au logement, la remise en cause de l'automaticité du droit du sol et la possibilité de placer en rétention les demandeurs d'asile. 

Ainsi, la droite, une grande partie des parlementaires macronistes, et l'extrême-droite ont repris une grande partie des marqueurs historiques de l'extrême-droite, teintées de xénophobie, de racisme et de discrimination, en matière d'immigration. Composée d'une centaine d'articles, la loi reprend l'essentiel de la version du texte adoptée au Sénat en novembre, durci sous la pression de la droite et du centre par rapport à sa version proposée par le gouvernement, qui prévoyait déjà de supprimer les restrictions par rapport à l'expulsion dont bénéficient certains étrangers, ceux arrivés avant l'âge de 13 ans en France, et l'accélération des délais de traitement des demandes d'asile. La droite a resserré les conditions d'obtention du titre de séjour étudiant à travers le dépôt d'une caution et la majoration des frais d'inscription, laissant entendre que les étudiants étrangers ne sont pas les bienvenus dans l'enseignement supérieur français, une hérésie du point de vue culturel et du rayonnement intellectuel et économique de la France. Le président de France Universités, Guillaume Gellé, cité par le journal Le Monde ce 20 décembre, dit:  "Cela va à l'encontre des intérêts de nos établissements - où plus de 40% des doctorants sont étrangers - et de la diplomatie scientifique, culturelle et d'influence de notre pays". Un texte imbécile en plus d'être xénophobe donc!

Le concept de préférence nationale, que le Rassemblement national, suite au FN, défend depuis toujours, teinte des articles de cette loi. Des étrangers en situation régulière qui ne travaillent pas devront prouver qu'ils résident en France depuis 5 ans, sauf à justifier d'au moins 30 mois d'activité professionnelle, avant de pouvoir bénéficier de prestations familiales et d'aides personnalisées au logement (APL). La suppression de l'aide médicale d'Etat (AME) a disparu du projet, mais l'exécutif s'est engagé à la réformer dès 2024. Marine Le Pen a clamé "la victoire idéologique de son parti", le RN!

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