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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 13:06
Stephane Peu

Stephane Peu

Les députés communistes s’opposent avec vigueur aux mauvais coups portés contre le logement social

vendredi 3 novembre 2017

Assemblée nationale le 31 octobre 2017

Projet de loi de finances pour 2018 - Examen des crédits relatifs à la cohésion des territoires - Discussion du budget logement

Intervention de Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis :

En janvier 2006, l’abbé Pierre est venu dans l’enceinte de notre assemblée pour soutenir la loi SRU – solidarité et renouvellement urbains – remise en cause par la majorité d’alors. À cette occasion, il déclarait : « Si je suis là, […] c’est que se trouve mis en question l’honneur de la France ». L’honneur, disait-il, « c’est quand le fort s’applique […] à aider le faible », et il demandait à la majorité d’alors comment elle en était arrivée à faire le contraire.

S’il était encore vivant, il serait ici, j’en suis certain, plus déterminé que jamais, vent debout, comme tous les acteurs du logement – le mouvement HLM, les associations de solidarité, les élus locaux, les professionnels du bâtiment. La principale question qui se pose ce soir est la suivante : malgré ces protestations unanimes, allez-vous persévérer, monsieur le ministre, seul contre tous, à faire porter uniquement aux locataires vivant en HLM le poids des restrictions budgétaires ?

Si le budget consacré à l’APL augmente, c’est d’abord parce que la pauvreté dans notre pays progresse ; c’est ensuite parce que les loyers en vigueur dans le parc locatif privé subissent des dérives spéculatives, contrairement à ceux en vigueur dans le parc HLM qui applique, lui, des loyers réglementés. Disons-le sans détour : l’article 52 est un poison mortel qui engage le pronostic vital des organismes HLM.

Cet article est injuste et inefficace pour quatre raisons. Premièrement, plus un organisme HLM loge des ménages éligibles à l’APL, plus il sera sanctionné. Il s’agit donc d’une mesure pénalisant les organismes les plus vertueux. Deuxièmement, après avoir subi une baisse de 5 euros en 2017 et un gel des barèmes de l’APL en 2018, les locataires vivant en HLM seront condamnés à la dégradation de leur cadre de vie. En effet, plus de 80 % des capacités financières destinées à réhabiliter et entretenir le patrimoine seront ponctionnées.

Troisièmement, cet article constitue un danger mortifère pour les organismes HLM. Ainsi, dès 2018, les comptes de 120 offices publics et de 80 entreprises sociales pour l’habitat seront dans le rouge. Il en est ainsi, par exemple, de l’office Plaine Commune Habitat, que j’ai présidé jusqu’en juin dernier, né de la fusion de six organismes HLM communaux. Nous avons mis dix ans à le redresser et ces efforts de dix années seraient anéantis en une seule ?

ville du Premier ministre, mais aussi de Jules Siegfried, fondateur des HLM – dont le directeur annonce qu’il sera « K.O . » dès la première année.

La quatrième et dernière raison, c’est que les HLM ne rémunèrent pas de capital, ne versent pas de dividendes, mais réinvestissent la totalité de leurs marges dans les travaux d’amélioration, la rénovation thermique et la production neuve. Dès la première année, ce sont 12 milliards d’euros qui disparaîtront des carnets de commandes des artisans et des PME du bâtiment.

Votre stratégie sur le logement est incompréhensible. Je ne parviens pas encore à savoir s’il s’agit d’un dérapage technocratique incontrôlé ou d’une politique mûrement réfléchie, cohérente, visant à affaiblir le secteur HLM et à renforcer le secteur privé.

Je ne vous fais pas de procès d’intention mais je vous mets en garde. Les HLM ont plus de 120 ans, ils ont su évoluer, se réformer ; ils doivent encore le faire. Mais l’histoire nous a montré que le secteur pouvait être détruit en quelques années, comme lorsque Margaret Thatcher a fait le choix, au milieu des années 1980, de démanteler ce secteur, au grand dam des Britanniques aujourd’hui. Il y a dans les ministères, à Bercy en particulier, et dans les établissements financiers, des apprentis sorciers qui ont comme business model l’opération Icade, un immense scandale il y a une dizaine d’années : tout d’abord, on regroupe ; ensuite, on ouvre le capital ; puis on cède le patrimoine, avec des plus-values exorbitantes.

