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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 07:45

Deuxième feu vert de l'Assemblée au projet de budget de la Sécu: "le budget le plus austéritaire depuis 1997." - Pierre Dharréville

AFP | jeudi 30 novembre 2017

L'Assemblée nationale a voté, dans la nuit de mercredi à jeudi, le premier projet de budget de la Sécurité sociale du quinquennat en nouvelle lecture, après le rétablissement quasi total de sa version et des débats confirmant les désaccords à gauche et à droite.

Le texte porté par la ministre de la Santé Agnès Buzyn revient jeudi en nouvelle lecture au Sénat, à majorité de droite, avant un ultime passage la semaine prochaine devant l'Assemblée, qui a le dernier mot.

Comme en première lecture, LREM et MoDem ont voté, cette fois à main levée, pour ce projet de loi, LR contre, les trois groupes de gauche également. Les UDI-Agir-indépendants (anciens Constructifs) se sont partagés entre pour, contre et abstention.

La hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) a continué à concentrer des tirs croisés de droite et de gauche.

Défendu dans l'hémicycle également par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, le PLFSS prévoit aussi une baisse de l'allocation versée aux parents de jeunes enfants, critiquée sur plusieurs bancs, une hausse de la fiscalité du tabac, décriée surtout à droite, ou une extension du nombre de vaccins obligatoires, questionnée par les Insoumis.

La suppression de la généralisation du tiers payant a été encore critiquée par la gauche, socialistes en tête.

Assez consensuelle, une formule encore modifiée de la taxe soda, visant à mieux lutter contre l'obésité, a été votée dans l'hémicycle, avec un barème en fonction du taux de sucre revu en baisse, à l'initiative du rapporteur Olivier Véran (LREM).

Au prix d'économies dans le domaine de la santé, le déficit de la Sécu doit être réduit à 2,2 milliards d'euros l'année prochaine, niveau inédit depuis 17 ans.

Pour LREM, Thomas Mesnier a vanté des "avancées énormes", comme une "augmentation de pouvoir d'achat des Français en supprimant des cotisations sociales", la suppression du RSI "tant attendue", des "choix courageux de politique familiale" en faveur des "familles monoparentales" notamment.

Si elle a salué des "réformes sans précédent" (innovation, prévention, indépendants, etc) et "une trajectoire volontaire de réduction des déficits", Nathalie Elimas (MoDem) a exprimé certaines "déceptions" en particulier sur la "protection des retraités les plus modestes, la préservation du pouvoir d'achat des agriciulteurs ou la politique familiale".

Jean-Pierre Dord (LR) a regretté une "occasion manquée d'élargir le vote" au-delà de la majorité, invoquant "des articles particulièrement clivants" sur la CSG et la famille. Deux points également fâcheux pour les UDI-Agir-indépendants, malgré de "nombreuses mesures dans le bon sens".

Le socialiste Joël Aviragnet a déploré le rejet de tous les amendements pour contrer le "non recours aux droits" sociaux.

A gauche de la gauche, c'est une "remise en cause radicale de la philosophie de la Sécurité sociale" et la "poursuite de la compression des dépenses" qu'a déplorées Pierre Dharréville (PCF). Fustigeant le "Plfss le plus austéritaire depuis 1997", Adrien Quatennens (LFI) a notamment clamé que "la baisse des cotisations pour l'augmentation de la CSG ne constitue en rien un gain de pouvoir d'achat", les Français la paieront, selon lui, via notamment "le reste à charge, le virage ambulatoire"

Pierre Darhéville

Pierre Darhéville

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2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 20:04

Des responsables politiques français et du gouvernement israélien nous accusent, à mots plus
ou moins couverts, de soutien au terrorisme et d’antisémitisme pour tenter de disqualifier le combat que nous menons pour une paix juste et durable en Palestine. C’est ignoble.
Je veux redire quelques faits essentiels. D’abord sur la motivation profonde de notre combat, qui n’est autre que le respect des droits du peuple palestinien à vivre en paix, dans un État souverain aux côtés de l’État d’Israël. Ce que l’on nomme « conflit israélo-palestinien» n’est pas un conflit religieux, mais un conflit politique et colonial, dramatiquement aggravé par la politique de Benyamin Netanyahou. Ses efforts continus et celui de son gouvernement pour la
colonisation montrent qu’ils ont abandonné tout objectif et processus de paix. La colonisation des territoires, amplifiée depuis l’élection de Donald Trump, au mépris du droit international et de toutes les résolutions de l’ONU, est pour Netanyahou la principale arme de destruction massive de tout processus de paix visant la construction de deux États, Israël et la Palestine, vivant en paix. Ce qu’ils visent, à travers la négation des droits des Palestiniens et à travers leurs visées racistes et destructrices, est un État ségrégué, non plus laïc et démocratique, qui serait une grave impasse pour l’État d’Israël lui-même.
Ce conflit colonial s’enracine dans les décombres d’autres conflits coloniaux plus anciens, hérités des ruines de l’Empire ottoman dépecé par les puissances impérialistes britannique, française et étatsunienne, qui, depuis cent ans, veulent forger le Proche et Moyen-Orient, ses frontières intérieures, l’organisation sociale de ses peuples, à l’aune de leurs intérêts. Ces puissances impérialistes, et d’autres aujourd’hui, s’appuient sur des forces nationalistes ou obscurantistes, des puissances régionales émergentes, quitte à les renforcer contre les forces démocratiques. Le Liban, l’Irak, la Syrie… les peuples kurde et palestinien, plus loin l’Afghanistan, en sont les plus grands perdants, plongés dans des guerres dévastatrices, des années de terreur, de pillage des ressources et d’humiliations.
Notre engagement est donc d’abord celui pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, pour l’émergence d’une solution à deux États souverains, laïcs et démocratiques. Ce combat est d’abord un engagement pour le respect du droit international, des droits humains fondamentaux et pour l’égalité. Notre engagement, à nous communistes, ici en France, est un engagement pour la justice, le droit et la paix.
Ensuite, sur les ignobles accusations d’antisémitisme, je veux redire clairement que je les
ressens comme une insulte personnelle inacceptable, que nous les ressentons comme une insulte et une blessure indignes de l’histoire de notre parti. Les propos tenus qui nous taxent d’antisémites cherchent à discréditer quiconque s’oppose à la politique coloniale et discriminatoire de B. Netanyahou.
Pour nous, le PCF, l’existence d’Israël n’est évidemment pas en cause. Ce que nous mettons en
cause, c’est la non-reconnaissance de l’État palestinien. Pour nous, la lutte contre l’antisémitisme et la solidarité avec la lutte contre l’occupation coloniale des territoires palestiniens ne sont pas des combats contradictoires. Mais un même engagement pour les droits humains fondamentaux. 

