Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:46
Santé. Le syndrome France Télécom gagne l’hôpital
SYLVIE DUCATTEAU
JEUDI, 9 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
Les professionnels dénoncent depuis plusieurs années les grandes difficultés à exercer leur métier, en raison de la politique de santé et du management qui en découle. Robert Pratta/Reuters
Les professionnels dénoncent depuis plusieurs années les grandes difficultés à exercer leur métier, en raison de la politique de santé et du management qui en découle. 

Les suicides de personnels hospitaliers s’additionnent dans les services de l’hôpital public. La semaine dernière, un neurochirurgien a mis fin à ses jours au CHU de Grenoble.

France Télécom, devenue Orange, a été la première entreprise du CAC 40 contrainte à s’expliquer devant un tribunal pour harcèlement moral. Entre 2008 et 2009, 35 salariés de l’entreprise s’étaient donné la mort. L’un d’eux avait laissé une lettre : « Je me suicide à cause de mon travail. C’est la seule cause. » Comme en écho, les suicides s’additionnent dans les hôpitaux soumis à des réorganisations express, aux sous-effectifs. Et au désengagement de l’État : 1,7 milliard « d’économies » sont inscrites au PLFSS 2018.

« Le suicide est un acte extrêmement complexe qui ne peut pas se réduire au travail. Je m’y refuse en tout cas. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a beaucoup de souffrances autour de moi. Pour se préserver certains deviennent cyniques, d’autres se désengagent, explique le docteur Bruno Caron. Les plus investis font des burn-out. » Ce psychiatre est l’un des initiateurs d’une lettre à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, signée par plus de 800 praticiens hospitaliers de la région Rhône-Alpes. Ils dénoncent la « dégradation du service public hospitalier » et « les grandes difficultés rencontrées par les professionnels de santé, pour exercer leur métier, en raison de la politique de santé depuis plusieurs années et du management qui en découle ». Une cinquantaine de médecins hospitaliers du CHU de Grenoble sont signataires de cette lettre. Là, justement, où, la semaine dernière, un neurochirurgien a mis fin à ses jours dans le bureau jouxtant le bloc opératoire où il travaillait depuis 2013. Son service faisait l’objet d’une réorganisation depuis trois ans. Tout n’allait pas bien. « Des axes de progression ont été identifiés. Un plan d’action sera présenté à la fin du mois de novembre », nous a expliqué, dans un courriel laconique, Hélène Sabbah, la secrétaire générale de l’établissement. Le CHU se refuse par ailleurs à toute déclaration concernant le suicide du médecin, « par respect pour sa famille. Sa mère, en particulier », nous a-t-on précisé. Des difficultés personnelles sont évoquées par ses collègues. L’un d’eux s’interroge toutefois. « Se suicider sur son lieu de travail n’est pas anodin. Le bloc est emblématique de la souffrance de beaucoup d’entre nous (…). Nous avons l’impression que désormais l’argent prime sur tout. »

« La question financière a pris le pas sur l’objectif de santé »

À Toulouse, en 2016, cinq agents du CHU se sont donné la mort en 19 jours. Selon le rapport du cabinet d’experts Addhoc Conseil, mandaté par le CHSCT du CHU de Toulouse, présenté le 25 octobre dernier, trois facteurs ont pu concourir à ces drames. D’abord, l’impact des réorganisations, comme à Grenoble, le CHU de Toulouse avait été soumis à un plan de retour à l’équilibre financier pour éponger un déficit de 30 millions d’euros. « La question financière a pris le pas sur l’objectif de santé », indique le rapport. En second lieu, un nouvel outil de gestion des effectifs, ou plutôt des sous-effectifs, a été mis en place dans tous les services. Or, ce dernier non seulement n’intègre plus les congés maternité, mais confond les motifs d’absence. Ce qui génère des dysfonctionnements. À Grenoble, la direction comptabilise désormais le « temps de perdu », qui fait l’objet d’une fiche spécifique du « benchmark ». Les experts de Toulouse notent que « les services fonctionnent grâce au surinvestissement du personnel ». Et d’ajouter que « l’administration a pris le pas sur le soin et le médical, avec pour seul objectif le retour à l’équilibre financier ». Les experts demandaient un moratoire sur les réorganisations. « La direction leur a opposé un refus catégorique. Or, le développement de l’ambulatoire nous impose de faire en un jour ce que nous faisions en trois », déplore Julien Terrié, membre du CHSCT du CHU toulousain.

Philippe Martinez : « L’hôpital, un lieu où l’humain devrait être la règle d’or »

La souffrance au travail, réalité incontestable dans notre pays, peut avoir des conséquences dramatiques, comme en témoigne l’augmentation du nombre de suicides au travail. On la mesure d’autant mieux quand le métier des salariés consiste précisément à s’occuper de soigner des êtres humains, qu’il s’agisse de l’hôpital public, mais aussi du privé. Avec des moyens restreints ou défectueux, un manque de personnel évident, c’est la logique financière qui sévit dans des lieux où l’humain devrait être la règle d’or. La santé publique n’est pas une dépense mais un investissement. C’est le signe d’une société moderne. L’efficacité, ça ne se mesure pas avec des histogrammes ou des camemberts, surtout en matière de santé publique. Ainsi comment peut-on arbitrairement définir un temps maximum à passer avec des patients sans prendre en compte leur pathologie, leur situation sociale ou familiale ? C’est cette logique qui explique l’augmentation des arrêts de travail de salariés poussés à bout. Pourtant, les critiques contre les fonctionnaires perdurent sur le refrain du « fainéant »… d’où la mise en place d’un jour de carence pour faire la chasse aux malades. Ce sont les salariés qu’il faut écouter pour soigner le travail, leur rendre la liberté de bien travailler avec les moyens et les effectifs nécessaires.

Journaliste
Partager cet article
Repost0
12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 20:12
Hommage à Jack Ralite, un ministre tourné vers la culture (Fabienne Arvers, Les Inrocks, 31/08/2015)
L’ancien ministre communiste Jack Ralite s’est éteint ce dimanche 12 novembre, à l’âge de 89 ans. Pour lui rendre hommage, nous republions cet article où Karelle Ménine retrace son combat pour une politique culturelle digne de ce nom.

A lire comme à écouter Jack Ralite, on songe aux pages superbes du Marbrier de Carrare de Charles Péguy : tailler dans l’excès de matière qui enveloppe la forme, la sculpter par soustractions successives, être l’artisan au geste humble et sûr… Et ne pas craindre de se répéter, de s’en tenir à la poutre maîtresse d’une pensée architecturée par la mise en tension du poétique et du politique, s’en remettant à leur dénominateur commun, seul à même de les harmoniser : la croyance en l’homme.

Un homme politique partisan de la culture ? C’est l’exception qui confirme la règle : en cinquante ans de vie politique, Jack Ralite n’aura jamais dévié d’un pouce de ses convictions, lesquelles s’enracinent dans une filiation historique où se croisent et finalement se mêlent figures politiques (Robespierre) et artistiques (Louis Aragon, Victor Hugo, René Char, Saint-John Perse, Merce Cunningham, Jean Vilar, Julien Gracq…).

Dans son livre La Pensée, la Poésie et le Politique – Dialogue avec Jack Ralite, Karelle Ménine scinde à parts égales des entretiens réalisés en 2014 et des textes ou des prises de parole publiques s’étalant de 1966 à 2014. Journaliste de profession, homme politique par passion, communiste lucide et rêveur impénitent, Jack Ralite rétorque que “communisme est un mot extraordinaire” lorsque Karelle Ménine constate que c’est aujourd’hui “un mot blessé”.