Mesdames et messieurs les rapporteurs, monsieur le ministre, monsieur le secrétaire d’État, vous pouvez sortir de cette impasse et restaurer la confiance. Je vous ai proposé il y a quelques jours un moratoire sur l’article 52. Cette proposition est désormais reprise par l’ensemble des acteurs de logement, notamment l’USH. Puisque vous avez annoncé une grande loi sur le logement pour le mois de février 2018, vous pouvez décider maintenant ce moratoire. Cela permettra d’engager une réelle concertation, dans un climat serein et constructif, et d’élaborer un projet de loi à la hauteur des enjeux de la crise du logement. Quinze millions d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent du mal-logement en France. C’est insupportable et indigne de la sixième puissance économique mondiale.Le logement doit être déclaré Grande cause nationale. Si vous le faites, les HLM seront vos premiers de cordée.

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 06:45
"La Sécu en danger"! - éditorial de Jean Emmanuel Ducoin dans l'Humanité du 2 novembre 2017

" La Sécu en danger " !, l'éditorial de Jean Emmanuel Ducoin dans l'Humanité du 2 novembre 2017

Une question mérite d’être posée assez brutalement: les Français ont-ils vraiment conscience de ce qui vient de se passer à l’Assemblée nationale. Avec l’adoption en première lecture du budget de la Sécurité sociale, savent-ils ce qui les attend et ce qui, à terme pourrait jeter bas la protection sociale à la française, dont les fondements universels plongent loin leurs origines dans l’histoire des luttes populaires nationales. Ont-ils la moindre idée de ce qu’ils risquent de perdre en se laissant déposséder de ce formidable projet de société, qui, selon l’ouvrier communiste devenu ministre Ambroise Croizat, devait « mettre fin à l’obsession de la misère » et voulait que « chacun cotise selon ses moyens et reçoive selon ses besoins » ? Pour parvenir à anéantir ce conquis de civilisation jalousé dans le monde, Macron et son gouvernement viennent d’enfoncer l’un des fondements essentiels de notre solidarité : les cotisations sociales. Depuis soixante-dix ans, un continuum de plans de casse n’a cessé de mettre à mal cette pierre angulaire de notre pacte social, qui s’adosse à un principe général consistant à ce que les prestations de Sécurité sociale bénéficient à toutes et tous, sans distinction de revenus, puis que ses recettes sont précisément assises sur des cotisations calculées sur les revenus.

Le rêve du patronat se transforme en arme gouvernementale ! N’écoutez pas les discours dominants. Supprimer les cotisations sociales, ce serait exonérer le patronat de l’augmentation des salaires – dont la cotisation est partie intégrante – et ainsi tarir la source permettant d’assurer en commun la protection sociale, qui n’est ni un coût ni une dépense, mais une production de santé. D’autant que la destination de cette « économie » patronale ne servira qu’à nourrir les actionnaires. À cette atteinte aux salaires s’ajoute une double peine, terrible elle aussi : la hausse de la CSG, qui va alourdir la feuille d’impôt en fiscalisant la protection sociale. Par la fin du mécanisme de solidarité, la mort de la cotisation sociale signifierait celle de la Sécu, ni plus ni moins. Une coquille vide livrée aux requins des assurances privées. La fin de l’égalité et le droit de vivre dignement.

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 06:40
Jean-Paul Lecoq, Elsa Faucillon, et Pierre Darhéville...

Jean-Paul Lecoq, Elsa Faucillon, et Pierre Darhéville...

Les députés communistes :

"Le président de la République et son gouvernement ont choisi de faire plus de 20 milliards d’euros de cadeaux aux plus riches. Un choix parfaitement clair en faveur de celles et ceux qui ont déjà tout ! A contre-courant de ces choix, nous proposons de consacrer :
- 28 milliards d’euros pour le pouvoir d’achat.
- 10 milliards d’euros en soutien aux TPE, PME, l’Artisanat, l’Industrie en contrepartie d’engagements pour l’emploi et l’investissement et pour les grands projets (10 Milliards sur 5 ans).
- 6,5 milliards d’euros pour les hôpitaux et la Sécurité sociale avec comme objectif d'aller vers la couverture des soins à 100% par la Sécurité sociale.
- 3 milliards d’euros pour nos collectivités et les services publics.
- 2,5 milliards d’euros pour accompagner les agricultrices et les agriculteurs, protéger l’environnement et améliorer les transports publics.
- 2,5 milliards d’euros pour un pacte pour le logement.
- 1,5 milliard d’euros pour le développement du très haut débit.

 

Budget. « L’Humain d’abord » contre « la finance d’abord »
AURÉLIEN SOUCHEYRE
MERCREDI, 25 OCTOBRE, 2017
L'HUMANITE

Les députés PCF ont présenté hier un contre-budget dans le but de prouver que la purge antisociale imposée par le gouvernement n’a rien d’obligatoire ou de pragmatique, et que d’autres choix sont possibles.