Comme des générations de communistes qui nous ont précédés, nous sommes de ceux qui refusent de concéder tout terrain à la haine du judaïsme et des juifs dans notre pays. L’antisémitisme est un fléau, un délit, qui peut devenir, l’histoire l’a montré, le moteur d’un indicible crime contre l’humanité. Nous l’avons combattu hier pour libérer notre pays du
nazisme hitlérien, nous le combattons aujourd’hui et nous le combattrons demain avec la même
détermination.

Depuis des siècles, la haine des juifs fait des ravages dans notre pays. Mais cette haine trouve
face à elle une conception de la nation née en 1791 avec la reconnaissance de la citoyenneté française à tout individu né sur son sol indépendamment de sa religion. À différentes reprises dans notre histoire, de Napoléon à Pétain, ce droit fondamental a été bafoué. Nous devons rester mobilisés contre les résurgences de l’antisémitisme qui est au fond le même racisme que celui qui frappe nos concitoyens musulmans.

Au nom de la République laïque que nous défendons, nous combattrons sans relâche ceux qui
veulent faire du judaïsme ou de l’islam, l’un et l’autre, ou de toute autre religion, des soi-disant « corps étrangers ». Toute violence faite aux croyants, et faite à ceux d’entre nous qui sont juifs, ou à ceux d’entre nous qui sont musulmans, demeure pour nous un affront fait à tous.
Nous refusons toute banalisation de l’antisémitisme, de la haine de l’islam ou de toute croyance, de toute culture ou origine, comme nous refusons de hiérarchiser les racismes, xénophobies, atteintes à la dignité, les discriminations dont chacune et chacun d’entre nous peut être la cible.

Nous combattons cette conception monolithique infondée qui classe et hiérarchise les êtres humains, qui reste hermétique aux réalités sociales, aux processus historiques qui font que les cultures se reforment sans cesse au contact les unes des autres. Il y a quelque chose de morbide chez ceux qui croient que la culture n’est que tradition, alors qu’elle n’est qu’invention.
Nombreux dans nos rangs ont été, depuis la création du PCF, aux côtés de générations de militants qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas, comme disait Aragon, des militants de toutes croyances qui s’engagèrent pour que la France soit une communauté de femmes et d’hommes libres et égaux, pour la justice sociale et contre l’exploitation et les dominations. Pendant la Résistance, c’est d’abord dans nos rangs que, Français, immigrés juifs d’Europe centrale, républicains espagnols, immigrés d’Afrique du Nord et d’ailleurs, elles et ils
s’engagèrent pour libérer la France et réinstaurer une démocratie, notre République. L’antiracisme nous a construits, et a construit le meilleur pour la France. Nous sommes fidèles à cette histoire.
L’heure n’est pas à élever des murs qui se retourneront contre tous. Il y a quelques jours, 60000 militants d’extrême droite ont défilé bras tendus en Pologne contre l’islam, contre les migrants, tandis que des milliers meurent en Méditerranée, croupissent dans des camps en Hongrie, ou sont réduits en esclavage en Libye. Ces mêmes 60 000 néonazis défileront peut-être à nouveau demain, brandissant la haine des juifs comme leurs grands-pères le firent dans les années 1930 et 1940. Face à ces dangers, nous voulons plus que jamais unir contre le racisme et pour le respect des droits humains pour tous. Et aucune haine ne nous détournera de ce combat, en France, en Europe, en Israël et en Palestine, comme partout ailleurs dans le monde.
 

Par Pierre Laurent Secrétaire national du PCF
 

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 15:59

ET SI LE BON SENS PREVALAIT ?

Dans un hommage rendu à l’action de Jack Ralite lors du combat des intermittents du spectacle, le secrétaire de la « CGT spectacle » soulignait qu’il avait réussi à « faire travailler ensemble des gens qui avaient plus de choses à mettre en commun que de rester divisés » créant ainsi un rapport de forces qui se révéla efficace.

Et si, face à la gigantesque entreprise de démolition sociale entreprise par Macron, ce bon sens prévalait enfin ?

Cela ne vaudrait-il pas mieux que l’exacerbation des égos, la compétition pour le concours du meilleur opposant ou le développement de sa petite boutique ?

L’heure n’est plus à ces petits jeux politiciens que d’ailleurs les Français ont clairement rejetés lors des dernières élections.

Malheureusement il est à craindre que l’intérêt général et le bon sens ne priment pas spontanément.

C’est donc aux citoyens, à toutes celles et tous ceux qui veulent que se développe une véritable alternative, qu’il revient de peser auprès des instances où les décisions se prennent pour que se créent les conditions du vaste rassemblement nécessaire pour que d’autres choix et une autre politique soient possibles. De montrer aussi, par une large participation  à toutes les luttes et toutes les actions qui se développent déjà contre les effets des mesures prises par le gouvernement et des projets destructeurs en préparation, que cette union qui a tant de mal à émerger en haut se réalise plus facilement sur le terrain.

Alain  DAVID

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:44

ON FAIT PLUS D'ARGENT AVEC L'ARGENT SANS PASSER FORCÉMENT PAR L'EMPLOI, MAIS EN PRÉLEVANT SA DÎME SUR LES RICHESSES QU'IL CRÉE.