La culture, indispensable levier pour ériger une communauté humaine

Il poursuit : “Moi, j’écris le mot ‘communisthme’, comme un isthme, parce que c’est exactement ça. Aucune des idées contenues dans le communisme n’a jamais été appliquée, cela reste donc une aventure à mener. Et puis j’ai pris le chemin du communisme depuis mon passage en prison (durant l’Occupation – ndlr), sans en avoir conscience, mais vivant comme témoin et victime de sa signification profonde. C’était alors un sentiment indicible, une connaissance en actes. Parcourant mon histoire personnelle, ce n’est pas parce que d’autres détournent ce mot qu’il faut se laisser détourner, et ce n’est pas parce qu’il y a du désaccord qu’il doit y avoir du désamour. En vérité, j’ai une fidélité inaltérable pour l’ouvrier-menuisier communiste de Vitry-sur-Seine qui, en déportation, a refait le chapelet de l’abbé, arraché par les nazis…”

Successivement maire-adjoint d’Aubervilliers de 1959 à 1984, député de Seine-Saint-Denis de 1973 à 1981, ministre de la Santé (de 1981 à 1983) et de l’Emploi (de 1983 à 1984), maire d’Aubervilliers de 1984 à 2003, sénateur de la Seine-Saint-Denis de 1995 à 2011, Jack Ralite a toujours fait de l’art et de la culture un cheval de bataille, indispensable levier pour ériger une communauté humaine. C’est le seul homme politique que l’on croise aussi souvent dans les rangs du public, spectateur aux visées émancipatrices qui aime à citer Diderot : “Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre. Ordonner, c’est toujours se rendre le maître des autres en les gênant.”

Un acteur inlassable de la défense des artistes

Depuis son compagnonnage avec Jean Vilar au Festival d’Avignon dans les années 60, il est un acteur inlassable de la défense des artistes, fondant en 1987 les Etats généraux de la culture. Je garde en mémoire ce récit qui le résume, paru dans le supplément du Festival d’Avignon 2014 des Inrockuptibles, qui retraçait les événements s’étant déroulés au cours du Festival de1968. Une démonstration saisissante de la façon dont la pensée se traduit en actes quand le politique tient son rôle de soutien irréductible en faveur de la liberté d’expression et des artistes.

“Je voudrais rappeler une chose qu’a faite le PC à Avignon et dont les comptes rendus de l’époque ne parlent pas beaucoup. La droite voulait faire des mauvais coups à cet étonnant homme de théâtre qu’était Julian Beck. Il faut dire qu’il s’y prêtait… Il logeait depuis un mois dans une école et ne parlait pas de politique à ce moment-là. Le soir, comme ils vivaient quasiment nus, vous imaginez ce que les journaux en pensaient. Ça ressemble beaucoup à ce qui se dit aujourd’hui sur le mariage pour tous. Il y a une similitude de pensée. On voyait ces gars d’une droite bien dure, le crâne rasé et, personnellement, j’étais très inquiet. Alors, j’ai fait une réunion à la cellule des cheminots communistes. Eux, le Festival, ils s’en foutaient un peu. Mais peut-être ne s’en foutaient-ils pas autant que leur silence ou leurs sourires nous le laissaient croire."

"Je leur ai dit : ‘Je sais bien que vous n’êtes pas de grands adeptes du Festival. Mais il y a au moins une chose pour laquelle vous êtes, c’est les libertés. Alors, nous, on se bat contre Julian Beck, mais pour pouvoir se battre contre lui, encore faut-il qu’il existe ! Et moi, je serais cheminot communiste, je considérerais qu’il est de notre devoir de faire un service d’ordre pour le protéger autour de l’école où il vit.’ Et ils l’ont fait. Ils étaient quatre ou cinq tous les soirs et c’était capital : des gars qui vont garder un homme pour qu’il soit intègre afin de pouvoir polémiquer avec lui le lendemain !”

Un combat inscrit dans la durée, qui lui permet de conclure sans mâcher ses mots : “Avec les cinquante ans du ministère de la Culture, (on est) passé d’une grande politique publique nourrie du Front populaire et de la Libération, à une communication culturelle, puis une marchandisation culturelle, ensuite une financiarisation culturelle, enfin à une mise sous tutelle des affaires de l’esprit par l’esprit des affaires.” C’était en 2009, dans un article paru dans L’Humanité. Le constat reste valable en 2017.

La Pensée, la Poésie et le Politique – Dialogue avec Jack Ralite (Les Solitaires Intempestifs), 219 pages, 14,50 €

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:55
Hervé Hamon

Hervé Hamon

J'ai sous les yeux le rapport annuel du Secours catholique sur la pauvreté en France. Autant dire que j'aimerais mieux lire Conrad ou Melville. D'autant que Véronique Fayet, présidente de l'association, n'y va pas de main morte. Première observation : ça dure. D'année en année, notre pays abrite - si j'ose écrire - 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, soit 1.015 euros par mois. La moitié sont actives, c'est-à-dire qu'elles touchent des salaires de misère. Beaucoup de familles monoparentales (un ménage sur trois), mais aussi des couples avec enfants. Et puis des « seniors », surtout des femmes veuves ou séparées. La pauvreté des étrangers pèse lourd. Sans papiers, réfugiés en attente d'un statut. Et même Européens, essentiellement Roms. Or, contrairement à la rumeur, insiste Véronique Fayet, ces derniers ont très peu recours aux aides, moins d'un tiers touchent le RSA alors qu'ils y auraient droit. Seconde observation. Cette pauvreté ne recule pas, et nous nous y habituons, nous en prenons plus ou moins acte. Non seulement une aile de la classe politique, des faiseurs d'opinion, crache sur les salauds de pauvres, dénonce leurs « abus », etc., mais, dit sans ambages Véronique Fayet, nos gouvernants pratiquent « une sorte de politique anti-pauvres » : baisse des allocations logement, suppression brutale de 200.000 contrats aidés, sans aucune concertation, accueil plus que parcimonieux des réfugiés et stigmatisation des exilés climatiques. Pendant ce temps-là, les « paradise papers » révèlent que l'optimisation fiscale n'est pas une déviance mais une méthode. Tous ces yachts planqués à Malte. Tous ces bénéfices nichés sous les cocotiers... En mai 68, on criait déjà « Enragez-vous ! ».
 

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:12
Patrice Bessac, président de l'ANECR

Patrice Bessac, président de l'ANECR

Appel de l’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains aux maires de France

« Ne pas accepter la mise sous tutelle de nos communes »

 