L’Assemblée nationale a été hier le théâtre d’événements inédits. Le matin, les onze députés communistes ont fait bloc en point presse afin de présenter un contre-budget radicalement différent de celui du gouvernement. L’après-midi, les députés LREM ont, eux, tenu leur tout premier point presse – il était temps – depuis le début de la législature dans le but de défendre leur action. Entre les deux, deux visions du monde et deux visions des textes budgétaires votés hier dans l’Hémicycle. « Le budget du gouvernement est au bonheur des riches. Il est fait par les riches et pour les riches. Aucun gouvernement, même de droite, n’est jamais allé aussi loin. Eux, c’est la finance d’abord. Nous, c’est l’humain d’abord. Notre budget va leur faire beaucoup de mal, car il prouve qu’un autre chemin est possible ! » lance d’emblée Fabien Roussel, député PCF du Nord.

Une taxe sur le chiffre d’affaires des grands groupes

Afin de ne laisser aucun argument à la majorité, les députés PCF se sont même astreints à respecter la règle européenne d’un déficit à 3 % du PIB au maximum, derrière laquelle se réfugie l’exécutif pour imposer l’austérité. « Cette règle n’est qu’un prétexte pour baisser la dépense publique, mettre en concurrence les entreprises et vendre une part de nos services publics au marché. Même en visant un déficit à 0 % du PIB pour 2022, il est inutile de tout sacrifier à l’austérité », précise le parlementaire. Quelle est la recette ? Là où le gouvernement se prive de 8,4 milliards d’euros en se livrant à des cadeaux pour les plus riches, les communistes reprennent tout (3,2 milliards d’euros de suppression de l’ISF, 1,9 milliard lié au PFU, 2 milliards de baisse de la taxe sur les transactions financières, 1,2 milliard de baisse du taux de l’impôt sur les sociétés, et 100 millions de suppression de la taxe sur les salaires de plus de 152 000 euros par an). Ils récupèrent également les 4 milliards alloués au renforcement de l’arme nucléaire, et même 28 milliards de plus en supprimant Cice et « niches fiscales inefficaces ». Enfin, ils vont chercher 6 milliards avec une taxe sur le chiffre d’affaires des grands groupes, 5,8 milliards en renforçant la fiscalité sur les dividendes et les revenus financiers, 1,8 milliard avec un impôt sur les géants du numérique, et même 7 milliards grâce à un plan national de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, pensé pour récupérer entre 30 et 40 milliards sur le quinquennat.

Trois priorités : emploi, justice fiscale et pouvoir d’achat

Tout cela permet de constituer une cagnotte de 61 milliards d’euros par an, que le gouvernement refuse de constituer au motif que les plus riches et les grandes entreprises sont les mieux placés pour les « réinvestir » dans l’économie réelle. « L’argent coule à flots dans notre pays, mais toujours au profit des mêmes privilégiés, en circuit fermé. Ce n’est plus tenable », répondent les communistes. C’est pourquoi ils proposent de le prendre là où il est, avant de l’utiliser pour « répondre aux besoins des concitoyens », en visant trois priorités : « Emploi, justice fiscale et pouvoir d’achat. » 8 milliards sont ainsi prévus en soutien aux TPE, PME, à l’artisanat et à l’industrie, avec des engagements en contrepartie, loin du chèque en blanc du Cice. « Nous voulons épargner les entreprises qui investissent et embauchent, et taxer celles qui spéculent », développe Fabien Roussel. Partant du constat que la dépense publique permet à la fois de créer des services, mais aussi de soutenir l’activité économique et l’emploi, les députés PCF proposent un plan de 10 milliards d’euros pour les collectivités locales sur cinq ans, là où le gouvernement veut leur retirer 13 milliards. Cette option permettrait de transformer les emplois aidés en emplois pérennes, plutôt que de les supprimer. Ils souhaitent aussi investir 2,5 milliards dans le logement social, là où l’exécutif veut retirer 1,8 milliard de crédits, en plus de baisser les APL.

