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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 11:16

Le changement de politique se joue en partie sur ce symbole fort du retour de l’impôt de solidarité sur la fortune

Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain citoyen et écologiste (CRCE) qui ont toujours préconisé un fort développement de la solidarité fiscale, en s’opposant par exemple au relèvement du plancher de l’ISF sous la présidence de Nicolas Sarkozy de 800000 euros de patrimoine à 1,3 million d’euros, mesure jamais remise en cause depuis, proposent à nouveau de rétablir l’ISF après l’avoir fait durant les débats relatifs au projet de loi de finances pour 2019.

Dans une proposition de loi, ils proposent de le faire par le vote de l’article unique.

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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 11:15

Les députés ont refusé hier d’instaurer un « conventionnement sélectif » visant à contraindre les médecins à s’installer dans des déserts médicaux.

Ce dispositif a pour but de contraindre les médecins à ne pas s’installer dans une zone où « l’offre de soin est en fort excédent », c’est-à-dire une zone où les médecins sont nombreux.

Dans une telle zone, un médecin qui s’installerait ne bénéficierait pas du conventionnement à l’assurance maladie, c’est-à-dire que ses patients ne seraient pas remboursés par l’assurance maladie. La seule façon d’échapper au mécanisme serait de prendre la place d’un médecin de la zone en « cessation d’activité ».

Pour Sébastien Jumel, député de Seine Maritime, il est acté que la majorité a des pudeurs de gazelle lorsqu’il s’agit de mettre en place une territorialisation sélective. Il semblerait que la pudeur soit moins au rendez-vous lorsqu’il s’agit de sacrifier des territoires en fermant des maternités ! Après Die dans la Drôme, Creil dans l’Oise, Saint-Claude dans le Jura, Le Blanc en Indre, Emmanuel Macron est venu avec son cadeau de bienvenue à Grand Bourgtheroulde, dans l’Eure, annoncer la fermeture de la maternité de Bernay. Aujourd’hui, Le Monde publie une étude qui démontre que l’on a fermé 413 maternités en France en vingt ans et que l’on en a ouvert soixante-treize.

Le nombre de femmes en âge de procréer domiciliée à plus de quarante-cinq minutes d’une maternité a plus que doublé en vingt ans. Donc, des pudeurs de gazelle lorsqu’il s’agit de répondre aux préoccupations légitimes et d’implanter des médecins là où il y en a besoin, mais, alors que c’est pourtant la responsabilité de l’État, l’abandon des territoires, leur sacrifice, leur déménagement, sans sourciller !

Je ne suis pas hors sujet en disant cela, parce que l’absence de définition claire des hôpitaux de proximité nous fait craindre le pire quant à la velléité de l’État d’accentuer les inégalités sociales et territoriales dans l’accès aux soins sur un grand nombre de nos territoires.

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 17:43
Bilan des votes des groupes parlementaires au Parlement Européen: les députés communistes au service des services publics, des libertés, de l'écologie, de la paix, de la solidarité et de la résistance à l'austérité et aux politiques capitalistes et libérales

La politique, ce sont des argumentaires et des votes dans les assemblées qui ont un impact direct sur la vie des gens, après et par delà les élections.

De temps en temps, à l'heure des bilans, il est bon d'en revenir aux faits et aux responsabilités assumées par les uns et les autres.

Glenn Le Saoût, candidat finistérien du PCF sur la liste de Ian Brossat aux élections européennes, nous propose ici une synthèse des prises de position des différents groupes français au Parlement Européen, sachant qu'avant 2017 le PCF était présent avec le Front de Gauche et qu'aujourd'hui nos trois députés européens sont Patrick Le Hyaric (PCF-Front de Gauche), Marie-Christine Vergiat (Front de Gauche), et Marie-Pierre Vieu (PCF-Front de Gauche). 

Loin d'être isolé sur ces élections du 26 mai 2019, le PCF a soutenu un appel commun et fait partie d'un groupe de 22 organisations de gauche européennes parmi lesquelles le PTB belge, Die Linke (Allemagne), ...

Européennes: 22 partis et organisations politiques lancent un appel pour une Europe des travailleurs et des peuples au côté du PCF et de la liste Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent conduite par Ian Brossat

 

Quelques votes importants sur le mandat des parlementaires européens: 

Écologie:

Revenir sur l'interdiction des OGM:

Votent pour: LR, UDI MODEM, PS         Contre: PCF, EELV, FN

Accords de libre échange Canada et Etats-Unis: 08/07/2015

Pour: LR                                                  Contre PCF, EELV, FN, PS

Résolution TISA (accord sur les services, favorable aux multinationales. Attaque sur les PME et l'agriculture paysanne) 03/02/2016

Pour: LR, UDI MODEM, PS                      Contre: PCF, EELV, FN

Libertés et paix:

Fichier PNR (utilisation des données personnelles des passagers - fichage généralisé) 14/04/2016 

Pour: LR, UDI MODEM,  PS                      Contre: PCF, EELV, FN

Paquet législatif "frontières intelligentes": Modification du code frontières Schengen sur les entrées et sorties (25/10/2017). Mise en place d'un système d'enregistrement et de stockage des données biométriques et des informations sur l'entrée et la sortie des ressortissants de pays tiers afin de créer des alertes aux états membres pour les expulser plus facilement 

Pour: LR, UDI MODEM, PS                      Contre: PCF, EELV

Création d'un système européen d'information et d'autorisation concernant les voyages (ETIAS) - nouvelles conditions d'entrée dans l'espace Schengen pour les ressortissants de pays tiers qui n'ont pas besoin de visas. Cela s'appliquera également aux réfugiés, aux apatrides, et aux personnes ayant de la famille au sein de l'UE.

Pour: LR, UDI MODEM, FN, 80% du PS          Contre: PCF, EELV, 20% du PS

Mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune (23/10/2016). Juncker préconise dans le cadre de la politique atlantiste et de l'OTAN de consacrer 2% du PIB à la défense, une plus grande intégration à l'OTAN et un alignement sur les Etats-Unis 

Pour: LR, UDI MODEM, PS                            Contre: PCF, EELV, FN 

Programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense (03/07/2018). Militarisation accrue de l'UE et développement de l'investissement en recherche militaire.