Ces quatre dernières années, nos collectivités territoriales ont été soumises à rude épreuve.
Les dotations que l’État nous verse pour compenser les compétences que le législateur nous a transférées ont été diminuées de façon inédite dans l’Histoire de notre pays.
Entre 2015 et 2017, près de 11 milliards d’euros ont été ainsi soustraits arbitrairement et brutalement à l’ensemble de nos collectivités.
Contraints par la loi à l’équilibre de nos budgets et soucieux d’éviter à nos collectivités la mise sous tutelle étatique, nous – élus locaux – avons procédé, en responsabilité et en conscience, à des choix draconiens :
Réorganisation des services publics, reports de projets d’investissements, diminution des périmètres de nos politiques publiques, baisse de subventions, réduction de la masse salariale… nous avons actionné l’ensemble des leviers dont nous disposions comme maires avec le souci de maintenir un service public de qualité pour nos concitoyens.
Nous n’avons pas seulement participé au redressement des comptes publics. Nous en avons été les principaux acteurs.
En trois ans, de 2013 à 2016, la baisse du déficit de l’État est, pour 85 %, le fruit des efforts que les collectivités locales, dont nos communes, ont fourni.
Aujourd’hui, le Président de la République exige des élus locaux qu’ils réalisent dans les cinq années à venir, 13 nouveaux milliards d’euros d’économie.
En moins de 10 ans, ce seraient près de 25 milliards d’euros dont nos services publics locaux se verraient privés.
Ces annonces condamnent nos collectivités locales à une mort par asphyxie budgétaire.
Cette fois, pas de réduction brutale des baisses de dotations mais un tour de bonneteau qui fait reposer la promesse du maintien des dotations de l’Etat sur la capacité de nos collectivités à réduire elles-mêmes leurs dépenses de fonctionnement.
Moins de dépenses de fonctionnement, c’est inévitablement moins de services publics pour nos populations, moins de subventions pour nos associations, moins de culture, de santé, de sport et de vie sur nos territoires.
Nous, maires et élus des territoires de la République, refusons de nous faire hara-kiri et de faire payer à nos concitoyens les choix budgétaires du Gouvernement.
Le Président de la République appelle de ses vœux un « pacte girondin » entre l’État et les collectivités, glosant sur des libertés nouvelles auxquelles aucun d’entre nous ne pourra en réalité prétendre tant la contrainte budgétaire sera insupportable.
Les contrats proposés aux 319 principales collectivités locales de France s’apparente dès lors à une mise sous tutelle.
La seule liberté promise serait celle du contrat ; un contrat passé individuellement entre les collectivités et les préfets, lesquels, nous dit-on, disposeront d’un « pouvoir d’appréciation », porte ouverte sur tous les arbitraires et rupture de l’égalité républicaine entre nos territoires.
Nous – Maires de France – dénonçons un retour en arrière sans précédent sur les lois de décentralisation et une attaque en règle contre les libertés des communes, des départements et des régions qui depuis la loi du 2 mars 1982 avaient vu supprimé le contrôle administratif du représentant de l’État pour le remplacer par un contrôle juridictionnel et un contrôle budgétaire spécifique.
Les collectivités locales ne sont pas des services déconcentrés de l’État.
Conformément à l’article 72 de la Constitution, « elles s’administrent librement et bénéficient de ressources dont elles peuvent disposer librement ».
La situation nouvelle qui se dessine doit nous appeler à une immense vigilance, qui dans les fait, nous conduira à poser une Question prioritaire de constitutionnalité sur le projet présidentiel à l’endroit des collectivités territoriales.
Creusets démocratiques de notre République, nos communes ne peuvent pas être réduites à l’état de variables d’ajustement.
Nous avons été élus par nos concitoyens pour défendre et faire valoir leurs droits et les intérêts de leurs territoires et ceux, bien pensés, de la Nation.
Nous nous y attachons et continuerons à le faire tout au long de nos mandats.
Considérant que les contrats proposés contreviennent aux dispositions de la
Constitution sur la libre administration des collectivités locales,
Considérant qu’ils constituent une rupture dans l’Egalité entre nos territoires,
Considérant qu’ils menacent l’avenir de nos services publics locaux et, partant, de la cohésion de la République française,
En conséquence de quoi, Monsieur le Président de la République, nous ne signerons pas ces contrats en l’état.
Nous affirmons notre opposition résolue à toutes ces dispositions et notre volonté de protéger nos collectivités de la mise sous tutelle étatique et, nous vous demandons, de recevoir notre délégation avant la conférence des territoires qui se tiendra mi-décembre pour rouvrir un dialogue sur des bases plus justes et plus équitables avec nos territoires.

Le 10 novembre 2017

Appel de l'Association Nationales des Elus Communistes et Républicains aux maires de France: "Ne pas accepter la mise sous tutelle de nos communes" (10 novembre 2017)
Partager cet article
Repost0
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:39
Alain et Eric Bocquet invités du PCF le 5 avril à Quimper pour parler de l'évasion fiscale et présenter l'enquête de leur livre "Sans Domicile Fisc" - ici avec Ismaël Dupont, secrétaire départemental, et Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCf de Quimper (une réunion un mercredi à 15h qui avait réuni plus de 110 personnes)

Alain et Eric Bocquet invités du PCF le 5 avril à Quimper pour parler de l'évasion fiscale et présenter l'enquête de leur livre "Sans Domicile Fisc" - ici avec Ismaël Dupont, secrétaire départemental, et Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCf de Quimper (une réunion un mercredi à 15h qui avait réuni plus de 110 personnes)

Alain et Eric Bocquet

Alain et Eric Bocquet

Samedi 25 Novembre 2017 - 14h Fête de l'Humanité Bretagne Lanester 
Intervention citoyenne contre l'évasion fiscale avec les frères Bocquet, auteurs de 
Sans domicile fisc.
Un débat à ne pas manquer!

http://fetehumabretagne.fr/les-debats/

A lire aussi: 

Ce que les « Paradise Papers » nous ont appris
Éric Bocquet : « On est au-delà de l’immoralité »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRIC MARISSAL
MARDI, 7 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITE
 

Après les Paradise Papers et la fuite de plusieurs millions de documents, le sénateur PCF Éric Bocquet appelle à « établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux ».

Un nouveau chapitre de révélations sur l’évasion fiscale des riches, des puissants et des multinationales s’ouvre avec la fuite de plusieurs millions de documents compilés et analysés depuis un an par le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij). Fondé aux Bermudes, le cabinet Appleby, dont proviennent les documents, se veut une institution respectable. Ses pratiques ne sont pas illégales, assure-t-il dans un communiqué offusqué. Et la première salve de publications montre que, outre la reine d’Angleterre, des personnalités au cœur du pouvoir abusent de l’optimisation fiscale. Ainsi, 13 membres de la garde rapprochée de Trump, dont le ministre de l’Économie et le vice-président de la Banque centrale américaine, sont mouillés. Preuve s’il en est que l’évasion fiscale est au cœur du système libéral. Le sénateur PCF du Nord Éric Bocquet, coauteur du livre plus que jamais d’actualité Sans domicile fisc (éditions du Cherche Midi), éclaire ces dernières révélations.

Depuis le début des révélations, on tergiverse beaucoup sur le côté immoral mais légal de l’optimisation fiscale. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Éric Bocquet Il faut dépasser ce débat entre optimisation légale et évasion illégale. J’aime citer l’ancien chancelier de l’échiquier britannique Denis Healey qui disait que la différence entre les deux résidait dans l’épaisseur du mur de la prison. Si l’optimisation était légale, pourquoi tant d’opacité et d’ingénierie pour dissimuler ces pratiques ? Dès lors qu’on opacifie à dessein, qu’on met en difficulté les États et les services publics par les ressources budgétaires qui leur échappent, on est au-delà de l’immoralité, on est dans le scandale, l’indécence. Donc il n’y a pas de question à se poser, ces pratiques doivent être combattues et interdites.

Que sont ces cabinets d’avocats dont il est à nouveau question ?

Éric Bocquet Ce sont des rouages cruciaux dans la chaîne de la responsabilité collective de l’évasion fiscale. Il y a les banques, les multinationales, les milliardaires et au milieu, ces cabinets d’audit et de conseil proposent les schémas d’évasion fiscale à leurs clients. Les Panama Papers ont révélé les documents d’un seul cabinet, Mossack Fonseca, là il s’agit d’un autre, Appleby, mais il y en a des milliers à Singapour, à Londres, à Hong Kong… Dans une île comme Chypre, qui est membre de l’Union européenne, il y a 20 000 avocats fiscalistes.