 

 

Ça ruisselle dur ! Mais de quel côté ? La théorie du ruissellement, chère à Emmanuel Macron et au Medef, affirme que, si l'on donne plus aux riches en réduisant massivement leurs impôts, en leur permettant d'accroître leurs prélèvements sur la richesse créée, ce pactole va au final « abreuver » le bon peuple et permettre d'améliorer la croissance et le niveau de vie des plus modestes. Qu'en est-il en vérité ? Qui donc parvient vraiment à boire à cette source coulant depuis les sommets jupitériens ?

Si, selon les classements annuels effectués par la revue Challenges, la fortune des 500 personnes les plus riches de France a été multipliée par sept depuis 1996, passant de 80 milliards d'euros à 571 milliards, si la fortune cumulée des 10 Français les plus riches a été multipliée par 12, le produit intérieur brut (PIB) français, lui, n'a augmenté que de 77 %, passant de 1 259 milliards d'euros en 1996 à 2 229 milliards en 2016. De son côté, le taux de chômage n'a guère diminué ­ il reste « scotché » autour de 10 % de la population active ­ et le taux de pauvreté s'est accru.

Un récent document de l'Insee indique que, en 2015, les 5 % des Français « les mieux dotés en patrimoine disposent à eux seuls de 33 % » du patrimoine total des ménages « et le 1 % en rassemble 16 % ». Les inégalités ne se réduisent pas vraiment, il faut croire qu'il y a de sacrées fuites dans les tuyaux du ruissellement.

Où part donc cet énorme pactole accumulé par les grandes fortunes et les grands groupes, s'il ne va pas à la création de richesses réelles, à l'emploi, au niveau de vie de la population ? Signe des temps, l'encours des placements des entreprises et des sociétés financières en produits dérivés, actifs hyperspéculatifs, l'un des facteurs déclenchant de la crise financière de 2008, est passé de 36,3 milliards d'euros en 1995 à 644,2 milliards en 2015, soit une hausse de 1 675 %.

En ce qui concerne les ménages, les droits sur les assurances-vie, qui étaient de 333,3 milliards d'euros en 1995, se sont élevés à 1 665,2 milliards en 2015, progressant de 400 %. Et la proportion de smicards ayant placé là leurs économies est des plus réduite !

Telle est la réalité : la forte hausse de la part des profits dans la richesse créée s'est accompagnée d'une financiarisation des conditions de leur réalisation et de leur utilisation : on fait plus d'argent avec l'argent sans passer forcément par l'emploi, mais en prélevant sa dîme sur les richesses qu'il crée.

Le président des riches est en vérité celui de la finance.

 

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:38

DESTRUCTION RAPIDE ET CATASTROPHIQUE DE L'ENVIRONNEMENT

Peut-on sauver la planète sans s'en prendre au mode de production capitaliste?

 

RAPPEL DES FAITS Signé par plus de 15 000 scientifiques de 184 pays, l'« avertissement à l'humanité » publié dans BioScience enjoint aux décideurs et politiques d'agir pour la planète.

METTRE LES EXPÉRIENCES DISPERSÉES EN RÉSEAU

 

Catherine Larrère Philosophe 

La réponse, à l'évidence, est non. Si la Terre est aujourd'hui dans un état de plus en plus lamentable, c'est dû à une surutilisation qui trouve son origine dans un mode de production fondé sur la grande industrie, l'exploitation du travail d'autrui, la propriété privée et la finance. La solution ne se trouve pas dans les façons de faire qui ont mené à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ceux qui prétendent que l'on peut faire confiance à l'innovation technologique et au marché pour s'adapter à la dynamique du réel ne pensent qu'à leurs profits à court terme, et ne se soucient nullement de la planète, pas plus que des humains et des non-humains qui y vivent et ont le droit de continuer à le faire dignement. Mais que faut-il changer ? La réponse est beaucoup plus difficile. On peut en effet penser que ce n'est pas seulement au capitalisme qu'il faut s'en prendre mais tout aussi bien au socialisme ­ ou à l'idée que l'on s'en fait. La crise que nous affrontons demande que nous modifiions radicalement nos rapports à la nature, et pas seulement les rapports sociaux de production : capitalisme et socialisme partagent une même foi non questionnée dans le progrès technique et dans un productivisme qui repose cependant sur un assujettissement de la nature et de la vie intrinsèquement capitaliste. Il s'agit bien de passer d'un système à un autre, mais si l'on ne parle pas de révolution, mais de transition écologique, c'est parce que celle-ci se fait non par rupture brutale avec le système existant, mais à l'intérieur de celui-ci. Il s'agit d'en réorienter l'économie, de rompre avec une vision court-termiste de l'économie, de repenser les notions d'investissement et de dette en y intégrant la préoccupation de la nature et la solidarité entre les générations.

Cela n'est pas facile à faire. Mais cela ne peut pas, non plus, suffire. Les conflits qui traversent la transition écologique ne se marquent pas tant par l'affrontement entre deux camps, deux projets de société antagoniques, que par l'oscillation entre un minimum (une transition faible, énergétique) sur lequel tout le monde ­ ou presque ­ s'accorde et un maximum, un changement radical des formes de vie, qui engage tous les secteurs de l'existence, et pas seulement l'articulation du technique et de l'économique, et qui transforme aussi bien les rapports sociaux (une société plus égalitaire, plus soucieuse de coopération que de compétition, attentive au commun, à ce qui réunit) que les rapports à la nature et à la façon de l'habiter. Pour engager le minimum, on a déjà besoin d'agir à tous les niveaux : conférences internationales, politiques publiques, mobilisation à l'échelle des territoires. Mais seules les initiatives citoyennes locales permettront de basculer vers le maximum ­ et ce maximum est nécessaire. Mouvements de lutte contre les inégalités environnementales, nouvelles formes d'économie solidaire, mise en place de circuits locaux liant production et consommation, façons de produire qui sont aussi des façons d'expérimenter d'autres modes de vie, comme la permaculture, mobilisations autour de la question animale ou de l'alimentation : la transition écologique s'engage dans un foisonnement d'expériences. Il est déjà possible de vivre autrement, et de façon plus écologique, à l'intérieur du capitalisme. Il faut aider ces expériences dispersées à se mettre en réseau et à subvertir le capitalisme.