Pour: LR, UDI MODEM, PS                            Contre: PCF, EELV, FN 

 

Services publics, rapport à l'austérité et aux privatisations:

4ème paquet feroviaire (groupe GUE NGL, celui du PCF, motions de rejet su l'ensemble des 6 textes), 14/12/2016

Pour le rejet: PCF, EELV, FN                     Contre: LR, PS

Motion de rejet espace ferroviaire unique européen

Pour: PCF, EELV, FN                                 Contre: LR, PS

Politique de cohésion de l'union pour l'après 2020 (amendement PCF-Front de Gauche: opposition aux conditionnalités des aides à la mise en place de politiques d'austérités)

Pour: PCF, EELV, PS                                 Contre: UDI MODEM    Abstention: FN

Vote des budgets annuels (grandes lignes des orientations politiques européennes mises en place par la Commission et le Conseil des chefs d'Etat européens: par exemple, renforcement du budget de la défense, cures d'austérité)

2016   

Pour: LR, UDI MODEM, PS, EELV             Contre: PCF, FN

2017

Pour: LR, UDI MODEM, PS                      Contre: PCF, EELV, FN 

2018:

Pour: LR, UDI MODEM                            Contre, PCF, FN         Abstention: PS, EELV

Rapports annuels de l'Union bancaire (on touche ici au cœur de la politique monétaire de l'UE, soit une BCE au service de la lutte contre l'inflation et du sauvetage et des profits des banques, alors qu'elle devrait être au service des peuples et de l'emploi)

Rapport 2015 (voté en mars 2016): 

Pour: LR, UDI MODEM, PS, EELV                     Contre: PCF

Rapport 2016 (voté en 2017);

Pour: LR, UDI MODEM, PS, EELV                      Contre: PCF

Rapport 2017 (voté en mars 2018): 

Pour: LR, UDI MODEM, PS, EELV                      Contre: PCF

 

Bilan critique:

- Le PS s'est allié beaucoup plus souvent avec LR et la droite européenne qu'avec les forces de gauche et a soutenu la politique néo-libérale de l'UE, mais aussi avec la droite bien souvent une politique migratoire restrictive et inhumaine, et l'escalade dans l'alignement sur les exigences de l'OTAN et des Etats-Unis et le renforcement militaire. 

- Sur la précarisation accélérée des pays et le vote des orientations qui favorisent le soutien aux milieux financiers, l'austérité et les privatisations, au détriment du social et des services publics, les députés PCF et Front de Gauche ont été bien seuls régulièrement parmi les députés français à s'être opposés à la politique libérale et capitaliste menant aux réactions nationalistes et xénophobes et à la mise en concurrence des peuples.

Aux élections européennes du 26 mai 2019, votez pour vos intérêts. Votez pour la liste "Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent" soutenue par le PCF et République et Socialisme et conduite par Ian Brossat.

Glenn Le Saoût, candidat finistérien aux Européennes sur la liste du PCF.  

 

 

Bilan des votes des groupes parlementaires au Parlement Européen: les députés communistes au service des services publics, des libertés, de l'écologie, de la paix, de la solidarité et de la résistance à l'austérité et aux politiques capitalistes et libérales

Les élus français au sein du groupe de la Gauche Unitaire Européenne-Gauche Verte Nordique (GUE-NGL) : Lors des dernières élections européennes en 2014, nous avons élu 3 député-es sur les listes Front de Gauche : Patrick Le Hyaric, Marie-Christine Vergiat et Jean-Luc Mélenchon. La composante française du groupe a été renforcée par Younous Omarjee, de l’Alliance des Outre-Mers. Ces deux derniers élus décident de se séparer du Front de Gauche pour travailler dans le cadre de la France Insoumise. En juillet 2017, suite à l’élection de Jean-Luc Mélenchon au niveau national, Marie-Pierre Vieu devient députée européenne.

Au niveau européen, le groupe ressort renforcé de ces dernières élections avec 52 députés de 14 pays différents et 19 délégations. Il accueille ainsi de nouvelles forces politiques à l’image de Podemos (Espagne), de l’Altra Europa con Tsipras (Italie), Bildu (Pays-Basque) ou du parti des animaux (Allemagne et Pays-Bas) et est présidé par Gabi Zimmer (Die Linke). Marqué par son caractère confédéral (c’est à dire respectant et protégeant les diversités d’identités de ses membres), le groupe GUE-NGL est le seul groupe du Parlement à lutter constamment, et depuis le début, contre les plans d’austérités, les politiques macroéconomique et ultra-libérales de l’UE, et à prôner l’idée d’une autre Europe respectueuse des peuples.

 

Bilan des élu-e-s Front de Gauche et PCF au Parlement Européen

Patrick Le Hyaric

Vice-président du groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique, Patrick Le Hyaric porte régulièrement en séance et dans les commissions parlementaires le combat contre l’austérité et ses outils européens (Semestre européen, MES).

Il a permis d’obtenir la remise en place du fonds européen d’aide aux plus démunis, travaillé et obtenu la pérennisation de la Garantie jeunesse.

Il a fait voter en début de mandat un rapport demandant une adoption rapide de la Convention de l’Organisation Internationale du Travail sur le travail forcé qui avait fait grincer des dents chez les libéraux pour son plaidoyer en faveur des droits du travail. Depuis, le Conseil l’a adopté et 12 pays européens dont la France ont ratifié ce texte.

Sur le dossier du détachement des travailleurs, il a défendu une égalité complète de droits entre détachés et locaux. Il a fait avancer par ses amendements et interventions l’inclusion des responsabilités légales aux pratiques des sous-traitants et a proposé la création d’un corps européen d’inspecteurs du travail pour que ces droits soient respectés. La Commission vient d’ailleurs de faire une proposition d’agence européenne du travail qui reprend en partie cette idée.

Il a largement aidé aux mobilisations contre le grand marché transatlantique (TAFTA), contre le traité sur les services (TISA), tout en menant la bataille pour changer des contenus du traité avec le Canada. 

En lien avec des associations et syndicats africains, il révèle et agit contre le projet de libre-échange entre l’UE et 16 pays d’Afrique de l’Ouest.

Il défend régulièrement le monde agricole en interpellant la Commission par le biais de nombreuses questions écrites dénonçant l’ouverture totale des marchés agricoles, leurs conséquences sur les petits paysans et y opposant un système de prix rémunérateurs pour leurs productions.

En tant que membre de la commission d’enquête sur les Panama Papers, c’est tout un travail de sensibilisation sur le rôle des lanceurs d’alerte qui a été mené, aboutissant à la demande du Parlement de créer un statut spécial les protégeant. Il a fait voter par le Parlement européen (le 11 novembre 2017) le projet d’une conférence internationale sur la lutte contre l’évasion fiscale.

En parallèle de ses activités en commissions parlementaires, il a mené de nombreux combats, comme son initiative « rendez l’argent aux grecs » lancée le 12 octobre 2017 en réponse aux profits réalisées par la BCE sur la dette grecque, ou les multiples rencontres organisées avec des syndicalistes aux Parlement européen pour y porter leurs combats : contre le projet de libéralisation du marché de l’énergie, contre la privatisation des barrages, en soutien aux travailleurs de Caterpillar, avec les salariés de Holiday Inn et en faisant le lien avec toutes les salariées d’hôtels en Europe.