Pas moins de 28 milliards d’euros dans ce contre-budget sont consacrés à faire baisser la TVA à 19 % et celle sur les produits de première nécessité en dessous de 5 % (en visant à terme 0 %). Le rétablissement de la demi-part des veuves et des veufs est aussi de la partie. Un rehaussement des pensions de retraite à 1 000 euros au minimum est proposé, tout en annulant la hausse de la CSG. Le point d’indice des fonctionnaires est augmenté avec 2 milliards, 5 autres viennent soutenir l’école et 10 sur cinq ans sont consacrés à l’agriculture, l’environnement et les transports. Enfin, 6,5 milliards sont fléchés vers la santé et la Sécurité sociale, là où le gouvernement veut casser cette « propriété commune », selon Pierre Dharréville, et lui retirer 4,2 milliards de budget, en plus d’augmenter le forfait hospitalier. En outre, les communistes défendent aussi une échelle des salaires de 1 à 20 en entreprise et une hausse du Smic.

Richard Ferrand réfute que son budget soit pour les plus riches

« On le voit bien, une autre voie est possible, insiste le député PCF Jean-Paul Dufrègne, au lieu de quoi le gouvernement signe un chèque en blanc aux plus riches et à l’économie spéculative. » Même constat du côté de la France insoumise, qui présentera à son tour un contre-budget, le 2 novembre. « Pas une fois le capitalisme ne s’est régulé, gendarmé, sans être contraint par la puissance publique », a insisté hier Éric Coquerel. Le mouvement, en conformité avec son programme l’Avenir en commun et avec les amendements présentés, devrait proposer la création d’un impôt universel et la mise en place de 14 tranches d’imposition (le PCF en propose 9). L’impôt serait ici payé symboliquement dès le premier euro de revenu, puis de plus en plus élevé, proportionnellement aux richesses, là où le gouvernement veut casser cette progressivité puisque seuls les plus fortunés pourront accéder au plus bas des taux, situé à 12,8 %. Un cadeau, voté comme la suppression de l’ISF entre vendredi et samedi, durant « la nuit des privilèges », selon le député PS Boris Vallaud (le groupe Nouvelle Gauche a lui aussi proposé un contre-budget, principalement composé d’amendements de suppression des mesures les plus antisociales).

Autant de critiques, à gauche, qui n’ont pas ému Richard Ferrand, président du groupe LREM, lors de son premier point presse à l’Assemblée. « Il n’y a pas un gouvernement qui soit assez stupide pour consacrer un budget aux plus riches. Ça n’a pas de sens », a-t-il plaidé. « Ce que nous voulons, c’est que notre pays soit plus attractif pour les investissements privés. (…). Notre budget est un budget pour l’investissement et pour le pouvoir d’achat. Tout ce que l’on fait, c’est pour augmenter le salaire net. Pour muscler la feuille de paie et alléger la feuille d’impôt », a-t-il ajouté. Pourtant, augmenter le salaire net et augmenter le pouvoir d’achat sont deux choses différentes, à plus forte raison quand on prend d’une main ce que l’on donne de l’autre. « Quand on fait la somme de toutes les mesures antisociales, des cotisations sociales amputées, des tarifs qui vont augmenter pour la santé, le logement, la vie de tous les jours avec la purge contre les collectivités, le compte n’y est pas. C’est même l’inverse », accusent les députés PCF.

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 06:34
Cice: un rapport dénonce le trésor caché des patrons (Sébastien Crépel - L'Humanité, 31 octobre 2017)

Le montant de ce crédit d’impôt aux entreprises atteindra 21 milliards d’euros en 2018, un record. Alors que ses effets sur l’emploi sont quasi nuls, les parlementaires n’ont pas accès aux données qui permettraient de retracer son utilisation.

L’année 2018 sera celle du record absolu des remboursements et dégrèvements d’impôts divers accordés aux entreprises et aux ménages. Au total, 115,2 milliards d’euros, soit une perte sèche pour l’État équivalant à 28,5 % du total de ses recettes brutes, devraient être « restitués » au bénéfice principal des entreprises, celles-ci captant près de neuf dixièmes de ces sommes, soit environ 100 milliards. « C’est 5 points de plus qu’en 2013, et 12 milliards de plus que l’an dernier », explique le sénateur communiste Pascal Savoldelli, rapporteur pour la commission des Finances de la Haute Assemblée du chapitre « Remboursements et dégrèvements » du projet de loi de finances pour l’an prochain.

Si toutes ces dépenses ne sont pas illégitimes, loin de là – à l’instar de mesures soutenant les ménages modestes ou aidant les PME en difficulté –, ce poste est le premier budget de l’État alors que « la traçabilité de l’usage que font les entreprises d’une part importante des fonds publics fait défaut », indique l’élu du Val-de-Marne. Visés dans son rapport, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) et le crédit d’impôt en faveur de la recherche (CIR), qui pèsent ensemble pour 26,8 milliards d’euros, et dont la montée en puissance est responsable dans une large mesure de l’inflation des remboursements et dégrèvements.