L'ÉCOLOGIE EST AU COEUR DE LA LUTTE DES CLASSES

 

Luc Foulquier Ingénieur-chercheur en écotoxicologie, commission écologie du PCF  

 

L'appel de scientifiques sur la dégradation de l'état de la planète est un atout pour prendre conscience des responsabilités du système capitaliste. Face aux risques, il y a besoin de faire avancer l'idée de progrès, refuser la démagogie et l'obscurantisme. L'académicien Yves Bréchet montre que ceux qui connaissent un sujet ont du mal à se faire entendre. La liberté de chercher et la défense de la démarche scientifique sont au service de tous.

Le PCF relaie cet appel. Il a toujours été du côté de celles et ceux qui considèrent que la politique doit s'appuyer sur l'état des connaissances scientifiques (naturelles et sociales). Les textes d'Engels, de Marx ou de Lénine montrent que cette démarche remonte loin.

Sous l'impulsion de scientifiques, dont Jean-Pierre Kahane, le PCF avait édité la revue Avancées scientifiques et techniques dans les années 1970, et aujourd'hui la revue Progressistes. La démarche scientifique implique de comprendre et de se confronter au réel. Les scientifiques ne sont pas des apprentis sorciers.

Il faut agir sans ignorer ce qui est vrai et vérifié par l'expérience : le réchauffement climatique, lié à l'utilisation des énergies carbonées, est un fait avéré. Répondre aux besoins des êtres humains en protégeant l'environnement est une nécessité. L'équation énergies « renouvelables » + sobriété + économie d'énergie + arrêt du nucléaire civil n'est pas la solution pour le moyen terme. Voilà pourquoi Macron, Hulot et Merkel sont « coincés ». N'oublions pas que l'Union européenne est la 3e émettrice de CO2 !

En France, la situation est bien meilleure qu'en Allemagne, il ne faut pas, au nom d'intérêts économiques et d'options idéologiques, détruire cet avantage.

On ne peut parler de sciences sans voir les liens avec l'état des forces productives et les rapports sociaux.

Je ne pense pas que la démographie dans les pays en développement (voir le cas de la Chine) ou le comportement des individus soient les sources de la crise dans laquelle nous vivons. Il ne s'agit pas de « gérer les catastrophes ». « Le droit à l'environnement » ne résout pas la question des droits de l'homme. Les défenseurs du capitalisme savent cela. Mais leur moteur est le profit. Aménager l'existant, même avec de « bons sentiments », sans toucher à la structure de l'économie et du pouvoir ne nous sortira pas d'un système qui, comme le démontre Marx, ne peut qu'exploiter l'homme et la nature.

Macron multiplie les déclarations démagogiques. Où sont les mesures concrètes ? Il n'est qu'à voir le plan d'investissement 2018-2022 où l'écologie serait la priorité ! Dans la loi sur les hydrocarbures, il y a plus de « mais » que de « certitudes » ; on s'attaque aux HLM et aux normes environnementales au lieu de financer l'isolation thermique ; on supprime des lignes de chemin de fer, on ne développe pas le fret ferroviaire et on fait la pub pour les cars ; on promeut les voitures électriques, sans évoquer la production électrique, alors que des coupures techniques sont possibles. Le tissu industriel français de l'énergie, dont EDF, est cassé et privatisé.

Il y a autre chose à faire. Développons la recherche et les services publics. Le marché des quotas de carbone est une arnaque, « l'écofiscalité » veut faire payer à tous les dégâts du système, le Ceta libéralise les exportations de pétrole canadien, l'obsolescence programmée bloque le développement de l'économie circulaire, les pauvres sont les victimes principales des pollutions... Et Nicolas Hulot qui lançait des appels contre l'évasion fiscale et l'impunité des banques : quelle hypocrisie !

Comme le social, l'écologie est au coeur de la lutte des classes. C'est le capitalisme, l'apprenti sorcier, comme le démontrent les guerres pour la domination des ressources. Ce système organise les concurrences et utilise les peurs qu'il engendre pour pousser vers le populisme qui le sert. Les défis écologiques sont liés à la gestion des biens communs.

Les scientifiques nous aident à comprendre le monde, mais il revient aux citoyen.ne.s de le transformer.

REFOULER LA ZONE DE DOMINATION DU CAPITALISME

 

Jean Gadrey Économiste 

 

On ne voit pas comment la logique de la « valeur pour l'actionnaire », au cœur du capitalisme actuel, pourrait être compatible avec des politiques de préservation d'un environnement vivable, qui doivent être centrées sur la « valeur » (non économique) des biens communs naturels (dont le climat, la biodiversité, l'eau...) et sociaux, dont la protection sociale, l'égalité des sexes, la solidarité internationale, nationale et locale, etc. Cela dit, si l'on attend l'extinction du capitalisme pour agir, il est probable que les civilisations humaines se seront effondrées avant...

Le capitalisme s'est historiquement développé sur la base de la privatisation de biens naturels « communs » (en propriété commune), au centre comme dans la périphérie colonisée. Cette privatisation a conduit à une surexploitation des humains.

Les dirigeants politiques liés au capitalisme ont également privatisé la monnaie et le crédit, qui devraient être eux aussi des biens communs. Moyennant quoi la finance libéralisée a créé tous les outils d'une spéculation permanente sur tout, d'un endettement privé monstrueux, rendant impossibles les investissements de la transition. On ne s'en sortira pas sans confier les pouvoirs financiers à des pôles publics ou coopératifs.

En résumé, on peut rejoindre Edgar Morin à propos du capitalisme : « On ne va pas le remplacer par un coup de baguette magique mais on peut refouler sa zone de domination absolue. »

Le premier refoulement est la « définanciarisation » de l'économie et de la société, en liaison avec la mise à mal du pouvoir totalitaire des grands actionnaires sur l'économie. C'est la mesure la plus urgente, et c'est la plus crédible parce que des forces diverses y poussent déjà. Imaginons à quel point le contrôle socialisé du crédit et la fin des paradis fiscaux pourraient contribuer à réorienter l'investissement vers les urgences de la transition à long terme.

Il faudra d'autres mesures de refoulement, dont la fin des accords dits de libre-échange, qui sont en réalité des accords d'échange inégal et de domination impériale des grands intérêts privés.