Le 17 décembre 2014, il a porté et défendu  une résolution du Parlement européen adoptée à une large majorité pour la reconnaissance de la Palestine, et désormais c’est l’octroi de préférences commerciales aux produits provenant des colonies qui le font intervenir auprès de la Commission pour faire respecter le droit international.

 

Marie-Christine Vergiat

Militante des droits de l’Homme depuis plus de 30 ans, durant ce second mandat, Marie-Christine Vergiat a été membre des commissions "libertés civiles", "affaires étrangères", de la sous-commission des droits de l’Homme et de la commission spéciale sur le terrorisme.

Son action s’est notamment focalisée sur les enjeux migratoires et la défense des droits de l'Homme en Europe et dans le monde en liens réguliers avec les ONG européennes et internationales.  Elle refuse l’instrumentalisation de ces questions à des fins politiques et le deux poids, deux mesures trop souvent à l’œuvre au sein du Parlement européens. Elle se bat  pour le respect des droits des peuples trop souvent spoliés par les intérêts étrangers qu’ils soient économiques, politiques ou diplomatiques. Dans les nombreuses résolutions qu’elle a portées, elle a insisté et fait adopter des amendements portant en particulier sur la liberté de croire ou ne pas croire, sur les défenseurs des droits de l’Homme et de l’environnement, des journalistes et des minorités ainsi que  sur la responsabilité des entreprises européennes dans les atteintes aux droits de l’Homme des pays tiers, notamment en termes d’accaparement des terres, d’exploitation des travailleurs ou de financement des conflits.

Elle a notamment été l’auteur d'un rapport du Parlement européen sur « Les droits de l'Homme et la migration dans les pays tiers » adopté en octobre 2016 par 339 voix contre 333 et 25 abstentions. Ce texte analyse les évolutions globales des migrations pour mieux contextualiser les enjeux et lutter contre les fantasmes qui alimentent les peurs avant de proposer des approches acceptables partout dans le monde respectant les droits des migrants quels que soient leur statut. Elle a fait inscrire dans plusieurs résolutions du Parlement européen La nécessité pour les Etats membres de l’UE de ratifier la convention pour les travailleurs migrants et leurs familles.

Elle a poursuivi son engagement pour la protection des données personnelles dans le contexte du contrôle renforcé des frontières et de la lutte contre le terrorisme, pour la défense de l'Etat de droit et des libertés fondamentales notamment en Hongrie où les dérives autoritaires semblent servir de modèle à un nombre croissant d'États en Europe.

Pour ce qui concerne les violations des droits de l'Homme dans le monde, elle s'est mobilisée contre la répression Turquie en tant que vice-présidente du groupe d'amitiés avec le peuple kurde, auprès de nos camarades du HDP, mais aussi dans la Corne de l'Afrique et en Afrique du Nord sans oublier son soutien continu à la transition démocratique en Tunisie et aux mouvements sociaux au Maroc, pays où elle se rend régulièrement apporter son soutien aux forces progressistes.

 Elle a poursuivi ses actions en faveur de l’économie sociale et solidaire comme coprésidente de l'intergroupe consacré à ces questions et a co-organisé deux Forums de l’économie sociale et solidaire de la GUE/NGL rassemblant des acteurs de toute l’Europe pour promouvoir ces autres formes d'économie.

 Elle s'est aussi engagée dans le Progressive caucus et pour le Forum européen de Marseille considérant que le rassemblement des Gauches alternatives est le seul moyen de lutter efficacement en Europe contre la montée des nationalismes, des populismes et des extrêmes droites.

 

Marie-Pierre Vieu

Députée européenne de la région Occitanie depuis juillet 2017, en remplacement de Jean-Luc Mélenchon, membre de la direction du PCF en charge des relations extérieures, Marie-Pierre Vieu est une élue de terrain qui fait le lien entre les luttes locales et les enjeux européens. Héritant de son prédécesseur la commission budget, elle siége également à la commission des transports et du tourisme. Elle est membre de la plateforme de dialogue Union Européenne – Catalogne afin de promouvoir la démocratie en Espagne mise à mal ces derniers mois. Elle donne à ses nouvelles fonctions un marquage résolument anti-austéritaire, social et de défense des services publics. Elle s’investit sur les terrains de l'emploi et de la ré-industrialisation en travaillant le lien avec le mouvement syndical et social.

 

Issue d'une circonscription rurale, elle suit également les questions de la PAC au cœur des évolutions européennes ainsi que de la viticulture et de la pêche. Elle multiplie les initiatives au plus proche du terrain consacrant deux jours dans un département de la circonscription grand sud-ouest chaque mois, en plus des divers visites ou débats.

 

Marie-Pierre Vieu intervient sur les dossiers d’Alstom en interpellant la Commission sur la fusion avec Siemens, et en se déplaçant à diverses initiatives locales.

Elle a fait plusieurs interventions contre les plans sociaux et aide à l’élaboration d’alternatives industrielles notamment via les questions d’économie sociale et solidaire (ESS).  Suite à sa visite au port de Sète, elle intervient au Parlement européen sur le devenir de Saipol en concurrence avec une entreprise argentine. Très investie, sur les questions des services publics, elle défend lors de ses déplacements et par son travail en commission parlementaire un service public national du rail et se réunit régulièrement avec les syndicats des transports. Elle travaille actuellement sur les questions des travailleurs détachés sur les routes et organise le 24 mars 2018 une grande initiative à Montpellier sur les questions du rail, de la route et des transports aériens.

Elle soutient la lutte contre la concession des barrages hydrauliques et a interpelé le Ministre Nicolas Hulot en la matière. Elle est présente dans différentes initiatives contre le démantèlement des services scolaires, carcéraux et de libéralisation de la poste.

 

A partir de ces premières expériences, Marie-Pierre Vieu a décidé de prendre plusieurs initiatives futures comme une nouvelle conférence sur les transports dans le nord de la France au deuxième semestre 2018 permettant d’amplifier les mobilisations et résister au dumping social en lien avec nos partenaires européens. Elle entend proposer un audit des directives de libéralisation dans les secteurs du rail, de l'électricité et de la Poste dans 4-5 pays européens.  Elle a commandé un rapport sur la sécurité alimentaire, pour établir un diagnostic des besoins agricoles et dégager des pistes de propositions sur la réorientation de la PAC en lien avec la transition écologique. Marie-Pierre Vieu entend aussi être volontariste sur les questions de nouvelles ressources pour l'UE, pour la mise en place d'une taxe sur les transactions financières et un impôt écologiste juste.