Pourquoi en France forme-t-on encore ce genre d’avocats fiscalistes dans des universités publiques ?

Éric Bocquet C’est une vraie question. Éric Vernier, qui enseigne la finance à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), alerte sur la nécessité d’introduire de l’éthique dans ces formations. Dans ses propres cours, de plus en plus d’étudiants rêvent de devenir des genres de Jérôme Kerviel et de brasser des millions. La finance leur fait miroiter des gains faciles sans jamais parler d’intérêt général.

Ces scandales à répétition peuvent-ils changer les choses ?

Éric Bocquet On en est à un scandale par an. Il y a eu HSBC, UBS, les Offshore Leaks, les LuxLeaks, les SwissLeaks, les Panama Papers… Aujourd’hui les Paradise Papers, et demain cela continuera. Tant qu’on ne s’attaquera pas en profondeur et dans la durée à ce système qui s’est installé lors de ces trois ou quatre dernières décennies. Il faut saluer le travail de l’investigation, des lanceurs d’alerte, des syndicats, des ONG comme Attac, Oxfam, le CCFD-Terre solidaire… Tous sensibilisent, se battent au quotidien et participent à créer un mouvement de fond qui pourra faire bouger les choses. Mais c’est le politique qui définit des règles. Enfin normalement, car aujourd’hui on voit des multinationales qui fixent leur propre taux d’impôt et vont le négocier avec les pays les plus accueillants… Et si on reproche à une banque française d’avoir des filiales aux Bermudes, elle répondra qu’elle est en conformité avec la réglementation française. Idem pour Monaco, Jersey ou Guernesey, qui sont pourtant aujourd’hui à nouveau mis en cause dans les Paradise Papers. Il faut donc commencer par établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux, une liste claire et de la transparence. On l’exige chez les parlementaires, et c’est bien normal, mais on ne la demande ni aux multinationales, ni aux banques, ni à ces cabinets d’avocats. Et il faut arrêter de dire que l’évasion fiscale est un dysfonctionnement de l’économie libérale, elle est au cœur du système. Henry Morgenthau, secrétaire d’État de Roosevelt dans les années 1930 aux États-Unis, disait que l’impôt était le prix à payer pour vivre dans un monde civilisé. Et les multinationales veulent la jungle.

Peut-on espérer une réponse politique ?

Éric Bocquet On est dans un contexte où le politique a capitulé, il y a eu tellement de complicités et de renonciations. La France s’honorerait d’incarner cette résistance, d’avoir un autre rôle. Mais non, Macron repousse les discussions sur la taxe Tobin à l’échelle européenne, fait la flat tax sur les revenus du capital… Ce gouvernement est au service de l’argent et, comme le précédent, il joue le jeu du dumping fiscal mondial. L’impôt sur les sociétés était à 33 %, il est passé à 28 et sera bientôt à 25 %. Anecdote éclairante : lors d’une audition à la commission des Finances du Sénat au mois de mai, les représentants de la finance et la directrice générale du Trésor de Bercy, autrement dit les banques et la République main dans la main, ont tenu le même discours : profitons du Brexit pour attirer les institutions financières. Les banques ont mis deux conditions : pas de taxes et une réforme de fond du Code du travail. Lorsqu’on dit que c’est la finance qui fait la politique des États, il n’y a qu’à voir les réformes récentes pour voir où nous en sommes… Le combat à mener est là. Reconquérir le pouvoir concédé à la finance. On le voit bien avec Emmanuel Macron, mais c’est encore plus vrai avec Donald Trump, dont les ministres, les conseillers, les financeurs sont impliqués dans le scandale. Voilà un président des États-Unis qui peut se vanter de ne pas avoir payé d’impôt fédéral depuis vingt ans sans que cela ne gêne outre mesure et qui, dans sa première administration, a employé 3 personnes de Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires du monde… On tue la politique à dessein, car on préfère gérer la société sans le peuple, et tant pis pour les taux record d’abstention aux élections. L’oligarchie, ce n’est pas une vue de l’esprit, ça existe.

Éric Bocquet, Sénateur PCF, est coauteur de Sans domicile fisc

Le vertige des chiffres

Dans le sillage du Monde, la presse avance que l’évasion fiscale représente 20 milliards d’euros par an en France, 120 pour l’Europe, 350 dans le monde. Or, « les évaluations réalisées par les deux commissions d’enquête parlementaire, l’une au Sénat et l’autre à l’Assemblée, estiment que l’évasion fiscale en France est comprise entre 60 à 80 milliards d’euros chaque année », explique le sénateur Éric Bocquet. À l’échelle mondiale, l’économiste Gabriel Zucman, dans la Richesse cachée des nations, estime que 8 % de la richesse serait stockée dans les paradis fiscaux, soit 5 000 milliards d’euros.

Journaliste, spécialiste des nouvelles technologies
Partager cet article
Repost0
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:02
Sébastien Jumel, à gauche, avec Pierre Darhéville et Elsa Faucillon, trois députés communistes brillants et combatifs

Sébastien Jumel, à gauche, avec Pierre Darhéville et Elsa Faucillon, trois députés communistes brillants et combatifs

«Je ne veux pas faire de critique implicite, je ne suis pas là pour commenter tous les faits et gestes de Jean-Luc Mélenchon» mais «la mobilisation sociale ne se décrète pas», a dit le député de la Seine-Maritime lors de l’émission «Questions d’info» LCP-Le Monde-franceinfo-AFP.

«Les syndicats s’y essaient avec force, avec sérieux, avec esprit de responsabilité, il leur appartient de continuer à travailler aux convergences nécessaires à bâtir pour faire grandir la mobilisation. Et nous, notre responsabilité politique, c’est de donner de la perspective, de l’espoir, un prolongement alternatif au mouvement social. Souvent, le mouvement social a du mal à émerger lorsque l’alternative politique a du mal à émerger elle-même», a poursuivi l’ancien maire de Dieppe.

«Quand on a affaire à un gouvernement aussi brutal», «multipliant les humiliations de classe, il n’y a pas de place pour la polémique dans l’opposition (...) On a des relations de travail efficaces avec les parlementaires (LFI), avec François Ruffin, avec Clémentine Autain, avec l’ensemble des parlementaires», a relevé M. Jumel.

«J’ai dit à Jean-Luc Mélenchon avec le sourire que j’étais trop insoumis pour être +Insoumis+. Je suis né dans un berceau de l’anarcho-syndicalisme, indiscipliné chez les communistes et trop insoumis pour être +Insoumis+», a expliqué l’élu.

«Les journalistes, et je ne les stigmatise pas en disant ça, ont considéré qu’il y avait une opposition à Macron. Non, il y a des oppositions, elles ont vocation à s’additionner, à multiplier leurs forces», selon lui.

«J’entends et je comprends que LFI va avoir un débat interne» sur la laïcité, a-t-il par ailleurs noté. «Pour ce qui nous concerne, les communistes, cette question est tranchée depuis longtemps: nous considérons qu’il y a vocation à ne stigmatiser aucune religion» et «que les religions soient dans la sphère privée ».

Quant à Benoît Hamon, «l’appel du Texas, c’est quand même pas l’appel du général De Gaulle à Londres», a ironisé M. Jumel en réféfrence à son appel depuis Austin (Etats-Unis) à une «alliance internationale» des «progressistes». «Benoît Hamon peine à crédibiliser son mouvement».