On peut envisager à terme une économie plurielle incluant un segment capitaliste non dominant, régulé selon des normes sociales et écologiques, à côté d'autres piliers, publics, coopératif, associatif, indépendant et libéral, avec des tissus locaux de PME, d'artisans, de paysans associés, le tout financé en fonction du long terme et de l'intérêt général par des banques socialisées.

« Il sera bientôt trop tard », écrivent 15 000 scientifiques qui ne sont pas des catastrophistes mais des observateurs d'une trajectoire qui peut nous conduire au désastre. Il faut donc lancer vite la transition écologique et sociale, dans le système tel qu'il est, et c'est en chemin que l'on verra comment faire avec, ou comment défaire, le capitalisme. D'ici là, des gens très différents auront des occasions de coopérer pour « refouler la zone de domination absolue du capitalisme » sur la société, la nature et la finance, en créant ensemble des espaces démocratiques de gestion collective des biens communs vitaux.

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:36

La COP23 se tient à Bonn en Allemagne du 6 au 17 novembre. Elle se déroule sous la présidence des îles Fidji, qui n'ont pas les moyens d'en assurer la logistique sur leur territoire. Sans préjuger de ce qu'il en sortira, il apparaît déjà que les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique n'ont cessé d'augmenter depuis la tenue de la COP21 à Paris, en décembre 2015. Certes, un texte fut alors adopté. Il engageait les pays signataires à réduire leurs émissions de GES au point de les diviser par trois d'ici à 2050 afin de contenir le réchauffement climatique sous la barre de + 2 °C d'ici à 2100 par rapport à ce qu'était la température moyenne au milieu du XIXe siècle.

Toutefois, rien de sérieux n'a été entrepris depuis cette date, ni en France ni ailleurs, pour tenter d'atteindre cet objectif commun. L'atteindre nécessite les efforts de tous, à commencer par les pays développés et émergents, qui sont les plus gros émetteurs de CO2. Le climatologue Jean Jouzel disait récemment qu'il faudrait « atteindre le pic d'émissions de gaz à effet de serre en 2020, puis, entre 2020 et 2050, les diviser par trois à l'échelle planétaire ». Il disait aussi que « si rien n'est fait, au rythme actuel, nous sommes nombreux à penser que nous ne disposons plus que de vingt à vingt-cinq ans pour atteindre un point de non-retour ».

Nous cheminons déjà vers ce point de non-retour. Selon les chiffres publiés le 30 octobre par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la concentration de CO2 atteignait 403,3 parties par million (PPM) en 2016, contre 400 PPM en 2015. On peut penser que 2017 se traduira par un nouveau record dans la mesure où, en plus de périodes de canicule, les incendies, les longues périodes de sécheresse, les cyclones dévastateurs qui se sont succédé cette année ont réduit le puits de carbone que constitue la végétation tandis que la réparation des dégâts provoqués alourdira le bilan carbone du fait des reconstructions dans de nombreux pays au-delà de 2017. Voilà qui nous conduit encore plus vers le point de non-retour.

À partir des informations que nous livrent les carottages prélevés dans les glaces qui ont emprisonné des bulles d'air depuis des millions d'années, il faut remonter entre 3 et 5 millions d'années pour trouver sur Terre une teneur en CO2 comparable à celle de ce début de XXIe siècle. Selon l'OMM, cela induisait « une température plus élevée de 2 °C à 3 °C par rapport à aujourd'hui et le niveau de la mer plus élevé de 10 à 20 mètres ». C'est ce qui nous attend dans moins d'un siècle au train où vont les choses.

Depuis 1970, la courbe des émissions mondiales de GES est en hausse constante de 5 % par décennie et devrait se poursuivre ainsi jusqu'en 2030. Mais il faudrait qu'elle diminue davantage entre 2030 et 2050 pour contenir le réchauffement dans une progression de 2 °C par rapport à la période préindustrielle. Alors que paraît en France le film « Carbone », la taxe du même nom brandie comme une recette magique ne suffira pas pour freiner le réchauffement.

glepuill@humanite.fr

 

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:34
Vote des ordonnances de destruction du droit du travail: Sébastien Jumel, député PCF, fustige une entreprise de casse globale, cohérente et totale
Vote des ordonnances : Sébastien Jumel fustige une "entreprise de casse globale, cohérente et totale"

mercredi 29 novembre 2017

Par 463 voix contre 74 et 40 abstentions, l’Assemblée nationale a très largement ratifié le 28 novembre, les ordonnances réformant le Code du travail.

Les groupes de la Gauche démocrate et républicaine, de la Nouvelle Gauche et de La France insoumise ont voté CONTRE. (voir le scrutin).

Sébastien Jumel, député de la Seine-Maritime a expliqué le vote contre des députés communistes :

Monsieur le président, madame la ministre, madame la présidente de commission, monsieur le rapporteur, chers collègues, dans une intervention dont l’épaisseur politique a fait date au cours de ce débat éclair, Pierre Dharréville a légitimement rappelé devant l’Assemblée nationale, au nom des députés communistes : « Il a fallu dix-sept ans de travail législatif pour édifier le code du travail. Un siècle plus tard, il vous a fallu dix-sept semaines pour en faire une passoire ! » En effet, sur le fondement d’une justification libérale vieille comme le monde, assumée, décomplexée, qui consiste à prétendre libérer, délivrer, simplifier, vous avez fait le choix du passage en force par ordonnances. Il s’agissait, pour le Président de la République, de se délecter des pouvoirs exorbitants que lui confère la Constitution pour conduire à marche forcée cette remise en cause radicale de la philosophie du droit du travail : une loi qui protège, un principe de faveur, l’égalité républicaine en somme.