 

Bilan des votes des groupes parlementaires au Parlement Européen: les députés communistes au service des services publics, des libertés, de l'écologie, de la paix, de la solidarité et de la résistance à l'austérité et aux politiques capitalistes et libérales
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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 16:41
Emmanuel Macron doit renoncer au recours à l'armée à l'occasion de l'Acte 19 des Gilets jaunes
(Groupe CRCE communiste républicain citoyen écologiste au Sénat)
 
Emmanuel Macron a annoncé sa décision de recourir aux militaires de Sentinelle pour, dans le cadre de l'Acte 19 des Gilets jaunes, « sécuriser les points fixes et statiques conformément à leur mission ».
Contrairement à ce qui a été affirmé par Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, à l'issue du Conseil des ministres, ces militaires aucunement formés au maintien de l'ordre et équipés d'un matériel de
guerre seront de fait associés à l'action de la police.
C'est une décision grave qui marque une étape inquiétante dans la surenchère sécuritaire en cours.
L'interdiction de manifester, la compétition malsaine entre le pouvoir et la droite la plus dure pour bomber le torse face au mouvement des Gilets jaunes, menacent de porter atteinte aux libertés fondamentales et
en premier lieu au droit de manifester.
Les sénatrices et les sénateurs du groupe CRCE l'ont dit et répété, ils condamnent les destructions et les violences qui surviennent lors de certaines manifestations. Cette casse dessert le mouvement.
Mais ils ont également souligné l'attitude du pouvoir qui pousse à une escalade potentiellement dévastatrice pour notre pays.
Les sénatrices et les sénateurs du groupe CRCE estiment que le Parlement doit être informé et consulté pour une si grave décision.
En tout état de cause, Emmanuel Macron doit respecter la pratique républicaine en matière de maintien de l'ordre qui en réserve l'exercice à la police et à la gendarmerie.
Ils rappellent à cet égard que depuis 1921, le maintien de l'ordre dans le cadre des manifestations est confié à la gendarmerie et à la police.
Ce pouvoir a en effet été transféré, par un vote à l'Assemblée nationale, de l'armée aux effectifs de gendarmerie mobile.
 
Groupe CRCE au Sénat, le 21 mars 2019
 
Emmanuel Macron doit renoncer au recours à l'armée à l'occasion de l'Acte 19 des Gilets jaunes
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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 16:35

A deux mois des élections Européennes, des associations qui distribuent l’aide alimentaire européenne (le Secours populaire français, les Banques alimentaires, les Restos du cœur et la Croix-Rouge française) ont organisé, hier une table-ronde au Parlement européen, à Bruxelles, afin de souligner l’importance de son maintien.

En France, ces associations qui fournissent des vivres aux personnes vulnérables (chômeurs, allocataires de minima sociaux, retraités pauvres, etc.) s’inquiètent des menaces pesant actuellement sur le maintien du Fonds européen d’aide alimentaire (FEAD). Celui-ci représente pourtant moins de 0,4% du budget européen.

Sur le continent, ce sont 16 millions d’Européens, dont 4 millions d’hommes, de femmes et d’enfants en France, qui dépendent de ce fonds pour manger à leur faim. En effet, une grande partie des denrées distribuées par les associations de solidarité sont fournies par le FEAD. Cet apport représente un tiers du volume distribué par les grandes associations françaises.

Ces associations ont publié un appel commun pour faire de « l’aide alimentaire une priorité en Europe » car elle permet d’apporter « une aide vitale pour des millions de personnes (…) dans le cadre d’un accueil inconditionnel » et de « développer, au-delà d’autres mesures d’accompagnement », comme la recherche d’emploi, l’accès à la culture et aux loisirs, aux droits, aux soins, aux vacances, à la pratique sportive…

Elles demandent  à l’ensemble des Etats-membres « à renforcer les moyens dédiés à l’aide alimentaire ».

Sébastien Thollot « L’aide alimentaire doit être renforcée »
Jeudi, 21 Mars, 2019

Soutenu par plusieurs eurodéputés, le Secours populaire français a lancé hier un appel pour conforter le Fonds européen d’aide aux plus démunis. Entretien avec Sébastien Thollot.

Le Secours populaire français (SPF), accompagné par quatre parlementaires européens, Patrick Le Hyaric (GUE/NGL), Nathalie Griesbeck (Adle), Sylvie Guillaume (S & D) et Élisabeth Morin-Chartier (PPE), était hier après-midi à l’initiative d’une table ronde réunissant des acteurs de la solidarité venus de toute l’Europe. Dans le contexte de la prochaine programmation budgétaire 2021-2027, et de la refonte des fonds sociaux qui en découlera, l’association entendait faire davantage valoir les pratiques d’aide alimentaire dans l’Union. Et insister sur leur caractère incontournable pour répondre aux besoins des plus pauvres.

Pour le SPF, l’édification d’une Europe sociale doit s’appuyer sur le Fonds européen pour d’aide aux plus démunis (Fead). Ce dispositif, créé en 2014, en remplacement du Programme européen d’aide aux plus démunis, est destiné à soutenir les actions menées au sein des pays de l’Union pour apporter aide alimentaire et assistance matérielle de base aux plus vulnérables, dont le nombre est en croissance. Un Européen sur quatre connaît aujourd’hui la pauvreté. D’où la nécessité de renforcer ce Fead, régulièrement remis en cause, nous explique Sébastien Thollot, secrétaire national du SPF.

Quels étaient les objectifs de la réunion organisée hier à Bruxelles ?

Sébastien Thollot Nous souhaitions que les acteurs associatifs européens partagent la valeur ajoutée de leurs actions en direction des personnes en situation de pauvreté et de précarité. Leurs témoignages doivent permettre de montrer l’absolue nécessité d’accroître les moyens de l’aide alimentaire, notamment au niveau européen. C’est une chance de réunir au Parlement ces associations actives en France et en Europe. Cette initiative, soutenue par des députés appartenant à quatre groupes parlementaires différents, doit permettre d’amplifier la prise en compte du constat commun que nous faisons sur la pauvreté et des différentes possibilités du nécessaire maintien du Fead. Dans le contexte de la prochaine programmation budgétaire européenne, l’enjeu est de faire de la défense des plus démunis une priorité européenne. 34 millions de personnes sont aujourd’hui, selon Eurostat, victimes de privations sévères. Or, le Fead ne représente que 0,37 % du budget de l’Union…

Pourtant ces fonds sont régulièrement menacés…

SÉBASTIEN THOLLOT Lors des débats sur le budget de l’Union européenne 2014-2020, les fonds alloués à l’aide alimentaire avaient en effet été revus à la baisse. Grâce à la mobilisation des associations et de certains parlementaires, nous avons finalement obtenu que son montant soit maintenu. C’est toujours un combat. Aujourd’hui, nous visons à ce qu’il soit augmenté. L’Europe sociale ne doit pas être oubliée. L’aide alimentaire est la porte d’entrée vers l’ensemble des réalités sociales, la précarité dans le logement, le chômage, les difficultés dans l’accès à l’école, à la santé, à la culture… Elle crée du lien, par exemple, dans les zones rurales. C’est un fonds qui vient en complément des aides d’État allouées à nos associations. Nous agissons chacun différemment avec nos propres moyens mais l’aide alimentaire permet de répondre à un besoin de base pour ­ensuite accéder aux autres problématiques.