Pour le sénateur Pascal Savoldelli, le Cice et le CIR représentent « 27 milliards de recettes évaporées pour l’État, car on n’en connaît ni l’usage, ni la destination, ni les objectifs. Cela équivaut quand même à deux fois le montant total de l’aide personnalisée au logement (APL), trois fois le budget de la police nationale ou encore au recrutement de 300 000 enseignants chaque année » !

1. Un coût en constante augmentation

Pour l’année 2018, le coût du Cice pour les finances publiques devrait s’élever à 21 milliards d’euros, dont 19,8 milliards de moins-values pour l’impôt sur les sociétés, une hausse de 4,3 milliards d’euros (+ 27,7 %) sur 2017 et de 7,8 milliards sur l’an dernier (+ 65 %). Si on le rapporte à la prévision de recettes nettes de l’impôt sur les sociétés pour 2018 (25,3 milliards), la perte induite par le Cice représente quelque 78 % de ces recettes. Depuis la création de ce crédit d’impôt, le total des « restitutions » d’impôt sur les sociétés (hors indus et contentieux) a été ainsi multiplié par 2,5 en cinq ans, passant de 12,45 milliards d’euros en 2013 à 31,6 milliards en 2018.

La montée en charge du Cice est due non seulement à l’augmentation de son taux (passé de 4 % des rémunérations brutes versées par les entreprises dans la limite de 2,5 Smic en 2013, à 6 % en 2014, 7 % en 2017, puis 6 % à nouveau en 2018), mais aussi au mécanisme complexe du versement aux entreprises, qui peut s’étaler jusqu’à quatre années pour un seul exercice.

Ainsi, en 2018, l’État aura à verser la créance due au titre de l’année 2017 (13,1 milliards), mais également des reliquats des sommes dues au titre des années 2013 à 2016 (6,7 milliards). « Depuis le début de l’opération Cice et jusqu’en 2019 (année de son remplacement par un allégement pérenne de cotisations sociales voulu par Emmanuel Macron – NDLR), ce dispositif aura coûté plus de 70 milliards d’euros aux finances de l’État », calcule Pascal Savoldelli.

2. Un effet plus qu’incertain sur l’emploi

L’emploi était l’une des justifications premières du crédit d’impôt, avec le « redressement de la compétitivité ». Le comité de suivi du Cice, placé sous la responsabilité de France Stratégie (ex-commissariat général au Plan), a lui-même toutes les peines du monde à mesurer son impact réel sur la création ou la préservation de postes, son dernier rapport, en date du 4 octobre, estimant « vraisemblable » un effet de l’ordre de « 100 000 emplois sauvegardés ou créés sur la période 2013-2015 », mais dans une fourchette si large, « allant de 10 000 à 200 000 emplois », que la mesure n’a guère de sens.

Même en retenant le haut de fourchette, rapporté aux 45 milliards versés pour le Cice au titre des années 2013 à 2015, chaque emploi « sauvegardé ou créé » aurait représenté un coût exorbitant de 225 000 euros sur la période. Quant au bas de la fourchette, le coût serait alors multiplié par 20. À ce prix-là, « il eût donc mieux valu – sur un strict plan économique – créer directement des emplois publics », ironisent (ou pas d’ailleurs) les auteurs d’une note sur le budget 2018 au nom des Économistes atterrés.

3. Une traçabilité inexistante

Pascal Savoldelli a fait la cuisante expérience de l’opacité du Cice en tentant d’obtenir la répartition géographique des entreprises bénéficiaires par département pour nourrir son rapport. Impossible de collecter ces données, lui a répondu l’administration des finances publiques. « Je ne demandais pas la levée du secret bancaire mais une simple carte géographique pour faire un comparatif des sommes versées avec la situation de l’emploi par département », relate l’élu du Val-de-Marne. Pour son collègue, le sénateur communiste du Nord Éric Bocquet, « de deux choses l’une : soit les données n’existent pas, soit on refuse de les transmettre à un parlementaire – la deuxième hypothèse me paraissant inquiétante. J’avais adressé un courrier il y a trois ans au préfet de mon département et l’on m’avait répondu que le secret des affaires s’opposait à la transmission d’une telle information »…

Dès juillet 2016, un rapport de l’ex-sénatrice communiste Marie-France Beaufils relevait que « l’insuffisance des données empêche une analyse territoriale fine, pourtant nécessaire, (car) tous les territoires présentent des particularités en termes de concurrence ou de positionnement à l’international », l’une des justifications du Cice étant de cibler en particulier les entreprises exposées à l’export. Or les estimations de l’élue avaient permis d’établir que « les entreprises réalisant plus de 10 % de leur chiffre d’affaires à l’exportation reçoivent seulement un cinquième de la créance », les autres bénéficiaires des quatre cinquièmes n’étant pas confrontées à ce problème.