Votre projet politique, qui a volontairement entretenu le flou, le temps d’une campagne électorale, est désormais limpide : « ubériser » la société, « ubériser » le travail. Non rassasiés par une loi de finances au bonheur des riches, non contents de disperser la République façon puzzle en asphyxiant les territoires, dont les communes sont l’émanation, vous faites le choix, en renonçant à la primauté de la loi qui protège, d’établir le principe de la variabilité des droits selon l’endroit où l’on travaille. Alors que, depuis quinze ans, la casse industrielle s’est enkystée sur nos territoires, alors que vous enchaînez les renoncements à défendre en toute souveraineté nos fleurons industriels, comme on enchaîne des strikes au bowling, en rétrécissant le périmètre d’appréciation des motifs économiques du licenciement, vous légitimez, vous légalisez même le permis de licenciement boursier, au détriment des sites français, des savoir-faire des salariés et des familles.

Dans le même esprit, votre mépris arrogant envers les principes fondamentaux du droit vous conduit, avec la « barémisation » et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif, à substituer à l’appréciation souveraine du juge prud’homal la tarification du préjudice, ce qui contrevient à l’article 64 de la Constitution, consacrant l’indépendance du juge dans sa liberté à réparer le préjudice. Non seulement cette tarification est injuste mais elle sera en baisse, ce qui signifie en clair qu’un salarié licencié sans cause réelle et sérieuse verra ses indemnités diminuer de moitié.

Dans votre boîte à outils estampillée MEDEF (Protestations sur les bancs du groupe REM), le référendum d’entreprise est conçu comme un prétexte pour contourner les organisations syndicales, dont notre Constitution reconnaît pourtant le rôle majeur. La fusion des instances représentatives, la réduction de leurs prérogatives – je pense notamment au droit d’alerte, si utile et efficace face aux fonds d’investissement prédateurs – et l’affaiblissement des moyens de défendre l’hygiène, la sécurité et la santé au travail, en plein drame de l’amiante, en plein scandale sur le harcèlement sexuel, en pleine explosion des risques psychosociaux, sont autant de preuves de vos renoncements à la loi qui protège.

Enfin – je risque de ne pas être exhaustif, tant votre entreprise de casse est globale, cohérente et totale –, votre choix de la « flexiprécarité » généralisée à l’anglaise, avec 25 % de salariés pauvres, vous conduit à faire primer le contrat d’entreprise sur le contrat de travail et à permettre à un accord collectif de s’asseoir sur les clauses substantielles de ce dernier – le salaire, le lieu et le temps de travail –, avec pour conséquence des vies broyées.

Le point final de cette réforme n’est pas posé. D’abord, l’histoire de notre modèle social démontre qu’il ne faut jamais sous-estimer la capacité des salariés à innover et à faire preuve d’intelligence pour résister et pour obtenir, selon la formule d’Ambroise Croizat, de nouveaux « conquis sociaux ». Ensuite, prenez cela comme une promesse : ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI.)

Mme Danièle Obono. Yes !

M. Sébastien Jumel. C’est dans cette temporalité que nous inscrivons notre opposition résolue et déterminée. Madame la ministre, vous nous avez dit, cet après-midi, avoir rencontré de nombreux chefs d’entreprise, et c’est bien ; plus de 500 DRH, avez-vous dit, et c’est très bien. Vous auriez dû inscrire dans votre agenda des rencontres avec les salariés ; peut-être auriez-vous pu alors prendre en compte leur situation dans ce mauvais projet de loi de ratification d’ordonnances. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI ainsi que sur plusieurs bancs du groupe NG.)

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 19:53
Rue de Valois Papers: ou le bradage du ministère de la culture!  : Déclaration du Parti Communiste

Déclaration du Parti communiste français.

« Rue de valois papers… »

Ou le  bradage du ministère de la culture  

 

En pleine discussion au Parlement de la loi de finance pour 2018, au chapitre culture et audiovisuel public, une bombe à retardement explose : trente et une pages d'un « document de synthèse » confidentiel destiné à nourrir le « plan de refondation » lancé par le Premier Ministre Édouard Philippe le 13 octobre dernier : CAP 2022. Après Emmanuel Macron, Christophe Castaner et Muriel Pénicaud, c'est au tour de Françoise Nyssen de brandir des menaces faisant fi de la protection des sources des journalistes dont elle est pourtant garante par sa fonction. Décidément ce pouvoir a un problème avec la liberté de la presse.

Ce rapport est une rupture totale et de grande envergure avec les politiques publiques même mises à mal. Il préconise externalisation, rentabilisation, stagnation et reculs budgétaires, transformation d'agents du public en agents du privé…. C'est la donnée économique qui domine, le politique est réduit à la finance et les politiques culturelles deviennent des politiques marchandes. Que ce soit dans les musées ou les lieux du spectacle vivant il est préconisé une forte incitation à la baisse des ambitions culturelles sous couvert d'une rotation plus rapide et d'une réponse mieux adaptée aux attentes supposées du public. Lorsqu'il n'y a plus de place pour l'imaginaire humain, pour le désir, pour la découverte de l'inconnu, c'est la démocratie qui est menacée.

Madame Nyssen a beau jeu de prétendre n'avoir pas « validé » cette note. Quoi qu'il en soit, validé ou pas, ce document élaboré dans le secret des cabinets ministériels sans aucune concertation avec  les organisations syndicales, les créateurs, les actrices et acteurs culturels est une insulte à la démocratie. Et quoiqu'en dise la ministre, il connaît déjà un commencement d'application, puisque l'audiovisuel public subira dès 2018 une coupe budgétaire de l'ordre de 50 millions d'euros et y perdra plusieurs centaines d'emplois.

Les experts du Ministère de la Culture ont été zélés : administration centrale, champ muséal, aides à la création, politique des archives et l'audio-visuel de service public  ont été passés au crible de l'ultralibéralisme dont les mots-clés sont mutualisation, rationalisation, reconfigurations, gouvernance, efficacité, synergies… mots glissants dont la principale fonction est de faire des économies, de réduire les assiettes et les effectifs. Comme le disait sur France-Inter la réactive Charline Vanhoenacker : « Un gouvernement qui veut dégager des synergies, c'est qu'il veut dégager des personnels… ».