D’autres actions sont-elles prévues ?

Sébastien Thollot Une réunion comme celle d’hier, c’est d’abord le moyen de faire en sorte que cette aide ne soit pas oubliée. Par nos actions, nous cherchons à créer une sorte de plaidoyer permanent pour l’Europe sociale. Le Fead est un socle irremplaçable qui doit être consolidé pour offrir des garanties partout en Europe. Nous avons signé un appel commun des associations françaises et européennes réunies hier. Nous souhaitons qu’il soit largement repris partout en Europe. Nous voulons par ailleurs nous inscrire dans une démarche constructive en travaillant avec les eurodéputés déterminés à bâtir l’Europe sociale. Ça doit se traduire par une multiplication des actions, partout en Europe, chacun avec ses moyens, pour la mettre en avant. L’Europe sociale doit devenir une réalité. 

Entretien réalisé par Émilien Urbach
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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 16:33

E. Macron et le gouvernement comptent faire adopter au Parlement, d’ici au début de l’été, une loi dite de transformation de la fonction publique dont nombre de dispositions ont une portée très grave tant pour les agent.e.s et les citoyen.ne.s que pour l’avenir de la Fonction publique.

Depuis de nombreux mois, en dépit de leurs revendications et propositions, elles constatent que le pouvoir exécutif poursuit une politique néfaste pour la population, pour les missions publiques et pour les agent.e.s. Le gouvernement pratique le double langage en prônant la modernisation de la Fonction publique et le respect des agent.e.s public.que.s, alors même qu’il ne revalorise pas leur rémunération, qu’il supprime des postes et veut affaiblir leurs droits et garanties.

Dans un communiqué du 20 mars, les organisations syndicales CGT CFTC CGC FAFP FSU Solidaires UNSA de la Fonction publique appellent les agents publics  à se rassembler devant les préfectures le 27 mars, jour de la présentation du projet de loi au conseil des ministres. A Paris, le rassemble se tiendra place Chassaigne-Goyon entre 12 et 14h.

Elles proposent également de faire du 9 mai une étape forte par une journée d’action et de grève.

Voir aussi:

Morlaix - Belle mobilisation pour la fonction publique et une autre politique économique, sociale et écologique ce mardi 19 mars: 400 manifestants à l'appel de l'intersyndicale CGT, FO, SUD, FSU!

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 08:40
Formation, hôpital, cabinets médicaux.... Quelles évolutions faut-il engager pour assurer un système de santé pour tous ?
Mardi, 19 Mars, 2019

Alors qu’un projet de loi est en débat au Parlement, de nombreux voyants s’allument au rouge et alertent sur une situation sanitaire difficile. Avec Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône, Jacques Battistoni, médecin généraliste, président de MG France et Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, syndicaliste hospitalier.

Une nouvelle phase de progrès par Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône

Fête de l'Humanité 2018 / dimanche 16 septembre / @ Magali Bragard / Village du Livre / Pierre DharévilleOn ne peut aborder l’enjeu d’un système de santé pour tous sans évoquer la plus grande invention sociale de notre pays que représente la Sécurité sociale. Dans ce cadre, l’accès « de chacun selon ses besoins » au système de santé a constitué une avancée sociale majeure.

Or, depuis quelques années, l’accès aux soins se dégrade. Fermetures de lits ou de services dans les hôpitaux publics, déremboursement de médicaments, déserts médicaux ont pour conséquence des renoncements aux soins de plus en plus importants, qui touchent plus d’un quart des assurés sociaux – 30 % – et peuvent monter jusqu’à 50 % chez les jeunes.

Ce sont aussi les personnels qui souffrent dans leur travail. D’un trait, notre système de santé est malade de l’austérité et du libéralisme.

Le gouvernement estime qu’il s’agit d’abord d’un problème d’organisation et d’adoption de « bonnes pratiques ». Il faudrait donc continuer à fonctionner à la va-comme-je-te-pousse, à moyens compressés et surcompressés. Ainsi, le projet de loi examiné en ce moment à l’Assemblée constitue une nouvelle fuite en avant : extension des groupements hospitaliers de territoire (GHT), logique de gradation des hôpitaux, fin de la distinction entre public et privé… Cafi d’ordonnances, il donne le ton d’une démocratie sanitaire en berne.

Un. La santé, plus que toute autre chose, doit échapper à la marchandisation comme à la spéculation : il faut donc une ambition renouvelée pour la Sécurité sociale. Il faut la défendre comme un bien commun, un moteur puissant de la solidarité entre toutes et tous. Voilà pourquoi nous défendons un véritable système de protection pour tous. Bien évidemment, le système de santé doit évoluer, mais il doit surtout continuer de reposer sur ses principes fondateurs : la solidarité, l’universalité des prestations, la gestion démocratique et le financement par la cotisation sociale. Il ne faut plus tarder à généraliser le tiers payant intégral dans les structures de santé pour éviter aux patients les avances de frais. Et il faut engager une nouvelle phase de progrès vers le 100 % Sécu.

Deux. Cette ambition doit s’appuyer sur un financement à la hauteur des besoins en santé de notre siècle. Cela suppose l’arrêt des exonérations massives, mais aussi des mesures de maîtrise des prix du médicament ou des dispositifs médicaux…

Trois. Des mesures d’urgence sont à prendre comme l’arrêt des fermetures de lits et de services hospitaliers combiné à la création de 100 000 emplois dans les hôpitaux, ainsi que d’un dispositif vigoureux pour les Ehpad. Il convient également de soutenir fermement la mise en place de centres de santé, notamment comme l’un des outils face aux déserts médicaux.

Quatre. Sans attendre, un plan de formation des professionnels de santé doit être mis sur la table. Car la remise en cause du numerus clausus ne suffit pas à augmenter l’offre de formation dans les facultés de médecine. Il convient également de donner clairement la priorité au service public. Cette dynamique doit intégrer la création d’un pôle public du médicament, ou encore d’un laboratoire public des dispositifs médicaux.