4. Un défaut de contrôle théorisé

À quoi donc a servi le Cice, si ce n’est pas à l’emploi ou à s’ajuster face à la concurrence ? Savoir si l’argent public a été utilisé à ces fins n’est pas le problème des pouvoirs publics. Sur le site Internet du ministère de l’Économie, on peut ainsi lire noir sur blanc que « l’administration fiscale ne contrôlera pas l’utilisation du Cice », et qu’il « ne fera donc l’objet d’aucune remise en cause » en cas d’usage non conforme. Les entreprises comme Nokia, qui supprime 600 postes en France après avoir touché 67 millions d’euros en Cice et CIR en 2016 – ce qui « revient à dire que les actionnaires de Nokia auront reçu 100 000 euros d’argent public par poste supprimé », note le pôle économique de la CGT – peuvent dormir tranquilles.

« C’est le profit qui commande l’État, dans lequel les fonctionnaires sont réduits au rôle de débiteurs », s’insurge Pascal Savoldelli. Pour lui, cette « omerta organisée » constitue un « déni de démocratie », qui non seulement porte atteinte à la « fonction constitutionnelle des parlementaires de contrôle de l’usage des deniers publics », mais aussi à « la démocratie dans l’entreprise, les salariés et les représentants du personnel devant pouvoir disposer de tous les éléments sur l’utilisation du Cice ».

5. Une demande d’outils de suivi

Au moment où le gouvernement fait de la réduction de la dette et des dépenses publiques sa priorité, le sénateur s’interroge : « La dette publique, on nous en parle tous les jours, mais quid de la dette privée, qui atteint 72 % du PIB pour les sociétés non financières ? On n’en parle jamais, mais nous sommes en train de la payer. Si l’on doit mener l’exercice critique sur les dépenses publiques, il faut aussi le conduire sur les recettes dont se prive l’État. »

Cet exercice critique assumé par le rapporteur a d’ailleurs en partie porté ses fruits. La commission des Finances du Sénat a réservé son vote sur les crédits de ce chapitre du budget dans l’attente de plus amples informations, et le sénateur communiste confie avoir perçu « l’assentiment des membres de la commission à la demande d’outils de suivi du Cice ». Il y a urgence, car si le Cice est intégré de façon pérenne au barème des cotisations, « il n’y aura plus aucune traçabilité » des sommes versées, relève Pascal Savoldelli, celles-ci perdant leur caractère d’aide publique soumise à évaluation.

Vingt-cinq ans de baisses de « charges » jamais évaluées
Le diagnostic établi le 7 juillet dernier par  le comité de suivi des aides publiques aux entreprises et des engagements (Cosape), un organisme placé sous la responsabilité de France Stratégie, est édifiant. Selon le comité, « on ne dispose à ce jour d’aucune  évaluation des effets sur l’emploi » des exonérations de cotisations patronales  sur les bas salaires « sur l’ensemble des  vingt-cinq dernières années ». De même, « on sait peu de chose sur la nature des  emplois créés ou sauvegardés », et « les  conséquences à moyen et long termes (…)  sur l’appareil productif sont largement  inconnues ». Enfin, « on ne dispose d’aucune  étude sur leurs effets sur la formation, les  investissements, l’innovation, la montée   en gamme de l’économie française et la  croissance potentielle », conclut le comité.
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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 06:30

Le plan d'accès aux soins présenté par le gouvernement : démantèlement de la santé

 

Le plan dit « Egal accès aux soins dans les territoires » présenté par le gouvernement le 13 octobre dernier s’inscrit dans les politiques menées ces dernières décennies. Il consiste à réduire l’offre de soins (numérus clausus, restructuration hospitalière, virage ambulatoire) pour réduire la part des cotisations de l’Assurance Maladie au seul profit du Patronat et du capital.

Il s’inscrit aussi dans la poursuite et l’accélération du démantèlement de la Sécurité Sociale et du service public de santé concrétisées par le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale.

Ce plan est la marque de la négation des besoins de plus en plus grands qui s’expriment dans les territoires et du déni de la démocratie. L’élaboration dans la plus grande opacité et secret des Plans régionaux de santé par les Agences Régionales de Santé (ARS) en est le plus éclatant témoignage, alors que ceux-ci vont s’imposer pour les 5 à 10 prochaines années.