Libération, 9 novembre 2017

Partager cet article
Repost0
11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:55
A Marseille, la Gauche Unie Européenne se réunit pour un forum des alternatives ces vendredi 10 et samedi 11 septembre: cette manifestation européenne de rencontre des gauches anti-libérales se terminera par un grand concert de soutien aux migrants aujourd'hui

400 participants et 100 partis représentés au forum européen de Marseille, organisé par le PCF, pour tracer des perspectives de convergence en Europe.

A Marseille, un Forum des gauches européennes pour mesurer "l'urgence de se rassembler" 

Marseille accueille vendredi et samedi un Forum européen à l'initiative du Parti de la gauche européenne, l'occasion pour les 400 participants de 30 pays attendus de travailler à "rassembler les forces de gauche dans leur très grande diversité", espère le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

Côté français, si des membres du PCF, du Parti de Gauche, d'EELV, du PS ou du mouvement de Benoît Hamon sont attendus, aucun membre de La France Insoumise ne devrait prendre part au rassemblement --même si le chef de file du mouvement et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon est lui-même présent à Marseille ce week-end.

Évoquant la volonté de "faire face à la fuite en avant libérale" à l’œuvre selon lui en Europe et de "résister à la montée des extrêmes droites", Pierre Laurent a assuré que "tous ceux qui dans la gauche française [partageaient] cet objectif [étaient] les bienvenus, Jean-Luc Mélenchon évidemment le premier".

"Le défi de rassembler les forces de gauche est en réalité un défi qui existe dans l'ensemble de l'Europe. Il y a beaucoup de forces de gauche en Europe mais elles sont aujourd'hui à nos yeux trop dispersées. Face à l'urgence de la menace des droites et des extrêmes droites en Europe, nous avons le devoir de nous rassembler", a poursuivi M. Laurent lors d'un point presse.

"Si le Forum de Marseille peut aider les gauches françaises à reprendre au plus vite le travail de leur convergence et de leur unité, j'en serais le premier heureux", a-t-il ajouté.

"Il faut retrouver le sens du progrès social. L'Europe a été construite soi-disant pour faire une zone de prospérité, de développement social. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse: L'Europe connaît de très graves inégalités, des précarités et des chômages massifs, et des politiques de déréglementation sociale, comme les ordonnances Macron en France qui détruisent les droits sociaux", a encore ajouté Pierre Laurent.

"Nous voulons un autre mode de développement pour l'Europe, qui soit un mode de développement social et écologique", a-t-il aussi poursuivi, annonçant également des manifestations organisées en soutien avec les migrants, sur le Vieux-Port de Marseille et dans l'enceinte même du Forum, avec un concert.

Le Forum, qui devrait être le premier d'une série de rassemblements organisés annuellement, sur le modèle du Forum de Sao Paulo en Amérique latine et dans les Caraïbes, rassemblera quelque 400 participants --membres de partis politiques, d'associations ou de syndicats.

#MEF17

Partager cet article
Repost0
9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 05:41
Un discours important de Pierre Laurent sur la révolution d'Octobre et l'avenir du communisme (samedi 4 novembre, à l'occasion du mois d'initiatives sur la Révolution d'Octobre organisées par le PCF)

Article de l'Humanité du 6 novembre sur le discours de Pierre Laurent

« Rêvolutions »/1917-2017 : DISCOURS DE PIERRE LAURENT

La ré-invention du Parti communiste est la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire (Pierre Laurent)

Vous trouverez, ci-dessous et en pièce-jointe, le discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, samedi 4 novembre, à l'occasion de la clôture du mois d'initiatives autour de la Révolution (1917-2017).

Ce discours important porte à la fois sur le sens, la visée communiste, et sur l'actualité des combats communistes.

 

Chers amis, chers camarades,

En plein conflit mondial, il y a cent ans, le 20ème siècle s'est ouvert par une immense promesse : la Révolution d’Octobre.

Une révolution qui revendique « le pain, la paix, la dignité », dans une Russie tsariste en pleine décrépitude, qui tente de faire triompher l'appropriation sociale des travailleurs dans un monde capitaliste et impérialiste en pleine expansion et en pleine guerre.

Cette promesse d'octobre 1917, la magnifique exposition d'affiches disponible en cet Espace Niemeyer, les nombreuses conférences et débats qui se sont tenus, l'ont à la fois illustrée et fait revivre, en ont éclairé la portée.

- Je remercie Alain Gesgon, Lydia Samarbakhsh, Frédéric Genevée, Corentin Lahu, Marie-Pierre Boursier, l'ensemble des camarades bénévoles du PCF, qui, par leur présence et leur engagement ont assuré le succès de ce mois d'initiatives-

Ces 3 semaines autour de la Révolution russe de 1917 ont permis de réévaluer ce moment de l'histoire et de l'aventure révolutionnaire humaine. Elles nous conduisent depuis deux jours à réfléchir à l'actualité de l'idée de révolution aujourd'hui, pour mieux repenser les chemins de nouvelles révolutions.

On appelle souvent révolution en politique des moments d'accélération, de précipitation de l'histoire.

Ces trois semaines de réflexion nous auront aussi servi à prendre conscience des temps longs dans lesquels elles s'inscrivent.

 

Les journées d'octobre 1917 en Russie, ou celles de juillet 1789 en France, cristallisent des processus profonds, au cours desquelles se renforce et s'exprime la conscience populaire et politique de la nécessité de bouleverser les rapports sociaux.

Nous vivons une telle période, où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux.C'est pourquoi, pour nous communistes et révolutionnaires du 21ème siècle, ces 3 semaines furent aussi une invitation à réinventer, dans les conditions et les rapports de force d'aujourd'hui, les transformations révolutionnaires dont la France, mais aussi notre monde ont besoin.

Le capitalisme mondialisé est à la fois hyper puissant et dominateur, mais désormais miné par des contradictions dont l'ampleur le rende incapable d'assurer l'avenir et même à terme la survie de l'Humanité.

La révolution russe, son accélération en octobre 1917, ne nait pas de rien ; elle n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle plonge ses racines dans le développement du mouvement ouvrier et de la pensée de Marx, tout au long du 19ème siècle et dans celle de Lénine au début du 20ème.

 

Pour retrouver la portée qu'elle eut en France et en Europe, il faut entendre les âpres luttes de classes du 19ème siècle, les révoltes ouvrières si durement réprimées. Il faut entendre la révolte des canuts à Lyon, leur chanson « c'est nous les canuts, nous sommes tout nus... ».

Il faut entendre les prolétaires français partant « à l’assaut du ciel » selon la formule de Marx, à deux pas d’ici, avec la Commune de Paris.

72 jours d’héroïsme éblouissants .

72 jours conclus par la semaine sanglante avec l’écrasement de la Commune et près de 10 000 morts.

Dix semaines dont les révolutionnaires de toute l'Europe tireront beaucoup de leçons.

Pour entendre 1917, il faut avoir en tête Fourmies, ce 1er Mai 1891, sa manifestation pacifique pour demander la journée de 8 heures et la réponse implacable de la bourgeoisie qui voit là une insupportable atteinte à sa domination rapace, jusqu'à tuer de nombreux manifestants dont le plus jeune avait 11 ans et le plus âgé 30.


C’est dans ce monde-là que surgit 1917, dans ce monde où la machine de guerre des rivalités impérialistes se déploie à toute force, indifférente à la boucherie humaine qu'elle déchaîne, broyant les hommes et la nature et où, en 3 ans, plus de deux millions d'hommes trouvent la mort sur le seul Front oriental.