Mais l’ensemble de ces quelques mesures sera insuffisant si l’on ne déploie pas une politique de prévention qui soit à la hauteur des enjeux et des besoins : changer ensemble nos modes de production, de consommation et de vie pour éviter le plus possible qu’adviennent les maladies et les accidents, qui ne frappent pas nécessairement au hasard…

Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône

Répondre aux principaux besoins en proximité par Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, syndicaliste hospitalier

Paris- Le 28 mars 2014 - Christophe Prudhomme, médecin urgentiste - Votation Citoyenne organisée par la CGT de l'AP-HP de l'Hotel Dieu, pour le maintien de cet hopital et du service des urgences au coeur de Paris - Photo Patrick NussbaumLe principe constitutionnel d’égalité de traitement du citoyen quel que soit son lieu de résidence sur le territoire exige la mise en place d’un véritable service public de santé intégrant l’ensemble de l’offre de soins de la ville à l’hôpital en passant par la prise en charge du maintien de l’autonomie.

Dans ce cadre, les deux piliers de la politique de santé doivent être la planification et l’aménagement du territoire

Tout doit commencer par la formation de professionnels de santé en nombre suffisant et avec les qualifications qui répondent aux besoins de la population. Le premier objectif est d’augmenter très fortement les effectifs dans les différentes formations qui pourraient être regroupées dans des universités de santé. Il est nécessaire de former proportionnellement beaucoup plus de généralistes que de spécialistes, tant pour la ville que pour l’hôpital, car les besoins ont évolué et la prise en charge de pathologies chroniques nécessite la présence de véritables médecins coordinateurs de la prise en charge des patients. Par ailleurs, l’élévation de la qualification des infirmières notamment, mais aussi des aides-soignantes, doit déboucher sur une véritable reconnaissance de diplômes universitaires avec des niveaux de rémunération correspondants.

Seul l’exercice de professionnels salariés dans des structures collectives intégrées que sont les centres de santé permet de répondre à trois exigences majeures des patients : trouver un médecin disponible à proximité de son domicile, bénéficier du tiers payant et ne plus être soumis aux dépassements d’honoraires. Ces centres doivent être implantés dans les territoires en fonction des besoins et travailler en lien avec les hôpitaux de proximité et les Ehpad.

La définition de l’hôpital de proximité tel que le conçoit la ministre de la Santé dans le cadre de la nouvelle loi en préparation n’est pas acceptable. Un hôpital doit répondre aux principaux besoins en proximité et ne pas se limiter à une structure d’accueil pour les personnes âgées. Il doit donc comprendre un service d’urgence ouvert 24 heures sur 24, une maternité de premier niveau, une activité de chirurgie principalement ambulatoire, des services de médecine avec des spécialistes référents. L’hôpital de proximité doit travailler en réseau sur son territoire avec les centres de santé, les Ehpad, les structures de soins de suite et de réadaptation, ainsi qu’avec la psychiatrie de secteur.

Les hôpitaux de proximité travaillent avec un hôpital de référence disposant d’un plateau technique plus important, notamment au niveau de la chirurgie, des soins intensifs et de la prise en charge des grossesses à risque. Par ailleurs, il est essentiel de s’opposer à la volonté de regrouper les CHU en dix entités, ce qui serait la porte ouverte à la concentration des moyens dans un nombre très limité de métropoles.

Enfin, l’essentiel reste la question du financement. Il faut rétablir une Sécurité sociale unique et universelle, assise sur des cotisations sociales et non financée par l’impôt. Le principe doit être un organisme unique à la fois collecteur et financeur, avec une seule ligne de cotisation sur la feuille de paye. Le niveau de la cotisation doit pouvoir être ajusté annuellement afin d’équilibrer les comptes et d’en finir avec les fameux « déficits » qui ne sont en fait qu’un défaut de financement. Le rôle du Parlement doit se limiter à fixer les bornes du niveau de cotisation. Le principe de ce système existe déjà pour le régime particulier Alsace-Moselle. Il est donc possible de s’en inspirer pour que les fondements initiaux de la Sécurité sociale issus du programme du Conseil national de la Résistance deviennent enfin une réalité.

Christophe Prudhomme, médecin urgentiste 

L'Humanité, pages débat, 19 mars 2019: Pierre Dharréville (député PCF) et Christophe Prudhomme (médecin urgentiste) dessinent les contours d'un système de santé plus juste
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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 06:31

Le président des ultrariches

La caste au pouvoir

Sociologues, spécialistes de la bourgeoisie et de l’oligarchie françaises, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot publient une chronique sociale de la France de M. Emmanuel Macron. Leur synthèse jette une lumière crue sur le mépris de classe d’un président mal élu et sur l’accaparement du pouvoir par une caste — deux détonateurs du soulèvement français.

par Michel Pinçon & Monique Pinçon-Charlot 

Entre le résultat de M. Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril 2017, et le score de La République en marche (LRM) au premier tour des élections législatives, le 11 juin suivant, il y eut une érosion de plus de deux millions de voix.

Le raz de marée initialement promis fut d’autant moins au rendez-vous que l’abstention, elle, a battu des records au second tour des législatives : plus de vingt millions d’électeurs, soit plus de la moitié des inscrits, ont préféré ce jour-là aller à la pêche. LRM a ainsi réussi la prouesse d’obtenir, avec à peine 7 826 432 voix, 308 sièges à l’Assemblée — soit une majorité absolue permettant à M. Macron de faire entériner son programme néolibéral.

En juillet 2017, M. François Ruffin, nouvel élu de La France insoumise, a fait circuler un graphique montrant la composition socioprofessionnelle de la nouvelle Assemblée nationale. Celle-ci penche très nettement du côté des cadres et des professions intellectuelles supérieures, qui représentent 76 % des députés alors que cette catégorie socioprofessionnelle ne concerne, en 2017, que 18 % de la population active, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Sans surprise, à l’autre bout de l’échelle sociale, c’est l’inverse. Les 20,8 % d’ouvriers de la société française ne se retrouvent que 0,2 % dans l’Hémicycle. Même constat pour les employés, avec respectivement 27,2 % dans la population active et 4,58 % des députés, et pour les professions intermédiaires : 25,7 % des actifs et 6,3 % à l’Assemblée.

En 2017, M. Macron s’est d’emblée entouré d’un premier « gouvernement de riches », avec quinze ministres ou secrétaires d’État millionnaires sur trente-deux.