Ce plan est un aveu d’échec des politiques conduites jusqu’alors, mais n’a d’autre ambition que d’éteindre les incendies par des effets d’annonce.

Les communistes réclament un plan d’urgence autour de trois axes :

  • Définir les besoins de santé par bassin de vie, en mobilisant les professionnels de santé, les associations, les organisations syndicales, les élus locaux, afin de travailler aux Plan régionaux de santé.

  • Lancement d’un plan d’urgence de développement du service public de santé avec notamment l’arrêt du déploiement des GHT et des restructurations hospitalières, l’abrogation du numérus clausus et le lancement d’un plan de formation médicale et paramédicale ;

  • Financement d’un plan pour un maillage des territoires de santé, dans chaque bassin de vie ou canton, dont le pivot serait un centre de santé public travaillant en coordination avec un hôpital public de proximité et une maternité associée.

Libérer la Sécurité sociale du carquant imposé par son étatisation et la fiscalisation de ses recettes. Les moyens financiers existent, la remise en cause de l’ISF ou la poursuite du CICE le montre bien.

Le plan d'accès aux soins présenté par le gouvernement: démantèlement de la santé (PCF, 2 novembre 2017)
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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 18:54
Budget 2018: lettre-pétition aux parlementaires pour la ratification du traité d'interdiction des armes nucléaires
Budget 2018 : lettre-pétition aux parlementaires pour la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires

jeudi 2 novembre 2017

Appel du Le Collectif "en Marche pour la paix" :

Madame, Monsieur

Les parlementaires seront appelés le 7 novembre à s’exprimer sur les orientations du budget de la défense, dans un nouveau contexte marqué par l’adoption aux Nations Unies, d’un traité d’interdiction des armes nucléaires.

Le prix Nobel de la paix 2017 a été attribué à la campagne ICAN pour soutenir le désarmement nucléaire et l’action des sociétés civiles en faveur du désarmement nucléaire.

Or la Ministre des armées a confirmé, à Brest le 21 septembre 2017, l’objectif d’affecter rapidement 6 milliards d’Euros (2020) de dépenses par an pour une nouvelle modernisation des armes nucléaires et plus particulièrement pour un nouveau renouvellement de la flotte de sous-marins nucléaires de la base de Crozon (29).

Le budget de la défense 2018 avec une augmentation de crédits de 1,8 milliards d’Euros s’inscrit dans cette logique.

C’est la raison pour laquelle, le collectif "En marche pour la paix" a décidé de lancer une campagne d’alerte en direction des parlementaires en utilisant la lettre pétition ci-après qui sera adressée aux parlementaires de votre département.

Signez la lettre-pétition.

Cordialement,
Le Collectif en Marche pour la paix
Coordination : Le Mouvement de la Paix

Budget 2018: lettre-pétition aux parlementaires pour la ratification du traité d'interdiction des armes nucléaires
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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 18:52
Pierre Darhéville

Pierre Darhéville

Budget de la Sécurité sociale : "Encore des ristournes aux plus fortunés et au tout petit monde de la finance"

jeudi 2 novembre 2017

Le 31 octobre dernier, l’Assemblée nationale a adopté par 354 voix contre 192 le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018.

Les députés communistes ont voté contre et ont dénoncé, par la voix de Pierre Dharréville, "un nouvel affaiblissement injustifiable de la Sécurité sociale."

"Vous imposez là 4,2 milliards d’euros de restrictions, dont 1,2 milliard à l’hôpital, exsangue et qui multiplie les appels à l’aide. Et vous n’avez jamais rien répondu face à cette situation. Votre seul argument pour continuer a été de pointer du doigt 30 % de prescriptions non pertinentes, ce qui constitue une sérieuse mise en cause des praticiens et un nouvel appel à réduire la voilure.

Les besoins de santé sont si criants et votre politique d’austérité si forte que, à la suite de ces choix, il y aura sans doute des drames...

 Le scrutin

 Le dossier législatif

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 07:02
Catalogne: "pas d'autre issue que les urnes, dans un cadre négocié et apaisé" (Pierre Laurent)

Catalogne : « Pas d’autre issue que les urnes, dans un cadre négocié et apaisé » (Pierre Laurent)

 

 

En Catalogne, l’engrenage tant redouté se met en place. Soutenu par les dirigeants de l’Union européenne, le gouvernement Rajoy, lourdement responsable de la crise par son intransigeance et sa violence, a placé la Catalogne sous tutelle en réponse à une déclaration unilatérale d’indépendance de la Generalitat, elle-même contestée par les organisations progressistes de la gauche catalane et espagnole. Le scénario du pire s’installe et on ne peut être qu’affligé devant tant d’irresponsabilités.