L'argumentaire s'articule autour de trois motivations :

  • « La montée en puissance des collectivités territoriales, qui investissent davantage dans l'animation de la vie culturelle locale ». S'il est vrai que les collectivités locales, tous échelons confondus, jouent et ont joué un rôle déterminant, la réduction des crédits et la baisse des dotations mettent ces collectivités face à des choix cornéliens : social ou culture ou éducation...
  • « L'affirmation d'une autonomie croissante de ses opérateurs, notamment les grands établissements publics, porteurs de politiques publiques nationales ». Ces établissements (grands musées, théâtres nationaux, etc.) disposent d'une autonomie mais le désengagement de l'État depuis presque deux décennies, les oblige à rechercher d'autres financements (recettes propres, mécénat, privatisations…). C'est cela que le document veut pérenniser et aller plus loin dans la marchandisation de la culture et la privatisation d'une part des emplois par la sous-traitance.
  • « La transition numérique, avec ses effets sur les industries culturelles, dans un monde ouvert et concurrentiel dont la régulation s'inscrit dans un cadre européen ». Le ministère de la culture doit céder la place à un « ministère de l'économie et des industries culturelles », à l'instar de ce que préconisait Olivier Henrard, Conseiller de Nicolas Sarkozy, dès octobre 2010 … Nous y voilà.

Il s'agit donc de recadrer tout ce qui relève des missions traditionnelles du ministère de la culture (création, spectacles, livre, musées, patrimoine, archives…) avec toujours le même argument : les économies budgétaires. Pour cela c'est la sous-traitance au privé, le désengagement vers les collectivités locales, le recentrage de l'administration sur les industries culturelles, la concurrence et la « compétitivité », autant de préconisations qui traduisent parfaitement l'ambition libérale et technocratique.

Les personnels du Ministère de la culture, comme l'ensemble des acteurs culturels et des forces syndicales de notre pays ne s'y sont pas trompés. Ils parlent d'une entreprise de dépeçage du service public de la culture et de l'audiovisuel, de ses structures, de ses établissements, de ses services centraux ou déconcentrés. Il s'agit aussi de rendre les aides à la création plus « sélectives », au prétexte qu'il y aurait trop de spectacles, trop de projets, trop de créations…

Si les « préconisations » de cette note devaient voir le jour, cela amènerait les politiques culturelles publiques à une régression sans précédent sur le lit de la marchandisation de l'humain, déjà amorcée dans les deux quinquennats antérieurs.

On sait la place minime qui fut celle de la culture dans la dernière campagne présidentielle, et notamment le laconisme du programme électoral de l'actuel président de la République. Sans doute notre responsabilité collective est-elle engagée ; sans doute payons-nous la sous-estimation de cette question par les forces politiques de la gauche de transformation du pays. Le Parti communiste,  propose une politique culturelle alternative à celle que l'ultralibéralisme tente de nous imposer depuis ces dernières années, mais force est de constater qu'elle reste très peu connue. Nous ne pouvons nous en satisfaire. 

Retrouvons notre capacité de combat. Mobilisons-nous tous pour défendre les conquêtes de la Libération et des années qui ont suivi en matière de politiques culturelles publiques.  Mais cela ne suffira pas. Des enjeux nouveaux surgissent. La révolution numérique, entre aliénation et émancipation,  bouleverse le rapport au travail en général, artistique en particulier, mais nous devons lutter contre l’emprise financière mondialisée des GAFA. La fin du 20 siècle a vu une considérable expansion de la décentralisation, et une importante montée en puissance des collectivités locales dans le champ culturel. Mais les récentes réformes institutionnelles, redécoupage régional, remise en cause des départements, « métropolisation », ainsi que l'étranglement des budgets des collectivités suite aux transferts de charges, conjugués aux baisses des dotations, ont dangereusement fragilisé la capacité d'intervention des collectivités.

Mobilisons-nous aussi pour de nouvelles avancées. Nous pensons la création artistique et l'éducation populaire comme condition de l'émancipation! Il s'agit de libérer l'imaginaire pour nous libérer des aliénations que nous impose le système dominant et ouvrir la voie à une alternative de progrès. Portons pour cela un nouveau rapport entre l'art, la culture, la démocratie et la politique, entre les créations et l'éducation artistique, entre les œuvres, les artistes et l'éducation populaire. Ouvrons une nouvelle ère où l'universalité intégrerait la diversité culturelle du monde. Portons l'ambition de refonder un nouveau service public de l'art, de la culture et de l'éducation populaire pour en faire un véritable bien commun. Remettons nous au travail !

Pour notre part nous avons décidé de fonder un Réseau national et décentralisé pour l'art, la culture et l'éducation populaire afin de préparer une Convention nationale qui se tiendra fin septembre 2018  ouverte à tous ceux et toutes celles qui veulent mener avec nous ce combat décisif pour l'avenir.  

 

Parti communiste français

Le 22 novembre 2017

 

“Croire au soleil quand tombe l'eau” (Aragon), c'est notre viatique, et il est porté par la culture qui permet de ne pas enfermer l'homme dans les limites que lui fixe le monde social actuel.  

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 08:47

 

 

Après son vote à l’Assemblée nationale, le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS) passe au Sénat depuis le 13 Novembre.

 

Le Parti Communiste Français considère, comme bien d’entre vous, que ce PLFSS 2018 n’est pas seulement dans la continuité des précédents, mais représente un vrai changement de projet de société imposé à notre pays.

 

Au-delà de l’augmentation de la CSG de 1,7 point, ponctionnant au prix fort les salarié-e-s et les retraité-e-s, de celle du forfait hospitalier pour toutes et tous, de la saignée de 4,2 Milliards dans le budget maladie de la Sécurité Sociale qui s’ajoute à celles des années précédentes… c’est la Sécurité sociale, ses valeurs de 1945, la cotisation sociale, la participation de la richesse produite par les travailleurs-ses à leur protection sociale, qui sont remis en cause !

 

C’EN EST TROP !!!!

 

Après SARKOZY et HOLLANDE, MACRON veut non seulement nous imposer cette même politique d’austérité budgétaire qui aggrave, chaque fois un peu plus, la situation de la population comme celle des personnels, mais mettre un terme à la Sécurité sociale.

 

Rationnement des soins, économies sur l’hôpital, virage ambulatoire sans réponse publique comme les centres de santé, … Le gouvernement veut « expérimenter » dans ces 5 prochaines années le système des USA, et aboutir au ZERO POUR CENT SECU, en faveur du secteur privé.