Des biens et des liens

Madame Muriel Pénicaud, ministre du travail, a déclaré le patrimoine le plus élevé, avec plus de 7,5 millions d’euros. Elle est propriétaire d’une maison dans les Hauts-de-Seine, estimée à 1,3 million d’euros, et d’une résidence secondaire de 340 000 euros dans la Somme. Mais comme il est d'usage dans les grandes fortunes, la plus grande partie de son patrimoine, 5,9 millions d'€, est constituée par des valeurs mobilières: actions, obligations, contrats d'assurance-vie... Gageons que celle qui, après Mme Myriam El Khomri, a détricoté le droit du travail en défaveur des salariés a apprécié la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune sur ce type de patrimoine - une des toutes premières mesures de M. Macron, dont le coût, rappelons-le, est estimé à 4,6 milliards d'euros par an pour les finances publiques. 

Ministre de la transition écologique et solidaire, M. Nicolas Hulot occupait la deuxième place de ce palmarès, avec un patrimoine de 7,2 millions d'euros, composé d'une maison de 300 m2 en Corse, évaluée à 1 million d'euros, et de plusieurs biens immobiliers en Savoie et dans les Côtes d'Armor, pour une valeur de 1,9 millions d'euros. Les valeurs mobilières représentent 1,2 million et la société Eole, qui encaisse ses droits d'auteur et ceux des produits dérivés Ushuaïa, a été estimée à 3,1 millions d'euros. Sa déclaration mentionne également six voitures, un bateau, une moto et un scooter électrique.

Ministre de la culture dans le premier gouvernement de M. Edouard Philippe et propriétaire des éditions Actes Sud, Mme Françoise Nyssen mentionnait plus de 600 000 euros de biens immobiliers et 4 millions d'euros pour sa société arlésienne. Mme Agnès Buzyn, ministre de la santé, est à la tête d'un patrimoine d'un peu plus de 3 millions d'euros. Mme Florence Parly, ministre des armées, revendique un patrimoine de plus de 2 millions d'euros, avec un appartement parisien de deux cent mètres carrés et une résidence secondaire dans le Loiret.

Si ces cinq ministres multimillionnaires formaient clairement la tête du peloton de ce premier gouvernement, leurs collègues étaient très loin d'être dans la misère. Quelques exemples: Mme Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, affichait un patrimoine de près de 1,9 million d'euros. M. Philippe est lui-même millionnaire, avec un patrimoine estimé à 1,7 million d'euros, composé d'un appartement à Paris (1,25 million d'euros) et d'un autre en Seine-Maritime, évalué à 400 000 euros. Les valeurs mobilières de son patrimoine stagnent autour de 56 000€. M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, a déclaré des parts d'une société civile évaluée à 1,5 million d'euros et quelque 168 000 euros de placements financiers. 

Venaient ensuite Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement (1,34 millions d'euros), Mme Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées (1,33 millions d'euros), M. Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat chargé du numérique (1,26 millions d'euros), Mme Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'intérieur (1,27 millions d'euros), Mme Elisabeth Borne, ministre chargée des transports (1,22 millions d'euros), M. Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires (1,14 million d'euros), et enfin M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères (1 million d'euros). 

L'appartenance de classe ne se définit pas par la seule richesse économique. Outre les biens, il y a les liens. Les femmes et les hommes qui disposent aujourd'hui du pouvoir politique, bien loin de l'ancienne figure des "serviteurs de l'Etat", entretiennent des relations étroites avec une myriade d'intérêts privés dont ils sont trop souvent les obligés.

Avant de devenir premier ministre, M. Philippe a été, de 2007 à 2010, directeur des affaires publiques - autrement dit responsable du lobbying - du géant nucléaire Areva. M. Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a exercé des fonctions de lobbyiste chez Unibail Rodamco. La secrétaire d'Etat à la transition écologique, Mme Brune Poirson, est une ancienne responsable de Véolia. Mme Pénicaud, ministre du travail, exerçait auparavant les fonctions de directrice des ressources humaines chez Danone. Quant à son directeur de cabinet chargé du social, M. Antoine Foucher, il officiait auparavant comme directeur adjoint du Mouvement des entreprises de France (Medef)... Sur 298 collaborateurs ministériels, 43 ont travaillé à un moment de leur carrière dans le lobbying.

Entre fonction publique et management privé, les interconnexions de ce personnel technocratique sont tellement denses que les conflits d'intérêts sont la règle plus que l'exception. Lorsqu'ils deviennent trop flagrants, de petits scandales éclatent dans la presse, mais l'arbre cache la forêt. (...)

Surdiplômé de l'ENA, de l'école supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec), de Sciences-Po, fils d'un ancien haut fonctionnaire européen, M. Alexis Kohler occupe la fonction de secrétaire général de l'Elysée. Il a fait l'objet d'une plainte le 1er juin 2018, auprès du parquet national financier pour prise illégale d'intérêts et trafic d'influence de la part de l'association de lutte contre la corruption Anticor, annulée par l'avocat William Bourdon. En mai 2018, Mediapart a révélé les liens qui unissent par sa mère M. Kohler à la famille italienne Aponte, propriétaire de la Mediterranean Shipping Company (MSC), numéro deux mondial du transport de marchandises par navires porte-conteneurs. Cette entreprise est l'un des clients les plus importants des chantiers navals de Saint-Nazaire et du port du Havre. Or, M. Kohler qui avait la responsabilité des transports en 2010 à l'Agence des participations de l'Etat (APE), siégeait à ce titre au conseil de surveillance du port du Havre (en même temps que M. Philippe, alors maire de la ville). Sans faire état de ses liens familiaux avec l'armateur, il a pu influer sur des décisions qui en impactaient les intérêts.

Devenu par la suite directeur adjoint du cabinet du ministre de l'économie et des finances - sous Pierre Moscovici, de 2012 à 2014, puis sous M. Macron, d'août 2014 à août 2016, M. Kohler a occupé un poste clef à Bercy alors même que l'avenir des chantiers navals de Saint-Nazaire et du port du Havre y était régulièrement discuté. Cela ne l'empêcha pas de rejoindre en septembre 2016 le siège social de MSC à Genève en tant que directeur financier de ce groupe italien de droit suisse, dont le chiffre d'affaires dépasse 20 milliards d'euros. Dans le même temps, il s'impliquait activement dans la campagne de M. Macron.

L'écheveau est complexe et illustre bien l'étroite intrication des liens multidirectionnels que tisse le pouvoir oligarchique. Les multiples casquettes du personnage font qu'il est à la fois un ancien haut fonctionnaire de Bercy, ancien directeur financier d'un groupe familial qui a des intérêts dans des chantiers navals et l'un des plus proches collaborateurs du président de la République. Dans ces conditions, le parquet national financier va t-il donner une suite judiciaire à la plainte déposée par Anticor? On ne peut, en tout cas pour l'instant, que regretter l'exclusion des hauts fonctionnaires de la loi de moralisation de la vie publique votée en 2017. 

Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Le Monde Diplomatique, février 2019        

Lire aussi:

Recomposition politique et sociale - Lutte de classes en France - par Serge Halimi et Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique, février 2019

Le président des ultrariches - La caste au pouvoir, par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Le Monde Diplomatique, février 2019)

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 04:15
Portrait d'Anthony Gonçalvès, l'homme à la règle d'or, médecin hospitalier cancérologue, candidat sur la liste Européennes de Ian Brossat (L'Humanité, 19 mars 2019)
Portrait. Anthony Gonçalves, l’homme à la règle d’or
Mardi, 19 Mars, 2019

Le chef du service oncologie de l’institut Paoli-Calmettes de Marseille s’engage au sein de la liste européenne menée par Ian Brossat. Retour sur un parcours exceptionnel.

Il aurait voulu être journaliste « comme John Reed ». Il est devenu médecin « comme Che Guevara ». Chez Anthony Gonçalves, impossible de séparer l’engagement professionnel d’une certaine vision du monde. Presque d’un certain romantisme. Finalement, c’est une aptitude particulière pour les maths qui l’a éloigné du premier destin pour le faire bifurquer vers le second. Bac C, puis médecine. Comme un chemin bien balisé. « J’ai alors voulu faire une spécialité un peu cause perdue. Dans les années 1980, le cancer l’était. Il y avait tout à construire », se remémore-t-il autour d’un plat, entre midi et deux, près de l’institut Paoli-Calmettes, où il passe le plus clair de son temps. Depuis 2018, il y est chef du département oncologie de l’un des plus importants centres de traitement du cancer en France après Gustave-Roussy, à Villejuif. Il avoue même : « Je passe ma vie ici… » Et pour les besoins de la campagne européenne, il ne bousculera pas son agenda. Il s’en rajoutera juste un peu. « Je ferai campagne le soir. Je ne vais pas arrêter mon activité. On n’est pas des professionnels de la politique. »

Le médecin oncologue n’a jamais caché ses opinions

Car Anthony Gonçalves est candidat. Pas sur une liste de droite, échappant ainsi au déterminisme sociologique du milieu médical. À gauche toute, même : au PCF. Il n’a pas longuement hésité lorsque proposition lui a été faite. « J’avais trouvé le choix de Ian Brossat comme tête de liste intelligent. Lors du débat sur la “gauche anti-migrants”, sa réaction claire et rapide m’avait impressionné par sa clairvoyance », explique-t-il. La nouvelle n’a pas fait tomber à la renverse responsables et collègues. Le médecin oncologue n’a jamais caché ses opinions. Ne les a pas étalées non plus. Un entre-deux auquel il a mis fin il y a quelques années. Pour nous permettre de comprendre, il reprend le fil de l’histoire familiale, à partir de ses grands-parents. Trois sont immigrés (deux du Portugal, l’une d’Italie), le quatrième aïeul étant originaire de Corse. Son grand-père paternel est arrivé du Portugal. Il était coiffeur et militant communiste. Son fils est coiffeur. Encarté au PCF mais pas militant. « Depuis tout petit, j’ai été politisé. J’ai baigné dans la culture et la mythologie de l’engagement. À 15 ans, j’ai commencé à lire l’Huma. Le peu de culture que j’ai, je l’ai acquis dans l’Huma », expose-t-il entre deux coups de fourchette dans son escalope milanaise. D’où une appétence pour le journalisme, finalement contrariée par des dispositions en mathématiques.

La dédicace de sa thèse de médecine à « Jean-Jacques, Maximilien, Karl, Ernesto et Nelson » ne laissait déjà aucun doute sur sa philosophie politique. Son « coming out » politique se fera pourtant bien plus tard. Le terme proposé le fait sourire. C’en est un sans l’être vraiment. « Dans les discussions en soirée professionnelle, j’étais le “coco” de service », relate-t-il. Depuis quelques années, il est un « coco » au grand jour. Candidat en 2017 à l’élection législative dans la circonscription marseillaise dans laquelle il vit et travaille. Désormais candidat sur la liste de Ian Brossat pour le scrutin qui se tient le 26 mai. Quand on tente de comprendre cet engagement public tardif, il ne se dérobe pas : « C’est intervenu à un moment particulier dans ma vie. J’étais arrivé, d’une certaine façon, au terme d’un parcours professionnel, dans lequel je m’étais engagé après le bac. En devenant professeur des universités en 2013 puis chef de département. Je ne pouvais plus rien préparer d’autre. Cela a correspondu aussi avec la mort de mon père, en 2014. D’un cancer. Ici, à l’institut. Le pire pour un oncologue. » Reprise de flambeau ? « Il y a un peu de ça », admet-il. Et un peu aussi servir « d’exemple », de boussole, à de jeunes étudiants ou médecins, à l’image des « anciens » qui ont pu guider ses pas. Dans le service, il ne se donne évidemment pas des airs de mandarin et, portant le plus souvent des jeans, il apparaîtrait à un œil extérieur comme l’un des médecins. Primus inter pares.

Septième sur la liste communiste

Dans l’entourage professionnel, sa montée au front électoral a plutôt suscité des réactions positives. « On ne peut pas m’accuser d’opportunisme, s’amuse-t-il. Cela lève l’hypothèque. » Septième sur la liste communiste, il insiste, en bon connaisseur, sur le thème de la santé. « Je parle tous les jours avec l’industrie pharmaceutique afin d’élaborer de nouveaux médicaments qui correspondent aux nouveaux traitements que nous élaborons. Je n’ai pas de problème avec elle, je ne la diabolise pas, glisse-t-il. Mon problème est lié à l’absence de maîtrise publique. On ne peut laisser cette question essentielle à la seule industrie. Pour moi, l’Europe constitue la bonne échelle pour la mise en place d’un pôle public du médicament. Car, si on n’y prend garde, le prix des médicaments va devenir un réel problème, comme il l’est déjà aux États-Unis où l’explosion du prix de l’insuline menace les soins aux diabétiques. » Pour lui, la règle d’or doit être celle qui a présidé à la création de la Sécurité sociale : « À chacun selon ses besoins, à chacun selon ses capacités. » Il rêve même d’une extension de cette règle à l’ensemble des activités : logement, éducation. Il esquisse un sourire. Cela ne lui a pas échappé : « À la fin, cela porterait le nom de communisme. »

Christophe Deroubaix
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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 16:33

PCF is Back, maintenant c'est la remontada ! (Fabien Roussel) Fabien Roussel était l'invité de Audition publique, une émission en partenariat avec LCP, l'AFP, Public Sénat et le Figaro. Animation : Elisabeth Martichoux, lundi 18 mars.

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