 

Je ne vois d’autre issue qu’une nouvelle expression populaire dans les urnes, après un débat mettant toutes les options sur la table. Le refus de Mariano Rajoy, depuis des années, d’ouvrir des négociations sérieuses et respectueuses sur la nature des relations entre la Catalogne et l’État espagnol n’aura fait que renforcer un choix binaire insatisfaisant tant socialement que politiquement.

 

Les élections annoncées par Mariano Rajoy pour le 21 décembre sont malheureusement déjà entachées par les violences et les décisions brutales prises au nom de la Constitution par une droite et un chef de gouvernement totalement discrédités et illégitimes. La destitution de Carlos Puidgemont et les mises en cause des principales institutions espagnoles ne font que jeter de l’huile sur le feu.

 

La sortie de crise passe par la suspension de l’application de l’article 155 par le gouvernement espagnol, le rétablissement de la légalité démocratique en Catalogne, la suspension de la déclaration unilatérale d’indépendance et la convocation de nouvelles élections par la présidence de la Generalitat, pour un processus électoral garantissant les conditions élémentaires d’expression démocratique de toutes les options.

 

Au delà, cette situation met en évidence un défi crucial : les peuples d’Espagne doivent pouvoir engager un processus de régénération démocratique et de dépassement du cadre actuel de la Constitution de 1978 mise en place après la mort de Franco. Ces exigences sont d’ores et déjà en cours avec l’émergence des mobilisations citoyennes et leur expression lors des dernières élections.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 06:59

Santé

À l’hôpital de Bastia, la CGT en grève de la faim
mardi 31 octobre 2017

La déléguée syndicale CGT et deux agents de l’hôpital de Bastia ont entamé une grève de la faim le 29 octobre dernier pour faire réagir les autorités sur la situation de leur établissement.

DR

« Ce mode d’action désespéré et démesuré est proportionnel à la situation financière dans laquelle se trouve notre hôpital. » Face à l’absence de réponse de la part des autorités à la situation désastreuse de l’établissement, la déléguée syndicale CGT et deux autres agents de l’hôpital de Bastia ont entamé une grève de la faim pour enfin se faire entendre.

L’établissement souffrait en juillet d’un déficit cumulé de près de 50 millions d’euros, qui continue de se creuser. Ces difficultés financières ont de graves conséquences sur le fonctionnement de l’hôpital : impossibilité de le moderniser, dette fournisseurs impactant l’approvisionnement et donc le quotidien des patients, suppressions de postes détériorant les conditions de travail... La situation n’est plus tenable.

La CGT a pourtant régulièrement alerté, informé et échangé sur les difficultés de l’établissement, que ce soit dans les diverses instances internes, au niveau de l’agence régionale de santé (ARS) ou même auprès de la ministre de la Santé, lors de sa visite le 17 août dernier. Elle a par ailleurs transmis une note lors de la tenue du conseil de surveillance le 23 octobre. Aucune réponse n’a été apportée. Pire encore, « divers dossiers sont présentés par la direction à la demande de l’ARS et dans la droite ligne des politiques nationales, sans moyens financiers, sans médecins »...

Politiques nationales d’ailleurs propices au pessimisme : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2018 actuellement débattu à l’Assemblée nationale donne la part belle à l’austérité, et prévoit une coupe de 4 milliards d’euros dans le budget. L’implacable démolition de la protection sociale continue...

Le syndicat CGT de l’hôpital de Bastia ne veut pas de ce système de santé à deux vitesses. Pour que tous soient égaux face à la maladie et que l’hôpital public continue d’assurer ses missions, il exige :

  • une ouverture immédiate de négociations de la part du ministère de la Santé ;
  • un déblocage immédiat d’une enveloppe de 15 millions d’euros ;
  • un plan de financement à 100 % des travaux de modernisation que les salariés attendent depuis vingt ans.

Il appelle le personnel à rejoindre les grévistes dans le hall, à relayer l’information et à venir discuter des formes d’actions à venir. « Il est plus que temps de trouver des solutions avant que n’arrive un plan massif de suppressions de contractuels. »

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 07:51
Au bonheur des riches: le contre-projet des députés communistes (voir la vidéo)
"Aux bonheur des riches" : le contre-budget des députés communistes

lundi 30 octobre 2017

La Chaine Parlementaire consacre un reportage (5mn) à la présentation cette semaine du contre-budget des députés communistes.

"Un premier outil qui sera diffusé dans tout le pays pour engager la discussion avec les Français".

- Voir la vidéo

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