Face à ce système, l'idée socialiste que Balzac, déjà, avant Marx, nommait « communisme », progresse. Mais nulle part, à l'échelle nationale, elle ne parvient à l’emporter depuis la glorieuse mais si cruellement éphémère Commune de Paris.

Et surgit 1917.

En février, le peuple russe balaie le tricentenaire tsariste et, en octobre, en quelques jours, il fait basculer l’histoire du monde.

 

« La cause pour laquelle le peuple a lutté : proposition immédiate de paix démocratique, abolition du droit de propriété sur la terre des propriétaires fonciers, contrôle ouvrier de la production, création d’un gouvernement des Soviets, cette cause est assurée » dira le Comité Révolutionnaire dans sa déclaration du 25 octobre à 10 heures.

Dès le 26, c’est le Décret sur la paix face à la boucherie impérialiste de la Première Guerre mondiale .

Puis le 27, un projet de règlement sur le contrôle ouvrier qui donne aux ouvriers la maîtrise de l’entreprise.

La révolution s’étend dès lors tous azimuts.

Elle ébranle jusqu’au tréfonds les logiques impérialistes d'asservissement des peuples et, par là même, les fondements du colonialisme comme instrument de domination des plus grandes puissances.

Le décret sur la paix est plus clair que jamais :

« Si une nation est maintenue par la force dans les frontières d’un État donné, si, malgré le désir exprimé de sa part [...], on ne lui accorde pas le droit de trancher par un vote libre, sans la moindre contrainte, après l’évacuation totale de l’armée de la nation à laquelle elle est rattachée [...] la question des formes de son existence politique, alors son rattachement est une annexion, c’est-à-dire une conquête et un acte de violence »


Et bientôt, librement, la Finlande devient indépendante. Faut-il rappeler qu’au même moment, on razziait dans l’Empire français pour envoyer en première ligne les troupes coloniales ?

La Révolution d’Octobre, parce qu’elle touche au cœur du capital, parce qu’elle s’attaque en même temps à mille dimensions de l’aliénation et de l’exploitation, doit, dès sa naissance, faire face à une lutte des classes internationale féroce.

Tout est fait pour écraser ce spectre rouge qui hante l'Europe, annoncé par le « Manifeste du parti communiste » de Marx et Engels et qui cherche alors les voies de son incarnation mondiale dans le chaos de la guerre mondiale et d’un capitalisme éruptif.

Comment Octobre, malgré la propagande de guerre, aurait-il pu, dès lors, échouer à trouver le large écho mondial qu’il rencontra effectivement ?

Comment Marcel Cachin, directeur de L’Humanité, qui avait 2 ans au moment de l’écrasement de la Commune et 22 au moment de Fourmies, pouvait-il ne pas applaudir devant la jeune République des Soviets défrichant des territoires nouveaux dans l’histoire de l’humanité ?

Comment ne pas soutenir de toutes ses forces la promesse généreuse et fougueuse de ce « pays adolescent » pour citer Maïakovski ?

Ce pays qui semble donner des contours de chair à ce qui n’était qu’une sorte de rêve...

Bien sûr, aujourd'hui nous connaissons la suite, la logique de guerre imposée par les forces impérialistes coalisées, les tentatives de réforme de la Nouvelle Politique Economique (NEP) pour sortir de la crise et de la famine, la mort de Lénine, les promesses non abouties et puis, malgré l'essor économique, le processus émancipateur qui s'enlise dans un système contre- révolutionnaire, répressif, dictatorial et inhumain : le stalinisme.

C'est le paradoxe du grand souffle de 1917.

Il aura généré des processus révolutionnaires et anti-colonialistes qui auront balayé tout le siècle.

Il placera encore l'Union Soviétique, pourtant déjà saignée par les purges staliniennes, à la tête de la lutte contre le nazisme, prolongeant un temps son prestige de la libération.

Mais il aura inexorablement dégénéré vers un système stalinien monstrueux dont l'URSS ne se relèvera finalement jamais.


 

Nous n'oublions rien de cette histoire, ni le souffle de 1917, ni la puissance irrésistible d’un peuple qui décide de prendre en mains son destin ; ni l'impasse d'un système qui nie le pouvoir démocratique de ce peuple.

Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement.

Il n'y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple n’est pas négociable .

C'est la condition de la réussite.

est un fondement et une condition de notre projet politique.

En 1973, Georges Marchais (dont une exposition, qui succédera à celle-ci et sera inaugurée le 27 novembre, rappellera l’apport qui fut le sien, à l'occasion du 20ème anniversaire de sa disparition), publia un essai, « Le Défi démocratique » qui agira ensuite telle une onde de choc pour le PCF.

Ce défi démocratique était lancé, expliquait-il, tout à la fois à la société et au Parti communiste.

Il s’agissait de trouver une réponse neuve à une situation elle-même inédite, celle d’une crise globale et durable qui ne faisait que commencer.

Sa conviction était que cette réponse serait un progrès continu de la démocratie. La démocratie comme but et comme moyen de la révolution.

Cette réponse, nous la faisons nôtre aujourd'hui, avec une force renouvelée.

Nous la faisons nôtre dans l’échange et le travail commun avec chacune et chacun de ceux qui ne se résignent pas à un monde et à une société de plus en plus injustes et inégaux, avec chacune et chacun de ceux qui veulent décider de leur propre destin pour que les solutions à ce monde en crise soient imaginées, construites, réalisées par eux, dans le partage et la démocratie.

Oui, nous l'affirmons plus fort que jamais :

Nous ne combattrons jusqu'à la racine ce système capitaliste, où les richesses et les pouvoirs sont concentrés comme jamais. Nous ne le dépasserons pour une nouvelle logique de développement humain que si la démocratisation, la diffusion et l'extension des pouvoirs dans les mains du plus grand nombre est continue, que si se substituent aux logiques actuelles une utilisation solidaire et partagée des immenses richesses créées aujourd'hui par le travail et les savoirs.

Le capitalisme n'étendra plus les droits humains.

Il tente chaque jour désormais de les restreindre pour perpétuer sa domination.

L'émancipation humaine sera désormais indissociablement sociale, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste.

Tel est donc notre cap : l'extension continue et planétaire des droits humains par la démocratie, pour le progrès social solidaire, l'avenir écologique, la liberté féministe, le refus de tout racisme, pour la maîtrise partagée des richesses et des savoirs et le droit à la paix.

Le 21ème siècle est le siècle qui, le premier, va se confronter, à l'échelle de la planète toute entière, à la question du post-capitalisme.

Le système capitaliste s’est mondialisé et a acquis, à la fin du 20ème siècle, une hégémonie politique provisoire.

Mais on sent bien qu’il se montre de plus en plus incapable de répondre aux nombreux défis contemporains, qu’il s’agisse de la justice et de l’égalité dans la mondialisation, des enjeux écologiques, de la nécessité d’un usage collaboratif du numérique ou encore de la qualité du travail avec des salariés qui sont de plus en plus formés grâce au progrès de l’éducation.

Le système capitaliste mondialisé n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine.

Le monde craque et le monde souffre. Il est entravé, dans ses développements, par les logiques de la rentabilité financière à outrance et par l’exacerbation de la concurrence alors qu’il faudrait développer la coopération et le partage.

L'heure est venue d’œuvrer concrètement au dépassement de ce système.

A l’heure du réchauffement climatique et des dégradations environnementales menaçant l’espèce humaine tout entière, qui ne voit que le capitalisme freine avec toute son énergie les révolutions écologiques nécessaires, comme l'atteste encore ces jours-ci l'affaire du glyphosate ?