 

C’est l’accès à la santé et à la qualité des soins pour toutes et tous dans la proximité que l’on remet en cause. C’est sa privatisation et sa financiarisation que MACRON nous impose.

 

Alors que nous exigeons d’aller vers le 100% Sécu, vers de nouvelles modalités de financement de la sécu pour répondre aux besoins en augmentation, le Gouvernement et sa majorité, appuyés par la Droite et son extrême, suppriment l’Impôt sur la Fortune (ISF), rembourse 13 milliards de taxe sur les dividendes, augmente les cadeaux aux patrons avec le CICE (Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi)...

 

Le démantèlement  de la SÉCU a de graves conséquences, ceci dès maintenant:

  • Les déserts médicaux, les urgences saturées.
  • L’augmentation incessante des restes à charge, comme le forfait hospitalier ou les dépassements d’honoraires
  • Les tarifs des complémentaires en telle hausse que 25 à 30 % de la population renonce à se soigner.
  • Les hôpitaux qui manquent dramatiquement de moyens matériels et humains mettant en danger la santé des patient-e-s
  • Le manque de moyens matériel et humain des EHPAD (Etablissement d’hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) provoque une maltraitance des personnes en perte d’autonomie et des personnels.

 

Nous ne pouvons pas laisser passer ce changement profond d’orientation de la politique sociale de notre pays, sans réagir.

Nous proposons notamment de :

  1. Supprimer la taxe sur les salaires dans les hôpitaux,Récupérer les 20 milliards de fraude aux cotisations patronales,Appliquer l’égalité salariale Femme/Homme,Stopper les exonérations de cotisations sociales ...

 

C’EST LA SÉCU À 100% QU’IL NOUS FAUT !

Et c’est possible dès maintenant !

 

 

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 08:45

Enfant, réciter des passages de la Bible était un truc utile pour faire taire les adultes. Plus avancé dans l’âge, il m’arrivait de citer bêtement et à la pelle Marx, Lénine et consort pour décourager mes camarades trop sûrs d’eux mêmes, à mon goût. Ce même scénario adapté à la macronite lyonnaise s’est déroulé ce week-end avec la formation croupion « En marche !» réunie en conclave.

Un modèle du genre : des pseudos « délégués » avaient pour seule besogne de plébisciter à la tête de la formation un ancien membre du parti socialiste, un imbécile sphérique : tu le tournes dans n’importe quel sens, il se révèle toujours aussi stupide. Je veux parler de Castaner, l’homme aux yeux de Chimène pour le Premier ministre. Croyant le micro coupé Castaner se tournant vers Philippe 1er s’est fendu d’un, je le cite : « ça allait mon poulet ? »  Amélie Nothomb a bien raison d’écrire dans « Métaphysique des tubes » : « On n’a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent. »

Nous avons eu droit à une avalanche d’images, de sons, de commentaires sur les marcheurs et leur gourou. Vous noterez qu’au même moment près de 1000 militants communistes étaient réunis à Paris pour décider de la préparation de leur congrès. On peut porter des appréciations diverses sur leurs conclusions, et je ne m’en prive pas irritant parfois certains gardiens du temple, mais, eux au moins, ont échangé, débattu et voté. Peut être qu’une telle pratique ne correspond pas aux « modernistes » du moment qui comme au plus profond de l’histoire pour avoir confondu modernité et modernisme se complaisent en fait dans l’archaïsme. Bref, « En marche ! » durera le temps de l’illusion. L’actualité de la semaine passée mérite une autre attention.

Tenez, par exemple. A Saint Denis, le gouvernement et le président de la République de l’époque avaient promis aux habitants de l’immeuble détruit lors de l’assaut anti terroriste du RAID, le 18 novembre 2015, de les reloger. Ils sont à la rue et ne sont pas reconnus comme victimes.

Tenez, par exemple. Les infirmières de l’hôpital de Bastia en grève de la faim depuis trop longtemps. Elles n’en peuvent plus de manque de moyens, de matériels, de ne pas pouvoir soigner dignement les patients. Pendant ce temps, à Paris, la ministre de la Santé, autrefois abonnée aux largesses des laboratoires pharmaceutiques, les traite avec mépris.

Tenez, par exemple, l’évasion fiscale et les fortunes françaises qui cachent dans les paradis fiscaux 60 milliards d’euros annuels. Soit environ 150 euros par mois pour chacun d’entre nous. A Bercy et à l’Elysée on préfère raboter sur les retraités, les assurés sociaux et les chômeurs.

Tenez, par exemple. La présidente de la Région Ile de France, Mme Pécresse, avait promis en 2015 de ne pas toucher au pass navigo. Une troisième augmentation interviendra en 2018.

Tenez, par exemple. L’effroyable scandale de la traite d’esclaves en Libye camouflé jusqu’à peu par les chefs de Tripoli et de Benghazi. Peu de voix se font entendre pour cibler les véritables responsables du chaos qui a entraîné cette monstruosité, je veux parler de Sarkozy et de Bernard Henri Levy.

Tenez, quelques exemples encore relevés la semaine dernière. Le nouveau chargé du patrimoine, Stéphane Bern, préconise l’entrée payante des cathédrales ; Bernard Arnaud supprime ses pubs au « Monde » pour crime de « paradis papers » ; l’interdiction des cigarettes dans les films français figure dans les cartons du ministère de la Culture avant peut être le floutage des scènes d’amour s’alignant ainsi sur le puritanisme yankee. Un instant : on croit comprendre pour les cigarettes, les fumeurs étant devenus des créatures de plein air, seuls les trottoirs, les entrées de bars et des entreprises étant de nos jours enfumés. Mais pour les scènes d’amour, je crains le pire.

Tenez, par exemple… J’arrête. Mais avant de conclure, il y a quand même une information dont on ne peut pas faire l’économie : Garrido, Baroin et Fillon annoncent qu’ils quittent la politique. Rassurez-vous. Ils ont fait des petits.

José Fort

(chronique sur Radio Arts Mada tous les lundi en direct à 19h)

 

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