A l'heure de la prolifération du terrorisme, né dans les plaies de la guerre, des inégalités, des prédations néo-coloniales, qui ose nommer la racine du mal, ce monde déréglementé, brutal, foncièrement inégal ?

A l’heure des trafics en tous genres, touchant tous les continents, qui est prêt à s’attaquer aux spéculations et spoliations financières qui nourrissent ces trafics au lieu de permettre le développement de l’humanité ?

Qui est décidé à s’attaquer à la privatisation des richesses du travail humain par le système bancaire et financier, aux 80 milliards d'€uros d’évasion fiscale soustraits à la France, aux 1 000 milliards d'€uros soustraits de l’UE (3 fois le budget de la France !), aux 14 000 milliards d'€uros (près de 50 fois le budget de la France, la 6e puissance mondiale !) qui grenouillent dans les paradis fiscaux ?

Cette terrible contradiction entre des possibilités inouïes de répondre aux besoins humains et un monde tiré en arrière par la rapacité des multinationales et l'obésité de la finance génère désormais un chaos et une instabilité politiques chroniques.

Les crises politiques frappent, presque successivement, tous les pays d'Europe, comme on l'on voit dernièrement en Espagne, avec aussi un sinistre retour au premier plan des extrêmes droites, notamment en Allemagne avec l'entrée au Bundestag des néo-nazis.

Ceux qui tiennent le manche l’ont bien compris, à commencer par le Président Macron qui n’a pas intitulé par hasard son livre de campagne « Révolution », et parle à propos de l'Europe d'une nécessaire « refondation ».

Les tenants de la classe possédante savent que le statu quo est impossible.

Mais leur révolution, c'est celle du Guépard de Visconti : « il faut que quelque chose change pour que tout continue comme avant ».

En réalité, nous vivons bien le temps des révolutions.

Les savoirs explosent, la productivité du travail est exponentielle et la révolution numérique bouleverse la donne.

L'ordre ancien craque car il paraît fou de n'utiliser ces immenses potentiels qu'au service d'une minorité mondiale de plus en plus restreinte mais de plus en plus indécemment riche et puissante.

Enfermé dans les logiques capitalistes, le monde, avec les immenses pouvoirs que donnent à ceux qui les détiennent les possibilités créatrices du 21ème siècle, devient dangereux.

Tout appelle à de nouveaux rapports sociaux et c'est cette révolution contre laquelle les tenants du système capitaliste s'arc-boutent.

La révolution, les révolutions deviennent dès lors l'objet d'une bataille d'idées intense et renouvelée.

Macron et les siens en ont conscience. Les révolutions, leur sens, se gagnent dans les têtes, dans la conscience politique de tout un chacun.

Cette conscience, ils la travaillent, là aussi avec une puissance médiatique qui a changé d'échelle. Ils essaient de la modeler pour leurs propres objectifs. Il leur faut imposer à tout prix l'idée que l'organisation normale de toute société suppose « des premiers de cordée » et l'immense masse des autres, « ceux qui ne sont rien » qui sont donc destinés à suivre les premiers.

Mais Monsieur Macron, qui étaient les premiers de cordée dans la Russie de septembre 1917 ?

Qui d'autres, sinon les oligarques tsaristes, les propriétaires des terres qui exploitaient les moujiks !

Karl Marx, dans cette extraordinaire anticipation, avait une fois de plus vu juste :

« Le capital [...] est en fait, dans son mouvement pratique, aussi peu déterminé par la perspective d’un pourrissement futur de l’humanité [...] que par l’éventuelle chute de la Terre sur le soleil. Dans toute escroquerie financière, chaque actionnaire sait que la tempête arrivera un jour, mais chacun espère qu’elle tombera sur la tête de son voisin après que lui-même aura recueilli la pluie d’or et l’aura mise en sécurité. Après moi, le déluge : telle est la devise de tout capitaliste ».

Alors, pour éviter le déluge, nous sommes devant un choix.

Car si la révolution qui pourrait libérer la société de ces entraves est vraiment à l’ordre du jour du 21ème siècle, cela ne veut pas dire qu’elle adviendra.

Si cette révolution des rapports sociaux ne se produit pas, nous pouvons au contraire aller vers un monde de plus en plus brutal, violent et inégalitaire, un monde où la domination de puissances multinationales risque de devenir extrêmement pesante, s'insinuant dans tous les choix de nos vies quotidiennes et dans le contrôle de nos libertés.

Une chose est sûre, les choses ne resteront plus en l’état.

Le monde est entré dans une instabilité très profonde.

A nous d'en faire émerger le meilleur et non le pire.

Le Parti communiste aborde ces défis de manière offensive.

Plus que jamais, nous n'entendons pas rester spectateurs des évolutions et révolutions en cours.
Nous entendons être des acteurs utiles à notre peuple pour qu'il prenne en main son destin.

L’humanité a les moyens à peu près de tout faire mais elle ne peut pas tout se permettre.

Mais qui alors va choisir ?

Qui se donnera les moyens de choisir ?

Qui décide ce que l’entreprise doit produire, où elle doit produire, de quelle façon, par quelles méthodes, en utilisant quelles matières premières, quelles énergies ?

Ces décisions sont aujourd’hui aux mains des seuls représentants des actionnaires. Et on sait qu’ils n’ont qu’un cap : les dividendes.

Est-ce raisonnable ? Est-ce humainement tenable ?

Un immense mouvement pour la démocratie doit permettre aux salariés, aux chercheurs, aux agriculteurs, aux citoyens, aux habitants de quartiers, aux locataires, aux jeunes, aux étudiants et lycéens, aux usagers des services publics… de maîtriser les lieux de pouvoir ou d’en créer de nouveaux.

De nouvelles formes de démocratie et d'appropriation sociale, participatives, coopératives, délibératives, doivent étendre considérablement le champ actuel des pouvoirs populaires.

Comment travailler, au service de quels objectifs, dans l'intérêt de qui ?

Comment produire, consommer, faire société dans la ville et sur tout le territoire ?

Comment s'émanciper individuellement dans la solidarité du développement de tous ?

Chacune de ces questions a droit à une réponse démocratique à mille lieux de la confiscation et de l'opacité de la plupart des pouvoirs aujourd'hui.

Le communisme, pour nous, c'est précisément le mouvement continu de cette émancipation humaine contre toutes les dominations, toutes les aliénations.

C'est un mouvement continu de conquête démocratique.

Le communisme est avant tout un processus pour une mise en commun des capacités humaines et des ressources naturelles démocratiquement décidée, progressivement construite et sans cesse renouvelée.

L'invention d'une nouvelle République, d'un nouvel âge de la démocratie est au cœur de notre projet communiste.

Dans le monde interdépendant qui est le nôtre, cette bataille des pouvoirs se mène à toutes les échelles, locale, nationale, européenne, mondiale.

La révolution aujourd'hui est multiforme et elle ne se résume pas à la seule conquête du pouvoir d'Etat, aussi important soit cet enjeu, à la condition de repenser ainsi très profondément la formation de l'état.

Nous voulons, partout et en toutes circonstances, susciter, encourager les mouvements pour des conquêtes citoyennes, concrètes, immédiates.

En construisant des services publics, en créant la Sécurité sociale, les colonies de vacances, le tourisme social, la politique du logement social…, les communistes ont œuvré à la révolution contre les pouvoirs du capital.Aujourd'hui, ce sont toutes les pratiques et les expérimentations sociales, démocratiques, écologiques qui sont les terrains de ces luttes.Nous voulons rendre notre communisme plus quotidien, plus concret, mieux ancré dans les contradictions de l'époque.


Nous devons nous-mêmes construire des pouvoirs sur les moyens considérables que nous offrent les technologies numériques.

 

Nous voulons, en multipliant les initiatives de solidarités concrètes, les espaces citoyens de délibérations, les fabriques solidaires, libérer toutes les énergies démocratiques, leur donner sens et possibilité de s’associer.

En un mot, nous voulons faire le pari d'un nouveau progrès humain en chemin contre les logiques qui en entravent le développement.

Pour plagier Saint Just, nous affirmons que le progrès social et écologique est une idée neuve en France et en Europe !!!

 

C'est pourquoi, par exemple, nous venons de décider de tenir, face à l'offensive anti-sociale de Macron, des Etats Généraux du progrès social, le 3 février 2018.

Car notre résistance n'est pas défensive, elle est porteuse de projet.

Nous allons, dans les jours qui viennent, mettre à disposition des Cahiers du progrès social pour soumettre nos propositions, recueillir celles des citoyen-ne-s, des salarié-e-s, acteurs associatifs, culturels, économiques…

Ensuite, nous organiserons une première étape nationale de cette campagne, le 3 février prochain, par la tenue d'états généraux du progrès social, ouverts à tous les citoyen-ne-s et à toutes les forces qui partagent cette démarche.

Ils seront un lieu où se mêleront les témoignages des luttes, l’expression des revendications, mais aussi et surtout les propositions et la construction de solutions.

Un lieu aussi où d'autres étapes de cette campagne pourront être proposées pour porter, par la mobilisation populaire, les mesures indispensables à une révolution sociale.

Faire révolution aujourd'hui, c’est donc pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des individus, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie.

La révolution du 21ème siècle, nous la concevons comme un processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes.

En effet, quelle que soit la poussée révolutionnaire, émancipatrice ou démocratique, où qu'elle se produise, elle a besoin d'une dimension internationale pour tenir dans la durée.

Sinon, les logiques de la mondialisation et la puissance de concentration du capital financier deviennent des obstacles difficilement surmontables. Voilà pourquoi, nous nous attelons à la construction de convergences des luttes solides et durables entre forces européennes comme nous le ferons les 10, 11 novembre lors du Forum européen de Marseille.

La question écologique, la question de la paix, oui une nouvelle fois de la paix quand tant de menaces pèsent à nouveau, la lutte contre le pouvoir des transnationales sont des enjeux majeurs de cette lutte mondiale.

Le combat féministe, la conquête d’une égalité pleine et entière des femmes est assurément aussi l’un des chemins les plus puissants de la nécessaire révolution des rapports sociaux au 21ème siècle.

Nous n'oublions pas qu'en Octobre 1917, lorsque le « gouvernement ouvrier et paysan » est mis en place, Alexandra Kollontaï fait partie de ce gouvernement.

C’est la première femme ministre au monde.

En France, à cette époque, les femmes n’ont même pas le droit d’avoir un compte bancaire à leur nom !

Et le PCF, près de 10 ans plus tard, sera poursuivi en justice pour avoir présenté des femmes aux élections municipales !

Ce combat, les femmes qui prennent aujourd'hui la parole contre les violences sexuelles nous le rappellent avec force, est très largement devant nous.

C’est la conjugaison de tous ces mouvements, leur capacité à trouver du sens en commun qui feront ou non un processus révolutionnaire.

C’est pour mener ce combat avec une efficacité repensée que le Parti communiste veut changer, mener à bien le processus de sa propre révolution.

Les communistes fixeront dans quelques jours l'ordre du jour de leur Congrès, lors de l'assemblée des animatrices et animateurs de section qui se tiendra à la Cité des Sciences de la Villette, le 18 novembre prochain.

La ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d'affronter ces défis, est la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire.

Ce chantier, ces chantiers, nous allons les engager avec confiance et détermination.

Chers amis, chers camarades,

Cent ans après 1917, nous n'irons pas prendre d’assaut ce soir le central téléphonique et le Palais de l’Élysée.

Après 1789, 1871, 1917, 1945 puis 1968, c'est une autre révolution qui est à l'ordre du jour de l'humanité, de nouveaux chemins de révolution que nous avons à ouvrir ensemble.

En 2017, face aux défis gigantesques qui s'additionnent, il est temps qu'une implication populaire durable, et non seulement insurrectionnelle, pousse et prolonge dans tous les domaines, par la conquête citoyenne permanente, les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent.

Cette implication, c'est ce que nous nommons « Le communisme de nouvelle génération ». et c'est à la penser que nous aurons consacrés avec bonheur ce mois de débats.


Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

Paris, le 4 novembre 2017.

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 14:11
Contre la politique du Président des riches, tous dans la rue le 16 novembre!

Contre la politique du Président des riches, tous dans la rue le 16 novembre !

 

Face à la politique d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, faisons-nous entendre ! Refusons la casse du code du travail avec les ordonnances. Dénonçons les dispositions inégalitaires votées dans le budget (ISF, APL, réforme impôt sur les hauts revenus...) qui viendront enrichir les plus fortunés. Mobilisons-nous pour l'hôpital public et et les services publics lourdement menacés.

 

Rendez-vous le jeudi 16 novembre

Une autre utilisation de l'argent est possible, les communistes proposent :

Reprendre l'argent :

  • Suppression de la réforme de l'ISF : +3,2 Mds d'euros

  • Suppression de la taxe unique à 30 % et de la baisse de la taxe sur les transactions financières : 4 Mds d'euros

  • Suppression de la baisse de l'impôt sur les sociétés : +1,2 Mds d'euros

  • Suppression du CICE : +28 Mds d'euros

  • Plan de lutte contre l'évasion fiscale : 7 Mds d'euros

Répondre aux besoins humains :

  • 28 Mds d'euros pour le pouvoir d'achat : annulation augmentation de la CSG, baisse de la TVA sur les produits de 1ere nécessité, rétablissement de la demi-part des veuves et veufs

  • 6,5 Mds pour l'hôpital public et la Sécurité sociale

  • 5 Mds en faveur de l'école publique et de l'éducation

  • 3 Mds pour les collectivités locales et les services publics

  • 2,5 milliards d'euros pour le logement

 

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 07:29
Les députés communistes engagés contre l'évasion fiscale

Depuis de nombreuses années, les députés communistes font des propositions pour lutter contre l’évasion fiscale qui n’ont jamais été retenues par les Gouvernements en place. Ainsi, dans le cadre du budget pour 2018, ont-ils porté et défendu des amendements visant à récupérer 30 à 40 milliards d’euros sur 5 ans. Ces propositions ont tous été rejetées par la majorité, et pour cause, il ne s’agit pas d’une priorité pour l’exécutif. Sous la majorité précédente, les députés ont voté, à une très large majorité, une résolution de notre groupe appelant le Gouvernement français à initier une « COP de la finance mondiale », sur le modèle de la conférence sur le climat. Depuis, malgré ce vote de la représentation nationale, l’exécutif n’a toujours pas pris d’initiatives auprès des Nations-Unies pour combattre les dérives de la finance mondiale, de la fraude et de l’évasion fiscale. Nous attendons désormais, comme la majorité de nos concitoyens, que le Gouvernement prenne ses responsabilités pour agir enfin en faveur du plus grand nombre et non une poignée de privilégiés

Les députés communistes engagés contre l'évasion fiscale
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011